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Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP 5hxk8k Sujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer
Nimue

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Rechercher dans: Surnaturel   Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer    Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyMar 13 Juil - 16:43
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Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
Couleur de dialogue #82628E
Mildred : #996284
Amalrich : #434D78
Ulrich : #8A6343

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ft. dove cameron by :copyright: TWISTY RAIN.
Où est la raison, à cet instant ? Elle s’enflamme, brûle telle une vulgaire feuille de papier, buvard imprégné d’hémoglobine, ramène les ombres au milieu de la pureté délicate de la jeune femme. « Comme j’aimerais que tu me dévores tout entier, parfois… » Entre ses lèvres, entre ses baisers, il y’a le souffle qui s’écourte. « Je pourrais te consumer.. » Que dit-elle ? C’est une hérésie, une absurdité, un instinct qui s’échappe de quelque part, dans un coin d’elle qu’elle ne veut pas voir. Elle n’est pas folle, Demelza, pas vrai ? Si, elle est folle de lui, folle d’amour, folle de possessivité quelques secondes aussi.

Il la surplombe et son monde vacille, elle ne veut pas être sage même si elle le devrait, elle ne veut pas l’épuiser pourtant elle ne désire que cela à la fois, profiter jusqu’au dernier battement de coeur, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus que mourir de son amour. Il faudrait le préserver, elle se le répète mais ça n’est plus qu’un murmure dans son esprit, un lointain conseil qui s’étiole sous le contact de sa peau. « …si tu me fais ça… » La moue de l’innocence. Il ne va pas pouvoir attendre si elle lui fait ça. Elle se fait toujours belle pour lui. Elle se fait toujours douce. Du sucre sur les plaies de son existence pénible.

« Sauf si tu veux que j’arrête ? » Est-ce qu’il l’aime vraiment ? Est-ce qu’elle lui plait ? Elle le détaille à son tour, trop dénudée pour ne pas songer que ce serait sa faute, s’il lui arrivait quelque chose. D’un autre côté, elle sent toute son enveloppe charnelle réclamer plus encore, des baisers sur chaque parcelle, des élans passionnés pour lesquels elle n’a pas d’expérience mais auxquels elle crève soudain de s’abandonner. Quand elle le voit comme ça, elle peut que glisser dans les travers de ce qui les lie, envers et contre la sagesse dont ils devraient faire preuve afin de préserver la santé d’Ebenezer.

« Est-ce que tu veux toujours de moi.. ? » Certes, l’évidence devait lui sauter aux yeux, la boucle de cette ceinture dans les mains, la chemise échouée et l’expressivité de son regard, ça ne l’empêche pas de se rappeler leurs premiers échanges, la difficulté qu’ils avaient eu à parvenir jusqu’au mariage, jusqu’à ce point précis où rire n’est plus si compliqué.

« Et si je te décevais ? » Et si entre ses cuisses, ça n’était pas si doux, et si contre sa peau, ça n’était pas si tendre qu’il l’imagine peut-être ? Toutes les peurs classiques échappent à son raisonnement, seule la plus profonde l’effleure, parce qu’elle ne veut pas retourner ni dans une tour d’ivoire ni dans une tour sombre, pauvre fille craignant plus que tout d’être reléguée au fantôme qu’elle avait l’impression d’avoir été.   

Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP 5hxk8k Sujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer
Nimue

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Rechercher dans: Surnaturel   Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer    Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyJeu 7 Fév - 23:56

Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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ft. dove cameron by © TWISTY RAIN.
Une plume, elle est une vulgaire plume entre ses doigts, qu’il soulève avec facilité, qu’il kidnappe honteusement. Il est imprudent, soudain, l’héritier, il se perd sur sa peau alors même qu’il remonte les escaliers, il arrache les frissons à la pauvre prisonnière sans lui laisser l’occasion d’intégrer ce qui lui prend. Il allait mieux mais était-ce une raison pour se jeter si vite dans des efforts pareils ? Elle ne voit pas non plus le domestique se dissimuler dans les ombres, occupée qu’elle est à s’accrocher, à vérifier que le sol ne se rapprochera pas trop vite.

Le petit cri précède le rire quand ils terminent la course sur le lit. C’est un joli rire qui envahit la pièce, léger, qui s’estompe doucement dés que ses yeux croisent les siens. Elle ne l’aide pas vraiment, le laisse se battre avec le tissu, avec les vêtements qui semblent refuser de céder sous l’empressement de l’époux. Elle a déjà fermé les yeux, Demelza, parce qu’elle n’a pas besoin de voir, elle veut sentir, reconnaître sa peau qui se promène contre la sienne, ses lèvres qui auraient pu la dévorer quelques mois plus tôt. « Tu es comme un trésor ancien, Demelza. Plus j’essaye de creuser, plus je m’écorche à te vouloir. » Les billes se rouvrent, découvrent qu’il a été vaincu par la création. Le sourire malicieux ne veut pas se moquer, elle est simplement étonnée qu’il attende ainsi plutôt que de déchirer le tout, réduire à néant ce qui fait obstacle. Elle se redresse, lui échappe pour se mettre debout, défroissant les plis. « Laisse-moi faire. » Un tour sur elle-même, puis deux, puis trois. Plus elle accélère, plus le tissu flotte autour d’elle et il ne faut pas bien longtemps pour qu’il se consume, ne laissant derrière que l’odeur de cendres et les sous-vêtements sur la peau claire.

Etourdie par le stratagème, elle retombe presque aussi vite sur le lit, la chaleur émanant doucement de l’enveloppe charnelle offerte. « Promis, le reste ne contient aucune magie, aucun risque de te faire dévorer les phalanges. » La paume vient caresser la joue d’Ebenezer avec tendresse. Est-ce qu’elle lui dit assez qu’elle l’aime ? Est-ce qu’il est assez heureux avec elle ? Elle en a oublié l’étrange visiteur ou les domestiques.

En revanche son corps n’a pas oublié, lui, la cave. Le goût lui revient presque sur la langue. Elle se perd dans le vague, un instant, songe à l’étrange expérience. Les lèvres s’accrochent aux siennes, cherchent avidement à effacer les pensées, les caprices de la mémoire. La morsure est inévitable, soudaine, fait perler le précieux liquide de la bouche masculine ainsi capturée. Frissons presque palpables. Elle s’entiche de la langueur de l’échange, ne songe pas une seconde à quel point elle manque d’expérience, à quel point elle ignore ce qu’il faut qu’elle fasse pour ne pas abuser de ses forces. Abandon.

Eclair de lucidité. « A-attends. » Elle peine à respirer correctement, à garder le contrôle sur ses actes, sur le fil de ses envies. « Je dois.. » Essayer d’effacer le sang. Essayer de se faire pardonner. Pas la patience. Combien de semaines, déjà ? Combien de mois depuis le premier baiser ? Depuis les dents dans sa chair.  

Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP 5hxk8k Sujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer
Nimue

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Rechercher dans: Surnaturel   Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer    Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyJeu 20 Déc - 0:26

Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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ft. dove cameron by © TWISTY RAIN.
Sur le papier se dessine la silhouette, par dessus la lettre qu’elle a visiblement écrite. La ressemblance est à s’y méprendre, de cette blondeur si pure, de cette taille si fine, délicate brindille et pourtant, les traits du visage vieillissent un peu l’ensemble, les courbes sont un peu plus marquées. Une version plus âgée d’elle-même, pourrait dire un oeil étranger. C’est sa mère, à l’évidence, que sa mémoire vient de trahir, que l’esprit a ramené à la surface et c’est ce qu’elle contemple, un peu interdite, lorsqu’Ebenezer apparaît dans le cadre de la porte. C’est comme si sa main avait agit sans son autorisation, comme si elle s’était endormie et que quelqu’un avait pris possession d’elle. Demelza était persuadée d’avoir oublié ce à quoi sa génitrice ressemblait, elle avait refoulé si fort le souvenir de cette nuit d’enfer - pourquoi maintenant ? La réponse est pourtant évidente et elle n’a pas besoin de consulter un quelconque médecin pour savoir que le poids du mariage à peine scellé l’incitait à penser à un passé trop flou, plein de contradictions et ce malgré son très jeune âge.

Les pas interrompent le fil de ses inquiétudes et elle se tourne, méfiante un instant, à peine le temps d’un battement de cils. La distance avalée, elle se love contre lui, vient s’abreuver de cette présence qui brise l’intense solitude des dernières heures ; elle n’a pas cherché à savoir ce qu’il a bien pu raconter à l’invité, elle a respecté la volonté du jeune homme mais s’est ainsi rendue compte combien le château von Hohnstedt est cruellement vide. Vide de vie. Elle s’y est sentie toute petite, insignifiante, particulièrement inutile. Les courriers n’ont rien remué de positif, à certains elle a eu envie de souligner l’indécence de leur curiosité et à d’autre la nécessité de revoir la notion de patience. A Mildred, elle n’a pu qu’exprimer son regret de n’avoir pas l’influence nécessaire à faire changer les décisions des von Abbetz. Sa grand-mère, quant à elle, lui a simplement fait parvenir un joli flacon rempli d’un curieux liquide couleur de nacre dont elle n’a pas su déterminer l’utilité, ses senteurs envoûtantes n’ayant pas ravivé la moindre leçon qu’elle aurait pu avoir apprise. Elle en a glissé au creux de son cou, délicieux parfum, et les effluves légères embaument encore un peu tandis qu’elle savoure le baiser.

« C’est fait. » Complice consentante d’un terrible crime à venir, elle esquisse un sourire qui se meurt contre sa bouche. « J’aime quand tu souris. » A l’art de défaire les boutons d’une chemise, Demelza est assurément experte, trompant l’inexpérience par l’habitude de la création, par la capacité à dompter les vêtements même si la neutralité soudaine de la pièce laisse entendre une sorte d’abandon de cette ambition d’autrefois. « .. mais je déteste quand tu es loin.. » Loin d’elle, à l’écart de son champ de vision. Elle sait le lien qu’ils ont, désormais, mais il n’a pas apaisé le poids qu’elle a ressenti tout du long, au creux de son estomac. Les doigts se promènent sur la peau, chaleur qu’elle diffuse de cette affection qui se déploie jusqu’au fond de ses yeux bleus. Les lèvres descendent jusque sur l’épaule, les paumes viennent s’installer dans le dos, sous le tissu, de cette manière qu’elle a parfois de vouloir se fondre contre lui, à l’ombre de son corps. « Cet endroit est trop grand dés que tu n’es plus près de moi. » Soupir, elle reprend la pluie de ses baisers de l’épaule jusqu’à ses lèvres. « Et je ne sais pas parler à la moitié de tes domestiques. Ils me donnent toujours cette impression que je ne comprends pas avec qui je vis, quand ils me regardent. La peur s’est effacée. Sur la table, le flacon de crème scintille un peu au crépuscule. L’écriture de Themis, assurée et penchée, a noté le prénom de la jeune fille, sans aucun autre indice. Longtemps auparavant, elle avait fait de même pour Ophélia, dont le coeur trop tendre peinait à apaiser les craintes terribles qu’elle avait à propos de la nuit de noces, elle en avait d’ailleurs un peu abusé durant la première année. La vieille femme dirait avec malice que ça n’a rien d’un envoûtement, que ça n’est qu’une recette de famille qui aide à se détendre. Elle oublie déjà ses contrariétés de la journée, Demelza, parce qu’elle a retrouvé la sensation de sécurité qu’elle ressent quand il est là. « Tu devrais aller te reposer.. » dit-elle, toujours trop collée à lui, en contradiction avec le conseil qu’elle lui donne. Est-ce que c’est mal, de vouloir le garder pour elle seule dés lors que la nuit tombe, que les ombres reprennent leurs droits sur la demeure ?

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Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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La petite Dame blanche traverse, fantôme à peine perceptible dans un bruissement de tissu et seul le son des escarpins indique le départ, la montée des escaliers. Elle n’a pas jeté le moindre coup d’oeil vers l’invité, obéissante, puisque son époux préfère qu’elle en ignore le plus possible, c’est même le visage de l’invité qu’elle ne veut pas percevoir, qu’elle ne saluera pas. Les lettres dans une main, elle rejoint l’atelier, peu désireuse de déranger. Complice, pas envahissante, elle cesse d’exister dés lors qu’il n’a plus les doigts sur sa peau, les lèvres contre les siennes, et les palpitations du myocarde s’apaisent - il est probablement le seul apte à supprimer la langueur de celle qui n’est encore finalement qu’une jeune fille un peu perdue.

Les courriers s’alignent, d’écritures différentes, de finalité identique, réclamant toutes de savoir si elle est heureuse et si elle peut leur donner l’espoir d’une descendance prochaine, ce qui semble la lasser. Comment pourrait-elle le savoir ? Certes, ils s’interrogent sur son envie d’une famille mais elle n’est l’épouse d’Ebenezer que depuis trop peu de temps. Est-ce qu’elle saurait faire ? Elle a bien demandé un enfant, un petit morceau de lui qui subsisterait après eux mais ce n’est encore qu’une vague idée. Demelza aimerait qu’il ait ses yeux. Un garçon avec ses beaux yeux si profonds qu’on s’y noierait. D’un habile geste de baguette, elle relègue le mannequin sur lequel la robe de mariée dort désormais dans un angle. La valise ensorcelée est mise à contribution et tandis que les hommes s’affairent à des choses vitales, elle range les étoffes, efface ses délires artistiques de la pièce. Bientôt il ne reste que les meubles, la table ornée d’un joli bouquet de fleurs et la clarté d’une simplicité à crever sans toutes les couleurs qu’elle mettait sur les tenues.

Le goût de sa peau lui manque. Il persiste sur sa langue. Le froid aussi, elle a besoin du froid qu’il dégage, toujours plus frais même quand ils sont l’un contre l’autre. Elle s’est assise sur la chaise, en face des fleurs, le regard vers la fenêtre. Elle lui a promis une demeure pleine de rires mais elle a peur de ne pas y arriver, de décevoir tout le monde ; on lui répète déjà le poids du nom qu’elle se doit d’honorer, à présent. La flamme n’a pas d’odeur, noire, sur les pauvres pétales, grignotant lentement leur pureté sans envahir l’espace, sans déborder du vase. Elle a l’esprit terriblement lointain, la pression qui l’étouffe sans qu’elle n’en montre rien. Ca ne fait que quelques jours, qu’en sera-t-il dans plusieurs mois ? Elle se mord la lèvre, légère perle à la saveur de fer. Elle respire, elle est simplement absente, comme cette nuit qui les avait rapproché, quand la noirceur du feu avait tout détruit. Ca n’avait plus jamais pris cette couleur ensuite. Elle ne veut décevoir personne, Demelza. Ses doigts triturent le bord de la nappe, sans bruit. Pour un peu, on croirait qu’elle n’est pas là. Et c’est au tour de la cheminée de s’allumer, de rester contenue, muselée comme elle a presque l’impression de l’être lorsqu’elle est toute seule, lorsqu’il n’est pas là pour l’aimer.

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Rechercher dans: Surnaturel   Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer    Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyMer 24 Oct - 11:23

Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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Il y’a une drôle de joie entre les murs, et même si le piano ne leur avait pas offert ses mélodies volages, aucune tristesse n’aurait sa place. Quatre jours que cela allait mieux mais quatre jours qu’elle veillait tout de même à la santé d’Ebenezer, pas parce que c’était son rôle, seulement parce qu’elle l’aimait - et ça se voyait, dans son regard bleu plein de tendresse. Elle traverse les couloirs sans plus se perdre, même si cela lui arrive encore quelques fois, et dépose un vase en cristal orné de fleurs aux parfums délicats - de bleu pour la sincérité, de rose pour la tendresse et de blanc pour le mariage. Le blanc, qu’elle porte encore, qui orne cette robe au décolleté de dentelle quelque peu tentateur. « Un ange passe… » Le tissu est si fluide qu’il suit chaque mouvement, quand elle s’approche, quand il l’embrasse. Elle prolonge le baiser, s’entiche de ses lèvres, un peu malicieuse. « Tu me cherchais ? Tu en as finis avec les lettres ? Ce devrait être les dernières… » Elle a un sourire, enroulant ses bras autour de la nuque du jeune homme. « Oui. Elbert et son coeur brisé vont pouvoir cesser de chercher un bon parti. » Les doigts reviennent jouer à la base de la nuque, avec quelques cheveux de jais ; elle n’a pas envie de se détacher de lui et ce même si la bibliothèque est sa pièce favorite, même si elle aurait pu être effleurée par l’idée de s’approcher de tous ces livres extirpés de leur repos. « Dorothea le trouve aussi nerveux qu’à l’époque où il a cherché une alliance après que mon père l’ait rejeté. » Elbert n’était pas vraiment un homme complexe, il voulait posséder et gagner plus qu’autre chose, excessif et certes manipulateur mais pas auprès de sa soeur, ce qui facilitait grandement la tâche. « Malheureusement, son dernier voyage l’a rendu malade, ce qui justifiera son état. » et ce qui l’empêche dés lors de rentrer auprès de sa famille et laisse une marge de manoeuvre à Ebenezer. « Nous avons de la chance que cet idiot se soit embêté à m’écrire. » En effet, les lettres, qu’elles soient rageuses ou énamourées, avaient offert une palette intéressante de style à exploiter. Et Demelza s’avère être de celles qui conservent beaucoup de choses. « Il va falloir brûler celles qu’il m’avait envoyé, d’ailleurs. Je n’en ai plus besoin. Te feras-tu le plaisir de t’en charger.. ? » Elle murmure, vient doucement mordre sa lèvre inférieure dans un long baiser presque envieux.

Elle a retrouvé cette chaleur qui semble toujours courir dans ses veines, elle n’est plus affaiblie par ce qu’il avait dévoré mais, contrairement à ce qu’elle a supporté toute sa vie, elle n’a pas l’air effrayée ou réservée. La petite dame blanche est relativement tranquille, même quand elle fait un peu trop crépiter les flammes dans les cheminées. La domestique qui s’approche, en revanche, se révèle bien plus méfiante, sans doute parce qu’une bougie s’est faite dévorer en quelques secondes le matin même, léger accident rapidement corrigé - pas assez, visiblement. D’un geste délicat, Demelza récupère la pile de courrier tendu. « Je n’ai pas considéré que ça m’était adressé, c’est cela ? » La muette hoche la tête et s’efface aussitôt. « Mon père, ma tante, ma grand-mère. » Elle soupire, les met de côté sans y toucher et n’ouvre que celle de Mildred, parcourt les lettres enfantines pourtant fines et appliquées. « Elle dit qu’elle t’aime beaucoup mais que ton nom est vraiment horrible à écrire. » Un rire s’envole, léger. « Ce n’est pas faux. » En refermant le courrier, elle ajoute. « Elle voulait venir nous voir mais il semble que ma famille ne reviendra nous déranger seulement si une heureuse nouvelle leur parvient. » Elle lève les yeux au ciel, Demelza, déjà agacée par les exigences, avec cette impression de toujours devoir quelque chose à quelqu’un. « Dois-je retourner dans l’atelier durant la visite de ton invité ? »

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Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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« Je ne ferai rien qu’on ne décide ensemble.. » Elle voudrait résister. Résister à ses doigts, à ses lèvres, à ce qui se promène sur sa peau. Elle le sent partout sur elle, partout contre elle et l’orgueil lui dicte de ne pas céder encore, de ne pas se noyer dans ce drôle d’amour qui lui mord le coeur et accélère ses pulsations. « Tu me tortures vraiment… » Elle s’en rend compte, d’autant plus lorsqu’il enflamme ses sens avec quelques baisers, avec cette façon possessive qu’il a de la coller à lui, de se cacher contre elle, de faire courir sa bouche, la langue taquine. Elle est perdue entre ce plaisir naissant, ce désir dérangeant et la nécessité soudaine de le rassurer. Le silence plane, laissant la musique de son souffle plus court s’estomper sans qu’elle ne se détache de lui pour autant. Il y’a quelque chose de différent dans ce qu’elle ressent, l’allumette qu’il est venu craquer n’est pas identique à celle qui dévaste tout sur son passage et elle prend le temps de la laisser se diffuser, juste à l’intérieur, ne retient pas cette chaleur douce qui arrive là, juste au bout de ses doigts. « Je suis désolée.. » Elle l’incite à relever le visage vers elle, d’un geste infiniment tendre pour lui offrir un sourire. Demelza aurait presque l’air d’un petit soleil, comme cela, d’un soleil amoureux de ses bras. Elle vient souffler contre son oreille : « La chaleur et la sérénité. » Ce sont ses voeux, c’est ce qu’elle lui a promis, le serment qui les a lié l’un à l’autre de manière indéfectible.

Une paume vient se poser, comme une caresse, au niveau du coeur du jeune homme. Elle a bougé un peu afin de trouver une position confortable, pour lui comme pour elle, qu’importe le fait que rien ne la couvre et que plus rien ne sépare vraiment les deux enveloppes charnelles ; elle s’est fondue tout contre et a laissé couler ce quelque chose d’indéfinissable, comme si elle était là pour nourrir la froideur, comme si une part d’elle tentait d’apaiser naturellement peines et douleurs. Sa lumière. Elle n’a jamais été plus sienne que dans cette baignoire, pas même toutes les autres fois, même la veille, même soumise au plaisir qu’il procurait. « Si tu as confiance, je l’ai aussi.. » Elle n’avait pas commenté, il ne lui avait guère laissé d’occasion de faire autre chose que soupirer, que goûter à ce qu’il faisait si bien pulser au creux de son ventre, au fond de son regard bleu enflammé de trop d’émotions mais son soutien est d’autant plus indéfectible qu’elle est sa femme, à présent. Quiconque voudrait révoquer ce fait obtiendrait ses foudres. « Et je ne suis à personne sinon à toi, n’en doute plus jamais, ni aujourd’hui ni dans vingt ans. » Elle a chaud. Sa température semble avoir grimpé pourtant elle ne fait rien pour lutter, les yeux clos, dans une étrange acceptation d’un phénomène qu’elle ne comprend pas. C’est un peu comme se consumer d’amour, c’est agréable, en un sens, quoiqu’un brin énergivore sur le moment. Toutes ses défenses s’effondrent, elle est absolument, parfaitement vulnérable.

Après un long moment de silence délicieux, une main toujours posée sur son coeur et l’autre dans son dos, lovée contre sa peau, elle finit par reprendre la parole, sur ce ton doux qu’elle a quand il n’y’a personne, quand elle offre une reddition absolue et volontaire. « Tu sais.. » Un soupir s’échappe, un peu hésitant. « Tu vas dire que c’est idiot et ce n’est pas dans notre contrat.. » Le visage vient se nicher contre son cou, envahit encore son espace, et diable si elle pouvait se perdre plus encore sous la protection de ses ombres, elle le ferait. « .. mais je crois que j’ai envie d’un enfant de toi, un jour.. » C’est une plume qui s’échoue dans un murmure. Elle ne peut pas offrir cette sensation apaisante et garder les barrières contre les émotions, les songes et la distance intactes. « C’est irresponsable.. » Ils avaient convenu qu’il ne fallait pas, elle avait décrété qu’elle n’y arriverait pas, qu’un jour elle se réveillerait avec un petit cadavre carbonisé entre les bras. Il y’a un calme particulier, malgré tout, dans la détente de l’enveloppe charnelle réconfortante. « Je veux que ce soit toi, le premier. Pas une conséquence du Vide, même si je l’accepte. » Même si elle y avait en partie cédé, dans le laboratoire. « Je t’aime, Ebenezer, quelque soit ton état, mais je te veux toi, conscient. Je veux que tu décides, que tu nous fasses confiance. Je n’ai plus peur. » Elle ne veut pas de toute cette noirceur incontrôlable, pas pour une première nuit, pas pour abandonner cette pureté conservée difficilement malgré les aléas vécus, malgré les tremblements et les soupirs auxquels il avait fallu résister.

Et doucement, le soleil s’éteint, sans brutalité. La chaleur retombe, pas au creux de ses veines, pas celle qui hante les désirs persistants, seulement celle qui aurait pu tout incendier, à une période, qui avait trouvé une façon plus douce d’exister ; elle ne veut pas se défaire de lui, pas vivre l’abandon de sa peau. Elle a bien senti, ce petit truc, cette tension retenue entre eux et sur ce point elle n’ose rien, trop prudente, piégée dans la volonté supérieure de le préserver. Sa lumière, dans son ombre.

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Nimue

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Rechercher dans: Surnaturel   Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer    Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyDim 14 Oct - 22:45

Demelza
von Hohnstedt

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
Couleur de dialogue #82628E
Mildred : #996284
Amalrich : #434D78
Ulrich : #8A6343




ft. dove cameron by © TWISTY RAIN.
Elle ne s’était pas attardée sur les marques gravées à même la peau, la fois précédente, dans ce long bain qu’ils avaient pris. L’oeil s’accroche, naturellement, sans jugement, avec un éclair de curiosité qu’elle ne peut pas cacher. « Tu écrivais à ton oncle ? » demande-t-elle tandis qu’il traverse la distance qui les sépare, avant qu’elle ne s’excuse de l’avoir tenté, avant qu’elle ne soit à nouveau prise d’une certaine gêne. « Ça ne t’as pas plût ? » Et elle rougit, de plus belle, ce qui répond à la place de tous les mots qu’elle aurait pu utiliser. « Ne t’excuse pas. Si je n’en avais pas eu envie, je n’aurais rien fait de tout ça. » Son assurance avait le don de rallumer des flammes dans son regard, des envies de revenir capturer ses lèvres, qu’elle réprime en relevant un peu le nez, comme elle le fait si bien lorsqu’elle veut garder le contrôle d’une situation. Comme il entre dans la pièce, elle se tourne, le suit des yeux, peine à ne pas tenter de déchiffrer les symboles dans son dos ; elle imagine que ça a dû être douloureux, se perd une seconde dans la supposition. Elle devrait s’inquiéter mais elle n’a pas assez connaissance de tout cela pour s’en préoccuper plus que du Vide en lui-même, qui dévore lentement Ebenezer. « Je vais faire appeler quelqu’un. Pour Elbert. » Elle revient à la réalité, à leur réalité, détourne un peu les prunelles pour ne pas en deviner de trop. « C’est un homme capable de manipuler les pensées, les sentiments. De modifier et de supprimer les souvenirs... Il fera en sorte de remettre Elbert dans le chemin qu’il nous faut. » « Tu risques autant à faire appel à lui qu’à ne rien faire du tout.. mais avons-nous seulement le choix ? » La question sonne rhétorique, parce qu’ils n’en ont pas, de choix. Le destin a peut-être décidé de les réunir trop tard, terrible farceur qui les fait s’apprécier, contre la logique, contre la raison. « Une fois le cas d’Elbert réglé, je n’aurais plus beaucoup de temps pour trouver la solution à notre second problème… » Ca lui serre le coeur, à la blonde. « Je pensais partir à Prague. Il y a un Collège là-bas qui étudie les... cas... comme le mien… » Elle n’a pas envie de songer déjà à le laisser partir, à ce que l’éloignement puisse la séparer et qu’elle ne le revoie jamais. Elle étouffe la peine soudaine qui vient courir dans ses veines, elle soupire, lourdement, alors qu’il entre dans l’eau. « Chaque chose en son temps. »  La main tendue l’invite à le rejoindre.

Elle laisse le tissu tomber sur le sol mais n’ose pas croiser son regard, peut-être parce qu’elle est toujours terriblement gênée, parce que sa peau à elle est digne des plus fines porcelaines, intacte, délicate, un peu trop claire sûrement au goût de certains. Peut-être parce qu’à la lumière, elle craint toujours de ne pas lui plaire, sans les artifices que sont les vêtements. Le baiser audacieux lui brûle encore la bouche, quand elle se décide à rentrer dans l’eau. Il y’a un instant de flottement, de silence songeur durant lequel elle n’observe rien de précis sinon le vide, un point invisible dans l’espace.

Quelque chose la décide finalement à s’approcher, à se glisser entre ses bras pour venir l’embrasser, avec douceur, avec encore une sorte de pudeur. Les doigts viennent jouer contre la nuque, légers. « Qu’est-ce qu’elles représentent, ces marques ? » La question est innocente, posée sans brutalité, avec un intérêt tendre. Il y’a bien des choses qui sont belles sans l’être, bien des arts qui ne plaisent pas mais exercent une forme de fascination, ses goûts sont souvent trop variés pour être compris mais la curiosité, elle fait partie de son caractère, c’est ce qui en fait une dévoreuse de livres, elle qui n’a pas pu voyager ou étudier tout ce qu’elle aurait aimé, trouve toujours une manière de compenser les failles. « Tu ne devrais vraiment pas être si sérieux, le lendemain de tes noces. » Elle a un sourire, un qui essaye d’oublier que tout est éphémère, qui rend son regard un peu plus malicieux. « On va s’en sortir. » Elle attrape une grosse éponge, dans un geste fluide, qui a quelque chose d’étrangement gracieux et entreprend de venir savonner les épaules masculines, consciencieusement, de frotter la peau avec prudence, peu désireuse de lui faire mal - elle ignore combien la rage de la veille peut avoir de conséquences. « Tu n’as pas le droit d’échouer. » Les billes bleues reviennent se noyer dans les siennes. Il n’a pas le droit de l’abandonner, elle le lui a déjà dit et si elle est parvenue à reprendre le dessus après avoir manqué entièrement s’effondrer, ça n’est qu’en s’accrochant à une forme d’espoir. Elle s’est résignée à être veuve un jour mais certainement pas si vite. « Je devrais peut-être me venger, pour cette nuit. »

Elle revient contre son cou, déposer un long baiser. « Si je me souviens bien, c’était une torture efficace.. » souffle-t-elle, en remontant vers son oreille, l’éponge continuant distraitement de glisser sur l’épiderme, sans grande conviction - elle est bien trop occupée à le déranger dans ses sombres réflexions. « Tu as conscience que j’ai bien cru mettre le feu à notre chambre, mh ? Tu es fier de toi ? » Et les lèvres sont à nouveau envahies par les siennes, amoureusement. Elle n’ose pas se coller de trop, la décence pourtant déjà largement offensée par les aléas émotionnels qu’ils avaient dû traverser. « Est-ce que mon très cher mari nous autoriserait deux jours d’oisiveté ? Je sais reproduire l’écriture d’Elbert, je peux le faire oublier quelques temps sans avoir à user d’une quelconque magie compromettante. Sa soeur y croirait sans mal. Ensuite nous pourrons être sérieux.. et quelque peu impitoyables si tu juges cela nécessaire. » Serait-ce donc un caprice ? Ou l’expression de sa peur de le voir mourir sans avoir pu créer assez de souvenirs ?

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Nimue

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Rechercher dans: Surnaturel   Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptySujet: (E&D) you could be the corpse and i could be the killer    Tag 996284 sur LE TEMPS D'UN RP EmptyMer 10 Oct - 18:22

Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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ft. dove cameron by © EXORDIUM.
« Bien dormi ? » Elle a cet air incroyablement paisible qu’elle n’avait jamais vraiment eu depuis son arrivée entre les murs du manoir et sa seule réponse consiste à s’installer sur le côté pour le regarder. Elle rattrape le drap qui manque glisser, le resserre contre elle. « Je ne voulais pas te réveiller… Tu avais l’air paisible. » Un sourire vient orner ses lèvres, léger et doux, comme un joli papillon qui déploierait ses ailes. Elle s’étire, un peu, se rapproche encore, comme s’il lui était possible de se fondre à même sa peau. « Je n’ai jamais si bien dormi de ma vie. » Elle s’est sentie étrangement en sécurité, rien n’est venu perturber sa nuit, pas de flammes, pas les bougies, pas d’incendie. Laisser lesdites bougies aurait pu enflammer la pièce, réduire le petit bonheur en cendres mais Ebenezer avait dû avaler trop de choses ou il stabilisait malgré lui cette magie qu’elle n’avait jamais pu réellement maîtriser, en la forçant à tenir des chocs plus importants. Elle se mord la lèvre inférieure, ses grandes billes bleues cherchant les siennes. « Je crois que j’ai fait enfermer Elbert mais je ne me souviens pas exactement où… » Avait-elle vraiment demandé à Anselm de faire cela ? Les souvenirs sont un peu flous, sans doute parce qu’elle avait dû soudainement gérer des mensonges qui la dépassaient, auxquels elle ne s’était pas bien préparée. « Je dois mieux connaître le manoir, Ebenezer. » Les doigts reviennent sur le torse, la main remonte doucement en une caresse tendre. « Tu n’as plus besoin de me préserver.. » De lui épargner la réalité qui avait manqué lui éclater au visage, qui l’avait arrachée à sa retenue. Elle a encore la vision en tête, les corps abandonnés, la table, le mur, l’odeur du sang, de la mort, c’est imprimé, ça ne veut pas disparaître, ça remonte quand elle évoque Elbert, quand elle y repense, traîné et soumis à la colère de quelque chose que rien ne pouvait apaiser. « J’ai eu envie de l’égorger… » Ca sonne comme un aveu, quelque chose d’un peu honteux. Elle n’aurait pas dû avoir ce genre d’envie. D’un autre côté, sa mère n’aurait pas dû brûler vive et l’hémoglobine ne devrait pas avoir cet effet sur elle. Qu’est-ce qui ne va pas ? « Si j’avais eu du verre ou une lame à portée de main, je crois qu’il serait mort… et j’aurais tout gâché. » Elle ne s’était cependant pas défendue, elle avait laissé faire, soumise aux caprices d’un homme, soumise à son désir plus fort encore de permettre un échappatoire à son époux. Elle voulait qu’il s’en sorte bien plus qu’elle n’avait envie de vivre.

Demelza finit par bouger, par s’extirper du lit, attrapant au passage un peignoir de dentelle, presque entièrement en transparence, qui ne fait qu’accentuer l’impression de devoir en deviner les courbes ; elle ne devrait probablement plus se cacher mais elle est encore intimidée par le regard d’Ebenezer, à la lumière du jour qui filtre doucement. Elle disparaît dans la salle de bains afin de faire couler dans la baignoire de l’eau chaude, revenant rapidement s’appuyer dans l’encadrement de la porte, un sourire un peu mutin sur le visage. « Tu veux que je t’aide à me rejoindre ? » Ca n’a pas l’air de la déranger, de devoir l’aider et à aucun moment elle ne le juge, à aucun moment elle n’a l’impression de perdre quelque chose à devoir apporter chaleur et attention. Peut-être qu’elle l’aime vraiment, avec ses faiblesses et sa noirceur, avec ses dérives et sa douceur. Elle a cette façon atrocement amoureuse de l’observer. « Je suis désolée, pour cette nuit. Je n’aurais pas dû. » Elle détourne un peu les yeux, ce qui n’empêche pas ses joues de s’empourprer à nouveau. « J’aurais dû te demander de me libérer sans te tenter. » En restant sage, en restant prude et digne, comme la société le demande toujours, hypocritement. Quelle femme est-elle si elle n’a pas pitié de la santé de son homme ?


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Nimue

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Demelza
von Abbetz

J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec délectation.
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Elle n’aurait pas cru céder à cela, Demelza. Ne se pensait-elle pas de glace ? Ne trouvait-elle pas ses amies de façade atrocement superficielles, avec leurs plaisirs déçus et leurs nuits en obligées ? Ce sera plus facile. Elle oublie ses angoisses à l’ombre de ses baisers car, après tout, Ebenezer n’est pas en état de consommer, de consumer sa peau. Naïve qui est surprise par les mains joueuses qui délivrent leur partition quelque peu possessive, elle ne peut rien contrôler, rien taire, rien contenir, parce qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui rende la torture, à ce qu’il réveille ce qu’il avait effleuré dans le laboratoire. Elle le maudit un peu, intérieurement, de la piéger à des réactions qu’elle jugerait indignes si elle n’était pas trop occupée à en savourer chaque caresse, les joues rougissant aux premiers soupirs. Va-t-elle un jour mourir de ses attentions ? Elle croit bien, à la chaleur qui s’empare de ses sens, impérieuse, arrache les petites exclamations mal contenues. Et elle se laisse ramener par la main autoritaire, poupée docile, poupée offerte. « Laisse-moi éteindre ce que j’ai allumé… » Elle se cache, une seconde, contre son cou, cherche un refuge qu’elle ne trouve pas. « Tu n’éteins rien, là.. » peine-t-elle à lui souffler. Non, il n’éteint pas, il embrase. Elle aimerait, vraiment, résister. Elle songe qu’il doit dormir, qu’il ne doit pas avoir à souffrir de la tentation qu’elle lui a imposé mais déjà il glisse d’autres doigts sur la peau, vers des recoins que personne n’a jamais approché, pas même elle, pas même la moindre tentative de comprendre les ricanements idiots des proches mariées trop jeunes. Une main vient maltraiter les draps, les froisser, pas longtemps ; il la fait déjà céder à la recherche de ses lèvres, de ses caresses. « Qu’est-ce que tu..  » La question s’étouffe contre sa bouche, d’un baiser au souffle trop court. Est-ce qu’elle tremble un peu ? La lumière des bougies paraît s’intensifier, éclairer un peu plus l’obscurité, dévoiler aux yeux du mari l’enveloppe charnelle intoxiquée à son amour, à ses offrandes. Tout, en elle, en réclame plus, s’oublie au jeu de ses doigts. C’est un crime, de la tuer ainsi, de la faire mourir de sensations nouvelles qui - elle n’en doute pas - provoqueront d’autres envies. Son sang avait la saveur des ombres. Abandon. Les bougies sont soufflées en même temps que le plaisir atteint un point de non retour, la ramenant entre ses bras, enfin, contre ce corps qui regrette de ne pas pouvoir tout offrir mais qui recueille la petite dame blanche définitivement mordue de lui. Elle n’ose rien dire, remuée par les battements affolés de son coeur qui cogne dans sa poitrine. Elle est presque certaine qu’il l’entend. Plusieurs minutes de silence s’étirent, dans l’obscurité parfaite, avant qu’elle n’ose - ne parvienne - à nouveau à bouger pour venir finir de défaire la chemise. La paume malicieuse n’a pas besoin de tirer sur les contours du tissus car chaque bouton semble lui répondre, surprise malicieuse dont elle n’usera pas pleinement cette nuit-là. Son toucher est délicat, ne veut que libérer le torse pour venir s’y coller, peau contre peau. « Et moi, je n’ai rien à t’offrir.. » C’est un petit murmure quand elle recroise son regard, le teint toujours rose, avant de fermer les yeux, de goûter à l’étreinte redevenue sage.

…*…

Est-ce que c’est le soleil, qui la dérange ainsi ? Elle bouge, râle peut-être un peu et s’installe sur le ventre, tournant la tête pour échapper au rayon de lumière qui dérange son sommeil. Elle n’a probablement jamais si bien dormi de sa vie et voudrait rester, juste un peu plus, loin des difficiles réalités. Elle ne pense pas à grand-mère Themis qui va poser des questions, aux regards de ceux qui sont éventuellement restés dans ce manoir qu’elle préfère vide, calme, seulement animé par les domestiques muets et les pas du propriétaire des lieux. Elle s’accroche à la détente absolue qui s’est emparée de son corps maintenant qu’elle n’a plus à penser aux contraintes du mariage et à l’atroce organisation que cela demandait. Pouvait-elle rester à jamais là, entre ces draps ? Est-ce qu’Ebenezer va mieux ? C’est la seule raison qui, finalement, la pousse à ouvrir un oeil à la recherche de son fiancé. Non, de son mari. L’idée semble avoir du mal à faire son chemin.


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Demelza
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J'ai 17 ans et je vis en Allemagne dans le Manoir d'Ebenezer von Hohnstedt. Dans la vie, je suis une sorcière et je m'en sors très bien, faisant partie de l'aristocratie sorcière allemande et anglaise. Sinon, grâce à ma drôle de chance, je suis récemment mariée et je le vis plutôt avec angoisse.
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« Tu ne peux pas dormir comme ça. Laisse-moi faire… » Dans les doigts d’Ebenezer et dissimulé dans une semie-obscurité, le lacet rougit, libère l’enveloppe charnelle de la prison de tissu. Ca n’est pas la première fois qu’ils sont si proches, pourtant cela lui fait un effet différent, qu’elle n’interprète pas dans un premier temps. Elle contemple le regard qui lui fait penser à un océan sombre dans lequel elle voudrait bien se noyer et elle résiste à l’envie de l’embrasser - difficilement - en se répétant qu’il est épuisé, qu’elle ne peut pas recommencer, qu’elle ne doit pas laisser faire ce qu’il s’est passé dans le laboratoire, parce que c’est indigne de ce qu’il mérite. Il a besoin d’une épouse convenable, n’est-ce pas ? « Comment fais-tu, Demelza ? » sa bouche frôle la sienne, un instant trop court durant lequel elle oublie de penser. « Tu as eu peur de moi... et malgré tout, tu es encore là… » Elle n’est pas sûre de pouvoir lui répondre, elle craint un peu qu’il soit déçu, que ça ne brise l’image de pureté et de blancheur qu’il semble avoir d’elle. Elle préfère être sa dame blanche plutôt que sa dame en noir. « Qu’aurais-je fait si je t’avais fait du mal ? Que serais-je sans toi pour me garder de mes mauvaises humeurs ? » Elle détourne légèrement le regard, son souffle s’est raccourci, juste une seconde, ça se voit, ça s’entend dans le silence de la chambre, dans leur trop grande proximité. Il la libère du haut de la robe dont la magie fane instantanément, lui rendant le blanc délicat d’origine. « Ce n’est pas de toi que j’ai eu le plus peur… » murmure-t-elle, une pointe d’hésitation dans la voix. Ne doit-elle pas être honnête avec son mari ? « C’est de moi.. de moi, là-bas, dans tes bras.. » Du goût du sang sur sa langue, de la chaleur contre lui, de l’incendie à l’intérieur. Perdre le contrôle, laisser se briser les barrières, rompre avec la décence, embrasser ses démons intérieurs, le décevoir sans doute. « Pour le bas, tu devrais pouvoir le faire toute seule. » Elle ne parvient pas à réprimer le petit sourire en coin, le tu es sûr ? qui se lit dans ses yeux. « Je te regarde faire. » Elle se relève, alors, pour faire glisser le bras de la robe, le laisser s’échouer vaporeusement sur le sol après avoir glissé le long de ses jambes et le mince filet de lumière qui transparaît entre les rideaux joue sur les couleurs, de blanc, de noir, de gris - d’indécision. Elle est dos à lui, elle prend le temps de défaire ce qu’il reste de son chignon, libérant la chevelure claire qui retourne flirter dans son dos. « On trouvera une solution. Ensuite, tu pourras reprendre tes fonctions.. et puis, s’il y a un problème, je suis douée pour faire partir des preuves en fumée.. » Elle lui souffle ça comme elle approche de son côté du lit, qu’elle grimpe pour venir se placer juste au dessus de lui, à califourchon. « Tu vas devoir défaire le reste avant d’avoir le droit de dormir. Crois-tu vraiment que je fais les choses à moitié ? » A toujours avoir peur de fuir la proximité, elle avait pris soin de se piéger, de s’obliger à apprécier ses doigts sur elle. Elle n’aurait pas cru que la soirée se passe ainsi, elle n’aurait pas pensé que tout leur échappe ; elle n’est pas sûre de regretter, parce qu’une part d’elle en redemande. « Tu ne m’as fait que du bien… » Elle s’est penchée à son oreille, pour le souffler, la main marquée du lien venant se nouer à la sienne - on sent encore le trouble dans ses gestes, l’incapacité à museler ce qu’il a éveillé. Elle se dit qu’elle devrait être sage mais ses yeux joueurs n’avaient pas eu l’air de le lui demander.

« Tu as dit que tu pouvais m’apprendre.. » Les dents mordillent doucement le lobe de l’oreille, les lèvres glissent jusque dans son cou, renforçant la proximité. « .. tu peux m’apprendre la mesure.. ? » Cette mesure qu’elle perd, qu’elle ne rattrape que de justesse en redressant la tête, en retrouvant l’ancrage de ses yeux. Et puis il y’a toutes ces petites bougies qui s’allument, toutes celles qu’elle a fait placer dans la pièce, exceptionnellement, contre la raison et la prudence, parce que ça n’était plus tout à fait pareil, parce qu’ils étaient mariés, à présent. Parce qu’elle voulait que ce soit joli, que ça respire la chaleur et la confiance. C’est joli, en effet, ça joue avec les ombres sur les murs, doucement. Avec leurs ombres aussi. « Tu m’en veux ? De ne pas être toujours raisonnable.. tu me rends déraisonnable, je crois. » Un silence. « Tu regrettes de t’être marié ? »


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