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 "Si pitié de nous pauvres avez..." ¤ ft Mama Marvel

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Mama Marvel
Mama Marvel
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INSCRIPTION : 19/09/2017
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RÉGION : île de France
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PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Hélo

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Madeleine Reynaud
J'ai 16 ans et je vis à Marseille, Royaume de France. Dans la vie, je suis nouvelle bourgeoise et ça va. Sinon, je suis bientôt fiancée et je le vis plutôt normalement.


:copyright:️ digital painting d'Anne Boleyn, par Jenny Mary
« Mais qu'est-ce que j'ai fait ? » Voilà ce qui tourne et retourne dans l'esprit de Madeleine Reynaud, alors qu'elle remonte sa rue. Une rue si propre, pleine d'arbre, de belles bâtisses, de calme. Une rue qui ne ressemble en rien au quotidien de l'infirme. Et voilà qu'il est là, derrière elle, pour elle.

La jeune femme ne sait pas comment elle va le présenter, comment elle va l'annoncer, comment elle va se débrouiller. Elle ne sait pas comment il sera reçu, comment les autres vont le traiter. Elle ne sait pas comment il va se débrouiller. Sera-t-il correct ? Sera-t-il utile ? Son parler des rues ne plaira à personne, ceux qui travaillent ici sont choisi personnellement par leur père. Oh bon Dieu, que va dire son père ?

Madeleine marche plus lentement, maintenant qu'il n'y a plus personne -d'autre- pour la voir, elle se demande si elle ne va pas pleurer. Sauf qu'elle n'en a pas le droit, ni le loisir. Elle doit agir, prendre une décision, et la bonne cette fois-ci.

Soupirant, elle se retourne vers son nouveau domestique qu'elle regarde de haut en bas, il y a des escaliers chez elle, il ne pourra définitivement pas les monter. « Je m'appelle Madeleine Reynaud, mon père ne va sûrement pas apprécier de t'avoir chez nous, ma chambre étant à l'étage, tu resteras en bas. Je vais te confier à la cuisinière, tu sais cuisiner ? » Question idiote, il n'a jamais eu avoir accès à quoique ce soit permettant de cuisiner. Il devait avoir à peine à manger. « Nous te mettrons à l'essai pendant disons deux semaines, tu cuisineras et mangera ce qu'on t'offre. Puis si tu n'es pas trop... mauvais, nous pourrons essayer de voir que tu serves comme réel domestique. Enfin. »

Madeleine a choisi le "nous" qui englobe une autre partie, seulement elle ne sait absolument pas à qui peut se référer ce nous. Qui acceptera d'avoir un infirme comme compagnon ? Il sait se débrouiller, mais il faudrait le laver, nettoyer son fauteuil avant qu'il n'atteigne la maison. Et ça, ce n'est certainement pas elle qui va s'en charger. De toute manière, il ne voudra certainement pas qu'elle s'approche de lui. Toujours hésitante, à deux pas de la maison, elle n'avance plus. Elle cherche à retarder le moment où elle devra assumer ce qu'elle a fait, retarder le moment où elle ne pourra définitivement plus faire marche arrière. Le peut-elle encore de toute manière ? Si elle appelait quelqu'un de la maréchaussée, pourrait-il réellement faire quelque chose ?

Jean sort précipitamment de la maison, Madeleine veut se cacher alors qu'elle n'est pas en tort. Seulement avant qu'elle n'effectue le moindre mouvement, il s'avance vers elle, en souriant. « Madeleine, votre mère vous cherche. Il est l'heure de passer à table. » Bien élevé le jeune homme qui leur sert de précepteur ne jette même pas un coup d'oeil à l'infirme, qu'il doit pourtant penser bien trop proche de Madeleine, qui malgré elle, s'est mise en posture défensive. « Jean. » soupire la jeune femme, incapable de retenir les mots qui vont sortir. « Pouvez-vous me porter secours ? Cet homme-là me doit une faveur, il est désormais sous mes ordres, mais je ne peux le présenter à père de la sorte. Pouvez-vous faire en sorte qu'il soit conduit aux cuisines après un nettoyage ? Je viendrai le voir et donner mes instructions après le repas. » Elle n'est pas proche de Jean comme le sont ses soeurs, mais il doit apprécier sa motivation à faire de son mieux. Étrangement, il ne pose aucune question, il acquiesce mais son regard lui transmet clairement son message, elle devra s'expliquer plus longtemps à son père. Après tout, Jean n'est-il pas là pour ça ? Leur enseigner la bonne conduite ?

Elle efface son air gêné sur le visage, se tourne vers l'infirme et tente d'être sèche mais on sent à sa voix son émotion. « Suis-le, ne fait rien d'idiot. » Son regard aimerait sonder son esprit, est-il fou ? naïf ? bête ? Comment aurait-il pu survivre sans la moindre once d'ingéniosité ? Elle prend parti qu'il peut accomplir de grandes choses et lui tourne le dos. Elle aura tout le temps de le revoir et apprendre de lui plus tard.


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Jérémie
Jérémie
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PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Tortue

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Tristan
Darcy

J'ai 15 ans et je vis à Marseille, Royaume de France. Dans la vie, je suis vagabond, magicien et danseur et je m'en sors plus ou moins bien selon les jours. Sinon, à cause de mon handicap, je ne suis embauché nulle part et suis obligé de voler, de faire des tours dans les rues et mendier pour survivre. Je le vis plutôt mal.


avatar :copyright:️ Digital painting par Jeannie Croset

La cadence ralentie des pas de Madeleine souffla à Tristan un bout de son malaise. Elle ne le ramenait pas de gaieté de cœur : le garçon en était maintenant persuadé. Un brouillard logé dans ses yeux criait lui aussi tout ce qu'elle contenait. Alors pourquoi ? Certainement pour sauver ses mains. Et sa vie. Il se sentit presque reconnaissant à cette nouvelle perspective et tâcha de faire meilleure figure lorsqu'elle se retourna vers lui. La demoiselle lui donna son nom. Encore une chose que bien d'autres grands bourgeois n'auraient pas fait auprès d'un infâme des rues. Qui était-elle ou avait-elle été ?
Tristan se permit un sourire et murmura, après une hésitation mais suivant l'élan de son cœur :

"Je m'appelle Tristan, Madame."

Il avait fait des efforts pour corriger sa diction. Chose qui serait sans doute nécessaire durant tout son temps au sein de ce domaine. Oh elle n'avait sans doute que faire de son prénom, cependant l'invalide voyait dans cette présentation en retour un genre de donnant-donnant - réaction peut-être naïve.
Quand vint la question portant sur la cuisine, Tristan rentra légèrement la tête dans ses épaules et répondit, mal assuré :

"Euh... non, j'ai jamais cuisiné, désolé. Mais... mais vous inquiétez pas, j'apprends vite. J'suis agile et je besogne bien. Je vais faire au mieux."

Il s'inclinera et soufflera un sincère remerciement quand la jeune femme décida de le mettre à l'essai et, éventuellement, de le garder si les choses se passaient bien. Restait toutefois l'angoisse de la rencontre avec le reste de la famille : tôt ou tard, la raison de sa présence allait se savoir. Le petit invalide préféra ne pas imaginer comment risqueraient de le traiter le père de sa supérieure, ou encore ses frères et sœurs si elle en avait. Au moins, il les éviterait le temps qu'il serait en cuisines.

Il la suivit au sein du domaine qui à présent l'avalait. La tête toujours baissée et les doigts nerveusement serrés autour de ses roues, Tristan picora la conversation entre ledit Jean et Madeleine - laquelle ne lui disait d'ailleurs même pas le fin mot de l'histoire. Un bel euphémisme - cette "faveur" que lui devrait l'infirme - déguisait ce qu'il avait été : un voleur. L'émotion du garçon s'en redoubla et il commença à trouver sincèrement de la bienveillance chez cette demoiselle. Il faillit relever un regard ému sur Jean et la châtelaine mais s'en empêcha à tant. C'eut été incorrect. Mains croisées, Tristan écoutait les instructions non sans contentement : il allait profiter d'une toilette ! Tout à la joie de cette pensée, il ne s’aperçut pas du frêle sourire qui venait de fleurir à ses lèvres et avec lequel il répondit, lorsque Madeleine le mit une dernière fois en garde :

"Oui Madame."

Il la regarda s'éloigner puis se glissera dans l'ombre de Jean.


¤


Tristan s'abandonnait à la douceur d'un confort inédit, assis dans le bassin où des domestiques l'avaient porté. Yeux clos, visage serein, il prenait le temps de se frotter tout le corps à l'aide d'une éponge, avec un grand plaisir. Un bain ! Il en bénéficiait pour la première fois. La femme de charge lui proposait même du savon et l'eau n'était pas gelée comme celle qu'il utilisait dans la rue pour ne se nettoyer que les endroits visibles. On parlait des dangers des ablutions ramollissant l'organisme. Elles devaient demeurer fort limitées. Pourtant, que cela était bon !
Puis l'invalide fut tiré du cuvier et réinstallé sur son siège. Jean lui donna de quoi se sécher. Les soins à son attention le faisaient rougir. Il s'essuya rapidement et replia, dans une méticulosité presque maniaque, la serviette qu'il posa à côté de lui. On l'aida à passer d'agréables hauts-de-chausses en laine, une chemise de lin beige et des souliers chauds quoique simples. Lui qui allait pieds nus depuis des mois… Le garçon eut un choc en apercevant l'eau noire dont il sortait, puis un valet qui jetait au feu ses haillons en se bouchant le nez. Sa vie de vagabond se consumerait-elle aussi de la sorte ?
Il sortait à peine de sa toilette que Jean lui commanda de le suivre. Tristan traversa les ailes fonctionnelles, dont la taille l'impressionnaient déjà. Il goûtait à la splendeur des corridors où il passait et aux jardins défilant à travers les fenêtres. Les lumières de bougies, de reflets, de cristaux qu'il ne pouvait même pas compter attiraient ses pupilles joueuses. Elles lui rappelaient les trous dans le tissu du ciel où il aimait plonger les soirs sans nuage.
Quelle beauté que ce manoir ! Tant de couleurs, de formes infinies prises par le mobilier ! Certaines pièces s'étiraient dans des proportions plus adaptées à des géants qu'à de simples hommes. Le garçon tourna la tête et observa à présent tous ceux qui allaient, venaient et ne manquaient pas de lui jeter eux aussi des regards sans réserve chargés des habituelles surprises, embarras et questions qu'il devinait sans mal.
Dans l'éventail de ses émotions, l'espoir et une joie profonde s'imposèrent : ce tableau vivant qui l'accueillait aurait-il les couleurs d'une seconde vie où la dépendance ne ternirait plus ses jours ? Mais il demeurait intimidé en passant près de résidents du domaine qui pointaient sans gêne. On commentait sa chariote, son physique, son attitude... L'invalide plongea la tête dans ses épaules. Roulant toujours dans l'ombre de Jean, il se serait volontiers rendu invisible. L'homme le mena aux cuisines et l'abandonna sans un mot aux directives d'un énergique maître queux.


¤


Le garçon semblait absent tandis qu'il enchaînait les préparations potagères. Tout de même... après un vol, on lui donnait enfin un emploi stable. Il fut mi-amusé, mi-honteux du constat. Une nouvelle fois, Tristan se sentait de trop. Ou si peu à sa place.
Installé à table, entouré d'autres employés de cuisines, Tristan ouvrait des légumes avec agilité. Il levait de temps en temps les yeux vers la lampe qui l'éclairait, devant régulièrement remonter la mèche, la couper et nettoyer l'huile qui coulait. Par la même occasion, il contemplait la pièce où des fenêtres plus ou moins propres laissaient entrer une lumière feutrée. La farandole de choux, raves et poireaux, secondés de fruits, peignait des taches vives qui dansaient au cœur des ternes teintes. Le tableau était beau à humer : des domestiques préparaient huiles, sauces et aromates.
Seule l'insistante inspection des collègues, qui le scrutaient autant comme "bizarrerie sur roues" que comme "le nouveau à tester", l'intimidait. Cela s'estomperait au fil des semaines, espérait-il. Les discussions détendaient l'ambiance, tandis qu'il fallait maintenir un rythme soutenu. Rien, pas même le bavardage, n'interrompait les passages de commis transférant les ingrédients à l'atelier du maître-queux, après la partie la moins créative du travail dont se chargeaient Tristan et ses pairs.
Entre deux préparations, ses yeux s'attachaient aux pépins disséminés sur la table, qu'il s'amusait à faire apparaître puis disparaître très vite entre ses doigts ou sous des récipients. Il se plaisait à transformer le voleur qu'il avait été en apprenti illusionniste, concentré sur les graines qui filaient à toute allure de son poing gauche au droit, avant de sembler se volatiliser. Lors d'une autre courte pause, ses longues aiguilles blanches agencèrent pelures et noyaux délaissés, brodant un motif improvisé. Quand une nouvelle besogne occupait ses mains, son regard se relevait parfois et considérait les employés qui l'entouraient en ricochant sur les différents visages.
Au fond de la pièce, la massive sous-chef ouvrait des paquets qu'elle distribuait en même temps que ses directives aux travailleurs qui défilaient. Elle enchaînait les gestes rapides. Elle avait bien tenté d'interroger Tristan sur son passé et sur l'histoire qui l'amenait ici, mais il s'était fait plus qu'évasif. Très peu causant, même, tout à sa honte. Les regards que les employés du domaine portaient à cet étrange nouvel arrivant se partageaient entre incompréhension, curiosité ou mépris.
Au moins, son travail ne semblait pas les décevoir. Lorsqu'un nouveau lot de légumes lui parvenait, le garçon se concentrait, soucieux de mettre sa rapidité et son habilité à contribution pour ne jamais ralentir l'intense chaîne de travail.
Les odeurs le narguaient : il commençait à avoir très faim et n'avait rien avalé depuis des jours. Tristan ne dit rien cependant et, au travail, attendait qu'on lui donne ce que souhaiteraient les maîtres des lieux. Il ne devait pas se plaindre : il se trouvait au chaud, à travailler, et avait échappé au pire !
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