Le Temps d'un RP
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LE TEMPS D'UN RP

Christmas at Eaton Hall (RP Solo)

Cloud Factory
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Date d'inscription : 01/06/2022
Région : France
Crédits : Dontcallmelexi (Tumblr)

Univers fétiche : Science-fiction, Héroïc Fantasy, City, Célébrité...
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Cloud Factory
Mer 6 Juil - 16:33
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

"Love never becomes wise, and that is its wisdom. As a child of divorce, I am endlessly fascinated with finding the perfect formula for making it work. But I think the biggest lesson I learned is that there aren't any rules."
Emma Watson (2016)

L'histoire remonte au premier confinement du Royaume-Uni aux alentours de mars/avril 2020. Elle s'est poursuivi durant l'été et au début de l'automne par un rapprochement physique, des retrouvailles après des années à avoir mener leur vie chacun de leurs côtés.

Harry et Meghan rirent aux éclats lorsque Hugh leur confia qu'après avoir envoyé à Emma des fruits et légumes biologiques en provenance directe des jardins d'Eaton Hall pour lui faire plaisir, en compagnie d'une multitude de roses rouges et noires, elle avait eu la surprise de découvrir, dans l'un des paniers un bracelet en or avec diamant. Le meilleur c'était qu'elle le lui avait renvoyée en colis spécial accompagné d'une lettre dans laquelle elle lui avait conseillée de faire plus attention à "ses bijoux de famille" ou de planquer cette poule ou cette plante capable de produire des bijoux d'une si grande qualité, mais qui demeuraient, hélas, un peu trop tape-à-l'oeil à son goût.  Elle avait alors pris soin d'ajouter que s'il avait été question d'un cadeau, elle tenait à le remercier chaleureusement et à s'excuser de ne pas pouvoir l'accepter.

"Tu devrais le rendre et offrir l'argent à une association : celle de ton choix. Ce serait une bonne action qui me ferait très plaisir, mais rien ne t'y oblige. Après tout, il s'agit peut être d'un bracelet ayant appartenu à ton arrière arrière grand-mère..."

Non, le bracelet n'avait pas appartenu à sa famille. L'argent qui avait servi à l'achat du bijou avait été glissé dans le budget alloué aux banques alimentaires de Londres, permettant ainsi à de nombreuses familles démunies d'obtenir des paniers repas et d'autres produits de première nécessité lors de la crise sanitaire.

Depuis, le confinement leur avait permis de dîner ensemble par écran interposé, d'entretenir des conversations, de collaborer avec des associations, de se découvrir de nouveaux points communs et de nouvelles curiosités ou affinités, alors que dans le même temps Hugh ne lui avait pas donné l'impression d'être un aristocrate comme les autres, même si un soir, alors que leur rendez-vous par vidéo conférence était devenu une habitude, le Duc avait osé lui parler d'un autre avenir, des sentiments que l'adolescent - et l'adulte - éprouvaient pour elle depuis des années.

Emma, surprise par cet aveu inattendu, l'avait prévenue qu'elle n'aimait pas la règle de primogéniture masculine, l'archaïsme de la Chambre des Lords, qu'elle n'était pas du genre à aimer les prisons dorées, la sur médiatisation, le manque de vie privative, la pression que l'on mettait sur leurs épouses pour leur offrir un héritier ni ces inégalités qui perduraient toujours entre hommes et femmes, mais Hugh, qui avait été influencé par l'exemple de son père, par celui de Harry d'une certaine manière et par le combat d'Emma, ne semblait pas contre certains compromis ou "évolutions", alors que sa famille n'avait jamais été autant exposée que la famille Royale ou enfermée dans un protocole.

En vérité, dans l'ensemble, elle l'aimait bien. Le jeune homme qu'elle avait rencontrée sur le plateau de tournage de Harry Potter et l'Ordre du Phénix avait bien grandi. Elle aussi. Des années s'étaient écoulées, leur amitié ne s'était jamais développée jusqu'ici, mais voilà qu'aujourd'hui Emma s'est surprise à le trouver charmant, différent de l'image qu'elle s'était faîtes ou avait craint. Ainsi, il lui avait promis de faire des efforts et des concessions, si elle voulait bien lui laisser une chance de lui montrer la vie qui était la sienne, ce qui pourrait être la leur, peut-être un jour prochain et de lui prouver sa sincérité. Au moins, elle n'avait pas dit non ou plutôt elle n'avait rien dit après avoir obtenue un temps de réponse.

Un mois s'était écoulé et il n'avait toujours par eu de nouvelles de sa Belle. Alors, il prit les devants, sachant qu'elle appréciait les hommes capables de faire des choses folles par Amour. Hugh avait profité du séjour d'Emma dans les Caraïbes pour la surprendre et détourner le jet qui la ramenait en Angleterre vers l'Espagne afin de la conduire à la Garganta, en dépit des circonstances sanitaires, dans le but de lui faire miroiter certains projets, la possibilité de découvrir Cáceres, ainsi que la communauté autonome d'Estrémadure - l'occasion rêvée de remettre sur la table sa demande et lui offrir de quoi réfléchir.

Son intention, à l'évidence, semblait déraisonnable, mission impossible, comme s'il demandait un bâton pour se faire battre, mais l'Amour et la recherche du bonheur possédaient parfois des ramifications difficiles, étranges et incompréhensibles aux yeux des autres. Depuis, à la surprise de sa famille et de proches amis, Emma a fini par accepter l'invitation du Duc à passer Noël, en comité réduit, chez lui à Eaton Hall, dans le Cheshire, sans savoir que son histoire ou l'Histoire avec un grand H est sur le point de s'écrire. :heart3:

Contexte inventé par Cloud Factory, ayant été joué en rp solo sur un autre forum. Elsy peut en témoigner.
Cloud Factory
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Mer 6 Juil - 16:57

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.

https://youtu.be/VCrEt11-SFU

Hampstead, District of Camden, North of London, December 24th 2020


Le quartier semblait plus tranquille qu'à son habitude. La ville - en particulier la rue dans laquelle vivait Emma - avait été décorée sobrement, à l'exception de certaines d'entre elles, telles qu'Oxford & Bond street, plus commerçantes ou plus proches du 10 Downing street ou de Buckingham Palace. Pour l'heure, seules de rares véhicules venaient légèrement briser ce calme dont l'actrice jouissait d'ordinaire en ces lieux proches de la maison de son paternel et de Camden Clock, célèbre pour ses boutiques, ses food trucks et pour ses concerts de musique.

Chez elle, c'était une autre affaire puisque sa maison avait été décorée alors que la Miss n'avait encore aucun projet pour les fêtes, car il lui était difficile de reunir une famille recomposée autour d'une table, encore plus lorsque vos parents semblaient plus exposés que d'autres à ce fichu covid du fait de leurs âges. Evidemment, sa fraterie avait insistée pour la revoir, mais certaines choses n'allaient pas pouvoir se faire dans l'immédiat, ni comme ils l'auraient voulus malheureusement. 

Cette fête restait malgré tout sa période préférée parce qu'elle permettait de se montrer davantage généreux, de replonger dans une ambiance et une féerie que perdaient souvent les gens une fois arrivée à l'âge adulte. Cela semblait d'autant plus étonnant qu'Emma n'avait connue que peu de Noël réellement "normaux" depuis le divorce de ses parents et depuis sa célébrité, même si elle et son frère n'avaient manqué de rien et s'ils avaient préférés faire taire leurs récriminations lorsqu'ils recevaient des fournitures scolaires ou un cartable au lieu d'un autre cadeau, en sachant pertinemment que leurs parents s'étaient saignés afin de les envoyer dans des écoles privées.

Qu'importe si on lui reprochait parfois son éducation et ses contacts privilégiés. Elle n'était pas du genre à s'en vanter, à s'afficher sur les réseaux sociaux, si on la traitait à l'occasion de snob, alors que cela n'était pas du tout son état d'esprit. Ses parents ne croyaient pas en Dieu, elle-même préférait dire qu'elle était plus spirituelle qu'adhérente à une foi. On lui avait apprise certaines bonnes manières, indispensables en société et dans certains cercles, mais elle ne s'était jamais limitée qu'à ce terrain là, à n'entretenir des amitiés qu'en provenance d'un certain milieu.

Cela étant, elle avait reçue un sms, puis un bristol rédigé à l'encre bleue, affublé des armoiries du Duc de Westminster brodées de fils de soie et de fils d'or mêlés d'argent, l'invitant à Eaton Hall pour un Christmas Eve en petit comité, alors qu'elle s'était déjà rendue chez lui en septembre afin de tenir sa promesse : celle de découvrir son univers, une partie de son travail légué par son défunt père parti trop tôt et pour tenter de dissiper certains doutes ou interrogations sur ce mode de vie que son esprit lui avait intimé l'ordre de fuir à tout prix. Et là encore, elle avait craint de se retrouver embarquer dans une tempête médiatique qui aurait fait d'elle, avant l'heure, la petite amie de l'un des partis les plus en vue dans le monde, alors que leur situation semblait exigée de la délicatesse, de l'intelligence, mais surtout du temps, là où, de toute façon, il n'existait encore rien d'important.

Seulement, si l'office du Majordome lui avait laissé assez de temps pour lui fournir une réponse, comme l'avait voulu l'usage, une visite pareille ne s'improvisait pas, surtout lorsque vous saviez qu'il se passait quelque-chose entre lui et vous et que face à cela toute une armée de médias, de fans et de haters se tenaient prêts à bondir sur l'opportunité pour s'en saisir et tout faire partir à veau l'eau. Et puis, il y avait aussi la mère de son prétendant, ainsi que ses soeurs, pour épier vos faits et gestes, pour s'assurer de votre sincérité, voire, peut être, pour vous mettre des bâtons dans les roues, même si jusqu'ici Emma avait été accueillie comme une amie ou presque comme un membre de la famille. Mais voilà... L'actrice tenait à sa vie privée, à prendre son temps, à jouer cartes sur table, qu'importe si ce qui avait débuté durant le confinement par des dîners dématérialisés et par cette visite dans cette villa en Espagne ne s'achève sur un drame, surtout pour lui.

Cela étant, elle ne pouvait faire autrement que de se sentir dans la peau d'une Cendrillon fière d'une famille qui s'était élevée par l'éducation, le labeur et la chance. Elle-même songeait encore parfois à cette chance incroyable lui ayant valu autant de désagrément et de souffrance, mais aussi la haine et la jalousie d'autres personnes, alors qu'à l'instar d'une Lady elle ne s'était jamais vantée, sinon d'avoir su obtenir ses diplômes par ses seules compétences, à défaut de se trouver un talent qu'elle n'était pas sûre de détenir encore aujourd'hui. Ainsi n'avait t'elle pu oublier ses origines modestes, celle d'arrière arrière grands-parents fermiers ou briquetiers, là-haut dans ses terres du nord, alors qu'ils n'auraient jamais imaginés voire leur descendance connaître une autre vie.  

Alors, le soucis ne tenait pas qu'à s'assurer de la force et de la sincérité de ces sentiments naissants, si ces choses existaient, mais de définir s'il existait des malentendus, des problèmes, alors que Hugh semblait un peu cavalier et elle plus dans la peau d'une Lady moderne, avec des opinions, des responsabilités, des convictions, quelqu'un de plus proche du Harry actuel, proche des gens, capable de briser des codes, comme le faisait parfois William et Catherine sur certains points, tout en étant soucieuse de préserver sa vie privée. Et il allait être question de sa place sur l'échiquier, de la capacité de Hugh de soutenir sa compagne par rapport aux droits des femmes, alors que depuis peu le Grosvenor Group s'était mis à soutenir les LGBTQ+ et qu'il existait depuis longtemps une mise en avant des femmes par l'entremise du "Cheshire Women of the year" - ce prix remis par le Duc à des femmes du Comté.

Par conséquent, elle s'était préparée à l'arrivée du chauffeur de Monsieur le Duc, non sans éprouver de la nervosité et de l'inquiétude ; assez pour se rappeler la réalité, qu'il n'était pas question d'un conte de fées, pas au sens où elle le vivait, alors qu'elle devait éviter d'être une biche effrayée par les phares d'une voiture ou quelqu'un perdant pied face à la flatterie et à l'opulence, au risque de s'enfermer dans le même genre de naïveté ou de pensée rassurante qui avait conduit d'autres femmes avant elle - et pas que Lady Diana - à se retrouver enfermées dans un cauchemar qui pourrait lui coûter ses libertés et la vie.

D'un autre côté, Hugh n'était pas un membre actif de la famille Royale. Chez lui, il n'y avait aucun protocole strict à respecter, en dehors de certains événements. La différence s'était fait sentir, à sa grande surprise. Les Windsor et les Grosvenor semblaient avoir leurs propres mode de vie, leurs propres traditions, des contraintes et des obligations différentes. Hugh pouvait se payer ce qu'il voulait sans demander l'autorisation du Gouvernement. Ses déplacements et sa sécurité n'étaient pas payés par le Trésor. Il n'avait donc aucun compte à rendre, sinon vis-vis de la Loi, comme tout le monde, alors que sa famille s'évertuait à cacher son train de vie.

*ding dong*

-"Bonsoir, Madame...", fit un homme en uniforme, en retirant sa casquette, lorsque la porte s'était entre-ouverte. "Monsieur le Duc m'a chargé de prendre vos valises et de vous conduire jusqu'à lui.", ajouta t-il. "Je suis Nigel, votre chauffeur."

Nigel ? Son chauffeur ? Passé l'étonnement, alors que ce prénom lui avait rappelée celui qui l'avait conduite partout durant sa jeunesse, lors des promotions de Harry Potter - un être sage, amusant et vis-à-vis duquel elle éprouvait beaucoup d'affection, ainsi que de la nostalgie - , elle lui avait tendu sa valise après avoir vérifiée que tout était éteint chez elle, avant de verrouiller la porte et de suivre l'homme jusqu'à une Rolls Royce.

"Je vous en prie, Madame.", fit l'homme en lui ouvrant la portière sur laquelle était peinte les armoiries du Duc de Westminster.

-"Merci Nigel", lui répondit t'elle avec un petit sourire, en prenant place sur le siège arrière.

Le chauffeur ne lui avait fait aucun compliment à propos de son apparence, même si Emma l'avait vu s'être un peu raidi après lui avoir ouverte sa porte d'entrée, comme s'il avait voulu lui montrer du respect. Il avait, d'ailleurs, soigneusement éviter de la regarder dans les yeux, comme il était censé le faire, alors qu'elle n'aurait jamais du faire ce voyage seule, mais être accompagnée, quand bien même elle s'estimait indépendante, alors qu'il lui arrivait d'être suivi par un(e) ami(e) ou par son garde du corps. Heureusement, mesures sanitaires en place, l'actrice allait pouvoir retirer ses talons et se sentir davantage à son aise, alors que le trajet allait duré un peu plus de deux heures, avec une baie de séparation translucide entre les sièges avant et ceux de l'arrière.

En chemin, ils avaient pu discuter un peu, même si elle avait pris soin de faire attention à ses propos. Entre-temps, Emma avait été soulagée d'apprendre via son téléphone que ses donations pour les fêtes allaient servir à aider des femmes dans le besoin, des orphelins, des enfants malades, des sdf, des réfugiés, des animaux en danger et d'autres catégories et pas seulement qu'au Royaume-Uni, même si ses moyens, en comparaison, n'étaient pas grand chose comparés à ceux des Grosvenor. Mais pour le coup, elle s'était montrée davantage généreuse avec le nord du pays, très touché par le Covid.

- "Oh... Vous avez une femme et un enfant ? C'est merveilleux... Parlez-moi un peu d'eux, si vous le voulez bien..."

Tout en douceur et en gentillesse, Emma n'avait pas feint de s'intéresser aux autres afin de se donner bonne conscience ou bonne image. Cela avait été une manière comme une autre de créer un contact humain et du même coup de se renseigner un peu sur la manière dont ses employés étaient traités. Et puis, tout était affaire de séduction, de souvenirs laissés, de proximité. A ses yeux, cela valait mieux de respecter ces gens qui vouaient leur vie à une famille, quitte à mettre un peu la main à la pâte sans attendre forcément que tout vous soit servi sur un plateau. Quant à savoir si sa vision et ses manières allaient plaire au maître de maison, ça c'était autre-chose.


Eaton Hall Estate, Cheshire


Cela faisait des jours qu'Eaton Hall avait revêtu ses habits traditionnels, avec son houx, ses guirlandes, ses luminaires et son immense sapin décoré trônant dans le hall. Cette fois-ci, le lieu n'allait, hélas, pas être couvert par les rires des enfants, ni par les vas et viens des serviteurs - en nombre réduits par obligation - ni par la chorale et par les musiciens accueillant les invités à l'entrée. Pour autant, le maître et la maîtresse de maison n'avaient pas relâcher le standing de leur manoir et de leurs jardins, alors qu'Emma ne s'attendait pas à être reçue en qualité d'invitée d'honneur. Son chauffeur ne lui avait rien dit à ce sujet, sinon que son employeur s'était montré notoirement impliqué dans tout ce qui avait touché aux préparatifs (une première) et qu'il pensait, désormais, que cela avait du avoir un lien avec elle et le fait qu'il avait surement voulu lui démontrer quelque-chose.

Vrai ou faux, le véhicule était sorti de l'autoroute et s'était dirigé sur une longue route assez peu éclairée, entourée par des sous-bois et des champs, voire par de rares habitations, jusqu'au moment où la Rolls Royce s'était engagée sur une longue avenue et un portail d'entrée ouvert, surveillés par des gardes armés, puis vers un rond-point au centre duquel trônait un obélisque qu'ils avaient contourné par la gauche afin de continuer tout droit vers ce manoir Victorien, dont une partie avec été démoli et reconstruite au milieu des années soixante afin de lui offrir cet aspect de château Français.

Dans l'intervalle, le chauffeur avait saisi son téléphone de cabine afin de prévenir le Majordome, tandis qu'en cuisine une équipe réduite s'afférait depuis des heures à la confection de petits fours et de plats d'exception, alors qu'ailleurs dans la maison des femmes de chambre et quelques valets s'occupaient des chambres, du salon, de la drawing room et de la salle-à-manger selon les consignes.

Il était donc temps pour Emma d'enfiler à nouveau ses talons, de mettre ses longs gants noirs en soie Anglaise et de vérifier sa coiffure, ainsi que son makeup. Cette fois, le véhicule s'était arrêté face au parterre d'entrée faisant face à une majestueuse perspective avec ses bassins, ses sculptures et ses jets d'eau. En sortant du véhicule, après que son chauffeur se soit approché afin de lui ouvrir la portière, le regard d'Emma avait été attirée par cette Wyvern couchée sur le dos, la gueule ouverte, surmontée par une coquille st-Jacques et un dauphin : trois symboles de l'ancien Royaume de Mercie, l'un des plus puissants ayant existé avant l'invasion viking et celle entamée par Guillaume le Conquérant, l'un des ancêtres du Duc de Westminster.

A l'extérieur, près de la porte d'entrée se tenait le Majordome, en complet noir et blanc, avec petit noeud papillon de même couleur et sa veste en queue de pie, attendant presque au garde à vous, tandis que l'actrice venait de couper son téléphone et de le glisser dans sa pochette de soirée ni vu ni connu.

-"Madame... Je suis le Majordome. Monsieur le Duc m'a chargé de vous conduire jusqu'à la Drawing room où Monsieur le Duc compte vous rejoindre dans un instant...", fit le Majordome avec prestance, en conviant la jeune femme à le suivre d'un geste de la main hospitalier.

-"Bonsoir... Je suis heureuse de vous revoir... Merci beaucoup, vous êtes bien aimable..."

Une fois à l'intérieur, la chaleur s'était avérée réconfortante. La cheminée du hall était en fonctionnement, les armures du grand escalier avaient été briquées et brillaient à la lumière. Comme les fois précédentes, il était difficile pour une amatrice d'art de ne pas laisser son regard se perdre, même si elle savait qu'il lui faudrait éviter ce genre de choses si elle ne tenait pas à se faire remarquer par un autre membre de la famille, en sachant que ce genre d'attitude était mal vu, alors que la demeure respirait l'Histoire, mais semblait si immense et si vide et en même temps si riche en détails.

"Puis-je vous débarrasser de votre manteau, Madame."

La Miss avait été ramenée à l'instant présent par le biais de cette demande. S'exécutant, elle avait attendu d'être invitée, éventuellement à s'asseoir, alors que le Majordome venait de l'introduire dans la Drawing room.

"Monsieur le Duc ne devrait pas tarder. Vous pouvez vous asseoir. Monsieur et Madame seront ravis de vous revoir, comme nous le sommes tous.", avais ajouté l'homme d'âge mûr, pétris d'expérience, avec un petit sourire.

Un accueil fort aimable et chaleureux.

-"Merci, je suis ravie d'être parmi vous.", lui répondit t-elle avec politesse et un sourire pétris de gentillesse.

Cette fois, Emma était seule dans cette pièce immense, près de l'âtre qui la réchauffait, entourée par les armoiries de la famille et de leurs branches cadette accrochées aux murs, en compagnie de portraits de certains membres importants. Dans le hall, elle avait croisée l'immense sapin décoré, tandis qu'ici, dans chaque pièce, semblait avoir été déposé des sapins plus petits, afin de réchauffer un peu l'atmosphère et lui conférer un peu plus son esprit de Noël, tandis que les armoiries semblaient indiquées la présence de la famille partout au Royaume-Uni.

Ce silence avait été une pause bienvenue pour reprendre un peu ses esprits, même si Emma se sentait un peu nerveuse. Sur la table, sur un petit bristol blanc sur lequel figurait les armoiries du Duc, avait été rédigé le menu dont elle avait pu prendre connaissance et l'apprécier. Visiblement, c'était ici qu'allait débuter l'apéritif, alors que le dîner était prévu dans la salle-à-manger et le dessert dans le salon comme il était coutumier d'agir ainsi dans ce genre de maison.

Cinq minutes plus tard, une porte s'était ouverte, ce qui avait réveillé les sens de l'actrice qui s'était aussitôt levée afin de faire face au nouvel arrivant. L'homme en face d'elle pouvait dorénavant admirer sa jolie robe sirène de chez Vera Wang recouverte de brillants offrant à sa tenue un aspect radieux et festif, l'impression que la lumière se reflétait sur les formes mises en valeur par l'écrin de tissu soyeux et de qualité qui semblait s'être adapté à sa morphologie. Elle portait de fines boucles d'oreilles Anita Ko, ainsi qu'une série de bagues de chez Chanel, invisibles sous ses gants, ainsi qu'une pochette métallique de chez Anya Hindmarch et une paire de talons signées Jimmy Choo. Rien de nouveau ni de bling bling, mais qui était censée attirer l'attention de son prétendant sans être vulgaire.

-"Bonsoir, Votre Grace...", fit-elle en faisant la révérence.

Il était de bon ton de montrer ce respect et d'appeler son hôte par son titre, au moins à l'arrivée et au départ, bien qu'elle ignorait que les Grosvenor n'étaient pas réellement à cheval sur ce genre de choses. A la bonheur. Toutefois, cela lui faisait un peu bizarre d'être tutoyée en privée et vouvoyée en présence d'autres personnes, mais pour l'instant, tant qu'ils ne sortaient pas ensemble, c'était ainsi.

"Je... Euh... Ca va ? Rassure-moi, je n'ai pas fait de bêtises ?", lui demanda t-elle d'un air mi amusé, mi effrayé, en posant une main sur son coeur.

L'homme qui ne cessait de la courtiser depuis des mois et qui semblait tenir à elle était resté bouche bée, comme hypnotisé, comme si ce qui se trouvait autour d'eux, pour un instant du moins, n'existait plus. Etais-ce bon signe ou mauvais signe, hm ? Eh bien, nous n'allions pas tarder à le savoir. Hihihi !


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Ven 8 Juil - 15:09

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

Informations supplémentaires ici.

https://youtu.be/vawWBui4_kM
https://youtu.be/ZfX_2KiRFnQ

Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
December 24th 2020

Les portes de la Drawing room s'étaient ouvertes en offrant à la vue de l'Anglaise un jeune Duc vêtu d'un costume en velours bleu Royal, avec revers crantés, boutons dorés, ticket pocket et deux fentes latérales en tissu "Prince of Wales" en soie. Coordonné avec un gilet croisé, avec revers châle, noeud papillon bleu en jacquard de pure soie, ainsi qu'avec une chemise blanche confectionnée avec la même matière - les manches maintenues en place par des boutons de manchettes dorés sur lesquelles figuraient ses armoiries en or, argent et lapis lazuli -, Hugh s'était présenté dans une tenue soignée et très séduisante.

-"Ma très chère Emma... Tu es enfin là...", lança t-il dans un soupir, d'un air ravi et soulagé, incapable de masquer sa joie, lui qui avait un peu rougi."L'attente valait la peine... Tu es resplendissante de beauté... Je suis époustouflé...", ajouta t-il en s'avançant afin de lui faire le baise-main, d'un air charmé, le sourire aux lèvres.

Les joues un peu rosies, Emma avait souri l'air un peu nerveuse et flattée, en fermant un instant les paupières à l'instant où le Duc lui prit la main en signe de respect. Le jeune homme, pendant ce laps de temps, ne s'était pas priver pour la dévorer du regard, alors que dans l'intervalle, sa mère et sa soeur cadette n'étaient pas censées être bien éloignées, ce qui, tôt ou tard, finirait par briser le charme de la situation, ainsi que toute intimité, au grand dam de ce jeune homme fougueux qui aurait préféré passer cette soirée et de nombreuses autres en compagnie de la jeune femme avec plus de libertés.

-"Et toi, tu as l'air très élégant dans ton joli costume...", lui dit-elle pour le complimenter, en sachant, qu'en plus, le bleu était l'une de leurs couleurs favorites."C'était prévenant de ta part de m'avoir envoyée Nigel... Merci infiniment pour l'invitation. Ce Christmas Eve promet d'être différent à plus d'un titre... Cette décoration est vraiment splendide. Je n'ai pu m'empêcher de la dévorer des yeux. Cela réchauffe mon coeur."

La Miss ne savait pas si bien dire. Avant cela, elle s'était isolée quelques jours afin d'être certaine d'être sans risque à cause du Covid. Elle avait eu près de trois semaines pour prendre des dispositions, y compris pour refuser poliment d'autres invitations. Hugh avait souhaité qu'elle n'ait aucun autre projet afin d'être un peu plus près d'elle et lui montrer d'autres aspects de sa vie et de ces traditions bouleversées par la crise sanitaire en espérant que dans l'intervalle elle n'en aie pas fréquentée un autre ou qu'il n'ait pas à apprendre une autre mauvaise nouvelle alors que l'année avait été délicate pour les affaires, y compris avec ces histoires de Brexit.

-"Cela remplit mon coeur de joie... Et c'était bien naturel. Au moins, tu n'as pas eu à faire l'effort de conduire jusqu'ici...", lui répondit t-il, d'un air attentionné, alors qu'ils se fixaient droit dans les yeux, ce qui était coutumier."Pour ce qui est du reste, ta simple présence suffit à mon bonheur et à réchauffer cette maison. C'est moi qui ne puis pas m'empêcher de te dévorer des yeux, même si cet aveu qui doit sans doute être visible comme le nez au milieu du visage - je l'espère du moins - ne sera pas perçu par toi comme une maladresse inconvenante."

Leurs pupilles brillaient sous l'éclairage un peu diffus, alors qu'ils étaient restés l'un en face de l'autre, presque immobile, ce qui avait poussée Emma à faire un pas en arrière, en retirant délicatement sa main des siennes dans le but de reprendre de saines distances et de retirer ses longs gants fait de soie.  

Etait t-elle en train de tomber amoureuse ? Peut être, puisqu'il semblait y avoir depuis peu un "petit quelque-chose qui n'avait pas été là jusqu'ici". Cela ne l'avait pas empêcher de maintenir une distance tant que la situation demeurait incertaine et que  ses sentiments semblaient encore engagés dans un combat entre raison, hésitation et émotions contradictoires.

En outre, elle savait que le jeune homme pouvait jurer et faire l'idiot pour plaisanter. Les gens imaginaient souvent que les aristocrates, même parmi les plus jeunes, étaient censés bien se tenir et avoir un balais coincé où vous pensiez, alors qu'en réalité on pouvait, comme ailleurs, tomber sur quelqu'un de bien ou sur un abruti, parfois capable des pires choses.

"D'ailleurs, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n'as qu'à demander. Nous sommes en petit comité à cause du Covid. Demain, attends toi à ce que nous soyons en comité plus restreint.", fit-il en soulignant que le jour de Noël le personnel disposait d'un jour de congés."A ce propos, il se murmure "en bas" que tu aurais fait bonne impression lors de ton dernier passage. J'ignore si ces faits m'ont été relatés pour me faire plaisir, mais "tes manières" comme tu les appelles semblent avoir conquit le coeur de pas mal de monde ici...", lui confia t-il, l'air ravi, en espérant mettre toutes ses chances de son côté."En tout cas, j'aime l'idée que ta visite ait fait rejaillir sur ma famille et la tienne de la noblesse. Je l'ai su tout de suite en te voyant la première fois."

Oui, oh...

L'Anglaise savait que certains employés ne rentraient pas chez eux et qu'ils leur arrivaient de dormir sur place par commodité - certains ayant reçus le privilège de disposer d'un cottage au sein de l'Estate comme cette ancienne femme de chambre de Madame qui avait été renvoyée pour attitude inconvenante et pour harcèlement. Elle était allée au tribunal pour contester son renvoi et obtenir un dédommagement après onze années de service et avoir gravi les échelons des domestiques. Le problème était que l'enquête avait démontrée sa culpabilité. Pire, de nombreux membres du personnel avaient démissionné par sa faute. Et si Emma pouvait l'affirmer c'était parce qu'elle avait lu les articles de presse qui avait "un peu" entachée la réputation de la maison, dans une tentative un peu maladroite de souiller celle de la Duchesse Douairière.

Quant à savoir si elle-même était emprunt de noblesse, Emma estimait qu'elle ressemblait bien plus à n'importe qui qu'à une Lady éduquée pour bien se tenir et proférer des propos mesurés, alors qu'il lui arrivait de jurer, de raconter des blagues cochonnes et de ne pas toujours se soucier de son maintien. Hugh non plus d'ailleurs ne ressemblait pas tellement à l'idée de ce qu'on le se faisait d'un noble à sa grande surprise, bien qu'au-delà de la saveur agréable que cette découverte avait eu, l'actrice avait ressenti de la honte d'avoir répercutée sur eux un certain nombre de préjugés.

-"C'est très gentil, merci... Oh, je me doute bien que ma présence pourrait ne pas être du goût de tout le monde et je le comprends tout à fait... Mais tes employés n'ont rien à craindre...", lui répondit t-elle avec douceur et sérieux."... même si certaines traditions mériteraient d'évoluer...", ajouta t-elle avec un sourire."... Seulement, pour l'instant, je ne suis qu'une invitée qui ne fait qu'envisager ton..."avenir"... Une invitée qui ne possède pas les mêmes ambitions qu'une autre célébrité qui est déjà passée par ici, du côté de Chester en compagnie de "tu sais qui" et qui aura, j'en suis sûre, à prouver et à traverser une tempête afin de démontrer que j'ai conscience de ce que cela implique, en ayant de vrais sentiments et l'humilité nécessaire...", surenchérit t-elle avec délicatesse et le sens de la diplomatie, en hésitant sur sa conclusion. "La question de ces "sentiments" est aussi ce qui m'amène aujourd'hui et tu le sais très bien..."

Lady Natalia, un peu méfiante, aurait pu prendre cela pour de l'audace. Pour autant, si Emma devenait la petite-amie de son fils, elle savait que Hugh ne comptait pas aligner son opinion sur celle de sa mère ou de sa sororité. Elles ne possédaient, de toute manière, d'aucun moyen de pression, même si cela pouvait amener des tensions et susciter des jalousies. Il était donc nécessaire de tenir compte de ces choses là alors qu'il était déjà difficile d'avoir une vie de couple. Par ailleurs, l'Anglaise venait bel et bien d'évoquer la visite Royale de Sa Majesté en compagnie de Meghan Markle à proximité d'ici, un peu après le mariage Royal. Emma se doutait que sa relation avec elle lui voudrait en outre des comparaisons et des critiques là où les deux actrices étaient féministes, mais d'ambitions différentes. Elle savait aussi que cette invitation n'était pas du à l'opération du Saint-Esprit : Emma n'aurait jamais été invitée en temps normal, à moins d'être sa petite-amie ou sa fiancée. La tradition. Mais alors que la conversation était destinée à repartir, l'autre porte s'était ouverte, précédée par le Majordome.

-"Madame la Duchesse Douairière et Lady Viola...", fit le Majordome, en inclinant la tête avec respect.

Il n'y avait eu aucun temps mort, comme si les deux femmes ne s'étaient pas arrêtées en chemin. Emma avait alors, à nouveau, exécutée la révérence afin de saluer les arrivants.

-"Emma ! Quel plaisir de vous revoir...", fit Natalia, la mère de Hugh, le sourire aux lèvres et l'air accueillante, mais distingué. Un sacré compliment de la part de la Duchesse Douairière.

L'un à côté de l'autre, Hugh et Emma formaient un charmant couple, charismatique et prometteur, mais tenu encore à distance par certaines circonstances ou hésitations. Âgés de la trentaine, il semblait y avoir quelque-chose dans ses balbutiements, une part d'espoir qui n'avait échappé à personne.

-"Moi de même, Votre Grâce...", lui répondit t-elle, poliment, avec le sourire."Notre rencontre à la Garganta était riche en enseignements... J'en ai conservé de merveilleux souvenirs, ceux d'une famille unie, sans chichis et si aimante. Cela a été pour moi un réel bonheur. Je ne vous remercierai donc jamais assez pour tout ceci, y compris en cette soirée de Réveillon où, d'ordinaire, ma présence n'aurait pas forcément été requise..."

Lady Natalia avait affrontée des soucis assez similaires en dépit de ses origines aristocratiques, mais elle avait eu la chance de faire un mariage d'Amour. Bien-sûr, l'urgence frappait un peu à la porte puisque la Duchesse espérait se retirer avec la certitude d'avoir accompli son devoir au mieux, avec l'assurance que les titres et leur fortune seraient transmis à ses petits-enfants. D'ailleurs, la remarque d'Emma n'était pas passée inaperçue. Elle semblait assez bien connaître le protocole, les traditions, à ceci près qu'elle pêchait sur un détail, un peu normal pour une jeune femme n'ayant pas été élevée dans ce milieu restreint : ce qu'elle pensait en vigueur au sein de la famille Royale ne l'était pas forcément dans cette famille.

Préférant laisser les choses se faire, la Duchesse tenait, malgré tout, à conserver un oeil bienveillant ou exercé sur ce qui se déroulait ou non entre son fils et celle qu'elle percevait comme une magnifique jeune femme à tout point de vue, mais, encore assez énigmatique et pas toujours aisée à prévoir. L'Anglaise, de son côté, n'ignorait pas qu'elle marchait en terrain miné, bien qu'elle comprenait sa position.

-"Je suis heureuse que tu aies acceptée l'invitation...", lui dit-elle ainsi, alors que Lady Viola n'avait pas été la seule à lautoriser à la tutoyer lors de leur séjour en Espagne - les filles de la famille étant toutes des féministes ayant été élevées par des parents bien plus ouverts que son imagination ne l'aurait permise. "Tu es somptueuse. J'adore ta robe !"

Sa visite à Eaton Hall en septembre dernier avait été une étape importante. Celle de l'Estate lui avait permis de saisir davantage ce que cela impliquait d'être un land owner au sein d'un modèle fonctionnant encore assez de manière féodale, mais également à la manière de n'importe quelle propriété privée. Elle y avait découverte, en autres, des femmes impliquées dans la gestion des domaines, rémunérées pour leur travail, avec un père ayant offert à chacune vingt millions de livres en guise de cadeau de mariage et un poste au Conseil d'Administration du Grosvenor Estate - des mariages librement consentis.

-"Je suis heureuse moi aussi...", fit-elle avec douceur, non sans une espièglerie qu'elle avait eu du mal à cacher."...Et merci beaucoup...", conclut t-elle avec un sourire remplit d'humilité. Vos tenues sont magnifiques..."

Ce qui était certain c'était que Hugh semblait l'aimer pour de vrai. Quinze années passées sans réelle certitude, si cela était vrai, cela méritait un certain respect. Elle-même ne savait pas trop pourquoi (ou elle refusait de le reconnaître) il s'était autant intéressé à elle, du moment que cela ne se résumait pas qu'à Hermione ou à un autre rôle. Oh bie-sûr, son coeur étant ce qu'il était, à son grand désarroi parfois, elle avait fini par en pincer un peu pour lui, même si sur le coup elle avait eu du mal à l'accepter sans poser de questions, sans être certaine qu'ils aient eu l'occasion de jauger leurs bons et leurs mauvais côtés, sans tester leurs sentiments avant d'aller plus loin. Depuis, il ne semblait pas avoir renoncé ni faibli dans ses revendications ou prétentions, tandis qu'elle ne lui avait pas vraiment accordée d'attention jusqu'à ce que les circonstances ne leur aient jouées des tours.

-"Un excellent choix, oui...", répondit Lady Natalia en détaillant du regard Emma avec un oeil perçant. "N'est-ce-pas, Hugh ?", lui demanda t-elle avec amusement, d'un air complice, mais distingué, en sachant quelle était la réponse.

Sa soeur avait pouffé de rire en se disant qu'il faudrait proposer à Hugh, à Emma et à sa mère de prendre des photos. Par chance, le couple avait à peine eu l'occasion de pouffer de rire, sans trop savoir quoi répondre et oser croiser leurs regards à nouveau que deux valets étaient venus déposer un chariot de service sur lequel se trouvait les amuse-bouches posés tels des bijoux sur des mini plateaux en argent.

-"Le buffet est servi, Madame...", annonça le Majordome.

La Duchesse Douairière s'était saisi d'une flute à champagne en cristal, lançant ainsi la soirée, suivi par Hugh, Emma et Viola, servis tour à tour. Le contour supérieur était recouvert de sucre glace pour plus de gourmandise, tandis que des petits mots indiquaient sur les plateaux le nom des amuse bouches et dans lesquelles chacun avait pioché de quoi débuter cette soirée. Pendant ce temps, les valets et le Majordome s'étaient retirés discrètement afin de laisser à la famille un semblant d'intimité...


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Sam 9 Juil - 18:03

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

Christmas at Eaton Hall (RP Solo) EW-emma-watson-29201874-300-400
Christmas at Eaton Hall (RP Solo) Jt6n
(c) The Doctor, Fanpop & Horizona

https://youtu.be/0woJBcmxmD0

https://youtu.be/vzFNhTYsZ4o
https://youtu.be/_xv3YED4Qos?t=34

Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
December 24th 2020

La drawing room était un endroit parfait pour lancer les festivités : il s'agissait d'un salon utilisé par la famille Grosvenor afin de recevoir leurs invités, surtout le matin afin de bénéficier du meilleur ensoleillement, mais aussi pour laisser aux enfants le soin de dessiner et de s'adonner en journée à d'autres activités. D'habitude, après un dîner, c'était ici (ou dans un autre salon) que les dames se réunissaient en attendant que les hommes aient fini de fumer leurs infectes cigares avant de les rejoindre afin de prendre un verre et de poursuivre leurs conversations. Mais depuis le décès de Lord Gerald, le fumoir ne servait plus - son fils étant non-fumeur et au courant que le tabagisme de son père avait été une vilaine chose et ce qui n'avait pas arrangé sa santé lorsqu'il avait fait cette crise cardiaque qui, au demeurant, avec eu raison de lui à seulement soixante-quatre ans.

D'habitude, chez les Grosvenor, la famille proche, en droite ligne, était conviée avec les enfants et les petits-enfants du Duc et de la Duchesse, ainsi que les grands-parents et beaux-parents, ce qui avait fait de la présence d'Emma une exception qui n'aurait pu être accordée qu'à la petite amie, à la fiancée ou à l'épouse du Maître des lieux. Bien entendu, une tenue correcte avait été exigée, bien qu'après le dessert aurait lieu un moment plus détendu, propice à la fête jusque tard dans la nuit, si toutefois la soirée se déroulait comme prévue.

Les cadeaux, selon la tradition, s'offraient le soir du Réveillon. Le sapin trônant dans le hall et faisant plus de vingt mètres de haut était issu du domaine et était décoré à chaque fois entre le vingt et le vingt-trois décembre par les adultes et les enfants. Le lendemain, jour de Noël, une Messe privée était organisée au sein de la Chapelle familiale, à onze heures (ou à l'église St-Mary d'Eccleston à dix heures), puis venait le repas, suivis du Discours de la Reine à quinze heures et par le Tea Time à seize heures, avant un dîner plus léger, accommodant les restes. La soirée s'achevait ainsi par une balade digestive pour les courageux, récompensée par un gobelet de vin chaud épicé, de jus de pomme chaud aux épices ou de eggnog.

Cette année, par contre, due à la crise sanitaire, les choses n'allaient pas se dérouler ainsi. Par mesure de sécurité, la famille avait préférée rester chacun de son côté afin de protéger les enfants et leur mère, dans le respect des consignes formulées par le Premier-Ministre qui avait demandé aux britanniques d'agir de manière responsable dans ce qui avait été qualifié, y compris par Sa Majesté, de "Noël pas comme les autres". Ainsi, aucune Messe privée n'allait être célébrée, aucun enfant n'allait remplir de ses cris de joie et d'amusement les couloirs de ce manoir, mais étais-ce une raison pour tout annuler alors que l'année avait été rude ?

Depuis, Noël avait pointé le bout de son nez et Lady Natalia n'avait rien dit lorsque son fils l'avait informé qu'il comptait inviter celle qu'il aimait, même si cela contrevenait aux traditions familiales. A son sens, si Emma aimait Noël et sa magie, peut être pouvait t-il espérer la rassurer et la convaincre, susciter une étincelle plus grande qui pourrait être un début, comme l'avait été le miracle ayant donné naissance à Jésus de Nazareth. Sa présence, elle-même, était en soi un encouragement et une surprise, un don du ciel, surtout en ces circonstances, où selon lui sa famille et le pays avaient besoin de réjouissances et de raisons d'espérer des jours meilleurs.

Mais pour l'heure, les réjouissances avaient débutées par des retrouvailles et par une introduction qui venaient de faire battre son coeur la chamade en sachant qu'elle tentait de faire bonne impression en restant la plus naturelle possible - qu'importe ce qui pourrait se dire, y compris derrière elle. Qu'importe si parfois on lui reprochait son éducation, son accent coupé au verre et ses bonnes manières ou encore sa chance insolente, alors que depuis longtemps son statut l'avait empêchée d'exprimer ses difficultés sans être critiquée par des gens ne ressentant aucune compassion, comme si les émotions humaines et les soucis n'étaient réservé(e)s qu'à ceux qui s'estimaient pauvres et/ou plus méritants.

Grimsby ? Elle avait entendu parler de ces fumoirs dont la tradition remontait aux invasions Vikings, puisque c'était eux qui avaient apporté cette technique de conservation qui s'était répandue en Ecosse et dans la majeure partie de l'Angleterre. A présent, pour y avoir goûtée, Emma avait pu affiner son avis et confirmer que leurs saumons et leurs truites, péchés dans la mer du nord, aux abords du Lincolnshire, figuraient parmi les concurrents sérieux à ceux produits en Ecosse ou en Scandinavie. Un délice, même pour une gastronome qui n'était pas trop friande de poisson.

Le bacon des Devils on horseback était local, fumé avec du pommier. Les herbes fraîches venaient des jardins ou de la serre de l'Estate, les produits étaient en provenance de l'une des quatorze fermes produisant du blé, de l'orge, du seigle, des fruits, des légumes, des oeufs frais, du lait, de la crème, du beurre, du fromage, des soupes, de la viande, des volailles et d'autres spécialités à partir de leur quatre mille hectares de terre répartis tout autour du domaine, dont la majeure partie était à destination des commerces locaux et de boutiques spécialisées réparties aux quatre coins du Royaume.

-"Je lève mon verre à l'espérance, à une solution au Covid... Et aux miracles...", déclara Hugh en levant sa coupe."A l'esprit de Noël et à la bonté...", ajouta Lady Viola."A Emma, notre invité d'honneur et à la famille...", surenchérit la Duchesse Douairière."A nos chers disparus, à l'amitié et à l'esprit de charité...", fit Emma en levant sa flute à champagne.

Sous les ors fait de tissus brodés, de luminaires rutilants et de verres en cristal, d'oeuvres d'art et de tentures pour certaines remontant au XVIIe siècle, le buffet s'était poursuivi durant près de trois quart d'heure, sous la joie et la bonne humeur, les rires et les conversations. Emma n'avait pas eu à se forcer pour séduire ces hôtes, ni à faire semblant, là où manifestement émergeait en elle et au travers d'elle les qualités et les défauts d'une Lady que le Duc était prêt à accepter en entier en espérant un miracle, alors que sa mère restait secrètement impressionnée par sa Passion et par ses certitudes.

Finalement, le Majordome était venu interrompre au moment propice la conversation en profitant d'un temps mort pour annoncer à Lady Natalia, la Maîtresse de maison, que le dîner était prêt à être servi dans la salle-à-manger capable en d'autres situations d'accueillir plus de cinquante invités - chose qui n'était plus arrivé depuis longtemps. Les convives s'étaient alors levés, avaient déposé leurs flutes sur un plateau en argent tendu par l'un des valets de pied, puis ils s'étaient rendus jusqu'à cette immense salle située au rez-de-chaussée dans laquelle un bon feu de cheminée avait été lancé et entretenu le matin même.

De taille rectangulaire, en chêne, cette table avait du accueillir des générations de Grosvenor et leurs invités. Les assiettes et les couverts en argent massif avaient été placés à l'Anglaise, au cordeau, selon la traditions des plus grandes maisons. Des bougeoirs en argent massif eux aussi avaient été disposés entre le Maître et la Maîtresse de maison : Hugh s'étant placé au centre de la table, dos opposé à la cheminée, tandis que sa mère avait pris place en face de lui. Mais puisqu'il ne s'agissait pas d'un dîner ordinaire, la place d'honneur - à droite du Duc - avait été réservée à Emma, tandis que celle se situant à droite de Lady Natalia avait été offerte à sa fille.

Avec délicatesse, Emma s'était installée en laissant le valet de pied pousser un peu son siège vers la table, après avoir déposée sa pochette de soirée derrière elle en maintenant son dos droit. Puis, elle avait laissée ses mains sur ses genoux en attendant que la Duchesse Douairière ait été servie en première. Car, à l'instar de Sa Majesté au sein de sa propre maison, personne n'avait le droit de manger avant que la Duchesse n'ait commencée son repas, tout comme il était impoli de continuer à se restaurer lorsque celle-ci avait terminée.

Sur la table, divers couverts, verres et assiettes à pain : l'une des difficultés majeures chez ceux n'ayant aucune connaissance des convenances ou de la manière dont fonctionnait le service au sein d'un restaurant étoilé ayant tous copiés les codes de l'aristocratie. Pour Emma, déjà été invitée à la table de Reines, de Princes, de Présidents, de Premier-Ministres, de Ministres et d'Ambassadeurs ou à des buffets réunissant des Députés de la Chambre des Communes, ce n'était qu'une formalité. Or, c'était aussi son statut international et son prestige qui suscitaient les convoitises, y compris celle de la Duchesse, dont la vision était assez affutée pour saisir qu'une telle association avec son fils ne manquerait pas de faire rejaillir sur la famille davantage de répercussions positives que négatives.

Le service, lui, compte-tenu de la complexité et de la délicatesse des mêts, avait été effectué à la Française, à l'assiette, avec tout d'abord un velouté de potiron à la crème de persil et ses croûtons, suivi par un suprême de poularde farci à la Grosvenor, c'est à dire avec du foie gras de canard élevé sans gavage et à la mousse de veau du Yorkshire, agrémenté de truffe, de champignons sauvages et d'une pointe de Brandy de trente ans d'âge. Le plat avait été accompagné de pommes de terre Royal Jersey sautées, de légumes anciens rôtis, le tout nappé d'une délicate sauce Albuféra au fumet parfumé, crée autrefois par Escoffier.

Le plat de résistance ? Un bar cuit au four, en papillote, aromatisé avec des tomates anciennes confites, du fenouil, de l'aneth, des patates douces rôties et des herbes de Provence. Le plateau de fromages, lui, avait été bien fourni, avec pas moins de huit références en provenance de fermes du Cheshire, du Shropshire, du Sussex, du Gloucestershire, du Hampshire, du Yorkshire et du Somerset, le tout laissé en libre-service, mais accompagné de miel local, de chutney d'échalote au balsamique, de Jersey black butter, de raisins secs, de céleri, ainsi que d'un verre de porto ou de xérès.

Le ballet festif des plats et des valets de pied, entrecoupé d'une vingtaine de minutes entre chaque plat avait ravi la vue, le palais et les estomacs. Cela faisait d'ailleurs un moment qu'Emma n'avait pas eu l'occasion de s'offrir ou de se voir offrir un aussi bon repas. Pourtant, au cours de celui-ci et de conversations qui restaient entre eux et à la discrétion du Majordome et des valets qui avaient pu capter quelques brides, Lady Natalia avait fini par s'apercevoir qu'il existait véritablement quelque-chose entre elle et son fils, un respect et une connivence semblant faire des étincelles et rajeunir d'un sérieux coup la noblesse assise à cette table.

Cette fois, la Duchesse Douairière avait saisi ce qui semblait maintenir son fils et cette jeune femme à une certaine distance. Elle avait pourtant prévenue son fils un peu plus tôt de ne pas se faire trop d'illusions, car si Emma semblait tout à fait respectable et digne de sortir avec son fils, le coeur avait ses raisons que la raison elle-même pouvait ignorer, comme certains principes ou aspirations pouvaient fort bien tuer dans l'oeuf ce qui aurait pu être en gestation depuis des semaines ou des mois, mais quelque-part, bien-sûr, elle serait triste si son fils finissait malheureux.

La fin du repas avait impliqué de rejoindre le salon, toujours au rez-de-chaussée, à quelques mètres de la salle-à-manger. Un endroit reposant, munis de tentures, de fresques, d'une grande cheminée, de tapis, de tableaux, de fauteuils et de canapés Chesterfield de style Edouardien. C'était ici qu'était prévu le clou du spectacle : l'arrivée sur chariot du Christmas Plum Pudding surmonté de bougies étincelantes, flambé sur place et servis sur de petites assiettes agrémentées de brandy butter et de custard, tandis que pour finir la soirée il allait être mis à leur disposition des mince pies, des feuilletés aux pommes et aux dates, ainsi que des mignardises fait de praline et de chocolat en provenance de chocolatiers parmi les plus réputés, autour d'un champagne rare, en provenance du château de Windsor.

Un dîner de Roi et de Reine qui avait fini par ensuquer tout le monde après minuit. L'heure était donc venue de prendre congés afin de profiter de la grâce matinée, contrainte et forcée par les événements liée à cette crise touchant le monde entier. Toutefois, Hugh avait demandé à Emma de rester encore un peu, ce qu'elle avait fait en sachant qu'en étant enfin seuls d'autres choses, plus sérieuses, allaient pouvoir être évoquées...


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Dim 10 Juil - 20:42

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

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Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
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(jouée lors du mariage de Meghan & Harry)

L'amour naissant, comme tout état naissant, est une exploration du possible à partir de l'impossible, une tentative de l'imaginaire pour s'imposer à l'existant. Plus la tâche est grande, plus long est le voyage, moins probable est l'arrivée. - Francesco Alberoni

-"A quoi songes tu ?", demanda Hugh, avec douceur, l'air perplexe, alors qu'il venait de s'asseoir dans un fauteuil et de porter son regard sur elle.

"Au fait que j'avais le ventre plein et que j'allais exploser...", lui répondit t-elle avec calme, d'un air détaché, comme si son esprit était un peu ailleurs, avant de pouffer un peu de rire.

Ce salon dans lequel ils se trouvaient était plongé dans la pénombre. Seuls de faibles rayons lumineux provenant de l'âtre de la cheminée leur permettaient d'y voir un peu. Au dessus de celle-ci, une horloge ancienne, au tintement léger, était venue sonner l'heure à la manière de Big Ben, en leur rappelant qu'il était tard et qu'ils étaient enfin seul à seule pour aborder ces sujets privés au travers desquels se jouait l'avenir de cette maison et leur destinée.

Assise confortablement sur un canapé en cuir brun de style Edouardien, Emma tenait entre ses mains délicates un verre de brandy offert en guise de digestif avec le sentiment d'avoir passée une délicieuse soirée, riche en divertissements et en enseignements, le tout nourris par des rires, des chants et par de bons souvenirs. Ses ongles, d'une teinte grenat, apparaissaient à la lueur des flammes de l'âtre comme des rubis éclatants - un sentiment renforcé par le tintement du cristal que Hugh avait interprété comme un geste de nervosité ou d'impatience ou peut être comme un toc courant. Sa réplique avait fait ricaner le Duc qui ne s'était pas attendu à une remarque détachée, emprunte de confiance et d'ironie, tandis que l'espace d'un instant sa Belle avait décidée qu'elle avait assez bu pour la soirée. Il fallait, selon elle, surtout en cet instant, conserver ses esprits.

"J'espère que tu as trouvé le dîner et la soirée à ton goût...", lui demanda t-il afin de relancer la conversation.

Le jeune homme espérait lui avoir offert, en dépit de la situation exceptionnelle, le meilleur accueil et la possibilité de se sentir enfin chez elle. Certes, il vivait dans un manoir, il détenait une immense fortune, le dîner auquel elle avait assistée n'était d'ordinaire pas si fastueux puisqu'en semaine il n'était que deux ou trois de la famille à y résider, lorsque cela n'était pas ses obligations qui l'obligeaient à séjourner à Londres ou à se rendre ailleurs.  

"Oh c'était merveilleux...", lui répondit t-elle sur un ton emprunt de reconnaissance. "Cela fait longtemps que je n'avais pas fait un repas d'une aussi grande qualité..."

Tout comme elle avait appréciée la venue du Chef dans le salon afin de profiter de l'un de ses rares privilèges : celui d'échanger quelques mots en présence de la famille et de recevoir leurs remerciements et leurs bons souvenirs autour d'un verre de brandy. Ce dernier avait été impressionné par les connaissances culinaires de l'Anglaise qui avait, autrefois, offert à ses ami(e)s et à elle-même des cours avec de grands Chefs tels que Joel Robluchon, Alain Ducasse, Gordon Ramsay et Jamie Oliver. Cela dit, avec Emma, certaines personnes avaient déjà été impressionnées par ses connaissances en matière d'onglerie, de makeup ou en art - une image bien éloignée de la femme superficielle qui ne se contenterait que du paraître.

"Mais ?", se risqua t-il à demander d'un air perplexe.

Tout le monde avait été testé deux ou trois jours avant cette soirée. Les mesures de précaution avaient été respectées au maximum, le personnel lui-même ayant été réduit. Forcément, ce Noël s'avérait différent à plus d'un titre et pour l'heure, si au début l'immensité du manoir, son histoire, son pouvoir, lui sautaient aux yeux, elle n'avait pas pu ôter de sa tête le fait que cette famille - bien qu'imparfaite comme toutes les autres - l'avait séduite et offert à réfléchir. Mais quelque-chose coinçait encore et de sa propre analyse il ne faisait dès lors aucun doute que ses réticences se portaient dorénavant sur le fait de prendre un risque, de sauter vers l'inconnu, de faire confiance à cet homme qui semblait si amoureux et si attentionné, mais tellement en vue à cause de son statut, y compris d'amis de la famille Royale et de Parrain du Prince George de Cambridge. Cela ressemblait à une folie, surtout lorsqu'elle s'imaginait avec une Couronne et les apparats de la noblesse, alors qu'à ses yeux il n'était pas nécessaire d'épouser un Prince pour être traitée en Princesse.

Chaque fois qu'elle venait ici ou qu'elle s'imaginait à son bras, c'était en Duchesse qu'elle se voyait et aussitôt l'image était chassée de son esprit par une volonté implacable de ne pas céder à une quelconque vanité ou ambition, au détriment de ce qu'elle ressentait vraiment pour Hugh, car ce qu'il lui offrait n'aurait aucune importance et ne pourrait compenser d'éventuels sacrifices si entre ce jeune homme et elle il n'existait aucun lien, aucun sentiment puissant ni de raison de rester fidèle. Forcément, leur rapport à l'argent et à la vie n'étaient pas les mêmes. On lui reprochait - et reprocherait bien assez - son ascension sociale, sa différence vis-à-vis du commun des mortels et cela n'était pas quelque-chose qu'elle appréciait, en sachant qu'il était rare pour une actrice d'entretenir des amitiés dans tant de milieux, sans choisir ses relations en fonction de leur popularité ou apparence ou lorsque l'on réalisait que certains de ses amis de primaire étaient toujours là, à partager les bons et les mauvais moments.

Une diva, vraiment ?
Même ici, à Eaton Hall, le personnel et certains habitants rencontrés n'avaient pu faire autrement que d'être frappée par sa douceur et sa gentillesse, sa façon sans chichis de s'adresser à eux, même si ses fans lui reprocheraient sa tendance à être de plus en plus inaccessible pour des selfies et des photographies en dehors des promotions et de certains cas, comme pour les enfants ou les personnes handicapées. Il était question de vie privée, de ne pas se sentir systématiquement dans la peau d'un objet au service des autres. En vérité, elle préférait parler avec ses fans que d'avoir à signaler sa présence quelque-part. Cela ne l'empêchait pas de les aimer et de vouloir le meilleur pour eux.
Etais-ce mal ?

"Mais... rien...", répondit t-elle. "Hum...", elle se racla la gorge."Je me suis sentie spéciale et ça n'est pas tout les jours que cela arrive...", ajouta t-elle d'un air grave."... Depuis mon arrivée à la Garganta, je n'imaginais pas rencontrer une famille aussi soudée, influencée par de belles valeurs... Et de toute évidence, vos parents ont réussis en faisant du mieux qu'il pouvait. Cela me laisse admirative... Quelque-part, cela me fait penser à mes parents et beaux-parents... Une chose que les tiens auront peut être du mal à comprendre... Mais je sais que Tamara est ton aînée... Elle me comprendra... J'ai eu de la chance d'avoir une frâterie prête à se battre pour moi. Pour moi, c'est la récompense ultime, la preuve qu'en dépit de mon rôle de soeur aînée, un peu éloignée à cause de mon travail, je n'ai pas été une horrible sorcière ni celle qui aurait été privilégiée par rapport à eux... J'ai essayé d'être la meilleure soeur qui soit... Après... Je me doute que ça n'a pas toujours du être du gâteau... Hihihi !", dit t-elle avant de rire.

L'actrice avait saisi depuis près d'un mois - depuis l'invitation - que Hugh avait voulu lui montrer à quoi ressemblait Noël à Eaton Hall et jouer sur la féerie de la soirée. Son but avait été de tout faire pour la mettre à l'aise, pour lui ouvrir les portes d'un monde qu'elle connaissait peu.

Hugh l'avait écouté avec attention, en silence. Il n'avait pas su quoi répondre dans l'immédiat ou alors sa gorge était si serrée qu'il n'avait pas réussi à prononcer quoi que ce soit d'audible. Cela l'avait, en vérité, ému, en venant lui rappeler son père, son absence, le fait qu'il aurait adoré cette beauté qui se trouvait en face de lui et qui avait su lui voler son coeur et son esprit. En fin de compte, il avait fini par ricaner face à son ultime remarque en songeant à ses propres rapports avec sa soeur aînée.

"Beaucoup de Ladies modernes ont un travail, des opinions, des convictions et tous ici nous reconnaissons que le système devrait évoluer pour permettre aux filles d'hériter des titres de leurs pères... Nous ne sommes pas les seuls, mais tous ne pensent pas ainsi et cela n'a pas vraiment à voir avec une question de sexe, mais d'héritage, même si cela ressemble à une piètre excuse et à un jeu de sémantique.

Mes soeurs ont eu le choix, pas moi...
Tamara aurait été exposé à ce soucis qui est le mien si les choses avaient été différentes et si elle l'aurait surement acceptée, il est impossible de l'affirmer pour mes autres soeurs, pour quiconque au sein d'une descendance. Cela a représenté un poids pour mon père qui a hérité ses titres de son cousin mort sans héritier et après avoir souffert de troubles mentaux dès la naissance. Lui aurait aimé ne pas avoir ce poids, devenir fermier ou militaire... Les gens d'ici l'ont aimé aussi parce que contre toute attente il était possible de le croiser et de lui parler, même en pleine rue... C'est une chose que je souhaite préserver, même si en terme de sécurité, j'ignore comment il faisait pour oublier le fait que n'importe qui aurait pu le prendre pour cible, alors que par tradition nous nous soucions des gens vivant sur nos terres.

Certaines Ladies sont plus superficielles que d'autres, plus ou moins ambitieuses et d'autres sont sans scrupules ou de vraies commères.

Se faire une place au sein de la noblesse n'est pas plus simple qu'ailleurs. Moi, j'ai le sentiment que tu as de l'Amour et de la générosité à revendre, mais que tu es plus sensible que tu ne voudrais l'admettre... Je sais que tu as peur de céder là où il n'y a aucune bataille machiste de séduction. Les tableaux de chasse, les amourettes sans lendemain ne m'ont jamais intéressé... Il y a toujours eu, depuis mon adolescence et notre rencontre, une fille qui a été remarquée pour sa beauté, son intelligence, pour un rôle aussi... Je ne sais pas comment l'expliquer... Dès que je te vois, plus rien n'a d'importance... J'ai surement répercuté trop d'idéal, mais tu ne me feras pas croire que nos conversations récentes n'ont rien prouvées... Si j'ai finis par tout te dire, c'était parce que nos dîners, ou ta volonté de m'apprendre à faire des tagliatelles à la Bolognese, ont finis par séduire aussi l'adulte que je suis et qui ne s'est jamais remis de sa rencontre avec toi...

Mais je sens une réticence, une hésitation chez toi et elle me met au supplice..."


Hugh était intelligent, humain. Certains diraient qu'il était beau parleur et sans doute étais-ce vrai (détail qui rendait Emma méfiante), mais il ne fallait pas le confondre avec un baratineur, quand bien même Emma savait qu'il pourrait utiliser tout les moyens, ou presque, pour la séduire et la convaincre.

Seulement, il était scrupuleux et humble. Il ne tenait pas à lui vendre un rêve enchanté, mais un avenir remplit d'Amour, de promesses, de joie, de peine, d'épreuves : rien à voir avec un conte de fée, même si l'on ne manquerait pas de qualifier leur idylle ainsi, d'opportunisme ou de bien pire et d'aborder le danger potentiel représenté par les médias et l'attention.

Un supplice ? Il avait visé juste, car chaque fois qu'elle songeait à lui, elle se voyait face à une sur médiatisation, à son incapacité à défendre ceux qu'elle aimait, aux injustices qui leur seraient faites et chaque fois cette pensée était chassée par une volonté puissante de ne pas céder à ce qui serait peut être une erreur ou une épreuve de vanité qui pourrait leur coûter cher et peut être mettre leurs futurs enfants dans l'embarras.

"Je suis désolée si cela te fait souffrir. C'est juste que..."

En disant cela, son visage s'était un peu refermé. Ses yeux étaient clos. Il lui avait fallu trouver les mots les plus justes possibles.

"C'est juste que je ne pourrais pas vous protéger de l'attention. Tu as déjà bien assez de gardes privés et de soucis...

Tu ne te rends pas compte... Nous ne sommes plus au temps de Coco Chanel. Je n'ai que faire des beaux parleurs, des séducteurs plaçant un diamant sous mon oreiller avant de disparaître comme un voleur... Ton bracelet en or était t-il, comme je le pense, un test ou une maladresse vulgaire, hm ?

A la différence d'autres personnes qui prétendront ce qu'ils voudront, j'ai souhaité mieux te connaître, ainsi que ta famille et je te remercie infiniment pour ta patience et pour toutes ces jolies choses que tu as dîtes ou faîtes pour moi, même si j'ignore si je mérite autant de glorification.

Tu sembles prêt à m'offrir le monde entier sur un plateau en or massif et un statut égal alors qu'on te reprochera d'enfreindre ce système de rangs qui fera toujours de moi un être inférieur lorsque j'oserai passer devant toi pour serrer des mains, un peu comme ce que Lady Diana - la Marraine d'Edwina - à oser faire avec ton Parrain. Pendant ce temps, cela fait plus d'un demi-siècle que nous avons une Reine sur le trône...

Je pense que, depuis, tu as conscience que je ne cherche pas à démolir ta masculinité, à te rabaisser, à forger une vengeance... Je sais que ta mère et tes soeurs t'ont fait comprendre, avec succès, qu'en tant qu'homme et noble de surcroît, ça n'était pas parce que tu voulais une chose qu'elle finirait par t'être offerte... C'est pour cela et tu m'en excuseras, que je n'ai pas répondu à tes avances. Cela ne signifie pas que cela a été facile pour moi, mais c'était important pour ma dignité... Tu trouveras peut être cela prétentieux, arrogant, mais l'Histoire se rappellera de ces duels désormais illégaux, au sabre ou à armes à feu entre gentlemen... au point où ceux-ci ont du être interdits, y compris sur cette butte dominant Londres, très célèbre, appartenant à ta famille.

En attendant, il est bon que nous ayons pris un peu le temps de nous connaître avant que tu ne me révèles tes sentiments.

Mais - parce que tu en voulais un manifestement - j'ai la trentaine, je suis féministe, engagée dans diverses causes, je tiens à une certaine liberté d'action et de parole. Sauras-tu me soutenir et avoir le courage de me dire si, à tes yeux, j'entreprend de faire une erreur ? Auras-tu peur d'argumenter avec une femme qui ne laisse pas si facilement convaincre ?

Car certains diront que tu peux trouver beaucoup mieux, moins exposée et beaucoup plus jeune, que je suis une ambitieuse, opportuniste, peut être avec la folie des grandeurs.

D'autres auront un malin plaisir à essayer de semer la zizanie, même par la calomnie et la diffamation, en usant de bassesses. Je sais que ton père a connu cela, qu'il a connu la dépression et le burn out.

Je n'ai pas besoin de toi pour ma carrière.
Je ne te demanderai jamais d'utiliser tes moyens pour m'offrir un avantage alors que d'autres n'ont pas ce privilège.
Je veux, au contraire, aider le plus de gens possible...

Moi, je sais que les vilaines choses que l'on raconte sur moi sont fausses, mais je ne suis pas certaine que ce genre de vie soit pour moi, d'autant que tu me demandes de créer un rôle sur mesure qui risque de ne pas plaire à tout le monde..."


Parfois les intérêts de la famille devaient passer avant le bonheur ou l'intérêt individuel et cet exemple était on ne peut frappant au sein de la famille Royale qui, en plus de veiller là-dessus, devait jouer un rôle symbolique et actif à l'égard des britanniques et de la politique, sans pour autant voter et se présenter à des mandats locaux. Eux, effectivement, pouvaient avoir le sentiment de n'être que des marionnettes, ne pas pouvoir être aussi libre que les autres du fait de leur rang et de l'Establisment.

Keep calm & carry on. Never complain, never explain... Des leitmotiv utilisés par les Windsor depuis la Reine Victoria.

"J'ai eu des années pour rêver, pour réfléchir. J'ai souvent fantasmé le jour où je pourrais te dire que je t'aimais et il m'est arrivé souvent, dans mes rêves, d'imaginer être le héros que je ne suis pas, ne serais-ce que pour obtenir tes faveurs, même en m'imaginant en tant qu'élève de Poudlard. Mais je ne suis pas sûr que leur teneur auraient reçus ton approbation...", fit-il en souriant et en riant.

Emma avait retrouvée son sourire et n'avait pu s'empêcher de rire à son tour face à cette réflexion, tout en mettant sa main droite sur son front, l'air gêné. Oui, oh... Elle n'allait pas le fouetter pour autant. Hihihi !

"Tu te voyais dans la peau d'un preux chevalier ou d'un chevalier-servant et moi dans celle d'une Princesse en détresse...", lui dit-elle pour l'encourager à poursuivre ses propos."Des rêves torrides pour certains...", lui avait t-elle demandé avec les joues un peu roses.

Il savait qu'elle préférait le rôle d'une Princesse guerrière qui n'était pas sans peurs et sans reproches ou dotée de super-pouvoirs, parce qu'à ses yeux un héros ou une héroïne ne pouvait être humain et crédible que si il ou elle était vulnérable, mais mu par une force intérieure et soutenu par des alliés.

"Oui... Même s'il m'est arrivé de rêver de toi et de te voir dans la peau de celle qui vient à mon secours.."

Comme cela n'était pas un mal d'être soi et d'accepter ses faiblesses, d'être un homme et de soutenir sa petite-amie, son épouse, ses soeurs, leurs mères ou leurs grands-parents. Ca oui, voilà bien une idée proche de ce que ressentait les Watson en général.

"Parce que tu as besoin d'être secouru ?", lui demanda t-elle avec ironie, d'un air un peu taquin, avec un sourire amusé.

Le Duc n'avait pas hésité. Il allait continuer à lui répondre honnêtement.

"Eh bien, déjà parce qu'être sauvé et recevoir le bouche à bouche de la part de la plus belle femme du monde c'est la classe...", cela avait fait ricaner Emma qui avait levée les yeux au plafond, avec un grand sourire. "Mais cela tient au fait que je suis malheureux en vérité. Peu de gens seront à même de le comprendre sachant que je suis milliardaire, propriétaire, détenteur de titres etc... au point au cela fera rouler des yeux. Seulement, je n'ai jamais eu pareil coup de foudre depuis que je t'ai vu sur mon écran de télévision et sur ce plateau... Cela fait sept mois que j'ai la chance de te connaître mieux et cela n'a fait que renforcer mes certitudes. Sans toi, peut être serais-je obligée d'en épouser une autre, mais je ne serai pas heureux. Je ne pourrais jamais t'oublier... Mon père le savait... Cela ressemblait à un amour de jeunesse sans lendemain et pourtant il n'est plus, mais toi tu as là ce soir..."

A force d'être aussi sûr de lui, Emma allait finir par lui offrir une petite chance, comme elle l'avait déjà fait autrefois avec d'autres avec lesquels cela n'avait abouti à rien.

"Le temps et l'éloignement effacent bien des choses...", lui répondit t-elle avec sa propre sagesse, comme un couperet.

Leurs sentiments - s'ils étaient réciproques - seraient t-ils assez forts pour résister ?

"Cela fait quinze ans... Je continuerai à t'aimer jusqu'à ma mort, à la manière dont le disait Shakespeare, même si je dois passer le restant de ma vie malheureux et aigri parce que tu m'auras dit non...

Je ne peux pas supporter de te voir malheureuse ou seule, même si tu prétendras être forte, indépendante, en paix avec toi-même et tout ce que tu voudras...

Je sais aussi que tu as dit "que tu ne voulais pas rater une opportunité à cause de tes peurs ou de l'opinion des autres".

Moi j'ai senti depuis nos dîners virtuels que tu n'étais plus la même, tu semblais blessée, hésitante, en plein renouveau. Tu t'es imposée cette pause professionnelle. Tu as disparue des réseaux. Peut-être tout va pour le mieux, mais tes tentatives ne font que prouver que tu cherches quelqu'un, même si j'ignore si je serai à la hauteur ou si toi, tu le seras malgré mon opinion...

Emma, je ne prétendrai pas mieux te connaître que tes parents ou que ton frère, mais j'essaye de rattraper mon retard à vitesse lumière, mais je ne suis pas idiot.

J'ajoute que je ne suis pas un enfant pourri gâté, je sais ce que je veux, comme toi, ou ce dont je ne veux pas. Je ne suis pas Harry ni l'un des frères van Cutsem... Ce que j'espère c'est que tu me laisseras une chance et que tu ne passeras pas à côté d'un destin qui fera de toi une personne encore plus incroyable, à même de faire encore plus de bien en ce monde, avec la certitude d'être aimée.

Ai-je peur ? Non.
Vais-je te soutenir, même là où tu ne pourras te faire entendre, pour parler en ton nom ? Oui.
Vais-je t'abandonner ? Plutôt mourir...
Tu as peur des médias ? Qu'ils viennent... On ne pourra pas les empêcher, à moins de leur coller une armée d'avocats pour leur rendre la tâche extrêmement couteuse...

Mais n'aie crainte : je ne suis pas le Prince Adam. Je ne compte pas t'enfermer dans mon donjon et venir ensuite te demander si tu veux bien accepter de venir dîner avec moi..."
conclut t'il en mimant le faux sourire de la bête, avec ses grandes dents.

Emma avait rit, puis elle était restée immobile, fixant Hugh l'air impressionnée, réduite à nouveau au silence par un discours qui n'était peut pas celui d'un écrivain ou d'un politicien, mais au travers duquel il semblait émaner une force de conviction.

"Hugh...", le réprimanda t-elle sur un ton fatigué, de reproche, l'air gêné, avec humilité, en baissant les yeux.

Hugh se leva, en lui prenant son verre des mains pour le déposer sur la table et pour l'inciter à le suivre vers un autre lieu.

"Viens, s'il te plaît. J'ai quelque-chose à te montrer...", lui demanda t-il avec calme, en lui tendant la main.

Un peu perdue dans ses pensées et parce qu'il avait interrompu la conversation, Emma lui avait tendu sa main et s'était levée pour l'accompagner vers l'escalier menant vers l'étage et l'aile privée. Mais alors qu'ils venaient de franchir un long couloir et de passer devant les cuisines, Hugh lui avait indiqué une autre porte.

"Ce lieu n'est ouvert que trois fois par an au public pour des oeuvres de charité, ainsi que pour des concerts de Noël. Il s'agit de la Chapelle familiale, construite au milieu du XIXe siècle..."

La fameuse porte les avaient mené dehors, près d'une immense cour au centre de laquelle trônait une statue d'un cheval maîtrisé par l'homme. De là, elle avait pu contempler de plus près cette grande chapelle, à côté.

"Sa construction est due au 3e Marquis de Westminster en 1869. C'est lui qui est devenu 1er Duc en 1874 par décision de la Reine Victoria... Tu as sans doute aperçue la tombe de mon ancêtre en la cathédrale de Chester..."

L'Anglaise avait hoché la tête. Elle se souvenait de la chapelle de la cathédrale dans laquelle trônait la sépulture du Duc et de ses armoiries puisque quelques mois auparavant elle y était entrée en compagnie d'une amie.

Une nef en cinq travées qui se poursuivait par un choeur à trois travées, une abside à trois côtés contenant l'autel, orientée vers l'ouest, Emma avait remarquée la présence d'un narthex avec une galerie, à l'entrée. L'ensemble de la chapelle avait été construite en albâtre et en marbre rose en provenance du Devonshire, avec des sièges et des sculptures décoratives en chêne, ainsi que des vitraux de plus de neuf mètres qui assuraient l'éclairage naturel en journée.

"L'orgue double se trouve là-bas au fond à gauche, du côté sud. Il y a un escalier tournant qui permet d'accéder à une tour puis à une autre de six étages, que l'on nomme la tour de l'horloge. Elle contient un carillon de 28 cloches fabriquées à Louvain en Belgique, capables de jouer 31 tonalités."

C'était ici que les Grosvenor étaient baptisés, là où faisaient leurs communions ou bénéficiaient de Messe privée de souvenirs, même si les Ducs et Duchesses de Westminster étaient enterré à l'Eglise St Mary d'Eccleston, à deux kilomètres. Mais ce qui avait le plus attiré son regard ce fut cette sépulture placée à droite du choeur.

"C'est magnifique... Il s'agit d'un lieu très spirituel, que je n'ai pas l'habitude de fréquenter pour dire la vérité, même si j'ai déclamé des poèmes, un soir de Noël au St George's Hanover square à Mayfair, il y a quelques années, en présence du choeur de la cathédrale... Un formidable souvenir, intimidant aussi..."

C'était en deux mille treize, bien qu'elle ne se souvenait plus de la date.

"Voici Lady Constance Sutherland-Leveson-Gower, 1ere Duchesse de Westminster et 4e fille du 2nd Duc de Sutherland. Elle a pour ancêtre - entre autres - l'Empereur Charlemagne et Hugh Capet..." fit t-il d'un air amusé." Elle affectionnait beaucoup ce lieu - une fervente croyante. Voilà pourquoi elle repose ici... Elle a eu onze enfants dont deux morts nés. L'une d'elle est devenue Marquise d'Ormonde et une autre Marquise de Cambridge. Son fils est devenu le 2nd Duc de Westminster. Il se nommait comme mon père, Lord Gerald Grosvenor."

A la place du signe de croix, Emma avait accompli une révérence face à cette sépulture en guise de marque de respect en imaginant vaguement quelles avaient du être ses difficultés et ses sacrifices. Pendant ce temps, Hugh était allé activer l'orgue qui était capable de jouer manuellement ou de manière automatisée. Ce qu'il n'avait pas mentionné c'était une zone d'ombre qui avait entachée surtout le père et la soeur de Lady Constance, survenue dans le nord de l'Ecosse, même si les Grosvenor n'en étaient pas responsables.

Soudain, l'instrument s'était mis à jouer sa mélodie religieuse rappelant, étrangement, aux oreilles d'Emma, aussi celle d'un carrousel. Elle avait alors vu son Duc sortir un bébé en plastique et venir le déposer sur la gauche du choeur là où elle venait de remarquer la présence d'une crèche ou d'une étable.

"Eh bien quoi ? Ca n'est pas parce que les enfants ne sont pas à la maison ou qu'il n'y a pas d'office qu'il faut pour autant oublier le pt'tit Jesus et les traditions...", dit t-il d'un air dépité.

Cette scène hallucinante et étrange pour Emma lui avait pourtant inspirée une réflexion par rapport à leur conversation. C'était peut être lui qui avait raison et elle qui semblait refuser ce que son coeur lui inspirait depuis qu'elle s'était surprise à apprécier leurs conversations et leur rendez-vous. Renoncer à cause des autres ou d'une peur, rester immobile et rater une chance de bonheur ou commettre une erreur, cela faisait partie de la vie. Difficile d'être certaine sans essayer. Cette folie l'avait déjà saisi avec Chord, même si cela n'avait duré que trois mois.

"Hm... Tu sais en parlant de miracle...", lança t-elle d'un air mystérieux."Si tu es vraiment sûr de toi..."

En se retournant et en pensant croiser le regard de son prétendant, elle ne trouva rien, ce qui la surprit. Bouche bée, ses yeux s'étaient alors baissés en direction du sol où se tenait Hugh, à genoux.

"Tu... Tu es sérieuse ?", lui demanda le Duc abasourdi, le visage relevé.

"Mais que fais-tu à genoux ? Reléve-toi, s'il te plaît...", lui intima t-elle, l'air gêné, les joues rougissantes.

Celui qui s'apprêtait à devenir son petit ami s'était relevé après avoir saisi les mains d'Emma.

"Je... Excuse-moi... Mais, ai-je bien entendu ?"

Elle avait ricanée, d'un air joyeux.


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Mer 20 Juil - 15:01

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

Christmas at Eaton Hall (RP Solo) EW-emma-watson-29201874-300-400
Christmas at Eaton Hall (RP Solo) Jt6n
(c) The Doctor, Fanpop & Horizona

https://youtu.be/-TkrMyXYbik
https://youtu.be/AzaTyxMduH4
https://youtu.be/DyvukrAgZ-g

https://youtu.be/zhhYIZJj6rk
https://youtu.be/l1wHyMR_SCA

Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
December 24th 2020

« L'Amour n'est pas seulement un miracle né d'une rencontre. Il est, jour après jour, ce que l'on veut qu'il soit. » Martin Grey

"Tu... Tu es sérieuse ?", lui demanda le Duc abasourdi, le visage relevé.

Après des mois passés à courtiser et à attendre une réponse, l'espoir chez le jeune Duc s'était amoindri. Il avait du endurer le doute et l'hésitation, faire preuve de conviction. Pendant ce temps, Emma avait résistée, ou plutôt elle avait tentée de mettre ce temps à profit en prenant le risque de voir son prétendant renoncer, mais il avait tenu bon. En vérité, Hugh s'était montré impressionnant et fragile à la fois. Il avait évité les pièges, apporter des arguments, surmonter les hésitations de sa Belle, avec à chaque fois le courage pour revenir à la charge et ce même si Emma n'aimait pas vraiment ces rituels Anglais qui consistaient à respecter certaines étapes comme le fait d'offrir des cadeaux ou voir un homme tourner autour du pot. Il était question d'un juste milieu, mais dans le cas présent ils n'avaient pas pu faire autrement.

La vie qu'il menait n'avait jamais été celle qu'Emma s'était imaginée. Durant des mois, elle s'était retrouvée coincée entre son souhait d'apprendre à mieux connaître l'homme au visage encore enfantin qui lui avait exprimé ses sentiments et ses difficultés à surmonter le lourd héritage transmis par sa noble famille, ainsi que ces soucis qui ne manqueraient pas d'apparaître lorsque l'on apprendrait l'éventuelle naissance d'un couple jeune très influent, car à partir de là, les choses risquaient de leur exploser en pleine figure et par changer. Hugh aurait beau avoir des convictions, il y avait eu trop de risques, de réticences, de doutes, de choses en suspens pour rendre pareil dénouement possible ou aisé, sauf qu'à présent, en dépit de son envie de lui dire non et de battre en retraite, une étrange pensée avait fini par tout changer.

"Mais que fais-tu à genoux ? Relèves toi, s'il te plaît...", lui intima t-elle, l'air gêné, les joues rougissantes. Elle ne l'avait pas gronder, mais il y avait eu, quelque-part, une forme de reproche qui s'était manifestée alors qu'elle s'était senti gênée et flattée.

Longtemps, elle avait recherchée le grand Amour. Elle s'était lancée naïvement, sans expérience - au début - dans des histoires passionnées sans vraiment réaliser ses erreurs. Cela lui avait fait dire "qu'il n'y avait rien de pire pour une femme que de se rabaisser pour plaire à un homme", sous-entendu : "quitte à faire taire ses opinions et à passer pour plus idiote que je ne le suis en réalité, car il n'y a rien de mal pour une femme d'être intelligente et cultivée ou qualifiée d'ennuyeuse parce qu'elle est sérieuse et en mesure de dire non".

Certains avaient profité d'elle pour tenter de faire grandir leur carrière et comme beaucoup elle avait fini par croire que les hommes étaient tous plus ou moins pareils, mais très vite son instinct s'était tout de même manifesté. Certains lui avaient fait des appels du pied par média interposé, ils avaient cherché à la rencontrer, à contacter son publiciste, à lui faire des déclarations d'Amour uniquement pour faire parler d'eux, pour tenter eux aussi de profiter de sa notoriété, quitte à jouer sur les sentiments, sur un type d'ambition qu'elle ne possédait ou sur un style plus relou.

Cela l'avait d'ailleurs toujours débectée et rendue plus sélective, y compris en amitié, lorsqu'à l'adolescence elle s'était rendue compte qu'en grandissant les gens devenaient plus intéressés, plus hypocrites, parfois malveillants, que sa célébrité lui avait valu des mensonges, des trahisons, des faux-semblants (bien plus qu'au sein, d'une vie "normale") et dès lors faire le ménage et prendre des mesures afin de s'assurer une vie la plus saine possible et la sécurité de ses proches étaient devenues une nécessité afin de pouvoir grandir et maintenir un cadre de vie le plus sain possible, loin des excès.

Car ici, dans cette chapelle, la chose avait été - ou serait vécue sans doute - comme un instant de "perfection", alors qu'il ne l'était pas vraiment, mais ainsi en allait t-il de la perception humaine, surtout extérieure. Par chance, il n'y avait eu aucun témoin.

Humblement, elle lui avait demandé de se relever, car Ô grand jamais, Emma n'aurait voulu d'un toutou, mais plutôt de quelqu'un d'intelligent, de sensible, d'amusant et de sincère qui devait avoir conscience qu'elle ne jouait pas avec les sentiments qu'elle considérait comme une chose trop sérieuse pour être ainsi banalisée ou ridiculisée par quelqu'un n'ayant pas la moindre dignité ni le sens de l'honneur.

"Je... Excuse-moi... Ai-je bien entendu ?"

Elle avait ricanée, d'un air joyeux.

Que dire ? Il n'était pas celui sur lequel elle aurait misée, sa vie ne l'attirait pas, même si dorénavant elle savait quel était son "rôle" ou son "métier" et si elle appréciait suffisamment des séries comme Dowton Abbey ou The Crown pour savoir certaines choses - surtout lorsque l'on était devenue amie et avait été draguée par le Prince Harry, son ami et cousin éloigné.

D'elle, il n'émanait aucune prétention ni arrogance particulière, alors qu'à travers le monde - et ce depuis près de vingt ans - elle avait, parfois, toujours autant de mal avec la folie qui pouvait émaner de l'opinion et de l'attention que cela fusse dans l'engouement et parfois la ferveur, ou à l'inverse, dans la critique et les attaques personnelles.

Ne pas se tenir à distance de ces choses là, ne pas lutter contre elles, surtout lorsque l'on était jeune et débutante, sans les bonnes personnes autour de soi pour vous épauler, vous évitez les écueils, c'était prendre le risque de voir son humanité, son intimité et son Amour-propre être détruite par un système et par des gens qui ne se rendaient peut être pas contre de leur degré de cruauté ou de stupidité, ni combien, pour sa santé mentale, il s'était avéré indispensable d'avoir été entourée par ses parents, par des amis sincères, d'avoir eu en elle la capacité de résister pour ne pas sombrer.

"Tu as bien entendu...", lui répondit t-il avec une voix douce teintée de joie et avec ce sourire dont son petit-ami ne se lassait jamais."Si tu es sûr de toi et si tu as conscience que ça ne sera pas de la tarte, oui, je veux bien sortir avec toi...", ajouta t-elle plus fermement. "... Par contre, car il y aura toujours un "mais"... nous allons devoir gérer notre communication et faire en sorte que cette vie privée le reste... Mais aussi "rendre ce que la vie nous a donné"...

L'émotion l'avait un peu saisi, alors qu'Emma formulait l'espoir qu'au travers de la folie qui saisissait le monde et qui finirait, tôt ou tard, par les rattraper, ce qui venait de naître ici et maintenant devait être transformé en lueur de bonté pour ceux qui n'auront pas eu la chance d'être nés avec une cuillère d'argent dans la bouche ou de connaître celle qui avait mis Emma à l'abri du besoin, mais qui avait exigée d'eux de nombreuses souffrances, de périodes de doute et des sacrifices. Car, oui, elle avait du apprendre, parfois avec rudesse, le prix à payer pour être un personnage célèbre et encore plus depuis qu'elle s'était engagée dans des causes qui avaient attirées sur elle d'autres dangers, des menaces d'enlèvement et de mort, des tentatives d'humiliation et des pièges destinés à détruire sa crédibilité.

Et puis, il y avait eu l'exemple de Lady Diana - l'une des femmes qui l'avait inspirée de par son exemple et sur les erreurs à ne pas commettre, surtout à l'époque où le Prince Harry - un ami - lui avait fait du pied, chose qui, faisait rire aujourd'hui Hugh, mais Emma se doutait bien qu'à l'époque celui-ci n'avait pas du considérer ces bruits de couloir comme quelque-chose d'amusant ; au contraire. Dorénavant, l'Anglaise savait très bien qu'elle fleurtait avec l'Histoire, avec une famille en lien avec les Spencer-Churchill et la famille Royale. L'onde de choc qui serait causée lorsque l'on entendrait parler du dénouement de ce soir était destiné à faire le tour du monde là où Emma préférait leur parler de choses plus importantes, moins narcissiques ou superficielles.

-"Oh mon Dieu...", répondit Hugh toujours abasourdi, mais emporté par une joie incommensurable. "Emma...", se permit t'il d'exulter avec la plus grande joie. "Pardonne-moi... Je... Euh...", surenchérit t-il comme frappé par un météore.

En une fraction de seconde, Hugh était passé d'une attitude à une autre, entre la douce souffrance d'une passion transie et le sentiment de revenir à la vie, de vivre les choses plus intensément. D'un geste, il était venu lui offrir l'un des baisers les plus passionnés qu'ils n'aient jamais connus : puissant et doux à la fois. Emma en fut, tout d'abord, surprise, mais le moment avait été bien choisi. Lui le passionné et elle celle qui avait le sentiment, à nouveau, de vouloir se laisser embarquer par l'Amour ou ce quelque-chose qui lui avait un peu donné l'envie d'y croire à nouveau et de s'abandonner.

-"Hmmpff", avais lâché la Belle, alors que Hugh venait de placer sa main derrière son cou et l'autre sur sa joue dans ce qui était devenu un baiser langoureux, d'une grande délicatesse et gourmandise.

Abasourdi à son tour par l'émotion qu'il lui avait communiqué, Emma était restée les yeux clos et un peu à bout de souffle, avec l'impression de subir un feu d'artifices dans son cerveau et ce petit frisson courant le long de sa nuque et qui ne se produisait que rarement, dans des conditions précises qui, ici, avaient été réunies dans la confusion du moment, alors que Hugh avait fait un pas en arrière, lui aussi éssouflé, mais admiratif et amoureux. L'espace d'un instant, après avoir ouvert les yeux, ils s'étaient regardé en silence, les mains jointes, même si tout deux semblaient bien plus émotifs qu'ils n'y paraissaient.

Emma s'était mordillée la lèvre inférieure, tandis que son nouveau petit-ami lui caraissait les mains avec les pouces en fixant ses lèvres avec une envie non feinte de recommencer et le sentiment de contempler un joyau d'une valeur incommensurable ou le visage de Dieu s'il avait voulu être spirituel. Oui, quelque-chose qui n'était pas là il y a un instant était né. Un second baiser, plus doux cette fois-ci, avait été échangé durant un petit moment intime qui les avaient rapproché comme jamais auparavant.

-"Je t'aime..."

Oh, un moment pareil, Emma ne risquait pas de l'oublier. Cela avait été comme s'il venait de partager un moment de puissance, de quasi-invulnérabilité, avec le coeur battant, leurs sens en émoi, un désir profond ou naissant qui leur avait fait connaître cet état de Grâce que l'on rencontrait dans les meilleurs débuts, mais qui ne durait qu'un temps. Par chance, son rouge à lèvres carmin était waterproof et sans transfert. Un choix judicieux qu'elle avait fait, non pas en prévision d'un baiser, mais parce qu'elle avait voulu éviter de laisser la trace de ses lèvres sur les verres.

Hugh avait essayé de ne pas la décoiffer en se laissant aller à caresser et à entortiller ses doigts autour des mèches de cheveux soyeux élégamment coiffés pour former une demi-queue de cheval.
Pendant ce temps, elle avait laissé traîner ses mains et ses ongles dans la chevelure du Duc en venant faire des arrondis au sommet de son crâne du bout de l'ongle, toute en légèreté, en sachant l'effet que cela lui ferait sous l'effet de l'excitation ou d'une pensée.

Un troisième baiser avait suivi, plus court, qui s'était achevé par un smack des plus satisfaisants, même si l'index d'Emma était subitement venu se déposer sur les lèvres de son amoureux.

-"Nous devrions peut être arrêté là avant de faire rougir les saints et de réveiller tout le monde... Non ?", lui demanda t-elle avec ironie."Moi aussi, je t'aime... tu vois, j'te l'ai dit...", lui confia t'elle de manière un peu forcée, mais honnête, en riant un peu, en sachant combien il avait du les attendre.

L'idée, d'avoir, un jour, à vivre dans cette maison de campagne ne faisait pas partie des choses qu'elle accueillait avec grand enthousiasme. Dorénavant, ils allaient devoir composer avec l'attention et les attentes et se préparer à l'une des épreuves les plus difficiles consistant à affronter la famille Royale et leurs ambitions qui leur vaudraient autant d'opportunités que de tracasseries.

Subitement, Hugh avait eu une idée. Il avait saisi la main de sa chérie en direction de l'autel, à l'opposé.

-"Viens...", lui demanda t-il avec enthousiasme, préoccupant sa Belle qui se demandait ce qui lui était encore passé par la tête. Hihihi !

https://youtu.be/eiDiKwbGfIY

Il l'avait entraînée jusqu'à un panneau caché, derrière lequel se trouvait un appareillage moderne sur lequel il avait fait une recherche afin de choisir la chanson parfaite : "Perfect symphony" de Ed Sheeran & Andrea Bocceli qu'ils avaient évoqué il y a quelques mois lors de l'un de leurs premiers dîners virtuels durant lequel elle lui avait appris à faire des tagliatelles à la Bolognese. La chanson avait raisonnée dans ce lieu conçu pour la mélodie et le chants, avec une acoustique incroyable, tandis que Hugh avait saisi Emma par la taille afin de danser un slow langoureux avec elle. Le texte avait pris tout son sens en cet instant, faisant de ce moment un souvenir des plus romantiques qui ferait surement de ce chef d'oeuvre l'une de leurs mélodies.

Amoureux de l'Italie, de sa gastronomie et de ses paysages, Ed étant l'un des amis d'Emma depuis qu'il avait contribué à la bande son de Perks of being a wallflower, le couple ainsi formé s'était laissé bercer par leur danse, l'un contre l'autre, le menton reposant sur l'épaule de l'autre, avec parfois un trop plein d'émotions liées à la peur, l'hésitation ou la frustration, après tant d'années d'attente ou de déceptions.

"C'était une idée de génie... J'adore...", le complimenta t-elle, les larmes aux yeux. "Joyeux Noël à toi..."

Hugh s'était soudainement rappelé, en dépit de l'absence de neige et de la majeure partie de la famille, notamment des enfants, qu'ils s'étaient embrassés le soir de Noël.

"Joyeux Noël...", dit t-il comme s'il venait de recevoir un coup dans la poitrine et de réaliser que son plus grand souhait était devenue une réalité tangible.

Ses remerciements avaient été reçus comme un coup de couteau en plein coeur. Des larmes nouvelles s'étaient alors écoulées le longs de ses joues roses et de cette souffrance qu'ils venaient de ressentir et qui serait sans doute incompréhensible pour les autres.

"Merci à toi de me faire sentir à nouveau vivante et aimée..."

Leur étreinte s'était resserrée.

https://youtu.be/HRgB1xPwDJk

Le carillon de vingt-quatre cloches s'était mis à sonner à tout rompre, annonçant aux environs, à qui voulait l'entendre à cette heure tardive, qu'un heureux événement venait d'avoir lieu à Eaton Hall.

"Oh mon Dieu... Mais nous allons réveiller tout le monde...", s'inquiéta la Belle, qui avait arrêtée de danser et retirer son étreinte, en plaçant une main sur sa bouche.

"Un jour, on se souviendra qu'au soir de Noël il s'est passé quelque-chose d'incroyable entre nous... Je veux que l'on sache qu'un miracle a eu lieu et qu'il est l'annonce de possibles espérances parce que je crois en toi... Nous accomplirons de grandes choses, je te le promet.

Je ferai en sorte que ce carillon sonne chaque soir de Noël à cette heure précise et ce jusqu'à notre mort ou cela deviendra une tradition, en souvenir de nous.

Longue vie à toi que j'aime plus que tout au monde et à notre Amour..."
, fit Hugh en la prenant dans ses bras.

Le tintement des cloches étaient devenus assourdissants. Des lumières s'étaient allumées dans l'aile privée où se trouvait la chambre de la Duchesse Douairière, celle du Duc et de sa soeur cadette. Dans les environs, les villages et hameaux avaient pu entendre le son plus ou moins lointain et inhabituel de cloches annonçant le miracle de Noël et si l'instant était vécu par nos deux tourtereaux comme un geste fou, celui-ci était annonciateur de la renaissance d'un domaine et peut être bien, non pas d'une lueur d'espoir, mais d'un bien plus précieux : davantage de compassion...


Spoiler:


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"The truly wondrous times in this life involve infrequent moments of intimacy and acceptance. Those instances do happen and transcend the power of the great void. And I know what I have to do now. I gotta keep breathing. Because tomorrow the sun will rise and the curse will end..."
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Jeu 21 Juil - 18:17

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

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Christmas at Eaton Hall (RP Solo) Jt6n
(c) The Doctor, Fanpop & Horizona

https://youtu.be/DLT9dSt8cwg
https://youtu.be/wagKtUIDvyQ

Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
December 25th 2020

Le tintement des cloches avait retenti sur plusieurs kilomètres à la ronde, jusqu'aux abords de Chester, Chef-lieu du Cheshire et ancienne capitale du Royaume de Mercie, tandis qu'ici, à Eaton Hall des lumières étaient apparues aux fenêtres, à des endroits éparses, notamment dans l'aile privée. Très vite, Emma s'était inquiétée de ce remue-ménage voulu par ce nouveau petit-ami pris dans l'euphorie de ce moment, y compris en lui transmettant cette impression de joie immense, peut être avec maladresse.

Désormais, cela n'était plus qu'une question d'heures avant que le reste des Grosvenor et la famille Royale, par le biais du billet qui serait glissé sur la table du petit-déjeuner de Sa Majesté, n'en entendent parler. Leurs Altesses Royales ne manqueraient pas de s'interroger à propos de leurs intérêts, de sa capacité à nuire et à attirer sur elle une bonne part de l'attention - car la Monarchie agissait tel un lion qui n'aimait pas qu'on lui fasse de l'ombre ou que l'on en vienne à contester leurs privilèges, à prôner des changements perçus comme instables, une révolution qui pourrait offrir des opportunités aux Républicains qui haïssaient cette Monarchie parlementaire.

Or, le féminisme était né au sein de l'Upper class, au sein de la noblesse, on l'oubliait trop souvent. Le droit de vote, l'égalité des genres, l'indépendance, la lutte contre la loi de primogéniture masculine instaurée sous Elizabeth Iere, tout cela et plus encore provenait de ces femmes lettrées ayant inspirées la middle et la working class, notamment lors des deux premières guerres mondiales qui avaient vu l'ordre établi au sein du Royaume vacillé, avec de nombreux nobles ayant tout perdus, ayant été forcés de morceler ou de revendre leurs biens fonciers. A l'époque, le pays avait failli perdre ce système qui perdurait depuis plus de mille ans et dont les titres n'étaient, pour la plupart, que des statuts honorifiques, avec, cependant, quelques privilèges féodaux et une aura Historique que beaucoup - mais pas tous - appréciaient, plus ou moins, en tant que symbole, même si dorénavant la révérence n'était plus une chose obligatoire, hormis pour la Reine.

Le soucis vécu par Lady Diana et par Meghan était simple en apparence : il fallait savoir rester à sa place, ne pas faire de l'ombre à la Monarchie ni s'attirer son courroux et ne pas trop en faire. Cela signifiait que la parole et les actes étaient rarement spontanés et libres lorsque l'on représentait un Royaume, que des rivalités pouvaient poindre le bout de leur nez parfois pour des détails superficiels, insignifiants et que lorsque l'on dérangeait un peu trop ou que nos manières ne convenaient pas trop à ceux qui étaient considérés comme d'un rang supérieur, souvent les choses finissaient, d'une manière ou d'une autre, par connaître un sort funeste et cela l'actrice en était consciente.

Oui, au travers du pays et un peu plus tard dans le monde entier, les fans de la Belle Hermione allaient se réveiller avec l'annonce d'une rumeur surprenante, presque impossible, mais qui allait s'avérer vrai lorsque le couple aurait à faire sa première sortie publique dans le courant du mois de janvier à Chester, puis plus tard avec le décès du Duc d'Edimburgh, avec cette étonnante invitation de la Reine à son égard, comme si les souvenirs passés de leurs rencontres, l'admiration qu'Emma lui portait et ses relations avaient joué un rôle, y compris dans le fait d'être à présent la compagne de l'un de ses cousins et de l'un des plus beaux partis. Car une fois que l'on se retrouvait mêler au système de la Cour, on attirait plus ou moins l'attention des lions en fonction de sa beauté, de sa popularité, de son intelligence, de sa personnalité, de sa richesse, de son pédigré et de son influence. Apprendre à naviguer sur ses eaux tumultueuses, se faire plus d'alliés que d'ennemis, cela n'était pas chose facile, surtout lorsque votre homme était bien placé sur l'échiquier, avec l'avantage d'être un proche de la famille Dominante et d'avoir des ancêtres remontant à Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie et Roi d'Angleterre.

Mais pour l'heure, ici, le moment était aux réjouissances, non aux intrigues de Cour façon Games of Thrones. Hihihi ! L'instant était propice à l'annonce d'un renouveau, d'une orientation nouvelle, d'un élan d'optimisme qui allait susciter le respect, l'admiration, la crainte, l'interrogation, la suspiion, la convoitise ou la médisance alors que jusqu'ici Hugh avait passé ces dernières années à tenter de reprendre l'oeuvre de son père, non sans difficultés et sans commettre des erreurs qui lui valaient d'être perçus par certains comme un requin sans coeur sur le plan des affaires en dépit de choses incontrôlables telles que le Brexit et la pandémie mondiale.

-"Hugh... Ne devrions nous pas faire cesser ce vacarme ? Je pense que l'univers entier est désormais au courant...", lui dit t-elle d'un air un peu inquiète, sur le ton de la suggestion, mais avec une pointe de fermeté.

Pour l'être, il l'était, même si certains habitants aux alentours étaient intrigués ou en train de râler à l'idée d'entendre ces vingt-trois cloches de bronze dont ils n'imaginaient pas encore la raison de leur activité en ce soir de Noël, alors qu'il était proche des deux heures du matin. Justement, en parlant de lionne, la Maîtresse de maison partageant ce titre avec son fils venait enfin de sortir de ce manoir composé de vingt-huit chambres et estimé à plus de six cents cinquante millions de livres sterling - une "barraque" dans laquelle Emma appréciait l'architecture et son immense bibliothèque, mais qui ne lui donnait guère l'envie d'y vivre, car cette demeure était bien trop grande et pas assez intime, quand bien même l'activité du personnel était réduite.

-"Par tous les Saints, Hugh... Mais, expliquez-vous !", lança Natalia, sa mère, en robe de chambre, les cheveux attachés, mais un peu démêlés ou désordonnés, sur un ton de reproche, dans ce que Hugh qualifierait, non sans ironie, d'une étrange ressemblance avec une certaine Professeur Mcgonagall.

Etrangement, on se serait cru face à une version plus jeune de la Directrice de la maison Gryffondor grondant le trio pour leurs bêtises. Hihihi ! Pendant ce temps, Emma s'était montrée confuse, les joues un peu rosies, mais sans avoir le sentiment réel d'avoir à se reprocher grand-chose sinon d'avoir dit "oui" à une relation qu'elle ne pourrait peut être pas accueillir finalement les bras ouverts. Après tout, si elle ne craignait pas pour ses origines "modestes" au regard de son prétendant, en sachant que ses soeurs n'avaient pas forcément épouser un noble, sa mère aurait pu masquer certaines émotions ou opinions vis-à-vis de l'entêtement de son fils.

Entre-temps, le clocher de la tour de l'horloge avait fini lentement par se taire, plongeant à nouveau Eaton Hall Estate dans un profond silence, en dépit des échos des cloches que l'on pouvait encore entendre s'étendre au loin, à la vitesse du son.

-"Mère.. ou plutôt Maman... Nous avons une formidable nouvelle à vous annoncer...", dit t-il alors que Lady Viola, la cadette et le Majordome étaient arrivé(e)s, suivis plus loin par deux serviteurs toujours en livré. "Emma s'est enfin décidée à me dire "oui" et à accepter de sortir avec moi ! N'est-ce-pas merveilleux ?", éxulta t-il l'air joyeux, avec un regard puissant remplit de fierté et de passion.

L'Anglaise avait affichée un grand sourire teinté d'une pointe de timidité ou de maladresse, en ne sachant pas trop si la Duchesse avait espérée réellement cette issue, tandis que Hugh venait de lui prendre la main afin de démontrer que cette fois, contrairement à plus tôt dans la soirée, cette barrière invisible qui semblait encore les maintenir à distance n'existait plus. Le geste n'était d'ailleurs pas passé inaperçu puisque Lady Viola avait joint ses mains devant elle avec un immense sourire, visiblement charmée et ravie pour son frère.  

Pouffant un peu de rire, au risque de passer à tord pour une fille un peu frivole, la Belle Anglaise s'était humectée les lèvres en ajustant une mèche rebelle sur son côté droit, avec toujours ce merveilleux sourire qui trahissait à la fois sa joie, sa timidité, son excitation du moment et son humilité, alors qu'elle n'était pas réputée pour être une excellente menteuse - ou actrice comme dirait certains, alors qu'il s'agissait de deux choses différentes : comprenez que dans la vie privée elle ne ressentait pas le besoin de jouer quelqu'un d'autre, mais d'être elle-même, dans son authencité et ses défauts.

-"Rhooo... Mais c'est merveilleux ! Je suis tellement contente !", s'exclama Lady Viola en tapotant avec ses mains d'un air enjoué et heureuse.

La Duchesse Douairière avait reçue la nouvelle presque comme une surprise et un soulagement, à tel point que sur le coup, elle n'avait rien dit ni esquisçée d'autre réaction qu'une stupéfaction qui lui coupa, pour un bref instant, la respiration, avant de la pousser à reprendre une inspiration, comme si Lady Natalia venait de prendre un coup ou de sentir d'un coup un poids perdre de son importance. Bouche bée une joie immense l'avait traversée de part en part, tandis qu'un souvenir un peu vague de son mari lui avait donné, pour un très court instant, la sensation qu'il aurait lui aussi ressenti ce bonheur, mais qu'il était malheureux qu'il n'ait pas vécu assez pour voir ce qu'elle considérait comme un soir béni à plus d'un titre survenir sous ses yeux.

-"Seigneur Dieu...", fit t-elle en laissant progressivement sa joie et son soulagement transparaître. "Mais quelle nouvelle ! Voilà qui réjouit mon coeur et mon âme ! Ah ! Si seulement ton père et les autres pouvaient être là...", fit t-elle en serrant ses mains devant elle, avec le sourire, en en perdant son latin. "Et le soir de Noël ! Quel cadeau magnifique le Seigneur nous aura offert ce soir !", fit t-elle en laissant s'exprimer sa foi, même si Emma aurait aimée ne pas mêler celui-ci à tout ceci.

Ce fut au tour de nos deux tourtereaux de se sentir soulagés. L'actrice n'avait donc rien dit, trop contente de voir ce plaisir partagé et cet instant faire leur bonheur, à tel point que l'émotion lui avait fait verser une petite larme à elle aussi, l'air embarrassé. Mais si la discrétion du Majordome ne faisait aucun doute, il était difficile de croire, en dépit des règles, que cette aventure ne reste méconnue bien longtemps, même si Emma espérait ne pas avoir à rentrer dans les détails, tout au moins sans être certaine qu'aucun employé n'ait la possibilité d'entendre leurs confidences.

-"Il va falloir tout nous raconter en détail...", fit Lady Viola, l'air curieuse et toujours aussi joyeuse.

Oui, oui... en détail (soupir), même s'il serait préférable que certaines choses restent entre Hugh et Emma. Avec cet état de grâce viendrait la routine et les épreuves. Alors, il fallait garder son calme et les idées claires. En tout cas, pour l'actrice, cela n'était pas un piédestal ou le sentiment d'être soudainement devenue, même pour un soir, Reine d'un "petit" Royaume en comparaison, mais de songer qu'intérieurement son esprit s'activait déjà à la démolir et à lui rappeler qu'elle n'était rien, au risque de faire ronchonner ses fans s'ils l'avaient su. Sa famille s'était élevée par le labeur, l'éducation et la chance. Or, il y a plus de cent ans, une partie de sa famille originaire du Lincolnshire, du Warwickshire et du Yorkshire n'avait été que des gens "simples", des fermiers, des briquetiers, voire des domestiques et pour certains des soldats au service du Roi, mais originaire de l'Empire Austro-Hongrois.

-"Nous sommes désolés, Emma et moi, de vous avoir réveillés ou dérangés. Je ne sais pas ce qui m'a pris... Mais vous comprenez à présent...", fit Hugh. "Pour les détails, je pense que cela dépendra de l'Ange qui éclaire dorénavant ma vie... Je m'en voudrais de manquer à mes devoirs envers elle, vous comprendrez..."

Oh... Voilà qui avait surpris Emma qui ne s'était pas attendu à autant de délicatesse et de prévenance. Son sourcil haussé et son air surpris et flatté n'avait échappé à personne, même si l'homme en face de lui avait reçu une éducation, certes stricte, mais moins élitiste que celle de la famille Royale.

-"Naturellement... Chaque chose en son temps...", fit Lady Natalia, compréhensive, même si Lady Viola trouva cela dommage, mais guère une raison pour leur en tenir rigueur. "Il est tard et nous sommes tous fatigués par cette formidable soirée passés ensemble, en charmante compagnie... Puisse l'avenir vous être radieux mes enfants...", lança t'elle à Emma et à son fils. "Je dis cela, mais j'ai l'impression que nous allons tous avoir du mal à dormir ce soir, n'est-ce-pas... (ricana t-elle) J'espère que vous aurez l'occasion de vous sentir comme un membre de cette famille, ma chère Emma... De grands espoirs se fondent sur vous dorénavant. Sur ce, si vous voulez bien nous excuser et ne plus recommencer votre tempête à réveiller les morts, Lady Viola et moi allons prendre congés..."

Avant cela, la Duchesse Douairière était venue prendre Emma un instant dans ses bras, comme pour souhaiter la bienvenue à un proche et dans le même temps pour montrer à son fils, en qualité de chef de famille et détenteur des titres qu'elle ne s'opposait pas à ce qu'elle entrevoyait comme un bon choix, surprenant, mais prometteur, sans vraiment imaginer l'engouement que la nouvelle allait susciter.

De son côté le coeur d'Emma avait eu à son tour un raté lorsqu'elle avait saisi qu'à présent sa famille allait attendre d'elle une attitude et des choix qu'ils espéraient bénéfiques, du même accabis que ce qu'elle avait habituée ses fans depuis maintenant plus de vingt ans. Car cela n'était pas la Couronne ou le sentiment de susciter une attitude révérencieuse qui l'intéressait, ni même son train de vie, mais les dangers qui allaient poindre le bout de leur nez à l'instant où elle s'afficherait "officiellement" aux côtés du Duc de Westminster et de cela, il n'en était pas question pour l'instant ; pas tant qu'elle n'ait pas tout fait pour connaître les gens, la manière de gérer Eaton Hall et l'activité agricole qui rapportait environ dix-huit millions de livres sterling par an - largement de quoi payer les frais d'entretien du manoir, du domaine, des fermes et des habitations, en sachant que le lieu était très prisé par les gens parce que les Grosvenor avaient toujours veillé à leur qualité de vie, à pourvoir à leurs retraites et à leurs soins médicaux, ce qui n'était pas courant. Oh, bien-sûr, il était qualifié de paternaliste, mais avez-vous déjà vu une personne à responsabilité avoir les moyens d'encaisser un déficit monstrueux du fait du Covid et en même temps assurer les salaires, l'interdiction des expulsions et des licenciements, des remises de loyers et l'acquisition à titre gratuit pour les employés retraités d'une maison payée intégralement par Monsieur le Duc ? En tout cas, pas Emma qui avait été impressionnée par cette générosité.

-"Merci, Madame... Excusez-nous encore et passez une douce nuit..."

-"Vous de même, mon enfant..."

Pour l'heure, personne ne songeait à Tamara et à Edwina, chacune ayant fêtée Noël dans leur cocon familial, de manière séparée du fait du Covid-19. Demain matin, il fallait s'attendre à un merveilleux et copieux petit-déjeuner, à un déjeuner fait de restes et à un tea time agrémenté par le fameux discours de la Reine qu'aucun ici n'allait manquer. Quant à savoir ce que Hugh et Emma comptaient faire, là... C'était difficile à dire.

-"Bon et bien, ça s'est plutôt bien passé...", se félicita Hugh qui semblait avoir retrouvé un peu de flegme en voyant ses parents s'éloigner, non sans une pointe d'ironie, comme s'il venait d'admettre avoir passé une tempête."Que dirais-tu de rejoindre la bibliothèque, hm ? Je sais qu'il s'agit de ta pièce favorite ici. Cela me permettra d'aller chercher un petit cadeau que je souhaite te faire et qui me semble tout à fait approprié en la circonstance..."

Un cadeau ? Ne lui avait t-elle pourtant pas dit qu'elle n'avait rien souhaité obtenir et qu'à ses yeux cette charmante invitation était déjà en soi une merveilleuse chose ou bien espérait t-il voir cette Hermione qui était en elle resurgir subitement pour rappeler à l'ordre ce vilain garnement ? Hihihi !

-" Je n'ai besoin de rien, sinon de m'asseoir un peu au coin du feu, parce que mine de rien il commence à faire friskey dehors...", dit t-elle en se frottant ses avant-bras non recouverts de tissu, alors que sa robe elle-même n'était pas conçu pour l'abriter de la fraîcheur.

Ni une ni deux, en chevalier-servant, Hugh avait retiré sa veste qu'il venait de déposer sur les épaules de sa Belle, sans tenir compte tout à fait de ses paroles.

-"Tu comprendras lorsque je te le montrerai... Ne t'en fais pas... Ca ne sera pas grand-chose..."

Pas grand-chose, pas grand-chose... Lorsque l'on sortait avec un homme très riche qui lui avait déjà fait le coup du bracelet hors de prix "perdu" dans l'un des paniers de fruits et légumes qu'il avait tenté de lui offrir durant le confinement en gage de son affection, c'était vite dit ! Eeet il n'avait pas intérêt à recommencer !

La bibliothèque, quant à elle, n'était pas en soi la plus belle qu'elle avait vu de sa vie, mais elle restait exceptionnelle, y compris par la richesse et le nombre d'ouvrages qu'elle comportait, dans des domaines variés. Ici émanait l'une des valeurs de l'aristocratie : l'éducation, le savoir, sa transmission dans toutes les couches de la société. Elle cristalisait encore aujourd'hui certains préjugés venus d'un âge où ce domaine était un privilège réservé, entrant souvent en conflit entre la science et la religion ou plus tard avec la politique.

-"Pardon Mademoiselle", fit le Majordome, avec délicatesse."Souhaiteriez-vous un bon chocolat chaud afin de vous réchauffer ?", lui demanda t-il avec sollicitude.

Mademoiselle ou Madame, hm ? Emma aurait préférée cet ultime déterminant que d'autres trouvaient discriminatoires vis-à-vis des célibataires et des femmes mariées, alors qu'un jeune homme était appelé Monsieur et non Damoiseau, comme au moyen-âge. Archie, le fils de Harry et de Meghan, ne possédant pas de titre Royal était nommé "Master", l'équivalent de Monsieur, mais d'un rang supérieur, tandis que la future Lilibeth serait, elle, serait appelée "Lady".
Enfin, peu importe...

La proposition semblait la bienvenue, le Majordome maîtrisait son travail ou il lui avait montré une sollicitude qui aurait pu lui indiquer que la majorité du personnel tenait au standing de la maison et à l'accueillir avec certains égards pour différentes raisons, à commencer par la manière sans chichi, mais très douce, concernée par leurs conditions de travail. Cependant, vu cette heure tardive elle ne tenait pas à faire travailler l'un des employés pour une simple tasse qu'elle aurait d'ailleurs pu se faire elle-même. Donc, non. L'idée même qu'un employé ait à ramasser un mouchoir qu'elle aurait laissée tomber était pour elle inutile. Elle pouvait bien le faire elle-même.

-"Oh, euh... C'est très gentil, mais peut être qu'une couverture ou deux serait préférable et la bienvenue, si cela n'est pas trop vous demander...", lui demanda t-elle avec politesse, avec la crainte de déranger un peu.

Le Majordome lui avait répondu qu'il "allait s'en occuper immédiatement" et que cela ne posait aucun soucis. Il s'était même incliné comme s'il consentait de bonne grâce à une demande formulée avec un grand respect et de la considération. Pendant ce temps, Emma avait observée la bibliothèque alors que depuis septembre dernier elle disposait du privilège de pouvoir lire et emprunter des ouvrages, en dehors de certains beaucoup trop précieux ou encore un peu trop fragiles.

-"Voilà, me revoilà...", fit Hugh qui était entré à grandes enjambées avec une petite boite en velours couleur carmin dans les mains. "Emma, ma chérie... Ceci est un présent que je souhaite te faire afin que tu n'oublies jamais cette merveilleuse soirée... J'aimerais que tu l'acceptes en gage de mon affection et de ma loyauté envers toi..."

L'écrin ouvert avait révélé une chevalière en or massif sur laquelle avait été gravée les armoiries du Duc de Westminster.

"Elle a appartenue à Lady Constance Leweson-Gower, première Duchesse de Westminster... Celle dont tu as aperçue la tombe dans la chapelle... Par tradition, elle a été portée par les petites-amies des Ducs qui se sont succédés depuis, ma mère, y compris... A présent, elle est à toi...", lui dit t-il avec un sourire un peu ému, mais joyeux, comme s'il savourait cet instant important.

De nos jours, le romantisme, les voeux et les alliances ne semblaient plus avoir la même valeur, surtout lorsque l'on voyait des gens autour de soi qui semblaient chercher l'amour, mais qui s'amusaient avec, avec si peu de considération pour les sentiments. Certains affichaient des bagues hors de prix pour afficher une richesse, une puissance, une vanité là où Emma n'accordait pas la même importance aux biens matériels et à l'apparence.

Hollywood n'avait jamais été un endroit pour trouver l'Amour véritable ou de véritables amis, à de rares exceptions. Elle n'avait pas été élevée comme Lady Diana, dans l'aristocratie, mais elle avait vécue des abus et de la cruauté. Sa fierté en avait plusieurs fois pris un coup, il était arrivé un moment où elle s'était mise à douter d'elle-même, de sa capacité à aimer, d'être aimée. Alors, en dehors de rares exceptions, Emma avait tentée de trouver la perle rare en dehors de Hollywood, de ce cirque médiatique. Sa notoriété ne lui avait jamais rendu service, elle ne lui avait offert que l'embarras du choix, la facilité, là où trouver la bonne personne, apprendre à la connaître et à l'apprécier demandait du temps, de l'investissement, une vérité et si de son propre aveu elle avait admise que trouver l'homme qui lui conviendrait revenait à le chercher dans un champ de mines.

Elle avait fini par inventer un nouveau mot pour désigner ceux qui, comme elle, oubliaient qu'ils étaient avant tout leur propre partenaire, qu'ils devaient apprendre à s'aimer, à s'accepter et à prendre soin d'eux, qu'au-delà des ragots et des apparences il y avait un coeur qui battait, une humanité.

-"Hugh... Cette bague a bien trop de valeur... Elle est magnifique. Et où est la tienne ?", demanda t-elle en cherchant derrière elle d'un air ingénu, mais un peu moqueur.

Emma n'était pas aveuglée par ça, comme on pouvait l'être par Amour.

"La mienne ?", lui répondit t'il, perplexe et un peu déstabilisé par sa question.

La tradition remontait à la Rome antique et au moyen-âge. Elle existait afin de marquer une chasse gardée, pour souligner un rang spécial, l'appartenance à une noble famille. Cette chevalière n'était ni une alliance ni une bague de fiançailles, mais un gage d'affection ou un symbole.

-"Hm... Je vois... Je suis chasse gardée ? Tu as conscience, j'espère, que cette bague n'empêche pas l'âme humaine de s'en montrer si peu digne, même si tu as de la chance d'être tombée sur une femme fidèle qui n'a pas besoin de ce genre de choses pour se rappeler pourquoi elle aime. Mais d'accord..."

La tradition des alliances remontait à la période Etrusque puis Romaine : des alliances en argent pour les mariés, en bronze pour les personnes remariées et rien pour les célibataires et les divorcés.

Hugh avait sorti délicatement la chevalière de son ecrin avant de demander à sa chérie de bien vouloir tendre son doigt. Le Duc était alors venu lui passer la bague avec joie. L'homme n'avait pas agi en mâle conquérant. Elle n'avait pas eu besoin de jouer les femmes conquérante pour être l'un l'autre homme et femme. L'espace d'un instant, Emma avait admirée sa chevalière avant de sourire.

"Ca te plaît, n'est-ce pas...", lui reprocha t-elle avec amusement, avec un rictus. "Avoue-le..."

Le Duc ne pouvait le nier ni feindre l'indifférence. Sa petite-amie n'avait aucune idée du prestige qu'elle-même allait apporter.

"Enormément...", lui avoua t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles.

L'Anglaise était allée s'asseoir sur l'un des canapés.

-"Il se trouve que j'en possède une, identique à la tienne et ayant appartenu à mon père qui la tenait de son père et cétéra... Avant d'aller dormir, je te laisserai me la passer au doigt. J'espère qu'ainsi tu seras satisfaite..."

Ils échangèrent un sourire.

Bon, nous étions loin de l'énorme collier "Ron-Ron" que Lavande avait imposé à Ron dans Harry Potter comme s'il s'agissait d'un animal de compagnie ou d'un moyen de marquer un peu son territoire. Hihihi !

-"ouïe !", fit Emma après avoir posé l'une de ses cuisses sur l'autre afin de ne pas avoir à trop se baisser afin de se tenir le pied.

Sa Belle avait un peu mal aux pieds. Il fallait dire que porter des tâlons durant toute une soirée, ça n'était pas toujours aisée ni une bonne chose pour nos petits petons !

-"Hm... Je sais que l'heure est tardive et qu'il conviendrait d'aller dormir, mais avant cela, retire tes chaussures, s'il te plaît... Tu te sentiras bien mieux après..."

Bon, ça ne se faisait pas de retirer ses chaussures, mais puisque son petit-ami lui en faisait la proposition, elle n'allait pas se priver.

-"Mais quel homme...", lança Emma avec amusement, pour le complimenter alors qu'elle adorait les massages.

Seulement, son Duc avait un autre plan : celui de profiter du fait qu'elle serait alors pieds nus pour la porter jusqu'à sa chambre en passant par le grand escalier. Effet garanti...

"Aww...", fit t-elle en grimaçant et en se mordillant la lèvre inférieure, tout en fermant les yeux et en s'enfonçant dans le coussin du canapé...


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"The truly wondrous times in this life involve infrequent moments of intimacy and acceptance. Those instances do happen and transcend the power of the great void. And I know what I have to do now. I gotta keep breathing. Because tomorrow the sun will rise and the curse will end..."
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Univers fétiche : Science-fiction, Héroïc Fantasy, City, Célébrité...
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Ven 22 Juil - 13:31

Emma Watson
J'ai 32 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis Actrice, Top model, Activiste, Philanthropiste, Sustainable fashion pioneer, United Nations Goodwill Ambassador, Associate Fellow (College Lady Margaret Hall, Oxford University), Administratrice Kering, diplômée des A Level et d'un Master de littérature Anglaise (Brown & Oxford University) et je m'en sors Bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis mon propre partenaire pour l'instant, bien qu'étant fiancée avec le Duc de Westminster depuis quelques mois. et je le vis plutôt bien.

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https://youtu.be/CglCntx5OlU
https://youtu.be/GcXhyFA8BwQ
https://youtu.be/n036kBC1HEw
https://youtu.be/xzlErw7zPHM

Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
December 25th 2020

Ce jeune Duc n'avait pas perdu le Nord, n'est-ce-pas ? Hihihi ! Rassurez-vous, Emma l'avait remarquée et ne comptait pas se laisser tomber dans son piège, en tout cas si facilement, mais il fallait admettre qu'il régnait une ambiance beaucoup plus apaisante, propice à la confiance. Mieux : ils étaient, pour ainsi dire, enfin seuls, à nouveau.

Dans cette bibliothèque sentant un peu le renfermé à cause de ces ouvrages créer pour certains au XVIe siècle, mais aussi embaumée de touches florales, il n'y avait plus que le teintement de l'horloge et le crépitement provenant de l'âtre de la cheminée pour briser ce silence qui s'était instauré il y a quelques secondes, tandis qu'Emma était en train de profiter d'un massage des pieds réalisé avec délicatesse.

Evidemment, il était tard, alors qu'il était plus de deux heures du matin. La journée de demain n'allait pas être très éprouvante si l'on considérait qu'après le petit-déjeuner, les festivités allaient continuer, tandis que la Belle et son Hughie étaient destinés à visiter l'Estate étendu sur quatre-vingt kilomètres carrés. Hélas, pour parfaire cette nuit de Noël il aurait fallu des températures un peu plus basses et de la neige, même si la météo avait annoncée, avec du retard, l'arrivée de ce front froid en provenance d'Ecosse que les Anglais et les Gallois avaient appris à connaître et parfois à redouter du fait de sa rudesse.

- "Hm... On croirait que tu as fait ça toute ta vie...", fit Emma, l'air détendu et ravi.

Hughie n'avait fait qu'observer le visage de sa Belle, la façon dont elle se contorsionnait ou se pinçait les lèvres, en adoptant ses gestes oscillant entre la délicatesse et plus de fermeté, avec qu'une seule pensée à l'esprit : celle de lui procurer du bien-être et de ressentir cette satisfaction.

- "Que ne ferais-je pas pour ma muse, hm ? Ce soir, évidemment, ne sera pas comme tous les soirs... Nos engagements reprendront bientôt le dessus, mais j'aime ce contact avec ta peau si douce et t'offrir de tendres baisers. Je sais, ça a l'air idiot, exagéré, mais j'ai toujours été passionné..."

Emma savait qu'il débutait leur état de grâce, qu'il y aurait des jours marqués par une absence, des disputes, des mésententes, des journées "sans", des soirs où la fatigue serait trop présente et la contrariété une mauvaise alliée. Surmonter ces aléas demandaient un énorme travail sur soi dans le but d'éviter les heurts inutiles, ainsi qu'une bonne hygiène de vie, si tant est qu'ils restaient éloignés de certains penchants qui avaient fini par avoir raison de Lord Gerald, à savoir l'alcool et la cigarette.

- "Méfie-toi, car je pourrai finir par y prendre goût...", lui répondit t'elle avec un rictus, d'un air un peu amusé, avant de redevenir plus sérieuse. "Je suppose que tu réalises combien il y a un siècle encore ou peut être à l'époque de tes parents ce geste de ta part aurait pu être perçu comme "peu convenable"., s'amusa t'elle en le lui rappelant. "J'aime ta spontanéité, le fait que tu ne crains pas d'enfreindre ces barrières d'apparence pour être enfin toi-même... J'aime le fait que tu ne te caches pas pour me montrer ce que tu ressent... J'apprécie le fait que tu te fiches de ce qu'en penseront tes employés, même si les rumeurs vont vite... Tu comprends pourquoi notre vie privée est importante."

Lui et elle allaient avoir besoin de temps pour faire plus amples connaissances, cela allait impliquer de briser des barrières intimes, de révéler des secrets, de se rendre vulnérable : en d'autres termes offrir volontairement à la fois les clés de son coeur et de son âme et prier pour qu'elles ne servent pas de sombres desseins ou de regrettables humiliations. Surmonter l'hésitation, la honte, la crainte de se voir nus, de faire l'Amour la première fois, même si l'on pouvait ne pas en être à ses débuts, ça n'était pas forcément pour Emma et Hugh des étapes faciles, alors qu'elles demandaient de la confiance, une estime.

-"Mais j'y compte bien...", lui répondit t'il avec une pointe d'ironie et de défi."Si tu y prends goût, alors cela voudra dire que tu es toute à moi.", ajouta t-il en prenant un air plus grave, ravi à cette idée."Ce qui serait peu convenable ce serait d'aller plus loin. Ce massage est un privilège qui t'appartiens et puis il n'y a que toi et moi ici... Ce que je veux c'est qu'en pensant à moi tu te mettes à sourire et à avoir l'envie de revenir, même après la tempête, car je ne suis pas un être parfait. Personne ne l'est."

Elle en convenait. Son massage terminé, son tour était venu de lui masser le dos afin de tenir sa promesse formulée tantôt. Il n'y avait eu aucun dérapage, sinon de tendres baisers et des caresses qui avaient éviter soigneusement certaines zones, jusqu'à ce que Emma, sentant le danger, n'y mette un terme délicatement, en espérant compter sur sa coopération.

Mais contrairement à ce qu'il avait imaginé, ce fut sur ses talons qu'Emma et lui avaient parcouru son manoir jusqu'au grand escalier où la jeune femme avait pu contempler les armures rutilantes et brillantes, certains portraits d'aïeux et ces sculptures de lion posées majestueusement sur les rambardes. Elle s'était contentée de lui dire que ce serait pour un autre jour.

Lentement, tout en conversant, marche après marche, le couple était monté en foulant ce tapis rouge qui les avaient conduit au premier étage. A droite, on prenait le chemin d'autres pièces menant à des chambres d'amis, à gauche se trouvait la même chose, ainsi que les chambres des serviteurs et leurs salles d'eau.

-"Pour éviter d'éventuels ragots, même si d'ordinaire notre personnel se montre discret, mais pas toujours, je t'ai attribuée la plus belle chambre des invités, avec vue sur les jardins. Demain, nous ne serons qu'à quatre. Le personnel présent ce soir a reçu congés, mais en cas de besoin tu pourras encore faire appel à eux jusqu'au petit-déjeuner."

Elle comprenait fort bien que Hughie n'avait pas imaginé l'issue de ce soir ni qu'il l'aurait placée dans l'aile privée, à proximité de sa chambre. Cela allait lui faire drôle de se retrouver seule, à l'autre bout du manoir de près de mille mètres carrés.

-"Oui, je comprends et c'est parfait...", lui répondit t-elle sur un ton rassurant. "Hm... Tu as vraiment pensé à tout... Il paraît que tu t'es impliqué personnellement dans cette soirée et j'aime ça...", le complimenta t-elle en relevant le menton avec fierté et un sentiment appréciateur, teinté d'amusement.

Son Duc ne savait pas encore tout sur elle ni forcément sur ses petits-déjeuners favoris, mais il avait entendu parler de certains d'entre eux : les breakfast burritos, les avocado toast, des céréales, des fraises et du nutella, l'English breakfast ou un mélange de guacamole, de salsa et d'oeufs brouillés.

-"Demain matin, je te promet un petit-déjeuner de Reine... Il se pourrait même que ce soit moi qui te l'apporte...", lui confia t-il avec un sourire.

Un petit-déjeuner au lit ? Hann... En voilà une charmante attention, mais guère convenable pour un jeune couple, même si Emma comptait sur lui pour être autre-chose qu'un homme ne sachant penser qu'avec son machin et si de côté l'actrice savait pertinemment ce qu'elle voulait. Elle n'était de toute manière pas sans savoir que si ces règles contraignantes avaient été érigées c'était afin d'empêcher les relations hors mariage menant à des "accidents". Mais bon, ça n'était pas comme s'ils ne pensaient qu'à ça ! Hihihi !
La confiance et le respect, toujours...

-"C'est une charmante attention et elle me touche beaucoup... Cependant, je ne voudrai pas que cela soit perçu comme un geste de fénéantisme... Et puis, dans un couple, j'aime avoir la possibilité de faire la même chose que mon petit-ami... Et pour anticiper éventuellement ta prochaine question, sache que je n'ai pas d'exigences ou de souhaits particuliers pour le petit-déjeuner... Ce sera la surprise du Chef...", lui dit t'elle avec douceur et un clin d'oeil.

L'important était que cela soit bon, beau et que cela ait du goût, beaucoup de goût, sans tomber sur des aliments qu'elle n'aimait pas particulièrement, comme les fromages trop forts, le calamar, les huîtres ou le carpaccio. Mais au petit-déjeuner...

-"(rire) Quelle idée !", s'exclama t'il, l'air amusé, comme si sa compagne avait dit une bêtise ou une chose amusante."Je te laisse le choix, moi ça me ferait plaisir... Mais si tu songes à ce qu'en penseras ma mère... Je pense qu'elle peut bien admettre une exception de temps en temps, sinon tant pis pour elle."

Noël était une fête de famille, elle n'excluait pas la présence d'individus que l'on considérait comme tels ou que l'on invitait car il s'agissait de proches passant les fêtes seuls. Il lui était arrivée de le passer avec son chéri ou avec des amis, ou même de donner rendez-vous avec certains d'entre eux au restaurant. La période, après tout, était une occasion pour elle d'être à nouveau généreuse et attentionnée, même si elle attendait avec beaucoup d'impatience ses retrouvailles avec sa famille, rendues difficiles avec le Covid.

-"Le vingt-six au matin, si tu le souhaites toujours, j'accepterai, mais pour demain je préférais être avec toi, ta mère et ta soeur dans votre salle-à-manger afin de passer ce moment ensemble... Après tout, je ne suis pas encore chez moi et ce sera Noël !", ricana t'elle.

Hugh avait fini par s'avouer vaincu. Après tout, elle avait raison, cela aurait pu être perçu comme une frivolité ou comme une insulte. Alors, très bien...

"D'accord, mais je tiens à ce que demain nous ayons un moment à nous."

Oh, cela pouvait s'envisager en comptant sur le fait que sa mère avait elle aussi connue la jeunesse et l'Amour. Elle ne pouvait raisonnablement leur refuser un peu d'intimité, alors qu'il n'y aurait pas grand-chose à faire pour tuer le temps jusqu'au déjeuner puis jusqu'au discours de la Reine prévu à trois heures - une heure avant le thé.

"Oui, nous aurons largement le temps pour une balade. Après tout, il reste pas mal de choses que tu ne m'as pas encore montrée dans les environs."

Chester, elle y était allée avec Amy en septembre, la veille de se rendre à Eaton Hall, seule, afin de tenir une promesse. Emma n'y avait toutefois pas visiter certains endroits, comme le musée, la piscine ou la campagne environnante.

Hugh avait abandonné sa chérie sur le pas de sa chambre après lui avoir souhaité bonne nuit. Un nouveau baiser échangé et sa Belle avait refermée sa porte derrière elle, en se collant contre elle. Le jeune homme était parti l'air heureux et soulagé en direction de l'aîle privée, tandis que Emma avait soupiré à son tour en se sentant spéciale, comme si elle avait vécue un moment important.

Enfin seule, elle avait soupirée en essayant de retrouver ses esprits, le sentiment d'être à l'abri des regards. Elle en avait profitée pour faire le tour de sa chambre, sans se presser. Emma avait déballée ses affaires de sa valise, puis était allée en direction de la salle-de-bain. Pendant près d'une demi heure encore, après s'être détendue sous la douche et être sorti, Emma était restée assise sur son lit, dans une chambre incroyable, richement décorée, avec un feu de cheminée, à se refaire le fil de sa soirée, à divaguer au sujet de ce dénouement ; ses pensées n'appartenant qu'à elle seule pour l'instant.

Le lendemain matin, la jeune femme était apparue en forme, souriante et charmante, vêtue d'une robe de couleur sable, munis d'escarpins. Emma portait sur sa tête un bonnet de père Noël sans se soucier de suivre ou non un protocole. Joyeuse, Emma n'était pas décidée à laisser qui que ce soit rompre avec ses propres habitudes ou traditions familiales où l'on chantait, dansait, où l'on pratiquait de la musique et où l'on déclamait des poèmes. Par chance ou par politesse, on ne lui avait rien dit, au contraire. Hugh s'était levé d'un bond de son siège, comme s'il venait de resscuciter en ayant la bouche ouverte, sa mère avait esquissé un grand sourire radieux, quant à sa soeur cadette, celle-ci semblait au comble de la bonne humeur.

-"Bonjour à tous et joyeux Noël...", fit Emma avec gentillesse et un grand sourire.

Pas de baiser lancé à la volée de bon matin devant les employés de maison et la famille. Cela dépendait des familles bien-sûr, mais même les enfants avaient pris l'habitude de ne pas embrasser leurs parents sur la joue. Ne sachant pas si de telles familiarités étaient permises chez les Grosvenor, Emma s'en était abstenue.

-"Bonjour très chère et joyeux Noël. J'espère que vous avez passé une nuit tranquille", répondit la Duchesse douairière, non sans faire allusion, avec ironie, à la tour de l'horloge.

Au menu ? Du London particular qui était une soupe populaire au sein du pays, composée de pois cassés, de lard ou ici en l'occurence du jambon cru fumé de Cumbria découpé en lardons, avec des oignons émincés, du bouillon de légumes et de jambon et du céleri, cuît lentement.

-"Oui, tout à fait. Je me suis réveillée ce matin et en jetant un coup d'oeil à la fenêtre, c'était incroyable..."

Il y avait aussi des oeufs brouillés, des côtelettes de bacon fumé, des champignons sauvages sautées en persillade, des toast, du jus d'orange, des haricots blancs cuisinés à la sauce tomate, du cheddar râpé du Cheshire, des saucisses Cumberland, des saucisses aux herbes du Lincolnshire délicieusement grillées, une salade de tomates à la française et des mini baguettes de pain accompagné de sauce Worcestershire : un vrai petit-déj de Reine comme Hughie l'avait promis.

Emma n'en avait pas cru ses mirettes de bon matin. Le manoir était, certes, très calme à la nuit tombée et très tôt le matin, mais elle ne s'était pas imaginée tomber sur une vue aussi majestueuse.

-"Aujourd'hui, Emma et moi allons aller du côté d'Eccleston avant le déjeuner..."

La prise de parole du Duc avait eu le mérite d'être clair. Sa mère s'était contentée d'un "très bien" sans faire davantage de cérémonie. La chose semblait avoir été actée, tout comme le fait qu'à présent nos deux tourtereaux allaient avoir besoin de revendiquer leur autonomie, visiblement avec sa bénédiction.

Emma s'était servi dans les plateaux et soupières en argent recouvert(e)s de cloches afin de tenir leur contenu au chaud et qui avait été mis à disposition sur une grande table. Dans le coin gauche, se tenait immobile le Majordome, toujours à l'affût du moindre signe en provenance du Duc ou de la moindre faute du personnel, tandis que le reste des employés lse trouvait en congés jusqu'au sur-lendemain, après le boxing day.

-"Ouuh... Tout cela a l'air délicieux...", fit Emma qui semblait se régaler d'avance ; elle qui était une gastronome et une épicurienne - un bonheur pour les cuisiniers d'Eaton Hall.

Le petit-déjeuner s'était déroulé normalement, comme au sein d'une famille à laquelle Emma se sentait encore un peu comme une étrangère, ce qui était normal après tout, mais très bien accueilli en finalité. La seule touche un peu "weird" avait été cette attente qui avait précédée le Pater Noster en Anglais afin de remercier le Tout Puissant pour ce repas et pour avoir suscité cette étincelle mystérieuse entre elle et son fils. Oui, bon, lorsque l'on avait des parents non pratiquants et ne croyant en aucune religion, cela pouvait surprendre.

Hughie avait ensuite sorti l'un de ses véhicules : pour le coup une Porsche 911 gris métalisé que sa petite-amie avait dévisagée d'un air un peu mal à l'aise, déjà parce qu'elle n'était pas une amatrice des bolides ultra-rapides et coûtant un bras, mais aussi parce qu'elle détestait les excès de vitesse. Bon, certes, cela ne l'avait pas empêchée elle-même de prendre trois amendes à Londres pour mauvais stationnement avec son Audi A4, mais ça n'était pas la même chose ! Hihihi !

-"Fan de top Gear, j'imagine...", lui demanda t-elle alors qu'elle savait que le fils de Lord Gerald était, comme lui, un passionné de voitures."Je préfère ma petite voiture..."

Oui, le Duc possédait tout les attributs des ultra-riches à l'exception d'un yatch : il possédait des voitures anciennes, des modèles de luxe, un jet privé, des chauffeurs et autres pilotes. Qu'il aille jusqu'à Eccleston, qui était à moins de deux kilomètres, en voiture, d'accord : de toute façon, ils finiraient bien par être vus, même si nous étions le jour de Noël, mais ce serait pire au volant d'un bolide pareil.

-"Je ne roulerai pas vite, promis... Mais oui, il m'arrive de regarder cette émission, bien que je n'apprécie pas toujours ce qu'ils font avec ces engins."

Bon... Puisqu'ils comptaient s'y rendre qu'à deux, suivis par une équipe réduite de gardes du corps armés, elle s'était décidée à prendre sur elle. Après tout, cette passion n'était pas la sienne, elle ne comptait pas utiliser ce parc de véhicules ni lui faire la tête jusqu'à ce qu'il se sépare de sa collection. Le faire serait se mettre à dos son petit copain, là où il pourrait fort bien vouloir l'embêter pour l'obliger à abandonner une chose qu'il n'aimerait pas ou simplement pour lui faire ressentir cette frustration.

Entre deux mille un et deux mille onze le village d'Eccleston était passé de cent quatre-vingt quatre habitants à près de deux cent cinquante. Celui-ci se trouvait sur les traces d'une ancienne voie romaine menant vers la cité de Chester à quatre kilomètres, près de la rivière Dee. Territoire ayant appartenu à Gilbert le Gros Veneur, oncle de Guillaume le Conquérant et ancêtre de Hugh, elle s'était composée autrefois de sept habitations, de quatre habitants et d'un bâteau de pèche. Un endroit vraiment perdu et très tranquille.

L'église actuelle de St Mary était la troisième en date - la dernière ayant été construite en briques rouges locales sur ordre du premier Duc de Westminster entre mille huit cent quatre vingt dix sept et mille huit cent quatre vingt dix-neuf. Elle possédait depuis une chapelle dédiée à la famille dans laquelle se trouvait des mémoriaux à la mémoire des Comtes et Ducs de Westminster, avec un double accès : l'un menant au cimetière, l'autre sur une entrée grillagée conduisant au bas-côté sud, d'où entrait et sortait la famille lors des offices.

https://youtu.be/1VONDFSBZig

Une fois sur place, main dans la main, Hugh et Emma étaient entrés à pas tranquille dans l'église, accueilli par nul autre que le prêtre de la Paroisse qui s'était incliné. La visite avait durée un moment alors qu'à minuit, ici, avait eu lieu un office afin de célébrer la naissance de l'enfant Jesus. Le cimetière, notamment le lieu réservé à la famille Grosvenor, se situait dans une immense cour avec de nombreux arbres qui pourraient lui conférer les caractéristiques d'un bois.

-"Wow...", fit Emma. "L'endroit ressemble beaucoup au cimetière de Sleepy Hollow dans le Massachussets, là où est enterrée Louisa May Alcott - La colline et les drapeaux en moins. C'est un lieu de repos vraiment magnifique..."

Oui, en matière de décor naturel, d'architecture et même d'histoire, on pouvait trouver à cela un certain charme. Cela lui avait fait drôle de se dire que c'était ici que Hugh finirait un jour où l'autre et peut être elle-même - la romantique.

Il y avait des fleurs qui poussaient naturellement, des écureuils qui se nourrissaient de fruits à coque, des pierres tombales plus que centenaires. Les uns après les autres, l'actrice y avait retrouvée des noms aperçus dans des registres, des mémoriaux, des livres que Hugh lui avait prêté afin qu'elle puisse, à sa demande, en apprendre plus sur sa généalogie de plus de mille ans. En outre, elle avait eu la confirmation romantique qu'un pareil lieu était en réalité bien plus vivant que la perception humaine pouvait avoir d'un cimetière, sans doute à cause de leur rapport avec la Mort.

Finalement, ils étaient arrivés là où Hugh avait voulu l'emmener afin de lui présenter la dernière demeure de son père. Ainsi, comprendre davantage son fils passait par la nécessité de comprendre son rapport avec son père, la pression qui avait été la sienne, ce qu'il avait voulu ou non transmettre à ses enfants. En un sens, oui, Emma ne comprenait pas Meghan qui prétendait ne pas avoir été préparée, avoir été naïve alors qu'elle savait que son rêve depuis toute petite était de devenir Princesse, mais aussi et surtout riche et célèbre, qu'elle était amatrice de luxe, un peu diva sur les bords, contrairement à l'Anglaise qui n'avait jamais été prétentieuse ni méprisante à l'égard des "petites mains", de tout ces gens issus de l'ombre qui avaient contribué à un service, à un travail qui lui avaient valu la lumière des projecteurs.

Emma avait pris un risque, elle pensait s'en mordre les doigts alors que pour l'heure tout n'allait pas si mal, même s'il ne fallait pas se réjouir trop vite. Ainsi se retrouva t-elle sur un lieu de repos éternel, un lieu qui suscitait toujours du regret, de la nostalgie, des souvenirs et de la souffrance chez son fils. L'ambiance sur place était comparable à cette scène tournée avec Dan, lorsque Harry retrouvait ses parents assassinés par Voldemort, avec Hermione usant de sa magie afin de leur rendre un hommage magique de la part de tout les deux, là où l'Elu s'était retrouvé seul face à son Destin en compagnie d'une sorcière appelée à devenir son égale et sa plus grande force.

Un enfant, lui ? Non, Hugh ne l'était plus, mais une part de lui avait été meurtrie, quasi anéantie. En grandissant, on racontait que l'on perdait nos illusions, notre insouciance et qu'il existait des choses qu'un homme recherchait chez une femme et des choses qu'une femme espérait trouver chez un homme ou selon son orientation. Tous, par chance, n'avaient pas totalement tirer un trait sur leur passé et quelque-part sur l'essence de leur existence. Mais à force, ce qui lui semblait évident c'était que son petit-ami avait besoin de faire son deuil, de prendre confiance en lui, de se sentir aimé et inspiré, comme elle pouvait avoir des besoins ou des carences. Emma avait, bien-sûr, du mal à le croire lorsqu'il prétendait vouloir faire d'elle sa femme, sa muse, son inspiration, parce qu'elle ne comprenait pas (ou ne voulait pas accepter)  alors qu'il avait un malin plaisir à la déstabiliser et à lui donner une importance qui aurait pu lui monter à la tête.

-"Gerald Cavendish Grosvenor, 22 décembre 1951 - 9 août 2016", dit Emma en lisant la pierre tombale à haute voix.

Entendre cela de sa bouche avait fait frissonner Hugh qui avait resserré son emprise sur sa main, sans un mot, bien qu'il avait fini par se racler la gorge. Décédé à soixante-quatre ans officiellement d'une crise cardiaque, après avoir combattu la maladie et s'être éteint de manière fulgurante. Gros fumeur, consommateur d'alcool, bon mangeur, ses dernières années avaient été marquées par des sacrifices, des traitements, un changement tardif, lui qui avait pris l'exemple de Lady Diana, la marraine d'Edwina, en conduisant très jeune ses enfants dans un centre de désintox par exemple afin de leur montrer les ravages de la drogue.

-"L'un doit donner aux enfants la liberté d'expression. L'autre doit parfois conserver un oeil ouvert et prier pour le meilleur. Si vous leur donner un bon départ dans la vie, en instillant en eux les bonnes valeurs et attitudes, il n'y a plus qu'à espérer qu'il s'agit de bonnes fondations suffisantes pour les voir grandir et s'épanouir sur le droit chemin..."

Le septième Duc de Westminster venait à l'instant de citer son défunt père sans quitter la pierre tombale des yeux. Emma n'avait encore rien dit, préférant laisser à son chéri le soin de se faire ses propres réflexions, pour entendre ce qu'il avait éventuellement à lui dire et qui pourrait avoir une importance.

Tantôt Emma avait évoquée la vulnérabilité, le fait que nous avions tous des cassures, des souvenirs malheureux, une part enfantine qui avait été soit tuée, soit enfoui loin alors que l'on nous demandait d'être des adultes responsables, avec le moins d'imagination possible, mais fondu dans la masse des conventions et obéissants.

Elle se doutait que ce luxe n'était pas à sa portée, que se livrer et mettre ses failles à jour, abaisser sa garde, dans la position qui était la sienne ou celle de son homme c'était une occasion pour se faire battre. Sauf que dans un couple si l'on ne parlait pas, si l'on ne se faisait pas confiance, si l'on ne faisait pas en sorte de travailler sur soi pour être meilleur ensemble et plus à l'écoute...

-"Je suis d'accord avec ce que tu viens de dire... Je suppose que ces mots sont de ton père ? Il devait être quelqu'un de bien, mais de tourmenté... Un homme généreux, qui se voulait proche des gens, autant que sa position pouvait le permettre en dépit des dangers que l'on rencontre lorsque l'on est riche et célèbre ou à la tête d'un Empire."

Oui, on pouvait qualifier les possessions, la fortune du Duc et son influence comme étant un Empire puisque celui-ci était le plus vaste du pays, loin devant la Reine et le Prince de Galles. Gérer de tels biens, une telle fortune et de telles entreprises, avec les risques que cela impliquait et les mauvais coups, les mauvais choix fait parfois, ça ne devait en aucun cas être facile.

"Il aurait voulu être fermier ou militaire, sans ses responsabilités de Duc qu'il a du assumer... Il n'aimait pas vraiment l'école et trouvait ironique qu'à la fin de sa vie ont ait voulu l'honorer de titres et de responsabilités touchant à l'éducation, même si son travail et le fait d'avoir élevé avec ma mère des enfants auraient pu lui valoir une crédibilité. Ironiquement, il est devenu Doyen de l'Université de Chester..."

Ils en avaient déjà discuté lors de leurs dîners dématérialisés, puis plus tard en Espagne et ici même à Eaton Hall. Emma savait très bien que Hugh avait repris la suite de son père avec l'impression d'avoir un grand vide et le sentiment d'être seul. Ainsi, l'arrivée, ou plutôt le retour, d'Emma dans sa vie avait été perçu par lui comme sa chance de vaincre ses démons. Longtemps, il avait cherché à concrétiser son rêve, à trouver sa muse. Cela lui faisait quelque-chose d'être là, face aux restes de son père en compagnie de celle dont il avait su qu'il nourrissait une passion dévorante, mais qu'il n'avait jamais rencontrée ou plutôt retrouvée par la suite.

"J'aurai aimé qu'il te voit, qu'il puisse te parler... J'étais très jeune, mais sans sa compréhension, jamais nous ne nous serions vus sur le plateau de l'Ordre du Phénix, si tu te souviens... J'avais l'air d'un idiot amoureux... Bon, je suis toujours un idiot amoureux, mais bon, voilà...", dit t-il en ironisant et en riant un peu.

Emma avait pouffée de rire.

-"Peut être nous voit t-il de là haut... Tu sais, mon père a toujours dit à ses enfants que la parole d'un Watson valait de l'Or, qu'il ne fallait pas la donner à tord et à travers. Pour réussir, tes parents étaient deux et j'ai senti chez toi le besoin de prouver, de laisser une trace, de suivre celles de ton père... Je t'ai vu hésitant sur certaines videos, cherchant à maîtriser une image, à prendre ton rôle au sérieux, même si tu te sentais dans l'ombre de ton cousin et ami, le Prince William. J'ignore si me choisir comme muse est une bonne idée, mais si nous voulons réussir toi et moi à créer des bases solides, il faudrait déjà nous promettre de ne rien nous cacher, jamais..."

Certains octroyaient une confiance comme ça. Emma, elle, pensait qu'elle se méritait, qu'il était facile de la perdre et difficile voire impossible à récupérer. Pour bâtir ensemble un couple solide, il allait falloir commencer par prendre certaines résolutions et si cela pouvait se produire à un endroit symbolique, surtout pour lui, comme en ce lieu incongru aux yeux des autres, alors il était indispensable de jouer l'un l'autre cartes sur table, sans chichis et sans crainte de paraître vulnérable...


Spoiler:


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https://youtu.be/irS3H7DGgPI

Eaton Hall, Grosvenor Estate, Cheshire,
December 25th 2020

Au sein de ce cimetière, face à cette tombe contenant les restes de son père, Hugh était resté d'un calme apparent, avec bienveillance et ce visage emprunt d'un grand sérieux. Non. Tout en lui l'incitait fermement à croire que tout était clair dans ce monde noyé dans le chaos. L'Amour qu'il lui portait avait été nourri par l'exemple de parents aimants, imparfaits, mais sincères. La tromperie n'était ni un tempérament ou une seconde nature. Cela n'était pas honorable pour quelqu'un qui avait cherché à se démarquer des autres et à faire la fierté de ses parents et de son nom, ce qui avait fait de lui un célibataire passé la trentaine contre toute attente, alors qu'il demeurait l'un des partis les plus convoités de la planète, là où il n'avait pas voulu suivre "l'exemple" de beaucoup d'autres, alors qu'aujourd'hui, tandis qu'il s'était attendu à avoir le coeur brisé en milles morceaux, il avait réussi, non pas à conquérir, mais à convaincre cette fille au destin incroyable qu'il avait vu grandir dans la peau d'une autre et soulever plus d'un milliard de personnes à travers le monde au travers de diverses causes.

Lui savait qu'il ne voulait pas d'une vie intime faite de mensonges et de faux-semblants - sa vie étant déjà bien assez compliquée et solitaire lorsqu'autour de lui il n'était entouré, en réalité - et il le savait - que d'une poignée d'amis fidèles et sincères. Il savait, pourtant, qu'elle lui rappelait cette période de sa jeunesse où il avait été placé face à tant de tentations, surtout par le biais des Van Cutsem et de Harry. Avec le recul, le Duc comparait cela à un "harem", à une cour informelle où l'on avait espéré le voir y faire ses premières armes, ses premières conquêtes, malgré l'éducation stricte et raisonnable reçue au sein de sa noble famille. Fut un temps on l'avait même vu lors de soirée pyjama ou lors de fêtes entouré de jeunes filles - des camarades de classe pour la plupart et pourtant aucune n'avait réussi là où "Hermione/Emma" avait déjà remportée la bataille sans même avoir à combattre. Ce point, elle ne l'acceptait tout bonnement pas. A ses yeux, il existait bien plus jolie et plus "sexy" là où elle donnerait, comme Hermione, une autre définition à ses deux mots qui l'avaient parfois fait souffrir.  

Pour autant, il ne s'était jamais comporté comme eux, plutôt comme un jeune premier assez discret et le plus jeune du groupe, coincé dans l'ombre de Princes, amis et membres de la famille, tandis qu'elle l'avait, semblait t-il, toujours vu trois pas derrière eux, comme un jeune garçon "moins important" que la presse n'avait pas cherché à sexualiser trop tôt, ou tout court, contrairement à elle il y a des années. Lui n'avait pas fricoté avec certains milieux universitaires ou propres à la nuit du type Riot Club ou dans des clubs élitistes réservés aux hommes où le sexisme, la misogynie, régnaient encore. Il n'y avait jamais eu de papiers peu flatteur ni de frasques liées aux avances de jeunes ambitieuses le traitant presque comme un Dieu afin de flatter son égo ou cherchant à titiller ses vices afin de le séduire, lui faire du chantage ou salir son nom, là où il aurait laissé volontiers celle qu'il surnommait aujourd'hui " sa muse" profiter de ce genre de connaissances à faire rougir. Lui avait été entouré par trois soeurs et par une mère, influencé à la fois par elles et par les valeurs que l'on avait essayé de lui inculquer, à commencer par le respect et l'honneur, en pleine période adolescente mêlée de turbulences et de curiosité, d'envie de s'amuser, de s'émanciper, de se laisser influencer.

A la réflexion, le Duc réalisait combien Emma avait eu toutes les raisons ou presque de se tenir éloignée de lui à l'époque, alors qu'elle avait craint de le voir perdre pied. Il avait fini par grandir, par murir, par conserver le meilleur et un peu moins du pire. Il avait étudié, il avait essayé d'être le meilleur être humain possible un peu plus chaque jour en dépit des épreuves de la vie et de la peur de décevoir, lui qui ne pouvait être compris de grand monde ; en tout cas pas par ceux qui ne se retrouveraient jamais face à pareille pression et à pareilles attentes, surtout celle de le voir échouer en entraînant avec lui des titres et une puissance bâtis sur plusieurs siècles, à travers ces aléas de l'Histoire qui avait conduit d'autres nobles à tout perdre ou à sombrer dans la déchéance, tandis que sa famille avait réussi à surmonter cette terrible épreuve et à en sortir grandi, plus riche.

Oui, Hugh savait ce qu'il devait à sa bonne étoile et à sa famille, en particulier à ses parents et au peu d'amis réellement sincères, tout comme il n'avait pas oublié ce qu'un personnage et une actrice avaient su inspirer en lui durant son enfance en sachant qu'ils avaient grandi au sein de la même génération. L'adulte qu'il était aujourd'hui, pour sûr, était différent, suscitant le respect au sein de la population voyant en lui le digne successeur d'un père très aimé et respecté, mais tous serait surpris d'apprendre qu'il faisait aussi cela pour elle.

A présent, elle lui parlait de promesse, de noblesse de caractère, de sincérité et de fidélité face à cette pierre tombale, face aux souvenirs fanés d'un père accusé de beaucoup de choses, mais n'ayant jamais rien fait de mal, sinon, peut être, d'avoir été un entrepreneur à la fois redoutable et en même temps humain dans un monde de finances ne laissant de places à aucune amitié, à aucune compassion ou sympathie et où, pourtant, il avait su démontrer tout le contraire en allant vers les gens, en aimant les choses simples et le contact avec la Nature tout en créant des projets de préservation et d'autres plus innovants en matière d'écologie, de bâtis et d'agriculture.

Il lui avait alors pris les mains en se tournant vers elle, avec ce sourire enjôleur et rassurant - sincère - un peu avant que les traits de son visage ne retranscrivent sans peine tout le bien et l'Amour qu'il lui portait depuis la première fois, petit, où il avait croisé Hermione sur un écran et rencontrée l'actrice et la femme inspirante qu'elle était devenue en dépit des épreuves et des doutes qui avaient émaillées leur existence, même si elle ne cesserait de le refreiner à cause de son fichu syndrome de l'imposteur.  

-"Naturellement...", lui répondit t-il avec douceur et sérieux dans un premier temps, tandis que son regard s'était perdu dans ses beaux yeux. "Je t'en fais le serment... Ma vie n'aurait aucun sens si cela se passait autrement, si tu n'étais pas là pour faire vibrer chaque fibre de mon être, pour rendre plus vivantes ces choses qui nous entoure...", ajouta t-il avant d'enlacer fermement sa compagne. "... J'ai beau être un beau-parleur comme tu me le reproches, mes paroles n'en restent pas moins sincères, comme le sont mes intentions, sans arrière-pensée... Tu sais que je défendrai ardemment et avec jalousie cette flamme qui est née dans ton coeur et dans le mien, ce qui est plus que ce que j'aurai pu espérer dans mes rêves les plus fous... Mais ce que je veux c'est que ce feu devienne plus intense, inarrêtable. Tu es désormais Reine et prisonnière de ce Royaume. Dieu s'est manifesté afin de créer notre "mystère", même si tu n'y crois pas et si je suis seul à penser que ses projets sont impénétrables. Son Amour nous a envahi et je ne laisserai personne m'éloigner de toi... Jamais."

Pour sûr, Emma trouvait qu'il en avait peut être fait un peu trop, mais ça ne lui déplaisait pas tant que ça. Hihihi ! Hum... Hum... Oui, oh... Elle s'était déjà fait avoir par ça et ses propres émotions ou attentes, au point où Alex, son frère, ou ses parents avaient eu à intervenir parfois, malgré ce sentiment parfois dérangeant de faire face à un certain paternalisme.

Impressionnée et touchée par une telle détermination et conviction, l'Anglaise n'en restait pas moins humble. Elle ne faisait qu'écouter son coeur et parfois son esprit s'invitant dans des conflits éthiques ou moraux dans lesquels elle se sentait imparfaite, sans toutes les réponses à apporter à ceux qui attendaient d'elle monde et merveilles, alors que, comme eux, elle était dans un apprentissage constant à travers les autres et ses propres expériences. Jamais elle n'avait considérée ce titre de "rôle model" comme à prendre à la légère ou comme si elle était un modèle de perfection.

-"Je te fais moi aussi le serment d'être honnête, même si nous avons tous nos jardins secrets et parfois peur d'en révéler les secrets...", lui répondit t'elle non sans une pointe d'ironie, avec un petit sourire. "Mais il n'émanera de moi aucun mensonge ni faux-semblant ou malveillance... J'ai le sentiment moi aussi d'être face à quelqu'un d'inspirant et de rassurant, de perturbant dans ses convictions, surtout lorsque tu parles de "nous" comme un don du ciel. Mais j'espère qu'avec le temps, ce que nous pensons intimement se confirmera... Je ferai tout ce que je peux pour te faire franchir ces barrières que j'ai créer au fil des années afin de capturer définitivement cette âme meurtrie qui attend son Prince-Charmant. "

Hugh avait souri, aimant les défis, au même titre que sa Princesse guerrière, sans savoir dans quoi il allait mettre les pieds. Seulement, il savait sa Belle prudente, empêtrée dans des doutes, des remises en question, une propension à se démolir, liée plus ou moins au reliquat d'une vie amoureuse où elle avait toujours été très aimée, mais au travers de laquelle elle avait affrontée quelques trahisons, de nombreux échecs, quelques frustrations ou brûlures. Cela n'avait pas été faute de droiture, de tout essayer, d'espérer, d'espérer et espérer encore jusqu'à se sentir prête à renoncer. Pour lui, elle méritait le bonheur, de croire à la beauté de son âme et il ne voyait personne d'autre que lui en mesure de combler cette attente ou espérance, tout comme il croyait depuis des années qu'elle était seule pour combler ce gouffre qu'il ressentait au plus profond de son coeur.

"Je ferai tout ce qu'il faut et même plus et je sais que tu en feras de même... Mon coeur bat pour toi... Je ne pense qu'à toi. C'est un sentiment incomparable dont je ne souhaite pas la mort, jamais..."

Espérons que le ciel l'entende, bien qu'aucun des deux ne s'attendait à faire l'expérience d'un Amour puissant endeuillé avec la disparition prochaine du Duc d'Edimbourg.

"J'imagine que les personnes inhumées ici auraient bien du mal à se faire au monde actuel. Sans doute trouveraient t-ils à redire... Mais je dois bien admettre que ta famille est charmante et des plus honorables... Je les aime beaucoup... Je ne pensais pas trouver cela ni des échos de ce en quoi je crois au sein d'une famille comme la tienne... Tout, ici, à commencer par votre devise, m'inspire..."

Le Duc bomba le torse, rassuré et ravi d'apprendre que sa Belle avait commencée à se sentir un peu chez elle, au sein de quelque-chose qui l'inspirait sur le plan intellectuel et des émotions. Or, en plus d'avoir des airs de Lady et de digne héritière du titre de Duchesse tant convoité, Hugh avait l'impression qu'à l'instar d'autres femmes ayant marqué leur époque, Emma possédait de quoi transformer ses propriétés et leur manière d'agir tout en restant dans la tradition bienfaisante des Grosvenor ayant aussi fait leur réputation. Pour lui, elle était le joyaux le plus important, le plus brillant et le plus convoité - une masterpiece sans qui tout leur Royaume perdrait ses couleurs, ses odeurs, ses saveurs, sa raison d'être.

"C'est tout à leur honneur. Je sais que tu te préoccupes de ce qui se dira demain, surtout lorsque les gens sauront... La réponse de ma famille a toujours été la même et ne changera pas. Nous avons toujours été discret. L'un de mes aïeux était un homme à femmes, il a eu une aventure avec deux célébrités : l'une d'elle n'était autre que Coco Chanel... La presse n'était pas tout à fait celle d'aujourd'hui, mais elle suscitait, malgré tout, son lot d'attention... Laissons les choses venir et nous aviserons. Je n'ai pas honte de moi et encore moins de toi. Le temps nous donnera raison sur les questions et les vilenies..."

Au-delà du faste et de la gloire qu'il imaginait comme une possibilité pouvant faire sa réapparition près de cent trente quatre ans après celui qui avait impressionné le pays et le monde via ses réceptions fastueuses et sa bienfaisance, il était bientôt l'heure de partager ce fameux repas de Noël en famille avant ce fameux discours de la Reine. En regardant sa montre, le Duc avait fini par conclure après un savant calcul qu'ils pouvaient encore s'accorder quelques instants de balade avant de rentrer doucement à la maison afin de se réchauffer.

Au menu ? Des restes, comme le voulait la tradition : de la soupe de pintade, avec l'ajout de navets, de panais et de poireau, du Limerick gammon - un jambon recouvert de miel et d'épices, mais aussi de cidre Irlandais, cuit au four et servi avec une sauce au sirop d'érable, à la pèche et au safran, accompagné de bubble & squeak et d'une salade frisée aux noix et au parmesan. Le dessert, lui, promettait d'offrir une note de gourmandise et de douceur afin de conclure ce repas de la plus belle manière qui soit : du pain perdu, sauce caramel au beurre salé et sa crème glacée à la gousse de vanille de Madagascar, agrémentée de tranches d'ananas Victoria tout droit venu de l'île de la Réunion...

Hm... Num, num, num...
Hihihi !

Ce fut ainsi qu'au soir du Réveillon de Noël un miracle eut lieu.

Il était, certes encore trop tôt, mais il ne faisait aucun doute que ce qui était né ici allait susciter bien des réactions et être perçu, un jour, peut être, comme un moment historique ayant bouleversé le Royaume-Uni...

The End


Spoiler:


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"The truly wondrous times in this life involve infrequent moments of intimacy and acceptance. Those instances do happen and transcend the power of the great void. And I know what I have to do now. I gotta keep breathing. Because tomorrow the sun will rise and the curse will end..."
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