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LE TEMPS D'UN RP

Un mariage arrangé et deux affligés [Asma x Jen]

Asma
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patrick
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Asma
Mar 6 Déc - 3:27

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
En savoir plus.




Tout se passa en une fraction de seconde. Le roast beef échappa des pinces de l’automate. Craignant qu’Erika ne réagisse comme elle l’avait fait à bord du Boréal lorsqu’elle avait été prise par surprise, Orion tendit brusquement les mains pour essayer de rattraper le morceau de viande avant qu’il ne finisse sa course sur la tunique de la jeune femme à sa droite. Cette dernière fit miraculeusement apparaître une assiette et, avec une dextérité surprenante, rattrapa son dîner. Sans avoir causé la moindre catastrophe. De son côté à elle, du moins.

Orion sentit aussitôt le bout de ses doigts se glacer. Il s’empressa de plonger les mains sous la table, pour les cacher. La sensation était douloureuse, comme s'il avait plongé la main dans un seau d'eau glacée ou dans de la neige humide. Il plia et déplia les doigts à plusieurs reprises, pour chasser la désagréable sensation et réactiver sa circulation sanguine. Que venait-il de se passer ? D'où lui venait cet étrange fourmillement ? Il espérait simplement que personne ne remarquerait rien. Lazarus avait rejoint son automate et reprit le service à son compte. Orion secoua la main, jusqu’à temps que les petits picotements froids cessent de le gêner. Il se concentra alors de nouveau sur la conversation.

- Je crains n’avoir rien à vous dire, répondit-il à Lazarus, en appuyant sur les quatre derniers mots à l’attention d’Erika. Mon existence est loin d’être aussi palpitante que la vôtre. Je ne fais que faire des sauts de puce d’arche en arche, alors que vous, vous prenez le temps d’en découvrir les merveilles.

Fier comme Artaban, l’explorateur bomba le torse. On sentait qu'il s'apprêtait à reprendre la parole. Orion le prit de court.

- J’envisage de profiter de l’occasion pour passer du temps avec mon épouse, poursuivit plus posément le jeune homme. Au calme et en paix.

Cette fois encore, il eût un regard appuyé sur la jeune femme en prononçant ses derniers mots.

- Ha, si vous recherchez du calme, je connais quelques arches mineures parfaites pour vous.

Lazarus, trop heureux de pouvoir mener de nouveau la conversation, entreprit alors de citer l’exemple d’une arche mineure dont Orion n’avait jamais ne serait-ce qu’entendu parler. Il leur relata tout ce qu'il avait pu y découvrir. Il en évoque une autre, fit mention de personnes qu'il y avait côtoyé. Le grand brun mangeait son rosbeef tout en l'écoutant d'une oreille distraite.

- Mais si vous voulez une quiétude absolue, mieux vaudrait vous isoler dans l’une des créations de Doña Mercedes.
- De qui ? Demanda poliment Orion, qui intervenait parfois dans le monologue pour relancer son hôte.
- Doña Mercedes Imelda ? La célèbre architecte arcadienne ? Une des grandes virtuoses de Babel. J’ai eu la chance d’examiner l’une de ses créations au Pôle. Une merveille !

Arcadienne.
Arc-en-Terre.

Astréos et Sélène recherchaient Arc-en-Terre. Pour ce faire, ils cherchaient un moyen de s’accaparer un pouvoir d’aiguilleur. Pouvoir que se partageaient maintenant Orion et Erika. Quoi de tel que de cacher les deux aiguilleurs dont leur ennemi avait besoin au seul en droit où ils ne pourraient pas les trouver… sans aiguilleur. S'il trouvait Arc-en-Terre, il pourrait y mettre Erika en sécurité.

Le voilà, le plan. Il fallait qu’ils trouvent Arc-en-Terre avant sa guilde. Orion se tourna en direction de la jeune femme et conclut, d'un air entendu.

- Une arcadienne ? Au Pôle, dites-vous ?
Jen
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tea
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Jen
Mar 6 Déc - 7:49

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

Un mariage arrangé et deux affligés [Asma x Jen] - Page 6 ApprehensiveAnnualIsabellineshrike-size_restricted

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Erika finissait son assiette l'air de rien, hochant distraitement de la tête comme si tout cela ne la concernait pas vraiment. Pourtant, elle ne perdait pas une miette de la conversation entre les deux hommes. Lorsqu'Orion appuya fortement sur les mots "calme" et "paix", la jeune fille soutint légèrement son regard, en acquiesçant plus fermement. Elle était bien d'accord, calme et paix étaient plus que bienvenus dans sa vie. Mais en auraient-ils seulement le luxe ?

Lazarus prononça alors le mot arcadienne et le sang d'Erika ne fit qu'un tour. Elle se jeta un coup d'oeil en biais à Orion, qui avait soudain manifesté un intérêt réel pour la conversation. Elle reporta toute son attention sur leur hôte, qui se mit alors à expliquer qu'il existait une arcadienne au Pôle, qui manifestement y faisait office d'architecte. Le capitaine se tourna vers elle, et son air entendu ne laissait pas place au doute. Ils allaient retrouver cette acadienne au Pôle, et d'une façon ou d'une autre, atteindraient Arc en Terre avant les Grands maîtres. Elle pourrait ainsi y être en sécurité. Frappée par cette réalisation soudaine, Erika lui fit signe du regard en retour. C'était un plan parfait, comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? Si cette arche n'était trouvable qu'avec l'aide d'un Aiguilleur, alors elle serait tranquille pour un bout de temps. Peut être même pourrait-elle y recommencer une nouvelle vie, et écrire à ses parents ? La jeune fille fronça du nez. Ses parents. Ils allaient finir par s'inquiéter si elle ne donnait pas de nouvelles, et la dernière chose dont elle voulait était de mêler sa famille à cette sordide affaire. Elle se promit d'y remédier rapidement.

En réponse à l'interrogation du grand brun, Lazarus hocha vigoureusement de la tête. Visiblement, il était fier de pouvoir étaler ses connaissances face à ses invités.

"- Lorsqu'elle a croisé mon chemin au Pôle, elle se faisait appeler la Mère Hildegarde si mes souvenirs sont bon, précisa t-il. Mais attention, c'est un sacré personnage que notre chère Doña Mercedes. Mais elle a un faible pour tous les sans-pouvoirs là-bas, d'ailleurs ses sabliers sont tout aussi populaires parmi eux que parmi les nobles de la cour.

Il désigna la tunique blanche d'Erika. Zeyd lui avait effectivement expliqué que la tunique blanche était caractéristique des sans-pouvoirs sur Babel. Elle se contenta de sourire poliment en retour. Si seulement elle avait pu rester une simple sans-pouvoirs, ou même une demi-pouvoir, cela lui aurait grandement simplifié la vie.

L'inventeur se pencha alors sur la table puis enchaîna sur le ton de la confidence, s'adressant de nouveau à Orion.

- Pour votre voyage de noces, je vous suggère fortement de vous en procurer un bleu ou un jaune, on raconte qu'ils promettent un aller simple pour le paradis."

Il appuya ses derniers mots d'un clin d'oeil suggestif. Erika se tassa sur sa chaise et fit mine de ne pas avoir entendu ses derniers mots. Un épais silence suivit sa remarque, mais Lazarus reprit d'une voix enjouée, l'air de rien.

"- Ha, quelle chance vous avez mon ami ! Les premiers mois de mariage sont les plus beaux dit-on. Il se tourna alors vers Erika. N'est-il pas difficile pour vous de devoir désormais partager votre charmant capitaine ?"

Erika se mortifia. Elle balbutia des mots incompréhensibles, en triturant sa tunique des mains. Puis à son tour, elle se prit d'une fascination immense pour la carafe d'eau posée face à elle. Elle la regarda avec une telle intensité qu'elle aurait été capable de la redessiner dans ses moindres détails.

- Je plaisante évidemment, ne faites pas cette tête miss", se moqua Lazarus un sourire espiègle aux lèvres.

La brunette se retint de n'ajouter quoique ce soit. A la place, elle contempla son assiette vide pour se donner de la contenance.

"- Hé bien il se fait tard, je ne vais pas vous retenir plus longtemps dears, enchaîna l'inventeur. Filez rejoindre votre belle mon ami, et j'espère que nous chemins se croiseront de nouveau bien assez vite !"

Il se leva et suivi par son armée d'automates, les raccompagna jusqu'à la grille. Il échangea une poignée de main affectueuse avec Orion, puis se fendit d'un baisemain pour elle, avant de joyeusement disparaître dans son immense demeure.

De nouveau seuls dans l'allée désormais tout à fait déserte, Erika se tourna avec un entrain retrouvé vers le grand brun.

"- En combien de jours pouvons-nous espérer atteindre le Pôle ?"


Un mariage arrangé et deux affligés [Asma x Jen] - Page 6 1653241206-10Un mariage arrangé et deux affligés [Asma x Jen] - Page 6 1653241209-5Un mariage arrangé et deux affligés [Asma x Jen] - Page 6 1653241536-6
Asma
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Mar 6 Déc - 11:14

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
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La mère Hildegarde…. Cette femme serait-elle en mesure de les aider ? En aurait-elle la volonté ? C'était un pari. Mais un pari qu'il était prêt à tenter.

Lazarus changea de nouveau de sujet de conversation, et Orion sentit le rouge s'étendre de ses oreilles à sa nuque et remonter sur l'avant de son cou. L'attention de l'explorateur indiscret se porta alors sur Erika, qui n'en mena pas beaucoup plus large que lui.  Orion la gratifia d'un regard narquois, qui avait eu beau jeu de se moquer de lui plus tôt. L'arroseur arrosé.

Le repas toucha à sa fin. Invités et hôte se quittèrent cordialement. L'automate les escorta jusqu'au portail. Le jeune homme regarda autour de lui. Quand elle reprit la parole, Orion posa les yeux sur Erika comme si, pour la première fois depuis que leurs vies étaient entrées en collision, il la voyait vraiment. Alors qu'ils n'avaient pas pu échanger un mot sur le sujet, elle était parvenue à la même conclusion que lui. Que la suite logique pour eux se trouvait au Pôle. Pour elle, se corrigea-t-il intérieurement. Plus que cela, elle semblait même emballée par la perspective de partir. Elle qui avait eu l'air si déchirée de quitter son arche natale, maintenant enthousiaste à l'idée de changer d'arche pour la énième fois. Se découvrait-elle une passion d'arche-trotteuse ?

Par réflexe, Orion fit appel à son pouvoir pour identifier l'Harmattan, amarré à l'aérostation. Avant même de réaliser ce qu'il avait fait et de pouvoir s'interrompre, le vaisseau volant lui apparût sans la moindre difficulté. Pas de migraine, pas de douleur. Le désagréable épisode semblait avoir pris fin. Le cap établi, le grand brun en prit tranquillement la direction. Il lui fit signe de l'accompagner. Ils pourraient parler en cheminant.

À cette heure avancée, hormis l'automate occasionnel, les rues étaient désertes. L'air était devenu plus frais. L'humidité moins prégnante. Le temps était agréable.

- D'ici ?

Il calcula mentalement le temps de trajet. S'il voulait faire la traversée avec le Boréal, il en aurait pour quelques jours à patienter sur Babel jusqu'à ce qu'il arrive. Le long-courrier attaquerait ensuite la liaison de Babel à Plombor, qui transitait par Anima et le Pôle. Avec toutes les escales intermédiaires qu'il avait à desservir, il y en avait facilement pour trois semaines en tout. C'était beaucoup trop long.

Avec l'Harmattan, il n'y aurait pas d'attente avant le départ. Il pensait raisonnablement pouvoir faire le trajet en trois ou quatre jours, en filant droit et à bon train, et sous réserve que ses pouvoirs n'en fassent pas de nouveau des siennes. Sans parler des caprices de la météo du Pôle. De cette façon, il évitait aussi d'impliquer plus que de raison l'appareil qui faisait la fierté de sa carrière, et son équipage, dans les péripéties qui les attendaient.

- Trois jours, je pense, répondit-il après quelques instants de réflexion. Sous réserve des conditions en approche du Pôle.

Orion était pensif. Il y avait bien une autre possibilité. Erika était venue à Babel par une Rose des vents. Elle devait se rappeler où celle-ci se trouvait. Le temps de passer deux portes, et ils seraient sur place. C'était l'option la plus rapide. Mais aussi la plus dangereuse. Orion n'avait aucune idée d'où menait la porte du Pôle, si tant était qu'une liaison directe ait été créée entre les deux arches. Sinon, pire encore, il leur faudrait transiter par une autre arche, et le même problème se poserait. Savoir où les portes menaient. Risquer de se trouver pris au piège sur une arche loin de leur cible.

S'ils parvenaient au Pôle par ce biais, il leur faudrait être extrêmement discrets une fois sur place. Si on les découvrait, comment parviendraient-ils à expliquer leur présence sur l'arche, alors qu'aucun moyen de transport ne les y avaient emmenés ? Orion avait entendu parler d'un intendant d'une redoutable rigueur sur les irrégularités dans les arrivages de cargaisons des long-courriers. Il détectait d'un coup d'œil les anomalies, et ne tolérait absolument aucune digression par rapport à ce qui était annoncé sur les manifestes. Heureusement, le capitaine n'avait pas eu à faire à lui lors de ses escales avec le Boréal. Mais d'autres en avaient fait les frais. Quel traitement serait réservé à deux individus présents sur l'arche sans être passés par les formalités préalables qui s'imposaient à ceux qui arrivaient par aérostat ? Il préférait ne pas le savoir.

Non, il valait mieux arriver par les airs. Ils auraient ainsi tout le loisir de s'inventer une raison pour leur visite, voire de nouvelles identités. En tout cas, du temps pour y réfléchir posément. Il y aurait également quelques préparatifs à envisager avant le départ. Il ferait passer un message au Boréal, ne serait-ce que pour faire savoir à Bartolomé  qu'il avait retrouvé Erika et qu'elle allait bien. Son second semblait avoir développé une certaine affection pour le jeune femme. Elle avait l'air d'avoir cet effet sur les gens. Le garçon du café, Zeyd, en était également la preuve.

- Nous devrons faire un plein de vivres avant de partir, poursuivit-il dans son fil de pensées. Et puis, il va vous falloir une autre tenue, ajouta-t-il avec une moue.

L'été était à Babel ce que l'hiver était au Pôle, perpétuel, immuable. Orion savoura la tiédeur de l'air ambiant. Quel type de temps faisait-il à Arc-en-Terre ?
Jen
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Jen
Mar 6 Déc - 18:36

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

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Orion se mit à marcher, apparemment confiant en la direction à suivre. Erika lui emboîta le pas tout en l'écoutant répondre à sa question. 3 jours pour atteindre le Pôle. Cela semblait à la fois si court et terriblement long. Alors la brunette se souvint de la rose des vents, cachée dans ce cabanon dans le jardin de Pollux. Pourquoi ne pas la réutiliser tout simplement ? Elle allait suggérer cette voie bien plus rapide, mais son raisonnement la rattrapa. Orion n'allait certainement pas laisser son cher Boréal amarré ici, ou entre les mains de son second sans supervision tandis qu'il parcourait les arches. Et maintenant qu'ils étaient réunis, elle ne souhaitait pas continuer ce périple seule. Il lui fallait un appui, et pour le moment le capitaine remplissait plutôt bien ce rôle. Elle hocha la tête en signe d'approbation. Ce serait donc par la voie des airs.

Un silence s'installa durant lequel Erika eut tout le loisir de ressasser ce dîner improbable qui venait de se dérouler. Décidément, rien n'était prévisible dans sa vie depuis qu'elle était montée à bord du Boréal deux semaines auparavant. Deux semaines seulement ? Elle réfléchit rapidement. Oui, cela ne faisait bien que deux semaines qu'elle avait quitté Sidh. Et pourtant, il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis. Elle qui avait été si réticente à l'idée d'être arrachée à son foyer, était désormais enchantée à l'idée de changer d'arche une deuxième fois en l'espace de six jours. Peut être avait-elle changé, ou peut-être le fait d'être coursée par une guilde de Zéphyrs fous furieux aidait à alimenter son enthousiasme. Quoiqu'il en soit, il lui tardait de partir pour le Pôle, en quête d'une solution à ce cauchemar.

Elle repensa à Emile. Allait-il avoir vent de sa venue sur Babel ? La jeune femme blonde ne manquerait certainement pas de lui mentionner la visite d'une illuminée qui s'était fait passer pour sa cousine. Allait-elle lui délivrer le message également ? Il lui faudrait écrire à Emile, en plus de ses parents. Mais elle ne pouvait le mettre dans la confidence, au risque de le mettre lui aussi en danger. Mentir à ses proches, encore et encore.

Orion brisa le silence, suggérant un plein de vivres et de vêtements avant leur départ. Erika grimaça. Elle avait presque oublié la réputation du climat glacé du Pôle. Elle profita de la douce sensation de la nuit de Babel sur sa peau. Ce n'est pas d'aussi tôt qu'elle trouverait de la chaleur ambiante.

"- J'ai repéré des boutiques de vêtements aux alentours du Grand Jardin, bien que je ne suis pas certaine qu'il sera aisé d'y trouver des tenues suffisamment chaudes pour le Pôle", répondit-elle pensivement.

Elle aimait autant ne pas se rapprocher trop des quartiers populaires, de peur d'y croiser des sales gosses ou Zeyd. Elle ne saurait pas quelle explication leur fournir, alors qu'elle avait dit devoir partir au plus vite. Et puis un sentiment de culpabilité la rongeait, d’avoir fui telle une voleuse après leur accueil inespéré.

De l'autre côté, il lui était également impensable de retourner dans les quartiers du Bureau des Gardiens. Bien que les chances soient faibles, si quelqu'un avait le malheur de la reconnaître comme étant l'intruse qui s'était présenté sous une fausse identité, elle risquait gros. Et Orion aussi par la même occasion. Il était donc plus prudent de ne pas s'aventurer trop loin dans la cité.

Tout en marchant, Erika sentait l'impatience la gagner. Elle aurait préféré partir immédiatement pour le Pôle. Mais puisque cela n'était pas raisonnable, elle se mit à visualiser tout ce qu'il lui faudrait faire au plus vite. Trouver des vêtements chauds et des vivres. Ecrire à ses parents. Peut être trouver une couverture d'identité aussi, afin de ne pas éveiller les soupçons au Pôle. Dans un chaos d'idées décousue, elle en fit part à Orion.

"- Une fois sur place, il nous faudra certainement trouver une couverture afin d'éviter d'éveiller les soupçons. Il était plutôt aisé pour moi de prétendre être votre assistante alors nous pourrions garder cette même couverture. Elle jeta un regard de biais sur l'alliance à so doigt. Et vous devriez retirer votre alliance, cela soulève bien des questions inutiles."

Elle trébucha sur ta toge de nouveau, et râla. Finalement, elle avait hâte de retrouver des vêtements adaptés à sa taille.

"- Et je pense devoir écrire à mes parents afin de ne pas les alerter, sauriez-vous quelle serait la manière la plus naturelle de faire cela ? Je veux dire, puisqu'en théorie je devrais encore être à Zéphyr, il faudrait que le courrier parte de là-bas... Et à mon frère également. Je dois les rassurer et leur dire que tout se passe bien, la dernière chose que je souhaite est de les mettre en danger eux aussi... Ha, et mes soeurs..."

Erika débitait à voix haute toutes ses pensées, son cerveau réfléchissant à toute allure. Maintenant qu'elle avait une destination et un vrai plan en tête, elle avait retrouvé toute son énergie.

Tandis qu'elle babillait, ils arrivèrent à l'aérostation, où Erika s'attendait naturellement à retrouver le Boréal et son équipage. Il lui tardait de retrouver le visage souriant de Bartolomé. Mais alors qu'elle suivait Orion à la trace, elle se retrouva face à un aérostat bien plus petit que le Boréal, qui ne lui était pas familier et dans lequel Orion s'engagea sans se poser de questions.

"- Attendez, ce n'est pas le Boréal ? s'enquit-elle, surprise. Mais alors comment...?"

Erika laissa sa question mourir sur ses lèvres. Comment était-il parvenu jusqu'à Babel ? Quelles péripéties avait-il traversé de son côté ? Et son équipage ?

Soudain, une réalisation la frappa de plein fouet. Elle ne lui avait jamais demandé comment il était parvenu sur Babel aussi rapidement. Ce que cela lui en avait coûté. Ce qu'il avait dû sacrifier pour se lancer à la poursuite d'une inconnue. Et que la seule chose qu'elle ait sut lui dire lors de son arrivée, était de le traiter telle une menace, puis lui cracher au visage.

Elle fut emplie d'une reconnaissance immense et s'immobilisa.

"- Merci", souffla t-elle en relevant les yeux vers le grand brun.

Erika observa le grand brun d'un oeil nouveau. Bertille avait peut être raison. N'avait-elle pas dit que les hommes de Zéphyr étaient courageux ? Ou charmants ? Ou quelque chose comme ça ?


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Mer 7 Déc - 12:05

Orion
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Erika ne s'arrêtait plus de parler. Quand bien même il l'aurait voulu, Orion n'arrivait pas à placer la moindre réponse ni le moindre commentaire. Il sourit intérieurement. Il fallait dire qu'il préférait cela à tous les échanges qu'ils avaient eu jusqu'à présent. De la moquerie, de la rancœur, des faux-semblants, des agressions verbales, de vagues tentatives de communication silencieuses. C'était le premier échange à peu près normal qu'ils avaient depuis qu'ils se connaissaient. Si l'on jugeait normal le fait de discuter de la façon d'infiltrer une arche pour identifier une personne susceptible d'aider à s'abriter de personnes que l'on fuyait. Donc oui, l'échange le plus normal depuis leur première rencontre.

Orion se surprit à penser qu'Erika pouvait être une jeune femme assez charmante. Elle parlait beaucoup, mais ne piaillait pas de façon désagréable. Il commençait à comprendre l'intérêt que Bartolomé avait pu manifester à son égard. Visiblement, quand on ne la forçait pas à épouser le plus parfait inconnu, elle semblait d'un naturel plus jovial.

Le jeune homme commençait à avoir les paupières lourdes. La journée avait été longue. Longue et improbable. Heureusement pour lui, ils arrivaient à l'aérostation. Il étouffa un bâillement en remontant à bord de l'appareil. La question d'Erika le rappela brutalement au fait qu'il était monté sans se préoccuper de savoir si elle l'avait suivi. Il ne lui avait aucunement dit qu'il n'était pas arrivé avec le Boréal. L'Harmattan était un petit appareil et le bord du quai étant très proche, il n'avait pas pris la peine d'y installer la coupée. Il était grand et ce n'était pas une difficulté pour lui de l'enjamber. Ce ne serait peut-être pas aussi simple pour Erika, surtout qu'elle n'était pas familière avec tous ces aérostats.

Orion s'attendit soudain à affronter sa déception et une nouvelle remarque acerbe, critiquant son moyen de locomotion ou regrettant l'absence de Bartolomé, avec lequel elle s'était liée d'amitié, par exemple. Au lieu de cela, elle le remercia. Orion lui adressa en retour un pauvre sourire. Il lui tendit la main, pour l'aider à sauter du quai à l'appareil et passa un bras autour de sa taille pour l'aider à passer par-dessus le garde-corps. Ce n'était pas le moment de s'emmêler les pieds dans sa toge et de trébucher. Lorsqu'elle fût à bord, il passa son autre bras autour de ses épaules et la serra brièvement contre lui. Comme pour s'assurer qu'elle n'était pas que le fruit de son imagination. Pour lui véhiculer sa gratitude. Parce que la fatigue avait raison de ses habituelles inhibitions.

- Donnez-moi un instant.

Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, Orion s'éclipsa vers le pont inférieur. L'Harmattan était un aérostat conçu pour la course. Effilé, donc étroit. Avec un pont extérieur pour naviguer. Gérer le ballon et les voiles, effectuer les manœuvres, barrer. Il était toutefois conçu pour voyager sur des périodes plus longues. Au pont inférieur se trouvaient quelques espaces de vie, dans un design très épuré, surtout en comparaison au luxe foisonnant des espaces dédiés aux passagers du Boréal. Une table à cartes et des outils de navigation, un petit espace de vie avec banquettes, table et coin cuisine, des sanitaires et une cabine de douche. Au bout, une unique cabine. Tout était conçu pour pouvoir être manié et utilisé par une seule personne à bord, parfaitement optimisé et ergonomique. Tout était conçu pour sa légitime propriétaire qui, semblait-il, aimait voyager seule. Orion y avait quelque peu pris ses aises pendant la traversée.

Le grand brun, malgré son gabarit, évoluait avec aisance dans l'intérieur plutôt exigu pour qui n'y était pas habitué. Prenant soin de ne pas se cogner contre le plafond, il se dirigea droit vers la cabine. Il rangea les quelques babioles qui traînaient et en ressortit presque immédiatement avec une natte roulée sous le bras. Il remonta aussi sec sur le pont. Entre la banquette du petit coin salon et une natte étendue en plein air, le choix était vite fait, surtout au vu de la température ambiante. Orion aimait mieux dormir sous les étoiles, tant qu'il le pouvait. Ce ne serait plus le cas en approchant du Pôle.

- La cabine est à vous. Bonne nuit, Erika.
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Mer 7 Déc - 23:40

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

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Il lui sourit. Un sourire qui paraissait sincère, vrai. C'était certainement la première fois qu'il lui adressait un sourire qui n'était ni faux, ni de circonstance. Puis il lui tendit la main. Enjouée, Erika la saisit et prit appui dessus pour sauter par dessus le bord. Cela était étonnement simple et amusant. Elle se fendit d'un sourire à son tour en posant le pied sur le ponton.

Puis le capitaine la serra brièvement par les épaules, et Erika sentit son corps cesser de fonctionner. L'accolade avait été brève mais bien réelle. Etait-ce la fatigue de la longue journée? La jeune fille leva un regard interdit sur le grand brun. Assurément, il s'agissait des effets de la fatigue. Mais avant qu'elle ne puisse répliquer quoique ce soit, Orion lui demanda un instant, puis disparut sur le pont inférieur. Le premier choc passé, Erika se mit alors à observer curieusement cette nouvelle embarcation, bien plus sommaire que le Boréal. De tout évidence, il n'y avait aucune trace du moindre équipage ici. L'appareil était à peine assez spacieux pour une seule personne, comprenant un petit pont extérieur pour la navigation et un pont inférieur pour y vivre. Elle n'y aurait jamais cru, mais la brunette se sentit nostalgique du confort du Boréal. Sur ce nouvel aérostat, elle trouvait à peine la place de bouger. Ou était-ce par peur de contaminer cet espace dont Orion semblait s'être si bien approprié ?

Seule face à ses interrogations, Erika remarqua à peine que le capitaine était remonté, une natte sous le bras. Il lui glissa simplement que la cabine était à elle, avant de s'éclipser dans son dos.

"- Bonne nuit Orion," répondit-elle par réflexe, en le suivant du regard.

Allait-il réellement s'installer dehors ? Quel genre de personne aimait dormir dehors à même le sol ? Mais la galanterie n'était pas encore morte, et le grand brun venait de libérer la seule cabine disponible sur cet étroit aérostat pour qu'elle puisse s'y installer. En d'autres circonstances, elle aurait protesté, prétendant pouvoir dormir ailleurs - où, cela était une autre question. Mais après des jours passés sur un matelas plus que douteux, Erika ne se fit pas prier. Elle descendit d'une traite vers la cabine du pont inférieur, bien trop heureuse d'y trouver un sommier digne de ce nom. Sans plus de cérémonie, elle s'écroula sur le matelas moelleux et tomba dans un sommeil de plomb. Sans rêves, sans angoisses, simplement reposant. Son corps le réclamait depuis si longtemps.

Elle fût réveillée le lendemain par la douce lumière qui pénétrait par l'escalier menant au ponton. Dans sa précipitation, elle n'avait vraisemblablement même pas pris la peine de fermer la porte de la cabine. Encore dans les vapes, la brunette s'extirpa du lit, son corps léger comme à l'aube d'un nouveau commencement. Elle n'avait pas eu doit à un sommeil aussi reposant depuis des jours et des jours. Au fait, quelle heure était-il ?

Avant de sortir de sa cabine, elle prit toutefois le temps de s'examiner face au petit miroir d'appoint. Ses cernes avaient diminué, mais ses cheveux semblaient être animés d'une vie qui leur était propre. Erika se permit le luxe de les démêler consciencieusement, puis de se débarbouiller le visage dans l'évier des sanitaires. Enfin, elle se sentait revivre. Ainsi requinquée, elle remonta gaiement sur le ponton extérieur en pensant y retrouver Orion déjà prêt à faire les dernières emplettes avant le départ pour le Pôle. Au lieu de cela, elle trouva une masse inerte sur le pont, recroquevillée sur une mince natte de sol. La brunette écarquilla les yeux de surprise : le capitaine était-il réellement parvenu à trouver le sommeil dans des conditions pareilles ? Ou formulé autrement, était-il épuisé au point de pouvoir s'endormir à même le sol exposé à l'air libre sans même le confort d'une cabine ? Brusquement, la jeune fille se sentit terriblement coupable : ce soir, elle lui céderait à nouveau la cabine. Elle ne pouvait pas décemment le laisser dormir à la belle étoile tous les soirs de leur traversé - et encore moins lorsqu'ils se rapprocheraient du Pôle glacial. Elle trouverait bien une petite place sur la banquette du salon inférieur. En tout cas, sa taille lui permettait mieux d'envisager y passer la nuit que le colosse dont la moitié du corps en dépasserait certainement.

Profitant du temps supplémentaire qui lui était accordé, la jeune fille s'accorda une bonne douche chaude. Elle se délecta de l'eau ruisselant sur son corps, comme si cela pouvait effacer tous les soucis qui lui collaient à la peau. Fraîchement lavée, Erika se sentit enfin prête à affronter la réalité de sa situation précaire. Il lui tardait de partir à la recherche de cette mystérieuse arcadienne. Impatiente, elle remonta sur le pont supérieur en espérant y trouver Orion, levé. Peine perdue, le capitaine semblait encore dormir à poings fermés.

La jeune fille leva alors le visage vers le ciel. Le soleil semblait pourtant déjà haut, et Orion ne semblait être un habitué des grasses matinées. Subitement inquiète, Erika s'approcha du grand brun pour lui secouer légèrement les épaules. Dans le même temps, son regard se porta sur l'alliance qu'il portait toujours au doigt. Il lui faudrait la retirer s'il ne souhaitait pas s'attirer plus de questions compromettantes. Mais dans l'immédiat, la brunette n'avait qu'une seule idée en tête : faire les derniers préparatifs puis larguer les amarres en direction du Pôle, le plus rapidement possible. Et pour cela, il lui fallait un capitaine réveillé.

"- Orion", lui chuchota t-elle, hésitante.

Toujours aucune réaction. Etait-il réellement endormi ? A moitié prise de panique, la jeune fille se rapprocha de son visage pour vérifier son pouls. Qu'allait-elle devenir si...

Il ouvrit subitement les yeux. Erika se recula avec précipitation, se marchant dessus par la même occasion, et trébuchant pour atterrir assise à quelques pas du grand brun.

"- Oh je suis désolée, balbutia t-elle confuse. Je me demandais simplement si tout allait bien... Enfin je veux dire, vous ne semblez pas vraiment être friand de grasses matinées alors...

Elle se força à reprendre contenance. Laisser la confusion se dissiper. Ne pas perdre l'objectif de vue. Elle se releva, secouant les pans de sa toge.

- Je pensais qu'il serait peut être temps de faire les derniers préparatifs avant de repartir, reprit-elle en évitant de croiser son regard. Je peux me charger d'aller chercher des vivres le temps que vous soyez prêt."

Elle désigna vaguement son visage encore endormi. La dernière chose qu'elle souhaitait était de le presser au réveil, mais elle ne tenait plus en place. Il fallait que les choses avancent, maintenant que le nom de la Mère Hildegarde ne quittait plus son esprit, elle mourait d'impatience de la rencontrer. Et le plus vite ils partiraient d'ici, le plus tôt elle trouverait cette femme susceptible de l'aider à s'en sortir.


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Ven 9 Déc - 15:46

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
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Orion eût du mal à s'assoupir, son esprit grouillant d'automates déclamant des citations absurdes, de roses des vents, de blizzard et de dunes de sables, de couteaux, de brûlures. Il ne pouvait s'empêcher de spéculer sur ce qui les attendait au Pôle. Le jeune homme se demandait s'il ne valait tout de même pas mieux attendre Bartolomé. Bartolomé avait la connaissance des personnes, des relations humaines. Il avait suffisamment côtoyé les gens du Pôle pour comprendre quelques rouages de la cour de Farouk et des différents clans. Ceux qui étaient dans les grâces de l'esprit de famille. Ceux qui avaient été déchus. Les implications de ces différents changements de pouvoir. Il avait fallu une éternité à Orion pour ne serait-ce que reconnaître un membre de la Toile, alors qu'il était juste en face de son nez. Il ne comprenait d'ailleurs toujours pas les implications de ce qu'il lui avait fait, à lui comme à Erika, par l'apposition de ses mains sur leurs fronts. Erika semblait avoir récupéré une partie de son pouvoir d'Aiguilleur. Comment cela était-il d'ailleurs possible ? Mais lui, qu'avait-il obtenu de cette étrange cérémonie ?

Installé sur le dos, il avait croisé ses bras sous sa tête. Il avait retiré la toge et l'avait repliée en guise d'oreiller sous sa tête. Une légère brise soufflait, faisant défiler quelques légers nuages qui parfois voilaient légèrement les étoiles.

Erika avait raison. Son alliance n'avait rien à faire autour de son doigt, et risquer de provoquer plus de questions qu'autre chose. Il retira l'anneau de son grand-père de sa main et le fit tourner entre ses doigts. Puis, réalisant qu'il n'avait nulle part où le ranger sans risquer de le perdre, il le repassa. Il achèterait une chaînette pour pouvoir l'accrocher. Il récupèrerait la bague d'Erika afin de conserver les deux ensemble. D'ailleurs, Erika l'avait-elle gardée ou l'avait-elle troquée ? Sa grand-mère le tuerait certainement dans ce dernier cas. Sa grand-mère. Comment allait-elle ? Avait-on continué à essayer de leur nuire après la disparition d'Erika ? Ne pas la perdre.

Quand le sommeil s'empara finalement de lui, la lune avait largement entamé sa course nocturne. Orion sombra dans un sommeil sans rêves.

Quelque chose lui chatouilla le visage. Orion ouvrit brusquement les yeux et se retrouva nez-à-nez avec un visage, à quelques centimètres du sien, encadré d'une cascade de cheveux bruns - qui n'étaient pas les siens - sur la tête et dans le cou. La jeune femme, manifestement aussi surprise que lui, bascula en arrière. Orion n'eût pas le temps de la rattraper. Il se redressa d'un coup en position assise. Où était-il ?! L'Harmattan. Erika. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, et mit plusieurs instants à ralentir. Était-ce dans les habitudes de la jeune femme de réveiller les gens aussi brutalement ?

Combien de temps avait-il dormi ? Le soleil était déjà haut dans le ciel. Il avait pourtant prévu de se lever avec les premiers rayons du soleil. C'était généralement le cas, surtout lorsqu'il dormait ainsi en extérieur. Il devait être plus fatigué qu'il ne le pensait.

Il se passa une main sur la figure et posa le regard sur Erika, qu'il scruta d'un air suspicieux. Son empressement à partir en était presque louche, désormais. Y avait-il quelque chose qu'elle avait omis de lui dire sur ce qui s'était passé ici ou était-ce un enthousiasme sincère qui la poussait à être si pressante ? Une telle envie d'aller aussi vite au Pôle… la pauvre, elle ne savait pas à quoi s'attendre. Orion sourit intérieurement.

Lorsque la jeune femme suggéra de partir seule, le grand brun cessa aussitôt de sourire intérieurement. Il en était hors de question. "Je préfèrerais que vous ne vous éloigniez pas trop", eût-il envie de lui dire. Il s'abstint. Au lieu de cela, il se redressa et s'approcha d'elle.

- Tournez-vous, lui intima-t-il, aussi poliment qu'il pût, mais peut-être plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Dans le dos de la jeune femme, il reprit les plis de la toge de cette dernière, à la fois en desserrant le tour qu'elle avait fait autour d'elle-même pour lui donner plus d'amplitude de mouvement, et en la remontant afin de lui faire gagner le précieux centimètre qui l'empêcherait de continuer à se prendre les pieds dedans.

- Là, conclut-il, satisfait. Accordez-moi dix minutes.

Sans attendre sa réponse, le jeune homme disparût au pont inférieur, prit une douche éclair qui acheva de le réveiller. Il se rhabilla promptement. Avec ses doigts, il peigna ses cheveux encore humides en arrière. Avec la température ambiante, il ne doutait pas qu'ils sècheraient rapidement. Luxe qu'il ne se permettrait plus sous les latitudes polaires. Il retourna rejoindre la jeune femme, satisfait de constater qu'elle n'en avait pas profité pour filer à l'indienne.

Comme souvent, les alentours des aérostations étaient des lieux de vie et d'activités. À cause des opérations et des mouvements de personnes qu'ils généraient, les aérostats attiraient la population, les magasins qui en distribuaient les marchandises fraîchement débarquées ou à l'inverse proposaient avitaillement et services. Accastillage, équipements d'aérostiers, souvenirs, produits frais. Il y grouillait une population encore plus cosmopolite que sur le reste de l'arche. De cette façon, ils n'auraient pas besoin de déambuler inutilement trop loin de leur appareil.

Orion emmena Erika avec lui dans plusieurs échoppes. Compléter l'équipement du bord, acheter un peu de petit matériel, de l'antigel - très utile pour leur prochaine destination -, des vivres. Le jeune homme gardait un œil vigilant autour de lui, à l'affût. Il n'excluait toujours pas entièrement la possibilité qu'Astréos ait envoyé quelqu'un à leur suite.

Après avoir fait quelques rotations pour tout emmener sur l'Harmattan, il se dirigea finalement chez miss Adélaïde. Il leur fallait des vêtements plus adaptés aux conditions climatiques qui les attendraient là-bas. Il regretta presque aussitôt sa décision. Pour la première fois de sa vie, le grand brun solitaire accompagnait une jeune demoiselle faire des emplettes vestimentaires. Aux anges, la tenancière de la boutique ne cessait d'apporter de nouvelles tenues à faire essayer à la jeune femme.

Orion s'enfonça dans l'un des fauteuils bien trop moelleux de la boutique, juste à côté de la vitrine. Il se sentit littéralement aspiré dans les méandres de velours carmin. Il regarda les deux femmes quelques instants, mais détourna assez vite le regard. Alors qu'il tournait la tête vers la vitrine et la rue derrière, il aperçut une silhouette qui les dévisageait. Celle-ci, se sentant démasquée, s'éclipsa rapidement dans la foule. Orion se débattit des coussins pour se redresser tant bien que mal. Lorsqu'il fût debout, la silhouette n'était déjà plus visible parmi les badauds. L'avait-il imaginé ? Il grimaça. Cela ne lui disait rien qui vaille. Il valait mieux ne pas prendre de risque inutile. Erika avait peut-être raison, dans son empressement à quitter Babel.

Distrait, Orion s'approcha de nouveau des deux femmes. Il s'arrêta, bouche bée, face à la petite brune dans une tenue qui la rendait parfaitement ravissante. Il se reprit aussitôt, espérant n'avoir rien laissé paraître de son trouble momentané.

- Erika, chuchota-t-il, soudain pressant. Nous ferions mieux d'y aller.
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Sam 10 Déc - 2:41

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

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Une boutique de vêtements ! Erika entra avec entrain. Il s'agissait d'une vraie bouffée d'air frais après ces incessants allers-retours les bras chargés de vivres et d'accessoires en tous genres - probablement des choses utiles pour la navigation, auquel la jeune fille n'entendait rien. Ici, elle était de nouveau dans son élément. Les essayages de vêtements faisaient parti des choses les plus excitantes qui soient en ce monde.

Miss Adélaïde s'affaira à lui apporter toutes sortes de tenues après avoir pris le soin de comprendre ses attentes. Des vêtements chauds donc. Pour une habitante de Babel, cette femme avait une collection impressionnante de manteaux de fourrure et de robes d'hiver. Erika prit un plaisir immense à essayer chaque nouvelle pièce qui lui était apportée, tantôt s'extasiant sur la qualité d'une coupe ou d'un tissu, tantôt critiquant une couleur trop criarde. Du coin de l'oeil, elle aperçut Orion qui avait fini par ne faire plus qu'un avec le fauteuil dans lequel il avait pris place. Elle ne put s'empêcher de sourire intérieurement face à la mine parfaitement abattue du capitaine.

La brunette n'en était qu'à son sixième essayage lorsque soudain, Orion se rapprocha et lui chuchota une phrase sur un ton qui ne présageait rien de bon. Elle lui lança un regard inquiet, puis annonça à Miss Adélaïde à travers les montagnes de vêtements qu'elle avait fait son choix et souhaitait conclure la vente. La couturière protesta vainement, prétextant avoir encore une multitude de vêtements à lui faire essayer mais le ton pressant d'Orion avait alarmé Erika, qui coupa court aux protestations. Cette petite robe de laine et ce manteau de fourrure brun lui convenait très bien de toute manière. Et ces bottines fourrées complétaient la tenue à merveille. En tout cas elle s'en convainquit tandis qu'elle franchissait le seuil de la boutique aux côtés du grand brun. Celui-ci semblait aux aguets, comme si quelqu'un les suivait. Erika regarda nerveusement autour d'eux, sans parvenir à identifier la cause de cette soudaine agitation.

"- Orion, est-ce que tout va bien ?" parvint-elle à lui glisser tandis qu'ils continuaient leur marche effrénée.

Mais au moment où elle prononça ces mots, un bruit de pas martial se fit entendre. La milice. Réflexe de fugitive, Erika détourna légèrement la tête et cacha son visage du mieux qu'elle put de ses longs cheveux. Elle accéléra le pas. Peine perdue, l'un des Gardiens ralentit en la croisant. La jeune fille sentit un regard appuyé dans son dos.

"- Erika ?

Elle se figea. Cette voix...

- Emile ? fit-elle en se retournant vivement.

- C'était donc bien toi !

Ils se sautèrent mutuellement dans les bras, et Erika oublia momentanément toutes ses angoisses. Après l'avoir tant cherché, son frère se tenait enfin face à elle. Emile fit signe à ses collègues qu'il les rattraperait, puis se détacha d'elle. Il avait beau être son frère, son uniforme lui donnait un air sévère qu'elle ne lui connaissait pas. Il lui sembla aussi bien plus imposant que dans ses souvenirs.

- Elizabeth m'a informée de la visite d'une prétendue cousine, commença t-il. Mais lorsqu'elle m'a délivré le contenu du message je me suis bien douté que tu me faisais une farce. Quel bon vent t'amène ici ?

Tu ne crois pas si bien dire, pensa t-elle avec ironie. Mais elle n'eut pas le temps de formuler la moindre phrase que son frère la coupa avec un enthousiasme soudain.

- Au fait, j'ai appris que tu avais été fiancée ? Comme quoi les miracles existent, félicitations ou... ?

Il s'interrompit, scrutant d'un oeil suspicieux quelque chose derrière elle. Le sang d'Erika ne fit qu'un tour. Orion, évidemment. Comment se sortir de cette passe délicate sans alarmer son frère ?

- Oh quelle impolie je fais ! s'exclama-telle alors. Voici mon fiancé, Orion. Orion, je te présente mon frère, Emile.

Inutile de mentir sur un nom qu'Emile connaissait probablement déjà. Le mot fiancé avait une sonorité curieuse dans sa bouche et pourtant, il était étrange de se dire que cela ne s'éloignait pas vraiment de la vérité. En fait, sur la papier ils étaient déjà plus que cela.

D'un geste qu'elle voulait le plus naturel possible, elle saisit le bras du capitaine pour montrer que tout allait parfait bien et que son frère n'avait absolument pas à s'inquiéter pour elle.

- Nous profitons de la période de fiançailles pour se connaître loin de ces protocoles barbants, ajouta t-elle sans se départir de son sourire.

- Je suis enchanté de faire votre connaissance, répondit le Gardien en serrant la main d'Orion d'un geste chaleureux. Vous êtes un homme bien courageux pour avoir choisi...

- Emile, l'interrompit la brunette avec un sourire crispé. J'aurais aimé prendre le temps d'échanger de nos nouvelles, mais nous avons tant à faire pour les préparatifs, que nous devons nous hâter. J'en suis réellement navrée.

Elle aurait tant aimé passer plus de temps en sa compagnie. Mais pas tant que la menace de Zéphyr planerait sur sa tête. A la place, elle lui adressa une moue désolée puis ajouta sur un ton complice.

- Par ailleurs... Notre entrevue pourrait-elle rester entre nous ? Je veux dire, tu connais la rigueur de notre père et je ne suis pas certaine qu'il appréciera de me savoir entrain de fuir mes responsabilités protocolaires en ce moment même alors...

- Ce ne serait pas la première fois que je te couvre, répondit son frère avec un clin d'oeil. File dans ce cas, et nous nous reverrons bien assez vite pour célébrer le mariage !

Erika sentit son coeur se serrer. Sa famille n'assisterait jamais à un véritable mariage dans cette affaire.

- Bien sûr, répondit-elle simplement.

Elle espérait qu'il n'avait pas aperçu le bref désarroi dans son regard. Ils échangèrent une accolade, puis Emile s'éloigna au pas de course pour rattraper les autres Gardiens. Une fois suffisamment éloignés, Erika se détacha silencieusement du bras du capitaine.

- Je suis navrée, je ne pouvais pas prendre le risque de l'alerter, se sentit-elle obligée de justifier.

Mentir à Emile lui avait été plus facile qu'elle ne l'aurait cru. Avait-elle fini par s'habituer à cette mascarade ? La jeune fille se sentit perplexe. Il lui faudrait trouver un moyen de rassurer le reste de sa famille également, pour gagner du temps. Elle aurait déjà dû leur écrire depuis bien longtemps.

Ils gagnèrent l'Harmattan tandis qu'Erika encore ses pensées. Une fois à bord, elle entreprit de mettre de l'ordre dans les vivres et autres victuailles qu'ils avaient chargé durant la matinée. Le départ était imminent.


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Sam 10 Déc - 21:35

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
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Emile. C’était donc lui. Orion se rasséréna quelque peu, assistant aux improbables retrouvailles entre le frère et la sœur. Il ne broncha pas lorsqu’Erika le présenta comme son fiancé. Mâchoires serrées, il hochait silencieusement la tête. Il tendit la main pour saluer en retour le nécromancien. Ainsi, Erika avait décidé de mentir même à son propre frère, qui pourtant faisait partie des forces de police de Babel. S’il était gardien de la paix, il avait sûrement, par ses pouvoirs ou par son réseau, la capacité de la mettre à l’abri. Dans ce cas, pourquoi la jeune femme n’avait-elle pas saisi l’occasion de partir avec lui ? Débarrassée d’Orion, avec quelqu’un qui la connaissait, qui serait en capacité de lui offrir sa protection.

Etrange. En contrepartie, moins ils mettaient de monde dans la confidence, mieux chacun des concernés s’en porteraient. Autant Orion n’avait pas grand-chose – ni grand-monde – à perdre, à l’exception de ses grands-parents, autant Erika semblait faire partie d’une grande fratrie. Le grand brun se mura dans un silence songeur que la jeune femme ne brisa pas de tout le trajet qui les ramena à l’Harmattan. Une fois à bord, il la vit prendre en charge le rangement des vivres. Il s’occupa donc du reste du fret et de préparer l’appareil au décollage.

Pour pouvoir être à l’aise dans ses manipulations, le grand brun troqua son costume babélien contre ses habits habituels. Une chemise noire, aux manches retroussées jusqu’aux coudes, et un pantalon à pont assorti. Profitant de la douceur du climat ambiant, il n’avait pas remis ses bottes et se baladait pieds nus sur le pont.

Orion ajusta les niveaux d’hélium dans le ballon dirigeable central de l’aérostat et lança les deux hélices qui l’aidèrent à se détacher de l’horizon de la mer de nuages, pour prendre de la hauteur. Quand l’appareil commença à se détacher verticalement du quai, il largua les amarres. Ils laissèrent derrière eux les contours caractéristiques du Mémorial de Babel et du reste de la cité.

Lorsqu’ils furent suffisamment éloignés de l’aérostation, Orion hissa le clinfoc et le grand foc à l’avant de l’appareil, entre le ballon et le pont. Il déploya ensuite les voiles latérales, telles deux immenses nageoires pectorales qui donnaient à l’appareil l’apparence d’une créature vivante. Non sans une certaine appréhension, Orion fit usage de son pouvoir pour produire une brise suffisante pour gonfler ses voiles et faire bénéficier à l’Harmattan d’une allure portante. Son pouvoir semblait de nouveau docile. La nuit de repos avait dû faire son effet. Il prévoyait toutefois de ne pas forcer inutilement dessus. Une fois qu’il aurait de nouveau rejoint le grand Flux, il pourrait cesser de s’appuyer sur son propre pouvoir. Il laisserait alors l’appareil se faire porter dans le courant aérien établi qu’entretenait au quotidien son esprit de famille et son équipe.

Une fois toutes les manœuvres réalisées, le capitaine, satisfait, s’installa derrière la barre. Concentré sur son appareillage, il en avait totalement ignoré la jeune femme. Pour être honnête, il appréhendait les prochains jours qu’il avait devoir passer en sa compagnie. Seul, en sa compagnie. Il ne pourrait pas, comme il l’avait fait sur le Boréal, laisser Bartolomé se substituer à lui pour le voyage, pour l’occuper et la distraire. L’espace n’était pas le même non plus, sur les deux aérostats, et la promiscuité risquait de devenir problématique si la cohabitation devenait difficile. Il n’y avait en outre que très peu d’escales prévues sur le chemin. Peut-être un arrêt sur Anima, si le besoin s’en faisait ressentir. Dans le cas contraire, ils iraient d’une traite jusqu’au Pôle. Plus vite ils seraient arrivés, plus ils auraient de chances d’espérer contrecarrer les plans des Grands de sa guilde. Le gargouillement de son estomac le rappela au présent immédiat. Il n’avait rien avalé depuis le dîner la veille au soir chez Lazarus.

Orion cala sa barre au cap voulu et dévala l’échappée pour rejoindre la cuisine au pont inférieur. Il récupéra quelques légumes frais, qu’il détailla en fines lanières, et des œufs. Il prépara une frittata, un plat qui avait le mérite d’être préparé rapidement et de bien caler un estomac. Il divisa le contenu de la poêle de façon égale et le servit dans deux assiettes, sur lesquelles il ajouta des dés de tomates fraîches, un peu de fromage et des herbes. Les produits frais étaient ce qu’il y avait de plus périssables. Autant comment par eux.

Ayant grandi enfant unique, le grand brun avait passé de longues heures en compagnie de sa grand-mère, y compris et surtout derrière les fourneaux. Elle lui avait appris les rudiments de la cuisine. Suffisamment pour pouvoir s’alimenter de façon équilibrée et variée – du moins l’espérait-elle – au cours de ses nombreux voyages. Si, en tant que capitaine du Boréal, il avait le privilège d’être servi, cela avait été loin d’être le cas sur nombre de ses embarquements antérieurs.

Fidèle à lui-même, Orion tendit une assiette à Erika, sans un mot, ainsi qu’une paire de couverts. La dernière fois qu’il avait tenté une conversation à table avec la jeune femme, elle avait très rapidement viré à la joute verbale. Depuis, très peu des leurs échanges avaient vraiment été normaux : mensonges, faux-semblants, sous-entendus. Il était curieux de connaître le fond de sa pensée en cet instant :  savoir comment elle envisageait la suite, de son côté. Comprendre pourquoi elle avait l’air si enthousiaste à l’idée d’aller au Pôle. Pourquoi elle n’était pas restée avec son frère, et lui avait préféré un inconnu. Les questions étaient nombreuses, mais il n’osait en formuler aucune.
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Dim 11 Déc - 10:21

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

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Tandis qu'elle s'affairait à trouver de la place pour les dernières vivres dans les placards du petit espace cuisine, Erika ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'auraient été les choses si son frère n'avait pas été envoyé en mission. S'il avait été là dès son arrivée sur Babel. Aurait-il pu l'aider ? Qu'aurait-elle fait ? Tout de même, aurait-elle dû repartir avec Emile finalement ? Mais pour quoi faire ? Partir vers le Pôle en quête de réponses n'était-elle pas la meilleure chose à faire ? Ou venait-elle de rater la seule chance de clore ce chapitre de sa vie et prétendre qu'il n'avait jamais existé ? Mais en avait-elle réellement envie ? Maintenant qu'elle s'était battue pour s'en réchapper ?

Erika n'avait qu'une seule certitude à cet instant, elle était finalement soulagée de ne pas avoir eu à mettre son frère dans la confidence. Ces gens étaient puissants et cruels, elle avait eu le plaisir de le constater par elle-même. Elle ne souhaitait pour rien au monde exposer les membres de sa famille aux griffes de cette guilde. Même si cela lui brisait le coeur, en les maintenant dans l'ignorance, elle leur évitait probablement bien des ennuis.

Après la léthargie initiale qui l'avait envahie à son arrivée sur Zéphyr, sa fuite vers Babel avait changé tant de choses. Arrivée dans l'espoir d'obtenir l'aide de son frère, elle n'avait toutefois aucun plan pour la suite, si ce n'est qu'il lui était impossible de retourner sur Sidh dans l'immédiat. Sa seule obsession avait été de mettre le plus de distance possible entre elle et les Grands de la guilde, ou de n'importe quelle organisation qui était à l'origine de ce plan auquel elle ne comprenait rien. Mais justement, elle avait beau n'y rien entendre, ils l'avaient tout de même forcée à faire partie de cette machination. Ils avaient voulu se servir d'elle comme d'un simple rouage, en brisant toute sa vie au passage. Pour cela, elle voulait s'assurer que jamais ils ne parviennent à leurs fins, ou du tout moins, pas grâce à elle.

Et puis à force de nuits sans sommeil dans le cagibis puis dans le café-théâtre, Erika avait tenté de comprendre les desseins de cette organisation. Ta curiosité te perdra, lui répétait souvent son père. Peut-être avait-il raison, mais désormais il lui était impensable de renoncer à comprendre. Elle voulait savoir dans quoi elle avait été embarquée, et pour quelles raisons. En fait, elle avait inconsciemment espéré qu'Orion puisse lui fournir des explications, qu'il connaissait les desseins de sa propre Guilde. Mais force était de constater que le grand brun n'était pas vraiment plus avancé qu'elle. Alors si les réponses ne venaient pas à elle, elle irait les chercher.

Tout en laissant ses pensées fuser à toute allure, la jeune fille se mit en quête de papier à lettre pour écrire au reste de sa famille. Elle ne serait pas tranquille tant qu'elle n'aurait pas trouvé un moyen de les rassurer aux aussi. Elle fouilla dans les tiroirs du petit bureau de la cabine, puis finalement trouva de quoi écrire dans le tiroir de la modeste table de chevet. La brunette se saisit triomphalement du nécessaire à lettres puis se dirigea vers l'espace du salon pour y écrire son courrier. Elle ne se sentait pas tout à fait à l'aise dans cette cabine, elle avait l'impression d'entrer dans l'intimité d'une personne tierce à laquelle devait certainement appartenir l'Harmattan. Qui était-ce donc, et comment Orion était-il parvenu à se le procurer ? Elle n'avait finalement pas osé le lui demander.

Erika s'assit en tailleur à même le sol pour être à la hauteur de la table basse, puis étala son papier face à elle. Elle observa pensivement la feuille vierge : comment commencer ce ramassis de mensonges ? Cher Père, chère Mère. Jusque là c'était facile. Elle attacha ses cheveux pour dégager son visage. Là, commençaient les choses sérieuses. Elle se mit à raconter la longue traversé à bord du Boréal, en omettant soigneusement de mentionner le désastre qu'avait été le premier dîner. Puis, son imagination dût prendre le relais. Elle tenta de rester évasive sur les détails de sa vie sur Zéphyr, tout en prenant soin de mentionner comme elle était bien traitée et qu'elle ne manquait de rien. Ne pas les inquiéter. Elle ajouta que ses journées étaient bien remplies et qu'elle n'aurait certainement pas le temps de leur écrire aussi souvent qu'elle le souhaiterait. Gagner du temps. Elle s'étala dans d'insignifiants détails qui pourtant elle le savait, raviraient sa mère. Les maintenir éloignés de ce piège. Elle soupira en repliant le papier. Il lui restait le plus dur, leur faire parvenir le courrier sans réveiller leurs soupçons.

C'est alors qu'elle entendit du bruit provenant de la cuisine dans son dos. La jeune fille se retourna et y vit Orion entrain de concocter ce qui ressemblait à des galettes de légumes. Une délicieuse odeur d'oeufs cuits lui chatouilla les narines. Le capitaine avait-il des talents insoupçonnés en cuisine ? Laissant sa lettre sur la table basse, Erika se leva pour lui prêter main-forte mais le grand brun avait déjà terminé, et lui tendit une assiette fumante et des couverts. La brunette le remercia chaleureusement, prenant soudainement conscience de son estomac qui criait famine.

Ils prirent place sur l'unique table haute. Ainsi installée, Erika ne put s'empêcher de se remémorer leur première entrevue qui avait rapidement viré au désastre. Orion se mura dans son silence habituel, et la jeune fille ne s'en soucia pas au début, trop occupée à savourer la galette dans son assiette. Le capitaine avait donc réellement des talents insoupçonnés de cuisinier. Mais rapidement, le silence devint trop pesant à son goût et elle releva la tête pour tenter d'engager une conversation moins houleuse que leur toute première.

"- Vous pourrez récupérer votre cabine cette nuit, commença t-elle entre deux bouchées. La banquette du petit salon est bien assez spacieuse pour que je puisse y dormir confortablement."

Contrairement à lui, qu'elle imaginait mal replier tout son corps pour parvenir à se coucher sur cette même banquette. Et puis elle préférait la neutralité du salon, qui était moins empreint de l'identité de ce propriétaire inconnu. La traversé promettait de ne pas être trop longue, elle pourrait bien dormir quelques nuits hors d'un lit.


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