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LE TEMPS D'UN RP

Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir! (avec Asma)

Asma
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Asma
Dim 10 Juil - 21:48

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


Elle s’était attendue à tout. A ce qu’il se moque. A ce qu’il s’emporte. A ce qu’il la contredise. A ce qu’il lui explique à quel point son propos était convenu, parce qu’elle était limitée par les codes de la société qui la régissait. A tout. Sauf à ça.
Il avait accédé à sa requête, sans condition. Elle avait pourtant préparé tout un discours, pour lui expliquer. Lui expliquer comment elle s’était retrouvée embarquée dans cette histoire de débutante par sa tante parce que « il eût été inconvenant pour une jeune fille de votre âge de patienter plus longtemps encore pour être introduite » et que « cela faisait déjà au moins deux saisons que vous auriez dû être présentée à la reine » et que « si votre mère avait été encore là… ». Elle avait fait taire sa tante sur ce dernier point, mais n’avait pas eu son mot à dire sur le reste.
Elle lui aurait dit qu’il n’avait jamais été dans ses intentions de se trouver un mari, contrairement à ce qu’il avait pu croire, et qu’il n’avait pas besoin de lui rabâcher qu’il était heureux d’une hypothétique union entre Ricardo et elle, comme il l’avait fait à plusieurs reprises de vive-voix et par lettres interposées. D’ailleurs, la rumeur dont ils s’étaient servis pour convaincre la tante Harriett de venir s’était-il ébruité jusqu’ici ? Non, elle ne le pensait pas. Son père et lui avaient eu l’air d’être totalement hors du monde, et détachés de ce que se passait en dehors de leur petit royaume personnel.
Elle lui aurait hurlé à quel point il était facile pour lui de dire qu’on pouvait faire fi de toutes les conventions sociales, parce qu’il était un homme. Un homme, même de mauvaise naissance, pouvait se faire un nom. Il pouvait prouver sa valeur, par des faits d’armes ou de grands succès. Pas une femme. Si elle devait tomber de son piédestal, elle perdrait tout. Absolument tout.
Elle lui aurait dit qu’elle avait besoin de savoir qui elle était. Qui elle était vraiment. Pour savoir qui elle pourrait devenir.

Mais elle ne lui dit rien de tout cela. Elle n’en avait pas eu besoin. Car il avait accédé à sa requête. Sans condition. Alors pourquoi avait-elle, au fond d’elle, la sensation d’avoir avalé une enclume ?

Amis. Une bile amère sembla emplir sa gorge. Elle s’efforça d’afficher un grand sourire.

- Votre frère ? Ma… famille ? J’avais pensé… j’avais pensé que vous auriez envie de m’accompagner, peut-être ? Ajouta-t-elle d’une toute petite voix.

Elle aurait fait semblant de se faire porter pâle, prétextant la fatigue du voyage, la chaleur ou une autre bonne raison pour une jeune femme d’être incommodée. Elle était presque certaine que Ricardo aurait accepté de la participer à la supercherie, sachant que c’était pour voir sa famille. Son autre famille. Celle qu’elle ne partageait pas avec la tante Harriett et la cousine Ornella. Ils seraient partis à cheval, parce que c’était plus discret et que ça allait bien plus vite.

- Je veux dire. Sans vous, je n’aurais jamais réussi à regrouper autant d’informations. Et puis, les lettres. N’êtes-vous pas curieux à propos des lettres ?

Isabella éclata d’un rire cristallin.

- Une raison ? Je vous remercie, milord, mais elle est toute trouvée. Je lui ai écrit, tout simplement. Je lui ai écrit que j’étais la fille de sa cousine, et que je serais dans la région pour quelques temps. Il m’a fait une réponse si enthousiaste ! Je ne lui ai pas parlé des lettres. Je préférais le voir en personne, d’abord. J’aurai sûrement besoin de vos « talents de goujats » dans ce contexte, si vous y tenez temps, milord. Ce qui est certain, en tout cas, c’est que j’aurai de nouveau besoin de vos talents pour les langues…. De traducteur.

Elle s’éclaircit la gorge.

- Je suis désolée, milord, je réalise que je vous tombe dessus avec tout cela, alors qu’il y a moins de deux heures, vous ne vous attendiez même pas à nous voir tous ici. C’est juste que…

« … vous m’avez manqué. » Son cerveau formula l’idée. Sa bouche refusa de la répéter. Son cerveau insista. Sa bouche fit fermement opposition. Ce n’était pas compliqué, pourtant. Quatre petits mots de rien du tout. Vous m’avez manqué. Vous-m-avez-manqué. Vous. M’avez. Manqué. Rien à faire. La bouche avait émis son véto.

- …. Vous avez certainement tout plein de choses de prévues de votre côté, non ?

Saleté.
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Dim 10 Juil - 22:16

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Si la jeune femme avait demandé à dieu de l’engloutir, quand ils étaient tombés dans l’eau … Lui, c’était maintenant qu’il demandait grâce au Seigneur. Qu’avait-il fait pour mériter ça ? Il avait étouffé tout ce qu’on trouvait inconvenant chez lui. Il avait écrasé ses pensées en société, il avait honoré le nom de chaque membre de sa famille. Alors pourquoi maintenant devait-il souffrir ? Si c’était un test, Antonio passa que Dieu était un bel enfoiré. Il sourit. Sourire. Aimable. Charmant. Rien qui ne montrerait ses pensées. Rien qui ne montrerait son caractère. Il devait être lisse, calme, plat, ne pas se faire remarquer. Se taire. Silencieux. Invisible. Oui. C’était cela. Il devait être invisible. Il posa un regard vers la maison, et trouva son père contre la vitre. Il était accoudé de manière nonchalante, mais Antonio pouvait y lire son désespoir. Désolé père, ce n’est pas encore aujourd’hui que votre petit dernier trouvera le bonheur.

Il doute de le trouver un jour maintenant.

Son père était peut-être hors du monde …mais son père parlait souvent avec leur mère… et la mère n’était pas dans la connivence, ainsi n’avait-elle pas pu s’empêcher d’expliquer son bonheur pour son fils. Reed Brownson n’avait rien dit. Pas de félicitation, pas de commentaire. Il savait. C’est tout. Et il avait prévenu Antonio, au cas où. Ce qu’un père ferait toujours pour un fils. Il en était reconnaissant. Il était un peu plus mécontent face à Ricardo, mais même là, il n’arrivait pas à lui en vouloir. Il n’était que le quatrième fils. Il eu un rire sans joie.

- Je ne pense pas que mon absence eut permis à votre tante de me voir d’une plus douce manière. Si je vous kidnappé ainsi, elle me ferait fouetter ou pendre. J’aimerais vous accompagner, mais cela vous mettra à nouveau dans une situation délicate, et ne me détestiez vous pas justement à cause de cela ?

Parce qu’il était Disastro. La catastrophe. Le désastre ambulant. Il avait passé vingt-et-une année de vie en étant que simplement le mec qui pensait différemment, et à qui on ne demandait pas son avis…maintenant il était un désastre se mouvent et muni de parole. Il ne voulait plus la faire souffrir.

- Je suis curieux. Mais, ce ne sont plus les lettres qui me garde fasciner par toute cette histoire. C’est l’envie de vous aider qui m’a fait continuer à chercher, même ici, les liens avec votre famille.

Il entendit son rire et se figea. Il posa un regard vers elle, intense mais simple. Le genre qui attendait de pouvoir bien enregistré l’information avant de pouvoir la traiter convenablement. Elle avait un doux rire. Un rire qu’il aimerait entendre, rien que pour lui, encore et encore. Il se frappa mentalement. Ricardo serait son mari, il devait arrêter de dérailler ! Maintenant.

- Mon talent pour les langues, dit-il en saisissant l’ironie de cette phrase en sachant combien il aimerait l’embrasser, je vous l’offre avec le plus grand plaisir. Vous êtes une des rares personnes à ne pas voir ma passion pour les langages comme un frein, ou une ânerie désuète d’intellectuel. Même mes frères me trouvent idiot.

De ce qu’il en pensait.  Aucun de ses frères ne lui avait jamais rien dit dessus. Sauf le commentaire sur les livres qu’il offrait, qui n’était pas faux … il offrait réellement des livres pour avoir de quoi lire un peu partout … Sinon ses frères ne disaient jamais rien. Jamais. Il ne disait rien sur rien. Personne ne lui disait rien. Quoi qu’il fasse, il avait l’impression de voir du désintérêt. Ils ne sont jamais contre, mais jamais pour. Ou alors se taisent-ils simplement (oui.), mais Antonio n’avait pas moyen de le savoir alors. (//Dixit le mec qui dit rien non plus).

- Ce n’est pas grave. Il est vrai que votre venue était … inattendu, mais je suis ravi d’avoir pu parler avec vous et d’avoir clarifier notre situation.

Il avait l’impression d’avoir des tessons de verres dans la gorge. La situation était loin, très loin, à des années lumières d’être clarifier. C’était qu’un gros mensonge qu’il venait de se coller à la peau, et dont il n’était pas sûr de réussir à se sauver ensuite.

- Ce que j’avais prévu est devenu impossible, la maison est bien trop remplie désormais, et ma mère risquerait de vouloir m’étrangler.

Il était venu pour oublier. Il était venu pour l’oublier, elle. Et elle était là. Même s’il mettait tout son effort à la tâche, il ne pourrait pas arriver à l’oublier maintenant que son odeur et son rire allaient flotter dans la villa. Et s’il s’enfuyait maintenant ? Ses frères ne le comprendraient jamais (qu’il croit) mais la fuite serait assez équivoque pour mettre à mal le projet de mariage de son ainé. Et il s’y refusait. Il l’avait dit non. Son frère est une personne forte, courageuse et juste. Elle était une femme fascinante, belle et maligne. Ils sont faits pour être ensemble. Il lui sourit.

- Je serais ravi d’être à nouveau votre humble serviteur, n’hésitez pas à me demander quoi que ce soit et je m’y emploierais comme d’ordinaire avec le plus de soin possible.

Il avait dit cela en s’arrêtant à côté d’un par terre de fleur. Des tournesols. Il s’était courbé vers elle, juste à peine pour lui faire une révérence. Son père disait toujours que la seule reine de sa vie était sa femme, et qu’il évitait de voir la reine ou le roi pour ne pas s’obliger à courber l’échine pour quelqu’un pour qui il ne portait pas d’amour. Alors Antonio fit une révérence à la jeune femme. Elle aurait son aide, si c’était son désir. Il disparaîtrait, si c’était son désir. Il sera le témoin de son mariage, si tel était son désir. Et son cœur lui fit douloureusement mal.



May you be in heaven
a full half hour
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before the devil knows
you're dead.
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Lun 11 Juil - 9:00

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


- À la décharge de la baronne, si vous enleviez une demoiselle de mon rang, n’importe qui vous ferait fouetter ou pendre, s’amusa-t-elle, espiègle.

Sauf si on apprenait que la jeune femme en question s’était « laissée » enlever. Mais c’était un tout autre sujet.

- Dans ce cas, assurons-nous d’éviter les bals, les oiseaux et les bateaux, continua-t-elle sur le même ton. Heureusement que nous ne sommes pas à Venise. Encore que, la natation semble ne pas trop mal vous réussir, toussa-t-elle.

Elle détourna le regard, surtout pour ne pas le laisser voir le rose lui monter aux joues, quand une lointaine vision refit surface dans son esprit. Sans lâcher son bras, elle se pencha dans la direction opposée, enfonçant son visage dans un massif de chèvrefeuille en fleurs. Elle y prit une longue inspiration, savourant son arôme suave de jasmin et de miel, et cueillit une fleur, qu’elle fit délicatement tourner entre ses doigts.

- Et puis, nous ne sommes plus « en société », ajouta-t-elle en faisant expressément référence à la pairie et aux jeux du beau monde de la haute société britannique, qui atteignaient leur paroxysme chaque année au moment de « la Saison ». Comprendre : dans l’univers des cages dorées dans lesquelles on enfermait ces demoiselles de l’aristocratie, afin de s’assurer qu’elles restent en tout temps des parangons de vertu, un voyage de cette nature constituait une véritable bouffée d’air. Loin du regard de la cour, des cancans de lady Whistledown et de toute la noblesse qu’elle alimentait en ragots, elle pouvait espérer un tout petit peu plus de liberté.

Leurs pas les arrêtèrent à proximité d’un parterre de vivaces dans lequel trônaient les tournesols. Bien que n’étant pas la plus délicate de toutes les fleurs, le tournesol attirait la vie autour de lui, insectes et oiseaux, venus picorer ses graines.

- Ces fleurs ont illuminé mes journées pendant un mois entier, dit-elle pensivement. Si vous saviez, il y en avait dans toutes les pièces.

La promenade touchait à sa fin. Comme pour le confirmer, la silhouette de l’aîné de la fratrie se détacha de la bâtisse, se dirigeant vers eux. Il les informa que, contrairement à ce que semblait encore indiquer le soleil, il était déjà tard. L’heure du dîner serait bientôt sonnée et il était temps de se préparer pour le repas du soir. Ici, les journées étaient plus longues, et le soleil était en effet encore relativement haut dans le ciel.

Isabella jeta un coup d’œil interrogateur aux deux garçons, son regard passant alternativement de l’un à l’autre. Pour des esprits libres, ils appliquaient sacrément bien l’étiquette en vigueur dans la pairie. Était-ce à cause de la présence de leurs invitées de marque ? Certainement que la baronne y prêterait attention, elle.

- Je me vois donc dans l’obligation de vous abandonner, messieurs, déclara-t-elle alors, un peu à regret. Lord Brownson, je vous remercie pour cette visite. Ricardo, salua-t-elle également le comte avant de s’éclipser, laissant les deux frères seuls.

Compte-tenu du temps qu’ils passaient ensemble, ce dernier lui avait proposé près d’un mois auparavant de pouvoir l’appeler par son prénom.  C’était un peu moins formel, surtout quand ils étaient en petit comité, ou comme ici, « en famille ». Et à leurs mère et tutrice respectives, cela envoyait un signal qui allait dans le sens de leur duperie.  Aussi l’avait-elle fait tout naturellement, sans y réfléchir.

Pour leur premier soir, le diner serait probablement un peu plus formel que pour le reste du séjour. La jeune femme mit donc un soin tout particulier au choix de sa toilette, lorsqu’elle passa sa robe de diner. Dotty, sa femme de chambre personnelle, qui l’avait accompagnée pour le voyage, la coiffa avec soin, tout en longues boucles et larges tresses, d’une infinie et délicate complexité. La tante, pour l’occasion, avait fait faire aux deux jeunes filles une toute nouvelle garde-robe de saison. Restant dans un thème champêtre, elle portait désormais une robe de taffetas lilas à la traîne brodée de motifs floraux.

Isabella entra dans le petit salon. Les hommes déjà présents dans la pièce se levèrent. Elle se dirigea vers la duchesse qui lui faisait signe. Celle-ci était en pleine discussion avec une jeune femme que l’anglaise ne connaissait pas. Cheveux d’ébène, de grands yeux noirs en amande. Même Ornella, qui pourtant n’était pas en reste en la matière, faisait pâle figure à côté de la nouvelle venue. Sans trop savoir pourquoi, elle sentit planer dans un recoin de son esprit l'ombre verte de la jalousie. A la moue qu’arborait sa cousine, cette dernière ne devait pas moins en penser.

- Vôtre grâce.
- Mesdemoiselles, j’ai pensé qu’au milieu de tous ces rustres, appuya-t-elle d’un regard soutenu à ses fils, vous apprécieriez un peu de compagnie féminine de votre âge. Giulia est la fille de l’un de nos voisins et ami de longue date. Elle parle un anglais irréprochable, la complimenta la duchesse, et je suis certaine qu’elle serait ravie de vous faire visiter un peu la région, dit-elle avec un regard un peu plus appuyé à destination d’Ornella. Il semblait évident dans l’esprit de la duchesse qu’elle attendait que ce soit Ricardo qui s’occupe de promener sa peut-être future promise.
- Nous vous remercions de votre sollicitude, duchesse, répondit poliment Ornella, face au mutisme soudain de sa cousine. Elle commença alors à faire la conversation à la jeune italienne, qu'Isabella se contenta de suivre en silence.

Le majordome annonça le repas, et les convives passèrent à table. Dans la plus grande tradition britannique, le duc et la duchesse se faisaient face, aux deux extrémités de la table. La baronne Albemare était installée à la droite du duc. Le fils aîné de la fratrie à la droite de sa mère, et sa « belle » à sa droite à lui. Isabella était ainsi encadrée de Ricardo à sa gauche et Charles à sa droite. Ornella se trouvait en bout de rangée, aux côtés du duc. En face d’eux, Louis était installé au plus près de sa mère, ce qui plaçait Giulia pile en face d’elle, avec Antonio à sa gauche. Ce qui faisait de la « charmante amie italienne » la voisine de droite du benjamin de la famille.

Comme le prévoyait l’étiquette, il était d’usage pour un gentleman de « s’occuper de la dame assise à sa droite ».  Et visiblement, ce soir, bien qu’à sa décharge, sa voisine de gauche ne fût autre que la tante Harriett qui était loin de le porter dans son cœur, cela ne semblait poser absolument aucun problème au plus grand contestataire de l’ordre établi et des convenances qu’elle connaissait de respecter l’étiquette.

Elle doutait que le vert soit une couleur qui lui aille bien au teint.
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Lun 11 Juil - 21:35

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Antonio eu une interminable seconde où il s’imaginant l’enlever. Comme dans les récits historiques d’un autre temps, il l’amènerait dans son château et la ferait sienne … Cela en faisant fi, évidemment, des lois, des règles … Mais en faisant attention aux consentements, il n’était pas un monstre. Il s’imagina pendant une seconde ce bonheur de ne plus en avoir rien à faire de l’opinion qu’il véhiculait pour les autres. Il ne voulait pas. Il fit un sourire quand l’imagination continua une seconde de plus. Cela pourrait être drôle.

- Bals, oiseaux, bateaux, cela ne laisse pas beaucoup de moment pour se voir. Bien que les oiseaux n’aient rien à voir avec une rencontre, bals et bateaux un peu plus. J’adore nager. Il y a un lac, plus loin vers les montagnes…. Si on peut s’évader deux heures sans avoir de chaperon, peut-être voudriez-vous vous baigner avec moi ?

En tout bien, tout honneur. Non. Oui. Mauvaise idée que cette baignade … mais il ne disait pas qu’elle serait nue, bien qu’il serait curieux. Mais pas toute nue, en maillot, le genre de maillot qui ne montre rien… Mais qui permets de se faire jeter du haut d’un bassin fait par son père sans craindre, sans faire d’attendant à la pudeur. Il eu un large sourire.

- Comprenez-vous pourquoi j’aime tellement ce pays ? Ici, dans ce lieu, je peux être bien plus moi-même que nulle part ailleurs.

Il observa les tournesols. Il écouta la jeune femme, et remonta ses yeux vers elle, un peu surprise. Illuminé ? Cela voulait bien dire qu’elle avait aimé, n’est ce pas. Il détourna les yeux.

- Ce sont des plantes qui apportent le soleil, de mon point de vue. Je suis content si elles ont pu être d’une quelconque aide pour votre rétablissement et votre humeur.

Il avait tellement envie de se frapper la tête contre le sol. Ricardo n’aurait pas eu le toupet de dire à la jeune femme que les tournesols venaient de son frère, n’est-ce pas ? Il lui aurait dit simplement que c’était de la famille, comme il l’avait demandé. Oui. Oui. Son commentaire ne pouvait pas être pour lui. Il mit au défi son cœur d’arrêter de battre la chamade comme ça pour chaque petite phrase que pouvait dire la jeune femme ! Il était en train de se demander si, oui ou non, il voulait que la jeune femme sache pour les fleurs, mais son frère arriva, et son esprit s’assombrit un peu.

Il n’avait pas le droit de faire cela, n’est-ce pas ? De rêver de la jeune femme, de vouloir qu’elle lui sourît, qu’elle lui parle… Le coup de grâce était peut-être le fait qu’elle appelait son frère par son prénom et que lui se retrouvait toujours affublé d’un Lord Brownson. Cela avait le même effet qu’un coup de burin sur la tête. Pouvait-il se faire porter pâle pour ce repas ? Il pouvait dire qu’il s’était mis à manger les tournesols et était maintenant empoisonné ? Non ? Dommage.

*

Devant la salle de repas, la porte était entrouverte, quelqu’un se trouvant dans la salle de repas pourrait facilement entendre le chuchotement des deux hommes de l’autre côté.

- Vous allez bien vous comportez, dit l’actuel Duc à son jeune fils.
- Je rappelle que je me comporte toujours comme vous me l’avez appris, répondit-il en serrant les dents.
- Ne soyez pas agacé ainsi, reprit le duc.
- Ce qui m’agace, c’est que vous puissiez penser que je risque le bonheur de mon frère par pure …
- Agacement ? proposa son père en ayant conscience d’avoir utilisé ce mot déjà trois fois.
- Je ne ferais rien contre le bonheur de mon frère, ni contre celui d’Isabella.
- Bien, alors contrôle-toi. Ne t’en fais pas, nous serons deux à souffrir.
- L’un plus que l’autre, murmura-t-il en rentrant à l’intérieur de la pièce après son père.

Trop de monde. Trop d’histoire. Trop compliqué. Il avait bien envie de repartir … mais venait-il pas de dire qu’il allait réussir ? Quoi qu’il n’’avait rien promis… Il pouvait repartir. Puis, il vit Giullia ! Il eu un large sourire malgré lui. Au moins, il pourrait s’amuser.

*

Antonio avait le dos penché vers son invité. Il avait le dos tourné, aussi, et aucune envie de se tourner. Déjà, il y avait Isabella, la femme la plus incroyable du monde, en train de parler avec son frère, déjà conquis par la famille, trop proche de lui…. Il y avait aussi cette tante, qu’il ne voulait pas supporter. Charles et Louis s’en occupaient bien assez. Il était donc, totalement, occupé à avec Giullia… et il préférait cela. Giullia était une jeune femme charmante, maligne, belle, bien que cette qualité passât à travers l’esprit d’Antonio avec une force telle. D’ailleurs, la jeune femme avait apprécié cela chez lui. Antonio n’avait jamais rien essayé, à l’inverse de ses frères. En tout cas Antonio le pensait.

Alors qu’ils parlaient, alternant rapidement entre l’italien et l’anglais, ils se mirent à rire. Le duc de Colorshire rigola aussi de bonne grâce en expliquant la blague traduite. Celle-ci n’avait plus la même porté maintenant qu’elle avait trouvé des mots pour expliquer, mais ce n’était pas grave. Le repas continua.

Il alternait entre le regard noir de la duchesse quand son mari essaya de mettre sur le tapis un sujet qu’elle ne trouvait pas opportun. Regard noir qu’elle adressa à son plus jeune fils, et qui était répondu par son sourire d’ange bien heureux. Après tout, si la tante et la cousine voulaient mariés Isabella à son frère, devait-elle comprendre l’énergumène existant dans la famille. Le repas était somptueux … Il allait de soi que ni Antonio, ni le duc, n’avaient fait quoi que ce soit pour cela. Sauf chasser, la veille, ce qui n’était pas une coïncidence. La duchesse savait quand son mari aimait chasser, et comment il aimait chasser.

Les deux mangeaient avec les employés, dans la cuisine, sur le pouce, depuis tout le mois où ils étaient venus habités ici. L’animal était bien traité, et ingéré par les métayers, mais aussi les voisins, souvent. La duchesse avait fait tout cela. Elle avait fait le repas, remettre en ordre les pièces, elle avait même habillé son mari, et demander à son fils d’en faire de même. La duchesse avait eu le droit à un bisou de chaque côté de ses joues. Pour sa mère il ferait tout.

Le repas était donc vraiment le genre de repas que l’on imagine avec les rois ou les reines. Le daim était délicieux. Antonio et son père éclata de rire quand Louis, peut-être le plus sensible d’entre eux, demanda si le daim avait souffert.

- Ne t’en fais pas, mon fils, cet animal a été tué et cuisiné dans le plus grand respect de son sacrifice. Antonio a passé la journée à aider Hier, bien qu’il ait failli en perdre une main !
- Pardon, dit-il faussement outré et en montrant une entaille sur sa main, si vous n’aviez pas voulu jongler avec les couteaux pour prouver pouvoir le faire, rien de tout cela ne serait arriver !
- Vous m’aviez défié ! Bien sûr que je devais de prouver ma valeur.
- En me poignardant ! J’ai cru que la cuisinière allait faire un malaise quand elle a compris que le sang était le mien, et non celui de la bête.

La jeune femme italienne à ses côtés se mit à rire, et ça fit rire Antonio aussi… ce qui fit rire Reed. Parce que les deux avaient aussi le même rire communicatif. Surtout en observant le nouveau regard noir de la duchesse face à son mari. Antonio rigola encore plus.

- Vous allez passer un sale quart d’heure, mon père.
- Je me vengerais, demain, même heure, même endroit !
- D’accord !

Il prit un petit pois qui trainait sur la table et l’envoya sur son père, au même moment où son père fit de même. La duchesse demanda le calme mais les deux hommes étaient déjà en train de se remettre à rire.

- Pardon mère, dit Antonio en se tenant les côtes.
- Pardon, mon amour, dit Reed en faisant de même.

Les deux étaient fait l’un pour l’autre. Pas la duchesse et son mari, non… le duc et son fils. S’il ne fallait retenir qu’une chose de ce qui venait d’être dit …C’est que demain, le duc et le fils seront à nouveau peu vêtu pour combattre.

- Pourrais-je venir voir ce combat ? demanda alors Guillia sans honte, votre grâce et votre fils avaient vraiment une technique incroyable.
- Faites donc, cela ne serait pas le premier combat dont vous êtes spectatrice, dit Antonio en haussant les épaules.
- Alors nous devrions y mettre un défi, proposa le duc, si nous devons avoir des spectateurs de mettre un peu de piquant.
- Que proposeriez-vous mon père ?
- Pourquoi pas la promesse que vous danseriez avec Guillia une salsa endiablée au bal que votre mère va nous concocter sous peu ?
- Je pense que mère me tuerais si je dansais la salsa dans un bal, dit-il sans oser regarder sa mère.
- Alors vous devriez gagner ce combat ! Qu’en penses-tu ma chérie ? Si je gagne le combat, Antonio pourra montrer ses talents en danse avec Guillia.
- Vous n’avez même pas demandé à l’intéressé, fit remarquer Antonio en observant Guillia… qui avait l’air clairement d’accord.
- Comme à l’époque, dit-elle.

Il eu un regard vers la table…Il observa d’abord ses frères. Est-ce qu’ils essayaient de se faire petit pour ne pas énerver leur mère ? Que pensaient-ils ? Pourquoi leurs visages étaient toujours fermés ainsi ? Il posa un regard vers sa mère, la main serrait contre le couteau, prêt à tuer son mari. Les deux se battaient souvent, que même si le pari était à l’avantage de l’un ou de l’autre, ils le faisaient le plus sérieusement du monde !

- Qu’en pense nos invités, demanda Antonio à Isabella, avez-vous envie de voir un combat entre mon père et moi, dans l’espoir de  me voir danser la salsa ?

« Non, sauf si je suis la partenaire de danse » rêvait-il qu’elle réponds, mais cela serait seulement dans ses rêves les plus fous. Il ne pourrait pas l'avoir, jamais, mais il pouvait rêver et paraître avoir des qualités non ?



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Mar 12 Juil - 10:14

Ricardo Brownson
J'ai 26 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis comte de Rosaland et futur duc de Colorshire et je m'en sors très bien. Sinon, je suis en ce moment l'un des célibataires les plus en vue de Londres.

En savoir plus.


- « Il embellira tant le visage du ciel que tout l’univers sera amoureux de la nuit, et que nul ne pourra plus adorer l’aveuglant soleil », souffla-t-il pour lui-même, citant Shakespeare, tout en regardant Isabella et Antonio se promener dans les jardins, lui-même accoudé à la balustrade.

Pensaient-ils vraiment faire illusion, tous les deux ?
Son frère, qu’il n’avait jamais vu aussi agité que ces derniers mois. La façon dont il s’enfermait des jours durant, sans plus parler à personne. Ses accès de colère. La façon dont il l’évitait, lui. Les fleurs, les milliers de fleurs qu’il avait fait envoyer à lady Isabella. Le remords seul n’en justifiait pas une telle quantité. Ce paquet, qu’il avait fait passer à Charles. Pour la défense de son cadet, celui-ci avait fait du mieux qu’il avait pu, en matière de discrétion. Mais ne pensait-il pas que Ricardo allait remarquer qu’encore un autre de ses frères s’intéresse soudain à la jeune femme et la convie à s’absenter avec lui pendant un bal ? « Il m’a fait promettre de ne rien dire », lui avait dit Charles. Ricardo n’avait pas insisté. Et enfin, le départ précipité, et l’exil italien, dans lequel, comble des combles, il avait entraîné leur père. Il ne connaissait qu’une chose qui puisse mettre un homme dans de tels transports. L’amour.

Quant à Isabella, qu’il avait appris à connaître, vraiment connaître, c’était une créature torturée, tourmentée. Par des sentiments qu’elle cherchait à réprimer. Et par autre chose. Par une chose dont elle refusait de parler, mais qui semblait la ronger de l’intérieur. Visiblement, les relations de la brune avec son père ne semblaient pas être au beau fixe. Les quelques échanges auxquels il avait pu assister étaient glaciaux, et dans la très large majorité du temps, le comte n’était jamais vu en compagnie de sa fille. Isabella avait fini par accepter de lui parler de sa mère, et de cette famille, qu’elle recherchait. Au fond, elle se cherchait, elle-même.
La jeune femme faisait son possible pour essayer de dissimuler cette fragilité. Mais elle avait besoin d’être soutenue. Un homme tel que Ricardo aurait été parfait pour elle. Un véritable soutien, solide, stable. Une épaule sur laquelle elle aurait pu s’appuyer. Mais quelque part, par leurs caractères, ils étaient trop similaires. Et s’il lui fallait de la stabilité pour faire face à ses démons, il comprenait aussi que la jeune femme avait besoin de vivre, avait besoin de vibrer. Il s’était résigné à l’idée qu’il n’était pas celui qui la faisait vibrer.  
Il ne lui en avait pas voulu. Envers et contre tout, il était heureux de l’avoir dans sa vie. Par sa seule présence, elle était pour lui le soutien qu’il aurait aimé être pour elle. Et puis, ce n’était pas comme s’il avait trouvé chaussure à son pied par ailleurs, au cours de cette drôle de saison londonienne. Alors le mieux qu’il pusse faire, c’était d’essayer d’aider d’autres à réussir là où lui avait échoué pour l’instant. Même s’il s’agissait de son indomptable benjamin.

Il soupira d’agacement. De toute évidence, chacun dans son propre tourment, ils étaient aveugles à ce qu’ils avaient en face d’eux. A bien les regarder, ce n’était pas de savoir s’ils faisaient illusion, la question. C’était de savoir jusqu’à quelles extrémités il faudrait aller pour faire comprendre à ces deux jeunes nigauds que leurs sentiments étaient réciproques.

- Ricardo, il se fait tard, vous devriez aller chercher votre amie, s’éleva une voix de femme dans son dos.
- De ce pas, mère.

***

Ricardo était redescendu avant tous les autres pour vérifier que la mise en place dans la salle du dîner était irréprochable. Après le mini-scandale de leur arrivée, il souhaitait faire plaisir à sa mère en s’assurant que tout serait parfait pour la soirée. Alors qu’il s’apprêtait à en sortir pour rejoindre le petit salon, il entendit des voix de l’autre côté. Celles de son père et son frère, en intense conversation. Il tendit l’oreille et suivit l’échange, sans un mot, avant de finir par s’éclipser en direction des cuisines.

***

- Vous saviez, n’est-ce pas ? Fulmina Isabella à voix basse. Vous saviez qu’il serait là, et vous m’avez fait quand même venir.

La jeune femme en tremblait de rage. Il grinça intérieurement. Alors ça, c’était la façon de son père et de son frère de se contrôler ?
Le duc ne voyait pas le trésor de diplomatie et tous les efforts que faisait son fils pour tenter d’arrondir les angles à chaque fois que son père y allait de « sa franchise naturelle ». Aussi brillant et indispensable fût-il, ne durerait pas éternellement le temps où ses frasques seraient tolérées à la cour. Et si le duc ne craignait pas de tout perdre, il n’était pas certain que sa mère y survivrait… encore. Alors Ricardo présentait des excuses, il renégociait, offrait des présents. Il déployait en cela une énergie considérable.

Lui tenant galamment un plat pour qu’elle puisse se servir, il se contenta pour toute réponse d’un vague haussement d’épaule, qui eut pour effet de déclencher un soupir d’exaspération de la jeune femme.

C’était peut-être une erreur, finalement. Son frère était encore trop jeune, trop immature. Il ne se rendait pas compte de la chance incroyable qu’il avait d’être libre de toutes responsabilités. Libre de faire ses caprices, libre de ses frasques. Le comprendrait-il un jour ?
Si Antonio était le portrait craché de son père, Ricardo, lui, était à l’image de sa mère. Loin des excès, dans la modération. Cela ne voulait pas dire qu’il ne partageait pas les idées de sa famille, loin de là. Mais il était assez réaliste et terre-à-terre pour savoir que le monde, leur monde, n’était pas encore prêt pour une telle révolution intellectuelle. C’eût été illusoire de penser autrement.
A l’inverse des deux doux rêveurs qui parlaient maintenant de sang, de combats et de se défier. Tous deux se comportaient comme des enfants. Autant en temps normal, il en avait l’habitude et ne disait rien, autant il leur en voulait d’avoir aussi peu de tenue en présence d’invités. Il en voulait à son frère de faire preuve de tant de légèreté, notamment face à Isabella qu’il sentait se décomposer à ses côtés. Il en voulait à son père de rentrer dans le jeu de son fils, et d’enfoncer le clou plus profondément encore. Ricardo enrageait. Il leur lança un regard noir chargé d’éclairs.

Pour couronner le tout, Antonio avait poussé le vice jusqu’à s’adresser directement à Isabella. Le faisait-il exprès ? Était-il vraiment inconscient à ce point de la souffrance qu’il lui infligeait ? Et pourquoi d’ailleurs était-il, lui, Ricardo, le seul à s’en rendre compte ? Ou bien son frère le faisait-il exprès ? Cela l’amusait-il de la faire souffrir ?
Et quand bien même sur le fond la jeune femme aurait aimé dire « oui », comment aurait-elle pu ne serait-ce qu’espérer le faire quand c’était demandé de façon si inconvenante ? Si les fils Brownson avait eu le luxe d’être élevés dans un cadre où chacun était libre de parole, c’était loin d’être le cas ailleurs.

A sa droite, Isabella s’était transformée en statut d’albâtre. Sa mère avait les lèvres pincées et ne disait mot. Ricardo en souffrit. Les jumeaux, dont il connaissait l’espièglerie habituelle, eurent la décence de ne pas rentrer dans le jeu des deux hommes. L’aîné de la fratrie leur en sût gré. La tante d’Isabella était parfaitement mortifiée. Seule la jeune Ornella semblait s’amuser comme une petite folle, ne percevant aucune des subtilités ni des implications de cet échange.

- La pizzica, qu’est-ce donc ? Demanda-t-elle, guillerette, à l’attention de Giulia.

- C’est une sorte de tarentelle, mais plus… sauvage, tenta d’expliquer la belle italienne.

Un homme et une femme qui dansaient ensemble au milieu d’un cercle qui les entourait. De l’énergie et des mouvements sans véritable chorégraphie, où chacun laissait son corps exprimer ses émotions tel qu’il les ressentait. Où, même s’il y avait peu de contacts entre les corps, la communication se faisait de façon très intense par le regard et les gestes, dégageant quelque chose de profondément viscéral, voire bestial. Et c’était sans parler du fait que femmes et hommes dansaient généralement pieds nus, révélant les chevilles des jeunes danseuses. Aux antithèses absolues de tout ce qu’était la codification de l’étiquette des grands bals britanniques.

- Oh, s’extasia-t-elle en tapant ses mains ensemble. M’apprendrez-vous, lady Giulia ?

Ornella gloussait nerveusement. La tante Harriett avait viré de l’écarlate au violet. Isabella, pétrifiée, livide, luttait pour ne rien laisser paraître de son agonie. Quel imbécile ! Moins d’une journée qu’ils étaient là, et déjà son frère réussissait de nouveau l’exploit de placer la belle dans l’embarras.
Peut-être bien qu’elle avait raison, finalement. C’était une très mauvaise idée de l’avoir faite venir.

- Lady Isabella, me feriez-vous plutôt le plaisir de m’accompagner au champ de tir à l’arc, demain ? Je crois me rappeler que vous m’aviez promis une démonstration de vos talents, reprit-il à haute voix.

La jeune femme se tourna vers lui, l’air étonné. Puis il vit dans son regard quelque chose qui ressemblait à du soulagement. Les couleurs semblèrent petit à petit lui remonter au visage.

- J’en serais ravie, comte, répondit-elle avec un sourire visiblement forcé.

Puis, regardant son frère droit dans les yeux avec un sourire mesquin :

- Lady Giulia, dans la perspective de prévoir des rafraichissements pour tous les « spectateurs », votre fiancé sera-t-il des nôtres demain ?
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Mar 12 Juil - 13:47

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


- Il… n’est plus parmi nous, milord, répondit Giulia d’une petite voix. Ses yeux brillaient de larmes. Emporté par la fièvre, voilà maintenant trois lunes de cela. Nous n’avons rien pu y faire.

Un silence de mort s’abattit sur l’assemblée. Ricardo avait vaguement bafouillé des excuses et présenté ses condoléances. Isabella était partagée entre rage sourde et affliction. Après l’avoir haïe et maudite sur plusieurs générations, voilà maintenant qu’elle ressentait de la peine pour la belle italienne.
Le dénominateur commun à toutes ses émotions restait la douleur. La douleur de voir Antonio courtiser une autre femme, sous les vivats de son père. La douleur de ce qu’elle prenait comme un nouvel affront à son encontre. La douleur de l’empathie qu’elle ne pouvait s’empêcher de ressentir pour la femme qui avait perdu son fiancé. La douleur de la jalousie qui s’emparait de nouveau d’elle à l’idée de ce que cela signifiait.

Jusqu’à la fin du repas, on entendit le bruit des fourchettes dans les assiettes et celui des verres que l’on reposait sur la table après les avoir portés à ses lèvres. Quelle ambiance.

Lorsque les desserts disparurent, les hommes se levèrent, et comme il était d’usage, se dirigèrent vers le fumoir, tandis que les femmes retournaient au salon. Un petit peu de répit n’était pas pour déplaire à Isabella. Mais répit elle n’eût pas. Au lieu de cela, la tante Harriett profita du départ du duc pour déverser sa bile. Elle s’outrait de la façon dont elles avaient été accueillies, du comportement de ces messieurs. Elle regrettait que si peu d’importance ne soit accordée aux convenances.


L’entendant maugréer, la duchesse, pourtant femme prévenante, avait préféré aller s’asseoir dans un fauteuil dans un recoin de la pièce, à proximité de la cheminée éteinte en cette saison. Giulia, toujours morose, l’avait suivie, pour lui tenir compagnie. Assise à ses pieds, elle lui tenait la main en lui parlant en italien. Du côté de la pièce où l’anglaise se trouvait, la tante commença à râler plus fort, en particulier à l’encontre du plus jeune fils de la famille, s’adressant à ses deux protégées. N’y tenant plus, Isabella s’emporta.

- Et alors, ma tante ?

Et alors, s’il avait envie de profiter de son père, et de pouvoir s’amuser avec lui comme un enfant devrait pouvoir le faire avec son parent ? Et alors, s’il avait envie de profiter de la vie comme bon lui disait ? Parce que lui pouvait se le permettre ?
La réalité était qu’elle l’enviait. Elle l’enviait d’avoir des parents visiblement si aimants.  Avec un pincement au cœur, elle se rappela qu’elle avait eu une mère qui l’avait aimée… mais dont elle n’avait jamais pu profiter de la présence. Elle l’enviait d’avoir des parents, vivants, si aimants.
Elle l’enviait de pouvoir profiter de la vie à pleines dents, en faisant fi des conventions. Sans des nuées de chaperon chargés de l’espionner en permanence et de rapporter ses moindres faits et gestes. Sans l’ombre d’un père et la menace de son odieux chantage.

- Ne peuvent-ils pas faire, au moins chez eux, à mille lieux de la cour, ce que bon leur semble ?!

Elle baissa d’un ton, parlant toujours suffisamment fort pour que la duchesse, qui faisait mine de ne pas l’entendre, ne rate aucun mot de son propos.

- Nous sommes leurs invités, certes. Mais nous ne sommes que leurs invités, dans leur demeure. Nous leur devons le respect, et c’est à nous de nous plier à leurs modes de vies et leurs traditions familiales, aussi étranges puissent-ils vous paraître.

Pour noyer le flot de reproches qui ne manquerait pas de répondre à son audace, la jeune femme se jeta aussitôt sur le pianoforte qui se trouvait à proximité et, sans demander son avis à qui que ce soit, attaqua le troisième mouvement de la sonate au clair de lune de Beethoven.



La puissance et la violence de la musique se faisaient le miroir de la tornade intérieure qui secouait Isabella. Elle laissait les notes et les accords envahir sa tête et saturer son crâne, pour ne plus avoir à entendre, l’espace d’un instant, et ne plus avoir à penser.
L’écho de ses propres paroles et de ses propres pensées résonnaient malgré tout. Cette soudaine réalisation lui fit l’effet d’une claque. Elle l’enviait. Et elle avait pris sa défense, quelle ironie. Elle l’enviait de pouvoir mener une vie telle qu’elle n’en n’aurait jamais l’opportunité.

Aussi brutalement qu’elle avait commencé, elle posa les deux accords finaux et se leva. Elle réalisa alors que quelque part pendant le morceau, une partie de ses messieurs avait commencé à les rejoindre. Même du personnel de maison, dans l’ombre des alcôves, était venu passer la tête pour l’écouter. Soudain consciente du poids de tous les regards de l’assistance, Isabella s’excusa pour la nuit et prit congé.

Ornella avait pris sa place au pianoforte, et tandis qu’elle s’éloignait maintenant dans l’escalier qui la mènerait à sa chambre, elle entendait loin derrière elle s’élever les notes plus douces de la toute récente « Lettre à Elise ».
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Mar 12 Juil - 19:28

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
- Je vous déteste, dit Antonio les dents serrés.
- C’est faux.
- Je vous déteste en cet instant, reprit-il alors.
- C’est …peut-être vrai, mais n’est ce pas le mieux ? Guillia est douce gentille et son fiancé vient de mourir, c’était presque une aubaine !
- Mais non ! Enlevez cette idée de votre tête, tout de suite ! C'est triste !
- C’est une bonne idée.
- Demain, je vous tue, mon père.
-  Essayez donc.

Père et fils étaient encore en train de marmonner. Il avait promis à sa mère de gagner le pari demain, de façon qu’elle ne fasse pas un malaise… Aussi, Antonio n’était qu’aller dans le sens de son père… il oubliait souvent, trop souvent, que son père était plus haï que lui dans la haute société. Après le repas était devenu tendu. Sa faute ? Possible. Il n’aimait pas voir Ricardo avec Isabella, mais ils étaient faits l’un pour l’autre. Antonio les aimait tous les deux. Ah, ce petit vicelard de cœur, ne pourrait-il pas le découper pour le donner en offrande ? Peut-être que leur cuisinière adorerait cuisiner une partie de son employeur. Il soupira. Dans le salon pour les hommes, il avait pris un verre de ce que son père lui avait offert comme alcool. Qu’importe ce qu’était le liquide roux, il fut avalé sans toucher ni sa langue, ni son palet. Il lança un regard vers Ricardo. Pourquoi demander en mariage la jeune femme ici, sérieusement ?

- J’ai besoin d’air, ou d’alcool.

Il allait sortir quand il se retourna pour regarder ses frères et son père. Il pinça ses lèvres. Boire de l’alcool n’était pas commun à ses habitudes … Aussi, ne savait-il pas si sa phrase aurait été dit ainsi, un autre jour, un autre moment, ou juste oublier dans son auto-flagellation.

- Pour ce que ça vaut, encore, je suis désolé.

D’exister. Son père savait ce qu’il se passait dans la tête de son fils. Il ne s’excusait pas pour son caractère de merde, ses idées, ou pour tout le reste. Il demandait pardon d’être leur frère, et qu’ils doivent le supporter. Il parti avant d’avoir de réponse. Ayant un regard vers Ricardo, rien de méchant, beaucoup de tristesse, qu’il éclipsa une fois sortie de la pièce. Où avait-il envie d’aller pour disparaître ? Alors qu’il montait dans ses appartements, il bifurqua dans la bibliothèque. Sous ses pieds, quelque part, quelqu’un faisait de la musique, et il savait que c’était ELLE. C’était sûr.

Il y avait une passion, une colère, une tristesse, qui ne pouvait être émise que par la jeune femme. N’était-ce pas exactement ce qu’elle lui faisait subir depuis leur rencontre ? Tout ce maelstrom de sentiment qui ne voulait pas le quitter et le déchirer de l’intérieur… Non. Antonio ne remarquait pas quand il blessait la jeune femme, parce qu’idiotement, il pensait qu’elle n’en avait rien à faire. Cependant, il voulait lui parler, et il savait ne pas réussir à faire les choses comme il faut. Il eu un sourire triste. Que faire ?

*

La musique cessa, et il entendit les pas de la jeune femme. Comment pouvait-il entendre les pas de la jeune femme alors que la musique avait repris ? Mais c’est parce qu’il ne pensait qu’à elle, tout le temps. Il avait l’impression de pouvoir définir où elle était dans chaque partie de la famille. Il fit un pari avec lui-même, s’il l’attrapait, alors … alors il … Il accepterait ses sentiments, juste pour ce soir. Ricardo n’avait pas fait sa demande au repas, grâce à lui ? dans un sens il l’espérait… BREF, s’il sortait la main de cette pièce, s’il l’attrapait, alors il pourrait profiter d’elle, juste une soirée.

Allait-elle le rouer de coup ? Peut-être. Il en aurait que le cœur un peu plus briser, ça ne serait qu’une fois de plus. Si seulement il n’avait pas de cœur, pas de sentiment. Comment les autres pouvaient-ils toujours étouffer toutes leurs pensées, leurs envies, et rester stoïque. Comment pouvait-il être … Ainsi ? Il se fit le pari, aussi, que s’il n’attrapait pas la jeune femme, il changerait. Il étoufferait tout, le temps qu’elle est là… Il ne sortirait plus de son bureau et de sa chambre… pour éviter de …d’être lui encore.

Il jeta sa main devant la porte, attrapa un bras qu’il fit délicatement tourner pour la faire rentrer dans la bibliothèque. Il referma la porte. Il n’avait vraiment pas besoin de vérifier qui il avait attrapé. Dans cette bibliothèque, il était avec Isabella. Seuls.  Il posa sa tête contre son épaule.

- Je suis vraiment désolé. Je ne sais pas pourquoi, je n’y arrive pas. Dès que vous êtes à proximité de moi, j’ai envie de … Je ne sais même pas pourquoi je fais ça ? Pour vous montrer mes pires défauts ? Parce que vous êtes si parfaite que j’ignore comme être à la hauteur ! J’espère des choses et j’en dis des choses. La question que je vous ai posé, j’espérais que vous me demanderiez de vous apprendre. Je suis un boulet, souvenez-vous toujours de cela.

Il réalisa l’inconvenance de sa position. Il voulait se déplacer mais il n’y arrivait pas. Il n’avait plus aucune énergie, et elle venait d’arriver, même pas hier. Il sourit malgré lui.

- Pitié, ayez grâce et laissez-moi ainsi deux secondes de plus. J’ai besoin d’une amie, et vous pouvez remarquer que je n’en ai pas, même pas parmi mes frères. Personne ne le saura. Juste deux secondes. Je vous en supplie, Isabella.

Dans la bibliothèque, il y avait un foyer qui brûler des buches tranquillement. La lumière, orange, se répercutait sur les murs, jouant avec leur ombre. Une ombre. Deux âmes. Pourquoi ne pouvait-il pas disparaître ? Devait-il vraiment arrêter de penser ? Arrêter de parler ? Ici ? Il allait le faire pour elle. Il devait le faire pour elle… Bien que cela n’aiderait pas à conquérir son cœur, au moins pourrait-il l’aimer sans honte un temps.



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Mar 12 Juil - 21:56

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
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Marchant d’un pas pressé, tenant à la main les longs gants qu’elle avait retirés pour pouvoir jouer du pianoforte, Isabella n’avait qu’une hâte : atteindre sa chambre et se remonter la couverture jusqu’au sommet de la tête pour y disparaître totalement et, l’espérait-elle, ne plus jamais revoir la lumière du jour.

A sa gauche, elle entendit une porte s’ouvrir et se sentit soudainement happée à l’intérieur de la pièce. Avant d’avoir le temps de réaliser ce qui lui arrivait, elle avait fait un tour complet sur elle-même, la traîne fleurie de sa robe tournoyant autour d’elle, et se retrouvait enveloppée dans une paire de bras musclés. Elle aurait crié si elle n’en avait pas immédiatement reconnu leur propriétaire. Elle n’avait même pas besoin d’attendre que ses yeux s’ajustent à la pénombre de la pièce pour savoir de qui il s’agissait. Elle aurait reconnu cette odeur entre mille.

Elle sentit la douceur des bras qui l’enveloppaient, le poids de sa tête lorsqu’elle se posa sur son épaule. Elle sentit ses cheveux lui chatouiller l’épaule et la clavicule. Elle sentit son souffle chaud dans son cou. Elle se sentit vibrer. Elle se sentit vivre.

S’il avait fallu choisir un moment pour mourir, elle aurait choisi celui-là sans aucune hésitation.

Et pourtant, elle n’osait bouger. De peur que ce soit une illusion et que le moindre mouvement la fasse disparaître dans un nuage de fumée. Elle n’émit pas un son, pas une remarque sarcastique, pas un commentaire désobligeant. Rien. Il ne lui venait de toute façon plus rien. Son cerveau était vide. Tout son sang semblait s’être précipité vers son cœur qui, lui, battait à tout rompre.
Isabella réalisa alors qu’elle avait arrêté de respirer. Elle s’efforça à inspirer une bouffée d’air, essayant de bouger le moins possible pour ne pas réduire l’illusion à néant.

Lorsqu’il prit la parole, son cerveau eût la plus grande peine du monde à assimiler son propos. « Envie de… ». Envie de quoi ? Pourquoi ne finissait-il pas sa phrase ? C’était une torture. Elle, parfaite ? Elle voulait lui faire non de la tête, mais elle ne bougeait pas.

- Amie, répéta-t-elle, hébétée.

En cet instant précis, elle n’avait absolument aucune envie d’être son amie.

Elle était en train de délirer. Elle ne voyait pas d’autre explication. La fatigue du voyage, la chaleur écrasante, la rencontre avec Antonio à son arrivée et les évènements depuis. Son cœur et son corps étaient en pleine surcharge émotionnelle et elle commençait à délirer. L’ensemble de son être s’embrasa.

Ça n’était pas réel. Et si rien n’était vrai, tout était permis.

Elle glissa délicatement ses doigts dans ses cheveux. Elle redescendit doucement derrière son oreille, faisant mine d’y replacer une mèche invisible, puis laissa ses doigts courir le long de son cou. Il avait la peau si douce.
Elle aurait été incapable de mettre un nom sur ce qu’elle ressentait, pas plus sur ses émotions que sur ses sensations. Elle n’avait jamais de sa vie ressenti quelque chose de tel. Elle était tout aussi incapable en cet instant d’articuler la moindre pensée cohérente.
Ne trouvant pas ses propres mots, mais ne souhaitant pas pour autant qu’il traduise un nouveau silence de sa part en autre chose que ce qu’il était vraiment, elle mit dans sa bouche les paroles du poète.

- « S'amor non è, che dunque è quel ch' io sento? » [ndlr : « Si l'amour n'existe pas, O Dieu, alors qu'est-ce que je ressens? »]
Clionestra
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Univers fétiche : Fantastique
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Clionestra
Mar 12 Juil - 22:19

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Il sentait son odeur. Il pouvait sentir le cœur de la jeune femme battre. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de la garder contre lui. Il avait envie de … il ne savait pas de quoi il avait envie. C’était pour ça qu’il avait arrêter la première fois de parler. Il n’arrivait pas à définir ce que sa tête crier… Il ne savait pas. Il n’y arrivait pas. Les idées cognaient dans son esprit et butait sur tout le reste. Il avait envie de pleurer, de crier et de l’embrasser. Surtout de l’embrasser. Le mot « amie » que la jeune femme avait répétée faisait écho dans son esprit. Il ne voulait pas être son ami. Mais il ne pouvait pas être autre chose. Il ne serait qu’un ami, ou un beau-frère. Il avait envie de mourir.

Il sentait ses mains dans ses cheveux. Il ne bougea pas. Profitant d’une seconde de plus, et une seconde de plus, et encore une seconde de plus. Il ne voulait qu’elle ne s’arrête jamais. Elle était silencieuse, et elle avait raison… Un silence lui aurait fait se demander ce qu’il devait faire. Il aurait pris sa pour un refus. Pourquoi ne le repoussait-elle pas ? Pourquoi lui donnait-elle tellement de frisson rien qu’avec sa main ? Sa main, sans gant, nota-t-il malgré lui.

Bref, il releva la tête, à peine, restant bien trop proche d’elle pour les convenances après sa phrase. Avait-elle réellement traduit cette phrase avant de lui dire. Il fronça les sourcils un instant. Qui avait-il de mal à croire qu’elle pourrait l’aimer ainsi ?

- Forse interesse. Forse uno strano fascino. Dubito che il mio amore e il tuo saranno reciproci. (trad : Peut-être de l'intérêt. Peut-être une fascination étrange. Je doute que mon amour et le vôtre soit réciproque.)

Il se doutait qu’elle ne comprendrait pas. Peut-être quelques mots. Peut-être une expression… mais la jeune femme ne pourrait pas comprendre l’impact, la portée de ses pensées. Il réfléchit alors. Il ne voulait pas que la jeune femme le quitte. Il ne voulait pas bercer cette bulle, pour le moment. Il était toujours bien trop proche de la jeune femme. Il fit un sourire, qui ressemblait de plus en plus à une grimace, ne sachant pas s’il devait essayer ou devenir muet… Mais s’il ne tentait pas, il finirait par le regretter toute sa vie. La musique venant d’en dessous fut plus forte, comment faisant écho à ses pensées.

- Alors, Isabella, avez-vous envie de danser avec moi ? Sans personne, sans juge, rien que toi et moi.

Et il ne remarqua même pas avoir utilisé pour la seconde fois son prénom, ou même avoir utilisé le « toi » à la fin de sa proposition.



May you be in heaven
a full half hour
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before the devil knows
you're dead.
ANAPHORE

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Asma
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Asma
Mar 12 Juil - 22:49

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


Par la force des choses, depuis la découverte du carnet, Isabella avait décidé d’apprendre l’italien. Elle n’en avait dit mot à personne, pas même à son précepteur. Surtout pas à son précepteur. Elle n’aurait pas voulu que cela risque de remonter aux oreilles de son père. Comptant se rendre en Italie pour suivre les pistes que le carnet lui avait données, elle s’était dit qu’il valait mieux essayer de comprendre un peu la langue avant de voyager. Et quoi de mieux pour apprendre en autodidacte que de commencer par ses poètes favoris. Pétrarque était l’un d’eux. Elle aimait profondément tout ce qui touchait à la renaissance italienne. Elle était encore loin de maîtriser la langue et toutes ses subtilités, elle le savait. Par contre, elle était désormais capable de se débrouiller pour poser quelques questions élémentaires et y répondre, et par le biais du poète, au vu de ses sujets de prédilection, de parler de mort, de parler de vie, de parler d’amour.

Était-ce vraiment cela qu’elle ressentait en cet instant précis, de l’amour ? C’était absolument impossible. Les faits étaient pourtant là. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’elle n’avait pas vu Antonio. Si elle avait réussi à le chasser de son esprit, il y était toujours resté comme une espèce de bruit de fond. Elle avait associé cela à ses recherches, à son écriture sur les notes en sa possession, à ses idées en annotations. Et à la seconde où elle l’avait vu, son cœur avait fait un bond dans sa poitrine.
Il était bel homme, et aussi exaspérant fût-il, il avait un charme indéniable. De là à confondre une certaine attraction physique avec de l’amour…. La jeune femme alla puiser intérieurement dans tout ce qu’elle avait de références littéraires et de lectures sur le sujet. Il lui semblait que rien ne suffisait à traduire l’intensité et la violence de ce qu’elle ressentait en cet instant. Une autre forme d’agonie que celle qu’elle avait ressenti quelques instants auparavant, pendant cet épouvantable dîner et les moments qui l’avaient immédiatement suivi. Mais n’était-ce pas l’apanage des amoureux que de penser que personne d’autre n’avait déjà ressenti la même chose qu’eux, avec la même puissance ? L’était-elle donc, amoureuse ?

Elle ne voulait pas avoir à penser à la réponse car, quelle qu’elle soit, ses conséquences pour elles seraient désastreuse. Dans tous les cas, elle lui briserait le cœur. Et elle en perdrait une partie de son âme.

Inévitablement, ce moment finirait par prendre fin, et plus elle le ferait durer, plus dure serait la chute. Poussière, elle reviendrait poussière. Happée par les entrailles de la terre, elle serait réduite au néant.

A sa proposition de danser, Isabella lui fit « non » de la tête. Non pas parce qu’elle n’en avait pas envie ; mais parce qu’elle savait que s’il la lâchait maintenant, elle disparaîtrait à tout jamais. A la place, elle appuya à son tour sa tête contre son torse, et s’accrocha à lui comme s’il était une source de vie. Son eau, son oxygène. Elle ferma les yeux, espérant que tout n’aurait pas disparu quand elle les rouvrirait, comme un songe d’une nuit d’été. Puis, les yeux toujours clos, revenant à ce qu’il avait dit juste avant, elle répondit dans un murmure, dans la langue de Shakespeare.

- Et pourquoi ne le serait-il pas ?
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Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir! (avec Asma)
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