Le Temps d'un RP
le seul rpg où tu joues qui tu veux, quand tu veux
Retrouve les animations du forum pour t'amuser,
découvrir de nouvelles plumes et vivre de folles aventures !
» Death upon us [ Ft. Pyramid Rouge]
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 23:01 par Pyramid Rouge

» Madness or reality ?
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 22:02 par Senara

» il est bizarre ce sol il est palpable
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 20:01 par Ananas

» Le vent nous portera...
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 19:30 par Dreamcatcher

» PRÉSENTATION ¬ quand c'est fini, c'est par ici
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 19:25 par Lord Xan

» Saut de l’ange - Cheryl & Nemo
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 18:02 par Nemo

» On s'immerge dans la musique, comme dans un rêve mélodieux, pour s'évader d'une réalité assourdissante [Feat Houmous]
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 17:57 par Houmous

» De pluie et de sang • Dinamite
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 17:04 par Dinamite

» Les enfants de la lune. [PV Lulu] +18
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu) - Page 2 EmptyAujourd'hui à 16:19 par Ezvana

Le Deal du moment :
TV LED 32” Continental Edison CELED32SAHD24B3
Voir le deal
139.99 €

LE TEMPS D'UN RP

Les fils des sacrifiés (feat. Lulu)

Lulu
Messages : 95
Date d'inscription : 13/05/2023
Crédits : 2ghosts — the last unicorn

Univers fétiche : Fantasy
Préférence de jeu : Femme
Valise 2
https://www.letempsdunrp.com/t5769-mosaique-d-idees https://www.letempsdunrp.com/t5641-presentation-de-luba
Lulu
Ven 15 Sep - 18:12

Lysária
Dar'ramha

Dix-neuf lunes, et déjà sa nuque se fissure sous le poids de la couronne féerique. Son cœur, tel un lac en hiver, s'est gelé lorsque la mer avide a englouti sa mère bien-aimée. Nul allié en vue, point de répit, la princesse dissimule ses émotions, érigeant l'inexpressivité en une forteresse impénétrable. Son sang royal a scellé son sort dès ses premiers cris, condamnant son futur à l'échiquier du pouvoir, ne lui offrant guère l'opportunité de s’enfuir de ces mystérieuses dédales. Joyau prisonnier du Palais Argenté, elle n'a quitté ses enceintes qu'à une unique occasion, lors d'une promenade de santé. C’est sur les îles qu’elle a enfoui sa candeur et son bonheur, tout comme des trésors à jamais perdus sous une couche de grains d'opale.
LYSÁRIA'S POV.  Dans le cortège solennel des chevaliers, les ombres silencieuses se succédaient, leurs armures étincelantes faisant écho à l'éclat d'une gloire éphémère. Pourtant, les yeux du roi, d'ordinaire avides de prestige étaient, en ce jour, captivés par les acrobaties grotesques de son bouffon. Le saltimbanque, qui se permit de tourner en dérision certains de ces braves, parvenait à lui ôter des éclats de rire innocents, qui jaillissaient de ses lèvres en mélodies sincères… Mais qui furent toutes aussi éphémères qu’un hétérocère, dès qu’une silhouette à la hauteur singulière - car il n’y avait que ceci qui lui permettait de se distinguer - s’éleva parmi cette marée de mines familières. Ainsi donc, les spectateurs laissèrent éclater leur passion pour celui qui avait su les réunir en ce jour, éclipsant sans effort la présence du pauvre luron qui luttait à présent pour se faire entendre. L'enthousiasme des sujets sut enchanter le cœur de leur souverain, dont les yeux furent bercés par les lueurs discrètes de sa fascination croissante. Aurait-il été tout autant subjugué si les foules ne s'étaient pas enflammées à l'arrivée du jeune chevalier ? Les humeurs du roi demeuraient insondables, mais une chose était certaine, en ce moment, Sire T'sarran cultivait toutes ses faveurs. Il en allait de même pour la princesse, qui ne put demeurer insensible aux acclamations. Un sourire fugace éclaira les lèvres de cette dernière, elle aussi touchée par la ferveur de la foule. C'était donc la première fois, depuis l'éclipse du preux chevalier, ce proche ami de son père, que la princesse laissait scintiller son enthousiasme pour un champion. Une allégresse retenue, subtile, mais qui n’échappa pas à l'œil acéré du vieux Lord Falsynth, assis en retrait derrière les deux têtes argentées.

Cependant, à mesure que les minutes s'écoulaient et que le jeune chevalier s’avançait sur la piste, des murmures inquiets se firent entendre dans la foule. Des sifflements légers, comme le souffle du vent à travers les feuilles d'un bosquet, commencèrent à se mêler aux applaudissements et aux acclamations. Des chuchotements perplexes se répandirent, et les visages se crispèrent, délaissant leur l'enthousiasme initial. C'est alors qu'un ombresang révolté osa s'élever au-dessus de la masse. Il criait d'une voix claire et audacieuse, rompant le silence comme une éclaircie dans un ciel d'orage.

— « Ce chevalier ressemble à tous les autres ! Où est le jeune ombresang téméraire qu’on nous avait promis ? »

Les expressions de joie et d'admiration se figèrent en une méfiance grandissante. Le roi, la princesse, tous deux épris par le charisme du chevalier, se retournèrent vers l'intrus. La mine du roi s’assombrit, et certains murmures soufflèrent quelques prières à destination du révolté dont le sort funeste semblait avoir été scellé.

— « Encore un imposteur, prêt à tromper notre bon peuple avec son apparence trompeuse ! Les ombresangs sont une race à part, différente de nous, et voilà qu'il porte nos armures et se fait passer pour l'un de nous ! » s’exprima un fae, qui bénéficia de plus d’acclamations que le premier dénonciateur.

Une tension palpable commença à s’immiscer dans la foule, et les traits du roi Eláriel II se tendirent de plus en plus. Les ombres des gardes du palais se resserrèrent, prêtes à intervenir si nécessaire. Dans l'effervescence qui régnait, la princesse, au cœur furieux et à l'âme en ébullition, ne pouvait demeurer indifférente aux propos calomnieux qui troublaient l'atmosphère. Les mots empoisonnés résonnaient dans l'air, éveillant en elle une colère sourde, causée par une résonance personnelle. Soudainement, dans une grâce qui lui était propre, sa loyauté naissante pour le jeune ombresang la poussa à capturer l’attention de la foule.

— « Messieurs et dames, ce preux chevalier a choisi d'honorer notre royaume de sa présence… Ajoutons à cela que ce vaillant homme a su éveiller une joie palpable dans le cœur de notre souverain bien-aimé... Et quelle bonheur de voir mon cher père rayonner ainsi », proclama-t-elle en se tournant vers son géniteur, à qui elle offrit un sourire tendre. Ses mains reposèrent délicatement sur son sein, telles des révélations pures émanant tout droit de son âme. Le visage du roi se détendit, détournant son regard de sa fille, masquant habilement son enchantement face à ces paroles. « Ne dit-on pas, après tout, que la félicité d'un roi repose sur celle de ses sujets ? », interrogea-t-elle, balayant d'un regard toute l'assistance.

Sous cette apparente ingénuité, la princesse distilla un message glacial à son auditoire. Si les révoltés désiraient voir l’aube se lever demain, ils feraient mieux de ne pas éveiller l’agacement de leur souverain, et par conséquence, d’aller dans son sens. Certains, séduits par la sincérité de la princesse, commencèrent à réfléchir plus profondément à la situation. D'autres, toutefois, demeurèrent toujours sceptiques, mais ils firent taire leurs sifflements pour ne pas goûter à la lame du bourreau. Le bouffon, toujours conscient de son rôle d'apaisement, et voyant que les faveurs du roi allaient pour le discours de sa fille, reprit la parole sur un ton guilleret.

— « Allons donc, dames et damoiseaux, pas de place pour la morosité en cette journée de liesse, n'est-ce pas ? Donnons à ce preux chevalier l'occasion de nous émerveiller de son talent, et ainsi nous pourrons trancher en toute sagesse par la suite ! »

La foule, influencée par les paroles de la princesse et le charme du bouffon s'adoucit, et une certaine effervescence se mit de nouveau à ondoyer autour de l'arène sablonneuse. Les premiers assauts commencèrent, et ceux qui initièrent cette danse sanglante furent Sire Ansar Faen, de la maison du même nom et Sire Pye, un valeureux roturier. Les Faen étaient les vassaux des Kheralyth, maison réputée pour son inclination à demeurer en marge des multiples conflits agitant les terres d'Asiyad. Ils jouissaient d'une telle opulence qu'ils pouvaient se permettre de ne pas se mêler aux autres royaumes, qui manifestement, peinaient à accepter les mœurs de ces derniers qu'ils considéraient comme "plus dévergondées". Sire Faen étincelait dans son armure, soigneusement polie, renvoyant la lumière du soleil telle la surface d’un lac étincelant. Son heaume était paré d'une plume blanche, l'emblème de sa maison. À la main, il brandissait une lance d'acier, solide et redoutable. Le fae était connu pour sa bravoure et sa maîtrise de l'art de la joute. En face de lui se tenait donc Sire Pye, un chevalier aux origines modestes qui avait su se distinguer au cours des conflits qui avaient dévasté les terres royales. Son armure, sombre et austère, était agrémentée d'une épée d'argent ciselée. Derrière la visière de son heaume, ses yeux brillaient d'une détermination farouche. La foule retenait son souffle tandis que les deux chevaliers s'élançaient l'un vers l'autre, leurs lances se rencontrant dans un fracas assourdissant. Le choc fut spectaculaire, mais nul ne chuta de sa monture. Néanmoins, leurs lances se brisèrent en mille éclats, les forçant à poursuivre le combat à l'épée, se faisant de nouveau face pour reprendre leur joute. Encore et encore, ils s'affrontèrent dans une danse violente où la victoire semblait hors d'atteinte. Finalement, Sire Ansar Faen parvint à désarçonner son adversaire d'un coup puissant, remportant ainsi le premier duel de la journée.

Le second affrontement opposa Sire Shaar, éminent maître d'armes de la maison Vael'or, à Sire Rhysar Dar'ramha, neveu du roi, fils de Velharn Dar'ramha et chevalier de la Garde Royale. Rhysar était un jeune homme particulièrement en faveur auprès de la gent féminine, malgré l'emprise plus marquée de son lignage maternel que paternel. Ses longs cheveux châtains aux reflets soyeux, sa stature imposante et son assurance naturelle avaient le pouvoir de faire chavirer les cœurs des demoiselles et des damoiseaux. Malgré leur lien de sang, Lysária et Rhysar ne partageaient pas d'affinités, seulement une courtoisie de façade. En effet, Lord Falsynth, averti par les oreilles curieuses de ses serviteurs, avait cru comprendre que le jeune Rhysar nourrissait un certain mépris envers sa cousine. Il ne supportait guère son arrogance, ou plutôt pour l'assurance qu'elle arborait. Une confiance qui avait la fâcheuse tendance à ébranler l'estime de bien des mâles faes de rang inférieur, et Lord Falsynth était enclin à penser que la princesse en était consciente, voire qu'elle se jouait de l’agacement de ces individus. Sire Dar'ramha, célèbre pour sa vivacité et son agilité, chevauchait un destrier d'un blanc éclatant. Il revêtait une armure légère, adaptée à sa stratégie de combat rapide. En face, Sire Shaar, l'un des chevaliers les plus redoutables du royaume, portait une armure massive et imposante, sa réputation d'invincibilité le précédant. Le duel se déroula avec une intensité rare. Sire Dar'ramha dansait autour de son adversaire, esquivant habilement les coups de lance de Sire Shaar. Cependant, ce dernier était une force de la nature, repoussant vigoureusement son assaillant à chaque échange. Malgré tout, Sire Dar'ramha ne se laissa pas abattre. Avec une précision chirurgicale, il parvint à viser une faiblesse dans l'armure de Sire Shaar, touchant son épaule droite d'un coup de lance parfaitement ajusté. Ce dernier rugit de douleur et s'effondra de sa monture, le visage déformé par l'agonie. Les spectateurs retenaient leur souffle tandis que les écuyers se hâtaient de prendre soin du chevalier blessé. Les guérisseurs furent dépêchés, et la gravité de la blessure était manifeste. Hélas, Sire Shaar ne pourrait plus continuer le tournoi. En l'absence de son père, qui nourrissait un profond mépris envers les tournois, Rhysar se tourna vers son oncle, Eláriel II, pour lui dédier sa victoire. Cet acte réussit à esquisser un sourire fugace et teinté d’enthousiasme sur le visage du roi, déclenchant une véritable clameur d'applaudissements pour glorifier l'exploit du Dar'ramha.

Le troisième affrontement opposa Sire Thraen Ulumynn à Sire Zenar Yulthaari, d'une des maisons vassales de la famille Hrayek. Rien d'extraordinaire ne se produisit, et le combat laissa un goût insipide à bon nombre de spectateurs. Ils purent se réjouir de l'avant-dernier, qui opposait Sire Wuthet Vemys, champion de la maison Therys, à Sire Mullendore, celui dont nul besoin n'était de faire les présentations. Le premier était réputé pour sa ruse et sa capacité à anticiper les mouvements de ses adversaires, mais il eut du mal à percer à travers les gestes finement calculés de son redoutable opposant. Le combat fut féroce, avec des échanges de coups de lance d'une violence inouïe. Finalement, Sire Mullendore parvint à toucher le flanc de Sire Vemys, le désarçonnant avec force. Sire Vemys tomba lourdement au sol, son heaume volant dans un coin de l'arène. Il se releva avec difficulté, sous les applaudissements du public, mais ses blessures l'empêchèrent de triompher de l'illustre Commandant de la Garde Royale.

Dans l'arène, le combat ultime de cette première joute annonçait à peine son début que les éclats d'enthousiasme se mirent à gronder tout autour de la piste. La foule, comme une mer agitée, se soulevait en vagues d'acclamations, faisant frémir l'échafaud royal où trônaient le roi et la princesse. Lysária ressentait la fièvre anxieuse et l'anticipation fulgurante, telles des liqueurs ardentes qui empoisonnaient ses veines. Avait-elle emprunté le chemin de la sagesse, ou bien s'était-elle enlisée dans les marécages de l'erreur en offrant allégeance à un chevalier dont les talents lui demeuraient encore mystérieux ? Des regards scrutateurs et voraces s'abattirent sur elle, tels des aigles affamés fondant sur leur proie, ajoutant ainsi une nouvelle dose de plomb à l’appréhension qui pesait déjà lourdement sur ses épaules délicates.
Houmous
Messages : 505
Date d'inscription : 06/01/2019
Région : Grand Est
Crédits : "Have you seen the Yellow Sign ?" Chambers

Univers fétiche : Fantastique, SF
Préférence de jeu : Homme
HOUMOUS
Houmous
Sam 23 Sep - 9:05

Iven
(Helvith) T’sarran

J'ai 17 ans et je vis à Leseluna, au Royaume d’Asyiad. Dans la vie, je suis chevalier ombresang et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance , je suis invité à rejoindre la garde royale et je le vis plutôt extrêmement bien.

Informations supplémentaires ici.
Si Iven avait eu des doutes sur l’approbation de la Princesse à son égard, ceux-ci avaient été proprement balayés désormais. Elle lui avait, tout d’abord, fait parvenir son mouchoir de soie. Son aide qui s’en était chargée l’avait longuement regardé de ses grands yeux pénétrants et clairs, sans un mot au-delà de ce que sa mission exigeait : « Ma Dame, la Princesse Lysária Dar'ramha, m’a envoyée vous porter son mouchoir en signe d’encouragements ». A en croire les réactions curieuses et interrogatives d’autres chevaliers, ce geste devait avoir une grande valeur. Il s’estima ainsi chanceux d’en avoir été la cible. Et, plus important à ses yeux, elle avait décidé de prendre sa défense auprès du peuple. Tous furieux qu’ils étaient, leur colère n’égalait pas celle qu’Iven ressentait à devoir combattre dans des plaques royales. D’une part, il n’avait pas encore conquis cet honneur et, par ailleurs, il ne se sentait pas encore membre de cette garnison. Il se sentait encore Ombresang et jeune Seigneur de Fharblade du bout de ses pieds jusqu’au sommet de sa tête. Et en tant que tel, il estima que combattre comme un véritable enfant du pays aurait été un meilleur clin d’œil à sa vie désormais révolue. Non, ce n’était pas un déshonneur mais l’amertume d’être pris pour sot subsistait.

Les combats commencèrent et le jeune chevalier en profita pour les observer. Qui de cette lice pouvait-il espérer vaincre ? Qui serait un adversaire coriace et difficile ? Qui semblait particulièrement en risque de se voir écraser par le style de combat particulier du jeune Ombresang ? Seul le temps le dirait. Il constata tout de même que les blessures que s’infligeaient les duellistes étaient bien réelles. Non, il n’y avait aucun doute permis : ces hommes désiraient l’emporter de tout cœur. Cette vision rassura Iven que rien n’horripilait plus que l’hypocrisie d’un combat mené à demi-mesure. Il n’aurait guère besoin de retenir ses coups et pourrait montrer de quoi sa vie avait été faite, au fil de l’épée et à la pointe de la lance.

Vint promptement le moment pour le petit nouveau d’aller fouler le sable de l’arène à son tour. Cette fois-ci, point d’ovation mais une attention patiente. La foule se fendait de discussions, et il décida de leur donner plus encore matière à débattre, ainsi que lui avait demandé son nouveau bienfaiteur. Face à face avec le Sieur Hrayek, l’attente devenait insoutenable. Iven n’était pas le plus sanguinaire de sa race mais il demeurait certain que faire patienter un guerrier entrainé des années pour croiser le fer dans des conditions réelles rendait la courtoisie difficile à digérer. Luron le remarqua peut-être car il vint poser une main sur son épaule pour attirer son attention tandis qu’il faisait la présentation de son palmarès réduit.

- Voyons, ne perdez pas de temps, mon bon Luron ! invectiva son adversaire. Vous prendrez plus longtemps à dire d’où ce péquenaud vient qu’il ne m’en faudra pour l’étaler dans le sable !

Plusieurs nobles du public, hilares, donnèrent raison à la joute verbale. Si Iven attirait l’attention et la curiosité, c’était bien avec une certaine prudence, voire même une grande méfiance quant à ses talents. Il paraissait évident que, si peu d’Ombresangs avaient pu avoir accès au prestigieux tournoi des Cinq Lunes, c’était bien pour une raison. Et il n’y avait qu’un pas à faire pour se dire qu’ils ne pouvaient pas faire face aux meilleurs chevaliers faes. Ainsi, on aurait pu croire que le curieux Sire T’sarran n’était qu’un morceau de bois vert qui se fendrait s’il était trop malmené rien qu’à sa manière d’ajuster encore son équipement, quelques instants à peine avant de devoir en découdre. Le comprenant, Iven se fit la promesse de leur prouver la profondeur de leur erreur. Dès que Luron se retira et que les épées furent tirées de leur fourreau, le duel commença.

Usuellement, un certain décorum est observé : les deux adversaires s’approchent et se jaugent, comparent leur jeu de jambes, leur garde, puis viennent quelques coups et, rapidement, le duel tourne en la faveur de l’un des deux compétiteurs. Le Sire Hrayek voulait profiter de cette phase pour montrer ses talents en n’étant pas décontenancé par son exotique concurrent voire même en le moquant. C’aurait été l’occasion de tabler sur une stratégie et de l’écraser avec force méthode et technique. Mais il est des différences qui sont peu prévisibles et instinctives, même pour un chevalier et duelliste aguerri. Pour être tout à fait clair, Iven était plus habitué à des armures légères qui l’encombraient moins dans ses mouvements. De même, la manière dont se mouvaient l’épée droite de chevalier et le lourd écu provoquaient chez lui des sensations nouvelles qu’il peinait encore à assimiler. Bien qu’il soit Ombresang, la surcharge pesait sur son adresse et sa vitesse. Mais contrairement à ce que tous auraient pu imaginer, le Sire Hrayek le premier, Iven ne se laissa pas impressionner. Il avançait en direction de son ennemi sans ralentir, menaçant. Chaque fois que Hrayek voulut le repousser d’un coup d’épée léger, l’écu de T’sarran le maintenait au respect, sans arrêter d’avancer.

Avec cette pression supplémentaire que l’Ombresang ne craigne rien et fascine la foule, le représentant de la cour dût mettre les bouchées doubles. S’enhardissant, il frappa plus lourdement, levant plus haut l’épée. Les ouvertures dans sa garde commençaient à se dévoiler et, avec elles, l’opportunité d’une contre-attaque réussie pour fharbladien. Iven prit le parti d’attendre son heure en parant et repoussant moins fortement son adversaire jusqu’à ce qu’il croie pouvoir le subjuguer par force. C’est ce moment qu’Iven choisit pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Alors que l’épée venait s’entrechoquer avec l’écu au motif de l’Aigle du Nord, Iven ouvrit grandement sa garde pour écarter l’arme adverse et la plaquer contre lui. La surprise se lisait au travers de la visière de l’imprudent. Ainsi qu’il le fit à l’entrainement, Iven laissa partir épée et frappa dans le tempo de la danse. Une lame tombant ainsi était supposée ne connaitre ni faiblesse, ni halte. Et dans un flot continu d’attaques de tous sens, il le lessiva méthodiquement, détruisant un peu plus sa posture à chaque fois. Mais, là encore, la foultitude d’écarts entre une lame courbée du Nord et l’épée droite de la garde se fit sentir. La lame finit par pénétrer l’écu du Sire Hrayek dans ce qui semblait être l’assaut décisif et s’enfonça sur une bonne coudée mais au lieu de poursuivre sa route et de reparaitre ailleurs, elle se brisa net. Le manche resta coincé avec le bas de la lame dans l’écu tandis que la pointe et le restant valsèrent jusque dans le sable. La foule hurlait à nouveau d’avoir vu un coup si remarquable. Les bardes chanteraient cet exploit impressionnant, à n’en point douter. Mais cela ne changeait en rien la situation fâcheuse du chevalier désarmé. Résolu, Hrayek lâcha son bouclier et se saisit à deux mains de son arme pour appuyer l’argumentation musclée dans laquelle il était engagé jusqu’ici, reprenant ainsi un meilleur contrôle de la situation.

Coup d’épée après coup d’épée, il ne parvenait pas à percer la défense acharnée de son impétueux adversaire qui s’accrochait tant bien que mal à son seul rempart. Ni la taille, ni l’estoc, ni la moindre botte ne parvenait à le désarçonner complètement. Il cédait du terrain et restait à l’abri de toute agression trop directe, mais en reculant pour la première fois de ce duel. De son côté, Iven était en train de temporiser pour trouver une solution à cette impasse. La règle était d’aller jusqu’aux premiers sangs et, à n’en point douter, ce serait le sien qui coulerait s’il ne parvenait pas à trouver une sortie rapidement. La fatigue le guettait, rendant l’urgence plus menaçante à mesure qu’il perdait de la distance… C’est alors qu’il eut son idée.

Il repoussa en appuyant le plus lourdement possible sur son égide au premier coup venu. Tandis que Hrayek tentait de reprendre appui pour repartir à l’assaut, il fut surpris de le voir soudainement traverser le nuage de poussière. Loin de se contenter de la défense, Iven avait pris le parti d’une attaque totale. Il avait bondi, sans doute, à la manière du tournoi qui lui avait valu son titre. Prenant à contre filet en montant à son tour au contact et en cherchant à achever son ainé, le combat avait redoublé en intensité et en férocité. Bientôt, ce fut l’arme du chevalier fae qui remplit l’office de protéger son maitre à chacun des coups qui pleuvaient. A mesure, la posture se tordait et menaçait de rompre. Un coup suffit, porté directement dans le heaume, pour désarmer et renverser le réputé Sire Hrayek. Une botte posée sur son dos et l’écu levé en triomphe suffirent à demander l’approbation de la foule. Le jeune Ombresang avait terrassé au prix d’un effort incommensurable mais il n’oublia pas pour autant de saluer la Princesse, à laquelle il dédia cette victoire éclatante. Il quitta les lieux rapidement alors que les écuyers venaient pour aider leur maitre à se relever et nettoyer les lieux en vue d’autres combats.

Mais, fou de rage d’avoir été ainsi humilié, le chevalier réputé pour sa cruauté et sa sauvagerie se releva et prit son arme pour attaquer le triomphal Sire T’sarran dans le dos, aux vues de tous. Entendant l’attaque arrivé et dans un réflexe qui distordit sa perception du temps, le jeune Ombresang se retourna et frappa en pleine tête avec la tranche de l’écu qu’il avait encore en mains. Sire Hrayek s’écroula de tout son long, pour ne pas se relever cette fois-ci. La foule était en émoi et la déception passée avait maintenant pleinement disparue. Mais en rentrant en loges, le jeune Ombresang sut à quel point il était passé près de mourir et se surprit à trembler un instant. Une fois de plus, ses réflexes lui avaient sauvé la mise à l’instant de vérité…
Lulu
Messages : 95
Date d'inscription : 13/05/2023
Crédits : 2ghosts — the last unicorn

Univers fétiche : Fantasy
Préférence de jeu : Femme
Valise 2
https://www.letempsdunrp.com/t5769-mosaique-d-idees https://www.letempsdunrp.com/t5641-presentation-de-luba
Lulu
Jeu 28 Sep - 16:59

Lysária
Dar'ramha

Dix-neuf lunes, et déjà sa nuque se fissure sous le poids de la couronne féerique. Son cœur, tel un lac en hiver, s'est gelé lorsque la mer avide a englouti sa mère bien-aimée. Nul allié en vue, point de répit, la princesse dissimule ses émotions, érigeant l'inexpressivité en une forteresse impénétrable. Son sang royal a scellé son sort dès ses premiers cris, condamnant son futur à l'échiquier du pouvoir, ne lui offrant guère l'opportunité de s’enfuir de ces mystérieuses dédales. Joyau prisonnier du Palais Argenté, elle n'a quitté ses enceintes qu'à une unique occasion, lors d'une promenade de santé. C’est sur les îles qu’elle a enfoui sa candeur et son bonheur, tout comme des trésors à jamais perdus sous une couche de grains d'opale.
LYSÁRIA'S POV. Assise sur son siège dans la tribune des des convives distingués, la princesse Lysária était, contrairement aux fois précédentes, une spectatrice investie de ce tournoi exceptionnel. Son visage d'albâtre demeurait impassible, mais ses yeux d'un bleu abyssal scrutaient avec une intensité dévorante chaque geste, chaque danse d'épées dans l'arène en contrebas. La tribune, parée de riches étoffes et de décorations somptueuses, était emplie d'une assemblée distinguée, un parterre de courtisans et de nobles vêtus de leurs atours les plus resplendissants. Le tumulte des conversations étouffées par l'excitation du tournoi était comme une douce mélodie qui accompagnait le ballet sanglant qui se jouait sous leurs yeux. La princesse était impatientée, à l'aube de ce duel entre Sire Iven T'sarran et Sire Hrayek, mais son cœur, tout en palpitations fiévreuses, était également assailli par l'angoisse. Les enjeux de ce combat étaient bien plus que de simples jeux de chevaliers. Ils détermineraient le destin du tournoi, la clé de leur reconnaissance, de leur ascension.

Dès le début du duel, les yeux de la princesse se fixèrent sur le jeune Ombresang comme aimantés. Son regard perçant pouvait presque sonder les battements de son cœur, et le reste du monde semblait s'effacer. Son visage de porcelaine restait imperturbable, mais dans les profondeurs de ses prunelles azurées, une admiration grandissait pour ce chevalier venu des contrées lointaines et souvent répudiées. Les deux étaient liés par des enjeux bien plus importants que la simple victoire dans un tournoi. Leurs destins étaient entrelacés, et c'était pour elle une épreuve de confiance envers un illustre inconnu, qui portait non seulement son propre honneur mais aussi celui de la future souveraine. Chaque mouvement du jeune Ombresang, chaque parade, chaque riposte, étaient une valse en soi, exécutée avec la grâce d'un danseur, mais chargée de la puissance d'un guerrier redoutable.

Au fur et à mesure que le duel se déroulait, une admiration secrète s'emparait de l’âme de l’argentée. Sire T’sarran ne semblait pas être intimidé par l'arène majestueuse ni par la réputation de son adversaire, Sire Hrayek. Il avançait avec une détermination inébranlable, parant les coups avec force, sa garde demeurant impénétrable et sa résolution inébranlable. Il semblait puiser sa force dans les profondeurs de son être, et cette curieuse sensibilité, loin d'être un handicap, était une source de fascination pour la foule. Toutefois, les nobles qui entouraient la jeune Dar’ramha murmuraient et doutaient de la capacité du jeune chevalier Ombresang à rivaliser avec les chevaliers faes aguerris. Les sifflements des vipères et les commentaires malveillants qui se glissaient parmi eux n'avaient que peu d'importance pour la princesse. Elle était captivée par le feu qui brûlait en lui, un feu différent de celui des autres chevaliers. Ce feu n'était pas seulement la marque d'un guerrier habile, mais la lueur d'une âme profonde, une flamme intérieure qui illuminait l'arène de sa puissance inattendue. La princesse pouvait presque ressentir la chaleur de cette flamme, même depuis la tribune. C'était une sensation à la fois troublante et envoûtante, et elle se surprenait à espérer que ce feu irradie ce tournoi de sa lumière.

Puis, vint le moment grandiose où Sire T’sarran brisa l'épée de son adversaire, un acte qui provoqua l'ovation du public. Un sourire éclaira furtivement le visage de la princesse, un sourire fier, pour le courage et la détermination de ce chevalier qui avait su se montrer à la hauteur, dépassant toutes les attentes, et conquérir la foule. Les acclamations et les cris de joie remplissaient l'air, et la princesse se sentit envahie par une fierté indicible. Elle avait cru en lui, et il n'avait pas déçu.

Cependant, ce qui se produisit ensuite bouleversa profondément ses nouveaux admirateurs. L'attaque traîtresse de Hrayek dans le dos était une trahison flagrante, un acte de perfidie qui arracha un rire amusé au roi qui, jusque-là, avait été particulièrement silencieux. Le rire cruel du souverain résonna comme un éclat de glace dans le cœur de la princesse. Les doigts de la jeune fae se crispèrent sur les accoudoirs de son siège, sa poitrine se souleva sous le poids de l'horreur. Elle ressentit l'injustice de cet acte perfide dans son âme, une blessure profonde qui ne pouvait être apaisée. Le moment semblait suspendu dans le temps, alors que l'acier brillait dans les mains de Sire T’sarran, prêt à répondre à la traîtrise. Les secondes étaient éternelles, et la respiration de la princesse se mêla à celle de la foule, comme une seule respiration. Mais aucun acte de cette nature ne pourrait être saluée dignement, et le jeune Ombresang réussit à la punir efficacement.

Les nobles, quant à eux, avaient bruyamment repris leurs discussions, discutant de la tournure inattendue de l'événement. La princesse, pourtant, était ailleurs. Elle se tenait là, assise sur son siège doré, le visage figé dans une expression marmoréenne qui lui était loyale, mais les émotions étaient en ébullition sous la surface impassible. Lysária avait besoin de le connaître davantage, ou ne serait-ce qu’échanger une poignée de mots avec lui avant qu’il ne commence son prochain combat, ne serait-ce que pour veiller qu'il se soit remis du mauvais coup de Sire Hrayek. Elle pressentait que ce premier affrontement n'avait révélé qu'une infime partie de ce qu'il était capable d'offrir. La curiosité de la princesse était éveillée, et elle était prête à explorer les profondeurs insondables de l'âme de ce chevalier qui avait ébloui le tournoi de son éclat sombre.

L'annonce de l'entracte, prononcée par le bouffon, avait rompu la tension du tournoi, permettant aux participants, aux nobles et aux convives de prendre une pause bienvenue. La princesse Lysária, assise sur son siège argenté, avait assisté à ce changement d'atmosphère sans laisser paraître la moindre émotion sur sa mine scellée dans le marbre. Ses yeux d'un bleu abyssal, cependant, révélaient un petit air lointain, comme si celle-ci était enfermée dans ses songes. Son père, le roi, ne perdit pas de temps pour se lever à l'annonce de l'entracte. Sans un regard en direction de sa fille, il se dirigea vers les festivités. La princesse, habituée depuis longtemps à l'indifférence de son géniteur, n'en fut ni contrariée ni déçue. En fait, elle préférait la distance entre eux, même si elle avait connu, dans une époque plus tendre et révolue, un père doux et aimant. Le contraste était difficile à supporter, mais personne ne saurait lui ôter cette confession.
La jeune fae se leva gracieusement de son siège, et sa Lady, dont les yeux étaient constamment fixés sur elle, se leva à son tour, prête à accomplir la moindre tâche ou à répondre à la moindre demande.

— « Je vais rendre visite à Sire T'sarran », annonça la princesse d'une voix déterminée.

La déclaration de la princesse prit de court sa Lady, qui s'enquit, surprise :

— « Et le repas ? Enfin… Et le repas, votre Majesté ? » reprit la jeune fae.
— « J'espère que mes échanges avec lui sauront me sustenter », déclara-t-elle, ses expressions toujours scellées.

La princesse avait tourné son regard vers sa fidèle suivante, et ce dernier demeurait impénétrable, dénué d'indices révélateurs de ses émotions. Était-ce une déclaration empreinte de malice, ou peut-être de sérieux ? La véritable signification était enveloppée de mystère, un mystère que même sa Lady ne pouvait percer. De toute évidence, elle n’aurait pas le temps de se noyer dans ces abysses insondables.

— « Pourriez-vous me conduire jusqu'au camp où les chevaliers se rassemblent ? » demanda la princesse, brisant un court silence.
— « Bien sûr, votre Majesté », répondit sa Lady avec respect, se préparant à guider la princesse vers le chevalier Ombresang.

C’est ainsi que la princesse Lysária, escortée par sa Lady, pénétra dans l'enceinte des tentes où les chevaliers se rassemblaient. L'endroit était bien loin de la splendeur de la tribune royale. Ici, la crasse et l'odeur de sueur imprégnaient l'air. Les tentes étaient simples, des abris de toile dressés pour accueillir les chevaliers, des guerriers venus de tous horizons pour participer au tournoi. Le sol était jonché de paille, de boue et de morceaux de métal ébréché, des vestiges des combats précédents. La princesse, dans sa somptueuse robe, contrastait fortement avec l'atmosphère brutale et l'environnement dénué de raffinement qui l'entourait. Les regards des chevaliers se tournèrent vers elle à son entrée, mêlant l'étonnement et l'admiration. Sa présence, telle une apparition dans cet univers de fer et d'acier, suscitait la curiosité et l'interrogation parmi les guerriers qui s'étaient tus en la voyant.

La Lady de la princesse se tenait à ses côtés, un modèle de dévouement, prête à protéger sa souveraine en toutes circonstances. Lysária, tout en dégageant une grâce et une noblesse incontestables, ne se laissait pas déstabiliser par l'endroit inhospitalier ni les œillades appuyées. Elle avançait avec une assurance calme, ses prunelles azurées scrutaient les visages des chevaliers, cherchant du regard le jeune T’sarran… Cependant, parmi l'effervescence de cette assemblée hétéroclite de faes, nulle silhouette ne parvenait à égaler la prestance de l'Ombresang. La jeune fae reporta son attention sur un maître d’armes, qui aiguisait une épée.

— « Excusez-moi, savez-vous où se trouve Sire T’sarran ? »

En guise de réponse, l'homme à la mine burinée et austère relâcha subitement son épée, qui chuta silencieusement au sol, déclenchant un écho mélodique de métal contre la terre battue. Lysária se demanda pourquoi y accorder des soins minutieux pour finalement la négliger ainsi. Pourtant, elle se garda bien de formuler la moindre observation à ce sujet.  Malgré cette première impression peu engageante, le maître d'armes leur fit signe de le suivre, guidant les deux jeunes faes dans cet entrelacs de tentes et de poussière.
Houmous
Messages : 505
Date d'inscription : 06/01/2019
Région : Grand Est
Crédits : "Have you seen the Yellow Sign ?" Chambers

Univers fétiche : Fantastique, SF
Préférence de jeu : Homme
HOUMOUS
Houmous
Dim 1 Oct - 11:32

Iven
(Helvith) T’sarran

J'ai 17 ans et je vis à Leseluna, au Royaume d’Asyiad. Dans la vie, je suis chevalier ombresang et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance , je suis invité à rejoindre la garde royale et je le vis plutôt extrêmement bien.

Informations supplémentaires ici.
L’arsenal dans lequel Galbreth Falsynth avait fait installer tout le matériel qu’il prêtait à l’Ombresang se trouvait en marge du restant des tentes. Il savait l’importance indubitable de dissimuler sa main lorsqu’on joue aux cartes et, comparativement, celle de protéger son équipement des yeux indiscrets et des mains de pauvre intention. Personne de sa famille n’était chevalier bien que bon nombre de ses cousins et proches avaient pris des positions militaires de stratège durant l’histoire de la famille. Alors, le voir posséder tant d’équipement dédié à des hommes de forte stature était étonnant. Cela dit, l’éclatement de l’épée gagée sur l’écu du Lord Hrayek venait confirmer la suspicion de faible qualité de l’ensemble. Depuis qu’il avait constaté cela, Iven avait plus de réticences à s’en remettre à son nouvel « ami ».

- Félicitations, Seigneur T’sarran ! Votre éclatante victoire n’a d’égale que la jouissance de voir ce sot arrogant de Hrayek manger la terre battue ! s’enivra l’intriguant. Continuez comme cela et votre position dans la garde royale est garantie ! Puis, plus inquiet, il nota : Je vous vois contrarié, que se passe-t-il ?

- Lord Falsynth, sauf votre respect : où avez-vous trouvé ces armes et cette armure ? s’enquit sans attendre le chevalier comme seule réponse

- Je les ai acquis auprès d’un forgeron en voyant l’embarras dans lequel vous étiez… Ne sont-elles pas à la hauteur de vos attentes ?

- Je vous remercie de les avoir mis en jeu et d’avoir parié sur mes talents mais vous avez vu comme moi leur fragilité. Le forgeron qui les a produits n’avait ni assez de temps, ni assez de talent pour réaliser des pièces pareilles.

Le regard appuyé sur le jeune Lord lui fit réaliser l’importance de la situation. Tout courtisan qu’il était, il peinait avec les choses de la guerre. Certes, il venait à ouïr les chevaliers discuter de leurs techniques à l’occasion, à voir de fort belles pièces présentées dans les armureries royales et à constater lors d’occasion comme ce tournoi. Mais rien de ceci ne pouvait remplacer le frisson de voir un regard meurtrier se poser sur soi au détour d’une visière. Non, rien n’équivalait à prendre les armes soi-même et à lutter pour sa survie. Le chevalier T’sarran, quelques instants plus tôt, à peine, était dans cette situation. Il aurait pu mourir de défauts dans l’armure. Si l’épée avait trouvé un point de faiblesse et s’était brisée dans ses chairs, il ne serait pas là pour en discuter. Malheureusement, il était trop tard pour pouvoir quérir les talents d’un maitre artisan et corriger le problème, quand bien même ce dernier était compensable.

On aurait pu attendre d’un Ombresang de furieusement relâcher sa frustration sur celui qui l’avait mis en si fâcheuse posture. Cependant, Iven ne voyait pas les événements récents de cette manière. En bon guerrier du Nord qui a déjà connu une bataille à mort, il savait. Il ne rêvait plus d’un combat équitable depuis bien longtemps déjà. Lorsque son maitre d’armes le prit sous son aile pour les premières leçons, il n’avait pas fait preuve de plus de pitié qu’il n’en aurait eu pour aucun autre novice. Non, il l’avait entrainé à maitriser les armes, selon sa manière, et sans égard pour ses protestations, sa fatigue ou ses douleurs. Et l’une des premières leçons avait été de le battre longuement et répétitivement, rien que pour voir ce que l’on ressent quand on perd espoir. Iven savait, dans le fond, que prendre les armes signifiait tuer ou être tué et rien d’autre. Que des tournois pareils à celui des Cinq Lunes proposent d’autres alternatives n’était qu’une illusion. Et le simple fait d’avoir eu l’occasion de concourir était déjà une raison suffisante pour lui de remercier le jeune Lord Falsynth. De toutes manières, son regard désemparé trahissait la disparition de son euphorie.

- Je vais aller exiger les armes du Chevalier Hrayek, acheva-t-il le débat aussitôt. Ce sera l’issue la plus simple à notre problème.

Il dépassa son bienfaiteur, et lui tapota simplement l’épaule pour signifier son sentiment. Lorsque leurs regards se croisèrent, peut-être était-ce l’angle par lequel il se voyait dominer, mais Galbreth eut le ferme sentiment que le chevalier souriait. Le casque en main, il ressortit de l’arsenal et tomba nez à nez avec la princesse qui attendait de l’autre côté de la porte. Il ignorait ce qu’elle avait bien pu entendre de la teneur de leur conversation mais il s’agenouilla respectueusement, baissant le regard.

- Votre Majesté, je vous présente mes hommages. J’espère que cette victoire aura su vous laisser observer mes talents, fit-il humblement. Je vous remercie de m’avoir fait parvenir votre mouchoir de poche. Cela aura été un geste touchant…

Il se releva ensuite et adressa un regard rempli de respect à Dame Dar'ramha et sa suivante. Il s’était douté que c’était sa petite main mais en réalisant son intransigeante attention, il vit les choses plus clairement. Le jeune chevalier se tourna vers la porte de l’arsenal et l’ouvrit en grand pour constater que Lord Falsynth s’était évanoui dans les festivités, fuyant la scène par une quelconque autre issue. Le secret devait demeurer pour le moment sur leur arrangement…

- Que puis-je pour vous, votre Altesse ? Souhaitez-vous voir les équipements du chevalier qui défend votre honneur ? se risqua-t-il, un brin provocateur.
Lulu
Messages : 95
Date d'inscription : 13/05/2023
Crédits : 2ghosts — the last unicorn

Univers fétiche : Fantasy
Préférence de jeu : Femme
Valise 2
https://www.letempsdunrp.com/t5769-mosaique-d-idees https://www.letempsdunrp.com/t5641-presentation-de-luba
Lulu
Mar 3 Oct - 16:55

Lysária
Dar'ramha

Dix-neuf lunes, et déjà sa nuque se fissure sous le poids de la couronne féerique. Son cœur, tel un lac en hiver, s'est gelé lorsque la mer avide a englouti sa mère bien-aimée. Nul allié en vue, point de répit, la princesse dissimule ses émotions, érigeant l'inexpressivité en une forteresse impénétrable. Son sang royal a scellé son sort dès ses premiers cris, condamnant son futur à l'échiquier du pouvoir, ne lui offrant guère l'opportunité de s’enfuir de ces mystérieuses dédales. Joyau prisonnier du Palais Argenté, elle n'a quitté ses enceintes qu'à une unique occasion, lors d'une promenade de santé. C’est sur les îles qu’elle a enfoui sa candeur et son bonheur, tout comme des trésors à jamais perdus sous une couche de grains d'opale.
LYSÁRIA'S POV. La princesse Lysária s'avançait avec une grâce incongrue dans le campement des chevaliers, où la crasse et la rusticité semblaient être les hôtes privilégiés. Ses pas délicats foulèrent cette terre inhospitalière, tandis que sa robe immaculée se maculait d'une poussière qui, par pure impertinence, semblait chercher à ternir son élégance. L’esprit de la gracieuse fae n'était nullement accaparé par la vilaine crasse qui souillait l'ourlet de ses vêtements, mais bien davantage par la silhouette précipitée du maître d'armes qui la guidait.
Sa carrure était massive, ses mains calleuses et son attitude bourrue ne laissaient aucun doute quant à sa préférence pour les champs de bataille, plutôt que pour les caprices de la royauté. La preuve en est, ce dernier fulminait, comme un vieil ours récalcitrant, devant l'obligation de servir de guide à la demoiselle. Il marmonnait des jurons à peine audibles, râlant à chaque pas qui l'éloignait de sa véritable vocation. Derrière l’argentée, Lady Brykas, les yeux emplis d'agacement discret, suivait la marche au rythme effréné, imposé par le maître d’armes mal luné. Quant à Lysária, celle-ci ne se souciait guère des récriminations de son entourage. Son regard azuré fixait un objectif unique, un arsenal isolé qui se dessinait peu à peu à l’horizon.

—  « J’l’ai vu rentrer là d’dans », indiqua le maître d’armes, en faisant virevolter sa grande main avec nonchalance.
—  « Nous vous remerc… »


À peine avait-elle achevé ses remerciements que l'homme s'était volatilisé, s'éclipsant pour reprendre ses précieuses activités martiales. Lysária, avivée par une curiosité grandissante, décida de s’approcher de la porte solide de l’arsenal.  Au fur et à mesure que la distance se réduisait, la princesse décela d’étranges murmures qu’elle aurait pu méprendre avec le chant tranquille d’un ruisseau. Deux voix graves s'entremêlaient dans un murmure à peine perceptible, comme une douce mélodie nocturne que le vent apporte en échos lointains. Les intonations, empreintes d'une gravité énigmatique, glissaient à travers l'étoffe des tentures, laissant planer un mystère sur le sujet de leur conversation. Consumée par une soudaine inquiétude, la princesse s'immobilisa à l'entrée de l'arsenal, tendant l'oreille pour tenter de percer ce voile d'obscurité qui enveloppait cet échange qu’elle n’aurait sûrement pas dû surprendre. Cependant, aucun mot distinct ne parvint à ses sens aiguisés, seulement une succession de sons qui évoquaient une énigme impossible à déchiffrer.

Lysária fut envahie par le doute. Ce chevalier en qui elle plaçait ses espoirs secrets, venait à peine d’arriver à la cour et on ne pouvait dire qu’il y était très apprécié. Alors, elle n'avait jamais soupçonné qu'il puisse avoir d’autres alliés que le vieux Lord Falsynth… Elle, qui était habituée à scruter les cercles de pouvoir avec un œil averti, en fut étonnée. Qui pouvait bien être son interlocuteur ? Pour quelle cause ces voix se mêlaient-elles dans les profondeurs de la tente, à l'abri des regards indiscrets ?

La princesse ne pouvait s'empêcher d'écouter, car telle était sa nature, méfiante et solitaire. À la cour, l’héritière conspuée se sentait isolée dans un monde où les alliés se faisaient rares et les complots abondaient. Elle s'était toujours montrée prudente, gardant ses pensées, ses secrets, et ses allégeances à l'abri des regards curieux. Au fil de ses questionnements, la méfiance montait en elle, serpentant dans les méandres de son esprit comme un courant souterrain. Les murmures des deux voix, au lieu d'apaiser son âme en quête d'une alliance, semblaient nourrir les flammes de sa méfiance.

Ces dernières n’épargnaient pas le bonheur qui avait chatouillé son cœur à l'idée d’échanger avec le jeune chevalier. Désormais, elle doutait de l'homme qu’elle avait admiré, se demandant s'il était véritablement un allié ou si, comme tant d'autres à la cour, il se cachait derrière un masque de duplicité. Pourtant, elle se forçait à ne pas se laisser emporter par l'orage des doutes qui grondait en elle. La prudence, si chère à son âme, lui murmurait que les apparences pouvaient être trompeuses, que les conspirations étaient monnaie courante, et que les motivations des puissants étaient souvent opaques. Elle devait conserver son sang-froid, observer, écouter, rassembler des informations, avant de tirer des conclusions hâtives… C’est ce que sa mère lui aurait conseillé.

Plongée dans ses songes plus bruyants que ces murmures, la lourde porte de l’arsenal s’ouvrit brusquement et réussit à surprendre l’espionne improvisée. Dans le faisceau de lumière filtrant de l'extérieur, l'immense silhouette du jeune Sire T'sarran se dessina, son armure étincelante pareille à une étoile dans la nuit. Derrière lui, il n’y avait aucune autre présence. Une lueur de surprise effleura les prunelles de l’argentée, qui s’étaient empressées de se relever vers la mine du chevalier. Elles ne restèrent pas longtemps levées, puis d'un geste gracieux, la montagne de fer et d’acier s'agenouilla devant elle, révérant sa présence avec respect. Son armure tintait doucement lorsqu'il fléchit le genou, un acte de courtoisie rare au sein de ce campement rude, où la fierté et la force régnaient en maîtres.

Les mots du jeune chevalier étaient empreints d'une humble courtoisie, d'une gratitude sincère pour ce présent qu'elle lui avait fait parvenir, un geste qui avait scellé le début de leur alliance. Cependant, l'atmosphère de méfiance qui avait pris racine dans le cœur de la princesse ne pouvait être évacuée d'un simple geste courtois. Les ombres des doutes demeuraient, et ces dernières avaient tendance à s’épanouir dans le palpitant de la jeune Dar’ramha. Sire T’sarran poursuivit, sur un ton qui sut faire frémir les lèvres de la jeune princesse. Un sourire amusé s’était brièvement glissé sur ces dernières, un sourire subtil que seul le chevalier pourrait remarquer. Elle savait que le jeu des mots et des regards était inhérent aux interactions de cour, alors derrière cette mine pleine de légèreté, sa vigilance demeurait.

Sa prudence n'excluait pas un certain désir de découvrir la vérité, et son regard curieux se posa sur le chevalier. La tente de l'arsenal, auparavant emplie de mystères, semblait maintenant être un lieu propice à une discussion franche et sincère. Se tournant ensuite vers sa dame de compagnie, Lysária prononça d'une voix calme et assurée :

— « Lady Brykas, restez devant la porte de l'arsenal, je vous prie, et assurez-vous que nous ne serons pas dérangés... »

Son ordre résonna avec une autorité contenue, tandis que la silhouette de sa dame de compagnie, telle une sentinelle, se profilait à l'entrée. La jeune fae s'apprêtait à pénétrer à l'intérieur, mais la prudence vint tempérer son élan dès qu’elle se rappela de la nature délicate de leur environnement pour une jeune demoiselle. Alors, avec la grâce d'un souffle léger, elle se glissa vers sa dame de compagnie, saisissant avec délicatesse son poignet. Dans une confidence murmurée à l'oreille de Lady Brykas, elle énonça des paroles chargées de précaution.

— « Si en mon absence un rustre vient vous importuner, n'hésitez pas à me le signaler sur le champ. »

La concernée hocha la tête, avec une détermination qui lui était fidèle. Certaine que son ordre avait été bien entendu par la jeune Lady, la princesse put franchir le seuil de l’arsenal. Ses pas la menèrent au centre de celui-ci, et dans un geste aussi léger et gracieux que le souffle du vent, l’argentée fit face au jeune chevalier dont la présence demeurait imposante. Une tension flottait encore dans l'air, teintée d'un mélange d'excitation et d'appréhension.

—  « Sire T'sarran, votre courtoisie m'honore. Vos talents lors de ce premier combat ont été évidents, et je vous remercie de votre appréciation pour le modeste présent que j'ai fait parvenir… » souffla-t-elle, reconnaissante.

Puis la jeune fae, telle une créature céleste évoluant parmi les mortels, s'avança gracieusement vers le jeune chevalier. Sa présence dégageait une aura enchanteresse, et ses pas silencieux semblaient glisser sur le sol rugueux de l'arsenal. Elle s'arrêta à seulement quelques centimètres de Sire T'sarran, plongeant son regard azur dans celui du chevalier qui avait combattu vaillamment pour défendre son honneur, mettant ainsi sa propre vie en jeu. Lysária, bien consciente de cette tentative héroïque, ne l'avait pas oubliée.

Délicatement, avec la grâce d'une muse, elle laissa ses doigts délicats danser sur l'armure étincelante du chevalier. Ce toucher était bien plus qu'une simple caresse ; c'était une invitation à la confidence. Ses yeux, tels des astres scintillants dans la pénombre de l'arsenal, se fixèrent intensément sur ceux du jeune chevalier. Lysária, par ce geste, voulait bien plus que la simple sensation de l'acier sous ses doigts. Elle cherchait à percer les secrets de l'Ombresang, à lire les vérités qui se cachaient derrière son regard, à comprendre ce qui l'animait, à découvrir vers qui son allégeance était tournée.

—  « Et pour vous répondre… Je crains que ma curiosité ne se porte pas sur vos équipements, mais plutôt sur les secrets que vous gardez si bien cachés derrière cette armure. »

Elle dissimulait derrière ses prunelles pétillantes de malice les ombres de méfiance qui planaient toujours. Avec une lenteur délibérée, Lysária ramena ses doigts vers elle, liant ses mains ensemble.

—  « À qui parliez-vous avant mon arrivée ? » demanda-t-elle, sa voix emplie de l'autorité de la curiosité impérieuse.

Soudain, son visage, empreint de grâce et de beauté, se parait soudain d'une expression plus sérieuse, laissant entrevoir la détermination d'une jeune fae qui ne reculerait devant rien pour découvrir la vérité. C'était une question directe, dénuée de tout artifice, qui tranchait dans le silence comme une épée dévoilant une vérité sombre. En cet instant, la princesse ne se contentait plus d'effleurer les mystères ; elle les traquait avec la ferme intention de les débusquer.
Houmous
Messages : 505
Date d'inscription : 06/01/2019
Région : Grand Est
Crédits : "Have you seen the Yellow Sign ?" Chambers

Univers fétiche : Fantastique, SF
Préférence de jeu : Homme
HOUMOUS
Houmous
Sam 7 Oct - 18:02

Iven
(Helvith) T’sarran

J'ai 17 ans et je vis à Leseluna, au Royaume d’Asyiad. Dans la vie, je suis chevalier ombresang et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance , je suis invité à rejoindre la garde royale et je le vis plutôt extrêmement bien.

Informations supplémentaires ici.
Il y avait une véritable douceur et une grande délicatesse gracieuse dans les gestes de la Princesse. La manière dont elle l’approchait, se jouait de lui et le cajolait lentement ne le laissait pas insensible. Assurément, il ne cesserait pas de maintenir une attitude courtoise et digne de leurs statuts respectifs mais il devait aussi avouer qu’elle avait une certaine emprise sur lui. S’il était parfaitement honnête avec ses propres inclinaisons, il ajouterait même que cela remontait à leur première rencontre, quelques jours auparavant, où elle était baignée de lumière. Elle surpassait l’idée qu’il se faisait d’une noble fae d’une des plus grandes maisons. Non seulement, la beauté dont elle avait la chance d’hériter lui avait coupé le souffle au point qu’il repense à elle dans la journée en plusieurs occasions. Mais elle avait également fait mine de beaucoup de courage et d’un calme imperturbable. La voir être déshonorée par les ordres infâmes de son père lui avait donné un coup de sang suffisant pour briser l’étiquette envers et contre tout ce qu’on lui avait inculqué. Et maintenant, voilà qu’elle érodait son armure de maitrise et d’acier en laissant courir une main légère sur la surface de son torse. Qu’attendait-elle de lui, finalement, en épluchant la carapace qu’il devait conserver pour maintenir l’honneur attendu du chevalier ?

- Votre majesté, bredouilla-t-il, je ne sais quoi vous répondre… Vous voyez comme moi que nous sommes seuls désormais ! Et puis…

Il paniquait alors qu’elle gardait le silence et un regard patient posé sur lui maintenant que ses intentions avaient été énoncées pleinement. Après tout, se faisant le défenseur de son honneur, elle était intégralement liée à son destin désormais. Il était parfaitement naturel qu’elle espère connaitre le fond de l’histoire et la vérité sur sa situation. Cela dit, un serment étant ce qu’il est, il se retrouvait bien mal placé pour révéler des secrets qu’on lui avait demandé de garder dissimulés. Les deux côtés du marché se tenaient mais qu’est-ce qui valait le plus entre les valeurs de la chevalerie et la famille royale qu’il avait juré de protéger de son corps entier ? Le dilemme le guettait patiemment, tout comme la pression de sentir les conséquences qui pourraient surgir de cet échange.

On ne l’avait pas appris à faire face à cette situation. Si, dans un premier temps, il avait cru que les enseignements que sa mère lui avait prodigués se suffiraient à eux-mêmes, il regrettait maintenant qu’elle n’ait pas plus eu l’occasion de distiller un peu de sa sagesse dans son esprit. Quelle ruse lui permettrait de reprendre une position plus confortable dans cette situation ? Il l’ignorait et voyait fort bien comment une simple question formellement posée le mettait instantanément en porte-à-faux. Il fallait qu’il s’y résolve : aucune réponse n’était bonne dans cette configuration et quoi qu’il dise, quelqu’un serait lésé dans les faits.

- Et puis, j’ai fait le serment que certains mots ne passeraient pas mes lèvres, se résolut-il à avouer aussitôt alors que l’évidence ne pouvait plus être niée. Ecoutez : je ne sais comment combler vos doutes et vos inquiétudes mais tout ce que je peux vous certifier, c’est de ma grande fidélité à votre égard et envers le Royaume. Si j’ai fait un marché, c’est dans l’unique but de pouvoir concourir et défendre votre honneur comme je l’ai dit, ajouta-t-il, toujours le regard fuyant.

Il réalisa ne pas avoir inclus le Roi dans ses vœux et se mordit l’intérieur de la joue de dépit pour ce manquement qui venait s’empiler avec les autres. N’est pas un courtisan qui veut, songea-t-il en se rendant compte de la piètre manière dont il avait tenté de s’expliquer auprès d’elle. Le pis étant qu’il doutait de plus en plus, à chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour parler, que ses propos soient convaincants d’une manière ou d’une autre. Que faire, au final ? La seule idée qui lui vint aurait pu être mal interprétée… Il s’approcha de l’épée brisée qui lui avait servie lors du duel précédent pour la déposer aussitôt entre les mains de la Princesse. Il manquait de soin et de délicatesse dans ses gestes, contrastant largement avec sa grande confiance en ses compétences martiales.

- J’ai dû prendre le temps de m’entretenir avec mon associé car les équipements qu’on m’a fournis étaient de piètre qualité. Voyez vous-même la cassure nette de la lame au point d’impact. Cela signifie que le forgeron qui a produit cette arme a ajouté trop de charbon à l’alliage, le rendant ainsi trop cassant...

Il se tut alors qu’il réalisa avoir haussé la voix d’énervement au sujet de cette lame, ce qu’il n’avait pas fait avec Gilberth. Dame Dar’rahma l’avait écouté patiemment et avait conservé son masque calme d’albâtre sur le visage le temps qu’il essaie de dire ce qu’il pouvait pour la rassurer. Le doute que quoi que ce soit de tout ce qu’il avait dit ait pu avoir l’effet escompté hantait son esprit au point qu’il transpire presque autant que durant le duel. Il se sentait, à vrai dire, pareil à lorsqu’il était enfant et tentait de justifier le moindre de ses écarts de conduite.
Lulu
Messages : 95
Date d'inscription : 13/05/2023
Crédits : 2ghosts — the last unicorn

Univers fétiche : Fantasy
Préférence de jeu : Femme
Valise 2
https://www.letempsdunrp.com/t5769-mosaique-d-idees https://www.letempsdunrp.com/t5641-presentation-de-luba
Lulu
Lun 9 Oct - 21:29

Lysária
Dar'ramha

Dix-neuf lunes, et déjà sa nuque se fissure sous le poids de la couronne féerique. Son cœur, tel un lac en hiver, s'est gelé lorsque la mer avide a englouti sa mère bien-aimée. Nul allié en vue, point de répit, la princesse dissimule ses émotions, érigeant l'inexpressivité en une forteresse impénétrable. Son sang royal a scellé son sort dès ses premiers cris, condamnant son futur à l'échiquier du pouvoir, ne lui offrant guère l'opportunité de s’enfuir de ces mystérieuses dédales. Joyau prisonnier du Palais Argenté, elle n'a quitté ses enceintes qu'à une unique occasion, lors d'une promenade de santé. C’est sur les îles qu’elle a enfoui sa candeur et son bonheur, tout comme des trésors à jamais perdus sous une couche de grains d'opale.
LYSÁRIA'S POV. La terreur agitait fébrilement les prunelles du jeune chevalier, Lysária la reconnaissait sans peine, car elle l'avait souvent contemplée dans le regard des âmes infortunées que son père avait condamnées. Ses yeux scrutateurs demeuraient ancrés sur le visage de l’inquiet, l’acculant comme pour lui insuffler le sentiment d'une impasse, où la seule échappatoire résidait dans la confession sincère de ses véritables intentions.
Bien qu’elle se muait en prédatrice de ce chevalier vulnérable, un souffle de tendresse subsistait, l'empêchant d'égaler l'insensibilité qu'elle réservait habituellement à Lord Falsynth, ou à d'autres nobles charognards qui tournoyaient un peu trop autour de sa couronne. Il était jeune, peut-être même plus jeune qu'elle, et portait en lui une bravoure admirable. De surcroît, on ne cessait de le réduire à son apparence, à ce qu'il n'était pas, à cette supposée infériorité qu'on lui collait, comme une étiquette indélébile. Et puis, quand elle l’observait, elle ne pouvait s’empêcher de songer à eux. Fantômes d’une enfance heureuse, là où son père avait encore toute sa tête.
Ils étaient deux âmes, captives des labyrinthes du jeu des puissants, deux pièces que bien des ambitieux désiraient ardemment… Et la jeune fae, ressentait cette désagréable impression, celle d'une main étrangère qui effleurait avec une insistance déplacée le noble Sire T'sarran, désireuse de le détourner de son devoir.
À cet instant, l'unique desseins de Lysária était de préserver son précieux allié, ou plutôt, le seul allié à qui elle accordait une véritable estime. Car dans cette valse périlleuse du pouvoir, où les loyautés pouvaient être aussi volatiles que l'ombre des chandelles, il était impératif de protéger cette rare lueur d'authenticité.

Les paroles de Sire T’sarran, chargées d'une assurance en laquelle elle aurait tant aimé croire, résonnaient dans les recoins les plus sombres de son âme, n’y trouvant que des échos chargés de méfiance. La dissimulation qui s'insinuait dans sa voix, ce voile impénétrable de secret qu’il maintenait, semait en elle une tempête d'appréhension, semblable à un ouragan déchaîné dans les sinuosités de son âme.
Imperceptiblement, ses ailes se refermèrent dans son dos, comme si son instinct la poussait à se retrancher, à se préserver du mystère qui s'épaississait, et qui, aux yeux de la conspuée, ne pouvait que lui être hostile. Son regard, autrefois scrutateur, s'obscurcissait d'une teinte d'inquiétude, tandis qu'elle se questionnait sur la sincérité des paroles de son allié, se demandant si d'invisibles marionnettistes tiraient les ficelles de ses discours. L’inquiétude lui déroba ses crocs, et face au paladin, se dévoila partiellement un agneau.
L'anxiété enveloppait son être tel un voile obscur, et dans cet état de préoccupation, même le léger lapsus de Sire T'sarran, glissant son nom au lieu de celui du roi, passa inaperçu, semblant n'être que l'écho lointain d'un murmure insignifiant. En silence, elle implorait que personne ne manipulât le chevalier au cœur vaillant, car elle redoutait que les manigances des conspirateurs ne triomphent, emportant avec elles la lueur d'espoir qu'elle voyait briller en lui.

Soudain, le jeune chevalier, animé par une hâte fébrile, s'éloigna promptement pour saisir son épée brisée, la remettant entre les mains de la princesse avec une certaine maladresse. Son geste brusque n'ébranla point l’héritière, toutefois, sa réserve palpable transparaissait à travers le contact avec l'objet fragmenté. Son regard, rivé sur les explications à venir, demeurait inébranlable, et elle s'efforçait d'apaiser ses inquiétudes naissantes, afin qu'elles n'engloutissent pas son être tout entier.
Lorsqu'il évoqua son associé et la nécessité d'un armement plus efficient, les sourcils de la princesse se plissèrent, et son inquiétude prit une ampleur grandissante. Ses soupçons ne se portaient désormais que très peu sur le jeune chevalier lui-même, mais plutôt sur l'ombre insaisissable de cet associé dont elle redoutait les intentions mystérieuses.

— « Sire T'sarran... Si vous et votre associé œuvrez pour le bien du royaume, pourquoi persistez-vous à maintenir dans l'ombre ceux qui le représentent ? »,  la jeune fae fixa l’intéressé d'un regard empreint d'une émotion complexe, un mélange d'irritation contenue et de souci palpable. Elle releva ses prunelles vers lui, cherchant une réponse dans les traits de son allié. « Vos machinations m’impacteront, et je ne peux l’ignorer », sa voix, bien que teintée d'une pointe d'irritation, trahissait également sa vulnérabilité et son inquiétude.

Alors, elle baissa la tête, un geste empreint de tristesse, comme si elle était submergée par le poids des responsabilités qui pesaient sur ses épaules. Son regard se posa sur l'épée brisée qu'elle tenait entre ses mains, comme une douce ironie qui soulignait la fragilité de sa situation. Depuis que la mer lui avait ôté sa mère, Lysária avait conscience que Leseluna ressemblait plus à un nid de vipères affamées de pouvoir qu'à un havre de vertu. Elle était convaincue que de nombreuses personnes, dévorées par l'ambition, guettaient la moindre opportunité pour s'approprier ce qui lui appartenait, et par extension, lui nuire.
Avec une délicatesse qui contrastait avec la rudesse de la situation, elle rapprocha l'épée brisée des mains du chevalier pour la lui restituer. Mais lors de cette brève proximité, ses doigts effleuraient les siens dans un geste qui semblait presque involontaire. Cette caresse fugace pourrait être le reflet d'une séduction subtile, le doux souffle d'un charme discret qui ondoyait dans l'air. C’est ce qu’aurait pu interpréter Lord Falsynth, au fait des attitudes parfois charmeuses de la jeune princesse. Celui-ci les percevait généralement comme de subtiles tentatives de manipuler les esprits. Peut-être n’était-elle pas aussi vicieuse, peut-être n’était-elle simplement qu’une jeune fae.
Par ce geste, c'était comme si elle voulait lui faire comprendre qu'elle ne cherchait pas à le repousser, qu'elle avait besoin de son soutien et de sa compréhension face à ce secret qui la mettait également dans une situation délicate, et potentiellement dangereuse.

— « Promettez-moi, Sire T'sarran, de maintenir votre vigilance », déclara la jeune Dar’ramha avec une lueur d’intensité dans les yeux. « Assurez-vous que les intentions de votre associé vous soient parfaitement claires. Si ce n'est pas le cas, préservez votre indépendance, maintenez certaines parties de vous dans l'ombre, renforcez votre armure, gardez vos intentions aussi ambiguës que les siennes. »

Le conseil qu'elle venait de prodiguer était un héritage de la défunte Lady Nor’ytrin. Sa mère, lui avait inculqué depuis sa plus tendre enfance que la lumière et l'obscurité se mêlaient inextricablement au sein de la cour royale, et que la vigilance et la discrétion étaient les armes nécessaires pour naviguer dans ces eaux troubles.
Ses doigts se détachèrent lentement de ceux du jeune chevalier, et elle lia ses mains entre elles.

—  « Pour vous… pour nous », conclut-elle, les yeux rivés dans les abysses azurées du jeune chevalier. « Sûr ce, Sire T’sarran… Continuez de nous éblouir », souffla-t-elle, en lui adressant une œillade complice.

Puis, d'un léger mouvement de tête, elle adressa à Sire T'sarran un signe discret d'encouragement. Sans un mot de plus, elle se détourna gracieusement de l'arsenal, sans laisser derrière elle ses préoccupations latentes.
Sa démarche, d'une grâce presque surnaturelle, la mena vers l'extérieur où, immédiatement, une Lady Brykas, reconnaissante de la revoir, s'approcha avec un sourire chaleureux. La princesse répondit par un sourire voilé, dissimulant les pensées tumultueuses qui bouillonnaient en elle.
Houmous
Messages : 505
Date d'inscription : 06/01/2019
Région : Grand Est
Crédits : "Have you seen the Yellow Sign ?" Chambers

Univers fétiche : Fantastique, SF
Préférence de jeu : Homme
HOUMOUS
Houmous
Jeu 2 Nov - 9:35

Iven
(Helvith) T’sarran

J'ai 17 ans et je vis à Leseluna, au Royaume d’Asyiad. Dans la vie, je suis chevalier ombresang et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance , je suis invité à rejoindre la garde royale et je le vis plutôt extrêmement bien.

Informations supplémentaires ici.
Iven était resté bouche bée à l’issue de son entrevue avec la princesse. Loin d’être aussi confiant qu’il n’aurait voulu le paraitre, il projetait maintenant son doute sur chaque chose que son regard croisait. L’armure qu’il revêtait n’avait pas encore fait la preuve de sa solidité. Les actes de son bienfaiteur, nimbés de mystère, prenaient une teinte plus sombre. Et, bien sûr, l’épée brisée subsistait en preuve indéniable de l’instabilité de sa situation. Et, à la fois, il était trop engagé dans le tournoi pour accepter de reculer désormais. Il prit le temps de secouer ces idées hors de sa tête pour se concentrer plus sur les opportunités qui restaient à sa disposition et comment en tirer parti. L’hésitation mène à l’échec et il le savait depuis toujours.

Poussant la porte peu après le départ de la jeune noble, ses pas le menèrent au fil des tentes pour atteindre celle qui portait les couleurs de la maison Hrayek de Mormhaor, l’argent et le bleu céruléen. Un serviteur voulut se mettre en travers de la route du jeune chevalier qui arrivait sans attendre d’y être invité mais fut aussitôt écarté d’un revers de la main, sans pitié ou cérémonie. La toile qui dissimulait l’entrée ouverte à son tour, le vainqueur entra en terrain conquis sans égard pour la bienséance. A l’intérieur, un clerc s’activait à nettoyer le visage tuméfié de son adversaire défait et un autre serviteur voulut lui barrer le chemin. Comme Iven sembla n’avoir aucune intention de se stopper, la confrontation était inévitable, avec les conséquences qu’on peut imaginer.

- C’est bon, Serolio ! soupira son maitre avant de faire un signe de main pour leur signifier de quitter les lieux, ce qu’ils firent aussitôt. Alors, que me veut le chevalier Ombresang de mes deux ? J’imagine bien que tu n’es pas venu constaté les dégâts que tu as infligés à mon casque…

- Je suis venu prendre vos armes, Sire Aldmer Hrayek. Mon épée s’est brisée dans votre écu. Je n’ai guère plus confiance en les lances de mon barda, avoua-t-il de but en blanc.

L’autre nordiste ricana quelques instants en continuant de comprimer les contusions de son crâne au moyen d’un linge humide. Ses grands yeux clairs ressortaient sur sa peau salie par le sang séché mêlé à la boue comme deux opales piégées dans l’argile. Il était visible que le temps depuis la fin du combat lui avait permis de retrouver ses esprits et sa tempérance. Quelques part, Iven voyait en lui bien plus un Ombresang qu’aucun autre des membres de la Garde Royale qu’il avait croisé. Sanguin, agressif et fier, il n’avait pas hésité une seule fois, que ce soit lors du combat à proprement parler ou lorsqu’il était question de laver son honneur de la défaite qu’il avait subi. Il manquait de courtoisie et ne faisait pas tant de cas de ce qui était attendu de quelqu’un de son rang. C’était, honnêtement, un bien meilleur adversaire que son amour de la provocation ne l’aurait laissé pressentir.

- Je ne sais pas ce qui me retient de vous botter le cul, Chevalier T’sarran, constata-t-il avec amusement. Mais si je me laisse à nouveau aller, ce vieux crouton de Conseiller du Roi reviendra me chercher des noises. Allez-y, prenez ce qui vous plaira mais soyez certain que je ne me priverai pas de vous rosser si vous échouez face à Sire Mullendore !

Dès que son assentiment fut fourni, Hrayek se laissa aller dans son couchage de fortune pour laisser les céphalées lancinantes passer. Iven s’empara de l’épée et de deux lances de tournoi. Jugeant le tranchant de la lame avec attention, il vit aussitôt que l’arme n’était pas du tout de la même facture que celle qu’il avait manié pour lui faire face. Entre les mains d’un combattant plus expert et patient, la différence de qualité entre leurs équipements aurait pu jouer un rôle plus important... Prenant le temps de considérer le reste de l’épée d’apparat, Iven vit la garde hérissée de rayons censés rappeler le Levant au-delà du Colosse, ainsi que le cuir expertement tressé de la poignée. Prenant soin de la rengainer dans son fourreau soigneusement, il passa le tout à sa ceinture pour se montrer non plus désarmé, comme il était plus coutumier, et quitta la tente pour pouvoir regagner l’arène. Des remerciements auraient été superflux et insultants après avoir exigé cette « générosité ».

Au dehors, le camp s’était largement vidé de ses compétiteurs et aides. Les combats avaient-ils déjà repris ? Les vivats de la foule confirmèrent cette idée dans l’esprit du jeune Ombresang. Comme chaque combat est une leçon, chaque duel est une démonstration. Ainsi, il se mit en route pour rejoindre un emplacement duquel il pourrait observer et apprendre la manière dont ses pairs géraient leur armure et pouvoir s’en inspirer. Mais alors qu’il arrivait en bordure du terrain vague, aux abords des premières rues bondées, une voix l’interpela de la ruelle. Un homme entre deux âges, les traits tirés et une barbe de cuivre sur le visage l’y observait, la terreur affichée sur le visage. Dans son dos, une autre silhouette, plus petite, se dissimulait. Iven approcha et découvrit ainsi Gilberth qui menaçait le pauvre homme d’une dague entre les omoplates et les ailes.

- Mon ami, raconte donc ce que tu viens de me révéler, fit-il avec fermeté à l’oreille de son otage.

- Je vous en supplie, ne me faites pas de mal, j’ai une femme et des enf-

- Mais non mon ami, voyons, le coupa Gilberth en retirant légèrement sa dague. Nous ne te voulons aucun mal…

- Je disais à Monsieur que… que, bredouilla-t-il en croisant d’un regard implorant le chevalier Ombresang, que j’avais été approché et qu’on m’avait intimé de faire en sorte que les armes comportent plus de défauts qu’à l’accoutumée.

Iven croisa les bras en prenant le temps de peser ces nouvelles informations. Gilberth avait menacé le pauvre homme pour lui tirer des renseignements mais quelle certitude même cela pouvait bien conforter ? Quand bien même le forgeron auquel il avait fait appel en préparation de son mécénat aurait été corrompu ou poussé à la faute, le fait était là : les équipements qu’Iven était forcé d’employer possédaient des failles importantes. Et puis, qui était ce « on », finalement ? Sur quels ordres agissait-il et en courant quel but ? Maintenant que la situation se tendait pour Iven, le besoin de comprendre réellement la place qu’il avait dans des machinations plus grandes lui parut essentielle. Gilberth devait avoir des premières clés de compréhension, même si elles n’étaient que partielles et partiales. Il avait des ennemis. Des adversaires politiques qui étaient prêts à fomenter le sabotage de la carrière d’un futur membre de la garde royale. Qui pouvait avoir tant besoin d’empêcher un Ombresang d’accéder aux honneurs ?
Contenu sponsorisé
Les fils des sacrifiés (feat. Lulu)
Page 2 sur 2
Aller à la page : Précédent  1, 2
Sujets similaires
-
» Le PDG & le Petit Fils
» Mal & Fils {Kathleen & Nash}
» 666 ways to die — Mr.Sandman & Lulu ((+18))
» Les enfants de la lune. [PV Lulu] +18
» (M) tel père, tel fils ? Des retrouvailles explosives (à archiver).

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE TEMPS D'UN RP :: Les Univers :: Univers fantasy-
Sauter vers: