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 « We watch as our young hearts fade. » (C&A)

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Nimue
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Tortue


Le contexte du RP
Mise en situation

   
La situation
   Deux familles très différentes décident de s'unir, comme cela arrive souvent au sein d'une société où un nom vaut parfois tous les sacrifices. Aella est devenue l'épouse d'un Carrow quelques mois auparavant mais son mari se révèle être terriblement jaloux de son propre frère. Violentée en silence, la jeune fille n'ose rien dire, pourtant son regard ne peut s'empêcher d'accrocher celui de Cadmos chaque fois qu'il entre dans son champ de vision.
On a jeté une pauvre colombe dans l'antre de sombres personnages qu'elle pense prêts à la dévorer et nul n'imagine, à l'époque, les conséquences de ce qui semble être un triangle dévastateur.

   
Contexte provenant de la corruption de Sha =>
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Nimue
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Tortue



Aella
Carrow

J'ai 18 ans et je vis près de marais répugnants, dans le sud de l'Angleterre. Dans la vie, je suis femme au foyer désespérée et je m'en sors assez mal, mon mari dilapidant la fortune qu'il gagne aussi vite qu'il la perd. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée et je le vis dans une détresse silencieuse.



COULEUR DIALOGUE : # 427784


Ashley Smith © Shiya
Elle a les yeux tristes, Aella. Cressida Merriwick a toujours dit de sa seconde fille qu’elle avait des airs de loutre déprimée, son regard toujours baissé, pourtant d’un bleu limpide, et sa timidité maladive n’aidaient en rien cette allure forgée de langueur et de morosité. Elle avait une certaine grâce, oui, mais rien du charisme de ses ancêtres, rien de l’aura de ses parents, sorciers pour le moins originaux. Ils assumaient toutes les fantaisies, ces deux-là, dérogeant à la rigidité évidente de l’autre branche de la lignée. Moins nombreux, pas moins flamboyants, aimaient-ils dire. Moins moraux, peut-être, pour avoir marié la seule progéniture qu’il leur restait à un Carrow. Un Carrow au sourire charmant, n’est-ce pas ? Il ne trompait pas, pourtant. Pas eux, pas ceux qui avaient fait du sourire commercial une marque de fabrique. Assise seule dans ce salon humide et froid, Aella ne cessait de se demander pourquoi on lui avait fait cela, pourquoi on l’avait vendue à ces monstres, à ces gens qui semblaient tremper dans l’obscurité et l’horreur. La lumière lui manquait. Toute cette clarté qui baignait la demeure familiale, avec ces cristaux accrochés aux lustres qui reflétaient le soleil en mille arc-en-ciel au sol, ces dentelles sur les nappes, ces rires qui hantaient avec délice chaque écho entre chaque mur. Argès se fichait bien de ces choses là, il aimait l’ombre et le silence, il aimait la tranquillité, s’occuper de ses affaires sans que sa femme n’ait son mot à dire. Et Aella était douce, trop douce dans cette meute de loups affamés. Elle était terrifiée, en permanence.

« Ma chérie, affirme-toi un peu.. » lui avait soufflé sa mère, la dernière fois qu’elle avait évoqué l’agressivité d’Argès. Son père avait eu un sourire énigmatique, au coin des lèvres. « Tu devrais songer à mettre le feu à la chambre à coucher. » Littéralement, soufflait son regard, mais Aella n’avait jamais su faire ces choses là. Elle n’était pas une passionnée, une femme débordant de charisme et de caractère. Elle n’aspirait qu’à avoir une famille heureuse, une famille unie, un cocon aussi doux que celui qu’elle avait connu, avec ces repas interminables peuplés des histoires fabuleuses qu’avaient vécu ses ancêtres. Beaucoup étaient morts tragiquement, bien sûr, mais ils avaient aimé comme peu savent aimer sur ces terres.

Elle voudrait bien encore pleurer mais elle a épuisé toutes ses larmes et son énergie, le sang séché au bord de sa bouche, le bleu s’étalant sur sa jolie pommette. Elle a un peu d’amertume sur le coeur en se disant qu’il lui faisait payer ce qui n’existait pas. Ses pensées s’envolent vers le jeune Cadmos, ce garçon dont son mari était jaloux, injustement jaloux, parce qu’elle n’aurait pas osé, elle n’avait pas été éduquée ainsi, elle avait vraiment eu l’espoir de finir par trouver des qualités à Argès. Elle s’en veut aussi, d’avoir pu laisser penser qu’il se passait une telle tromperie, c’était forcément sa faute. Et comment nier qu’elle avait laissé traîner son regard intrigué, après tout ? Il aurait peut-être dû lui faire plus mal que cela. Son opinion est embrumée par la douleur et la fatigue. Ils n’étaient mariés depuis que peu de temps et déjà, elle avait peur de le laisser encore la toucher, parce qu’il n’avait aucune sorte de douceur pour elle. Il préférait ces catins de bas étage, ces fleurs vulgaires qui faisaient des choses impensables pour son esprit trop innocent. Il allait encore rentrer ivre mort et la soirée serait une nouvelle fois peuplée de ses délires, de ces insultes qu’il avait par dizaines pour elle, pour sa pauvre petite femme bien misérable, sans saveur. Ce n’était pas grave, elle finirait bien par lui donner un enfant qui satisferait ses hautes exigences de dilapideur de fortune. Joueur invétéré qui préférait laisser cette maison souffrir de ses dettes plutôt que diminuer son train de vie, comme il aimait le dire.
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Sha
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Flash



Cadmos Carrow
J'ai 17 ans et je vis à Willow's Vale, entre le Norfolk et le Lincolnshire. Dans la vie, je suis étudiant et je m'en sors plutôt bien.



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Couleur de dialogue :
Cadmos #632525
Phobos #416325
Aella elle est jolie, un peu trop pour Argès. Il n’a pas les yeux pour apprécier les tableaux ou la beauté fragile des fleurs de printemps. Il devrait la couvrir de fleurs blanches et rouges, il devrait l’orner de beaux bijoux, mais au lieu de ça, il s’aventure toujours un peu plus loin, dans les rues, dans les lupanars. Cadmos le sait, il l'a vu. Il voit tout mais ne dit rien. Cet enfant n’est ni sourd ni muet, il est simplement discipliné. Faut dire que Phobos cogne fort quand il le veut, et que s’il n’y faisait plus attention, il pourrait bien y laisser plus qu’une ou deux cicatrices.
Le petit dernier des Carrow a pourtant bien vu son frère sortir de la petite ruelle où il était. Il riait fort, aux bras d’une autre femme, comme il ne rit jamais aux bras de la sienne. Cadmos n’a rien dit, il s’est simplement effacé dans les ombres, a traversé le village pour se rendre de nouveau dans les marécages.

Les Carrow possèdent tous les marécages du Wash, petit estuaire carré sur la côte orientale de l’Angleterre, coincée entre le Norfolk et le Lincolnshire. Chaque grande demeure longe généralement une des quatre rivières qui forment la région et son découpage si particulier. La plus ancienne et la mieux bâtie reste celle de Phobos, l’héritier des Carrow, et le père de trois rejetons : Adonis, Argès et Cadmos.
Adonis et Argès sont déjà partis, chacun avec une femme, chacun dans une belle bâtisse. Il ne reste plus que Cadmos, Cadmos et son silence.

« Tu as pu voir le vieux Oswald ? »

Le gamin hoche la tête, un peu dans le vague. Ses yeux ressassent en boucle l’image d’Argès s’enfonçant dans le lupanar avec une fille, sans doute pour s’y enfoncer aussi. Il l’imagine si parfaitement que ses mains tremblent un peu, de colère plus qu’autre chose. Comment peut-il oser lui faire ça ?
Derrière lui, Phobos s’est levé. Il est encore dans la force de l’âge son père, encore capable de grande chose, comme de les écraser tous. Cadmos lève les yeux et lui tend docilement le paquetage qu’il déballe avec lenteur, dévoilant une magnifique main momifiée étonnamment bien conservée. Phobos a un petit sourire satisfait alors qu’il tourne les talons, allant enfermer la main sous une cloche de verre particulière – enchantée de sorte à ce qu’elle ne s’ouvre plus jamais.

La pièce dans laquelle ils sont est petite, sombre. Un petit musée des horreurs. Cadmos le connaît bien, il y travaille régulièrement avec son père, entre deux séances chez son tuteur qui habite plus loin. Le petit dernier des Carrow sera un prodigue, même si son père ne le lui dit pas. Il se contente juste de le matraquer pour obtenir le meilleur de lui. C’est comme ça que ça marche avec Phobos. Son jeune fils le sait.

« Appelle-moi un messager, j’ai quelque chose à envoyer. »

Le regard noisette de Cadmos glisse, curieux, sur la lettre que Phobos tient entre ses doigts. Il lit l’écriture fine et noire inscrite dessus : Argès Carrow, rond et soigné.

« Je peux transmettre… le message… » murmure le gosse, sans hésitation, mais craignant la réplique de son géniteur.

« Pourquoi tu voudrais faire le courrier ? »

Le ton est sévère, et l’œil noir de Phobos qui lui tombe dessus le dissuade de faire le malin plus longtemps, ou de tourner autour du pot. Il faut une excuse simple, un enrobage sans saveur afin qu’il ne se doute de rien. Cadmos a l’impression d’être un enfant pris en flagrant délit de vol. Il a la main enfoncée dans le pot de bonbon. Est-ce que c’est grave s’il aime la saveur sucrée qu’elle a ?

« Je n’ai rien de plus à faire aujourd’hui… »

L’air de Phobos ne s’attendrit pas, mais il abandonne la lettre sur le bureau d’un air nonchalant. Cadmos attends quelques secondes avant de s’approcher et de la lui prendre, marquant une légère révérence. Il sort de la pièce d’un pas lent, et ce n’est que lorsqu’il passe la porte qu’il s’autorise à sourire.

… * …

Le manoir d’Argès est plus loin, sur les rives de la troisième rivière qui traverse le Wash. Perché sur un cheval noir – les voitures ne sauraient se faufiler sur les terres humides du marécage – il avance en silence. L’étalon est silencieux, et le sol est si boueux que ses sabots s’enfoncent sans bruits jusqu’à la demeure sombre cachée derrière une haie d’if parfaitement taillée.
Les domaines Carrow ne sont jamais très clairs, mais Cadmos trouve chez son frère un air plus lugubre encore qu’au Manoir de Phobos. Un quelque chose de dérangeant, où pourtant il est encore absent.

En silence, il descend du cheval et alors qu’il avance d’un pas lent vers l’entrée, passant les quelques marches, son cœur tambourine dans sa poitrine. Il ne sait pas bien pourquoi ça le met toujours dans cet état, pourquoi il s’apaise quand il la voit, pourquoi il aime son sourire plus qu’il aime le soleil ou le goût du sang, mais c’est son secret à lui. Son tout petit secret.

Il pousse d’une main impatiente la porte, entre dans la demeure comme si elle lui appartenait. Argès n’est pas là – il a le droit, n’est-ce pas ? Ce qui est aux Carrow est aux Carrow ? Il ravale sa salive, dépose dans l’entrée – sur un petit meuble de bois sombre – sa lettre et il attend, quelques secondes. Mais rien ne vient. Il attend seulement, un peu plus longtemps encore, avant d’avancer. Ses yeux cherchent la seule lumière qui habite chez Argès Carrow.

Et quand il la trouve, elle est de dos, en train de faire quelque chose qu’il ne voit pas. Il s’approche, mais s’arrête à deux pas d’elle. Il ne veut ni la toucher, ni s’approcher de trop, parce qu’il sait que ce serait dangereux. Pour elle.

« Aella ? »

Les yeux auburn du jeune homme se rembrunissent quand il aperçoit la tâche de ciel sur le visage de son étoile du jour. Il imagine la barbarie, la violence, la colère. Il l’imagine très bien car il est ceux-là aussi, il est un Carrow. Il a déjà vu Argès faire.
Il sert les dents, pour ne rien dire. Parce qu’il n’a pas le droit de dire quoi que ce soit, juste de la regarder.




Oh Darling,
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Nimue
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Aella
Carrow

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COULEUR DIALOGUE : # 427784


Ashley Smith © Shiya
Elle est à nouveau prise de terreur quand elle entend du mouvement dans le lourd silence de la demeure. Aella se dit qu’elle va déjà recevoir une nouvelle correction et elle n’est pas sûre de pouvoir le supporter : il y’a des larmes au fond de ses yeux bleus, des larmes d’un malheur comme aucune Merriwick n’en avait connu, parce qu’aucune d’entre elle n’aurait laissé un mari vivant après cela. Une ou deux erreurs, cela passait encore. Pas trois. Elle a les ongles qui se plantent dans son poignet fin, comme pour s’obliger à résister, à ne pas avoir l’air perturbée. « Aella ? » Elle se redresse, se tourne aussitôt que la voix très reconnaissable de Cadmos parvient à ses oreilles. Et la peur grimpe encore d’un cran, si violemment qu’elle a l’impression qu’elle va en mourir. Une peur d’un autre genre, de celles qui annoncent de vastes malheurs. « Seigneur, Cadmos, tu ne devrais pas être ici.. » La voix tremble. Elle est plus maigre que lorsqu’elle vivait entourée d’autres qu’Argès. Bien sûr, Aella n’était pas de ces êtres sombres et assurés mais elle s’était montrée polie, presque reconnaissante, au début. Elle n’y va plus, à présent, elle est souvent malade, dit le mari ; c’est un peu vrai mais après tout, presque tout ce qu’elle mange, elle le vomit, quand encore il pense à laisser de l’argent pour qu’elle puisse tenter de cuisiner quelque chose de décent. On n’a jamais vu une femme digne dans sa famille qui ne sache pas nourrir les siens, c’est ce qu’elle rétorque quand un élan de colère la prend, ce à quoi il se contente de railler qu’elle n’a rien, qu’il n’y’a pas de « siens » qui tiennent.

« Ton frère n’est pas là. » Elle n’en a pas l’air désolée, c’est autre chose qui peint ses traits. « Pars.. je t’en supplie Cadmos, s’il te trouve ici il va.. » Elle ne peut pas ravaler le sanglot, elle n’est qu’une poupée de chiffon déjà froissée, dont des morceaux auraient été déchirés. « Il va me tuer. » Elle n’en doute pas une seule seconde, c’est une vérité, tout son comportement hurle une frayeur innommable et la cheville qu’elle peine à tenir sur le sol sans s’appuyer au dossier du fauteuil sur lequel elle était assise n’est qu’une traduction supplémentaire de la manière dont les choses se passent chez Argès Carrow.

Un bruit grinçant résonne, un instant, dans la pièce. Elle lève les yeux au plafond, vers le vieux lustre dont la chaîne ne tient que par un quelconque miracle, qui menace à chaque courant d’air froid de s’effondrer sur la table qui se trouve en dessous. Elle tousse, malgré elle, même si elle essaye de rester un peu plus digne, même si elle sèche ses larmes d’un revers de la manche. Il fait froid, entre ces murs, comme si la pauvreté se paraît d’un luxe ancien. Plus rien ne tient la route, ni la femme, ni la maison. Il y’a un relent d’horreur, de sang séché dans le parfum du tapis près d’une cheminée éteinte. Elle a mal un peu partout mais ils n’ont clairement plus les moyens pour qu’elle se soigne - pas ce mois-ci, Argès a perdu beaucoup d’argent, se fait ses petits plaisirs avec le reste. Elle peut attendre, avec un peu de chance, une maladie finira bien par l’emporter, la sortir de cet endroit atroce, cette existence atroce.
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Sha
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Cadmos Carrow
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Ses yeux bleus sont brumeux, comme si un voile s’était tiré dessus. Où est passé le bonheur, les sourires parfois forcés, parfois retenus, qu’elle avait sous le toit de Phobos Carrow ? Il ne sait pas exactement pourquoi, il ne le devine pas, mais son estomac se tord à sa vue. Elle ne le dégoûte pas. C’est toute la situation qui le dégoûte, qui le secoue et l’assassine.
Lui, l’enfant muet, l’enfant incapable de pleurer, capable du pire, il se trouve presque démuni devant un tableau peint de souffrance silencieuse. Cadmos ne cille pas cependant. Il ne veut pas lui montrer ce qui le traverse. Il est trop timide, trop jeune pour ça.

« Seigneur, Cadmos, tu ne devrais pas être ici.. »
« Je suis désolé… »

Il ne le regrette pas vraiment, mais il est désolé de la mettre dans un pareil état. Il ignore pourquoi sa présence ici est si horrible, est si incroyable, mais il ne le bouge plus d’un pouce. Son pouce gauche se frotte nerveusement contre ses autres doigts, prêt à enfoncer l’ongle dans sa peau mais il ne dit rien, comme si de rien n’était. Il la regarde simplement, et plus il la regarde, plus il la trouve belle. Il sait aussi qu’il ne devrait pas, que si Argès l’apprenait, peut-être qu’il le tuerait.
Qu’il essayerait, du moins, parce que Cadmos est plus intelligent que ça, plus fort aussi. L’entraînement de Phobos avec l’échec sur ses deux premiers fils ne l’a pas épargné. Le dernier des Carrow est un peu étrange. Peut-être qu’on lui a trop cogné sur la tête. Faut voir le regard, ses yeux noisette aux reflets cramoisis, qu’il jette sur Aella. Est-il seulement conscient de cette lumière qui brille bêtement ? Il n’est qu’un adolescent qui découvre l’émoi sans avoir effleurer une seule fois la tendresse.

« Ton frère n’est pas là. »

La gorge du gamin se sert alors qu’il jette des regards aux alentours, comme pour vérifier, mais ce n’est qu’une simple diversion. Il se fiche un peu qu’Argès soit présent ou non. Il est pourtant encore très proche de ce dernier. Ça leur arrive de sortir ensemble « boire un verre ». Phobos n’aime pas l’influence potentielle que son cadet pourrait avoir sur le petit dernier, mais la famille c’est sacré chez les Carrow. Plus sacré encore qu’une charmante demoiselle, aussi belle et offerte soit-elle.
Si Argès savait, il la tuerait elle. Cadmos le sait bien. Il sait aussi que s’il le tue, il sera banni, il ne sera plus jamais un Carrow digne… Il sait que tout ce qu’il fait en ce moment est vain. La regarder n’est qu’une façon de se torturer.

« Pars.. je t’en supplie Cadmos, s’il te trouve ici il va..  Il va me tuer. »

Le jeune homme se tient bien droit. Il n’a aucune envie de partir, parce qu’il est bien ici, même si Aella est tremblante… Elle est encore plus jolie quand elle pleure. Il baisse quelques instants les yeux, cherche dans sa poche quelque chose, et en sort finalement une petite boîte qui ressemble à une boîte de bonbons pour la gorge. Cadmos déteste les sucreries, mais il doit avouer que les petites boîtes de métal ont un grand avantage, c’est pour le transport.

Il l’ouvre doucement, la dévisse. Ses yeux auburns se lèvent sur Aella. Elle doit se demander ce qu’il prépare. Il avance une fois le couvercle retiré, et dévoile une crème à l’odeur de rose mais dont la couleur se rapproche davantage d’un lait crémeux, épais et léger à la fois, une mousse presque. Il approche doucement, sans un mot parce qu’il se sent incapable de lui parler.

Il s’agenouille doucement sur le sol, approche encore un peu sans la brusquer. Il se racle d’ailleurs la gorge à l’idée de s’approcher davantage, mais il le fait, jusqu’à être à portée de mains. Il enfonce d’ailleurs ses doigts dans la petite boîte et en tire une grosse noisette de crème. Il est méthodique, Cadmos, comme on le lui a appris. Quand il pose la bonbonnière sur le côté, c’est avec prudence pour ne pas la renverser. Quand il approche sa main de sa cheville douloureuse, c’est toujours en la regardant pour lui assurer qu’il ne lui fera pas de mal.

Et quand enfin il touche sa main, et bien que ça l’électrifie un peu, il n’en dit rien et commence à masser avec le pouce, en cercles parfaits, afin de faire pénétrer l’onguent dans sa peau. Ce n’est rien d’extraordinaire, juste un peu de réduits d’eucalyptus, de rose, de belladone, et d’autres fleurs qu’il trouve dans les marécages. Il y a aussi quelques larmes de sirène, qui valent plus chers tant elles sont rares, mais il n’en dira rien.

Quand enfin il a fini, il recule doucement ses doigts, les essuies sur son jeans sombre avant de la regarder. Il ravale difficilement sa salive, referme la boîte. Cadmos a l’impression d’avoir fait une erreur, d’avoir commis un crime même, alors même qu’il n’a jamais rien ressenti en enfonçant ses doigts dans des viscères humains à qui il avait ôté la vie.

N’est-ce pas ironique ?

Il finit par lui tendre la petite bonbonnière après l’avoir refermé, hésitant, toujours à genoux. La scène est un peu surréaliste, le lustre perché juste au-dessus d’eux renvoie mille et un reflets dans ses cristaux sales et poussiéreux.

« Pardon… »




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Nimue
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Aella
Carrow

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Ashley Smith © Shiya
Il s’excuse mais ne part pas. Il extirpe la petite boîte de sa poche et finit par s’agenouiller, en la regardant. Elle a toujours peur quand on la touche mais elle reconnait les odeurs, les parfums caractéristiques qui composent la mixture. Elle n’a jamais l’occasion de montrer qu’elle sait des choses, Aella, parce qu’elle se tait tout le temps, parce que ça n’intéresse personne de savoir qu’elle n’oublie jamais une fragrance, ni celles des plantes ni celles des peaux. Et dans les marécages, c’est un monde de senteurs répugnantes, parce que c’est associé à sa souffrance, à l’humidité ambiante du manoir qui tue sa santé à petits feux, aussi bien que les coups de son mari. Elle n’a aucun talent, même pas celui de faire un enfant, râle perpétuellement Argès. Elle n’est même pas jolie. Au début ça la blessait un peu mais elle est déjà au bout du rouleau, ça ne changera pas la finalité. « Pardon… » Ses billes bleues rencontrent les siennes, sombres. « Je ne peux pas.. je n’ai pas le droit. » Aella est relativement docile, de base, et elle l’est d’autant plus qu’on lui fait passer l’envie de désobéir même lorsqu’il n’y’a pas de raisons de le faire.

« Il m’interdit de sortir, c’est pour ça que je ne viens plus aux repas.. » Elle ne sait pas pourquoi elle le lui avoue, sûrement parce que Cadmos Carrow est de ceux qui se taisent, il ne colporte pas de ragots et garde les secrets, sans doute aussi parce qu’elle a besoin de l’extérioriser, de s’excuser un peu auprès de sa belle-famille qui l’avait accueillie même si elle ne leur ressemble en rien, même si elle n’est pas de leur genre. Bien sûr, Phobos lui faisait peur mais il n’avait jamais porté de geste réellement menaçant à son égard quand Argès se plaisait à la briser. Elle avait l’impression d’être un peu en sécurité, là-bas, quand elle pouvait encore s’y rendre.

Elle finit par s’asseoir sur une chaise, en boitillant un peu. Le silence s’étire. Elle est fatiguée et n’a pas la force de faire la conversation. Comment faire semblant, le sang au bord des lèvres et la pommette maculée de violence ? Son oeil a été épargné, elle ne sait pas par quel miracle - si les miracles existent encore. Aella a l’air de réfléchir, pourtant. Elle porte si mal son prénom, elle n’est pas une tornade, pas une Amazone, à peine une brise éteinte. « Cadmos.. ? » Elle est douce, sa façon de dire son nom, ça ressemble à une caresse. « Je ne veux pas mourir de sa main.. » C’est terrible, à entendre. A dix-huit ans, on parle d’avenir, pas de fin, on raconte des rêves et des espoirs. « S’il te plaît.. cette fois, je suis vraiment malade.. n’essaye pas de me soigner. Laisse-moi mourir de ça. » Son corps n’a plus rien pour se défendre, pas d’énergie, de nourriture suffisamment saine, alors même si elle est une sorcière, sans magie, ça l’achèvera plus vite. « J’aurais aimé revoir tes parents pour les remercier de leur hospitalité mais ce n’est pas possible. Tu le leur diras pour moi ? » Elle esquisse un sourire, un timide et malheureux comme le sont tous ceux d’Aella. « Après tout, Argès le dit souvent : je ne suis pas une Carrow. » Alors pourquoi on se préoccuperait de son sort, de ce qu’elle aurait aimé dire ou faire ? Elle ne sait pas pourquoi elle sent son coeur battre, quand le jeune Cadmos la regarde ainsi, elle ne sait pas pourquoi ses gestes sont doux avec elle et ça la fait souffrir un peu plus, parce qu’elle manque un peu d’air, près de lui - à moins que ses poumons ne soient dans un état trop pitoyable.
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Sha
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Cadmos Carrow
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Cadmos #632525
Phobos #416325

« Je ne peux pas.. je n’ai pas le droit. »

Toujours à genoux sur le sol, il la regarde et a une petite grimace, une moue d’adolescent. Il ne sait pas vraiment pourquoi elle ne prend pas l’aide qu’il lui offre. Pourquoi elle se ratatine sur lui, alors même qu’il ne fait qu’à peine sa taille – il a beaucoup grandi depuis l’été dernier, mais ce n’est pas encore suffisant. Ça n’est jamais suffisant, quand on est Cadmos Carrow.
Il ravale sa salive, les yeux troubles parce qu’elle s’évapore aussitôt qu’il approche. Il l’a pourtant senti tangible et solide sous ses doigts. Sa cheville était si douce… si fragile.

« Il m’interdit de sortir, c’est pour ça que je ne viens plus aux repas.. »

Les lèvres de Cadmos dessinent un petit sourire triste, mais il savait déjà. Il sait toujours, parce qu’il est capable de lire dans l’âme des hommes. Il peut en retirer les souvenirs, les mémoires, les ajuster, les écouter, les réorganiser. C’est un petit pouvoir, un don des fées, qu’il apprécie manier. Mais par sur Aella. Il aime ses yeux, il aime les mystères qui l’entourent.
Il sert un peu les dents quand il la voit boiter, mais ce n’est que parce qu’il est dans son ombre. Ses yeux bruns la suivent, et il ne bouge pas, comme un animal. Comme un chien qui serait encore à ses chevilles, attendant quelque chose, un ordre, une supplique. Il respire si peu qu’il ne fait aucun bruit. Il est invisible pour celui qui ne regarde pas.

« Cadmos.. ? »

Le regard se porte aussitôt sur elle, brillant. Il se tient prêt à lui délivrer la lune si elle le demandait, parce qu’il serait bien prêt à ça. Prêt à la rendre heureuse, prêt à la faire sourire sans rien demander en retour, pas même qu’elle l’aime, pas même qu’elle l’appelle comme on caresse.

« Je ne veux pas mourir de sa main.. » Cadmos baisse de nouveau les yeux et sent sur ses épaules le poids de cette phrase. Que faut-il faire alors ? Il regarde ses mains, dans l’obscurité on dirait qu’il est blessé. « S’il te plaît.. cette fois, je suis vraiment malade.. n’essaye pas de me soigner. Laisse-moi mourir de ça. »

« Aella… s’il te plaît… »

La voix grave du garçon perce le silence, mais ce n’est qu’un souffle, à peine un murmure. Le cœur un peu déchiré, Cadmos comprend que les jeux de l’amour sont aussi les jeux de la souffrance. N’est-elle pas Eros, et lui Thanatos ? Tous deux, les yeux dans les yeux, duel silencieux ? Il détourne le regard, parce qu’il refuse, en silence, encore, refuse de toujours être celui qui fait.
Peut-il laisser mourir un ange ? Ce serait faire de lui un monstre… mais c’est ce qu’il est. N’est-ce pas ? Un monstre… elle aussi, elle le voit. Le monstre en lui. Lui, le monstre.

« J’aurais aimé revoir tes parents pour les remercier de leur hospitalité mais ce n’est pas possible. Tu le leur diras pour moi ? » Il ravale sa salive. « Après tout, Argès le dit souvent : je ne suis pas une Carrow. »

« Tu n’es pas une Carrow… » murmure-t-il, sans la regarder, les yeux toujours rivés sur un point imaginaire au sol, les épaules lourdes et l’échine courbée, « tu vaux bien mieux que ça. »

Il a un petit sourire, timide, alors qu’il relève vers elle ses iris cramoisis. Elle est plus jolie que les Carrow, plus jolie que la mère des trois rejetons, plus jolie qu’aucun de leur descendant ne sera jamais. C'est ce qu’il pense, le jeune Cadmos, du haut de sa naïveté. Parce qu’elle est la plus belle chose qu’il ait jamais vu de sa vie.
Il avance doucement vers elle, mais s’arrête aussitôt qu’elle le regarde, parce qu’il a peur qu’elle le rejette. Peur qu’elle dise tout à Argès. Qu’elle les condamne, alors qu’il aimerait juste qu’elle lui caresse la tête et lui dise que tout ira bien. Que tout ira bien…

« Mon… frère… » murmure le garçon, « je pourrais… le dire… à Phobos… ce qu’il te fait, je pourrais le dire… »

Le regard du garçon se relève doucement, croisant quelques instants le sien.

« Je pourrais… le tuer… »

L’air est sérieux, beaucoup trop sérieux.




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Nimue
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Aella
Carrow

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COULEUR DIALOGUE : # 427784


Ashley Smith © Shiya
Ca la brise, quand il prononce son nom. Elle ne sait pas pourquoi ça lui fait ça, parce qu’elle est trop innocente de l’amour, Aella. Pas des désirs des hommes, non, parce qu’Argès se fait un plaisir de lui imposer ces choses là, mais de l’amour, de la tendresse et des échanges justes, doux. Elle apprécie Cadmos, elle aime bien quand il est là, elle a l’impression que rien ne peut lui faire mal, avec lui, même si elle a les réflexes qui trompent, qui disent tout ce qu’elle a mal, tout ce que survivre lui demande de sacrifier. « Tu n’es pas une Carrow… » Non, en effet. Et elle est une bien piètre Merriwick, à vrai dire. Une bien piètre sorcière, aussi. Où étaient passées ses ambitions de petite fille ? Elle aurait pu fabriquer les parfums les plus raffinés de toute l’Angleterre, avec sa sensibilités aux autres. Elle était trop sensible pour Cressida, Melchizedek trouvait simplement que sensibilité se devait de s’allier à une quelconque force, quelle qu’elle soit, pour s’assurer la survie et aucun n’avait jamais dit pourquoi les Carrow pour leur benjamine. Est-ce que le deuil, la perte de leur fille si parfaite les avait rendus plus cruelle envers celle qui leur restait ? « tu vaux bien mieux que ça. » Elle sent le rouge monter à ses joues pâles et elle se sent stupide, il est seulement poli, le jeune Cadmos et elle ne devrait pas en être si subitement et perceptiblement touchée. « Mon… frère… » Le murmure fait disparaître le rose de ses joues, elle devient blanche comme un linge, un instant, vérifie l’ouverture vers l’entrée, la peur grattant le fond de son estomac avec violence parce qu’elle craint que le garçon sente arriver son aîné. Il n’en est rien. « je pourrais… le dire… à Phobos… ce qu’il te fait, je pourrais le dire… » Elle aimerait bien, d’un côté, que quelqu’un tente de révéler ce qu’il se passe entre les murs de cet endroit qui serait trop vite une ruine. Et de l’autre, elle sait ce qu’Argès rétorquerait et Aella ne connait pas assez bien les Carrow pour savoir à quelle sauce, alors, elle serait dévorée. « Il dit que je couche avec toi, Cadmos. On va le croire lui, pas moi. » Pourquoi on écouterait ce qu’elle aurait à dire pour sa défense ? Elle s’est déjà rendue coupable d’aimer sa présence, ses silences.

« Je pourrais… le tuer… » Et là où, quelques mois plus tôt, Aella était choquée dés qu’il s’agissait de meurtre, qu’importe le motif le justifiant, elle ne tressaille pas. Il y’a dans les deux billes bleues accrochées aux prunelles sombres les prémices de profondes fêlures qui, un jour, tueraient l’innocence de la colombe. Le silence flotte de nouveau : elle semble envisager très sérieusement de l’y inciter, pourtant : « S’il doit mourir, ce sera de la main d’une Merriwick. » Ca sonne comme une prédiction, ou une sorte de malédiction, l’ombre d’une parole très réfléchie qu’elle n’imagine pourtant pas pouvoir se réaliser. Elle se dit que personne sinon la mort ne viendra à bout d’un tel homme, parce que c’est une fouine doublé d’un lâche qui préfère frapper sa femme plutôt qu’assurer un avenir à sa famille. « Dis ce que tu veux à ton père mais ne touche pas à ton frère, tu serais puni pour rien et je ne supporterais pas d’en être la cause.. » Parce qu’elle l’apprécie, parce que rien ne peut la sauver, c’est une fatalité, un petit truc qui rampe dans sa tête, une intuition fatale. Rien ne peut allonger sa vie sinon un fils, qu’en l’état, elle ne peut de toute manière pas donner. La toux revient, plus violente, brûle le fond de sa gorge. « Rentre chez toi. Ca va aller. » Elle ment, bien sûr qu’elle ment.
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Cadmos Carrow
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Couleur de dialogue :
Cadmos #632525
Phobos #416325
Ariane #815685
Adonis #32347a
Médée #1b547d

« Il dit que je couche avec toi, Cadmos. On va le croire lui, pas moi. »

Elle est si livide quand elle articule, si pâle quand elle lui murmure les mots obscènes. Il la regarde, en coin seulement, parce qu’il n’est pas courageux ce petit garçon de dix-sept ans. Parce qu’il est tout petit avec sa honte, avec ses envies. A-t-il un jour rêvé d’embrasser ce corps parfait ? D’embrasser sa bouche adorable ? De se plonger dans ses grands yeux bleus ? Il ravale sa salive.
Cadmos Carrow n’est qu’un monstre rampant. Il ne vaut pas mieux que les autres Carrow, il le sait. Ça le ronge là-dedans, parce qu’il pourrait bien lutter, mais à moins de s’arracher la peau, comment pourrait-il changer ? C’est trop tard. Toutes ses solutions ne sont que des signes de plus, autant de raisons qui font de lui une immonde créature des marécages du Wash anglais.

« Je pourrais… le tuer… »
« S’il doit mourir, ce sera de la main d’une Merriwick. »

Le garçon-monstre sert les dents, et un peu les poings aussi, parce qu’elle le repousse, elle le rejette. Il savait qu’elle ferait ça. Elle n’est pas comme ça Aella, elle n’est pas comme eux. Le meurtre n’est pas la seule réponse aux choses. Elle pourra peut-être le guérir en caressant son âme, tout comme elle l’apaise quand elle frôle la sienne. Elle pourrait peut-être, s’il l’aime vraiment.
S’il l’aime comme…

« Dis ce que tu veux à ton père mais ne touche pas à ton frère, tu serais puni pour rien et je ne supporterais pas d’en être la cause.. »

Cadmos hoche la tête, et recule, prêt à se relever de sur le sol. Ses genoux lui font un peu mal. Il n’a pas l’habitude. Il la prendrait bien pour elle, si elle le voulait. Il serait capable d’être ainsi toute la journée.

« Rentre chez toi. Ca va aller. »

Dans le fond de sa gorge, sa voix se perd, son œsophage se noue et il ne sait pas bien quoi dire ou quoi faire. Il la regarde seulement, quelques instants, avant de déposer sur le sol la bonbonnière remplie de l’onguent magique. Il jette un regard à la cheminée et l’allume d’un claquement de doigt. Le feu magique a ça de bien qu’il brûle sans émettre de fumée, qu’il n’a pas besoin de bois pour se consumer, mais il chauffe bien moins qu’un véritable feu de forêt.
Il brûlera peut-être assez pour réchauffer la jeune femme que Cadmos laisse, se retirant dans les ombres sans plus la presser. Sur le chemin retour, il fait attention de ne croiser personne, pas même son frère. Il n’a rien à se reprocher, mais sait qu’Argès n’aura besoin de rien pour lui en vouloir. La jalousie n’est jamais rationnelle, tout comme le désir ardent qui brûle dans son ventre quand il traverse les marais perché sur son étalon noir.

… * …

Les repas chez les Carrow sont toujours calmes. Ce soir, il y a Adonis et sa femme, la belle Médée. Tous les deux discutent, alors que le ventre de Médée est déjà bien rond pour la première fois. Ils ne savent pas encore le sexe, et ne veulent pas vraiment le savoir. Phobos se réjouit de la nouvelle, parce qu’un Carrow de plus, c’est toujours un grand événement, eux qui sont si peu.
Cadmos n’en dit rien, lui. Il ne se réjouit pas, il mange seulement ce qu’on lui donne à manger. Son père le raille un peu. Adonis aussi, surtout. Il n’est pas encore « un grand », le petit Carrow. Il est encore malingre et Adonis lui fait bien remarquer que son air sauvage risque de faire fuir les belles devant lui.

« Il est encore jeune » rétorque avec une certaine retenue la terrible Ariane.

« Il n’y a pas d’âge pour les amours » s’amuse Phobos.

Il n’y a pas d’âge pour les chagrins des amours déçus, pense Cadmos, mais le silence est de mort. Il ne cherche pas vraiment à les interrompre, ni à s’offusquer. Il n’a pas beaucoup de chance avec les filles. Les rares qui osent ont le cœur aussi sombre que le sien. Il s’amuse bien avec elles, mais ça n’est que l’histoire d’un temps. Il repense à Aella, à ce qu’elle a dit.

Il dit que je couche avec toi, Cadmos. On va le croire lui, pas moi.

Son petit cœur encore jeune rate un battement. Il faut croire que tout le monde l’a entendu car tous leurs regards sont sur lui. Il déglutit péniblement, relève ses yeux légèrement cramoisis sur le spectacle des gorgones sévères.
Adonis a un rire moqueur qui rompt le théâtre des jugements.

« Il rougit ! »

D’une main pudique, il se voile le visage, se cache derrière ses maigres défenses. Il n’a pas vraiment honte de rougir, mais son corps se fait faible quand il imagine Aella entre ses doigts, offerte ou acquise, enfin. Est-ce qu’elle jouait avec lui pour s’échapper d’Argès ? Ses yeux se rembrunirent, mais personne ne fit attention à lui. La conversation du reste allait bon train sur le futur mariage d’un ami de la famille, un certain Terry Donovan à une fille McKenzie.

« De toute façon, la p’tite McKenzie ne fera pas long feu. Les Donovan sont aussi bêtes que méchants » commente Médée.

« Ils n’ont pas vraiment le choix. Les dernières familles écossaises ont pratiquement disparues. »

« Si Terry était plus intelligent, il se retiendra de frapper. »

« Si j’étais le frère de Lana McKenzie, je ne laisserais certainement pas faire » renchérit Adonis.

Le regard de Cadmos brille un instant, alors qu’il croise le regard de son père. Il revoit bien Phobos lever la main sur sa femme, se retenir d’y mettre toute sa force. Il le revoit serrer les dents, le pousser dans la vieille trappe qui longe le flanc droit du Manoir familial. Elle s’interpose. Elle prend à sa place le coup rageur et dévale les escaliers de bois. Il hurle plus fort, frappe plus fort.
Il y a du sang sur le sol. Des auréoles carmines.

« Ça fait longtemps qu’Argès n’est pas venu à la maison… »

Le silence passe dans la cuisine, alors qu’Ariane jette un regard à son époux. Phobos regarde son fils et semble lire en lui, mais Cadmos sait bien que c’est impossible. Il n’y a que lui pour faire ce genre de chose. Que lui pour être capable de percer les hommes à cœur, de les décortiquer de l’intérieur.
Que lui pour être capable de tenter ce genre de manœuvre.

« Eh bien il sera bien obligé de venir à la fin du mois. » Phobos hausse les épaules, visiblement peu remué.

« Après tout, c’est son anniversaire. »

Et aucun anniversaire de Carrow se passe ailleurs qu’à la Maison Carrow.

L’œil de Cadmos brille alors qu’il a un sourire fin et espiègle qu’Adonis ne rate pas, du coin de l’œil, de remarquer… Il n’en dit rien lui-même. C’est de famille, les silences douteux et hasardeux.

… * …

La maison s’affaire, les domestiques dressent la table comme si leur vie en dépendait, et le Manoir est remplit de multiples bruits, notamment ceux des couverts qui s’entrechoquent et du métal qui vrombit.  Le principal intéressé est absent, ou du moins, pour le moment. Cadmos aussi d'ailleurs, mais lui doit être un peu plus loin, près de la grange du fond du jardin. C’est ce que pense Phobos qui passe en revue d’un œil critique et sévère chacun des habitants, du domestique à sa propre femme toute cintrée dans une tenue rouge sang, brodée d’or et de jais.

« Argès viendra seul » ironise doucement Ariane, « il ne t’obéira pas. Il en a fini avec les obligations de la famille. »

« Il viendra avec Aella, et si elle n’a pas encore le ventre rond, il me devra de sacrés explications. »

Derrière son verre, Ariane a un petit sourire moqueur, parce que ce qui fait le charme de son mari est aussi son pire défaut : son arrogance crasse. Argès en a quelque part hérité, et c’est peut-être pour ça qu’elle s’en amuse, elle qui en fut amoureuse à la seconde même où ils se sont vus.
Les Carrow n’épousent que par amour les jeunes filles qui se laissent capturer. Certaines donnent leur cœur, d’autres leurs corps, mais il est vrai que leur sale réputation est un sacré frein à leur prolongation.
Cadmos, leur dernier fils, est encore jeune, mais il ne tardera pas à en souffrir quand il verra dans le regard des autres une forme d’écœurement, de dédain. Peut-être même de mépris.

« S’il vient seul, ou s’il ne vient pas, il sera banni de cette famille. Ça fait déjà bien trop longtemps qu’il nous rit au nez. » Ses yeux perçants observent par la fenêtre le va et vient des invités et de la famille. Ils sont peu chez les Carrow, parce que leurs amis sont plus rares que leurs ennemis. « Il mériterait que je lui apprenne sa place. »

« Phobos… »

Les doigts d’Ariane se posent sur son bras, l’enlacent alors qu’elle lui jette un regard un peu triste. La dame noire des Carrow aime ses fils. Elle en a mis trois au monde dans la souffrance et le sang, mais elle les aime chacun à leur façon. Cadmos peut être plus que les autres, mais elle n’en montre rien, même quand elle lui embrasse le front ou les joues alors qu’elle n’a jamais osé caresser la tête délicate d’Argès, son second.
Celui qui n’a jamais eu besoin d’elle pour rien. Au contraire.

… * …

Cadmos est assis sur le petit tabouret de bois qui a toujours été posé là, devant les grandes portes de la grange. Il attend sagement qu’ils arrivent. Qu’elle arrive. Sa salive est quelque part bloquée dans sa gorge quand le carrosse arrive, tiré par six gros étalons.

Il se lève seulement quand il s’arrête, approche d’un pas curieux. Son cœur bat plus vite parce qu’il n’a qu’une seule question sur le moment : est-ce qu’Aella est là ? Est-ce qu’elle est vraiment venue ? Aujourd’hui il devient un homme. Dix-huit ans c’est quelque chose, pas vrai ? Il faut qu’elle soit là. Il ignore pourquoi, mais elle doit venir.

Alors il se plante là, devant le carrosse, et ses poings se serrent quand il voit enfin le visage d’Argès apparaître. Ses yeux cramoisis ne le lâchent plus désormais.

Il dit que je couche avec toi, Cadmos. On va le croire lui, pas moi.

« Argès… joyeux anniversaire. »




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J'ai 18 ans et je vis près de marais répugnants, dans le sud de l'Angleterre. Dans la vie, je suis femme au foyer désespérée et je m'en sors assez mal, mon mari dilapidant la fortune qu'il gagne aussi vite qu'il la perd. Sinon, grâce à ma malchance, je suis mariée et je le vis dans une détresse silencieuse.



COULEUR DIALOGUE :
Aella : # 427784
Argès : # 847A42


Ashley Smith © january cosy
« Argès… joyeux anniversaire. » Le regard d’Argès a quelque chose de sévère lorsqu’il le pose sur Cadmos. C’est un duel silencieux, un instant. Son tout petit frère qui lui cause tant de tourments. Il est de mauvaise humeur, de très mauvaise humeur, le jeune homme parce qu’on lui impose des coutumes qu’il préférait savourer seul. Sa poigne se referme sur la frêle silhouette tirée hors du carrosse sans ménagement aucun. Elle porte une robe d’un noir si profond qu’elle en a l’air d’autant plus pâle, Aella. Il l’attrape comme un enfant le ferait avec une vulgaire poupée de chiffon, passe un bras possessif dans son dos jusqu’à poser sa main sur la hanche de son épouse dés lors prisonnière. « Tu entends ça, ma chérie ? Cadmos a retrouvé sa langue. » Elle ne dit rien, ses billes bleues dans celles de Cadmos - sa journée a été un enfer, parce qu’on ne refuse pas de faire plaisir à quelqu’un le jour de son anniversaire, n’est-ce pas ? La robe qu’elle porte a été offerte par les Merriwick, ce n’est pas difficile à comprendre, le luxe du tissu nécessite une fortune quelque peu indécente. Lui est trop égoïste pour se préoccuper de ces choses là. Il n’a même pas remarqué qu’une marque violette est visible, juste en haut, là où s’arrête le tissu qui couvre avec charme la poitrine de la jeune femme. Elle a encore maigri, elle a dû réajuster elle-même la tenue, parce que c’est important pour elle d’être respectueuse avec les Carrow, de ne pas se rendre chez eux sans être présentable. « Rentrons, il ne faudrait pas faire attendre tout le monde. » Aella voudrait se réfugier entre les bras du plus jeune, elle se surprend à espérer qu’elle pourrait s’y cacher, y mourir en paix, une pensée profonde qui ne la lâche pas même entraînée vers la demeure, parce que la peur qui couve dans son coeur est plus intense que la dernière fois qu’ils se sont vus. « Lâche-moi, Argès. » « Tes menaces sont vaines, Aella. »

L’entrée n’est pas discrète. Argès ne voit pas franchement l’intérêt de la discrétion, c’est sa journée, même si toutes les autres le sont, finalement, lui qui vit des plaisirs divers sans se soucier des conséquences. Relâchée la porte passée, elle reste dans le hall et tout son être ne cherche qu’une chose : les sorties, les portes, tout ce qui pourrait lui permettre de mettre une barrière entre elle et son mari. Toute son enveloppe charnelle souffre, le moindre muscle lui rappelle l’après-midi, la brutalité avec laquelle il l’a collée au mur, par nécessité, parce que toutes les femmes avec lesquelles il s’amuse si bien ne lui épargneraient pas les reproches de ses parents, lui a-t-il dit. A quoi bon ? Comme si c’était instantané. Elle se doute bien qu’il va l’accuser elle d’être une pauvre terre stérile, inutile. Les trois douches glacées suivantes n’ont rien effacé de son dégoût violent. Ensuite, il a été obligé de la forcer à vomir la plante vénéneuse qu’elle avait fait infuser dans son thé, parce qu’il est peut-être un monstre mais sa femme ne se suiciderait pas, il en était hors de question - elle lui appartenait, sa poupée de porcelaine. Plus elle est brisée, plus elle est belle. Un jour peut-être la désirerait-il vraiment.

Ses doigts viennent frôler ceux de Cadmos, avec tendresse, lorsqu’elle le sent enfin à proximité. Il y’a du bruit dans la pièce à côté, des mots qu’elle n’entend pas. C’est une caresse délicate mais elle ne le regarde pas ; c’est une faiblesse de son coeur si jeune et déjà fatigué. « Aella, viens ici ! » L’ordre est aboyé, lui provoque un sursaut avant que le son des escarpins ne marque les petits pas qu’elle aligne vers Argès, tenant à peine debout toute seule.

Lorsqu’elle s’était mariée, Aella était belle. Il fallait bien sûr apprécier les beautés un peu particulières, avec ses petites dents du bonheur, comme on dit, et ses gestes pleins de douce langueur, comme venus d’une héroïne de roman tragique. Elle était en bonne santé, cependant, frêle mais pas affaiblie. Ses yeux autrefois pleins de bonté se faisaient désormais deux opales lointaines et dures, d’une douleur que quiconque observait vraiment pouvait lire sans mal. « C’est toi qui voulais revenir, non ? Ton voeu est exaucé. » Mais finalement, tous ces visages présents la mettaient mal à l’aise. La poigne d’Argès lui ordonnant de parler, refermée sur son avant-bras, l’a empêchée d’entendre la suite, elle a simplement vu le décor tourner.

…*…

Lorsqu’enfin elle rouvre les yeux, son premier réflexe est de poser la main sur son ventre, péniblement. Est-ce que la petite chose qu’elle cachait depuis des jours allait survivre à tout ça ? Elle n’en voulait pas, elle ne voulait pas infliger une pareille vie à un être qui n’avait rien demandé. Le thé, c’était pour éviter de voir ça. Elle n’était pas assez courageuse pour se contenter d’éliminer le problème, et ensuite, elle a réalisé qu’elle ne tiendrait pas, avec ou sans poison, sa résistance physique était poussée à bout par la violence, la peur, le manque de moyens. Argès va être contrarié, elle n’en doute pas. Elle va se prendre une gifle phénoménale pour lui avoir fait honte devant sa famille, dés qu’elle aura repris ses esprits. Il y’a un brouhaha terrible dans sa tête, elle entend sa propre toux sans arriver à déterminer que cela vient d’elle et de cette sorte de bronchite qu’elle traîne depuis des semaines.
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