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LE TEMPS D'UN RP

Un mariage arrangé et deux affligés [Asma x Jen]

Asma
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Asma
Mer 17 Aoû - 20:30

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
En savoir plus.




Heureusement qu'il était de quart, parce qu’après cette soirée ubuesque, Orion n'aurait de toute façon pas été en état de s'endormir. Il repassa l’ensemble des événements de la journée en revue dans sa tête, se demandant si tout cela aurait pu se dérouler différemment. Au bilan, cela n'avait pas été si catastrophique que ça, si ? Du moins, si on omettait Ernst transformé en sorbet glacé l'espace de quelques minutes…. Aurait-il dû ou pu être plus avenant à son arrivée sur Sidh ? C’était déjà un miracle qu’il ne soit pas reparti avant même de se poser. Refaire le match était un exercice en futilité. Nul ne pouvait remonter le temps, et ces évènements s’étaient déjà produits. Quand vint l'heure de passer la main, le grand brun alla se coucher sans demander son reste. Demain serait un autre jour. Une journée chargée l'attendait.

- Cérès en approche, capitaine, annonça l’officier de navigation lorsqu’il rentra dans la passerelle.

Le soleil se levait tout juste sur l’horizon, baignant la passerelle de l’or de ses rayons. Le ciel était d’azur. Une journée resplendissante se profilait. Pourtant, Orion avait l’impression d’avoir avalé du plomb. Il chassa ses pensées sombres et mit de côté ses états d’âme, et se préoccupa de sa navigation. Ils ne descendraient pas sur l’arche mineure. Le transbordement se ferait directement depuis les airs. Le Boréal larguerait les sacs de courriers, et récupèreraient, par un système de croc, les sacs à récupérer. Elles prenaient un peu de temps, mais il s’agit là de manœuvres de routine, avec lesquelles tout l’équipage était parfaitement familiarisé.

- Bien pris. C'est quoi ce bazar dans ma passerelle, lança-t-il en avisant une pile branlante de disques dans un coin.
- La demoiselle aime danser, tonna la voix reconnaissable entre toutes de Bartolomé dans son dos. Etant donné que tu m'as chargé de la lourde mission de la distraire, Capitaine, je tâche de l’accomplir au mieux de mes moyens. A moins que tu ne préfères t'en charger ?

Il se faisait mielleux et dégoulinant. Orion poussa un long soupir exagéré.

- Je ne danse pas.
- Deux pieds gauches ? Le taquina son second.
- Je te ferais savoir que je suis un excellent danseur, imbécile. Pas par choix.

Sa grand-mère lui avait imposé la maîtrise des danses de salon. "Ça faisait partie de l'étiquette". Tout garçon bien éduqué, et en particulier le capitaine d’un aéronef à passagers, se devait de savoir faire danser ces dames si tel était leur désir. On n’argumentait pas contre sa grand-mère.

- Mais je ne danse pas, c'est tout.
- Alors tu ne m'en voudras pas, lança-t-il en quittant la pièce de la façon la plus théâtrale qu’il pût, avec ses disques sous le bras.

Oh que si, il lui en voudrait. Il lui en voulait de mettre autant de zèle à s'occuper de leur passagère alors qu'il avait du boulot par ailleurs. A force de mettre tant de zèle à se rendre charmant, il allait vraiment finir par faire passer Orion pour le dernier des rustres, en comparaison. Était-il un rustre ? Il lui en voulait de son aisance naturelle dans les contacts humains. Il lui en voulait de lui rendre au bilan cette traversée particulière si pénible. A l’autre bout de la passerelle, Arthus, hilare, gloussait en silence, ses épaules s’agitant de soubresauts caractéristiques. Orion maudit intérieurement son second.

L'appareil fut chahuté par quelques secousses.

- Cap’ ?
- Pas moi, rétorqua le jeune homme en haussant les épaules.

Il savait que parfois, sur une saute d’humeur, il pouvait sans tout à fait le vouloir provoquer une bourrasque. Son pouvoir était en ce sens assez sensible à ses émotions. Mais en l’espèce, ça n’avait rien à voir avec lui.

Les opérations terminées, le Boréal s’éloigna de Cérès et reprit sa route. L’aérostat tressauta une nouvelle fois. Non, ce n’était pas lui. Il se dirigea vers la table à carte et vérifia sa position. Bizarre. Il était bien sur la voie, et il n’y avait généralement pas de turbulences dans le Flux. A moins… à moins qu’Olympe ne soit en crise. Cela lui arrivait rarement, mais ça arrivait. Un ami Murmure avait essayé de lui expliquer, une fois, mais le jeune homme n’avait pas tout compris. Il était question du livre de son esprit de famille. Parfois, il exigeait de le voir et s’attardait sur une page déchirée. Et la vue de la page déchirée pouvait le plonger dans des accès de mélancolie ou de colère. Ces crises ne duraient jamais très longtemps. Plusieurs heures, jusqu’à une journée entière pour les plus longues. Puis à un moment, il se remettait à sourire comme si de rien n’était et reprenait son travail. Mais lorsqu’il était en crise, tout le Flux pouvait être perturbé.

Orion ferma les yeux, et se concentra. Il visualisa l’aérostat au milieu du ciel. Il invoqua un léger courant ascendant, et fit prendre un peu d’altitude au Boréal. L'appareil se stabilisa de nouveau. Un peu plus de deux jours. S’il maintenait le rythme, dans un peu plus de deux jours, ils arriveraient à Zéphyr. Orion fut pris d’une soudaine bouffée d’angoisse.

Une formalité. Il fallait considérer tout cela comme une simple formalité. Ni plus, ni moins. Son existence entière ne serait pas bouleversée par cet évènement. Il n’y avait donc aucune raison de s’en faire une montagne. Orion souffla et se servit une grande tasse de café bien noir. Après tout, ce n’était pas plus mal que Bartolomé s’occupe de leur invitée. Cela lui évitait d’avoir à le faire lui-même.
Jen
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Jen
Lun 22 Aoû - 18:21

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

Fiche détaillée juste ici
Après plusieurs mélodies plus dansantes les unes que les autres, Bartolomé prit congé, expliquant qu'il devait prêter main-forte à une opération de transbordement de marchandise. Intriguée, Erika avait été observer cette fameuse manoeuvre depuis le pan vitré de sa cabine, découvrant pour la première fois une arche mineure - en fait une arche tout court qui ne soit pas Sidh. Celle-ci lui paraissait particulièrement petite et désolée, et Erika éprouva un pincement au coeur en imaginant ce que devrait être une vie sur une arche comme celle-ci. Peu de distractions, isolé du reste des arches, dépendant seulement d'un aérostat pour assurer suffisamment de vivres... Elle frissonna. Heureusement que Zéphyr était une arche majeure, au moins elle ne risquait pas d'avoir ce genre de mauvaise surprise.

La manoeuvre terminée, l'aérostat remonta lentement puis reprit sa lente course à travers les flux. Erika se remit à tourner en rond, ennuyée au possible. Les hommes de l'équipage lui faisaient franchement peur, et elle n'avait personne d'autre que Bartolomé pour tuer le temps.

Elle ressentait le besoin de courir, de bouger, de rire. Au lieu de cela, elle en était réduite à se morfondre dans une cabine étroite en attendant la délivrance venue d'un second qui empiétait très clairement sur ses fonctions pour s'efforcer de la distraire. Elle détestait cette sensation.

"- Quelque chose vous préoccupe Mademoiselle ?" s'enquit patiemment Bartolomé en lui servant une tasse de thé.

Erika fut tirée de ses pensées et se redressa dans son fauteuil. Le second lui avait proposé un thé en musique mais la jeune fille avait perdu son entrain de la matinée. La journée lui paraissait excessivement longue, et elle se sentait coupable de ressentir de l'ennui malgré les efforts évidents de Bartolomé.

"- Ce n'est rien, sûrement une fatigue passagère", fit-elle tout sourires.

C'était faux, elle avait la bougeotte et absolument aucune envie de se reposer. Elle souhaitait simplement que ce voyage interminable touche à sa fin, afin de retrouver la terre ferme. Après, elle aviserait. En fait, elle faisait en sorte de ne pas trop y penser.

"- Vous savez, c'est pas un mauvais bougre le capitaine... commença Bartolomé.

Surprise par sa déclaration, Erika haussa un sourcil interrogateur. Elle n'avait rien demandé.

- Disons qu'il aime sa solitude, sa liberté plutôt. C'est un bon capitaine, il est respecté et aimé par tout l'équipage.

- Je n'en doute pas un instant,
" fit Erika avec sincérité.

Oui, il était un bon capitaine. Mais pour le reste, elle n'en savait rien.

- Il est juste, et bon.

- Qu'est ce que vous me faites là exactement Bartolomé ?
s'enquit la jeune fille qui sentait l'impatience la gagner.

Le second eut un sourire malicieux. Puis détourna la conversation comme si de rien n'était.

- Un sucre dans votre thé ?

- Volontiers.

- Comment était votre vie, sur Sidh ? J'ai entendu tant de mystères sur les femmes nécromanciennes...


Erika éclata de rire. C'est vrai, par leurs pouvoirs souvent perçus comme mystérieux voire même mystiques, les nécromanciens nourrissaient toutes sortes de fantasmes, et les femmes capables de parler aux morts étaient parfois traitées comme des divinités par d'autres peuples. Ou comme des sorcières à éradiquer, par certains aussi.

La jeune fille entama le récit de sa vie avec un enthousiasme retrouvé. Elle décrit ces grandes fêtes auxquelles elle assistait, ces cérémonies de nécromancies dans lesquelles ses soeurs brillaient, l'apprentissage complexe de la maitrise du pouvoir de pétrification... Elle omit volontairement la partie où elle ne parvenait jamais à maîtriser ce pouvoir. Tôt ou tard, il en aurait forcément écho.

"- Mon frère a par ailleurs été recruté dans les forces de maintien de l'ordre de Babel", fit-elle avec fierté.

Elle n'avait pas revu son frère depuis maintenant plusieurs années, mais celui-ci écrivait régulièrement à sa famille. Elle savait donc qu'il menait une carrière brillante sur cette arche inconnue, et qu'il avait même reçu plusieurs promotions. La fierté de ses parents.

Tandis qu'elle continuait son incessant flot de paroles, une secousse se fit ressentir dans l'aérostat. Elle leva un regard inquiet vers Bartolomé, qui lui fit signe de poursuivre. Rassurée, elle reprit son récit tout en jetant de temps à autres des regards inquiets en direction de ce qu'elle pensait être la passerelle - à vrai dire elle ne savait plus trop où elle se trouvait.

Après plusieurs heures de bavardage ponctués des rires et plaisanteries de Bartolomé, Erika prit conscience du temps qui passait. Elle s'excusa d'avoir retenu le second une bonne partie de l'après-midi.

"- Je vous en prie, cela fait partie intégrante de mes missions que de distraire nos invitées, fit-il avec un clin d'oeil. Par ailleurs le dîner sera bientôt servi, aurez-vous besoin que je vous accompagne jusqu'à la salle ou saurez-vous retrouver votre chemin ?

Le dîner. Cela deviendrait donc le rendez-vous inévitable quotidien. Erika leva un regard implorant vers Bartolomé.

- Resterez-vous avec nous pour le dîner ? Votre présence serait, je pense, des plus appréciées.

De nouveau, un sourire malicieux. La jeune fille le supplia du regard.

- Je verrai ce que je peux faire pour vous Mademoiselle," fut tout ce qu'il lui répondit.

Dépitée, Erika regarda le second s'éloigner, le plateau de thé à la main et se retrouva de nouveau seule dans le salon. Elle poussa un long soupir en se laissant retomber dans le fauteuil d'où elle venait de se lever. Elle n'était pas prête à l'affronter une deuxième fois. Pas aussi vite, pas aussi tôt.


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Asma
Dim 27 Nov - 12:56

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
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- Non, c'est hors de question. Je ne rejouerai pas la même mascarade une deuxième fois. Si tu avais vu hier...

Il lui épargna l'épisode de la pétrification accidentelle d'Ernst et surtout du fou rire que cela avait provoqué chez lui. Il fallait le reconnaître, la soirée n’avait pas été une totale catastrophe, ni le calvaire absolu auquel il s’était attendu. Mais pour l’introverti qu’il était, cela lui avait demandé un effort qu’il n’était pas prêt y réitérer de sitôt.

"A vrai dire, j'avais cru que vous dineriez dans votre cabine de pilotage."

Orion avait décidé de donner raison à la jeune femme et préféré ne pas lui imposer sa présence. Ni s’imposer la sienne.

- Cela ne deviendra pas un nouveau rituel du soir où je vais me ridiculiser, chuchota furieusement Orion. Elle n'a clairement pas envie de me connaître et se satisfait très bien de ta compagnie, poursuivit-il en mordant dans son sandwich. Elle semble t'adorer.  Va, tu vois bien qu’elle apprécie ta compagnie. Profite, ton capitaine te libère de tes obligations et te reprend tes quarts, de quoi te plains-tu ?

Sans laisser le temps à Bartholomé de répondre, le grand brun replongea le nez dans son manifeste de cargaison. Ignorant totalement son second, il attaqua ses calculs pour revérifier le poids total de ce qu'il transportait et la répartition des charges dans le bord pour équilibrer son appareil et ajuster le volume d'hélium. Ce travail rébarbatif et solitaire lui convenait au plus haut point. Il était seul, au calme, et n’avait pas à essayer de prétendre être quelqu’un qu’il n’était pas. De toute manière, si elle était vraiment condamnée à passer sa vie avec lui, alors autant qu'elle s'habitue au vrai lui. Pas à ce piètre ersatz de galant jeune homme que sa grand-mère tentait de faire de lui.

- Le capitaine s'excuse, il est... hum... pris par des affaires de la plus haute importance, entendit-il au loin. Il poussa la porte pour la refermer et étouffer les bruits extérieurs.

****

- On ne s’en lasse pas, souffla Bartolomé à ses côtés.

Son second avait raison. Il avait beau faire les liaisons entre les arches depuis des années, maintenant, il ne se lassait jamais de la vue à chaque fois qu’il rentrait sur Zéphyr. Entourée de sa mer de nuages moutonneux, Zéphyr trônait, royale, cerclée de son infrangible muraille de bronze. Le jeune homme avait eu écho de ces morceaux d’arche qui par endroits tombaient dans le néant. Visiblement, le phénomène irait même en s’accentuant dans certaines parties du monde, si l’on en croyait les rumeurs. Rien de tel ne s’était jamais produit sur Zéphyr.

Au-dessus de la lumineuse cité aux reflets rougeoyants apparût la cité aérienne du Port-des-Airs. Cité de verre et de métal, elle était elle-même soutenue par une nuée de ballons géants. Tout autour de sa structure en spirale protubéraient les pontons destinés à accueillir toutes sortes d’aéronefs. Chef d’œuvre d’architecture, on aurait dit une sorte de mobile pour enfant flottant avec légèreté dans les airs. Des appareils hétéroclites, aux voiles et aux nefs de toutes les formes et de toutes les couleurs, s’y côtoyaient, qui arrivant, qui repartant. Orion entendit un hourra, suivi de deux cris brefs. L’équipage, se sachant de retour à la maison, s’en félicitait et se mettait en branle pour préparer les manœuvres d’accostage.

Le reste du voyage s’était passé dans le déni le plus total pour Orion. Depuis qu’il avait congédié Bartolomé, et qu’il l’avait missionné pour s’occuper de sa passagère, il avait repris ses activités comme de coutume, faisant de son mieux pour ignorer sa présence à bord. Seule différence avec ses habitudes, il avait cessé de se promener dans l’aérostat, même de nuit, craignant d’avoir à croiser sa route. Il se contentait des quartiers des équipages, de sa cabine et de la passerelle. Quelques escales supplémentaires agrémentèrent le parcours. L’habituel dépôt et emport de courrier inter-arche.

Orion s’était dit qu’il se joindrait à elle pour le dernier dîner avant leur arrivée. Après tout, il fallait qu’il lui explique le protocole pour leur arrivée à Zéphyr. Il descendrait en premier et l’attendrait au pied de la coupée. Elle ensuite. En lieu et place de parents, ses grands-parents seraient là pour l’accueillir des promis. Son grand-père prendrait le bras de la promise, et lui celui de sa grand-mère. Ils seraient accompagnés à la maison familiale où était prévue une célébration d’accueil au profit de la nouvelle venue. Avec un peu de chance, et s’il était bien luné aujourd’hui, son esprit de famille serait peut-être là pour y assister. Sa grand-mère se chargerait ensuite d’aller installer la jeune femme dans ce qui serait ses appartements pour les prochains mois, jusqu’à la noce.

Il n’en eût pas le courage.

- Boréal de Contrôle, bon retour sur Zéphyr, résonna une voix familière par l’antique radio de la passerelle.
- Contrôle, de Boréal. Bonjour Rhona, répondit Orion, avec un sourire dans la voix, reconnaissant le timbre particulier de la contrôleuse. Comme d’habitude, je passe par Est Echo pour ma station au D7.
- Ah, salut Orion. Négatif, beau gosse. Tu es attendu au quai d’honneur. Approche directe par Sud Alpha.

Ça, ce n'était pas normal. Le capitaine perdit son sourire et fronça des sourcils.

- Sud Alpha, répéta-t-il pour confirmer qu’il avait bien pris en compte la consigne.
- Hé bien, on ne va pas à notre place habituelle, capitaine ? Lança son second à la volée, en pénétrant dans la passerelle.
- Quai d’honneur, se contenta de répondre Orion.

Une pause.

- Bart, tout cela ne me dit rien qui vaille, dit-il sans quitter la cité en approche des yeux. Va la chercher, dis-lui de se préparer, si ce n'est pas encore fait.

Là, sur le quai, Orion reconnût les figures reconnaissables par la couleur de leurs tenues des deux grands maîtres de sa guilde. Ils semblaient en grande discussion avec nul autre que le chef des Consignataires du Port-des-Airs. Une troisième silhouette, légèrement en retrait des deux Grands, lui était totalement étrangère. A droite, le profil reconnaissable entre tous de sa grand-mère, les doigts de ses deux mains entrelacés devant elle, et son port altier caractéristique qui donnait l’impression que c’était elle qui menait le groupe. Son grand-père n’était même pas présent. Le petit groupe était flanqué de quatre Pégases en armes.

Pourquoi un tel comité d'accueil? Qu'est-ce que cela voulait bien dire? À ses yeux, cela ne présageait rien de bon. Il n'était pas question de se déconcentrer à cette étape, la plus sensible de sa manœuvre. Surtout pas pour une arrivée devant public.

Avec les instructions du responsable du quai, qui lui transmettait des indicateurs par signes, Orion poursuivit son approche tout en douceur. Il vint poser la nacelle dans le logement prévu à cet effet le long du quai. Commença alors le ballet maintes fois répété des amarres, puis de la mise en place de la coupée. Orion prit tout son temps pour finaliser la navigation et éteindre progressivement ses instruments, puis tout consigner dans le journal de bord de l'aérostat. Une étrange sensation d'oppression s'empara de lui. Il ne parvenait pas à chasser l'angoissante impression qu'il ne remettrait pas les pieds à bord du Boréal de sitôt.

Son second finit par réapparaître en passerelle et se contenta simplement d'opiner du chef. Tout était prêt. On n’attendait plus que lui.

- Je suppose que je te laisse superviser le déchargement de la cargaison, soupira Orion.

Le capitaine avait repassé pour l'occasion la tenue d'apparat des navigateurs zéphyriens. Il vérifia une énième fois sa tenue et alla rejoindre son invitée dans le hall d'accueil des passagers de l'appareil. Sans un regard pour elle, il vint se poster à ses côtés. Préoccupé, l'air encore plus sombre que d'habitude, il fixait la porte face à lui, mâchoires serrées. Il fit un signe de tête au membre d’équipage qui attendait devant la porte, et celui-ci ouvrit, révélant la coupée qui donnait sur le quai et le comité d’accueil qui les attendait au pied.  Plusieurs gardes les encadraient. Pourtant, Olympe n'était pas là. Depuis quand les Pégases assuraient-ils aussi la sécurité des membres du Conseil ?

- Mademoiselle Erika, si vous le voulez bien, déclara-t-il d’une voix qui ne laissait aucune place à la discussion, tout en lui tendant son bras pour qu’elle le prenne.

« Et surtout ne lâchez sous aucun prétexte », eût-il envie d’ajouter. Pourquoi ressentait-il un tel malaise face à cet accueil ? Il s’abstint.

- Ah, Capitaine Orion, s'exclama le Grand maître avec un sourire de circonstance qui suintait l'hypocrisie, lorsque le jeune homme posa le pied sur le quai. Mademoiselle, ajouta-t-il en se tournant vers la jeune femme à ses côtés. Je suis Astréos, Grand de la guilde des Navigateurs, poursuivit-il, main sur la poitrine, s'exprimant avec emphase. Au nom du Conseil, je vous souhaite la bienvenue sur Zéphyr.

Ce fût au tour de Sélène, la Grande de la guilde, de les saluer. L’étranger restait toujours en retrait, silencieux. Enfin un visage familier s’approcha.

- Orion.
- Grand-mère.

Le jeune homme la salua en se courbant respectueusement. Pour toute réponse, la vieille dame l'enlaça, signe d'affection dont elle n'était normalement pas coutumière. Avant qu'il n'ait le temps de réagir, elle lui souffla à l'oreille.

- Je suis navrée, mon garçon, je n'ai rien pu faire.

Orion posa un regard interloqué sur cette dernière, mais déjà elle était passée à la jeune femme pour se présenter. Le regard du jeune homme se posa une nouvelle fois sur l’étranger. Cette fois, il reconnût le symbole caractéristique tracé sur le front de l’inconnu. La Toile. Que faisait un seigneur de la Toile du Pôle sur Zéphyr ? Surtout en cet endroit, pour accueillir son arrivée ? Quelque chose clochait.

- Mademoiselle, vous devez être éprouvée après un tel voyage, reprit Astréos, plus mielleux encore que Bartolomé dans ses bons jours. Capitaine. Et si nous allions nous rafraîchir ?

Son ton péremptoire ne laissait aucun doute. Il n’y avait rien de l’invitation et tout de l’ordre dans sa voix, qui ne laissait place à aucune forme de contestation. Les Pégases s'étaient répartis tout autour du petit groupe. Un guet-apens. Voilà ce que ressentait Orion en cet instant. Pris au piège. L’étranger arborait un sourire énigmatique. Les deux Grands arboraient des masques impassibles. Sa grand-mère baissa les yeux en croisant son regard. Orion jeta un coup d’œil en arrière, vers le Boréal. Là-haut, au sommet de la coupée, Bart arborait son sempiternel sourire de courtoisie, mais ses poings serrés trahissaient son bouillonnement intérieur. Orion ne délirait pas. Lui aussi avait senti.

- Suivez-moi.

Orion posa finalement le regard sur Erika.
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Mar 29 Nov - 1:08

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

Fiche détaillée juste ici
Etait-il possible de mourir d'ennui ? De littéralement mourir à cause de l'ennui ? En tout cas, Erika en était de plus en plus persuadée.

Après leur altercation glaciale et glacée du premier soir, le capitaine avait décidé de mettre le plus de distance possible entre eux, et Erika ne l'avait plus du tout croisé du reste du voyage. Au début vivement soulagée, la jeune fille avait profité de cette semi liberté pour explorer l'appareil de fond en comble, discuter ici et là avec les équipiers qu'elle croisait et glaner quelques informations sur leur prochaine destination. Une fois la glace brisée, la plupart des membres de l'équipage étaient bavards et même plutôt sympathiques. Bartolomé lui aussi jouait un rôle phare dans le maintien de la sanité d'esprit de la jeune fille. Le second se faisait un devoir quasi religieux de venir la divertir quotidiennement et sans faute.

Mais peu à peu, au fil des jours qui passaient Erika se sentait lentement dépérir, happée par un ennui sans nom. Elle errait sans but à travers les couloirs, tournait en rond à en devenir folle dans son étroite cabine, et collait désespérément son nez aux vitres à la recherche du moindre signe de changement. Mais rien ne bougeait. Les arrêts inintéressants s'enchaînaient. Elle avait développé une haine profonde envers ce noir infini qui l'entouraient le plus clair du temps. Même les rires de Bartolomé n'y faisaient plus rien. Pas étonnant qu'on finisse par devenir aussi austère en menant une existence aussi ennuyeuse.

La nuit, Erika rêvait de ses amis restés sur Sidh. Elle rêvait de ses deux soeurs, qui lui manquaient terriblement. Elle rêvait de fêtes, de musique, d'effusions de joie. En fait, elle rêvait de n'importe quoi qui ne soit pas une prison volante au beau milieu de nulle part.

Pour la première fois de sa vie, elle ressentit le besoin d'écrire une lettre à sa famille. Elle avait besoin d'évacuer ses émotions, de mettre des mots sur cette situation qui lui semblait indénouable. Chère Adèle... Non finalement elle voulait écrire à Bertille. Chère Bertille donc... Et maman ? Mais il ne faudrait pas que son père voie la lettre... Bon, chère Bertile...

Par où commencer ? Il y avait tant à dire et à la fois si peu à dire. Tu ne me croiras pas mais l'ennui devient si pesant que j'en regrette de ne pas voir le Capitaine plus souvent. Mais le regrettait-elle vraiment ? Hum, peut être pas finalement. Rature. Ha mince sa soeur ne va pas aimer. Bon au Diable les lettres alors.

Rageusement, Erika froissa le papier et jeta la boulette en direction de la petite corbeille de sa chambre. Raté, bien évidemment. En pestant, la jeune fille se leva pour aller chercher le projectile lorsque l'on frappa à sa porte. Sans surprise, il s'agissait de Bartolomé.

"- Mademoiselle Erika, fit-il avec son éternel sourire doré. Je viens vous prévenir que nous allons arriver sous peu, tenez vous donc prête à débarquer.

- Je vous remercie Bartolomé, dit Erika sans cacher son soulagement. Mais dites moi... est-ce que tout va bien ?

- Absolument ! répondit-il un peu trop précipitamment. A très vite Mademoiselle, je dois m'en aller seconder notre Capitaine pour l'amarrage."

Sans plus de formalités, le petit homme tourna les talons et s'en fut. Erika eut la sensation étrange que son sourire cachait une légère inquiétude très peu caractéristique du joyeux bonhomme. Enfin, elle se faisait des idées sans doute, et elle devait sûrement projeter sa propre angoisse sur ce pauvre Bartolomé. La brunette croisa son propre regard dans le miroir. Tu as survécu au voyage, le pire est passé, tenta t-elle de se rassurer en esquissant un faux sourire. Peine perdue, tout en elle hurlait le désespoir.

***

Sa mère l'aurait étripée si elle avait vu la coiffure de sa fille. Un chignon bouclé avec une pince en fleur blanche assortie à ta robe, lui avait-elle répété une bonne centaine de fois. Mais les mouvements imprédictibles du Boréal à l'arrivée lui avaient tout simplement rendu la tâche impossible. Non pas qu'Erika soit très habile de ses mains de toute manière. Elle avait fini par opter pour des cheveux détachés et tant pis pour la fleur tant affectionnée par sa mère. Elle se sentait déjà suffisamment ridicule dans cette robe qui lui donnait l'air d'une religieuse. Le col montant l'étouffait et la longueur de la robe était telle qu'elle allait probablement se marcher dessus d'un moment à l'autre.

La mort dans l'âme, la brunette gagna le grand hall, tout à fait intimidant. Elle fit face à la lourde porte, seul obstacle qui la séparait de ce qui allait désormais être sa nouvelle vie. Au fond d'elle, un soupçon de rébellion subsistait encore. Mais la jeune fille ne s'était jamais sentie aussi apathique de toute sa vie. Alors c'est tout ? Tu vas vraiment les laisser te séquestrer ici pour le restant de tes jours ? Une unique larme roula doucement le long de sa joue. Cette fois, c'en était fini pour de bon.

Avec un silence surprenant pour son gabarit, le Capitaine la rejoint dans le hall. Le regard mort lui aussi, il fit signe à son équipage d'ouvrir la porte. A son ordre, elle obéit mécaniquement et lui attrapa le bras mollement. Elle n'aurait su dire comment ses pieds la portèrent au dehors de la nacelle.

Ce qu'elle vit était encore plus étrange que tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Un comité d'accueil suspicieusement bien gardé se dressait face à eux, composé de personnes qui semblaient plus éminentes les unes que les autres. A peine leurs pieds eurent-ils frôlé le sol qu'un grand homme se précipita pour les saluer, puis une femme enchaîna presque immédiatement. Par réflexe, Erika leur adressa son plus beau sourire et leur retourna les salutations. Elle débitait les mots sans en comprendre le sens, les yeux passant en revue frénétiquement tous ceux qui se trouvaient autour d'elle. Pas un seul visage familier, Erika s'y attendait mais cela lui fit tout de même un pincement au coeur.

Une femme âgée enlaça Orion à ses côtés et la jeune fille devina qu'il s'agissait probablement d'un membre proche de sa famille. Effectivement, la vieille femme se présenta à son tour comme étant la grand mère du Capitaine, et Erika lui retourna les salutations tout aussi mécaniquement.

Puis soudain, quelque chose sonna l'alerte au fond de ses tripes. Elle n'aurait su le décrire, ni l'expliquer mais elle se sentit pour la première fois de sa vie en danger immédiat. L'apathie qui jusque là avait envahi son corps disparu d'un seul coup pour faire place à une anxiété frénétique. L'air autour d'elle devint irrespirable. Le souffle court, Erika jeta des regards affolés autour d'elle. Personne ne semblait à son aise, il y avait une tension palpable dans l'air, et tous semblaient armés jusqu'aux dents sous leurs sourires mielleux. Que se passait-il exactement ?

Son premier réflexe fut de chercher le sourire réconfortant de Bartolomé. Elle tourna la tête vers le Boréal et lança un regard suppliant au second, juché au sommet de la coupée. Pour toute réponse, elle eut droit à son éternel sourire, mais lui aussi semblait anormalement tendu.

Désemparée, elle sursauta lorsque le dénommé Astréos lui proposa - ou plutôt lui intima - d'un ton doucereux d'aller prendre un rafraîchissement. Quelque chose chez cet homme ne lui inspirait aucune confiance. Puis elle croisa le regard d'un homme encore plus terrifiant à quelques pas de là. Il portait le signe distinctif des membres de la Toile sur le front. Erika sentit un frisson lui parcourir l'échine. Sans même s'en rendre compte, elle broya de toutes ses forces le bras d'Orion.

Sa confusion évidente n'avait pas dû échapper à Astréos qui prit un malin plaisir à continuer à les escorter de près - de beaucoup trop près. D'un ton sans appel, il leur ordonna de le suivre. Cette fois-ci tout à fait paniquée, Erika leva un regard affolé vers Orion. Il savait ce qu'il faisait, n'est ce pas ? Mais de toute évidence, l'angoisse qu'elle lisait sur son visage prouvait le contraire. Mais enfin, comment cela était-il possible ? N'était-il pas là chez lui, parmi les siens ? Une colère sourde envahit la jeune fille l'espace d'un instant, mais laissa très vite place à cette sensation indescriptible de danger lorsque le Grand maître les fit entrer dans une petite salle supposément pour y prendre des rafraîchissements. Là tout de suite, Erika aurait donné n'importe quoi pour prendre ses jambes à son cou, faire demi tour et retourner se terrer au fond de sa minuscule cabine à bord du Boréal. Elle n'aurait jamais cru le penser un jour, mais le confort et la sécurité de la cabine lui manquait atrocement.

Invités ou plutôt intimés à s'asseoir, Erika lâcha difficilement le bras d'Orion et prit place sur un fauteuil un peu trop moelleux. Mal à l'aise, elle tritura nerveusement le col trop serré de sa robe pour chercher de l'air. Elle allait finir par s'évanouir si la pression ne redescendait pas tout de suite. Son estomac semblait s'être rempli de plomb, et elle ne parvenait plus à masquer son souffle court.

Quelqu'un leur tendit deux verres, qu'Erika prit soin d'accepter avec le sourire mais sans y toucher. Désormais, tout lui semblait suspect. Elle fit de son mieux pour ne pas avoir l'air d'une proie en cage et pourtant, c'était exactement ce qu'elle ressentait. Et puis la nervosité d'Orion était contagieuse : du peu qu'elle avait vu de lui, il n'était pas du genre à faire l'étalage de ses émotions. Alors si même lui trahissait des signes d'alerte, que diable était-elle censée faire ? Du coin de l'oeil, la jeune fille scruta la petite salle à la recherche d'un objet qui pouvait lui servir d'arme. Mais à quoi donc pensait-elle ? Elle ne s'était jamais battu de sa vie et ce n'était certainement pas aujourd'hui qu'elle allait miraculeusement tenir tête aux dizaines de soldats armés qui les entouraient.

Lorsque son frère était plus jeune, il aimait montrer ses talents de pétrification à Erika. Alors régulièrement, elle l'aidait à attraper quelques souris dans des pièges pour qu'il puisse s'entraîner sur celles-ci. La brunette avait souvent ressenti un petit sentiment de culpabilité lorsqu'elle parvenait à piéger une souris dans sa trappe. Le rongeur avait toujours tendance à pousser des cris paniqués et à tourner frénétiquement jusqu'à ce que son frère ne l'attrape pour le pétrifier. Aujourd'hui plus que jamais, Erika comprit la sensation que devaient avoir ces souris qui réalisaient qu'un piège inexorable venaient de se refermer sur elles.


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Mar 29 Nov - 9:26

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
En savoir plus.




Les airs étaient son élément. À terre, Orion n'était que cette grande créature un peu mal à l'aise. Un oisillon tombé du nid. Un oiseau dont on avait coupé les ailes. Orion sentit l'emprise d'Erika se resserrer autour de son bras, et posa mécaniquement une main sur les siennes.

- Je suis désolé, souffla-t-il à l'attention de la jeune femme accrochée à son bras. Cela ne devrait pas se passer comme ça.

De quoi était-il désolé ? Il ne comprenait même pas ce qui se passait, et le subissait tout autant qu'elle.

Tous deux furent escortés jusqu'à l'un des salons d'honneur du Port-des-Airs. Un de ces petits salons destinés à l'accueil des invités VIP. Tout en ces lieux respirait le luxe et la sérénité. Pourtant, Orion était loin de se sentir serein. Il regarda Astréos échanger quelques mots à voix basse avec l'Administrateur du Port-des-Airs. Leur escorte Pégase les avait suivis dans la pièce puis, après un tour rapide, en était ressortie. Certainement pour se poster aux accès. Il ne fallait pas se leurrer, ils étaient pris au piège.

On les invita à s'asseoir, ce que la jeune femme fit sans demander son reste. Orion ressentit un étrange malaise quand elle lâcha son bras. Il ne pouvait chasser la sensation que s'il s'éloignait trop, elle allait disparaître. Non pas que la perspective le dérangeait en tant que telle, il aurait été le premier ravi à pouvoir se défaire de ses obligations. Il se sentait pourtant responsable de la jeune femme qu'on lui avait fait arracher à sa famille pour l'emmener ici. Alors qu'elle s'installait dans le fauteuil, il resta debout et croisa les bras sur sa poitrine. Il refusa le verre qu'on lui tendait, et vu l'air qu'il arborait, le serveur n'insista pas.

Astréos avait repris une conversation mondaine et entreprenait désormais de lui parler de Zéphyr. Orion n'avait pas envie d'écouter ces simagrées. Il fit quelques pas pour s'éloigner, sans jamais laisser la jeune femme quitter son champ de vision. Il prit le temps de détailler la pièce, chacune des personnes qui s'y trouvait. Leurs attitudes, leurs mimiques, la façon dont chacun s'était placé.

- Alors, nous nous sommes dit, "pourquoi attendre ?", entendit-il Astréos dire de sa voix doucereuse. À ses côtés, Sélène avait les lèvres pincées et ne se déridait pas d'un poil. Orion tendit l'oreille.

- Vous aurez tout le temps d'apprendre à vous connaître, après la noce.

Orion posa soudain un regard perdu sur sa grand-mère. Il avait beau ne pas maîtriser tous ces sujets matrimoniaux, mais une chose était certaine : ce n'était pas comme cela que c'était supposé se dérouler. On n'était pas des sauvages. Bien que convenus, ces mariages prenaient du temps à organiser, on laissait une chance aux promis d'essayer de se connaître un peu avant de les marier. Les fiançailles duraient généralement un mois. La famille de la promise était conviée à la cérémonie et pouvait venir y participer, si elle le souhaitait.

- Et puis. Un tel honneur qui nous est fait, poursuivit-il en faisant signe au représentant du Pôle d'approcher. Ce n'est pas tous les jours.

Le capitaine eût une brusque envie de s'interposer, mais n'en fit rien. Il regarda l'étranger se fendre d'un baisemain pour la jeune femme, qui lui arracha une grimace de dégoût.

La Toile. La Toile. Qu'y avait-il à connaître sur ce clan ? C'était Bartolomé, l'expert des relations humaines, pas lui ! Orion aurait pu décrire par le menu les infrastructures de l'aérostation du Pôle, mais il avait toutes les peines du monde à se rappeler de l'organisation sociale du Pôle. Et puis, la cour de Farouk n'était pas des plus simples à comprendre. Bart se délectait de lui raconter les ragots qu'il avait pu recueillir de-ci de-là, mais dans ces moments, Orion ne l'écoutait que d'une oreille distraite.

Il fit quelques pas supplémentaires dans la pièce et s'arrêta face à une imposante fenêtre cintrée qui donnait droit sur la Girouette des Régisseurs, cette flèche qui semblait vouloir percer le ciel. On ne les avait même pas laissés quitter la station aérienne. Olympe était-il au courant de ce qui était en train de se tramer ici ? Quand bien même, en aurait-il quelque chose à faire ?

Une figure apparût à ses côtés, impérieuse et glaciale.

- Que veut dire tout ceci, Maestra Sélène ? Attaqua d'emblée le grand brun.

Contrairement à son collègue, elle ne faisait même pas l'effort d'essayer de cacher son mépris à son égard.

- Ne nous leurrons pas, garçon, tu ne veux pas plus de cette union qu'elle, cracha-t-elle en indiquant Erika, toujours installée dans son fauteuil, d'un signe de tête. Ta ta ta, le coupa-t-elle d'un geste de la main alors qu'il s'apprêtait à rétorquer. Inutile de le contester. De toute façon, si tout se déroule comme nous l'entendons - et tout se déroulera comme prévu -, tu n'auras pas à subir sa présence plus que de nécessaire. Fais ça pour ta guilde, et nous te rendrons tes ailes, ton Boréal et bien plus encore.

Il ne l'avait donc pas imaginé. On ne le laisserait donc pas retourner sur le Boréal.

- Je ne comprends pas.
- On ne te le demande pas.
- Et elle ?
- Tu n'as pas à en connaître.

Sans un mot de plus, la Grande de sa guilde tourna les talons, laissant un Orion encore plus confus que quelques instants auparavant. Une autre silhouette vint rapidement la remplacer.

- Ce n'est pas contre nous, qu'ils en ont, tu sais, tenta-t-elle maladroitement de le rassurer.
- Grand-mère.
- Contre elle non plus, d'ailleurs. Ils y ont vu une opportunité. Nous ne sommes que des rouages.
- Grand-mère, où est grand-père ?

L'ancienne baissa les yeux pour éviter son regard. Elle avait les traits particulièrement tirés; ceux de quelqu'un qui n'avait pas beaucoup - ou mal - dormi. Derrière eux, la porte s'ouvrit soudain, laissant apparaître un frêle personnage de petite stature, mais dont l'insigne de poitrine ne trompait pas sur son importance. Un Murmure. Les oreilles d'Olympe sur Zéphyr. Mais aussi les oreilles - ou le silence - de quiconque avait les poches assez profondes, s'il en était besoin, se rappela intérieurement Orion.

- N'en parlons plus, maintenant, conclut sèchement la vieille dame avant de s'écarter à nouveau de lui.

- Ah, cher ami, s'exclama théâtralement Astréos en se levant pour aller accueillir le nouveau venu. Bien, bien, bien, nous allons pouvoir commencer.
- Commencer ? S'étonna Orion à voix haute.
- La cérémonie, bien sûr, rétorqua Astréos avec un sourire carnassier.
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Mar 29 Nov - 22:56

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

Fiche détaillée juste ici
La pression n'était pas décidée à redescendre. Pire encore, Astréos prit place dans le fauteuil face à elle, rendant l'air encore plus irrespirable qu'il ne l'était déjà. Tant pis pour les bonnes manières, Erika défit brutalement le col de sa robe, suffocante. Comme par magie, Orion avait disparu de son champ de vision. Elle ne s'était jamais sentie aussi seule et désemparée. Son regard passait de recoin en recoin, à la recherche d'une issue, ou d'une aide bienvenue.

"- Mademoiselle ? la rappela brutalement le Grand maître, toujours de son ton mielleux tout à fait irritant.

- Je vous demande pardon, je ne m'étais pas attendue à un tel accueil, fit Erika en tentant vainement de cacher sa voix tremblotante.

Elle ne mentait pas vraiment. Même dans ses cauchemars les plus fous, jamais elle n'aurait pu s'attendre à une telle tournure des évènements. Quel était ce sentiment terrible qui lui nouait les entrailles ? Pourquoi se sentait-elle si peu en sécurité ici ?

- Naturellement, la Guilde, le Conseil, et tous ici présents ne pouvaient pas manquer une telle célébration, lui susurra l'homme en dévoilant des dents impeccablement blanches.

Une célébration ? Erika frémit. Il y avait quelque chose de carnassier dans ce sourire. Son regard se porta machinalement vers Sélène toujours debout à ses côtés. Elle lui renvoya un regard absolument glacial qui la tétanisa. Etait-ce que ressentaient les victimes de ses accidents de pétrification ? Très probablement.

- Mais le mariage n'aura pas lieu avant des mois Grand maître, rétorqua la jeune fille de l'air le plus poli qu'elle parvenait encore à feindre.

C'était évident, certes elle ne connaissait pas les coutumes de l'arche de Zéphyr mais aucun peuple, même les plus sauvages, ne mariaient en un seul jour deux parfaits inconnus.

- Hé bien à ce sujet, les rumeurs du mariage du Capitaine du Boréal - ce beau Capitaine qui fait tourner la tête de tant de jeunes demoiselles - ont fait fureur parmi les nôtres. Et figurez-vous que cela a créé un véritable engouement autour de la cérémonie à venir.

Erika sentit une nouvelle vague d'angoisse l'envahir. Tout son corps se tendit et elle agrippa l'accoudoir du fauteuil en se redressant imperceptiblement. Où voulait-il en venir ? La grand femme continuait à la couvrir d'un regard glacial, tandis qu'Astréos reprit.

- Alors nous nous sommes dit, "pourquoi attendre" ?

Erika vit rouge. Sa bouche s'assécha d'un seul coup, l'empêchant de formuler le moindre son. Elle aurait voulu bouger mais son corps était comme pétrifié. Son regard chercha désespérément celui d'Orion, sans succès.

- Oh voyons ne faites pas cette tête là ma très chère, si c'est cela qui vous inquiète, vous aurez tout le temps d'apprendre à vous connaître après la noce.

Non ! Fais quelque chose, dis quelque chose, empêche les de te faire ça !

Sur l'invitation d'Astréos, l'homme encore plus terrifiant s'approcha lentement. Arrivé à sa hauteur, il lui saisit la main pour se fendre d'un baisemain. Prise au dépourvu, Erika ne put retenir une grimace de dégoût. Qu'est ce qu'un membre de la Toile pouvait bien lui vouloir ? Elle avait entendu tant de ragots, de mythes, et de légendes sur ces membres tous liés les uns aux autres, qu'elle ne saurait distinguer le vrai du faux. Mais une chose était sûre : jamais on ne lui avait décrit à quel point leurs représentants étaient horripilants. Tout en cet être lui donnait envie de fuir en courant. Ses yeux, son insigne, ses mains, son sourire. Si seulement elle avait pu les pétrifier tous d'un seul coup d'oeil et partir sans jamais se retourner. Si seulement.

- Toutes mes félicitations ma douce enfant, murmura l'inconnu. Je suis Orvar, et j'ai l'honneur de représenter le Pôle à l'occasion de cette heureuse célébration.

Soudain, un déclic se fit dans l'esprit d'Erika. Ce n'était pas qu'un simple mariage. Elle était réellement prise au piège. Mais quel piège ? Elle se remémora les rares paroles qu'elle avait échangé avec Orion. Avait-il essayé de la prévenir lors de ce dîner désastreux ? "Un contrat comme un autre, non". Savait-il dans quoi il l'avait embarqué ?

Un bruit de porte lui fit tourner la tête. Un homme frêle s'avança lentement dans la salle. Erika ne reconnut pas l'insigne qu'il portait, mais il semblait être quelqu'un d'important. Immédiatement, Astéros se leva d'un air théâtral pour l'accueillir. La jeune fille le regarda approcher, tous les sens en alerte.

"- Bien, bien, bien, nous allons pouvoir commencer, fit le Grand maître en faisant signe à l'assemblé.

- Commencer ?

La voix d'Orion dans son dos la fit sursauter. Elle y décela cependant un étonnement évident.

- La cérémonie, bien sûr."

Erika se tourna franchement vers le grand brun. Sa mine ne laissait aucune place au doute : il n'en menait pas plus large qu'elle. Mais étrangement, le mariage était devenu le dernier de ses soucis. Quelque chose d'autre se tramait, quelque chose clochait sévèrement. Ne pas pouvoir mettre le doigt dessus la rendait folle. Et au vu du reste de l'assemblé présente dans cette salle, Erika n'allait pouvoir compter que sur elle-même.

Elle prit plusieurs grandes inspirations pour se calmer, sans succès. Si elle voulait y voir plus clair, elle devrait pourtant dompter sa peur. Elle commença par se lever enfin de ce fauteuil dans lequel elle se noyait. Elle tira encore un peu sur le col de sa robe pour happer de l'air. Elle fit un pas en avant et manqua de trébucher sur les longueurs de sa robe. Satanée dentelle, ce n'était vraiment pas le bon moment.

Elle tenta de se saisir discrètement de la petite cuiller d'argent qui lui avait été servie avec son verre. Peut être que cela pourrait servir d'arme. Mais son regard croisa celui d'Orvar qui lui fit un sourire entendu en lui faisant signe d'avancer. Erika se figea dans son mouvement et ne put que s'exécuter.

Du plus lentement qu'elle put, elle emboîta le pas à l'éminent inconnu qui de toute évidence, s'apprêtait à prononcer les voeux de mariage. La jeune fille repéra une dague dorée pendue à la ceinture du petit homme. Combien d'autres étaient encore armés dans cette pièce ? Très probablement tous, sauf elle. Elle baissa les yeux sur ses chaussures à talons. Peut être qu'en frappant suffisamment fort, les talons pourraient lui servir pour se défendre. Mais pour se défendre de quoi au fait ?

Ils passèrent une porte massive et pénétrèrent dans une petite salle tout aussi luxueuse que la précédente. Bien que préparée pour l'occasion, il était évident que l'endroit n'était pas prévu pour accueillir une célébration de noces. En fait, cela ressemblait plutôt à une salle de Conseil, ou un salon de discussions. Toujours en emboîtant le pas au petit homme, Erika parvint à hauteur d'un semblant d'autel. Le marbre lustré lui renvoya un bref reflet de son apparence. Elle n'avait jamais eu l'air aussi pitoyable et vulnérable de sa vie.

L'assemblé les avait suivi dans un silence inquiétant. Le cliquetis des gardes armés se déplaçant eux aussi firent frissonner la jeune fille. De nouveau, toutes les issues étaient bouclées. Avaient-ils peur qu'elle s'enfuie ? Comme si elle en avait la moindre chance. Pourquoi cela leur importait-il tant qu'elle se marie là, tout de suite ? Qu'allaient-ils faire réellement d'elle ?

Silencieusement, Orion avait pris place à ses côtés. Erika risqua un regard vers le grand brun, pour tenter d'y déceler le moindre indice, le moindre signe d'espoir.

"- Très chers amis, très chers confrères, commença l'homme à la dague. Nous sommes aujourd'hui réunis pour célébrer l'union de ces deux jeunes gens promis ensemble à un avenir brillant et heureux."

Il débita des banalités qu'Erika ne parvint pas à écouter. Elle avait l'impression d'être une condamnée à mort, qui vivait ses derniers instants de vie. Comme si à la fin de ce discours, une lame allait s'abattre sur sa nuque. Son regard inquiet parcouru le sol, le plafond, les murs. Par où allait venir la menace ? Et quelle était donc cette menace ?

Orion marmonna quelque chose à ses côtés et elle s'empressa de faire de même. Peu lui importait cette cérémonie à présent, ce n'était qu'une façade. Elle n'imposa pas la moindre résistance lorsqu'on lui fit tendre la main, pour lui glisser une bague autour du doigt. Elle sentit à peine le tissu du ruban que l'inconnu noua autour de leurs poignets. Elle n'entendait plus que les battements de son propre coeur, tambourinant à lui exploser les oreilles.

A cet instant, la brunette n'avait plus la notion de l'endroit où elle se trouvait, ni des personnes qui l'entouraient. Son instinct lui hurlait de fuir, mais son corps était devenu une coquille vide.

En quelques minutes et dans l'indifférence générale, Erika venait de se faire celer son destin, impuissante et plus seule que jamais.


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Mer 30 Nov - 13:24

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
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On les mena dans la pièce suivante. Voilà donc où était passée une partie de leur escorte. Il n'y avait plus aucun doute, ils étaient totalement pris au piège. Comme dans la pièce précédente, la décoration était sobre et élégante. Quelqu'un avait eu à cœur de veiller à l'esthétique de cette mascarade de bout en bout.

Dans un autre contexte, tout cela aurait pu être très beau. Lui dans sa tenue d'apparat de capitaine Navigateur, une jolie jeune femme dans sa belle robe de dentelles à ses côtés, debout, face à l'autel. Entouré de gens qu'il ne connaissait pas - à l'exception de sa grand-mère, seul visage familier -, il se sentait surtout comme un gibier pris dans un collet.

À la subtile variation de pression dans ses tympans, Orion reconnut le subtil poids de la cloche d'isolation phonique que le Murmure était en train de mettre en place autour de la pièce. Aucun son ne fuiterait à l'extérieur de cette salle. Aucune oreille indiscrète ne pourrait surprendre ce qui était en train de se dire et de se faire en ces lieux. Le Murmure n'avait même pas sourcillé. Il était allé se placer aux côtés du représentant du Pôle, mais ce fût bien ce dernier qui leur fit face et prit place pour officier. Quelle était donc cette nouvelle aberration ?

Une partie d'Orion se demandait comment et pourquoi Erika ne disait rien. Il avait vu la jeune femme s'empourprer pour moins que cela, et donner son avis de façon acerbe. Pourtant, elle semblait éteinte. S'était-elle résignée si vite ? Savait-elle déjà que c'était de toute façon perdu d'avance ? Il jeta un bref coup d'œil dans sa direction. Elle avait l'air livide.

Le regard d'Orion fit une nouvelle fois le tour de l'assemblée réunie. Les deux Grands de sa guilde. Quelques Pégases en arme, à la présence discrète mais suffisamment oppressante. Le Murmure, dont la fonction était visiblement de s'assurer que cette union se déroule le plus discrètement possible, et qui pourtant mettrait un point d'honneur à le consigner. Comme pour toute démarche officielle, il en était le témoin de moralité. Par sa simple présence, il rendait toute la procédure parfaitement légale.

L'Administrateur du Port-des-Airs n'avait plus remis les pieds sur place depuis qu'il échangé quelques mots avec Astréos. Sa "part du contrat" devait être remplie. Orion était certain que le Maestre s'était contenté d'acheter son silence sur ce qui se passait entre les murs de la station qu'il dirigeait. Hormis les quelques gardes et le Murmure, aucune autre guilde n'était représentée. Les quelques nouvelles figures qui étaient apparues, deux ou trois à peine, appartenaient toutes à la guilde des navigateurs, comme en témoignaient les insignes de bronze épinglés à leurs tenues.

Tout cela laissait le grand brun perplexe au plus haut point. Pourquoi sa guilde avait-elle besoin d'Erika ? Non, pas d'Erika, avait dit sa grand-mère. "Nous ne sommes que des rouages". Pourquoi avait-elle besoin de cette union, alors ? Dans de telles circonstances ?

L'étranger entreprit de débiter les textes selon les formules d'usage de Zéphyr. Même si tout hurlait en lui, Orion continuait d'afficher un masque impassible. Il savait pertinemment que contester maintenant ne servirait à rien. Il n'était pas à la hauteur pour affronter un seul Pégase. Alors plusieurs… Il n'était pas armé. Il était seul, sans même le soutien de son équipage. Ses pouvoirs ne lui seraient d'aucune aide. Du moins, ses pouvoirs à lui. Erika ? Serait-elle en mesure de faire quelque chose, elle ? Avec le peu de maîtrise qu'elle semblait avoir sur son pouvoir ?

Orion savait qu'ils n'étaient pas en position de discuter. Il aurait toutefois voulu pouvoir échanger avec elle. Lui faire signe. Savoir comment elle allait, plus simplement, même s'il était certain que "bien" était loin de faire partie des réponses envisageables. Elle regardait toujours droit devant elle.

Quand ce fût son tour de parler, le jeune homme se contenta de répondre mécaniquement comme cela était attendu de lui. Curieusement, ses pensées le portèrent à l'écrin resté dans sa cabine. Celui qui contenait la bague de fiançailles que sa grand-mère lui avait demandé d'offrir à sa promise. "En temps voulu", avait-elle dit. Le temps n'avait pas été voulu. Le temps n'était toujours pas voulu. Ce n'était pas ce qui était prévu. Du moins, pour lui, car pour les Grands de sa guilde, c'était autre chose. Tout se déroulait visiblement conformément à leurs plans. Des alliances apparurent devant lui, sorties d'il-ne-savait-où. À quoi bon faire durer la mascarade jusque-là ? Devait-on vraiment aller jusqu'à un échange d'anneaux ?

"Tu n'auras pas à subir sa présence plus que de nécessaire."

Les mots résonnèrent de façon sinistre dans les oreilles du jeune homme. Que comptaient-ils faire d'elle, une fois l'union célébrée ? Encore une fois, qu'est-ce que tout cela voulait dire ?

Son attention se reporta sur les évènements qui se déroulaient autour de lui. Sa grand-mère tenait le coussin sur lequel reposaient les alliances. Mais de quel côté était-elle ? Dans le peu de temps qu'il eût à sa disposition, le grand brun examina l'anneau entre ses doigts et fut surpris de reconnaître là l'une des alliances de ses grands-parents. Sans un mot, il croisa le regard de sa grand-mère et s'y arrêta, l'espace d'un instant. Il y avait là un message. Elle ne cèderait pas un bien si précieux si elle participait activement à tout ce manège. Elle en était tout autant la victime que lui. Qu'eux.

- Ne la perds pas, souffla-t-elle en s'écartant.

On lia les mains des deux jeunes gens ensemble. Sa main posée sur celle de la jeune femme, Orion exerça une légère pression dessus, comme pour attirer son attention, en vain. S'en était-elle seulement rendue compte ?

L'étranger échangea un regard convenu avec Astréos. Il fit un pas en avant pour s'approcher des deux jeunes gens, et vint placer ses mains sur leurs têtes. Orion eut un mouvement de recul. Quelle était donc cette nouvelle bizarrerie ?

- Ta ta ta, l'interrompit Sélène de sa voix glaciale.

Orion sentit un désagréable frisson descendre le long de sa nuque et entre ses omoplates. Il avala difficilement sa salive. Ledit ambassadeur replaça ses mains sur la tête des jeunes époux, plaçant ses pouces sur leurs fronts, au même niveau que son propre tatouage. Il ne prononça pas un mot. L'espace d'un instant, il ne se passa rien du tout. Était-ce une sorte de bénédiction ? Étrange, comme tradition locale.

Soudain, le grand brun se mit à sentir des picotements puis une vague de chaleur l'envahir. Pas la chaleur du rayon de soleil qui tombait sur votre visage et vos épaules. Plutôt celle de la brûlure à venir. Une sorte de courant électrique dont l'intensité montait progressivement. Sa main se crispa sur celle d'Erika qu'il n'avait pas lâchée.

La douleur et les fourmillements se répandirent dans tout son corps, puis se retirèrent, semblant se contracter pour converger vers le point central du pouce de l'étranger sur son front. Orion avait mal à la tête. Il pouvait sentir le sang tambouriner furieusement dans ses tempes. Comme un mauvais lendemain de soirée où on aurait trop forcé sur la boisson. Le grand gaillard prit une lente respiration, avant de redresser la tête vers l'individu.

- Que nous avez-vous fait ? S'exclama-t-il alors, dents serrées.
- Remercions son Excellence de la grâce qu'il vous a fait. Ce n'est pas donné à tout le monde, de bénéficier d'un tel honneur, vous savez, reprit l'horripilante voix mielleuse d'Astréos.

Orion se retourna vers Erika, comme pour sonder comment elle se sentait, de son côté. Avait-elle ressentit la même chose que lui ? Avait-elle ressenti cette douleur ? Comprenait-elle plus que lui ce qui venait de se passer ? Tant de questions l'assaillaient.

- Nous vous remercions de vos services, capitaine. Vous pouvez disposer, maintenant, vint sèchement lui annoncer le Grand maître.
- Quoi. C'est tout ?
- C'est tout. Votre vaisseau. Votre équipage. Vous êtes libre. "Business as usual" pour vous, capitaine.

Du délire. Tout cela relevait du délire le plus complet. Astréos se détourna de lui et s'éloigna à grand pas avec l'ambassadeur du Pôle.

- Comment peut-on être sûr que ça a fonctionné ? L'entendit-il demander avec empressement à l'étranger, alors qu'il était encore à portée de voix.
- Comme je vous l'avais indiqué, Maestre, chuchota ce dernier, les effets devraient être immédiats. … faudrait-il que quelqu'un lui explique … fonctionne. Surtout ... du croisement de deux lignées différentes. Et qui sait quelle partie du pou…
- Hum, oui, bien, je vous remercie, Excellence, l'interrompit-il, visiblement gêné.

Il n'entendait que des bribes, et la suite se perdit avec la distance. Les deux hommes échangèrent encore un petit moment. Orion vit ensuite le Grand maître aller rejoindre sa compagne pour converser à l'écart. Ils échangeaient vivement, l'un faisant non de la tête, l'autre soufflant. Il se détourna d'eux.

On les avait momentanément oubliés. Le grand brun dénoua le lien qu'on avait passé autour de leurs mains et que personne n'avait pris la peine de retirer. Il garda la main d'Erika dans la sienne, pressant doucement celle-ci pour attirer son attention. Il aurait aimé une réaction de sa part. Il ne savait pas laquelle. N'importe quoi. N'importe quoi d'autre que cette apparente catatonie. Pourtant, lui-même n'en menait pas beaucoup plus large. Et il se savait encore largement surveillé.

Était-ce vraiment la fin ?  Lui partant reprendre sa vie comme si de rien n'était. Mais elle ? Elle, quoi ? Après tout, que lui devait-il ? Il avait le choix entre protéger sa famille et sa carrière, et essayer d'aider cette fille qu'il connaissait à peine. Il en était là de ses réflexions internes quand les deux Grands des navigateurs les approchèrent de nouveau.

- Capitaine, je regrette ce désagrément, commença Astréos de sa nauséabonde voix doucereuse, mais il s'avère que nous aurons finalement besoin de vos services un petit peu plus longtemps. Deux heures ?

Il jeta un coup d'œil vers sa compagne.

- La journée, au plus, rectifia-t-il. Ce soir, vous pourrez être de retour à votre appareil et votre équipage.

L'homme lui fit signe de le suivre, l'emmenant à l'écart de sa désormais jeune épouse. À contrecœur, Orion le suivit.

- Votre tranquillité, reprit le Grand plus froidement, contre votre parole que rien de ce qui s'est passé ici ne quittera cette pièce.
- Et ensuite ? Vous promettez de me laisser en paix ? Ma famille ?
- Vous êtes un homme raisonnable, capitaine. Promis à un bel avenir au sein de notre guilde. Nous saurons vous en savoir gré. En temps voulu.

Pour toute réponse, Orion opina du chef.

- Bien. Que voulez-vous que je fasse ?

Quelques instants plus tard, la porte se referma, laissant Orion et Erika seuls dans la pièce.
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Mer 30 Nov - 19:14

Erika
J'ai 24 ans et je vivais à Sidh, XVIème arche majeure. Dans la vie, je suis fille de famille inlfuente et je m'en sors bien selon moi, mal selon mon père. Sinon, grâce à ma malchance, je suis fiancée par arrangement et je le vis plutôt mal, évidemment.

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Sa léthargie aurait pu durer des heures. En fait, elle aurait aimé rester dans cet état de transe à jamais, plutôt que de devoir affronter la terrifiante réalité qui se présentait face à elle. Pourtant, elle fut brutalement arrachée à sa torpeur lorsque l’ambassadeur du Pôle lui apposa fermement la main sur la tête. Instinctivement, Erika fit un pas en arrière. Un bras la repoussa immédiatement en position. Son corps se figea de nouveau. Seuls ses yeux se levèrent anxieusement vers le menaçant personnage face à elle. Qu’allait-il lui faire ?

L’incertitude fut cependant de courte durée. Erika ressentit comme une vive décharge la frapper en pleine tête puis une explosion de douleur. Elle hurla intérieurement mais son corps était comme possédé par la force surnaturelle que lui le pouce sur son front. Aucun son ne franchit ses lèvres. La douleur disparut aussi vivement qu’elle était arrivée, laissant place à une désagréable chaleur, comme celle que laisse une vive brûlure sur la peau. Cette sensation persista encore et encore entre ses tempes. Erika trouva la force de relever les yeux vers Orion. Que ressentait-il en cet instant ? Avait-il lui aussi eu cette impression indescriptible que quelque chose d’inhérent à son être venait de lui être arraché ? Qu’une part de lui-même n’était plus vraiment lui-même ? Elle remarqua alors que leurs mains étaient toujours liées. Et que ses doigts étaient si crispés qu’elle n’arrivait plus à les bouger.

La pression du pouce sur son front diminua imperceptiblement mais la sensation de brûlure ne disparut pas pour autant. Encore sonnée, Erika entendit Orion gronder à ses côtés et la voix qui lui était devenue insupportable d’Astréos lui répondit. Sa voix résonna de manière désagréable entre ses tempes. Bénéficier d’un tel honneur ? Mais de quel honneur parlait-il ? Parce qu’il s’il ne s’agissait que de se donner des migraines, Erika y parvenait parfaitement bien sans l’aide de personne. Mais son instinct lui hurlait qu’il venait de se produire quelque chose de bien plus grave, d’irrémédiable et surtout, quelque chose auquel elle n’entendait absolument rien.

Orion se tourna alors vers elle, les yeux remplis de questions. Pour la première fois depuis le début de cette mascarade, Erika croisa son regard. La confusion qu’elle y vit la fit frissonner. Que venait-il de vivre de son côté ? Comprenait-il seulement ce qu’il venait de se produire ? Si seulement elle pouvait seulement lui poser une question, communiquer. Au lieu de cela elle dut se contenter de lui retourner ses questions muettes. Cet homme était-il son seul allié ici ou un ennemi au même titre que tous les autres ?

Soudain le Grand maître brisa leur échange silencieux et sans plus de manières, libéra Orion de toute obligation. Erika lui lança un regard absolument indigné. Il allait pouvoir retourner sur le Boréal ? Maintenant ? Et elle dans tout ça, allait-elle pouvoir elle aussi rentrer chez elle auprès des siens et prétendre que cette journée n’avait jamais existé ? A ce stade, elle était preneuse. Elle jurerait de ne pas faire d’histoire et de retourner gentiment sur Sidh et ne plus jamais avoir à revoir ces personnages plus terrifiants les uns que les autres. Elle le savait, leurs desseins n’étaient pas – et ne seraient jamais – ses affaires à elle. Alors pourquoi la mêler elle à tout ça ? Pour la première fois depuis des heures, Erika sentit se sentit de nouveau animée. Animée par une colère noire et une rage folle. Comment son père avait-il pu la laisser entre les mains de fous pareils ? Comment ces gens osaient-il se servir d’elle sans même lui fournir la moindre once d’explication ? Pourquoi ne s’était-elle pas opposée plus farouchement à cette union ? Sa colère était à la fois dirigée contre elle, ses proches, et le monde entier.

Tandis qu’un tourbillon d’émotions la traversait, Astréos s’éloigna en compagnie de l’homme du Pôle. Erika tendit l’oreille : c’était peut-être sa chance d’en savoir plus. Malheureusement, les deux hommes s’étaient trop éloignés et elle ne saisit que des bribes de la conversation. Suffisamment cependant pour bien comprendre qu’ils attendaient clairement un quelconque résultat de leur mystérieuse procédure. La migraine avait fini par s’estomper mais la désagréable sensation d’avoir eu son identité violée persistait dans ses tripes. Dans le même temps Orion dénoua le lien qui retenaient encore leurs mains. Erika tenta de rester concentrée sur l’étrange conversation qui avait lieu au fond de la salle, mais elle n’entendait plus rien d’autre que des murmures tendus. Astréos prit ensuite Sélène à part et ils engagèrent une discussion silencieuse qui pourtant paraissait mouvementée. Que se disaient-ils exactement ? Etaient-il entrain de choisir à quelle sauce ils allaient la déguster ? Ou de la manière la plus discrète de se débarrasser de son corps ? Erika frissonna et se détourna des deux silhouettes. Orion exerça une pression sur sa main et elle releva un regard un peu plus vivant, mais encore un peu plus désespéré sur lui. Elle sentait que les choses tournaient plutôt bien pour lui, et plutôt très mal pour elle.

Les deux Grand maîtres se rapprochèrent, s’excusant de devoir retenir Orion encore quelques heures. Et moi ? Me renverrez-vous aussi chez moi ce soir ? Tandis qu’Astréos prenait le Capitaine à part, Erika se retrouva seule face à Sélène. Sélène dont le regard glaçant n’avait toujours pas changé. La jeune fille rassembla tout son courage et trouva la force de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« - Qu’attendez-vous de moi exactement ? »

Sa vois était moins assurée qu’elle ne l’aurait voulu. C’était une chose de se rebeller quand tout allait bien, c’en était une autre d’oser contester lorsque l’on avait l’intime conviction que le moindre pas de travers nous coûterait instantanément la vie.

Mais Sélène ne prit même pas la peine de lui répondre. Elle durcit encore son regard – chose qu’Erika n’aurait pas cru possible – et souffla d’impatience. Cette femme aurait été une redoutable pétrificatrice, cela ne faisait aucun doute. Enragée, la brunette la fixa à son tour de toutes ses forces, tentant de réveiller son pouvoir familial. Peut-être que la sept-cents soixante-dixième fois serait la bonne ? Peut-être que miraculeusement, elle parviendrait à pétrifier sur commande et s’échapper de ce guet-apens ? Mais sans succès. Evidemment. Elle n’était bonne qu’à pétrifier les commis de cuisine qui ruinaient ses robes. Pas les femmes horrifiantes qui avaient très probablement son avenir entre les mains. Erika serra les dents, pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux.

« - Mes parents savent-ils seulement ce qu’il se passe ici ? siffla t-elle alors dans l’espoir d’épuiser sa patience.

- Contente-toi de te taire, ou tu le regretteras bien assez vite, répondit Sélène d’un ton sans appel.

- Je… »

Erika allait protester encore, mais fut interrompue par l’éclat de la voix d’Astréos. Apparemment, il avait terminé ses manigances avec Orion. Erika les fusilla du regard. Si seulement elle parvenait à les pétrifier tous… Désormais elle comprenait que le Capitaine n’était pas de son côté non plus. Tous s’étaient alliés contre elle, alors même qu’elle ne comprenait pas pourquoi. Sa rage bouilla encore plus fort.

Son père voulait lui faire une leçon de morale ? Quelle belle réussite, Erika prenait conscience en ce moment même que sa vie jusque-là n’avait été qu’un long fleuve tranquille. Ses soucis passés lui semblèrent ridicule en perspective. Elle n’avait pas de pouvoir familial ? Quelle importance, cela ne l’empêchait pas de vivre – du moins jusque-là. Son père voulait la marier de force ? Qu’importe, un mariage n’est pas une fatalité – en tout cas pas lorsqu’il s’agit d’un véritable mariage sans conditions sous-jacentes qui incluent potentiellement sa séquestration ou son assassinat.

Mais là… C’était pire que tout. Elle n’avait jamais été préparée à affronter le moindre danger, elle n’avait aucun réflexe de survie. Son cerveau faisait défiler des scénarios à une vitesse folle mais aucun n’avait la moindre chance de passer la porte de cette salle. Les deux Grands maîtres eux, franchirent cette dernière d’un pas gracieux et la salle se retrouva soudain plongée dans un silence oppressant. Elle était seule face à Orion. Et sa rage menaçait d’exploser à tout moment.

Elle aurait pu lui hurler sa rage, ou plaider pour sa vie. Mais elle ne lui ferait aucun de ces plaisirs. Si elle devait être utilisée, elle voulait simplement savoir pourquoi. Si elle devait mourir… elle préférait ne pas y penser.

« - J’ai cru pendant un instant que je pouvais vous faire confiance, ne put-elle s’empêcher de lâcher. Il n’est pas question de mariage, le saviez-vous depuis le début ? »

A ces mots, elle prit conscience de la bague passée à son doigt. Celle-ci la brûla et elle eut l’envie folle de l’arracher et la jeter au loin, comme si cela allait annuler tous les effets du rituel qu’elle venait de subir. Si seulement.

- Ayez au moins le courage de ne pas me mentir, pourquoi m’avoir fait venir ici ? Pourquoi m’avoir arrachée aux miens pour… ça ?

Elle espérait que sa voix ne trahissaient pas son désespoir. Elle voulait avoir l’air forte, bien plus forte qu’elle ne l’était réellement.

- S’il s’agit de transfer de pouvoir, vous devriez pourtant savoir que vous avez la mauvaise pioche. »

Elle avait déjà entendu des histoires de mariage arrangés pour des raisons de transmission de pouvoir. Mais qui aurait besoin de ses pouvoirs à elle, sachant pertinemment qu’elle n’en avait pas ? Cela n’avait aucun sens.

Face au mutisme du grand brun Erika sentit la peur l’envahir. Elle préférait mille fois la sensation de la colère, chaude et bouillonnante, au froid terrifiant que lui procurait la peur. Sa voix se brisa malgré tous ses efforts.

«  - Je vous en prie Orion, dites quelque chose. »


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Mer 30 Nov - 20:45

Orion
J'ai 27 ans et je suis originaire de l'arche de Zéphyr. Dans la vie, je suis pilote d'aérostat et je m'en sors très bien. Sinon, j'étais célibataire et je le vivais très bien, mais on m'a arrangé un mariage, et je le vis un peu moins bien.
En savoir plus.




- Je suis désolé, Erika, répondit Orion d'un ton sans appel, mais je vous l'ai dit la première fois que nous nous sommes rencontrés, ce n'est qu'un contrat.

Tout en parlant, Orion plaqua son index contre ses propres lèvres. Il pointa ensuite silencieusement son oreille du bout du doigt. Ils étaient très certainement écoutés en cet instant même, tentait-il de lui faire comprendre par gestes.

- Vous le saviez aussi, Erika, reprit-il sur le même ton, qui ne laissait transpirer aucune émotion. Tout cela n'a toujours été qu'une affaire contractuelle entre nos deux arches. Vos parents, ricana-t-il. Vos parents savaient très bien dans quel cadre cet échange se faisait. Une fille contre le maintien de bonnes relations entre Perséphone et Olympe.

Même si tout ce qu'il disait été vrai, Orion détestait avoir à remuer le couteau dans la plaie de la sorte. Une rage sans nom s'empara de lui. Maintenant qu'ils étaient seuls, ses mains se mirent à trembler sous l'effet de la colère. Seul son regard trahissait son désespoir de devoir jouer un jeu si odieux. Il ne savait pas comment la sortir de ce traquenard.

- Pas besoin d'un mariage d'amour, poursuivit-il encore. Une simple formalité administrative, à l'issue de laquelle vous pourrez trouver une vie tout ce qu'il y a de plus normal sur Zéphyr. Mieux intégrée à notre société, grâce au don octroyé par l'intervention de son Excellence l'ambassadeur du Pôle.

Orion se haïssait de lui débiter toutes les sornettes dont avait essayé de le convaincre Astréos. Il n'avait pourtant pas le choix. Il espérait simplement qu'elle saurait faire la part des choses entre ce que sa bouche disait et ce que le reste de son corps hurlait.

Le grand brun fit quelques pas à travers la pièce. Il finit par se laisser lourdement retomber sur un canapé qui avait été mollement repoussé contre un mur. Il se prit la tête entre les mains. Il lui fallait un plan. Il n'en avait aucun.

"Elle vous fait confiance, à vous", avait éhontément tenté de mentir Astréos. "Elle vous écoutera, vous. Mal maîtrisés, ses nouveaux pouvoirs peuvent la consumer. Expliquez-lui un minimum ce qu'elle peut en faire."

Ils étaient tous Navigateurs. Ils avaient tous plus ou moins le même don. N'importe qui d'autre, y compris l'un des deux Grands, aurait pu se charger des explications. À une exception notable. pour le pouvoir dont les autres ne disposaient pas. La guilde en avait donc après son pouvoir d'Aiguilleur.

- Ce que l'ambassadeur du pôle a fait, cela s'appelle une cérémonie du don. Un partage de pouvoirs, expliqua doctement le jeune homme, reprenant ce qu'Astréos lui avait révélé. Si tout se passe comme prévu, j'ai hérité d'une partie de votre don et vous d'une partie du mien. On m'a chargé de vous expliquer comment vous en servir. Après cela, vous n'aurez plus à me revoir.

Il soupira.

- Les Grands ont jugé que cela favoriserait votre intégration dans notre société, que de partager une partie des pouvoirs de notre monde.

Mensonge. Mensonge. Mensonge ! Orion avait envie de hurler et de tout envoyer valdinguer dans la pièce, mais il ne le pouvait pas. Il se contenta de lever vers la jeune femme un regard empli de désespoir.

- Malheureusement, il se pourrait que vous ayez hérité de mon autre pouvoir. Si tel était le cas, Astréos le regrette et souhaite que vous n'hésitiez pas à vous en ouvrir à lui.

Tout en prononçant ces paroles d'une voix posée, Orion fit frénétiquement non de la tête. Non, ne surtout pas faire confiance à cet être abject. Ne faire confiance à personne.

Bien évidemment qu'il n'avait que faire de l'intégration de la jeune femme ! Ce n'était pas ses pouvoirs à elle qui intéressaient sa guilde. C'étaient ses pouvoirs à lui. Un pouvoir en particulier. Ce que le jeune homme ne comprenait pas encore, c'était pourquoi. Et pourquoi on avait préféré en passer par ces extrémités pour tenter de répliquer le pouvoir qui lui venait de sa mère, plutôt que de lui demander directement d'en faire usage au profit de sa guilde.

- Bien, nous n'avons pas beaucoup de temps. Commençons, je vous prie.
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Mer 30 Nov - 23:14

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Indignée, Erika allait ouvrir la bouche pour répondre vertement que d’abord c’était elle qui avait commencé par dire que ce n’était qu’un contrat, et que tout de même, il aurait pu faire un effort pour la prévenir plus explicitement de ce qui allait suivre. Elle aurait au moins aimé savoir dans quoi elle embarquait, et puis c’était la moindre des choses aussi sans cœur pouvait-il être.

Mais elle s’interrompit en le voyant effectuer une étrange mimique. La brunette fronça les sourcils, perplexe, puis ses yeux s’écarquillèrent. Il essayait de lui faire passer un message. Ne dis rien ? Ecoute ? Nous sommes écoutés ? Dans tous les cas, elle devait lui prêter attention. Difficilement, la jeune fille ravala ses protestations et le laissa continuer sa tirade. C’était bien la première fois qu’elle l’entendait aligner autant de phrases à la suite. Aussi odieuses ses paroles soient-elles. D’ailleurs, comment devait-elle démêler le vrai du faux ? Orion essayait-il réellement de lui faire passer un message sous couvert de ses mots durs ou bien était-il simplement un personnage aussi détestable qu’il s’en donnait l’air ? Prudemment, Erika chercha à sonder son regard. Mais cet homme restait un parfait mystère. Ses mains tremblaient. Mais sous l’effet de quelle émotion ?

Il lâcha une phrase qui semblait tout droit sortie de la bouche de l’horripilant Astréos. Son Excellence l’ambassadeur du Pôle. Vraiment ? Récitait-il un texte ? Ou était-il simplement du côté de ce monstre et essayait-il de l’amadouer à qui sait quelles fins ? Erika restait immobile, le corps tendu et prête à riposter à tout moment. Comment, elle ne le savait pas, mais elle était certaine d’une chose : si elle ne comprenait pas rapidement si Orion était de son côté ou non, elle était définitivement perdue.

Le Capitaine s’éloigna d’elle, lui laissant l’espace pour respirer de nouveau. La jeune fille ne l’avait pas remarqué mais elle avait été en apnée tout ce temps. Sa tête était étourdie. Il s’était passé beaucoup trop de choses en un laps de temps beaucoup trop court. Mais elle avait la désagréable impression que ce qui se jouait en ce moment même était sa dernière chance de salut, si toutefois elle pouvait encore se permettre d’avoir le moindre espoir. Prudemment, elle fit quelques pas en direction du canapé dans lequel s’était affalé Orion. Elle voulait être sûre de bien comprendre ce qu’il avait à lui dire – ou en tout cas ce qu’il prétendait avoir à lui dire. Erika ouvrit grand les oreilles, les yeux rivés sur la silhouette assise face à elle.

Ils venaient de subir une « cérémonie du don ». Son idée était donc juste, c’était une question de transmission de pouvoirs. Mais dans quel but ? Les choses n’auraient-elles pas pu se faire dans un contexte moins… oppressant ? Et peut-être avec son accord préalable au passage ? Elle n’aurait pas vu d’inconvénient à partager ses pouvoirs non-existants de toute manière. Et qu’allait-elle bien pouvoir faire du don des pouvoirs d’Orion ? Pourquoi voulait-il lui apprendre à s’en servir ? Elle démontrait clairement une très mauvaise maîtrise de ses pouvoirs familiaux, alors pourquoi lui en confier davantage ? Soit tous ces gens étaient tombés sur la tête, soit il y avait une explication plus profonde sur laquelle elle ne parvenait pas à mettre le doigt. Sa raison penchait fortement pour la seconde option.

Après cela, vous n’aurez plus à me revoir. D’accord, mais pour faire quoi ensuite ? Cette déclaration qui l’aurait ravie seulement quelques heures plus tôt ne lui paraissait finalement plus si réjouissante. Elle était seule ici, perdue parmi des gens qui semblaient avoir des plans pour elle dont elle ne savait rien, hormis qu’elle ne souhaitait absolument pas en faire partie. Bartolomé et l’équipage restés en dehors de ce piège qui ne disait pas son nom, elle n’avait plus qu’Orion auquel se raccrocher. Mais elle ne savait toujours pas s’il était de confiance, et quelque chose lui soufflait de se méfier de tout ici, même des meubles et des murs. Elle le dévisagea encore, à la recherche du moindre indice sur sa sincérité, sur la véracité de ses propos. Ses lèvres prononçaient des paroles de convenance, parlant de son intégration sur Zéphyr. Mais le regard qu’il leva sur elle lui glaça le sang. Le désespoir qu’elle y lut était infini. Erika déglutit, sous le choc.

Elle fit un pas encore en la direction du canapé. Orion la mit en garde sur un potentiel autre pouvoir qu’elle aurait pu hériter. Lequel ? De nouveau, le corps du Capitaine contredit ses paroles. Ne pas en informer Astréos. Elle ne l’aurait certainement pas fait, mais Orion lui-même trouvait donc cet homme indigne de confiance. Pourquoi ? Dites-moi en plus, je vous en supplie. Le regard d’Erika reflétait les pensées contradictoires qui traversaient son esprit à toute allure. Une lutte interne acharnée avait lieu entre cette part d’elle-même qui souhaitait se raccrocher à Orion comme ultime espoir, et l’autre part qui lui hurlait que ni rien ni personne n’était digne de confiance ici et qu’elle ne devait compter que sur elle-même.

Mais Erika n’était pas une guerrière, elle n’était même pas vraiment débrouillarde. Retrouvée livrée à elle-même, que pouvait-elle bien espérer ? Il lui faudrait de l’aide, et cette aide, elle ne pouvait qu’espérer qu’elle l’avait bien choisie. Alors elle décida de se prêter au jeu. Elle hocha franchement de la tête lorsque le grand brun l’invita à commencer leur prétendu entraînement. A elle d’avoir l’air suffisamment convaincante à présent.

La mâchoire serrée et le regard alerte, elle observa Orion lui montrer comment il maîtrisait sa magie de l’air. Elle ne comprit rien à la théorie. Changer la pression, les flux, le vent. Le peu de détermination qu’elle venait de gagner vacilla dangereusement. Qu’adviendrait-il d’elle lorsque ces gens se rendront compte qu’elle ne maîtrise aucun pouvoir ? Qu’elle n’a jamais su maîtriser le sien, alors en apprendre un nouveau en quelques minutes était tout bonnement impossible ? Et puis de toute manière même si elle parvenait à le maîtriser, dans quel but devait-elle l’apprendre ? Il y avait tout de même des manières plus simples de recruter des nouveaux pilotes d’aéronef non ? Alors pourquoi ?

Elle aurait aimé faire part de ses doutes à Orion, lui dire que c’était peine perdue et qu’il ferait mieux de lui expliquer ce qui allait se passer maintenant qu’il était clair qu’elle n’avait hérité d’aucun des deux pouvoirs. Mais alors que le Capitaine s’acharnait encore et encore à lui montrer comment contrôler les airs, Erika sentit l’air autour de ses doigts. C’était si subtil, si discret, qu’elle n’aurait pas su dire si cela était réel ou le simple fruit de son imagination. Se pouvait-il… ? Pour la première fois depuis bien longtemps, l’ombre d’un sourire naquit sur ses lèvres. Elle arrivait à sentir quelque chose, il lui semblait pouvoir contrôler quelque chose. Son père serait si fier d’elle. Son père…

Et puis soudain, en creusant encore dans son esprit à la recherche de ce pouvoir des vents, Erika ressentit quelque chose d’inattendu. Quelque chose de plus fort, plus prenant, vers lequel elle se sentait inexorablement attirée. Mais ce qu’elle ressentait n’avait rien avoir avec les airs. Elle visionna très clairement son père. Assis à son bureau habituel sous une montagne de documents. Rien d’inhabituel si ce n’était cette certitude absolue qu’elle voyait ce qu’il faisait en ce moment précis. Ce n’était pas une projection de sa mémoire, c’était une vision de son père dans son bureau en ce moment même. Le sang d’Erika se glaça. L’autre pouvoir.

« - Orion… » souffla t-elle paniquée.

Comment lui faire comprendre ? Elle leva de grands yeux alarmés vers lui dans l’espoir qu’il saisisse le message. Que devait-elle faire maintenant ? Est-ce que quelqu’un pouvait enfin lui expliquer dans quel calvaire elle venait d’être jetée ? Et pour la énième fois, pourquoi ?


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