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 Ne jamais revenir sur nos pas - Ft. Sha

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Chimay Bleue
Chimay Bleue
MESSAGES : 79
INSCRIPTION : 15/10/2018
ÂGE : 21
RÉGION : Celle de la bière et de la pluie
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Le contexte du RP
Mise en situation

D'un monde à l'autre
Imaginez que vous n'apparteniez à aucun monde. Imaginez que votre vie se résume à sauter de dimension en dimension sans jamais pouvoir revenir en arrière. Sans jamais choisir là où vous avancez. Telle est la vie de Noah.
Maintenant, imaginez que vous ayez réussi à vous construire une vie. Que vous ayez une accroche sur un monde, et que cette accroche se trouve ébranlée, malmenée car vous n'êtes tout simplement pas fait pour rester dans une seule temporalité. Telle est la vie d'Emma.

Imaginez avoir toujours été seul. Imaginez un jour découvrir que quelqu'un d'autre vous comprend.

Contexte provenant de cette brasserie :l:
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Chimay Bleue
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Noah
J'ai 22 ans? 24? Je ne suis pas sur. Je vis entre ici et ailleurs, partout et nulle part. Dans la vie, je suis errant et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à ma tendance à disparaître, je suis seul et je le vis plutôt bien, enfin c'est ce que je me dis.

Voyageur contre son gré, aventurier à ses dépends, Noah est un gamin perdu entre les mondes. Quelqu'un qui n'a jamais eu de chez soi, qui n'a jamais pu se sentir en sécurité. Où qu'il soit, il sait qu'il n'y restera pas. Du coup, il a apprit à vivre comme ça. A survivre. C'est même devenu un as dans le domaine, une bête de réflexe et de ruse. Mais c'est aussi devenu quelqu'un de très solitaire, souvent silencieux, toujours méfiant. Quelqu'un qui a de plus en plus de mal à voir la beauté des endroits où il atterrit. Il se sent prisonnier d'une vie hors temps, hors espace et hors limites.

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Dane Dehaan ©️ Chi


Le sang affluait à ses joues, son souffle était court, ses jambes hurlaient à la mort, mais il savait qu’il ne pouvait pas s’arrêter. Alors il courait. Il courait encore et toujours. Il y avait des moments où il avait l’impression de ne rien faire d’autre, des jours où il semblait que courir était la seule option, le seul chemin qu’il avait. Il se permit un regard en arrière : le torrent de feu continuait à avancer, engloutissant tout sur son chemin, rendant l’heure de sa perte inexorablement plus proche. Il ne lui restait qu’une minute, deux grand maximum. Une chose lui titillait l’esprit cependant. L’esprit et le bout des doigts, des orteils. Un picotement caractéristique. Celui qui, aujourd’hui, n’était pas synonyme de frustration mais au contraire d’espoir. Le fourmillement se mit à parcourir ses membres, puis l'entièreté de son être, de plus en plus féroce, jusqu’à le pétrifier entièrement. Allez, c’est maintenant ou jamais putain! La vague était toujours plus proche, il pouvait presque sentir le brasier sur son visage. Plus que cinq secondes. Quatre. Trois. Deux.
Le saut l’emporta d’un coup, faisant s’évanouir toute trace de sa personne de cette terre désolée.

L’arrivée fut brutale. Il était sur le dos, le souffle coupé, en sueur. Une seule envie en tête : fermer les yeux. Juste pour cinq minutes. Mais il avait un protocole. La question la plus important, la première : est-ce que quelqu’un l’avait vu? Avec difficulté, il prit appuie sur ses avant-bras, se relevant à demi. Une ruelle, des immeubles gris, le bruit de gens qui se pressent, qui discutent un peu plus loin. Personne dans son champs de vision. Bien, un problème en moins. Aux sons de voix qui portaient jusqu’à l’endroit où il était actuellement affalé, il pouvait aussi déduire que l’endroit était peuplé. Il était probablement dans une ville, un endroit technologiquement avancé s’il se fiait aux bruits de mécanique et de moteurs qui se faisait entendre. Pour le moment, il ne pouvait encore savoir dans quel genre de civilisation il avait atterri. Mais ça n’était pas très grave, c’était une question qu’il pouvait remettre à plus tard, bien plus tard s’il réussissait à ne pas se faire remarquer par les habitants de la cité pendant son “séjour” dans leur quotidien.

Laissant échapper un grognement sous l’effort, il parvint avec difficulté à s’asseoir. Après ces quelques questions basiques, un inventaire de sa personne devait être fait. Il savait que, physiquement, des soins étaient nécessaires. Ou au moins un peu de repos. Il avait des brûlures dans le dos qui lui léchaient le cou, un poignée sans doute foulé et un besoin urgent d’eau, que ce soit pour boire ou pour nettoyer et enlever la suie et la sueur qui lui collait à la peau. Il avait une bouteille dans son sac normalement. Son sac… Un élan de panique le prit soudain et il tâta son dos. Rien.
“ Oh merde!”
Son sac ne l’avait donc pas suivi dans ce monde. Se prenant la tête à deux mains, il laissa échapper un cri de frustration. Cela faisait plus d’un an qu’il avait réussi à garder ce sac, plus d’un an qu’il y avait accumulé tout ce qui était nécessaire à sa survie, plus d’un an qu’il y mettait les belles choses qu’il voyait, juste pour éviter de perdre entièrement espoir. Juste pour rester sain. Le coup était rude. Très rude. Il se mordit la langue, cherchant à éviter de laisser s’échapper un autre cri. La crise de nerf n’était pas loin non plus, et était un problème qu’il ne résoudrait pas aussi facilement. Le monde qu’il venait de quitter l’avait laissé ébranlé, fatigué et, comme il s’en rendait à présent compte, entièrement démuni.
Ou presque.

D’une main tremblante, il tâtonna l’intérieur de sa veste jusqu’à trouver la poche intérieure qu’il y avait cousu. Du bout des doigts, il effleura le petit carnet qui s’y trouvait. Et d’un coup, il pouvait à nouveau respirer. Ce carnet était son troisième. Il était aussi le plus complet qu’il ait jamais fait. Le premier avait été perdu dans un saut, le deuxième dans un moment de panique, mais celui-ci tenait bon. Il avait à présent 6 ans et, s’il était honnête envers lui-même, le jeune homme ne savait pas comment il réagirait s’il venait à le perdre. Prenant de grande goulées d’air, il se laissa 10 secondes de répit, les yeux fermés. Ce n’était pas la nuit - ou plutôt le mois - de sommeil dont il rêvait, mais c’était déjà quelque chose. Au moins, dans ce monde, rien ne semblait vouloir attenter à sa vie dans la prochaine minute. C’était un changement de décor des plus agréable. Puis, comme tout ne pouvait être facile, un bruit se fit entendre. Proche. Rien de bien méchant, ni même de particulièrement alarmant, mais les sens du jeune homme, ses réflexes, étaient affutés, toujours à l’écoute du moindre danger possible. Il ouvrit les yeux et les fixa vers la provenance de ce qui l’avait tiré de sa quiétude. Sa main était à nouveau dans sa poche, mais c’était une poche extérieure et ses doigts n’effleuraient pas un innocent carnet mais un canif. Tranchant. Il serra les phalanges autour de ce dernier, prêt à s’en servir.
Non, Noah n’était pas de nature confiante.

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Sha
Sha
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Emma
J'ai plus de 20 ans, moins de 25, c'est incertain. Je vis entre ici et ailleurs, partout et nulle part. Dans la vie, je suis fugitive du temps et de l'espace et je m'en sors au jour le jour. Sinon, grâce à mon super pouvoir nul, je suis seule et je le vis plutôt mal, mais je fais avec.

Emma est la fille d’un homme dont elle ne se rappelle plus le nom, et d’une femme dont elle a oublié le visage. Il ne lui reste plus que ses rêves, mélange de ses souvenirs enfouis et de ses espoirs, pour seule compagnie. Elle se souvient d’avoir été, et regrette d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Même si elle arrive à se mouvoir dans les différents mondes, elle n’arrive jamais à trouver sa place. Elle se sent étrangère partout où elle va, étrangère dans tous les cœurs des gens avec qui elle se lie d’amitié, étrangère même pour elle. Ses souvenirs s’étiolent, et elle a peur qu’un jour ce ne soit plus vraiment les siens.

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Elle ignorait totalement où elle était, mais elle appréciait l’endroit. Une énième pâle copie d’une clairière chaude où un magnifique soleil passait tranquillement - non pas un, mais deux soleils en réalité. Un rouge, un bleu. Deux astres incroyablement ronds qu’elle observait sans se brûler les yeux, derrière des lunettes épaisses et fumées. Elle respirait calmement, cachée à l’ombre d’un grand arbre planté au milieu de nulle part. L’herbe lui grattait parfois un peu le dos, mais elle ne rechignait pas. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas fait un bon sur une terre aussi agréable à regarder et à respirer.
Elle observa longuement les nuages chassés par le vent en hauteur, et à un moment, une feuille tomba même de l’arbre jusqu’à son petit nez droit. Elle loucha avec un petit sourire surpris sur l’étrange chose. En effet, le feuillage de l’arbre était composé d’une multitude de feuilles repliées en deux, formant une sorte de «v». Si la cime était rouge, toutes les branches basses étaient soit rose, soit orange.
Elle se redressa doucement, observant de ses grands yeux noirs davantage l’écorce épaisse et pencha la tête, morose soudainement. Les arbres de la terre lui manquaient. Les arbres de l’endroit où elle était née, et aussi les arbres dans ses rêves. Ils étaient tous verts, parfois ils avaient aussi des couleurs automnales, mais elle n’avait pas croisé ailleurs de pareille cime panachée. Seulement des pâles copies. Seulement des fragments de ce qui avait été bien et beau, mais ce n’était jamais assez pour remplir ce petit vide à l’intérieur d’elle.
Alors elle s’accrochait à chaque paysage, aimait chacune des feuilles que la terre faisait tombée sur elle, aimait chacune des écumes qui mouillait parfois ses pieds blancs. Même la suie, même le charbon, toutes les odeurs du monde lui remémoraient encore et toujours les souvenirs qui petit à petit disparaissaient. Elle aurait tellement voulu y retourner, s’allonger une nouvelle fois sous l’arbre qui bordait sa maison - c’était bien la sienne n’est-ce pas - et redire, face au ciel, qu’il n’y avait pas un endroit plus beau dans l’univers que celui-là.
Si elle devait mourir un jour, alors elle aurait aimé s’étendre à cet endroit-là en particulier. Mourir sous le ciel bleu, les poumons pleins d’air frais et l’âme enfin en paix.

La feuille qui était tombée sur ses genoux s’anima. Un petit chatouillis fit qu’elle baissa ses yeux pour apercevoir au juste moment le petit bout de végétale étendre ses tiges comme s’il possédait deux ailes. Elle eut un petit sourire et ses yeux brillèrent d’un émerveillement qui n’avait pas de nom. Comme un phasme, la feuille n’était rien d’autre qu’un étrange papillon aux ailes roses. Il bâtit rapidement des ailes et elle le regarda s’envoler avec curiosité.
Un petit picotement la reprit, mais cette fois, ce n’était pas le chatouillis agréable d’un papillon naissant sur soi. C’était différent.
Elle perdit son sourire et s’allongea de nouveau, les yeux fixés sur l’arbre rose et rouge qui la surplombait, la protégeant de son ombre rassurante.

Elle ne fit aucune prière, parce qu’elle avait appris que ça ne changeait rien.

Le saut l’aspira, et soudainement, elle tombait de quelques centimètres sur quelque chose de mou. Ce n’était ni agréable, ni désagréable, mais l’odeur était insupportable pour elle. Elle s’agita de sur le tas de poubelles qui venait d’amortir sa courte chute, renversant au passage quelques bières qui traînaient aux pieds du conteneur qui la cachait. Elle se redressa prestement, vérifiant qu’elle possédait toujours ses deux pieds, ses deux mains et son visage. Elle n’avait pas d’autres affaires. Le dernier saut l’avait dépossédé de tout, sauf peut-être d’un carnet de dessin où elle griffonnait parfois les plus belles choses qu’elle croisait. Elle le tapota - il était dans son jeans. Elle fit quelques pas avant de lever les yeux vers les grattes-ciels impressionnants qui avalaient sa toute petite présence.

« Ça sent...tellement mauvais... » Ce ne fut qu’une petite supplique lâchée comme ça, persuadée que dans cette petite décharge, personne ne l’écouterait. « J’espère que le prochain saut me ramènera sur une plage, ou une prairie. Une prairie, oui, ça serait bien ça. Au moins il fait chaud et ça sent bon... »

Elle fit de nouveaux pas avant de tourner à l’angle du bâtiment et de tomber nez à nez avec quelqu’un. Plus exactement, un jeune homme qui devait à peu près avoir le même âge qu’elle. Elle se stoppa quelques instants, avant de reprendre calmement son chemin. Emma avait passé l’époque où elle craignait pour sa sécurité et où chaque mot, notamment « bond » ou « saut » pouvait lui coûter cher.
Depuis aussi longtemps qu’elle subissait ses changements inopinés de vie, elle n’avait jamais croisé un « comme elle », et si quelqu’un l’écoutait dans ce monde technologiquement développé, alors il se mettrait à penser ce qu’il veut. Folle ou non, la vie continuait.

D’abord, elle passa devant lui, marchant d’un pas décidé vers la sortie de la ruelle. Elle pencha la tête, regarda à droite, puis à gauche. Cela ne ressemblait pas vraiment à son « monde ». Les hommes et les femmes, pour certains, avaient même des membres métalliques, faits de plusieurs tubes étranges - rouge et blanc, parfois bleu - et parlaient un langage proche de l’anglais qu’elle pouvait comprendre parfaitement. Elle inspira profondément et finalement tourna les talons, revenant avec un certain calme vers le jeune homme.

Elle esquissa un sourire simple :

« Excusez-moi, est-ce que vous savez où nous sommes ? Je suis un peu perdue... »

En général, l’excuse passait assez bien et les badauds enchaînaient plus ou moins volontairement la discussion. Il y avait bien eu une fois où elle avait été mise aux fers dans un pays où les dragons existaient, et elle avait vécu le saut en prison. Elle avait gardé les fers pendant trois sauts en tout. Une longue histoire, mais pas aussi longue que la fois où elle était apparue au moment de la formation de l’Inquisition Espagnole...
Elle s’en était toujours sortie jusqu’à maintenant, et appréhendait chaque bond comme une nouvelle expérience, de nouveaux partages, de nouveaux liens. Elle était certainement lassée de cette aventure perpétuelle, mais elle jouait toujours le jeu.
Avec un peu de chance, il l’inviterait chez lui, quelque part dans une tour, et elle pourrait dessiner dans un coin de son carnet la vue magnifique de la nuit sur les buildings illuminés.

Il lui fallut cependant un petit moment pour apercevoir l’état général du jeune homme. Sa main agrippée à quelque chose dans sa veste, à son regard abasourdi, à sa surprise qui ressemblait aussi à une forme étonnante de frayeur - ou est-ce qu’elle se trompait ? Elle se pinça les lèvres alors que la pénombre éclairée par les nombreux panneaux publicitaires présents dans la rue, elle découvrait son visage couvert de suie et sale.
Les personnes dans la rue principale n’étaient pas sales. Tout y était propre, jusqu’au trottoir lisse. D’ailleurs, elle n’avait vu aucune voiture. Elle le regarda une seconde de plus alors que sa peau s’électrisait.
Elle oublia aussitôt la vue magnifique sur les buildings et au lieu de ça fit volte-face pour fuir. Son corps était fin, léger comme une plume pour toutes ses fois où elle n’avait rien trouvé à manger de comestible, mais il était encore engourdi. Les sauts lui faisaient toujours cet effet. Elle se mit à courir vers la sortie de la rue, de peur qu’elle ne soit tomber sur une petite frappe, ou pire encore.




Oh Darling,
Darling, What I have done ?
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Chimay Bleue
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Noah
J'ai 22 ans? 24? Je ne suis pas sur. Je vis entre ici et ailleurs, partout et nulle part. Dans la vie, je suis errant et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à ma tendance à disparaître, je suis seul et je le vis plutôt bien, enfin c'est ce que je me dis.

Voyageur contre son gré, aventurier à ses dépends, Noah est un gamin perdu entre les mondes. Quelqu'un qui n'a jamais eu de chez soi, qui n'a jamais pu se sentir en sécurité. Où qu'il soit, il sait qu'il n'y restera pas. Du coup, il a apprit à vivre comme ça. A survivre. C'est même devenu un as dans le domaine, une bête de réflexe et de ruse. Mais c'est aussi devenu quelqu'un de très solitaire, souvent silencieux, toujours méfiant. Quelqu'un qui a de plus en plus de mal à voir la beauté des endroits où il atterrit. Il se sent prisonnier d'une vie hors temps, hors espace et hors limites.

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Dane Dehaan ©️ Chi


Saut. Non, elle n’a pas… Elle a dit saut - Saut - Merde, elle l’a dit.
Saut.

Noah avait les yeux ronds, le souffle rapide, et ce n’était pas à cause de sa chute dans un nouveau monde. Il avait entendu la phrase quelques secondes avant de voir celle qui l’avait lâché se présenter face à lui. Il était toujours au sol, toujours la main dans la poche, agrippée à son canif comme si sa vie en dépendait. Toujours aussi sale, toujours aussi suant. Il savait qu’il la dévisageait, mais que pouvait-on attendre d’autre de sa part? Ces quelques mots, c’étaient ceux qu’il avait rêvé pendant des années d’entendre sortir de la bouche d’un autre. De savoir qu’il n’était pas seul dans ce cauchemar infini. Des années. Puis il s’était enfin fait une raison. Avait enfin décidé qu’au fond, ça ne lui apportait rien d’espérer. Qu’il n’y avait personne d’autre dans son cas, ou bien que les chances de rencontrer une telle personne était aussi grande que celle d’avoir la réponse aux milles-et-unes questions de l’univers. Enfin, des univers. Elle avait des lunettes qui se balançaient sur le bout du nez et passa devant lui comme si de rien n’était. Comme si en un mot elle n’avait pas ébranlé les certitudes du brun.

Quand elle revint sur ses pas, revint se placer devant lui, il n’avait pas bougé. Mais il avait continué à cogiter. Noah n’était pas bon dans tout ce qui était mettre un mot sur des émotions, des ressentis. Oh, il savait courir, il savait chasser, il savait se cacher, il savait même se battre. Mais il ne savait pas penser tranquillement, ordonner ses réflexions, son raisonnement. Après tout, c’est une capacité qui vient avec les mots, avec la conversation. Avec un père qui te dit que ceci n’est pas bien, mais cela l’est. Une soeur qui t’apprend que c’est ainsi qu’il faut causer aux gens pour se faire des amis. Un collègue qui t’explique les clés pour comprendre les règles de sociabilité d’un nouvel environnement. Le genre de chose dans lequel Noah avait une expérience quasi nulle. S’il devait s’efforcer de mettre des mots, des adjectifs sur ce qu’il ressentait, il y en avait trois qui semblaient se battre pour avoir la première place : confusion, curiosité et peur. Confusion car c’était un sentiment d’une logique banale à avoir dans son cas, l’incompréhension devant quelque chose qu’il s’était convaincu était impossible. Curiosité car bien sur qu’il voulait en savoir plus, savoir si cette personne était comme lui, ou au moins comprendre pourquoi elle savait ce qu’était le saut. Peur parce qu’il avait toujours vécu dedans. Peur de s’être trompé et de se retrouver dans un merdier dont il ne pourrait se dépêtre. Peur parce qu’il ne faisait pas confiance aux gens, parce qu’il savait à quel points les autres pouvaient être mesquins, méchants, agressifs.

Elle lui avait parlé. Pour être honnête, il n’avait aucune idée de ce qu’elle lui avait dit, mais elle avait parlé. Ce qui était important, c’est qu’elle avait arrêté. Et que le sourire qu’elle avait était en train de s’effacer. Noah fronça les sourcils, ne comprenant pas d’où venait l’étrange changement dans la contenance de la jeune fille. Et d’un coup, sans prévenir, elle se mit à courir. Le brun était confus, certes. Méfiant, oui. Mais il y avait une chose qu’il savait parfaitement : il n’allait pas laisser s’échapper quelqu’un qui avait peut-être certaines des réponses qu’il avait passé toute une vie à se poser. S’il y avait une chose que les sauts lui avait offert, c’était une endurance à tout épreuve, une capacité à se relever même quand son corps demandait de façon critique l’arrêt. C’est ce qu’il fit et, en quelques enjambées, il avait atteint la jeune fille avant qu’elle ne sorte de la ruelle, lui agrippant le poignet pour arrêter sa course.

Mais voilà.
Noah ne savait pas trop quoi faire maintenant qu’il avait sans aucun doute la pleine attention de la demoiselle. Il n’avait aucune idée d’à quel point il pouvait avoir l’air menaçant, avec sa dégaine actuelle et le poids de ses doigts sur l’articulation de la brune. Il n’avait aussi aucune idée de ce qu'il devait dire. Il la scruta, cherchant des mots à faire sortir de sa gorge déshydratée. Au moins, il savait qu’elle parlait une langue qu’il comprenait. Une langue qu’il avait apprise au cours de l’un de ses plus longs “séjours” et qu’il lui était arrivé de rencontrer à nouveau dans les différents mondes visités.
“Tu -”
Sa voix se brisa après la première syllabe, trop rauque de n’avoir pas servi depuis un long moment et rendu douloureuse par la fumée inhalée. Il fronça les sourcils, se raclant légèrement la gorge, essayant de libérer sa trachée. Il retenta.
“Je - Tu viens pas d’ici, non?”
Il n’était pas heureux de la formulation de la phrase, mais il n’arrivait pas vraiment à placer les mots correctement, et il n’avait certainement pas ceux qu’il lui fallait pour poser une question plus complexe. Mais il avait parlé, et ça, c’était déjà une petite victoire.

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Sha
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Emma
J'ai plus de 20 ans, moins de 25, c'est incertain. Je vis entre ici et ailleurs, partout et nulle part. Dans la vie, je suis fugitive du temps et de l'espace et je m'en sors au jour le jour. Sinon, grâce à mon super pouvoir nul, je suis seule et je le vis plutôt mal, mais je fais avec.

Emma est la fille d’un homme dont elle ne se rappelle plus le nom, et d’une femme dont elle a oublié le visage. Il ne lui reste plus que ses rêves, mélange de ses souvenirs enfouis et de ses espoirs, pour seule compagnie. Elle se souvient d’avoir été, et regrette d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Même si elle arrive à se mouvoir dans les différents mondes, elle n’arrive jamais à trouver sa place. Elle se sent étrangère partout où elle va, étrangère dans tous les cœurs des gens avec qui elle se lie d’amitié, étrangère même pour elle. Ses souvenirs s’étiolent, et elle a peur qu’un jour ce ne soit plus vraiment les siens.

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Un frisson désagréable la traversa aussitôt qu’il lui attrapa le poignet. Leur peau, l’une contre l’autre, l’électrisa. Elle darda ses yeux furieux dans les siens, leurs deux regards bleus s’affrontant dans un silence tout d’abord de plomb. Elle n’aimait pas les contacts avec les autres. Elle n’aimait pas leur trace, leur incidence sur sa vie. Elle aimait leurs mots, mais leurs peaux la brûlaient à chaque fois. Tendue, elle le scrutait comme il la regardait.
A force de le regarder, elle trouva sur son visage des indices, des évidences même. De sa propre peur, de son incertitude. Est-ce qu’il lui voulait du mal ? Elle l’ignorait. Les hommes étaient changeants. Sa gorge se serra parce qu’elle ignorait pourquoi. Elle tira naïvement sur son poignet, comme si elle espérait qu’il se ravise et la laisse partir.

“Tu -”

Elle ravala difficilement sa salive, ses yeux bleus se baissant un peu parce qu’il lui faisait peur. Il était fascinant, le visage couvert de suie, mais elle ne voulait pas qu’il tienne encore son poignet, qu’il la scrute encore comme ça, comme si elle venait de lui apparaître devant les yeux. Elle ferma une petite seconde les yeux, ne venant à elle que l’odeur terreuse de la fumée, mais plus exactement, de soufre. C’était léger, mais Emma avait une excellente mémoire des odeurs. Elle arrivait aisément à les associer à des lieux visités. A un souvenir.
A White Island, en Nouvelle-Zélande. A ce soir où elle avait regardé d’un œil calme les volutes s’extraire des fumerolles. Il y avait un homme à côté d’elle. Elle ne connaissait plus son nom, mais il avait un sourire en lui expliquait que les gaz volcaniques étaient des composés volatils. Que les laves étaient soient fluides, soient visqueuses. Que c’était plus dangereux que les laves fluides.
Elle se mordit l’intérieur de la lèvre. Pourquoi est-ce qu’elle s’en souvenait maintenant ?

“Je - Tu viens pas d’ici, non?”

Emma baissa les yeux, comme une enfant prise sur le fait. Elle n’avait rien fait de mal, elle n’avait fait – encore une fois – que traverser l’univers. Projetée en avant, elle n’avait jamais voulu être ce qu’elle appelait elle-même une « fugitive du temps et de l’espace ». Elle sera un peu le poing, qu’il tenait toujours, puis la mâchoire, la rendant plus saillante sous sa peau claire. Ses joues étaient un peu rouges, mais difficile de savoir si c’était le contact, la surprise ou la course qui les avaient rendues cramoisies.

« Non. »

Elle se mordit de nouveau l’intérieur de la joue, comme si ce qu’elle venait de dire pouvait lui coûter quelque chose. Ça ne voulait rien dire, pas vrai ? Elle aurait très bien pu venir de la ville d’à côté – si ça existait – ou encore d’un autre quartier. Qu’est-ce que ça voulait dire « ici » après avoir traversé une bonne partie – ou non – de la galaxie ?
La question la frappa cependant un peu plus profondément qu’elle ne l’aurait cru. Elle avait l’habitude de naviguer en eaux troubles. Les gens qu’elle avait rencontré savaient, pour certains, une partie de son histoire. Elle envoûtait généralement des hommes avec ses beaux yeux, avec ses descriptions de lieux fantasmagoriques. Et on la croyait.
Mais personne ne s’était jamais vraiment arrêté à lui demander si elle ne venait pas d’ici. Comme s’il était évident qu’elle ne fasse jamais partie de leur monde. Elle inspira profondément.

« Je… J’ai mal… »

Elle osa un petit regard vers son poignet qu’il n’avait toujours pas lâché, lui demandant implicitement de la relâcher. Elle tira d’ailleurs doucement dessus. Elle fronça légèrement les sourcils en le détaillant de nouveau, de ses grands yeux bleus qui arrivaient à lire jusque dans l’âme, ou du moins ils en avaient l’air.

« Tu sens…le…la fumée... » Elle baissa les yeux, un peu plus bas encore. Sa cage thoracique comprimée lui donnait l’effet de porter un corset. Son cœur battait horriblement fort dans sa poitrine. Pour est-ce qu’elle avait aussi peur de continuer sa phrase ? Elle déglutit péniblement. « Il n’y a pas… de feu… aux alentours… »

Pas de briquets, pas de cigarettes, pas même de cheminées. Elle avait une bonne mémoire des choses, une bonne mémoire de ce qu’elle voyait, si bien qu’elle oubliait au fur et à mesure les choses plus anciennes pour les nouvelles. C’était comme ça qu’elle avait oublié l’homme et la femme qui l’avaient fait naître. Ils existaient encore, elle se souvenait encore de leur parfum, du dessin de la maison et des fleurs qui bordaient le chemin… ou peut-être que tout ça n’était qu’un énième rêve ? Un énième cauchemar ?

Elle tira une dernière fois sur son poignet.




Oh Darling,
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J'ai 22 ans? 24? Je ne suis pas sur. Je vis entre ici et ailleurs, partout et nulle part. Dans la vie, je suis errant et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à ma tendance à disparaître, je suis seul et je le vis plutôt bien, enfin c'est ce que je me dis.

Voyageur contre son gré, aventurier à ses dépends, Noah est un gamin perdu entre les mondes. Quelqu'un qui n'a jamais eu de chez soi, qui n'a jamais pu se sentir en sécurité. Où qu'il soit, il sait qu'il n'y restera pas. Du coup, il a apprit à vivre comme ça. A survivre. C'est même devenu un as dans le domaine, une bête de réflexe et de ruse. Mais c'est aussi devenu quelqu'un de très solitaire, souvent silencieux, toujours méfiant. Quelqu'un qui a de plus en plus de mal à voir la beauté des endroits où il atterrit. Il se sent prisonnier d'une vie hors temps, hors espace et hors limites.

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Dane Dehaan ©️ Chi


Des yeux bleus qui l'observait, dans lesquels Noah ne pouvait que lire à quel point la brune était mal à l’aise. Mais il ne pouvait s’empêcher de la scruter, de chercher dans le fond de son regard, dans la pointe des os fins qu’il sentait sous ses doigts, dans les plis de ses habits. De chercher un signe, quelque chose qui pourrait lui dire oui, nous sommes de la même espèce. Il sentit la pression entre ses phalanges d’une jeune femme qui cherchait à lui faire lâcher prise et son réflexe fut de serrer un peu plus. Il aurait pu la laisser, avoir le bon geste, les bons mots pour la mettre en confiance. Mais il ne savait pas comment faire, comment réagir. Cette situation était tout à fait inédite dans l’agenda du jeune homme, lui qui cherchait toujours à fuir, à esquiver les autres. Noah, s’il savait comment leur échapper, n’avait aucune idée de la façon appropriée de se comporter avec un pair. Donc il continua à la tenir, cherchant à tout prix à éviter la fuite de ce qui pourrait être la seule chance qu’il aurait jamais d’en savoir plus. Car si lui n’avait que des questions et des frustrations, peut-être l’inconnue aurait-elle des réponses. Une quinte de toux, sèche et rauque, interrompit ses pensée. Sa tête le lançait, comme si un étau la pressait. Il avait du mal à articuler ses pensées, ses mots. Il se fit violence, souhaitant plus que tout rester dans l’instant présent.

Elle baissa le regard, comme une enfant honteuse. La question - non, l’affirmation l’avait piquée de toute évidence. Il sentait la tension qui vibrait dans la jeune femme, dans les petits gestes nerveux qui la parcourait. Puis elle le souffla. Court. Direct. Non. Un non qui pourrait juste vouloir dire qu’elle n’était pas de cette rue, de ce quartier, de cette ville ou même de ce continent. Un non qui pouvait dire un nombre incroyable de choses. Mais Noah ne l’entendit pas comme une porte qui se ferme. Il l’entendit comme une fenêtre qui s’ouvre, qui s’ouvre sur une possibilité qui lui semblait de plus en plus réelle. Puis, d’autres mots réussirent à traverser les lèvres de la jeune femme pour se perdre dans l’air chaud qui les entourait. Mal? Pourquoi? Comment? Il avait à présent de réelles difficultés à se concentrer sur les mots, sur leur signification. Cette foutue migraine qui ne le lâchait pas... Il suivit le regard de l’inconnue, qui se fixa sur le poignet qu’il semblait déterminé à garder entre ses doigts. Elle continuait à tirer dessus. Pas avec grande puissance mais de façon méthodique, comme si à force de le faire, le garçon se déciderait de lui-même à lâcher prise. Mal. Elle avait mal. Lentement, sans encore la laisser filer, il desserra les phalanges. Relevant les yeux pour voir si ce fut la bonne réaction, il fut surpris de se retrouver à nouveau face au regard perçant de la demoiselle. Paradoxalement, Noah avait envie de lui dire d’arrêter. De ne pas le regarder comme ça - s’il l’avait lui-même scruté, détaillé, le regard de la brune lui donnait l’impression d’être compressé dans un scanner, passé aux rayons-x. D’être autre chose qu’un être respirant, suant, vivant. Et il n’aimait pas, comme pouvaient en témoigner sa mâchoire qui se crispa.
Oui, c’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé au fond.

Elle se remit cependant à parler et les yeux clairs du jeune homme se plissèrent. Le coeur de Noah battait à pleine vitesse, mais il ne savait pas si c’était dû à ce que la jeune femme lui disait ou si c’était lié à sa respiration qui commençait à se faire sifflante, à la toux qui le reprit et la céphalée qui ne faisait que se renforcer. Il mit un un peu de temps à se reprendre. Un temps que la jeune femme entreprit d’utiliser en tirant encore une fois sur son poignet. Noah était peut-être sonné par la fumée et perplexe face aux altercations humaines mais il n’était pas con non plus. Il compris qu’à moins de la lâcher, la jeune femme risquait de s’énerver. Lentement, il retira ses doigts de cette articulation pâle, ne quittant pas la brune du regard, curieux de voir quelle choix elle ferait, entre fuite et confrontation. Elle ne se mit pas à courir au moment où il lâcha prise, il se permit donc de porter ses pensées sur ses paroles.

“Quelque part il y a du feu -”

Il voulut en dire plus mais la toux revint, avec vengeance et cruauté. Chaque quinte était douloureuse, mais celle-ci se fit plus longue et le son plus guttural, comme si elle cherchait à le tordre de l’intérieur. Il lui fallut quelques instants pour s’en remettre et il en sortit un peu étourdi. Il tenta de se concentrer sur la jeune femme qui lui faisait face, d’aller au bout de ses mots, de ses pensées.
“Il y a du feu. Mais - mais pas ici.”
Le vocabulaire lui manquait, et cela le frustrait. D’un geste brusque de la main, il essaya de montrer ce que c’était que ce ici. D’englober ce qu’il cherchait à dire par là. Si seulement il arrivait à se concentrer, mais peu de chance que cela arrive. Il toussa à nouveau, et cette fois, il était sûr que son corps cherchait à se rebeller. Ce fut si long qu’il commença à s’inquiéter, que ses poumons déjà meurtris se mirent à réellement manquer d’air. Avec un grognement de douleur, il colla une épaule contre le mur de la bâtisse à côté de laquelle ils se tenaient, cherchant un soutien sans lequel il savait pertinemment qu’il ne tiendrait pas debout. Un moment de répit durant lequel il bloqua un regard dont la vision se brouillait légèrement sur celui de la demoiselle, puis ça repartit de plus belle. Rien à faire, sa trachée n’arrivait pas à expulser les corps parasites qui la bloquait, sèche comme elle était.

Son coeur battait à en exploser hors de sa poitrine. Noah se laissa glisser le long du mur. Il ne toussait plus mais ses inspirations étaient brèves, sifflantes comme une multitude de petits serpents. Ses yeux cependant ne lâchaient pas ceux de la brune. Elle pouvait partir. Elle pouvait juste s’en aller, il n’avait pas la force de la rattraper. Là tout de suite, il n’avait pas la force de grand chose. Cette altercation avait puisé dans ses dernières ressources physiques et il ne se relèverait pas tout de suite. C’était en soi un problème. S’il avait déjà dormi à la rue et que ce ne serait pas en soi une expérience nouvelle, cela n’avait jamais été fait dans les conditions dans lesquelles il était à présent. Il était trop exposé, vulnérable à tous ainsi. Il colla sa tête contre le mur, cherchant une position qui l’aiderait peut-être à respirer. Au fond, Noah savait très bien de quoi il avait besoin. Le médicament magique, celui qui l’aiderait à panser ses plaies, celui qui guérirait ses maux. Mais voilà, cette chose miraculeuse était probablement calcinée à l’heure actuelle, étant restée dans le monde qu’il avait quitté au profit de celui dans lequel il se trouvait maintenant. Au fond, il ne lui faudrait que du repos et de l’eau. De l’eau. Il se remit à tousser, fermant les yeux et serrant les dents, attendant que la quinte passe. Il rouvrit les paupières, presque surpris de voir que la brune était encore là. Une pensée lui traversa alors l’esprit.
“Tu as de- de l’eau?”
Il n’aimait pas demander de l’aide. Il ne savait pas si la jeune femme voudrait même la lui donner. Mais Noah n’avait pas beaucoup de choix là tout de suite.

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Sha
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Emma
J'ai plus de 20 ans, moins de 25, c'est incertain. Je vis entre ici et ailleurs, partout et nulle part. Dans la vie, je suis fugitive du temps et de l'espace et je m'en sors au jour le jour. Sinon, grâce à mon super pouvoir nul, je suis seule et je le vis plutôt mal, mais je fais avec.

Emma est la fille d’un homme dont elle ne se rappelle plus le nom, et d’une femme dont elle a oublié le visage. Il ne lui reste plus que ses rêves, mélange de ses souvenirs enfouis et de ses espoirs, pour seule compagnie. Elle se souvient d’avoir été, et regrette d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Même si elle arrive à se mouvoir dans les différents mondes, elle n’arrive jamais à trouver sa place. Elle se sent étrangère partout où elle va, étrangère dans tous les cœurs des gens avec qui elle se lie d’amitié, étrangère même pour elle. Ses souvenirs s’étiolent, et elle a peur qu’un jour ce ne soit plus vraiment les siens.

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D’aussi loin qu’elle se souvenait, elle n’avait jamais rencontré un garçon aussi étrange. Etait-ce à ça qu’elle ressemblait, elle aussi, après chaque bond ? Les yeux rivés sur le jeune homme, Emma se contentait de masser doucement son poignet, comme si elle cherchait à en effacer sa trace invisible mais brûlante. Elle avait toujours pris soin de se tenir loin des autres, toujours pris soin d’être sociable, mais de ne jamais être accessible. Maintenant qu’elle était face à un « autre fugitif » du temps, elle se demandait si cette marque pourrait disparaître. Elle se le demandait alors même qu’elle le regardait, avec une certaine retenue et un peu d’inquiétude.

Emma se pinça les lèvres car la toux ne semblait pas le lâcher. Il était sale, mais le feu avait le pouvoir de faire des choses bien plus cruelles que celles visibles à l’œil. Capable d’empoisonner le sang, d’engloutir l’esprit et d’enfumer les idées. Elle ravala sa salive, difficilement, compatissant peut-être à son sort sans savoir pourquoi. Elle serra à son tour son propre poignet, toujours mal à l’aise, incapable de savoir si tout ça n’était qu’un rêve ou une énième réalité dure à avaler.

Elle l’écouta, elle l’observa également, et si elle comprit – imaginait du moins – ce qu’il voulait dire, elle le regarda surtout reprendre son combat contre son propre corps. Elle se souvint en l’observant de toutes ses fois où elle avait failli mourir, piégée au bout d’une falaise, les bras en croix dans un fleuve glacial ou plutôt simplement perdu au milieu d’une toundra glacée, pas plus habillée d’aujourd’hui. Les sauts n’étaient pas toujours justes. Souvent, le destin était cruel.

Pourquoi est-ce que le destin l’avait amené devant lui ?

Emma baissa les yeux alors que le garçon glissait lentement le long du mur. Elle le regarda, ses yeux bleus un peu troublés par cette façon qu’il avait de la fixer en retour. Comme si elle lui devait quelque chose. Comme s’il cherchait quelque chose en elle. Si c’était une réponse, il n’en trouverait aucune. Emma n’avait plus que des questions. Une aide ? Elle jeta un regard dans le corridor obscur que formait la ruelle. Elle se tordit les doigts, alors qu’il reprenait petit à petit le dessus. Au moins le temps d’un instant.

Est-ce qu’elle le surveillait ? Si quelqu’un venait, qu’est-ce qu’elle lui dirait ? Est-ce qu’elle le protégerait ? Elle se tordit un peu plus les doigts avant de ramener sur lui son regard céruléen.

Elle l’observa de longues secondes, incapable de savoir ce qu’elle devait faire. De ce qu’elle pouvait faire seulement. Non. Elle n’avait rien sur elle. Rien depuis le dernier bond, à part un petit carnet. Elle jeta un regard vers l’autre fugitif, et finalement fit quelques pas vers la ruelle. Elle inspira profondément avant de sortir hors de la pénombre de la ruelle.

Elle disparut ainsi quelques longues secondes, qui devinrent rapidement de longues minutes. Il se passa peut-être dix, ou quinze minutes même, avant que le bruit de pas ne brise de nouveau le silence ambiant. Dans l’obscurité, la silhouette fine et élancée de la jeune se découpa de nouveau, et quand elle s’accroupit devant lui, on trouvait dans ses mains de grosses billes claires de cinq ou six centimètres de diamètre.

Sous l’épiderme, on sentait que l’enveloppe était fine et souple. L’intérieur, lui, était clair comme de l’eau de roche, ou parfois colorée. Elle se pinça les lèvres, ne sachant pas trop quoi dire. Il ne s’intéresserait sans doute pas à comment elle avait fait pour dénicher ces billes d’eau. Il ne s’intéresserait sans doute pas à ce qu’elle avait à dire non plus.

Elle en attrapa une en silence et vint le présenter sur les lèvres du jeune homme, avant de le laisser la gober. Elle en goba une également – une rose, qui avait un gout sucré de grenadine léger. Elle eut un petit sourire désolé, et le laissa en prendre autant qu’il en voulait à l’abri du fond de la ruelle.

« Est-ce que ça va… un peu mieux ? »

Emma pencha la tête, l’observant de ses yeux clairs.

Elle ignorait encore pourquoi elle l’aidait, mais à l’inverse, pourquoi ne l’aurait-elle pas aidé ? Il avait l’air si désespéré… Elle se mordit l’intérieur de la joue. Son instinct avait toujours été la seule chose qu’elle avait suivie, et à ce moment-là, aussi proche qu’elle était de lui, elle ne se sentait pas en danger. Pas en sécurité non plus. Tout au plus curieuse.

« Ce n’était pas vraiment ta première fois, pas vrai ? »

Elle se mordit un peu plus l’intérieure de la joue, les joues rosissant sans penser à mal une seule seconde. Seulement à « ça ». Aux bonds inconfortables, aux univers dangereux. Il était préparé, elle l’avait vu. Du petit canif qu’il gardait jusqu’à ce regard qui en disait long.





Oh Darling,
Darling, What I have done ?
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