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LE TEMPS D'UN RP

For you, I would damn myself

Lyna
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Lyna
Dim 21 Jan - 18:35
Le contexte du RP
Mise en situation

Syan 1

Septembre 2018 - Le Caveau

For you, I would cross the line
I would waste my time
I would lose my mind
They say, "She's gone too far this time"


Anastasya
Schuyler

Jeune métamorphe de 23 ans. Striptease et espionnage en occupations, calice de son Roi comme seule vie.

Ok. Très bien Fury, parfait. N’oublie pas d’accélérer les derniers pas, tu es en retard par rapport à la musique. Honey c’est à toi.



Il lui fallut un instant pour se rappeler que c’était à elle que la femme s’adressait, et elle redressa vivement la tête.



Oh. Oui. J’y vais.

Elle se leva du moelleux canapé en cuir où elle était installée auprès de deux autres de ses collègues, face à la scène principale et monta les quelques marches pour se placer au centre. Ses yeux balayèrent rapidement la dizaines de personnes, hommes et femmes, qui l’observaient avant de retomber sur le sol. Il lui était toujours plus difficile de supporter leurs regards qu’il ne l’était de se produire devant des inconnus. Le jugement n’était pas le même, et bien qu’un seul avis lui importait vraiment, ce n’était pas le moment qu’elle préférait.
Voilà presque 3 mois qu’elle avait passé la porte du Caveau en pleine nuit, et qu’elle en était ressortie miraculeusement vivante et entière. Plus que cela, elle était également ressortie avec les clés d’un appartement, un travail, et une avance sur salaire telle qu’elle aurait aisément pu vivre plusieurs mois sans rien d’autre. Une fois les deux premiers jours passés sur le qui vive, à dévorer tout ce qu’elle pouvait en attendant que le vampire, propriétaire de tout cela, ne change d’avis ou ne lui annonce que c’était une mauvaise face, elle avait passé les 3 suivants dans le grand lit moelleux. Enchainant sommeil, pleurs et récupération des divers chocs récents.
Au bout d’une semaine, une femme d’une cinquantaine d’année était venue toquer à la porte. Elle lui avait ordonné de s’habiller et l’avait accompagnée au club qu’elle lui avait fait visiter, se présentant comme la formatrice et chorégraphe du Caveau.

Rose avait passé les deux mois d’été à la former, à lui faire une liste précise de ce qu’elle devait manger à chaque repas pour récupérer une forme convenable, à lui apprendre à danser, à se déshabiller, se rhabiller et recommencer, le tout sur des talons aiguilles de 12cm et autour d’une barre de pôle dance. Ou sur scène, ou sur un podium, ou le bar, une table ou un canapé. 

A côté de cela, Ana avait appris à vivre par essai, erreurs et réussites. A faire les courses, acheter des vêtements, faire à manger… D’ailleurs, la cuisine de son appartement gracieusement prêté par Mr Russell avait bien failli ne pas y survivre de nombreuses fois, et les pompiers avaient aussi du intervenir une fois pour empêcher le logement et l’immeuble de partir en fumée. Comment aurait-elle pu savoir qu’on ne mettait pas de métal dans un micro onde ?

Les premières notes de musique de son numéro retentirent et elle revint dans son corps, sortant de ses pensées. Elle sentit sa totem affleurer et raccourcit légèrement la laisse de son contrôle qui n’était pas toujours au top. C’était l’une des choses qu’elle n’avait toujours pas réussi à apprendre toute seule, malgré ses nombreux efforts. Elle avait par contre découvert à quel point elle aimait la musique et danser. Rose l’avait souvent qualifiée de naturellement douée -au grand damn de certains de ses collègues dont la jalousie lui avait brulé la peau sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Ils étaient tous bien plus doués, plus beaux et mieux entrainés qu’elle. 

Pourtant elle s’était donné à fond, refusant de décevoir le vampire, propriétaire des lieux, qui lui avait offert une chance de vivre normalement. Enfin, aussi normalement qu’il lui était possible de vivre pour une métamorphe. Le mot sonnait encore étranger aussi s’efforçait-elle de l’utiliser le plus souvent possible dans sa tête pour tenter de s’y habituer. Elle savait que certains de ses collègues avaient aussi un alter-ego, et l’une d’entre elles possédaient même des crocs si pointus qu’Ana ne s’était pas posé la question longtemps sur sa nature.

Un crescendo de note se fit entendre, signalant le début de sa chorégraphie, et son corps réagit. La mémoire musculaire était une chose merveilleuse. Elle avait passé tellement de temps à perfectionner ses différentes chorégraphies -par plaisir et par devoir- qu’elle n’avait plus besoin d’y réfléchir. Elle pouvait juste éteindre son cerveau et s’abandonner entièrement à la musique, à la danse, à la sensation de son corps se mouvant en osmose avec la musique. Les moments où ses pensées se taisaient étaient si rares qu’elle se demandait parfois si ce n’était pas la raison pour laquelle elle aimait autant se produire. Elle était devenue la première à qui l’on demandait de remplacer ou d’échanger les shifts au besoin. Après tout, elle n’avait aucune vie perso et elle dormait si peu qu’elle était la candidate idéale. Elle se produisait en public depuis deux semaines seulement, et elle faisait partie des meilleures danseuses au niveau du rendement financier, ce qui l’avait grandement soulagée. Pas rendue fière non, seulement soulagée de ne pas décevoir. C’était d’ailleurs la seule chose qui la guidait, lui faisait mettre un pied devant l’autre et rythmait sa vie. Ne pas décevoir Mr Russell.



La musique s’éteignit lentement, lancinante, et avec elle, son passage. Elle ne portait plus qu’un string doré minimaliste, et des chainettes qui ne l’habillaient nullement, mais servait à décorer ses seins et sa taille fine. Ainsi que ses escarpins, évidemment.
Rose lui adressa un sourire qui la fit rougir et elle baissa les yeux au sol.



Bravo Honey. C’était parfait. N’oublie pas le contact visuel avec les clients quand tu es en représentation, c’est important.



Elle hocha la tête, c’était pour elle le plus difficile. Pourtant, elle releva la tête, se forçant à adresser un court regard à tous les spectateurs présents. Certains s’appliquèrent à ne pas la regarder, d’autres lui rendirent un air dédaigneux, mais quelqu’unes des danseuses lui adressèrent un sourire timide qu’elle tenta de rendre tant bien que mal. Elle n’avait pas su comment répondre aux tentatives d’approches de certains et certaines de ses collègues, méfiante et incapables de comprendre ce qu’iels pouvaient lui vouloir. La plupart avait pris son attitude pour du dédain et s’étaient désintéressés, mais deux filles et un garçons semblaient la couvrir de gentillesse et de douceur en espérant que cela fasse fondre ses hésitations. Et elle devait avouer que cela commençait à fonctionner.
Ses yeux bleus gris parcoururent rapidement le reste de la salle et tombèrent sur une silhouette qu’elle n’avait pas remarqué jusque là, et y restèrent accrochés. Les prunelles sombres soutinrent les siennes sans effort, la figeant sur scène, faisant disparaitre le reste du club en un instant. Puis Rose se leva, claquant de ses mains en annonçant l’entrainement terminé pour aujourd’hui et se dirigea vers le vampire qui rompit leur contact visuel pour lui accorder son attention, la ramenant brutalement au sol. Elle ne s’attendait pas à sa présence. Elle n’aurait pas vraiment du être étonnée qu’il soit là pourtant, puisqu’il lui appartenait de valider ou non les différents numéros ou même d’en commander des précis s’il le voulait, mais c’était la première fois depuis son arrivée qu’il y assistait directement. Enfin… A sa connaissance.

Elle ramassait le reste de sa tenue éparpillée au sol lorsqu’une douce voix féminine s’adressa à elle, la faisant sursauter.



C’était un joli numéro Honey, l’un de tes meilleurs je pense.

Elle releva vivement la tête, rencontrant le joli visage de Foxy. Les clients pensaient tous que c’était à cause de sa longue chevelure rousse et de ses magnifiques yeux ambrés qu’elle portait ce surnom mais elles savaient toutes les deux que c’était le totem de la jeune femme qui lui valait son nom de scène. Quant au sien… C’était Mr Russell, Lorcan, qui le lui avait donné, le premier soir où elle était arrivé ici. Elle ne savait pas s’il nommait personnellement tous ses performers, mais elle n’avait pas bronché et avait volontiers accepté ce dernier. Elle peinait encore à y répondre, mais on l’avait appelée par tellement de noms -ou pas- au cours de sa vie qu’elle savait qu’elle s’y ferait vite.
La jolie métamorphe était l’une de ces danseuses qui s’était montrée acharnée dans sa poursuite de contact avec elle, toujours avec douceur et gentillesse, et elle devait avouer que sa panthère l’aimait bien. Le contact d’un autre métamorphe, même d’une autre espèce, semblait la calmer et la combler. Aussi tentait-elle de faire des efforts, réapprenant petit à petit les normes sociales et les comportements normaux entre êtres humains adultes.

Je te remercie. J’aime beaucoup le tiens aussi, et ton nouveau costume est adorable.



Avec un sourire qui illumina ses traits et la fit passer de jolie à éblouissante, Foxy remua des hanches, balançant la jolie queue touffue qui était attachée à sa jupe. Elle tenait à la main un serre-têtes aux jolies oreilles triangulaires qui constituait son nouvel accessoire.

C’est pas subtil, mais ça fait le job, et les pourboires sont bons.

Elle fit une petite moue amusée.



Je sais pas ce que ça dit de ces clients ceci dit…



Ana cligna des yeux, puis compris le sous-entendu et échappa un petit rire surpris. Le choc s’inscrivit sur le visage de la jolie danseuse, et il ne lui fallut cette fois-ci pas longtemps pour comprendre qu’elle ne l’avait jamais entendu rire. Ses pommettes rougirent, mais la voix de Rose lui épargna une réaction.



Honey ? Une fois habillée tu iras dans le bureau de Mr Russell, il veut te voir.


Elle leva les yeux vers sa chorégraphe, juste à temps pour voir le vampire tourner les talons et s’éloigner en direction d’une porte étiquetée « Privé » qui menaient à diverses pièces, dont son bureau. Elle hocha la tête à l’adresse de Rose, esquissa un sourire désolée à Foxy et se hâta en direction des vestiaires. Elle écouta les babillages joyeux des danseuses sous la douche, sans y participer, plongée qu’elle était dans ses doutes et angoisses sur les raisons de cette entrevue. Elle devait toutefois avouer que cela tombait bien. Elle réfléchissait depuis quelques semaines déjà à quelque chose qu’elle souhaitait elle aussi lui demander. Ce serait peut être l’occasion... A condition qu’il ne la mette pas dehors -ou pire- dans les minutes qui arrivaient, évidemment.

Quelques instants plus tard, habillée d’un simple jean et chemisier noirs, ses longs cheveux encore mouillés attachés en une tresse serrée dont s’échappait quelques mèches, elle frappait à la porte. La voix sombre et suave, déjà si familière, résonna et elle entra. Ses iris parcoururent le bureau rapidement, caressèrent les traits incroyables du visage masculin, effleurèrent à peine les prunelles noires qui lui enlevaient tous ses moyens, puis retombèrent respectueusement au sol.

Vous vouliez me voir Monsieur ?



En même temps que le reste de son corps avait repris ses formes, ses cordes vocales avaient repris leur place, lui laissant une voix plus mature qu’à son arrivée. Et s’il lui arrivait encore très souvent de se comporter bien malgré elle comme une enfant de 15 ans ou moins, le reste de son apparence physique avait rattrapé son âge réel. Elle avait une voix douce, sucrée, légèrement suave et munie d’un ronronnement latent qui ne semblait pas vouloir disparaitre, même sous forme bipède.
B'choux
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B'choux
Sam 27 Jan - 16:12

Lorcan Russell
Vampire de plus de 230 ans. Monstre sanguinaire ne supportant pas les battements de coeur. Homme d'affaires possédant un club de striptease et un club de tortures.
À dire vrai, il ne savait pas réellement ce qui l’avait poussé à prendre cette fille sous son aile. Lorcan aimait les belles choses. Il aimait les femmes qui prenaient soin d’elles, s’entretenaient, qui laissaient derrière elles les effluves de leurs parfums luxueux. Déjà humain, et ce depuis son plus jeune âge, l’homme avait été attiré par les femmes au charme certain. Yelena, sa créatrice, avait éveillé en lui des désirs puissants qui avaient ravagés ses entrailles. Tant et si bien qu’il avait fini par offrir son corps pour pouvoir soulager ces besoins qui avaient éclot en lui. Les femmes qui étaient venues se perdre entre ses draps avaient - quasiment - toutes été de bonnes familles. Quand bien même elles n’avaient pas forcément eu un physique avantageux, un visage aux courbes parfaites, elles avaient au moins eu le mérite d’être propres sur elles et apprêtées. C’était de ça que Marius était tombé amoureux. Et du sexe à l’état pur. Le plaisir qui traversait son corps, se propageant en lui comme un feu dévastateur. Puis la plénitude qui en résultait. Cet état de demie-conscience dans lequel il flottait.

Le vampire n’avait rien d’un bon samaritain. Du moins, plus aujourd’hui. Fut un temps où il aurait donné tout ce qu’il possédait pour aider son prochain. Aujourd’hui pourtant, s’il pouvait annihiler toute vie sur terre, il le ferait, sans même sourciller. Ces petites vermines au myocarde assourdissant le rendait fou de rage et il devait faire montre de beaucoup de patience pour ne pas les réduire en charpie. Cependant, il y avait toujours cette petite part de lui qui désirait souffrir. Cette petite part qui enflait et palpitait, demandant à serrer les dents pour endurer les tourments que l’homme s’infligeait à lui-même. Une sorte de flagellation Non pas pour expier ses pêchés, bien loin de là. Ce qui lui plaisait réellement dans tout ça - et bien qu’il ne veuille se l’avouer à lui-même - c’était de ressentir. Ressentir la douleur physique et mentale le rendait vivant. L’éternité avait apporté son lot d’avantages mais aussi de douleurs. En ouvrant Le Caveau, Lorcan s’était mêlé à ceux qu’il exécrait. À la surface de cette vie sombre, il s’était montré sous son meilleur jour. Lorcan était devenu un homme d’affaire convoité et inaccessible, repérant les plus belles femmes pour leur offrir l’opportunité de faire rêver. Aucune d’entre elles n’étaient forcées d’offrir son corps aux regards pervers et scrutateurs des âmes esseulées qui trouvaient refuge entre les murs du strip-club. C’était une manière pour Lorcan de posséder les belles choses.

Alors, il l’avait épargnée. Cette douce petite poupée perdue. Sous la crasse qui avait maculé sa peau d’albâtre, le vampire avait discerné la beauté féline et enfantine de la jeune femme. Il n’avait pas eu besoin de chercher beaucoup. Même avec la peau sur les os et la saleté qui la recouvrait, la jeune femme gardait un charme évident. Avec ses grands yeux. Avec ses lèvres boudeuses. Le vampire savait qu’il ne fallait jamais s’arrêter à la première impression, et que, souvent, après une bonne douche et quelques artifices, elle ressemblerait à toutes les poupées qui attiraient le regard. Lorcan avait hésité un instant. Le Nightmare aurait été parfait pour elle. C’était le genre de lot qu’il aimait offrir à ses clients, voire même qu’il se serait gardé pour lui. Mais, il y avait sur ses traits, les reflets de cette autre qu’il avait connu. De cette douce fleur sauvage qui avait adoucit ses peines, des siècles plus tôt. Et sa part d’humanité avait parlé, avait décidé pour lui. La féline vivrait.

Les jours étaient passés sans qu’il ne croise la jeune femme. Cependant, il ne l’avait pas pour autant perdue de vue. Souvent, son regard s’était trouvés attirés vers les écrans de surveillance qui habillaient les murs de ses bureaux. Qu’importe qu’il se trouve au Nightmare ou au Caveau, Lorcan surveillait ses business sans cesse. Et tout ce qui s’y rattachait. Alors il l’avait regardé apprivoiser ce nouveau lieu qu’il lui avait gracieusement prêté, l’avait regardé évoluer et s’approprier les espaces. Lorcan avait toujours eu cet attrait pour le voyeurisme - bien que participer lui était plus profitable à bien des niveaux - et cela se voyait avec ses différents établissements. Tantôt des femmes s’exhibant aux yeux d’hommes incapables de les toucher. Tantôt offrant des spectacles de torture à ceux qui savaient apprécier la beauté du geste sans avoir à être aspergés d’hémoglobine. L’éternel s’était surpris à passer des heures à regarder, à travers l’écran de surveillance, la jeune femme dormir dans ce lit bien trop grand pour son corps frêle. Et si l’envie de la goûter se faisait tenace, il avait, au fil des siècles, appris la patience et savait que les mets les plus délicieux étaient ceux dont on avait pris grand soin. La jeune femme était devenue, peu à peu, une de ces oeuvres d’art que les collectionneurs gardent jalousement. La montrer, l’exhiber aux yeux des curieux, sans jamais leur permettre ne serait-ce que d’effleurer le précieux. Anastasya - ou Honey, comme il l’avait surnommée - était ce genre de trésor qui révélait sa valeur à qui voulait bien attendre.

Dans la pénombre, caché dans les ombres d’un recoin du club, il avait observé la jeune femme évoluer parmi ses congénères. Il l’avait vu sourire timidement d’abord, restant légèrement en retrait, écoutant les discussions autour d’elle sans y prendre part, observant de son regard acéré, analysant. Avait-elle songé à fuir ? À quitter cet endroit inconnu ? Si l’idée lui avait traversé la tête, elle n’en avait rien montré, se montrant assidue et attentive à tout ce que Rose lui avait enseigné. Lorcan avait veillé au grain, toujours dans l’ombre, il avait orchestré chaque seconde de sa vie au travers des directives de Rose. La danseuse chevronnée avait bien évidemment remarqué avec quel sérieux Lorcan avait pris par à la vie de la jeune femme - chose qu’il n’avait jamais fait jusqu’alors avec aucune de ses filles. Mais elle n’avait rien dit. N’avait même pas esquissé le moindre petit rictus, sachant pertinemment que l’homme n’était pas le genre d’homme que l’on raillait ou critiquait.

Bras croisé sur la poitrine, Lorcan suivit chacun de ses mouvements, laissant son regard glisser sur les parcelles de peau qu’elle dévoilait. Peu à peu elle avait pris l’assurance que l’on attendait d’elle et Lorcan avait perçu ces frissons d’excitation qui s’était propagé sur son épiderme. Elle était prête. Plus que prête. Le vampire l’avait perçu dans les flammes de son regard, dans les gestes lents et maitrisés, dans sa posture et son menton relevé. Si elle avait été révélée aux clients depuis un peu plus de deux semaines, elle était à présent mûre à souhait pour des numéros qui rapporteraient un peu plus encore. Les billes azur rencontrèrent les puits sans fond du vampire. Leurs regards s’accrochèrent un instant, éclipsant l’agitation et les bavardages jusqu’à ce que Rose les ramène au présent. Lorcan se détourna et balaya la salle et les autres danseurs de son regard ébène, faisant signe à Rose de le rejoindre. La femme ne se fit pas prier et des talons claquèrent jusqu’à lui.

- Que penses-tu d’elle, Rose ?
- Elle est très douée, Monsieur Russell. C’est réellement impressionnant la facilité avec laquelle elle apprend et met en pratique tout ce que je lui enseigne.

L’homme acquiesça, dirigeant une nouvelle fois son regard vers la métamorphe qui discutait avec une petite renarde.

- Bien. Je la veux dans mon bureau.

Son attention fut soudain attirée par le léger tintement d’un rire discret mais cristallin, que son ouïe affinée capta aisément. Il ne put s’empêcher de la détailler tandis que son employée hochait la tête et retournait en direction de ses danseurs. Lorcan plissa les yeux avant de se détourner pour rejoindre son bureau. Ici, à la surface du monde surnaturel, il devait rester maitre de lui, maitre de ses envies et de ses besoins et évoluer comme un simple humain, évitant de disparaitre dans les ombres comme il aimait le faire.

Confortablement installé dans son fauteuil, derrière son bureau, il faisait tourner entre ses doigts fins, un petit poignard au manche travaillé, orné d’un rubis scintillant. De son autre main, il pianotait sur le plateau de son bureau, son téléphone en haut-parleur juste à côté de ses doigts. La voix de Luc s’élevait dans la pièce.

- Tu comptes passer au Night dans la nuit ?

Lorcan avait du mal à lâcher son premier établissement. Il s’y sentait tellement chez lui qu’il y passait très certainement bien plus de temps qu’au domaine.

- Bien sûr. Pourquoi ? Il y a un souci ?  
- Non ! Au contraire. James a apporté une sacrée cargaison et je sais d’avance que tu seras ravi. On va aussi pouvoir satisfaire Burcksley.
- Hmm. Des jumelles indonésiennes ?

Le vampire entendit presque son infant hocher la tête en se frottant les mains.

- Absolument. Il les attendait depuis si longtemps.
- Quel âge ?
- Hum, une petite trentaine, bien conservées.

Burcksley était un gros client du club de tortures. Dès l’ouverture du club, le congénère aux dents longues était venu poser son gros fessier bordé non pas de nouilles mais de liasses de billets. Lorcan était son bourreau favori. Les deux hommes s’étaient retrouvés de nombreuses fois en tête à tête, lui exerçant son art tandis que l’autre alignait les petits petits verts.

- Bien.
- Tout va bien au Caveau ? Tu veilles sur ta petite protégée ?  - railla Luc.

Lorcan ne répondit pas aux taquineries de son infant et fixa la porte lorsque le doux parfum de la jeune femme lui parvint à travers la porte.

- Je te laisse. On se rappelle plus tard.

Il raccrocha sans même laisser le temps à son ami de répondre.

- Entre, Honey.

La poignée s’actionna et la porte s’ouvrit, dévoilant la jeune femme. Leurs regards s’accrochèrent tandis qu’elle avançait jusqu’au bureau après avoir refermé la porte. Anastasya rompit le contact et riva son regard au sol.

La jolie féline s’était changée et avait troqué - au grand damn du vampire - son string et ses chainettes contre des vêtements de ville banals. Elle n’en demeurait pas moins alléchante. Et il fallait dire que l’éternel appréciait toujours les vêtements qui en dévoilaient peu. Ils laissaient place à l’imagination. Donner la possibilité aux esprits masculins échauffés de s’imaginer ce qui pouvait se cacher dessous. En l’occurence, Lorcan n’avait rien à inventer, il avait déjà dévoré du regard à maintes reprises le corps délicieux de la jeune femme. Mais cela ne l’empêchait pas d’y songer tandis que les vêtements lui cachaient la vue.

[color:451a=c#993300]- Regarde-moi, lui ordonna-t-il d’un ton inflexible mais d’une voix relativement douce.

La belle le regarda à nouveau et le vampire se redressa dans son siège avant de se lever pour contourner son bureau. À présent à ses côtés, il dû baisser la tête pour continuer de plonger son regard abyssal dans l’océan de ses yeux.

- Comment te sens-tu, Anastasya ? Ta vie ici, au Caveau ?

L’anglais n’était d’ordinaire pas le genre d’homme à s’enquérir du bien-être de tout un chacun. Bien qu’il fasse toujours attention à ses employés, il n’était pas aux petits soins avec chacun d’entre eux. Avec la jeune femme cependant, les choses étaient différentes - ce qu’avait bien remarqué Luc. Peut-être le vampire attendait-il quelque chose de la jeune métamorphe. Aucune action de l’éternel n’était gratuite.

- J’ai vu tes numéros. Tu te débrouilles très bien. Tu apprends vite. Rose ne fait que me dire du bien de toi et de ton travail.

Mains posées sur son bureau derrière lui, il se cala contre pour se retrouver à la quasi même hauteur que la jeune femme. Ses yeux quittèrent les siens pour glisser sur son visage qui n’avait plus rien à voir avec celui qu’il avait découvert deux mois plus tôt. Les traits juvéniles étaient devenus ceux d’une femme - fatale. Tout comme le reste de son corps, de ses courbes et même de ses odeurs.
Lyna
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Lyna
Sam 27 Jan - 19:06

Anastasya
Schuyler

Jeune métamorphe de 23 ans. Striptease et espionnage en occupations, calice de son Roi comme seule vie.

Bien que son regard était occupé à détailler les détails du bois du parquet hors de prix qui recouvrait tout le sol du bureau du propriétaire des lieux, ses autres sens étaient entièrement braqués sur l’être face à elle. Malgré le peu de fois qu’ils s’étaient croisés depuis son arrivée, son cerveau semblait avoir mémorisé les traits de son visage au point qu’elle n’avait pas besoin de le voir pour savoir exactement à quoi il ressemblait, ainsi assis derrière son bureau.

Regarde moi.



La voix, grave et profonde, intimement sensuelle dans le moindre mot fit glisser un frisson le long de sa colonne vertébrale. Le même effet que la première fois qu’elle l’avait entendu. Comme si son corps était branché en direct sur la tonalité de l’immortel.
Elle obéit dans la seconde, réagissant autant aux mots qu’au ton utilisé. Celui de ceux qui sont habitués à ce que l’on s’exécute lorsqu’ils demandent quelque chose, au point qu’ils ne prennent plus la peine de demander mais se contentent d’ordonner.
Ses iris remontèrent le bureau, le torse enserré dans une chemise noire coûteuse, coupée à la perfection pour mettre en valeur les muscles et les larges épaules, le cou dégagé, la mâchoire dessinée, la bouche aux lèvres pleines pour lesquelles de nombreuses femmes se damneraient… Et elle s’arrêta aux yeux, à ces prunelles d’un noir si profond qu’à moins de les observer sous une vive lumière, elle ne pouvait distinguer la pupille de l’iris… Le pourrait-elle sous forme de panthère ? Elle s’arrêta là, car comme à chaque fois qu’elle croisait son regard, elle ne pouvait plus s’en décrocher, qu’il use d’hypnose ou non, cela ne changeait rien. Sa vision périphérique toutefois, perçut les mèches d’ébènes qui retombaient sur son front, ainsi que la dague argentée qui occupait l’une de ses mains. Mais tout cela n’avait aucune important lorsqu’il lui accordait toute l’attention de ses yeux comme il le faisait à présent.

Elle l’observa se lever, admirant la fluidité, la souplesse et la prédation du mouvement, comme elle aurait admiré bouger un félin. Il contourna son bureau et approcha. Et approcha encore. Jusqu’à se retrouver face à elle. Son corps eut un mouvement inné de recul, et il lui fallut un effort conscient et surhumain pour ne pas reculer d’un pas. 

Ce n’était pas qu’elle avait peur de lui à proprement parler non… C’était plutôt qu’elle ne pouvait réfréner ses réactions à un homme entrant dans son espace vital, quand bien même elle l’aurait voulu, et espérait sérieusement qu’il ne prendrait pas cela pour un affront.

La tête penchée en arrière pour continuer à soutenir les iris de jais malgré la proximité, elle attendait en silence. Leurs regards ne s’étaient pas quittés une seule seconde depuis qu’elle avait obéit à son ordre, et ce n’était pas parce qu’elle avait peur de désobéir en détournant les yeux.



Et sa voix retentit à nouveau, cajolant son prénom, son vrai prénom, glissant sur sa peau à la manière des morceaux de satins dorés plus tôt lors de son numéro. Entendre son prénom de sa bouche lui fit cligner des yeux, seul témoignage de sa surprise. On lui avait appris dès sa première journée avec Rose que seuls les noms de scènes étaient autorisés au Caveau, et comme elle ne fréquentait personne d’autres… Elle n’avait pas entendu son prénom depuis plusieurs mois en fait, et elle fut presque choquée de s’en rendre compte. Ce fut probablement la raison pour laquelle elle lui rendit un doux sourire de reconnaissance.
Cela ne lui prit pas longtemps en réflexion pour trouver la réponse à ces questions, aussi lui répondit-elle, combattant le rougissement qui menaçait de s’étendre sur ses joues suite au contact visuel prolongé. Le charisme et l’aura du vampire emplissait la pièce, frôlant et poussant contre son corps comme si la pression de l’air était supérieure à cet endroit. Pas vraiment tangible, mais pas inexistante non plus. Elle était incapable de savoir si son corps réagissait ainsi au vampire à cause de l’hypnose qu’il lui avait fait subir à son arrivée, à cause de sa panthère qui ne croisait pas assez de surnaturels, ou s’il existait quelque chose d’autre qui créait une résonance naturelle en elle envers cet homme.

Je me sens bien, merci de demander.

Un autre sourire, léger, enfantin.

Ma vie ici est très différente de tout ce que j’ai connu jusque là. 



Une pause pendant laquelle son joli visage se fronça, ses yeux quittant ceux de Lorcan pour la première fois depuis qu’il lui avait demandé de le regarder, se perdant dans le vague derrière le vampire.



Non pas que j’ai vraiment connu de vie normale avant donc j’imagine que je n’ai pas vraiment de quoi comparer…



Elle sembla peser la pensée quelques secondes avant d’hausser les épaules et de secouer la tête, revenant au présent, son regard retrouvant les abysses rassurantes de celui de son patron. Il s’adressa à nouveau à elle, et cette fois-ci, elle ne put rien faire contre le rougissement qui affleura sur ses pommettes. Elle était incapable de savoir si c’était parce qu’il avait vu ses numéros -ce qu’elle savait, mais qu’elle ne s’attendait à pas à entendre- ou suite aux compliments. Les siens, et ceux de Rose manifestement.

Décidant d’oblitérer la chaleur de ses joues, elle lui renvoya plutôt un lumineux sourire.

Rose s’occupe bien de moi, c’est une très bonne professeure, et j’apprécie beaucoup ce travail. Je vous remercie encore de m’avoir donné cette opportunité. Je suis ravie si je ne vous déçois pas.

Elle inclina la tête, et la moitié supérieure de son corps dans la foulée, dans un mouvement automatique si répété et ancré en elle qu’il se déroula avant même qu’elle ait conscience de l’avoir fait. Si elle avait été d’une autre époque, l’équivalent de ce qu’elle venait de faire aurait été une révérence. Non pas un choix, mais une habitude, une réaction comme tant d’autres qui avaient été ancrée malgré elle dans son corps.
Lorsqu’elle se redressa, clignant des yeux comme si elle se réveillait, elle trouva le regard du vampire au même niveau que le sien. Un curieux effet, elle qui s’était déjà habitué à leur différence de taille.

Il était nonchalamment appuyé contre le bureau, un mètre à peine les séparant, et l’observait comme s’il ne savait pas s’il devait être énervé ou satisfait de sa courbette. Eh bien ils étaient deux… Elle échappa un léger rire nerveux qui se termina en grimace.



Je… Euh… C’est une question d’habitude, je suis désolée…



Elle haussa les épaules, continuant avec la logique qui était devenue la sienne.



Il faudra me dire quelle conduite je dois tenir auprès de vous, cela m’évitera de vous mécontenter.


Elle sourit à nouveau, mais celui-ci était plus vide. Le sourire d’un pantin, d’une plante verte, de la belle esclave qu’il lui avait toujours fallu être. C’était son masque à elle, sa version de celui que tout à chacun porte en permanence pour le reste du monde, plus ou moins consciemment. Le sien, quand ce n’était pas une panthère silencieuse et apprivoisée, c’était cela. Un sourire innocent, des yeux faussement vides, et assez peu de répartie pour pousser à l’oubli, pour croire qu’elle n’était pas capable de plus que d’être jolie. Elle avait appris à ses dépens, qu’elle belle et se taire lui évitait l’attention. Et éviter l’attention, c’était une bonne chose. C’était éviter la douleur et se protéger. C’était vivre un jour de plus. C’était survivre.
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