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Caleb Denvers
J'ai 28 ans et je vis à Miami, Etats Unis. Dans la vie, je suis flic et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis séparé, le coeur en miettes, rongé par la culpabilité et je le vis plutôt très mal.

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Je me détendais avec ma cigarette. C'était à peu près la seule chose qui marchait là. J'étais tellement sur les nerfs avec lui juste à côté. C'était trop dur et putain c'était que le premier jour. Comment est ce que j'allais tenir pendant plusieurs jours comme ça? Et si ça durait plus? Si il mettait un mois voir deux à trouver le hacker? Je voulais même pas y penser. Quelques jours ça serait déjà horrible alors plus j'allais péter un plomb, c'était certain. Il fallait qu'il réussisse à le trouver rapidement ou je...

« Pardon, je voudrais récupé... »

Je me figeais en le voyant entrer dans la chambre. La première chose qui me vint à l'esprit fut que merde il me voyait fumer. Ca allait dégénérer encore. Il allait m'engueuler. Je savais qu'il n'aimait pas ça. J'avais évité de lui dire que j'avais fumé autrefois. Je ne voulais pas voir le dégout que cette conduite lui inspirait dans ses yeux. J'en étais encore au stade de notre relation où je voulais lui plaire à tout prix, et surtout le convaincre de me garder dans son lit. Puis le temps pensant, je ne voyais pas l'intérêt de lui parler de ce petit secret. Je ne pensais plus le revoir. J'avais cru pouvoir supporter plus facilement son absence en compensant sur ce petit bâtonnet de nicotine. Je le regrettais amèrement maintenant.

« Depuis quand tu fumes toi ? T'es conscient de ce que cette merde peut te faire ? Ou alors c'est ton but de crever ? »

Ouais, c'était à peu près ce à quoi je m'attendais. Je roulais des yeux et me redressais en écrasant ma cigarette. J'étais prêt à l'envoyer sur les roses, à lui faire comprendre qu'il n'avait plus vraiment son mot à dire sur ce que je faisais et dans le cas présent de mes poumons. Je voulais le faire, quand je remarquais enfin le coussin qu'il venait de faire tomber et qu'il avait certainement du mettre là pour cacher l'énorme érection dans son pantalon. Je restais à le regarder, figé, partagé entre tout un tas d'émotions. Je m'en voulais de m'être baladé à moitié à poil devant lui et d'avoir causé... ça. Mais en même temps, j'étais... flatté, faute de meilleur mot, j'étais heureux de voir que je pouvais encore avoir cet effet sur lui. Autrefois je savais que je causais cet effet plutôt facilement sur lui. Mais c'était avant, désormais il me détestait et pourtant il réagissait. Je ne devais pas me faire d'illusion de toute façon, c'était un vieux réflexe mélangé à son abstinence prolongé pendant son séjour en prison. Il me détestait trop pour qu'il y ait quoi que ce soit et je m'en voulais trop pour tenter quoi que ce soit.

« Peu importe, tu fais ce que tu veux. Je venais juste récupérer de quoi m'habiller après la douche. Ne fais pas attention à moi. »

Il finit par récupérer son coussin et par partir sans que je puisse réagir. Je soupirais une fois la porte clause. C'était mieux comme ça. J'avais merdé en me baladant à moitié à poil devant lui et je voyais le résultat. Résultat qui pourtant me faisait sourire.

Je terminais ma cigarette et je me levais pour venir m'asseoir devant la télé. Je laissais le programme qu'il avait choisi, écoutant en fond le bruit de la douche, essayant surtout de ne pas l'imaginer nu sous la douche. Le temps passa et je trouvais qu'il restait vraiment longtemps sous cette douche. Je commençais à ne pas avoir beaucoup de doute sur ce qu'il était entrain de faire. Les peu qui me restaient s'envolèrent quand je le vis revenir, le calme revenu dans son boxer. Il était juste en boxer en tee shirt, comme à son habitude. Je n'avais pas changé les miennes non plus, j'étais toujours seulement vêtu de mon boxer.

Ce fut plus fort que moi, je ne parvins pas à retenir mon petit sourire en coin et ma remarque.

- Alors... c'était agréable cette... douche? Tu te sens mieux?

Le sous entendu était évident. Je savais ce qu'il avait fait. Je souriais à cette idée avant de tenter de me calmer. Merde.... l'imaginer lui, nu sous la douche, se caressant à cause de moi... Je me levais précipitamment avant que quoi que ce soit ne vienne se réveiller.

- Je... je vais aller changer les draps... que tu ne dormes pas dans mes vieux draps sales.

Mes vieux draps où la veille j'avais... fin bref j'allais pas le laisser dormir là dedans. Je me levais et allais à nouveau m'enfermer dans la chambre pour changer les draps. Je les changeais rapidement avant de le rejoindre avec un coussin et des couvertures sous les bras pour moi.

- Je crois que... il se fait tard alors...

En gros qu'il sorte du canapé que je ne le vois plus, que je puisse me détendre un peu et tenter de dormir. Il fallait que je me lève tôt pour passer au commissariat. Il y avait des choses que je devais voir pour lui, des dossiers à récupérer.

- Bonne nuit Nev'.


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Nevada Wright
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Bon, j'avoue ne pas avoir été très discret avec ce coussin. Mais c'était la seule chose qui m'est venu à l'esprit. Si je ne l'avais pas caché, il l'aurait vu tout autant qu'avec ce coussin. Au moins... Là, il ne l'avait pas vraiment vu. Il n'avait fait que voir le coussin et le déduire... Finalement, j'aurais peut-être mieux fait de ne pas le prendre, ce coussin. Si ça se trouve, il n'aurait rien remarqué du tout, trop occupé à se faire engueuler pour la clope.

Ma douche fut plus longue que prévue, parce qu'il fallait que je me soulage et le fait qu'il soit dans la pièce à côté était autant excitant que frustrant. Mais finalement, je m'étais laissé allé et je suis sorti en T-shirt et boxer, avec un village illuminé. Je m'installe donc dans le canapé avec un large sourire. Sourire qu'il remarque aussitôt. Il m'a grillé, encore. Tant pis, je m'en fiche. Je pouvais bien me soulager après plus de huit mois d'inactivité ! Sa remarque me fait lever les yeux au ciel mais elle provoque aussi un sourire en coin.

« Si tu veux tout savoir, je me sens vraiment beaucoup plus léger. Huit mois, c'est long, tu sais... »

Je commence à rire doucement jusqu'à ce qu'il se lève brutalement. Dans ses vieux draps sales ? Ouais... C'était logique. Lui n'était pas inactif. C'était ma conclusion, peut-être un peu trop hâtive. Peut-être qu'il n'a juste pas pensé à changer ses draps depuis quelques temps... Mais ça m'étonnerait quand même. Alors ma conclusion trop hâtive ne l'est plus tant que ça. J'en perds le sourire de l'imaginer avec quelqu'un d'autre.

Je me braque, tentant de me concentrer sur le film. Il était toujours en boxer mais après cette image de lui avec quelqu'un autre, je n'avais plus envie de le regarder. Certes, il ne me devait rien. Et je devrais m'en foutre, clairement. Mais je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi. Une part de moi est encore attachée à lui. Alors ça fait mal. Très mal. Quand il revient avec ses couvertures et son coussin dans les bras, je soupire et me lève pour me rendre dans la chambre.

« Ouais, bonne nuit. »

Je referme la porte et la vue de son lit me fait grimacer. J'en ai la nausée... Pourquoi je ne m'en fiche pas ? Merde alors. Je me glisse dans les draps propres qui ont tout de même son odeur. Enfin, l'odeur de sa lessive. Il ne l'a pas changé, c'est toujours la même. Je la reconnaîtrais entre mille. Je l'aime tellement cette odeur... Je soupire encore. Combien de temps je vais devoir supporter ça ? Il faut absolument que je termine vite la tâche qui m'a été confiée. Autant pour lui que pour moi. Être loin de lui m'est si facile et compliqué à la fois. Même maintenant, je suis tiraillé entre l'amour et la haine, l'envie de le laisser dans son canapé pourri et celle de lui laisser son lit. Souffrir à sa place... Je l'ai déjà fait. Pendant huit mois. C'est ce qui me retient dans son lit, d'ailleurs.

Mais au bout d'une heure, la question me taraude beaucoup trop. Je me torture tout seul et ça m'énerve. Je n'arrive pas à dormir. Un énième soupir plus tard, je me relève et retourne dans le salon le plus silencieusement possible. Il doit dormir mais j'entends encore la télé... Je ne sais pas. Alors, j'ouvre la porte doucement et jette un regard. Il semble m'avoir entendu car je le vois tourner la tête vers moi. Il n'a clairement pas l'air endormi... Je ne l'ai donc pas réveillé. Mais encore une fois grillé, je soupire. Je soupire beaucoup aujourd'hui, je trouve.

« T'es pas obligé de dormir dans ce canapé, Caleb. Je veux dire... Ton lit est grand, on rentre à deux et on n'est pas obligés de se coller alors... »

J'évite son regard pendant mes mots mais comme j'ai envie de le convaincre, je finis par planter mes yeux dans les siens. Oui, j'ai clairement envie de dormir avec lui. La solitude, c'est bien, mais je ne l'ai jamais supportée quand il est dans les alentours.

« Je ne te force pas, si t'as pas envie, c'est pas grave. Je voulais juste te dire que ça me dérangerait pas que tu dormes à côté de moi... Voilà. Je laisse ouvert si jamais. »

Je hausse les épaules et retourne dans la chambre. Qu'est-ce que je me sens con, bordel ! Je suis censé lui en vouloir et pourtant, j'ai encore besoin de lui. Je me sens comme un gosse, un gosse nul qui a encore besoin de son doudou pour faire un gros dodo. Néanmoins, je retiens mes soupirs parce que j'ai laissé la porte entrouverte et je ne veux pas qu'il pense que j'ai proposé ça à contrecœur. Parce que ça n'est pas le cas, du tout. Je me remets sous les draps, préférant me mettre à ma place, celle qui a toujours été ma préférée, près de la fenêtre. Je tourne donc le dos à la porte, mais je suis pratiquement sûr et certain de l'entendre si jamais il vient à me rejoindre. Chose que j'espère de tout mon cœur autant que je ne veux pas.
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« Si tu veux tout savoir, je me sens vraiment beaucoup plus léger. Huit mois, c'est long, tu sais... »

Ouais je me doutais que ça devait être long pour lui. Moi je n'aurais jamais tenu huit mois sans m'envoyer en l'air ou même pouvoir me soulager. D'ailleurs je ne l'avais pas fait. J'étais rapidement tombé dans mes vieux travers après son départ. Je savais que tout était foutu entre nous, que jamais je ne pourrais le retrouver dans ma vie, alors à quoi bon être encore fidèle? J'avais eu besoin de tenter de l'oublier. Je ne savais même pas si je faisais vraiment ça par plaisir. C'était plus un besoin, celui de fourrer tous les culs possibles pour tenter d'oublier le sien. Lui je savais déjà que je ne pourrais pas l'oublier. C'était le premier mec dont je tombais vraiment amoureux. Je m'étais toujours contenté d'enchainer les plans culs avant de le connaitre. Il était le seul avec qui j'avais eu envie de remettre ça, le seul qui avait pu m'arracher un rencard, le seul avec qui j'avais eu envie de faire ma vie et j'avais tout gâché... Je méritais de finir en vieux connard solitaire comme je m'y attendais. Je me taperais des mecs tant que je serais baisable et après... après je me ferais une raison. Je prendrais peut être un chat qui sait.

Je me levais donc pour refaire mon lit avant de le rejoindre.

« Ouais, bonne nuit. »

Je le laissais partir avant d'aller installer mes couvertures sur le canapé. J'en mettais une bien épaisse sur le canapé pour éviter qu'il ne me fasse mal. Je m'installais ensuite dessus et m'enroulais dans une autre couverture, gentiment calé sur l'oreiller. J'étais bien calé comme ça. Il en rajoutait comme toujours, je l'aimais bien mon canapé. J'éteignis la télé et m'installais pour m'endormir. Je pensais sombrer rapidement. La journée avait été longue et épuisante pour mes nerfs. Je n'avais pas beaucoup dormi en plus la nuit précédente. Pourtant plus d'une demi heure plus tard, je tournais toujours en rond. Je n'arrêtais pas de penser à Nev. Nev qui était dans la chambre à côté. Nev dans mon lit. Nev qui me détestait. Nev que j'avais trahi. Nev que je n'arrivais pas à oublier. Que je ne cessais d'aimer...

Je finis par rallumer la télé en soupirant. Peut être que si je trouvais un truc suffisamment con à regarder je pourrais me concentrer dessus, arrêter de penser et peut être m'endormir. Je zappais machinalement sur les chaines quand j'entendis la porte de la chambre s'ouvrir. Bon... c'était raté pour arrêter de penser à lui.

« T'es pas obligé de dormir dans ce canapé, Caleb. Je veux dire... Ton lit est grand, on rentre à deux et on n'est pas obligés de se coller alors... »

Je le regardais en fronçant les sourcils. Il ne me regardait même pas en disant ça. Je ne comprenais pas son geste. Il ne me supportait pas et il me proposait de dormir avec lui? Il aurait du être ravi de m'imaginer souffrant sur le canapé après les mois qu'il avait passé lui à souffrir sur un des matelas pourri de la prison.

« Je ne te force pas, si t'as pas envie, c'est pas grave. Je voulais juste te dire que ça me dérangerait pas que tu dormes à côté de moi... Voilà. Je laisse ouvert si jamais. »

Je me redressais tout en le regardant partir. Je ne comprenais pas à quel jeu il jouait. Il avait commencé cette journée de merde en me frappant et maintenant il m'invitait dans son lit. J'attendis quelques minutes, réfléchissant sur mon canapé, regardant cette porte qu'il avait laissé entrouverte. Je me levais finalement pour venir me mettre dans l'encadrement de la porte. Je le regardais dans le lit, à sa place, les bras croisés et le coeur serré.

- Pourquoi tu me proposes ça? Si c'est de la pitié c'est pas la peine. Je suis bien sur mon canapé. Je dormirais bien, ne t'en fais pas pour ça. Ne te force pas si tu ne supportes pas l'idée que je sois prêt de toi.

Je préférais encore mon canapé que l'idée de dormir à ses côtés alors qu'il détestait ça. Je pouvais me faire à l'idée qu'il me détestait. Je l'avais mérité. On pouvait s'éviter, se parler le moins possible et ne se fréquenter que quand on aurait pas le choix. Ca serait dur mais je le ferais. Mais je ne me forcerais pas à dormir avec lui, à ce qu'il supporte ma présence parce qu'il avait des scrupules à me laisser sur le canapé.

- Mais... si tu as envie que je vienne, dis le...

Ce n'était qu'un mince espoir, un espoir de fou, une brève idée, une envie de me dire que peut être il voulait ma présence à côté de la sienne... une folie...

- Et je viendrais...



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Nevada Wright
J'ai 28 ans et je vis à Miami, Floride. Dans la vie, je suis hacker à la botte des flics et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à ma malchance, je suis un homme trahi et je le vis plutôt mal.

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Je ne sais même pas pourquoi je lui ai fait cette proposition. Peut-être parce que mon esprit était tiraillé entre la haine que je ressentais à cause de sa trahison et l'amour que j'éprouvais malgré toute la colère qui m'habitait. Ça avait le don de me rendre dingue. J'étais coincé, torturé, dans ce lit qui contenait toute son odeur, l'odeur qui m'avait tant manquée durant huit long mois mais que j'ai également détesté. C'est drôle, en un sens, d'adorer quelque chose au point de ne pas pouvoir s'en passer mais de le détester si fort en même temps. J'en finis même par me détester de l'aimer autant.

Mais je n'y pouvais rien. J'étais amoureux, j'étais encore amoureux de ce type qui m'avait pourtant planté un couteau dans le dos, au moment où je m'y attendais le moins. Pile au moment où notre relation avançait... Et je me demande encore pourquoi il la fait ça. Il doit bien y avoir une raison... N'importe laquelle... J'espérais que ce ne soit pas parce qu'il préfère être seul et volage... Non, il ne jetterait pas un gars en prison pour ça. Peut-être. Je n'en sais rien. Je ne suis plus sûr de rien, de toute façon. Tout me semble si... insensé... Et pourtant, il avait avoué sa faute. Comment puis-je encore essayer de lui trouver des excuses ?

Et mon cœur qui me faisait mal à chaque inspiration que je prenais dans ses draps. Voilà la raison pour laquelle je lui proposais de venir dormir avec moi. Pas parce que j'avais pitié, je savais parfaitement qu'il aimait son canapé et qu'il était préparé à dormir dedans. Pas non plus parce que c'était chez lui et pas chez moi. Non. Parce qu'il me manquait. Son odeur, sa chaleur, sa douceur... Et bien plus encore : sa bouche contre la mienne, sa langue caressant les moindres recoins de ma peau, son souffle court... Non. N'y repense pas.

Une fois ma proposition faite, je retourne dans la chambre et me rallonge, dos à la porte. Je suis bien trop fier pour admettre qu'il me manquait, alors je fais passer ça pour... Pour quoi ? De la pitié ? Non, j'avais essayé de tourner ça autrement comme j'ai pu. Je pensais qu'au mieux, il viendrait et qu'au pire, il ne viendrait pas. Mais finalement, il ne prend pas bien mes mots. Il pense que je ne supporte pas l'idée qu'il soit près de moi, mais c'est faux. C'est ce que je dégage peut-être, mais ce n'est pas ce que je ressens.

S'il venait, je ne sais pas si j'allais pouvoir résister à me rapprocher de lui bien longtemps. Et je ne me forcerais pas à l'avoir à côté de moi. Je pensais avoir fait en sorte qu'il le comprenne par ma demande mais... Je réalise que j'étais bien trop fier pour que cette demande paraisse comme une réelle envie plutôt qu'une proposition faite à contrecœur. Lorsqu'il me demande enfin si j'ai envie qu'il vienne, je retiens ma respiration. J'allais devoir mettre ma fierté de gamin de côté pour lui avouer que j'en avais envie.

C'est assez compliqué. Il me demande une chose qui est bien trop compliqué pour moi. Je venais de passer des mois entiers en prison et en échange, il voulait que je m'abaisse à ses pieds, comme un chien pour qu'il vienne dormir avec moi. Je trouvais ça trop abusé pour le faire. Mais pourtant...

« Viens. »

Je parle sans même m'en rendre compte. Mon cœur bat fort contre ma cage thoracique, je venais d'écraser ma fierté sans une once de regret. Et je continue...

« S'il te plaît, viens. »

Après un tout petit instant de silence, je finis par me retourner. J'hésite d'abord, mais je remonte finalement mon regard sur lui. Un regard triste et plein d'espoir qu'il vienne me rejoindre. Il fallait qu'il sache que j'en avais envie, mais je n'étais pas capable de le prononcer pour autant. Ou même qu'il le veuille... J'ai passé mon temps à le repousser et maintenant je lui demande de venir près de moi. Ce serait compréhensible qu'il ne veuille pas venir près de moi.

Mais il finit par venir au bout d'un moment. Il s'allonge près de moi et mon cœur se calme un peu. Ma gêne se calme un peu. En revanche, je commence à me demander si c'était vraiment une bonne idée. Il était si proche de moi que je pouvais encore sentir l'odeur de son shampooing. Et bon sang ce qu'il sent bon. C'est beaucoup trop tentant pour que je puisse me retenir et je le fais pourtant tout en sachant que je ne pourrais jamais m'endormir comme ça, en le sachant aussi près de moi.

A cet instant, plus aucune colère n'irradie mon cœur. Seulement le manque de ses bras autour de moi. Je me souviens encore de la sensation de ses doigts lorsqu'il me caressait les cheveux pour m'aider à m'endormir. C'était une habitude qu'il avait et j'adorais ça... Comment dire, ça avait été réellement difficile de m'endormir sans ça, en prison. Et maintenant, il est à côté de moi, la respiration sereine.

Je ne tiens que dix minutes, comme ça, à observer son corps reposé sur le matelas sans bouger. A l'issue de ces dix minutes, je craque. Je ne sais pas comment il va le prendre, mais tant pis. Je me rapproche lentement, très lentement de lui jusqu'à ce que je puisse passer une main hésitante autour de lui. Je me rapproche encore pour enfouir mon visage contre lui. J'espérais qu'il ne me repousse pas, j'ai beaucoup trop besoin de ce contact rassurant et de ses caresses apaisantes. Encore faut-il qu'il accepte de me les procurer, ces caresses...
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Ce n'était que de la pitié. Il ne fallait pas que je me fasse d'illusions. J'avais bien vu son comportement. Je le dégoutais. Il n'avait aucune envie d'être avec moi. Et je le comprenais. Ca me blessait mais c'était une attitude de sa part que je méritais entièrement. Je l'avais trahi de la pire des façons possibles. Je ne me le pardonnais pas alors comment lui pourrait il le faire?

Pourtant je restais là, planté comme un con, attendant avec un mince espoir qu'il puisse encore réellement me vouloir à côté de lui dans ce lit. C'était dément comme idée. Jamais il n'accepterait que je vienne avec lui. Il avait fait ça uniquement parce qu'il avait pitié, parce qu'il était beaucoup trop gentil pour regarder quelqu'un se faire mal sur un canapé, même s'il détestait cette personne, même si c'était moi.

Et j'espérais. J'espérais qu'il me dise qu'il voulait que je vienne à ses côtés. Parce qu'il me manquait vraiment beaucoup trop. J'étais fou de lui et cette distance entre nous me tuait lentement. Je le méritais amplement, mais cela ne rendait pas la peine plus facile à supporter. Je l'aimais. Je voulais être à ses côtés, pouvoir le prendre dans mes bras, l'embrasser à nouveau. Je voulais pouvoir lui dire à quel point je l'aimais et combien je regrettais ce que j'avais fait. Je voulais lui dire que je voulais être là pour lui, passer la rester de ma vie à tenter de me faire pardonner cette erreur. Je voulais... je le voulais lui tout simplement.

« Viens. S'il te plaît, viens. »

Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire en l'entendant. Tout n'était peut être pas complètement foutu entre nous. Il restait peut être une part de lui qui tenait encore en moi. J'avais un espoir, un espoir de fou mais ça restait un mince espoir quand même.

Je le rejoignis et m'installais dans le lit. Je faisais quand même attention à rester loin de lui. Je me retournais dos à lui, de mon côté du lit et fermais les yeux pour tenter de m'endormir. Le résultat n'était pas brillant. J'étais toujours aussi tendu que sur mon canapé. C'était même pire. Il était là, si près de moi. J'aurais pu me retourner pour le prendre dans mes bras et l'embrasser à nouveau. Et je me serais pris un autre coup. Alors je restais là, respirant doucement pour tenter de me calmer et parvenir à dormir.

Le temps passa. Je ne parvenais pas à dormir et lui non plus certainement. Je le sentais remuer de son côté et... je me figeais en le sentant venir se coller contre moi. Sa main passa sur mon ventre, faisant naître des frissons de plaisir le long de ma peau. J'inspirais profondément, cherchant à me calmer. Putain il était là tout contre moi. Je devais rester calme et...

Je me retournais, faisant taire la voix en moi qui me disait d'être sérieux. Je me retournais et je le prenais dans mes bras, retrouvant notre position d'autrefois, celle dans laquelle je m'endormais tous les soirs. Mes mains allèrent retrouver le chemin de ses cheveux, les caressant doucement. C'était si bon. J'oubliais tout en cet instant. Tout ce qui s'était passé, tout ça était bien loin de nous. J'avais mon amour, mon Nev' dans mes bras, je n'avais besoin de rien de plus.

Le lendemain je me levais en premier. Je ne me souvenais plus vraiment à quel moment j'avais sombré dans le sommeil, surement peu de temps après l'avoir pris dans mes bras. Je me levais doucement, le laissant encore dormir. Il avait beaucoup de sommeil à rattraper je n'en doutais pas. J'enfilais un tee shirt avec mon boxer avant d'aller en cuisine. Je me sentais le coeur bien plus léger que la veille. Ce n'était pas encore gagné mais je prenais ce qui s'était passé cette nuit pour un grand pas en avant. Il était venu vers moi. Il m'avait demandé de rester avec lui avant de venir se blottir dans mes bras. Ce n'était pas grand chose mais je trouvais ça plutôt encourageant pour le moment.

Je m'installais en cuisine et mettais le café à couler. Je me lançais ensuite dans la préparation de pancakes, ceux qu'il adorait par dessus tout. J'étais entrain de terminer de tout préparer quand il arriva.

- Salut toi. Bien dormi?

Je lui souriais largement, mon moral n'aurait pas pu être au plus haut ce matin. Il l'était plus haut qu'il ne l'avait été depuis qu'il était parti.

- Je t'ai fait des pancakes, tes préférés.

Je posais son café devant lui avant de faire de même avec le plat de pancakes.

- Je vais passer au poste tout à l'heure. Tu devrais me faire la liste de ce que tu as besoin auprès du service informatique. Je m'occuperais de la leur faire passer et de faire en sorte qu'ils acceptent.

Je continuais de lui sourire alors que je m'installais pour tartiner le premier de mes pancakes.

- Je pourrais prendre à manger en rentrant. Ce qui te fait plaisir. Ca marche?

J'étais tellement dans ma bulle, tellement heureux d'avoir ce sentiment de l'avoir retrouvé que je ne prenais pas conscience de son silence depuis qu'il était entré dans la cuisine. J'avais passé une nuit merveilleuse et je restais encore sur mon nuage.

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