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 car j'appartiens aux forêts et à la solitude (abel)

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June
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Limace


Le contexte du RP
Mise en situation

La situation




Un jour, un homme a élu domicile dans une cabane au bord du lac Baïkal, en Sibérie orientale. Qui est-il, d’où vient-il, et pourquoi est-il venu se perdre ici ? Personne ne le sait – et nous non plus.

C’est ce que nous allons tenter d’explorer au cours de ce rp, inspiré du livre Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, en jouant tour à tour le même personnage, qui prendra corps au fil de nos réponses.

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June
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Limace



Abel Sinclair
J'ai 36 ans et je vis dans une cabane au bord du lac Baïkal, en pleine Sibérie russe. Dans la vie, je suis ? et je m'en sors ?. Sinon, grâce à ma ?, je suis ? et je le vis plutôt ?.

Informations à venir.


charlie hunnam © Shiya


    11 mars

    Un mois aujourd’hui. Coupé du bois pour le feu.
    Il neige depuis trois jours. L’hiver n’en finit pas.
    Coincé ici.


C’était sur la table en bois brut devant le carreau, un cahier à spirales ouvert sur une page presque vierge. Seuls quelques mots, jetés là sans envie, que personne ne lirait.

Désormais il n’écrivait plus chaque jour. Et les jours raccourcissaient dans le cahier. Pourtant, derrière le carreau, ils allongeaient, imperceptiblement. L’hiver était long pour lui, qui avait mis si peu de volonté à connaître cette nature immense qu’il était pourtant venu défier depuis le bout du monde. Les températures étaient glaciales, et les vents rigoureux – lancés à l’assaut de la cabane, ils essayaient encore de la déraciner la nuit venue. Et pourtant, le printemps venait déjà sourdre depuis le fond du lac. Dans un mois, peut-être plus, il serait sur le Baïkal.

En attendant, l’homme avait délaissé le cahier. De dépit, il avait versé la vodka dans sa tasse en émail. Quelques heures après, il était étendu sur le lit dans un coin de la cabane. Il ronflait doucement. Au-dehors, la neige tombait drue ; emmêlée par les vents elle frappait contre les carreaux en sifflant. L’homme dormait cependant. Une nuit sans rêve. La lampe à huile avait continué d’éclairer la page, sur la table. Une nuit sans rêve le sauvait d’un sommeil intranquille. La flamme dessinait un îlot de lumière orange dans le noir, et des ombres sur le visage que mangeait déjà la barbe blonde.

La neige frappait contre les carreaux, le vent secourait les arbres mais l’homme continuait de dormir.

Il était vrai que l’intérieur de la cabane – le lit, le sac de couchage, le poêle, la lumière orange de la lampe à huile – avait quelque chose de paisible. Barque perdue dans la tempête, ou monde au creux du monde…

L’homme y était coincé parce qu’il s’était montré présomptueux. Il avait pensé conquérir la taïga. La taïga l’avait roulé et il avait trouvé refuge dans la cabane, où il passait le plus clair de son temps. Il était aisé d’accuser les intempéries. L’homme ne voulait pas s’avouer qu’il était seulement coincé parce qu’il s’interdisait de repartir. Il s’asseyait à la table devant le carreau, il regardait le lac et il ne trouvait pas la paix. Il n’en prenait pas le temps et il faisait semblant de ne pas comprendre pourquoi la paix ne venait pas.

Le bois de la cabane craquait. Celui du poêle se taisait avec les heures. Bientôt l’homme aurait froid et s’éveillerait pour se mettre correctement dans le sac de couchage. Au matin il ne s’en souviendrait probablement pas. Peut-être, au moment de s’éveiller dans la nuit, aurait-il espéré que le soleil brille sur la cabane à l’aube.
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aulélie
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Abel Sinclair
J'ai 36 ans et je vis dans une cabane au bord du lac Baïkal, en pleine Sibérie russe. Dans la vie, je suis ? et je m'en sors ?. Sinon, grâce à ma ?, je suis ? et je le vis plutôt ?.

Il a 2 frères ; Caleb & Neven



charlie hunnam © Angie

Il ne fut pas réveillé par le froid, mais par une envie pressante sans doute causée par l’alcool qu’il avait ingéré avant de dormir d’un sommeil du juste. Dérangé dans ses rêveries, il laissa échapper le grognement d’un homme des cavernes : ce qu’il était en partie devenu. La main qu’il passa sur son visage bouffi échoua dans une barbe négligée depuis des lustres. D’un geste, il ramena le sac de couchage sur lui, sans pour autant se placer à l’intérieur et resta encore allongé un petit instant, contemplant le plafond de sa cabane. Il se laissa un petit temps d’adaptation, juste assez pour retrouver le plein usage de ses fonctions encore engourdies par la meilleure des vodkas qui lui ait été donné de boire. Rien que pour ça, il se félicitait d’avoir choisi de s’établir en Russie.
Lorsque sa tête lui sembla plus légère - assez pour se mettre debout - il délaissa à contre coeur sa couchette et enfila de quoi affronter le froid pour se soulager et ramasser quelques stères en prévision des prochains feux.
En ouvrant la porte, une brise glaciale le mordit en s’engouffrant à l’intérieur de sa petite cahute. Sa rétine fut aussitôt agressée par la pure blancheur de la neige accentuée par les rayons du soleil. Il grommela, bien que l’astre jaune annonçait l’arrivée de l’été prochain et des températures positives, propice à une activité autre que celle d’un bucheron...
L’homme s’acclimata de la forte luminosité non sans mal : la douleur qui lui transperçait le crâne ne l’aidait pas et il en venait à regretter de ne pas avoir de lunettes de soleil dans son paquetage…
Devant lui, entre les quelques arbres qui protégeaient sa cabane du vent, le lac Baïkal, encore recouvert d’une couche de glace - s’étendait sur plusieurs kilomètres. Un paysage digne d'une carte postale. Sous cet angle et avec l’arrivée du printemps, l’endroit commençait à lui rappeler la partie de pêche au bord du lac Ontario qu'il avait partagé avec son père et ses deux frères lorsqu’ils étaient enfants.
Ces souvenirs étaient si lointains à présent qu’il se demandait parfois s’ils n’étaient pas tirés d’une autre vie. Il se remémorait pourtant chaque détail insignifiant de cette journée comme les boutons de la chemise à carreaux du paternel, les chaussures de Caleb ou le chapeau de Neven. En revanche, il était incapable de mettre le doigt sur ce qui avait provoqué l’implosion de la famille Sinclair.

En cherchant désespérément à fuir une vie monotone et sans saveur, il avait pensé - espéré, même - que ce paysage propice au calme et à la médiation l’aiderait à devenir un sage homme…
Au lieu de ça, l’endroit ne lui avait amené que plus d’interrogations encore et contribuait à renforcer sa tolérance à l’alcool. Ou pas…



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June
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Abel Sinclair
J'ai 36 ans et je vis dans une cabane au bord du lac Baïkal, en pleine Sibérie russe. Dans la vie, je suis ? et je m'en sors ?. Sinon, grâce à ma ?, je suis ? et je le vis plutôt ?.

Il a 2 petits frères, Caleb et Neven


charlie hunnam © Shiya

L’homme s’était levé à grand-peine. Il avait enfoncé ses poings dans les manches de sa parka, un bonnet sur sa tête – il avait mis les grosses chaussures qui lui faisaient le corps lourd et les gants rigides qui le rendaient maladroit.
À chaque fois qu’il devait sortir et prendre l’éternité nécessaire à s’équiper pour le grand froid, Abel perdait son calme. Il avait horreur d’être engoncé dans tout ce matériel spécialisé qui portait sans doute, pour certains modèles, le nom de la région même où il était venu se perdre. Il grognait, il marmonnait pour lui-même qu’il aurait au moins pu attendre l’été pour aller foutre sa vie en l’air.
Cette pensée était évidemment exagérée et il se sentait plus amer encore au moment de reconnaître – généralement, il en était alors à enfiler ses gants – qu’il n’avait pourtant rien eu à foutre en l’air. Aucune vie à gâcher, briser, et que sa bravade n’avait de sens que parce qu’il n’y avait plus rien eu à perdre.

Il avait ouvert la porte et immédiatement senti la morsure du froid sur les quelques centimètres de peau laissés découverts entre le bonnet et le col remonté de sa parka. Une douleur aigue lui avait traversé la tête et il s’était senti profondément agressé par la blancheur du paysage.
Il s’était plaint de la neige, plaint de la tempête. De la même manière, il avait désormais en horreur le soleil que reflétait la surface éclatante du lac.

Il jura et sortit dans le grand froid, traçant un sillon dans la neige.

Pendant plusieurs minutes, l’homme avait ensuite agi machinalement, sans vraiment savoir ce qu’il faisait. Il avait soulagé sa vessie, ramassé quelques tasseaux de bois restés à côté de la souche qu’il utilisait pour débiter les troncs. Il était rentré dans la cabane en dispersant la neige autour de lui, pour jeter dans le poêle les bûches promises.

Les bûches avaient pris la neige, étaient devenues humides et le feu ne prit pas.

Après avoir avalé quelques cachets de paracétamol, Abel était sorti de la cabane à nouveau.
Il marcha résolument vers le lac. Arrivé sur la rive il ne s’arrêta pas ; il continua d’avancer, le regard fixe. Loin sous les couches de vêtements, son cœur battait d’énervement.

Ce n’est que lorsqu’il se trouva étalé sur le dos, de tout son long sur la glace face à l’immensité du ciel, qu’il reprit conscience de lui-même et cessa de lutter. Le calme enfin l’avait envahi. La sensation d’immobilité, après tant d’agitation vaine.
Le calme l’avait envahi, au prix cependant d’une émotion bien plus sourde, que l’homme évitait plus encore que d’affronter l’extérieur de la cabane.

Il n’avait rien d’un sage homme. Il étendit les bras. Il imagina les profondeurs du lac, juste là, sous son propre corps. Quel genre de poissons pêchait-on, dans le lac Baïkal ? Il se souvenait des saumons, des truites qu’il avait pêchés autrefois – sous l’œil rancunier de Caleb, qui n’avait jamais été doué pour ça. Neven, lui, son autre petit frère, n’avait jamais tellement aimé pêcher. Il avait plutôt coutume de disparaître derrière les arbres.

Abel se rendait compte aujourd’hui à quel point ces moments, passés au bord d’un tout autre lac, avaient été tout autant inapaisés que son expérience sibérienne.
À l’époque il n’était qu’un enfant, l’aîné de la fratrie qui se devait de tenir son rang, fier alors de s’attirer les faveurs du père. Désormais, il voyait les choses autrement. Il comprenait ce que Caleb avait dû ressentir, sous les remarques désobligeantes de leur père. Il imaginait aussi le sentiment d’abandon qui avait dû ternir la liberté dont Neven croyait lui-même jouir alors, car le père ne se souciait jamais qu’il soit toujours en vue.

Cette scène dont il était pourtant nostalgique… il la voyait désormais comme très significative, et il en était las.
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