Partagez
 
 
 

 Le diable habite où il veut (Mioon)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
 
Requiem
Requiem
MESSAGES : 139
INSCRIPTION : 24/05/2018
CRÉDITS : //

UNIVERS FÉTICHE : //
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

http://www.letempsdunrp.com/t1759-requiem-pour-un-con http://www.letempsdunrp.com/t2604-carnet-de-bal#56207
Tortue

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty

Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

Lorsqu'elle était ado, elle a prétendu avoir été violée par le diable, qui la mise enceinte avant qu'elle ne donne naissance très rapidement à un enfant maudit. Le soucis ? Malgré plusieurs examen médicaux, elle n'a rien, et elle a donc été envoyée chez un psy, avant de finalement déménager loin de chez elle pour fuir les moqueries et recommencer une nouvelle vie.

Des années plus tard, sa femme subi la même chose mais choisit le suicide comme échappatoire. Il cherche des réponses et c'est vers elle qu'il se tourne pour en avoir.

Contexte provenant de cette recherche
Revenir en haut Aller en bas
 
Requiem
Requiem
MESSAGES : 139
INSCRIPTION : 24/05/2018
CRÉDITS : //

UNIVERS FÉTICHE : //
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

http://www.letempsdunrp.com/t1759-requiem-pour-un-con http://www.letempsdunrp.com/t2604-carnet-de-bal#56207
Tortue

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Thomas Chalew
J'ai 32 ans et je vis à La Nouvelle Orléans, USA. Dans la vie, je suis journaliste et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis très mal.

Informations supplémentaires ici.


David Giuntoli :copyright:️ praimfaya


New York
Mercredi 11 septembre 2019
18 heures


La première fois que je suis venu à New York, j’étais un adolescent. J’accompagnais mon père. Des amis lui avait offert des places pour un concert de jazz. Je lui tenais la main, car en réalité, il était le petit garçon émerveillé de tout et j’étais l’adulte veillant qu’il ne traverse les rues qu’à l’instant permis.

Nous n’avons jamais vu le concert, mon père et moi. Ce jour-là, des tours de la ville ont été assassinées.

J’avais besoin de revenir ici, où tout à commencer. Dans la poussière qui asphyxiait les rues, dans les cris des inconnus entre lesquels se partageait mille souffrances, dans les lumières des gyrophares qui semblaient vouloir tourner éternellement, j’ai su que j’étais un témoin des violences de ce monde. Ce jour-là, je suis devenu journaliste pour dire, à ceux qui ne savent pas, combien le monde est fragile, combien l’homme peut être monstrueux.



Je relis une dernière fois mon article, place le fichier en pièce jointe à mon mail et appuie sur la touche envoi.

Quand j’ai dit à Elias que je souhaitais venir à New York pour la cérémonie, il a eu un large sourire, persuadé que j’avais retrouvé la motivation. C’est faux. C’est vrai. De la motivation, mais pas celle qu’il imagine.

Je me lève de devant la table pour aller à la fenêtre. Je regarde la circulation dans la rue. Une journée banale, presque banale. Comment avons-nous pu continuer à exister après les attentats ? Je cherche dans mes souvenirs. Comment puis-je encore exister ? Me lever le matin, aller travailler, rire lors d’une soirée entre amis ? C’est un étrange parallèle pour moi. J’avais trouvé la rage d’aller de l’avant en 2001. Je crois que la différence, c’est que je suis cette seconde tour tombée. Elle, elle était la première. Je n’avais de raison d’être debout que parce qu’elle était à mes côtés.


19 heures

Il est tard. En retard sur mon planning. Je dois bouger maintenant, si je veux avoir assez de temps au Starbucks. Je ferme mon MacBook sans l’éteindre. Je prends ma veste posée sur le lit. Je quitte l’hôtel. Je chope un taxi en train de déposer quelqu’un. Alors qu’il roule, je regarde les passants. Je suis là sans être là. Je n’ai plus la force d’être le témoin. Je regarde sans rien voir. Je suis dans l’usure des sens et de la réalité qu’ils devraient révéler.

Ce qui m’a conduit ici est une étrangeté déroutante. En remplissant les cartons pour le déménagement, j’ai découvert la copie d’un article passé sur le web que ma femme avait imprimé et annoté. Oui, Elias a le droit de sourire, cela a réveillé ma curiosité, cela a remis le moteur en route. Je suis parti dans une quête folle. Si un seul savait, il me dirait que j’ai contracté la même folie qui l’a gangrénée jusqu’à la mort. Je suis fou. Tant pis. Tant mieux. Je suis fou. Je veux l’être. Autant qu’elle, dans sa boulimie de vivre, dans sa fureur de mourir. Mourir comme elle, aussi intensément que j’ai vécu avec elle. Mourir, mais pas ce soir. Ce soir, j’ai un rendez-vous avec une inconnue. Elle ne le sait pas. Nous ne parlerons pas du sujet qui m’amène. Nous serons deux étrangers que rien ne relie. Que quelque chose relie pourtant. Je veux comprendre pourquoi la même aberration a habité ma compagne et cette jeune femme.

J’abandonne mon taxi et poursuit à pied. D’abord rapidement. Puis, quand je vois l’enseigne, je ralentis. Je pousse la porte. Me voilà à l’intérieur. Je pose mon regard sur chaque personne présente. J’en indispose certaines, elles lèvent la tête vers moi. Qui suis-je pour venir troubler leur repos ? Ni flic, ni client. Un homme, c’est la seule certitude.

J’ai des photos d’elle. Elles datent. Elle a probablement changé. Sa coupe, sa couleur de cheveux, sa façon de s’habiller. J’ai fixé ce rendez-vous au hasard, je ne sais pas si elle travaille ce soir. Elias ne sait pas que je n’ai pas prévu de rentrer à La Nouvelle Orléans avant plusieurs jours. Je suis là ce soir. Je reviendrai demain et le jour suivant. Je reviendrai jusqu’au moment où je l’aurai trouvée, où je lui demanderai pourquoi ma femme s’est pendue. Si je ne la croise pas ici, j’ai son adresse. J’ai trop peur qu’elle me ferme la porte au nez si je sonne chez elle. Je me rends compte que la rencontrer sur son lieu de travail n’est pas plus judicieux. Ma venue à New York est absurde. Que m’est-il passé par la tête ! J’ai pris la file d’attente sans vraiment m’en rendre compte. C’est mon tour.

— Bonsoir. Un café mocha, s’il vous plait.

En même temps que je passe ma commande, je lis le prénom inscrit sur son badge.
Revenir en haut Aller en bas
 
Mioon
Mioon
Féminin MESSAGES : 443
INSCRIPTION : 27/12/2018
ÂGE : 32
CRÉDITS : Elairin Art

UNIVERS FÉTICHE : SF - Star Wars - Dark Angel - Lovecraft - Dick - Matheson - Ténébreuse - Fantastique - Manga - SnK - TerraFormars - Etc ...
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

http://www.letempsdunrp.com/t2646-mioon#56791 http://www.letempsdunrp.com/t2647-un-bon-paquet-d-idees#56801 http://www.letempsdunrp.com/t2698-repertoire-de-mioon
Pigeon

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Ellie
Davis

J'ai 26 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis serveuse dans un Starbuck et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt ... plutôt j'en sais rien, à cause de mon passé particulier.

De son vrai nom Ellie Stewart, elle a changé de nom de famille pour prendre celui de jeune fille de sa mère – Davis – lorsqu'elle a quitté Greenville pour déménager à New York. Depuis, elle ne raconte à personne ce qu'elle a vécu lorsqu'elle était ado, de peur qu'on la prenne encore pour une tarée et qu'on recommence à la harceler.


Alexis Bledel :copyright: Mioon
« Noooon je ne suis pas en retard !! »

Dans le dos de Thomas, la porte du Starbuck venait de s'ouvrir à la volée, et un vent trop frais pour la saison s'insinua aussitôt dans le café, au grand damne des clients assis trop près de l'entrée. Mais après un sprint de son appartement jusqu'ici en s'arrêtant à peine pour traverser – un art que la jeune femme maîtrisait parfaitement au point qu'elle avait même repéré l'alternance des feux de signalisation afin de gagner quelques précieuses secondes – il était exclu qu'elle ralentît pour les derniers mètres, et ce fut échevelée et à bout de souffle que la brune s'accouda finalement au comptoir pendant que sa collègue Sarah préparait un cappuccino pour une demoiselle rousse.

« Si peu Ellie, si peu … m'enfin bon, Franck n'est pas encore arrivé, alors disons que tu vas éviter l'engueulade cette fois-ci. En tout cas si tu te dépêches de retrouver une tête décente. »

Vêtue d'un jean noir, du tee-shirt frappé du logo de l'enseigne et d'une veste élimée, la nouvelle venue avait plus la tête d'une étudiante qu'autre chose, mais elle ne l'était pourtant plus depuis longtemps. Du haut de ses 26 ans, Ellie travaillait au Starbuck à temps complet depuis bientôt deux ans, et ce même si son manque de ponctualité avait bien failli la faire virer un paquet de fois !

« Ouais je … laisse-moi juste trente secondes et je prends le relais ! »

La brune respirait toujours un peu trop vite, et ses joues bien rouges attestaient de son effort, mais sa veste et son sac quant à eux avaient déjà rejoint son porte-manteau attitré, et elle disparut à peine quelques instants dans les sanitaires afin d'aller se recoiffer correctement. Revenant bientôt derrière le comptoir où elle s'empara d'un gobelet estampillé ''Thomas'' – sans doute que Sarah avait demandé son prénom au client suivant pendant qu'elle remettait ses cheveux en place – où elle versa un mocha bien chaud avant de le lui tendre dans un sourire.

« Et voilà pour vous ! Si vous avez faim, je vous conseille les brownies à la noix de pécan qui sont à tomber par terre ! »

Malgré son passé, Ellie s'efforçait toujours d'être souriante, et ce soir n'y faisait pas exception. Elle avait beau mal dormir et voir ses nuits souvent agitées de rêves étranges – lorsqu'il ne s'agissait pas carrément de cauchemars – elle était pourtant toujours enjouée. Au travail en tout cas. Passée la porte de son petit deux pièces, le vague à l'âme – expression qu'elle préférait à ''dépression'' ou ''déprime'' – ne tardait jamais à revenir, ce qui expliquait pourquoi elle restait quelques fois au Starbuck même pendant ses coupures. Sauf lorsqu'elle avait quelques courses à faire, comme ça avait été le cas aujourd'hui.

Et sitôt ce client servi, Sarah se délesta de son tablier avant de vérifier que tout était en ordre, puis elle claqua une bise sur la joue de Ellie avant de lui souhaiter une bonne soirée. La première annonçant qu'elle allait au cinéma, là où la seconde devrait travailler jusqu'à minuit ! Mais la brune aimait travailler de nuit, aussi prenait-elle souvent ces horaires qui n’arrangeaient pas grand monde mis à part elle.




"Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
Je suis une légende."

R. Matheson
Revenir en haut Aller en bas
 
Requiem
Requiem
MESSAGES : 139
INSCRIPTION : 24/05/2018
CRÉDITS : //

UNIVERS FÉTICHE : //
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

http://www.letempsdunrp.com/t1759-requiem-pour-un-con http://www.letempsdunrp.com/t2604-carnet-de-bal#56207
Tortue

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Thomas Chalew
J'ai 32 ans et je vis à La Nouvelle Orléans, USA. Dans la vie, je suis journaliste et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis très mal.

Informations supplémentaires ici.


David Giuntoli :copyright:️ praimfaya

Une serveuse, une autre serveuse. Un prénom, un autre prénom pour aboutir à cela : « Bonjour, ma femme est morte en laissant un mot disant qu’elle a été violée par un démon. Vous-même l’avez vécu. Racontez-moi votre histoire que je comprenne la sienne. » Voilà la phrase qui me vient à la lecture du prénom de la jeune femme qui me sert. Mon bras est resté en l’air, tendu, la main serrant le gobelet qu’elle m’a servi. Maintenant, alors qu’elle me parle de brownies, mon attention se porte sur son visage. J’ai plongé dans ses yeux bleus, aussi bleus que ceux de ma femme. Elle va me prendre pour un dragueur de bas-étage, pour un psychopathe, pour... à la fixer ainsi. Je dois tourner la tête. Je dois regarder les gâteaux dont elle me parle. Je ne sais pas où ils sont. Je vois en arrière plan une silhouette qui quitte le derrière du comptoir. Je n’ai pas bougé de place. Je cherche où sont exposées les pâtisseries, sans parvenir à les reconnaitre.

Je n’avais rien prévu sur le comment l’aborder. Face à elle, il parait évidence que j’aurai dû répéter devant un miroir. Je retire ma main ramenant la boisson vers mon torse.

— Euh... Et bien... D’abord merci pour le café mocha, Ellie. Je suis désolé mais le bleu de vos yeux m’a fait penser à ma femme. Mon esprit s’est absenté un instant. C’est impoli de ma part, je m’en excuse.

Je souris, un peu, pas trop, je me suis assez ridiculisé.

— Et vous vantez si bien ces brownies que je vais en prendre deux, s’il vous plait.

Ellie... Je retrouve le tracé de son visage que j’ai observé sur les photos. C’est elle. J’ai de la chance. La première fois que je viens ici et c’est elle qui me sert. Je n’avais pas remarqué l’intensité de son regard sur les documents que j’ai glanés. Il était tout autre. Si ses récits étaient vrais, c’est tout à fait normal qu’on y lut la souffrance et la peur. Vrai ! Toute la question est là. De tous les articles que j’ai consultés, aucun n’a accordé la moindre véracité à ses dire. Tout le monde la prise pour une mythomane en manque d’attention. Si elle voulait faire la une de l’info, ce fut une réussite, une telle histoire n’a pas manqué de provoquer un raz de marée. Mais aussi vite tombé qu’il ne s’était levé. En remontant le fil du temps, bien vite, je n’ai plus trouvé sur le web que des railleries sur son compte. Il traine cependant encore des échanges sur des forums entre personnes croyant dur comme fer aux évènements qu’elle a vécus. J’ai du mal à les suivre dans leurs délires démoniaques.

Je vis à La Nouvelle Orléans. Une ville où les croyances s’entrechoquent. On n’hésite pas à danser jusqu’à la transe, à planter des aiguilles dans des poupées de chiffons, à sacrifier des poulets. Par foi dans un univers surnaturel, par profit auprès de touristes en mal de sensations. Ma femme était antiquaire. Rien de tout cela ne lui était étranger. Moi, c’est tout autre chose. J’ai besoin d’explications. Elle se moquait de mon côté journaliste qui avait besoin de preuves concrètes, « à toujours vouloir justifier chaque ligne de ton article dans une quête d’absolue de vérité, tu en oublies la poésie. » J’entends son rire se moquer de moi gentiment.
Revenir en haut Aller en bas
 
Mioon
Mioon
Féminin MESSAGES : 443
INSCRIPTION : 27/12/2018
ÂGE : 32
CRÉDITS : Elairin Art

UNIVERS FÉTICHE : SF - Star Wars - Dark Angel - Lovecraft - Dick - Matheson - Ténébreuse - Fantastique - Manga - SnK - TerraFormars - Etc ...
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

http://www.letempsdunrp.com/t2646-mioon#56791 http://www.letempsdunrp.com/t2647-un-bon-paquet-d-idees#56801 http://www.letempsdunrp.com/t2698-repertoire-de-mioon
Pigeon

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Ellie
Davis

J'ai 26 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis serveuse dans un Starbuck et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt ... plutôt j'en sais rien, à cause de mon passé particulier.

De son vrai nom Ellie Stewart, elle a changé de nom de famille pour prendre celui de jeune fille de sa mère – Davis – lorsqu'elle a quitté Greenville pour déménager à New York. Depuis, elle ne raconte à personne ce qu'elle a vécu lorsqu'elle était ado, de peur qu'on la prenne encore pour une tarée et qu'on recommence à la harceler.


Alexis Bledel :copyright: Mioon
« Monsieur … est-ce que tout va bien ? »

La main toujours tendue tandis qu'il serrait son café, son client semblait soudainement s'être absenté de son propre corps tout en la fixant, et Ellie se sentit aussitôt mal à l'aise. Des gens bizarres, ce n'était pourtant pas ce qui manquait à New York, mais la demoiselle avait une expérience du ''bizarre'' qui ne manquait pas de toujours faire monter l'angoisse en elle, chaque fois qu'elle se retrouvait face à quelque chose qui … la gênait … même si beaucoup de gens auraient passé leurs chemins sans rien relever. Les gens étranges, par exemple, la mettaient facilement mal à l'aise, et elle se sentit soulagé lorsque l'homme remua enfin. Ramenant sa main vers lui et lui présentant des excuses.

« Ce n'est rien, rassurez-vous. »

Le client était roi après tout, et Ellie avait toujours été diplomate, surtout lorsque le-dit client s'excusait finalement. À son corps défendant, ce gars avait sûrement sa journée de travail dans les pattes, et c'était facile de se laisser dériver lorsqu'on était fatigué.

En tout cas, la jeune femme avait retrouva son sourire agréable, et elle s'empara d'une assiette et vint saisir deux brownies avec une pince en métal, avant de tendre le tout à son interlocuteur.

« Ça vous fera 6,78$ s'il-vous-plaît. »

Dans le dos de l'homme, aucune file d'attente, le Starbuck était bien calme à cette heure-ci, et Ellie encaissa la note avant de suivre le client du regard lorsqu'il alla s'asseoir. Dans le fond du café, un groupe d'étudiants venait tout juste de partir en laissant un bordel innommable sur la table, et ce fut donc armée de son plateau et d'un torchon humide qu'elle arriva pour enlever et nettoyer tout ça. Jetant les gobelets et autres déchets à la poubelle, avant de rejoindre le comptoir où elle se paya le luxe de lire le journal. À la recherche de tout et de rien. Elle aurait sans doute dû lâcher l'affaire, mais Ellie n'avait jamais réussi à oublier son passé, aussi avait-elle l'habitude de parcourir les tabloïds à la recherche d'elle ne savait pas trop quoi. Un article sortant de l’ordinaire. Quelques phrases railleuses d'un journaliste en manque de scoop qui viendrait à se moquer d'un témoignage étrange …

Page 12, elle put ainsi lire qu'une vieille femme prétendait avoir vu un ange en pleine nuit, ce qui lui tira un froncement de sourcils.

Page 18, un sportif s'exprimait dans une interview pour affirmer qu'il avait un pacte avec le diable et que depuis qu'il l'avait conclu, il gagnait tous ses matchs !

Rien de bien intéressant donc, et ce fut dans un léger soupir que la demoiselle replia le journal avant de lever la tête, avisant son client dans la lune, puis le héla doucement.

« Est-ce que vous voulez le journal ? »

Savait-on jamais, même s'il était tard, peut-être ne l'avait-il pas encore lu.




"Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
Je suis une légende."

R. Matheson
Revenir en haut Aller en bas
 
Requiem
Requiem
MESSAGES : 139
INSCRIPTION : 24/05/2018
CRÉDITS : //

UNIVERS FÉTICHE : //
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

http://www.letempsdunrp.com/t1759-requiem-pour-un-con http://www.letempsdunrp.com/t2604-carnet-de-bal#56207
Tortue

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Thomas Chalew
J'ai 32 ans et je vis à La Nouvelle Orléans, USA. Dans la vie, je suis journaliste et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis très mal.

Informations supplémentaires ici.


David Giuntoli :copyright:️ praimfaya

Un billet, de la monnaie pour faire l’appoint en échange d’un gobelet de boisson chaude et d’une part de gâteau. Tout devrait s’arrêter là. A ce simple échange. Elle est la serveuse, je suis le client. Du concret. Du réel. Est-ce que j’ai le droit de l’interpeler et la ramener à cette vieille affaire ? J’ai enterré ma femme et comme tout veuf, mon temps devrait se limiter à porter des fleurs une fois par mois sur sa tombe, à travailler sans compter mes heures et à boire des pintes de bière avec des potes divorcés ou en passe de l’être, les écouter toute la nuit dans un bar à se lamenter sur leur sort jusqu’au moment où ils poseraient leur main sur mon épaule en se fendant d’un « Ouais, mon pauvre, tu connaitras jamais ça, mais ce qui t’es arrivé, c’est triste aussi. » Je les regarderais dans les yeux, j’esquisserais ce sourire tragique que je traine depuis ce jour et je ne leur proposerais pas mon canapé pour quand ils se feraient virer de chez eux avec une unique valise.

Alors que je m’installe à une table, un groupe de jeunes gens quittent le lieu en riant. Leur soirée est bonne. La mienne... Je regarde la chaise en face de moi. Parfois s’y tient le désespoir, parfois la solitude. Bizarrement, ce soir, je ne vois aucun des deux. Elle est vide, c’est tout. Ce n’est pas dans un café que je vais noyer ce vide et je ne le comblerai pas avec un brownie. Je lève la tête au bruit d’une chaise qu’on bouge, d’une table qu’on désert. Je crois qu’au fond de moi, tout au fond, j’espérais ne pas la trouver. Je soupire. Je suis devant une page et je ne parviens pas à trouver la première phrase. La hantise de la page blanche. Mon téléphone vibre dans ma poche. Je le sors. Un sms d’Elias. Il trouve mon article génial, il a une force particulière qui lui a tiré une larme. Evidemment, il me demande de passer au plus tôt au bureau. Evidemment ! Je cherche où est Ellie. Elle lit le journal. Je ne réponds pas à Elias. Pas ce soir. Je verrai demain. Je range mon téléphone.

C’est vrai qu’il est bon ce brownie. J’ai déjeuné ce matin et pris à la volée un hot-dog en journée, j’avais bien besoin de ce remontant. Une voix féminine appelle au sujet d’un journal. Je regarde surpris autour de moi. Je suis le destinataire de sa demande.

— Ah ! Et bien, s’il ne parle pas uniquement du dernier tatouage de la starlette à la mode ou du gagnant du match qui a gagné parce qu’il est le meilleur joueur, peut-être.

Je me cale sur mon siège en lui souriant.

— Je préfère les articles de fond, qui abordent des sujets qui concernent les gens, leur quotidien. C’est vrai que le match les intéresse, il leur fait oublier leur quotidien, mais... Cependant, je reste curieux de la prose de mes collègues New-Yorkais. Un article à me conseiller ? Un article qui vous a touché.

Elle et moi dans cet endroit, j’ai la sensation d’être dans un tableau de Hopper, un Sunlight in a Cafeteria, mais en négatif, il fait nuit, serveuse au lieu de cliente et elle a pris l’initiative alors que l’homme n’est pas parvenu à trouver les mots. Elle a éclaté la bulle dans laquelle chaque protagoniste est enfermée.
Revenir en haut Aller en bas
 
Mioon
Mioon
Féminin MESSAGES : 443
INSCRIPTION : 27/12/2018
ÂGE : 32
CRÉDITS : Elairin Art

UNIVERS FÉTICHE : SF - Star Wars - Dark Angel - Lovecraft - Dick - Matheson - Ténébreuse - Fantastique - Manga - SnK - TerraFormars - Etc ...
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

http://www.letempsdunrp.com/t2646-mioon#56791 http://www.letempsdunrp.com/t2647-un-bon-paquet-d-idees#56801 http://www.letempsdunrp.com/t2698-repertoire-de-mioon
Pigeon

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Ellie
Davis

J'ai 26 ans et je vis à New York, USA. Dans la vie, je suis serveuse dans un Starbuck et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt ... plutôt j'en sais rien, à cause de mon passé particulier.

De son vrai nom Ellie Stewart, elle a changé de nom de famille pour prendre celui de jeune fille de sa mère – Davis – lorsqu'elle a quitté Greenville pour déménager à New York. Depuis, elle ne raconte à personne ce qu'elle a vécu lorsqu'elle était ado, de peur qu'on la prenne encore pour une tarée et qu'on recommence à la harceler.


Alexis Bledel :copyright: Mioon
Penchée sur son journal, Ellie balayait les lignes des articles non sans une certaine lassitude, et c'était certainement l'absence d'articles réellement intéressants qui la poussait à relever de temps en temps son regard vers l'homme qu'elle venait de servir. Seul à sa table et qui fixait la chaise vide devant lui comme s'il attendait quelqu'un. Lorsqu'elle le vit sortir son téléphone, la jeune femme ne put s'empêcher de penser que ce type attendait certainement quelqu'un qui venait de lui poser un lapin, et ce fut sans doute pour cette raison qu'elle rompit le silence afin de lui proposer le journal. Après tout, la solitude était aussi rassurante qu'angoissante, et faire face à ce constat n'avait rien de bien agréable. Si elle avait des amis, Ellie elle-même se sentait assez isolée depuis les événements qui avaient remué sa jeunesse, et son empathie la poussait à ne pas laisser les autres – fussent-ils des inconnus – se noyer sans rien faire.

Sa demande sembla d'ailleurs animer son interlocuteur, et la demoiselle répondit bientôt à son sourire en souriant à son tour. Avant de brandir le journal ouvert où l'on pouvait voir qu'il manquait une page.

« Pas de résultats sportifs pour vous, je crains que quelqu'un n'ait emporté la page avec lui. Et les mots croisés ont déjà été faits … mal faits d'ailleurs. »

Dans les cases du jeu, plusieurs lettres avaient été écrites puis griffonnées, et la personne qui avait tenté sa chance avait été jusqu'à essayer de compléter les définitions dans la marge à côté du tableau. Autant dire que la page était griffonnée de manière assez illisible, mais vu que son vis-à-vis ne semblait pas vraiment intéressé par les jeux, cela ne devrait pas poser soucis. Vis-à-vis qui semblait être journaliste lui aussi tandis que la conversation paraissait vouloir s'installer, et Ellie prit quelques secondes pour réfléchir à sa question tandis qu'elle s'approcha de sa table. Posant bientôt devant le journal ouvert, là où son doigt désigna un article précis quelques secondes plus tard.

« Ce n'est sans doute pas la rubrique la plus sérieuse de ce journal mais j'aime bien celle-ci. L'auteur s'attache toutes les semaines à parler d'un quartier différent – à New York ou ailleurs, il a même été à Londres et à Paris – et il décrit un bâtiment par jour. Son architecture, son histoire, les anecdotes qui ont forgé son passé … j'aime beaucoup cette manière qu'il a de donner vie à des maisons et des quartiers tout entier, et ça permet de découvrir tellement de choses. »

À en croire le journaliste, des trésors et des secrets se cachaient derrière chaque mur, et l'article d'aujourd'hui parlait d'une très ancienne demeure qui avait offert l'hospitalité à un poète, un médecin qui avait œuvré pendant la guerre de sécession, et qui avait été racheté par une jeune aveugle qui peignait des toiles remarquables malgré sa cécité. Article parsemé de détails historiques permettant de mieux découvrir le quartier, la ville, l'état. De ces lignes qui s'amusaient aussi à dépeindre l'architecture ou les paysages dans des envolées lyriques que Ellie avait toujours beaucoup apprécié.

« Vous êtes journaliste ? Dans quelle spécialité ? Vous êtes venu à New-York pour écrire un article ? »

Les journalistes, elle ne les avait jamais vraiment apprécié, parce qu'ils avaient pris un malin plaisir à relayer son histoire pour mieux se moquer d'elle. Mais ici, dans ce Starbuck new-yorkais situé à des kilomètres et des kilomètres de chez elle, dissimulée sous le nom de jeune fille de sa mère et une petite croix en or pendue à une chaîne autour de son cou, Ellie ne voyait en face d'elle qu'un homme esseulé. Pas un prédateur ni un vautour en quête de sensationnel non, simplement un homme qui ne méritait sans doute pas qu'on lui ait posé un lapin. Un homme avec qui elle avait envie de parler un peu, parce que sa naïveté la poussait à penser que chaque personne pouvait être intéressante. Et parce que son empathie ne l'avait jamais quittée malgré son passé.




"Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
Je suis une légende."

R. Matheson
Revenir en haut Aller en bas
 
Requiem
Requiem
MESSAGES : 139
INSCRIPTION : 24/05/2018
CRÉDITS : //

UNIVERS FÉTICHE : //
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

http://www.letempsdunrp.com/t1759-requiem-pour-un-con http://www.letempsdunrp.com/t2604-carnet-de-bal#56207
Tortue

Le diable habite où il veut (Mioon) Empty


Thomas Chalew
J'ai 32 ans et je vis à La Nouvelle Orléans, USA. Dans la vie, je suis journaliste et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis veuf et je le vis très mal.

Informations supplémentaires ici.


David Giuntoli :copyright:️ praimfaya

Ce qu’elle dit de la page des sports et de la grille de mots croisés ne m’étonne pas. Dans les salles d’attente, les jeux sont les premiers à subir l’assaut des impatients. On ne parlera pas de ces autres “clients” qui défigurent d’un coup de stylo les portraits de politiciens et d’artistes en les affublant de moustaches et de cicatrices. Ce besoin de griffonner. Je le fais parfois, mais je ne sabote pas le travail des autres. J’ai toujours un carnet sous la main. Tant qu’au sport, j’avoue que là, c’est un mystère pour moi.

— Ce n’est pas une grosse perte.

Elle s’approche et pose le journal sur ma table en indiquant un article. Je lis les premières lignes. Pas davantage, je préfère porter attention à ce qu’elle en dit. J’ai cependant eu le temps de remarquer que l’auteur a une belle plume.

— Bon choix. C’est un excellent moyen de découvrir le monde sous un regard différent que celui qu’on pose, trop souvent trop rapidement. Cela mérite d’aller voir la maison. De se rendre compte si dès le premier coup d’oeil on ressent ce que lui dépeint. Et si ce n’est pas le cas, il faut chercher les détails qui l’on émut, aller à la rencontre des différences entre les perceptions de chacun.

Je suis tout à coup curieux d’aller visiter la bâtisse, sujet de l’article, d’y aller avec elle. Ellie me pose une question logique par rapport aux remarques que j’ai faites précédemment.

— En effet, je suis journaliste. Et je vous soupçonne d’avoir des dons de médium. Je suis venu effectivement pour un article, mais le sujet ne vous étonnera en rien, la commémoration du 11 septembre. C’est le jour et la ville !

Sujet banal depuis toutes ces années, une répétition de gestes, de paroles, de sentiments à date fixe comme toutes les commémorations. Elle fait cependant partie de celles qui vous tirent des larmes à chaque fois.

— J’ai la chance d’avoir un rédacteur en chef qui me laisse libre d’aborder les sujets qui m’interpellent ici ou là.

Et c’est une liberté que j’apprécie. Je lui tends la main pour me présenter. Nous ne pouvons plus rester deux inconnus, surtout que moi je sais qui elle est.

— Thomas Chalew. Je travaille pour le journal “The Other News” de La Nouvelle-Orléans. Nous n’avons pas un très gros tirage, mais nous sommes indépendants et avons à coeur d’être honnêtes sur les sujets que nous rapportons. Nos abonnés sont fidèles.

Petit tirage, au point qu’on ne trouve pas de publicités de grandes marques dans les pages mais celles des commerçants locaux qui apprécient notre façon de penser.

— J’espère que je ne vais pas vous inquiéter maintenant que vous connaissez mon travail. Certaines personnes me voient comme un inquisiteur qui va démonter leur vie pour l’étaler à la une des médias. Je l'ai fait, il est vrai, pour des personnes malhonnêtes qui profitaient de subventions qui devaient aller à des gens qui en avaient besoin.

Je ne veux pas qu’elle s’imagine que je suis un de ces journalistes qui l’ont trainée dans la boue. Je ne suis pas devant elle pour exercer mon métier. Si tel était le cas, de toutes manières, je n'aurais rien écrit d'abject à son sujet. Je suis là à titre privé. Je suis là parce que mon deuil m’est insupportable. Je suis dans l’absurde espoir qu’elle apaise ma douleur par un miracle dont je n’ai aucune idée.
Revenir en haut Aller en bas
 
Contenu sponsorisé


Le diable habite où il veut (Mioon) Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Le diable habite où il veut (Mioon)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Une petite détour aux sources [ PV - Hentaï ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 
 
LE TEMPS D'UN RP :: Place des artistes :: Univers fantasy :: Surnaturel-
Sauter vers: