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Cendar
Cendar
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INSCRIPTION : 05/12/2018
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UNIVERS FÉTICHE : Surnaturel
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Le contexte du RP
Mise en situation
La situation

C'est l'histoire étrange d'une faille dans les rêveries de notre enfance. Yen Sid, grand sorcier du monde Disney, a ouvert un canal vers la « Réalité », une autre réalité, loin des contes de Disney et de leur immobilisme, où les histoires se répètent encore et encore, où plus personne ne vieillit, où plus rien n'évolue. Mais où les oiseaux chantent, où les maladies n'existent pas, où la douleur n'est qu'une étape vers un mieux, où la mort n'est qu'un mythe. Un monde où tout tourne, pourtant, jusqu'à devenir insuffisant, redondant, insupportable. Du moins pour certains, ceux qui décidèrent bien volontiers de passer le pas et de sauter dans un monde dont ils ignoraient tout, pour un peu d'aventures et de surprise. Il y a 10 ans, ils sont des dizaines à avoir atterri dans Paris, avec la promesse d'un retour prompt, conscients qu'un seul passage leur serait autorisé et que tout cheminement arrière vers les contes de Disney serait éternel.

Parmi ces quelques illuminés, Baptiste « la Bête », découvre un univers nouveau fait d'aventures et de richesses. Étrangement, pour une raison qu'il ignore encore, Belle a décidé de son côté de rester dans l'univers de Disney, l'attendant depuis maintenant 10 ans. Il avait promis de revenir, il traîne toujours ses grolles dans Paris. Il n'est pas prêt, n'a pas encore assez vécu, a bien conscience que le temps ne s'écoule pas de la même façon, là-bas. Qu'elle l'attendra encore.

Et puis il y a Lily, une autre illuminée, originale, presque marginale. Si tous ignorent son identité, elle n'en demeure pas moins une barista monstrueusement efficace d'un des starbucks de Châtelet. Ses formulations sibyllines et son sourire félin la suivent partout où elle va et feront sa légende, dès lors qu'elle aura trouvé l'envie de montrer le bout de son museau.

Dans ce monde moderne, c'est vers La Bête que les autres se sont tournés, pour les accompagner dans leurs difficultés quotidiennes, leurs errances et leurs mauvais choix.

Et la rumeur raconte que le Chat de Cheshire, lui, aurait l'immense pouvoir de passer à sa guise le seuil du portail de Yen Sid.

{inspiration OUAT, Disney, univers fantasy}

{inspiration OUAT, Disney, univers fantasy}



- Crazy Heart. And this ain't no place for the weary kind And this ain't no place to lose your mind And this ain't no place to fall behind So pick up your crazy heart and give it one more try
 
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UNIVERS FÉTICHE : Surnaturel
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Baptiste
« La Bête »
Marchal

× 34 ans.
× Parisien.
× Barman dans un pub irlandais.
× Châtelet.
× Célibataire géographique.
× Poilu.
× Se déplace en moto ou en métro.

× Le monstre vit en colocation dans le quatrième arrondissement avec Lucas, aussi connu sous le nom de Lumière, éternel compagnon qui l'a suivi à travers le portail il y a 10 ans.
× Brutal. Épicurien. Cultivé. Éduqué. Altruiste. Colérique. Emporté. Ursidé. Bavard. Rieur. Moqueur. Charmeur. Sarcastique. Sportif. Gourmand. Loyal. Fidèle. Jusqu'à la connerie, même.
× Ici bas, pour les personnages de Conte, Baptiste – Beast – fait office de solution à tous les problèmes. Il est le cerveau et les gros bras que réclame toute son étrange famille dès lors qu'un problème se présente. Si vous avez un accident de voiture avec Blanche-Neige, il y a fort à parier qu'elle ait Baptiste en speed dial.
× Positivement fan de rock'n'roll, il ne peut pas entendre une chanson disney sans exploser. Et il s'est mis à la guitare.
× Il est un peu schizophrène dans son mode de vie, Baptiste. Nourri à la nuit, barman satisfait de son existence nocturne et du rythme qui l'accompagne, il n'en demeure pas moins friand de musées, bibliothèques, expositions et cinéma. Au carrefour de ce paradoxe, il y a aussi son addiction pour la boxe, qui l'aide à se défouler et à canaliser sa violence.
× Être marié et loin de sa femme depuis 10 ans, voilà qui n'est pas sans tester sa fidélité. Le principal problème résulte dans le fait qu'il sait que Belle l'attend et qu'il lui faudrait traverser le portail pour lui dire d'arrêter de le faire. Alors il attend, Baptiste, qu'un crétin décide de rentrer avant lui ou que l'envie de retourner auprès d'Elle se fasse impérieuse. Et en attendant il serre les dents, essaye d'ignorer le défilé alléchant de partenaires que collectionnent Lumière... Et il regarde des films érotiques, traîne dans les salons de Pigalle, vit le fantasme sans assouvir ses envies de trahison.
× Il a un chien, Gaston, un molosse énorme qui l'accompagne fort bien. Il trimballe le clébard partout, jusqu'à son travail où il est devenu une mascotte incontestée derrière le comptoir.
× Les tatouages sont une addiction à laquelle il s'abandonne bien volontiers. Comme la cigarette. Il est recouvert d'encre et il pue le tabac froid.


avatar © lux aeterna
Je ne suis pas encore prêt. Soupir et damnation, comme tous les dimanche soirs. Parce qu'il est de congés, et parce qu'il est con, aussi, il fait ce trajet chaque semaine, jusqu'au canal Saint-Martin et au seuil imaginaire d'un monde qui l'attend depuis 10 ans maintenant. Le sort de Yen Sid laisse comme une cicatrice au cœur de la réalité, une brèche discrète, invisible pour qui ne la chercherait pas. Des rebords fins, coupés au couteau, dans le tissus qui fait les mondes et les univers, juste assez écharpés pour laisser deviner les couleurs vives d'un au-delà fait du bois des rêves. Et le chant des oiseaux, qui résonne à toute heure du jour ou de la nuit, qu'il entend chaque dimanche de chaque semaine depuis 10 ans. Doucement, le monstre tend une main vers la brèche, caresse presque du bout des doigts la fracture à la réalité qui lui échappe. Il ne peut pas. Il n'est pas prêt. Ses épaules de géant s'affaisse tandis que Gaston se couche à ses pieds dans un grognement fatigué. Même le chien en a marre, c'est dire.

« J'y arriverai, Belle. La semaine prochaine. » Mais des promesses comme ça, il en a déjà craché des centaines, peut-être davantage. Sans jamais parvenir à faire un pas de plus, un mouvement dans la direction de cette divine épouse qu'il évite et adule depuis plus de dix ans. Un jour, il explosera. Un jour, il ne tiendra plus. Et c'est tout son monde qui s'écroulera... Pas ce soir, cependant. Pas ce dimanche. Le prochain, sans doute. Ou celui d'après. Baptiste a l'hypocrisie des patiences qui l'arrangent.

La langue claque sur son palais tandis qu'il sort une clope pour la glisser entre ses lèvres, qu'il allume sèchement tandis que le chien se réveille à son appel, tourne deux fois sur lui-même et daigne précéder son maître sur le chemin retour.

De l'autre côté de la brèche, le clébard chanterait l'amour et prendrait la mesure de la pointure de Beast dans son derrière. Fort heureusement pour lui, il préfère renifler les postérieurs de ses congénères de ce côté-ci.

*


La foule est organique, grisante et ivre. Depuis son comptoir, Baptiste profite de l'odeur bestiale de la soirée, à mesure que les commandes s'enchaînent, que les habitués viennent réclamer leur « as usual » de bobos parisiens persuadés d'avoir une importance dès lors que le barman leur sourit d'un air entendu et dépose devant eux le fruit de leurs désirs. Et il y a cette rouquine, avec ses boucles affolantes et son sourire dévergondé. Elle boufferait bien le barman, dans n'importe quelle position, n'importe quelle foutue pièce. Il est pris, cependant. C'est que lui disent ses copines et l'autre hausse des épaules, l'air contrit, intimement convaincue d'être assez jolie pour qu'il ait envie de découvrir la rondeur lunaire de son adorable petit cul. En vain, pourtant. Parce qu'il est con, Baptiste. Et fidèle. Fidèle jusqu'à la connerie, même au milieu de la nuit. Fidèle jusqu'à avoir eu l'idée saugrenue de s'acheter une alliance pour donner le change à tous moments.

« Elle est jolie, non ? » Tout occupé qu'il est avec ses fûts de bière, le monstre relève le museau, toise le brun échevelé qui squatte le comptoir avec une rigueur et une ponctualité qui ne manquerait pas de rappeler Big Ben. « Tu m'emmerdes, Lumière. » Il sourit, le parisien, amusé de la rigidité de son colocataire. « C'est l'hiver, t'as besoin de chaleur humaine, c'est naturel. » Et l'autre grogne, secouant la tête, agitant sa barbe et sa tignasse épaisse. « Tu sais que je l'aime, mais il est temps de passer à autre chose. » Il ne répondra pas, le barman. Il préfère se taire, changer son fût de blonde, ignorer la rousse, persévérer dans sa foutue existence où il est sûr de chercher une autre autre chose. C'est juste qu'il n'a pas encore trouvé. C'est tout. Ça finira bien par arriver. « Si tu n'y vas pas, je ne vais pas me gêner, tu sais. » Il ne se gêne jamais.

*


« T'es vraiment marié ? », qu'elle demande, promenant ses adorables petites jambes dans le grand salon des deux éternels célibataires. Géographique, pour l'un. Du moins c'est ce qu'il se répète. Encore, et encore, et encore. « Ouais. », qu'il répond, plongeant son regard dans les aventures d'Alexandre Dumas, évitant de s'attarder sur les courbes sataniques de la nouvelle conquête de son foutu colocataire. Sa rouquine. Putain de Lumière.

*


Baptiste aime bien le jeudi. Il bosse de jour, le bar est plutôt calme, et il retrouve Lily lorsqu'il sort les poubelles. Il aime bien Lily, aussi. La montagne de muscles et de poils sourit à la petite silhouette blonde qui sort par la porte arrière du Starbucks à l'angle de l'avenue. « J'ai la nicotine, t'as la caféine ? » Le quotidien en mystère fleuve, en labyrinthe sans solution dans l'attente de l'épiphanie qui tarde depuis une décennie. Le jeudi, il retrouve Lily pour une pause clope plus longue que les autres, autour d'un café et de quelques plaisanteries de plus ou moins bon goût. Elle est étrange, la barista, elle vit dans un autre monde. Le ciel est bleu, d'un bleu d'hiver, sans nuage. Il fait trop froid pour la pluie, trop froid pour le gris. Et il sourit, le monstre, attendant que la demoiselle le rejoigne après avoir jeté ses propres poubelles. « Il paraît qu'il va neiger pour Nouvel An. T'as des plans ? » Pour le réveillon, ou le reste. C'est qu'il aime l'entendre lui raconter aussi, le grand con. Il a développé une fascination certaine pour ses remarques sibyllines dignes des poèmes de Céline.



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CRÉDITS : nenes.

UNIVERS FÉTICHE : fantastique.
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Lily
Descartes

+ 25 ans.
+ Parisienne.
+ Barista au Starbucks & vendeuse dans un sex-shop, sur Pigalle, deux nuits par semaine.
+ Sous les toits de Paris, chambre de bonne, avenue de l'Opéra Garnier.
+ En couple libre avec Louis, Berlioz dans l'autre monde.

+ Franche. Imprévisible. Indépendante. Curieuse. Souriante. En retard. Rêveuse. Paresseuse. Extravertie. Débonnaire.
+ Hypermnésique. Elle se souvient de tout ce qu'elle voit et tout ce qu'elle entend.
+ Entretenue. Elle ne fait jamais les courses : elle se rend chez Apolline, la Reine de Coeur, et vole dans son frigo quand les réserves sont vides. Apolline le sait et grommelle mais ne fait rien pour l'arrêter.
+ Pianiste. Berlioz lui a appris à jouer du piano et elle s'est révélée suffisamment douée pour en faire sa profession si elle le voulait. Elle adore jouer sur les pianos des gares mais ne répond jamais aux offres d'emploi.

avatar ©️ ordinn.


Roulée sur le dos, les quatre fers en l’air, elle ronronne de plaisir sous les gratouilles gracieusement offertes par la jeune femme. Elle l’écoute d’une oreille distraite, sans vraiment s’intéresser à son babillage incessant ; c’est toujours un peu pareil, avec Javotte. Depuis le mariage de sa sœur avec son petit boulanger et la retraite spirituelle forcée de sa mère – personne n’osait vraiment dire qu’elle avait été internée de force après qu’elle ait, à plusieurs reprises, tenté de faire fonctionner tout ce qui ressemble vaguement à une baguette magique en maudissant Cendrillon – elle se sentait affreusement seule. Et comme toute bonne personne seule, Javotte aimait la compagnie des animaux, et ça tombait plutôt bien, parce que Cheshire adorait les gratouilles. Plus que Lucifer, qui crachait et grognait quand elle l’approchait pour autre chose que lui donner à manger. Alors, à peu près tous les deux jours, elle apparaissait et faisait un joli sourire à Javotte, et en échange d’une oreille à ses lamentations, elle avait des gratouilles.

Et c’est le kiff total. Sauf quand ça se termine soudainement parce qu’il faut bien que Javotte dorme ou gagne sa vie, désormais. Parfois, Cheshire se fait la promesse qu’elle lui filera un coup de patte, un de ces jours, pour lui trouver un gentil bonhomme à qui elle pourrait raconter tous ses malheurs. Sauf que ça la priverait de ses gratouilles, alors, ce jour n’est encore jamais arrivé.

Et puis, pour être honnête, Cheshire se fichait bien des états d’âme de Javotte. Tant qu’elle avait ses gratouilles.

La séance se termine comme les autres, sans signe avant-coureur. Le bout des pattes de Cheshire retombent de déception, puis elle se balance sur le côté, se hisse sur ses coussinets et s’étire longuement. Javotte s’observe dans le miroir en pied de la chambre de sa mère, lisse le devant de sa robe avec un soupir. Cheshire doit tout de même reconnaître quelque chose à cette jeune femme : elle a beaucoup de ressources. Sa mère déchue, elle s’est retrouvée seule à la tête d’une fortune déclinante et de la gestion d’un manoir trop grand pour elle ; et malgré toutes ces petites choses ennuyeuses qui, s’accumulant, deviennent une montagne d’emmerdes, elle a réussi à s’en sortir, et avec brio. Il faut croire que derrière l’écervelée qui a lorgné sur un prince quelques années auparavant, il y a bien quelque chose qui en vaut la peine.

Cette constatation faite, Cheshire se laisse disparaître, continuant d’observer Javotte devant son miroir. Et lorsqu’il ne reste plus que ses yeux et son large sourire, elle perçoit le regard de la jeune femme se poser sur elle par l’intermédiaire de la glace, et frissonner.

Son sourire s’agrandit davantage avant de s’effacer complètement.

*

« Lily, sérieux ! » Deux bises plus tard, elle enfile son tablier vert, accroche son nom sur sa poitrine, attache ses longs cheveux blonds en une vague queue de cheval et passe avec un sourire sous le regard noir de son responsable, affairé derrière le comptoir à mettre en ordre leurs outils de travail. Elle est en retard, comme tous les jours, et elle s’en fout, comme tous les jours. Il peut bien y avoir trop de monde pour leur petite équipe que ses minutes manquées ne lui font ni chaud ni froid, et pour cause : retard ou pas, elle sera toujours à l’heure. Ils ont arrêté de lui faire remarquer ses retards quand ils en ont eu marre d’entendre cette maxime sibylline qui leur échappe, mais qui semble, pour elle, avoir tout son sens. De toute façon, dès l’instant où elle leur a annoncé être titulaire d’un master en philosophie, ils ont abandonné toute idée de la comprendre.

Et puis, Lily ne peut pas être virée : elle est la meilleure barista qu’aucun Starbucks n’a jamais eu. Quelle que soit l’heure à laquelle elle arrive, la circulation des clients devient fluide une demi-heure après son apparition. Et la satisfaction avec elle.

Elle fredonne un air de Boby Lapointe en exécutant les commandes qu’elle lie sur les gobelets s’empilant au fur et à mesure. Elle évite ses collègues avec l’aisance d’un chat, les contournant ou se glissant à leurs côtés sans même donner l’impression de s’en être aperçue ; elle distribue ses sourires rêveurs à ses clients, s’attarde sur un prénom qu’elle trouve joli et le ponctue d’un commentaire avant qu’on la vire du bout du comptoir pour la remettre gentiment à sa place devant les machines, parce qu’elle a l’interdiction formelle d’avoir des contacts avec leur clientèle. Il paraît qu’elle est trop « spéciale » ; l’une de ses anciennes collègues lui avait même carrément dit qu’elle était bizarre. Ca l’avait fait rire, beaucoup. Ce à quoi cette même collègue avait ajouté, en grimaçant d’un air partagé entre perplexité et méfiance, qu’elle n’était vraiment pas comme eux. Lily lui avait une nouvelle fois répondu par un sourire, et ç’avait été leur dernier échange. Le seul, d’ailleurs.

Son équipe s’est habituée à elle, autant qu’elle le peut, et ça, Lily l’avait bien compris. Car pour peu qu’elle ait l’air de vivre dans un autre monde, personne ne soupçonne qu’elle est bien ancrée dans la réalité. Ce n’est pas de sa faute si elle aime observer les gens.

« Je prends ma pause ! » Ses mots sont à moitié bouffés par les sucrettes qu’elle tient entre ses lèvres. Un gobelet en carton dans chaque main, elle se dirige vers l’arrière de la boutique et sort dans la rue. Il est là, comme toujours, réglé comme une pendule, et les sucrettes entre les lèvres elle sourit en songeant à Big Ben qui serait fier de lui et ferait une crise cardiaque avec elle. Elle note dans un coin de sa tête d’aller le voir, un de ces quatre. « J’ai la nicotine, t’as la caféine ? » Elle tend son gobelet au colosse puis attrape les sucrettes. « Salut Bapt-man. » Elle lui arrive tout juste à la poitrine : c’est un géant, elle est une souris. Yen Sid l’a pas raté, en le transposant dans ce monde de réalité terne et ajouré, avec son air d’ours mal léché autant dans la carrure que dans la quantité de poil qui se devine si on regarde bien. Elle non plus, d’ailleurs : elle a l’allure féline et souple, toute fine, le genre qu’on n’aperçoit pas si on ne regarde pas. Elle s’assoit souplement sur le rebord d’une fenêtre, pose le gobelet à côté d’elle, prend une cigarette et en mâchonne le bout orange. Elle ne fume pas, mais l’accompagne par la pensée en jouant avec une cigarette qu’il lui donne toujours, ça lui occupe les crocs. Puis elle verse les deux sucrettes dans son café.

« Il paraît qu’il va neige pour le Nouvel an. T’as des plans ? » Elle l’observe, franchement, comme elle n’a jamais peur de fixer des gens, sans se soucier de les mettre mal à l’aise. Elle l’aime bien, Baptiste. Beaucoup, même. Il a un parcours laborieux, et elle aime son caractère, son dévouement aux autres qu’elle n’aura jamais, et la personnalité complexe qui se cache derrière cette montagne de muscles. Elle le soupçonne de ne pas être tout à fait lui-même, de toujours se museler pour paraître « humain ». Depuis qu’ils se fréquentent pendant la pause du jeudi, cette impression ne la quitte pas. Mais comme ça ne la regarde pas, elle n’a jamais rien fait pour voir jusqu’où il pouvait aller, ce bon gros nounours. Alors, elle se contente de prendre la compagnie qu’il lui donne et de retourner à sa vie de chat de gouttière sans un regard en arrière. « Nan. Y’en aura toujours un l’an prochain. » Elle touille son café, le referme, en boit une lampée. Ca manque de lait. « Tu imagines ? Arriver en retard au Nouvel an. Comme la neige. » Elle lève le nez au ciel. Ca sent le froid qui pique, et c’est vrai, il y a un fond de neige. Elle se dit que ça fait une paie qu’elle n’a pas vu Elsa. « La neige est toujours en retard. »

« Et toi ? Lucas organise une petite sauterie dans votre appartement, comme l’an dernier ? » Elle touche les oreilles en peluche qu’elle a sur la tête, en toutes circonstances. Au Starbucks, ils ont trouvé ça marrant au début, maintenant ils ne le voient même plus. « La dixième. » Evidemment, Lumière avait organisé plus de fêtes que dix, mais Lily ne comptait que celles du Nouvel an. Y’en aura un l’année prochaine. Elle a ce sourire rêveur, bizarre, accroché aux lèvres. Comme si ce qu’elle disait n’avait pas d’importance, juste un truc comme ça, au passage. « Tu sais, il faudra bien que tu lui dises un truc, un jour. Que tu reviens ou pas. Parce que, que Belle se transforme en pruneau à force de pleurer, c’est une chose, mais qu’elle devienne une championne de boxe poids léger, c’est un peu plus problématique, tu vois le genre ? »

Et elle boit une nouvelle gorgée, en observant les gens passer devant eux au rythme de leur vie insouciante des deux créatures qui se tiennent devant eux, sous les traits humains de leur réalité terne et ajourée.
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