Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

A.C.A.B.

Asma
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Univers fétiche : Dystopique, fantastique, mythologie, etc.
Préférence de jeu : Les deux
patrick
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Asma
Lun 18 Avr - 19:03



Julia
Anderson

J'ai 36 ans - mais l'apparence de 10 ans de moins - et je vis à Anadyr, Ex-Russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp. Dans la vie, je suis policière, pilote de drone d'une unité MAX-TAC et je m'en sors franchement très bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Héritière désignée de la moitié du conglomérat ANDRA Corp, j'ai quitté Anchorage pour "m'acheter" une nouvelle vie ailleurs.
En savoir plus.
Les pensées se bousculaient dans sa tête. Une image en chassait une autre à toute vitesse. Mais chaque fois, son esprit revenait à ce moment fatidique. L’emprise d’Ivan. Les papiers sur le bureau. Son souffle sur sa peau. Les inscriptions. Si seulement. Si seulement elle avait un moyen de retourner dans ce souvenir et d’en extraire les informations dont elle avait besoin. Si seulement elle avait su l’importance qu’ils pourraient avoir. Sur le moment, elle n’avait espéré qu’une chose : partir le plus loin possible. Maintenant, elle regrettait de ne pas avoir pris la peine de l’interroger plus avant sur ces fameux projets dont il faisait état.
Le retrait brusque du bras qu’elle tenait encore sans s’en rendre compte la ramena à la réalité. Le brouhaha soudain autour d’elle lui fit lever les yeux vers la silhouette du tout petit bout de femme qui s’arrêta devant le groupe. Julia ignorait qui elle était, mais elle vibrait d’une impressionnante aura. La cheffe des lieux, sûrement ? Du mouvement, encore. Visiblement, il se jouait là une guerre de pouvoir silencieuse, dont Julia ne comprenait ni les tenants ni les aboutissants.
Dire qu’il y avait moins de 24 heures, elle avait quitté son confortable appartement et la compagnie de son vieux husky, pour ce qui aurait dû être une simple mission de routine. Elle aurait mieux fait d’écouter Alexei. Rebrousser chemin, terminer la mission. Mais non, il avait fallu qu’elle aille poursuivre son enquête plus loin encore et termine dans ce guet-apens. D’ailleurs, elle ne savait toujours pas pourquoi ils l’avaient emmenée avec eux. Vu les échanges qu’elle avait avec le groupe, personne à ce stade n’avait identifié qui elle était vraiment. Si ce n’était pas pour cela, alors pourquoi ? Pourquoi emmener une simple policière pour discuter des plans apocalyptiques des grands patrons d’ANDRA ? L’erreur qu’elle avait sans doute commise avait été de laisser entendre qu’elle savait de quoi il en retournait ; mais il y avait un enjeu bien trop important à la clé pour jouer les ingénues et faire comme si elle ne savait rien. Par contre, jusqu’à quel point être honnête avec ces gens ? La plupart d’entre eux n’avaient pas grand-chose de recommandable... et elle doutait que leurs intentions soient bien meilleures que celles d’Ivan.
L’ancienne prit alors la parole. Les koriaks. Une nouvelle fois, Julia repensa à tous les cours qui lui avaient été dispensés. Que se rappelait-elle sur le sujet ?
Dans la région, au sens très large, se trouvaient quatre grandes tribus dominantes. Les koriaks, au sud d’Anadyr. Les Itelmènes, plus au sud encore, dans la péninsule du Kamtchatka. Les Tchouktches, au nord. Et les Evènes, bien à l’ouest. Les quatre tribus étaient-elles toutes représentées dans la frange entre Anadyr et l’Arc ? Sinon, comment franchissaient-elles cet arc ultra-militarisé et surveillé ?
Julia avait des souvenirs lointains d’une époque où les koriaks avaient voulu avertir les autorités des menaces sur les élevages de rennes si les projets d’exploitation minière se poursuivaient. Sauf que les ressources minières étaient indispensables aux progrès technologiques ; en particulier, pour l’exploitation des terres rares nécessaires au développement de technologies de pointe. Des gisements nouveaux avaient été identifiés et étaient devenus exploitables avec le dégel du permafrost. Les pacages de rennes koriaks avaient été sacrifiés sans l’ombre d’une hésitation. L’espèce avait d’ailleurs fini par disparaître de ces zones il y avait de cela de nombreuses années. Elle avait entendu dire qu’ils élevaient des rats géants. L’idée la fit frissonner. Une partie d’elle se demandait s’il ne s’agissait pas du genre de fadaises dont on nourrissait les citadins pour les inciter à ne pas s’éloigner des grandes mégalopoles. C’était malheureusement à peu près tout ce qu’elle savait de ce peuple. Ou du moins ce qu’il en restait. Les « sauvages ». Pas un des sujets d’études les plus poussées de son cursus. Ni un de ses sujets de prédilection. Pourtant, la femme qu’elle avait en face d’elle était bien plus qu’une simple sauvage. Elle semblait dotée d’une intelligence et d’une perception de ce monde bien supérieure au commun des mortels.

La jeune femme aux cheveux d’albâtre jeta un regard en coin à celui que la vieille femme avait appelé « Quezîn » avant de reposer son regard sur cette dernière. Elle ne pût réprimer un franc sourire à l’accueil chaleureux que lui faisait celle-ci.

- Julia, je m’appelle Julia.
- Suis-moi, jeune fille.

Le regard de l’ancienne se posa alors sur le groupe hétéroclite qui avait rejoint les rangs de sa tribu.

- Vous aussi.

N’osant contredire la matriarche, elle emboîta le pas vif et rapide de la petite femme, qui lui fit traverser le camp. Passant devant un feu sur lequel mijotait un plat à l’odeur alléchante, surveillé de près par une jeune fille brune au visage rond encadré de deux longues nattes, Julia fit une brève halte, réalisant alors qu’elle n’avait rien mangé depuis la veille au soir. Elle rattrapa l’ancienne qui avait continué sa route, et pénétra, à son invitation, dans ce qui semblait être la plus yaranga du campement. En son centre, des braises rougeoyantes répandaient leur chaleur.
L’ancienne tendit le bras pour l’inviter à s’asseoir, en fit de même et commença à parler. Autour d’elle, dans la semi-pénombre, Julia sentit les autres s’installer également en silence.

- Tu es bienvenue parmi les koriaks. Reçois notre hospitalité,  étrangère.

Elle lui tendit une tasse d’un liquide fumant et très odorant, que la jeune femme accepta d’un hochement de tête respectueux en guise de remerciement. Il s’agissait d’une sorte de thé, une infusion d’herbes parfumée. Elle en avala une gorgée et sentit alors une agréable sensation de chaleur l’envahir, lui irradier le corps et chasser le froid du tréfonds de ses os. Ses yeux quittèrent les braises incandescentes et se posèrent sur l’ancienne.

- Si vous me promettez de ne pas demander d’où je tiens ces informations, je vous dirai tout ce que je sais sur le sujet.

Une pause. Un hochement de tête. Ce fût le moment que choisit son estomac pour émettre un gargouillement sonore. De quand datait son dernier repas ? Julia chassa cette pensée, et prit le temps de rassembler ses idées.

- Il y a un peu plus de 150 ans, un scientifique du nom d’Ernest Rutherford réalise la première réaction de fusion nucléaire en laboratoire. Une vingtaine d’années plus tard, c’est un réacteur à fission nucléaire qui commence à être utilisé pour la production d’énergie.
Il a fallu attendre près d’une centaine d’années, autour des décennies 2020-2030, pour qu’une exploitation commerciale d’une centrale à fusion nucléaire soit envisageable. Mais comme vous le savez, c’est à ce moment là qu’a eu lieu le grand changement politique et l’avènement des méga-corps. Une source d’énergie quasiment illimitée, et donc qui ne rapporterait quasiment plus rien. Est-ce que vous croyez vraiment que c’est dans l’intérêt de ces compagnies ? Nous.... Ils ne font pas dans la philanthropie. Mais je ne vous apprends rien. Les projets ont donc été enterrés, et on a continué avec cette « bonne vieille » fission.

Elle leur épargna le récit de toutes les conséquences de ce choix, notamment sur le plan environnemental. La génération de déchets nucléaires dont on ne savait que faire. Le personnel contaminé dans le processus de retraitement des produits qui pouvaient l’être, et le business des améliorations cybernétiques qui en avaient découlé. Sans parler de la cyberpsychose. Les exploitations minières, les expropriations, les sols ravagés. Bref. Tout ce dont Julia avait détourné les yeux il y avait des années, pour ne pas avoir à en encombrer sa conscience. Péchés de ses pères...

- Sauf que... je sais de source sûre qu’Ivan Razamanov est à la tête d’un projet secret nommé « Héphaïstos ». Je n’ai pas le détail des tenants et des aboutissants, mais il semblerait qu’il ait décidé de mettre en fonctionnement un tokamak.

De l’incompréhension s’afficha dans le regard de plusieurs des personnes qui l’entouraient.

- Un tokamak est une chambre toroïdale à bobines magnétiques. C’est un dispositif de confinement magnétique destiné à créer et maintenir un plasma chaud autour de 150 millions de degrés.

La jeune adolescente qu’elle avait aperçue plus tôt devant le feu choisit cet instant précis pour rentrer sous la yaranga et lui tendre une assiette en bois. L’odeur de nourriture l’envoûta. Du poisson séché, de la graisse animale. Pensant aux rats géants, une petite partie d’elle se dit qu’elle ne préférait pas savoir. La graisse était mélangée avec des racines de plante, pour faire une pâte. Le tout était recouvert de délicieuses baies de canneberge fraîches.

- Tolkusha, l’éclaira la jeune fille.

Le plat était accompagné, grand luxe, d’un œuf frit. Pas un de ces œufs synthétiques et sans goût que l’on trouvait en ville. Elle huma longuement le plat et tout ce qu’il exhalait. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas vu de la nourriture aussi fraîche. Des fruits qui avaient une odeur de fruit. Un œuf au jaune brillant.

- Spasiba, répondit Julia avec un sourire sincère. La fille leva un sourcil, la fixant d’un air étonné, et éclata d’un rire cristallin, avant de quitter la yourte.

Avant de poursuivre son récit, Julia prit une grande louchée qu’elle engloutit de bon cœur. Elle avait beau être née avec une cuillère en argent dans la bouche, elle n’avait jamais été très difficile sur le plan de la nourriture. Elle savait apprécier un plat de qualité. Avalant goulûment, elle reprit, en agitant sa cuillère comme pour accompagner ses paroles.

- Un gros four. A faire du plasma. Et les champs magnétiques permettent de le garder à l’intérieur. Après, c’est comme pour les autres centrales. On utilise la chaleur pour faire de la vapeur, et la vapeur pour faire de l’électricité. Cela produit plus d’énergie que la fusion. Beaucoup plus d’énergie. Moins de déchets. C’est supposé être plus stable aussi.

- Quoi. Il n’y a pas que des imbéciles, dans la police, se sentit-elle obligée d’ajouter devant le regard hébété de son auditoire. Elle avala une autre bouchée de la délicieuse mixture, et reprit.

- Ne vous y méprenez pas, il n’y a pas une once d’altruisme en Ivan Razamanov. S’il a fait ce choix, ce n’est pas pour le bien de l’humanité. Il a quelque chose derrière la tête.

Elle s’arrêta de nouveau, réfléchissant elle aussi aux motivations possibles d’Ivan. Cela faisait depuis qu’elle avait commencé à revoir ces images d’elle et lui qu’elle ne cessait de ressasser cette question. Pourquoi ? Une idée commença à germer dans son esprit. Elle décida de la partager à haute voix.

- PolyTech détient quasiment l’ensemble du nord de l’Amérique. Tout ce qui était l’ex-Canada, et une grande partie du nord de feu les Etats-Unis. Ils ont tenté de lancer une OPA sur ANDRA Corps mais se sont un peu cassé les dents en cours de route.

Un sourire intérieur illumina la jeune femme. Elle ne se mêlait pas souvent des affaires familiales, mais en l’espèce, son pouvoir de nuisance avait contribué à freiner les ardeurs de leur concurrent. Elle se retint de glousser ouvertement.

- Néanmoins, ANDRA ne s’est jamais totalement remis de l’affront. Et Ramazanov était convaincu que la réplique n’avait pas été suffisante. Le conseil d’administration avait fait le choix de la modération. Il tuerait père et mère, s’il le pouvait, pour récupérer le contrôle entier d’ANDRA. Et se venger de PolyTech par la même occasion.... PolyTech et l’intégralité de la zone sous conglomérat.

Julia s’arrêta. Elle était en pleine spéculation, mais pourtant cela lui semblait être l’évidence même. La puissance de l’énergie dégagée par la fusion était très largement supérieure à celle de la fission. De l’armement développé avec cette technologie n’aurait absolument aucun égal. Dans le contexte actuel, une attaque frontale était absolument inenvisageable. Mais avec un gang à ses côtés, Ivan pourrait faire proliférer de  l’armement de son choix au sein des territoires régis par le conglomérat PolyTech, déclencher des attaques coordonnées. Dans un accès de mégalomanie, détruire son concurrent et reprendre le contrôle complet des territoires de PolyTech. Et pourquoi pas, à ce moment-là, se poser en brave libérateur et « offrir » cette technologie nouvelle pour faire prospérer le nouvel ensemble, et éviter des velléités de rébellion ? Cela lui semblait trop gros pour être vrai. Et pourtant....

Julia ignora le murmure croissant qui se répandait autour d’elle. Son regard était plongé dans celui de l’ancienne. On aurait dit que celle-ci était capable de lire dans ses pensées. Une étrange sensation. Rassasiée, enveloppée par la chaleur ambiante, Julia se sentit sombrer dans un doux état de léthargie. Le murmure devint grondement, la faisant sortir de sa torpeur. L’ancienne leva une main, faisant retomber le silence sur les lieux.

- Nous te remercions de ton honnêteté, Julia. Nous avons maintenant pas mal de choses à discuter.

Julia hocha de nouveau la tête, pour indiquer qu’elle comprenait. Elle se leva, mais avant de quitter les yeux, s’adressa une dernière fois à la matriarche.

- Je vous remercie. Toutefois, si je peux abuser encore un peu de votre hospitalité, je n’aurais rien contre un brin de toilette.
- Itka, emmène-la.

L’adolescente de quelques instants plus tôt reparût dans son champ de vision, et lui fit signe de la suivre. Julia se leva, salua l’audience, et sortit. A l’extérieur, elle inspira un grand bol d’air. Le parfum du mélèze lui chatouilla les narines. S’il n’était pas encore parfait, cet air restait nettement moins vicié que celui de la ville, et en soit, c’était déjà une victoire.

Contemplant le paysage environnant, elle suivit la jeune fille sur un sentier qui longeait l’orée du bois. Elles atteignirent une plus petite clairière, un peu à l’écart, au centre de laquelle trônait une toute petite cabane de bois, flanquée de deux bassins fumants. La jeune fille posa le tas de linge qu’elle tenait entre les bras sur une latte de bois qui courait le long d’un côté du premier bassin, et s’éclipsa sans plus de cérémonie.
Sans un mot, Julia se départit des haillons qu’elle avait enfilé par-dessus le reste de son uniforme. Elle retira les mitaines, les godillots, le pull miteux. Elle défit les attaches magnétiques de la combinaison moulante parfaitement adaptée à sa morphologie. Elle pensa à retirer au préalable le couteau papillon encore caché là, qu’elle posa délicatement sur le dessus du tas de vêtements, rabattant une manche pour le masquer à la vue de quiconque viendrait par là. Ne gardant que ses sous-vêtements, elle plongea dans l’eau sombre et délicieusement chaude du bassin. Elle ressortit la tête de l’eau et repoussa ses longs cheveux blancs ruisselants par-dessus son épaule gauche.

Si elle était bien plus à l’aise entourée de ses drones, elle n’avait pourtant pas toujours besoin d’eux pour détecter une présence non sollicitée à proximité. Aussi, ne sachant pas à qui elle s’adressait, elle lança à la cantonade :

- Je ne mords pas, vous savez.
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Jeu 21 Avr - 16:41
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Zee'

J'ai 28 ans et je vis à Anadyr, Ex-russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp.. Dans la vie, je suis squateuse Anar' et je m'en sors pas comme j'voudrais. Sinon, je suis seule, avec mon frère et je le vis plutôt bien.
Habite avec son frangin moitié cyborg au squat l'"Orka" situé entre le niveau zero (ou Dédale) et le premiers niveau de la ville.
Active,rebelle, lesbienne et impulsive, Zee' est aussi au fond très peu sûr d'elle. Elle masque ça sous des airs de grande gueule.
Elle participe souvent aux actions menée par les militant du coin et est très probablement recherchée par la police.
Récemment elle se retrouve dans une situation épineuse après avoir « malencontreusement » kidnappé une fille qui bosse comme… Keuf....
Julia… Joli prénom. Et jolie fille ! Dommage que ce soit une keuf... Mais qu’est ce qu’on fout avec elle au juste ? Je me tourne vers le vieux Tootkoo, le père de Tash. Discrètement je lui demande à voix basse :
« Pourquoi l’avoir embarquée ? On va avoir des tas d’emmerdes à cause d’elle ! »
Le vieil homme me regarde un moment sans rien dire. Puis il sourit doucement.
« Je l’aime bien. Et puis c’est un joli brin de fille, non ? »
Il me donne un coup de coude amicale dans les côtes… Puis sourit encore avant d’ajouter tout bas :
« Je ne sais pas vraiment, Zee’. J’ai agis sur le moment comme me le commandais mon instinct. Une sensation, une impression. Cette fille est importante. Je le sens. Et puis, regarde. Rocket semble déjà l’apprécier beaucoup ! »
Je jette un coup d’œil rapide à la policière et au chien. Après une dernière léchouille, le Rocket retombe sur ses pattes alors que sa sœur renifle prudemment l’arrière train de la fille. Elle est beaucoup moins amicale avec les étrangers, mais néanmoins elle ne semble pas tenir de rancune pour le coup qu’elle à reçue dans le hangar. Elle s’écarte vivement quand Julia se lève pour obéir à la matriarche.
Ghân Dûna intime à tout le monde de la suivre. J’entends Quezîn lancer quelques mots à voix basse aux pyros. Puis lui et deux autres s’engagent à notre suite. Le reste des troupes, tant les membres du gang que les koriaks du campement se dispersent pour retourner à leurs occupations alors que Tash, son père, moi et quelques autres suivons la mère des tribus en silence.

La yaranga de la vieille aveugle est spacieuse, propre et aérée. On prends place en cercle autour du foyer, assis en tailleurs à même le sol ou sur les lits-banquettes installés sur le pourtour de l’abri. Un bol de tisane de pousses de pin sylvestre aromatisé aux baies d’églantier est posée dans les mains de « l’invitée ».
Celle ci semble apprécier, vu son soupir de bien-être.
Enfin, la fille se décide à parler, alors que son estomac émet un grondement profond et sonore. Je vois Ghân Dûna faire un signe discret à la jeune Itka qui nous a suivi. Celle ci sort sans se faire remarquer.
Puis je reporte mon attention sur les paroles de la flic.
« ...dans l’intérêt de ces compagnies ? Nous.... Ils ne font pas dans la philanthropie. Mais je ne vous apprends rien. Les projets ont donc été enterrés, et on a continué avec cette « bonne vieille » fission. »
Tout le monde est attentif, visage impassible. Elle nous détaille un tas de trucs super savants. Je tilte quand j’entends le nom du chef de l’ANDRA. Razamanov… Razamanov… Bizarre j’ai déjà entendu ça quelque part mais où ? Impossible de me souvenir. Razam… NON ! Razam ! Le grand Razam ! Le prophète de l’horreur ! Comment ne pas avoir capté plus tôt ? Quand on étaient mômes, avec Tash, son père nous racontait souvent des histoires sur la vie au dehors. Sur les grandes forêts retournées à l’état sauvage depuis environ 50 ans. Sur les joies du voyage en traîneau à chiens. Mais aussi sur les attaques fréquentes et de plus en plus violentes des bandes armées qui s’étaient peu à peu rassemblées sous l’égide d’un mystérieux grand prophète qui se faisait appeler « le Grand Razam ». Se pourrait-il que…
Itka reviens et fourre un bol fumant dans les mains de la policière. Celle ci lui répond en russe et tout le monde à un sourire en entendant la diction appliquée et sans traces d’accent de la citadine. C’est que sur les territoires de l’ANDRA, c’est l’anglais la langue officielle. Néanmoins la plupart des gens du peuple parle un russe mâtiné d’expressions propres aux tribus. C’est pourtant quelque chose de rare qu’une personne ait daigné apprendre l’idiome locale. Beaucoup des gens de la ville ne se donnent pas cette peine. Alors une flic ?
Je reviens au paroles de la fille aux cheveux lisses et pâles. Elle cause maintenant des embrouilles et autres joyeuses filouteries entre corpos. Parait plutôt contente d’elle tiens ! Qu’est ça peut lui foutre ces histoires de riches ? Eh ben, en tout cas elle a de l’appétit la gonzesse ! Elle bouffe son ragoût de lièvres des steppes avec un plaisir évident, alors qu’elle continue son discours. D’autres bols fumants circulent de mains en mains et bien vite, tout le monde se met à manger en écoutant attentivement et dans un silence respectueux la keuf. Quand elle a finit, les gens se mettent à murmurer entre eux. Je me tourne vers Tash :
« P’tain elle en connaît un rayon en physique nucléaire dis ! J’croyais qu’les tests de QI pour entrer dans la police limitait le nombre d’intellos dans leur rangs aux gradés… »
C’est qu’un flic qui pense c’est pas toujours du goût de leurs chefs : Un type qui réfléchit, ça a tendance à discuter les ordres, voir à prendre des initiatives ! Et c’est pas spécialement ce qu’ils apprécient, tout cas pas pour les troufions du bas de l’échelle. Hum…
« Bah… Elle a du tricher pour paraître plus conne qu’elle l’est ! »
Me réponds mon amie d’enfance avec un sourire. Autour la rumeur enfle. Certains semblent tendus. Beaucoup s’inquiètent des représailles qui découleront forcément de la situation. Et puis les gueguerres entre corpos sont toujours un gros soucis pour les tribus et le bas peuple en général… En effet, ils ne peuvent bien souvent pas se permettre d’attaques frontales et c’est par le biais de gangs et de milices officieuses qu’ils se livrent de sanglantes batailles, bien souvent confinées dans le ghetto, ou les terres sauvages. Ici les gens ont des familles et mènent une vie plus ou moins paisible. Les tribus ont toujours refuser d’entrer dans le jeu des gangs et les campements des différentes ethnies font tacitement office de zones neutres. Mais si un véritable conflit s’engage, sûr que toutes les tribus en paieront le prix…
Et puis il y a les Pyros. Leurs chefs et beaucoup de leurs membres ont longtemps vécu au dehors. Tous sont de redoutables guerriers. Mais en cas de conflits direct avec l’ANDRA, surtout s’ils ont l’appui d’autres gangs, les pyros seront noyés sous le nombre.
Pyros… pour le feu. Formés dans le sang lors des guerres extérieures, ils ont pour la plupart fait partis d’une des bandes armées du dehors avant de déserter quand le prophète à pris le pouvoir. Le credo du gang, c’est l’annihilation pure et simple de toutes les cités. Rien que ça. Suite aux idées de leur grand Khan. Il à prétendu à l’époque vouloir rendre la liberté à tout les peuples en détruisant les corpos et leurs villes qu’il considérait comme l’antre du mal. Pas idiot, dans le fond… C’est à la suite de la destruction de l’un des complexes militarisé du pourtour d’Anadyr que la chasse à l’homme qui l’a fait enfermé à débuté. Enfin, tout ça s’est déroulé il y si longtemps que tout ce que j’en sais viens des paroles entendus par les anciens de la tribus, ou de quelques pyros qui squattaient avec nous au hangar. J’étais toute minaude à l’époque.
Bon. L’ancienne demande à notre invitée de sortir pour pouvoir délibérer entre nous. Celle ci accèpte de bonne grâce mais demande à se débarbouiller. Vrai qu’elle doit pas être dans son éléments la pauvre !
La pauvre… Comment ça ! J’vais pas commencer à m’apitoyer sur le sort d’une putain de condé de merde ! Rhaaa…
Dûna acquiesce à sa requête et envoie sa petite fille lui montrer les bains.
Puis la discussion reprend plus vive que jamais.
« SILENCE ! »
La matriarche impose le respect et tout le monde se tait pour écouter.
« La question est de savoir ce que nous allons faire. En premier lieu, cette fille ne peut rester parmi nous. Si les corpos la trouvent ici, nous subiront leur vengeance. Mais on ne peut pas non plus la renvoyer seule. Que ce soit dans le Dédale, ou dehors. Ce serait la condamner à la mort. »
Le brouhaha reprend de plus bel et la vieille mère me fait signe de venir la voir. Dans un murmure doux, elle me propose d’aller en parler directement avec Julia. De la sonder, et d’essayer de savoir ce qu’elle même prévoit pour la suite. Génial ! Comme si les relations sociales étaient ma spécialité tiens ! Vu mon caractère de cochon et mon manque terribles d’inspiration pour débiter des flots de débilités stupides et inintéressantes sur la pluie ou le beau temps qui permettent de meubler et construire un dialogue… Me saoule c’est conneries. Bah… T’façon j’en ai marre du boucan, mal à la tête. Et pis fait trop chaud ici.
Alors j’accepte et je sors.
Je marche vers les bains mais en approchant, bizarrement, je me met à tendre l’oreille et mes pas se font furtifs. Sans trop savoir pourquoi je fais ça je me faufile en contournant l’entrée pour m’approcher sans être vue. C’est alors que je trébuche contre une racine cachée par la neige et me rétablit de justesse, en essayant de faire le moins de bruit possible et en retenant le flot de jurons qui menace de sortir de ma bouche.
« Je ne mords pas, vous savez. »
Et merde.
Bon tant pis. Je m’avance alors franchement et écarte les pans de fourrure masquant l’entrée de la petite hutte.
J’ai alors un court instant de stupeur en constatant à quel point cette meuf à un corps parfait. La connasse ! Putain merde comment une keuf peut être aussi canon ? Bon c’est sûr, sans l’uniforme ça aide. Mais tout de même. Elle est musclée, et le moindre de ses geste est vif et précis, gracieux, presque… sophistiqué.
Pas du tout mon genre, normalement. Je kiffe les brunes moi. Mais faut avouer que c’te meuf a du chien ! Du loup même, je dirais.
Bon arrête ça Zee’ ! C’est un condé. Elle doit sûrement me voir comme une schlag et un « déchet » de son système de merde. Pis j’en ai rien à battre t’façon. Bon alors. Comment on fait déjà pour démarrer une conversation normale ? A l’instinct, je lance :
« Heu… Salut. »
L’autre a un léger sourire. J’enchaîne :
« Ca va, t’es pas choquée par la salle de bains ? Sûr qu’ça doit pas r’ssembler aux petits cocons parfumés des hauts hein ? Enfin… J’veux dire comme t’as l’air un peu coincée et tout… Fin nan, mais juste les bourges ils… Rhooo et merde. Bon. Ecoutes, on est bien emmerdés là… Tu nous fout dans la merde. Toi tu vois les choses comment, rapport à la suite des choses ? Dis moi !»
Ah... ma légendaire subtilité, mon tact sans égal. Quelle narvali je fais des fois ! Si je pouvais me défoncer moi même la tronche sans retenir mes coups, je le ferait sur le champs. Je sens mes joues qui s’enflamment sous l’effet de la colère qui monte en moi. Contre moi.
Alors je plante mes yeux noirs dans ceux de la flic et je garde un air farouche et fier en attendant se réponse.
Asma
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Asma
Dim 24 Avr - 10:24



Julia
Anderson

J'ai 36 ans - mais l'apparence de 10 ans de moins - et je vis à Anadyr, Ex-Russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp. Dans la vie, je suis policière, pilote de drone d'une unité MAX-TAC et je m'en sors franchement très bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Héritière désignée de la moitié du conglomérat ANDRA Corp, j'ai quitté Anchorage pour "m'acheter" une nouvelle vie ailleurs.
En savoir plus.
Julia avait une apparence et une façon de fixer du regard dont elle savait pertinemment qu’ils pouvaient troubler ses interlocuteurs. Etait-ce sa canitie dont elle avait su très tôt tirer avantage qui, combinée à la couleur de ses yeux et à son port de tête haut, lui donnaient un air de reine des glaces ? Etait-ce son physique avantageux et savamment maintenu par de la nanotechnologie, dont elle savait qu’il était dans nombre de circonstances un atout de taille ?
La réalité était que même si elle avait été chahutée par la vie et même un peu cabossée, surtout depuis qu’elle avait rejoint la police, son corps, lui, n’en portait quasiment aucune trace. Pas de cicatrice, pas de prothèse, une plastique de poupée de porcelaine. Ce qu’elle avait de blessures, nombreuses, pourtant, elle les portait à l’intérieur d’elle, sans rien en laisser paraître au-dehors. Comme la surface d’un lac redevenait miroir une fois l’écho du dernier ricochet dissipé.
Issue d’un monde où tout n’était que manipulation et faux-semblants, elle savait l’effet qu’elle pouvait faire lorsqu’elle le souhaitait, tant aux hommes qu’aux femmes, par son charme et ses attitudes, longtemps travaillées et peaufinées grâce à cet univers dans lequel elle avait évolué pendant une grande partie de sa jeunesse. Et de temps en temps, elle aimait en jouer.
Elle effleurait du bout des doigts la surface du bassin, contemplant les ondulations sur l’eau, lorsque la silhouette parût dans son champ de vision. C’était la jeune femme aux cheveux rouges. Celle qu’elle avait suivi à travers les rues d’Anadyr et jusqu’au Niveau Zéro. La source de tous ses ennuis.
Quelque chose l’intriguait. La première fois qu’elle l’avait vue, elle pleurait. L’espace d’une fraction de seconde, avant de sombrer dans les ténèbres, Julia lui avait d’ailleurs trouvé quelque chose de touchant. Depuis son réveil, elle l’avait aperçue arborant une mine particulièrement renfrognée. Au vu des échanges auxquels elle avait assisté, ce n’était clairement pas la meneuse du groupe. Alors quoi ? Que pouvait-elle avoir de si particulier ? Était-ce elle qui avait proposé d’emmener son corps inanimé plutôt que de le laisser sur place, avec l’espoir que ses collègues ne la retrouve ? Et si oui, pourquoi ?
La dévisageant sans vergogne, Julia réalisa, avec un soupçon d’étonnement, que c’était la première fois qu’elle la voyait vraiment depuis le début de cette étrange affaire. Sans larmes aux yeux. Sans air bougon. D’ailleurs, sans ce plissement au milieu du front, elle était plutôt mignonne, somme toute.... si ce n’était pour ce bras bionique de plutôt piètre qualité. Quel dommage. La jeune femme se demanda, avec une curiosité quasi-scientifique, sans une once de sentiment de pitié, ce qui avait bien pu arriver à cette pauvre fille pour se mettre dans un état pareil. Même si elle semblait vivre autour du Niveau Zéro, elle n’avait pas l’apparence de quelqu’un qui travaillait à la maintenance d’Anadyr. Elle ne ressemblait pas non plus entièrement aux gros tas de muscles écervelés, à l’instar du très avenant Quezîn, qui servaient de gros bras ou de petites mains aux gangs. Victime de vitriolage, peut-être ? En général, dans ce genre d’attaques, c’était plutôt le visage qui était visé, mais si la victime avait de bons réflexes, et que les bras et avant-bras protégeaient bien la tête....

Toute à son minutieux examen, elle n’écouta que d’une oreille distraire la prise de parole de la jeune femme. De toute façon, c’était l’équivalent d’une conversation sur la pluie et le beau temps. Si elle était aux ordres de quelqu’un, par qui était-elle missionnée ? L’ancienne ou le tas de muscles ? Et pourquoi ? Que pensaient-ils lui soutirer de plus comme informations en « changeant d’angle d’attaque » ? Elle leur avait déjà dit ce qu’elle savait sur ce qui les intéressait. Le reste, ils n’avaient pas besoin de le savoir....

L’aimable illusion ne fit pas long feu. Visiblement, ce n’était pas dans les cordes de la rouquine faire dans le tact et la finesse. À l’inverse, Julia, quant à elle, était parfaitement dans son élément. Dans le monde dans lequel elle avait grandi, il n’existait pas d’approche ni particulièrement directe, ni particulièrement saine, aux relations humaines. Le contact simple et franc avec un autre être humain était un concept abstrait. Tout était intéressé. Tout était manipulation. Tout avait un but.
C’était entre autres pour cela qu’elle avait volontiers troqué les mirages de l’univers des Corpos « supérieurs » contre un mode de vie plus solitaire, mais plus simple. Avec ses collègues de travail, c’était plus franc et direct, parfois musclé. Du moins à son niveau de responsabilités, somme toute relativement limité. Plus haut, elle savait que l’on retombait dans les affres de la proximité avec le pouvoir et un sacré panier de crabes. Très peu pour elle. Elle n’avait pas véritablement d’ami, mais elle s’en moquait. Mieux valait être seul que mal accompagné, non ? C’était aussi pour cela qu’elle aimait autant les bêtes. Avec les animaux, c’était plus binaire. Il n’y avait pas d’émotions ou d’intentions inutilement complexes, pas de faux-semblants.
Mais retomber dans cette façon de faire et de penser, c’était pour elle un peu comme faire de la bicyclette, ça ne s’oubliait pas. Elle faisait toujours très bonne figure à l’occasion des réunions du conseil d’administration d’ANDRA. Avec un peu de nostalgie, on y retrempait même volontiers un orteil une fois de temps en temps.

Tandis que la jeune femme dont elle ignorait toujours le nom parlait, un léger sourire énigmatique éclaira le visage de Julia, un éclat malicieux au fond des yeux.

- Je sais que je ressemble plus à « Barbie à Malibu » qu’à une spetsnaz, mais je ne suis pas Cléopâtre. Je me passe très bien du lait d’ânesse et des servantes pour me frotter. Encore que..., ajouta-t-elle avec un rictus espiègle.

Elle se laissa gracieusement retomber en arrière dans l’eau, plongea dans le bassin et en ressortit le long du bord où se trouvait son interlocutrice. Pour le plaisir un peu mesquin de continuer à la mettre mal à l’aise, elle appuya ses bras croisés sur le rebord, le menton posé dessus et minauda.

- Moi, je ne vois que deux possibilités, commença-t-elle sur le ton de la confidence, tout en soutenant le regard fier de la jeune femme aux cheveux rouges.
- Soit vous me laissez repartir avant que mes petits camarades, qui n’ont sûrement pas arrêté de me chercher, ne finissent par vous tomber dessus. Je rentre chez moi, je fais comme si de rien n’était et promets de ne pas dire un mot de toute cette histoire. Tout ça, tout ça.

«  Et je m’occupe personnellement de ce fumier d’Ivan », s’abstint-elle de continuer à haute voix. Ses mains sur sa peau. Son souffle dans son cou. Un voile sombre, chargé de haine, traversa furtivement le regard de l’héritière.

- Soit, et sous réserve que tu m’expliques ce que le gros lourdaud là-bas compte faire avec tout ce qu’il sait, parce que je doute fort que ses intentions soient celles de mère Theresa, tu me donnes la localisation du site que vous avez trouvé, poursuivit-elle d’une voix douce en caressant du bout du doigt l’avant-bras de son interlocutrice, tu me rends mes équipements, et je m’occupe du reste.

Comment elle comptait, seule, mettre hors de nuire un site de projet secret qui devait sûrement être lourdement armé et protégé, elle ne le disait pas. De toute façon, elle était quasiment certaine que la rouquine, et surtout ses chefs, ne donneraient suite à aucune de ses deux propositions. À ce stade, son meilleur espoir était que son père ait eu vent de sa disparition par Bergman – combien de temps attendrait-il avant de l’en informer ? – et qu’il lui ait envoyé une équipe en renfort, à la tête de laquelle ne manquerait pas de se trouver Mikhaïl, garde du corps de la famille et traqueur hors-pair.

Alors, faisant la seule chose qui lui semblait logique à ce stade, Julia s’empara fermement du bras de la jeune femme qu’elle caressait quelques instant plus tôt. À partir de cet instant, elle savait qu’elle ne disposerait que de quelques secondes au plus, le temps de l’effet de surprise, avant que l’autre ne commence à réagir et se débattre. Heureusement pour elle, il ne lui fallait qu’une information, et elle savait où aller la chercher. Les coordonnées géographiques qu’elle n’avait pas pris la peine de noter mentalement plus tôt.
D’un geste expert, elle lui vrilla le bras, la faisant basculer d’une culbute en avant dans l’eau. Sans lui laisser le temps de réagir, elle plaqua le dos de la rouquine contre sa poitrine, enroula ses jambes autour d’elle, et cala un bras en clé autour de son cou. Il lui suffisait d'un peu plus de pression à peine pour lui faire perdre connaissance. De son autre main, elle immobilisa le bras sur lequel se trouvait l’écran sur lequel elle se remit à pianoter furieusement.
3ko
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Mar 26 Avr - 7:32
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Zee'

J'ai 28 ans et je vis à Anadyr, Ex-russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp.. Dans la vie, je suis squateuse Anar' et je m'en sors pas comme j'voudrais. Sinon, je suis seule, avec mon frère et je le vis plutôt bien.
Habite avec son frangin moitié cyborg au squat l'"Orka" situé entre le niveau zero (ou Dédale) et le premiers niveau de la ville.
Active,rebelle, lesbienne et impulsive, Zee' est aussi au fond très peu sûr d'elle. Elle masque ça sous des airs de grande gueule.
Elle participe souvent aux actions menée par les militant du coin et est très probablement recherchée par la police.
Récemment elle se retrouve dans une situation épineuse après avoir « malencontreusement » kidnappé une fille qui bosse comme… Keuf...
Barbie ? Cléopâtre ? C’est qui celles là ? Des potes à elle ? Des Stars des Cîmes ? J’ai pas grandis dans le luxe moi, j’ai pas trop non plus de notions d’histoire et de culture. Y a pas d’écoles dans le dédale. Ou plutôt si, celle de la rue. Les gamins errent en formant des bandes qui parodient celles des adultes, poussant parfois la violence et la stupidité aussi loin, voire plus... Mais les dangers sont variés, multiples et souvent mortels dans le Dédale. Les systèmes électriques fonctionnent encore avec de vieilles batterie à l’acide que les court circuit font parfois exploser. Les pipelines transportant toutes sorte de fluides explosent parfois sous la pressions et à force d’oxydation. Les effondrements de structures ne sont pas rares. Enfin, les descentes de la police, rares, sont chaque fois violentes. Les morts sont fréquents et les blessés se compte souvent par centaines, bien souvent victimes des dommages collatéraux. En général, ils visent des chefs de certains gangs, ou des planques de copains anar’. La haine des flics se forme très tôt ici, sculptant les gens. Que ce soit par tristesse suite à la perte d’un être cher, ou suite à des sévices cruels ou des mutilations, exercées lors des séances de tortures pour obtenir des informations… ou parfois juste pour le plaisir pervers de la domination… Des filles violées. Des types battues à morts.
Les gangs mettent une pression quasi égale sur les familles. Néanmoins, presque tout les membres des bandes de trafiquants sont issus du dédales ou des tribus. Ils possèdent familles et amis parmi les autres habitants d’en bas. Et même si les violences contre des habitants ne sont pas rares, l’essentiel des meurtre et tortures sont le résultat de guerres entre bandes rivales et ne concernent que peu d’habitants, tandis que les violences policières, surtout pour ceux du dédales qui s’aventure plus haut dans la ville, pour y chercher un hypothétique travail, y acheter quelques produits de bases introuvables en bas, errer et se changer les idées, sont constantes.

Les jeunes et les enfants du Dédale montent souvent s’amuser et piller les boutiques des étages supérieurs. Avec mon frangin, on se faisait les boutiques d’alimentation et on se blindait de trucs super chers. On sortait des bouteilles d’alcool des gigantesques magasins aux enseignes holographiques multicolores. On revendait ça au adulte d’en bas qu’en pouvaient plus de boire les trucs frelatés distillés dans le Dédale. Pis on ramenait les thunes à la maisons.
Parfois certains trafiquants nous envoyaient dealer plus haut, aussi. Principalement de la beuh, toujours aussi prisée à notre époque qu’elle semble l’avoir été par ceux des vieux groupes hip hop que j’écoute. Mais aussi parfois des trucs plus chauds. Cok’ synthétique, Speed et Amphèt’ de mauvaise qualité, trop chargés en acide. Ou les cyber-drogues, des sortent de virus informatique pour le cerveau, aux effets ultra puissant et parfois incurables… Moi j’y touchait pas à cet saloperie. Mon frère non plus. Notre mère nous avait été enlevée à cause de ça. Pas question d’en consommer. Encore moins d’en vendre.
Mais la plupart du temps on sortait juste s’amuser. Une fois, vers 13-14 ans, mon frère et moi on était posé sur une marche, au coin d’une rue proche d’un sorte d’école privée pour jeunes bourges. On les matait en s’imaginant quelle vie ils pouvaient avoir. Leur jeux et leurs discussions nous paraissaient puérils, malgré qu’ils soient plus vieux que nous. On comprenait pas tous leurs délires. Et puis trois d’entre eux nous alpaguèrent en se moquant de nos vêtements vieux et de nos yeux légèrement bridés. A l’époque je ne me teignait pas les cheveux, et j’avais une toison sauvage et noire de geais. Et mon frère est beaucoup plus mat de peau que moi.
« Oh, les sauvages… Z’êtes tombés dans une fausse à merde ou c’est votre odeur naturelle ? »
Mon frère se lève pour répliquer et l’un des jeunes lui balance un poing en pleine tête. Sans réfléchir je saute sur l’agresseur. J’ai appris que bien plus tard la boxe thaï, en vivant à l’Orka. Mais gamine j’étais une habitués des bastons de rues. C’était à moi de défendre mon petit frère. Pis même si eux ne m’intéressaient pas, les mecs se retournaient de plus en plus sur mon passage, plus je grandissait… Et pas mal d’entre eux sont juste de gros connards de mâle lubriques, des salauds pervers et capable des pires horreurs… Faut savoir mettre des mandales quand t’es une meuf du Dédale… Ou avoir de bons protecteurs…
Alors le petit bourges, je l’ai plié. Explosé. Mon frère me gueulait un truc mais je tapait encore, aux prises maintenant avec d’autres jeunes. Alors il m’a prise par le bras et hurlé que les keufs arrivaient...
La course poursuite a été rapide. En deux deux, on s’est natchav en sautant dans un espèces de toboggans d’évacuation des déchets. Après une glissade dangereuse, on a débouché au dessus d’un bac à ordure et plongé dedans. On est sortis puants et dégoulinants, mais déjà les bleus nous avaient retrouvé. Alors on a filé vers le Dédale. A peine en bas, on s’est engouffrés dans un cahute qui protégeait un parc de batteries et on s’y est planqué, serrés l’un contre l’autre.
Au bout d’une heure, on a voulu sortir. A ce moment j’ai voulu entrouvrir la porte et j’ai heurté un machin posé sur une étagère. Une énorme clé métallique est tombée sur les batteries. Faisant contact entre plusieurs cosses, un énorme court jus eu lieu, déclenchant une pluie d’étincelles. Les batteries se boursouflèrent, les cosses fondirent, et soudain elles explosèrent, projetant leur acide bouillant sur mon bras gauche, alors que mon frère lui se retrouvait entièrement aspergé du liquide corrosif…
C’est le vieux père de Tash qui nous avait donné les premiers soins. Darkh avait bien failli y passer, par ma faute… Mais on nous avait finalement emmené dans un dispensaires bon marché, destinés aux travailleurs du sous sol et spécialisé dans les prothèse cybernétiques. Ils avaient accepter de nous opérer gratuitement, car l’état de mon frère était si grave qu’ils ont pu expérimenter sur lui de nouveaux implants et publier leur recherche pour l’ANDRA… Ils avaient ensuite exigé qu’il se soumette régulièrement à des tests bizarres… Cimer les gars.
Finalement j’ai finis par m’habituer au contact froid du métal sur mon bras. Aux démangeaisons impossibles à soulager. A l’entretient fréquent et aux réparations à faire. Aux douleurs fantômes. A certains endroits du bras même l’os avait fondu…
Mon frère avait le visage entièrement métallique, ainsi que tout le torse. Son cerveau, heureusement n’avait subit aucun dégâts mais tout le haut de son corps avait pris cher…
Je secoue la tête pour chasser ses souvenirs désagréables d’une enfance souvent chargée de souffrance. En face de moi la fille aux cheveux blancs est maintenant accoudée à mes pieds, les yeux presque pétillants. Elle me parle tout bas, avec un léger sourire ultra sexy et je m’accroupis pour l’écouter, légèrement sur mes gardes.
Oui bien sûr, tu promet et nous on doit te croire sur parole. Je me retiens de la tarter. Elle nous prends pour des quiches. Je vois alors passer dans ses yeux un éclair noir, un voile sombre de rage et de haine pure… qui ne me semble pas destiné. C’est fugace. Vite elle reprends l’air de rien. Je sens soudain un contact doux sur mon avant bras. Un de ses doigt remonte lentement sur ma peau, caressant, alors qu’elle continue de parler. Je sens un douce chaleur m’envahir, que je réprime férocement. Des coordonnées d’un site ? Mais de quoi…
C’est à ce moment qu’elle serre sa prise et me propulse dans le bassin d’eau chaude. Je la sens passer dans mon dos alors que je m’efforce de sortir la tête de l’eau, terrorisée par la noyade… Je sais pas nager, j’ai jamais su et j’ai faillit me noyer, môme. L’eau, ça m’fout la trouille, c’est pas mon élément… La panique m’obscurcit l’esprit et en un instant la flic me serre contre elle, passant un bras sur ma gorge en me sortant de l’eau, bloquant mon menton, tête plaquée contre sa poitrine.
Je tousse de la flotte. Et je la sens qui maintient mon bras bionique plaqué au sol, au bord du bassin.
Putain ! La salope !
Et c’est à ce moment que je l’entends. Un petit froissement discret, de textile, et une espèce de toux sifflante. Des pas, légers. Un cliquetis.
L’autre est trop concentrée, elle ne prête pas attention. Moi j’ai reconnu ce sale pervers de Greez, un des rares américains du dédale. Un pyros. Je revois le signe discret de Quezîn juste avant qu’il nous rejoigne pour assister à la réunion dans la yaranga.
J’essaie de dire quelque chose mais ma gorge est serrée par son bras et aucun sons articulé ne sorts de ma bouche. Je tousse encore. Le battant de peau de la cahute s’ouvre soudain sur le gaillard à la peau pâle, au crâne lisse et aux yeux bleus et froid qui me matait toujours en douce, au hangar de Tash. M’avait jamais touchée. Flippait trop de Quezîn pour ça. Mais il m’avait toujours glacé le sang, ce type.
Là, il en avait pas après moi.
La keuf réagit en un quart de seconde, me lâche et se retourne mais l’autre lève son arme vers elle en s’avançant :
« Bouge pas ou j’te fume direc’, salope ! ».
Il sourit alors d’un air pervers et son regard lubrique s’attarde longuement sur les courbes de sa future victime…
Il ne m’a pas vue, dans l’ombre et derrière Julia.
« J’ai trois gars dehors. Alors écoutes… Si tu veux pas trop souffrir va falloir y mettre un peu du tien... »
Le gars me fait gerber… Il s’avance doucement mais en chasseur aguerri il reste concentré sur les moindres gestes de sa proie et ne baisse pas un instant son arme. Julia est figée. Je la sens tendue, ses muscles saillent, elle paraît prête à bondir. Mais ses yeux n’expriment pas la peur, seulement une intense concentration… Elle entame un mouvement circulaire dans la hutte ronde, se décalant doucement à mesure que l’autre approchait, sourire aux lèvres et yeux fixées sur la glotte de sa victime.
Dans l’ombre, alors que peu à peu Greez me tourne le dos, je me hisse sur le rebord. Silencieuse comme une louve, j’avance à quatre pattes. Je pense que même Julia ne m’a pas vu…
Tout c’est passé très vite. J’ai dégainé mon couteau, un machin équipé d’une garde en forme de poing américain.
« Mets toi au sol. A quatre patte... » enchaîne l’ordure armée d’un fusil d’assaut.
Je bondit. Du bras gauche, je lui saisis le front et je tire en arrière. De la droite je l’égorge, alors que je grimace de rage et de haine. J’accompagne la chute du corps flasque et puant.
Puis je lève les yeux vers la meuf alors que le sang gicle et inonde à gros bouillons le sol de terre battue. Un très court moment elle semble figée, les yeux agrandis de stupeur. Puis elle bondit sur l’arme et s’en saisie vivement, d’une main experte.
Moi, ch’uis dans un état second, j’agis d’instinct, encore sous le choc de ce que je viens de faire. Ce bâtard lubrique ne méritais que ça mais…
Sans réfléchir, je saisit le bras de Julia et avant qu’elle ne puisse réagir, je l’entraîne à ma suite. À l’opposé de la porte, je soulève discrètement la bâche de peau cousues. Les autres doivent être à l’avant. La hutte est située à l’écart et seul un étroit sentier y mène entre les mélèzes.
Derrières, les bois. Je jette un coup d’œil personne.
Je me retourne.
« Viens. Tu peux pas survivre seule, dehors. Tu connais rien au Dédale. Et encore moins à la forêt. On va s’casser. Ton machin là. Ton site top secret. Où que ce soit, pour y aller ce sera pas en sous vêtement, ni à pieds. Il nous faut du matos. »
Je fais une pause en réfléchissant à la liste du matériel nécessaire à une expédition à l’Extérieur. Vêtements chauds. Et secs. C’est pas trempée comme ça que j’irai bien loin… Raquettes à neiges, nécessaire à feu, provisions et armes… Et un traîneau. Et des chiens. Je sais où sont les Huskys. Et gamine, selon ma mère, j’avais toujours été douée pour conduire le traîneau, à trois ans à peine, donnant aux chiens de tête mes instruction d’une voix fluette mais décidée, et m’arc-boutant, les mains serrées sur le guidon, calée entre les jambes de mon père avec les pieds sur les patins. J’en rêvait parfois la nuit. Des sensations. Du son, doux et feutré du traîneau qui glisse sur la neige. Du halètement des chiens, régulier. Des regards, vifs, intelligents, des chiens de tête qui jettent un œil en arrière pour saisir un geste du conducteur humain, ou demander une confirmation pour la direction… Des moments de purs bonheurs, si loin...
Je regarde Julia en fronçant les sourcils :
« La prochaine fois, si t’as b’soin d’un truc, demande, au lieu de manquer me noyer… Ou alors, je t’explose la tête, meuf. »
Ch’u sérieuse… Ca à l’air d’être une sacrée vénère, mais je suis plutôt dégourdie aussi. Et pis merde quoi ! Deux fois qu’elle fouille dans mes données perso l’autre. Même une pote je lui flanque une rouste… alors une keufs ?!
Un autre coup d’œil dehors.
« Personne, doivent être à l’entrée. Y vont pas tarder à se demander se qui se passe… Viens, sortons. Suis moi en silence. On causera après, si tu veux bien. »
Je me retourne alors et lui tends mon poing serré, proposant de scellé une alliance momentanée par un chek… Sur le coup, je zappe complet que cette meuf est un putain de flic. C’est juste une sœur, une autre fille. Victime potentielle, constamment, du désir d’hommes dégueulasses...
Asma
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Asma
Sam 30 Avr - 21:20



Julia
Anderson

J'ai 36 ans - mais l'apparence de 10 ans de moins - et je vis à Anadyr, Ex-Russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp. Dans la vie, je suis policière, pilote de drone d'une unité MAX-TAC et je m'en sors franchement très bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Héritière désignée de la moitié du conglomérat ANDRA Corp, j'ai quitté Anchorage pour "m'acheter" une nouvelle vie ailleurs.
En savoir plus.
- Si je ne bouge pas, tu viens me chercher ? Répondit-elle en papillonnant des yeux sarcastiquement. Apparemment, le lascar n’avait pas le sens de l’humour. Du moins, pas le même humour qu’elle. Julia entendit le clic caractéristique de la sécurité qu’on enlevait. D’un mouvement du canon, il lui indiqua le rebord du bassin.

Réfléchir. Et vite. Dans l’eau, elle espérait encore pouvoir avoir l’avantage. Championne d’apnée pendant son adolescence, elle avait espoir de l’emmener au fond avec elle et de l’y immobiliser suffisamment longtemps pour prendre le dessus. Surtout que la plupart de ces pourris ne savaient même pas nager. Par contre, une fois à terre, ce serait autre chose. Le jaugeant rapidement, elle réalisa qu’il faisait au moins deux têtes de plus qu’elle, et pas loin du double de sa taille en volume. Et aussi hideux pusse-t-il être, ce n’était pas que du gras.

Julia avisa le tas de vêtements secs proprement pliés au sol. Son couteau. Elle avait toujours son couteau là, sous un repli. Si seulement elle parvenait à l’atteindre....

Bras en l’air, elle rejoignit le rebord que lui indiquait le monstre. Elle se hissa hors de l’eau, désagréablement consciente de la légèreté de sa tenue. À l’approche de l’individu, une vague de nausée la submergea. Déjà elle ne se préoccupait plus de la présence de l’autre jeune femme, totalement focalisée sur l’homme et son arme. Cette hyper-concentration était à la fois un de ses qualités et un de ses plus gros défauts, notamment en combat rapproché. Elle était capable de percevoir le moindre détail avec une étonnante acuité, la moindre faille de son adversaire. Mais toute à sa cible, elle pouvait parfois en oublier de vérifier son environnement. C’était d’ailleurs ce qui lui avait valu de se retrouver là, dans cette situation dantesque.
La jeune femme recula tout doucement, les bras toujours en l’air, jusqu’à sentir le contact du tissu contre ses pieds. Encore un pas. Encore une fraction de seconde.

La terre battue étouffa le bruit de la chute. Éclair jaillissant de l’obscurité, Julia ne vit la fille aux cheveux rouges que lorsqu’il fût déjà trop tard. La flaque de sang épais envahissait le sol, absorbée par la terre tiède comme l’encre par un papier buvard.
Sans attendre son reste, Julia se baissa sur ses appuis, récupéra la lame dans les plis du linge et s’empara du fusil d’assaut du colosse effondré. Des collègues dehors, avait-il dit. Hors de question de leur laisser la moindre chance. Elle allait se saisir de ses vêtements secs quand l’autre jeune femme l’attrapa par le bras et l’entraîna à sa suite. Heureusement, le passage prolongé dans l’eau brûlante l’insensibilisait au froid pour l’instant. Mais même avec la montée d’adrénaline qu’elle ressentait, elle savait que cet effet cumulé ne durerait pas plus de quelques minutes.
Encore une preuve qu’il n’y avait aucune raison objective de faire confiance à ces gens. Venir agresser une femme seule et désarmée pendant qu’elle prenait un bain. Toutefois, cela n’expliquait une nouvelle fois pas le comportement de la jeune femme des bas quartiers. Pourquoi avait-elle pris sa défense ? Elle ne parvenait toujours pas à la cerner. Après tout, qui disait qu’elle ne l’entraînait pas de charybde en scylla ? Non. Si c’était le cas, pourquoi ne pas avoir simplement mis l’autre individu hors d’état de nuire, sans le tuer ? Il y avait autre chose. Mais quoi ? En tout cas, en cet instant précis, elle n’était pas l’ennemi.

Sortant de l’espèce d’état de transe dans lequel cette étrange séquence l’avait plongée, Julia opina du chef, pour faire comprendre qu’elle avait bien enregistré le message. Elle baissa momentanément le canon de son arme volée, et appuya son poing fermé contre celui qui lui était tendu. En voilà une drôle d’alliance. Surtout scellée en sous-vêtements dans la neige. Et surtout, pourquoi avait-elle encore envie d’y croire, après tout ce qui s’était passé jusque là ? Le fait était que l’autre jeune femme avait raison. Elle ne survivrait pas seule. Pas dans ce milieu qu’elle ne connaissait pas.

Sans un mot, elles contournèrent la petite bâtisse, et reprirent le chemin du camp par la lisière de la forêt, à l’abri des regards, tout en surveillant les éventuels mouvements sur le chemin. Elles avaient vu passer l’un des trois copains du type que sa compagne d’infortune avait égorgé au pas de charge. A priori, ils avaient dû retrouver leur camarade au bord de l’eau. Depuis, rien de plus, ni dans un sens ni dans l’autre. Par contre, cela voulait dire qu’elles pouvaient s’attendre à un comité d’accueil à l’arrivée. Ou du moins à de l’agitation, voire du grabuge. Pourtant, elles ne pouvaient pas partir sans rien. Il y avait sûrement des kilomètres à la ronde de terres sauvages et inhospitalières autour d’eux. Et elle doutait que, même si par miracle elles pouvaient atteindre une autre zone habitée, on accueille les bras grands ouverts deux filles trempées et à moitié gelées, dont une en sous-vêtements.
Elles atteignirent les premières yarangas en lisière du camp. Julia continuait de suivre la jeune femme qui avançait toujours d’un pas décidé. Elle avait passé la sangle du fusil d’assaut et le tenait appuyé contre son épaule, couvrant leurs arrières. Pieds nus sur le sol gelé, elle commença à en ressentir douloureusement les effets. Comment comptait-elle s’en sortir, cette fois-ci ? Elles passèrent derrière une autre habitation, qu’elle longeait aussi discrètement qu’elle pouvait quand, soudain, une paire de bras s’empara d’elle et la fit disparaître à l’intérieur.
Julia fit volte-face et s’apprêta à mettre en joue l’homme au visage rond et à l’air bonhomme qui lui faisait face, quand celui-ci lui fit « non » de la tête en posant un index contre ses lèvres et son autre main, d’un geste doux et apaisé, sur le canon de son fusil d’assaut. Derrière lui, dans la semi-pénombre, se détacha la silhouette reconnaissable entre toutes de Ghân Dhûna. Dans l’instant qui suivit, sa camarade d’infortune fût happée à son tour et apparût à ses côtés. Julia n’avait d’yeux que pour celle qui ne pouvait pas la voir.

- Que... ?
- Vous êtes un véritable aimant à ennuis, Mlle Anderson.

La concernée s’apprêtait à protester avec véhémence contre cette accusation parfaitement infondée, quand les mots de l’ancienne percutèrent son esprit de plein fouet. La mâchoire de Julia manqua de se décrocher. Elle ne lui avait jamais donné son nom de famille, ni à elle, ni à aucun d’entre eux. Un éclair de panique traversa son regard. Comment savait-elle ? Qui d’autre savait ?

- Comment... ?
- C’est une autre histoire, pour un autre temps. Et je crains que vous n’en ayez que très peu devant vous.

L’ancienne enchaîna, sans lui laisser le temps de réagir.

- Ils pensent que parce que je ne vois pas de mes yeux, j’ignore ce qu’ils manigancent. Ils ont tort. Ce sont eux, les vrais aveugles. Aveuglés par leur haine. Aveuglés par leur ignorance.

Une pause.

- Vous avez raison. Il faut faire quelque chose. Empêcher le pire de se produire. Mais je crains que ce ne soit pas ici que vous trouverez des alliés pour votre quête. Encore moins maintenant.

Ce disant, elle posa un regard appuyé sur la fille aux cheveux rouges et ses mains encore couvertes de traces de sang mal nettoyé.

- Je pense que vous aviez déjà compris que les intérêts de Quezîn et de sa bande divergent grandement des nôtres, et que vous ne tiendrez pas rigueur au peuple koryak de l’accueil qui vous a été fait. Permettez-moi, au nom de ma tribu, de vous faire donation des équipements qui vous seront nécessaires pour la suite de votre périple.

Les yeux de Julia s’arrondirent à cette déclaration. Pourquoi l’ancienne voulait-elle l’aider ? Sentait-elle, elle aussi, la menace que représentaient les projets d’Ivan ? La fille des villes qu’elle était avait l’intime conviction que la matriarche était capable de voir des choses que les yeux d’aucun humain ne voyaient. Était-ce sa cécité qui lui conférait ce don ? Était-ce le peuple dont elle était issue ? Des années de produits nocifs et de contaminations des sols et des eaux avaient-il, par quelque miracle, octroyé des dons à certaines populations ? Tout lui semblait possible.

- Vu l’agitation qui règne dans le camp, vous pourrez rester là jusqu’à ce soir. Je me charge des Pyros, qui vont devoir apprendre à savoir quand prendre congé de leurs hôtes. Surtout quand ils se permettent d’en attaquer une invitée. Vous aurez des affaires et des vivres. En attendant, restez là et ne bougez pas. Désignant d’un geste le grand gaillard à la bouille ronde, elle ajouta : Tal’Ec reviendra vous apporter vos effets.

Les Pyros allaient passer un sale quart d’heure. De ce qu’elle avait pu voir de ce petit bout de femme, cela lui semblait être une certitude. Avec un peu de chance, ils auraient suffisamment peur de l’ancienne pour ne pas se lancer frontalement et ouvertement dans un conflit contre elle, ni même essayer de contourner sa volonté de quelque façon que ce soit. Malgré tout, et pour plus de sécurité, elle serra son arme contre elle.

- Vous partirez ce soir, à la nuit tombée. Nous ne nous reverrons plus. Mes salutations à votre mère.

Sans un mot de plus, l’ancienne se détourna et quitta la yaranga, suivie par son grand garde du corps, et laissant les deux jeunes femmes seules, et une Julia abasourdie. Sa mère ? Sa mère, qui vivait dans l’ombre de son père et de son entreprise, et dont elle était le portrait craché. Sa mère, à qui elle devait cette particularité génétique qui lui avait valu les mêmes cheveux immaculés qu’elle. Sa mère, ce fantôme, dont rares étaient les apparitions, et rarissimes ceux qui avaient eu le luxe de la côtoyer. Comment cette ancienne femme du fin fond de nulle part connaissait-elle sa mère ? Sa mère, qui restait un mystère pour beaucoup, y compris pour sa propre fille.

Les lèvres bleuies par le froid qui commençait à s’emparer d’elle, Julia se blottit dans une peau de bête, et s’installa à côté des braises du foyer du centre de la yaranga. Elle fit signe à la fille aux cheveux rouges de la rejoindre. Cette dernière sembla hésiter quelques instants, comme si elle réfléchissait aux alternatives possibles, puis finit par s’approcher. Elle dégoulinait encore de son passage dans le bassin. Julia passa la tête hors de la sangle de l’arme, qu’elle garda sur ses genoux, la gâchette près de sa main de tir, et écarta un pan de la fourrure pour lui faire de la place.

- Non, pas avec tes fringues trempées, tu vas faire une hypothermie, lui lança-t-elle alors que cette dernière s’apprêtait à s’asseoir en l’état.

La rouquine lui adressa le même regard qu’elle lui avait vu un peu plus tôt, à la fois gêné et hautain. Réalisant de quoi il s’agissait, Julia détourna la regard. Elle entendit le bruit humide du vêtement imbibé d’eau qui touchait le sol.

- Merci, commença-t-elle, pour meubler le silence. Pour tout à l’heure. Et, hum, désolée. Sincèrement.

S’il y avait bien une chose avec laquelle elle était mal à l’aise, c’était la sincérité. Et s’il y avait une chose qui la mettait plus mal à l’aise encore, c’était de présenter des excuses. Ce qu’elle tentait maintenant et très maladroitement de faire.

- Tu ne m’as toujours pas dit comment tu t’appelles.
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Mar 13 Sep - 18:01
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Zee'

J'ai 28 ans et je vis à Anadyr, Ex-russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp.. Dans la vie, je suis squateuse Anar' et je m'en sors pas comme j'voudrais. Sinon, je suis seule, avec mon frère et je le vis plutôt bien.
Habite avec son frangin moitié cyborg au squat l'"Orka" situé entre le niveau zero (ou Dédale) et le premiers niveau de la ville.
Active,rebelle, lesbienne et impulsive, Zee' est aussi au fond très peu sûr d'elle. Elle masque ça sous des airs de grande gueule.
Elle participe souvent aux actions menée par les militant du coin et est très probablement recherchée par la police.
Récemment elle se retrouve dans une situation épineuse après avoir « malencontreusement » kidnappé une fille qui bosse comme… Keuf...
Tout c’est enchaîné trop vite.
J’ai égorgé Greez…
Putain ! J’ai buté un type. Ça avait beau être un sacré salop, me f’sait tout drôle d’avoir mis un terme si définitif à la vie de quelqu’un. Je suis si concentrée sur ce qui se passe devant moi et le cerveau si embrouillé par mes ruminations que je suis prise totalement par surprise quand une main énorme se pose sur ma bouche et m’attire fermement en arrière.
Je me retrouve ahurie devant la matriarche et un type costaud mais souriant qui s’excuse timidement pour la frayeur occasionée.
J’aperçois alors Julia tout aussi ébahie et les yeux fixés sur Ghân Dûna.
Je ne comprends pas tout de suite. Anderson… Puis comme un flash. Anderson-Razamanov ! AndRa ! Mais non ! Je fixe bouche bée la flic alors que j’essaie de faire coller cette info aux évènements récents. Elle aussi encaisse.
Je n’écoute qu’à peine les paroles de l’Ancienne. A toute allure je fais des liens. Les petits lapsus, les hésitations et certaines paroles étranges. Cette capacité de régénération accélérée… Merde, c’est une putain de Corpo ! Mais qu’est ce qu’elle fout chez les condés ? C’est quoi ce bordel ? C’est qui c’te meuf et c’est quoi son délire ? A quoi elle joue ?
Tout se bouscule et s’entrechoque dans ma tête en un bazar bien bordélique, si bien que je ne réagit que tardivement quand je capte que Dûna et Tal’ec sont repartis et que ses dernières paroles m’échappent.
Hagarde, mes yeux tombent sur le visage de l’autre. Elle tremble encore de froid, emmitouflée dans une large couverture de fourrures cousues. D’un signe elle me propose de profiter de la chaleur avec elle. Ch’uis encore trempée et l’eau a déjà gelé à certains endroits, rendant mes vêtements rigides et inconfortables. Je suis glacée…
Alors que je m’apprête à saisir un coin de couverture pour m’y enrouler elle m’intime gentiment mais avec je trouve une pointe de condescendance de me débarrasser de mes fringues dégoulinantes. Je me prépare à lui balancer une saloperie bien vache en réponse mais je prends conscience d’un truc : elle a pas tort… Alors comme elle tourne le regard, je me déshabille rapido, ne gardant que le bas de mes sous-vêtements puis m’enroule vite fait dans les fourrures.
L’autre semble soudain gênée. Moi aussi. Elle me remercie confusément et moi comme je ne sais jamais trop comment réagir aux compliments ou à ce qui s’y apparente je marmonne une connerie du style :
« Mouais. T’inquiète. J’ai l’habitude des emmerdes. C’est l’histoire de nos vies, en bas... »
Après un court instant, l’autre demande :
«  Tu ne m’as toujours pas dit comment tu t’appelle ? »
Je tourne la tête vers elle et la dévisage un moment. Bon. C’est vrai elle est keuf. C’est même une enfoirée de Corpo ! Mais bon. A part notre première rencontre, cette fille a été jusqu’ici plutôt correcte. Et j’l’ai même trouvée assez déconcertante pour une policière. Compte tenu de ses origines, on pourrait même dire qu’elle est d’une ouverture d’esprit tout à fait étonnante.
Alors, tandis que je suis sur le point de sortir un blaze à la con, histoire de, ma voix dépasse ma pensée et je dis :
« Je suis Zee’. Mon père était Koriak. Je ne sais pas où il est depuis ma petite enfance. En prison sûrement. Ma mère est russe. Bref. Pas des privilégiés. Elle a fini dans une des cellules pour cyberpsycos, celles tenues par l’Andra, tu sais ? »
Je m’arrête. Fais chier. J’enchaîne avant qu’elle puisse répondre.
« Écoutes, j’vais te dire un truc meuf : je sais pas de quoi il retourne exactement dans ton histoire d’Héphaïstos. Mais en tout cas je vais finir par adhérer aux délire complotistes des Pyros si ça continue. Leurs histoires de Grand Prophètes dirigé par un puissant Corpo. De la volonté des corpos d’exterminer tout les non citadins, et tout les citoyens non « rentables ». Toi. T’es une corpo, non ? Alors je vais te proposer un deal. Avant tout autre négociations : Si tu peux répondre franchement à ces deux questions : UN, qu’est ce que tu sais de tout ça. Et de Razamanov. Et DEUX, c’est quoi ton but, à toi, dans tout ça. Qu’est ce que tu fous là bordel ? C’est fou quand même qu’une gamine des Hauts, pourrie gâtée, tellement blindée de thune que tu dois même pas comprendre le sens du mot « galère », décide de se battre contre un type de son clan. Si tu veux te servir de nous pour arriver à tes obscurs projets politiciens de mes trompes, sache qu’en bas on est pas les demeurés que vous vous imaginez en haut… »

Ca m’agace. De ouf ! Fais chier pour la main tendue… De gâcher le début de compréhension mutuelle qui s’est amorcé entre nous. Mais là c’est trop. Marre d’être toujours la dernière au courant. Marre de passer pour une cruche.
A ce moment précis, le battant de peau servant de porte à la yarangua s’ouvre pour laisser passer Tal’ec, suivit de près par Tash qui sourit en me voyant mais paraît des plus soucieuse.
Sans un mot l’homme dépose un jolis tas de vêtements sur le sol. Puis il ressort avec un hochement de tête.
« Deux traîneaux équipés et attelés de six chiens chacun seront prêts à la tombée de la nuit, au sud du campement, à deux kilomètres dans un petit bosquet de bouleaux. »
Michto ma cousine ! Elle gère de ouf l’Ancienne. Tash enchaîne alors :
« Zee’, dehors, tu sais LE Dehors. C’est dur. Plus encore qu’ici. Je sais que Quêzin est bourré de défauts. Mais… c’est mon frère et tu le connais. Dans le fond il est pas mauvais. Et surtout il a ses propres principes. Tu sais comment il est avec les violeurs… Au squat, tu te souviens ? Bon. Ben là, après la soufflante qu’il s’est mangé de Ghân Dûna, il a rassemblé toute sa bande. Puis il a banni les trois acolytes de Greez. Pour « non humanité » et « tentative de viol prémédité ». C’est ce qu’il a dit. Enfin… banni. T’imagine bien : Il leur a tranché les couilles, leurs a fais avaler, puis les a renvoyés dans le dédale avec tatoué sur le front : « I Tried To Rap ». Ca fait un moment qu’il avait Greez et ses potes à l’œil. Alors il les a pas loupés ! L’ordre était de choper la keuf sans l’abîmer et de la lui ramener. Il avait sentit qu’elle était plus que ce qu’elle paraissait mais sans trop savoir... »
A ce moment son regard se fixe sur Julia.
« Ghân Dûna m’as dis. T’en fais pas, poupée, je parlerai pas. Pas même au frangin. Je m’en tape de tes histoires de grosse bourge. Mais une chose. T’as intérêt à pas faire de mal à ma copine. »
Là, ces yeux se plantent dans ceux de l’autre, noirs de rage et de détermination. Elle est impressionnante Tash, dans sa tenue de guerrière Koriak… Elle ne détourne pas le regard pour reprendre :
« Alors voilà le topo : Quezîn vous propose un guide. Il est déjà reparti avec presque toute sa bande. Mais un type, un pisteur solitaire, un pyros de longue date mais aussi et surtout un coureur des bois expérimenté vous attendra avant la « ceinture ». Il connaît des passages. Mon père assure que c’est un type bien. Et moi je vous conseil fortement de lui faire confiance. Passer la ceinture est quasi impossible. C’est une zone circulaire et presque entièrement militarisée. Seuls de rares fous solitaires passent parfois par miracle. Les pyros eux, passent à chaque fois qu’ils le souhaitent…
Et puis… Dehors, se seront probablement vos moins pires ennemis, voire vos seuls alliés. A vous de voir ! »
Elle a lâché tout ça d’une traite, en m’évitant pas mal du regard. Je sais qu’elle est en colère. Contre son frère. Contre la flic, contre moi et surtout : contre elle même. Je me défait de la couverture pour m’avancer vers elle et la prendre dans mes bras mais elle m’interrompt :
« Zee’ mon père m’as demandé de te dire ceci : Les choses sont toujours bien plus complexes qu’elles ne le paraissent. »
Alors elle se rapproche de moi. Puis tout doucement elle me chuchote à l’oreille de manière à ne pas être entendue de Julia :
« Quezîn se refuse à te le dire. Mais mon vieux a insisté. Zee’. Putain meuf, t’es la fille du Grand Khan. Le Khan des Pyros. Le prisonnier politique ! Meuf, ton daron il est bien en prison. Mais c’est pas juste un putain de dealos à la con ! C’est le type qu’as fais tellement flipper les Corpos y a quelques années qu’ils l’ont foutu en taule, en isolement, et sa cellule est la mieux gardée de toutes les prisons de l’ANDRA ! »
Bon. Elle est complètement chtarbée… Ça y est là c’est sûr, elle a pété une durite.
« Wesh, Tash ! C’est quoi ton déli... »
Mais devant son air très sérieux et ses yeux sombres et chamboulés, les mots s’éteignent dans ma gorge et j’avale une grosse boule de salive.
Elle ajoute tout bas :
« Fais attention à toi. Si les corpos, ou les flics l’apprennent. Ou s’il le savent déjà. Ils voudront mettre la main sur toi à tout prix, et il te f’ront porter le chapeau pour tout. Enlèvement d’une corpos... et séquestration. Vol de données privées de l’ANDRA et Top secrètes, meurtres multiples d’agents du « désordre », sans compter tout le grabuge qu’on a foutu en venant se planquer ici. Alors fais gaffe ! Ah, un dernier truc : le type là. L’éclaireur. Quand tu le reconnaîtra, je suis sûre que tu lui fera confiance. Tu verra. »
Elle m’embrasse rapidement dans le cou, puis me serre fort contre elle. Puis sur un dernier clin d’œil énigmatique, elle s’éclipse sans plus de cérémonie de la yarangua.

Alors. Bon. Debout, quasi à poils au milieu de la hutte, je reste un moment les yeux dans le vague. Puis, sans réaliser que l’autre fille est toujours là, je m’agenouille et commence à enfiler des vêtements secs. Et chaud. Que du tradi Koriak ou Tchouktche. En tout cas du solide et efficace. Mes doigt effleurent alors un tissu. Sombre. Une combinaison. Je me tourne alors brusquement vers Julia, reprennant conscience de sa présence.
« Ca, c’est à toi ! Planque le sous des trucs moins cramés...»
Je lui fais, en lui envoyant sa combinaison en boule. Elle la rattrape sans sourciller.
« Au fait. T’as toujours pas répondu à mes questions... »
Asma
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Asma
Dim 13 Nov - 15:04



Julia
Anderson

J'ai 36 ans - mais l'apparence de 10 ans de moins - et je vis à Anadyr, Ex-Russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp. Dans la vie, je suis policière, pilote de drone d'une unité MAX-TAC et je m'en sors franchement très bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Héritière désignée de la moitié du conglomérat ANDRA Corp, j'ai quitté Anchorage pour "m'acheter" une nouvelle vie ailleurs.
En savoir plus.
Quand elle lui avait demandé son nom, Julia ne s'était pas attendue à ça. Elle pensait que la fille ne daignerait même pas lui répondre. Au lieu de cela, non seulement elle lui avait donné son nom, mais elle s'était aussi mise à lui déballer l'histoire de sa vie. La rouquine semblait en avoir gros sur la conscience. La jeune femme aux cheveux blancs l'écouta sans l'interrompre.

Elle parla de sa mère et de son addiction.  Julia se contenta d'opiner.  Inutile de remuer le couteau dans la plaie. Elle connaissait très bien, voire trop bien le sujet. Elle faisait elle-même partie d'une max-tac. L'autre petit nom des unités de lutte contre la cyber- psychose. Probablement même que c'était un de ses collègues qui avait attrapé la mère de la rouquine. Voire elle. Mieux valait ne pas trop y penser. Zee'. Drôle de prénom. Sûrement un diminutif pour autre chose. Zilina ? Zita ? Zelda ? C'était plutôt un nom de corpo, ça. Elle avait connu une Zelda il y avait bien longtemps. Une espèce de bimbo blonde surmaquillée et refaite de partout. Il ne devait pas rester un centimètre carré de sa peau qui ne soit passé sous un coup de bistouri ou de laser. Tout en organique. Elle en avait largement les moyens. Julia soupira intérieurement. Ce n'était pas vraiment le sujet.

La pseudo-trêve fut de courte durée. La rouquine repartit à l'attaque, avec son attitude hautaine et pédante. Elle lui rappelait un peu Zelda, tout compte fait. Dommage, elle était nettement plus mignonne. Pour toute réponse, Julia pencha légèrement la tête sur le côté, continuant à la dévisager. Zee’ la relança sur Héphaïstos, sur la façon dont elle y était mêlée. Sur les théories fumeuses de ses copains complotistes. Sur les corpos. Ce qu’elle faisait là. Presque la rengaine habituelle.

Julia s'apprêta à s'énerver quand elle fut coupée dans son élan par le retour du grand gaillard, Tal'Ec, et d'une autre fille qu'elle avait vue plus tôt dans la journée. Le garçon ne fit qu'un blitz-passage, le temps de déposer quelques affaires et de disparaître. La fille, quant à elle, s'éternisa. Les voyant s'engager dans une conversation ensemble, Julia replongea son regard dans les flammes, n'osant bouger et, il fallait le reconnaître, pour profiter encore un peu de la chaleur du brasier. Elle laissa néanmoins traîner une oreille.

Alors comme ça c'était la sœur du gros malabar auquel elle avait fait face plus tôt ? Sympa, la familia. "L’ordre était de choper la keuf sans l’abîmer et de la lui ramener." Mais bien sûr, certainement dans des attentions tout aussi louables que le cinglé qui était venu les chercher au bain. Dans quel autre but aurait-il voulu "récupérer" Julia ? La jeune femme sentit le poids du regard de la nouvelle venue sur sa nuque.

"Ghan Duna m'a dit."

A ces mots, Julia leva brusquement la tête et se retourna sèchement. Elle plongea son regard dans celui, noir, de la copine. Elle essayait de se donner des airs, et la policière se prit à se demander s'il y avait plus que de l'apparence et des mots. La jeune femme la gratifia d'un roulement d'yeux.

Elle leur fit un topo sur leur ami pisteur. Elle ne cessait de fixer Julia en parlant, mais elle ne laissait à aucune des personnes ici présentes l'opportunité d'en placer une pour donner son avis. Elle ne le demandait pas. Elle imposait. Puis ce fut reparti pour des cachotteries avec sa copine. Ces gens commençaient sérieusement à lui taper sur le système. Si elle n’avait pas été paumée au milieu de la pampa, au sein d’une tribu qui penchait probablement plutôt en faveur de la brune qu’en la sienne, elle lui aurait collé sa main dans la figure.

Comme pour s'occuper les mains, Julia commença à jouer avec le fusil d'assaut qu'elle avait toujours sur les genoux. Enlever le chargeur, éjecter la dernière cartouche déjà dans la chambre. Remettre la cartouche dans le chargeur. Le remettre en place. Entendre le clic caractéristique qui indiquait qu'il était verrouillé et que la cartouche avait retrouvé son logement dans la chambre. Vérifier la sécurité. Clic. Recommencer. Encore. Elle le refit une nouvelle fois. A la troisième, elle se contenta de garder la cartouche de 7,62 et de jouer à la tourner entre ses doigts, la passant de phalange en phalange, tout en contemplant le feu. Elle se prit à imaginer le bordel que cela mettrait si elle balançait la cartouche dans le feu maintenant. Est-ce que ce ne serait pas l’occasion de prendre la poudre d’escampette et de fuir ce merdier une bonne fois pour toute ? Que faisait-elle encore là, vraiment ?

En réalité, la seule chose qui la gardait encore ici était cette affaire avec Ivan.

- Est-ce que tu as eu le temps de reconsidérer ma proposition ?

Un frisson glacé remonte le long de la nuque de la jeune femme. Elle ferme les yeux et prend une profonde inspiration, sentant l’homme se rapprocher dans son dos. Elle se retourne pour lui faire face et, les mains sur les hanches, le toise de toute la hauteur que lui confèrent en supplément ses quinze centimètres de talons aiguilles.

- ça va faire trois ans, Ivan. Tu ne crois pas qu’il est temps de passer à autre chose ?

Il se penche à son oreille.

- Que toi ? Jamais.

Il prend sa main et la porte à ses lèvres pour y apposer un baise-main des plus galants. Son contact l’électrise. Elle déteste l’effet qu’il a encore sur elle. Subrepticement, elle serre l’autre poing. Ne pas faire d’esclandre. La réunion est terminée. Il n’y a plus qu’à remonter dans l’avion et retourner à sa petite vie. Demain, elle retrouvera Alexei et les copains, et tout ça ne sera plus qu’un lointain souvenir… jusqu’à la réunion suivante. Six mois de paix.

Il place la main dans le creux de sa paume et y pose une boîte avant de refermer ses doigts autour. Avant même qu’elle n’ait le temps de réagir, il est déjà en train de s’éloigner dans le couloir.

- Des fois que tu changerais d’avis, lance-t-il au loin.

Elle attend que le bruit de ses pas ait disparu au loin et se résigne à baisser les yeux sur ses mains. Un écrin en velours prune. A l’intérieur, une bague de fiançailles en platine sertie au centre d’un diamant noir d’une taille indécente et de diamants blancs sur son pourtour. Il y en a pour une petite fortune. Comme toujours, il ne fait pas les choses à moitié.

Ce qu’il lui veut, en cet instant, elle ne le comprend pas. Il a tout pour lui. Elle lui a laissé les rênes, ne lui met aucun bâton dans les roues. Alors pourquoi cette obsession ? Elle ferme violemment le clapet de l’écrin de velours. Si elle le pouvait, elle le lui lancerait à la figure. Mais il s’est déjà éclipsé. Et puis. On est entre gens civilisés, ici. Il n’y a pas de place pour ce genre d’esclandre.


Le mouvement du tissu lancé à travers la yaranga la sortit de ses pensées. Par automatisme, elle tendit un bras pour s'en saisir, sans même se tourner.

- Te voilà flic, maintenant ? Je croyais que c'était mon job, les interrogatoires, grinça-t-elle. En même temps, je n'ai pas pu en placer une depuis que ta petite copine s'est pointée. Charmante, au demeurant, ironisa-t-elle encore.

Elle souffla des narines pour accompagner la fin de son propos. Prenant son temps, elle remit la cartouche qu’elle avait encore dans les mains dans le chargeur. Elle retira les peaux dans lesquelles elle s'était emmitouflée. Elle se redressa et s'étira longuement, tel un félin au réveil de sa sieste. Pas un bleu, pas une égratignure, pas un comédon ni une imperfection cutanée sur sa peau de poupée de porcelaine. Comme une étendue d'eau redevenue lisse après l'onde du dernier ricochet à sa surface. Elle passa lentement une jambe, puis l'autre, et retrouva avec plaisir le contact avec le matériau familier d'un vêtement qui lui appartenait. Si seulement le reste de ses équipements était là, lui aussi.

- Ce que je sais, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, au charmant frangin de ta copine, avant qu'il lui prenne l'envie de m'en retourner une et de m'envoyer son pote aux bains, reprit-elle finalement, toujours aussi acide.

Même si elle voulait se donner l'air détendu de la fille au-dessus de tout ça, au fond d'elle-même, elle ne décolérait pas. Elle avait bien entendu ce qu'avait dit l'autre sur ce qu'il était advenu des copains du porc que Zee' avait saigné, mais elle ne comptait certainement pas en remercier qui que ce soit. Cela n'avait tenue qu'aux deux jeunes femmes de s'être évité le pire. Et à personne d’autre.

- Mon but à moi, c'est de rentrer retrouver mon chien et qu'on me foute la paix. Quant à "ce que je fous là", je te rappelle que je ne suis pas venue de mon plein gré, mon chou. Au cas où t’aurais oublié.

Julia s’arrêta. Elle ressentit un pincement au cœur en se demandant si ses collègues s'inquiétaient de son sort ou s'ils l'avaient déjà enterrée. Une rage sourde s’empara d’elle.

- La "grosse bourge", vous l'avez ramenée vous-mêmes. Tu trouves que j'ai l'air d'être "en haut", là ? Si je voulais "faire de la politique", je serais en train de siroter du champagne à Anchorage...

Comme ce connard d'Ivan, se retint-elle d'ajouter.

- ..., pas en train de me geler le postérieur dans un trou à rats. Tu crois vraiment que c'est ici et comme ça que se fait la politique "de mon clan" ?

Elle fit une brève pause, avant de renchaîner de plus belle.

- Tu as parfaitement raison. J'aurais dû rester dans "les Hauts" en compagnie de monsieur Prince-Charmant et devenir sa princesse pendant qu'il essayait de faire sauter la moitié de la planète. D'ailleurs, je m'en vais de ce pas lui dire que je regrette d'avoir rompu nos fiançailles et m'empresser de l'épouser. Et là, tu peux être sûre qu'il n'en restera plus un seul "en bas", de demeuré.  Plus un en haut non plus, d'ailleurs, si j'en crois ce dont vous disposez sur Héphaïstos.

C'était mesquin et gratuit, mais elle n’arrivait plus à s’arrêter. Elle avait épuisé son quota de patience pour la journée. Pour une année entière, même, certainement. La jeune femme avait réussi à véritablement lui porter sur les nerfs. Finalement, elle préférait presque quand la rouquine ne lui parlait pas.

Ayant craché tout son fiel, elle s'empara d'une paire de bottes fourrées étonnamment confortables, à peine surprise d'y trouver sa pointure. Puis d'une espèce de long manteau en peau, avec fourrures aux poignets et à l'encolure. Qui à son nez sentait fort la bête morte. Mais au moins, ça tenait chaud. Surtout qu’elle était partie pour réaffronter le froid.

- Allez, va, qu’on en finisse de ces conneries. Parce que j’avais rien d’autre à foutre aujourd’hui que d’aller faire du traîneau au beau de milieu de la taïga, maugréa-t-elle en posant la main sur la peau qui servait d’entrée.
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Sam 7 Jan - 7:04
A.C.A.B.  - Page 2 Ob_c1d10
Zee'

J'ai 28 ans et je vis à Anadyr, Ex-russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp.. Dans la vie, je suis squateuse Anar' et je m'en sors pas comme j'voudrais. Sinon, je suis seule, avec mon frère et je le vis plutôt bien.
Habite avec son frangin moitié cyborg au squat l'"Orka" situé entre le niveau zero (ou Dédale) et le premiers niveau de la ville.
Active,rebelle, lesbienne et impulsive, Zee' est aussi au fond très peu sûr d'elle. Elle masque ça sous des airs de grande gueule.
Elle participe souvent aux actions menée par les militant du coin et est très probablement recherchée par la police.
Récemment elle se retrouve dans une situation épineuse après avoir « malencontreusement » kidnappé une fille qui bosse comme… Keuf...
Encore sonnée par toutes ces révélations, mon esprit s’égare sur mon enfance. Mes souvenirs de mon père. Gamine, dans la yaranga familiale. La neige. Les chiens.
Mon père.
Toujours souriant. L’oeil pétillant et si joueur. Il n’emmenait chasser, moi et mon frère. Et le petit Koï. Un gamin des bois. Un orphelin, perdu et muet. Un diablotin hirsute et tout petit. Sorti des bois un jour et recueilli par la tribu. Ses traits semblait tchouktches. Longue chevelure lisse et noire, épaisse. Teint cuivré et pommettes saillantes. Mais ses yeux, bien qu’en amandes, étaient d’un vert éclatant.
Koï. Le sauvage. Le lutin. Le silencieux.
Lors de ses longues absences, mon père l’emmenait souvent, lui, et moi et mon frère en étions extrêmement jaloux, au début. Car il nous laissait alors au camp.
Il disait partir pour une longue chasse, trop difficile pour nous.
Mais pourquoi lui ?
Parce qu’il parle la langue de la taïga. Il ne craint rien. Et que notre peuple et beaucoup d’autres ont besoin de ses dons.
Mais pourquoi ?
Un jour vous comprendrez. Je vous emmènerais. Quand vous pourrez comprendre. Lui il sait déjà. Il vient de là. Vous saurez un jour… Mais peut être que vous ne le voudrez pas, alors…

Comment ce chasseur tranquille pouvais être le Grand Khan des Pyros ?! Comment mon papa, qui jouait avec nous à la chasse au mamouth, animal mythique incarné par mon père et que nous devions traquer et abattre à coup de boule de neiges qu’il nous renvoyait avec un regard fou, roulant des yeux terribles et grattant la neige avec sa botte, mimant un animal sur le point de charger.  
Il nous fonçais alors dessus avec un cri terrifiant alors que nous nous égaillions en hurlant de peur. Il nous rattrapait et nous roulions dans la neige en éclatant de rire puis le criblions de boules glacées. Il finissait par demander grâce en riant aux éclats.
Le Grand Khan ?!
Me reviennent alors les bribes de connaissance sur ce personnage semi-mythique, un héros rebelle s’étant dressé contre la tyrannie du corporatisme. Un chef de guerre, mais aussi un habile stratège et  un homme cultivé. Un type qui avais compris beaucoup de choses sur le fonctionnement des corpos, et leurs avais tant foutu la frousse qu’ils avaient un temps consacré l’essentiel de leur forces à sa capture. Au point de cesser un instant les éternels conflits entre différentes corporations, afin d’arrêter cet homme et ses alliés.
On disait qu’il menaçait d’unir toutes les tribus sous sa bannière. On dit qu’il appelait ceux de la ville à le rejoindre. On dit que certains y allèrent. On dit que lui et les pyros opéraient d’incessants allers retours hors de la ceinture, pour approvisionner les ghettos. On dit qu’a un moment, le produit de ses expéditions était si abondant que certains pyros, capable de passer pour des citadins, allaient distribuer les surplus aux familles les plus démunies, dans les cantines d’ouvriers, et dans les squats qui redistribuaient à leur tour.
De la bouffe bien sûr. Verte. Crue. Sauvage.
Mais aussi des tas d’autres choses. Des baumes. Des elixirs, ou d’autres potions pour les cyber drogués ou tous les abîmés du monde.
Des outils variés et souvent insolites.
Des armes aussi, bien sûr.
On dit cependant qu’il n’appelait pas à la guerre, mais à la prise de responsabilité de chacun.
Ses cadeaux n’appelait aucune contrepartie. Et c’est probablement l’une des raisons qui causèrent le plus de soucis aux corporations, basées sur un système ou chaque échanges d’information, de produit, de services, chaque interaction entre humain est monétisée, informatisée, enregistrée, analysée…
L’histoire et la vie du khan fait encore aujourd’hui l’ojet de débats animés au sein des différents squats et autre lieux militants.
A cette époque, celle du Khan, ma mère et nous avions déjà déménagé dans le Dédale. Avec Tash et ses frères, et son père. La vie hors de la cité était alors quasi impossibles. Seuls quelques vieux et les plus endurcis, déterminés, ou fous avaient alors continuer de vivre dans les camps.
Mon père n’apparaissait plus que très rarement, le visage tiré et n’avait plus cœur à jouer. Jamais cependant il ne nous avait parlé avec colère. Ses yeux autrefois joyeux étaient seulement tristes, à la fin.
Puis il avais disparu. Ma mère avait vrillé.
J’en ai les larmes aux yeux.

A ce moment j’entends la voix de la fille.
« … flic maintenant ? »
Je ne réponds pas. Toujours dos à elle, je finis de m’habiller et de fixer mes différents poignards. Un dans la botte. Un à la ceinture, visible. Un dernier, plus petit, dans un fourreau spécial dans la manche. Enfin j’attrape le derniers objet au sol. Une sorte de poche de cuir et deux lanières opposées qui en partent.
Ma fronde… Je m’en servait à la chasse, à l’époque. Puis après j’ai surtout caillassé des condés avec… J’étouffe un éclat de rire semi sanglot en pensant à Tash et son sens de l’humour tordu.
Je sèche mes larmes d’un geste brusque. Je renifle. Bruyamment. Bas lek’.
J’écoutes ce que me dis l’autre. Posément. En fait je me sens détachée de la scène actuelle. L’esprit entre passé et futur. Notre expédition dehors. Et mon père, cet inconnu…

Pourtant j’entends chacune de ses paroles. D’abord calme, contenue, la flic finis par hausser le ton. Progressivement et p’têtre bien sans s’en rendre compte. Je ne peux empêcher un sourire de s’esquisser sur mon visage. D’abord j’essaie de me contenir. Mais finalement c’est un grand sourire, presque chaleureux qui s’épanouit sur mon visage. Comme j’en fais rarement.
Vl’a t’y pas qu’elle a des sentiment, la corpos !
A la mention de sa présence involontaire, je tic. Vite fais. C’est vrai que j’ai toujours pas capté pourquoi ce vieux jobar de père de Tash avait voulu qu’on l’embarque, elle !
L’autre enchaîne.
La fin de sa tirade me ramène pour de bon au présent. Son type, là. Son prince charmant. Il a toujours incarné pour ceux du bas l’infâme, le monstre tyrannique et inhumain, parfaitement inatteignable et insensible.
Razamanov. Ombre semi divine planant sur la cité. Un démon plutôt selon les légendes urbaines. Bref, le type incarne le mal sur terre pour beaucoup de gens.
Alors les histoires de fin du monde de la keufs finissent par trop ressembler aux délires des pyros pour être fantaisistes. Mon regard se durcit.
Je me tourne et attrape la fille par l’épaule au moment où elle saisit le rabat de peau.

« Le vieux de Tash, il a toujours fais des trucs bizarres. Mais jamais par hasard. Il savait qui t’étais. Va savoir comment, mais il savait, c’est sûr. »

Je passe devant elle sans attendre de réponse. Un coup d’œil. C’est calme. Les feux brasillent encore et il reste quelques silhouettes emmitouflées aux abords des foyers, faisant tourner quelques bols de tisanes ou de rakja.
Sans attendre, je me faufile hors de la hutte et file vers l’arrière pour sortir des halos de lumière. La neige crisse sous mes bottes. Froide et profonde. Le vent s’est calmé.
J’avance vers la forêt, suivi par Julia.
Le sentier que je suis est tassé par le passage des ramasseurs de bois. La lune n’est pas levée. La nuit est noire et seul la neige qui reflète les lueurs lointaines des feux de camps nous dispense de quoi voir.
Dans les bois la couche de neige est plus fine. Les ombres plus denses aussi. Inquiétantes. On se faufile entre les troncs de sapins et de pins suivant maintenant une piste plus étroite, parfois masquée par des broussailles.
Concentrée, je ne parle pas, ne fais pas de geste superflus. Efficace. Sens la piste. Ecoutes là. La voix de mon père me reviens par bribes…
Un instant je m’arrête et lève les yeux. Une trouée dans les branches révèle alors un ciel pur, sans nuages. Criblés d’étoiles lumineuses et glacées. Un feux d’artifice de beauté… Je n’avais pas contemplé ça depuis si longtemps ! Je me tourne alors vers ma compagne d’infortune.
Sans un mot je lui montre le firmament, émue. Puis je reprends la trace.

En peu de temps, on arrive à l’orée des bois et le regard se perd sur les étendues gelées de la toundra. Puis je reporte les yeux au sol. Des traces de traîneaux. Elle croise la piste à quelques mètres à peine. Elles ont été camouflées assez habillement, avec un tapis ou quelques chose de ce style attaché à l’arrière du traîneau. Mais on distingue un tracé presque effacé par le vent qui à repris sensiblement hors de la protection des arbres. Mon regards suit. A droite, discrètement planquée au creux d’un vallon, un petit bosquet de boulots borde la forêt de pins.
Les traces y mène.

Je me retourne encore vers la fille. La marche m’as calmée, en quelque sorte. Apaisée et concentrée sur l’instant. Comme autrefois.
« Ecoutes. On est clairement pas parties du bon pied toutes les deux. Quoi qu’on en pense, il se trouves qu’on en est là et maintenant, à cet instant et cet endroit. Perso je sais pas trop ce qui nous attends, maintenant. Mais… Tu sais au début je t’ai prise pour une sorte de robot, un être dénué du moindre sentiment, dont les traces de la vies s’effacent aussi vite de sa peau que de son esprit. Dans les bains, j’ai ressentie une première fois une sorte de… j’ai pris conscience qu’on était pas si différentes. Et puis, tout à l’heure, tu m’as prouvé que tu était capable de t’énerver, de rougir, et de ressentir. Bref. Que t’étais humaine tout bêtement. Alors bon.
On s’ra p’tre pas les meilleurs potes du monde, mais je te propose une sorte de… trêve.
Ah et au fait… Moi j’ai jamais cru au prince charmant, ni aux princesses d’ailleurs... »
J’éclate alors de rire et lui donne une tape bourrue dans l’épaule.
Avant qu’elle ne puisse dire un mot, je reprends la marche d’un pas vif.
Mes sens se réveillent. Je sens la forêt. La neige, à l’odeur métallique. Les flocons épars et si froids qu’ils ne fondent pas.
On entre dans le bosquet et je me met à scruter les ombres, alerte.
Julia aussi s’est tendue. Je la sens aux aguets. Elle m’a rattrapé peu avant d’entrer sous les arbres. De vieux arbres aux troncs blancs parcourus de crevasse sombre et profondes, témoins d’une vie rude.
Soudain un mouvement.
Puis un autre. Une ombre se dresse, puis s’ébroue et la neige vole.
Les oreilles se dressent. Et je ne peux retenir un murmure :
« Kiviok ! »
Interloquée, je reste un instant pétrifiée. Puis je me précipite en avant pour serrer le chien dans mes bras et celui ci m’accueille amicalement mais avec curiosité. Je me rends alors compte que ce n’est pas mon chien de tête, forcément, puisqu’il est mort il y a bien des années. Il lui ressemble pourtant tellement. Tout ces foutus souvenirs stupides de mon enfances qui me tourne la tête...
Une main brune sort alors de l’ombre et se pose fermement sur mon épaule. Dans un sursaut je me retourne brusquement et dévisage l’inconnu.
Petit, vêtus uniquement de fourrures cousues grossièrement, d’un pagne épais, de bottes fourrées elles aussi et d’un ample capuchon. Il sourit. Un grand sourire, plein de dents et me tapote gentiment l’épaule.
Dans l’ombre on distingue mal le reste. Je m’apprête à le repousser mais il s’esquive d’un geste souple, animal. Il siffle deux fois. Une douzaine de silhouette se lèvent tranquillement, s’étirent et se secouent en se chamaillant sans trop de bruits.
Les mouvements du bonhomme sont incroyablement fluides et vifs. Il se déplace comme s’il faisait partie intégrante de la meute, de la forêt, s’accroupissant brièvement pour flatter un museau puis bondissant en une danse agile et naturelle d’une truffe à l’autre.
Je met un moment à capter qu’il remet aussi les traits en ordres. Deux masses, vaguement tubulaires se discernent alors. Les traîneaux.
Julia semble elle aussi interloquée par les évènements et le personnage.
Il reviens alors, se relevant en se servant habilement de ses poings comme appui sur le sol pour se déplacer toujours souplement entre les obstacles.
Face à nous, il nous relance un de ses éclat de dents. Toujours silencieux.
Enfin il émet enfin une sorte de grognement, comme de dépit. Presque familier...
Et il crache au sol d’un air méprisant.
Un crachat net, un mouvement du visage, de la mâchoire. Un regard qui brille soudain alors que la lune masquée par un nuage apparaît soudain…
Ce même regard vert, vif et blessé d’un lutin souvent souriant, mais toujours silencieux, auquel on avait jouer quelque tours malicieux, mon frère et moi. On l’embêtait souvent. Mais il était comme un petit frère pour nous.
« Koï ! Putain d’merde... »
Je fonce sur le petit bonhomme encapuchonné dont le regard s’éclaire soudain de joie. Je le serre fort fort.
Puis je me tourne vers ma compagne qui à repris son air agacé.
« C’est Koï. Un frère adoptif, en quelque sorte. Il est muet et… c’est un putain de miracle ! »
Je replonge alors mes yeux dans ceux de mon petit frère sauvage et le sers encore dans mes bras.
Il se dégage avec douceur mes d’une torsion vive, comme un singe et s’écarte avec un immense sourire plus éclatant encore que ceux d’avant, si c’est possible.
Puis il bondit vers les chiens en émettant de curieux sons sourd et gutturaux.
Il saute sur les patins du traîneau de tête et nous incite à grands signes à monter à l’arrière du deuxième attelage.
Enfin il dénoue la corde d’amarrage de son équipage et monte sur le frein. Ses mains tiennent fermement le guidon.
Il tourne alors ses yeux calme vers nous, patient.
Je lève les yeux sur Julia.
« Alors ? On y va ? »
La question est sincère et je plonge mon regard dans le sien.
Asma
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patrick
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Asma
Sam 7 Jan - 15:33



Julia
Anderson

J'ai 36 ans - mais l'apparence de 10 ans de moins - et je vis à Anadyr, Ex-Russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp. Dans la vie, je suis policière, pilote de drone d'une unité MAX-TAC et je m'en sors franchement très bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Héritière désignée de la moitié du conglomérat ANDRA Corp, j'ai quitté Anchorage pour "m'acheter" une nouvelle vie ailleurs.
En savoir plus.
Il savait. La phrase l'ébranla jusqu'au plus profond d'elle-même. L’ancienne, déjà, avait su qui elle était, alors même qu'elle n'avait jamais donné son nom. Ghân Dûna avait fait mention de sa mère. Qui étaient ces gens ? Comment connaissaient-ils sa mère ? Comment savaient-ils qui elle était, elle ? Le vieux qui l’avait soignée avait eu l’air complètement largué. Était-il quelque chose de plus qu’un simple paumé un peu trop accroc à des choses qui ne faisaient que le ronger un peu plus ? Et cette affaire avec Ivan. Y avait-il un lien entre tout cela ? Quel était son rôle à elle, dans toute cette histoire ? En avait-elle seulement un ? Non, elle s’était simplement retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Elle s’était retrouvée dans le Dédale pour une mission comme une autre. Pour une mission comme elle en avait mené des dizaines, voire des centaines. Sa sixième en l’espace d’à peine plus de 48 heures, comme elle l’avait rappelé à son chef, ce qui semblait être dans une autre vie, une éternité plus tôt. Il y avait de quoi la rendre complètement paranoïaque. Il y avait quelque chose, quelque chose de plus grand qu’elle dans toute cette affaire, quelque chose qu’elle ne comprenait pas. Il lui manquait des pièces du puzzle, c’était évident.

Si le vieux savait, avait-il choisi volontairement de l'emmener ? Obnubilée par les pensées qui la hantaient, Julia s’était aventurée à l’extérieur à la suite de la rouquine. Et elle, qui était-elle vraiment, alors ? Accueillie par l’obscurité qui était tombée sur le camp, elle avait emboîté le pas de Zee. La jeune fille aux cheveux rouges semblait être dans son élément. C’était loin d’être le cas de Julia.

Là, au beau milieu de nulle part, dans la nature, la vraie, elle était un éléphant dans un magasin de porcelaine. La citadine était en terrain hostile. Comparée à la jeune femme devant elle, elle savait qu'elle faisait un bruit épouvantable. Ses pas crissaient dans la neige, ses pieds s'accrochaient dans les racines des arbres. Elle trébuchait régulièrement dans la neige et avait du mal à évaluer où poser le pied. La sangle du fusil d’assaut lui cisaillait l'épaule à chaque fois qu’elle perdait ses appuis. L’arme revint à plusieurs reprises cogner entre ses omoplates. Elle aurait un bleu, c’était certain. Puis elle se rappela que dans quelques minutes ou quelques heures, il n’y paraîtrait plus. Alors elle finit par se caler dans les pas de la rouquine. Elle posait les pieds dans ses traces, et rien que dans ses traces. Ça alla un peu mieux. Zee s'arrêta brusquement. Julia, concentrée sur ses orteils, manqua de la percuter de plein fouet. La rouquine avait levé les yeux au ciel. La jeune femme aux cheveux immaculés suivit son regard.

Le spectacle était saisissant. La dernière fois qu'elle avait vu un ciel aussi clair, c'était quand son père l’avait emmenée dans le nord voir les aurores boréales. Quel âge avait-elle à l’époque ? 10 ans ? 12 peut-être ? Ils avaient pris l’hélicoptère jusqu’à Fairbanks, pour rejoindre l’une des multiples demeures familiales. Sa mère était restée à Anchorage. De là, ils avaient pris un traîneau à chiens pour pousser vers le nord. Son père l’avait installée sur le traîneau, sous un monceau de couvertures qui lui remontaient jusqu’au nez. Cela aurait été son plus beau souvenir de nature sauvage, s’il n’avait pas été accompagné du bourdonnement incessant des drones et du vrombissements des moteurs des motoneiges des gardes chargés d’assurer leur sécurité. Des nuées entières d’hommes encagoulés et de machines, tous armés jusqu’aux dents. Ici, tout était calme et silencieux. Il n’y avait que Julia et Zee. Du moins le crût-elle, jusqu’à ce que sa compagne de voyage s’arrête.

Oui, elle aussi pouvait ressentir quelque chose d’anormal dans l’air. Mais son intuition ne lui dit rien de plus. Elle était en terrain beaucoup trop inconnu pour être en mesure de percevoir ce qui n’allait pas. Dans un mouvement qui manquait quelque peu de fluidité, Julia passa l’arme sous son bras, la ramena devant elle, l’épaula et retira la sécurité.

Un chien apparût sous le manteau neigeux. Ghân Dhûna avait bien parlé de traineaux. Rien de surprenant à trouver des chiens. Zee se précipita vers l’animal, qu’elle semblait reconnaître. Quelque chose d’autre dérangeait la policière. Elle remit la sécurité mais ne baissa pas son arme. Il y avait autre chose. Une silhouette apparût soudain derrière la fille aux cheveux rouges encore occupée à papouiller l’animal. Le mouvement était trop furtif. Julia ne parvint pas à le mettre en joue. Tout se passa vite. Des sifflements, puis le sol entier devant elle qui se leva en même temps que s’ébrouait une meute entière de chiens. Un attelage ? L’étrange silhouette qui avait sifflé reparût, toute proche. La sécurité sauta de nouveau. Non, pas une bête, un humain. Un signe de reconnaissance de la part de Zee. Julia poussa un soupir exaspéré. Fallait-il vraiment qu’ils soient tous plus bizarres les uns que les autres ?

Elle remit le cran de sûreté et laissa l’arme glisser le long de sa lanière jusqu’à la repousser, canon pointé au sol, dans son dos. Elle laissa son regard se poser sur le « frère adoptif ». Une créature sauvage, surtout, qui avait quelque chose de plus animal qu’humain. Il ne devait pas souvent côtoyer ses congénères.

Leur guide du jour leur fit signe. Zee lui proposa de prendre place sur le deuxième traîneau. Julia se figea. Lorsqu’elle était plus petite, à l’occasion d’un des passages au chalet de Fairbanks – si on pouvait qualifier une demeure moderne toute en bois et en verre de plus de 300 mètres carrés de chalet – , son père lui avait offert un traîneau. Une minuscule chose où elle attelait son unique chien et jouait dans le jardin enneigé de la résidence familiale. Elle doutait que l’expérience n’ait grand-chose à voir avec celle d’un attelage complet guidé par des mushers expérimentés. Parce que Zee avait de l’expérience, non ? Elle jeta un coup d’œil en biais à la jeune femme et s’approcha avec circonspection. Elle ne craignait pas les chiens. Elle se posait plutôt des questions sur le traîneau. La structure semblait légère. Elle se demandait comment elle supporterait leurs poids à toutes les deux, bien que Zee n’ait pas franchement l’air beaucoup plus épaisse qu’elle. De près, elle pût constater que l’objet était fait de kevlar et de microlattice, le même matériau qui servait au capitonnage des casques et gilets tactiques de son unité. Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendue. A quelque chose de parfaitement archaïque. Elle était plutôt impressionnée.

La jeune femme se délesta du fusil d’assaut et le plaça sur le traîneau, sous une couverture et retenu par une lanière, afin d’éviter qu’il ne gèle ou ne tombe. Elle vint se placer à l’arrière du traîneau. Elle regarda comment se positionner Zee et en fit de même, en s’installant sur l’autre patin. Finalement, ce n’était pas si différent que ça de son petit traîneau de jeu d’enfant. La suite ne promettait pas d’être aussi évidente. Son regard dans celui de la rouquine, elle opina silencieusement du chef. Oui, on pouvait y aller.

Elle découvrait une autre facette de la fille des bas quartiers. Zee n’était pas juste une paumée de la Fosse, comme des centaines d'autres dont Julia avait croisé la route, ni une pseudo-racaille à l’image de ceux dont faisait partie le frère de sa copine. Elle était bien plus que cela. Accrochée au guidon, s'abstenant de tout mouvement qui risquerait de parasiter la conduite de l'engin par la rouquine, Julia regardait le paysage en lançant de temps à autres un coup d'œil à sa voisine. Épaule contre épaule, elles suivaient le pisteur qui ouvrait la voie devant elles. Irréel. Elle n'avait pas d'autre mot pour qualifier sa situation.

Son esprit retournait sans cesse à ce qu'avait dit Zee un peu plus tôt. "Il savait qui t'étais". Sa mère. Sa mère lui avait caché des choses. Mais quoi ? Julia l'avait toujours connue recluse et solitaire. Comme l'ombre d'elle-même. Avait-elle toujours été ainsi ? S'était-il passé quelque chose ? Manifestement oui, sinon quoi il y avait aucune explication logique au fait que ces gens du fin fond de nulle part la connaissent. Ou connaissent Julie. Ce qu'elle aurait donné en cet instant pour pouvoir parler à sa mère. Lui demander des explications. Cette dernière se trouvait à des milliers de kilomètres de là. D’ailleurs, se souciait-elle le moindrement du monde de savoir que sa fille avait disparu ? Quelqu’un le lui avait-il dit ? L’héritière des Anderson ressentit comme un poignard glacé se ficher dans sa poitrine.

Héphaïstos. Est-ce que tout cela avait un lien ou bien s'agissait-il d'une simple coïncidence ? Sa mère avait-elle un rapport avec le projet ? Anjelica Anderson n’avait jamais semblé intéressée par les activités de son mari. Elle avait souvent fait à Julia l’effet d’une jolie plante verte, d’un charmant faire-valoir pour son père. Julia réalisa qu'elle ne savait pas grand-chose de sa propre mère. Elle savait qu'elle avait travaillé un temps pour ANDRA. C'était là qu'ils s'étaient rencontrés avec son père. Mais dans quel domaine ? Avec dépit, elle se rendit compte qu’elle ne savait même pas quelles études elle avait fait. Il était lamentable de réaliser qu'on connaissait si peu sa propre famille. Elle venait d’un monde égoïste où chacun ne se préoccupait que de sa petite personne. Était-elle si différente des autres ?

Autour, le paysage défilait sans fin. Au début de la traversée, elle avait essayé de se repérer, mais avait rapidement abandonné. Dans l’obscurité et au milieu des bois, tout se ressemblait trop pour elle. Où étaient-ils ? Julia réalisa qu'ils auraient pu l'abandonner au milieu de ce désert glacé et qu'elle n'aurait de toute façon aucun espoir de s'en sortir vivante, même en ayant retenu le chemin. Perdue au beau milieu de la toundra arctique tchouktche, elle se demandait si elle était encore en territoire d’ANDRA.  Ou plus exactement, elle se demandait comment ANDRA pouvait croire maîtriser un tel territoire. La mainmise de la corporation était sur les mégapoles et les structures industrielles. Au-delà, il était illusoire de penser qu'ils avaient le moindre contrôle. Elle n'avait d'autre choix que de faire aveuglément confiance à la jeune femme qui lui avait proposé une trêve et à la drôle de créature, mi-homme, mi-animal, qui les guidait.

D'autres images s'insinuèrent dans son esprit. Ivan. Il ne la quittait plus.

***

Elle a passé une sale journée. Une de ces journées qui lui fait se demander pourquoi elle a choisi un boulot pareil. La nana était particulièrement cinglée. Tellement couturée de partout qu’elle aurait pu renvoyer la créature de Frankenstein se rhabiller sans l’ombre d’un doute. Un vrai sapin de Noël de pièces détachées et de chrome. Un bras, la main opposée, au moins une voire les deux jambes, à sa démarche. Des membres difformes. Une grande partie du visage. Et ce n’était que la partie visible de l’iceberg cybernétique. Elle n’ose imaginer ce qu’ils auraient trouvé sous le débardeur miteux qui recouvrait sa poitrine décharnée. Quoi qu’il en soit, son circuit principal était sévèrement grillé. Elle était complètement marteau. Julia n’arrive pas à s’enlever de la tête son sourire carnassier. Littéralement. Deux rangées de dents façon requin. Complètement frapadingue. Un cas d’école de cyber-psychose. Dire qu’il a fallu pas moins de cinq bonhommes pour la maîtriser. Jansen a un nez cassé. Bobson, un morceau de thorax en moins, est entre la vie et la mort. Elle ne donne malheureusement pas cher de lui. Même Alexei y a laissé un bout d’oreille. Julia, elle, est miraculeusement indemne. Une balle lui a éraflé la clavicule. Sur le coup, ça a bien pissé le sang. Mais il ne reste plus qu’une fine ligne blanche. Demain, il n’y en aura plus aucune trace.

Passant une main dans ses cheveux pour repousser les cheveux blancs qui lui chatouillent le nez, Julia se sert un verre. Elle n’a même pas allumé la lumière de l’appartement en entrant. Elle n’a passé aucune commande vocale. Elle s’est contentée de le traverser, dans l’obscurité. Kodi n’est même pas venue l’accueillir. Enfoirée d’ingrat de chien. La domotique maison s’est chargée de lui remplir sa gamelle il y a une heure. Elle aurait pu crever ce soir, mais tout ce qui compte pour ce chien, c’est de savoir qui lui met ses croquettes à heure fixe dans sa gamelle.

Elle enlève ses habits et les laisse à même le sol, là où ils sont tombés à ses pieds. Sale, sale journée. Dans l’absolu, elle pourrait rester dans cette tenue. Il règne toujours dans l’appartement une température idéale. Mais elle a un besoin furieux de son attirail cocooning. Une pression sur le rebord de sa commode, celle-ci s’ouvre et lui propose un large éventail vestimentaire. Elle se contentera d’une paire de chaussettes épaisses et d’un sweat informe et trop grand qui lui descend aux cuisses. Elle tire. Quelque chose tombe. Un bruit sourd. Elle se penche. Au sol, un écrin de velours prune.

Le tiroir se referme automatiquement. Dans l’obscurité, Julia s’affale sur le rebord de son lit. Elle ouvre la boîte et la referme, dans un grand claquement sonore qui la ferait presque sursauter. Elle fait faire un quart de tour à la bague autour de son index, puis écarte le pouce et l’index de sa main gauche. Dans le creux de ses deux doigts se réveille l’écran holographique de son téléphone. Un halo bleuté nimbe son visage plongé dans la pénombre.

- Mm ?
- C’est moi.
- Julia ? Qu’est-ce qui ne va pas, ptitchka ?
- M’appelle pas comme ça.

Silence. Il ne dit rien.

- Rien, rude journée.
- Tu veux en parler ?

Son apparente sollicitude la désarçonne. Elle n’oublie pas à qui elle a à faire.

- Certainement pas à toi.

Nouveau silence. Cette fois, elle peut presque entendre le sourire goguenard qui s’étire sur ses lèvres.

- Je te réveille ?
- Jamais.

Sa voix est tout de même un peu voilée. Il se frotte les yeux. Lui aussi est plongé dans la pénombre. Il n’est que 23h à Anchorage, étonnant qu’il soit couché si tôt. Surtout seul…. C’est pourtant plutôt le genre « oiseau de nuit ». Rien ne dit qu’il est vraiment seul, en fait. Pour une raison sur laquelle elle ne veut pas s’attarder, la réalisation l’agace.

- T’es où ?
- C’est un interrogatoire ?

Il sourit, gentiment moqueur. Elle roule des yeux.

- Washington.

Petit calcul rapide. 20h ici. Il est 3h du matin chez lui. Elle le réveille.

- Pourquoi ?
- Pour affaires.
- Non, je veux dire…

Elle hésite. C’est sûrement une mauvaise idée. Elle fait apparaître la petite boîte de velours dans le champ de l’image.

- ça. En vrai. Pourquoi ?

Silence. Il se passe une main dans les cheveux. Il semble réfléchir à ce qu’il va dire ensuite.

- Pour ça, peut-être. Parce que j’ai pensé que ça te ferait cogiter. Je te l’ai dit, Julia, j’ai de grands projets. Pour ANDRA. Pour nous. Mon père est à côté de la plaque et le tien manque de courage. Toi et moi, on est différents d’eux.

Dans la pénombre de sa chambre, elle le voit se redresser en position assise et s’adosser à sa tête de lit. Elle ne peut s’empêcher de relever qu’il est torse nu. Un tatouage recouvre toute son épaule gauche et court jusqu’à son coude, soulignant la courbe de ses muscles.

- Si je te disais qu’au moment où je te parle, des équipes d’ANDRA ont réussi une percée technologique révolutionnaire. Les perspectives sont extraordinaires. On aurait moyen de se débarrasser de la concurrence une bonne fois pour toute. Si tu savais…

Elle a l’impression qu’il se parle à lui-même plus qu’il ne lui parle à elle. Elle ne dit rien. Elle se contente d’écouter.

- Mais ton père et le mien ne veulent rien savoir. L’un n’y voit pas son intérêt économique. Il préfère continuer « comme on a toujours fait ». Si on n’évolue pas, on se fera bouffer. Surtout avec ces salauds de PolyTech qui nous attendent au tournant. Quant à ta mère…

Il s’interrompt soudain, comme s’il en avait trop dit.

- Elle est passée, tu sais.

Julia n’a pas envie de parler de sa mère. Surtout pas ce soir. Mais ça l’intrigue, quelle raison avait son fantôme de mère d’aller voir Ivan. Elle ne la voit pas jouer de nouveau les entremetteuses, pas après la façon dont la dernière malheureuse tentative de son père a fait fuir Julia de l’autre côté de l’océan Pacifique. Sa curiosité est piquée au vif.

- Qu’est-ce qu’elle voulait ?
- Tu ne lui accordes pas suffisamment de crédit. Elle est bien plus futée que ton père, tu sais ? Dommage qu’on ait du mal à s’accorder sur les conclusions….

Julia ne comprend pas. Il ne s’explicite pas. Elle n’a pas envie de jouer aux devinettes. Et puis, elle s’en moque. Leurs magouilles politicardes. Se faire de l’argent, toujours plus. Elle n’a aucune ambition pour ANDRA. Elle n’a d’ailleurs pas franchement d’ambition pour elle-même. A l’autre bout de l’appel, ses yeux d’onyx pétillent d’un éclat qu’elle ne leur avait encore jamais vu. Son regard, perdu au loin, se pose de nouveau sur elle. Son sourire redevient goguenard.

- Comme ça, tu y penses ?
- Connard.
- Bonne nuit, ptitchka. Pense à…

Elle a déjà raccroché.


***

Le convoi ralentit, ramenant la jeune femme à la réalité. Le ciel s’éclaircissait déjà. Les nuits devenaient de plus en plus courtes, en cette période de l’année. Devant ses yeux s’ouvrait une immense étendue de glace bleutée. Un lac. Gelé. Les chiens semblaient plus nerveux. Julia regarda tout autour d’elle, cherchant à en comprendre la raison. Ce fût là qu’elle le vit, de l’autre côté. Un ours polaire. Dans toute sa terrifiante majesté. Elle n’en avait jamais vu de vrai. Seulement des reproductions empaillées dans quelques collections privées d’amateurs. Elle ignorait même qu’il en existait encore, convaincue qu’elle était que l’espèce était éteinte, si ce n’était pour quelques spécimens encore visibles dans des cages. L’animal ne leur prêtait pas attention. Il était occupé à dépecer la carcasse sanguinolente d’une quelconque proie qu’il venait de chasser. Le spectacle lui coupa le souffle.

Julia avait toujours été plus plongée dans le métavers que dans ce mysticisme de la nature et de la vie sauvage. Savoir que toute vie animale n’avait pas encore été annihilée dans cette partie du monde lui apporta néanmoins une véritable bouffée d’espoir. Peut-être y avait-il encore quelque chose à sauver dans ce monde pourri jusqu’à la moelle ? Ils longèrent le lac pendant un long moment, laissant derrière eux cette vision de pure nature, puis reprirent de la vitesse. Le trajet se poursuivit encore un long moment. A plusieurs reprises, les deux femmes étaient descendues du traîneau, pour soulager les chiens de leurs propres poids afin de les aider à passer un col ou une côte plus pentue. Elles n’avaient pas échangé un mot. Il s’était établi une forme de communication non-verbale par laquelle elles parvenaient à se comprendre. Julia sourit intérieurement. C’était peut-être mieux quand elles ne se parlaient pas.

Leur guide semblait inépuisable. La jeune femme, pour sa part, pouvait sentir les muscles de ses bras et de ses jambes commencer à la lancer douloureusement. Quelle distance avaient-ils parcouru ? Combien leur en restait-il à couvrir encore ? Soit parce qu’il avait compris, soit parce que lui-même commençait à ressentir un semblant de fatigue, le garçon sauvage s’arrêta enfin. Julia sauta du patin, lâcha le guidon et s’étira longuement. Craignant de faire plus de bien que de mal, elle laissa les experts s’occuper des chiens.

- Où sommes-nous ? Demanda-t-elle timidement.
3ko
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Dim 8 Jan - 15:29
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Zee'

J'ai 28 ans et je vis à Anadyr, Ex-russie, maintenant zone administrée par ANDRA-Corp.. Dans la vie, je suis squateuse Anar' et je m'en sors pas comme j'voudrais. Sinon, je suis seule, avec mon frère et je le vis plutôt bien.
Habite avec son frangin moitié cyborg au squat l'"Orka" situé entre le niveau zero (ou Dédale) et le premiers niveau de la ville.
Active,rebelle, lesbienne et impulsive, Zee' est aussi au fond très peu sûr d'elle. Elle masque ça sous des airs de grande gueule.
Elle participe souvent aux actions menée par les militant du coin et est très probablement recherchée par la police.
Récemment elle se retrouve dans une situation épineuse après avoir « malencontreusement » kidnappé une fille qui bosse comme… Keuf...
Je hoche aussi la tête. Alors j’attrape le brin courant de la corde d’amarrage et tire pour défaire la ganse et libérer le traîneau. Des années que je ne suis pas monter sur des patins. Mais les réflexes reviennent à la pelle : Les deux pieds sur le frein. Une main fermement accrochée au guidon, je replie la corde dans la partie avant du traîneau qui sert à transporter le matériel. Plusieurs sac en plastitextile sont déjà rangés à l’intérieur. Je souffle un bon coup puis fais signe à Koï que c’est OK.
Le petit bonhomme saute alors sur ses patins, libérant le frein et émet une curieuse stridulation.
Les chiens bondissent en avant, les traits se tendent et les deux traîneaux s’arrachent ensemble de la neige gelée.
Julia est accrochée à côté, sur le patin de gauche et les deux mains cramponnées au guidon fixe. Au début je laisse filer les chiens au galop. On entends juste le glissement feutré des patins sur la poudreuse dans laquelle ils ne s’enfonce qu’à peine et les halètements réguliers de l’attelage. Derrière, une sorte de balais efface le gros des empreinte en rabattant la neige sur les traces. Le vent achèvera le travail.

Assez vite les chiens prennent un rythme plus mesuré, tous au trot. A cette allure ils peuvent parcourir en cinq heures entre 50 et 60 kms, voir plus si les conditions sont vraiment bonnes. Ils ne se fatiguent que très peu. Mon père disait qu’un chien au trot est comme un homme en marche. Il peut tenir le rythme presque indéfiniment. A la lumière de la lune je distingue mieux mon équipage. Tous assez sombres et plus clair sur le ventre. Tout leurs traits sont tendus. Des sortes de huskys, mâtinés de loup et d’autres races de chien nordiques. Le chien de tête jette fréquemment de petits coup d’oeils en arrière, pour guetter un signe ou un ordre. Je distingue alors ses yeux bleus et son masque noir qui lui couvre toute la gueule jusqu’au museau.
La couche de neige est épaisse mais assez tassée par le vent et les chiens n’enfonce pas trop. Ils sont déployés en éventail large devant nous et suivent avec détermination le traîneau de tête à quelques mètres.

Le terrain est légèrement vallonné mais la piste est facile et il y a peu à faire. Garder le poids vers l’arrière. Pencher vers l’intérieur du virage pour équilibrer le traîneau. Ne jamais lâcher le guidon. Toujours au moins une main fermement agrippée. De temps en temps je laisse mon pied gauche sur le patin et me sert de l’autre pour pousser. Julia capte vite le truc et fait de même de son côté. Dans les côtes on descends et on pousse. Le musher fait partie intégrante de l’équipage. Si parfois il se laisse porter par l’engin, c’est seulement qu’il ralentirait l’équipage autrement… Les sensations reviennent en vrac, la joie simple et le plongeon de l’esprit dans le pur présent.
Par moments des souvenir d’enfance me traverse à l’improviste.
Mon père, au centre de la yaranga familiale. Ma mère et le père de Tash aussi. Nous sommes tous en cercle autour d’eux. Mon frère et le petit Koï mais aussi Tash et ses trois frangins. On les écoutes nous conter les temps anciens. Et l’histoire du monde. On leur demande :
« C’est comment, le Dehors ? »
Ils nous parlent alors des montagnes, des vastes forêts, impénétrables et peuplées de créatures inconnues. Ils parlent des chimères redevenue sauvages. Des créatures expérimentale, mêlant les gènes de plusieurs animaux ou plantes, voire humain.
Les anciennes nations chinoise et indienne ont finalement laisser la place à une fédération de nombreuse micro-corporations dont les secteurs principaux de recherche sont la bio-chimie, la génétique. D’autres se concentre sur l’IA et l’informatique.
Le fait est que lors de la période de chaos qui résultat du changement de régime politique d’un système de Nations à un système ultra-libéral de méga corporations privées, de nombreux laboratoires lâchèrent sur le mondes le produits de leur recherche, volontairement ou non...
Parmi elle, les chimères…
« Oui ! Comme les ‘Zombre-ssasse ! » s’exclame le petit Qenzîn avec son cheveu sur la langue.
« Exactement ! Comme les Ombre-chasses » répondit mon père.
L’essentiel de la faune d’origine avait été quasiment exterminée avant et pendant cette période. Miraculeusement, plus d’animaux et de plantes qu’on le pensait ont finalement réapparu, peu à peu. Mais ils durent partager le territoire avec de nouvelles créatures étranges et parfois mortelles, comme les singes tortues, au sud. Au nord on parle des Ombre-chasses… Des créatures étrange, noire et blanche, d’allure féline mais avec d’étrange trait reptiliens et aux crocs venimeux. Elles se déplacent en meutes peu nombreuse et sont capables de traquer leurs proies sur des centaines de kilomètres avant d’attaquer par surprise. Redoutablement intelligentes et parfaitement adaptées aux grands froids elles reste relativement rare proche des mégapoles où les autorités organisent fréquemment des battue pour chasser tout les prédateurs ainsi que les grands troupeaux d’herbivores qui dévasteraient sinon les serres agricoles.

Je reviens au présent. Nous sommes encore à l’intérieur de la ceinture. Peu de chance de croiser des Ombre-chasses.
Régulièrement on s’arrête brièvement, le temps de démêler des traits ou de boire un coup. Koï nous as indiqué où trouver les gourdes dans les sacs. J’ai caler la mienne à l’intérieur de mon manteau de fourrure, de manière à garder l’eau liquide. D’autre matériel se trouve dans les sacs. Notamment des sacs de couchages épais et imperméables, ainsi que deux carabines de chasse. Elles ne permettent que du coup par coup mais sont d’une redoutable précision et d’une portée très correct. Il y a aussi des provision de pemmican pour les chiens en cas de galère, et pour nous aussi des baies séchées, des galettes de sarrasin et d’avoine ainsi que quelques barres énergétiques ultra vitaminées. Enfin tout le nécessaire pour allumer rapidement du feu.
Lors de ses étapes, Koï me sourit régulièrement. Il semble très heureux de me voir et ses yeux pétillent de joie. Mais pourtant il semble préoccupé. Régulièrement il jette des coups d’œil derrière nous.
Alors je lui demande discrètement par signes ce qu’il se passe. J’ai repris spontanément notre mode de discussion d’enfant. On avait développer tout un système de signe des doigts et de postures pour se parler. Koï est loin d’être stupide. Ce que les gens ont souvent tendance à oublier en le voyant avec sa démarche de loup et son incapacité à prononcer les mots. Néanmoins il comprends très bien ce que disent les gens, pour peu qu’ils parlent une langue qu’il connais. C’est aussi un mime né. Il n’a jamais tellement galéré à se faire comprendre des autres. Ses gestes et ses postures expressives suffisent à exprimer l’essentiel. Mais dés que le sujet est abstrait, nous employons les signes.
Koï fais deux gestes brefs.
On est suivi.
On reprends la route après avoir dépassé un lac immense et gelé au bord duquel un énorme ours polaire nous as gentiment prévenu de ne pas s’approcher de son festin. Les chiens eux auraient volontiers entamé les négociations mais nous n’étions pas d’accord…
Finalement après plusieurs heures de traîneau le terrain commence à changer. Les reliefs se font plus marqués, plus rocheux. On distingue sur notre droite une haute falaise sombre, percée de nombreuse cavités. Et puis arrivés au bord d’un large surplomb de roche, on s’arrête enfin. Koï met en place ses deux ancres, sorte d’instrument à l’aspect barbare composé de deux grosses griffes en métal et d’une sorte de lame au dessus et enfin d’une poignée, le tout relié par une corde aux traits des chiens, à l’avant du traîneau.
On plante ce machin le mieux qu’on peut dans le sol et on met doucement en tension. C’est sensé empêcher les chiens de repartir sans nous. Je fais de même sur notre engin et passe à l’avant. Koï me fais signe de déharnacher tout les chiens et de les détacher. A peine libérés, ils se secouent et font quelques cabrioles joyeuses en éclaboussant de neige tout le monde.
Une fois tous libres, ils ont une autre allure… On dirait presque une meute de loups. Très vite, ils se regroupent autour d’une femelle très foncée. Sérieux tout d’un coup. Enfin, comme d’un commun accords ils s’élancent vers la forêt proche et disparaissent sous les arbres.
Koï les regarde disparaître avec calme, après avoir bâché les deux traîneaux avec une toile blanche.
Il enchaîne quelques signes que je traduit pour Julia :
« Les chiens sont fatigués. Ils ont besoin de chasser puis de dormir un peu. Ils reviendront avant midi. »
Autre série de gestes.
« Nous aussi devons manger et nous reposer. Viens. »
Il nous emmène à quelques pas, sous la falaise où on découvre avec stupeur une grotte spacieuse cachée par d’énorme blocs de roches dévalé de la falaise. En s’enfonçant dans le boyau d’entré on sens peu à peu la chaleur. On gagne pas loin de 30°C en quelques mètre ! Dehors -20° au moins. Ici une dizaine… Wouah ! J’enlève mon manteau épais et savoure ma liberté d’action après avoir été engoncée toute la nuit dans les épais vêtements.
Je m’étire enfin avec délice.
Notre petit guide s’affaire. Il as déjà lancé les premières flammes d’un petit feu dans une sorte de creux dans la roche, déjà noir de suie, témoignant d’un usage fréquent. Il place sur les flammes une bouilloire et la rempli de neige.
Il est déconcertant, comme toujours. Capable d’une immobilité quasi parfaite pour l’instant d’après n’être plus que pur mouvement fluide. Il se déplace avec une grâce presque féline.
Il s’accroupit près de moi et j’en profite pour lui demander par signes s’il sait ce qui nous suit. Il me réponds que non. Mais que c’est un grand chasseur… Et qu’il est… Très doué…
Alors il se met à débiter dans un mélange cocasse de signes et de mimiques. Il m‘explique avoir passer la nuit à tourner en rond et faire de multiples boucles pour créer des fausses pistes. Puis enfin il a coupé droit vers les montagnes, et la ceinture. Plein Ouest. Il enchaîne les signes à toute vitesse et je peine à suivre.
Je comprends qu’il craint le chasseur à nos trousses. Invraisemblable.
« Je ne sais pas qui c’est. Je n’ai jamais eu affaire à lui depuis que j’arpente la toundra et la taïga. Et pourtant j’ai chassé avec de véritables maîtres, et j’en ai combattu et tué bien d’autres, des êtres du Dehors ou de la cité… Le Dehors est cruel. Celui là vient d’ailleurs. Et ses méthodes sont inhabituelles...» m’explique t’il par signes.
Koï est un pisteur hors pair. De plus il a comme un sixième sens lui permettant de comprendre les animaux et de leur parler. Il m’as dit autrefois comprendre les arbres, les rivières et le vent. Je n’ai jamais vraiment su, mais… le fait est qu’aucun prédateur ne lui fait peur et qu’il sait déchiffrer bien des choses invisibles aux autres hommes. Pendant tout ce temps que j’ai passé en ville, lui est resté ici. Dehors ou dans la ceinture, mais hors du Dédale. Seul souvent. Ou en expédition avec les Pyros… Son visage, ses bras, son torse à la musculature fine et sèche sans un milligramme de graisse que l’on aperçoit parfois entre les pans de son capuchon de fourrure, la moindre parcelle de sa peau, tout est couturée de cicatrices. Obtenues la plupart au combat. Contre qui ? Quoi ? Je ne sais pas.
Il fais alors d’autres signes :
« Le chasseur. Il a des Dogbots et des Drones pisteurs. »
Des dogbots ?! Impossible ! Leur usage est réservé à l’armée ou aux troupes spéciale de l’ANDRA. Ca voudrait dire que… Ces machines de guerres, autonomes et destructrices ont longtemps semé le chaos partout où elles passaient. Certains vieux modèles de l’ex armée chinoise sont d’ailleurs livrés à eux même depuis des années, errant dans les grands espace du dehors, obéissant à des ordres et des protocoles désormais oubliés des humains… Je frissonne.
Koï me tapote gentiment le bras pour attirer mon attention. Il reprends, toujours par signes et mimiques :
« La ceinture n’est pas loin. On pourra passer par un col, gardé évidement. Barbelés, grillages et bunker militarisé. Autour la montagnes est trop abrupte pour traverser à cette saison. L’hiver touche à sa fin et les avalanches sont très dangereuses à cette saison. Je connais un passage. Par les anciennes mines. Mais… Elle... »
Il désigne Julia.
« Tu la connais bien ? »
« Non » je fais de la tête.
« Si elle veut retourner chez les siens, c’est au col qu’elle aura les meilleurs chances. Je me méfie d’elle. »
Je me retourne pour voir Julia. Elle semble à vrai dire un peu perdue et décontenancée. Je me rends compte que je n’ai pas répondu à sa timide question de tout à l’heure.
« Dans tout les cas, on va devoir la mettre au courant. Ecoutes, je crois qu’on peut lui faire confiance. Je ne suis pas sûre qu’elle soit entièrement du côté de l’ANDRA, aussi bizarre que ça puisse paraître. Elle est… Différente. »
Mes signes sont embrouillés après toutes ces années mais Koï me comprends et surtout il me fais confiance. Il acquièce calmement. Puis il se tourne lui aussi vers la fille flic. Il lui enjoint de venir s’accroupir avec nous et entame au sol le tracé d’une sorte de plan : Un gros cercle central. Anadyr. Puis huit rayons qui partent du cercle, rejoints à leurs extrémités par des lignes, le tout formant une sorte de gros octogone avec le cercle en son centre.
La méga cité et sa ceinture de « fermes » militarisée, et les grosse voie de chemin de fer reliant les différents complexes industriels.
Il indique un point a l’ouest, à environ deux tiers de la distance cité-ceinture.
« Nous somme ici. A trois heures environ de la ceinture.» traduis je à Julia même si je pense qu’elle a capté l’essentiel.
Il dessine au sol des pics symbolisant les montagnes. Puis traces une ligne sinueuse qui contourne le col. J’explique à notre invitée, suivant ce que me signe Koï, que ce sont de vieilles galerie minière retapée et aménagée par l’armée mais oubliées maintenant depuis plus de vingt ans. Il existe des centaines de km de ces galerie, éparpillée tout autour de la ville. La plupart sont abandonnées et en ruine mais parfois elles rejoignent des réseaux de galeries naturelles au coeur des montagnes.
Koï reprends. Il nous dit qu’on devra abandonner les traîneaux et charger bientôt le maximum de matériel dans les sacs à dos.
« Et les chiens ? »
Les chiens nous suivrons, libres. On cachera les engins dans des abris spécialement prévus. Si on traverse sans encombre, on trouvera de l’autre côté d’autres traîneaux pareillement dissimulés. Les pyros sont coutumiers des traversées...
Il finit ainsi :
« A partir de maintenant, les patrouilles et convois militaires sont fréquents. Nous esquiverons tout ce que nous pourrons, mais ce sera parfois impossible. Si c’est le cas je partirai libérer la voie et vous attendrez avec les chiens. On a des pièges disposés par ci par là, à des endroits stratégiques…» fait il avec forces gesticulations et en finissant par un grand sourire.
Ses pupilles s’étrécissent et ses paupières se plissent, tel un félin près à attaquer. Bien qu’il n’ai jamais été grand, il est aujourd’hui presque aussi haut que moi. Ce n’est plus l’enfant que j’ai connu. Doit bien avoir pas loin des 25 piges le môme ! Déjà tout minot, il n’a jamais eu besoin de qui que ce soit pour se défendre. Rapidement il a remis en place même les plus âgés des gamins du campement. Quezîn, à son habitude déjà gamin, a voulu le prendre sous son aile. Mais Koï est Koï. Indépendant. Solitaire. Il a toujours fait ce qu’il voulait. Même les adultes n’avaient aucune autorité sur lui. A part ma mère peut être. Une femme forte, à l’époque. C’était il y a si longtemps. Je devais avoir moins de sept ans... L’enfant sauvage est désormais marqué par la vie et les combats et je le croit tout à fait capables de se débarrasser de quelques troufions. Pourtant je sais qu’il n’est pas serein.
Le « chasseur » l’inquiète. Il a hâte de repartir maintenant.
Les palabres continuent alors qu’on discutent tout les trois du plan. Je traduits le plus de choses possible à Julia. Je n’ai pas confiance en elle. Pas suffisamment en tout cas, pour ne pas craindre qu’elle nous trahisse en cas de rencontre avec des militaires ou le chasseur. Néanmoins je pense qu’elle devra faire son choix à ce moment, et que pour ça plus elle aura d’informations, plus elle pourra le faire en toute conscience. Koï est d’accord avec moi. De toute façon s’il y a bien quelqu’un qui n’as jamais essayé de forcer qui que ce soit à faire quoi que ce soit, c’est bien lui… Il se contente d’être toujours sur le qui vive, prêt à tout et il sait très bien jauger les gens…
Les chiens reparaissent peu à peu. Revenant seuls, par deux ou trois.
Ils ont les poils encore maculés de quelques tâches de sang et semblent reposés et fringants.

Une heure plus tard on ré-attelle tout le monde et on repart. La nuit tombera dans plus de deux heures, mais le temps presse et Koï s’agite.
Désormais on file sans presque plus s’arrêter. Les falaises défilent. Les sommets grandissent. On doit souvent descendre et pousser. Puis il faut sauter sur les patins au moment ou le traîneaux bascule sur l’autre versant, surtout sans lâcher le guidon. Contrebalancer le traîneau dans la descente. La piste est accidentée et parfois des ravins vertigineux s’ouvrent sur ses bords.
On croise des traces d’autres engins. De plus en plus fréquemment.
Et alors que la nuit semble de nouveau s’étirer sur le monde, on débouche sur un haut plateau bordé de hautes chaînes déchiquetée de montagnes.
Koï nous désigne deux de ses pic enneigé.
« Le col est là bas. Entre ces deux montagnes. »
On s’apprête à reprendre la route quand le pisteur et tout les chiens, dans un geste très coordonné, fixent brusquement un point à l’horizon. Koï a un grognement rageux. Les chiens grondent.
« Une patrouille. Ils arrivent droit sur nous. Ils ne nous on pas encore vu. VITE ! »
Il lance les chiens en avant en leur faisant signe de dévier à gauche. Vers un chaos rocheux. On entame la montée par une piste très étroite. C’est dangereux. Tout en devers et très accidenté. On parviens à grimper laborieusement jusqu’à d’énormes blocs amoncelés. L’homme-loup fait un geste et module deux son sourd, long et traînant. Les deux équipages s’arrêtent, dissimulés par les roches. Koï semble parfaitement se faire comprendre des chiens et il leur intime de rester calme et discret.
Il semble en colère. Je lui demande et il me répond par signe brefs et secs qu’il s’en veut d’avoir été pris au dépourvu. Il aurait préféré esquiver simplement le convoi. Mais là… Le vent souffle vers eux et lui et ses chiens n’ont été alertés qu’au dernier instant. On sort à peine du défilé qui mène au plateau et on ne peut pas faire de large détours… Il m’assure cependant qu’il ne s’agit pas du chasseur. C’est un convoi classique, comme on en croise souvent par ici.
Il me dit de rester planquée et d’attendre...
La patrouille approche. Ils ne sont qu’à une cinquantaine de mètres. Plusieurs dizaines d’hommes. Trois grosses motoneiges anti-grav traînant de petites plateformes bâchées abritant quelques hommes et deux gros traîneaux motorisés, des porte-charges anti-grav. Chargés à raz-bord de minerais et de containers. Deux drones-sondes les précèdent. Et deux Dogbots ferment la marche. Machines à quatre pattes, effrayantes ; plus hautes qu’un humain de haute taille, la tête remplacée par un double canon à répétition, corps blindés et bardés de lames et de canons plus petits. Tout terrains et beaucoup plus vif que ce que l’on s’imagine...
Un convoi de ravitaillement. Ils doivent se diriger vers une quelconque usine ou centrale énergétique.
Ils passent en contrebas de nous, s’engageant dans le défilé par lequel on vient juste d’arriver sur le plateau…
Je ne peux m’empêcher de jeter un bref regard à Julia. Je me demande si elle ne va pas choisir ce moment pour nous la mettre à l’envers.
Je commence à transpirer abondamment malgré le froid. Je jette un regard rapide sur notre guide.
Les yeux plissés, il semble concentré. Il fixe les drones. Ceux ci virevoltent tout autour du convoi, analysant et scrutant les environs avec leurs multiples capteurs.
L’un d’eux se dirige vers nous, lentement...
Koï attrape alors l’une des carabine. Il monte un silencieux, calmement. Puis il épaule et j’entends le cliquetis caractéristique de la culasse et de la balle qui prends place dans sa chambre…
Trois signes rapide.
« Quoi ?! Mais t’es cinglé... » je ne peux m’empêcher de m’exclamer à voix basse. Mais avant que je puisse ajouter quoi que ce soit, il tire.
Un coup. Un seul. Le tir passe bien au dessus du convoi et rate le drone, lamentablement… et touche un point situé sur le versant en face.
Et ça explose. Plusieurs centaines de mètre cube de rocher dégringolent et s’abattent sur l’arrière de la caravane dans un vacarme terrible, pulvérisant l’un des dogbots et envoyant valser le second dans le précipice, coupant la voie vers le plateau au plus gros engins. Affolés, les soldats paniquent. Les motoneiges foncent en avant Alors que les deux lourd traîneaux manœuvrent pour orienter leur armes vers l’endroit de l’explosion. Les drones foncent examiner l’autre pan de montagne. Alors il se passe un truc de ouf. Une nuée de machins qui semblent sortir de niches à flanc de falaise. Ils se fixent sur les engins et explosent alors en libérant un puissant champ électromagnétique détruisant instantanément tout les système électronique avoisinant, sur un faible périmètre. Suffisant pour neutraliser les deux drone-sonde et détériorer le système anti-grav de l’un des porte-charge qui s’effondre dans la neige.
Koï a déjà ranger son arme. On voit toutes ses dents et ses yeux pétillent de malice.
« C’est quoi ces machins ?! »
En une série de gestes il m’explique rapidement. Les pyros trouvent dans le dehors des centaines d’objets, certains datant d’avant, d’autre appartenant à des corporations, ou encore à d’autres types d’organisations. Le monde est vaste… Ils sont passés maître dans l’art de les bricoler pour leur propre usage. Ces machin servaient à l’armée chinoise pour neutraliser les équipement adverse. Ce sont des sorte de boites-ruches que l’ont dépose et qui se déclenchent automatiquement quand les vibration du sol sont importantes. Elles se jettent alors sur tout ce qui vibre d’électricité et le neutralise.
Julia semble abasourdie.
Je n’ai pas le temps de lui traduire quoi que ce soit.
Le gnome ne nous laisse pas le temps de réagir. Soudain alerté par quelque chose, il commande le départ au chiens qui s’élancent sans nous demander notre avis. Une main accrochée au guidon je suis à moitié traînée dans les caillasses gelées avant de parvenir péniblement à me hisser sur mon patin, les genoux salement amochés. Enfin je regarde à gauche.
Pas de Julia.
Je me retourne et la voie se relever du sol, plusieurs dizaines de mètre plus loin. Je manque me renverser quand le traîneau bondit sur un bloc et je me concentre sur ce qui se passe devant. La piste tourne à gauche en épingle et passe derrière une arrête de la montagne, nous cachant la vue du convoi et de Julia. Je hurle à Koï de s’arrêter. A regret il obtempère.
Les deux équipages s’immobilisent de nouveau. J’ancre mon attelage et fonce en arrière après avoir empoigné l’autre carabine. Derrière, j’entends Koï qui me suis en crachant plusieurs fois au sol… Il est en colère. Ou il est inquiet, je sais pas.
Arrivée au niveau du virage et de l’éperon rocheux, je stoppe net…
En bas une dizaine de types, en combinaison anti-froids, visage masqués et lourdement armés gravissent la piste en tenant Julia en joue et en lui intimant de s’arrêter. Ils ont finis par repérer les traces… Je la voie se retourner lentement vers eux. Ils ne m’ont pas encore vu. Koï me tape sur l’épaule et me signe un truc. Il escalade un peu les roches et se positionne en surplomb, abrité par des rocs, mettant en joue les militaires.
Derrière eux, deux motoneiges, arrêtées mais moteurs en route et pilotes restés aux commandes, attendent. Elles ne peuvent pas suivre sur la piste trop étroite.
Je m’agenouille le long de la paroi, prête à m’y abriter si jamais et vise l’un des deux pilote. Celui de gauche. Koï a l’autre en ligne de mire. Lui doit ensuite abattre le gradé dés qu’il l’a repéré…
Le temps s’étire, seconde interminable.
J’attends.
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