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LE TEMPS D'UN RP

Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir! (avec Asma)

Asma
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Asma
Sam 9 Juil - 15:15

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


« J’aimerais bien mais vous accaparez toutes mes pensées. »

Son cœur rata un battement. Cela commençait à devenir une drôle d’habitude. Potentiellement un peu dangereuse pour sa santé, soit dit en passant. Elle était passée de bras en bras, ce soir, on l’avait complimentée, elle avait papillonné des yeux et sourit aimablement, mais rien ni personne ne lui avait fait ressentir tout ce que lui faisait subir lord Brownson. Cela lui était absolument intolérable. Plus encore, incompréhensible. Elle n’avait vu cet homme qu’en tout et pour tout trois fois dans sa vie, et sur ces trois fois, il avait réussi à la vexer, la ridiculiser, la faire s’épancher, et révéler une partie de ses secrets. Certes, sur ce dernier point, c’était elle la responsable. Mais pour le reste… il l’avait aussi faite danser, rire, sourire et ressentir. À cette simple pensée, elle sentit comme une nuée de papillons essayer de s'envoler de la cage qu'était son estomac.
Elle lui avait fait promettre, pourtant. Elle aurait surtout dû lui faire promettre de ne pas la rendre complètement chèvre !

- Je vous ai demandé de ne pas chercher à me courtiser, lui répondit sobrement la belle, luttant contre elle-même pour ne pas saisir la perche qui lui était tendue.

Ne surtout pas oublier pourquoi et comment elle s’était retrouvée dans cette situation. Le chantage de son père. L’histoire autour de sa naissance. La menace du scandale. Elle poursuivit.

- Je ne crois pas vous avoir demandé de me tourner en ridicule.

Elle se sentait vidée. Elle n’avait même pas la force d’être vindicative. Le miracle se produisit alors. Des excuses. De vraies excuses. Sincères et véritables. Isabella eût aussitôt envie de lui répondre, de lui dire qu’elle lui pardonnait, et de lui proposer de tout reprendre à zéro. Mais non. Le mal était fait. Si elle avait encore une once d’estime pour elle-même quelque part, elle garderait la tête haute et ferait fi de ces excuses. Elles arrivaient trop tard. A travers le tissu de son gant et celui de sa robe, elle sentit ses ongles s’enfoncer profondément dans la chair blanche de sa cuisse. Ses articulations devaient avoir blanchi tellement elle serrait fort.
Elle le connaissait depuis moins d’une semaine. Et encore, le connaître, c’était un bien grand mot. A part qu’il avait un talent inné pour faire tourner les gens en bourrique, elle ne connaissait au final pas grand-chose de lui. D’ailleurs, il n’en savait pas beaucoup plus d’elle, somme toute. Elle en avait certainement plus appris sur le comte et réciproquement en l’espace de deux danses que sur son benjamin en l’espace de trois rencontres. N’était-ce pas là bien la preuve qu’il n’y avait là rien d’autre qu’une temporaire union d’intérêt ? Le pacte qu’ils avaient scellé quelques jours auparavant ? Et une fois sa part du contrat accompli, le jeune homme ne manquerait pas de disparaître de sa vie comme il y était entré. Avec moins de fracas, espérait-elle.

« Je suis venu dans cette soirée pour vous uniquement ».

Que son cœur ne s’avise même pas d’essayer de rater un nouveau battement. Pour elle, ça ne voulait pas dire « pour ses beaux yeux ». Pour elle, cela voulait dire « conformément à ce que nous avions convenu lors de notre dernière rencontre ». Cela faisait partie du marché. Tout simplement.

Elle saisit sans un mot les feuillets qu’il lui tendait. Ne pas rentrer dans son jeu. Ne pas répondre. Une nouvelle sensation d’avidité l’envahit. Différente. Elle tourna et retourna les pages comme pour s'assurer qu’elles étaient réelles, et commença à lire. A toute allure. Elle avala les paragraphes.
Ce carnet. Ce carnet était une poignante lettre d’amour laissée par une mère à son enfant à naître. Des entrées de journal, chacune datée. Elle y partageait ses pensées, ses sentiments, ses angoisses et ses petits bonheurs. Isabella lut rapidement, en diagonale, pour en capter l’essence et saisir les grandes lignes. Elle comptait prendre le temps de lire et relire ces pages. Quelque part en cours de route, cette future mère avait décrété que son enfant serait une fille. Un bout de sourire étira le coin des lèvres de la jeune femme. Effectivement, le style était magnifique. C’était soutenu, très poétique. Elle ne savait pas quelles libertés s’était permis le traducteur, mais le texte en anglais était tout aussi sublime. Il lui fallait reconnaître que lord Brownson avait une très belle plume, et une irréprochable calligraphie, qui révélait le soin qu’il avait voulu apporter à son travail. De cela, elle lui en était infiniment reconnaissante.
Une larme silencieuse tomba sur l’un des feuillets. Entre ses mains, les pages tremblaient. Non, c’était elle qui tremblait. Secouée de spasmes silencieux. Il l’avait fait. Il l’avait vraiment fait. Et ce n’était que le début. Y aurait-il une suite ?

- Restez, ne pût-elle s’empêcher de souffler dans un murmure. Elle essaya de s’éclaircir la voix, en vain. Ne parvenant momentanément plus à parler, elle lui fit signe de s'approcher.

Elle remit les pages dans l’ordre et revint à la première d’entre elles. Elle s’arrêta sur la date de la première entrée, qu’elle pointait du bout de son index ganté.

- Là, parvint-elle enfin à dire, croassant légèrement. Elle toussota. Là, cette entrée a été écrite à peu près sept mois et demi avant ma naissance. Vous savez ce que cela peut vouloir dire ?

Ce que cela voulait dire, c’était qu’il était fort possible que ce journal ait bel et bien été écrit par sa mère. Pour en avoir le cœur net, il fallait qu’elle retrouve la date et le contenu de la dernière entrée du journal. Vérifier s’il était cohérent avec sa propre date de naissance.

- Auriez-vous la date de la dernière entrée du carnet ? Lui demanda-t-elle, oubliant momentanément qu’elle n’avait formellement pas encore accepté ses excuses. Je sais que ce serait faire les choses dans le désordre, mais pensez-vous que vous seriez en mesure de traduire la dernière entrée, avant les autres ?

Cette fois-ci, c’était son cerveau qui commençait à s’emballer.

- Et à la fin du carnet, il y avait…. Il y avait ce dessin, avec des lettres entremêlées. Qu’est-ce que c’était déjà ? Est-ce que vous vous rappelez les avoir vues ? Est-ce que vous pourriez me les ramener pour la prochaine fois ?

La prochaine fois. Y aurait-il une prochaine fois ? Serait-ce vraiment une bonne idée qu’il y ait une prochaine fois ? Et puis avec la brouille de ce soir…. Isabella poussa un soupir.

- Vu la tête qu’a fait ma tante tout à l’heure, je crains que vous ne soyez persona non grata chez nous pour quelques semaines, milord.

Une pause. Une soudaine illumination. Elle sentit le rouge lui monter aux oreilles. Elle ne savait absolument pas comment il allait réagir à la suite de ses propos, mais elle ne voyait pour l’instant aucune autre alternative.

- Votre… hum… Votre frère m’a proposé une promenade à Regent’s Park la semaine prochaine. Peut-être… peut-être pourriez-vous profiter de l’occasion pour me faire suivre la suite ?

Ou me la transmettre en personne, eut-elle envie de rajouter, se flagellant intérieurement.
Clionestra
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Clionestra
Sam 9 Juil - 16:50

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Il se permit un haussement d’épaule désinvolte quand elle lui parla de ne pas la courtiser. Il ne pouvait pas la courtiser, il était vrai. Il en aurait presque oublié cet information… Bien qu’il se doute que la jeune femme ne veuille plus de lui.

- Je ne voulais pas vous tourner en ridicule, au contraire. Vous avez quitté la piste de danse avant l’homme. Les règles de la société veuillent que cela soit un manque de respect pour l’homme et sa famille. En expliquant que j’avais été un goujat devant tout le monde, cela a permis de me mettre en défaut et d’annuler manque de respect. Il n’y aucune femme, même plus puissante que ma mère, qui oserait dire que votre acte n’était pas légitime et de vous mettre à défaut. C’est pour ça, que j’ai fait cela.

Il ne savait pas pourquoi, il avait besoin de se justifier. D’expliquer ce qu’il avait eu lieu dans sa tête. Peut être que la jeune femme avait eu du mal à comprendre ? Il n’avait aucunement voulu la tourner en ridicule, mais la protéger des rumeurs, de l’irrespect. Sa mère était une femme noble reconnu et titré … et son père aussi. Antonio, même dernier de la famille, avait une famille puissante, qu’on ne pouvait pas se mettre à dos. Quitter un partenaire ainsi aurait eu des répercussions. Son excuse et la danse de son frère par la suite, avaient eu le mérite de finir de rétablir la vérité … soit qu’Antonio Browson était un goujat, mal poli et incroyablement stupide. Il en avait l’habitude.

D’habitude, il s’en fiche. Cette femme devait le rendre fou. Parce que d’ordinaire qu’on le voit comme une espèce de mal élevé stupide ne le dérangeait pas autant. Pourtant, là… Cela le dérangeait vraiment. Il ne pouvait pas supporter que la jeune femme le voie comme … comme un goujat ? Non. Il n’était pas un goujat. Il voulait que la jeune femme lui sourît. Voilà. Bien qu’il n’arrive pas à savoir ce qui lui donnait cette envie. Peut-être parce qu’il était trop curieux. Cela devait être ça.

Il resta silencieux quand elle lui demanda de rester. Prenant un mouchoir dans sa poche. Chaque enfant de la famille Brownson avait son mouchoir coloré. D’ordinaire les mouchoirs étaient blancs et brodés de couleur. Pas avec sa famille. Le mouchoir d’Antonio était rose pâle. Il y avait bien une broderie avec les initiales d’Antonio. A.G.B. Il lui tendit tout en continuant de contempler le jardin pour lui laisser son intimité. Antonio déposa le mouchoir sur les jambes de la jeune femme et se pencha pour voir la date qu’elle lui montrait. La date ?

- Cela signifie que la personne ayant écrit ce journal aimé compter les jours. Même si je crois que cette question est encore… indiscrète… connaissez-vous votre date de naissance par hasard ?

Il doutait qu’il eu une entré dans le journal ce jour-là. Si la femme ayant écrit le journal était justement la mère de la jeune femme, alors elle aurait attendu le lendemain, ou ensuite, pour parler de son bonheur d’avoir sa fille. Mais la mère de la jeune femme n’était-elle pas morte en couche ? Bien qu’aimant lire, Antonio se verrait mal écrire ou lire alors qu’il venait de connaître le bonheur d’être père. Il n’était même pas sûr qu’il aimerait être père. Oh, il pensait que si… bien qu’il aurait bien besoin d’une femme qui lui rappelle les règles à l’instar de la relation entre son père et sa mère. Il s’imaginait donc être un père acceptable…mais pour être père, il lui faudrait une femme, et pour l’heure il n’en aurait pas la possibilité. Comme toujours il se demandait qui pourrait le supporter.

Il eu un regard vers la jeune femme. Même elle, qui avait pourtant besoin de son aide, n’arrivait pas à le supporter. Bah. Pour le moment sa mère ne mettait pas beaucoup d’espoir dans une noce pour lui. Qu’il en profite.

- Je regarderais. Je ne me suis pas intéressé à la suite, j’avoue mettre intéresser qu’au début du journal. J’essayerais de tout vous rapportez. Pour la date, je l’ai noté c’est *insérer date de naissance plus deux jours*. Je peux commencer par la fin, il n’y a pas de soucis, si cela peut aider à me faire pardonner.

Il ne sait pas du tout comment il allait rapporter tout ça, mais il trouverait bien une idée plus tard. D’un coup, la phrase de la jeune femme fit naître un véritable rire entre ses lèvres. C’était un rire rauque, bref, mais doux. Il mit sa main devant la bouche avec un visage désolé bien que rieur.

- Pardon. Je me demande bien si une famille m’accepterait si je ne faisais pas parti de ma famille. Raison de plus pour y venir, n’est-ce pas agréable de voir le regard courroucé de certaines personnes ?

Bien sûr, il ne le ferait pas … mais l’imaginer était rigolo. Il savait que sa mère aussi lui jeter ce regard parfois. Si la duchesse arrivée à faire se taire les trois ainés d’un regard, Antonio et son père partaient souvent dans des fous rires. Antonio aimait tellement son père qu’il y avait parfois plus de ressemblance entre lui et son géniteur qu’entre les jumeaux. Il ne se départi pas de son sourire, bien qu’il sentît à nouveau une lame lui entouré le corps, serrant pour le faire exploser.

- Je profiterais de votre rencontre avec mon frère. J’imagine mal ma mère lui lâcher grappe, et elle aura envie de me surveiller si je dis désirais venir vous voir. Point pour vous courtiser, j’aimerais plutôt apprendre à vous faire rougir.

Il sourit. Mais il n’aimait pas l’idée de son frère et elle. Pourquoi ? Alors qu’il lui avait donné sa bénédiction, il posa un regard sur elle. Un regard profond pourtant. Il n’avait pas les yeux de ses frères. Le marron cochon, avec son contour bleu que personne ne remarquait jamais. Il se leva. Laissant son mouchoir à la jeune femme. Il s’approcha pour lui prendre la main et lui faire un baise-main des plus respectueux.

- Vous m’excuserez de ne pas pouvoir faire mes deux danses restantes, mais je ne pense pas que vous avez envie de me supporter plus encore, je m’en vais donc travailler. J’ai hâte de vous revoir.

*


Antonio avait besoin d’un remontant. Il prit le whisky dans le bureau de son frère. Il s’assit. Demain, il devait retrouver Isabella et lui donner les feuilles trainant sur son bureau. Il n’en avait aucune envie. Oh. Il ne fallait pas croire qu’il n’avait pas envie de la voir ELLE. C’était ce qui lui apportait qu’il ne voulait pas donner. Il posa sa main sur son visage, effaçant les larmes qui avaient coulés. Il y avait d’ailleurs, parmi ses traductions, des tâches de larmes qu’il n’avait pas pu s’empêcher de laisser couler. Comment l’aurait-il pu ?

Son frère s’approcha de la porte, toquant, bien que celle-ci soit ouverte. Il observa un instant son frère. Observant ensuite le lieu. Charles Brownson n’était pas un soldat spécialisé dans le renseignement pour rien.

- Tu vas bien ? On dirait que tu as pleuré.
- J’ai pleuré, avoua-t-il simplement.
- Ah.

Parfois, Antonio oubliait que ses frères à l’intérieur et à l’extérieur de la maison n’étaient pas les mêmes. Il pensa à Isabella, qui apprenait à connaître un homme, son frère, qui n’était même pas lui-même. On apprenait à se connaître pendant le mariage, disait sa mère… Bien qu’elle eût connu leur père avant, et avait appris à le connaître avant. Son frère ferma la porte.

- Tu sais… si tu … apprécie Lady Cunningham à ce point, dit le à notre frère. Il s’amuse un peu de tes réactions, et nous aussi, mais on n’a pas envie de te faire souffrir pour autant.

Ricardo cherchait l’amour. Comme tous les membres de cette famille, l’amour était important. Mais s’ils voulaient trouver l’amour, tous étaient d’accord qu’il fallait pour ça faire des rencontres. Ils ne promettaient jamais rien … mais ils profitaient tout de même des rencontres et de la compagnie de jolies filles. Antonio était le seul qui ne l’avait jamais fait. Et pourtant il avait demandé à sa mère et à Ricardo de les accompagner, tout le monde trouvait cela étrange sans le dire.

- Oublie ton idée, Charles. Je ne suis pas … amoureux d’Isabella Cunnigham. Je la trouve juste … fascinante. C’est tout. Ricardo et elle feront un très joli couple, s’ils tombent amoureux.

Charles ne dit rien alors que son frère prenait les papiers et les entassés. Il prenait aussi un journal qu’il cacha dans sa veste avec les feuilles. Son frère ne dit rien. Charles savait juste que quelque chose lui avait briser le cœur. Il pensait que c’était Isabella Cunnigham, et il n’avait pas tort, complètement. Isabella lui brisait déjà le cœur, mais c’était une autre histoire. Charles sortit.

Les pages qu’il venait de lire lui avait briser le cœur, et c’était avec cette sensation de larmes dans son âme qu’il prit le chemin vers la maison de la jeune femme. Comment lui donner les feuilles, sans qu’elle ne se sente mal. Comment faire pour qu’elle ne se sente pas blesser par la prose poétique mais défaitiste de sa génitrice ? Il avait le cœur brisé. Et il ne savait pas s’il pourrait soigner son cœur d’ici de voir la jeune femme.

*


Heureusement, sa mère était là… et lui donnait une excuse bien heureuse pour ne pas parler avec la jeune femme. Bien que la tante de la jeune femme eût fait la tête en voyant les deux fils, la duchesse avait reprit en disant qu’Antonio était là pour lui tenir compagnie. Le chaperon le moins utile de la terre était sa mère. Tous les fils Brownson le savait. Ils ne feraient jamais rien contre la réputation d’une femme, car ils savaient comment leur mère en avait souffert … ainsi la duchesse serait typiquement le genre de femme à tourner les yeux pour leur laisser de l’intimité.

Dans le parc, il était donc aux bras de sa mère. Mère qui souriait de toutes ses dents en expliquant qu’Isabella Cunningham était une femme parfaite pour son fils. Il n’avait pas envie d’entendre ça. Il n’avait pas envie de le penser. Charles et elle s’étaient-ils concertés pour l’emmerder ? Alors qu’ils marchaient tranquillement, une personne servant la famille des Brownson apparu. Il donna un pli à la mère, ce qui était contre les convenances, mais les employés de la famille avait appris à passer outre.

- Oh, ton père a donc décidé de me rendre chèvre, dit-elle avec un regard froid contre le papier, va me chercher ton frère.
- Pardon, mère ? il voulait être sûr.
- Va dire à ton frère que son père le demande, en urgence, à la maison. Tu vas finir la promenade avec Lady Cunnigham … si tu n’es pas poli, courtois, agréable, et … tu as compris je … Je…

Sa mère s’arrêta de parler alors qu’Antonio avait déjà son sourire moqueur de quand on s’énervait contre lui. Il lui dit d’y aller. Il y alla. S’approchant de son frère, lui tendant le message de leur père. Ricardo fit une révérence en s’excusant platement vers la jeune femme. Il parti en courant. Il lâcha un regard à son frère, qui voulait dire clairement « fait pas le con ». Il avait envie de lui faire une grimace. Il proposa son bras.

- J’ai… fini la dernière entrée, dit-il doucement bien qu’il sache que sa mère ne pourrait pas entendre, je dois vous prévenir … vous ne pourrez pas lire ses pages ici. Elles sont … poignantes. Je ne m’attendais pas à … ressentir autant de sentiment en lisant le journal de quelqu’un.

Et ce n’était malheureusement pas un compliment. C’était plutôt l’inverse. La tristesse l’atteint encore et il posa le regard sur la jeune femme. Il n’avait aucune envie de changer son visage radieux en une telle souffrance. Il ne voulait pas lui infliger cela. Il porta sa main à son visage.

- Je peux déjà vous dire que pour vérifier l’identité de l’auteur, nous pouvons retrouver la personne qui a écrit à la fin du livre. Il y a une écriture différente et beaucoup plus de fautes d’orthographe … je ne pense pas que votre mère avait …la santé pour écrire. Je …

Il mit sa main sur celle de la jeune femme et en fit une petite pression.

- J’ai traduit un texte pour vous, j’en suis convaincu maintenant. Le texte est simplement heu … vraiment douloureux.

Il s’arrêta pour lui faire face, avec une distance de sécurité toujours, surtout que sa mère, toujours là, l’observait. Il avait diablement envie de la prendre dans ses bras. Il avait envie de la réconforter avant même qu’elle n’en ressente le besoin. Il avait envie de la réconforter en avance, de lui dire qu’il était là. Il ne voulait pas la voir pleurer, car il était évident qu’elle allait pleurer.


May you be in heaven
a full half hour
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before the devil knows
you're dead.
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Asma
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Sam 9 Juil - 22:03

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


Depuis les révélations du bal des fleurs, Isabella n’avait absolument plus vu le temps passer. Elle avait lu et relu elle-ne-savait-combien de fois les feuillets traduits par Antonio. La mésaventure avec le benjamin des fils du duc de Colorshire avait valu à la maisonnée une visite de la duchesse, qui avait mis en émoi sa tante et sa cousine. Lady Colorshire était venue lui faire cadeau… d’une robe. Isabella s’en serait tapée la tête par terre si la duchesse n’avait pas assorti son cadeau d’un clin d’œil appuyé qui n’était destiné qu’à elle. Les traditionnelles visites des prétendants, et ce malgré le billet de lady Whistledown, qui n’avait pas manqué de faire mention de cet épiphénomène. A ses heures perdues, elle avait tenté de mener l’enquête. Elle avait même trouvé le moyen de pénétrer dans le sacro-saint bureau de son père.

Elle avait été tellement prise par ses différentes activités qu’elle n’avait pas eu le temps de ressasser à outrance ses derniers échanges avec le lord Brownson. Du moins, rien de ce qui ne concernait pas les recherches liées au journal, ou presque. Elle pensait beaucoup à lui, principalement parce qu’elle avait hâte de pouvoir partager avec lui ses découvertes, et hâte de lire la suite de ce qu’il avait pu traduire. Et un peu moins principalement, elle pensait à lui, tout court.

- A peu près, oui, lui avait-elle répondu à la question de savoir si elle connaissait sa date de naissance. Bizarre comme réponse. Mais en cohérence avec ce qu’était la réalité de son existence. Comme son père avait l’habitude chaque année de disparaître trois jours pleins à l’occasion de l’anniversaire de la mort de la comtesse, Isabella savait qu’elle était née plus ou moins à cette période-là. ? Il lui avait dit qu’elle était née à peu près au même moment.

- Officiellement, le 1er décembre 1793.

Pourquoi avait-elle dit « officiellement » à voix haute ? Elle se maudit intérieurement, espérant qu’il n’avait pas relevé cette énième bizarrerie de sa part. Même si ça a avait été le cas, elle ne lui aurait fourni aucune explication supplémentaire.

- Le 3 ? Vous êtes sûr ? Non, elle est morte en couches. Et le… je suis née le 1er.

C’était flou, comme notion, « à peu près au même moment ». Mais après tout, cela importait peu de connaître la date exacte pour un bâtard, non ? Surtout quand on voulait le faire passer pour son enfant légitime dont on connaissait bel et bien la date de naissance. Elle n’avait jamais vu son acte de naissance. L’à-peu-près prendrait-il une marge d’erreur de 2 jours ? Incompréhensible. Il fallait qu’elle éclaircisse ce point.

Et éclaircir elle avait fait. Profitant de l’habituelle soirée bridge hebdomadaire de son père, Isabella avait prétexté une migraine pour s’éclipser tôt et aller fouiller le bureau de son père. Pour son grand bonheur, elle était tellement invisible aux yeux de ce dernier qu’il ne s’était pas rendu compte, un jour, qu’elle était encore présente dans la pièce quand il avait dissimulé son précieux sésame. Un jeu d’enfant. Si se trouvait sur ledit certificat le nom d’une manante accolé au sien, peut-être valait-il effectivement mieux que son père le garde sous clé. La surprise fût plus grande encore. Elle avait hâte d’en parler à son complice.

Certains soirs, au moment d’aller se coucher, elle s’était arrêtée devant sa boîte à musique, caressant du bout des doigts les initiales brodées sur le mouchoir qu’elle n’avait jamais rendu. « Point pour vous courtiser, j’aimerais plutôt apprendre à vous faire rougir ». Et rougir elle avait fait, dans la semi-pénombre du jardin. C’était pourquoi elle était restée plusieurs longues minutes supplémentaires sur le banc en pierre après le départ du jeune homme, pour finir de se rafraîchir les idées. Un calvaire. Elle espérait simplement que le reste de cette étrange aventure ne serait pas pour elle un long chemin de croix. Elle était partie du bal peu après lui, au final, prétextant la gêne occasionnée par ce malheureux incident et une grande fatigue, pour prendre congé de la soirée.


L’heure du rendez-vous approchait. Pour l’occasion, Isabella avait enfilé la toilette offerte par la duchesse, une robe longue de couleur vieux rose à la coupe fluide et la partie haute doublée de dentelle. La robe était accompagnée d’une étole en mousseline de soie assortie dont elle avait orné ses épaules. Lorsqu’elle avait rejoint la famille Brownson, le comte l’avait accueillie d’un sourire béat, la complimentant sur son élégance et la duchesse, qu’elle avait une nouvelle fois remercié de son présent, l’avait également poliment complimentée. Pas un mot ni un regard de la part de lord Brownson. Se pût-il que cet homme eût des mauvais jours ? Si c’était le cas, aujourd’hui devait en être un. Espérant sincèrement ne pas être la cause de son apparente mauvaise humeur, elle s’était pendue au bras du comte, l’air de rien. Elle en aurait presque oublié que sa promenade avec le comte n'était pas la seule activité qu’elle avait prévue pour l’après-midi.

Elle fût brusquement rappelée à la réalité lorsque celui-ci dû la quitter précipitamment. Le charmant homme aux yeux bleus s’était excusé un nombre incalculable de fois, et lui avait promis tout autant de fois de se faire pardonner cet abandon, avant de finir par disparaître, laissant Isabella seule avec la duchesse et Antonio. Le fils laissa la main de la mère, et vint se porter à ses côtés. La jeune femme prit le bras de lord Brownson et le salua d’un courtois mais narquois :

- J’espère que vous n’aurez rien à redire sur mon corset aujourd’hui, milord, c’est votre mère qui l’a choisi.

Le jeune homme ne réagit pas à la boutade. Au lieu de cela, il attaqua directement dans le vif du sujet. Ça ne lui ressemblait pas du tout. Du moins, pour le peu qu’elle pensait maintenant connaître de l’individu. Il semblait si… sérieux. Grave, même. Isabella ne souffrirait pas d’apprendre une mauvaise nouvelle. S’assurant que sa mère ne les épiait pas, il prit finalement la parole.

Une certaine forme d’appréhension s’empara de la belle brune. Elle était de si belle humeur aujourd’hui. Et la traduction du document semblait à l’inverse avoir miné le jeune homme. Sérieusement miné. Leurs pas les conduisirent sur les rives de l’étang.

- Il fait un soleil radieux aujourd’hui. Je rêve d’un tour sur le lac. M’emmèneriez-vous, milord ? S’exclama-t-elle d’une voix exagérément enjouée, comme une petite fille devant un sac de bonbons. Puis se tournant vers la mère du jeune homme.
- Duchesse ?

La question était ouverte. Elle pouvait dire « voulez-vous nous accompagner ? » tout comme, et c’était l’option qui l’aurait arrangée en cet instant, « est-ce que vous permettez que votre fils m’accompagne ? »

A son grand soulagement, c’était la deuxième option qui avait prévalu. La duchesse s’installa sur un banc à l’ombre d’un grand chêne, contemplant l’étendue du lac. Ils n’étaient pas les seuls à être ainsi partis en balade sur le plan d’eau. Autour d’eux, il n’y avait pas plus de deux ou trois personne sur chacune des embarcations. Il y avait ceux qui avaient le droit d’être seuls car mariés, ceux dont le chaperon était resté sur la rive, et ceux qui, malheureusement pour les amoureux, avaient été contraints de prendre le chaperon à leur bord. Isabella émit un rire sonore.

Elle savait que la suite allait être moins drôle. Pour l’instant, elle profitait de la vue. Sur le parc, sur l’étang, sur le galant jeune homme qui ramait face à elle. Lorsqu’ils furent à distance respectable du rivage, Isabella déboulonna son sourire de circonstance et son visage refléta le sérieux de celui de son interlocuteur.

- Montrez-moi.

Il lui tendit discrètement les documents, un peu à contrecœur, semblait-il. La première ligne commençait par ces mots : « Ma très chère Isabella, rayon de soleil de mon existence, te voilà maintenant parmi nous… ». La jeune femme, plutôt que de continuer plus avant, saisit le carnet original et l’ouvrit à la dernière page. Elle passa ses doigts sur les initiales élégamment entrecroisées inscrites sur le dernier feuillet du carnet. « VS ».

Lorsqu’elle avait mené sa petite enquête – comprendre : fouiné dans les papiers de son père – à la recherche de son certificat de naissance, elle était tombée sur plusieurs choses En premier lieu, elle avait bien trouvé un certificat de naissance, le sien. Mais quelque chose lui semblait ne pas coller sur ce certificat. Elle n’aurait su dire quoi, seul un notaire ou un faussaire aurait pu lui en dire plus et le cas échéant confirmer ses soupçons. Une chose était sûre. Quelque chose clochait avec ce document. En poursuivant son investigation, elle n’avait trouvé trace ni du certificat de naissance ni de décès d’un hypothétique frère mort-né. Faisait-on d’ailleurs des actes notariés pour un enfant mort-né ? Elle s’était détestée de ne pas connaître la réponse à cette question. Par contre, elle avait trouvé le certificat de décès de la comtesse. Nom de jeune fille : « Valentina Sartinara ». Comme il s’agissait d’un acte de décès et non de noces, le nom de ses parents n’y figurait pas. Valentina Sartinara. VS. Impossible.
Elle ne voyait que deux explications possibles : soit son père avait effectivement eu une liaison avec une domestique, qui aurait porté les mêmes initiales que son épouse et maîtrisait un parfait italien littéraire, soit…

- Maman, murmura-t-elle pour elle-même.

Soit elle était bel et bien la fille légitime de la comtesse.

- Je suis sa fille, marmonna-t-elle encore.

Pour lord Brownson, cela devait être parfaitement incompréhensible. Mais en même temps, ce n’était pas vraiment à lui qu’elle s’adressait.

- Si la décence me le permettait, je vous embrasserai, milord, dit-elle plus fort sans pour autant lever les yeux du document.

Par embrasser, il fallait le comprendre dans le sens de l’embrassade. Le prendre dans ses bras pour le remercier. Mais nous sommes d’accord, ce n’était tout de même pas très explicite.

- Alors à quoi cela rime-t-il ? poursuivit-elle, continuant à dérouler le fil ses pensées, mais cette fois tout haut, plantant ses yeux désormais emplis de larmes droit dans ceux du jeune homme. Ce n’était pas tant lui qu’elle regardait qu’au-delà de lui. En elle, en fait. Elle n’avait pas prêté attention au fait qu’elle élucubrait à haute voix.

- Je suis la fille légitime du comte et de la comtesse. Je suis la fille du comte et de la comtesse.

Une pause. Une réalisation.

- Je suis la fille… de la comtesse.

Une terreur nouvelle s’empara d’elle. Non. Elle avait entre les mains la preuve de sa filiation avec Valentina Cunningham, née Sartinara, comtesse de Cunningham. Non. Non, non, non. Il devait y avoir autre chose. Quelque chose dans ces lignes qu’elle n’avait pas encore lues. Elle trouverait la mention du comte, son père. C’était forcé.

« Ma très chère Isabella, rayon de soleil de mon existence, te voilà maintenant parmi nous, ma merveille, et c’est moi qui m’apprête à te quitter.

... ».

Isabella se statufia. Le tumulte de ses émotions fut si violent qu’il en anesthésia toute émotion. Comme le blessé qui ne ressentait plus la douleur à l’endroit où il avait reçu un choc trop violent. A un moment ou un autre, la vague redescendrait et le torrent l’engloutirait toute entière. Mais en cet instant, tenant toujours les feuillets de ses deux mains, elle ne fût plus capable de ressentir quoi que ce soit.

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Dim 10 Juil - 0:04

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Antonio observait la jeune femme. Elle était maligne. Vraiment maligne… Il n’avait pas du tout pensé à cela… Il n’était aussi relativement pas dans son assiette. Les messages à la fin de ce journal avaient retourné son esprit. Il ne pensait plus de manière cohérente alors que la pression de la tristesse l’avait accablé. Il ne pensait pas de manière cohérente avec cette incroyable, et pourtant bien étrange, femme. Il ne comprenait pas la plupart de ses réactions, mais il avait une envie tellement grande de les apprendre. Il avait envie de savoir ce qui la faisait rougir, ce qui la faisait rire, ce qui la faisait crier. Il aimerait que les réponses à cela soit lui. Qu’il la fasse rougir dans un compliment qu’il n'essaie même pas de voiler, qu’il la fasse rougir d’une sincérité qu’il n’hésitait à avouer, qu’il la fasse crier fasse à une absurdité qu’il n’avait pas su filtrer. Dans toutes les envies de réactions, il n’avait jamais eu envie de la voir pleurer, ni même triste.

Ainsi, sur ce bateau qu’il guidait le plus éloigné possible de tout le monde … il ne savait plus quoi faire pour éviter les larmes et la tristesse qui pourraient accompagner les feuillets. Comment lui dire ? Peut-être pourrait-il lui lire, de sa voix claires et sûr, sans tremblement. Peut-être qu’une voix d’homme apaiserait la jeune femme … déjà que son écriture était devenue celle qui apportait ses mots, sa voix pouvait l’accompagner. Est-ce que cela pouvait l’aider ? Il n’en savait rien.

Il observa la robe de la jeune femme depuis sa barque, trop loin pour pouvoir la toucher. Dommage. Il aurait bien voulu lui prendre la main. Il trouvait la robe parfaite. La robe du mal l’avait été aussi. Pouvait-il lui dire maintenant qu’il avait eu le souffle coupé devant tant de grâce quand il était venu la voir ? Non. Il ne pouvait pas se le permettre, ce n’était ni le moment, ni la femme idéale. Ricardo montrait bien trop d’intérêt à la connaître pour qu’Antonio se permette quoi que ce soit. Qu’importe ses sentiments, la jeune femme serait forcément plus heureuse avec son frère qu’avec lui.

Ses sentiments ? Il n’avait qu’un intérêt pour la jeune femme, et rien de très profond. Le journal d’un mère décès sans la connaître ne pouvait pas lui donner des envies d’amour… N’est-ce pas ? Il observa la jeune femme alors qu’il arrêta de ramer pour la laisser lire tranquillement. Sa mère au loin s’occuper de parler avec une personne qu’elle venait de croiser. Sa mère faisait vraiment trop confiance à ses fils. Il laissa la jeune femme, seul, dans la contemplation des lettres, et il regarda ailleurs. Il savait ce qu’elle aillait lire. Ainsi, observa-t-il autour de lui, le temps de lui laisser prendre possession de ce journal. Il remarqua un couple au loin, se regardant amoureusement. D’aussi près, bien qu’éloigné, il remarqua que l’homme touchait le pied de la jeune femme de ses chaussures. C’était un contact comme un autre …

Cependant, si lui venait à toucher la jeune femme, on dirait qu’il lui a écrasé le pied… Cela ne ressemblerait en rien au réconfort qu’il voulait lui donner face à l’épreuve qu’elle devait endurer. Il ne dit rien sur le baiser, que lui vu comme un baiser… si la décence lui permettrait il serait déjà en train de la prendre dans ses bras. D’ailleurs, si cela avait été normal, et sans risque pour elle, il l’aurait fait à la seconde même où il aurait pu s’approcher d’elle. Merde. Pourquoi fallait-il que son frère soit autant … mieux que lui. Il ne comprenait pas tout, mais la laisser continuer à parler pour elle-même. Sa mère ne s’occupait vraiment pas d’eux.

- Vous ressemblez à votre père, et à votre mère, selon mon père. Il n’y avait pas de doute là-dessus.

Même si quelqu’un venait avec la preuve, irréfutable pourtant, que ce n’était pas le cas, tout le monde rigolerait. La jeune femme était, selon le père d’Antonio a qui je rappelle il donne une confiance parfaite, un mixte parfait entre les deux parents. Son père rajoutait qu’il espérait que la petite soit plus « maligne que le père ». Il observa la jeune femme, et malgré lui, il fit ce qu’il dit ne pas faire. Il poussa son pied vers la jeune femme pour qu’il touche le pied de la jeune femme. Il la regardait droit dans les yeux. Il n’avait pas le droit de la toucher, mais il pouvait la toucher …

Si elle retirait sa jambe, alors il s’arrêterait, mais pour le moment, il faisait du pied une caresse au pied de la jeune femme. Il lui disait « je suis là » de ses yeux. Il avait aussi une intense émotion, parce qu’il savait ce que la jeune femme était en train de lire. Il la laissait lire tranquillement mais ne bouger son pied que pour lui rappeler sa présence. D’un coup, alors qu’il ne s’y attendait pas, un oiseau vient se poser sur le bord de la barque. Les surprenant tous les deux assez pour que la barque chavire. Il n’eu pas la présence d’esprit d’empêcher la barque de tomber. Il prit le carnet original et le jeta sur une petite montagne de Terre qui se trouvait au centre du lac. Il ne craignait rien ici, et comptait bien sûr aller le chercher … dès qu’ils seraient sortit de l’eau. Quand il sortit sa tête de l’eau, il se trouvait sous la barque renversée, et il y trouva une jeune femme.

Il n’allait pas lui en vouloir, n’est-ce pas ? Quand il se mit à éclater de rire.

- Vous et moi, je crois que nous sommes des désastres ambulants, commença-t-il alors que les larmes qui avaient coulé sur les joues de la jeune femme se mélanger maintenant à l’eau qui ruisselait sur son visage. Il fit un large sourire.

Il observa la barque … il savait que le lac était sale. Ainsi avait-il plus ou moins vingt secondes pour que la décence ne se mette en travers de sa route. Il s’approcha et la prise dans ses bras. Rien de sexuel, elle pourrait le sentir et le ressentir. Il la prise dans ses bras.

- Lady Cunnigham… Je ne sais pas toute l’histoire, mais je fais la promesse de vous aider avec tout ce que je possède, alors n’hésitez pas à vous reposez sur moi. Je serais là pour vous, quoi qu’il arrive.

Et ce serment était bien plus profond, intense et important que tout ce qu’il avait pu faire avant. Il se recula d’elle, alors qu’il sentit quelque chose grimper le long de ses joues … Un rougissement ? Lui ? Il savait qu’il allait encore avoir le droit à de la foudre de la part de tout le monde. La jeune femme pour l’avoir fait tomber, bien que le tort fût partagé. Par sa mère pour avoir fait tomber la jeune femme, bien que le tort fût partagé. Et même par son frère, bien que le tort fût… vous avez compris. Il plongea la tête sous la barque et récupéra les feuilles rapidement. Heureusement, elles étaient toutes trempées et attachées, mais ainsi personne ne pourrait jamais les lire. Puis, il poussa avec force la barque pour la remettre à l’endroit et révélé la jeune femme dessous.

Son frère avait peut-être raison au fond … Il n’était bon qu’à humilier sans le vouloir les jeunes femmes. Il lui proposa de l’aide pour arriver jusqu’aux rivages, avec une mère qui hurlait à son fils de se dépêcher, et d’autres termes moins adaptés à une noble… Il jeta un regard sur le journal intime italien. Il était là, dans un buisson. Loin de l’eau. Il aurait le temps de venir le chercher. Il lui chuchota

- Le carnet de votre mère va bien, il est au sec, je m’en suis assuré avant de tomber à l’eau alors ne vous en faites pas.

Les copies non… mais c’était autre chose. On allait bien lui prêter une barque pour retourner aller chercher la barque oubliait et les papiers volants non ?


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Dim 10 Juil - 1:31

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


Isabella était comme hypnotisée par les mots retranscrits sur ces feuillets. Découvrir qu’il y avait eu quelqu’un dans sa vie qui avait eu un amour aussi infini à lui offrir. Et la déchirure de se dire que plus personne ne l’aimerait jamais autant de son existence. Est-ce que toutes les mères ressentaient cela pour leurs enfants ? Était-ce cela que la duchesse ressentait quand elle voyait chaque jour ses quatre fils ? Sans raison particulière, elle se mit à les haïr. Tous. Tous ces gens qui avaient une mère. Toutes ces mères qui avaient pu voir grandir leurs enfants. Alors qu’elle avait été seule toute sa vie. Que l’espace d’un instant leurs destinées s’étaient croisées, mais pour qu’elles soient aussitôt arrachées l’une à l’autre.

Les mots du lord sortirent Isabella de l’état de semi-transe dans lequel la lecture du texte l’avait fait entrer. Elle reprit conscience de l’endroit où elle se trouvait. Elle prit conscience du pied, qui était venu se rapprocher du sien. Surprise, se demandant si c’était elle qui avait sans y prêter attention initié le contact, la jeune femme retira brutalement son pied et se déporta sur le côté, déséquilibrant dangereusement la frêle embarcation. Un imposant oiseau choisit ce même moment pour venir se poser là, générant un nouveau mouvement de surprise de la part des deux passagers de l’embarcation, qui finit par cabaner. Empêtrée dans l’étole qui s’était enroulée autour d’elle dans la chute, Isabella mit quelques instants à réussir à s’en libérer, cherchant à comprendre si elle regardait le fond ou la surface. Tout était sombre autour d’elle. Choisissant une direction, elle battit des jambes et sentit soudain de l’air sur son visage. Dans la pénombre. Elle était sous la barque chavirée. Essayant de ne pas céder à la panique, elle regarda autour d’elle et tomba nez à nez sur le lord Brownson.
Elle l’avait prédit, cet homme était une catastrophe ambulante. Il partit d’un grand éclat de rire, que la demoiselle trempée comme une soupe fut très loin de partager.

- Vous et moi ? Vous et moi sommes des désastres ambulants ? VOUS êtes une catastrophe ambulante, milord, lui rétorqua-t-elle, scandalisée. J’aurais dû me douter que…

Antonio réussit l’exploit de la mettre au silence. Le jeune homme s’était approché et venait de la prendre dans ses bras. Elle ferma instinctivement les yeux, humant l’air, cherchant son parfum, savourant intérieurement sa proximité. Elle pouvait sentir son cœur battre contre sa poitrine, et le contact électrisant de ses bras autour d’elle. Et trois, deux, un. Il lâcha prise, la bulle éclata. Le barrage céda.

- Me reposer sur vous ?! Vous voulez dire dans la tombe que vous êtes en train de nous creuser, à tous les deux ?! Au fond de l’eau ! S’emporta-t-elle de nouveau.

Pour toute réponse, il disparût sous l’eau. Où était-il donc passé ?

- Pitié, noyez-moi, Seigneur.

Dans son malheur, elle était bonne nageuse. Le dôme de bois au-dessus de sa tête laissa la place au soleil. Il avait remis la coque à l’endroit.

- Une crampe ? Un malaise ? Quelque chose ? Continua-t-elle, se parlant toute seule.

Une excellente nageuse. Elle pût voir trois embarcations supplémentaires se diriger vers elle, et plusieurs messieurs commencer à enlever leurs vestons pour qui sauter à l’eau et venir lui porter assistance, et qui l’aider à remonter à bord d’une barque.

- La foudre, peut-être ? Allez hop, un coup sur la tête et on n’en parle plus ? Ce sera entre vous et moi, Seigneur.

Elle avait même gagné un prix en natation. Non. Elle ne voulait plus de son aide. Toutes leurs rencontres viraient à la catastrophe. Aucune d’entre elles ne faisait exception. Elle l’entendit mentionner le carnet, mais en cet instant précis, son bien le plus précieux était devenu le cadet de ses soucis. Elle serait de toute façon morte de honte avant la fin de la journée.

Deux personnes l’aidèrent à se hisser dans une barque qui n’était heureusement pas celle de laquelle elle venait de tomber. Plus vite on l’éloignerait du benjamin des Colorshire, mieux elle se porterait. Quelqu’un lui posa pudiquement un châle sur les épaules. Elle avait perdu quelques épingles dans l’opération, et sa chevelure retomba en une cascade de boucles ruisselantes et dégoulinantes sur ses épaules et dans son dos.

On la ramena jusqu’au rivage où d’autres personnes l’attendaient, dont une duchesse furibonde contre son fils, qui avait pour sa part, semblait-il, pris l’option de nager en bras de chemise jusqu’au bord. Comme hypnotisée, la jeune femme ne le lâcha pas des yeux de toute sa sortie de l’eau.
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Dim 10 Juil - 11:21

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


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Antonio pesta. Oh. Il pesta tellement que ça pouvait se voir à la manière qu’il avait de se rapprocher du bord. Bien sûr que c’était sa faute. Elle n’avait pas DU TOUT sursauté en même temps que lui. Pas du tout. Il venait ici, pour elle. Il était allé dans un putain de bal, pour elle. Il passait des nuits à traduire un journal, pour elle. Il ne pensait qu’à elle depuis qu’il l’avait rencontré, et il était la catastrophe ? Il savait qu’il n’était pas son frère, il savait qu’il ne serait jamais son frère, mais la réaction de la jeune femme le blessa, profondément.

Il avait voulu lui dire qu’il était là … mais la jeune femme ne voulait pas de lui, c’était maintenant limpide. Qui voudrait de lui ? Qui supporterait de le voir, lui, comme il est réellement ? Il était blessé, et plus loin encore que ce que la jeune femme pouvait l’imaginer… il réalisait encore qu’il ne serait jamais assez bien pour personne. Il pouvait être aussi honnête, doux, attentionné, qu’il pouvait, ce n’était jamais assez bien. Il en avait le cœur ronger. Il avait envie de se noyer, mais pas pour la même raison que la jeune femme. C’était pour que tout cesse.

Il voulait disparaître.
Il voulait qu’on l’oublie.
Il voulait arrêter de souffrir à chaque fois.

« Ah, ce n’est que le 4èm fils ». « Pas fortuné, plus petit, trop jeune ». « Il doit espérer que ses frères meurent ». « Il est loin derrière les trois autres ». « Je doute qu'il trouve une femme ». Il voulait se noyer pour ne plus les entendre. Il n’avait rien à dit à ses frères. Jamais il ne leur dirait. Il y avait qu’une personne qui savait tout cela. Le seul qui le prenait dans ses bras alors qu’il craquait de cette situation, depuis l’âge de dix ans. La première fois qu’on lui avait dit qu’il devait être une erreur de ses parents. Non désiré.

Il sortait avec ses frères. Lui, il avait dix ans. Les jumeaux, treize ans et Ricardo, quinze ans. Ils sont tous parti dans la forêt pour chasser, avec lui. Il a marché sur une branche et il avait fait fuir le daim que l’ami de Ricardo voulu tuer. Il avait fait exprès ? Il ne pouvait pas s’en rappeler. Mais il se souvient de l’ami de Ricardo, quinze ans aussi, le prendre par le col et lui donner de grand coup dans l’estomac. Il se souvient de la douleur et d’avoir prier pour que ses frères viennent l’aider. Ils sont revenus, mais ils n’ont rien vu. Ils s’amusaient tellement, entre eux, qu’ils n’ont pas remarqué. Celui qui l’avait roué de coup lui avait dit … « c’est comme ça qu’on voit un enfant qui n’est pas désiré dans une famille ». Il avait beaucoup pleuré. Son père l’avait beaucoup bercé. Sa mère et ses frères avaient toujours ignorer. Et même si la plus grande partie de son âme savait que l’ami de son frère avait tort, il n’arrivait pas à oublier. « Tu es mon fils, tu étais aussi désiré que tes frères ». Mais Antonio savait que c'était faut. Ils voulaient trois enfants. Les jumeaux avaient fait monté le chiffre rapidement... mais ils ne voulaient pas de lui. Il avait été là, c'est tout. Aimé oui. Mais pas désiré.

Il avait envie de disparaître, comme à cette époque. Il avait envie de ne plus faire parti de ce monde. Sentir l’envie qu’on l’oublie, s’enterrant comme les animaux dans une tanière où ils passeraient l’hiver sans se faire remarquer. Il ne voulait pas … Il posa les yeux sur la jeune femme alors qu’il enlevait ses brettelles. Il aurait voulu exister réellement pour elle. Mais, il était évident que ce n’était pas le cas.

Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir! (avec Asma) - Page 3 F4f1cf9e32e3db3a4f71f781c5af85a4cfb3bcc3

Il enleva aussi ce qui se trouvait autour de son cou. Il ne savait pas si c'était ses émotions qui l'étrangler, ou bien ce tissu, mais il n'avait aucune envie de le savoir. Jamais. Il voulait juste partir, maintenant.

Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir! (avec Asma) - Page 3 0*wExcn_D8iz_MAyv9

Il sorti de l’eau, laissant cascader l’eau autour de lui. Il n’était pas mal bati, bien que l’image que lui voyait dans son reflet était bien plus mauvaise que celle qu’il avait. La chemise blanche collait à sa peau et laissait apparaitre des muscles fermes, durs et bien sculptés.

Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir! (avec Asma) - Page 3 B152e83748ce156b555a412ee61285ebbee19a17

Il observa un instant, Isabella avant de revenir sur la berge, et elle pouvait lire la souffrance qu’elle lui avait causé dans son regard. Il n’avait rien à lui dire. Il avait compris. Il comprenait enfin. Il n’était qu’utile. Il n’était même pas un ami, et cette pensée lui fit baisser la tête pour se relever. La duchesse arriva, et il ferma les yeux. Sa mère pourrait lire sa souffrance ? Non. Comme ses frères, elles n’avaient jamais su. Antonio avait besoin de parler à quelqu’un qui le comprenait sans mot. Il voulait voir son père.

- Antonio ! Espèce de malotru ! Peux-tu m’expliquer cette situation !
- On a perdu l’équilibre, et il insista sur le « ON ».
- Antonio Giordono Brownson, ce n’est pas comme ça que doit se comporter un gentleman !
- Oh, promis, la prochaine fois je ferais en sorte de tomber tout seul, même si la faute est partagée, dit-il entre ses dents de façon que seul sa mère puisse l’entendre.

Alors même que sa mère voulue continuer à le disputer, il lança un regard de profonde tristesse à Isabella qui coupa la duchesse dans sa réprimande. Son fils était prêt à craquer, et pas par la colère. La duchesse observa son fils. Elle voudrait le prendre dans ses bras, à la vue de l’intensité de ce qu’il se passait à l’intérieur de son esprit. Mais elle ne le fit pas pour les convenances. Et ça avait le don de blesser un peu plus Antonio… C’était décidé, il allait disparaître. Il n’en pouvait plus. Il récupèrerait le journal, finirait la traduction, lui renverrait, et disparaîtrait pour de bons d’ici. Il n’était pas désiré. Comment avait-il pu s’imaginer que cela en soit autrement pour la jeune femme ou cette société ? Il vit son frère arriver au loin. Ok. Il allait vraiment partir. Il n'avait aucune envie de voir son parfait grand frère réussir en un sourire là où il échoue avec toute la bonne volonté du monde.


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Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


Contemplant le délicieux spectacle qui s’offrait à ses yeux – et elle était loin d’être la seule à en profiter -, la jeune femme ne pût réprimer un long soupir languissant. La sensation encore vivace de son corps contre le sien, quelques instants plus tôt, la fit tressaillir. Elle mit cela sur le compte du froid qui commençait à l’envahir.

Elle se faisait des illusions. « J’aimerais plutôt apprendre à vous faire rougir ». Tout cela n’était qu’un jeu. Rien de plus. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, elle n’avait pas besoin de ça en ce moment. Il n’y avait rien à espérer de bon de tout cela. Elle n’avait rien à espérer de tout cela.

Il fallait qu’elle se mette les idées au clair, qu’elle prenne le temps de réfléchir. Réfléchir à la façon dont les différentes pièces du puzzle commençaient à s’assembler. Réfléchir à toutes les questions nouvelles qui se posaient. Réfléchir à tout ce qui s’était passé, ces dernières semaines.

- Je vous confie à la garde de mon frère une heure à peine et voyez dans quel état je vous retrouve, tonna une voix qu’elle n’eût aucun mal à reconnaître dans son dos.

Née sous une mauvaise étoile. Elle était maudite. Evidemment, il fallait que ce soit précisément ce moment qui avait été choisi par Ricardo pour faire son grand retour.

- Votre frère semble bien décidé à avoir ma peau, milord, maugréa-t-elle, commençant à claquer des dents de façon incontrôlable.

Elle se tourna vers l’intéressé pour le découvrir en train de déboutonner sa propre redingote. Ben dites donc, ils s’étaient passé le mot ? La jeune femme en perdit son latin, et tout son grec ancien. Le châle, tout aussi détrempé qu’elle, quitta ses épaules, remplacé par l’immense redingote sèche du comte. Immense par comparaison avec sa frêle constitution à elle. Mais à bien le regarder, on voyait assez aisément que ce n’était pas de la graisse qui remplissait les épaules de la veste.

- Lady Isabella, si vous me permettez.

Avant même d’avoir eu le temps de répondre, elle sentit ses pieds quitter le sol et se retrouva propulsée dans les bras du comte, bien préalablement enveloppée dans le long manteau, demoiselle en détresse dans les bras du prince charmant. Était-elle sûre que ce fût bien lui, le prince charmant ? Nouveau soupir. Partagé avec une partie de l’assemblée féminine ici réunie. Mais pas pour les mêmes raisons.
Elle entendit sans la voir la duchesse donner la consigne à son aîné que l’on ramène la jeune femme chez elle. Ce qu’elle vit néanmoins très nettement, ce furent les regards noirs ou envieux de ces demoiselles qui auraient vendu père et mère pour être à sa place en cet instant. Il fallait reconnaître que ce n’était pas totalement désagréable. Agréable, même ? Sécurisant, différent.

- Sachez que si vous tombez en pâmoison, ça fera sept depuis le début de la saison, lui souffla-t-il à l'oreille, provoquant un petit rire nerveux de la brune dégoulinante.


Son cerveau embrumé ne se souvint que de façon lointaine du trajet en retour en calèche, des hauts cris de chouette effraie de sa tante à son arrivée et de la cohorte de femmes de chambre qui s’étaient pressées autour d’elle, à l’instruction de l’intendante qui donnait les ordres. Qu’on la monte dans sa chambre. Qu’on la déshabille. Que quelqu’un récupère la veste du comte, qu’on lui rendrait lavée et fraîchement pressée, bien évidemment. Un rafraichissement pour le preux chevalier qu’il était, qu’il prendrait en compagnie de la tante et de la cousine Harriett. Voudrait-il rester pour dîner ? Les escaliers. Le bruit des fripes détrempées qui tombaient au sol. Le bruit de l’eau pour le bain qu’on lui faisait couler. Et enfin le contact de l’eau brûlante contre sa peau.

Son cerveau embrumé se mit à ressasser un certain nombre d’images et de paroles. Que ce serait-il passé s’ils étaient restés plus longtemps dans l’eau ? S’il ne l’avait pas lâchée ? Un long frisson parcourut son échine. Les poils de ses bras se hérissèrent. Craignant que l’eau n’ait refroidi, sans un mot, sa femme de chambre versa un complément d’eau bouillante dans le bain.

« Si mon intérêt devient plus profond, je promets de ne pas vous faire la cour et de vous le dire simplement de la plus simple des manières. »

Lui avait-il seulement dit quelque chose ? Non, toutes leurs conversations avaient concerné de près ou de loin le carnet, sa traduction, son contenu, le travail qu’il nécessitait.

- Le carnet, souffla-t-elle, réalisant qu’elle ne savait pas ce qu’il en était advenu.

« J’aimerais bien, mais vous accaparez toutes mes pensées. »
« Si mon intérêt devient plus profond, je promets de vous le dire. »
« Je fais la promesse de vous aider avec tout ce que je possède. »
« Je serai là pour vous, quoi qu’il arrive. »

Les pensées tournaient dans son esprit en une farandole infinie.

« Je promets de vous le dire. »
« Je ne suis pas réellement doué avec les autres. »
« … de la plus simple des manières. »

- Rien n’est simple….

Isabella se laissa couler au fond de la baignoire.

- Faites quérir le médecin ! Entendit-elle loin, très loin.

La fièvre dura deux jours et deux nuits. Il lui en fallût trois de plus pour se remettre pleinement.

On lui apprit que le comte était passé s’enquérir de son état. Elle n’avait pas osé poser la question qui lui brûlait les lèvres. « Et lord Brownson ? ». Au fond, avait-elle vraiment envie de savoir ?


Un jour, enfermée dans sa chambre, elle finit par prendre sa plume.

«  Mon très cher… »
Non. Elle biffa.
« Mon cher lord… »
Rature.
« Lord Brownson,
Je tenais à vous remercier d’avoir pris la peine de bien vouloir m’aider à traduire le recueil original de poèmes de Pétrarque que je vous ai confié. Veuillez recevoir mes plus sincères excuses pour le désagrément que cette requête a pu vous occasionner. Comme le dit le poète, « Misérable est celui qui fonde toute son espérance en un soutien mortel. Mais qu’est l’homme assez fort pour ne pas s’y fier ? » »

Son âme et son cœur hurlaient. Toutes les cellules de son être protestaient.

« N’étant, à mon grand regret, pas en capacité de… ».
Effacer.
« N’étant pas en mesure de venir ».
Non plus.
« Soucieuse de retrouver mon précieux bien, et ayant hâte de ne plus en faire une source de déconvenue pour vous, je vous prierai de bien vouloir le remettre à lady Ornella, que je vous adresse ce jour. »

« Je vous prie de recevoir, lord Browson, l’assurance ma considération distinguée. »
Quelle horreur, non.
« Mes sentiments les plus sincères. »
Double rature. Il n’y avait pas un mot de sincère de toute cette lettre.
« Bien à vous ».
Pitoyable, mais elle ferait avec, faute de mieux.

« Isabella »
Elle avait signé de son prénom. Elle allait le barrer aussi. Puis se ravisa. Il ne restait qu’à mettre au propre et y apposer son cachet de cire.

- Dotty, pourriez-vous faire venir lady Ornella, je vous prie ?

Son regard se posa alors sur un petit paquet posé sur son bureau. Elle le déballa, découvrant un superbe ouvrage illustré sur Florence. C’était le cadeau qu’il lui avait fait lors de sa toute première visite. Elle sentit ses yeux s’embuer. D’un geste rageur, elle le poussa jusqu’au bord de la table, où il bascula dans sa corbeille à papier.
Clionestra
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Clionestra
Dim 10 Juil - 16:55

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Les femmes étaient mauvaises pour sa santé. Entre sa mère et la jeune femme, il avait eu le droit à son lot de féminité pour au moins une année entière. Il avait tout raconté à son père, sauf pour le carnet. Il s’était enfermé avec son père, tout en virant le lord qui était venu lui parler… il n’avait pas pris le temps de se changer. Après le départ de la jeune femme, il était allé chercher le carnet, et il était rentré chez lui, trempé et ignorant tout le monde. Il avait fait mettre le carnet dans son bureau, au sec, et trempait maintenant la moquette du bureau de son père.

- Tu m’expliques ce que j’ai encore fait de mal ? Il aurait fallu que je fasse quoi ? Que j’attrape ce fichu oiseau et que je le mange pour que ses dames soient contentes et considère que je serai un gentleman ? Elle. A. Sursauté. AUSSI. Pourquoi suis-je le seul que l’on blâme même quand la faute ne m’incombe pas !

Sans attendre la moindre réponse de son père, qui était comme Antonio, ce dernier se mit à se déshabiller sans la moindre honte devant son père. Tout le monde savait qu’Antonio n’était pas le genre à s’énerver. D’habitude, normalement, les commentaires sur lui, les fautes dont on l’accusait, les réflexions, passaient sur lui comme de l’eau sur une roche. Mais pas là.

- Qui est donc cette jeune femme ? demanda son père d’une voix claire et profonde, sans même demander la situation globale.
- La pire enquiquineuse de la création ! Elle me fait chier ! Et je déteste quand elle regarde Ricardo comme si c’était une merveille du monde alors que je suis que … Putain, ça me gonfle.

Il finit par enlever son pantalon quand un employé arriva avec un peignoir. Il dit un « monsieur aurait pu attendre d’être dans une chambre » mais les deux hommes lui envoyèrent un regard noir. L’employé parti. Antonio finit par se jeter sur le fauteuil en regardant son père. Son père sourit. Il se mit à lui parler en français et Antonio sourit. La discussion tourna autour de la jeune femme sans jamais dire son nom. Toute la colère, et la tristesse, qu’il avait pu ressentir s’évanouir d’un coup. Dans le bureau de son père, il n’était que le petit garçon de 10 ans qui avait envie d’être aimé autant que les autres, et qui l’était. Au bout d’une heure ou deux, d’une discussion qui était loin des standards, il quitta le bureau et s’écroula dans le lit. Mouillé, sale, en colère et triste. Parce que le cocon de son père ne pouvait pas atteindre toute la maison. Il fallait bien qu’il continue à se faire du mal en ressassant. Et merde.

*

Elle était tombée malade. S’il n’était pas déjà maudit par cette femme, il fallait voir les reproches que lui faisait continuellement sa mère … Il avait fait envoyer des fleurs, sous le nom de la famille Brownson. Il avait envoyé des tournesols. Ce n’était pas le genre de fleurs que l’on envoyait souvent, mais il s’était dit que l’Italie avait son lot de tournesol, et que ça lui ferait du bien. Il avait fait envoyé des fleurs, et il avait refusé d’accompagner son frère.

Il s’était fermé. Comme une huître, il avait repris sa perle et s’était refermé. D’ordinaire, il n’était fermé qu’à l’extérieur de ses murs. Il se forgeait carapaces de désintérêt. Il était le genre d’homme discret qui allait se cacher dans les bibliothèques pour qu’on ne le remarque pas … Pourquoi Isabella ne réalisait-elle pas cela ?

Parce qu’elle s’en fou.

Une voix, vilaine et vicieuse, lui rappela la réaction qu’elle avait eu quand il avait eu le « toupet » de lui donner sa bénédiction pour se rapprocher de son frère … n’était-ce pas exactement ce qu’elle faisait ? Elle l’avait pris mal, mais elle le faisait tout de même. Il avait envie de la haïr. Enfermé dans son bureau, il ne mangeait même plus avec les membres de sa famille … et le seul arrivant à avoir une vraie discussion était, sans surprise, son père. Il observa à nouveau la lettre qu’on lui avait apporté. Cela le faisait chier. Il avait envie de lui renvoyer un simple « NON » et caressa le journal d’une main. Pourquoi est-ce qu’il était comme ça ? Pourquoi cette femme faisait ressortir le pire de lui ? Pourquoi avait-il envie d’être libre de l’embrasser, de la faire tomber à l’eau, de lui parler de son corset ou de tout le reste ? Cela l’énerve.

Elle s’en fou de lui.

Et cette lettre qu’il avait lue … il avait en envie de la mettre au feu, avec sa main, pour ne plus la voir ! Il lisait à nouveau les mots de la jeune femme. Il sentait la froideur émaner de cette lettre et il finit par jeter toutes les feuilles qui se trouver sur son bureau d’un mouvement rageux. Merde. Ilne savait même pas comment réagir à cela. Il respirait doucement. Il allait finir le travail, et il allait l’oublier. Oui, voilà. Il s’assit sur son bureau et se mit à écrire.

« Isabella,
Je ne puis accepter votre demande. J’ai fait une promesse, et je tiens à la tenir et cela même si cela donne, à nouveau, l’impression que je suis un goujat. N’en ai-je pas l’habitude avec vous ? Je ne vous en veux pas. Cependant, comme dit, j’ai fait une promesse. Je vous rendrai prochainement votre ouvrage traduit… même si je dois en perdre l’appétit et le sommeil, et ensuite vous serez définitivement libéré de ma présence. Bien que cela ne me rende pas heureux.
Antonio ».


Il n’essayait même pas de se relire. Il n’essayait pas de changer ses phrases. Il écrivait sincèrement. Il écrivait parce que c’était ce qu’il avait envie de dire. Il n’était pas heureux. Il était désespéré. Il allait finir la traduction, et il allait partir. Il donna la lettre, la scellant, et il s’enferma à nouveau. Il vit rapidement son frère, Ricardo, a qui il fit un sourire. Faire semblant qu’il n’était pas aux bords du précipice. Il pensait ses frères et sa mère dupes. Pourquoi on aurait-il autrement ? Le seul à avoir toujours désirer sa présence était son père.

*

Un mois plus tard, il n’était toujours pas sorti de son antre. Son père venait lui parler, conserver avec lui comme si de rien n’était … Ses frères évitaient de lui parler. Sa mère aussi. Toujours en colère contre lui ? Comment pourrait-il le savoir ? Il n’en savait rien. Il ne mangeait pas avec eux, et il s’était totalement jeté dans la traduction de l’ouvrage. Il avait fait de son mieux. Reprenant les mots de la mère d’Isabella et le faisant naître dans une langue qui n’était pas la sienne. Il faisait de son mieux. Pourtant, parfois, souvent, l’image de la jeune femme lui revenait en mémoire et il se bloquait. Il bloquait sa respiration, ses pensées, il les étouffait. Sa mère lui avait plusieurs fois proposé de venir avec elle dans un bal, pour sortir. La réponse était non. Ses frères lui avaient proposés bridge, équitation, boxe, et la même réponse avait été donné.

Son père restait assis devant le bureau de son fils, et il ne disait rien. Parfois, il parlait de la société qu’il détestait. Souvent, il parlait de la haine qu’il ressentait pour tout le monde. Il parlait aussi de comment il avait envie d’embrasser sa femme, à chaque bal, et comment elle le repoussait. Comment il ne supportait pas qu’on cherche dans une femme qu’une bonne reproductrice pour un héritier. Antonio arrivait à respirer pendant ses moments-là. Il ne savait pas si la jeune femme avait fait retourner une lettre depuis la première envoyée, il n’avait pas regardé. Il savait que Ricardo l’avait vu, avait-il danser avec elle ? Il ne voulait pas le savoir.

Il prit une feuille et se stoppa. Son père parti. Il avait fini la traduction… et il se demandait si les sentiments qu’il avait peut-être ou peut-être pas pour Isabella ne venait juste pas d’un délire de son cerveau malade. Peut-être aurait il eu envie que sa mère montre autant d’amour pour lui que la mère d’Isabella. Il prit la feuille et écrivit doucement.

« Isabella.
J’ai fini la traduction. Il y a tant d’émotion dans ses pages que je n’arrive même plus à savoir lesquelles m’appartiennent et lesquelles sont à votre mère. J’aurais aimé la connaître. Peut-être qu’elle, elle aurait ri de mes frasques. J’ai laissé comme toujours des notes sur chaque page traduit, des pensées et des remarques qui pourront peut-être vous faire sourire.
Vous verrez qu’au fils des pages, votre mère fait mention d’un homme, elle ne lui donne pas de nom. Elle l’appelle Angelo, mais je doute que cela soit son prénom. C’est plus une manière de le définir. Elle m’aurait peut-être appelé Disastro alors. Elle fait mention de cet homme, et de lettres qu’ils s’envoyaient. De l’amour qu’elle lui portait, bien que cet amour semblât impossible.  
Malgré tout le monde que vous pouvez penser de moi, malgré tout, sachez que si jamais vous trouvez ses lettres, vous pouvez me les donner, et je mettrais la même attention et le même soin à faire leur traduction, pour vous. J’ai l’impression que je ferais toujours tout pour vous. Ricardo n’arrête pas de parler de vous, ma mère aussi. Je sais que vous avez mal pris la dernière fois, mais tant pis, je me répète, soyez heureuse, et si ce bonheur est avec mon frère alors n’hésitez pas. Il est une très bonne personne, et il sera vous aimer comme vous le mériter.
Antonio ».


Encore une fois, il ne relit pas. Il plia la lettre et la scella. Il plia les traductions qu’il mit dans une enveloppe plus grosse et les scella aussi. Il prit une boite, où il mit le tout, ainsi que le journal et une broche de tournesol, la fleur qu’il avait fait envoyer tous les jours pendant le mois qui venait de s’écouler, à l’intérieur et la scella aussi. Il sortit de son bureau.

- CHARLES !

*
-Au bal-

Il avait demandé à Charles de donner le paquet à Isabella Cunningham, et à elle seule. Et de le garder sur lui, si elle ne pouvait pas le prendre. Charles n’avait rien demandé. Il avait compris le fait qu’il n’avait pas le choix… et son frère lui parlait pour la première fois depuis le mois passait… Cela devait être important. Arrivant au bal, avant tout le monde, le dernier bal de la saison peut-être ? Il n’en savait rien, il ne s’occupait pas de ça, il trouva rapidement la femme voulue.

- Lady Isabella Cunnigham, dit-il avec la révérence et le soin voulu pour une femme de son rang. Il en avait bien sûr fait de même pour sa cousine et sa tante. J’ai un colis de la part de mon frère, je dois vous le remettre à vous seulement, dit-il en chuchotant pour la jeune femme. N’oubliez pas de venir me voir avant de partir de la soirée alors.

Tout le monde avait fini que la famille Brownson tournait autour de la jeune femme. Il y avait bien sûr des jalousies, des médisances. Charles se releva quand il entendit une phrase trop forte, dit par une dame de la haute que Charles n’aimait pas.

- Heureusement que le dernier Brownson n’est pas là, il aurait rendu la soirée bien moins agréable.

Charles ressentit une envie de se relever pour secouer la personne qui osa dire cela, mais sa mère l’arrêta d’une main. Sa mère ? Depuis quand était-elle ici ? Il l’observa. Elle avait crié. Cela pouvait se voir à ses mèches désinvoltes. La duchesse prit la parole pour répondre à la noblesse. Elle ne laissait pas trembler sa voix alors que son fils l’avait entendu pourtant.

- Soyez assuré, mon fils nous a quitté pour un voyage et ne compte pas revenir pour un petit moment, ce poulichon ne vous importunera plus.

La décence, la bienséance, tout ça les obliger à dire qu’ils étaient mieux sans Antonio ? Quelqu’un avait il seulement remarquer que sans lui, il manquait quelque chose à leur famille. C’était cuisant et douloureux. Charles se baissa vers Isabella.

- je serais là où se trouve toujours mon frère dans ce genre de soirée, pour vous attendre.

A la bibliothèque. Là où se cachait son frère pour ne pas dire à toutes les personnes qui l’entouraient qu’il était agacé, mais le montrait par la même occasion. Charles les quitta. La duchesse elle avait blémit… Son mari avait raison. Elle ne savait pas défendre son enfant et elle le remarquait pour la première fois.

*
-Juste avant le départ de la duchesse-

- PARDON ? Est-ce que tu veux que je t’étouffe dans ton sommeil, Reed ?
- Je suis désolé, mon amour …
- Désolé ? DESOLE ? Pourquoi as-tu besoin de MON FILS dans un autre pays que le mien ? Il vient juste de revenir !? Je t’interdis de me le prendre ! Je te l’interdis Reed, tu m’entends.

Reed Brownson, duc de Colorshire, attrapa les mains de sa femme et les plaqua contre son torse. Sa respiration était régulière, simple. Son cœur ne battait pas la chamade.

- Mia, Antonio ne va pas bien. Pas bien du tout…
- Il a besoin d’être avec sa famille alors ! Ici, à Lon…
- A Londres ? Là où tout le monde le juge ? Là où tout le monde se permet de lui rappeler qu’il n’est que notre quatrième fils, encore et encore.
- Il est le quatrième fils, mais je l’aime !
- Je suis désolé, Mia, mais notre fils doute de nous. Même de notre amour. Tu peux refuser son départ mais il partirait alors sans le dire. Et il irait là où on ne le trouverait pas.
- Pourquoi ? dit-elle en s’étranglant, pourquoi n’a-t-il pas confiance en mon amour ?
- Parce que tu as peur, je t’aime Mia, je t’aime comme je n’ai jamais aimé personne… Mais avec ton passé, tu as toujours craint le regard des autres. Je le comprends. Tu as appris cela à nos trois grands fils, mais Antonio n’a jamais eu cette peur. Il veut être… lui-même, et ici personne ne le désire.
- Je … je …
- Est-ce que tu laisserais le véritable caractère de nos fils sortirent de ses murs ?
- Non ! Grand Dieu, non, on dirait de nous que nous sommes …
- Je vais partir avec Antonio, ce soir, et je te le ramènerais avec une meilleure humeur, ou je vais essayer en tout cas.

La duchesse pleura. Elle entendit alors leur fils descendre les escaliers. Ce soir. Son mari l’avait dit. Ce soir, son fils Antonio allait partir… Ou elle refusait, et il s’enfuirait comme le chenapan qu’il était … ou elle faisait confiance à son mari. Elle s’approcha de son fils et le prit dans ses bras sans rien dire. Elle aurait du dire quelque chose, n’importe quoi, mais elle parti sans plus de cérémonie.

- Bon, partons, dit Reed Brownson en claquant dans ses mains.
- Où allez-vous donc mon père ? Dit Antonio surpris
- Où ? Mais avec toi pardi ! Tu pensais pouvoir te prendre des vacances sans ton vieux père, je gèrerais le domaine depuis Giallo.

Les deux partirent dans la nuit. Point de calèche, juste des chevaux qu’ils comptaient faire brouter. Ils n’auraient, alors quelques jours sans nouvelles de personnes, mais c’était ce dont avait besoin Antonio. Il voulait trouver une solution pour oublier une brune incroyable qui serait, il en avait la terrible sensation, bientôt la femme de son frère.

*
-Plus tard-

Antonio et son père étaient en nage. Trempé de sueur, la transpiration collait à leur peau, ils respiraient doucement alors qu’ils faisaient tourner une épée en bois dans leurs mains. La petite partie de pelouse avait été utilisé comme zone de combat depuis des années déjà. Un majordome, italien de famille, arriva pour les prévenir que des invités venaient d’arriver. Reed Brownson arrêta le majordome avant qu’il lui dise qui était là.

- Mettez-le dans le salon Nord. Nous finissons et nous arrivons, le coupa-t-il en italien.  

Le salon qui donnait directement sur ce carré de pelouse. De part la fenêtre tout le monde pourrait voir les deux en train de se battre, sans la moindre hésitation. D’ailleurs, le majordome parti, ils se remirent en place et attaquèrent. Reed avait encore les muscles bien sculptés pour son âge. Antonio avait la forme de la jeunesse. Les deux étaient en train de combattre, et les deux finirent dans la pelouse. Antonio finit par éclater de rire à l’image de son père. Les deux s’étalèrent dans la pelouse et le rire s’entendit encore plus profond. Il prit de la pelouse et l’envoya dans les cheveux de son père. Quiconque venait les déranger ne méritaient pas plus d’intérêt de leur part. Antonio jeta ses pieds en avant pour se relever dans un saut gracieux. Il tendit la main à son père qui se releva avec plus de difficulté. Les deux prirent une serviette et rentra dans la demeure sans rien demander de plus. Reed et Antonio rentrèrent sans la moindre hésitation dans la pièce.

- chi osa disturbarmi in vacanza? Dit alors Reed en italien en essuyant son visage puis posa le visage sur sa femme. Oups. (Trad : Qui viens me déranger en vacances)
- Chi è questo padre? Demanda Antonio en rentrant à son tour. (Trad : Qui est-ce, père ?).

Il apparut, lui aussi torse nu, transpirant, et en vrac, cheveux comme muscle, il tomba tout de suite sur la présence d’Isabella et la douleur cuisante se fit ressentir à nouveau. Elle lui avait manqué. Comme on manque d’oxygène en nageant, et qu’on continuait pourtant à faire de l’apnée … Elle lui avait manqué, et sa présence ici assombrit son sourire qu’il portait à son père.

- Nous allons nous changer, si vous voulez nous excusez … on revient, il lança un regard à sa femme, au bord de l’évanouissement pour le manque de civilité de son fils et son mari … mais aussi, normalement les seules personnes à venir les emmerder ici, sans s’annoncer, étaient des Italiens habitués !

Ils revinrent ensuite, propre, coiffé, agacé, les deux. On pouvait clairement voir le lien de parenté entre les deux alors qu’ils firent les salutations voulues pour les intrus. Ils ne s’excuseraient pas. Ni l’un, ni l’autre, surtout en sachant que la duchesse avait déjà dû le faire pour eux. Antonio s’approcha pour saluer Isabella mais se bloqua. Il l’observa. Il avait l’impression d’être en train de mourir encore.

- Lady Cunningham, vous m’avez manqué.

Et c’était la vérité. Il disait toujours la vérité.


May you be in heaven
a full half hour
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before the devil knows
you're dead.
ANAPHORE

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Asma
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Asma
Dim 10 Juil - 18:33

Isabella Cunningham
J'ai 21 ans et je vis à Londres, Royaume-Uni. Dans la vie, je suis aristocrate, fille unique du comte de Cunningham et je m'en sors pas trop mal, pour l'instant du moins. Sinon, grâce à ma malchance, je suis une bâtarde que mon père cherche à déshériter et qui dois absolument fuir le mariage aussi longtemps que possible.

Je viens de trouver un carnet qui pourrait m'en dire plus sur qui je suis. Mais pour mon plus grand malheur, il est en italien, une langue que je connais pas du tout.
En savoir plus.


Lorsqu’Isabella Cunningham descendit du carrosse qui la déposa au pied de la villa Giallo, résidence secondaire de la famille du duc de Colorshire, ses sens furent immédiatement submergés. Par l’assourdissant chant des cigales. Par l’entêtant parfum de la lavande, de l’hélichryse et du chèvrefeuille. Par l’improbable et divine vision des deux hommes torses nus et ruisselants de sueur qui vinrent à leur rencontre dans l’entrée. A s’en pâmer. D’ailleurs, le duc lui-même était plutôt bien conservé pour son âge. L’identité du jeune homme à ses côtés la percuta de plein fouet, comme un cheval lancé au grand galop.
A son bras était accrochée sa cousine qui trépignait d’impatience de découvrir leur séjour pour les prochaines semaines. Elle s’était émerveillée à toutes les étapes du voyage, et Isabella ne pouvait pas lui en vouloir. C’était la première fois qu’elle voyageait si loin, et tout ce qu’elles avaient vu jusque-là était simplement magnifique. Tout, jusqu’à cet instant. Y compris cet instant. Isabella y enfonça inconsciemment les ongles.
A ses côtés, la tante Harriett, qui soufflait comme un bœuf depuis qu’elle était sortie du véhicule, éreintée par le voyage et assommée par la chaleur, retint un hoquet de surprise, choquée. Elle aussi semblait incapable de quitter les deux éphèbes du regard. Elle avait saisi l’autre bras de sa fille, et semblait s’y retenir comme à une bouée de sauvetage.
Autour d’elles, une duchesse au bord de l’apoplexie, trois frangins hilares, et des servantes qui se rinçaient l’œil sans vergogne. Mais où étaient-elles donc tombées ?

De la première calèche étaient sortis les membres de la famille du duc de Colorshire, la duchesse et trois de ses fils, qui lui firent une véritable haie d’honneur pour sa descente. Le premier véhicule s’était éloigné, pour faire place à celui qui accueillait les trois invitées de marque. Avec la galanterie qui était la leur, chacun des fils était venu aider l’une des dames à descendre. Charles avait pris le bras de la baronne, Louis celui d’Ornella, et le comte l’avait attendue à son tour. La résidence italienne des Colorshire était parfaitement somptueuse. Elle en restait bouche bée. Quand ils pénétrèrent dans le hall, sa mâchoire manqua de se décrocher.

« Nous allons nous changer, si vous voulez nous excusez … on revient »

Isabella et Ornella opinèrent du chef sans un mot. La tante Harriett était écarlate jusqu’aux oreilles.

- Je. Hum. Tenta-t-elle non sans difficulté. Je…hum… propose que nous en fassions de même. Mesdemoiselles.

On accompagna les trois femmes à leurs chambres respectives, afin qu’elles puissent troquer leurs tenues de voyage contre des habits bien plus adaptés à la saison. Isabella revêtit une robe de percale jaune pâle ornée de volants de mousseline. Sa camériste avait relevé ses boucles châtaines sur sa nuque sous un charmant chapeau de paille orné d’un ruban de gaze. À sa poitrine, une ravissante broche à l’effigie d’un tournesol.

Descendant l’imposant double escalier de l’entrée, elle reconnut la silhouette familière, et se figea à mi-hauteur. Le duc et son benjamin étaient déjà là, en tenue décente, cette fois-ci. Les autres ne les avaient pas encore rejoints. Cela faisait si longtemps. Et d’un coup, tout ce qu’elle avait enfoui remontait violemment à la surface. Elle se fit violence pour continuer à descendre. Faire bonne figure. Ne pas se départir de son sourire. C’était la seule chose qui tenait encore le château de cartes qui menaçait de s’écrouler à l’intérieur d’elle en place. Elle évita soigneusement de le regarder droit dans les yeux.

- Vôtre grâce, salua-t-elle le maître de maison d’une gracieuse révérence. Pour toute réponse, ce dernier grommela et s’excusa pour aller rejoindre son épouse qui était apparue au sommet de l’escalier.

- Lord Brownson, le salua-t-elle similairement. C’est un plaisir de vous revoir.

Et une torture. Tout à la fois. Mais elle n’avait jamais été aussi sincère.

La jeune femme prit une profonde inspiration, et sans lui laisser le temps de réagir, passa sa main gantée autour de son bras, et le tira en avant.

- Et si vous me faisiez visiter ces merveilleux jardins que je n’ai aperçus que de loin, milord ?

Affecter la normalité.  En cet instant précis, c’était la seule chose qui pouvait l’empêcher de plonger dans l’abîme.

- J’ai tellement de choses à vous raconter, vous n’imaginez même pas ! Poursuivit-elle sur le ton de la conversation légère. Peut-être que si elle monopolisait la parole ainsi, elle ne laisserait pas l’occasion de faire ou dire quelque chose qui les mettrait, une nouvelle fois dans une situation impossible.

Mais surtout, que faisaient les trois femmes de la famille du comte de Cunningham en ces lieux ?

Suite aux derniers évènements fâcheux, la fin de la saison londonienne s’était déroulée plus calmement pour Isabella. Les prétendants, les bals, la routine. Du côté de son enquête, les choses n’avançaient pas aussi vite qu’elle l’aurait souhaité. Elle regrettait de n’avoir personne avec qui partager tout cela. Parler du carnet, parler de sa mère. Parler des découvertes qu’elle avait pu faire. Evoquer les recherches qu’elle avait commencé à mener, pour essayer de retrouver sa famille en Italie. Et les difficultés liées à la distance.

N’ayant pas vraiment d’ami ni de confident autre qu’Ornella, trop préoccupée à vivre pleinement « sa » saison, elle avait fini par s’en ouvrir à Ricardo. Ornetta avait rencontré un charmant jeune homme, fils cadet du vicomte de Manforth, avec lequel elle échangeait d’ailleurs une correspondance passionnée depuis qu’elles avaient quitté Londres. Elle ne lui avait pas tout raconté, bien sûr, loin de là. Elle lui avait simplement dit qu’elle s’intéressait à sa mère et souhaitait en savoir plus sur elle, et sur sa famille. Il lui avait alors proposé le plus naturellement du monde de l’emmener en Italie.

Se faisait-il encore des illusions ? Elle ne le pensait pas. Après un nombre incalculable de rendez-vous, promenades, bals et autres moments galants partagés, il fallait en arriver à l’évidence. Ils ne s’aimaient pas. Elle avait développé une affection certaine pour le comte, dont elle sentait qu’elle était réciproque. Elle se rappelait une période désormais assez lointaine où on lui avait dit que le comte de Rosaland, comme son père, le duc, croyait aux mariages d’amour et non de convenance. C’était un homme honorable.
Néanmoins, il n’avait pas trouvé « chaussure à son pied » pour cette saison, mais il appréciait grandement sa compagnie. Et qui savait, après tout, d’une belle amitié pouvaient naître des sentiments.
Pour faire bonne figure, et notamment pour faire céder la tante Harriett, très réticente à l’idée de quitter l’Angleterre, ils avaient laissé entendre que le comte l’invitait en Italie pour lui y demander sa main. Ricardo savait que c’était faux. Isabella aussi. Mais personne d’autre. La ruse servait leurs intérêts mutuels. Elle, poursuivre son enquête, lui, « prolonger le plaisir de sa compagnie », lui avait-il dit. Elle ignorait ce que ça voulait dire – ou cacher –, au fond. Mais Ricardo était devenu par la force des choses ce qu’elle avait de plus proche d’un ami, ces derniers mois. Alors quand il avait proposé de la convier dans leur villa italienne, elle avait sauté sur l’occasion.


- Le carnet. Il y était fait mention d’un certain Montani. Giovanni Montani. Je l’ai trouvé ! Giovanni Montani-Sartinara. C’était son cousin, s’enthousiasma-t-elle. Et sa famille serait installée à Florence, le croyez-vous ?! Votre frère me disait que Florence se trouve à moins d’une demi-journée de calèche. Encore moins à cheval. Vous savez ce que ça veut dire ?

Ce qui n’avait commencé que comme une excuse pour ne pas risquer de parler de choses plus sérieuses devint un véritable élan de passion. Isabella était comme une enfant dans un magasin de bonbons. Pour la première fois de sa vie, elle vivait une aventure, une vraie, grandeur nature. La jeune femme se laissa emporter dans le flot de ses paroles, réellement transportée par ce qu’elle racontait.
Elle s’arrêta toutefois dans son flot de paroles et se campa face à Antonio. Était-ce l’énergie nouvellement trouvée qui lui donnait ce courage soudain ? Elle plongea son regard dans le sien. Tiens, intéressant comme elle n’avait jamais remarqué jusqu’alors le contour bleu de ses iris noisette.

- Je suis sincèrement désolée pour la façon dont nous nous sommes quittés et tous les ennuis que j’ai pu vous causer. Pour cela, je vous présente mes plus sincères excuses. Pourrions-nous, je vous en prie, essayer d’être amis ?

Elle accompagna ses paroles d’un regard à faire fondre de tendresse. Elle n’était sincèrement pas capable de lui offrir plus que ça. Pour l’instant. Dans l’expectative de sa réponse, son cœur se mit à battre la chamade.
Clionestra
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Clionestra
Dim 10 Juil - 20:41

Antonio G.
Brownson

J'ai 21 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis le 4émè fils du duc de Colorshire et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

→ 4 ème fils du duc de Colorshire.
→ Le plus jeune après Ricardo (26 ans) et Charles et Louis (24 ans).
→ Il parle plusieurs langues, donc l'italien, le français, l'espagnol et le latin.
→ Il aime les aventures et voyager
→ Il ne cherche pas spécialement à se caser, sachant qu'il ne trouverais pas, ou peu, de femmes capables de supporter ses envies d'évasions.

Dans leur famille, rien de normal. Un père qui aime leur mère comme la prunelle de ses yeux, et qui n'hésite pas à expliquer à tous les pédants ce qu'il pense de la société. Si leur mère accepte cela, le père se fait souvent des ennemis face à l'idéologie des autres. Ici, bien que la mère souhaite les mariés, l'amour prime sur le reste et primera toujours.


Crédit : Wiisemary.
Antonio était … choqué. Il n’avait pas été préparer psychologiquement à voir la jeune femme. L’imaginer dans ses rêves, et on parlera peu ou pas de la teneur de ses rêves, était déjà éprouvant…alors la voir en réalité, dans son monde. Elle était tellement belle. Comment n’avait-il pas pu être marquer par sa beauté dès la première fois ? Comment n’avait-il pas pu ressentir ce coup de poing la première fois ? Il se sentait … mal. Il avait mal dans sa cage thoracique, ça fumait à l’intérieur de lui. Il ne voulait pas qu’elle le touche. Pourquoi ça lui faisait ça ? Il ne voulait plus souffrir.

Son père, bien le seul à le comprendre, viens lui expliquer la raison de leur venu. La demande en mariage de Ricardo à Isabella. Et lui, il était censé être là ? Ils ne pouvaient pas faire leur petite affaire loin de lui ? Rester dans leur Londres si bien aimé. Il ne voulait pas parler à Ricardo. Il ne voulait pas parler à Isabella. Il ne voulait pas les imaginer ensemble, il ne pouvait pas … mais elle était là, devant lui. Elle était là, et Ricardo aussi. Il ne sait pas s’il survivrait un jour de plus alors qu’ils venaient juste d’arriver. Et en plus, tout le long de leur présence ici … Il se retrouve à devoir étouffer à nouveau qui il est. Pour la bienséance et pour sa mère. Il fallait qu’il étouffe tout ça encore longtemps ? Il était trop à l’étroit dans son corps. Il avait envie de s’arracher la peau, de se découper la chair pour faire sortir ce qui le gratter à l’intérieur.

Il voulait vivre, avec elle.

Et cette pensée le tua un peu plus lentement. Cette pensée brisait ce qu’il avait en lui. Il sentit la main de la jeune femme. Il voulait se reculer. Pas parce qu’il était en colère contre elle, mais parce qu’il ne savait plus quoi penser. Il resta interdit un instant sur la broche qu’elle portait. Elle la portait. Il n’avait rien dit dans la lettre sur la broche, et il espérait qu’elle avait compris que ce cadeau venait de lui, et non pas de sa mère. C’était logique non ? Mais vu comment il était un boulet, peut-être avait-il encore tout fait à l’envers. Il l’observa. Sa main, puis elle. Elle était à son frère. Elle aimait son frère. Pourquoi ne pouvait-on pas le laisser en paix ?

- Jardin, répéta-t-il un instant obsédé par les yeux de la jeune femme.

Il se rappela alors pourquoi elle était là. Le mariage avec son frère. Il n’eut pas de mouvement de recul, mais le papillonnement de ses cils suffisait à remettre ses émotions en place. Il toucha sa main pour l’amener vers les jardins. A la vue de tous, bien qu’assez éloigné de toutes les âmes de Giallo pour permettre de discuter tout simplement. Il avait son bras contre celui de la jeune femme. Il voulait lui prendre la main, la sentir encore, comme dans l’eau… il voulait … Il voulait tellement la jeune femme et il se raidit quand elle parla. Pour parler du carnet. Il avait fait des recherches. Il ne voulait pas lui dire. Il avait vraiment envie de lui dire qu’il avait fait que penser à elle, à son rire qu’il n’avait entendu que par procuration, à ses larmes. Il prit une grande inspiration. Il savait ce qu’elle lui disait.

- Je sais, dit-il en soupirant. Cela veut dire que vous allez pouvoir y aller. Je comptais vous envoyer une lettre pour vous inviter ici…

Il tut la fin de la phrase « quand je n’y serais plus ». Il avait perdu du temps à vouloir l’oublier. Il ne l’avait pas oublié… Bien qu’il lui eût donné toutes les notes, toutes les pages qu’il avait pu traduire, il se souvenait du moindre mot. Il se souvenait de ce qu’il avait marqué dans ses lettres. « Bien que cela ne me rende pas heureux ». Il ne l’était toujours pas. Il avait envie d’aller à Florence avec elle, il avait envie de lui présenter le pays, son pays. Il eu un sourire qu’il voulait plein d’entrain mais qui était une caricature de lui-même.

- Mon frère sera ravi de vous y emmener, à Florence. Vous et votre famille, bien sûr. Ce genre de trajet se fait toujours avec les chaperons.

Lui ? Comment aurait-il fait ? Il l’aurait invité à se faire porter malade, la famille Brownson couvrant cette fuite … et il serait aller avec elle, et seulement elle, à Florence. A cheval, ensemble. Des capuches sur la tête. Il serait parti pour parler à sa famille. Il aurait fait cela comme il l’entend… Mais ce n’est pas possible. Il regarda ailleurs. Il voulait la laisser dans sa bonne humeur, mais il ne pouvait pas arrêter de penser à son malheur. Était-il réellement si égoïste ? Quand elle s’excusa, il releva les yeux vers elle.

Il ne pouvait pas l’être.
Il ne devait pas l’être.

Il devait étouffer cette chaleur qu’il ressentait en sa présence. Il devait oublier les pensées, pures et un peu moins, qu’il avait eu pour elle. Il devait écraser ses sensations. Il ne pouvait pas faire ça à son frère. Il ne voulait pas, en plus d’être le frère le plus inutile de l’univers, il ne pouvait pas se permettre d’être un frère égoïste. Être amis ? Comment pourrait-il être amis alors qu’il avait des pensées trop divergentes pour elle. Elle faisait ressortir le meilleur et le pire de lui-même.

Il ne pouvait pas lui dire qu’il voulait être plus. Elle ne voudrait jamais qu’il continue à être à ses côtés. A raison. Si on venait à apprendre qu’Antonio avait des vues sur la femme de son frère, cela serait désastreux… mais il ne pouvait pas non plus lui dire « non ». Il n’y arriverait pas.

- S’il vous plait, commença-t-il doucement, j’aimerais être votre ami.

Et il fit un sourire, qu’il essaya au maximum de faire convainquant. Pour la jeune femme et pour lui. S’il avait l’habitude de taire ses pensées dans la société, il avait au moins le mérite d’être sincère. On évitait de le faire parler, pour qu’il ne dise rien. Mais se taire n’était pas mentir. Cependant, c’est la première fois qu’on lui demandait de mentir autant. Mentir sur ses sentiments, sur ses pensées pour la jeune femme… Mentir pour à l’intérieur même de son être. Il avait essayé, à Londres, et il avait cru exploser… et maintenant, elle venait lui demander de mentir ici. Malheureusement, ce sentiment étrange, divaguant, incroyablement prise de tête qu’il ressemblait un ras de marée de soucis… il savait ce que c’était. Il l’avait compris. Il l’avait aimé ce premier instant, chez elle, quand elle lui avait montré les premiers lignes du journal.

- Vous êtes pardonné, vous serez toujours pardonné, chuchota-t-elle.

Il était amoureux d’elle. Pour elle, il irait cueillir les étoiles et plus encore, dût-il en mourir. Dommage qu’il sentît déjà la souffrance s’immiscer dans toutes les parcelles de son cœur. Il fit un large sourire. Il allait souffrir, et elle non. N’était-ce pas ça, les raisons de l’amour ?

- Si vous voulez, je trouverais une raison de rencontrer votre cousin, en avance. Je suis assez connu dans le milieu de la noblesse italien. Ici, il semblerait que mes réactions de goujat passent beaucoup mieux. Je fais rire, au moins on me trouve drôle. Un véritable comique pour ses messieurs dames ! Je pense pouvoir vous aidez à avoir un rendez-vous. Ou espionner, en demandant aux employés.

Car si la jeune femme était outrée qu’il montre autant de déférence à une femme de la noblesse qu’une femme de petite vertu… Il fallait savoir qu’ici, tout le monde lui parlait comme à un ami, non comme à un fils de duc. Il aimait cette maison. C’était aussi pour ça qu’il détestait savoir que son frère Ricardo, en hériterait un jour … Son frère Ricardo et sa femme. Il allait finir par détester cette endroit. Il préférait faire semblant d'être intéressé par l'action que leur aventure lui proposé.



May you be in heaven
a full half hour
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before the devil knows
you're dead.
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