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LE TEMPS D'UN RP

Parce que c'était lui, parce que c'était moi

Beloved
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allo
Beloved
Mar 21 Juin - 13:07

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


Nick Robinson

Il était là... Je ne m'étais pas attendu à le voir là. Je pensais qu'il était chez lui à bosser sur sa thèse ou parti en ville. Je sentis mon coeur s'accélérer en le voyant ainsi devant moi. C'était comme dans les films à l'eau de rose, quand la fille croise le regard de celui qu'elle aime, qu'elle sent tout le monde autour d'elle se mettre à chavirer, juste parce qu'il était là et qu'il lui souriait. Sauf qu'on n'était pas dans un film. Et que je n'étais pas une fille.

Je refermais rapidement mon carnet de dessin, dissimulant à sa vue le portrait de lui que j'étais entrain de dessiner. Je priais intérieurement pour qu'il n'ait pas vu ce que j'étais entrain de faire. Je n'aurais plus qu'à mourir de honte, à me cacher dans un trou pour le reste de l'été sans le voir. Non... pas ça... je ne pourrais pas le supporter. J'avais du me faire violence déjà pour ne pas venir le voir dés mon retour, pour m'excuser d'avoir disparu comme ça sans le prévenir. J'avais pensé à lui laisser une lettre avant de partir pour lui expliquer où je me trouvais, qu'il ne s'inquiète pas de mon absence. Mais j'avais abandonné cette idée un instant après l'avoir eu. Il se moquait bien de savoir ce que je faisais de ma vie. On se voyait de temps en temps, quand nos chemins se croisaient par hasard ou que l'un de nous deux allait frapper à la porte de l'autre. A part cette soirée là en boite il n'y avait rien de prévu entre nous. Nous nous étions promis de nous revoir mais nous n'avions pas fixé de date précise. Il n'allait pas s'inquiéter parce que je partais quelques jours avec mes parents. Il ne fallait pas que je me prenne la tête pour ça.

Mais en attendant il était là, le hasard faisant bien les choses. Ou peut être dans le fond n'était ce pas complètement du hasard. Une part de moi était venu ici parce que c'était lui qui m'avait montré cet endroit, parce qu'en venant là je me sentais un peu plus proche de lui. Et j'avais été récompensé au delà de mes attentes. Parce qu'il était là et que cette simple idée me faisait sourire.

- Non non tu ne me déranges pas reste. Je gribouillais des choses sans grande importance. Rien de bien intéressant.

Oui bon j'étais juste entrain de le dessiner encore et encore mais ça il valait mieux que je le garde pour moi.

Je lui souris, posant mon carnet à côté de moi. Je me concentrais sur lui et uniquement sur lui.

- Je ne pensais pas te voir ici. Je pensais que tu devais être sorti ou entrain de travailler sur ta thèse.

Et c'était un peu pour ça que je n'avais pas voulu le déranger. Il devait avoir sa vie et je ne voulais pas non plus le déranger à tout instant parce que je m'ennuyais ou parce que je me sentais mal.

- Ca me fait plaisir de te voir.

Et c'était sincère...


June
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dolores June
June
Mar 21 Juin - 14:05

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt avec résignation.
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Une longue expiration m’apprit que j’avais retenu mon souffle. Le jugement était tombé, me libérant de cette apnée incontrôlable : il me demandait de rester. Mes yeux se posèrent un instant sur le carnet refermé, déposé dans l’herbe. Je n’avais pas plus accès à Morgan qu’aux dessins qu’il faisait naître entre ces pages. Lui comme eux étaient si proches, pourtant… J’eus un sourire vaguement triste, quand il m’annonça une fois de plus qu’il ne faisait que gribouiller des choses sans importance. Il ne me convainquait pas. Il me sembla très net que lui-même n’y croyait pas – qu’il se contentait de me dire ça pour apaiser l’envie que j’avais de connaître son travail, et la peine qu’il me faisait en me le refusant. C’était désormais de cette façon que je l’entendais. Il me maintenait à distance. De là à croire qu’il me repoussait, il n’y avait qu’un pas. Mon humeur défaitiste ne me laisserait plus préjuger d’autre chose. Il se dérobait, et mes bras se refermaient sur le vide.

J’hésitai à m’asseoir à côté de lui. Me taire. Je demeurai un instant de plus debout, toujours aussi nerveux. « Oui, enfin, c’est ce que j’aurais dû faire, probablement. » Parler ? « Je n’arrive plus trop à travailler, depuis que tu es parti. » Je sentais mon cœur cogner dans ma poitrine. J’avais chaud, j’avais peur, je constatai que je n’avais plus autant de contrôle sur ce que je disais. Me taire, vite, vite. La parade à ce dévoilement soudain me sembla être la plaisanterie. J’ironisai sur moi-même : « Faut croire que malgré ma passion pour la botanique, je trouvais plus intéressant d’avoir des activités normales avec un autre être humain, finalement. » Je tentai de rire, avant tout pour me détendre moi-même, mais la main que je passai dans mes cheveux démentait ma décontraction apparente. Morgan ne se démonta pas, ou peut-être ne se rendit-il simplement compte de rien, puisqu’il me dit alors qu’il était content de me voir. « Moi aussi, Morgan. »

Je finis par me décider à défaire mes chaussures, mais plutôt que de m’asseoir sur la rive, j’entrai dans l’eau et je fis quelques pas vers le centre du lac. Cette sensation de déjà-vu… Nous avions déjà connu ce moment. Rien n’évoluait. Je ne brisais pas les limites ; je marchais tout au bord en m’efforçant de ne pas tomber de l’autre côté.

Je me retournai, me demandant s’il me trouverait bizarre aujourd’hui, s’il sentirait que quelque chose était différent. S’il percevrait mon malaise, mon malheur. « Alors, vous avez fait des visites intéressantes ? Laisse-moi deviner… Vous êtes allés à Rome ? » demandai-je. Objectivement, c’était peu probable. Mais l’idée, ressassée pendant son absence, m’avait rendu si démesurément triste que je n’avais pas pu m’empêcher de poser cette question stupide. J’étais un peu amer. Cette conversation qui s’engageait comme toutes les précédentes, et qui prendrait sans doute le même chemin, me désespérait. Il y avait tant d’autres choses à dire. Mais je n’avais aucun courage ! J’aurais pu aussi bien parler, parler juste pour être fixé, juste pour pouvoir passer à autre chose. J’aurais pu parler et entendre son refus, et assumer de m’en remettre. Autrement dit, me prendre un râteau, comme tout le monde s’en prend un jour, dans la vie, sans en crever pour autant !

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Mar 21 Juin - 18:23

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Je le regardais surpris quand il me dit qu'il n'arrivait pas à travailler depuis que j'étais parti. J'avais peine à y croire. Est ce que c'était vraiment possible? Est ce que lui aussi était devenu aussi accro que moi à nos rencontres, à la présence de l'autre? Non non ce n'était pas possible. J'étais entrain de rêver là et... Oui... Je rêvais... Il se rattrapa bien vite, se rendant compte de la connerie qu'il venait de dire. Ouais, c'était sûr, passer tout un été à travailler ça pouvait devenir chiant à la longue. Il cherchait juste la moindre distraction lui permettant de s'échapper de son travail. Ca avait été moi, ça aurait pu être n'importe quoi d'autre.

Je souris légèrement alors qu'il venait me parler de Rome. C'était vrai que j'avais évoqué l'idée mais je n'avais pas encore réussi à convaincre ma mère. J'avais cru pouvoir y arriver à notre retour de Florence. Mais j'avais manqué l'occasion de le faire. Elle avait filé désormais. Mes parents étaient retombés dans leurs vieux travers. Moi j'avais fui à nouveau de mon côté. J'avais du mal à nous imaginer partir tous les trois en balade dans les rues romaines.

- Et non perdu. On est parti passer quelques jours à Florence avec mes parents.

Et je me laissais emporter, lui parlant des nombreuses visites qu'on avait fait. Je lui parlais du Duomo que nous avions été voir, des marches qu'on avait monté pour arriver et profiter de la vue. Je parlais avec excitation des superbes peintures qu'on avait pu voir. Je lui racontais nos déambulations dans les rues, les nombreuses places que nous avions pu voir, les jardins avec les vues imprenables sur la ville. Je n'arrivais pas à m'arrêter, parlant des nombreux musées qu'on avait visiter.

- Et le musée Di San Marco!!! Bon d'accord le style de Fra Angelico est très... religieux on va dire. En même temps ce n'est pas étonnant il était moine avant d'être peintre. Mais elles sont tellement belles. On y serait resté des heures je crois si mon père n'en avait pas eu marre et ne nous avait pas trainé de force en dehors du musée. Non vraiment Florence c'était sublime. On a vraiment le sentiment d'être plongé en plein coeur de la renaissance dans cette ville. C'était sublime.

Je m'arrêtais, un sourire gêné aux lèvres.

- Pardon je m'emballe un peu trop...

Je me frottais doucement les bras, un peu gêné de m'emballer comme ça à chaque fois. J'étais certain qu'il connaissait déjà parfaitement Florence. J'avais du le saouler en parlant comme ça à tord et à travers.

- Et toi alors qu'est ce que tu as fait de beau? A part fuir ta thèse.

Je lui souris doucement, le taquinant légèrement. La vérité c'était que j'étais heureux qu'il l'ait fui pour venir ici. Ca me permettait de passer un peu de temps en sa compagnie.


June
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Mer 22 Juin - 15:23

Simone Perri
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J’éprouvai une forme de soulagement quand j’appris qu’il n’était pas allé à Rome. Décidément, je n’en avais pas fini de ressentir des choses étranges. Un sourire plus libre me gagna. « Oh Florence, bien sûr, tu m’en avais parlé. C’est génial que vous ayez pu y aller. » Il approuva aussitôt, me racontant avec vivacité les visites qu’il avait faites, se perdant dans les souvenirs qu’il dessinait dans l’air entre nous. La grandeur colorée de la belle Florence se matérialisait presque autour de nous, emportant la tranquillité du lac pour nous transporter au cœur de ses places et de ses jardins débordant de trésors. Je me laissais totalement prendre par le récit. L’enthousiasme de Morgan était contagieux, et je reproduisais sans m’en rendre compte les expressions de bonheur et d’émerveillement qui gagnaient ses traits. J’aimais tant quand il s’emportait comme ça. Quand il parlait de ce qu’il aimait, il n’était plus que passion, rien d’autre ne comptait. Il était parfaitement à l’aise, dans ce monde qui lui allait comme un gant, et dans lequel il plongeait pour lui-même, avec la plus grande sincérité du monde. Quand il revenait à lui et redescendait sur la terre ferme, il avait toujours cette même expression embarrassée, comme si ça lui avait échappé, comme s’il ne s’était pas rendu compte qu’il s’animait, ou comme s’il craignait d’être jugé pour l’ardeur de sa vocation peut-être. Mais à mes yeux, ça n’avait rien d’étrange ou de démesuré. Il n’y avait rien de plus beau. J’aurais aimé qu’il le comprenne.

« Ne t’excuse pas. C’est ce que j’aime chez toi, je pourrais t’écouter pendant des heures. » Je lui fis un large sourire, tout en me dirigeant vers lui pour finalement m’asseoir dans l’herbe à ses côtés. J’avais toujours mon livre dans les mains, que je manipulais distraitement tout en parlant. « Et puis je suis d’accord avec toi, Florence est magnifique. J’avais beaucoup aimé le musée di San Marco aussi. Le style de Fra Angelico est très religieux, c’est vrai, mais j’avais trouvé qu’il y avait quelque chose dans ces décors qui dépassait la religion. Je ne maîtrise pas bien le sujet… mais j’avais trouvé une forme de simplicité aussi, bizarrement… Quelque chose de sobre et sublime à la fois. » J’espérais ne pas avoir dit trop de bêtises, à lui qui avait des connaissances bien plus fines et éclairées que moi sur l’art et l’histoire de l’art.

« Et sinon moi aussi, qu’est-ce que j’aime les jardins à Florence. Le jardin de Boboli est magnifique… Tu sais qu’à l’origine, les grands-ducs de Florence s’en servaient comme d’un laboratoire botanique ? Ils ont planté les premières pommes de terre d’Italie là-bas. Et aussi les premiers mûriers, des poiriers nains… Et je ne sais pas si vous êtes passés près du jardin de l’Horticulture, celui avec la grande serre ? Il avait été créé pour la Société toscane d’horticulture au milieu du XIXe siècle. Ils y avaient acclimaté des plantes ornementales d’une rareté incroyable. Le jardin a beaucoup décliné depuis, surtout avec la guerre… Mais je trouve l’endroit fascinant, pour son côté grandeur passée. J’espère que la serre sera restaurée, un jour. » Je me mis à rire, constatant à mon tour que je m’étais laissé prendre par ma propre passion. « Je crois que tu n’es pas le seul à t’emballer rapidement, quand tu parles d’un sujet qui te tient à cœur ! »

La conversation au sujet de Florence passa doucement, dans l’onde qui s’éloignait à la surface du lac. Morgan me demanda ce que j’avais fait, et j’étais content qu’on ait parlé d’autre chose d’abord ; ça m’avait permis de me détendre, bien que ma nervosité menaça de me reprendre quand je pensai de nouveau aux jours sombres que j’avais vécus. Je dis ce qui me vint en premier. « Je suis allé à Ravenne, je suis passé chez le disquaire… Et j’en ai profité pour aller voir un peu la mer. Et je suis allé à Olmatello aussi. » Ce n’étaient que des endroits où nous étions allés ensemble… Allait-il remarquer ce dont je ne m’étais moi-même pas rendu compte, et qui me frappait maintenant ? J’ajoutai : « Et sinon euh… je suis sorti avec mes grands-parents, on est allés dîner chez des amis. J’ai lu un peu aussi, j’ai avancé dans ce recueil », dis-je en soulevant le petit volume que j’avais toujours dans la main. « D’ailleurs je t’avais parlé d’un poème, la dernière fois… C’est justement le premier poème de ce recueil. Le seul que j’ai lu dedans, pendant longtemps. Est-ce que tu voudrais l’entendre ? C’est en italien, mais je peux essayer de te le traduire. »

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Mer 22 Juin - 17:56

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Heureusement qu'il était loin de moi. Si il avait été plus près je n'aurais pas réussi à cacher le rouge qui m'était monté aux joues. Je m'emballais. Il me faisait un compliment innocent sur le fait qu'il aimait m'entendre parler art avec passion et moi je m'emballais. C'était comme tout à l'heure, quand il avait fait une phrase à double sens sans s'en rendre compte. C'était pareil. Il n'y avait rien.

Je me repris, l'écoutant me parler avec animation de l'histoire botanique des jardins de Florence. Je me laissais emporter à mon tour. La botanique et les plantes en général n'avaient jamais été une passion pour moi. Mais j'aimais l'entendre parler moi aussi. J'aimais entendre la passion faire vibrer sa voix tandis qu'il parlait. Je me laissais emporter par le petit morceau d'histoire de la ville qu'il me racontait. Alors oui ma mère m'en avait un petit peu parlé quand on avait visité les jardins mais ça n'avait rien à voir avec le récit que Simon était entrain de me faire. Je pouvais voir son regard briller de plaisir alors qu'il parlait, son sourire se faire plus franc. Il était encore plus beau ainsi et rien que pour ça, il aurait pu me parler de ce qu'il voulait, que j'aurais pu rester là à le contempler pendant des heures.

Puis je le sentis se refermer un peu plus alors qu'il me racontait ce qu'il avait fait ces derniers jours. Je ne comprenais pas tout à coup ce qui lui prenait. Il avait eu un assez bon programme. J'aurais adoré passer la journée à la plage avec lui. Il faudrait peut être qu'on se fasse ça un jour... s'il en avait envie bien sur.

Je lui souris quand il me proposa de me lire le fameux poeme dont il m'avait parlé.

- J'adorerais ça. Je t'écoute.

Je m'allongeais dans l'herbe, les pieds dans l'eau. Je fermais les yeux alors que je croisais mes bras derrière ma nuque.

- Je ne pense pas que mes parents soient d'humeur à retourner se balader avant un moment. Je vais être coincé ici pendant quelques jours. Alors si tu veux fuir ta thèse je suis partant. On pourrait retourner à la plage. Ou tu pourrais continuer à me faire découvrir les coins magnifiques dont tu as le secret.

Mon carnet allait continuer à se remplir à cause de lui. Je souriais doucement, restant installé comme ça. Je sentais le soleil percer entre les nuages et venir me réchauffer le visage par moment. Je me laissais aller, me laissant bercer par sa voix me déclamant son poeme.

Ca aurait pu être l'instant le plus romantique de ma vie... si seulement la personne pour qui mon coeur battait ressentait la même chose. Si il m'avait récité ce poeme comme une déclaration et pas juste pour le plaisir d'échanger des poemes entre passionnés.



June
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dolores June
June
Jeu 23 Juin - 11:18

Simone Perri
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Il acquiesça et s’allongea doucement dans l’herbe. Je me laissai surprendre par le mouvement qu’il avait eu. J’avais été en train de feuilleter le recueil pour retrouver la page ; soudainement je ne le voyais plus à côté de moi. Je tournai la tête et mon regard se posa sur ses yeux fermés, son visage où venaient jouer des reflets de soleil. Il paraissait tranquille, confiant. Son expression de disponibilité parfaite me troubla. Il ignorait à quoi il était en train de s’offrir… il était si loin – pensais-je, espérais-je – de deviner quelles intentions me traversaient l’esprit. J’aurais pu me pencher sur ses lèvres sans qu’il s’en rende compte. Il aurait suffi d’un geste, d’une minuscule impulsion. Je jetai un coup d’œil autour de nous, comme si je m’apprêtais réellement à le faire. Nous étions seuls, bien sûr. Si seulement j’avais eu la moindre raison de croire qu’il ressentait la même chose que moi…

Comme je tardais, sans doute, à commencer ma lecture, les lèvres tant désirées s’entrouvrirent et Morgan parla de nouveau. Je me partageai entre la joie légère – alors, il voulait me revoir ? – et la résignation – il voulait seulement éviter de souffrir. La décision que j’avais prise avant de le rencontrer au bord du lac, et qui avait semblé jusqu’ici connaître un bref sursis, menaçait de s’imposer. Car paradoxalement, plus que ma thèse, c’était surtout cette situation que je voulais fuir : lui et moi ensemble, et pourtant si loin l’un de l’autre. La perspective du travail était au contraire rassurante pour moi, réconfortante. Pourtant, ma réalité était à des années lumières de cela. « Oh oui bien sûr, on pourra faire tout ce que tu veux… Je suis disponible », répondis-je, sans quitter des yeux son visage où les paupières demeuraient closes. Je ne contrôlais rien. Je découvrais qu’un tout petit morceau d’espoir résistait, tenace, au centre de ma poitrine. Ne demeurait-il que parce qu’il m’était impossible d’accepter… cette impossibilité définitive ?

J’ouvris enfin le petit volume à la bonne page, et je commençai à lire* en italien. « Ascoltami, i poeti laureati si muovono soltanto fra le piante dai nomi poco usati: bossi ligustri o acanti. Écoute-moi : les poètes à lauriers n’évoluent que parmi les plantes au nom peu usité : buis troènes ou acanthes. » J’eus un sourire dans ma lecture. Il allait se dire que c’était bien un poème de botaniste. « Io, per me, amo le strade che riescono agli erbosi fossi dove in pozzanghere mezzo seccate agguantano i ragazzi qualche sparuta anguilla: le viuzze che seguono i ciglioni, discendono tra i ciuffi delle canne e mettono negli orti, tra gli alberi dei limoni. Pour moi, j’aime les routes qui mènent aux fossés herbeux où dans les flaques à moitié asséchées les gamins attrapent quelque chétive anguille : les sentiers qui longent les abrupts descendent entre les touffes de roseaux et donnent dans les enclos, parmi les citronniers. » Je raffermissais ma voix, m’appliquant à lire du mieux que je pouvais. Je n’hésitais pas trop dans la traduction, parce que je connaissais ce poème par cœur… D’ailleurs, aurais-je vraiment eu besoin du livre, pour le lui réciter ? ou était-ce simplement un support rassurant, à mes yeux ? Je poursuivais : « Meglio se le gazzarre degli uccelli si spengono inghiottite dall’azzurro: più chiaro si ascolta il susurro dei rami amici nell’aria che quasi non si muove, e i sensi di quest’odore che non sa staccarsi da terra e piove in petto una dolcezza inquieta… » Je laissai se dissiper dans l’air la beauté de ces vers que j’aimais tant, et qui me semblaient renfermer l’essence même de ce moment. Je les traduis ensuite : « Tant mieux si le tapage des oiseaux s’éteint englouti par le ciel bleu : plus clairement on écoute murmurer les branches amies dans l’air qui bouge à peine… Et on goûte cette odeur qui ne sait pas se détacher de terre, et inonde le cœur d’une douceur inquiète. »

Des pages, je fis glisser mon regard vers son visage. Je décidai de changer de position, m’installant sur le côté, tourné vers lui, sur le coude, tenant le livre dans l’herbe de l’autre main. J’étais soudain bien plus proche de lui. Je repris ma lecture, et il avait dû sentir que la localisation de ma voix avait changé, car à cet instant il ouvrit brièvement les yeux et nos regards se croisèrent. « Vedi, in questi silenzi in cui le cose s’abbandonano e sembrano vicine a tradire il loro ultimo segreto… » Je m’interrompis. Je n’avais pas du tout imaginé que ce poème puisse, par des voies détournées, trouver un écho avec ma situation. Il n’était pas question de tout cela dans ces vers, évidemment ! Et pourtant je ne pouvais m’empêcher d’y voir un lien de la même façon que, quand on y prête attention, toutes les chansons semblent subitement parler de nous. Je pris courage, je ne pouvais pas m’arrêter maintenant, à peine à la moitié du poème… « Vois-tu, en ces silences où les choses s’abandonnent et… semblent près de trahir leur ultime secret… » Je voulais continuer, je le voulais vraiment, mais ma voix restait bloquée dans ma gorge, mes yeux se déportaient et dépassaient la page pour se poser sur Morgan avec insistance. C’était absurde ! La fin du poème n’avait rien à voir avec tout ça, et elle était sublime, et j’étais sûr que Morgan la trouverait magnifique aussi, mais je… je n’y arrivais pas !



*Il s’agit du poème d’Eugenio Montale I limoni (« Les citrons »), dans le recueil Ossi di seppia (Os de seiche), traduit par Patrice Dyerval Angelini pour Gallimard (éd. de 1991).
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Dim 26 Juin - 15:55

Morgan Hall
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Nick Robinson

J'avais fermé les yeux, me laissant bercer par le bruit de l'eau tout près de nous, le bruissement des feuilles soulevées par la brise légère. Puis sa voix ne tarda pas à rejoindre la mélodie de la nature. J'aurais cru qu'il me traduirait directement le poeme en anglais. Mais il me le récitait en italien. Sa voix était différente quand il le parlait, plus chantante, plus mélodieuse, beaucoup plus... elle remuait quelque chose en moi. Elle avait le don de me faire vibrer. Puis il commença à me les traduire. Je ne pus m'empêcher de laisser échapper un petit rire. Buis troènes ou acanthe... c'était tellement lui ça, de me parler de botanique en me récitant un poeme. Je pouvais vite oublier les émois qui m'avaient traversé en l'entendant réciter les premiers vers en italien. Sa voix chantante... je m'étais pris à imaginer l'espace d'un instant qu'il me déclamait un poeme d'amour. La langue s'y prêtait parfaitement bien. Et j'aurais voulu qu'il le fasse... Ca aurait du être l'instant parfait. Les rayons du soleil nous effleuraient parfois entre les branches des arbres, celles ci se balançant doucement au gré de la brise, le clapotis de l'eau... Oui l'ambiance était parfaite, terriblement romantique. Il n'y avait qu'une ombre au tableau. J'étais un homme et il ne pouvait pas être amoureux de moi. J'aurais du être une belle jeune fille pour que l'ambiance soit réellement romantique, pour qu'il me déclame un poeme de ce genre. Nous n'étions que deux amis, partageant une passion commune pour les arts.

Alors je fis taire mes sentiments. Je les enfermais au plus profond de moi, là où ils ne pouvaient pas me blesser. Je me laissais simplement porter par le moment, par la douceur de sa voix et par la beauté des vers qu'il me récitait.

Je finis par rouvrir les yeux, tournant le visage vers lui. J'avais besoin de le voir, de graver cet instant dans ma mémoire. Je voulais le voir, plus que l'imaginer, entrain de me parler ainsi. Je croisais son regard et lui souris alors qu'il continuait de parler. Je m'en voulus un instant en le voyant buter sur la traduction. J'espérais ne pas l'avoir distrait. Il semblait si concentré par ce qu'il faisait. Et il était beau ainsi. Ce n'était pas la même beauté que lorsqu'il me souriait. Quand il le faisait il semblait rayonner de bonheur. Il réchauffait tout mon être par ce simple sourire. Mais là... il était concentré, perdu dans son monde. Il y avait une beauté si pur, si simple. Le reste du monde n'existait pas pour lui et dans un sens il l'effaçait un peu aussi à mes yeux. Il m'attirait dans son monde, ou du moins il me donnait l'envie de l'y rejoindre, de plonger avec lui et de me perdre à ses côtés dans ce qui le fascinait tant.

Je finis par détourner le regard à ses dernières paroles, fixant mon regard sur les feuilles qui ondulaient au dessus de moi.

- Il va bien avec les circonstances je trouve, avec mes vacances ici.

J'aimais ces moments où il m'entrainait à travers les chemins à la découverte de cette nature. J'aimais le murmure des branches flottant dans la brise actuellement. Ce poeme reflétait parfaitement l'ambiance de l'instant. Et le dernier ver... ces silences où je brûlais de révéler mon secret...

- J'ai cette impression aussi... que ses arbres seraient pleins de secrets, des secrets qu'ils ont juré de ne pas trahir. Combien de couples sont ils venus s'aimer sous leurs branches? Les suppliant de ne rien révéler de leur brève étreinte. J'ai presque l'impression de les entendre, d'entendre les promesses d'amour qu'ils se sont fait ici avec les arbres pour seuls témoins...

Je secouais la tête et me redressais en riant doucement.

- Je crois que le soleil m'a fait un peu perdre la tête. Je ne dis plus que des conneries.

Et je me faisais du mal à parler ainsi, à rêver que nous pourrions être un de ces couples...

June
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June
Mer 29 Juin - 9:56

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Au lieu de continuer à lire et de finir le poème, mon regard se promenait sur le visage de Morgan, sur ses lèvres, dans ses yeux qu’il relevait vers moi avant de plonger dans la cime lointaine des arbres. J’étais si près de lui que je pouvais voir le moindre détail de son visage, la texture de sa peau pâle. Je n’aurais eu qu’à tendre la main pour la toucher, sentir la douceur que je lui devinais.

Je tardai trop, dans ce moment suspendu. Morgan crut que le poème était fini. J’aurais voulu lui dire que non, qu’il fallait encore qu’il entende la fin, mais l’instant m’échappa et bientôt ce fut trop tard. J’étais demeuré muet, le livre se referma sur la page qui n’avait pas révélé son dernier secret.

Je restai appuyé sur un coude, la tempe posée contre mon poing replié, à écouter Morgan. Je fus frappé par ce qu’il me dit alors. À chaque mot qu’il prononçait, je me demandais quelle allait être la suite. Mon cœur s’était de nouveau mis à cogner dans ma poitrine, comme s’il sentait que nous approchions de quelque chose, que nous étions au bord d’une révélation et que c’était le moment ou jamais de se faire connaître. Que voulait dire Morgan, à quoi faisait-il vraiment référence ? Était-il en train de me parler par énigme, comme ce soir au bord de la mer ? Le secret dont il m’avait parlé alors, s’adressait-il en cet instant au secret que je gardais moi-même ? Une énième fois, mon regard se posa sur ses lèvres proches, et je crus vraiment que j’allais me pencher vers elles, que j’allais l’embrasser. Sous les grands arbres, qui ne révéleraient rien de notre étreinte…

Mais il se redressa, avec un rire qui balayait l’intensité du moment, me laissant pantois. Je me redressai à mon tour, comme au sortir d’un rêve, désorienté par ce changement subit de registre. Je ne parvenais toutefois pas à rire à mon tour. J’avais passé l’envie de me cacher. Je voulais savoir à quel jeu nous jouions, selon quelles règles ; si j’étais seul vraiment, ou si l’illusion que nous pourrions être deux était fondée. Je n’en pouvais plus. Essoré par l’alternance d’émotions contradictoires, nerveusement à bout de ce que je pouvais supporter, je commençais d’entrevoir la seule issue possible. Je me demandais nettement : comment lui faire comprendre ? Lui faire comprendre sans lui dire, pour qu’il puisse s’échapper librement, mais sans que ni lui ni moi ne gardions d’équivoque. Sans qu’il y ait aucun doute sur le fait qu’il eût compris.

« Je leur ai confié un secret aussi », dis-je en levant le regard vers les grands arbres. Je le baissai de nouveau pour croiser celui de Morgan. « Quelque chose que je n’ai jamais dit à personne… » Je baissai la tête, incapable de le regarder dans les yeux à cet instant. « J’ai toujours voulu venir ici avec… quelqu’un à qui je pourrais faire des promesses d’amour. Mais j’y étais toujours venu seul, jusqu’à… aujourd’hui. » À ces mots, j’osai par miracle relever la tête et regarder Morgan, furtivement. J’ignorais ce qu’il allait comprendre. Peut-être n’avais-je pas été encore assez explicite. Quoi qu’il en soit, je ne me sentis plus le courage de rester là à attendre sa réponse. Je me levai et je fis quelques pas le long de la rive. Le silence me semblait interminable.

Beloved
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Ven 1 Juil - 14:48

Morgan Hall
J'ai 18 ans et je vis à Cambridge, Angleterre. Dans la vie, je suis étudiant, bientôt aux Beaux Arts et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.


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Je me redressais en l'entendant me parler, me dire qu'il avait un secret. Je le regardais, complètement intrigué par ce qu'il avait à me dire. Quel secret pouvait il bien avoir? C'était impossible qu'il ait le même que moi. Je ne voulais pas y penser, me faire de faux espoirs. Ca serait beaucoup trop douloureux. Non je ne voulais pas me faire subir ça. Nous étions juste amis. Alors j'allais l'écouter en tant qu'ami, rien de plus.

Et la suite de son discours me confirma que oui il ne fallait pas que je me fasse des idées. Il s'imaginait venir ici avec quelqu'un à qui il pourrait confier ses sentiments. Je l'imaginais là avec une fille, une belle italienne aux longs cheveux noirs. Et il était là, avec moi, me confiant son secret au lieu de se contenter de se confier aux arbres. Je ne savais pas vraiment si j'avais envie de l'entendre continuer de me parler. Imaginer le mec auquel je rêvais entrain de flirter avec une fille... Yerk non je préférais ne rien savoir de tout ça. Mais on était des amis. C'était le genre de confidences que l'on se faisait entre amis. J'avais écouté pas mal de mes amis me parler de leurs histoires de couple.

Je lui fis un sourire alors que je continuais de le regarder. Le sourire de l'ami qui était là, prêt à écouter les confidences, à soutenir son ami.

- Alors dis m'en plus... qui est cette fille à qui tu veux confier tes sentiments?

Qui était la pétasse qui avait réussi à lui voler son coeur? Qui aurait droit à ce que je ne pourrais jamais avoir... Il fallait être réaliste, les choses pour qu'il soit aussi... anormal que moi, étaient quasiment nulles. C'était le genre de mec beaucoup trop parfait pour faire quelque chose d'aussi dégueulasse. Il épouserait une jolie fille, ils fonderaient une famille, auraient une belle vie ensemble. Et pendant ce temps moi... non je ne pourrais pas avoir tout ça. Je ne me sentais pas le courage de faire semblant. Moi je passerais pour le mec étrange, l'éternel célibataire.

- Je sais que... se lancer ça peut faire peur. Est ce que l'autre partage nos sentiments. Ne va-t-on pas souffrir? Parler et risque de souffrir à cause du rejet, se taire et souffrir de la solitude. Aucun choix ne semble enviable. Je me dis que parfois ça aurait été plus simple de ne jamais rien ressentir de tout ça. Pas de doute, pas de peur, pas de souffrance... L'amour ce n'est pas juste beau comme on nous le fait croire, l'amour c'est aussi tout ça. Alors cela en vaut il la peine?

Là tout de suite j'avais envie de répondre que non. Parce que la souffrance que je ressentais, à me languir de vivre une histoire avec lui, j'aurais aimé ne jamais la ressentir. Alors je soupirais tristement, tentant ensuite de retrouver un semblant de sourire.

- Alors dis moi, qui c'est? C'est une des filles avec qui on est allé en boite? Tu sais je pense que tu as toutes tes chances. Il ne s'est rien passé entre nous. Et ça ne m'intéresse pas, d'être avec une fille.

Non ça ne m'intéressait pas, parce que moi ce n'était pas une fille que je voulais.

- Et puis... tu es un gars génial. Elle serait folle de te dire non.

Moi je ne pourrais pas le faire si il venait se déclarer à moi.


June
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Sam 2 Juil - 15:15

Simone Perri
J'ai 25 ans et je vis à Toronto, Canada. Dans la vie, je suis étudiant en thèse de botanique et de pomologie et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt avec résignation.
xavier serrano (c) cosmic light
Je m’étais mis à faire les cent pas sur la rive, pour calmer mon agitation intérieure. Quand j’entendis la réponse de Morgan, je fus pris de stupeur. Je m’étais douté que j’étais resté trop vague encore, mais je ne m’étais pas attendu à ce qu’il me parle d’une fille. Comment diable avait-il pu comprendre ça ? Je voulais dire tout l’inverse ! Je descendis dans le lac et continuai de marcher, cette fois dans l’eau fraîche. J’étais complètement soufflé, il m’avait pris de cours, je ne savais pas quoi répondre tant sa question était à côté de ma réalité. Laquelle était, visiblement, très différente de la sienne… Alors c’était ça, qu’il s’imaginait ? Lui qui avait dansé collé-serré avec une fille pendant que je le regardais, seul au bar ?

Je ne parvins pas à répondre avant qu’il reprenne, et me parle d’amour. J’aurais voulu arrêter le disque qui tournait et m’éloignait chaque seconde de ce que j’avais voulu dire. La situation m’échappait et plus il parlait, plus se dévidaient mes chances de m’expliquer. Je secouais la tête, impuissant, mais aucun son ne sortait de ma bouche. Comment en étions-nous arrivés là ? Au point qu’il me demande qui était la fille qui m’intéressait ; qu’il m’encourage, même !

Je notai cependant, dans mon cerveau embrouillé, parmi toutes les voix confuses qui s’élevaient dans ma tête, je notai une chose qu’il avait dite et à laquelle je me raccrochais : Et ça ne m’intéresse pas, d’être avec une fille. Je ne pus toutefois m’empêcher un maigre sourire, un sourire de dépit peut-être, quand je l’entendis dire que j’étais un « gars génial ».

« Par rapport à ce que tu as dit… de savoir si ça en vaut la peine… En fait, je ne crois pas que j’ai déjà connu vraiment l’amour. » À moins que… peut-être que c’était ça, ce que je ressentais pour lui ? Peut-être pas l’amour, mais le début de l’amour ? À toujours penser à lui, à trembler intérieurement en sa présence, à avoir tellement envie de le sentir contre moi… « Mais je crois que ça vaut la peine. J’ai envie de connaître ça… Je n’ai pas toujours pensé ça, mais aujourd’hui oui. J’en ai vraiment envie. » Je plongeai les mains dans l’eau, jouant du bout des doigts à y dessiner des formes vagues. Je pensais à tout avouer. Puisqu’il me le demandait, je pensais à tout lui dire clairement. Le suspens prendrait fin.

Cependant, une part de moi se ravisa. À la place, je fus pris d’une audace soudaine, d’une envie de jouer. « En tout cas, tu te trompes. Il y a bien quelqu’un… mais ce n’est pas une des filles avec qui on est allés en boîte. » Je lui souris, je savais maintenant qu’il ne comprendrait pas. Mais moi, je comprenais. Et étrangement, ça avait quelque chose de libérateur de lui dire, droit dans les yeux, que c’était lui. Qu’il n’y avait que lui. « Tu t’y prendrais comment, toi, si tu devais avouer ce que tu ressens à la personne qui te plaît ? »

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Parce que c'était lui, parce que c'était moi
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