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 Quand le sabre danse avec le renard

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Houmous
Houmous
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INSCRIPTION : 06/01/2019
RÉGION : Hauts de France
CRÉDITS : The warriors

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Tortue

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Kyo Takahisa
J'ai 26 ans et je vis sur les routes japonaises. Dans la vie, je suis rônin et je m'en sors pas très bien. Sinon, grâce à mon sabre, je suis un protecteur et je le vis plutôt bien.
avatar :copyright:️ Takehiko Inoue


Le rônin écouta son nom en prenant soin de le répéter plusieurs fois mentalement pour s’assurer de s’en rappeler. Il la regarda de nouveau de bas en haut pour mémoriser autant que possible son apparence et être capable de se souvenir d’elle à l’avenir. Il n’était pas réellement certain d’ailleurs de savoir pourquoi c’était important de la mémoriser mais il avait le sentiment que cela lui serait utile un jour ou l’autre. Dans sa situation, ce n’était tout de même pas commun de faire des rencontres agréables comme celle-ci et même s’il n’était pas question d’avoir une quelconque relation avec elle en cet instant, il fallait bien concéder à cette Akemi un charme certain…

Bientôt, elle profita du temps de flottement qui prit place à la fin de la discussion pour placer la véritable raison de son intérêt. Il ne fut pas surpris d’apprendre que ce n’était effectivement pas tout et qu’elle avait quelque chose à lui demander mais là encore, il ouvrit ses oreilles respectueusement. Elle voulait visiblement avoir quelqu’un qui pourrait la protéger durant ses trajets jusqu’il ne savait trop où… Cependant, quelle que fut sa destination, il était dans l’obligation de répondre :
Je suis navré, vraiment, puisque j’aimerais être en mesure de vous aider mais je ne suis pas certain que vous ne soyez plus en sécurité à voyager en ma compagnie… J’ai quelques soucis ces temps-ci et je dois me rendre à l’évidence : je dois attirer les énergies négatives sur mon chemin puisqu’où que je pose le pied, je me retrouve à devoir –

Musique:
 

Le rônin se retourna rapidement en entendant une branche craquer à quelques dizaines de mètres dans son dos pour remarquer trois hommes en armure s’avancer dans leur direction. Il soupira alors en posant sa main droite sur le fourreau de son sabre et poser le pouce sur sa tsuba dans l’attente du moment fatidique où il devrait dégainer et défendre sa mission et la vie de cette jeune femme.

Ohé monseigneur ! Êtes-vous l’honorable samurai itinérant qui protège le petit village en aval ? Si vous l’êtes, j’ai à vous parler…
Quel meilleur exemple que celui-ci ? J’attire ce genre d’individus comme personne d’autre
, expliqua-t-il tout bas à Akemi avant de répondre au soldat. Je suis un samurai itinérant mais pas celui qui s’attèle la protection des villageois. Je ne me bats que pour le profit du seigneur… Ise Shinkuro !
Ah oui ? Approchez donc, j’aimerais vous voir de plus près pour en être certain puisque vous collez effectivement à la description qui m’en a été faite et vous vous trouvez exactement à l’endroit où l’on m’a dit pouvoir le trouver.


Le rônin soupira de nouveau et s’avança lentement en prenant soin de sécuriser ses appuis à chaque pas qu’il faisait, dans l’attente de l’instant où toute cette situation partirait en vrilles. Alors qu’il se trouvait tout proche, il vit le chef du petit groupe faire un petit mouvement de tête et il entendit un sifflement métallique provenir d’un fourré à sa droite. Il eut à peine le temps de bouger sa main le long du fourreau qu’une flèche vint rebondir dessus. Ce mouvement, il l’avait fait avec aisance et maitrise, comme s’il s’était longtemps entrainé à parer un coup qu’il ne pouvait qu’entendre. Les trois hommes qui lui faisaient face tirèrent de suite leurs armes et se mirent en garde.

Tss ! Mokichi, tu as encore été trop vite ! Tu aurais mieux fait de prendre cette flèche, tu nous aurais évité de devoir te massacrer, samurai des Iizasa…

La partie physique de ce combat se passa excessivement vite puisque des trois hommes, celui de droite se jeta dans sa direction en poussant un cri guerrier pour trouver la force de venir engager le duel. Le rônin poussa avec puissance sur la tsuba de son sabre et le tira en un éclair, faisant un mouvement qui s’apparentait de près ou de loin au vol d’un colibri qui irait jusqu’auprès de son adversaire et reviendrait à lui sans même que cela ne soit réellement perceptible. Le guerrier n’avait pas encore eu le temps de descendre son sabre pour trancher qu’il le laissa lui échappa des mains et tomba à genoux. Au bout d’une seconde à peine, un fin fil rougeâtre se forma le long de sa gorge, de petits jets s’échappèrent du côté gauche de son cou et il tomba instantanément la tête la première dans les feuilles mortes. Le rônin adopta alors une position de garde souple et tonique en attendant l’assaut suivant sans cesser d’avancer dans leur direction. C’est au moment où une autre flèche commença à siffler en fendant l’air que le second équipier se décida à venir attaquer. Le rônin commença une vrille sur lui-même, esquivant le projectile et frappa sur le tibia droit de son opposant à pleine force. L’homme s’effondra dans un hurlement de douleur alors que sa jambe avait découvert une nouvelle manière de se plier. Le chef du petit groupe s’avança vers le rônin qui s’apprêtait à achever son duel précédent et alla pour le frapper. Le rônin découvrit avec stupeur que son sabre s’était brisé et l’abandonna dès lors en faisant un pas en arrière qui lui évita de voir sa tête se séparer de son corps mais ne lui permit pas d’éviter de ressentir le froid de la coupure qui se forma sur son front. Il esquiva avec plus de réussite les deux prochains coups et profita d’une attaque plus large et ouverte de son adversaire pour se jeter à corps perdu dans sa garde et bloquer ses bras avant qu’il ne porte l’attaque. Il le frappa en plusieurs endroits en quelques instants et profita du close combat pour le retourner dans la direction de l’archer en entendant une nouvelle flèche partir. Celle-ci transperça pratiquement le soldat qui tomba en arrière en laissant son sabre aux mains du rônin, achevant de faire passer d’un opposé à l’autre le projectile dans un râle dégoutant. Sans hésitation, le rônin courut vers le fourré en tenant son sabre nouvellement acquis d’une seule main et un remue-ménage se fit entendre en provenance du buisson avant qu’il ne revienne le visage couvert d’un sang qui n’était pas le sien. Il se tourna en direction du village en sentant une forte odeur de brûlé et vit des volutes de fumée s’envoler de celui-ci…


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Columbine
Columbine
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Akemi
J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


avatar :copyright:️ Ryougi Shiki de Fate/Grand Order

Je ne me départis pas de mon air suppliant, même lorsqu’il me répondit par la négative. Il semblait être réellement désolé. Il se justifia par le fait que le danger planait autour de lui. Je relevai les yeux vers le ronin, adoptant alors un air étonné. Cependant, au fond de moi, cela me semblait être une aubaine pour payer ma dette. Si je parvenais à le convaincre de me laisser l’accompagner, je finirais par trouver une occasion de l’aider à mon tour. Là où ma curiosité était bien réelle, c’était de connaitre le danger qui l’entourait. Qui pouvait menacer sa vie alors qu’il prétextait simplement être en quête de savoir quant à l’art du sabre ?

Tout comme Takahisa-dono qui s'était interrompu, je réagis aussitôt à l’entente d’un craquement derrière lui. A mon grand étonnement, j’avais été incapable de déceler la présence d’autres individus plus tôt. Il n’y avait pas à dire, ce n’était décidément pas pratique d’être humain et, disons-le, beaucoup plus dangereux ! Mes capacités étaient nettement moins aiguisées ou plutôt "endormies". Je ne me laissais pas impressionner et observais les étrangers qui s’approchaient avec une aura menaçante. Ils étaient trois hommes, protégés derrière de solides cuirasses et armés en conséquence. L’un d’entre eux s’avança et nous fit face. Toutefois, je remarquais n’avoir aucun intérêt aux yeux de ces hommes. Leur cible était le ronin. Il ne partagea qu’avec moi le fait que ces hommes étaient le parfait exemple du genre de rencontre à laquelle il avait affaire ces derniers temps.

Je ne perdis pas une miette de leur échange. Takahisa Kyo était donc lié à un seigneur, comme je l’imaginais. Cette mésaventure semblait s’inscrire dans une lutte de pouvoir entre clans humain qui me dépassait. Je reconnais tout de même que le chaos qui pouvait régner entre les hommes nous amusait, nous, esprits. C’était l’occasion de les tourmenter jusque dans leurs rêves, ou plutôt leurs cauchemars. Toutefois, je n’eus pas le temps de rêvasser. Le combat ne tarda pas à s’engager entre le ronin et le petit groupe. Je reculais de quelques pas pour lui laisser suffisamment d’espace pour déployer sa force. Alors, toute mon attention se porta sur lui et l’environnement qui l’entourait. Je m’efforçais de sentir à travers ce corps les variations du vent et toutes les forces qui nous entouraient. La situation ne me permettait pas de l’aider sans lui faire comprendre ma véritable identité. Je n’avais aucune lame sur moi et mon agilité était quasiment nulle. Tout à coup, je perçus la vitesse d’une flèche, fendant l’air jusqu’au ronin. De toutes mes forces, je tâchais d’influencer la course de ce projectile en déviant légèrement sa trajectoire. Le regard rivé dessus, je sentis pour la première fois mon flux divin depuis la possession de Hikari. Ma force spirituelle semblait parcourir mon corps, même si elle s’en trouvait très affaiblie. Un second projectile était destiné à se planter dans l’épaule du ronin. Je le déviais lui aussi, prenant presque son contrôle en tâchant de rendre cela le plus plausible possible. C’est alors que je fus interrompue par la sensation d’une lame sur ma gorge. Un homme, que je n’avais pas encore aperçu, s’était glissé derrière moi et me menaçait d’un poignard.

« - En voilà, un beau petit bijou ! Si t’es sage, je pourrais bien m’occuper de toi. »

Hikari se manifestait alors, paniquée.

" Pitié ! Je vais mourir cette fois ! Je t’en supplie, non ! Il va me … il va nous égorger ! "

" Ne panique pas. Fais-moi confiance, je ne compte pas te lâcher aujourd’hui. "

Je concentrai alors ma force spirituelle sur le poignard, plaqué sur ma gorge. Je relevais lentement la tête vers l’homme et me délectais de son regard alors désemparé. Je dirais même qu’il avait fini par être terrorisé. Pendant quelques instants, mon regard s’était embrasé d’une lueur dorée, la couleur originelle de mes iris. Mon assaillant avait baissé sa garde. Il ne m’en fallut pas davantage pour m’esquiver de son emprise. J’ordonnais alors au poignard de venir se loger dans son cou tout en imitant le geste pour ne pas éveiller les soupçons du ronin s’il venait à m’apercevoir. La lame traversa le cou de l’homme qui semblait se débattre avec un adversaire invisible. Il tomba sur le dos, tentant d’extraire la lame comme s’il espérait survivre à cette blessure. Le sang ne tarda pas à couler et il exhala son dernier souffle en silence. Je me tournais alors vers le ronin qui en avait également fini avec ses vis-à-vis.

J'étais alors soulagée de le savoir en vie. Je remarquais sa lame complètement brisée et son front ensanglanté. Je l’imitais en tournant mon regard vers le village qui semblait être en proie à un incendie. Certains semblaient avoir profité de l’absence de Takahisa-dono pour tenter un assaut. Ou bien, serait-ce un accident ? Je m’approchais du ronin avec précaution et m’enquis de son état.

« - Êtes-vous blessé ? »

Il me semblait que le sang recouvrant son habit n'était pas le sien, mais en grande partie celui de ses adversaires. Son front semblait avoir été atteint de manière superficielle. Je fis alors rouler mon regard en direction du village.

« - Nous devrions nous dépêcher, les villageois ont besoin de vous. »

Je ne pris pas le temps de l’attendre, redressais mon kimono pour être à l’aise dans ma course et commençais à me diriger là où je l’imaginais partir. J'étais sûre d'une chose : blessé ou non, c'est qu'il n'allait pas rester là à attendre que le feu progresse.



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Kyo Takahisa
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Le Rônin regarda les alentours un long moment tout en réfléchissant. Il n’avait aucune idée de quoi faire. Pouvait-il réellement se risquer à aller au combat sans même être certain de pouvoir mener ses parchemins à bon port ? Pouvait-il accepter de risquer sa mission par humanisme et au bénéfice de villageois qu’ils ne connaissaient que depuis quelques jours ? Il était déjà couvert de sang et surtout, il avait déjà répandu un peu du sien durant le duel précédent. Son sabre aussi lui faisait finalement défaut après tout ce temps à être sa seule compagnie…

Il soupira un long moment avant de tourner les talons et de s’approcher de la chute d’eau. Comme il devait faire un choix qui s’avérerait crucial sur la suite de sa vie, il voulait prendre le temps de pondérer la question et de faire le meilleur choix. Il ouvrit lentement sa veste et se défit de ses vêtements en quelques instants avant d’aller se passer sous le flot ininterrompu de la chute d’eau. Il en laissa même les rouleaux de connaissances de son maitre parmi ses effets, pour la première fois en des mois. Fermant les yeux dans l’espoir que cela lui rafraichirait l’esprit et lui donnerait une idée de ce qu’il se devait de faire en cet instant, il garda le silence un long moment avant d’en ressortir avec le même regard qu’il arborait lors de son arrivée au village. La déception, la tristesse et la colère se mêlaient dans ses iris océans comme autant de tempêtes ombrageuses.

Il ressortit du flot avec un peu de sang qui coulait vaguement de son front. Il avait pu se nettoyer cependant de celui des autres guerriers avec lesquels il avait croisé le fer. Il se dirigea vers les rouleaux et les prit soigneusement du bout des doigts après avoir secoué ses mains pour en chasser l’humidité. Se rhabillant rapidement, il n’avança pas vers le village mais se dirigea bel et bien en direction de la forêt vallonnée qui s’étendait vers l’extérieur des chutes d’Ogano. Il reprenait simplement sa route sans mot dire à la jeune femme… A quoi bon après tout ? Tant pis pour ce village qui l’avait accepté, tant pis pour son sabre qui s’était brisé presque en vain et tant pis pour cette Akemi qui avait cru voir de la bonté en lui. La seule chose qui l’animait, c’était ce feu qui brûlait dans son for intérieur et qui le faisait avancer même en cet instant abominable où il devait, de nouveau, tout abandonner pour une quête bien plus grande que la vie de ces pauvres gens…

Il s’interrompit au bout de quelques pas. Il revoyait sans cesse les images de ses nombreux frères d’arme massacrés dans la plaine qui bordait le domaine de son maitre, ce même domaine en proie à la langue râpeuse des flammes et son maitre terrassé, un sabre en travers de l’abdomen qui l’observait pour la première fois avec une forme d’affection. On avait souvent parlé dans le dos de Kyo de l’affection sans borne que lui portait le maitre Iizasa mais cela avait été, hélas, la première occasion durant laquelle il avait pu la ressentir dans son regard. Dans la discussion qui s’était ensuivie, le maitre avait parlé à l’élève de l’importance de son héritage et l’élève l’avait rassuré en lui promettant de mener ses parchemins à leur nouveau propriétaire légitime. Jamais Kyo n’avait cru qu’il serait investi de si grandes responsabilités un jour. Depuis, son escrime était devenue plus tendue, plus crispée et bien moins semblable au fracas des flots sur les rochers…

« A quoi bon si je ne peux pas protéger tout l’héritage, maitre ? » demanda-t-il dans sa barbe avant de prendre une grande inspiration.

Il se résolut finalement à tourner les talons et à s’approcher d’un air déterminé vers Akemi. Il s’approcha, prit ses mains rapidement avant de fourrer dans celles-ci les parchemins de son maitre. Il observa son regard pour essayer de lire en elle et de savoir s’il avait raison de faire ce choix si particulier et risqué.

« Il y a ici l’objet de leur grief à mon égard. Je ne peux plus le garder sur moi puisque je vais certainement aller mourir pour protéger ces villageois qui sont massacrés à ma place. Si jamais cela arrive, tu devras le porter pour moi à Iizasa Ienao, un maitre d’escrime de la province de Chiba. Tu m’as bien compris ? Tu ne dois en aucun cas les ouvrir pour en découvrir le contenu… »

Il lâcha alors ses mains avant de se diriger vers l’un des cadavres pour prendre son sabre mais pas son armure. Son maitre lui avait appris que les armures limitent les mouvements et poussent à se fatiguer dans la bataille. Ce n’était ni un allié, ni une aide, ce n’était qu’une manière de faussement se rassurer et de plus vite se pousser dans la tombe… Il regarda avec attention l’aspect de la lame avant de la soupeser, les yeux fermés, pour en observer le centre de gravité et s’assurer de pouvoir la manier correctement. Une fois cela fait, il prit le fourreau correspondant et mit le tout à son côté en avançant en direction du village qui brûlait déjà depuis de longues minutes. La maison du chef du village était d’ailleurs largement touchée par le baiser ardent du brasier qui se développait dès lors partout dans le village.

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Akemi
J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


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Alors que j’avais parcouru quelques mètres, je n’entendais pas l’écho des pas du ronin. Je m’arrêtais net avant de regarder derrière moi. Le guerrier solitaire se dirigeait de nouveau vers la chute d’eau. Je haussais un sourcil, étonnée et je me rapprochais pour l’observer. L’homme se défaisait de ses haillons et se glissait sous les chutes. Sans réserve, je ne le quittais pas des yeux. La pudeur, c’était un concept humain. Je me fis la remarque quelques instants plus tard, détournant les yeux pour avoir l’air la plus convaincante possible. Je vins me caler le dos contre un arbre, mes yeux plongeant sur le sol où des feuilles recouvraient la terre.


Qu’allait-il faire, maintenant ? Il n’avait pas l’air pressé de rejoindre la communauté, comme je l’avais imaginé. Bien au contraire, il semblait prendre son temps. Comme s’il était en proie à la retenue. Peut-être que cette attaque allait le pousser à partir plus rapidement que prévu. Quoi qu’il arrive, ça ne me tracassait pas. Je me débrouillerais pour le suivre et tenir mon engagement. Je ne lui avais pas directement formulé mais, je m’étais engagée envers moi-même à assurer sa sécurité jusqu’à ce que j’estime lui avoir rendu la pareille. Encore fallait-il que je parvienne à reconnaitre le moment où j’aurais enfin payé ma dette de vie. En soi, quelles étaient les critères à remplir pour être sûre d’avoir sauvé sa vie autant qu’il avait sauvé la mienne ? Il fallait dire que sauver la vie d’un esprit, d’un yokai, c’était tout de même autre chose que de sauver celle d’un humain. A mon sens, mon existence avait plus de valeur que la sienne. Son acte méritait donc que je le sauve même plus d’une fois, voir que j’assure sa sécurité jusqu’à la fin de son existence.

Alors que je me perdais dans mes réflexions, le son de ses pas me poussa à relever la tête vers lui. Je me rapprochais alors, lentement. Le ronin semblait contrarié. Son visage était fermé. Il était bel et bien tourmenté par une réflexion à laquelle il semblait avoir finalement trouvé une réponse. Sans un regard pour moi, il tourna les talons et s’éloigna dans la direction opposée à celle du village. Je n’étais pas réellement surprise. Après tout, si sa vie était menacée, pourquoi irait-il risquer davantage sa peau dans ce village ? Pour des habitants qui finiraient peut-être pas le chasser lorsqu’ils n’auraient plus besoin de ses services. Je fis un pas dans sa direction et osai lui demander :

« Où allez-vous ? »

J’espérais tout de même obtenir une réponse pour savoir à quel périple m’attendre. Je n’avais récupéré aucun vivre, aucun accessoire pour partir en voyage. Il me fallait préparer mon départ car ce corps ne supporterait pas de jeûner pendant des jours voir des semaines. Tout à coup, je me stoppais net lorsque je le vis interrompre sa marche aussi brutalement. Que faisait-il ? Il me semblait l’entendre murmurer quelque chose. Puis, sans que je m’y attende, il me prit de court en s’approchant de moi, l’air plus déterminé que jamais. J’écarquillais les yeux lorsqu’il me prit les mains et y déposa des rouleaux de papier tout en me donnant des instructions claires et précises.

« Iizasa Ienao. C’est entendu. »

Puis, tel un tigre bondissant, il s’était dirigé rapidement vers les cadavres pour s’armer et se diriger vers le village embrasé. Je n’eus même pas le temps de répliquer ou de réagir. A vrai dire, j’en étais bouche bée. Je souriais alors, pour moi-même. Cet humain me fascinait. Sa réaction, peu d’hommes l’auraient eu. En voilà un qui n’était pas un couard. Bien. Maintenant, il me fallait réagir. Je ne pouvais pas rester plantée là, à attendre son retour. Il pouvait périr à tout moment dans ce brasier. Je m’apprêtais à m’éloigner quand mon regard fut attiré par un objet familier. Le pommeau de son arme brisée. Il me semblait qu’une lame avait quelque chose de particulier pour un guerrier. Je le récupérais alors, le glissant entre mon kimono et mon obi. J’en ferais bon usage quand j’aurais un peu de temps. Chargée des précieux rouleaux, je courus dans les pas du ronin, tout prêt du village.

Arrivée à une distance suffisante pour ne pas être aperçue, je me glissais derrière des fourrés. A cet endroit, je m’assis, tenant contre moi les objets que Takahisa-dono m’avait confié. J’interpellais la propriétaire de mon corps pour avoir un court échange avec elle.

" Écoute-moi bien. Tu ne bouges pas d’ici. Je vais revenir. "

" Où vas-tu ? Tu t’imagines que tu peux me donner l’ordre de rester pour ton bon plaisir ? Je ne vais pas me laisser fair- "

" Ça suffit, humaine ! Si tu n’obéis pas, crois moi que je te retrouverais, de toute façon. Et je te ferais payer le fait de m’avoir désobéi. Souviens-toi de qui t’a sauvé. Sans moi, tu aurais disparu à l’heure qu’il est. "

" … Je … "

" Reste ici. Sans bouger. "

" … Bien. "

Sans tarder, je quittais mon enveloppe charnelle dans une aura de lumière étincelante. Il me tardait de retrouver, pour un moment, ces sensations grisantes d’avoir du pouvoir. Je me matérialisais sous ma forme originelle : celle d’un renard aux yeux d’or. Je redécouvrais mon propre corps et ne tardais pas à créer une illusion autour de celui de Hikari. Ainsi, personne ne verrait de fourrés ici mais un simple terrain recouvert de feuilles. Si Hikari quittait le périmètre que j’avais créé, elle briserait alors l’illusion. Toutefois, la jeune femme ne s'était pas encore éveillée, sans doute affaiblie par la présence d'un esprit dans son corps. Elle ne se réveillerait peut-être même pas d'ici mon retour. Je lui accordais un dernier regard et filais comme le vent pour gagner le village. Sur place, je constatais qu’il serait difficile d’éteindre le feu pour de simples humains. Leurs misérables seaux d’eau ne suffirait pas à éteindre ce brasier. Longeant le village, je cherchais du regard mon protégé. Je l’aperçus, en train de prêter main forte aux villageois. Puis, à une petite distance de lui, je vis s’approcher des hommes menaçants. Sans doute des brigands. Ils étaient trois et armés. Le combat était inévitable.

Je pris alors la décision d’intervenir. Mon flair me disait que le ronin aurait été épuisé par son précédent combat. Il s’en trouverait alors affaibli, face à ces hommes. Je devais donc lui venir en aide. Je courus à toute vitesse et me retrouvais rapidement dans son dos. Je vis les trois individus le charger comme des sangliers en colère. C’est alors que je leur offris la plus belle de mes illusions. A leurs yeux, je ressemblais à une ombre obscure et menaçante, dansant dans le dos du guerrier solitaire. La silhouette que j’avais créée s’agitait, tel un fantôme aux griffes et aux crocs acérés. Cela fonctionnait à tous les coups. Cette fois-ci ne fut pas une exception. Les trois hommes venaient d’interrompre leur attaque et eurent l’air terrorisé comme jamais. Les lâches rengainèrent leurs sabres et fuirent aussi vite que possible, sans demander leur reste. Aux yeux des autres, ils avaient l’air de trois idiots, fuyant de peur devant un renard blanc. Voilà qui était amusant. Je m’assurais de les voir s’éloigner complètement du village avant d’abandonner cette ombre. Le ronin était en sécurité à présent. Je fus alors prise par l’idée de regarder dans sa direction, afin de m’assurer qu’il n’ait pas été blessé avant mon arrivée.



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Musique:
 

Dévalant la pente et la forêt, le Rônin s’était rendu plus rapidement que quiconque au village. Il savait qu’il ne pourrait pas vaincre tous les bandits qui s’y attaquaient mais s’il se montrait suffisamment rusé, il pourrait sauver les villageois et abattre quelques assaillants pour les mettre en déroute. Il s’était fixé en tête que sauver les bâtiments n’était pas sa priorité mais il s’accorda tout de même que passer parmi certains d’entre eux lui permettrait d’éviter les patrouilles qui rôdaient ou de les prendre par surprise mais aussi de sauver les quelques habitants du hameau qui auraient eu la mauvaise idée de préférer rester cachés et qui auraient été surpris par un départ d’incendie.  

Ainsi, dès lorsqu’il arriva en vue des premières maisons à l’orée de la forêt, il s’accroupit et se déplaça avec agilité et légèreté. Il remarqua un guerrier mal équipé en train de se saouler en buvant à même une jarre tâchée de sang derrière une fermette au toit intact. Bondissant dès qu’il fut à portée, il plongea sa lame dans la longueur de son tronc en retombant sur lui. Une vague virevolte autour de son adversaire durant laquelle il dégagea son arme et la chute fracassante du calice furent les seules choses qui précédèrent le dernier râle du gredin. Bien qu’il essaya tant bien que mal de se tenir au mur, tout ce qu’il fit fut d’étaler sa main ensanglantée sur le torchis comme pour laisser une peinture archaïque. Il marqua un temps de pause en réfléchissant par où passer pour pouvoir éviter les pillards et sauver des paysans le plus possible. Entendant des hurlements dans le lointain, il ne mit pas plus de délai avant de lancer son action et reprit sa course folle.

Le Rônin poursuivit son avancée dans le dédale des ruelles jusqu’à la plus grande place en prenant soin d’observer à chaque recoin s’il voyait des villageois terrés çà et là ou s’il voyait un petit groupe de brigands en train de festoyer sur le sang versé… Il ne fut pas déçu de ces efforts puisqu’il permit à une famille de sortir de sous les fondations de leur humble demeure et rejoindre le couvert de la forêt. Arrivant proche de la place, les cris se firent de plus en plus entêtants et douloureux tant la plainte semblait sincère. Lorsqu’il put enfin poser ses yeux sur la fameuse place, il finit par voir un homme en armes qui faisait bien dans les deux mètres en train d’essayer de déchirer les vêtements d’une jeune femme du village dont le corps délicat contrastait avec la brutalité de son agresseur. La jeune victime hurlait encore et encore de peur et de désespoir alors que l’homme se délectait de la scène de la manière la plus abjecte… Le vengeur improvisé observa quelques secondes la scène comme on regarde une pièce de théâtre tant sa cruauté et la colère que cela lui inspirait lui paraissaient hors de la réalité. Il lui avait bien fallut ce temps pour réussir à prendre conscience de toute l’horreur de la situation et de comprendre qu’il devait absolument faire quelque chose. Quoi qu’il en soit, le Rônin espéra mettre un terme à ce supplice qu’elle devait vivre et à la vie de l’affreuse créature qui se livrait à des actes de cette vilenie. Il souleva alors son sabre et enjamba rapidement la distance qui les séparaient en poussant un long kiai enragé. Au dernier moment avant qu’il ne puisse venir fendre en deux le violeur, celui-ci se retourna en assénant un puissant coup avec une massue dans le flanc de l’ancien samurai.

- Bwah ah ah ! Pathétique samurai, tu croyais pouvoir attaquer par derrière le grand Sojuro ! Ridicule, tu es tombé dans mon piège comme tous les autres samurais qu’on m’a demandé de traquer ! Maintenant, dit-il en tendant son imposante main ornée de cicatrices nombreuses dans la direction de Kyo, donne-moi les parchemins et je te tuerai rapidement… tu ne sentiras presque rien…

Le jeune homme ne répondit pas et se contenta de reprendre position tant bien que mal. Son épaule avait pris de sérieux dégâts dans la frappe précédente. S’il n’avait pas cherché à s’échapper dès qu’il avait remarqué le coup puissant de son adversaire, il aurait certainement eu plusieurs os de l’épaule réduits en miettes et il n’aurait probablement pas su se relever… Il jaugea un peu son adversaire pendant le temps de latence qu’il y eut entre ses paroles et la prochaine attaque qu’il ne manquerait pas de chercher à lui lancer. C’était visiblement un vétéran dont la stature était très impressionnante vue de plus près. Il avait le crâne rasé, une armure noire et un foulard rouge comme tous ses autres hommes de son groupe mais les détails qui frappèrent Kyo furent le fait qu’il portait un bandeau sur son œil gauche, sa carrure énorme et qu’il portait les traces de nombreux combats. C’était certainement un homme de beaucoup d’expérience qui dissimulait sa grande maitrise de son arme derrière une nonchalance simulée… La massue, quant à elle, était faite d’une seule pièce de bois massive et nervurée. Il comprit instantanément que la force qu’il mettait dans ses coups était sublimée par la qualité du matériau dans lequel il avait taillé cette masse de guerre. Elle était certainement faite d’un bois léger qui lui permettait de surprendre ses adversaires par la fulgurance de ses frappes larges malgré son aspect massif. Le jeune homme ne vit que cette possibilité tant la vitesse avec laquelle il avait été touché semblait importante. Heureusement, pensa-t-il, qu’il n’avait pas cherché à parer avec le sabre qu’il avait pris dans la forêt puisque celui-ci n’aurait certainement pas su résister à un assaut si barbare.

- Bah alors ? On a les pétoches, le p’tit nobliau ? Ramène-toi que je t’éclate ou je commence par défoncer le crâne de la jouvencelle ! beugla-t-il, les yeux injectés de sang.

Le Rônin n’hésita dès lors plus et se remit à s’approcher un pas après l’autre en direction du barbare sans jamais quitter la sécurité de sa garde. Une fois qu’il fut assez près, le géant lâcha son appât et se saisit de son bout de bois à deux mains en le soulevant pour l’abattre de toutes ses forces sur le dessus du crâne de sa cible. Heureusement pour lui, les réflexes dont faisaient preuve Kyo lui permirent de survivre à cet échange en évitant le coup au dernier moment par un mouvement qui n’avait pas grand-chose de naturel. Ce qui pouvait être vu de l’extérieur, c’est qu’il fit un tour sur lui-même et un pas de côté en même temps que de lever son sabre comme une sorte de danse du sabre rythmée. Quand ils furent côte à côte, l’un avec sa masse de bois touchant presque le sol et l’autre avec le sabre levé et prêt à trancher dans le vif, un dernier kiai fut poussé. A l’instant d’après, la tête du titan roulait au sol et le samurai soufflait à pleins poumons, brûlant et rempli de sueur après cet échange coriace. Il avait réussi pour la première fois à réaliser l’une des techniques de son maitre mais pas sans heurt puisqu’il y avait achevé de détériorer son épaule, celle-ci ne manquant pas une occasion de le lui faire savoir. C’est alors qu’il remarqua que d’autres habitants des lieux étaient cachés et avaient observé la scène. En voyant sa victoire sur le chef des scélérats, tous sortirent et commencèrent à courir en tous sens, certains pour fuir en voyant une opportunité et d’autres pour porter secours à ceux qui étaient piégés par les flammes dans l’enceinte de leur demeure.

Après plusieurs dizaines de minutes à donner de la tête de partout pour aider les paysans à sauver le village, il y eut un événement très étrange qui le fit se demander s’il n’était pas effectivement exténué après tous ces efforts physiques intenses. En effet, un groupe de trois vauriens abandonnèrent leurs armes en arrivant dans son dos avant de fuir en courant. Tout ce qu’il y avait entre eux était une sorte de renard blanc aux yeux dorés. La créature avait tout de magique ou de sacré avec son regard expressif et le regard entendu qu’il lui lança. Ils échangèrent ce regard un petit moment avant que la créature ne fuie dans la direction de la forêt. Plusieurs furent aussi témoin de cette interaction et hurlèrent tantôt des injures aux assassins, tantôt des louanges chargées de ferveur en y voyant un signe de l’amour de ce kami pour le village. Il semblait que les avis divergeaient auparavant au sujet de la nature de la créature qui hantait les bois d’Ogano. Néanmoins, après cette prise de position de sa part, les locaux y verraient unanimement une créature farceuse mais protectrice du village. Peut-être que des années plus tard, ils se passeraient de grand-père à petit-fils ce récit devenu folklore ou légende…

Une fois que ce qui pouvait l’être avait été sauvé, le vieillard qui dirigeait le hameau s’avança en direction de Kyo. Il prononça alors ces mots :
- J'adresse notre infinie gratitude aux héros d'Ogano qui nous a bien évité de tous mourir de la violence de ces hors-la-loi ou de la famine qu'ils auraient déclenché. Merci au grand guerrier Kyo Takahisa et au Kami qui prit la forme d'un renard d'argent ! s'écria-t-il du plus profond de sa voix avant d'être rejoint par les vivats de la foule. Si vous souhaitez vous installer parmi nous, je pense que nombreux seraient ceux qui voudraient travailler à vous construire votre maison et vous aider à apprendre à manier la houe aussi bien que vous maniez le sabre.
- Merci... Mais je vais devoir reprendre la route. J'espère que vous saurez retrouver la paix et que mes actes ne vous causeront pas plus d'ennuis.

Peu de temps après, le Rônin repartit en direction des bois d'Ogano à la recherche de la jeune femme avec l'espoir de ne pas s'être trompé à son sujet et qu'elle n'en avait pas après ses parchemins ou qu'elle n'ait pas été assaillie par des bandits mis en déroute et flairant l'opportunité d'un gain facile...

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Akemi
J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


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Le temps venait de s'arrêter. C'était bien la première fois que je faisais face à un être humain capable de soutenir mon regard doré comme mon égal. Campant sur mes quatre pattes solidement, je lui adressais un signe de tête entendu. Il n'y eu pas besoin de mots : je savais qu'il avait compris. Sachant cela, je jetais un coup d’œil dans la direction de villageois qui venaient de nous surprendre avant de m'enfuir à toute vitesse vers les bois. Je ne laissais dans mon sillage que quelques feuilles retombant au sol après mon passage. Le ronin n'avait plus rien à craindre mais, il n'en avait pas fini pour autant. Le feu terminait son ouvrage mais il était encore temps d'agir et de l'aider.

Le seul souci, c'est que je n'étais pas capable d'invoquer un pouvoir assez puissant pour me débarrasser du feu. Je n'étais pas un esprit d'eau, ni même du vent. Encore que, le vent n'aurait fait que disperser et attiser les flammes. Je ne connaissais qu'une personne capable de m'aider dans les environs. Ou plutôt, un esprit. Fukikeshi Baba, la vieille souffleuse. Je l'avais chassé de ces terres, il y a de cela des années. Celle-ci errait dans les environs, espérant un jour trouver un lieu où s'établir. Son existence était beaucoup plus importante que la mienne et elle avait tourmenté bien des villages. Le problème, c'est que certains étaient parvenus à la faire fuir grâce à l'intervention de chasseurs. Par n'importe quels chasseurs, des chasseurs de yokai. Elle avait atterri jusqu'aux chutes d'Ogano où nous avions fini par avoir un différend. Sans doute serait-elle surprise de me voir.

Je perçus sa présence aux abords de mon territoire, si je pouvais dire. Celle-ci vagabondait comme un esprit perdu. Elle aussi m'avait senti approcher et sitôt que j'étais arrivée devant elle, elle s'adressa à moi sur un ton agacée :

« Il ne me semble pas avoir empiété sur ton domaine, Kitsune. Ou bien, tu souhaites peut-être autant de terre que tu as d'égo ? »

Sa réplique était bien lancée. Je reconnaissais avoir été un tantinet imbue de ma personne lors de notre première rencontre. Je lui avais fait savoir que j'étais l'esprit le plus haut placé des alentours et que m'offenser, c'était offenser les kamis.

« Je reconnais avoir manqué de tact, Fukikeshi Baba. Vois-tu, le temps me fait défaut, contrairement à toi. Il me semble que ton expérience a forgé ton esprit au fur et à mesure des années. Je pense avoir encore beaucoup à apprendre. »

Elle haussa un sourcil et se mit subitement à ricaner. Son rire ressemblait à celui d'une sorcière malfaisante mais au fond, ce n'était pas un esprit maléfique. Juste un esprit taquin comme moi. L'une comme l'autre, nous n'avions jamais eu pour but de tuer des hommes, seulement de les effrayer. Elle retrouva son calme et me répondit :

« Ne dit-on pas du renard qu'il est malin ? Ce trait-là, tu n'en es pas dépourvu apparemment. Pourquoi ces excuses soudaines ? Crache le morceau, petite divinité. »

« J'ai un marché à te proposer, vieille femme. »

Je n'avais pas manqué de répondre à son surnom ironique par une description tout aussi distinguée. Je n'étais peut-être pas une divinité mais, elle ne ressemblait à rien d'autre qu'à une vieille femme décharnée et hideuse. Sa coiffure était presque défaite, lui donnant un air négligé et ses yeux enfoncés dans ses orbites lui conféraient ce côté maladif. Elle ne releva pas et fut même surprise par ma réponse. Elle attendait la suite.

« Aide moi à éteindre cet incendie dans le village d'Ogano et je t'offre la possibilité de t'établir ici avec moi. »

La vieille fut bouche bée. Elle se mit à tourner sur elle même, comme pour réfléchir et s'interrompit pour m'observer. Il me semblait qu'elle s'attendait à une sorte de farce.

« Jusqu'à ce que tu finisses par me chasser quand tu n'auras plus l'envie de m'avoir dans tes pattes ? Vous, les esprits de cette région, êtes particulièrement territoriaux. Vous ne souhaitez pas partager et là, tu me penses assez bête pour croire à une idée pareille ? D'ailleurs, pour quelle raison absurde me demandes-tu de l'aide ? Encore pire, pour un village ? Tu as tellement peur que ça de finir sur un domaine stérile de toute vie humaine ? »

Je soupirais, agacée par sa tirade. Lorsqu'elle eut fini, je me montrais la plus convaincante possible.

« J'ai accordé ma protection à un humain en retour pour m'avoir sauvé. C'est pourquoi, il me faut ton aide pour cette fois. Ton temps contre une terre. J'ai ouvert les yeux et ta présence ne m'empêchera pas de mener mon existence aussi paisiblement qu'avant. »

La vieille femme réfléchit un moment, silencieusement. Puis, elle ajouta.

« Fais-en la promesse solennelle. »

Je roulais les yeux en soupirant. Je n'aimais pas ces promesses puisqu'elles nous lieraient pour toujours. Je ne pourrais alors plus la chasser pour les temps à venir. Là n'était pas mon intention mais, sait-on jamais ... Je baissais la tête devant elle et énonçais ma promesse.

« Que les kamis m'en soient témoins, Fukikeshi Baba demeurera sur ces terres à mes côtés, à jamais. »

Alors que je venais de terminer ma phrase, "mon associée" se dirigea à toute vitesse en direction du village. Je la précédais, rejoignant un point de vue suffisamment bien situé pour apercevoir de nouveau le ronin et les villageois, à l'abri de leur regard. En mon absence, ils avaient réussi à se débrouiller pour éteindre une bonne partie de l'incendie mais la vieille souffleuse acheva l'ouvrage. Elle était connue à l'origine pour éteindre les flammes des bougies, des lampes et des lanternes. Toutefois, je la savais capable de se débarrasser de flammes comme celles-ci. Ainsi, les bâtiments étaient sauvés, même si quelques-uns menaçaient maintenant de s'effondrer. Les villageois devraient maintenant prendre le temps de consolider plutôt que de reconstruire totalement sur des cendres. J'adressais un remerciement d'un signe de tête à la vieille esprit qui s'éloignait et me concentrais de nouveau sur mon protégé.

Les villageois l'acclamaient et celui qui faisait office de chef le remerciait personnellement. Il ajouta une phrase à mon intention. "Et au Kami qui prit la forme d'un renard d'argent". Me voilà à des kilomètres de la réaction que j'attendais. Je pensais les avoir effrayé, qu'ils m'attribueraient leur mauvaise fortune et le départ d'incendie. Au lieu de cela, je semblais avoir, à leurs yeux, le statut d'un kami protecteur. Je continuais de les observer, abasourdie. Le ronin leur répondit à son tour mais toute mon attention fut happée par une silhouette dangereusement familière, à plusieurs maisons de distance. Je me raidis en reconnaissant le chasseur dont j'avais été sauvée. Prenant garde qu'il ne m'ait pas encore repéré, je reculais prudemment. Il semblait fouiner à travers le village comme un chien flairant son gibier. Je ne m'attardais pas et repartis dans les bois.

A présent, je devais retrouver Hikari. Si celle-ci n'avait pas bougé, elle devrait toujours être à l’abri, dans les fourrés. Je me rapprochais de la cachette et vis que rien n'avait changé de place. Gagné ! Les rouleaux étaient intacts et la jeune femme semblait ne pas s'être réveillée. A ses côtés, je me concentrais et canalisais toute mon énergie pour la transférer à nouveau dans son corps. Mon apparence animale se dispersait au fur et à mesure et une lumière chaleureuse irradiait ma nouvelle enveloppe. Une fois le transfert terminé, j'ouvris les yeux et me retrouvais de nouveau dans mon corps d'humaine. Je pris un instant pour observer ma tenue et rajustais mes cheveux. Me voilà impeccable. Dans un souffle, je me redressais un peu maladroitement, retrouvant la même sensation d'être bridée sous cette forme que la première fois. Puis, je serrais contre moi les précieux rouleaux du ronin et me mis en quête de le retrouver. Hikari semblait être comme endormie pour le moment puisque je ne la percevais pas. Toutefois, je n'y prêtais pas plus attention et quittais les lieux, mon illusion s'étant évaporée sitôt que j'avais regagné le corps de Hikari.

Alors que je m'éloignais de mon point de départ, je sentis une main m'agripper le bras droit, manquant de me faire perdre l'équilibre en arrière. Bon sang, pas maintenant ! Il me fallait encore un moment pour retrouver mes esprits et être capable de sentir un peu les présences alentours. Je relevais le visage et tombais nez à nez avec celui du chasseur. Je ne pouvais pas en être sûre, mais j'étais persuadée que mon visage était devenue livide. Je me serais attendue à tout, sauf à cela. J'étais coincée avec l'une des personnes les plus dangereuses pour moi. Le moindre faux pas et je savais qu'une lame d'argent viendrait se planter dans ma chair. J'ignorais les effets que cela pourrait avoir en étant dans ce corps et je n'avais pas envie de l'expérimenter. Je n'avais pas la possibilité de fuir, ni de me défendre. Quitter le corps de Hikari me prendrait trop de temps pour sortir indemne. Je devais donc prier pour me tirer de cette situation en parvenant à le convaincre. Le point positif, c'est qu'il ne m'avait certainement pas reconnue. Je n'étais rien de plus qu'une jeune femme de toute beauté à ses yeux, pas une créature à l'apparence animale. Je le vis m'étudier et il relâcha sa poigne sans me quitter des yeux. De son point de vue, j'étais peut-être une jeune femme effrayée par la présence d'un homme. Or, c'était avant tout l'argent qui réveillait mes pires craintes.

« Je ne voulais pas vous effrayer, pardonnez moi. N'auriez-vous pas vu une créature courir à travers bois ? Je suis à sa recherche et je suis persuadée qu'elle n'est pas passée loin. »

« Je regrette, je ne l'ai pas vu. »

Je m'étais empressée de répondre sur un ton sec, ramenant ma main droite pour soutenir les rouleaux contre moi. Je fis en sorte de ne pas me laisser intimider pour autant et soutenais son regard. Mais, aussitôt, je regrettais mon geste en le voyant hausser un sourcil. Avait-il perçu quelque chose chez moi ? Mon regard doré n'était pas là, il était impossible qu'il fasse le rapprochement. Je tâchais de rester calme mais je sentis mon cœur cogner contre ma poitrine et mes oreilles bourdonner. Impossible... C'était ça, la peur ? Voilà les sensations qu'expérimentaient donc un humain lorsqu'il était effrayé ? Je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était horrible. Alors que je me faisais ces réflexions intérieures, je sentis le poids du regard de l'homme toujours tourné sur moi. Sa voix grave et son regard inquisiteur provoquèrent un frisson tout le long de ma colonne vertébrale. Mes mains devenaient moites tandis que je paraissais m'accrocher aux rouleaux comme à un objet de survie.

« Que faites-vous ici, seule qui plus est ?... »

Pourvu que je parvienne à m'en sortir cette fois encore...


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Kyo Takahisa
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Le Rônin en avait décidément fini avec le village d’Ogano. Il n’avait d’ailleurs plus qu’une seule préoccupation maintenant que son besoin de rétablir l’équilibre des forces en sauvant les plus faibles avait été comblé. Il posa le pied sur la forêt aux abords dudit village à la recherche de celle qui devait actuellement être en possession de ses précieux parchemins. Malgré son empressement à la trouver et à accomplir la quête dont il était dépositaire depuis que son défunt maitre la lui avait confiée, le jeune homme ne pouvait cesser de penser à ce fin renard argenté qui s’était interposé et l’avait protégé alors qu’il aidait à la sauvegarde du village. L’évidence était là : sans cette créature qui avait, en passant, tout de surnaturel, il serait peut-être déjà mort embroché par la lame d’un de ces brigands. Tous les récents événements allaient d’ailleurs trop vite à son goût : la rencontre avec cette jeune femme, ce groupe qui attaquait plus ou moins méthodiquement le village, ses parchemins qui avaient quitté sa garde et son départ pour reprendre la route sans emmener énormément de victuailles. La vie dans l’urgence ne lui seyait guère et il aimait à pouvoir se concentrer sur chaque tâche dont il s’acquittait pour pouvoir les accomplir avec précision et correction.

Encore une fois, il sentit le vent violent qui s’était levé pendant les incendies et les avaient littéralement soufflé, sauvant par là même une bonne partie des dépendances qui servaient de repas aux flammes. Il ne s’en était pas fait la réflexion pendant qu’il aidait mais il était étonnant que ce vent si violent se soit levé pendant l’effort collectif et s’était tu tout aussi vite… Une fois qu’il était arrivé aux milieux des premiers arbres, il l’avait entendu se réveiller de nouveau et siffler dans les feuilles, en arrachant même certaines sur son passage. C’était comme si ce souffle essayait de le mettre en garde, de le prévenir de périls futurs. Ces vents pulsatiles et puissants, il en avait déjà entendu aux abords de l’océan, dans la ville d’Ise. Aux dires d’un vieillard qu’il avait connu fut un temps, c’était là des mouvements d’air qui prenaient naissance dans la colère de puissants esprits marins qui avaient le pouvoir de retourner les navires de pécheurs bien trop avides…

Lorsqu’enfin il arriva en vue d’Akemi, il se rendit compte qu’elle était aux prises avec le chasseur qu’il avait eu l’occasion de croiser quelques jours auparavant. C’était celui-ci qui s’était octroyé le droit de venir ôter de ce monde sacré et sauvage un spécimen particulier, selon ses dires, de renard. Il avait même mentionné un renard au pelage blanc et aux yeux d’ambre. Soupirant alors qu’il comprenait que la créature qu’il mentionnait était réelle et que ce jeune chasseur n’était pas un affabulateur ou un vulgaire braconnier, il s’approcha à la hâte pour essayer de le calmer.

- Olà manant ! Ne touche pas un cheveu de cette femme ou tu feras la connaissance de l’acier de la manière la plus directe !

Le jeune homme raidit son emprise sur le bras d’Akemi et le toisa alors que Kyô approchait. Il était visiblement en colère et c’était certainement à son égard qu’il éprouvait ce sentiment…

- Qui traites-tu de manant, samurai à la petite semaine ? Je fais partie de l’élite des chasseurs. Je t’avais prévenu que nous nous reverrions ! J’ai ouï dire que des créatures fantasques s’adonnaient à des petits jeux avec les habitants du cru. Le renard que je traque depuis des jours se trouve dans cette montagne, j’en suis certain ! Je pense que cette jeune femme sait quelque chose et qu’elle me cache une information vitale… mais je saurai la faire parler, ajouta-t-il avec un sourire mauvais. Je suis revenu avec une lettre de marque qui atteste de ma compétence à chasser sur toutes les terres qu’elles fussent celles du Daimyo ou du dernier des paysans cul-terreux !
- Je comprends et m’excuse de ma réaction d’il y a quelques jours… mais je ne suis pas certain que cette jeune femme ait quoi que ce soit à voir avec ta créature. J’ai vu de mes propres yeux la bête que tu mentionnais l’autre jour et elle m’a protégé de bandits qui menèrent un assaut sur le village de Shinsenkawa en contrebas. Peut-être devrais-tu la laisser fuir ces conflits et continuer ta traque dans cette direction, oh grand chasseur, le loua-t-il, non sans sarcasme dans la voix.
- Bien mais sache que si ce que tu me rapportes n’est que balivernes, j’aurai ta peau !

Le chasseur s’en alla, toujours plus exalté de pouvoir poursuivre la traque à laquelle il s’adonnait. Le Rônin pouffa alors puis se tourna vers Akemi et lui tendit la main pour l’aider à se relever.

- Navré de son comportement, les gens des grandes villes ne savent jamais faire preuve de respect et de tact… Avez-vous toujours mes effets sur vous ? J’aimerais les récupérer pour pouvoir reprendre ma route.


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J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


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Je cherchais une échappatoire à cette situation. Pourtant, j'avais faire de mon mieux pour trouver une réponse convenable, rien d'autre ne me parvenait à l'esprit que cette phrase :

« Ça ne vous regarde pas ! »

Ma voix semblait avoir vacillée sur le dernier mot. Cela ne m'empêchait pas d'affronter le regard du chasseur, espérant qu'il lâche l'affaire. Malheureusement, il était coriace. Semblant irrité par mon retour, il fronça les sourcils et son regard me fit frissonner. J'avais l'impression que la foudre s'était abattue sur moi pendant un instant, provoquant des frissons dans mon corps tout entier. Son semblant de savoir vivre s'était évaporé à présent et il s'avança, me faisant reculer d'un pas.

« Voilà qui est amusant. Une femme qui ose tenir tête. Mais dites moi, quel est donc ce motif qui peut justifier votre présence en ces bois, plutôt que d'être au village pour aider à éteindre ce brasier ? »

Il fit un pas de plus et tandis que je reculais à l'aveuglette, mes talons heurtèrent une racine. Fichue chêne ! En quelques fractions de secondes, je me retrouvais au sol avec une douleur vive au coccyx. Je n'avais pas lâché les rouleaux, ayant préféré les protéger plutôt que de me rattraper. Levant la tête pour apercevoir mon interlocuteur, je le trouvais encore plus imposant et menaçant qu'avant. Je vis sa main s'approcher du pommeau de son arme avant de s'en saisir. J'entendis le cliquetis solennelle d'une lame quittant son fourreau, me rappelant tout à coup que je devais ravaler ma salive pour éviter de m'étouffer. Je tentais une esquive par le côté mais je sentis rapidement une poigne ferme sur mon bras pour la seconde fois.

« Il me semble que seule une femme capable d'approcher les esprits ne craindrait pas d'être seule en ces lieux... Qui êtes-vous exactement ? »

Me prenait-il pour une sorte de sorcière ? Je m'apprêtais à répondre quand j'entendis une voix merveilleusement familière prendre écho entre les arbres. Je restais là, la bouche entrouverte, tout en jetant un coup d’œil dans sa direction pour m'assurer qu'il s'agissait bien de lui. Le ronin. Il accourait à mes côtés, tel un fidèle allié prêt à se jeter dans une bataille pour me porter assistance. Son panache ne cessait de me surprendre. Je l'écoutais attentivement échanger avec mon agresseur, faisant de son mieux pour le pousser à repartir d'où il s'en venait. Encore une fois, il me portait secours. Je me sentais alors honteuse, presque agacée. Je m'étais pourtant promis de le protéger et voilà qu'il me tirait à nouveau d'un mauvais pas. Ma dette ne faisait que s’alourdir à mes yeux. Au point que je n'avais aucune idée de la durée que cela me prendrait pour la rembourser à présent. La seule chose qui était sûre, c'est que je devais redoubler de prudence à l'avenir et m'approprier davantage les codes sociaux de ces humains. Peut-être aurais-je réussi à m'en tirer différemment si j'avais été passive comme l'avait attendu le chasseur ? Aucune idée.

Pour l'heure, tout ce que je savais, c'était que mon ronin avait réussi à le convaincre de relâcher sa poigne autour de mon bras, me libérant. Je le vis se détourner de nous avant de s'éloigner d'un pas fulminant. Quelque chose me disait que ce n'était pas notre dernière rencontre ... Celui-ci semblait aussi tenace que l'odeur nauséabonde d'un Kappa¹. Mon attention se reporta sur le ronin, Takahisa-dono qui me tentait la main. Je m'en saisis et m'y accrocha fermement pour réussir à me relever, grimaçant légèrement lorsqu'une douleur fugace me traversa le bas du dos. Je tapotais le bas de mon kimono et plongeais mon regard dans celui de l'homme.

Sans le faire attendre, je lui tendis les documents pour qu'il puisse s'en saisir et s'assurer qu'ils étaient en ordre. Ils demeuraient intacts, scellés.

« Les voici, Takahisa-dono. »

Lorsqu'il les eut en main et qu'il semblait avoir la certitude que j'avais respecté ses consignes, je repris la parole, de nouveau sûre de moi et sereine.

« Merci d'être intervenu. Je sais que ce n'était pas tant pour moi que pour vos documents mais sachez que j'aimerais d'autant plus vous accompagner dans votre voyage. Je pense vous avoir prouvée que je ne suis pas une menace pour vous. »

Je baissais les yeux sur les rouleaux, comme pour lui faire comprendre mes pensées. Je m'étais montrée digne de confiance pour ne pas avoir ouvert ses documents et savoir de quoi il en retournait. J’espérais maintenant qu'il ne refuse pas ma présence à ses côtés pour ce voyage. Sans faillir, je faisais de mon mieux pour ajouter de quoi le convaincre.

« J'ai fait preuve d'imprudence en venant ici désarmée, mais croyez-moi, je sais me défendre et je pourrais vous être utile. Je.. »

Je venais de m'apercevoir que je contredisais mes dires du début. J'avais prétexté avoir besoin de sa présence pour voyager par peur de ne pas pouvoir me défendre. Et voilà que  je lui annonçais être apte à me débrouiller. Je rectifiais les choses sans tarder.

« Je vous ai à moitié menti lorsque j'ai dit être vulnérable, seule sur ces routes. Je sais me défendre, mais je suis loin de savoir manier ma lame aussi bien que vous. Néanmoins, vous pourrez compter sur moi pour assurer vos arrières. Qu'en pensez-vous ? »

Je relevais les yeux vers lui, tentant d'être aussi persuasive que possible. Je le laissais sonder mon regard, comme pour lui prouver qu'il pouvait placer sa confiance en ma personne. Si cela n'achevait pas de le convaincre, tant pis. Je le suivrais à l'écart, discrètement. Peut-être étais-je aussi tenace que ce chasseur, finalement... Voilà la seule chose que nous avions en commun, ce bougre et moi.

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¹ Créature à l'apparence de tortue anthropomorphe, réputée pour sentir très mauvais (voire même la pourriture).


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Houmous
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Kyo Takahisa
J'ai 26 ans et je vis sur les routes japonaises. Dans la vie, je suis rônin et je m'en sors pas très bien. Sinon, grâce à mon sabre, je suis un protecteur et je le vis plutôt bien.
avatar :copyright:️ Takehiko Inoue


Le rônin passa la main dans ses cheveux un instant en réfléchissant à la proposition de la jeune femme. Désormais, il ne savait pas si, dans le fond, elle ferait mieux de voyager avec lui ou non. D’un côté, il attirait les ennuis comme un prince attire des concubines mais de l’autre, elle semblait partager ce penchant aussi… Pire encore, elle avait été vue par ses ennemis en sa compagnie, ce qui pourrait lui valoir les pires supplices si elle venait à tomber entre leurs mains. Il la scruta encore une fois dans l’espoir de pouvoir trouver un élément important qu’il n’aurait pas remarqué précédemment et qui lui permettrait de mieux évaluer leurs situations. Peu importe le temps qu’il y passa, il n’en était rien : ce n’était qu’une jeune femme avec de jolis vêtements. Même pour une jeune femme, elle n’avait pas l’air très épaisse et avait le teint pâle des jeunes nobles qui n’ont pas besoin de travailler au soleil.

- Je vous avoue que je ne suis pas sûr de savoir trouver le repos en vous sachant harcelée par ce genre de triste sire. Je pense que nous pouvons faire route quelques temps ensemble mais dès que nous arriverons dans une grande ville et que vous saurez vous retourner, nous devrons séparer nos chemins. Vous n’êtes pas en sécurité avec moi. Oui, après tout, je vous le dois bien… Vous m’avez sauvé la vie sur ce coup-ci, fit-il en montrant les parchemins sans même penser un instant à ce qu’il avait fait pour elle. Nous partirons sous peu. Je préfère mettre de la distance entre lui et nous, expliqua-t-il en montrant d’un coup de menton le chasseur qui s’en allait rapidement vers le village. Avez-vous des affaires à prendre avant de commencer à marcher ? Le prochain endroit où nous pourrons nous arrêter s’appelle Irumagawa. C’est à une dizaine de ri (里) d’ici.

Les deux voyageurs s’en allèrent finir leurs préparatifs au village, y allant peut-être pour la dernière fois. Le guerrier prit d’ailleurs le temps de changer de kimono pour un autre que lui offrit une vieille dame. Un cultivateur vint d’ailleurs à eux avec sa femme pour leur proposer des boules de riz dans une feuille pour leur permettre de manger sur le chemin à venir. Il accueillit ces offrandes avec humilité et reconnaissance. Pendant ce temps, il jetait régulièrement des coups d’œil aux alentours pour tenter de remarquer le Chasseur s’il était encore tout proche. Ces tentatives ne furent pas couronnées de succès car le jeune homme ne se trouvait déjà plus là.

Peu de temps après, ils commencèrent à marcher sur une petite route de terre au bord d’une rivière. C’étaient les chutes d’Ogano qui descendaient dans la vallée et donnaient le lit de cette source d’eau pour les habitants du coin. L’air y était bon et la fraicheur qu’il apportait était agréable par cet été mais avec le relief de la région, il était tout de même difficile de marcher tant la rivière semblait descendre suivant les courbes des petits monts alentours. Pour les paysans du coin, c’était un crève-cœur car il leur était difficile de trouver la surface permettant de cultiver beaucoup de champs. Il n’était pas rare de voir des paysans s’affairer, le regard rivé sur leurs rizières, mais force était de constater que ce n’était que rarement de jeunes gens, ceux-ci étant plus attirés par une vie plus active dans les villes lointaines de la côte comme Chiba. Lorsque certains des cultivateurs levaient les yeux dans leur direction, Kyo leur adressait un signe de tête pour leur rendre leurs salutations. La marche était largement ralentie par le terrain accidenté, composé uniquement de pierres polies par le flot et disposées dans un équilibre parfois précaire. Plus d’une fois les deux compagnons manquèrent de perdre l’équilibre sur un pas mal assuré mais la chance leur sourit : aucune blessure ne fut à déplorer quand ils s’arrêtèrent à l’ombre d’un grand arbre aux ramures nombreuses pour manger.

- Vous disiez être née dans la région. Qu’est-ce qui vous amène à la quitter ? Votre famille a besoin que vous fassiez une course pour eux ?

Si après tout ils devaient faire route ensemble pendant quelques jours alors autant apprendre à se connaitre. Elle avait certainement prouvé avoir de bonnes intentions à son égard et cela lui suffisait plus ou moins pour parler un peu avec elle. Il n’en était pas à lui concéder toutes les preuves de confiance mais disons que la situation dont elle l’avait sorti l’amenait à penser qu’il pouvait se permettre déjà ce genre de discussions. Et puis, elle en savait un peu plus sur lui de par la nature de la demande qu’il avait eu à lui faire et l’envie de rétablir l’équilibre entre eux se faisait sentir de son point de vue.

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Columbine
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Akemi
J'ai 120 ans et je vis à Ogano, au Japon. Dans la vie, je suis un kitsune et je m'en sors très bien. Sinon, grâce à mon pouvoir spirituel, je suis transformée en humaine et je le vis plutôt bien.

J'ai tourmenté le village d'Ogano depuis des années et des années. J'ai volé des objets aux habitants, je les ai terrorisé la nuit et bien d'autres choses.
Un chasseur m'a blessé avec une flèche d'argent, mettant ma vie en danger mais un ronin m'a sauvé. Depuis, je l'accompagne pour lui payer ma dette de vie.
Pour prendre forme humaine, j'ai possédé le corps d'une jeune femme mourante dans un village voisin. Son esprit cohabite encore avec le mien dans ce corps, ce qui n'est pas toujours simple.
A l'origine, j'ai l'apparence d'un renard blanc aux yeux dorés mais mes pouvoirs me permettent de contrôler partiellement la forme que je peux prendre aux yeux des humains.


avatar :copyright:️ Ryougi Shiki de Fate/Grand Order


Je restais pendue aux lèvres du ronin qui semblait m'expliquer ses craintes et le terme de notre "contrat". Il s'agissait pour nous de faire un bout de route ensemble de son point de vue. Je soupirais alors de soulagement en souriant avec retenu. Je ne souhaitais rien laisser paraitre de ma joie d'avoir eu gain de cause. Je ne tardais pas à le remercier en inclinant la tête en signe de remerciement, comme j'avais déjà pu l'observer entre des individus.

« Je vous remercie, Takahisa-dono. Je ne vous retarderais pas. »

Je me redressais et le laissais achever ses explications avant de répliquer sans tarder.

« Je reconnais avoir besoin de faire quelques préparatifs avant de quitter ces lieux. Je vous retrouverais dès que j'en aurais terminé. »

L'homme semblait aussi pressé que moi d'être sur le départ. Je le suivais jusqu'au village, d'une démarche assurée et enthousiaste. Il fallait dire que je n'avais jamais quitté ces lieux. Ces terres me portaient depuis plus de cent ans et je n'en avais jamais foulé d'autres. L'idée même de suivre ce périple m'excitait à un point que je n'aurais su décrire. J'allais enfin pouvoir étancher ma soif de découverte, nourrir ma curiosité pour un temps. Bientôt, nous arrivions dans le village et je pris congé pour fureter à travers les allées, notamment du côté de commerçants.

" Alors comme ça, nous partons en voyage ? "

" Hikari ! Que s'est-il passé ? Tu m'ignorais ? "

" Non, mais j'ai eu l'impression d'être endormie. Je ne percevais absolument rien, c'était une sensation très étrange... De calme et de paix. Je ne comprend pas... "

Je m'arrêtais un instant, réalisant que l'esprit de Hikari ne tarderait pas à s'estomper jusqu'à disparaitre. Certains esprits finissaient par se transformer en yokai sans aucun souvenir de leur vie en tant qu'humain. Les autres disparaissaient de cette terre. Enfin, on dit que les kami les rappellent tout simplement à eux pour trouver la paix éternelle. J'ignorais pour quelles raisons une personne était choisie plus qu'une autre. J'espérais tout de même pour Hikari qu'elle ne finirait pas engloutie par un yokai ou toute autre fin funeste. Je ne la laissais pas plus longtemps dans l'ignorance et lui expliquais tout ce qu'il s'était passé depuis sa disparition.

" Je vois, tu auras donc besoin de vivres et d'autres habits... Écoute moi, Yokai, je vais t'aider puisque nous devons coopérer. Le plus simple pour toi est de revendre mon kimono. Tu pourras en tirer un bon prix. Suffisamment pour t'acheter d'autres habits et quelques vivres. "

" Très bien. Ravie de voir que tu comprends la situation dans laquelle nous nous trouvons. Dans ce cas, je te fais confiance. "

Sur les bons conseils de Hikari, je m'attardais auprès d'un marchand pour troquer mon kimono contre de nouveaux vêtements. Sur son étale encore en état, j’aperçus un petit poignard avec une poignée en bois finement travaillée. C'était ce qu'il me fallait pour me défendre et protéger le ronin. Une petite lame était bien suffisante et facile à manipuler. Je m'engageais dans des négociations avec l'homme qui semblait tout aussi tenace que moi. Pourtant, mon regard charmant de jeune femme en détresse le fit craquer et il concéda de me laisser repartir avec un nouveau kimono de moins bonne facture, un hakama et des geta. Le tout était confortable pour mon voyage. Il me fournit également un peu de riz en quantité suffisante pour faire deux repas avec le ronin ainsi qu'un petit récipient où nous pourrions le faire cuire en route. Une fois changée et après avoir rapporté mon kimono initial au marchand, je m'empressais d'aller retrouver le ronin dans ma nouvelle tenue et armée d'une sorte de baluchon où je transportais mes affaires. J'ignorais quelque peu comment voyageaient les femmes mais cette solution pour transporter ce que j'avais me semblait appropriée.

Vêtu d'un hakama en dégradé de rouge et d'un kimono orné de fleurs de cerisiers assez grossières mais tout de même agréable visuellement, je m'approchais de Takahisa-dono. Celui-ci venait d'interagir avec un couple qui semblait lui avoir offert de la nourriture. J'attirais son attention en posant ma main sur son épaule jusqu'à ce qu'il me reconnaisse. Souriante et radieuse, je lui indiquais que j'étais enfin prête à partir. Nous n'avions pas tardé à nous mettre en route et sur le chemin, je me retournais un instant pour graver dans mon esprit la vue de ce village que j'avais tourmenté depuis tant d'années. Quelque chose en moi semblait se déchirer. Je ne savais expliquer ce sentiment. Je ne m'attardais pas et suivais de près le ronin.

A maintes reprises, je manquais de tomber, face contre terre. Par chance, je parvenais à me rattraper sans me blesser. Le terrain n'était pas tout à fait favorable à la marche. Essoufflée, je sentais mon corps peiner à tenir le rythme. J'avais l'impression de porter un poids qui m'attirait vers le centre de la terre. Je ne savais dire depuis combien de temps nous étions partis. Lorsque Takahisa-dono me proposa de faire une halte, j'acceptais en m'arrêtant pour retrouver une respiration normale. Je m'installais en position du seiza¹, près de ce géant arboré que nous avions choisi comme cachette du soleil. Le ronin me tendit une part de nourriture que j'acceptais en le remerciant. Puis, je pris une bouchée, sentant la faim me pousser à engloutir ma portion le plus rapidement possible. Tant pis pour mon image. Je me sentais soulagée de remplir mon estomac. Alors que je venais de terminer ma boule de riz, Takahisa-dono engagea la conversation. Je fus surprise de le voir s'intéresser à moi. Il semblait le faire avec sincérité. J'observais le ciel et pris le temps de formuler ma réponse.

« A vrai dire, je n'ai plus aucune famille. Nous avons quitté ce village il y a trois ans mais, mes parents sont tombés malades et n'ont pas survécu. J'ai décidé de revenir ici en espérant alors retrouver une personne. »

Je tâchais d'avoir l'air aussi sincère que possible tout en ayant de nouveau une sensation de déchirement intérieur. Il me semblait que c'était le fait de mentir au ronin qui provoquait ce sentiment. Je m'en voulais, semblait-il. Lui qui m'avait sauvé, qui m'avait confié son bien le plus précieux. Intérieurement, je me surpris à me laisser aller aux sentiments humains. Je me fis également la remarque que je commençais à m'habituer à ce corps qui était dorénavant le mien. Si j'avais été maladroite sur la route, c'était à cause de sa nature escarpée.

« Pour dire la vérité, cet homme m'a sauvé et j'aimerais l'aider à mon tour. »

Je me permettais de lui délivrer une part de la vérité telle qu'elle était. Je l'observais en souriant, me sentant un peu moins coupable. Une brise nous rafraichit et fit voler quelques mèches de cheveux vers mes yeux. D'une main, je les ramenais sur le côté de mon visage, tout en observant le ronin qui avait fière allure dans ces nouveaux habits. Nous ressemblions à des voyageurs à la fois étranges et charismatiques. Un duo bien improbable qui foulait ces routes. Maintenant, il me semblait que c'était mon tour de le questionner un peu. Pleine d'assurance et souriante, je soutenais son regard bleu en l'interrogeant.

« Si je peux me permettre, pourquoi un samouraï comme vous se retrouve seul sur une mission aussi périlleuse ? »

J'abordais un sujet délicat, j'en étais consciente. Et bien entendu, ce n'était pas un hasard si j'avais utilisé le terme de "samouraï" plutôt que "ronin". Je savais qu'un ronin était ni plus ni moins un samouraï sans maitre, sans attache. J'espérais qu'il accepterait de m'en donner la raison. A mon tour, je faisais preuve d'un réel intérêt pour sa condition, tout aussi naïvement puisque j'ignorais le fonctionnement des systèmes de maitre et guerriers. Il me fallait encore en savoir davantage sur les relations entre les hommes.

___________________
¹ Posture assise traditionnelle au Japon.

Nouvelle tenue d'Akemi (sans la coiffure et le bouquet)


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