Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Writober 2022

Kitkat
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patrick
Kitkat
Mer 5 Oct - 5:47
J'ai hâte de lire la suite, s'il y a vraiment une suite. J'étais intriguée  :riri:


Des ruines en souvenir
Jour 4

«Vos parents seront bientôt de retour mademoiselle Parker.» D’un hochement de tête, tu remercies poliment l’aide soignante qui retourne sans plus attendre à ses tâches. Tu as l’impression de ne pas avoir remis les pieds ici depuis un siècle ou dans un calcul plus logique, depuis neuf ans. Encore quelques mois et tu aurais atteint le dix ans. Le jour où tu es partie, c’est-à-dire l’année suivant tes 18 ans, tu n’es jamais revenue ici ni même adresser la parole à tes parents. Pourquoi revenir aujourd’hui après tout ce temps sans que d’un côté ou de l’autre vous essayiez de vous contacter ? Eh bien, pour entamer un processus de guérison, il faut commencer par savoir pardonner nos erreurs passées…

Alors que tu déambules dans cette maison qui était la tienne autrefois, tu portes vaguement attention à ce qui a changé et à ce qui est resté figé dans le temps. Sur les murs, là où il y avait à une autre époque vos portraits de famille, les cadres ont été remplacés par de nouvelles photos où tu brilles par ton absence. Rien de bien surprenant. La plus grande surprise dans cette histoire, c'est qu'il ont accepté ta présence entre ces murs, probablement intrigués par ce que tu as à leur dire... Chaque pas te conduit vers la conséquence de tes actions jusqu’à ce que tu arrives dans l’encadrement de la porte. Dans cette pièce se trouvent diverses machines et accessoires dont certains l’utilité t'échappent et au fond de celle-ci se trouve une silhouette assise dans un fauteuil roulant, dos à toi, le visage tourné vers la grande baie vitrée. Lentement, tu entres à l’intérieur de la chambre non sans ressentir une violente anxiété qui provoque chez toi des tremblements dans tes mains et des sueurs froides sur tout ton corps. «Bonjour Edward.» Parviens-tu à articuler difficilement, la gorge sèche, une fois que tu te retrouves à sa hauteur. Pourtant, le son de ta voix ne le fait pas réagir et que tu sois là ou non, cela ne semble pas du tout l’affecter. Son regard continue de fixer la cour extérieure. D’un autre côté, à quoi t’attendais-tu ? À ce qu’il se lève de son fauteuil roulant, qu’il te saute dans les bras et qu’il te dise qu’il te pardonne ? Tu as conscience qu’il ne peut plus rien faire de tout ça. L’homme qui est assis là n’est plus rien. Il n’est qu’une coquille vide, l’ombre de ce qu’il a été. Ton frère n’existe plus depuis 11 ans déjà… Alors que tu attrapes une chaise pour t’installer à ses côtés, tu dois te battre contre ton envie irrépressible de quitter les lieux sans te retourner.

Pendant un long moment accompagné d’un lourd silence, tu fixes ton frère dont ses yeux vides te font ressentir un mélange d’émotions contradictoires. La colère, celle que tu ressentiras toujours envers ton frère aîné «si parfait», souvent cruel à ton égard quand il ne passait pas son temps à ignorer ton existence. Jamais présent pour te défendre quand vos parents toxiques te prenaient en grippe dans le but de te rabaisser et t'humilier en te comparant à ce dernier. La tristesse, tu as beau le détester, le sort qui lui a été réservé grâce à tes actions est un poids que tu as de la difficulté à porter seule. Tu n’as jamais souhaité ça, tu voulais seulement qu’il se taise, qu’il te laisse tranquille et qu’il arrête de vouloir transformer ta vie en enfer. Le pire dans tout ça, c’est que tu ne te souviens plus du sujet de la dispute, juste du moment où tu as voulu le repousser lorsqu’il t’a saisi le poignet. Dans sa malchance, le rebord du chemin escarpé étant trop près, sa chute d’environ deux mètres l’avait conduit à se fracturer le crâne sur une pierre. Aujourd’hui encore, tu peux entendre le bruit de l’os se fracturant lors du violent impact… La honte, pas celle d’avoir tué ton frère, mais celle de l’avoir rendu handicapé et dépendant de ses proches pour le reste de ses jours. Tu hais ton frère, mais de là à vouloir qu’il termine sa vie avec d’importantes séquelles neurologiques et physiques, ça non. En quelques secondes, cet homme a vu son futur voler en éclat, quoique, tu es incapable de dire s’il est en mesure de comprendre la situation. Il ne reste plus rien d’Edward. À l’exception de quelques sons, aucun mot ne peut sortir de sa bouche, il ne pourra jamais plus marcher, manger seul, se laver seul, bref tout ce qui faisait de lui une personne autonome n’existe plus. Si lui ne peut pas te faire de reproches, tes parents, eux, le peuvent encore et ils ne s’en privaient pas à l’époque où tu vivais encore sous leur toit. Deux ans, deux longues années supplémentaires à supporter leurs reproches, à continuer à porter le chapeau de Charlie le vilain petit canard, à entendre que tu avais détruit volontairement leur «seul enfant ayant réellement un avenir» et que tu n’étais qu’une gamine jalouse de sa réussite. L’enfant haï. L’enfant de trop. L’enfant qui n’avait pas sa place au sein de cette «famille parfaite». Celle dont les problèmes psychologiques sont une honte additionnelle à cacher au reste du monde.

«Je suis désolée…» Tu n’en peux plus, tu dois sortir d’ici et au plus vite. Attendre le retour de tes parents te semble impossible dans ton état actuel. L’anxiété remonte et te serre le cœur à la manière d’un étau. Bientôt, tu feras une crise de panique qui va te faire monter les larmes aux yeux et qui t’empêchera presque de respirer. Pour éviter cela, tu t’élances en dehors de la chambre de ton frère, puis vers la sortie sans avertir l’aide soignante de ton départ. Ni une ni deux, tu ouvres la portière de la voiture avec tes mains tremblantes et tu t’installes du côté conducteur. Avant de glisser ta clé dans le contact, tu prends quelques minutes afin de contrôler ta respiration et pour retrouver ton calme. Tant pis pour le processus de guérison. Ça sera pour une autre fois. C’est avec les larmes aux yeux que tu démarres ta voiture et que tu t’éloignes de la maison de ton enfance, laissant derrière toi le souvenir de ce qu’était ton frère dans une autre vie.
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Nemo
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Nemo
Mer 5 Oct - 17:46
Oui il y aura vraiment une suite, même deux. Mais elles arriveront en fin de mois :navet:

des os de métal
jour 5

Du haut de mes trois cent trente mètres, je vois la vie de milliers de personnes défiler. Je passe mes journées à poser devant les photos et les peintres, je ne sais pas si beaucoup de monde achètent leurs œuvres, en tout cas ils sont très nombreux à venir m’observer sous toutes les boulons.
La nuit, je suis éclairée par des projecteurs et beaucoup d’évènements se déroulent sous mes pieds. Je pense qu’ils aiment bien ma présence, même si je suis destinée à rester immobile éternellement.
Parfois, certains me grimpent dessus, explorant mes entrailles et mes os de métal. Je ne comprends pas vraiment ce qu’ils peuvent apprécier là-dedans. Avoir un aperçu de la vue que j’ai chaque jour, plus haute que tout ? Peut-être.

Le temps passe et je vois la rouille grandir sur ma peau. Dites, allez-vous m’aider à l’enlever ? Si je deviens toute rouillée, personne ne voudra plus me regarder. Il suffirait de passer un coup de peinture, je ne peux pas le faire, Gustave ne m’a pas doté de mains.

Encore aujourd’hui, mes admirateurs se sont battus pour moi. Certains souhaitaient m'enlaidir autour de bâtiments gris et ternes qu’ils auraient bâtit à mes pieds. Et l’herbe ? Et les arbres ? Les oiseaux sont les seuls êtres avec qui je peux converser.
S’il vous plait, ne m’abandonnez pas, ne me détruisez pas. Je suis importante pour vous, non ?
D’ailleurs, je préfèrerais que vous donniez naissance à une jumelle, enfin je ne serai plus seule. Car oui, ma vue est peut-être remarquable, mon histoire incroyable et ma renommée mondiale, mais je ne ressens rien d’autre que de la solitude, la tête dans les nuages.


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Kitkat
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Jeu 6 Oct - 5:49
Super ! J'ai hâte de lire ça :aww:


Des os de métal
Jour 5
Le ciel est gris. Tout ce qu’il est possible de voir est un ciel recouvert de nuages qui ne laisse pas filtrer la lumière du soleil. En fait, tu ne te souviens pas de la dernière fois où tu as vu le soleil et cela n'a rien à voir avec l'automne. Depuis quand tout est devenu si gris ? Si terne que la moindre lueur d’espoir disparaît sous une masse de désespoir qui ne se gêne pas pour la détruire. Parfois, tu rêves secrètement de t’éteindre pour de bon, mais tu manques de courage pour emprunter cette voie et accélérer le processus. Il te reste quoi, encore plusieurs décennies devant toi avant de voir la fin de ce freakshow…

Tu observes tes mains comme si tu les voyais pour la première fois de ta vie. Ni trop grandes ni trop petites pour celles d’un homme, tout est là. La peau, les ongles, les veines, tout. Pourtant, tout est faux. Sous ton épiderme synthétique se cache divers matériaux, des fils, des câbles, du métal, des rouages, etc… En terme plus commun, pour ne pas dire vulgaire, tu es un cyborg, mais de manière plus poli, tu es ce qu’on appelle un humain augmenté. Peu importe le membre ou l’organe, il est possible de le changer contre quelque chose de synthétique. Une pratique qui existe depuis plus d’un siècle et dont la majorité de l’humanité utilise pour diverses raisons, bonnes ou mauvaises. Un œil à changer, un genou à remplacer, un squelette à modifier dans son ensemble, un visage à rendre jeune ainsi que beau et bien plus encore… Tant que les «clients» peuvent payer, les chirurgiens spécialisés en bionique ne vont jamais se soucier pour quelles raisons ces derniers veulent être modifiés. Le capitalisme à encore de beaux jours devant lui.

Si tu devais résumer tous les changements que tu as apporté à ton corps au cours des cinquante dernières années, cela irait plus vite de nommer ce que tu n’as pas modifié. Environ 85% de ton anatomie n’a plus rien de naturel. Plus rien d’humain, mais bien plus performant. Pourtant, à l’intérieur de toi, tu ressens cette sensation d’être vieux. Peut-être que ton âge réel y est pour quelque chose. Si d’apparence extérieure tu ressembles à un jeune homme dans le début de sa trentaine, en réalité, tu as dépassé le cap des 85 ans. Avec toutes tes modifications, si tu devais te laisser dépérir dès aujourd’hui, tu pourrais vivre encore longtemps, beaucoup trop longtemps à ton goût. Exister en étant l’ombre de toi-même pour encore, au grand minimum, une trentaine d’années te semble insupportable. À l’époque, devenir un humain augmenté s’avérait être une forme de fantasme, devenir un homme à deux doigts d’être une forme de superhéros. Plus de force, d’endurance, de vitesse, une plus grande longévité, bref que des avantages faisant rêver n’importe qui. C’est ta richesse familiale qui a permis de réaliser ton fantasme en même temps que de te condamner.

Ton regard se lève vers la fosse qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres devant toi. Un jour, lorsque tu seras hors service pour de bon, c’est ici que l’on balancera ton corps ou plutôt ta carcasse en grande majorité mécanique. Cela peut sembler fou, mais oui, tu envies ceux qui «reposent» ici depuis un temps indéterminé, privés de pierre tombale ou toutes autres formes de sépultures. N’ayant plus de chair ou presque, à quoi bon enterrer ou brûler des cadavres ? Pour les faire disparaître, il faudrait certainement utiliser une source de chaleur importante pour les faire fondre. Trop long. Trop coûteux. Malgré leur destin aux allures tragiques, cela ne te fait pas peur, tu ne crains pas la mort. Au contraire, tu l’attends avec impatience. Tu souhaites trouver la paix et oublier ce monde devenu si gris…  
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Nemo
Jeu 6 Oct - 18:50
nous sommes la fureur
jour 6

Encore ce soir, elle est là, belle, dans ses vêtements soyeux. Je sens d’ici son parfum invitant tout mon corps à venir se reposer contre elle. Elle pose son regard contre le mien, intimant un petit sourire à faire fondre un bloc de glace. Elle est merveilleuse. Sa réflexion dans mes pupilles brille de mille feux. Je me démène pour ne pas céder à mes pulsions et aller l’embrasser, là, tout de suite, l’embaumer de tout mes sens, la rendre accro, à ne plus savoir où elle se trouve ni qui elle est. Son regard est plongé dans le mien et je me noie dans ses émeraudes. Je crois même ne plus respirer. Mes pupilles dérivent jusqu’à ses lèvres rosées qu’elle a fait briller avec le gloss que j’aime tant. Elle remarque où je suis et se mord doucement la lèvre inférieure. Mon cœur rate un battement et c’est la boule de poil rousse qui me sauve en sautant sur mes genoux.

Eh bien, tu ne l’avais pas vu ?

Je sursaute une seconde fois en entendant Maria, la mère de la merveille qui rit face à moi. Tout ceci me ramène au présent, assis à la table, devant une assiette de rôti. Je souris à Maria, un peu gêné par la situation. Au moins, cette douche froide m’aura remis les idées en place.
C’est ce qu’il faut faire pour contrer son pouvoir : détacher son regard et penser à autre chose. Cela semble facile ainsi écrit, et pourtant c’est l’une des choses les plus difficiles que je n’ai jamais eu à combattre. Je me rappelle la fois où je l’ai appris, je savais pertinemment qu’il y avait quelque chose d’étrange en elle. Que ma luxure dès que je la regardais, qui se décuplait quand elle me regardait, n’était pas un simple ressenti d’adolescent.

- Ah, tu t’es fait choper par le succube ?
- Hein ?
- T’es sa nouvelle cible, arrête de la regarder.
- J’peux pas, j’veux pas, elle est tout pour moi.

C’est une claque dans le visage qui m’avait remis droit sur Terre.

- Qu’est-ce qu’il vient de s’passer ?
- Fait gaffe vieux, les succubes c’est pas d’la rigolade. Elle te lâchera pas avant de t’avoir aspiré. Dans tous les sens du terme.

J’en avais ris au départ, j’avais même trouvé ça sympa. Je m’étais dévoué à elle, à son charme.
Mais les nuits en sa compagnie sont démesurées. Elle n’est que fureur et je peine à démanteler le plaisir qu’elle éprouve, de la colère qui la ronge de l’intérieur. Rien ne la sépare de l’irréparable. Elle me possède et pourrait me détruire dès que l’envie lui prendrait. Elle est dans mon corps, mon cœur et mon esprit. Bientôt il n’y aura plus rien de moi.
Jamais elle ne s’arrête, jamais elle ne s’arrêtera.

Non, jamais mon amour. Tu es à moi, nous sommes unis, pour l’éternité.

Sa voix résonne dans mon esprit, suivi d’un rire glacial de démon. Alors que je ne la regarde pas, alors que son charme est rompu le temps d’un soupir, je la trouve immonde et répugnante. C’est quand je ne la regarde pas que je la vois telle qu’elle est réellement : un démon près à tout pour détruire ses victimes, à les engluer de force dans leurs désirs et leur appétit, à les faire moisir dans leurs passions.
Un démon, plein de fureur.


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Ven 7 Oct - 5:21
Nous sommes la fureur
Jour 6
Un père qui est une Muse et une mère qui est une Furie, autant dire que ça ne manque pas d'action. Entre une mère qui ne possède pratiquement pas de patience et un père qui s'inspire de sa colère ainsi que de sa rage dans le but de se plonger corps et âme dans son art, tu n’as pas nécessairement bénéficié du meilleur exemple parental. Heureusement que ton père était assez présent pour éviter que ta mère ne perde patience pendant tes premières années de vie. Et les suivantes. Et probablement jusqu’à la fin de ton existence en fait. Une assiette ou encore une chaise derrière la tête sont si vite arrivés… Certes, physiquement tu es résistante étant donné tes «gènes», mais te faire défoncer le crâne par ta propre mère en colère ne te semble pas être une fin de vie agréable.

Curieusement, d’aussi loin que tu peux te souvenir, tu as toujours vécu comme une humaine lambda en fréquentant diverses écoles comme des millions d’autres enfants n’ayant ton statut de créature surnaturelle. Toi et tes semblables, vous tentiez de passer le plus possible inaperçu. Par contre, le problème avec toi, c’est que tu as toujours possédé un côté colérique et perturbateur assez présent, t’attirant facilement des problèmes avec les autres petits humains que ce soit en se bagarrant avec des garçons qui se moquaient de ton strabisme - malheureusement ne pas être humaine n’empêche pas d’avoir des défauts physiques - ou encore en parlant avec tes amis pendant les cours. En vieillissant, ton cas ne s'améliorait pas surtout en sachant que tu n'appartenais pas totalement au monde des humains, mais à celui qu’on appelle les Chimères...

Dix-neuf ans. L'année où ta véritable nature fit son apparition, celle d'être une Furie aux tendances de bombe à retardement. Apprendre à te contrôler n’avait rien de facile et malgré le passage du temps, cela reste un défi de tous les jours. S'en prendre à quelqu'un d'innocent pour se nourrir en revenant d'une petite soirée bien arrosée n'avait rien d'ordinaire à cette époque. Maintenant et depuis presque deux décennies, ta mère a pris le temps de t’enseigner à viser les humains pouvant faire de la compétition à des déchets. Les rebuts, les monstres, les inutiles parasitaires, voilà vers qui tu as appris à tourner ta colère. En même temps, tu fais une bonne action envers la société, non ? Ton espèce représente la colère, la haine, la frustration, alors autant utiliser cette image négative pour la transformer en quelque chose de positif. Sauf que tu as oublié un «petit détail» plutôt important. À force de fréquenter la lie de l’humanité année après année, tu as, sans le vouloir, été influencée par leur laideur intérieure. La souillure, la laideur, la violence et tout ce qui façonne le monde des humains fini par se retrouver en toi que tu le veuilles ou non. Consommer de l’alcool et des psychotropes en quantité abusive dans le simple but de te divertir ne représente pas un problème. De toute façon, tu n’as jamais été là pour incarner le rôle d’une créature féérique qui cherche à rendre le monde meilleur. Au final, tu incarnes la colère, ce volcan grondant de plus en plus fort, menaçant de laisser exploser sa fureur sur tout ce qu’il l’entoure et en emportant au passage les monstres ainsi que les plus faibles. Tel est ta destinée.
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Ven 7 Oct - 16:37
qu'est-ce que le chagrin ?
jour 7

Maman, pourquoi tu pleures ?

Le sursaut qui me prend le fait reculer d’un pas. Je ne pensais pas qu’il était là… Mais depuis combien de temps est-il dans l’encadrement de la porte, à m’observer dans un moment de faiblesse ? Je souris à mon fils de cinq ans avant d’essuyer les larmes encore présentes sur mes joues. Je m’accroupis à sa hauteur et passe mes paumes sur son visage de bébé.

- Parce que j'ai mal au coeur, mon poussin.
- Pourquoi ?

Je sais pertinemment qu’il n’en démordra pas. Je le prends dans mes bras pour le soulever, sans retenir un petit grognement. C’est qu’il s’alourdit de plus en plus ! Je l’installe dans le canapé puis m’assied à ses côtés. Il me regarde avec ses grands yeux pleins d’innocence et d’interrogations. Il est tellement adorable que je pourrais presque oublier ma peine.

- Je suis triste parce que ton papa a décidé de partir dans une autre maison.
- Pourquoi ?
- Quand ton papa et moi nous sommes rencontrés, nous étions encore jeunes. On a décidé de fabriquer une famille, parce qu’on s’aimait beaucoup. Tu es arrivé et c’était le plus beau jour de notre vie.
- Alors pourquoi il te fait pleurer ?

Je ris légèrement en essuyant une larme.

- Il ne me fait pas pleurer. Nous nous sommes mis d’accord tous les deux. Tu sais, quand on grandit, parfois on a besoin de changer de vie, d’espace.
- Il t’aime plus, papa ?
- Si. Beaucoup.
- Et moi, il m’aime plus ?

J’aperçois une lueur de terreur dans ses yeux et ça me fend le cœur. La séparation de parents est un évènement tragique pour un enfant, surtout à cet âge.

- Bien sûr que si, il t’aime plus que tout. Tu es son petit garçon et ça ne changera pas.
- Alors pourquoi il est plus là si ça change pas ?

Ses petits sourcils blonds se froncent et son visage exprime une moue de colère et d’incompréhension. Je soupire, ne sachant pas vraiment où aller pour qu’il comprenne qu’il n’a rien à voir dans ce qu’il s’est passé.
Je me lève vers la cuisine et prends deux verres ainsi qu’un grand plat transparent et un paquet de bonbons. Il ne me lâche pas des yeux une seconde.
Je pose le tout sur la table basse devant le canapé et éventre le paquet de dragibus.

- Tu préfères quelle couleur ?
- Le rose !
- Alors le rose c’est toi. Et ton papa il sera comment ?

Il me montre le bleu du doigt, tandis qu’il choisit le dragibus jaune pour moi. Je dispose les trois bonbons côte à côte et les recouvre d’un verre.

Tu vois, Papa, Maman et toi, tous les trois ensemble, on est une famille.

Il opine du chef d’une manière tellement franche que je peine à ne pas rire pour ne pas le vexer involontairement.
Je sors deux autres dragibus que je positionne sous le second verre.

- Là, c’est une autre famille.
- Est-ce que c’est la famille de Timothée ?
- Non. Non c’est pas la famille de Timothée mon chéri. Tu ne la connais pas encore. Maintenant regarde.

Je soulève notre verre et m’empare du dragibus bleu représentant le père de mon fils. Je le coupe en deux sous ses yeux atterrés.

Ne t’en fais pas, Papa est fort, ça ne lui fait pas mal du tout.

L’explication semble tout-à-fait lui convenir, alors je continue en posant une moitié de dragibus sous chacun des verres.

Tu vois, Papa est parti un peu dans l’autre famille, mais il restera toujours dans la nôtre. Et attends…

Je rapproche les deux verres et les recouvre tout deux du grand plat transparent.

- On est une grande famille ??
- Exactement ! Papa t’aimera toujours, même si tu le verras un peu moins.
- D’accord.

Il ne semble pas vraiment convaincu, je lui demande alors de me dire ce qu’il a sur le cœur.

- Si on est toujours une famille, et qu’on est même une plus grande famille, alors pourquoi tu pleures maman ?
- Parce que même si je sais qu’il est toujours là pour nous, je vois moins Papa, et ça me fait mal au cœur.

Ça me tue. Ça me transperce et m’arrache les tripes.

C’est juste un petit chagrin, comme quand toi tu as mal quelque part. Ça passera mon chéri.

Il le faut. Pour lui.


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Sam 8 Oct - 5:58
Qu'est-ce que le chagrin ?
Jour 7
Si tu devais donner ta propre définition du mot chagrin, tu dirais simplement que c’est être triste suite à un événement, une situation dont tu n’as pas le contrôle. Bref, un terme négatif pour une situation négative. Si tu devais utiliser la définition du Larousse, c’est-à-dire «État de déplaisir, de peine, d'affliction», cela rejoindrait en grande partie ta description.

À un moment ou un nôtre de nos vies, nous allons vivre un épisode de chagrin, celui-ci pourra être long ou s’estomper rapidement, mais tu crois que personne ne peut y échapper. De toute façon, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Chacun traverse des épreuves, certaines agréables et d’autres où nous aurions envie de disparaître de cette planète. Chaque être humain, un jour ou l’autre, va ressentir cette profonde tristesse qui va tordre notre ventre, nous créer un alourdissement dans la poitrine et nous donner l’impression de manquer d’oxygène comme si la Terre n’en contenait pas assez pour atténuer ne serait-ce qu’une once de notre douleur.

Tu connais la tristesse, ça, tu la connais même très bien. Perdre un animal de compagnie, dans ton cas plusieurs d'entre eux, n’est jamais une épreuve facile à traverser, mais on s’en remet. Perdre un proche que l’on a pas vu depuis quelques années et qu’on vit maintenant avec le regret de ne pas l’avoir vu une dernière fois avant son départ est une autre forme de peine. Quand la santé mentale frappe à ta porte, qu’elle t’apporte dans un magnifique emballage ton amie la dépression, là aussi, il y a beaucoup de tristesse et surtout une souffrance qui peut se montrer compliquée à tolérer. Quand tu as la réflexion que la mort serait beaucoup plus douce à supporter que la vie, c’est que tu ne vas pas bien du tout. Cet état que tu trouves horrible à porter sur tes épaules, tu ne veux plus le revoir, mais rien n’empêche qu’il puisse revenir sans d’abord s’annoncer. La politesse n’est pas toujours de mise dans ce cas là.

Donc, à la question «qu’est-ce que le chagrin», tu es capable d’y répondre. Par contre, affirmer que tu en as vécu une fois dans ton existence, il est plus compliqué d’y répondre. Finalement, peut-être pas ou peut-être que oui, mais tu n’es pas en mesure de confirmer que tu as bien vécu cela. Par contre, tu sais qu’un jour ou l’autre, cela va arriver et qu’il est impossible de t’y préparer. La vie est pleine de surprises, parfois bonnes et parfois empoisonnées.
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Sam 8 Oct - 16:21
derrière l'or de leur haine
jour 8

C’est le moment. Dans trois minutes et vingt-cinq secondes, le glas aura sonné. Je suis assis à une table dans un grand hangar désaffecté. Mes hommes sont planqués derrière des containers, armés jusqu’aux dents. Si jamais cet accord ne tient pas, il faudra user des grands moyens. Pas le choix.
Une minute et douze secondes.
Je ne montre rien de mon stress et reste immobile sur la chaise en acier, en fumant mon cigare.
Treize secondes.

Quelques coups sont frappés à la porte du hangar et l’un de mes hommes les accueillent. Ils ne sont que trois : tout sera plus facile si jamais ça devait mal se finir. Mon adversaire est un jeune idiot qui semble ne pas tenir en place. C’est un nouveau dans le business qui, parait-il, souhaite me mettre à mal en prenant ma place. C’est dommage, petit. Ici, c’est mon territoire. Et ce, depuis plus de dix ans. Ceux qui affirment vouloir que ça change, je les attends de pied ferme.
Il déblatère toutes sortes d’idioties, probablement pour se donner une contenance et de l’assurance. Mais ça ne prend pas avec moi. Il aura ce qu’il mérite, si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain. Je lui demande gentiment de s’asseoir à sa place et d’arrêter de foutre le bordel dans mon hangar. Les deux hommes qui l’accompagnent sont beaucoup plus professionnels que le gamin : ils restent comme deux chiens de garde de chaque côté de leur maître. Des piliers de sécurité.
Sans y accorder plus d’attention, je commence le deal. Le petit me propose ce qu’il vend dans le coin, et ce avec quoi il se propulsera vers l’avant. Il me prouve une fois encore qu’il n’a rien à faire dans ce corps de métier. Ce qu’il faut, c’est être désinvolte, pragmatique et certains de nos capacités. Pas orgueilleux et irrespectueux envers ses pairs. Il prend ça à la rigolade et ça commence sérieusement à me casser les noix. Je ne dis rien pour le moment, mais fais un signe de pied à peine perceptible à mes hommes cachés non loin. Qu’ils se tiennent prêts, je sens que ce gamin va faire un mauvais pas qu’il regrettera.

Je m’empare de mon canif que je plante dans le sachet de poudre blanche. Je le ressors, le bout de la lame parsemée de grains blancs. Je porte le couteau à mon visage et inspire par le nez le produit. Déception. Evidemment. Je ne ressens pas grand-chose à l’exception de petits picotements dans la narine. Les bons produits peuvent te fournir une décharge d’excitation et d’euphorie rien qu’avec cette petite dose. Or, je suis autant excité qu’en imaginant ma voisine de quatre-vingts ans en petite tenue.
Le gamin semble s’apercevoir de ma déception et je sens sa colère grandir au fond de lui. Il ne va pas tarder à exploser.

J’crois que t’as pas bien compris à qui t’as à faire, petit. C’que tu me proposes là c’est rien d’autre que d’la farine. Si t’es venu ici pour te foutre de ma gueule, j’te conseille de déguerpir d’ici dans les dix secondes.

L’explosion est forte, mais absolument prévisible. En moins de cinq secondes, un de mes hommes tient en joug le gamin, tandis que deux autres s’approchent en trottinant du trio. Je me lève, écrase mon cigare et m’empare du flingue que tend le gamin vers mon front. Ses deux chiens de garde ne semblent pas être de vrais professionnels, en fin de compte.
Ça devait se finir comme ça, c’était évident.

Tu t’attendais à quoi, morveux ?

Je ne lui laisse pas le temps de répondre et transforme le hangar en boucherie.

*

Quand je passe la porte de la maison, une petite bouille entourée de cheveux blonds m’accueille à bras ouverts.

Papaaaa !

J’ai pris le temps de me doucher au hangar après la tuerie de cet après-midi. Je la prends dans mes bras et la fait tournoyer dans les airs. Son rire cristallin résonne dans mon esprit et encore une fois, je me dis que c’est le plus beau son de l’univers.
Quand je la repose sur le sol, elle me demande de venir la coucher et de lui lire une histoire. Je la suis volontiers et lui compte les aventures les plus farfelues de « Super-Papa ». Une heure passe et la voilà endormie. Je la contemple d’un air attendri et l’embrasse doucement sur le front.

Tu es un homme complètement différent quand elle est là.

Je regarde la jeune femme rousse qui me toise de tout son haut, depuis le haut des escaliers. Elle savait ce que je faisais lorsque l’on s’est marié. Elle savait que je n’arrêterai pas quand elle a décidé de faire un enfant. Elle sait que ce sera pour toujours, que c’est ma vie.

Je pensais qu’elle te ferait changer pour de bon.

Je fuis son regard envoûtant pour observer la porte de la chambre que je viens de quitter. Peut-être qu’elle y arrivera un jour, peut-être pas. Mais ce qu’elle arrive à faire est déjà incroyable. Elle parvient à transformer un homme cruel et antipathique en un père aimant qui ferait tout pour elle.

Peut-être qu’elle y arrivera.


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Kitkat
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patrick
Kitkat
Dim 9 Oct - 5:59
Derrière l’or de leur haine
Jour 8
«Tu vas où comme ça ma jolie ?» Les rues sont désertes à cette heure-ci et en dehors des lampadaires ainsi que des panneaux lumineux de toutes sortes, le reste n’est que ténèbres. Comme toutes villes, il est possible d’entendre divers bruits ambiants - deux chats se crachant l’un sur l’autre pour un bout de territoire, un couple probablement sous l’effet de l’alcool qui s’engueule avec la fenêtre ouverte -, mais ce n’est jamais la même chose que pendant la journée. Il est si tard, ou tôt au choix, que les boîtes de nuit et les bars sont fermés, ce qui oblige les derniers péquenauds alcoolisés, drogués et autres à regagner leur domicile. Pourtant, pour une rare fois, tu ne fais pas partie de ce groupe de ratés ambulants ou plutôt titubants. Cette nuit, tu as simplement de la difficulté à dormir et quoi de mieux que de marcher dans les rues vides de cette ville que tu connais comme le fond de ton sac.

Loin d’être effrayée, les mains enfoncées dans les poches de ta veste de cuir, tu t’arrêtes au bout de quelques pas tout en jetant un regard en biais envers celui qui a osé te déranger dans ta balade nocturne. «Ce n’est pas de tes oignons.» D’un coup d'œil, tu comprends vite que ce pauvre type est loin d’être sobre, c’est qu’il tient à peine debout. Entre la barbe mal rasée, les yeux vitreux et l’odeur d’alcool qui se dégage de sa pathétique personne, tu ne sais pas ce qui te dégoûte le plus. Face à ta réponse, la loque humaine tente de se donner une posture de mal alpha en arrêtant de prendre le mur d’une boutique quelconque comme appui pour son dos. «Ne sois pas aussi froide ma princesse, ça ne te va pas bien. J’vais te rendre moins frigide.» Tu tiques légèrement, mais tu essaies du mieux possible de ne pas perdre ton calme face à cet imbécile. Pourtant la colère gronde au fond de ton ventre, tu sens qu’elle veut monter et tout exploser sur son passage. Ton état de Chimère Furie n’aide pas à conserver facilement ton calme, mais heureusement pour lui, tu ne réagis plus au quart de tour. Enfin, pas toujours, mais ça, c’est une autre histoire.

«Tu devrais surtout fermer ta grande gueule avant que je te l’éclate d’un coup sec.» Un petit sourire à la limite d’être insolent se dessine sur tes lèvres avant que tu reprennes tranquillement ta balade. C’est que tu n’as pas envie d’attendre sa réaction, tu n’as pas envie de perdre ton temps avec ce pauvre type. Malheureusement pour lui, il n’a pas compris ton avertissement, car il ouvre à nouveau son clapet, mais pour se montrer une fois de plus insultant. «Viens ici p’tite salo…» Là, le volcan ne gronde plus, il explose et son déversement risque d’être spectaculaire. Dans sa stupidité, le mortel a voulu te suivre afin de te saisir le bras ou toutes autres parties du corps à sa portée. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est ton esquive ainsi que ton agilité à se glisser derrière lui, à lui attraper le bras, à le tordre d’une façon douloureuse tout en le montant dans le haut de son dos, puis à l’obliger à plier les genoux pour qu’il s'accroupit en direction du sol. «Veux-tu vraiment finir cette phrase ?» La colère te consume entièrement. Dans tes prunelles, tu peux sentir les flammes danser au gré de ta haine vers cette loque. Tu pourrais le massacrer en seulement quelques secondes. Là, maintenant. Les Furies ne sont pas reconnues pour leur patience et leur facilité à laisser une deuxième chance. Inspire. Expire. Tu sais que tu es capable de faire preuve de clémence quand tu es calme, mais pour ça, tu dois le redevenir et ça ne se fait pas en claquant des doigts.

Au bout de quelques secondes, tu penses à le relâcher et à quitter les lieux, mais c’est le moment qu’il choisit pour se relever d’un coup, puis de te balancer l’arrière de son crâne en pleine gueule. Rapidement, un goût de sang remplit ta bouche et tu peux sentir le liquide rouge couler de ton nez, mais cela ne te fait pas lâcher ta prise. Pire encore, ta fureur l’emporte sur tout le reste. «Mauvaise idée !» C’est avec force que tu balances ta future victime entre deux bâtiments, le faisant presque voler jusque sur le bitume, là où personne ne pourra vous voir. Lieu sans lumière, il n’y aura aucun témoin et c’est la dernière pensée cohérente que tu es capable de tenir. Alors qu’il est sonné par son vol plané de quelques mètres, tu te trouves rapidement à sa hauteur, ta main attrapant son collet afin de l’obliger à se relever légèrement. Sans la moindre hésitation, tu plonges ton regard dans le sien, sachant très bien les conséquences qu’auront tes actions. La rage et la folie latente se trouvant dans tes yeux vont contaminer le mortel, le rendre fou sans qu’il puisse y faire quoique ce soit, puis tu pourras te nourrir de son énergie vitale. La dernière chose qui te restera à faire, c’est de disposer de son corps…

***

Environ une heure s’est écoulée depuis ton copieux repas. Enfin, tu es de retour chez toi et tu ressens enfin le besoin de dormir. Le nez encore taché de sang, tu attrapes une serviette humide avant de te diriger vers ta chambre. Ou plutôt votre chambre. Dans ce lit qui est maintenant le votre, se trouve celle pour qui tu as osé prononcer les mots «je t’aime» pour la première fois il y a quelques mois, toutes espèces et sexe confondu. Pendant plus de deux ans, votre relation a été parsemée de ruptures et de remises en couple. C’est qu’elle te rend aussi folle qu’elle te calme. Relation qui peut être décrite comme toxique, mais que tu chéries plus que tout au monde. Tant pis si une journée vous détruisez des meubles par colère et frustration, puis l’autre vous passez des heures à vous dire combien vous vous aimez. Il suffit d’un mot ou d’une action pour changer votre humeur, que ce soit négatif ou positif. Curieusement, tu veux passer le reste de l’éternité à ses côtés et tu espères qu’elle souhaite la même chose.
© Laueee
Nemo
Messages : 172
Date d'inscription : 10/02/2022
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Univers fétiche : Réel - fantastique - futuriste
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tea
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Nemo
Dim 9 Oct - 15:58
des crocs dans la chair
jour 9

Fais-le.
Mes doigts parcourent la télécommande alors que je zappe sans vraiment regarder les émissions qui passent sur chaque chaîne. Je m’ennuie. Je soupire pendant une dizaine de secondes en rejetant ma tête en arrière, comme si ma vie en dépendait.
Fais-le.
Je jette la télécommande à l’autre bout du canapé et me lève en me labourant le visage de mes paumes. Mes pas me mènent à la cuisine, puis au salon, puis à la cuisine. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas où aller.
M’ignorer ne va pas me faire disparaître, tu sais.
Je stoppe tout mouvement et inspire profondément en fermant les yeux. Ce qu’il me rend dingue… J’ouvre la porte fenêtre et sors prendre un bol d’air frais sur le balcon. Les oiseaux chantent et quelques voitures klaxonnent. La lumière du soleil commence à se dissiper et les voix des adolescents qui rentrent des cours parviennent à mes oreilles. Je me souviens que j’étais l’une des leurs un jour. Heureuse, sans aucune arrière-pensée destructrice, sans monstre accroché à ma peau.
Tu sais bien que la vie avec moi est plus intéressante. Vois ce que je t’offre…
Alors que je pose un regard glacial vers une branche d’arbre au loin et que je l’imagine se broyer entre mes doigts, celle-ci se casse brutalement. Un groupe de jeunes crient en passant à côté. Jamais ils ne pourront imaginer que c’est l’œuvre de la cinglée de la sixième rue, passant ses journées sur son canapé et son balcon.
C’est vrai qu’il m’a offert un pouvoir surpuissant. Rien qu’avec mon regard je suis capable de rompre tout type de matériel. Je pourrais jouer aux super-héros, devenir un Avengers, ou former mon propre groupe de femmes incroyables. Mais je n’ai pas envie. J’ai plutôt une envie dingue de tout détruire, de tout réduire en cendre. D’entendre les cris de frayeur par-delà l’horizon.
Oui… C’est ça ! Fais-le ! Tous ces gens ne sont que des insectes. Ils ne sont rien. Ecrase-les ! Ecrase-les comme ils t’ont humilié ! Venge-toi, tue-les tous !

NON !

Des dizaines de verres se brisent dans la cuisine. Ma télévision s’éteint et part en fumée. Tout ce que je souhaite, c’est qu’il me laisse tranquille. Je veux seulement du répit, ne plus l’entendre. Je veux qu’il s’en aille de mon esprit, que ses crocs incisifs libèrent enfin ma chair, mon âme.
Je veux la liberté, la paix. Avant qu’il ne prenne le contrôle une bonne fois pour toute.


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