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LE TEMPS D'UN RP

Tous ceux qui errent ne sont pas perdus. [PV Lulu] [+18]

Ezvana
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Univers fétiche : Fantasy - adulte - sombre
Préférence de jeu : Homme
Tournesol
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Ezvana
Lun 5 Fév - 20:04

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


La surprise hausse ses sourcils, plis qui se forme sur son front alors que Pansy lui propose de le peindre. Puis son visage s'assombrit, le regard se détourne un instant. Il n'était pas un modèle, il n'était certainement pas non plus le beau représentant de son espèce. L'idée que l'on puisse le prendre pour exemple, même simplement pour un dessin, cela le met mal à l'aise. Dégoût profond de ce qu'il pouvait être, des formes qu'il a pu prendre au cours de son exis-tences juste pour pouvoir avoir de quoi se nourrir. Il a été meurtrier, marchand, truand, garde du corps, gigolo, enquêteur, esclave.
Son âme était entachée de toutes les horreurs qu'il a pu commettre. Il n'était pas glorieux, il n'était pas auréolé de bonté. Il était sombre, pas de cette noirceur qui attire et fait briller les âmes trop curieuses. Mais celle qui colle à la peau comme de la vase putride, celle qui sent mauvais et refroidis le corps. Il n'était pas fier de ses méfaits, ne se complaisait pas dans le malheur des autres contrairement à
certains. Aussi, il était toujours attaché à une tristesse qui l'éreinte et l'exclu de tout contact social.
L'étincelle de chaleur l'avait quitté il y a quelques décennies et même s'il se sentait vivant aux côtés de la fée, il ne voulait pas qu'elle puisse l'imaginer autrement que ce qu'il était au fond de lui. Il n'était même pas beau en comparaison de toutes ces créatures fantastiques qui parcourent les rues de la ville, ayant plus l'air d'être blessé par la vie qu'autre chose. Méléän perçoit le doute de la fée et il ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne sort de sa gorge, les mots se bousculant dans son esprit. Il agite ses mains, éclabousse leurs deux corps de perles fumantes.

- Non, non, ne te méprend pas. Seulement je Lèvres pincées alors qu'il tente de s'exprimer, lui d'ordinaire si taciturne. Je ne suis juste pas un exemple. A suivre ou à mettre sur un mur. Je ne suis pas beau si représentatif. De l'intérieur comme de l'extérieur.

Les yeux roulent alors qu'il lève les yeux au ciel en se demandant pourquoi il mettait les deux pieds dans la boue ainsi. Parfois il ferait vraiment mieux de se taire.

- Mais je serais heureux d'avoir une de tes œuvres. Même si c'est moi.

L'envie de plonger sous l'eau était tentante. Il pourrait ainsi fuir ses responsabilités pour éviter de voir le malaise s'installer alors que ses propres joues chauffent sous l'émotion, partagé entre la honte et la pudeur d'être ainsi choisis.
Mais il n'avait pas le temps de se plonger dans les méandres de ses ressentis alors que Pansy lui pose de nouvelles questions. Elle semblait plus ouverte, plus enjoués, sans qu'il tente de percer ses mys-tères. La barrière entre eux avait diminué et cela arrache un sourire involontaire au Loup. D'ordinaire, il n'était pas Homme qui se dévoile aux yeux des autres, préférant garder jalousement ses secrets et ne pas mettre à jour ses failles. Toujours se protéger, mettre une barricade solitude que personne ne peut franchir.
Curieux comme la pétillante fée avait réussi à franchir ce périmètre de sécurité avec une facilité déconcertante. Dans un tel lieu, les liens se tissent avec une rapidité étonnante et cela l'apaise de se rendre compte que cette curiosité ne le dérangeait pas, au contraire. Cela le touche.

- Alors je sais qu'on ne dirait pas, mais je pense être plus jeune que toi.

Un rire qui résonne enfin dans a poitrine et fait taire les peurs qui se glissent en lui tel des plantes grimpantes. Il avait l'impression d'avoir vécu mille vies.

- Et le spectacle de tes compères avec d'autres ailes doit être magnifique.

Son regard ne dérive pas vers le dos de son amie pour ne pas la blesser. De nombreuses fois il avait admiré la courbe de ses ailes délicates, les reflets d'argents bien trop rare mais si précieux, se de-mandant qu'elle fût leurs contacts sans jamais imaginer pouvoir tendre ses mains vers elle. C'était trop intime et il avait l'impression que le moindre touché pouvait les abîmer.

- Pour ce que j'ai abandonné il y a longtemps… c'est difficile. Ce n'est pas vraiment palpable. Je n'ai jamais vraiment eu de hobby, ou alors cela fait tellement longtemps que j'ai oublié. C'est plus, pouvoir partager. Je me souviens vaguement d'avoir apprécié des moments au cinéma. La préparation d'une soirée à deux, pouvoir commenter une série nulle à la télé. Se ré-veiller aux côtés de quelqu'un à qui on tient.

Un semblant de rire qui se fait entendre, nimbée d'une nostalgie douloureuse. Méléän affiche un sourire triste alors qu'il fouille dans ses souvenirs, les yeux perdus dans les méandres de l'eau brumeuse.

- Je suis un Solitaire. Je suis un Loup, mais je n'ai pas de meute. Et on est bien loin du mythe du loup solitaire imaginé par la populace, tout en grandiloquence et imbu de sa personne. Je ne partage plus rien avec personne depuis des décennies. Et … Je pense que c'est ce que j'ai abandonné qui me manque le plus. Mais c'est une obligation. Je n'ai pas le choix. C'est une question de survie.


Loup parcourut de cicatrice, de celui qui a combattu, qui a trébuché, mais qui jamais ne c'est fait tué. Il s'en est toujours sortit parce qu'il un instinct de survie puissant, une combativité naturelle qui lui permet de savoir se défendre. Aveux de cette silhouette retirée du monde, de ce manque cruel, ce besoin d'échanger de par sa nature même. Il était devenu une Bête de bitume, la bouche écumante et l'esprit en ébullition.

- Cela fait longtemps que je n'ai pas goûté à la sérénité.

Murmure doucereux, confession d'un homme sans cesse sur le qui-vive, toujours sur le point de bondir. Tête rejetée en arrière, soupir du cœur qui se dissout presque instantanément. Méléän ferme les yeux et se laisse apaiser par la douce chaleur de ce bain. Pour une fois il sentait ses épaules se détendre, les muscles de son dos dépourvu de crampe.

- Nous n'avons pas ce genre de transformation chez les Loups-garous, enfin presque. Nous sommes beaucoup plus primaires. Nous sommes un peuple au sang chaud qu'il est difficile à canaliser, nous sommes très proches de nos cousins lupins. Très animal mais plus exagéré. Nous avons une meute, dirigé par des Alphas. C'est eux qui nous guident, nous protègent, nous conseillent. Mais il est difficile d'occuper ce poste pendant longtemps. S'ils commettent une erreur ils sont destitués par un combat souvent mortel. Il suffit qu'un jeune désire se rebeller et prendre la place de l'Ancien et l'ordre établit est brisé. Mais je n'en sais pas vrai-ment plus, je n'ai jamais vécu cela.

Passer sous silence certaines capacités, des rumeurs, des on-dit. Même au sein de sa propre espèce on n'en parle pas, autant éviter d'embrouiller une personne sur des mythes qui prennent vie. Oreille attentive qui se tend à la dernière question. Un sourire vient ourlet ses lèvres alors qu'il ap-précie la question. Il rouvre ses yeux alors que défile des myriades d'émotions derrière ses paupières.

- Les sens.

Une langue vient balayer une canine d'un revers humide.

- J'ai l'impression d'avoir les sens exacerbés. C'est autant un fardeau qu'un avantage, une malédiction imbriquée dans une bénédiction. Je suis en colère depuis si longtemps que c'est imprimé en moi, je bouillonne de rage mal contenue, mes émotions sont multipliées si fort que tout m'atteint très vite. Mais à contrario, je suis sensible sur beaucoup de sujet.

Une pause pour mettre de l'ordre dans ses idées et formuler correctement les choses. Lycan qui semble prendre vie à chaque mot délivré.

- C'est incroyable de sentir son corps capable de prouesses. Je guéris vite, j'ai une énergie débordante. Je suis capable d'identifier n'importe quoi juste avec mon odorat. La sensation du vent dans mes oreilles quand je cours en Loup, sentir la mousse sous mes pattes, la chaleur d'une proie dans la gueule, le chant de la lune qui semble grandir en moi et me pousse à lui chanter un hurlement digne de sa lumière.

La main se lève et il serre le poing par spasme.

- J'ai l'impression alors d'être capable de soulever des montagnes.

Un haussement d'épaule pour balayer son agitation, cette façon dont il détourne le regard pour ne pas voir le reflet dans les prunelles féériques.

- Et pourtant je ne suis qu'un simple mercenaire. Je vends mon amour propre pour me perdre dans les amours sales.

Je vends ma liberté pour quelques pièces, muselant ma rage.

Énoncer des faits d'un ton neutre, adoucissant les arrêtes coupantes de la véracité de ses propres. C'était triste, il en était conscient, mais sa réalité depuis un long moment. Et quand on détestait l'hypocrisie on pouvait être d'une honnêteté déstabilisante.

- Désolé si je te déçois. Je suis bien loin des images clinquantes que l'on s'imagine.

Un doux sourire, d'une tendresse douloureuse. Il avait tellement l'habitude qu'on le prenne et qu'on le jette, que c'était devenu une habitude. Il devait obéir, exécuter les ordres. Parfois il arrivait à trou-ver une autre âme errante qui l'accompagne une nuit de gémissements et qui repart à peine l'aurore pointant à l'horizon. C'était aussi pour cela qu'il était autant touché par les personnes que tout le monde oubliait, ses êtres qui définissent les nuits des autres et sont rejetés par la société. Il n'était pas seul à errer.

- Décidément, je suis doué pour plomber l'ambiance. Enchaînons. N'hésite pas à poser tes questions, c'est intéressant. Mais j'en ai également pour toi.

Façon de détourner la conversation pour que l'on ne s'apitoie pas sur son sort. Il n'attendait nulle compassion, ni soutient. Parce que jamais ce n'était arrivé depuis sa transformation, autant ne pas attiser l'espoir qui plombe le cœur.

- Vous avez des capacités particulières hormis vos ailes ? Ou des interdits pour vous éviter tout problème ? Comme ingurgiter de la viande ?

Se tourner vers Pansy, passant une énième fois sa main dans sa chevelure pour la plaquer en arrière, mèche sombre et grises s'entremêlant. Un sourcil qui se hausse, question ciblée pour glaner des informations pour leur futur repas. Il ne voulait pas empoisonner son amie par inadvertance.

- Avez-vous des physiques tous différents ? Il réfléchit un instant, pinçant sa lèvre inférieure sous la pointe de ses canines. Il me semble avoir déjà entendu parler de fée ayant des ailes de papillons. Par exemple, chez nous, tout existe. Moi j'ai gardé une apparence d'être humain, mais ce n'est pas le cas de tous. Tu peux croiser un Loup vert aux yeux violet par exemple.

Un intérêt d'une bienveillance sincère de Méléän qui s'affiche sur son visage qui s'anime.

Lulu
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Lulu
Mer 7 Fév - 14:39

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
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Mordorées mielleuses semèrent la pagaille au sein des cuivrées troublées, qui ne voyaient en son être nulle once de beauté. Et voici que les soleils commencèrent à pâlir, voilés par l'angoisse. Sous les eaux, ses mains se crispèrent, son cœur meurtri par une culpabilité grandissante. Les lèvres de la sylphide s’apprêtèrent à engloutir son ami sous un flot d'excuses, mais celui-ci s'empressa de les clore en lui confiant son embarras.
Péri recueillit précieusement ces confidences imprégnées de crainte et de gêne. Son visage, marqué d’un air grave, témoignait en silence de son attention. Et alors, en réponse à ce désarroi, la nymphe songea à renoncer à lui montrer ses dessins passionnés, à l’en protéger. Mais la muse lui assura qu'elle n’avait pas à y renoncer ; elle accepterait ses esquisses, même si elles étaient empreintes de cette beauté qu'elle seule décelait. Au lieu de s’en réjouir, elle s'empressa de mouvoir sa mine de gauche à droite.

— « Je préfère ne pas te mentir en te disant que je ne te dessinerai jamais, alors que je sais pertinemment que je ne saurai pas faire taire cette envie… » cœur toujours trop plein avait besoin de déverser ces émotions quelque part, de pouvoir accéder à ces flots tendres même lorsque les ombres la submergent et qu’elles annihilent toute beauté en elle. « Si tu désires un jour te découvrir à travers mes yeux, tu seras libre de consulter mes carnets. »

Amatrice lui ouvrirait les portes de son sanctuaire intérieur, là où reposaient ses trésors les plus secrets, ceux qu'elle chérissait, soucieuse de les préserver des crocs dévastateurs de la bête mélancolique qui étreignait sa poitrine, et qui avait tendance à voiler ses prunelles de souillures.
C'était là un gage de confiance, puisque fée le laisserait scruter les replis les plus intimes de son être, à contempler les précieuses reliques qu'elle protégeait de ce monde qui lui avait déjà trop pris. Ces trésors étaient sa dernière richesse, les ultimes vestiges de ses jours heureux, que le temps dévorait peu à peu, témoins fragiles de son innocence perdue, de sa liberté envolée et dernier lien tangible avec celle qu’elle avait été, avant le chaos.

Dans la légèreté, les turpitudes se dénouèrent, et un éclat de rire franc brisa définitivement les chaînes qui enserraient l'âme de Pansy. Une mélodie joyeuse s'éleva, arrachant à ses lèvres un sourire étincelant, dissipant l'ombre de l'inquiétude qui les avait assombries jusqu'alors. Elle était donc plus ancienne que lui, la malice s'insinuant avec aisance sur les traits de l’immémorielle, qui lui lança un regard à la fois espiègle et complice.

— « Ravie de découvrir que je suis celle qui est censée avoir le plus d’autorité ici… »

Règle aussi creuse que sotte, qu'elle dédaignerait bien sûr utiliser, ou seulement pour titiller son ami. Lui, dont les existences multiples avaient assurément surpassé les siennes en un court souffle temporel. La captivité l'avait malheureusement plongée dans l'ignorance abyssale de tant de domaines. Même le doux vertige qu'est l'amour, ne lui avait jamais fait tourner la tête, si bien qu'un enfant aurait plus de choses à lui apprendre que l'inverse.

Sourire ne fit que s'enraciner plus profondément encore dans les traits de la belle, tandis que le lycan ravivait en elle d'anciens doux souvenirs. Aucune parure somptueuse ne saurait rivaliser avec la splendeur de ces nuées d'ailes enlacées autour des corps de ses aînées, virevoltant avec grâce dans l'éther infini.

— « J’ai quelques dessins qui les représentent… Je te les montrerai. »

Même si des traits vulgaires ne pourraient saisir toute la quintessence de leur beauté, Pansy s'évertuait à préserver leur éclat des ravages du temps. Il en allait de même pour sa culture oubliée des mortels et des immortels, bien que sa mémoire troublée n’en renfermait que quelques miettes. Le dessin, était pour elle, un moyen de faire survivre les négligées et les oubliées. Tout comme un moyen, de lui rappeler qu’elle avait existé et qu’elle continuait d’errer, elle n’était pas qu’une ombre oubliée.
Elle s'était enracinée dans la quiétude de l’instant, si bien qu'aucun songe ne daigna éclore pour cette aile déchue, dérobée plus tôt dans la nuit. Ce, même si un tel sujet aurait pu en faire naître. Mais en cet instant, nulle douleur ne l'assaillait, le loup lui offrant une impression de légèreté qu’aucune envolée n’aurait pu lui procurer.

Puis la douce musela même le frisson léger qui s’empara de son aile, désireuse d'accueillir ces confessions lupines qui lui délivrèrent des plaisirs simples mais rares. Des mots échappèrent à sa compréhension, mais ingénue demeura muette ; refusant d'interrompre ce flux précieux qui jaillissait des lèvres de son ami, et qui lui permettait de découvrir davantage celui dont elle chérissait la présence. Celui-là même qui, en évoquant le dernier de ces plaisirs abandonnés, la fit voltiger vers un nuage de songes, ce dernier lui parlant tout particulièrement.
Nombreux furent ses amants de passage qui avaient décliné sa compagnie, quand bien même ses souhaits s’étaient mués en suppliques dès que la lune fuyait les cieux ; sois avec moi ce soir. Pitié, que leurs présences dissipent les ombres, que leurs regards soient ces soleils tendres qui brûleront mes peines au réveil.
Hélas, chacune de ses nuits fut à la fois sombre et blanche, le soleil demeurant indifférent aux tourments qui glaçaient sa peau et qui résonnant en écho dans ce lit maudit par le vide. Et alors, la compassion submergea le cœur de la fée couronnée de solitude, et étincela à travers ses douces prunelles.
Jumeau de désirs poursuivit, murmurant une élégie qui lui était aussi familière qu'une vieille mélodie. Désormais, délicate déclaration ourdie par le loup résonnait étrangement à ses oreilles ; en effet, ils semblaient s'être connus de tout temps, ne serait-ce qu’à travers leurs cicatrices communes.

Ce, même si dans leurs veines pulsait une magie différente. La curiosité, tel un félin avide, étendit peu à peu ses griffes acérées, se délectant des récits sommaires du loup, évoquant la hiérarchie qui gouvernait son espèce, jusqu'à ce qu'il confesse, dans un murmure presque évanoui, son ignorance relative en la matière. Jamais il n'avait été membre d'une meute, du moins c’est ce qu’il laissa entendre. Face à cette révélation, une question se forma dans l'esprit de Pansy ; Qu’est-ce qui l’empêchait d’en rejoindre une ? Mais elle retint ses interrogations, les reléguant dans l'ombre, dès lors qu'il en répondit à une autre. Une seule à la fois, se dit-elle, même si la tentation de briser le silence lui était vive.
Et si, cette rage ancrée en lui le condamnait à l’errance ? Incapable d’avoir confiance en ses propres pressentiments, elle les négligea prestement, préférant s'abandonner à l'émerveillement.
Ses mots, tels des ailes, la portèrent au cœur de la nature, vers cette essence mirifique oubliée par ses sens. Elle se surprit à imaginer l’apparence de son loup, question muette qu'elle réserva pour plus tard, et qui esquissa sur ses lèvres un discret sourire impatient. Sylphide ensorcelée l'incita tacitement à poursuivre, lui offrant un regard pétillant d'admiration. Il était beau, envoûtant même. Hypnotisée aurait voulu le lui murmurer, mais la crainte de le plonger dans l'embarras l'en dissuada, ainsi, seules ses lèvres demeurèrent muettes, tandis que ses prunelles s'emplirent d’une lumière toujours plus éblouissante.
Mais éphémère était toute lueur, et celle qui flamboyait dans les yeux de la péri ne pouvait éternellement échapper à l'ombre. La langue du loup se transforma en une lame acérée, la ramenant à une réalité tranchante. Lui aussi avait été englouti par l'abîme, sa liberté avait été sacrifiée sur l'autel de la survie. Durant un instant de rêverie, elle avait oublié qu'elle n'était pas seule à qui l'on avait arraché les ailes, que lui aussi avait été dérobé au paradis. Déchue avait reconnu cette faible lueur qui, le temps d’un songe, dansait sur ses traits, telle une ombre spectrale chargée de souvenirs éthérés. Lui aussi, avait jadis goûté au bonheur, avait fréquenté l'Éden, et tout en lui évoquait la nostalgie. De ses traits sculptés par le temps à ses absences quasi-systématiques dès qu'il se confiait sur ses petits plaisirs. Étrange, et troublant même, comment elle entrevoyait son propre reflet en lui.

Ses excuses sonnèrent tels des accords discordants, et songeuse fut contrainte de s'ancrer de nouveau à cette réalité irritante. Ses sourcils se froncèrent, son désaccord résonnant d'abord sur son visage rarement marqué par la contestation. Avec lui, elle se révélait moins docile, moins craintive.
Il surprit sans doute le désaccord de la fée, et en réponse, il détourna promptement le cours de la conversation, endiguant l’élan de celle-ci. Il feignit, peut-être, un intérêt pour les péris - la véracité de sa curiosité viendrait à se révéler plus tard à travers son regard -, tandis que Pansy, de son côté, s'efforçait de contenir sa petite contrariété. Malgré tout, le désir ardent de se confier un tant soit peu la titillait… Elle tint bon jusqu'à ce regard empreint de bienveillance, illuminant les traits lupins, tandis que les siens demeuraient marqués d'une tension manifeste.

— « Tu m’as presque eue » elle reconnaissait la force de son adversaire, et légèrement la sienne. « Tu n’as pas plombé l’ambiance » nymphe ailée rembobina la conversation, désireuse de se confier à son tour ; elle avait beaucoup à lui partager. « Je suis touchée que tu aies accepté de te livrer un peu… Et puis, ça m’a permis de découvrir que l’on partage des similarités. Je me suis sentie un peu moins seule en t’écoutant te confier » et elle espérait réussir à lui inspirer le même réconfort.

Le coude, reposant sur le rebord, étayait à nouveau cette frêle carcasse, qui semblait prête à se briser à tout instant. Hélas pour cette enveloppe charnelle, la sylphide avait rompu tout lien avec ses plaintes, tant elles étaient nombreuses. Elle avait préféré le condamner au mutisme ( la dérive ) que de subir sa cacophonie (l’ancrage).

— « La solitude s’est imposée à moi, depuis qu’on m’oblige à vendre mon corps. Je suis belle, mais seulement dans les yeux de ceux et de celles rongés par des pulsions éphémères. Et après, je me sens sale, et eux me considèrent également comme tel » et ils lui assuraient l’inverse, seulement pour la souiller davantage ; usant du doute, pour posséder de nouveau poupée désincarnée. « Eux s’en vont, ont la chance de pouvoir s’aérer l’esprit, et je reste ici, avec l’impression de littéralement pourrir de l’intérieur. J’imagine qu’aujourd’hui… Ce n’est plus seulement une sensation. »

Sourire émacié dans lequel elle étouffa sa douleur, alors que cette confession cinglante poignardait son cœur. Son corps chétif, ses ailes diaphanes, étaient des témoins flagrants de sa chute. Ils l'avaient corrompu jusqu'à la moelle, infusé de leur venin, fracassé en mille éclats. Pansy n'était plus que l'ombre évanescente d'une espèce jadis altière, un spectre errant récalcitrant à sombrer dans l'océan de l'oubli. Et cette nuit, un loup et un djinn le lui ont cruellement rappelé.

— « Et puis, les clients s’imaginent pleins de choses à mon sujet, projettent toutes sortes de personnes sur moi » elle avait été fantasmée, fétichisée, et avait même joué les imposteurs en usurpant l’identité de femmes à la beauté perdue ; mortes, disparues ou, selon certains époux, plus aussi belles qu’avant.  « Quand ils découvrent qu’en réalité je ne correspond pas à leurs attentes, ils ne restent pas » pour celleux qui ne lui demandaient pas d’interpréter des disparues, ils fuyaient dès qu’ils découvraient ce qui se cachait sous les fantasmes. « Alors je pense pouvoir imaginer ce que tu ressens et sache que tu ne me déçois pas. Au contraire… Je respecte ta franchise. »

Là où elle, avait tant de fois mis sous silence la sienne, préférant se fondre dans des étreintes viles, seules alternatives à sa portée pour étancher la soif vorace d'un cœur assoiffé. Un sourire reste un sourire, alors elle l’admire. Une caresse reste une caresse, alors elle s’en réjouit. Un baiser reste un baiser, alors elle le savoure. Tout ce qu'elle avait désiré, c'était un peu d'affection, goûter à son tour à ce doux secours, et à présent, papillon de nuit aux ailes consumées par ces feux éphémères se sentait abîmée, condamnée, insuffisante. Elle errait comme une ombre infâme, le corps à l’agonie, ses plaies pullulantes exposées à la vue de tous ; créature immémorielle dont aucune âme n’avait voulu, alors qu’elle s’était évertuée à toutes leur plaire.
Une nouvelle lutte se dessinait à l'horizon ; dissimuler son désespoir devenait une nécessité, afin de ne pas trahir de nouveau ce cœur avide de confiance, toujours désireux de tisser une complicité sincère avec un autre être. Il était le bon, peut-être... Inutile de se perdre dans les méandres du doute, elle savait que les crocs ravageurs d'éros la trouveraient. Bête passionnée demeurait insatiable, et petite fée était sa proie favorite.

— « Je ne me suis pas sentie sereine depuis longtemps… Ce soir est différent. Et pourtant, cette soirée a été jusque-là plus que chaotique. »

Peut-être que son cœur ne s'était pas enlisé dans l'erreur cette fois-ci. Difficile de le savoir, tant peureuse s'était efforcée d'ignorer ses cris d’amour. Entre eux, la communication était éteinte, la confiance, telle de la porcelaine brisée, gisait en éclats sur les corps fumants de ses romances avortées. Et lors de ces tourbillons d'incertitude, elle se sentait errer, telle une créature amputée de son propre cœur.

— « Je me dis que c’est un bon signe. »

Dis-moi que c’en est un, supplique de l’évidée réduite au néant, mais que soleils noirs ravivèrent en jetant un regard inquisiteur à la silhouette étendue ses côtés... Jusqu'à ce que ses peurs n'étouffent violemment ce petit regard curieux, l'engloutissant dans les eaux brumeuses. Les schémas se répétaient, il finirait par disparaître, lui aussi. Et à raison, car elle n'avait nul droit de l'étouffer, de le contraindre, elle qui s'était promise de défendre sa liberté.
Le chaos s'accrut sans relâche, comme un tourbillon funeste, ravageant son sein, sans que nulle issue ne se dessine pour expier son péché. Se taire, c'était refuser d'exprimer le moindre remords, alors que ceux-ci, voraces, la dévoraient de l'intérieur. Ployer sous le poids de l'excuse aurait pu susciter sa pitié, mais elle ne méritait pas cet égard. Et si, plus funeste encore, ses excuses n'étaient que le fruit d'une manipulation perfide ? Ingénue ne serait pas étonnée de se découvrir capable d’une telle perfidie, les vipères l’avaient élevée. Les éclats de son amour propre ne reposaient pas paisiblement dans les recoins de son âme. Au contraire, il avait éclaté en mille éclats, projetant des tessons qui lacéraient son être, faisant jaillir un flot de sang au moindre échec.

— « C’était quoi ta… Mh, oui, des capacités autres… » ses lèvres se pincèrent, faire taire sa détresse en changeant à son tour de conversation. « Je… Je n’ai pas eu le temps de découvrir toutes mes capacités, Wraith m’a seulement informé de mon aptitude à produire une poudre enchantée, et des vertus de mon sang… » le brasier cessa d’enfler. « Ce sont peut-être les seules, et c’est suffisant… Mh… Concernant la viande, je n’en ai jamais consommé, et dans mes souvenirs…  » mâchoire se crispa, réminiscences macabres désirèrent alimenter le chaos. « Les péris qui en ont mangé ont toutes fini par perdre la tête… Enfin, je te parle là d’une viande particulière… » tais-toi.

Agitation transparaissait jusque dans le reflet de ses prunelles, que la fièvre et l'épuisement ne firent que nourrir. Ses iris dorés tremblaient, jetant des regards errants aux quatre coins des bains, s'égarant partout, sauf sur l'admiré. Puis sa carne affaiblie se contorsionna, reprenant possession de son bras qu'elle plongea dans le bain, comme si elle cherchait à s'y noyer tout entière.

— « Les daevas nous utilisaient pour les débarrasser des djinns, et autres esprits malfaisants… » peut-être auraient-elles dû se dévorer elles-mêmes, pensée cruelle, fruit immonde d’un esprit en proie au chaos. « Mais… J’étais trop jeune pour ces pratiques » mais pas pour d’autres, tu t’en rappelles ?

Délivrance échappa une fois de plus à ses doigts graciles, tandis que les tâches infâmes ne faisaient que s'exhaler à la surface de la putride, emplissant presque l'air d'une odeur rance, telle la sueur perçant à travers ses pores. Des palpitations fiévreuses s'associèrent au tumulte, la panique raidissant son être.

— « Nos ailes sont toutes… Différentes… Leurs formes et leurs couleurs sont uniques à chacun… » et les siennes étaient translucides, l’envie étouffante de s’en justifier la saisit. « Les miennes sont comme ça… À cause de… Tout ça » explications bancales, venant d’un esprit préoccupé. « Et toi… Enfin, ton loup ressemble à quoi, une fois que tu es transformé ? » s’extraire de ses blessures, le temps de retrouver son calme.

Souvenir d'une curiosité innocente, qui sut éclore telle une fleur dans un jardin désolé. Soucieuse s’était dépêchée de la cueillir et de la lui offrir, désireuse de retrouver cette brise lupine qui l'emporterait vers des rivages plus cléments, loin du chaos.
Ezvana
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Ezvana
Dim 11 Fév - 3:14

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


TW abus sexuelle

La douceur qui caresse ses oreilles est trompeuse. Chant de sirène pour l’amadouer et pour qu’il ne prête pas attention aux détails qui avaient toutes leurs importances. Ne pas se laisser envoûter pour apercevoir le trouble qui danse dans les prunelles ensoleillées parcourut de nuages alors qu’il redresse son visage pour regarder celle qui énonçait des faits terribles sur une vie qu’elle a vécut mille fois.
Sylphide prise entre les griffes acérées des chimères qui la poursuivent sans relâche, démons qui ne cessent de la malmener pour qu’elle sombre de leurs murmures insidieux.
Nez sensible qui perçoit les notes acides de la peur qui agite l’aile solitaire d’un soubresaut, cette mâchoire délicate prise de spasmes pour endiguer la douleur.

Lycan qui désire soulager la frêle créature à ses côtés, la soutenir d’une épaule abîmée par la balle, de la blottir contre lui pour qu’elle puisse respirer à nouveau correctement. Cette image d’elle dans ses bras, il y a peu de temps, cette façon dont elle c’était accroché à lui tel un chaton sauvé de la noyade. Mais il sera malvenu de la toucher dans un tel moment, de coller son corps nu contre le sien alors que ses paroles déversent un venin que d’autres lui ont injecté de leurs morsures vipérines.
Alors il tend l’oreille, l’écoute avec attention sans jamais l’interrompre. Parfois, il suffisait seulement d’une personne pour se délivrer d’un fardeau pesant.

Silencieux pendant de longues minutes, il est dans un calme respectueux, troublant à peine le discours de Pansy d’onde aqueuse. La mine grave, il enregistre tout ce qu’elle osait lui confier, enfouissant en lui la douleur et la peine qu’il pouvait sentir comme une gravure sur son esprit pour ne jamais l’oublier. C’était un autre écho, une autre banshee qui sera à jamais ciselé dans son âme. A défaut de pouvoir aider tout le monde, il dresse une stèle à ceux qui ne sont plus là. C’était peut-être cela, la véritable immortalité.
Son visage se redresse quand elle termine par une question. Difficile de sortir de sa léthargie alors que dans ses propres yeux dansent des myriades de pensées qui ne cessent de le troubler. Les dires de lé fée résonnait en lui de façon dangereuse, soulevant des vagues anciennes d’une mer qui c’était pourtant calmé.

- Les seules personnes qui m’ont trouvé beau, c’était ceux qui m’utilisaient pour se faire du bien. Je n’étais plus moi, mais la personnalisation de leurs fantasmes ou amour malsain. De plus, je suis un homme capable d’aimer tout le monde.

Les sourcils qui se froncent aux souvenirs infâmes qui resurgissent, dévorant sa conscience. Ses mains qui se lèvent, sortant de l'eau chaude, ses yeux fixant les striures de la vie.

- C'est parfois mal perçu. Je me souviens, quand j'étais prisonnier humain, d'un Loup qui a… Abusé de moi. Souvent et avec violence. Parce qu'après tout, si j'étais en couple avec un homme, je devais avoir l'habitude.

Ailleurs le Loup qui confie ses agressions sexuelles avec un calme désarmant. Nulle colère pour faire vibrer sa voix, nul venin pour venir inonder sa bouche.

- Quand j'ai subi ma morsure, j'aurais pu me venger au moment de mon évasion. Devenir l'arme que j'ai toujours voulue pour le punir de tout le mal qu'il faisait. Mais je n'ai pas pu. Face à lui, je restais l'homme soumis.

Voix qui déraille un instant, comme un vieux sanglot étouffé qui tente de se libérer de chaîne cliquetante et couvertes de poussières. Jamais il n'oubliera son visage, ni cette expression dans son regard de celui qui était le plus fort, le plus terrible, le plus menaçant.

- J'avais déjà tout perdu, un chez-moi, une personne que j'aimais, ma liberté ; j'avais une rage qui m'inondait de tristesse. Ce jour-là, la rage est devenue furieuse et je me suis perdu dans la facilité de celle-ci. À l'intérieur, j'étais mort.

Regarder le plafond comme pour percer les murs de ses billes brunes et chercher le ciel étoilé qui pourrait apaiser ce frisson désagréable que le parcours.

- Je pensais être nécrosé au fond de moi. Mais ce n’était pas le cas. Toi non plus, Pansy. Tu es affaibli, tu es encore enchaîné.  Mais tu es toujours vivante, tu continues de te battre. Si tu étais vraiment consumé de l’intérieur, tu ne serais pas là avec moi ce soir, à penser à l’avenir qui pourrait t’attendre.

Se tourner vers elle, la ferveur insufflant à ses paroles une chaleur qui chassera les doutes de l’échouée.

- Je te montrerais ce que peux offrir la vraie vie. Je te ferais respirer après les nuits étouffantes. À la pleine lune, tu découvriras un monde que tu ne connais pas. Tes ailes scintilleront à nouveau un jour.

Cette main qui se tend pour épouser la joue de la fée, le pouce caressant une pommette avec tendresse. Le brun de ce regard semble remuer d'une tendresse infinie, éclat épars d'ambre pour attester de la sincérité de ses paroles comme si sa nature même était en harmonie dans cette déclaration de velours.

- Tu es d'une résilience remarquable, tu es beaucoup plus puissante que tu ne l'imagines. Ton adaptation, ton instinct de survie sont des qualités que tu as affûtés aux fils des années. Tu es incroyable et un jour, tu t'en rendras compte. Je ferais tout pour. Alors ne te perds plus dans les abysses qui désirent t'envoyer par le fond. Car le soleil comme la lune t'attendent.

Retirer cette main et afficher un léger sourire pour l'encourager. Savoir pertinemment oh combien il était dur de sortir de cet enfer, de ce tourment intérieur qui ne cesse de le happer, l'entoure de ronce pour que chaque épine lui rappelle tous ces malheurs. Loup bancal, certainement bien trop abîmé par la vie et d'une rudesse maladive, mais tout de même une épaule sur laquelle elle pourra s'épancher.
Sans un mot de plus, il lui tourne le dos et avec force, il s'appuie sur ses bras pour sortir de l'eau en éclaboussant le sol. S'engouffrer suffisamment vite dans la pénombre pour ne pas laisser les yeux vagabonds effleurer son dos. Avec rudesse, il s'essuie, raclant sa peau jusqu'à ce qu'elle devienne rouge avant de renfiler ses vêtements sales avec une grimace.
Prendre une longue serviette et s'approcher des bains sans craindre de mouiller le bas de son pantalon en toile. S'accroupir et tendre une main vers la Néréide dont les forces lui permettaient à peine de tenir sur le rebord. Loup attentif qui avait remarqué à quel point le corps de la fée était malmené dans les eaux troubles.

Cette main qui se glisse dans la sienne et c'est sans effort qu'il la tire en dehors du bain, l'enroulant aussitôt dans la serviette pour préserver sa pudeur. L'aider à se déplacer jusqu'à son alcôve, l'asseoir sur le banc qui lui permit de ne plus trembler des jambes. Douceur infinie dans cette serviette qu'il déroule à moitié pour venir caresser cette peau d'été pour la sécher. Jamais son regard ne s'attarde, pas à un seul moment ses doigts dérivent sur les courbes ou les creux de ce corps. Non pas qu'il ne puisse pas la trouver désirable malgré son état critique, mais aucune pensée perverse ne vienne le troubler.

Cette façon dont il enroule une autre serviette autour de sa chevelure de nuit, épongeant sa nuque et l’arrière de ses oreilles avec méticulosité. Celle aussi de tamponner son dos avec une légèreté exagérée et ne jamais effleurer ces ailes. C’était bel et bien une affection toute particulière qui l’incite à agir ainsi et transpire à chacun de ses gestes.
Cette nuisette violette que le Loup enfile en fermant les yeux pour ne jamais apercevoir l’ombre d’un sein, évitant avec attention cette aile.
Et c’est toujours en silence que son corps se plie pour venir cueillir sa protégée dans ses bras pour qu’elle ne dépense pas de l’énergie supplémentaire.
Titan de chair qui la tient comme le plus précieux des cadeaux, avançant dans les méandres du Nymphéa avec la liberté de celui maître de son territoire. A cette heure-ci, il n’y avait plus qu’eux.

- Je t’ai promis un repas et je tiens toutes mes promesses.

Un vague sourire alors qu’il mesure à quel point la créature dans ses bras semblait n’être qu’une poupée de verre, si délicate et fragile qu’un souffle de vent peut lui causer du tort.
Bruit de pas pour seule compagnie dans le couloir mordorée, ses yeux transperçant la pénombre avec facilité, sans jamais hésiter, sans jamais glisser. La liberté de pouvoir être soi-même sans esquiver le moindre regard indiscret. C’était agréable après une telle soirée.

- Tu m’as demandé à quoi je ressemblais quand j’étais sous ma forme lupine.

Faire remonter un lointain souvenir qui lui était cher au cœur, aussi beau que douloureux.

- On m’a dit une fois que je ressemble à une nuit étoilée. J’ai un pelage sombre, tacheté par endroit de poil blanc ou gris, le sous-poil et le poitrail plus clair que le reste. Mais tout cela, tu le verras dans trois nuits.

Déjà, ils arrivent dans la cuisine et Méléän dépose son précieux fardeau sur le plan de travail, son dos pouvant reposer contre le mur. Ainsi, elle avait une vision directe sur tout ce qu’il pouvait faire sans le gêner, la grandeur de la pièce suffisante pour une équipe entière, tout en étant soutenu correctement.

- Dis-moi, tu veux du sucré ou du salé ? Pour toi ce soir, je m’équipe de la toque de cuisinier. Tes souhaits seront exaucés.

Une main sur le cœur, cette façon de se pencher en avant en un salut noble, mais tellement comique, tel le bouffon du roi essayant d’amuser la galerie.

Lulu
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Lulu
Mar 13 Fév - 15:48

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
Plus la sylphide s’enlisait dans les plaies du loup, plus ses propres blessures s'embrasaient davantage, vibrant au rythme des syllabes acérées qui jaillissaient des lèvres lupines. Ils se connaissaient, oui, et elle était profondément désolée. Son cœur, alourdi par ce constat amer, se teinta de tristesse. Elle n’aurait jamais voulu le trouver dans ces abysses où grouillaient les mains meurtrières, les cris étouffés, et les cadavres désincarnés des victimes.
Mordorées s’assombrirent de tristesse, mais restèrent agrippées à la silhouette de son confident ; elle rassemblait avec précaution les éclats d'un passé brisé, refusant de laisser sa douleur les condamner au silence. Car elle savait combien elle aurait souhaité trouver une oreille attentive lorsque ses pensées s'enlisaient dans les méandres de souvenirs lugubres. Ne serait-ce que pour éviter de sombrer davantage et de ne pas se sentir seule dans son malheur.
Les lèvres scellées par le silence, Pansy n’interrompit pas le discours douloureux de son ami, qui se mua peu à peu en une leçon précieuse. Et alors, les nuages obscurcissant ses prunelles s'évanouirent peu à peu, laissant s'épanouir dans celles-ci une lueur d'admiration. Une tendresse profonde s'éleva dans sa poitrine tel un bourgeon caressé par les rayons d'un soleil aussi généreux que puissant. Lui, celui qui la guidait hors des ténèbres, même s'il était lui-même leur captif. Figure vénérable qui ne s’élevait pas au-dessus des damnés, mais à leurs côtés. Car il était des leurs, et malgré leur errance commune, il n’hésitait pas à leur tendre la main pour les aider à se relever.
Jamais l'esseulée n'aurait imaginé pu admirer une entité plus auguste, plus loyale et plus captivante, que celle qui entoura doucement sa joue de ses longs doigts à l'apparence rêche mais en réalité pourvus d'une délicatesse insoupçonnée. Dans ses prunelles, le désespoir se dissipa comme une brume au souffle du vent, car l'éclat qui s'y mirait était celui de l'espoir incarné lui murmurant qu'elle n'était pas irrémédiablement perdue. Il l'avait trouvée. Et ses paroles résonnaient en elle d'une façon singulière, car la sylphide savait désormais qu'ils s'étaient échoués dans les mêmes abîmes.
Ses lèvres s'ouvrirent, libérant un murmure de reconnaissance à peine perceptible, étouffé par les émois qui nouaient sa gorge. Son regard, scintillant comme des étoiles, lui signifiait qu'il avait su la toucher en plein cœur. Enfin, Pansy consentait à dévoiler ses larmes longtemps dissimulées aux yeux du monde, de peur qu’elles ne soient transformées en coups, et qu'on ne les fasse tomber comme une pluie sur son corps.
Dans l'éclat de ses larmes comme de ses sourires, une confiance exceptionnelle tissait lentement ses fils.  Loup ne se rendait peut-être pas compte, qu’il lui révélait déjà ce que la vraie vie pouvait offrir, qu’il lui permettait déjà de respirer, qu’il lui faisait déjà découvrir un monde qu’elle ne connaissait pas, et que ses ailes commençaient déjà à guérir, à retrouver leur scintillement ; la restante ne s’était pas nécrosée malgré l’absence de sa jumelle. Et celle qui s'éveillait peu à peu, nourrissait le désir ardent de lui faire sentir un jour toute cette tendresse, de lui insuffler la même confiance et la même quiétude.

Et voici que l'ami, las des eaux ou peut-être rongé par la faim qui chatouillait ses entrailles, s'éclipsa.  Étrangement, ce fut là la première pensée qui traversa l'esprit soucieux de la fée ; habituellement prompte à endosser la responsabilité des départs, cette fois-ci, elle s'en abstenait. Un autre bon présage s'esquissa à l'horizon, sans même qu'elle ne le remarque, préférant plutôt se plonger dans la quiétude du moment.
La douceur, s'enroulant tel un lierre autour d’elle, se renforça davantage alors qu'il l’aida à quitter les bains et à s'égoutter. Une brève angoisse effleura son âme, mais fut balayée par la tendresse inépuisable que le loup lui offrit. Depuis longtemps, aucune main n'avait effleuré son être avec une telle délicatesse, et c'était là une première, venant de mains masculines.
Sylphide avait les yeux attentifs, exempts de toute crainte mais empreints d'émerveillement ; tels des yeux qui découvraient pour la première fois la splendeur d'un ciel nocturne sans nuages et constellé d’étoiles. Son être entier était pareil à ce firmament, sentant une myriade de frissons éclore sur sa peau, et provoqués par les doigts du divin.
Soudain, elle ne se percevait plus comme un esprit affolé, enchaîné dans les rets d'une chair souffrante ; mais comme une entité harmonieuse en communion avec elle-même et son univers. Une réalité nouvelle, à laquelle elle désirait ardemment s'ancrer, embrasser et fusionner. Et ainsi, un sourire doux se dessina sur les lèvres de la belle, tandis que son regard empreint de tendresse enveloppait celui qui se pencha pour l'emmener là où ils affronteraient ensemble le vide qui rongeait également la surface de son corps.

Sur le chemin, le loup exhuma un sujet qui aurait pu apaiser l'âme paniquée de la fée, mais qui désormais n'était plus que l’occasion de songer à sa beauté sauvage. Tandis qu'ils pénétraient dans leur nouveau repaire, il se confia sur cette autre forme qui partageait quelques traits avec celle qui venait de la déposer avec douceur sur le plan de travail.
Perchée sur son trône, la reine de la cuisine laissa ses pensées esquisser les contours de cette créature qui peuplerait ses prochaines nuits argentées. Un sourire ravi naquit sur ses lèvres, embrasant même ses prunelles. C'était une nuit étoilée qu'elle avait hâte de contempler.

— « Je me demande s’il y a un corps plus câlin que l’autre… Sauf si leurs similarités ne s’arrêtent pas à la couleur de leurs poils » minois se pencha sur le côté, s’enfonçant dans une curiosité enrobée d'espièglerie.

Jamais encore captive n'avait croisé le chemin de lycanthropes métamorphosés, alors elle se demanda si flatter cette fourrure étoilée ne risquait pas de lui coûter ses doigts. Et si d'aventure, d'autres dissemblances caractérielles étaient à signifier, auquel cas, elle se tenait prête à les retenir. Mais si aucune ne se dévoilait, elle s'excuserait sûrement pour ses lacunes, relativement nombreuses malgré son âge poussiéreux.
Lorsque le cuisinier s'inclina à ses pieds, sa haute stature se pliant avec une exagération qui arracha un rire franc à celle dont il s'apprêtait à régaler les sens. L’horizon semblait s’être purgé de ses nuages grâce à un astre aux lueurs aussi joueuses que réconfortantes.

— « Mh, très bien cuisinier… » lèvres se gonflèrent excessivement en une moue songeuse. « J’ai un très cher ami qui m’a confié aimer les plats salés… Je me demandais si tu pouvais m’apprendre à en faire un, pas qu’il se contenterait d’aimer… Mais qu’il adorerait savourer nuit et jour » alors qu’elle confiait son souhait, sa silhouette malicieuse s’était légèrement penchée vers le prétendu cuisinier. « Hélas je vais seulement pouvoir t’observer faire… J’espère que tu n’y vois pas d’inconvénients. Je me rattraperai la prochaine fois. »

Un regard complice scella leur jeu, tandis que son dos délicat retrouva prestement le soutien du mur, étouffant en silence sa fatigue par quelques plaisanteries. Mais sa malice n'atténuait en rien la sincérité de son désir, et la reine éphémère aspirait ardemment à charmer les sens du roi de ses songes.

— « Nous pourrions manger là-haut… Dans ma chambre… » invitation dans un nid où sylphide n’avait jusqu’ici jamais désiré la présence de qui que ce soit. « … ou dans la tienne » peu importe le nid douillet, à ses côtés, elle savait qu’elle en savourerait le confort avec autant de plaisir que ce qui se trouverait dans son assiette. « Qu’est-ce que tu en dis ? » prunelles se parèrent d’une lueur curieuse, tandis que ses lèvres s’ornèrent de complicité.

Son inquiétude s'évanouissait lentement, ne serait-ce que le temps d'un repas délicieux partagé en compagnie de celui dont la force envoûtait son esprit, et dont d'autres craignaient la puissance.

— « Ce n’est pas comme si quelqu’un pouvait nous empêcher de le faire… Il n’y a que toi et moi ici » sa voix résonna presque en un écho joyeux dans la cuisine, le Nymphéa était à eux. « Et puis… Même si Wraith vient à découvrir qu’on passe du bon temps ensemble, je pense qu’il n’osera pas dire grand chose. Il a l’air de te craindre… » curieux comme il était plus sage en la présence du lycan et sa proximité plus étroite avec Roth l’était toute autant, pourquoi ressentait-il le besoin d’avoir un allié à ses côtés s’il ne se sentait pas menacé ? « De craindre l’homme au toucher le plus doux du Nymphéa… »

Moquerie paraît les traits de la séraphine, qui goûtait enfin à la fois à la crainte d’un être maléfique et à la douceur d’un être mirifique. Des délices dont elle saurait difficilement se défaire, nouvelle addiction qui pourrait la précipiter en enfer.

Des regards tendres effleurèrent l’ombre du prédateur, mais ne purent apaiser cette autre faim qui rongeait son esprit. Et ainsi, l'intimité prodiguée par leur sanctuaire, éveilla en elle un flot de nouvelles interrogations. Pour la première fois, elle ne découvrirait pas une autre âme après s’être courbée sous les draps - ou ailleurs -, et son cœur battit au rythme timide d'une excitation nouvelle.

— « Si je ne me trompe pas sur ce qu’est un film… » jamais n’en avait-elle vu, elle en avait seulement vaguement entendu parler. « Lequel est ton préféré ? Et si on avait l’opportunité d’en voir un ensemble, tu me montrerais lequel ? »

Se dérober un peu plus encore à la réalité écrasante et viciée du Nymphéa, transformer irrévocablement ce lieu funeste, l'espace d'une douce soirée, en l'endroit où ils se sont dévoilés l'un à l'autre.
Pansy pouvait faire abstraction de l'obscurité, mais son corps ne pouvait taire ses plaintes, et les vents frais du mausolée ne tardèrent pas à grignoter sa peau depuis longtemps délaissée par les lueurs de l'astre doré. Frileuse replia ses cuisses graciles, comme pour se protéger des morsures glacées de l'air. Ses cuisses, légèrement courbées, se trouvèrent ainsi lovées contre sa poitrine tandis que ses bras scellèrent le repli. Son menton effleura ses genoux dénudés, immaculés de toutes cicatrices. Wraith les avait effacées depuis des siècles déjà, ne laissant qu'une peau satinée, sur laquelle n’était gravé aucun souvenir de sa liberté perdue.

— « Ou si tu pouvais faire un film sur ta vie… Tu lui donnerais quoi comme début et comme fin ? »

Dans ses yeux, la flamme ardente de la curiosité vacillait, tandis qu'elle s’interrogeait sur les méandres de son passé et les horizons incertains de son avenir. Allait-il choisir sa naissance, ou bien un autre jalon significatif pour inaugurer sa vie ? Se languissait-il dans l'abandon de tout espoir, ou bien nourrissait-il encore dans les replis de son âme des rêves épargnés par le temps et les épreuves ? Pendue à ses lèvres, curieuse scella les siennes, en quête de réponses.
Ezvana
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Univers fétiche : Fantasy - adulte - sombre
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Ezvana
Jeu 15 Fév - 2:29

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Ce corps trop grand qui s'appuie sur une surface alors que les bras se croisent, les muscles tendant le tissu de la chemise déchirée tandis que le visage se penche sur le côté pour réfléchir.

- Cela dépend de chacun. Certains ne supportent pas être approché, d'autres perdent leurs repères et deviennent des animaux presque sauvages, d'autre encore sont heureux de pouvoir se libérer des contraintes sociales humaines. Moi… Personne ne m'a touché sous cette forme.

Parce que personne n'ose approcher le titan de fourrure sous peine de se faire mordre ou parce que jamais personne n'a pu le voir ainsi ?
Ne rien dire pour ne pas alimenter les images qui pouvaient traverser l'esprit de la fée. Lui-même n'était pas certains de savoir comment il se sentirait à ce moment-là, lui qui aimait laisser tomber les barrières pour devenir un esprit libre et implacable. Les rencontres étaient rares et dangereuses, les autres loups le traquant pour le chasser de leur territoire et seuls les esprits de la nature osent s'aventurer lors des pleines lunes.
L'appréhension et la hâte lui font battre le cœur plus vite, le sang affluant dans les veines et fait frémir ses doigts. Pouvoir se libérer des contraintes humaines étaient toujours un moment de liberté totale, la simplicité de la vie prenant alors tout son sens. Rien de plus naturelle alors de traquer une proie, de la pister jusqu'à l'épuiser, de sentir la vie pulser dans sa gueule. Parfois, il pouvait découvrir des secrets de la nature, des êtres trop sensibles pour pouvoir vivre dans les villes, perles précieuses qui reste ancré à ses pensées. C'était ce qu'il désirait montrer à la féerique, lui dévoiler la beauté du monde encore préservé.
Jamais encore, il n'a pu partager un tel moment avec quelqu'un.

- Mais sache que je peux prendre cette forme à tout moment. On n’est pas restreint par la lune contrairement à la conviction populaire.

Presque un ricanement qui se fait entendre. Comme quoi les croyances anciennes de cette époque où les êtres surnaturels étaient encore que des mythes, restaient gravés.

- Simplement, nous n’avons pas le droit de nous transformer en public, seulement dans l’intimité. C’est trop dangereux, car cela nous pousse à agir. Et les moments de pleines lunes nous poussent à nous transformer. On court en meute et on chante à la lune notre dévotion.

Main qui vient épouser ce menton barbu, doigts qui viennent caresser les poils poivre et sel alors le Loup cherche une recette qu’il pourrait adapter pour la féerique, simple et pas compliqué à reproduire, sans viande. Machine qui se met en route alors qu’il vient récupérer des aliments dans différents placards et des ustensiles, ouvrant çà et là les portes, fouillant pour trouver ce qui pourrait lui convenir. Dans un ordre bien précis qu’il vient les aligner sur le plan de travail, ainsi que les différents outils qui lui seront utiles pour les présenter à la fée et qu’elle prenne un cours de cuisine simplifier.

La question vient chatouiller ses oreilles et un léger sourire qu’il peine à maîtriser née sur ses lèvres.

- Nous mangerons où tu le voudras. Ma porte te sera toujours ouverte.

La regarder, de légères rides se formant sur le coin de ses yeux alors que l’affection les plisses.
Laver les pommes de terre et des haricot vert, retirer le bout des pieds des champignons pour les baigner et retirer les impuretés. Mettre des casseroles sur la gazinière et attendant que l’eau frémisse, il vient éplucher les pommes de terre et les couper en cubes. Geste presque oublié, mains qui s’activent plus par réflexe. Cela l'apaise étrangement, retrouver une habitude du passé qui était synonyme de bonheur simple.
Nouveau sourire en coin qui vient fleurir sur sa bouche, dévoile la pointe d’une canine d’un air carnassier rien qu’en imaginant Wraith trembler dans son lit.

- Cesse d’ainsi me flatter. Mon ego va en prendre un coup.

Un temps de silence alors qu’il s’imprègne des mots de son amie. Il était beaucoup plus connu pour sa rudesse, par son autorité et ses manières que pour sa douceur. Un instant, le couteau reste en l’air, le mouvement suspendu dans le vide.
Ne rien dire et continuer ses gestes mécaniques, la douceur enveloppant ses traits de tendresse. Parfois, les mots n’étaient pas asse fort alors il accueille le compliment en secret dans son cœur. Plonger les haricots verts et les pommes de terre dans les eaux bouillonnantes, ajouter du beurre dans une sorte de poêle à rebord pour y mettre les champignons. La présence de la nymphe à ses côtés était presque rassurante, lui si habitué au silence et à la solitude trouvait réconfortant qu’une personne puisse s’intéresser à lui. C’était valorisant que dans les yeux de quelqu’un, on puisse être important, même pour des questions sans importances. C’était ce qu’il avait abandonné, il y a bien longtemps et c’était un précieux cadeau qu’elle lui offrait sans s’en rendre compte. Il en avait d’autant plus de valeur à ses yeux.

Cuillère en bois qu’il laisse glisser dans la poêle en l’écoutant. Retenir un soupir en comprenant qu’elle n’a jamais eu l’occasion d’aller voir un film. Existence si ancienne et pourtant ne portant aucune connaissance des simples plaisirs de la vie. Cela l’agace et fit tomber l’arc de ses sourcils, bien qu’il bataille intérieurement pour ne pas se laisser distraire. À quoi bon s’énerver ? Cela serait une perte de temps et d’énergie et Pansy n’avait pas besoin de cela.

- Je dirais que mon film préféré, c’est Fight club. C’est difficile à résumer. C’est un homme qui subit une vie détestable et qui est écœuré par la société de consommation. Il retrouve un sens à sa vie dans un club clandestin. Mais il est beaucoup plus profond que cela, très troublant.

Faire revenir les champignons en mélangeant régulièrement avec sa cuillère en bois. Planter un couteau dans les pommes de terre pour en vérifier la cuisson, croquer dans un haricot et faire une grimace. Cette main qui se tend et vient ouvrir le frigo pour en sortir un morceau de viande rouge qu’il garde de côté.

- C’est un film qu’il faut voir plusieurs fois pour vraiment tout comprendre. C’était un beau reflet de notre monde d’Humain, avant que la technologie change et les mentalités bougent au moment de l’Après-Guerre. Mais ce n’est certainement pas un film que je te montrerais en premier.

Une grimace, cette façon de hausser les sourcils et d’écarquiller les yeux pour appuyer son propos, totalement convaincu par ses propos.

- Qu’est-ce que je pourrais te montrer… Je ne sais pas trop. En film d’animation, je te montrerai le voyage de Chihiro ou Princesse Monoké de Miyazaki. En film touchant, La ligne verte. En film romantique… je ne suis pas très calé, je dirais Orgueil et préjugés ? Ou Titanic à la rigueur.

Cette joue qui se plisse alors qu’un rictus déforme sa bouche tandis qu’il réfléchit.

- Cela fait bien longtemps que je n’ai pas regardé de film. Je n’en ai pas l’occasion. Mais comme tu peux le voir, si j’en ai l’opportunité, je t’en proposerais plein et tu choisirais en fonction de tes envies.

Lui laisse le choix d’être libre de prendre une décision. De pouvoir lui donner ce qu’on lui vole chaque nuit au Nymphéa. C’était simple, mais la moindre chance devait être offerte de celui attentionné qui cherche toujours à élever plus haut cette fée qui n’attendait qu’une seconde chance.
Pomme de terre égouttée et mise dans la poêle avec les champignons pour les faire dorer rajoutant du beurre pour plus de saveur. Morceau de viande cuite à part et qui grille lentement.

Se pencher et activer le four en ouvrant la porte pour venir réchauffer la pièce qui c’était déjà adoucit avec les préparations, tiquant sur les jambes à découvert de la danseuse. Il aurait dû y penser et chercher une couverture en vitesse plutôt que de la laisser dans cette tenue.

- Si je devais reprendre le début de ma vie, cela ne serait pas passionnant. Je… Je me souviens à peine de mes parents.

Battement de cils pour alors que son esprit tente de percer la brume qui entoure chaque personne de son passé, essayant de mettre des formes sur des mirages qui ne cessent de s’enfuir à chaque intrusion. Il y a des odeurs, des gestes. Mais les voix se sont envolées, les visages se sont effacés.

- Mon père était militaire, toujours absent. Mais aimant à sa manière. Quant à ma mère, elle était plus froide. Je n’ai jamais su pourquoi, mais je sentais que n’était pas désiré dans son quotidien. Elle ne m’a jamais frappé, mais ses mots étaient blessants. Pour un gamin, en train de découvrir le monde, ce n’était pas terrible. Je me suis barré de chez moi le plus tôt possible, en suivant les traces militaires de mon paternel, mais à l’autre bout du pays.

Depuis longtemps, il avait fait le deuil de ses parents depuis longtemps décédé. Ils n’ont jamais vraiment fait partie de sa vie et leurs avis n’avait pas d’importance. Depuis l'adolescence, Méléän pense par lui-même et fait ce qui lui semble juste sans se soucier des autres, il pouvait au moins remercier sa famille pour cette éducation qui est devenue une force, surtout aujourd’hui.

- Non si je devais débuter quelque part, cela serait à ma vie de Lycan. Cela serait tragique, repoussant, plein de détresse et de rage. Cela serait la nouveauté d’apprendre encore, de découvrir un monde inconnu, la sensation de la liberté et de la puissance. Un film pour adulte, sans aucun doute, mais prenant. J’aimerais une fin ouverte, ou je trouve enfin ma place en ce monde et pourquoi pas quelqu’un pour être avec moi. J’aimerais éviter que la fin du film soit ma mort.

Un petit sourire pour dédramatiser la réponse, en espérant que sa réponse lui convienne.
Rajouter les haricots verts dans la préparation pour les faire revenir un peu avec le reste, rajouter du sel et du persil, les pommes de terre sont devenues colorés, une douce odeur chaude embaumant la pièce.

- J’ai terminé. Lui présenter la poêle fumante. C’est simple mais efficace. J’ai fait végétarien, même si j’ai compris que c’est un type de viande que tu dois éviter. Je ne veux pas bousculer tes habitudes.

La viande cuite à part il vient servir dans des assiettes creuses des portions généreuses. Au micro-onde il vient réchauffer le bol qu’il avait laissé au frigidaire plus tôt comme dessert. Poser le tout sur un plateau pour transporter le tout jusqu’à la chambre. Éteindre enfin le four. Se redresser, repousser une mèche de cheveux en arrière alors qu’une idée illumine son visage.

- Demain commence les journées fériées du mois. Je t’emmène au cinéma après la boulangerie. On choisira un film un peu au hasard et je te prendrais des pop-corn sucrés.

L’envie qui brille dans ses yeux de l’apercevoir absorbé par une histoire sur un énorme écran, lire sur les traits de son visage les émotions naissantes. Promesse de lui faire découvrir le monde qu’il désire ardemment tenir.

- Dans ta chambre ou la mienne ?

Cette façon dont sa phrase remonte à ses pensées de façon fulgurante et il pince ses lèvres en prenant conscience du sous-entendu.

- Je veux dire… Pour manger. Pour le reste, on verra ça une autre fois.

Un clin d’œil malicieux et un sourire en coin ravageur. Tendre sa main pour qu’elle prenne appui et qu’elle descende de son piédestal en douceur.

- Si je t’aide, tu pourras avancer sans que je te porte ?

Véritable inquiétude qui vibre dans le timbre de sa voix.

- Sinon je t'emmène et je rapporte la nourriture tout de suite.

Cette mèche de cheveux humide qu'il décolle d'une épaule frêle pour la repousser en arrière, remonter cette bretelle qui tombe légèrement sans même y penser. Regard soucieux devant la chair de poule qui hérisse le poil de la belle, glacé par sa tenue légère.

Lulu
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Lulu
Sam 17 Fév - 18:54

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
Pourtant, la curiosité de l’ingénue fut piquée par ce Fight Club, frustrée de n'avoir jusqu'alors exploré que les recoins sombres de l’humanité. Ainsi, Pansy consigna soigneusement le titre de ce film, qui ne serait pas son premier, mais sans doute son second. Ne serait-ce que pour apaiser son insatiable curiosité, qui, telle une plante grimpante, ne cessait de s'enlacer autour de ce qu’aimait le loup.
D'autres films furent cités, et malgré sa fragilité, la fée s'efforça de graver dans sa mémoire ces autres titres. De certains, émanaient une étrange musicalité, venues d'un ailleurs dont elle ne saurait définir les origines. Ces mélodies étrangères gravèrent leur mélopée dans son esprit, surpassant grâce à ces singularités les autres plus familières. Novice pressentait qu'elles hanteront ses pensées dès lors qu'ils auraient l’occasion de choisir d’autres pellicules à regarder, bien décidée à créer d'autres moments propices à regarder des films en tandem.
Un sourire discret mais sincère s’épanouit sur les lèvres de la péri, qui rayonnait toujours autant de bonheur lorsqu'elle était l'objet des délicates attentions du loup. Un soupir de reconnaissance s'échappa de ses lèvres, pendant que ses mordorées se détachèrent un instant des mains du cuistot pour caresser les cuivrées.

Puis vint une onde de chaleur qui enlaça avec tendresse sa silhouette figée, dérobant à celle-ci une cohorte de frissons exquis, qui, tel un souffle léger, agita faiblement sa chair. La peu vêtue s’abandonna à cette chaleur nouvelle et délia ses bras pour libérer ses jambes. La péri avait toujours été friande de chaleur, marque singulière d'une espèce encline à se languir sous les ardeurs solaires, et à se nicher au creux de leurs ailes lorsque la lune répandait son froid sur la terre. Le froid leur était particulièrement redoutable, captive l’avait découverte au creux des cachots royaux.
Et tandis que le gel s'effaçait lentement de l'épiderme, la demi-ailée put de nouveau focaliser son attention sur le cuisinier, qui s’était soudainement figé. Une anxiété vint aspirer la quiétude qui auréolait son visage, mais dès que le loup se lança dans le récit de son passé humain, cette tension s'évanouit au profit d'une expression grave. Une légère ride se dessina entre ses sourcils d'ébène, tandis qu'il lui livrait un lambeau de cette humanité lointaine, que le temps semblerait vouloir effacer au fil des âges, à en croire ses hésitations.
Il s’était empressé de saisir son indépendance, fuyant un foyer étouffant pour s'enrôler dans les rangs de l'armée. L'autorité, la rectitude et la vigueur qui le caractérisaient firent sens aux yeux de la fée, elle-même familière des forces militaires malgré sa captivité.
D'anciens combattants, ainsi que des soldats encore en service, s’échouaient régulièrement au Nymphéa, en quête d'un brin de douceur, de réconfort, de compagnie ou, pour les plus enragés, d'un corps sur lequel exhaler leur fureur. Ces femmes et ces hommes ne la laissaient que rarement indifférente. Et de toute évidence, aucune âme ne croisait la sienne sans qu’elle n’en fût profondément marquée, car isolée par contrainte, puisqu’en réalité sociable, et toujours curieuse vis-à-vis de son prochain. Car souvent, ils étaient ses seuls liens avec le monde extérieur.
Depuis peu, une âme captivait ses pensées plus que les autres, laissant en son sillage un parfum de liberté et de quiétude. Elle se laissa emporter par cette présence, qui choisit ses premiers éclats lupins pour débuter son récit, tandis qu'un sourire naquit sur les lèvres de la captivée. Son avenir la fascina autant que son passé, ce premier résonnant étrangement avec ses propres espoirs, qu'elle croyait depuis longtemps perdus. Ces similitudes, telles des rayons de soleil, lui procurèrent une douce chaleur, qui réchauffa son cœur désormais apaisé.

— « Tu as survécu à beaucoup d’épreuves » se remémora avec une mélancolie profonde ces confessions douloureuses échangées dans l'intimité des bains, les cicatrices qui constellaient le cœur et la chair de ce guerrier - et elle pressentait qu'il en existait davantage, cachées. « Tu choisiras ta fin, j’en suis certaine » admiratrice le voit se retirer des abîmes en héros, non pas pour embrasser le néant mais pour conquérir l’éden.

Alors que la sylphide songeait à ces jours heureux, à ces horizons lointains qui lui semblaient étrangement familiers sans être siens, une brûlure vive irradia son aile unique. Une piqûre amère lui murmurant que peut-être ils ne seraient jamais les siens. Songe qu'elle s'empressa d'étouffer, tout comme cette douleur cruelle qui la harcelait.
L'arôme enivrant qui caressait ses sens lui permit d'occulter la douleur, tandis que ses entrailles creuses laissèrent échapper un soupir impatient. Si l'avenir se dessinait dans ces instants fugaces, elle désirait savourer chacun d'eux, tout autant que ces mets que le loup disposait avec délice sur les assiettes.

— « Ça a l’air délicieux… » affamée ravala sa salive. « Merci beaucoup… J’espère pouvoir te cuisiner des plats aussi délicieux quand je m’y mettrai » espoirs qui tissaient peu à peu son avenir, pour éliminer définitivement les doutes qui la parasitaient.

Pansy n'était pas la seule à nouer soigneusement les fils de ce destin, le loup s'y attelant également avec une grande méticulosité. Un avenir dont ils pouvaient pressentir les contours à quelques heures près, et que son ami agrémenta d'une activité supplémentaire.
Un sourire de plus s'épanouit sur les lèvres de la péri, et une tiédeur singulière parcourut l'entièreté de son corps. Elle la sentit s'infiltrer jusqu'au creux de son être, gonflant son cœur d'une tendresse qui menaçait de s'écouler à travers chacun de ses gestes. Hélas, la fatigue pesait toujours lourdement sur ses membres, entravant le toucher qui aurait voulu lui communiquer cette tendresse intense. Les seuls messagers furent son sourire resplendissant et ses prunelles étincelantes.

— « J’ignore ce que c’est, mais ça aussi, ça m’a l’air délicieux… » le sucre l’avait convaincue. « Je suis impatiente d'être demain... Il n’y a que ce repas qui me retient éveillée et m'empêche de m'endormir plus tôt pour y être encore plus vite » enthousiasme ardent se liait à son impatience, qu’elle confiait à celui qui s’apprêtait à lui faire découvrir ce monde tant rêvé.

Désormais, ils devaient choisir leur nid. Le loup, dont la générosité égalait sa bienveillance, accorda à la sylphide le privilège de cette décision, non sans envelopper ses paroles d'une malice qui fit fleurir sur leurs visages un sourire complice.
Malicieux comme à son habitude, il ne manqua pas de souligner le sous-entendu grivois, tandis que la sylphide aurait pu conserver un peu de contenance si elle n'avait été transpercée par le sourire ravageur du perturbateur. Une onde de chaleur, plus ardente encore que la précédente, jaillit tel un flot tumultueux, et fit pétiller son écume jusqu'au creux de ses prunelles troublées.
Et alors, sirène s’empressa de maîtriser ces flots ravageurs, surgissant des abysses pour conquérir la surface fébrile. Jamais elle ne déclinait un appel, et encore moins lorsque celui-ci provenait des lèvres lupines.

— « Tu es bien sûr de toi, peut-être que je devrais te faire courir un peu… » sourire s’enroba de malice. « J’ai cru comprendre que tu aimais ça… Je me trompe ? » référence à la nature du redoutable, taquinerie que l’ondine conclut d’un clin d'œil complice.

Dans un envol gracieux, la colombe délaissa son perchoir, non sans un précieux coup de main.
La réalité revint les envelopper de son linceul, l'inquiétude distillant son venin dans la voix grave du loup.  Aussitôt, l'oiseau affaibli dodelina de la tête pour chasser le venin, tandis que les doigts délicats de son compagnon la dorlotèrent avec une tendresse grandement appréciée.
Son cœur ronronna avec ardeur, tandis qu'un mouvement léger de son épaule et de son visage guida les doigts rugueux jusqu'à ses lèvres. Elles frôlèrent à peine sa peau, mais ce furent surtout ses narines qui s’enivrèrent de cette proximité ; se délectant de ce parfum mêlé de fragrances nouvelles - plus gourmandes - et d'autres familières. Celles-là même qu'elle avait découvertes lorsqu'elle s'était blottie dans ses bras, à la recherche de ce réconfort qu'elle n'avait trouvé jusqu'alors contre le poitrail du lycan.

— « Oui, je peux… » visage se redressa en douceur pour croiser leurs regards, en réalité, l’abîmée n’en n’était pas certaine. « On peut s’installer dans ma chambre… Tu verras, mon lit est confortable » et elle se languissait de retrouver son écrin douillet.

Le nez chargé d’effluves vivifiantes, silhouette diminuée enroula ses doigts autour de l’avant-bras de son roc, puis s’enfonça à ses côtés dans les dédales obscurs du temple endormi.
Dans une lenteur délicate qui frôlait l'obsession, ils avancèrent, traînant carcasse à la mine concentrée à travers les pièces désertes. Le cortège muet aux pas synchronisés s’arrêta en bas des escaliers, qui s'élevaient vers leur repaire. La tête de la créature ailée s'éleva, scrutant la hauteur des marches, qui lui parut soudainement vertigineuse. Le souffle devenu sifflant à cause de l’effort, elle réalisa qu'il lui fallait ménager sa dépouille abîmée. Ainsi, soutenue non seulement par le bras du loup, mais aussi par les murs décrépits, elle s'efforça de porter son poids plume vers leur sanctuaire.
À mi-parcours, la sylve s'immobilisa brusquement, comme son souffle, étouffé par une douleur croissante. Un spasme rongea son dos, contractant même son aile survivante ; celle-ci, pendante tel un voile de soie le long de son corps, fut soudainement secouée par un sursaut, la figeant momentanément. Un membre manquant aurait voulu répondre de même, mais à la place, la zone évidée lui arracha un gémissement étouffé de douleur, ses lèvres demeurant scellées pour que nulle plainte n'en émane.
Ses bourreaux l'ont contrainte à museler ses douleurs, à les réduire à néant, à les étouffer sous le poids du silence, afin de la vider de toute substance vitale. Dans les rares moments où elle s'était laissée débordée par ses souffrances, elle se souvenait de leurs diatribes culpabilisantes ; ne devait-elle pas penser à leur propre douleur quand ils l'entendaient hurler ? À la culpabilité s'ajoutaient les comparaisons, leur esprit fertile en stratagèmes vicieux pour la réduire au silence ; pourquoi hurlait-elle quand une autre, subissant des maux bien plus terribles, parvenait à dissimuler sa peine ? Se voulant ni faible, ni égocentrique, mais simplement aimée, l'enfant se transforma peu à peu en cette autre victime érigée en modèle, incitant les autres à devenir plus que de pâles reflets d'elles-mêmes. Désormais, elle était son propre bourreau.

— « Tout… Ça va » quelques mots s’échappèrent de ses dents serrées. « Ce n’est qu’une… Seulement une crampe » poumons se déployèrent, capturant difficilement une longue inspiration.

Quelques brèves secondes s'égrenèrent, tandis que ses yeux demeuraient figés dans le néant, son esprit captif de ces échos lancinants qui embrasaient son être. Lorsqu'enfin ils commencèrent à s'estomper lentement, la machine d'os et de chair se remit en mouvement pour achever son ascension.
Ses doigts graciles s'aventurèrent dans sa chevelure d'ébène pour saisir la clé, ouvrant ainsi la voie vers son sanctuaire. Quelques cliquetis retentirent, puis la porte s'entrouvrit, laissant s'échapper des effluves à la fois floraux et fruités qui enveloppèrent leurs silhouettes.

— « Installe-toi où bon te semble… Coussins, table, lit… »

Souffle désigna les meubles où il pourrait se laisser choir, tandis que l'éprouvée franchissait quelques pas supplémentaires au sein de cette jungle artificielle, où les teintes chaleureuses se mêlaient, pour enfin s'échouer sur un lit aux mille oreillers et parures satinées. Dès qu'elle atteignit ce vaste et élevé reposoir, elle préservera son dos éraflé de tout contact, s'efforçant de demeurer assise sans recourir au dossier du lit ni à un quelconque coussin.

— « Tu peux considérer ma chambre comme la tienne » mordorées s’accrochèrent à la silhouette ténébreuse, scintillantes de sincérité. « Tu seras toujours le bienvenu. »

Cocon qui s'ouvrit au loup, péri l’invitant à y inscrire son empreinte, à en parfumer chaque recoin de sa présence. Et pourtant, bien qu'elle eût jadis tenu à ce que seul son souffle enivrant y soit souverain, pour la première fois, elle consentait à l'entrelacer avec une autre essence. Non seulement parce que les effluves du guerrier lui prodiguaient un réconfort précieux, mais aussi parce qu'elle avait réalisé, grâce à leurs échanges, combien la solitude pesait sur les épaules de celui-ci. Le hasard fit bien les choses : ils étaient deux à en souffrir.
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Ezvana
Lun 26 Fév - 20:54

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Croiser ce regard ou l’incertitude brillait dans les eaux troubles. Mais pour ne pas froisser la délicate fée, il ne fait que hocher la tête et proposer son bras comme soutien. Peu importe le temps qu’ils mettront à parcourir le Nymphéa, ils étaient libres de toutes contraintes ou de tout regard scrutateur. Patience infinie de ce géant abîmé qui avance avec lenteur, lui qui vagabonde en dehors à la vitesse d’un lévrier à la course, à peine le temps de respirer, de remplir ses poumons d’un air vicié pour repartir aussitôt. Le temps, c’est de l’argent. Chaque minute qui passe sans être actif était un supplice qui permettait à ses démons de refaire surface. Esprit incapable de rester sage, emprisonné dans une torture incessante alors que les pensées se font rouages grinçants qui perturbent sa tranquillité.
Ici, les grains du sablier étaient apaisants. Ils tombaient un à un, marquant chaque minute passée auprès de cette âme si fragile. La flamme était tremblante, les braises rougeoyantes doucement en ayant peur d’un courant d’air trop puissant qui balaierait le tout. Mais lui était ce papillon qui ne pouvait détourner les yeux de ce cœur incroyable qui pulsait et pouvait déployer une aura sans commune mesure
Parfois, il suffisait d’y croire pour que le vœu s’exauce.

Alors intérieurement, le Loup prie. Aucune croyance commune pour le bercer et le rassurer quand les nuits sont glaciales et l’avenir incertain, aucune éducation qui ne l'a mené dans les bras de quelconque divinité. Mais l’univers était peut-être régi par de la magie, par des courants invisibles qu’il ne maîtrisait pas. Après l’exposition des êtres surnaturelle, impossible de ne pas croire que l’on connaissait tout sur ce monde. Silencieusement, le Lycan formule de douces tendresses pour cet être qui avançait à ses côtés, cherchant à raviver les lucioles qui éclairent son chemin. Si quelque chose pouvait l’écouter, ses paroles ne seraient pas vaines. Et s’il n’y avait que le néant, il marque alors ses propres désirs qui s’impriment de plus en plus fort en lui.

Refouler au loin la peur de l’engagement, celle de pouvoir se rapprocher de quelqu’un et de s’attacher, même un peu. C’était à avoir des frissons désagréables dans le dos, un sentiment de malaise qui fait battre le cœur un peu plus vite. C’était enserrer la gueule de son instinct pour le faire taire. Profiter de l’instant présent comme le plus précieux des cadeaux.
Froncement de sourcil alors que la féerique s’arrête, qu’elle prétexte une crampe. Son corps, c’était rigidifier à ses côtés, un bruit, c’était échappé de ses lèvres. Aucun mot pour troubler la douleur de son amie alors qu’il compatissait et que sa mâchoire se serre. Il se contente de rester à ses côtés, de la soutenir silencieusement pour ne jamais que son esprit s’échappe vers la solitude.

Continuer à la guider jusque dans sa chambre, se pencher délicatement pour déposer la souffrante sur son lit. Dans un équilibre maîtrisé, Méléän dispose le plateau à ses côtés, remplis les verres d’eau et met les couverts dans les assiettes. Déposer le plateau sur les genoux de son amie avant de lui-même s’asseoir un peu plus loin face à elle, seulement un coussin pour fauteuil, repliant ses jambes sous lui.

- Merci pour l’invitation.

Un semblant de léger sourire, juste de quoi étirer ses joues pour froisser l’inquiétude qui ne cesse de lui mordre l’estomac. Première bouchée sans bruit, ne sachant comment s’exprimer. C’est avec agacement qu’il se rend compte qu’à ses yeux, il était plus aisé de se battre que de discuter avec quelqu’un. Il ne manie pas les mots comme certains le font avec des armes. Lui, il agissait, on ne lui demandait pas de réfléchir. C’était plus facile de se glisser dans la peau d’une bête sauvage que consciente de son environnement.
Mais il s’efforce de trouver les bons mots. Certes, c’était une bataille intérieure, mais surtout, il sentait qu’il devait le faire. Trop souvent, on a dû cacher des choses aux yeux de cette sylphide fatiguée et il ne voulait pas être un énième énergumène qui lui ment.

- Tu sais… Tu peux t’exprimer avec moi.

Regard plongé dans son assiette ou du bout de la fourchette, il repousse une pomme de terre. Les lèvres se pincent et la poitrine se gonfle tandis qu’une longue inspiration fait craquer une vertèbre.

- Tu as ce droit. Ne te retiens pas si tu as mal, si quelque chose te tracasse.

Une grimace qui déforme son nez et sa bouche tandis qu’il essaie d’attraper son courage à deux mains. Relever le visage pour exprimer un avis sincère.

- On t’a appris à taire tout ce que tu ressens. Tu dois convenir à celui qui te paie, à Wraith. Mais moi, je ne suis pas comme eux. Jamais je ne demanderais de te taire pour me plaire. Jamais, je ne te demanderais de museler ta douleur pour que tu l’as garde seule. Je ne serais jamais une menace qui te tombera dessus telle l’épée de Damoclès.

Un léger sourire pour adoucir la véracité de ses propos qui pouvaient écorcher les oreilles de son amie.

- Sois libre avec moi. Exprime toi. Ne te cache pas derrière des mensonges qui te rongeront de l’intérieur. Si tu veux exprimer ta douleur, fais-le. Si tu veux rire, fait le pleinement. Si tu veux pleurer, éclates en sanglots. Si tu veux critiquer, que ta langue devienne acerbe. Je ne te force pas à tout me dire, mais brise les tentacules sombres que Wraith à disposé autour de son esprit. Vie pleinement. Si cela te permet de te découvrir un peu plus, j’en serai heureux.

Cela remue dans le regard du Loup, cette image d’une fée affranchie de toute retenue, délivré des maléfices qui la nécrose. Il espère, fait une nouvelle prière pour que cela devienne réalité. Détourner les yeux pour ne plus troubler Pansy. Il continue de manger sans rien dire, comme si une certaine timidité venait lui chatouiller les joues. Toujours cette peur de la blesser avec ses mots.
Alors il mange comme à son habitude, très vite. Loup qui n’a jamais vécu dans l’opulence et dans la paix, incapable ne pas engloutir son repas lui qui n’a jamais le temps. Tel un Loup traqué, il devait vite manger les éléments importants de sa proie avant de se faire repérer et de repartir aussitôt arriver. Habitude qui trahit son quotidien, mais le Lycan agis sans réfléchir. Pour lui, c’était sa normalité.
Il réalise alors qu’il termine son assiette en comparant avec celle de la fée. La honte l’accable brusquement, fait ployer son regard vers le bas alors qu’il avale la dernière bouchée. Il ne voulait surtout pas qu’elle se sente mal à l’aise vu qu’elle reprenait une alimentation normale pour la première fois.

- Je vais prendre une douche, j’arrive.

S’éclipser rapidement, s’échapper de cette bulle qu’il ne voulait pas percer par sa maladresse. C’est qu’une fois dans sa douche qu’il reprend une véritable respiration. Le front appuyé contre le carrelage froid, les pensées ne cessent de le tourmenter. La fatigue, écrasante, s’insinue dans ses muscles alors que son esprit ne cesse de vagabonder. Il s'était passé trop de choses cette journée pour qu’il puisse fermer l’œil sereinement, sans prendre en compte la Lune qui bouillonne dans ses veines. Un soupir qui glisse entre les lèvres, cette façon de se frotter la peau avec vigueur pour chasser son mal-être, retirer les odeurs enivrantes des bains. Faire nouvelle peau pour apaiser ses afflictions.

Enfiler ce jogging gris qui tombe sur ses hanches, cet ample tee-shirt blanc qui recouvre entièrement ses bras et son torse. Pieds nus, il retourne dans la chambre de Pansy en toquant doucement à sa porte, mets son assiette de côté pour ne pas salir le sol.

- Je peux te demander une faveur ?

Gêner le géant qui se frotte l’arrière du crâne mouillé.

- Je peux dormir ici cette nuit ?

Cette façon de se reprendre bien trop vite pour qu’il n’y est pas de confusion.

- Je peux dormir par terre si cela te dérange. C’est juste… Que cela me rassurerait si je pouvais veiller sur toi après tout cela. Et je te fais la promesse que je ne te ferais rien. Tu n’as rien à craindre de moi.

Espoir que la sylphide croit fermement à ses paroles pour faire taire des angoisses profondes qui pouvaient refaire surface.
Je serais le Loup qui hantera tes rêves et non tes cauchemars.


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Préférence de jeu : Femme
Valise 2
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Lulu
Mer 28 Fév - 16:46

Pansy
Doe

Sylphide aux ailes diaphanes se confronte aux années d'une manière bien singulière, échappant à la course effrénée du temps, elle irradie d'une jeunesse éternelle. Son cœur de verre, avide de tendresse, ne demande qu'à vibrer au rythme des mélodies romantiques, mais une pesante solitude le condamne à les savourer à travers le vécu des autres. Derrière le voile de ce nom aux sonorités florales, Pansy dissimule sa véritable identité, étranglée par les années qui passent. Prisonnière d’un cycle infernal : à chaque tombée du jour, elle se dévêt de ses pétales, cédant sa chair aux guêpes insatiables, puis renaît à l'approche de l'aube, revêtant une splendeur éphémère, pour à nouveau se dénuder à la chute nocturne. Elle est le fantôme à l’agonie du Nymphéa, les murs et les planchers, portent les cicatrices de ses griffes et sont imprégnés de sa fragrance étourdissante.

Après des années à survivre seule dans cet enfer, mes rêves semblaient évanouis. Chaque performance me volait un peu plus ma dignité et mon identité. Je pensais devoir les abandonner pour toujours, jusqu'à ce que qu'une histoire de vengeance me mette sur la voie de quelqu'un. Lui.
Dans l'étreinte langoureuse du repos, la douleur lancinante s'effaça lentement, comme une mélodie sinistre s'éteignant au lointain, tandis que son corps savourait ce confort tant convoité. Puis vint le tour de sa bouche d'être flattée, accueillant une symphonie de saveurs nouvelles qui éveillèrent ses papilles habituées au fade. Toutefois, sa première bouchée fut timide, tâtonnante, comme hantée par les murmures désobligeants de Wraith, gravés en elle telles des stèles dans un vieux cimetière, leur voix rauque résonnant plus puissamment que la sienne. Pansy se trouvait alors contrainte de lutter contre ces pensées intrusives à chaque mouvement de sa langue, mais la fatigue, telle une marée montante, les rendait de plus en plus assourdissantes, jusqu'à ce que ses propres mastications ne puissent plus les étouffer.
Dans l'élan d'une résolution nouvelle, elle détourna ses prunelles vers celui qui, avait pris soin de préparer ce délice culinaire. Mange au moins pour lui, susurra une voix, qui transperça le tumulte intérieur. Car il avait pris le soin d'élaborer ce mets à partir d'ingrédients divers, animé par le désir de la voir en pleine santé. Ainsi, l'affamée se laissa une fois de plus guider par la volonté du bienveillant, ne serait-ce que pour trouver la force d'absorber quelques bouchées de plus. Toutefois, une culpabilité grandissante l'assaillait, comme si une créature tapie en elle savourait cette honte, emplissant ses entrailles de terreur, entretenant le vide pour protéger son maigre royaume osseux.

Au loin, un sursis se profilait, dès lors que la voix caverneuse du loup emplit la petite cabane. Ses yeux se rattachèrent à nouveau à ce soleil, qui s'efforçait avec ardeur de briser les chaînes invisibles - les plus tenaces. Il lui offrit du réconfort, une sécurité qu'elle avait tant cherchée auprès des autres, elle qui peinait à trouver foi en sa propre personne. Car, après des siècles passés à endurer l'ombre de ceux plus redoutables qu'elle, il ne restait guère plus que des lambeaux d'elle-même, un amas de cendres et d'os, éparpillés un peu partout à travers le Nymphéa.  
Une faible et douce chaleur enveloppa sa poitrine, malgré les ombres persistantes de l'incertitude. Le loup semblait plus puissant, plus persuasif que ses propres pensées... Du moins tant que la bataille à mener n'était pas contre elle-même, car alors, ses peurs résonnaient plus fort que les plus douces mélodies lupines.

— « Ça peut paraître idiot, mais ça m'a l'air difficile... » À ses yeux, d'autres batailles semblaient plus ardues, pourtant celle-ci lui apparaissait presque insurmontable. « Je ferai de mon mieux, je ne souhaite pas te décevoir, ni rendre tes sacrifices inutiles... » Elle se confiait timidement sur ses préoccupations, sa crainte de l'échec, de l'abandon. « Je ferai de mon mieux. »

Répéter, sans cesse, afin de conjurer le sombre présage, de s'en persuader. Peut-être espérait-elle ainsi arracher sa première victoire, après avoir subi, siècle après siècle, un déferlement de défaites.

Le silence s'insinua de nouveau dans la chambrée chatoyante, témoignant de l'immense fatigue qui avait alourdi les épaules des deux rescapés de cette nuit agitée. Aucun malaise ne hantait pour l'instant le cœur de la fée exténuée, qui, de son côté, se préparait à une lutte sans fin ( faim ) contre l’appel du vide.
Alors que Pansy s'acharnait sur la moitié pleine de son assiette, sa fourchette s'acharnant à réduire en miettes les restes déjà minces, elle remarqua la silhouette du lycan s'abaisser brusquement. Préoccupée, ses prunelles se précipitèrent vers lui, ses lèvres s'entrouvrant non pour assouvir sa faim, mais dans l'espoir de percer le mystère qui le tourmentait. Bien qu'elle aurait pu deviner seule, tant cette soirée avait été émaillée de chagrin et d’épreuves, mais sa confiance en elle était trop chancelante pour se fier à ses pressentiments.
Mais nul son ne franchit ses lèvres, le loup s'empressant de prendre la fuite pour se décrasser, la laissant seule avec ses interrogations. Hélas, ses tristes expériences lui avaient appris à redouter les silences des autres, car certains se faisaient éternels, creusant entre leurs âmes des abîmes qui n'ont jamais été comblées. Condamnée à affronter seule ce qu'elle abhorrait le plus - sa propre essence -, sa quête de réponses se mua inexorablement en séance d'auto-flagellation
Peu à peu, la culpabilité obscurcit son esprit, l'écartant de toute raison. Son cœur tambourina avec une intensité croissante contre cette cage thoracique encore meurtrie par les assauts antérieurs, tandis que ses mains s'empressèrent de repousser loin d'elle le plateau repas à moitié consommé. Son plaisir avait été plus affectif que gustatif, et elle se lamentait de son incapacité à savourer pleinement ce repas préparé avec tant de soin. Une nouvelle faute qui la fouettait, écorchant son palpitant marqué de plaies sanglantes.

Ses mordorées, dans lesquelles scintillait son anxiété, fixaient la porte close. Elle n'espérait plus qu'une chose : que ce seuil s'entrouvre à nouveau, que les silences se muent en paroles, que la vérité se révèle. Et il découvrirait, ce dont la déraisonnée était capable pour ne plus le décevoir, pour se racheter de fautes qui n'étaient pas les siennes, pour éviter l'oubli. Nombreux furent ceux qui avaient préféré s'épargner ce spectacle tragique, comme autant d'âmes avides de drame s'en étaient délecter. Pourtant, malgré ses efforts infinis, l'ombre de la solitude persistait, engloutissant la silhouette de la marionnette.
Figée sur le lit, telle une poupée inerte, elle demeurait sourde aux plaintes de la fatigue et aux supplications de la douleur, seul le retour du loup la réanimerait. Soudain, le grincement d'une porte interrompit le silence, et son souffle se suspendit, tandis que son cœur affolé manqua un battement dès que l'huis se fendant, laissa pénétrer la lumière.
Il se tenait là, enveloppé d'une fragrance nouvelle. La fée, indifférente à ce parfum enivrant, préféra guetter fébrilement les premiers mots qui jailliraient de ses lèvres ; qu'avait-elle fait ? Qu'avait-elle à faire pour obtenir son pardon ? Elle s'engagea dans une promesse muette, prête à tout, absolument tout pour le quérir. Et soudain, le loup n'était plus le loup, mais une ombre incertaine façonnée par les spectres du passé, qui jadis l'avait meurtrie.
Très vite, la question tant attendue - et entendue - franchit les lèvres lupines, et la silhouette mi-ailée s'inclina légèrement vers lui, attentive à sa demande. L'ombre avait carte blanche pour tout demander, absolument tout ; elle acquiesça avec ferveur, signifiant ainsi sa détermination.
Il désirait dormir à ses côtés. Alors, les ombres s'effacèrent, révélant enfin le visage de celui qui se tenait devant elle, celui du lycan bienveillant. Un visage qui ne s'abreuverait jamais de ses faiblesses, qui ne la réduirait pas à une simple marionnette, dépourvue d'émotions, d'envies, de vie tout simplement. Cependant, la perfidie de ce parasite appelé culpabilité, qui depuis tant d'éternités l'entravait, arrivait à la troubler même lorsqu’elle avait tout pour se réjouir. Celui-ci se nourrit de la honte qui l'étreignit quand elle prit conscience de ses jugements erronés, il avait été comparé aux pires.

— « Je suis désolée » trois mots qu’il abhorrait tant, et dont les lèvres de Pansy ne sauraient s’en défaire. « J'ai cru que tu t'étais subitement éclipsé parce que je t'avais froissé.. » En les prononçant à haute voix, elle réalisa l'absurdité de sa pensée. « Et que tu revenais pour me réprimander... Mais si j'avais causé du tort, ça aurait pu être compréhensible », savoir faire preuve d'empathie envers les réactions d'autrui, mais pas envers les siennes. « J'ai mal jugé la situation, et c'est pour cela que je te présente mes excuses », éclaircir ses paroles, consciente que l'angoisse mêlée à la fatigue pouvait troubler ses propos.

Plongée dans son propre mea culpa, la fée en avait oublié de répondre à la requête du loup ; il souhaitait savoir s'il pouvait partager son sommeil cette nuit. Loin d'être dénué de tact, il s'empressa de lui rappeler que ses intentions n'étaient nullement comparables à celles des âmes passées. Elles étaient d'une pureté inégalée, d'une douceur incomparable pour ce cœur assoiffé d'amour. Un réconfort bienveillant enveloppa de nouveau son cœur, écartant définitivement ses angoisses et sa vorace culpabilité.

— « Tu peux dormir ici... » répondit-elle promptement, la joie irradiant sa peau dorée. « Mais je tiens à te prévenir... Mon sommeil est agité », soit agité, soit inexistant, il n'y avait pas de juste milieu. « J'espère que tu as un sommeil lourd, sinon... Je m'excuse par avance. Tu peux occuper le lit, cela me rassurera de savoir que tu es à proximité » de ressentir sa chaleur unique, d'entendre ce souffle paisible qui, peu après sa mutilation, avait su la réconforter. « Il y a de nombreux oreillers, tu n'as pas besoin d'apporter les tiens... »

Trop nombreux pour un seul corps, mais insuffisants pour une fée qui souffrait du manque d'autres présences à enlacer. Car les nymphes célestes haïssaient la solitude nocturne, peu importe les saisons, les âges. Ainsi, la survivante avait su dénicher un stratagème pour pallier un peu à l'absence de ces corps désormais disparus.
Ses mains saisirent quatre oreillers, qu'elle disposa promptement sur le côté gauche du lit. Il lui était possible d'en ajouter davantage, une réserve entière gisait à sa droite, mais elle préféra ne pas le surcharger davantage.

— « Si tu as besoin de plus, n’hésite pas » lui éviter des doutes inutiles, tandis que sa brève effervescence prit enfin fin.

Elle aspirait ardemment à goûter cette rare opportunité, à préserver son cœur des inquiétudes, des terreurs que les ombres avaient distillées dans sa poitrine au fil de leurs assauts. Ce soir, elle désirait chasser la peur, même si cela impliquait de délibérément ignorer ce petit doute susceptible de se muer en un monstre redoutable. Dans l'obscurité, l'avenir lui restait voilé, mais pour la première fois, elle ne serait pas  forcée de partager sa couche avec autrui, pour la première fois, elle ne suffoquerait pas sous la chaleur d'un autre corps, mais savourerait celle qui crépiterait à côté d’elle. Ainsi, de tout son être, elle espérait que le démon tapi en ses profondeurs n'entacherait pas cet instant doux, ne grignoterait pas ce plaisir secret. C'est là une lutte que la fée était prête à mener : un véritable saut dans l'abîme de l'inconnu, où l'attente de la blessure côtoyait l'espoir de la plénitude. Soit elle s’écraserait au sol, soit elle s’envolerait.
Mais Pansy ne pouvait pas s’élancer dans sa tenue déchirée, empestant des fragrances étrangères. Doucement, elle puisa dans ses dernières forces pour atteindre le bord du lit, s'échouant auprès d'une petite commode où reposaient soigneusement pliées ses robes de nuit. Des parures qu'elle avait, bien entendu, récupérées des anciens naufragés du Nymphéa, qui n'avaient pas ramené avec eux, à la surface, certains de leurs vêtements. Toutes ces robes, comme la majorité de ses habits, étaient munies de deux larges échancrures dans le dos, qu'elle avait faites de ses propres mains  pour y laisser place à ses ailes.
Le corps trop las pour se rendre jusqu'à la salle de bain, la sylphide se trouva contrainte de se changer sur le lit. Cette fois, nulle gêne ne l'assaillit à l'idée de se dévêtir en présence du loup ; celui-ci, lors de leur baignade, ne l'avait pas scrutée d'un regard lubrique, pas plus qu'il ne s'était attardé sur sa nudité quand elle avait traîné sa carcasse dénudée jusqu'aux eaux brumeuses. Son indifférence ranimait en elle cette impudeur naturelle qui avait autrefois rythmé son existence, et celle de ses pairs, dans les canopées lointaines.
Ses doigts glissèrent derrière son dos, défaisant les attaches qui avaient échappé aux griffes du carnassier. Ces gestes simples suffirent à la libérer de ce voile de tissu, presque translucide.

— « Dis-moi... Pourquoi tu t’es dépêché de t'en aller tout à l'heure ? Est-ce la lune qui en est la cause ? Tu n'es pas obligé de me répondre... » Elle saisit l'occasion pour l'interroger sur ce sujet, non seulement pour détourner son esprit des douleurs que ses gestes lui infligeaient, mais aussi parce que ses propres inquiétudes persistaient. « Tu peux me parler... Toi aussi, tu as le droit de t'exprimer, de te confier sur tes craintes... »

Auprès d'elle, il trouverait une oreille bienveillante et un cœur exempt de tout jugement. Son désir le plus profond était de lui offrir sécurité, soutien et compréhension, de l'aider à rompre les chaînes de la solitude qui pesaient lourdement sur ses épaules, tout comme lui le faisait pour elle. Cette réciprocité, elle la chérissait ardemment, manifestation d'un cœur qui se soucie du bien-être de celui qui veillait si attentivement sur elle.
( r o b e ) — Peau désormais dénudée, ses doigts graciles s'attelèrent à plier avec soin cette robe désormais inutile. Mais elle ne pouvait se résoudre à s'en séparer, même de vêtements usés. Une fois le pliage achevé, la fée se hâta d'enfiler sa robe de nuit, prévenant ainsi les morsures du froid, car sa peau, trop frileuse, ne saurait endurer l'assaut glacé de la nuit.

— « Et... Je voudrais te témoigner ma gratitude pour ce soir, pour tout » sa main avec délicatesse guida l'aile survivante à travers l'ouverture, ignorant délibérément l'autre, dévoilant une chair meurtrie. « Tous les mots du monde ne sauraient suffire à exprimer toute ma reconnaissance »

Elle laissa de côté la douleur qui s'écoulait le long de son dos, noyant son cœur sous une vague de tendresse.

— « Il est curieux de constater comment, même piégée par Wraith, j'ai pu faire une si belle rencontre... Si ce n'est la plus belle » poursuivit-elle, ses prunelles captives de cette présence chérie. « Et je dois t'avouer... que je ne désire plus seulement ta présence ici ou ailleurs pour me sentir protégée, mais parce que je l'apprécie infiniment » ajouta-t-elle, car désormais, il n'était plus uniquement son gardien, mais bien plus. « J'espère ne pas t'effrayer... J'essaie d'appliquer tes conseils, peut-être maladroitement... Et je te prie de m'excuser, si tel est le cas » prendre des pincettes, consciente qu’un cœur délicat vibrait derrière l’armure.

Ouvrir son cœur sans que la peur ne la paralyse, sans la crainte lancinante du rejet ou de l'excès ; se révéler enfin, telle qu'elle est, une créature au cœur tendre, sensible aux moindres attentions, subjuguée par la personnalité à la fois rassurante et captivante de ce loup solitaire.
Ezvana
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Univers fétiche : Fantasy - adulte - sombre
Préférence de jeu : Homme
Tournesol
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Ezvana
Hier à 21:05

Méléän Hastros
Je suis un loup-garou, vivant entre la ville et les forêts. Je n'ai pas d'attache, plus de famille, pas d'amis, pas de meute. Je suis un solitaire mais cette situation me pèse. Aucun loup ne choisit d'être un solitaire. C'est juste qu'il n'a pas trouver de compagnon, ou de meute pour l’accueillir. Un renégat. Moi, j'ai du me sacrifier pour pouvoir vivre. Je suis un mercenaire et je survis au jour le jour.

Après des années d'errance, je cherche une âme, une présence. Mais la vie me contraint à vivre de contrat tous plus dégradant les uns que les autres. Mais un jour une mission me met sur la voie de quelqu'un. Elle.


Le doute et la honte fondent comme neige au soleil alors que les lèvres de la féerique s’entrouvrent et délivrent des excuses. L’étonnement se lit sur les traits de l’homme qui ne comprend pas ce qu’elle a pu faire pour le froisser, la main fouillant dans la chevelure retombant le long de son corps. Silencieux le Loup, qui cherche dans sa mémoire ce qu’il a pu se passer. Colère aussi qui ne cesse de monter de descendre, fluctuant au fils des marées des indices que lui délivre la sylphide sur le traitement qu’elle a subi. Modeler à l’image détraquée d’un mage pervers, âme brisée et remaniée pour convenir à sa propre perfidie. Les poings se serrent de façon passagère, aucune ridule sur son visage ne vient trahir le fond de sa pensée. Vu l’état d’instabilité de la danseuse, il valait mieux être délicat.
Il se contente alors de sourire.

- Tu n’as rien fait pour cela, je te rassure. Ne t’excuse pas de ressentir ce que tu ressens.

Jamais elle ne devrait souiller l’air qu’elle respire à cause des agissements de cet homme pourri de l’intérieur. Il ne doutait pas un instant qu’elle s’excuserait même de respirer en sa présence. Détourner le regard, la remercier alors qu’elle lui offre la possibilité de dormir dans le lit. Il n’en demandait pas tant.
Le corps qui se ploie en avant, ce grognement alors qu’il atteint le fond du lit et qu’il s’étend. Un soupir qui glisse entre ses lèvres tandis que matelas épouse son dos meurtri par la journée, regarder pendant quelques secondes le plafond alors qu’il a l’impression qu’un poids vient l’enfoncer dans les draps.

- Je tiens également à te prévenir, je bouge aussi beaucoup quand je dors. Se relever sur ses coudes en battant des cils. J’ai le sommeil également très agité, je m’excuse d’avance, et je suis une bouillotte, nous avons une chaleur corporelle plus élevée que la moyenne. Ah et ne t’étonne pas si je grogne.

La voix qui s’amenuise à la fin de la phrase comme s’il visualisait pleinement la situation. Un brin honteux, un rictus d’excuse. Depuis des décennies ou des siècles, son sommeil n’est aucunement reposant, occupé par des monstres avilissants qui lui rappellent sans cesse son passé, lui montrer de plein fouet des moments de sa vie qu’il n’arrive pas à oublier alors que d’autre qu’il recherche avec avidité s’efface de sa mémoire. Des doigts froids l’attrapaient pour le jeter dans une simulation d’un souvenir, le plongeant alors dans le désarroi le plus total à ressentir à nouveau toutes ses émotions qui le terrorisent et prend possession de tous ses moyens. La tristesse la plus infinie, la rage la plus pure. Le sentiment d’abandon le plus terrible. La solitude, écrasante. Ses propres plaintes le réveil parfois, la gorge nouée, les yeux fauves et le cœur battant la chamade. Il préfère alors fuir les cauchemars pour parcourir à nouveau un territoire éphémère, s’occupant ainsi l’esprit pour ne pas regarder dans les fils tenus par les Moires. Il était préférable de s’écrouler de fatigue plutôt que de laisser les bras de Morphée tenter de le bercer.

Détourner naturellement le regard alors que l’Aphrodite fanée retire son vêtement, observer les détails de la chambre avec une attention particulière, les narines frémissent alors qu’il tente de capter toutes les odeurs possibles. Comme il lui était étrange de se retrouver ainsi dans la chambre de quelqu’un juste pour… Dormir. Il ne dormait avec personne. Jamais. Les nuits torrides ne laissaient place qu’à des draps froids qui ne porteront jamais son odeur. C’était presque intimidant pour le grand Loup de se retrouver ainsi en compagnie de quelqu’un, dans une position d’une potentielle faiblesse. Jamais il ne baissait sa garde, son état d’hyper vigilance était problématique et le rendait bien trop nerveux, épuisant son corps et son esprit jusqu’au bord du gouffre. Mais cette peur n’était pas pour lui, tandis que son regard se pose sur une mèche sombre, sur le dos ou ne scintillait faiblement qu’une seule aile. Ses inquiétudes, c’était pour elle qu’elle chantait à ses oreilles. Il prit intérieurement pour qu’il ne se transforme pas en pleine nuit. L’image terrible de retrouver une fée ensevelie sous son corps Lupin lui glace le sang. S’il la mordait ? S’il l’effrayait ? Entendre son crie lui éreinterai les tympans et l’âme.

La voix de la fée qui lui hérisse soudainement les poils comme si sa vision avait pris vie. Mais ce n’était que des questions et non des hurlements. Lycan qui hésite avant de répondre, faisant une grimace derrière le dos de la fée. Mordillement sur la lèvre inférieure alors qu’il retient un soupir pour se donner du courage.

- Je … Navré, cela m’est difficile de m’exprimer à mon sujet. J’évite d’ordinaire pour tout t’avouer. Moins on en sait sur moi, mieux je me porte. Peu de personnes me connaissent réellement.

Une pause alors qu’il est pensif. C’était une réalité qui lui faisait mal au cœur soudainement. Un sourcil se hausse alors qu’il prend l’information et l’enregistre pour calmer ses angoisses.

- Je ne reste jamais très longtemps dans la vie des personnes que je côtoie. Puisque que ce n’est que pour le travail, je m’éclipse très vite. Après tout, une Ombre tout doit être discrète et inattrapable.

Un sourire en coin, un rire sec qui sort de sa bouche. Il fallait bien trouver des excuses pour se rassurer.

- Mais je vais être honnête avec toi, tu t’es ouverte à moi, je vais faire de même. C’est juste que j’ai l’habitude de manger très vite. Je mange mal, de la malbouffe pour engranger des calories et donc de l’énergie. Je ne mange avec personne, je ne partage pas ma pr… Mon assiette avec quiconque. Me voir engouffrer mon repas alors que tu commences seulement à t’éveiller me rend… Honteux.

Le dernier mot qui pèse lourdement sur sa langue et tombe comme un couperet.

- Je me sens con, tout simplement. J’aurais dû montrer du respect en prenant mon temps pour ne te mettre aucune pression. Je ne voulais pas que tu remettes en doute ton alimentation à cause de ma façon de me nourrir.

La main rugueuse qui passe sur son visage et froisse son malaise, fermer les paupières et rouler les yeux dans les orbites alors qu’il retombe sur les oreillers. Le mal était fait mais cela restait dans sa tête avec une présence désagréable. Avec une créature aussi délicate, il se devait de contenir ses manières de rustre et de faire plus attention à ses faits et gestes. Baroudeur qui ne fait plus attention de bien se présenter depuis bien longtemps.
Puis le corps se fige, les muscles se durcissent telle de la pierre taillée. Déglutition de celui qui ose à peine respirer en écoutant Pansy parler.
Elle désire ma présence.
Cela le traverse de part en part, manque de faire cesser le battement de son cœur. Cette expiration muette pour croire encore qu’il puisse respirer normalement, cette main sur sa gauche qui s’enfouit sous la couverture et qui attrape les draps, presque à les déchirer, échappant ainsi à la vision de la nymphe qui c’était tourné vers lui.
Conscience accrue de ce visage qui l’observe, que chacune de ses réactions étaient méticuleusement inspectées. Impossible de bouger pour ce géant prit au piège par des prunelles dorées. Le sang quitte son visage, un frémissement agite son menton tandis qu’il essaie de réfréner la terreur qui le poignarde avec violence.
Cette déclaration aurait pu le bercer de tendresse, lui flatter les sens et apaiser ses craintes, adoucissant son errance. Mais c’était l’inverse qui se produisait dans la tête bien trop remplis de ce Loup à demi-sauvage qui refuse tout bonnement que l’on puisse l’approcher.
Il ne fallait pas qu’elle puisse s’attacher à lui, à aucun moment son cœur devait se rapprocher du sien. Il était… Lui. Brutal, animal. Il fuyait toute personne capable de s’enticher de lui. Les liens, il les brisait de façon féroce pour protéger tout le monde. Trop de fois son cœur fut meurtris par la perte des proches. Quand on avait un passé d’Humain avant de devenir immortel, on voyait toutes ses connaissances mourir les unes après les autres. Chaque créature qui a partagé sa vie, fut enterrée, dévasté ou ayant fuit le territoire à quelque exception près. Alors pour éviter de faire souffrir les autres, l’Ombre perd un peu de plus de substance et préfère repousser toute main tendue.
Qu’une ailée délicate puisse l’apprécier lui met une Chappe de plomb sur la poitrine.
Fuis. Eloigne toi. Tu ne sais pas, pas encore.
Il était plus facile de souffrir de la solitude que de l’abandon d’un être aimé. Il s’engageait dans une allée inconnue et effrayante et il ne savait pas s’il avait les épaules asse solide pour endurer les épreuves.
Merde. J’aurais bien besoin d’une clope.

- Ne t’excuse pas de t’exprimer. C’est juste que moi, je n’en ai plus l’habitude depuis bien longtemps. Et je n’ai pas entendu de telles paroles depuis… Depuis des décennies.

La voix est rauque d’une gorge nouée. Vainement, il cherche des solutions pour apaiser ses tensions et pouvoir rétablir la paix dans son esprit. Lui dire qu’elle n’avait pas à le remercier, que c’était normal ? Cela sonnerait creux aux oreilles de la féerique, elle qui ne vit que dans une cage remplie de requin et la moindre bienveillance doit la toucher en pleine poitrine.
Cette impression de profiter de la situation, d’abuser de la danseuse pour renforcer son ego. Pourtant ce n’était pas l’effet recherché, simplement, il faisait ce qu’il trouvait juste sur l’instant. Egoïste qui n’a pensé à l’impact de ses agissements. Espoir qui émerge dans le cœur de la captive qui pourrait mourir aussitôt apparut et la briser à jamais.
S’il ne réussissait pas à la sortir de là, elle serait perdue à jamais.

La douleur qui infuse ses veines est ancienne, comme si elle avait été mise de côté depuis des années, celle de sentiments qui n’avaient pas lieu d’être à ses yeux. Pas maintenant. Abasourdis le Lycan qui réalise que finalement, il s'était attaché. C’était une évidence qu’il avait occultée, préférant se voiler la face que de l’admettre.
Tu n’es pas l’image du bon samaritain que tu essaies d’envoyer.
Battre des cils en engloutissant les ténèbres pour apercevoir cette lueur au loin qui était douce et réconfortante, terrifiante et instable. Révéler au grand jour cette vibration intime qu’il avait autrefois oubliée.

- Je ne suis pas l’homme le plus tendre que tu rencontreras et c’est un exercice difficile de parler de ce que je ressens. Mais je suis également heureux de t’avoir rencontré, ma libellule.

Un sourire qui vient naturellement étirer la commissure de ses lèvres. L’impression de pouvoir respirer à nouveau, de petite goulée d’air pour remplir les poumons douloureux. La peur lui vrille les entrailles, mais une fierté trop importante l’empêche de l’assimiler et de la prendre en compte. Quand la vie était mise en jeu chaque mois qui passait, les frayeurs étaient mises en boule quelque part et piétinés puis oubliées. Ego du prédateur qui refuse de devenir la proie, même de sentiments.
Timidité de ce cœur qui se refuse à souffrir à nouveau. Alors il s’ouvre un peu, laisse un mince rayon de lumière s’apercevoir sans se dévoiler tout à fait. Se rassurer. C’était un travail, il pouvait bien apprécier la compagnie dont il disposait sans tomber dans la trappe.
Mensonge.

Cette main qui se tend sur le côté droit du lit, cette paume qui tapote le matelas dans une invitation muette. Repousser la couverture, glisser une jambe sous le drap qu’il tire vers lui. Il n’en avait pas vraiment l’utilité pour se réchauffer, mais la sensation était agréable, cela le mettait dans une condition de véritable sommeil et non d’une simple sieste.
Drôle de sensation de se coucher sur le côté et d’avoir en face de soie une autre personne.

- Si tu te sens mal et que je dors, réveil moi. N’hésite surtout pas, je préfère pour être… Là.

Cela remue en lui tels des serpents trop longtemps logés dans son estomac. Impossible de ne pas humer discrètement l’odeur qui se dégageait de son amie sans oser la regarder droit dans les yeux, observant simplement le duveteux de sa peau ou la façon dont ses cheveux s’enroulent en vagues douces.

- C’est tellement… Étrange pour moi. Je ne sais plus comment on fait pour interagir correctement, même pour dormir avec quelqu’un.

Une voix douce, un peu passé, de celui qui pense à haute voix et qui ose enfin s’offrir un peu.

- Mais promis, tu n’auras pas de poil d’animaux à ton réveil.

Rire qui résonne et qui fait plisser les yeux bruns, dévoile des canines dans un sourire enfantin.
Repousser d’une main des mèches qui tombent sur son front, réarranger sa longue jambe sur le drap pour ne pas trop le tirer vers lui et en laisser à la fée.
Intimité douce et tamisée, une bulle dans une vie de labeur.

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