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Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP K8c9 Sujet: Paint it black
La Volpe

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Rechercher dans: Europe   Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: Paint it black    Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyVen 7 Avr - 0:26

Camille
Loiseau

J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis sans emploi et je m'en sors bien, grâce à la petite fortune de mes parents. Sinon, grâce à ma chance, je suis en couple, plus ou moins. Amoureuse sûrement et je le vis plutôt mal en ce moment.

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avatar Alycia Debnam Carey
© la Volpe


Un regard et Samuel lâche mon bras. Je ne sais pas pourquoi j’en suis étonnée, il a toujours été respectueux et attentionné. Brusquement, j’aimerais que rien de tout cela ne soit jamais arrivé. J’ai envie de me jeter dans ses bras, de le serrer contre moi pour qu’il ne me repousse pas. Il me manque. J’ai besoin de lui, je l’aime si fort. Il crie et mon cœur se serre alors qu’il demande ce qu’il a fait. C’est injuste de lui faire payer les erreurs d’un autre, pourtant je ne sais pas ce que je pouvais faire d’autre. Faire face à son regard si j’étais revenue à lui toute tremblante et couverte de bleus ? Jamais. J’aurais tout donné pour qu’il ne me voit pas aussi vulnérable, aussi démolie. Il faut croire que notre relation était le prix à payer. Je ne sais pas si je regrette, je ne sais plus. Face à lui, je ne sais pas quoi faire. Je soupire, fuyant son regard. « T’as rien fait. J'aurais pas dû venir… » Ma voix se brise. J’aimerais ne pas avoir à lui raconter, mais je vois dans ses yeux qu’il ne me laissera pas m’en sortir comme ça. Pas après tout ce que nous avons vécu. Alors je me mords les lèvres. Les mots ne me viennent pas pour raconter ce qui s’est passé, je sens mes doigts trembler alors je les fais craquer pour me donner du temps. Une toute petite seconde pour inspirer, trouver par où commencer. « J’me suis battue avec Romain. » Ça c’est fait. Mais ce n’est pas le plus difficile à avouer. Si j’en étais simplement venue aux mains avec mon ex, peut-être que j’aurais pu assumer quelques bleus sur mon corps. J’aurais peut-être aimé voir Samuel s’énerver et l’entendre jurer qu’il allait le passer à la moulinette. Si seulement il n’y avait eu que ça.

J’essaie de ne pas prêter attention à la réaction de Samuel parce que je n’arriverai pas à continuer sinon. J’ai peur, et devoir tout lui raconter sur le pont devant sa péniche ne fait que retourner le couteau dans la plaie. Je fixe mon regard sur les remous de la Seine, y cherchant une forme d’apaisement. Ma main glisse sur mon ventre, des larmes me montent aux yeux. « Mais j’étais enceinte. » J’entends ma voix faible avouer d’un ton rauque la vérité à Samuel. Un rire nerveux m’échappe, brisé par un sanglot retenu. Ce n’est pas le moment de pleurer, pas devant Samuel, plus maintenant. Tant de choses gâchées pour un instant que Romain m’a volé, je ne peux pas y croire.

Alors que mes yeux se voilent un peu plus, la colère monte en moi. J’essaie d’inspirer pour me calmer, mais Samuel cherche des réponses qui sont trop dures à donner. Ma peine est trop récente. Un simple mouvement de sa part et j’explose, plus capable de contrôler le désespoir qui ravage mon cœur. Brusquement, mes yeux retrouvent ceux de Samuel. « J’ai perdu le bébé avant même d’avoir pu te le dire. Je voulais pas que tu me vois comme ça, je voulais… » Être plus forte que ce que je suis réellement ? Prouver que je n’avais besoin de personne ? Qu’il me croit parfaitement indépendante ? Je ne sais même pas ce que je voulais vraiment. Je sais juste que j’avais ce besoin intense de me replier sur moi-même, d’arrêter de vivre un peu pour me retrouver. Mes mots se perdent dans mes pensées confuses et j'essuie rageusement les larmes qui se sont mises à couler sur mes joues. Je ne sais plus quoi dire mais à présent, j’ai dit l’essentiel et Samuel ne pourra plus me reprocher d’avoir disparu sans explications. Je suis fatiguée maintenant, et une nouvelle fois, j’essaie de m’enfuir. Parce que je ne veux pas avoir cette discussion avec Samuel, et surtout pas ici, maintenant, et avec sa nouvelle copine qui traîne à côté dans sa péniche.
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Rechercher dans: Europe   Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: Paint it black    Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyJeu 30 Mar - 1:35

Camille
Loiseau

J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis sans emploi et je m'en sors bien, grâce à la petite fortune de mes parents. Sinon, grâce à ma chance, je suis en couple, plus ou moins. Amoureuse sûrement et je le vis plutôt mal en ce moment.

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avatar Alycia Debnam Carey
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Je n’y crois pas. Je fixe la fille avec un air probablement bien ahuri, je ne sais plus quoi faire. Tout ce que j’arrive à bégayer, c’est que je veux voir Samuel. Elle sourit, je le vois d’ici qu’elle se sent fière d’elle. Mais je ne dis rien. Le cœur battant, les poings serrés, j’attends simplement que Sam n’émerge. Il met du temps d’ailleurs, et quand la fille disparaît à l’intérieur de la péniche, j’ai envie de me casser. Le message semble clair, je n’ai plus rien à espérer de Samuel et finalement, je l’ai bien cherché. Malgré tout je reste là, plantée sur le quai, le visage figé dans la surprise d’avoir trouvé une nouvelle fille chez Samuel. Et au lieu de m’en aller, je me laisse envahir par le doute. Qui c’est, celle là ? Depuis combien de temps m’a-t-il déjà remplacée ? J’inspire fort, j’expire, et quand je me décide à tourner les talons c’est Sam qui apparaît.

Il me fixe avec la même tête d’abruti que celle que je dois avoir. Il ne devait pas s’attendre à me voir, surtout maintenant. Je n’ai plus envie de lui parler, j’ai l’impression de perdre mon temps et de lui faire perdre le sien. Comme souvent, j’ai tout gâché. Mais est-ce que je n’avais pas le droit de prendre un moment pour moi après ce qui s’est passé avec Romain ? Je n’ai plus envie de lui expliquer tout ça, pas alors que l’autre dinde glousse alors qu’il fait un pas pour me rejoindre. Je pourrais la flinguer maintenant, rien que pour son rire qu’elle échappe et qui n’a rien d’innocent. Elle, je la déteste déjà. J’aurais presque envie de lui crier dessus, mais je suis sûre que Samuel dirait que c’est parce que c’est elle, maintenant, sa meuf. Mais je ne suis pas jalouse. Presque pas. Peut-être un peu. Mais cette connasse, elle n’a de toute façon pas à s’occuper de ce qui ne la regarde en rien.

Je l’oublie néanmoins quand Samuel s’approche de moi. Séparés par le petit portail qui bloque l’accès à sa péniche, je le regarde d’un œil froid. Masquer l’émotion, fermer le visage. Je ne sais pas ce que j’espérais, mais je suis clairement déçue. Bien sûr que je n’avais pas le droit de lui demander d’attendre indéfiniment après moi, bien sûr c’est moi qui l’ai envoyé chier. Pourtant je ne peux pas m’en empêcher. Je lui en veux. Je lui en veux tellement de ne pas avoir essayé de revenir assez fort pour que je craque, de ne pas avoir attendu un peu plus avant de se jeter dans les bras d’une autre. C’est vrai, j’imaginais qu’il avait plus besoin de moi que ça. J’imaginais le retrouver en colère, mais le retrouver tout de même. Et je me suis lourdement trompée. Blessée, déçue, je me ferme complètement. Je ne sais plus discuter quand mon cœur est trop malmené, alors je joue l’indifférence. « Fallait que je récupère des trucs. Je suis mal tombée on dirait. » Ma voix ne tremble pas une seule fois, et il faut dire que c’est peut-être là mon meilleur talent. Feindre que rien ne me touche alors que je suis ravagée à l’intérieur. Super.

Mon regard se fixe un instant dans celui de Samuel, et j’aimerais tellement qu’il comprenne. Je voudrais tellement qu’il sache lire derrière tout ça, qu’il ne me voit pas encore comme cette connasse qui se fout de tout. Mais il marche, il croit, il ne bronche pas, et c’est sa meuf qui nous interrompt. Elle émerge de la péniche pour l’appeler - capitaine - et lui dire de se dépêcher de la rejoindre. Son intervention m’arrache une grimace dégoûtée que je n’essaie même pas de dissimuler. « Décidément ça marche bien, le coup de la péniche. » Je ne suis qu’amertume. Je ne me souviens que trop bien de cette première nuit passée avec lui, quand il m’a ramenée ici moi aussi. Moi aussi… J’ai envie de vomir en l’imaginant répéter le même schéma avec toutes les autres filles. Et encore plus parce que j’ai marché aussi. Cette conne qui se permet ses interventions avec son air triomphant, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dissimuler la tristesse, c’est toujours plus facile que la colère. Et cette fille, elle fait trembler mes doigts, serrer mes dents.

Je ne sais plus pourquoi je suis venue ici, alors quand je sens mes yeux s’embuer je sais qu’il est l’heure de partir. Partir, oublier, se reconstruire. Tourner la page, encore. Même si j’aurais préféré ne pas avoir à tourner celle-ci, même si j’ai l’impression d’avoir le cœur en miettes au fond de ma poitrine. Après Romain, après la perte du bébé, il fallait bien une dernière merveilleuse nouvelle. Jamais deux sans trois, comme on dit. Je n’arrive plus à supporter le regard de Samuel sur moi, qui cherche des réponses, qui insiste toujours un peu plus. Mais je dis non. J’en ai marre de prendre des coups. Il avait promis qu’il ne me briserait jamais le cœur, il a foiré. Carrément même. C’était plus facile avant, quand je ne me laissais pas attraper. Quand on ne s’attache pas on ne souffre pas, point final. Et c’est bien ce que je compte recommencer à faire. Un dernier regard, quelques mots pour dire que je me casse, et je tourne les talons.

J’essaie du moins. Je n’ai pas fait un pas que la main de Samuel attrape mon bras. Ses doigts se referment avec force sur les bleus qui n’ont pas encore guéri, bien cachés sous mes vêtements. Ceux qui - j’en ai l’impression - ne guériront jamais tout à fait, comme si les marques n’allaient jamais réellement disparaître. Il ne savait pas, peut-être qu’il ne voulait pas faire mal, pourtant je plie instantanément. « Aie ! » Ça m’échappe comme une révélation, un mot lâché que j’aurais préféré garder pour moi. J’aurais voulu serrer les dents plus fort et faire comme si je n’avais rien senti. Pourtant la peur me fait céder tout de suite au contact de Samuel. Peur cachée, que j’ignorais encore jusqu’à maintenant. Peur que tout cela recommence, peur d’être encore trop faible. Je me laisse attraper, je me jetterais presque à genoux pour qu’il me lâche. Évidemment, le caractère, la fierté m’empêchent de me soumettre littéralement. Pourtant ils n’empêchent pas mes yeux de changer de teinte. Et c’est un regard effrayé qui croise celui de Samuel.
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Rechercher dans: Europe   Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: Paint it black    Tag 75a8c4 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyJeu 23 Mar - 16:44

Camille
Loiseau

J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis sans emploi et je m'en sors bien, grâce à la petite fortune de mes parents. Sinon, grâce à ma chance, je suis en couple, plus ou moins. Amoureuse sûrement et je le vis plutôt mal en ce moment.

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Romain est là et il n’est pas là pour mon bon plaisir. Ça faisait un moment que je ne l’avais pas vu, que je n’avais pas eu de ses nouvelles. À vrai dire, j’espérais qu’il avait lâché l’affaire. Qu’au bout de plusieurs mois de séparation, il aurait compris. Je n’aurais pas ouvert la porte si je n’avais pas cru que c’était Sam. Nous sommes ensemble depuis six mois maintenant, pourtant j’ai l’impression que ça fait beaucoup plus. Si nous n’étions pas faits pour nous rencontrer, nous pouvons au moins prouver que nous sommes faits pour nous entendre. La seule ombre au tableau si je puis dire, c’est cet incident qui nous est arrivé il y a quelques semaines. Retard de règles, gros problème. J’ai du faire un test de grossesse, et celui-ci s’avère positif. C’est pour cette raison que la présence de Romain m'irrite encore plus. Je n’ai pas de temps à perdre avec lui, surtout lorsque j’ai des choses beaucoup plus importantes à régler. Je ne sais pas comment Sam réagira, et l’angoisse me rend plus sèche avec Romain. Ses supplications, je les connais déjà par cœur, et à toutes ses questions je n’ai qu’un mot à répondre : non. Non, il ne me manque pas. Non, je ne pense pas à lui quand je suis avec d’autres mecs. Un seul autre d’ailleurs, je me permets de le reprendre d’une voix neutre. Une voix qui ne lui plait quand même pas. “Quel mec ?” Je lui lance un regard froid, pour lui signifier que ça ne le regarde pas. Et puisqu’il a décidé de faire le pot de fleurs dans mon salon, je passe à côté de lui pour continuer à vaquer à mes occupations. J’essaie de me préparer à annoncer à Samuel que je suis enceinte, et c’est déjà assez difficile comme ça.

Sauf que je passe trop près de Romain semble-t-il. D’une poigne que je ne lui connais pas, il agrippe mon bras pour me tirer en arrière. Sans pouvoir résister, je me retrouve face à lui, les yeux écarquillés. Et ben quoi ? Je hausse un sourcil pour lui demander ce qui lui prend, et brutalement, c’est une première gifle que je prends dans la gueule. Ma réaction ne se fait pas attendre. Je le pousse, je lui gueule dessus, mais c’est trop tard. Quand c’est ma main qui heurte son visage, Romain n’est plus le même. Il me pousse à son tour et c’est le mur qui m’arrête dans un choc un peu trop brutal à mon goût. Pourtant Romain en veut plus. Les coups se mettent à pleuvoir, plus rapprochés, moins retenus. Il me hurle dessus que je l’ai brisé, que je ne mérite rien de plus. Il frappe pour se défouler sur moi, simplement, et trop faible par rapport à lui, je ne peux rien faire d’autre qu’encaisser.

J’encaisse du mieux que je peux, j’essaie d’être plus forte que je ne le suis, mais vient un moment où je n’arrive plus à supplier pour qu’il arrête. Ça vient comme s’il m’avait enfoncé un couteau dans le ventre. Mon souffle se coupe et mes mains se portent à mon ventre alors que je m’effondre littéralement. Mes jambes me lâchent, ne supportant pas cette douleur plus vive encore que les coups. Je ne peux pas y croire, pourtant quand un liquide chaud et épais perle entre mes cuisses, je sais. Je sais que ni Sam ni moi n’auront plus le choix pour cette grossesse. Bêtement, ma première réaction est de me demander si une IVG, ça aurait fait si mal. Probablement pas. Et puis il y aurait eu Samuel, là, près de moi pour serrer ma main dans la sienne. Si je tenais, je n’arrive plus. Les larmes se mettent à couler le long de mes joues. Des larmes de douleur, de tristesse peut-être un peu, de rage surtout. Romain panique, il était temps. Il s’agenouille pour me demander ce qui ne va pas, et moi je lui crache au visage. Qu’il se casse, qu’il me laisse. Il en a déjà trop fait. Mais non. Cet enculé appelle une ambulance en prenant un air tout paniqué. Il explique que je suis en train de perdre notre enfant. Notre enfant… Il faudra me frapper plus fort pour que j’oublie. Je hurle derrière lui, je lui crie de foutre le camp, et il n’en fait rien. Et quand la douleur devient trop insupportable, quand l’ambulance n’arrive toujours pas, c’est sa main que je serre dans la mienne. Je le hais si fort. Si fort.

À mon réveil, Romain n’est plus là. Personne n’est là. J’ouvre les yeux seule dans une chambre blanche, et l’angoisse m’envahit sans raison. Je ne veux pas être toute seule, j’ai tellement honte. C’est la police qui arrive en premier, pour me poser les questions habituelles. Je coupe court en affirmant que je ne sais pas qui m’a agressée et que je ne veux pas porter plainte. Ils ont l’habitude, et si avant je ne comprenais pas, je sais maintenant. Personne n’a envie de courir après la personne qui vient de vous tabasser. Moi, je veux juste qu’on me foute la paix. Je veux être toute seule, je ne veux pas de procès, de flics pour éplucher toute ma vie. Alors je les envoie chier. Je les envoie chier et je rentre chez moi. Et quand je rentre, ce sont les autres que j’envoie chier. Je n’ai pas envie de sortir, je ne veux pas qu’ils puissent me voir avec toutes ces marques. Je ne veux pas de pitié, je ne veux pas qu’on me plaigne. Quand c’est au tour de Sam de m’envoyer un message, je lui réserve le même sort. Vaguement, je lui dis que je ne suis pas dispo, et j’arrête de lui répondre. Je tremble à l’idée qu’il puisse voir mon corps dans cet état. J’ai trop honte d’avoir été si faible.

Tout ça dure des semaines entières, les hématomes les plus foncés ne partent toujours pas. Le médecin dit que ça prend du temps, qu’il faut juste être patiente. Mais j’en ai marre d’être patiente. Samuel s’accrochait, il essayait de m’appeler. Il ne m’appelle plus à présent. Il n’essaie plus de passer chez moi, et je ne peux même pas lui en vouloir. Comme je m’en veux par contre. Il me manque si fort, je ne sais pas comment revenir vers lui. Comment passer sous silence la grossesse, Romain. Il faut du courage. Devant mon miroir, je ne sais pas si j’en ai assez. Je regarde mon visage, mon corps. Les bleus s’effacent peu à peu, je crois pouvoir les maquiller pour sortir. Je vais le faire. En faisant attention de ne pas appuyer, c’est une tonne de fond de teint que je pose sur mes bleus. J’essaie d’harmoniser au mieux, je prends même un instant du plaisir à me maquiller. Pour la première fois depuis longtemps, je prends le temps de me faire belle. Il ne faut pas réfléchir, il faut y aller. Le coeur battant, j’attrape mon sac à main et je sors de chez moi.

Sur le chemin, j’hésite de plus en plus. J’ai peur de ce que Samuel pourra me dire. Mon coeur bat trop fort, mes mains tremblent trop. Je vais passer à l’improviste, comme avant. Juste me poster devant sa porte et l’appeler. Je veux voir son sourire, sentir sa chaleur près de moi. Alors je ne pense qu’à ça, en me concentrant fort pour ne pas faiblir. J’ai déjà été trop faible, il faut que je me fasse violence maintenant. Plus vite que je ne l’aurais pensé, je me retrouve devant la péniche de Samuel. L’espace d’un instant, j’ai eu peur qu’il soit parti sans me le dire. Il aurait pu. Mais tout est là comme dans mes souvenirs. Alors comme j’entends du bruit, je l’appelle à voix haute comme je l’ai fait si souvent. Et le sol se dérobe sous mes pieds. De l’intérieur de la péniche, ce n’est pas Sam que je vois émerger. Non, c’est une fille, une belle fille qui plus est. Mon cœur se fige instantanément et je regrette d’être venue. Je m’apprête à dire que je me suis trompée, à faire demi-tour, pourtant je ne sais pas, ma voix ne veut pas sortir. Je regarde cette fille comme si j’avais vu un fantôme.
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