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LE TEMPS D'UN RP

Charybde en Scylla

Val
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tea
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Val
Lun 7 Mar - 11:47
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Dans le monde que tout un chacun voit en se réveillant, sans avoir conscience qu'une partie de la population est animale autant qu'humaine, on raconte qu'à la naissance, une "âme soeur" est destinée à chacun(e)...

Le lien serait irrévocable, impossible à briser, et personne ne choisit, l'âme soeur est une partie de vous qui viendra vous compléter, pour le meilleur comme pour le pire !

La légende communément admise est que sur chaque être, une marque présente à la naissance devra finir échangée avec celle ou celui qu'on doit rencontrer, afin de confirmer ce que les sens et les sentiments affirment lors de sa venue...

Comment se voir imposer ce qu'on ne veut en aucun cas voir arriver ?

Comme s'il ne suffisait pas d'être confronté à des humains frileux qui n'acceptent pas ceux qui accueillent un "esprit de bête" et d'avoir à subir les actions de terroristes qui veulent dresser les uns contre les autres ?


En ce qui concerne ce texte, Rp commencé et interrompu par la disparition prématurée d'un autre forum, Valravn est un chamane itinérant que ses pas ont porté jusqu'à Helsinki, à travers l'Europe... Il est arrivé à une période troublée où des terroristes ont empoisonné l'eau et a commencé son séjour finlandais en étant bien malade.

Remis, il a trouvé un travail dans un restaurant. Le jour de l'inauguration, il a croisé une jeune femme aux cheveux bleus qu'il a légèrement bousculée, ce contact lui a valu un malaise, il a dû aller se reprendre dans les locaux du personnel tandis qu'elle s'enfuyait, aussi troublée que lui par ce contact éphémère.


Cf - Les mondes de Val - L'homme est bête










Janvier 2022  

Mary Gaberlie – A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla



Je crains de m’être bien trop occidentalisé depuis mon arrivée sur ce sol. Mes rencontres, avec des gens divers, mais bien intégrés dans leur société, et surtout, le besoin que j’ai ressenti de m’approcher plus que d’habitude, ont émoussé ma curiosité et mes sens. Je pense que ce travail que j’ai trouvé, un restaurant, m’a encore plus écarté de ma route... Je voulais... Comme toujours en fait, rencontrer d’autres âmes, les entendre, aller auprès d’elles, leur porter mon message, de paix et de sérénité. A ceci près que ce ne sont pas des âmes écoutantes ou en demande que l’on croise dans ce genre d’endroit. En témoigne cet étrange incident, survenu pendant la soirée d’inauguration, et où le simple contact avec une jeune femme -réel ou supposé, car j’hésite encore, était-elle là ? ou l’ai-je imaginée ? – m’a conduit au malaise, par un trop plein d’émotions mal géré.

Mais avant cela, il y a eu les rêves...

Et parce que les rêves, une tension comme je n’en avais jamais connue...

J’ai souvent entendu les Anciens dire que l’homme qui rêve n’est pas anodin. Que le rêve que tu fais est une communication d’un esprit, ou plusieurs, qui ne parvien(en)t pas à te contacter à l’état de veille... Je ne voulais pas y croire, il y a tant de choses, je m’en rends compte que je refusais d’accepter. Ce qui m’arrive doit être un avertissement, je m’écarte de la Voie, j’abdique... Est-ce pour cela que les esprits s’adressent à moi en rêve plutôt que lorsque je vaque à mes occupations ?

Toujours est-il que ces rêves-là, je souhaiterais ne pas les faire. Ils ont commencé un peu moins de deux semaines avant « le restaurant ». D’abord, un, deux rêves par nuit, dérangeants, mais diffus... Une simple impression de mal-être, de souffrance, que je ne savais situer. J’avais le sentiment que mon corps était blessé de façon intentionnelle, qu’il était mutilé, coupé, brûlé, agressé, mais d’une manière... immatérielle... Je n’étais pas marqué au réveil, me trouvais toujours seul, juste cette « présence » gênante et ...

Je la « croyais » sans la voir ni la connaître, c’était déroutant et perturbant, mais supportable. Puis, le rêve a duré, et quand je me réveillais, reprenait. Je n’en étais plus à un ou deux épisodes courts dans une nuit de sommeil, mais à un ou deux réveils salvateurs dans une nuit de cauchemars... Et toujours aucune explication rationnelle, ni aucun message compréhensible des esprits.

Pour la première fois de ma vie, la détresse et la souffrance qui m’appelaient suscitaient chez moi un émoi tel que j’aurais pris la fuite si je le l’avais pu. Ce que je percevais n’était plus si lointain, ni si vague. Une part de moi -inaccessible- souffrait, se débattait dans une douleur, une peur que je ne situais pas mais que je connaissais, comme mienne autant que sienne. J’avais cette impression étrange d’une dualité qui n’était qu’une unicité, d’une sorte de ... dédoublement de mon moi, l’autre « partie » me demandant de l’aide.

Je ne veux toujours pas nommer ce que m’évoque cette sensation.


La première fois que j’ai trouvé une transcription de la légende, c’était dans un texte de la mythologie grecque, et je n’avais pu m’empêcher de me souvenir des récits de ma grand-mère, moins élaborés et moins poétiques, mais emprunts d’autant de certitude... Quelque part, dans le Tout, existait un être qui viendrait compléter ce que nous étions... J’ai cherché, non pas cette « âme-sœur » mais un récit qui soit explicite, au hasard des bibliothèques sur le passage de mes pas... C’est Aristophane, un Grec né 400 ans avant la naissance de ce Jésus qu’on nomme Christ qui m’a apporté un éclaircissement malvenu :

"Aristophane a écrit :"
« il y avait les dieux dans le ciel et les humains sur terre. Mais nous, les hommes, n’avions pas du tout, en ce temps-là, l’apparence physique qui est aujourd’hui la nôtre. Nous avions alors une tête, mais à deux visages, quatre jambes et quatre bras – l’union parfaite, en d’autres termes, de deux êtres ne formant qu’un, sans couture apparente. Il existait trois variations de genre ou de sexe possibles : l’union homme/femme, l’union homme/homme et l’union femme/femme, selon ce qui convenait le mieux à chaque créature. Chacun ayant le partenaire idéal cousu à lui-même, nous étions heureux. Créatures à deux visages et à huit membres, parfaitement comblées, nous nous déplacions sur la terre de la même façon que les planètes voyagent à travers les cieux – d’un air rêveur, en bon ordre et sans heurts. Nous ignorions le manque ; nous n’éprouvions aucun désir qui ne soit satisfait : nous ne désirions personne. Il n’y avait ni conflits ni chaos. Nous étions un tout.

Mais dans notre complétude, nous devînmes exagérément insolents. Notre orgueil nous poussa à négliger d’honorer les dieux. Et le tout-puissant Zeus nous punit de cette négligence : il coupa par la moitié tous les êtres à deux visages et à huit membres, parfaitement comblés. Il créa ainsi un monde de misérables créatures cruellement divisées qui n’avaient plus qu’un seul visage, deux bras et deux jambes. Par cette amputation de masse, Zeus infligea à l’humanité la plus douloureuse des conditions : éprouver en permanence une pénible sensation d’incomplétude. Nous, humains, naîtrions désormais avec le manque de notre moitié perdue, que nous aimions presque plus que nous-mêmes, et qui se trouvait quelque part, tourbillonnant dans l’univers sous la forme d’une autre personne. »


Ces rêves, d’une violence qui m’est faite mais sans l’être, que je ressens et redoute, que je vis mais que ne constate pas sur mon corps, a fait du fin fond de limbes de mon esprit, jaillir cette crainte : me préviennent-ils que celle qui m’est destinée approche, et qu’elle est aussi douloureuse que j’étais serein ? Je voudrais chasser ces cauchemars de mes nuits, et oublier cette peur grandissante qui s’empare de moi.

Seulement, je ne le peux pas...

 
Nuit après nuit, le royaume des morts s’entrouvre, et des plaintes en sortent, des plaintes et des récriminations, des ombres, des murmures. Je n’arrive pas à discerner si ce qui me parle veut y accéder ou au contraire repousser son passage... L’implication personnelle qui est mienne m’est incompréhensible, je n’ai pas ces songes que m’a décrit ma grand-mère et qui t’annoncent ta propre fin, et pourtant, c’est ma chair que je sens meurtrie, torturée, au point que le matin je m’étonne de n’être pas marqué. Cela autant que l’idée de mon « incomplétude » qui se comblerait me torture...

Les chamanes ont tous dans leur bagage la capacité et le devoir d’accompagner les âmes lors de leur dernier voyage, de les préparer, de les tranquilliser, pour qu’elles traversent ce que j’appelle les brumes sans heurt ni crainte. La mort est une partie de la vie, un passage obligé pour qu’elle se renouvelle, et l’aube d’une autre vie. Nous sommes tous une fraction du Tout ; tous, humains, animaux, végétaux, molécules de l’air, de l’eau, de la terre... Mais peu de mes frères se « spécialisent » dans les voyages conflictuels d’âmes en peine, qui refusent de quitter ce monde ou cherchent à s’enfuir de l’autre...

Personnellement, jamais je n’ai été tenté de le faire, pour moi, mourir est aussi naturel que naître.


Pourquoi ces rêves alors ? Pourquoi moi ? Est-ce que je suis en train de me désolidariser d’un Souffle qui sollicite mon aide ? Je ne veux pas me « réunir » ! J’ai une mission qui suppose un amour universel pour toutes les créatures qui composent cet univers, elle est incompatible avec un amour individuel et une légende que seule ma grand-mère m’a rapportée ! J’avoue que je n’ai jamais cherché à savoir si d’autres en auraient entendu parler, je veux dire « autres, parmi les nôtres » et non pas ces occidentaux qui mélangent tout à des fins souvent commerciales !

Je ne veux pas que ce lien existe, comme je ne veux pas être un passeur de morts ou réconciliateurs de mondes, malgré le nom que l’on m’a donné !


Je suis fatigué. L’intense activité mentale de mes nuits m’affecte le jour, et la qualité de mon travail s’en ressent. Mes relations avec les autres certainement aussi, j’ai tendance à m’isoler, pour réussir à me concentrer sur les tâches essentielles... Après mon malaise du soir de l’inauguration du restaurant, j’ai demandé à m’éloigner. J'ignore si j'y retournerai, cela me peine pour le patron qui m'avait accueilli avec tant d'empathie. Je n’ai toujours pas compris ce qui m’est arrivé... La promiscuité avec cette femme, à peine entrevue, m’a plongé dans un abîme de douleur et de perplexité. L’effleurer m’a fait l’effet d’une décharge électrique alors que j’ai eu comme le sentiment d’être déchiré en deux lorsque nous nous sommes trouvés séparés. Je ne suis toujours pas certain qu’elle ait bien existé.  

Je suis dans le déni total et le sais tout au fond de moi. Ici, dans ce pays, la légende dit que la marque de naissance change lorsqu’on la rencontre ? Cela fait une semaine que je me lave en évitant soigneusement de regarder la mienne...


A nouveau j’essaie de me concentrer, sur des travaux simples. Je suis allé chercher du bois, que je dispose devant l’entrée de la caravane, prenant bien soin que lorsque je l'allumerai, le vent ne rabatte pas les flammes à l’intérieur en m’enfumant comme un renard dans son terrier, ni ne les entraîne trop près au risque de faire tout flamber. J’ai lavé mes vêtements, rechargé le poêle à l’intérieur pour ne pas grelotter cette nuit et leur permettre de sécher.

J’ai quitté Helsinki sur un coup de tête, ressentant le besoin d’être loin, à l’abri, à l’écart. Je peine à m’aider moi-même, complètement stupéfait de l’incohérence de mon comportement et de l’absence d’explication à ce soudain... dispersement de ma volonté. Ce que j’imagine, ma raison le rejette avec fureur !

Je ne veux pas !


Je suis soudain tiré de mes atermoiements et de mes apitoiements sur moi-même ! Le hennissement retentit dans le crépuscule comme un cri d’agonie ! Autant que la douleur je sens la peur de l’animal blessé. Laissant là mes occupations, je pars dans la direction d’où il est venu, sentant avec l’esprit du cheval une présence humaine.

Je titube, mes yeux se ferment à demi, mes rêves m’ont rejoint, l’appel entendu nuit après nuit depuis une ou deux semaines est là, présent, éveillé, proche !

Je commande à mes jambes d’obéir, et me dirige vers l’équidé souffrant, et peut-être bien ma destinée ?




Le loup est moi, comme je suis le loup... L'homme est bête et la bête est homme... Croyez-moi, ou ne me croyez pas.

KoalaVolant
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patrick
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Mar 8 Mar - 9:19
Charybde en Scylla 12565110
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.



avatar :copyright:️ Ma pomme


Carmina Burana

Spoiler:

Charybde en Scylla Ztdk

S'échapper, s'enfuir : une lamentation, une rébellion, une obsession.
Se dissoudre au soleil ébène. Elle ira, oh comme elle ira, cracher sur les cendres écharpées.


« Tchaaa ! » L'ordre claqua à la pression des mollets et le frison se lança dans un galop effréné. Puissance et décadence...L'horizon sans rédemption. A cru, les muscles contractés de l'animal lui chauffaient les cuisses. Le pousser jusqu'à l'essoufflement. Brides abattues, il suivait sa rage, pourchassé par l'adrénaline. Pas de bombe, pas de cravache. Sans filet. Elle allait le crever comme d'habitude, jusqu'à ce que la salive blanche dégouline le long du mors. Plus loin, encore et encore.

Au pas, elle lui flatta l'encolure. L'aimait-elle ? Peut-être, quelquefois, elle n'en savait foutrement rien. Ne pas s'attacher, le leitmotiv crissait le long de ses artères.

***

Vision verticale. Étendue sur l'herbe glacée, elle émergeait, transie, douloureuse, cotonneuse. Glisser le long de la paroi maudite. Claquer des dents à la réminiscence. La brûlure qui tordait le cerveau, les tripes, le dos.  

Et j'rage, épinglée à ma croix. J'grimace, la grogne collante.

Long et lent, ennuyeux et angoissant, il s'était abattu sur elle. Le démon 
noir l'engluait au bout des sommeils en cauchemars, des réveils en sursaut. Et puis plus rien ne se produisait.

Rien.

***

L'élixir se déversait lentement entre ses lèvres blanchies. La reviviscence s'imisça au travers des marbrures et des vaisseaux, au rythme des lampées avalées. L'estomac rempli inondait de ses fraîches marées les cellules meurtries.

Biturée à mort. Tout ira bien.

***

Les lanières cinglaient leur tempo. Et un, deux, trois et un, deux, trois...Le derme déglingué jutait le vermeil gras en rus lascifs qui s'affalaient au creux des reins avant de poursuivre leur chemin le long des cuisses, des jambes rétractées sous l'effet de la douleur. Une bruine lourde, mutique.
Ne pas craquer... Serrer les dents à s'en péter l'ivoire. S'mutiler la langue à s'taire. « J'gueulerai pas, j'gueulerai pas... ». Litanie d'une prière sordide. Et la valse recommençait...Et recommençait...

Tout ira bien.


***

Un creux de merde et le cheval se déséquilibra, arrêtant net sa course à toute allure, trottinant  en boitillant. Mary se pencha en arrière pour le stopper, se laissa glisser sur le côté : « Woooh du calme mon beau, caaalme ». La main appuyée le long de sa jambe, elle ne décela rien mais il  y avait un problème. D'ici à bientôt, il y aurait une grosseur ou une chaleur importante. Putain ! Pile au moment où elle commençait à rentrer !  Sans téléphone, elle ne savait pas exactement quelle heure il était mais bientôt la brune et un froid de gueux allait leur tomber dessus.

-Tu fais chier Jaguar ! J'vais devoir m'taper des kilomètres à pied !

Elle lâcha la bride et se plaça devant lui à plusieurs mètres, claquant la langue :

-Viens, viens là...

Le frison la rejoignit mais boitait trop fort pour qu'elle remonte dessus.

-Ok...

Passer par des raccourcis. Là, et puis là...Des heures de marche en perspective. L'idée la moins pire était de s'abriter dans la forêt de sapins et de couper à travers champs. Partir à cru en plein mois de janvier, la grosse blague.
Fataliste, elle lança les rênes sur l'encolure et se mit à marcher à ses côtés en lui tapotant le flanc.

Un voyage...
Un chemin...
L'hémorragie d'une vie.

***

La neige, immaculée, crissait sous ses pas réguliers et l'impact des sabots, étouffés, marquaient leur trace éphémère. Calée sur la cadence blessée de son cheval, seule au milieu d'une nature silencieuse et extrêmement paisible, son cerveau, soudain, comme trop souvent, en profita pour foutre un bordel sans nom.

Ses pensées se projetèrent violemment. Une  autre douleur qui cogne et résonne. Une de plus. Une de trop.

Ce mec au restaurant...qu'elle avait repoussé d'un geste sec et dur, le réflexe belliqueux. Elle en avait hurlé à l'intérieur l'INSTANT de son contact. Que s'était-il passé ? En une fraction d'une sensation trop puissante, incommensurable, elle avait reçue l'« impression » pleine et entière, tactile, d'une impédance. Estampillée. Le « Tout » dont elle avait été amputée, torturée, crucifiée depuis l'enfance, du plus loin qu'elle pouvait se souvenir, furieusement expansé en fulgurance l'avait atteinte en plein, brut et pur. Douceur, bienveillance, amour, respect,  patience, écoute, générosité... « Tout »un fatras de perceptions indécentes. Un paisible altruiste, soudain, s'opposait, se dressait face à sa noirceur. Une fraction de seconde, le temps d'une fracture, il régna en maître d'harmonie et de paix.

Une perforation.


Sur le coup, elle en avait été essoufflée, dévastée par l'effort de lutte à s'extirper de cette gangue trop...moelleuse. C'était comme...subir un torrent d'éthanol à 90° sur une plaie ouverte des pieds à la tête, du cœur à l'âme, de la peau aux os.

Elle s'était sauvée, avait couru jusqu'au pick up, traversant la rue sans regarder, sans entendre la déferlante des klaxon, des freins. Fébrile, respiration saccadée, les mains brûlantes et maladroites à insérer la clef de contact, elle avait du s'énerver trois fois avant de passer la première.
Rouler à tombeau ouvert. Vitre ouverte, le vent glacé avait fini par la calmer. Disparaître sous l'armure métallique, musique à fond et hurler, hurler pour  OUBLIER.

***

Ne plus se suffire...

Ça n'allait pas, ça n'allait plus. Cela avait-il été un jour ?
Quelque chose s'était immiscé depuis cette putain d'histoire. Ça serpentait en sous marin tel un venin. Elle se sentait mal, un mal de plus, un mal qu'elle ne connaissait pas. Un soir, elle se crut malade, l'aorte en chamade insufflant une étrange douleur. Poing appuyé sur sa poitrine, yeux plissés, elle avait essayé d'enlever cette merde qui lui contractait le palpitant. Ça mordait, ça piquait, ça rampait. Elle avait bouffé des anti douleurs, en avait eu la nausée. Masse sans vie, sac informe au cœur évidé, elle s'était affalée en vrac toute habillée sur le lit, dégoulinante de mal-être. Le bleu marine maudit de la nuit hantait les plaines et les montagnes où que l'on regardât et le ciel se ricanait de l'azur mortel.

Déchéance sans espérance.

Elle avait craché une énième insomnie, glauque et malsaine. Le beau mensonge, le doux mensonge de faire semblant de se survivre s'éloignait de plus en plus...Ses sursauts d'agonie n'allaient plus en être. C'était trop dur.

Les crises de ce spectre indéfinissable, précurseur, destructeur, s'annonçaient crescendo. Le flux venait, d'abord diffus, lointain. Elle le sentait venir comme une envie de pisser qu'on contraignait, qu'on oubliait et qui, sans décence, chargeait férocement comme un bataillon au front.

Dans son antre, isolée et solitaire, la carcasse asséchée de larmes, elle beuglait comme une bête, se pétait la quintessence à s'accoupler avec cette chose qui l'empêchait de se rassasier d'elle-même.

Jouir d'un enfer en baisant le Mal.

La sensation s'infiltrait partout, sordide, teigneuse, sadique. Les stries sur ses jambes et ses bras devinrent plus nombreuses, plus profondes. Se faire mal lui faisait du bien. Mais chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, chaque nuit...qui crevaient l'emportaient un peu plus, un petit peu plus vers le Gouffre.  

Ça l'embourbait cette crevasse, cette déchiqueture qui l'écartelait sans cesse.

Sans cesse...

***

-...J'm'enfonce...Une plainte qui n'en était pas une.Un appel au secours qui n'en était pas un.

La fumée du bang se diffusait dans le salon trop grand. Son sourire béat s'amplifia à la vue d'une mouche qui glissait sur le lampadaire en bronze. Une mouche...ça butinait la merde mais ça crevait heureuse. Elle y crut à sa poésie à deux balles, ricana comme une conne avant de reprendre une rasade de kir royal. La môme friquée réussissait la performance de s'regarder en face quand elle était cramée. Ouais, elle descendait sur une paroi lisse sans accroche. Elle le savait, prise de vertiges charbonneux.

A droite, à gauche...La tête à l'envers qui s'balance.

Fuck the world.

***

Peut-être l'ultime fois où elle chevauchait Jaguar...Le chant du cygne se mettait à fredonner son air charognard quelque part dans sa conscience. Ça la faisait marrer.
Elle inspira un grand coup l'air froid et vivifiant. Pourquoi pas maintenant ?...Mater le paysage sans le voir, avancer machinalement. Toutes ces conneries...La falaise là-bas...Elle s'arrêta, se remettant au destin dans une espèce de convulsion.

Tentation de séduction morbide. Draguer la Mort.

-Va...Allez file...

Une claque sur le cul. Il partirait...Ce serait la Fin...Enfin, en Fin...

L'animal fit quelques pas et renifla le sol mais rien de plus.

RIEN.

Au bord du débord. Elle en rêvait, l'aspirait autant qu'elle y pensait. S'endormir pour ne plus jamais se réveiller. Le sommeil éternel. S'allonger et se livrer à la Faucheuse. Elle aurait froid, de plus en plus froid, paupières closes, ouvertes sur l'au-delà.
Le sourire mauvais, elle reprit les rênes. Bientôt, bientôt, elle refermerait la porte...Ça n'était plus une question mais une affirmation. Soulagée.

Au bout des heures, elle eut mal au crâne et soif. Depuis combien de temps errait-elle dans les chemins trop blancs ? La nuit allait tomber, c'était sa seule certitude. Au détour d'un croisement, elle aurait du partir à droite mais sans raison aucune, prit à gauche. Exsangue, ce fut comme si une main la poussait avec un vent contraire. Elle s'en foutait, ici ou ailleurs, ça ne changeait rien.

RIEN.

Presque Rien. Car à l'extrémité, l'Impensable surgit. Au loin, elle aperçut une silhouette qui s'avançait alors même que son compagnon avait ralenti le pas et boitait plus fortement. Il fallait qu'il se repose.

La femme ralentit sa marche, fixant l'humain. Le cheval, épuisé, s'arrêta et se coucha à ses côtés sans attendre son reste. Il soufflait, une vapeur blanche s'échappant de ses naseaux.

Existe t-il des mots, un langage quelconque pour exprimer ce qui se passait ? Une attraction, une répulsion s'unissaient. Blanc et noir se mélangeaient. L'Espoir aggloméré au désespoir. La Guerre versus la Paix. Rire et pleurer. L'Ange et le Démon.

Vivre et mourir dans un même mouvement, un même abîme d'horreur et de grâce.

Les phalanges blanchies à trop serrer la bride, Mary se figea, ne bougea plus.
Val
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Val
Mar 8 Mar - 10:43








Janvier 2022  

Mary Gaberlie – A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla



L’esprit du cheval appelle, il souffre, souffle, peine... La blessure le taraude, et, dans sa candeur animale il ne comprend pas pourquoi cette douleur soudaine le prive de son élan... Mon âme est dans le même état... Je dois avancer et le soigner, apaiser sa souffrance et sa crainte, c’est parfaitement en mon pouvoir, ça ne lui rendra pas sa vélocité et ses capacités physiques, pas dans l’immédiat, mais il sera en repos, en rémission momentanée...

Mais je reste là, figé, en apnée dirait-on, mon cœur a ralenti, mes sens sont tendus et je dois maitriser de toute mes forces l’émotion qui à la fois me jette dans les bras de la cavalière -dressée immobile à côté de son compagnon couché- et m’en arrache de tout mon refus ! Elle est là, la femme bleue du restaurant, l’ombre de mes nuits ! Elle est là, et je deviens, pantin pantelant, un moignon d’homme... Je ne parviens pas à penser ni à bouger. Le danger ne réussit même pas à insuffler à mon esprit rebelle la volonté de fuir, laissant l’animal à sa douleur -tant pis, je serai lâche ! - et la femme à sa solitude !

Stupide légende !

 Je n’ai pas le temps dans cette vie de connaître ces sensations !

Je ferme les yeux, et baisse la tête, un geste de déni me la fait pencher à gauche puis à droite... Un maelstrom d’émotions et de sensations me tire vers un trou noir et sans fond : son être ! J’ai trouvé le négatif du Souffle que j’abrite, les atomes qui vont aspirer ma matière et mon devenir ! Ma peau me brûle autant que mes pensées ! Je ne peux pas succomber ! Je ne peux pas l’accepter !

Elle est devant moi, aussi désespérée que je le suis. Je ressens sa stupeur et son déni autant que les miens. C’est une farce du destin, une mauvaise blague de la vie ! J’empêche mes mains de se tendre, ne comprenant pas pourquoi – moi d’ordinaire si prompt à proposer et apporter mon aide quand je le peux- me trouve présentement dans une sorte de rejet total et violent. Jamais je n’ai connu un tel ressenti et j’en ai honte quelque part en moi !

Cette souffrance... Celle du cheval n’est rien, elle est explicable, mais celle de l’humaine ! Elle me fait l’effet d’une étoile noire prête à imploser, sa substance semble constituée de sombreur et de mal-être, je me sens violé tout au fond de moi par ce négatif, cet absolu démenti du vivant... Elle est en train de retirer de mon cœur la chaleur et l’espoir, et je dois lutter pour me barricader.

Je ne veux pas de ce lien ! Et je ne mérite pas cette âme-là !


Pourtant, j’ignore ce qu’elle pense de notre rencontre, mais en moi la certitude est faite. Elle est bien celle que le destin m’a choisi, les signes annonciateurs ont été trop nombreux, et notre précédente et si brève rencontre l’a confirmé.

Simplement, je refuse de croire que cela EST.

 Ce  n’est pas une légende de mon peuple –l’ai-je vérifié à vrai dire ? J’étais bien trop occupé à la nier-. Elle, là, peut être concernée, mais pas moi ! Comment une erreur pareille a-t-elle pu se produire ? Mes croyances, mon essence même, sont désavouées ! Je n’ai pas progressé, solitaire et ouvert, pour me renfermer aujourd’hui dans cet abîme de malaise, de haine et de désolation !

Une fois encore, l’esprit conscient que je suis me dicte de revoir ma copie... Si douleur et rage je trouve, mon devoir est -non de m’enfuir- mais de le purifier, de le cautériser, comme un trou béant dans la surface du Tout. Aucun être ne doit connaître les ténèbres et le malheur !

Je l’entends presque rire le destin. Ce destin que j’appelle le Tout et dont je suis partie comme elle... Il s’est bien joué de nous, mais je ne renoncerai pas ! Je tends toute ma volonté, je dois soigner ce cheval ! Soigner l’animal qui s’est couché, vaincu par une douleur insoutenable !

Lequel ? Ne suis-je pas également couché ? Vaincu ?

Et elle là-bas qui ne dit mot et ne peut avancer, abasourdie comme moi par cette audace inouïe du sort !

Je me force à avoir un comportement « normal ». La normalité veut que face à une bête malade, tu viennes lui apporter ton aide. J’avance donc vers l’équidé, mal assuré, tentant d’ignorer l’humaine... Enfin Valravn ! Amka ! Cesse ces enfantillages ! Quel âge as-tu donc ?

L’âme sœur est une légende !

Un conte pour enfants épris d’amour qui ne voient pas comment le dispenser autrement ! Moi, je me suis fait une vie de distribuer et de faire éclore l’amour et la paix ! Ce n’est pas une attirance -fut-elle exceptionnelle- qui va me stopper !

J’avance, titubant, incertain, témoin et miroir de son malaise...

« Bonjour, vous avez besoin d’aide ? »

J’hésite sur la formulation de la suite. Que dire « je me suis installé » « J’habite » « J’ai un campement » plus loin ?

« La caravane est un peu plus loin, vous pouvez vous y abriter en attendant qu’on vienne vous chercher, on va essayer de remettre votre monture sur pied au moins pour qu’il puisse monter dans un van ? »

Voilà, ce sont des paroles « normales ». Elle va pouvoir appeler des secours, si le réseau passe sur son téléphone, ici le mien est muet... Elle fera entrer son cheval dans un van et partira, emportant la moitié de moi que je refuse de reconnaître ! J’anticipe la séparation et me prends un coup à l’estomac, comme si à nouveau la voir partir...

Comme ce funeste soir où de nouveau seul  je n’ai pu continuer mon service !


Je continue dans la « normalité », et je me dis que j’ai un réflexe très américain, moi qui refuse de l’être, ici les gens se présentent moins vite...

« Je m’appelle Val Wraith. » et je tends la main, héroïque, redoutant déjà son contact !




Le loup est moi, comme je suis le loup... L'homme est bête et la bête est homme... Croyez-moi, ou ne me croyez pas.

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Mar 8 Mar - 16:36
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Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.



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Il se tenait à quelques mètres, le sujet, l'objet de son exécration. La « créature » se dressait sur la plaine glacée aussi palpable qu'elle pouvait l'être. Derrière elle, le grand jaune agonisait et se nuançait en de magnifiques roses et violets qui s'étalaient sur le fil de l'horizon. Le contraste la saisit de plein fouet entre l' « ombre » gisante en pied et les couleurs moirées découpées tout autour.

Une apparition. Comme elle, elle ne bougea plus. « L'entité » allait disparaître, non ? Ça ne pouvait pas se passer autrement !

« Vade retro satanas ! Dégage ! Tire toi ! Cette merde qui m'attire ! M'absorbe ! Cette aura qui m'aspire, m'extirpe de moi même ! JE NE VEUX PAS ! JE NE VEUX PAS ! »

Elle ne formalisait rien, ne pensait aucun mot mais tout d'elle, tout d'elle se débattait contre la gravité de ce trou sans fond.

L'écho d'une apesanteur...L'entends-tu petite guerrière ?
Mais elle était sourde.


Elle se sentit épinglée à sa hantise comme un papillon sur un tableau de chasse. Le pauvre petit animal avait mis toute la force dont il était capable pour s'enfuir. Sa seule sauvegarde avait été de battre des ailes, battre des ailes, battre des ailes...Mais comment aurait-il pu lutter contre une prédation qui n'était pas de son monde, contre la main trop puissante qui n'était pas de son espèce ?

« Oh Terre de Tristesse, éloigne de moi ce calice satanique ! Je REFUSE, je REFUSE...cette chose innommable, sordide! »

Se DE-LIER parfaitement de cet enchaînement  qui la dévastait, attirée comme un aimant vers cet inconnu, une colle vile et fourbe qui l'engluait sans qu'elle n'ait rien demandé putain ! Elle avait tué pour sa liberté et ce n'était pas que des mots ou une façon de parler mais bien une réalité vécue, subie. Elle n'allait pas se renier au prix d'un nouvel asservissement ?! Plutôt crever !

HRP: suite sous hide.

Val
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Val
Jeu 10 Mar - 5:01








Janvier 2022  

Mary Gaberlie – A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla



Les vieux sages que j’ai rencontré, pas seulement ceux de mon peuple, mais ceux du monde entier, toutes cultures confondues, parlent d’une connexion si forte entre deux âmes qu’elles se comprennent l’une l’autre sans parler. Je « l’entends » penser, pire, je pense en duo, et ce qu’elle imagine est loin d’être agréable ! J’ai déjà, à un moindre degré, ressenti cette symbiose avec d’autres êtres. Après tout, je me veux « chamane » donc esprit ouvert sur les autres souffles... Ma vie entière est consacrée à ce genre de rencontre, à cette compréhension et association mutuelles. Mais cette sensation là dépasse le commun, et elle n’a rien de bénéfique ou pacifique.

Elle songe à se détruire, pas de façon violente, juste... disparaître.

Et se détruisant - me détruirait - puisqu’il semble qu’à mon indignation palpable elle soit part de moi ! Comment un concept pareil a-t-il pu voir le jour !? Quel dieu ridicule et romantique a-t-il pu décider qu’en plus d’un Tout bruissant des différences, des individus de même apparence puissent s’apparier et se « compléter » ? Les plantes ont-elles au bout de leurs racines, une plante-sœur qui n’attend que leur félicité pour se développer ? Les animaux ? Les particules en suspension dans l’air ?!

Je ne veux pas !

Je n’ai pas d’âme sœur ou plutôt, je n’ai que cela ! Toutes les âmes qui composent ce monde et cet univers sont mes sœurs, toutes elles me sont apparentées et comme moi sont des atomes liés à l’unicité faite de multiplicité qu’est la vie !

Pourtant, elle est là, et comme moi, en bon reflet dans le miroir, elle refuse ce « don » qui nous serait fait. Elle ne le refuse pas simplement en tapant du pied tel un enfant fâché comme je le fais, elle refuse, en se laissant couler dans le Néant ! En essayant de retourner à sa forme primordiale, en se « moléculisant » sous mes yeux et à travers mes sens ! Et ça, je ne peux l’accepter, parce que sa disparition, au degré de liaison qui est le nôtre, va me détruire aussi !

Moi, j’ai à faire encore en ce monde ! Je n’ai pas fini mon parcours. Elle peut décider, pour elle, de s’anéantir, mais je ne veux pas qu’elle réduise à rien des années d’errance studieuse, de rencontres destinées à m’apprendre le vivant, de voyages, réels et imaginaires, à travers le monde des humains et celui des esprits !

Je ne veux pas !


Je prends conscience qu’au cours de ma vie, je n’ai jamais rien refusé, programmé que j’étais à l’acceptation et à la « digestion » des événements inattendus, déplaisants ou étranges... J’ai été formé à comprendre et à ingérer toutes les informations qui m’étaient apportées, à absorber le reste du monde pour m’y mieux fondre, et en m’en imprégnant à devenir « Tout » par osmose avec le vivant alentour...

Pour la première fois peut-être depuis le décès de mon père, j’ai en face de moi quelque chose que je refuse. Non pas elle, en tant qu’entité, mais ce qu’elle représente ! La femme, avec cette souffrance déjà connue à travers les rêves, je l’aiderais, comme j’aiderais chaque être de ce monde -et de l’autre-. Mais mon double ?! Je n’ai pas de double ! J’ai des multiples, ou plutôt, je suis une particule parmi d’autres, mais je n’ai pas de « morceau de ma personne » disséminé à travers le monde !

C’est juste une ineptie ! J’aurais tendance à dire, une de ces idées commerciales débiles, comme le Père Noël qui n’apporte de jouets qu’aux enfants riches, ou la Saint Valentin qui pousse à offrir des cadeaux à date fixe à des personnes qu’on ignore ou oublie le reste de l’année ? Mais... Aristophane n’est pas né au 21ème siècle... Et dans de nombreuses cultures, bien au-delà de la Grèce antique, on retrouve cette légende d’êtres coupés en deux par la volonté d’un dieu mécontent ou d’une sorcière jalouse... Elle est donc...

Mon âme sœur !
Et mon cœur saigne !
La rage habite mon esprit !
Je refuse de toute la force de ma volonté !


Et je la sens faire de même, parce qu’elle est moi et que je suis elle... Et qu’en bons sosies on pense la même chose et refuse l’idée. Je ne peux pas rester de marbre, elle est en train de s’effacer de la surface de cette terre, de se rejeter dans l’entre-temps, pour m’éloigner ! Je la comprends, O combien je la comprends ! Si je n’avais pas accepté une mission, j’en ferai autant...

Comme dans les légendes entendues je ne sais plus où, à la surface du lac nous serions devenus des bulles de brouillard brûlées par la froideur de l’air tandis que la terre est encore chaude du soleil d’hier ! Des particules évanescentes, qui s’élèvent vers le ciel pour être recyclées par la prochaine pluie... Mais ce ne sont que des légendes. Et, elle, est une femme, et je suis lié, malgré moi à cette vie qui veut finir son parcours ! Je ne consentirais pas à laisser fuir une autre existence -inconnue- que je peux aider à continuer son chemin, puis-je, elle, la laisser s’échapper ? M’échapper ?

Alors je fais un pas, encore un, et je tends la main. C’est un peu comme un appel à l’aide que je lui adresse...

Ne fais pas ça !
Ta vie n’est pas terminée !
Les brumes ne s’ouvriront pas !
Ton temps n’a pas expiré !


Attends-moi... Attends-moi, je ne veux pas de toi, mais tu ne peux pas partir... Si tu le fais, je devrais aussi m’en aller sur la glace de la banquise de l’existence et attendre que le froid me tue et me transforme en un autre, recyclé comme tout être de ce Tout que nous composons...

Elle sourit.
Et ce sourire m’épouvante.


C’est celui que l’on adresse à Anguta lorsqu’il vient nous chercher pour rejoindre le royaume des morts, Adlivun sous la terre et les mers... Prêt à subir une année de défis et de questionnements, afin d’attester de la valeur de notre âme et de sa capacité à rejoindre Quidlivun, le Pays de la lune, une fois purifié, pour y trouver le repos et la paix éternels.

Moi, je crois que le Pays de la Lune n’est qu’un recommencement, et que la Paix offre à ce qui fut ton corps l’occasion de revenir... Ton âme reste-t-elle en paix, loin dans l’autre monde ? Probablement. Encore que d’autres récits disent qu’elle n’est que préparée à redémarrer sa quête... Alors peut-être elle aussi retourne-t-elle dans le cycle ? Et se disperse-t-elle, sans vraiment perdre son unité et son unicité ? Parce que nous sommes tous partie du Tout, et que le Tout est nous ?

Je mélange mon credo personnel avec les croyances de mes ancêtres. Pas tant que ça en fait, puisque nous imaginons tous qu’au commencement, aucune des frontières établies et admises aujourd’hui n’était... Et que parmi les esprits et la nature, les souffles de vie, une multitude de dieux, majeurs ou mineurs, secondent la Vie dans son cheminement.
En tout cas, je dois effacer ce sourire d’acceptation ! Si pour qu’elle vive elle doit être mienne, alors je porterai le fardeau... Je l’aiderai à le porter aussi. Mais je n’ai pas fini mon temps, et sa fin serait la mienne !

Je ne veux pas !

De toute la force de mon mental, j’adresse un appel à Pinga, « celle d’en haut », la chasseresse, protectrice des troupeaux, celle qui soigne les âmes et les prépare à revenir, dans l’éther que nous appelons Sila chez nous... Ce que moi je traduis par « le Tout », le composant principal de tout ce qui existe ; le souffle unique de la Vie.

Femme... Reflet de mon âme ! Ce n’est pas l’heure !

Reste... moi.
J’ai besoin de toi autant que tu as besoin de moi !
Que les dieux soient maudits...
Non, qu’ils m’aident à surmonter cela, et à te le faire surmonter.




Le loup est moi, comme je suis le loup... L'homme est bête et la bête est homme... Croyez-moi, ou ne me croyez pas.

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Dim 27 Mar - 23:54
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Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla Val10



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Into Dust

Spoiler:

Les os sur la peau
La folie sur le dos
Ses yeux s'ensorcellent
Et l'âme s'amoncelle
en tas diffus
Crue
Nue
Il la tue
Dire les mots pour s'échapper des maux
Mais elle se mord la langue pour ne pas hurler
Les genoux sur le gravier.
Ça creuse et ça sillonne
Ça flagelle
La peau et le sang
Le démon et l'enfant

***

Elle va... sans « ...Bien » et sans « ...Mal ». Elle va, à la légèreté de l'être, flotille et frétille sur l’alizée des anges silencieux. Là où l'inexistant lui susurre l'inconcevable.

Elle s'endormait. S'enlaçait à l'Absence, s'embrasait à la Solitude. Et les Maîtresses en liesse l'entraînaient loin sur l'horizon sans trace jusqu'à ce qu'elle franchisse l'irrémédiable limite. Il n'était point homme mais Lumière. Tout d'elle en frémit sans bruit. La  Source s'immisçait...Et la fille aux cheveux d'azur s'enfuyait comme elle pouvait.

Mary couchait avec la Mort les yeux grands ouverts, le cœur trop serré.

Charybde en Scylla Captur15

Tu l'sens Valvarn, l'arôme des martyrs ?
Tu la respires l'odeur d'la puanteur ?
Elle hume sans pudeur le poudroiement d'amour qui s'exhale de ton essence, exhumant le secret de son tombeau :


Château de brume

Spoiler:

« Âme soeur ». L'humanité se penchait sur des espoirs perdus d'avance. Comment croire une ineptie pareille ?! Elle en ricanait à chaque fois et passait son chemin, oubliée.

Négligée. Censurée.

Mais là...LÀ.

À fleur de...

Tout près de...








Les globules rouges et blancs, affolés, s'entrechoquèrent. Elle se mit à tomber de l'intérieur, chutant au Monde, le corps endolori, le corps meurtri.

Pitié, pas ça...

Serrer les dents. Le transpercer pour le tuer. Lui aussi.

Si elle avait pu, si elle avait su, elle se serait échappée en courant, en volant au-dessus des champs de neige ! Ne plus le voir ! Ne plus le subir ! Mais le combat inégal ne pouvait s'alimenter de la seule volonté de l'humaine. Le Destin, malin, mutin, souriait, tranquillement assis au bord de l'Univers et leurs marques, subrepticement, s'étaient déplacées.

« Oh Dieu ! Toi qui n'existe pas, aide-moi à repousser cette...chose ! » La puissance de son intention lui fit fermer les paupières une seconde. Incapable de détacher son regard du sien, elle venait, pour la toute première fois du fond de ses éternités, de « prier ».

Pitié !

Enivrée d'une intense émotion, indescriptible, elle se concentra de nouveau sur la vision de la falaise. Tel un shoot, ça l'apaisa et ce fut elle qui rompit le charme maléfique. Il fallait arrêter ça. À tout prix.

-Pourquoi cette peur ?


Elle l'avait vue, la lueur de terreur au fond de ses yeux, l'ombre recouvrant ses prunelles en crépuscule. Et l'insolence de son interrogation en aurait surpris plus d'un, mais cela n'avait aucune importance.

Malgré la noirceur et le malheur, elle savait.
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Val
Mer 30 Mar - 11:40

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




avatar :copyright: inconnu

CHARYBDE EN SCYLLA

Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith



Charybde en Scylla Mary110Charybde en Scylla Martin15

Janvier 2022


Je ferme les yeux... Autour de moi, la neige est devenue noire, noire des ténèbres qui s'emparent d'elle petit à petit, comme si elle s'enfonçait dans un sol sans fond ! Âme sœur ?! L'impossible, l'importun, l'important ont vu jour, comme une naissance maudite mais inéluctable.

Je ne veux pas  d'elle !

Je ne veux pas de lien, pas d'attache, pas … Je prends conscience des limites de la volonté. Je peux m'époumoner, virtuellement, physiquement, rien n'y fera. Le destin, le dessein de la destinée... Chaque âme quelque part a un morceau arraché dans la nuit des temps et qui viendra la compléter, chaque souffle de vie se doit d'accepter, et de faire fructifier ce don. En quoi est-elle un don ? Je sens ma vie glisser dans un abîme de douleur et de peur, de déni et de mort !

L'ironie de la situation m'apparaît.

Mon aïeule m'a donné comme nom d'homme, d'initié Valravn... Le corbeau de dieux anciens étrangers à ma culture qui accompagne les guerriers jusqu'à leur dernière demeure et veille à ce que la mort les reçoivent intacts ?! Savait-elle ? Voyait-elle ? Moi qui me veux vie et lumière, avait-elle eu la préscience de cet aspect de moi que j'aurais pu ne jamais croiser ?

L'aurais-je pu ? Ou comme de nombreuses cultures le pensent, ton chemin est-il tracé à ta naissance, et quels que soient les écarts dans ta route, ce destin qui se moque si bien de nous deux t'y ramène-t-il quoi que tu fasses ?

Etait-elle, comme moi, promise à se brûler la noirceur à ma clarté ? Devions-nous impérativement nous rencontrer pour que le sombre de l'un vienne meubler le trop clair de l'autre ?

Clair obscur...

Vie et mort.


Cela me parle plus, chaque vie n'a comme but que la mort, et chaque mort n'existe que par la vie qu'elle clôture et réinitie.

Vie et mort...

Mais je ne veux pas !

Je ne veux pas !

J'ai à faire. Je n'ai passé que le tiers de mon temps sur cette terre, je n'ai fait que commencer à instruire en moi la paix, la sagesse, le devenir ! Mon regard s'ancre sur sa personne, sa silhouette est presque brume, l'est-elle ? Ou n'y-a-t-il que moi qui la perçois ainsi ? Je la vois s'estomper, s'effacer ?

Je ferme les yeux...

Âme sœur ou pas, c'est une âme... Un morceau du tout qui veut anticiper son départ et son retour au néant de la vie. Rien ni personne ne choisit le Moment, lui aussi est écrit. Quand elle devra partir, se fondre à la brume, au bruissement de la vie en renaissance, alors elle pourra hurler qu'elle refuse, ça ne servira pas. Comment dois-je prendre le message ? Est-ce moi qui refuse de voir ma fin, ou elle qui souhaite appeler la sienne ?

En tout cas, rien n'est hasard. Si elle et moi sommes là, l'un face à l'autre, souffrant l'un l'autre de la nature même de l'autre, c'est qu'il y a un sens à trouver et un acte à commettre.

Dois-je l'accompagner ? Et la suivre ?

Dois-je la ramener ? Malgré elle ?


Je n'ai guère de temps pour répondre. Elle est là... La neige est noire et elle est brouillard, le sang coule, s'évade, même si je ne le vois qu'en esprit. Elle ouvre les bras à la mort, accueille la cohorte d'esprits et de dieux maléfiques qui promettent la fin et non le début ! Que Torngasak la seconde ! Qu'il vienne en moi pour lui donner comme à chacun  Le bon esprit,  tout ce qui est bon et utile à l'homme dans la nature.

Regarde Femme ! Regarde !

Autour de nous, tout a son rôle à jouer, les arbres, la neige, ces fleurs qui osent à peine percer dans cet univers blanc, le vent, les animaux, l'air... Et... Toi.

Je tends mon esprit, j'essaye de former des vrilles mentales qui la tirent du noir pour la ramener à un gris plus pâle, j'arcboute ma volonté pour combattre la sienne !

Vie...

Tout est vie et espoir, et devenir !

Fermer la porte de la désespérance, repousser la venue du chaos. Akna ! Déesse mère de l'accouchement, rends à cette femme le désir d'exister ! Permets une nouvelle naissance de son souffle, occulte sa vision aux démons qui l'entraînent ! Fais qu'elle soit invisible pour eux, et qu'eux ne soient plus dans le champ de ses pensées !

Je chasse en moi ce corbeau dont je porte le nom pour appeler le loup... Les loups sont des animaux grégaires et apprécient la compagnie, fasse le Tout qu'il m'aide à surmonter ce qui en elle me révulse, déjà, cette marque qu'elle m'a volée, puis cette sombreur et cette douleur, puis... la mort qui l'enveloppe comme un manteau de miasmes... Le loup est un animal courageux et vaillant, devant elle, l'urgence de la situation fait que je me dévêts de mon humanité pour devenir un noir et massif animal...

Mon âme totem pourra vaincre la nuit ! Tandis qu'elle se dissout petit à petit, j'approche ma fourrure de son esprit... Ne suis pas Keelut le maléfique, si tu veux suivre un chien, suis Amka l'amical...

Mon aspect a changé, mais ma volonté est toujours bandée, la vie est là, viens à la vie !

Femme !
Reviens dans ce monde !
Plus tard, si les dieux le veulent, si le Tout dont nous sommes l'un et l'autre une part infime l'exige, alors, le Corbeau t'accompagnera...
La, il n'est pas temps !
Ecoute mon cœur et suis son écho.


Mon coeur de loup est offert, il saigne, il se sent déchiré par les épines de sa souffrance, mais les loups ne s'avouent pas si facilement vaincus...

Ai-je déjà nié mon esprit humain pour résister aux ténèbres ? Pas que je me souvienne... Jusqu'alors, ma bête était bonheur et joie, partage et émotion...

Viens !

Que le soleil de la vie se lève et chasse la nuit des brumes... Viens ! N'entends-tu pas combien ta présence me tue ?!


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Lun 4 Avr - 22:30
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À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

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Archive-Lights

Ça fait mal de sentir
Ça fait mal d'entendre
Ça fait mal d'y faire face
Ça fait mal de se cacher
Ça fait mal de toucher
Ça fait mal de se réveiller
Ça fait mal de se souvenir
Ça fait mal de tenir bon
Tourne ma tête
La douleur est implacable
La douleur du vide
La douleur de vouloir
La douleur de continuer
La douleur de manquer
La douleur me tue
Tourne ma tête
Éteinte
Toujours
Éteignez la
Toujours
Éteinte pour toujours
Éteignez la pour toujours
Toujours aveugle

***

Dis pauvre hère,
Dis moi les maux de ta Prison étouffante et noire
Étripée et sanglante,
Montre moi les murs sans fenêtres
Les parois d'épines
Et les hurlements du Vide

À la gloire du monstre
Les os s'inclinent et déclinent

Va t'en !

Écoute misérable hère
Écoute moi dans l'abysse
Miséricorde et rédemption
Penchées, enlacées
Savoure les larmes de la Lumière
Et larmoie dans la foi

À l'ombre du satan
L'âme se délite et se précipite


Va t'en !

Regarde Fille du Malheur
Regarde moi sans peur
Espérance et transcendance
Vêtues de la rédemption
Vois l'horizon sans damnation
Et supplie pour ta résurrection

Va t'en !


***

IL ne disait rien, scellé à un silence qui la bouleversait. Ce n'était rien pourtant, un détail insignifiant : un silence...Un rien empli de Tout. Car elle la percevait, la flamboyance de son aura, un plein soleil d'été. Ça la brûlait, ça la dérangeait, ça lui faisait mal, de cette douleur là, pire que l'autre. Elle faillit hurler.

"Arrête ! Arrête ça !"


Submergée d'une tempête d'étincelant, elle le regarda avec intensité, se perdit dans ses prunelles incandescentes d'appel. « Je ne peux pas, je ne  peux pas... » La supplique résonnait, dissonait étrangement. Il ferma les yeux et elle se distilla dans la brèche pour contacter la Haine qui l'aimait tant. « Ah Mary...Comme c'est facile de t'inonder de ma noirceur, c'en est pathétique et ennuyeux. Allez, va, va mon enfant, dissolve toi comme tu sais si bien le faire à mon enivrant venin... »

Le sentiment d'animadversion l'inonda toute entière et à son tour, répondant à la vague orgasmique, elle clôt les paupières puisant à la source mauvaise.

"Arrête ça !"

L'exhalation perdurait cependant et devint plus forte, plus intense. Elle lutta comme elle put, percevant avec acuité le souffle de l'éblouissement. Insupportable ! Poings serrés, quelque chose s'insinuait en elle qu'elle repoussait avec force.

Elle se mit à respirer, narines dilatées, sa poitrine se soulevant à la mesure de sa lutte.

-Arrête !

Elle gueula comme une bête farouche, blessée, dévastée d'une bien inexplicable manière.

-Arrête ! Je t'en supplie !

Mais l'émanation spirituelle n'en avait cure. Elle poursuivait son cheminement impassible, assurée, puissante, éblouissante.

Suffocante, l'écorchée allait s'enfuir. Il n'y avait que la Mort pour s'extraire de ce piège...Que la Mort... « Ô amante fidèle, emporte moi au creux de tes bras... » lorsque soudain, ahurie, dévastée, elle assista à la métamorphose de Valravn.

Un thérian...Un semblable...Mais ce ne fut pas cela qui ruina son combat, ce fut le simple fait qu'il n'était plus humain mais Loup. Un animal sauvage, l'antipode de l'Homme...

La conscience en apnée, elle hésita longuement, sondant sans ciller le regard moiré. L'Onde invisible devint plus douce, plus subtile. Cela ne représentait plus une menace, du moins le perçut elle ainsi.
Alors, au bout d'un temps certain, l'immobile se brisa et Mary s'avança. D'instinct, elle posa sa main sur sa tête et caressa machinalement le poil dru.

-Mon loup, murmura t-elle.

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Val
Mer 6 Avr - 20:40

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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CHARYBDE EN SCYLLA

Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla Mary110Charybde en Scylla 9a477210

Janvier 2022


-Mon loup

Sent-elle mon âme sourire ? Non un sourire de triomphe mais un sourire de gratitude ? Jamais je n'ai eu à faire autant d'efforts pour garder dans son plan d'existence un souffle rebelle... La neige a retrouvé sa blancheur, ce sont mes poils qui portent la noirceur, elle se fond dans la couleur de ma fourrure, est absorbée par ma teinte naturelle...

Merci Femme ! Merci !

Suis-je devenu fou ? Je viens de la remercier de s'être enchaînée à moi ? Je viens de la louer d'avoir assujetti mon être ?! « âme soeur », âme liée, double sur cette terre ? Quelle sottise ! Quelle hérésie ! Comme je comprends sa révolte et sa volonté de fuite ! Mais ça n'est pas la solution, elle a emprunté un chemin traître et périlleux. Je regarde le ciel, dans la grisaille d'un orage de neige imminent, le soleil montre un timide visage.

Elle est là, tout près, et s'agenouille pour me caresser la tête. Je ne bouge pas. Pourtant, mon loup est généralement farouche et distant, jamais dangereux, mais indépendant et méfiant. Là, je reste immobile...

Le voudrais-je que je ne pourrais pas bouger, j'ai besoin de me remettre, comme elle je le pense. L'un comme l'autre, nous avons vis-à-vis du destin un ressentiment palpable, mais il a frappé, et s'il y a une chose qu'il est impossible de renier, c'est ce qui nous arrive. Sans le rejeter, il nous faut y faire face, c'est un peu comme suivre un chemin qui te mène à une falaise. Si tu t'entêtes, et continues tout droit, tu tombes...Tu ne peux pas nier le vide qui s'ouvre devant toi, mais tu peux décider de suivre la falaise, jusqu'au moment où une route s 'ouvre qui te permet de retrouver après un long détour la direction que tu as dû quitter malgré toi !

Je n'y croyais pas, je ne voulais pas y croire !

Ce concept, une âme unique scindée en deux qui doit se retrouver pour « être », pleinement, c'est à la fois si cruel et si absurde, C'était pour moi une de ces légendes romantiques et sans fondement, une de ces inventions humaines, ridicules et dénuées de sens !

Le loup que je suis se laisse flatter, elle passe les doigts dans mon pelage, sans paraître se rendre compte de son geste, comme soulagée que j'ai perdu mon humanité...

Je baisse la tête, si j'étais homme, elle verrait sur mes traits ma lassitude et la crainte que j'ai éprouvée, mais là, elle doit juste sentir combien je suis fourbu. Je renifle, LA renifle comme un loup le ferait d'un corps méconnu, et mon regard malgré l'épuisement brille... Elle est elle aussi animale, elle abrite également un prédateur.

Peut-être notre salut viendra-t-il de nos esprits de bêtes ?

J'essaie de tendre ma pensée vers elle... Les paroles du Commencement me reviennent, celles que tout initié entend adolescent, parfois enfant s'il a la chance d'appartenir à une lignée de sages :

« Au début des temps il n'y avait pas de différence entre les hommes et les animaux.
Toutes les créatures vivaient sur terre.
Un homme pouvait se transformer en animal s'il le désirait, et un animal pouvait devenir un être humain.
Il n'y avait pas de différence.
Les créatures étaient parfois des animaux et parfois des hommes.
Tout le monde parlait une même langue.
En ce temps-là, les mots étaient magie et l'esprit possédait des pouvoirs mystérieux.
Un mot prononcé au hasard pouvait avoir d'étranges conséquences.
Il devenait brusquement vivant, et les désirs se réalisaient.
Il suffisait de les exprimer.
On ne peut donner d'explication.
C'était comme ça. »

 « Ne te préoccupe pas de liens », dit mon âme. Les liens peuvent être chaînes qui retiennent le prisonnier, ou cordes qui l'aident à s'évader de sa prison...

 « N'entends que ce que tu veux entendre », dit mon âme. Le chant des oiseaux peut être musique pour l'humain, paroles pour l'oiseau, présence de gibier pour le prédateur !

 « Libres sont les souffles qui constituent le Tout » crie mon âme... L'unique limite est celle que tu admets ! L'unique chemin celui qui s'offre à toi ! Tu peux choisir de voir ou de ne pas voir, d'écouter ou de méconnaître, la seule chose qui commande en ce monde est la vie.

La Vie...

Celle dont elle voulait se dévêtir comme d'un vêtement trop pesant, celle qu'elle souhaitait nier pour m'échapper ?

Le loup se retient de s'allonger dans la neige, pour -comme mes ancêtres- « partir sur la glace dans les brumes » et n'en pas revenir. Comme je sais ce que tu ressens... Comme je sens ce que tu sais... Mais ce n'est pas le moment, ce n'est pas l'heure encore, ni pour toi, ni pour moi !

 « Regarde Femme, regarde ! »

Ton cheval souffre lui aussi, d'une souffrance bien plus compréhensible et visible mais pas plus acceptable ! Lui a sur sa peau la blessure que nous avons à l'âme ! Au lieu de me coucher sur le sol pour y laisser une partie de moi-même, je fais quelques pas vers l'animal qui gît, et je tends mon esprit vers le sien. Équidé il devrait tenter de fuir à mon approche, mais le loup n'est pas agressif, l'homme est en lui et tente d'apaiser la proie...

Il faut l'aider Femme ! M'as-tu dit ton nom ? Je ne crois pas ? Ou bien cet ouragan de douleur que tu m'as transmis me l'a-t-il fait oublier ? J'avance vers le cheval et reste à distance, pour qu'elle comprenne ce que je veux, il faut l'évacuer avant que la nuit coule et que la neige tombe à nouveau ! Il faut les abriter tous les deux, si elle ne veut pas de moi, je resterai bête et elle dormira seule dans la caravane, je monterai la garde devant son refuge.

Je n'ai pas d'âme sœur !
Cela, je ne veux pas !

Mais toutes les âmes de ce monde sont mes sœurs et mes frères, toutes les âmes, humaines, animales, tout ce qui est vivant !

Parviendrais-je à dicter à mon intellect humain cette ligne de conduite ou vais-je à nouveau paniquer dès que j'aurais repris mon apparence inuit ?

Dans l'univers, partout dans l'univers, seule la Vie existe... La mort n'est qu'une étape, rassembleur des morts, Anguta les emmène dans le monde souterrain, où ils doivent dormir avec lui pendant un an, Puis, ils sont prêts à revenir, à reprendre place dans le Tout qu'est la Vie, sous une forme ou sous une autre... Car seule la Vie existe, seule la Vie perdure ! Sent-elle ce que je communique à son âme ? Voit-elle ? En humain je peinerais sur les mots à choisir, j'aurais du mal à expliquer le concept... Mais en loup, ma présence même est une ode au vivant et à la continuité du monde...

Vois-tu Femme qui appelle la mort comme pour en finir...

« La terre était là avant les hommes. Les tout premiers hommes sont sortis de la terre.
De la terre… Tout est sorti de la terre même le caribou.
Un jour les enfants ont poussé hors de la terre Tout comme les fleurs....
Et cependant il y a une grande chose,
la seule grande chose : Vivre pour voir dans nos huttes et nos voyages, le grand jour qui se lève et la petite lumière qui remplit le monde. »

Le jour est partout. Il illumine de sa clarté la nuit la plus noire... Je regarde le cheval qui semble attendre, puis recule légèrement et me positionne près de mes vêtements tombés au sol. Je n'avais pas grand chose sur le dos, les températures finlandaises sont clémentes par rapport au toit du monde où je suis venu au monde ! Mais j'attrape dans ma gueule mon pantalon, mon pull et les lacets de mes chaussures... S'il neige, demain ils seront ensevelis, et mon choix d'existence rend précieuse la plus infime de mes possessions.

Loup qui patiente, quelques guenilles en bouche, mon regard doit irradier ma joie de la voir plus calme, et moins morte !

Comment peut-on être « moins morte » ? Ne devrais-je pas penser « vivante » ?


Charybde en Scylla Masque11

@dreamcatcher
Dreamcatcher
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patrick
Dreamcatcher
Sam 9 Avr - 15:13
Charybde en Scylla 12565110
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla Val10



Avatar: Alissa White Gruz
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"Celui qui se transforme en bête se délivre de la souffrance d'être un Homme"

Terry Gilliam

Elle a aimé un jour. Longtemps, trop longtemps. Et puis, il disparut. Le tocsin tintinnabula jusqu'aux confins de son cœur meurtri, fracassé. Plus jamais. Plus jamais elle n'aimera. Aux nuits infinies de solitude, parfois, quand c'était trop dur, elle avalait du rêve factice en barre. S'oubliait dans des beuveries collectives, remplissant un palpitant trop vide. Qu'il ne s'efface pas, l'entendre rire. A ces instants de pure vésanie, elle se trépassait dans un chagrin sans larme.

Des effluves d'apaisement l'inondèrent toute entière lorsqu'il se transforma, succédant au dégoût primesautier ressenti par son aura qui l'éclaboussait. A la froide raison , ce fut, a contrario, une chaleur incommensurable et tiède qui rampa tout au fond de son être. C'était si...doux, suave, agréable. Un soulagement l'embrassa à plein corps. Elle crut entendre le flux et reflux de son propre sang.

Mary, sous l'emprise d'un shoot d'amour, palpita un très bref instant la vie comme jamais elle ne l'avait ressentie. Plus rien ne pourrait lui faire du mal. L'horizon se voilait enfin de lumière et d'espoir.

Quel être humain pouvait échapper à la dépendance du fluide de l'âme sœur ? Personne et elle aurait du s'échouer à lamper sa psyché, réclamant sa dose d'affection fusionnel à genoux, implorante, vaincue.
La caresse brûlante coula dans toute sa quintessence telle un retour de flammes. Yeux plissés par la saveur sublime, elle se laissa emmener de plein fouet tout contre l'esprit du loup. La brise glacée alentours lui fouettait les poumons et elle s'obligea à aspirer de grandes goulées. C'était la première fois qu'elle vibrait ainsi. Les sensations, surprenantes, trop intenses, lui firent oublier, le temps d'un battement de cils, sa condition.

Une lutte intérieure se mit en branle, digne d'un Goliath versus David. Elle se percevait exsangue, plaquée et traînée à un destin qu'elle choisissait de refuser. Contrainte mais rebelle, bouillante de sentiments violents et contradictoires, elle parvint malgré tout à affirmer sa volonté de refuser les conséquences de cette rencontre irréelle. Engluée de révolte, d'impouvoir, elle arracha son esprit de l'emprise surnaturelle, se sentit dans le même temps écartelée, écorchée mais finit par se retrouver.

Un rat dans une cage.

Les effluves invisibles de l'animal emplissaient l'air d'un mélange étrange. Bleue, presque majestueuse, elle s'avança. D'emblée, par réflexe, par cet instinct sauvage qui couvait en elle, elle avait haï son regard d'homme, haï tout ce qui suintait de lui, le simple fait qu'il soit humain, comme tous les autres.

Il fait si noir dans le noir n'est-ce pas Mary ?


Quelle déplorable défense abreuvée à l'implacable manque d'amour et aux violences qu'elle avait subis. Pitoyable rébellion...Car elle savait, oh comme elle savait qu'elle n'en réchapperait pas. Le souffle d'une torture incommensurable poursuivi par son refus, la gifla des pieds à la tête. Tout ça ne s'arrêterait donc jamais ! Elle ne pourrait pas s'en sortir...C'en était trop. Il fallait juste qu'elle crève.

Au bout de ses strates secrètes, elle se traîna donc jusqu'à ce point de rupture où toute substance de courage et de rage s'annihilèrent. Dépouillée, il ne lui restait plus qu'à choisir son Temps et la manière dont elle allait s'évaporer.

Muter en perversion aux précipices de la souffrance pour transcender le Mal et l'Impossible.
Folie, rage et désespoir, soyez mes songes et mes cauchemars.


Le regard vadrouillant, elle soutint celui du loup, prenant soin de lui répondre avec le même oeil brillant. Ô jeu dangereux, mais qu'avait-elle à perdre désormais ?

Tu te dépèces. Tu te disloques. Tu abhorres si puissamment, tu t'abhorres au moins autant. Mais tu ferais n'importe quoi pour te sortir de là. N'importe quoi.

Sauver sa peau ? Expérimenter une autre mort à vrai dire, une double peine au service d'une abomination.

Mais Mary se perdit dans une bouffée d'affection, se laissa renifler, -oui, il allait découvrir qu'elle en était-, appuya doucement sa paume contre son poil. Val Wraigt n'était plus, alors tout allait bien.

-Oui, tu as raison allons-y.
       
Il s'était approché du cheval, avait pris ses affaires dans sa gueule, attendait.

« Pour aller où ? Dans ta tanière ? Reprendre le trajet de mon enfer ? »

Durant leur échange silencieux qui au final n'avait duré que quelques minutes, elle avait perçu sa lassitude au creux de son animalité. « Si tu savais, si tu savais à quel point je suis fatiguée de vivre... »

Elle avait crié, il n'avait rien dit.
Elle n'avait rien demandé, il s'était transformé.
Elle avait longtemps habité si peu, presque rien...





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