Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Rappelle l’été à nos mémoires d’hiver

June
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dolores June
June
Jeu 15 Sep - 21:21
Le contexte du RP

Paris, septembre 2018

Après la folle épopée du début de l’été, Leo et Marjo ont passé ensemble les derniers jours du mois d’août. Elles s’aiment, mais Leo n’arrive pas à surmonter la nuit qui l’empêche d’être heureuse. Elle a toujours préféré prendre la vie à la légère, mais avec Marjo, tout est si différent… Que leur réserve la rentrée ?


June
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dolores June
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Jeu 15 Sep - 21:21

Leo Sanchez
J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis serveuse dans un bar et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à mon côté légèrement instable, je suis célibataire… enfin, je sais pas trop, je crois ? Mon cœur brûle d’autre chose, mais… je suis impuissante à l'écouter.

J’ai perdu je ne sais comment
Le noir secret de mon tourment
À son tour l’ombre se démembre
Je cherchais à n’en plus finir
Cette douleur sans souvenir
Quand parut l’aube de septembre

— Louis Aragon, « Zone libre »

amanda arcuri (c) crushedstvrs (tumblr)
C’est pas qu’elle a pas essayé, Leo, de repenser à ce soir-là, à ce qu’il s’est passé, à cette conversation qu’elle a eue avec Marjo. C’est pas qu’elle a pas tourné en rond dans son petit appartement, baignée dans le souvenir de leurs moments tendres et de leurs larmes mêlées, cherchant à chasser d’elle sa propre impuissance.

Elle a vraiment essayé, au début. De réfléchir à ce qu’elle pourrait faire. À ce qu’elle voulait vraiment. À trouver un moyen de faire marcher les choses, un moyen de se réparer elle-même. Mais elle a juste pas les outils, c’est pas sa faute – c’est pas ma faute, pas vrai ?

À force de tourner en rond, elle a fini par atteindre le centre de ce trou noir à l’intérieur d’elle-même. Elle s’est tenue au bord du gouffre, à regarder dans le puits sans fond de ses idées noires. La peur qui la fait reculer alors, est-ce de la lâcheté ? Ou le dernier réflexe de la vie en elle ? Elle est redescendue comme d’un très grand plongeoir d’où elle aurait renoncé à sauter. Et, comme toujours quand elle retrouve la terre ferme, elle s’est mise à revivre à cent à l’heure.

Elle est descendue faire la fête, elle a déteint ses cheveux, elle a repris le travail, fait des cocktails, testé de nouveaux cocktails, bu des cocktails aussi ; elle est restée à refaire le monde avec les derniers clients, elle est allée dansée en boîte après le service – dormir, c’est surcoté. Après l’inertie de l’été, la frénésie de septembre l’entraîne dans son tourbillon inlassable.

Et au milieu de tout ça, inoubliables, il y a les grands yeux de Marjo, les lèvres de Marjo, la peau douce de Marjo…

Alors, une semaine après la rentrée, Leo, elle décide de faire une surprise à Marjo. Elle se pointe à la sortie du lycée, elle guette le beau visage qui la hante. Quand il apparaît dans la foule d’étudiants qui se déverse dans la rue, elle se fraye un passage et, sans se préoccuper de savoir si elle interrompt la conversation ou les plans de qui que ce soit, elle fait intrusion au milieu du cercle, saute presque sur Marjo avec un cri hystérique et lui passe un bras autour du cou.

Son cœur bat plus fort. Il bat toujours plus fort, avec Marjo.

« Aloooors, on avait déjà oublié la pauvre Leo ? J’espère que t’avais rien de prévu là tout de suite, parce que je t’embarque. Sorry guys, elle est à moi d’abord », qu’elle balance, pour parfaire le tableau ; et puis sans attendre, elle s’exécute et elle entraîne Marjo avec elle en riant. Puis, un peu plus loin et passé la surprise : « Bon j’avoue, j’ai pas de plan, mais je bossais pas, là, alors je me suis dit que j’allais venir te mettre l’affiche devant tes potes. Ça te dérange pas j’espère ? » Elle se penche, écarte les longs cheveux bruns et susurre au creux de l’oreille : « Tu me manquais… » Elle se recule à nouveau, filant comme une fusée, agitée, joviale : « Dis-moi tout ce que tu veux et on le fait. »
Selenaë
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Hélo
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Jeu 15 Sep - 22:10

Marjolaine Fonsi
J'ai 19 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis étudiante en 2eme année de prépa (pour entrer à polytechnique) et je m'en sors plutôt bien. Sinon, j'ai Leo dans le crâne, dans le corps et dans le coeur, mais on n'en parle pas, c'est plus simple.


Sonia Ben Ammar (c) lesamourslunaires
Les minutes passent à une allure folle et pourtant, sa vie est bien réglée. Marjo est organisée, elle a planifié toute sa vie depuis toujours. Avant même d’entrée au lycée, elle connaissait son chemin ; la prépa Louis-le-Grand, celle qui fait entrer le plus d’élèves à Polytechnique, où elle veut étudier. Marjolaine n’a pas conscience du milieu ultra-privilégié d’où elle vient, pour elle, c’est juste ... normal. Certes, la seule anguille sous roche est le divorce de ses parents, cela ne correspond plus au modèle bourgeois qu’elle avait en tête, mais elle aura sa photo de famille, entourée de son père et de sa mère avec son diplôme, pour elle, ils feront bien ça.

Dans le bus pour rejoindre la prépa, Marjolaine se permet une pause. Habituellement, elle relit ses fiches ou écoute un podcast intéressant pour s’ouvrir l’esprit, mais aujourd’hui son souffle dessine une jolie buée sur la vitre et elle se perd dans ses songes. Chacun de ses rêves fait intervenir le personnage principal de sa vie : Leo.

Tout tourne autour de cette boule d’énergie, de cette comète, de cette étoile filante. L’été qu’elles ont vécu était incroyable, indescriptible, merveilleux. Son coeur se met à tambouriner dans sa poitrine, les souvenirs affluent et la jeune brune laisse échapper un soupir d’aise. Leo est la meilleure chose qui lui soit arrivée dans sa vie et elle a adoré cette pause.

Pourtant, il faut clore ce chapitre, même si elle se déteste de songer cela, même si elle refuse de donner raison à sa mère, même si son coeur se brise en mille morceaux rien qu’à l’idée de la repousser. Les yeux fermés, Marjo laisse échapper une larme. Elle n’a pas le choix, elle ne doit pas khuber, elle doit être la meilleure au classement, un point c’est tout.

Le seul point positif dans l’histoire, c’est que Leo ne lui a pas envoyé un seul message, qu’importe les réseaux, son téléphone est resté silencieux. Leo lui a demandé du temps et Marjo lui en a offert, de bon coeur, mais plus les jours passent et plus la brune comprend qu’elle doit laisser Leo en paix. Elle ne se sont rien promis, mais à part ses cours et ses cahiers, Marjolaine ne donnera son temps à personne.

D’un geste rageur, elle sèche sa larme et se lève. Son arrêt est là, la pause est terminée, il faut aller travailler. Toute la journée, le temps défile à toute allure et Marjo n’a plus la moindre seconde à elle pour se morfondre. Elle sera la meilleure, il le faut.

A la fin des cours, Marjo se joint à ses camarades devant l’école, elles parlent de planning, d’emploi du temps serrés, des livres lus pendant l’été, des expositions faites. Et la demoiselle songe à ce musée avec Leo, à sa main dans la sienne et son estomac se tord. Pourtant, elle a l’impression que la chaleur et l’odeur de Leo sont réellement là, sur ses épaules. Quand elle relève les yeux, elle comprend qu’elle ne rêve pas. Son sourire est sincère, heureux, son coeur bondit de joie, Leo est là. En chair et en os, pour elle.

Pendant un instant, elle oublie ses résolutions, elle oublie ce qu’elle s’était promis. Puis tout lui revient. « Sympa tes ch'veux. » dit-elle d'une voix rauque, gênée de la surprise et de l'attention. Les autres ? Elle s'en fiche, vraiment, mais c'est contre elle qu'elle est en colère. Elle ne peut pas résister à la comète qu'elle a en face d'elle.

« Leo, Leo attend. » soupire-t-elle. Ses yeux se font triste et elle lui attrape la main. « Je peux pas » Elle se mord la lèvre, comment lui dire combien ce futur est important à ses yeux ? « Il faut que je bosse, je, je sais que c'est pas évident pour toi de me comprendre sur ce point-là, mais je veux être une étoile, être la première et j'y arriverai pas si je mets pas cent pour cent de mon énergie dedans. » Putain que c'est dur de l'écarter d'elle, de lui faire comprendre qu'elle passe en deuxième position, derrière son métier de rêve. Après toutes les promesses de cet été, après tous les compromis déjà instaurés. Marjo s'est laissé guidé, mais aujourd'hui elle reprend les rênes.
June
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dolores June
June
Jeu 15 Sep - 23:51

Leo Sanchez
J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis serveuse dans un bar et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à mon côté légèrement instable, je suis célibataire… enfin, je sais pas trop, je crois ? Mon cœur brûle d’autre chose, mais… je suis impuissante à l'écouter.

J’ai perdu je ne sais comment
Le noir secret de mon tourment
À son tour l’ombre se démembre
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Ok c’est clair, c’est pas la même ambiance qu’il y a quelques… jours ?? Leo, elle le voit tout de suite, et d’ailleurs elle aurait pu, elle aurait dû s’y attendre, mais comme d’habitude elle voulait faire comme si de rien n’était, comme si on pouvait toujours tout envoyer valser. Les obligations ? Elle ne connaît pas, ou plutôt si, elle croit savoir de quoi il retourne – un lointain souvenir d’école, peut-être –, mais ça l’ennuie tellement. Elle est comme une enfant qui ne comprend pas pourquoi l’heure de jouer doit passer.

Alors c’est comme ça, cette frontière invisible entre l’été et le reste du temps, elle existe vraiment, c’est pas une légende. Elle n’a pas tant l’habitude que ça, Leo, de fréquenter des personnes sérieuses, des personnes avec des vrais projets, un parcours tout tracé, de l’ambition ?? – elle a oublié ce que c’était, et ça lui fait quand même un peu l’effet de se prendre un mur. Bien sûr, elle n’en montre rien, elle ne se départit pas, elle ne se départit jamais de son sourire. La vie est faite pour être traversée avec enthousiasme et bonne humeur, pas vrai ?

« Ah ouais ok, je vois, c’est fou j’ai l’impression que t’es une personne complètement différente de celle que j’ai quittée y a genre… trois jours. Rendez-moi Marjo en fait ? » qu’elle dit mais pour rire, bien sûr, et avec tendresse. Les mots de Marjo sont durs – elle ne s’en rend pas compte –, mais Leo elle veut être tendre comme de la guimauve. Elle ne veut pas de conflit, pas aujourd’hui. Elle est d’humeur à faire des compromis.

Tout ça parce qu’elle veut juste que Marjo reste avec elle, juste un peu plus longtemps. Elle veut lui montrer qu’elle est capable de la comprendre, capable de respecter ses priorités, parce que c’est ce que font les personnes qui aiment, non ? Et Leo elle voudrait bien, être une personne qui aime, une vraie personne qui aime et qui sait être là pour l’autre. Si elle arrive à faire ça, alors Marjo restera avec elle, Marjo ne partira pas.

« Bon j’avoue que j’ai pas brillé par mes études (elle rit tellement c’est peu dire), mais je peux comprendre en vrai. » Ça lui ressemble tellement peu de dire ça que même Marjo la regarde la bouche ouverte, interloquée. « Bon je comprends pas pourquoi t’as besoin de ça pour voir qu’en fait t’étais déjà une étoile tout ce temps, mais je respecte. » Ok, le message est passé, mais maintenant ? Leo ne sait pas vraiment quoi proposer. Qu’est-ce qu’on propose à quelqu’un qui il faut que je bosse ? « Eeeuh… Viens chez moi ? Pour travailler. Tu peux venir un peu chez moi, ça pourrait être cool, y a des trucs à manger, y a du café (vous buvez beaucoup de café en prépa non ?), moi aussi j’ai des trucs à faire de toute façon. Ça te dit ? »

Elle prend un air sérieux, elle se demande quel genre de trucs elle va bien pouvoir trouver à faire. Et elle se dit dans sa tête : dis oui, dis oui, dis oui, prête à sauter de joie à l’annonce de sa victoire.

Selenaë
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Hélo
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Ven 16 Sep - 14:34

Marjolaine Fonsi
J'ai 19 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis étudiante en 2eme année de prépa (pour entrer à polytechnique) et je m'en sors plutôt bien. Sinon, j'ai Leo dans le crâne, dans le corps et dans le coeur, mais on n'en parle pas, c'est plus simple.


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Elle en a conscience, la Marjo, d'avoir été inutilement dure, mais elle se connait trop bien, cet été elle a dansé avec les étoiles, aujourd'hui elle doit regagner la terre ferme. Son estomac se tord à mesure qu'elle attend la réponse, va-t-elle être rejetée en boule et pleurer toutes les larmes de son corps ? Marjolaine voulait croire qu'elle était capable d'avancer seule, mais la réalité est bien différente.

Pourtant, Leo garde le sourire, Leo ne la repousse pas, Leo s'accroche et le soulagement de la brune est évident. Sans avoir conscience d'à quel point elle espérait, cette main tendue lui rend espoir.

« Désolée j'suis pas drôle. » dit doucement Marjo en baissant les yeux.

Devant Leo, elle complexe, parce qu'elle n'est que studieuse, qu'elle n'est pas fun. Avant cet été, elle n'en prenait pas compte, mais aujourd'hui, elle sait et tout est différent. Elle a envie d'attraper la main de Leo et de partir en courant, de tout envoyer valser, de l'aimer toute la journée comme si demain n'arrivait jamais, sauf qu'elle reste sur ses pieds, droite. Son coeur ne prendra pas le contrôle, il y a trop d'enjeux derrière... puis le et si ? traîne au fond de son cerveau. Et si Leo se lasse ? Et si Leo ne veut plus de toi ? Et si Leo rencontre une autre nana ? Marjo a lu des romans d'amour, elle sait qu'on ne peut jamais vraiment savoir avant d'essayer de tout son coeur, mais elle a trop peur. D'abord, Polytechnique, ensuite l'amour.

Marjo se sent con en ouvrant la bouche, interloquée, elle n'aurait pas dû sous-estimer Leo, mais c'est trop tard. D'un geste anodin, elle pose sa main sur la bouche de Leo. « Arrête de dire des conneries, j'suis pas une étoile. » Ses yeux brillent, parce que c'est elle l'étoile, parce que c'est Leo qui brille de mille feu et qu'Marjo, à côté, elle est juste terne. Pourtant, elle n'enlève pas sa main de sa bouche, trop heureuse de sentir l'émotion qui traverse son ventre, ses doigts qui pétillent et elle retire sa main avant qu'elle ne se mette à brûler, mais son sourire est plus doux maintenant, plus tendre.

« Carrément. » Elle n'a pas eu besoin d'être beaucoup convaincue, elle va essayer. A elle aussi de faire des efforts. Elle sourit un peu plus franchement. « Mais je te préviens, je bosse vraiment vraiment. » Le sourire est un peu plus timide, elle ne veut plus la vexée ou la blesser, juste lui faire comprendre qu'elle ne sera pas distraite et pas très drôle. Seulement, elle veut vraiment passer du temps avec Leo, le peu de temps qu'elle a pendant les trajets. « Puis si j'ai b'soin, tu m'f'ras réviser ? » Histoire de partager cette heure réellement ensemble, même si ça fait chier Leo.

Elle attrape la main, totalement indifférente au regard des autres. Elle le regrettera plus tard, quand les autres feront des remarques, quand on la traitera de lesbienne dans son dos, quand on les regards hautains la blesseront. Pour l'instant, elle s'accorde une petite pause, une minute de liberté. « Allez viens ! » Comme si c'était pas elle, Marjo, qu'il fallait traîner.
June
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dolores June
June
Ven 16 Sep - 18:58

Leo Sanchez
J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis serveuse dans un bar et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à mon côté légèrement instable, je suis célibataire… enfin, je sais pas trop, je crois ? Mon cœur brûle d’autre chose, mais… je suis impuissante à l'écouter.

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Le noir secret de mon tourment
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Quand parut l’aube de septembre

— Louis Aragon, « Zone libre »

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« Mais moi aussi je bosse vraiment vraiment, qu’est-ce que tu crois », elle dit, Leo, avec un air faussement boudeur, comme si elle s’étonnait de n’être pas prise au sérieux, de voir Marjo encore un peu dubitative. Elle a encore la sensation de la main de Marjo contre ses lèvres, elle aurait voulu faire quelque chose, lécher ses doigts, la mordre, mais elle n’en a pas eu le temps.

« Oh ouiii ! » s’exclame Leo en sautillant de joie, comme si Marjo venait de lui proposer le meilleur jeu du monde. Elle ne se rend pas encore compte de ce à quoi ça va ressembler, mais là, comme ça, ça a l’air plutôt excitant. Alors elle se laisse prendre la main, mais très vite c’est elle qui prend les devants, qui se met à trottiner, à entraîner Marjo avec elle vers le bas de la rue Saint-Jacques, plus enthousiaste que jamais.

« Bon alors c’est tout ce que t’as à dire sur mes cheveux. C’est sympa. Je suis déçue », elle dit pour la taquiner tandis qu’elles marchent pour rejoindre l’appartement de Leo. « Enfin bref, alors, ça s’est passé comment ta rentrée ? » elle demande, parce qu’autant se mettre dans le bain tout de suite, pas vrai ? « La mienne était… elle était plutôt ok. Pas trop de devoirs à faire, ça va », qu’elle dit, un peu pour rire et en même temps avec un petit arrière-goût d’amertume, parce qu’à s’entendre elle voit bien que ça n’a rien de comparable, que son petit monde de serveuse dans un bar est à des années lumières des portes des grandes prépas parisiennes. Faudrait pas qu’elle en parle trop, sinon Marjo va s’en rendre compte aussi, qu’elle se dit.

Pourtant elle n’a jamais eu honte de son travail, elle en a toujours parlé ouvertement ; les cocktails c’est pas ce qui la passionne le plus sur terre mais enfin un peu quand même, elle aime bien ça, Leo, dans le fond. Elle l’aime bien, son job. Le genre de job que les étudiants prennent comme contrat alimentaire… enfin, pas ceux de Louis-le-Grand : ceux-là ils ont pas le temps, ils bossent.

Bref, c’est bien la première fois qu’elle s’autocensure, et ça, généralement, c’est quand même pas très bon signe.

*

Elle ouvre la porte de l’appartement, elle rentre, envoie balader ses chaussures, fait de la place pour que Marjo puisse entrer à son tour, se fait la réflexion que personne d’autre n’est venu depuis elle.

Elle allume sa petite enceinte bluetooth qu’elle a payé pas cher mais qui a un son acceptable, et elle lance une playlist lofi avant de se diriger vers la petite table calée contre le mur devant la fenêtre pour faire de la place. « Oh ou sinon tu me dis si la musique te dérange, je sais pas de quoi t’as l’habitude, je me dis que ça peut être cool, que ça peut créer une ambiance… studieuse. » C’est quand la dernière fois qu’elle a prononcé ce mot déjà ?

Pendant que Marjo s’installe au bureau, Leo va s’affairer dans le coin cuisine, la regardant de loin sortir ses affaires. C’est fou comme elle a pas l’habitude de la voir comme ça. C’est une autre Marjo. Une Marjo tellement sérieuse. Tellement pas celle qui est venue prendre Leo par la taille pour faire genre que c’était sa copine, le soir où elles se sont rencontrées dans ce bar à Bastille. Et pourtant, plus Leo la regarde et plus elle se dit que cette Marjo-là aussi, elle lui plaît. Elle est si jolie, avec son air occupé, le léger pli entre ses sourcils, les lèvres à peine plus serrées, moins volontiers souriantes que d’habitude.

Au bout de quelques minutes, Leo débarque avec un plateau au bout du bras – ok pour ne pas parler de son boulot, mais elle peut au moins se servir de ce qu’elle sait faire. Elle dépose sur le bureau un grand verre d’eau, un café latte avec la mousse en forme de cœur et une part de gâteau au chocolat sur une petite assiette. Ouais, elle lui sort le grand jeu, elle espère bien convaincre Marjo que son appart, c’est genre le meilleur endroit du monde pour réviser ses cours. « Fait maison, bien sûr », se contente-t-elle de dire.

Elle en profite pour jeter un œil par-dessus l’épaule de Marjo, discrètement, histoire de voir ce sur quoi elle travaille. Ses yeux rencontrent tout un tas de formules compliquées qui lui font instantanément tourner la tête. Elle peut pas s’empêcher de dire : « Whoa, et ça fait tout juste une semaine que t’es rentrée ? Ils vous épargnent pas. » Peut-être que c’est censé être facile, après tout, elle n’en sait rien, Leo.

« Bon, ma chérie, je te laisse travailler », qu’elle dit d’une manière un peu théâtrale, pour continuer de jouer à la petite amie parfaite. Elle pouffe de rire, se penche vers elle, l’embrasse sur la joue puis elle s’éclipse aussitôt, espérant avoir tout fait comme il faut. Espérant convaincre Marjo qu’elle est tout à fait capable de la laisser tranquille.

Selenaë
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Selenaë
Mer 21 Sep - 11:48

Marjolaine Fonsi
J'ai 19 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis étudiante en 2eme année de prépa (pour entrer à polytechnique) et je m'en sors plutôt bien. Sinon, j'ai Leo dans le crâne, dans le corps et dans le coeur, mais on n'en parle pas, c'est plus simple.


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Lentement, Marjo baisse les yeux. Elle se rend compte qu'elle n'a pas été tendre. « Pardon » murmure-t-elle. Si elles n'étaient pas entourées de tant de gens, Marjo aurait été Marjo et sans la moindre hésitations, leurs lèvres se seraient touchées pour un baiser. Seulement, ici, devant les hauts murs de Louis-le-Grand, Marjo est Marjolaine. Alors elle se contente d'un regard d'excuse et une légère rougeur sur ses joues.

« Alors, déjà, c'est vraiment sympa, mais si tu veux, je peux te dire la vérité. » Les yeux qui pétillent, pose dramatique, avant de rire doucement « T'es la plus belle fille que j'ai jamais vue. » Les yeux pétillent toujours, d'un amour trop fort, trop incontrôlable, trop effrayant. Marjo est terrifiée de ce que cela signifie, parce qu'elle sait qu'elle doit y mettre fin. Elle espère, naïvement, que ce n'est que temporaire, qu'après Polytechnique, elles se retrouveront... Ou pire, elle espère que cette année fonctionnera, même si elle n'est pas la Marjo-de-l'été. Elle a envie de pleurer, alors elle sourit. Pour donner le change.

La main dans celle de Leo, elles avancent vers son appartement. « Ah tant mieux, ça redevient un peu plus calme non ? ça n'doit pas être déplaisant. » Même si les folies de l'été, la vie à mille à l'heure et la possibilité de tout oublier est agréable, Marjo est plutôt une fille du calme. Elle aime les grandes bibliothèques silencieuse, les musées pendant l'hiver et les rues vides de touristes. Elle ne songe pas un instant que ça doit être différent pour Leo.

***

Elle sourit, Marjo, en voyant Leo s'installer. Elle apprécie l'effort qu'elle fait, la place qu'elle lui laisse, l'envie de l'avoir avec elle. Evidemment que Marjo veut rester avec Leo, être un couple c'est sûrement un concept trop abstrait pour l'instant, mais passer du temps ensemble, juste à deux, même si c'est pour travailler et être chacune de leur côté. Elle espère que ça se passera bien. Pourtant, elle sent déjà qu'il y a trop de distraction ici. Elle a envie de poser son regard sur le visage de Leo, sur ses lèvres, le lit est bien visible aussi et les souvenirs remontent. D'un geste brusque, elle sort ses livres de cours et ses feuilles. Se concentrer. Et, grâce à ses longues années d'entraînement, elle y arrive en quelques secondes à peine. Le monde autour d'elle n'existe plus, son livre de Math ouvert devant elle, Marjo relit les formules, essaye de suivre le raisonnement pour obtenir le bon calcul, apprend par coeur ce qui lui sera utile pour les prochains exercices. Les formules mathématiques sont un langage universelle qu'elle apprécie énormément, ce n'est pas toujours facile et ses notes ne seront pas très haute, mais elle aime la logique qui fait que chaque chose est à sa place et que les nombres ont une fonction précise.

Elle sursaute presque quand Leo revient et un sourire s'étire sur ses lèvres. Elle quitte ses formules - dans lesquelles elle n'avait pas eu le temps de jeter plus qu'un coup d'oeil - pour admirer le plateau. Elle siffle. « Wahou, j'ai d'la chance. » Elle veut être encourageante Marjo, elle veut qu'elles y arrivent. Elle attrape tout de suite le verre d'eau dont elle boit une grande partie. « Pour se désaltérer avant de goûter ce délice. » Le café est presque trop beau pour être bu. Quand aux formules. « On s'y habitue » lâche-t-elle en haussant les épaules. Comment expliquer que c'est fantastiques ? Que toutes ces lettres mélangées aux chiffres ont du sens et sont belles ? Leo la prendrait pour une folle et Marjo ne veut pas agrandir le fossé entre elles deux. Déjà que Leo est si douée de ses mains et de ses doigts, contrairement à Marjo qui ne peut que tenir un stylo. « Merci » dit-elle en ricanant. Elle est sérieuse à jouer au petit couple ? « Amuse-toi bien chérie » répond-elle en faisait rouler le dernier mot.

Puis elle ferme les yeux, respire intensément quatre fois. Tu vas y arriver, Polytechnique est accessible. s'encourage-t-elle. Quand elle rouvre les yeux, ce sont ses formules qui apparaissent.

Combien de temps reste-t-elle concentrée ? Pour Marjo ça ne fait que cinq minutes, pour Leo au moins six heures, mais en réalité ? Marjo laisse le temps défiler, elle calcule, exécute, réapprend ce qu'elle a oublié cet été, elle pose, retiens, écrit, efface, recommence, trouve le résultat, se mord les lèvres. « PUTAIN. » lâche-t-elle au bout de deux heures. Elle soupire, s'adosse contre la chaise et la réalité la rattrape de plein fouet. Elle n'est pas chez elle, ni à la bibliothèque de l'école, elle est chez Leo. Le gâteau est intact, le café est froid. Elle le boit rapidement, pour ne pas vexer son amie. Elle espère qu'elle ne l'a pas trop regardé et n'a pas été déçue. Elle n'a pas faim. Marjo soupire en regardant son raisonnement. Elle n'arrive pas à obtenir le résultat attendu, c'est évident. Elle tapote la table avec ses doigts et mâche son stylo. Si elle ne trouve pas là, comment réussir la suite ? Elle s'interdit d'avoir de telles pensées, être positive, c'est la seule chose qui marche. Elle inspire, ferme les yeux, expire. Quand elle rouvre les yeux, Leo est devant elle. « Désolée, je te déconcentre ? » Marjo n'a aucune idée de ce qu'à fait Leo ces dernières minutes, mais elle avait quelque chose à faire, d'après ses dires. Un éclair lumineux, « Tu crois que tu peux regarder la solution pour m'aiguiller ? J'arriverais pas à ne pas tout voir et je veux pas tricher, je veux juste un indice ! » Marjo est concentrée sur son exercice, elle ne pense à rien d'autre à ce moment-là. Elle lui tend son livre qu'elle ouvre à la bonne page en se forçant à ne rien regarder. « Exercice 4, question 5. » indique-t-elle, à des lieux de se rappeler que pour Leo, ça n'a pas le moindre sens.
June
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Mer 21 Sep - 22:03

Leo Sanchez
J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis serveuse dans un bar et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à mon côté légèrement instable, je suis célibataire… enfin, je sais pas trop, je crois ? Mon cœur brûle d’autre chose, mais… je suis impuissante à l'écouter.

J’ai perdu je ne sais comment
Le noir secret de mon tourment
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— Louis Aragon, « Zone libre »

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Après avoir déposé l’assiette, la tasse et le verre sur le petit bureau, et ri d’entendre Marjo rentrer dans son jeu, Leo récupère son plateau et s’en retourne le déposer dans le coin cuisine. Elle traîne un peu, regarde autour d’elle, constate que Marjo est vraiment sérieuse et se met au travail, se sent un peu seule tout d’un coup, fait le peu de vaisselle qui reste dans l’évier, en faisant durer le moment le plus possible, puis décide même de nettoyer le minuscule plan de travail. Elle dépose l’éponge, recule un peu, constate que tout est plutôt propre et ordonné, se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire maintenant.

Elle a bien dit qu’elle avait des trucs à faire, elle ne peut pas perdre la face. Elle pousse un long et profond soupir. Elle se rend compte qu’elle a peur, en fait, de se retrouver face à elle-même dans le silence, sans rien ni personne pour détourner son monologue intérieur. C’est le genre de situation qu’elle a toujours fui. Elle a besoin de mouvement, d’agitation. Éviter qu’au fond d’elle se redépose la poudre aux yeux qu’elle agite sans cesse pour s’empêcher de voir clair à travers elle-même.

Que font les gens normaux, dans cette situation ? elle se demande. Que font les gens de leur vie, quand ils ne sont pas en train de flâner ou de faire la fête ? Quel genre d’occupation sérieuse ils peuvent bien avoir ?

C’est un peu l’occasion de redécouvrir son appartement sous un jour nouveau. Tout doucement, pour ne pas déranger Marjo – qui, de toute façon, a l’air d’être déjà complètement partie dans un autre monde –, Leo arpente les lieux, s’attarde devant ses quelques meubles, à la recherche de ce qu’elle pourrait bien faire. Elle s’accroupit devant la petite bibliothèque qu’elle ne regarde jamais, pousse les quelques cartons et le bazar qui s’étaient accumulés devant, avec des gestes exagérément délicats, jouant à faire le moins de bruit possible. Voyons, qu’est-ce qu’on a là d’intéressant…

Elle penche la tête, ses cheveux tombent devant son visage, son regard court sur les dos des livres et des carnets qu’elle sait vierges, pour la plupart. Elle pourrait se cultiver un peu, qu’elle se dit. Ça pourra pas lui faire de mal. Elle sort de la bibliothèque un catalogue d’exposition qu’elle n’a jamais ouvert, depuis qu’elle l’a acquis dans les bacs de déstockage d’une librairie du quartier. Elle prend un petit cahier et un stylo, histoire de prendre des notes, puis elle se met sur le lit, ouvre le livre et le cahier, s’installe sur le ventre, les jambes croisées en l’air, dos au mur et derrière Marjo, dont elle ne voit que légèrement le profil penché sur les formules mathématiques.

Elle essaye vraiment de s’occuper sérieusement, Leo. Elle prend son air le plus concentré comme si ça allait l’aider et tourne quelques pages, écrit quelques mots sur le papier vierge, avant de mâchonner le bout de son stylo. Après quelques minutes, elle lâche le stylo et se met sur le dos, tenant le livre à bout de bras au-dessus de sa tête. Puis elle se retourne sur le lit, s’appuie sur un coude, la tête dans la main, le livre sur le côté. Elle ne peut pas s’empêcher de changer de position toutes les trente secondes. De temps en temps, elle jette un œil plein d’espoir vers le petit bureau, en vain. Marjo est totalement absorbée dans le travail, à tel point qu’elle n’a pas touché au café ni au gâteau de Leo. Est-ce que j’en ai fait trop ? elle se demande, Leo, un peu triste.

Elle sait pas trop ce qu’elle espérait, au juste. Marjo l’avait prévenue qu’elle travaillerait. Mais peut-être que Leo s’imaginait qu’elle disait ça mais que quand même, elle se laisserait un peu aller, qu’elle dirait oh finalement ce n’est pas grave, je peux bien prendre un peu de temps off avec toi, tant pis pour les choses sérieuses, on verra ça plus tard. Elle a un petit pincement au cœur, elle aimerait faire quelque chose, briser cette bulle qui les sépare et la rejoindre, mais elle se retient. À la fois pour tenir son engagement, montrer à Marjo qu’elle est digne de confiance, et à la fois parce qu’elle finit par se dire, un peu, que peut-être Marjo n’est pas intéressée par elle, après tout. Pas maintenant, en tout cas. Plus maintenant.

Après plusieurs heures, après la lumière allumée, après le café définitivement froid, Leo a abandonné l’idée de lire. Elle tourne les pages distraitement, ne regardant que les images ; elle griffonne des petits dessins dans son cahier, prête à tout moment à se lever pour rejoindre Marjo, à tout moment réfrénant cette envie qui la dévore, occupant toutes ses pensées disponibles. Pourtant, elle a abandonné tout espoir, elle sait que Marjo ne se retournera pas, que Marjo ne viendra pas sur le lit avec elle en abandonnant ses mathématiques. Mais c’est plus fort qu’elle.

Elle sent qu’elle a besoin de bouger. Alors elle se lève, elle s’apprête à aller chercher une paire de ciseaux – puisqu’elle ne va pas le lire, elle peut bien le découper, ce vieux catalogue, de toute façon il ne coûtait rien et l’édition est vraiment moche. Et c’est à ce moment-là que Marjo pousse un juron qui la fait sursauter.

Leo s’approche du bureau et a un rire nerveux quand elle entend la question de Marjo. « Si tu me déconcentres ? » Elle se rappelle qu’elle est censée être très occupée, elle aussi. « Oh, non, pas du tout, ne t’inquiète pas », qu’elle se rattrape. Puis Marjo, comme si elle n’avait pas vraiment écouté, pas vraiment entendu la réponse, lui fourre son livre d’exercices dans les mains. « Eeeeeuh… » fait Leo en parcourant des yeux les lignes qui composent la « question 5 ». Elle ne sait pas quoi dire, quoi faire, elle est démunie et elle n’aime vraiment pas ça. « C’est du chinois pour moi Marjo, je crois que je serais capable de te donner la réponse sans le vouloir », soupire-t-elle, mais elle a envie d’essayer. « Alors euh, y a des chiffres et des lettres aussi, et… » Elle ne peut pas s’empêcher de pouffer de rire, incapable de rester sérieuse. « Excuse-moi, j’étais pas prête à me retrouver face à face avec un problème de maths de niveau Einstein », s’esclaffe-t-elle en rendant son livre à Marjo. « Je me rends. » Elle mime le fait de lever les mains en l’air.

« Tu sais que ça fait plus de deux heures que t’es là-dessus ? » demande Leo, avec une certaine tendresse, comme on s’adresse à quelqu’un qui reprend pied dans la réalité après un long sommeil, pour ne pas le brusquer. « Rappelle-moi, c’est quoi que tu veux faire comme métier ? » Elle se rend compte, en le demandant, qu’elle l’a toujours ignoré. Elles n’ont pas fait les choses dans l’ordre, Leo et Marjo, jamais. Elles n’ont pas eu les conversations banales des gens qui apprennent à se connaître. Elles se connaissent si bien pourtant, leur intimité a le pouvoir d’être si forte, et malgré ça elles ignorent des choses tout à fait basiques l’une sur l’autre. Ça lui manque, à Leo, elle n’aime pas trop ça, découvrir qu’en fait elle ignore certains trucs sur Marjo que tous les autres doivent connaître. Elle a envie de s’intéresser à elle. Parce que Marjo, c’est son étoile, c’est le centre de son monde… qu’elle le veuille ou non.

Selenaë
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Hélo
Selenaë
Jeu 22 Sep - 20:37

Marjolaine Fonsi
J'ai 19 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis étudiante en 2eme année de prépa (pour entrer à polytechnique) et je m'en sors plutôt bien. Sinon, j'ai Leo dans le crâne, dans le corps et dans le coeur, mais on n'en parle pas, c'est plus simple.


Sonia Ben Ammar (c) lesamourslunaires
Leo rit, elle se rapproche en faisant bruisser les draps, son odeur avance en même temps qu’elle, mais Marjolaine est totalement hermétique à tout ça. Concentrée comme jamais elle ne l'a été en présence de la fausse-blonde. Elle tend son cahier, laissant les mots entrer puis sortir entre ses deux oreilles. Elle voudrait bien résoudre l’exercice. Jusqu’à ce que Leo rigole, franchement. Marjo relève les yeux et quitte sa bulle. Le choc est brutal. Elle s’adosse et ses paupières papillonnent un instant. Elle ne peut que répondre au sourire de Leo, à la bonne humeur de Leo. Elle ne devrait pas, mais elle est incapable de résister. Elle sourit largement et récupère son livre.

Pourtant son sourire disparait bien vite. « DEUX heures ? J’ai perdu deux heures sur ça ? Merde merde merde. » Elle panique la Marjolaine, parce qu’elle a encore douze exercices à faire, encore deux leçons à assimiler, encore de l’anglais dans lequel se plonger, encore la physique à revoir. Son cerveau tourbillonne, elle n’aura pas le temps, elle n’y arrivera pas, mais alors qu’elle n’est pas loin de se mettre à pleurer, la question de Leo la coupe dans son élan. « Rappelle-moi, c’est quoi que tu veux faire comme métier ? » Et elle se sent con.

Encore une fois, sa bouche s’ouvre de surprise et elle cligne plusieurs fois des yeux. Vraiment, elle se sent idiote d’être hébétée de la sorte. « Tu, tu vas m’prendre pour une folle mais » Elle tortille ses doigts, se mord la lèvre, puis avoue dans un souffle « je ne sais pas » Elle a envie de s’expliquer, de donner des raisons, mais tout lui semble foireux dans sa tête. Comment choisir les bons mots ? Sachant que Leo la prend déjà pour une extraterrestre, elle se sent perdue et trop éloignée de Leo. Un gouffre les sépare et, si elle y réfléchissait deux minutes, elle est certaine qu’elle plongerait sans la moindre hésitation pour aller de son côté à elle, pas celui de l’X, qui n’a pas le moindre sens. « Toute ma vie j’ai été pressentie pour faire Polytechnique, on me parle de cette école depuis que j’ai 5 ans au moins, sans rire. Je ne vois que ça comme finalité, une fois que j’y serais… je trouverai bien quelque chose » Elle s’arrête quelques secondes parce que sa phrase est finie, mais rapidement elle rajoute « qui me plait. » Parce qu’elle a l’impression que c’est mieux, que ça donnera plus de sens à ses mots maladroits pour Leo, que trimer toutes ces années pour faire un boulot merdique ça ne devrait pas exister, mais en soit, la finalité importe peu à Marjo… pour l’instant du moins. Une fois entrée dans l’école, tout ira bien. Non ?

Toujours adossée contre le siège, ses livres et cahiers ouverts devant elle, Marjo pioche distraitement dans le gâteau. « Eh mais c’est super bon ! » Elle ne cuisine plus de gâteau, elle ne mange que des snacks pendant les pauses… Heureusement qu’elle vit chez sa mère qui la force à manger sainement le soir, car elle sait qu’une de ses potes qui vit seule ne dîne pratiquement pas, ou alors elle grignote en bossant. « Je suis désolée, c’est sûrement pas ceux à quoi tu t’attendais, mais j’ai une idée. » Et tant pis s’il faut qu’elle redouble de travail plus tard, elle est jeune, elle dormira moins, c’est tout. « J’ai les langues à travailler aussi, moins évidemment, mais ça, on peut le faire ensemble. » Non Leo, je ne parle pas de t’embrasser, mais de regarder des films en anglais, d’aller voir une pièce de théâtre, je sais pas, n’importe quoi, qui te fasse plaisir autant qu’à moi. Elle a droit d’avoir du temps libre aussi. Pour sa santé mentale, elle doit le faire, c’est le psychologue scolaire qui est venu leur parler en début d’année, sauf qu’ils se sont tous regardés en mode ahah qui est le faible qui a besoin de faire autre chose pour ne pas craquer ? ils ont tous vécu une première année de prépa intense, mais … sont-ils au courant que la deuxième année sera sûrement pire ?

Marjo prend une nouvelle cuillère du gâteau et l’approche des lèvres de Leo. « J’imagine que tu t’es pris une part aussi, mais c'est encore meilleur si c’est moi qui te l’offre. » Son regard accroche les orbes brillantes de celle qui fait battre son coeur. Elle a décidé de prendre une pause, en cette fin d’après-midi elle n’est pas raisonnable, mais tant pis. Elles le méritent, toutes les deux.
June
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dolores June
June
Sam 24 Sep - 0:01

Leo Sanchez
J'ai 24 ans et je vis à Paris, France. Dans la vie, je suis serveuse dans un bar et je m'en sors moyen. Sinon, grâce à mon côté légèrement instable, je suis célibataire… enfin, je sais pas trop, je crois ? Mon cœur brûle d’autre chose, mais… je suis impuissante à l'écouter.

J’ai perdu je ne sais comment
Le noir secret de mon tourment
À son tour l’ombre se démembre
Je cherchais à n’en plus finir
Cette douleur sans souvenir
Quand parut l’aube de septembre

— Louis Aragon, « Zone libre »

amanda arcuri (c) crushedstvrs (tumblr)
Alors celle-là, elle s’y attendait pas, Leo. Ça explique peut-être que le sujet ne soit jamais venu sur le tapis, ou qu’elle ne se soit pas souvenue de la réponse. Finalement, ça la soulage, Leo, autant que ça la déboussole. Ça la soulage, parce qu’elle culpabilisait un peu de ne pas savoir ; et ça la déboussole, parce que jamais elle n’aurait pu imaginer qu’on mette autant d’efforts et de peine dans quoi que ce soit sans savoir ce qu’on veut vraiment, à la fin.

En fait, elle se rend compte, Leo, qu’elle a un peu mis le doigt sur un truc sensible. Elle qui pensait poser la question la plus banale du monde, celle à laquelle Marjo serait sûre d’avoir la réponse… Mais elle s’efforce de ne rien montrer de sa surprise, de ne pas dévoiler à quel point ça n’a aucun sens dans sa tête, ce qu’est en train de lui expliquer Marjo, parce qu’elle ne veut pas lui faire de peine, elle ne veut pas la faire douter, elle veut seulement être là pour elle. Du mieux qu’elle peut. Alors elle acquiesce, elle fait comme si tout était parfaitement normal dans ce que Marjo est en train de lui raconter. Même si la partie la plus animale de son cerveau se dit que c’est quand même carrément tordu, comme histoire.

« Oh, oui, c’est sûr », qu’elle dit d’un air convaincu. « Ça a l’air tellement dur d’entrer là-dedans qu’une fois là-bas, c’est sûr, ton avenir ne pourra qu’être assuré », elle ajoute, les mots maladroits, sans savoir qu’en plus c’est malheureusement souvent bien loin de la réalité. En fait, Leo, elle dit ce qu’elle croit qu’elle doit dire. Ce qu’elle croit que Marjo a besoin d’entendre – et peut-être que c’est vraiment ça, mais est-ce jamais bon, d’abandonner sa spontanéité par peur de ne plus être la bonne personne ?

Leo rigole quand Marjo goûte, finalement, le gâteau. Elle ne lui tient pas rancune de ne pas l’avoir fait avant : elle est tellement adorable. « Bah ouais, c’est super bon, tu me prends pour qui ? » qu’elle fait mine de râler. Puis elle continue de rire quand elle entend la proposition que lui fait Marjo. Elle est aussi nulle en langues que dans tout le reste. Elle essaye de répondre en détournant la proposition avec délicatesse – en ça, c’est sûr, elle est pas super bonne, en tout cas –, mais Marjo prend sa réponse pour acquis et lui plante une cuillère pleine de gâteau sous le nez. Leo rit, elle rit encore, elle rit de s’entendre rire aussi ; c’est si bon, d’être avec la personne qui nous fait le plus rire au monde.

Puis, Leo baisse le regard et rencontre celui de Marjo. Quelque chose a changé, là, elle le voit, elle le sent. Ce n’est plus le même ton, soudainement. C’est beaucoup plus… sensuel. Leo a l’impression de retrouver un peu la Marjo qu’elle a connue. Elle entoure de sa main la main de Marjo, souriant avec tendresse. « Tu sais qu’il serait presque l’heure de dîner en fait. » Et puis elle ouvre la bouche et guide délicatement entre ses lèvres le morceau de gâteau qu’on lui tend. Et en même temps qu’elle fait ça, elle passe une jambe autour de Marjo et vient s’asseoir sur ses genoux, face à elle. « Délicieux », dit-elle, et elle l’embrasse sans lui laisser le temps de réagir, passant ses deux mains dans les cheveux de Marjo, fermant les yeux. Puis elle rit tout contre ses lèvres, quand elle dit : « T’as un goût de chocolat », et quand elle pense qu’elle aussi, elle doit avoir un goût de chocolat.

« Désolée, mais tu m’as tendu la perche aussi, avec tes histoires de langues », susurre Leo en reculant légèrement le visage mais en gardant ses mains dans les cheveux de Marjo, admirant ses grands yeux clairs. « Dans la vie je suis bonne à trois trucs : faire des gâteaux, faire des cocktails et… tu veux savoir le troisième truc ? » qu’elle demande, d’une voix assez suggestive pour ne laisser aucun doute sur ce qu’elle entend par-là.

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