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LE TEMPS D'UN RP

Entre chien et loup ~

Mandrin
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Mandrin
Mar 17 Mai - 20:14

Cray
J'ai 50 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis employé de maison et je m'en sors comme un chien. Sinon, grâce à ma chance/malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Je peux me transformer en chien, c’était pas une façon de parler. Enfin parfois, je me pose la question : je suis peut-être un chien qui peut se transformer en homme. Au fond, est-ce que ça ferait une différence ?
Entre chien et loup ~ - Page 3 Sans-titre-2
Je travaille pour Marjo Paavolainen, occultiste, en fait ma famille travaille pour sa famille depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne. Ses travaux tournent autour du vaudou et je vais souvent prospecter sous les tropiques pour lui ramener de l’information.

Un sorcier local s’y rend aussi, de plus en plus souvent ces dernières années, auquel cas les Paavolainen me « prêtent » et il me sert de maître de substitution. Il est terrifiant, mais c’est la vie.

En le fréquentant, j’ai croisé les amis de son fils à la fac et de fil en aiguille, je me suis retrouvé père, à 48 ans, c’était vraiment pas sérieux.
Cray ne sait pas comment il est sorti. Il a nagé, ça c'est sûr, et il n'a pas très bien retenu sa respiration même s'il était conscient de devoir avancer tout droit, et le plus vite possible... la vision trouble, l'ouïe envahie de sons parasites qui n'étaient pas réellement là, et même son odorat sujet à quelques hallucinations qui lui peignaient des flaques de sang, là où ne se trouvaient que les voies aquatiques translucides par lesquels ils étaient venus.

Il est à l'abri maintenant, désorienté, glacé d'une horreur qui n'a pas vraiment d'origine, secoué comme par une main sadique qui se serait amusée à saisir son âme et la mettre en lambeaux à coups de griffe. C'étaient peut-être des fantômes, oui, mécontents de sa présence ? Un gardien quelconque placé dans cette crypte sans tombes, pour faire regretter aux intrus d'être passés par là... Sans doute Monsieur Tarock aurait-il pu désamorcer ce phénomène d'une simple formule. Mais les formules, on ne les lui apprend pas. La forme humaine lui donne l'impression d'être encore plus vulnérable. Ses mains s'accrochent aux pierres comme si c'était ce qui le maintenait dans le réel. Est-ce qu'un homme peut être dispersé en fines particules par un souffle de vent ?

Tout lui fait peur, parce que l'illusion lui a donné l'impression que la mort était partout autour de lui. Pas comme dans un cimetière, plutôt comme dans un abattoir. Il ne veut pas percevoir la réalité comme ça. Même si c'était vrai, il ne voudrait pas. Crow a raison, il faut voir l'autre côté, ce qui lui a toujours donné le courage de tenir. C'est difficile en ce moment... Mais il y a la voix qui l'entraîne à se battre, la conscience des mains qui le maintiennent.

L'air entre dans ses poumons et semble les laver de ce qu'il a inspiré en bas, quoi que ce soit. Dans un réflexe qui n'a rien de construit, il lève les yeux, happe le spectacle si fiable et rassurant des étoiles, boit leur lumière. Les contes qu'il a entendus quand il était petit, l'ambiance de merveilles, le temps où il ne réalisait pas que ces maîtres qu'il admirait étaient autre chose que des dieux bienveillants réunis au coin du feu par l'union familiale. Le calme, les certitudes, l'instant présent, qui régnaient sur ses sens animaux comme humains au tout début de sa vie, quand l'un n'était pas distinct de l'autre. Cette adéquation parfaite entre les deux moitiés de son être, dans une harmonie qui semblait alors une évidence. Il l'invoque et la laisse remonter le cours de ses veines, comme un chemin de lumière, la dispersion de poussières d'étoiles. Monsieur Tarock a dit une fois que la science étudiait cette question, si la vie sur cette petite planète rocheuse était à base de poussières d'étoiles... ça avait sûrement un autre sens dans sa tête, mais pour Cray, c'était tout simple et magique, un de ces beaux malentendus entre eux dont leur relation est tissée et qui lui a permis de tenir le coup.

L'air pesant de la fosse a quitté son être. Il respire mieux. Il ne reste que l'air léger de la nuit, chargé du parfum des choses vivantes et de leur mouvement incessant, leurs mille petites préoccupations qui écrivent chacune sa minuscule histoire. Ses yeux se ferment, dans un instant d'épuisement rétrospectif alors qu'il réalise que l'effort est terminé. Il se sent faible... plus aucune envie de courir sous les arbres, d'explorer l'île, d'en suivre les pistes, ni même d'en rencontrer la faune. Plus envie de rien, pendant quelques secondes. Il a l'impression d'être en équilibre sur un fil au-dessus du vide. Il va forcément tomber ; son seul choix, c'est... de quel côté ?

"T'avais raison pour les fantômes." Dans un sanglot frissonnant, sa voix se ranime et couvre les dernières bribes des voix hostiles qui ont essayé de l'entraîner vers le bas. Elles ne sont plus qu'un souvenir, comme quand on se réveille d'un cauchemar. Plaintif, il déplore, comme une punition dont il n'aurait pas compris la faute originelle : "Je sais pas pourquoi ils ont réagi comme ça."

Relevant les yeux, il fixe Crow avec attention. Il ne doit vraiment pas être content maintenant... il est arrivé exactement ce dont il l'avait averti. Les larmes aux yeux, parce qu'il n'a plus de forces, et ce qu'il s'apprête à dire, c'est grave, ça lui pèse... mais il doit honorer sa promesse : une porte ouverte, toujours, quoi qu'il arrive. Même si, en ce moment, plus que jamais, il aurait besoin de compagnie.

"Je suis désolé. Si tu ne veux plus me voir après ça, je comprends. Clairement je ne joue pas dans ton équipe, mais c'est logique hein... nos animaux de base nous l'ont dit même avant qu'on se parle, pas vrai ?"





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Val
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Val
Mer 18 Mai - 12:35

Amka Wraith,
dit « Valravn ou Crow »  

J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.

Sur mes papiers, il est écrit Amka Wraith... Avant ce que je continue à appeler la colonisation avec une rancoeur qui m'honore peu, nous nous appelions Uyarak, Je suis Amka Uyarak, et répond aux surnoms de Valravn que j'utilise souvent comme prénom, et de Crow...




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn » que certains disent "Crow", celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...

Depuis, je suis fidèle à ma double mission, aider de mon mieux les vivants et les morts... Et à ma double nature, homme, et loup... J'aurais voulu pouvoir m'incarner en oiseau, voler dans les airs, mais aux dires des Anciens, un seul esprit de bête entre en toi, et le loup m'a choisi. Qui sait ? Les anciens voient et savent, mais pas tout parfois ?

Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Entre chien et loup
Cray & Amka

Mai 2022













 « "Je suis désolé. Si tu ne veux plus me voir après ça, je comprends... nos animaux de base nous l'ont dit même avant qu'on se parle, pas vrai ?"»

Le danger immédiat a l'air passé, il n'a compris, moi non plus en fait. Par contre, ce qui vient de m'apparaître avec une netteté d'évidence c'est pourquoi je suis un loup... et non un chien. Morphologiquement, lui et moi sommes presque frères, surtout la race de chiens qui est la sienne … Il est un peu moins massif, un peu moins grand , à peine... Non, ce qui le rend lui et qui me fait moi, c'est la soumission.

Les hommes ont choisi leurs chiens parmi nos ancêtres communs, ils ont domestiqué les plus aptes à l'obéissance, les plus sociables, les moins enclins à la rébellion. Un grand chien fort comme lui, endurant et courageux, ne sera jamais un loup, en cela il a raison. S'il avait été loup, même s'il avait accepté d'aller chercher ces mots au fond du trou, il n'aurait rien invoqué, parce qu'en chaque chien il y a l'humain qui le commande, et que c'est cet humain le « prôneur de guerre » qui a réveillé la glace en affichant son hostilité.

«  Nos animaux sont frères dans le Tout, comme les hommes et les loups le sont... Si tu écoutes, tout au fond de toi, tu es feuille, flamme, eau, pierre, poussière d'étoile, autant que chien ou homme... Tu es l'une des particules du Tout, comme moi... Cette chose dedans aussi l'est, mais l'a oublié, c'est pour ça qu'en pensant à l'équilibre et à la joie de vivre, tu peux la repousser.  »

Tu peux, mais combien de temps ? Les mauvaises magies existent, si elles n'existaient pas, il n'y aurait pas de chamanes pour veiller à remettre les choses en ordre.

J'ai retiré les pierres de nos mains, remis le tambourin dans mon sac, j'ai aussi dedans un masque, un corbeau-loup dont les plumes appellent les forces de l'air et de l'éther, et le museau la terre et le vent... l'eau vient par mes tatouages, je suis un îlien... Mon corps tout entier, ma pensée, mes actes, sont devenus l'incarnation du Tout, ma vie est offerte, à qui a besoin de réconfort ou de présence, alors j'attire le Chien tremblant et faible, je passe ma main droite autour de ses épaules, lui fait un rempart de ma chevelure dénouée.

«  Quand tu auras la force, nous partirons d'ici, ne pense pas aux mots, tu les écriras plus tard, et tu plieras le papier, que tes humains s'en débrouillent, s'ils passent outre le Commandement la vie se chargera de les remettre sur le chemin.   »

La vie, j'ai toujours confiance en la force qu'elle irradie, et peut-être les morts qu'ils ont outragés... Et moi, en dernier recours, s'ils trouvaient un moyen de déranger l'ordre des choses, de façon tellement intense que le Tout ait besoin d'un intercédant, mais j'en doute.

Je ne lui dis pas que chez nous, l'un des pires mauvais esprit est un chien... Une ombre de chien, malveillant, affamé, qui se nourrit de la joie et de l'espoir, te fais perdre tes repères. Il s'en prend aux solitaires, à ceux qui vont sans compagnie, les pourchasse, les traque avant de les dévorer quand errant, transis par le froid et la glace ils n'ont plus la force de l'éviter : Keelut.

Je le sens qui se blottit, redevenu chiot, malmené, diminué... Sa détresse mérite d'être épongée, cautérisée, je tends mon mental, ferme les yeux en continuant à le serrer, et psalmodie sans dire une seule parole ni laisser un son s'échapper de mes lèvres. Je dois ressembler à un de mes congénères hurlant à la lune, mais d'un hurlement muet bien qu'intense.

Je vais à son sac, l'habille comme on habillerait un enfant, pour qu'il ne tombe pas en hypothermie. Il ne fait pas si froid bien que subitement plus qu'à son arrivée, mais il a laissé une partie de sa combativité dans notre aventure... Une fois Cray réchauffé, j'enfile à la hâte un pantalon et un débardeur à même la peau, passe mon manteau qui est mieux sur mes épaules qu'à m'encombrer, enfile sur mes pieds nus des chaussures, je prends les deux sacs, relève mon blessé... Les blessures mentales sont aussi dangereuses que celles qui saignent visiblement... Je le soutiens, et commence à m'éloigner, dans mon épaule gauche, la douleur de l'os jadis broyé et des muscles déchiquetés me taraude, lancinante, oppressante, annonçant sa volonté de croître si je ne prends pas soin de moi. Mais je n'ai pas le temps, il faut partir, se mettre à l'abri ailleurs.

«  As-tu un endroit où aller ? Ou est-ce que je t'emmène dans la tanière du loup ? Tu as besoin de repos et de calme.  »





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Mandrin
Mer 18 Mai - 16:26

Cray
J'ai 50 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis employé de maison et je m'en sors comme un chien. Sinon, grâce à ma chance/malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Je peux me transformer en chien, c’était pas une façon de parler. Enfin parfois, je me pose la question : je suis peut-être un chien qui peut se transformer en homme. Au fond, est-ce que ça ferait une différence ?
Entre chien et loup ~ - Page 3 Sans-titre-2
Je travaille pour Marjo Paavolainen, occultiste, en fait ma famille travaille pour sa famille depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne. Ses travaux tournent autour du vaudou et je vais souvent prospecter sous les tropiques pour lui ramener de l’information.

Un sorcier local s’y rend aussi, de plus en plus souvent ces dernières années, auquel cas les Paavolainen me « prêtent » et il me sert de maître de substitution. Il est terrifiant, mais c’est la vie.

En le fréquentant, j’ai croisé les amis de son fils à la fac et de fil en aiguille, je me suis retrouvé père, à 48 ans, c’était vraiment pas sérieux.
Pas la peine de penser à ces stupides mots. La peur de perdre la raison et de rester prisonnier de cette fosse les a ancrés efficacement dans la tête de Cresus. Il les a lus et relus, il a absorbé leur musique entêtante ; ils seront la première chose dont il se rappellera demain matin, au réveil. Tout ça, toute cette mise en scène, ce message, ces couloirs hantés, forme un immense avertissement. Mais c'est lui qui en a conscience, ce ne sera pas aussi simple pour ses maîtres... les avertissements, ils les ignorent. Ou ils s'en réjouissent : ça veut dire qu'ils sont sur la bonne voie.

Pardon, pardon, pardon. D'appartenir à ces gens et de n'être rien d'autre. Et merci d’être davantage. Penaud, muet, l’homme habité par l’esprit du chien battu regarde les mouvements qui l’entourent de mille attentions, comme s’il ne comprenait qu’à moitié. Pourtant, c’est ainsi qu’il s’occupe de ceux qui vont mal, quand il lui arrive de les croiser, et qu’il n’a pas été envoyé contre eux. C’est arrivé, et c’est aussi arrivé qu’il les soigne, dès que les maîtres ont eu le dos tourné. Eux aussi ont eu un peu de mal à comprendre ce qui se passait.

Ça ira mieux quand ils seront dans la voiture.

Cray éprouve une impression grandissante de blocage, chez son ami qui le soutient, quelque chose de purement physique, des gestes qui s'arrêtent en chemin ou qui semblent surmonter une gêne pour s'accomplir. Pourtant, la rigidité, le manque de souplesse, ont l'air étranges chez le loup, créature à la démarche dansante qui ne tient pas en place. Peut-être quelque chose de cassé qui s'est mal ressoudé, ça y ressemblerait. Ce n'est pas récent, mais ce n'est pas vraiment passé non plus. A partager le rythme de sa respiration, le chien en a eu une perception presque intérieure.

"J'ai une chambre en ville pour ce soir. Je dois passer aux archives demain, restituer un paquet de documents. Tu restes vraiment avec moi ?"

Retour à la voiture, garée en toute discrétion derrière le talus, non loin de la route. Les phares circulent en long et en large, les moteurs appellent. Cray aime bien être sur la route, quand il est seul avec une chanson aux lèvres et le paysage immense autour de lui. Il peut s'arrêter où il veut et faire une sieste au soleil, personne ne lui dit rien. La voiture de fonction que lui confient les Paavolainen, grise, sans apprêts, sans signes distinctifs, sans personnalité. S'ils avaient pu, ils auraient retiré la plaque d'immatriculation.

Tout va bien, elle est toujours là. C'est un soulagement. Par réflexe, Cray qui fait souvent office de chauffeur ouvre la portière arrière et fait signe d'entrer. De toute façon, avec leurs sacs... Comment il s'en serait sorti, tout seul ? Il aurait bien fini par s'échapper de la fosse, mais il aurait erré dans le cimetière, sans doute toute la nuit, complètement désorienté... Peut-être qu'il serait tombé à l'eau. Ou se serait retrouvé en train de marcher sur cette route, indifférent aux véhicules autour de lui et à leurs coups de klaxon. Est-ce que c'était un test ? S'il est utile, il reviendra. S'il ne revient pas, pas de regrets à avoir, puisqu'il n'était pas utile. Ce serait bien leur genre.

« Tu vas voir, j’ai pas une conduite agressive, je vais pas te secouer. Et en rentrant on prendra une… tu prendras une douche chaude, je me dis que ça peut te faire du bien. Faudra que tu me montres ce que tu as. Je voudrais pas te faire mal sans faire exprès. »

Il se remet au volant ; c’est bon, il a les idées assez claires pour conduire. Et baisse le volume de la radio parce que tout le monde n’aime pas ça. A cette heure-ci, sur la chaîne qu’il écoute, c’est très doux, presque des berceuses, les salauds ; si quelqu’un s’endort au volant sur la route, faudra pas qu’ils viennent se plaindre !
Deux paumés sur un ruban d'asphalte, direction les barres d'immeubles qui scintillent au loin comme des lingots posés au bord de l'eau.

« Comment tu te sens en ce moment ? Moi... ça va. »





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Jeu 19 Mai - 18:08

Amka Wraith,
dit « Valravn ou Crow »  

J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.

Sur mes papiers, il est écrit Amka Wraith... Avant ce que je continue à appeler la colonisation avec une rancoeur qui m'honore peu, nous nous appelions Uyarak, Je suis Amka Uyarak, et répond aux surnoms de Valravn que j'utilise souvent comme prénom, et de Crow...




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn » que certains disent "Crow", celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...

Depuis, je suis fidèle à ma double mission, aider de mon mieux les vivants et les morts... Et à ma double nature, homme, et loup... J'aurais voulu pouvoir m'incarner en oiseau, voler dans les airs, mais aux dires des Anciens, un seul esprit de bête entre en toi, et le loup m'a choisi. Qui sait ? Les anciens voient et savent, mais pas tout parfois ?

Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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 « J'ai une chambre en ville pour ce soir... Tu restes vraiment avec moi ? »

Il semble vraiment avoir besoin de compagnie ? Pourquoi pas la mienne en effet. C'est une rencontre comme une autre, il n'est pas déplaisant, il est mal en point quoi qu'il en dise « moi ça va ? » il est sonné. Moi aussi. J'ai parfaitement capté qu'il attend plus qu'une présence distante, ça doit être sa nature, les canidés d'une manière générale aiment à être blottis contre des congénères, les loups aussi... J'ai mal, mais à quoi bon le dire ? C'est quelque chose d'assez fréquent, peut-être que je devrais m'écouter plus ? Qu'à intimer à mon bras l'ordre de bouger, malgré la douleur, je le mets en plus mauvais état ? Ce qui devait être fait l'a été, ils ont « retapé », mais ça reste une pièce d'occasion... l'os a été changé, trop abîmé pour se reconstituer, ça me fait bizarre d'imaginer que j'ai une prothèse, moi, mais après tout une prothèse, ce sont encore des particules du tout, synthétiquement agencées, c'est la seule différence avec ce que la nature produit ?

«  Ça  va, je dois me reposer un peu aussi... Si tu veux de moi, oui, je peux rester, si ça ne te crée pas d'ennuis ?  »

Je mens mal, mon visage doit en témoigner. J'ai mal ! Quand je me laisse aller à le dire, ou le montrer, c'est que c'est à la limite du supportable. Je m'affaisse sur le siège de la voiture, j'envoie mes cheveux masquer la grimace de souffrance qui s'affiche, il n'a pas besoin de savoir, lui-même n'est pas brillant.

La constatation m'amène un sourire, pas franchement radieux, mais présent.

«  On fait une belle équipe d'éclopés non ?  »

Lui complètement sonné, moi le souffle coupé par une vieille blessure récalcitrante. Malgré la douleur mon sourire s'élargit, le rire est le propre du loup, mieux vaut rire que pleurer sur son sort !

«  Tu es sûr que tu peux conduire ?  »

Pourquoi je demande ? S'il me dit non, j'ignore si moi je pourrais prendre le volant. Et puis, la voiture doit être assurée pour lui et pas pour n'importe qui ? J'ai été livreur, je sais que les histoires d'assurance sont aussi compliquées qu'importantes dans ce genre de job. Et que les employeurs généralement limitent les coûts de toutes les manières, par exemple en affectant un véhicule à un chauffeur et un seul, pour payer des primes moins importantes.

S'il ne veut pas de moi, il pourrait me déposer près du parc central ? J'essaie de me rémémorer la distance que cela représente, le regarde, puis décide de garder pour moi cette idée. Plus vite il prendra sa douche, notre douche ? Je souris à nouveau, il s'est coupé, est-elle assez grande pour deux hommes adultes sa douche ? Et que veut-il donc faire sous l'eau ? On ne s'est pas assez mouillés ce soir ? Un sourire revient errer sur mes lèvres à l'idée de tout ce qui peut se faire sous l'eau, chaude à plus forte raison... Amka ! Tu déraisonnes, n'écoute pas ton corps.

Pourquoi non après tout, au commencement du tout, il n'y avait pas plus de genre que d'apparences fixes, l'homme pouvait être animal, le mâle devenir femelle, c'est par la suite que les choses se sont figées... Je n'ai jamais trouvé la trace du pourquoi ? A quel moment avons-nous cessé d'être libres de nous réagencer ? De changer de corps ? S'il va à la bibliothèque, je pourrais chercher ça tiens ?






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Univers fétiche : euuuh aventure, fantastique, city, histo, steampunk...
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Ven 20 Mai - 9:49

Cray
J'ai 50 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis employé de maison et je m'en sors comme un chien. Sinon, grâce à ma chance/malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Je peux me transformer en chien, c’était pas une façon de parler. Enfin parfois, je me pose la question : je suis peut-être un chien qui peut se transformer en homme. Au fond, est-ce que ça ferait une différence ?
Entre chien et loup ~ - Page 3 Sans-titre-2
Je travaille pour Marjo Paavolainen, occultiste, en fait ma famille travaille pour sa famille depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne. Ses travaux tournent autour du vaudou et je vais souvent prospecter sous les tropiques pour lui ramener de l’information.

Un sorcier local s’y rend aussi, de plus en plus souvent ces dernières années, auquel cas les Paavolainen me « prêtent » et il me sert de maître de substitution. Il est terrifiant, mais c’est la vie.

En le fréquentant, j’ai croisé les amis de son fils à la fac et de fil en aiguille, je me suis retrouvé père, à 48 ans, c’était vraiment pas sérieux.

« Je peux conduire. »

En se tournant vers son nouvel ami, Cray a l’impression de transporter un blessé à l’hôpital. Oh non, il ne lui arrivera rien sur la route ce soir. C’est une certitude aussi absolue que celle d’avoir des ennuis en rentrant, pour une raison ou pour une autre, et c’est ce qui le rend invulnérable… Comment s’inquiéter quand on sait ce qui nous attend, à quoi bon esquiver quand on n’a aucune chance ? Son bras se tend, sa main écarte les cheveux qui masquent un peu l’expression de souffrance, et la beauté au-dessous.

« Ya trente-cinq ans que je conduis, et j’ai jamais eu d’accrochage quand j’avais quelqu’un avec moi. »

Une brève caresse sur la joue. Un signe de tête plein d’assurance. Et puis, il prend le volant, démarre le moteur, et ils sont partis. C’est aussi simple que ça, les gestes s’enchaînent automatiquement. La radio n'a que des mots doux pour eux et la route se déroule d'elle-même, en les emportant au-dessus des eaux silencieuses. Et personne ne les suit.

« T’es mon porte-bonheur, Crow. Et… c’est ça en vrai ton job, non ? »

Le sourire ne veut pas s’effacer. Il n’y a pas un robot à l’arrière cette fois. Il n’y a pas un monstre des temps anciens qui n’attend que de lui régler son compte dès qu’il lui donnera une occasion. Et il n’y a pas un simple type comme les autres mais sarcastique et imbu de sa personne, qui se gâche la vie pour des sornettes. Il y a Crow. Ils ne se sont pas battus, le loup ne l’a pas dévoré, au contraire, il l’a sorti des cryptes de la mort, et maintenant, pour quelques heures, la peur a complètement disparu.

« On fait une belle équipe. A côté de ça, c’est vrai qu’on est un peu éclopés. Mais oui, on va se reposer, on a mérité, je crois. »

A son tour, Cray se permet un rire. Il espère quand même que ce n’est pas trop grave. Que son mental à lui, qui n’a jamais été fragile, n’est pas arrivé au point d’effondrement. Que cette blessure de l’autre homme n’est pas de celles qui rongent inexorablement jusqu’à laisser des trous dans l’être, ou qui évoluent vers une spirale descendante. Il n’a pas l’odeur des malades, juste ce stress qui coule dans les veines comme un produit chimique dans une rivière, et dont il reconnaît les fragrances subtiles. Ce stress-là n’est pas de la peur, c’est juste le corps qui se plaint.

« Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Ça fait longtemps ? »

La circulation est déjà calme à cette heure-ci. De toute façon, ce n’est pas le genre de quartier où les gens rentrent du restaurant ou du ciné, pas en voiture, clairement. Ils seront très bien là pour la nuit, on ne fera pas attention à eux. L’usine à côté est close, les rideaux des vieilles dames tirés sur des insomnies douillettes. C’est un moment suspendu, qui se balance entre deux mondes, celui auquel ils viennent d’échapper de justesse, et quelque chose qu’ils ne peuvent pas encore imaginer, parce que le grand kaléidoscope est en train de réorganiser ses particules, et nul ne sait quel dessin va se former ensuite.





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Val
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Ven 20 Mai - 21:19

Amka Wraith,
dit « Valravn ou Crow »  

J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.

Sur mes papiers, il est écrit Amka Wraith... Avant ce que je continue à appeler la colonisation avec une rancoeur qui m'honore peu, nous nous appelions Uyarak, Je suis Amka Uyarak, et répond aux surnoms de Valravn que j'utilise souvent comme prénom, et de Crow...




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn » que certains disent "Crow", celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...

Depuis, je suis fidèle à ma double mission, aider de mon mieux les vivants et les morts... Et à ma double nature, homme, et loup... J'aurais voulu pouvoir m'incarner en oiseau, voler dans les airs, mais aux dires des Anciens, un seul esprit de bête entre en toi, et le loup m'a choisi. Qui sait ? Les anciens voient et savent, mais pas tout parfois ?

Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Entre chien et loup
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Mai 2022















 « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Ça fait longtemps ? »

« Je cache si mal mon jeu ?  »

Oui sûrement. Mentir, je le fais comme tout le monde, mais ça n'a jamais été un mode de vie pour moi. Moi, je dis les choses, si je ne les dis pas, je les montre.

« C'est vieux... Je ne sais plus, je devais avoir vingt-trois ans, moins ?  »

J'essaie de calculer, mais c'est vrai que le temps pour moi n'a pas d'importance. Un jour, je verrai mon reflet, mes cheveux ne seront plus noirs mais gris, puis blancs... Une vie, c'est ça ? J'ai embarqué à quinze ans, sur le bateau d'un cousin... A dix-huit, j'ai pris la route pour aller au Canada, puis j'ai repris un bateau de pêche, parce que j'aimais la mer, un premier artisanal puis un deuxième, industriel... C'est là que c'est arrivé. Oui, peut-être vingt-deux ou vingt-trois ans.

« J'étais marin sur un bateau-usine, on pêchait avec des filets gigantesques qui étaient remontés par des treuils mécaniques. Un jour,  mon bras a été pris par un filet, je ne sais pas comment je me suis débrouillé, et le treuil ne s'est pas mis en sécurité, il a continué à remonter. Je me suis trouvé écartelé, j'ai senti mon bras se détacher, ils ont fini par arrêter ce fichu treuil et on m'a emporté en hélicoptère à l'hôpital. Je suis resté quatre mois, la compagnie a payé tous les soins à condition que je ne porte pas plainte, j'ai laissé faire, je n'aurais pas porté plainte de toute façon, si j'avais été attentif ça ne serait pas arrivé. Ils ont dû me mettre une prothèse mon os était broyé... Voilà ce qui est arrivé, tu vois, rien de particulier. »

Je le pense, tous ne sont pas de mon avis. J'ai été imprudent, je ne me suis pas garé à temps, et j'ai eu la malchance que le matériel soit défectueux. C'est ce qui m'a valu d'être soigné à l’œil, ils auraient au mieux récolté une amende colossale, voire une confiscation du bateau. Moi, je n'en voulais à personne... Parfois, tout se ligue, et le pire survient. Je continue, quitte à lui raconter ma vie, autant continuer...

« Je n'étais plus apte à la pêche, j'ai essayé de m'embarquer sur des cargos, mais rapidement j'ai dû laisser tomber, j'ai cherché du boulot à terre, tous les boulots qui ne demandaient pas de produire un diplôme et qui permettaient de se remettre d'un bras vachement amoché... Je ne te ferais pas la liste, j'en oublierais... »

J'ai un sourire triste. Je suis îlien, la mer, c'est ma vie. Ici à Helsinki, elle est là, je me sens bien,même si je me contente de la voir du rivage.

« T’es mon porte-bonheur, Crow. C’est ça en vrai ton job, non ? »

Je soupire, suis-je un porte-bonheur ? J'aimerais. C'est un beau métier porte-bonheur, non ? Je ne suis pas certain qu'il analyse bien, j'ai dû « sentir » des choses quand j'ai parlé d'esprits, seulement sentir sans identifier, ça m'arrive trop souvent, déjà cet hiver j'ai entraîné une jeune femme dans un voyage qui a failli tourner au cauchemar (*), c'est mauvais, je perds mon humilité, je me crois capable de plus que ce que je peux réellement faire ! Je vais devoir me pencher sur cela, là, je n'aurai pas besoin de bibliothèque et de documentation, il s'agit juste de faire le point avec soi-même, ce qu'on appelle une auto-critique.

« C'est à toi de raconter maintenant, moi j'ai presque tout dit... »

Presque, parce que même la vie d'un loup est un peu plus longue à mettre en images, celle d'un chien tient en combien de mots ?

Je sens la voiture s'arrêter. Je m'apprête à me redresser, je ne sais pas ce qu'il a prévu, la douche oui, ça nous détendrait et enlèverait cette odeur étrange, mais je ne suis pas sûr de ne pas m'effondrer après, sur un lit ou même par terre, dormir, peu importe le support...







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Sam 21 Mai - 13:56

Cray
J'ai 50 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis employé de maison et je m'en sors comme un chien. Sinon, grâce à ma chance/malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Je peux me transformer en chien, c’était pas une façon de parler. Enfin parfois, je me pose la question : je suis peut-être un chien qui peut se transformer en homme. Au fond, est-ce que ça ferait une différence ?
Entre chien et loup ~ - Page 3 Sans-titre-2
Je travaille pour Marjo Paavolainen, occultiste, en fait ma famille travaille pour sa famille depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne. Ses travaux tournent autour du vaudou et je vais souvent prospecter sous les tropiques pour lui ramener de l’information.

Un sorcier local s’y rend aussi, de plus en plus souvent ces dernières années, auquel cas les Paavolainen me « prêtent » et il me sert de maître de substitution. Il est terrifiant, mais c’est la vie.

En le fréquentant, j’ai croisé les amis de son fils à la fac et de fil en aiguille, je me suis retrouvé père, à 48 ans, c’était vraiment pas sérieux.
« Moi ? Je sers les nécromanciens. » Cresus chercha quoi ajouter, mais non, pourquoi ? C’était toute sa vie. Il était né pour cette tâche, et il en mourrait. Pas de voyages qu’ils ne lui aient ordonnés. Pas de métiers diversifiés, mis à part les talents qu’il avait dû apprendre sur le tas pour répondre à leurs missions. Rien qui ne leur appartienne. Rien qui ne soit directement issu d’eux et de leur présence. Il était une extension de leur volonté, davantage qu’un être.
Une chose, cependant, leur échappait. En garant la voiture, il eut un sourire un peu étrange. Il ne pouvait pas vraiment être fier de ça, parce que c’était complètement involontaire, mais dans un sens, il l’était.

« C’est à peu près tout. J’ai eu une fille, aussi, mais j’ai pas fait exprès. Et… elle ne les servira pas. »

C’est de ça qu’il était fier. La malédiction dans laquelle il était né, il ne l’avait pas transmise. Après avoir mis le frein à main il se tourna vers le blessé à l’arrière, appuyant ses bras et sa tête entre les sièges pour le contempler. Il avait plutôt l’air d’un gamin qui se contorsionne dans une cabane d’arbres tordus pour discuter avec un ami au clair de lune. C’était le besoin de se justifier qui le faisait régresser ainsi ; mais il le devait à Crow, cette facette vulnérable, cette porte ouverte comme il l’avait appelée, en échange de tout ce qu’il venait de lui raconter, toute cette vie qu’il avait remise entre ses mains.

« Je vais te dire. J’étais bête d’avoir peur de toi. Mais tu sais comment c’est… des fois, c’est animal, on ne contrôle pas. Ça me fait un peu peur, c’est pour ça qu’au fond je suis content qu’ils soient là, les sorciers, pour me contrôler. J’aime cent fois mieux être ce que je suis plutôt qu’un mauvais homme, ou un chien méchant. Et puis, qui sait sur qui ça tomberait, si c’était pas sur moi ? Donc quelque part, en étant là, je les contrôle aussi. Je fais rempart. »

Difficile de sourire, même s’il en aurait vraiment eu envie. Mais voilà, comme ça Crow savait à peu près tout. Mieux valait quitter la voiture, maintenant. Ils étaient presque à destination, ils n’allaient pas causer et s’endormir dans cette carlingue. Machinalement, il ouvrit la portière devant son invité comme à son habitude, majordome jusqu’au bout des ongles, y compris dans ce moment d’intense fatigue émotionnelle.

« Désolé, c’est stupide, je suis déjà pas un grand orateur normalement, mais à cette heure-ci... »

Il espérait juste que ses explications avaient un sens. Parfois, elles n’en avaient pas beaucoup même pour lui.
Arrivé dans le hall, il salua la petite dame, comme il l’appelait ; de ce qu’il s’en souvenait, elle avait toujours été là. Peut-être que c’était un fantôme. Chaque fois qu’on l’envoyait à Helsinki, c’était là qu’il descendait, il savait qu’il serait tranquille.

« Je voudrais la clé de la 55, si vous plaît, et demain matin le petit dej finalement, pour deux personnes. Si ça peut être noté comme une personne, ce serait vraiment gentil, je vous payerai deux, mais juste… pour l’apparence de la note, vous voyez. »

« Il ne faut pas avoir honte, vous savez. Notre Seigneur aime tous ses enfants, et bénit tous les amours, » dit tranquillement la petite dame en les observant tous les deux. Sa croix brillait à sa gorge ; elle avait raté sa vocation, mais quelque part, c’était tant mieux pour lui.

« Pas le mien. Mais merci. » Avec un petit signe de tête pour la saluer, Cresus se détourna en levant le pouce : « Gardez le vôtre, il a l’air cool. »

En temps normal, il aurait pris l’escalier, mais ce soir l’ascenseur était franchement nécessaire. Une fois dans la cabine, il regarda Crow, et son propre reflet dans le miroir derrière lui. Deux épaves. Pourtant, il trouvait qu’ils tenaient bon. Sous ce néon cru qui ne leur faisait grâce d’aucune marque de fatigue, ils avaient l’air de deux héros, pas ceux qui sauvent le monde peut-être, mais ceux qui remontent de la mine après une sale journée de travail accompli. Comme avait dit la dame : pas de quoi avoir honte.

« Je me mêle de ce qui me regarde pas, mais les pirates, ils allaient en mer, et il leur manquait des bras ou des jambes. Et personne serait allé leur dire en face qu’ils avaient pas leur place là-bas. Tu… ça te dirait si demain… au lieu d’aller à la bibliothèque on faisait un tour en bateau ? »

La cabine lui coupa la parole en s’arrêtant et, bizarrement, il n’osa pas continuer quand elle eut ouvert ses portes. Il était repassé en mode automatique : trouver la chambre, ouvrir, s’effacer, laisser entrer le loup dans la bergerie – bah, y avait pas d’agneau innocent ici, depuis bien des lustres. Et pas grand-chose à dévorer de façon générale. Mais pour ce soir, c’était chez eux. Dès que la porte se fut refermée, ce fut comme s’ils habitaient là ensemble depuis la nuit des temps. Cray se débarrassa de son sac à dos et de sa veste, puis rejoignit son ami et, après une hésitation, l’aida à son tour à retirer ses vêtements.

« Juste un coup de main, » précisa-t-il. « Tu m’as aidé à m’habiller là-bas. C’est pareil. Prends ta douche et dors, je te dérangerai pas. » Son regard seul avouait à quel point, si proche de ce visage, il avait envie de le couvrir de baisers. Mais ils n’étaient pas perdus ; parfois, la meilleure manière de les donner était de les garder pour soi, et Cray était tout à fait en paix avec cette méthode.





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Dim 22 Mai - 1:20

Amka Wraith,
dit « Valravn ou Crow »  

J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.

Sur mes papiers, il est écrit Amka Wraith... Avant ce que je continue à appeler la colonisation avec une rancoeur qui m'honore peu, nous nous appelions Uyarak, Je suis Amka Uyarak, et répond aux surnoms de Valravn que j'utilise souvent comme prénom, et de Crow...




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn » que certains disent "Crow", celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...

Depuis, je suis fidèle à ma double mission, aider de mon mieux les vivants et les morts... Et à ma double nature, homme, et loup... J'aurais voulu pouvoir m'incarner en oiseau, voler dans les airs, mais aux dires des Anciens, un seul esprit de bête entre en toi, et le loup m'a choisi. Qui sait ? Les anciens voient et savent, mais pas tout parfois ?

Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Mai 2022
















« Moi ? Je sers les nécromanciens. C’est à peu près tout. J’ai eu une fille, aussi, mais j’ai pas fait exprès.
Et… elle ne les servira pas. »


Il me dit ça d'un ton dont il ne doit pas mesurer le triomphe. Et j'en suis heureux pour lui, heureux, et fier ! Il n'a pas fait exprès ? Je connais peu de parents qui ont « fait exprès », en général, faire exprès, ça doit irriter la nature parce qu'elle n'obéit pas. Après, certains s'entêtent et ça finit par porter ses fruits, mais pour mettre un enfant au monde, le  « hasard » s'il y en a un est un excellent moyen. Après, qu'elle ne les servira pas, c'est une nouvelle... réjouissante. Servir, pourquoi pas, même des sorciers, j'en suis un quoiqu'il ne me viendrait jamais à l'idée d'être servi. Je suis moi même un « servant » dans le sens serviteur volontaire et oint, une espèce de prêtre du Tout, je sers l'univers, le monde, les animaux, les hommes, les végétaux, les minéraux... Tout. Je sers... la Vie. C'est là que le bas blesse, des nécromanciens, ce sont des gens qui veulent non pas servir mais asservir la vie -et la mort qui en est une composante- donc ce sont mes contraires, et, chose rare, mes ennemis.

Il se trouve des justifications... Je ne sais pas si je suis convaincu, peut-être a-t-il raison ? Ou tort.  « Mais tu sais comment c’est… des fois, c’est animal, on ne contrôle pas. Ça me fait un peu peur, c’est pour ça qu’au fond je suis content qu’ils soient là, les sorciers, pour me contrôler. J’aime cent fois mieux être ce que je suis plutôt qu’un mauvais homme, ou un chien méchant. Et puis, qui sait sur qui ça tomberait, si c’était pas sur moi ? Donc quelque part, en étant là, je les contrôle aussi. Je fais rempart. ».

Je tente de cacher mes doutes... D'abord, il me paraît se contrôler mieux que beaucoup, sans aide. Ensuite, les belles âmes ne virent pas à l'aigre, il y a en lui bien plus de « bon » que de « mauvais », je pense que quoi qu'il arrive il ne sera jamais du côté de l'ombre, et il le confirme en parlant de « rempart ». Mais s'il pense avoir sa raison d'être ainsi, je ne vais pas le dissuader. D'abord, je ne suis vraiment pas certain de détenir l'unique vérité et ensuite ce dont je suis sûr, c'est que le Tout trouve en chacun une utilité, et que la plupart des hommes intelligents ont conscience qu'ils doivent exister dans un but précis.

Contrairement à lui, sur son intelligence, je n'ai pas la moindre hésitation. Il fait comme beaucoup qui confondent l'intelligence et l'instruction. Il est comme moi, on ne l'a pas instruit de ce qui fait un homme de cette époque, il a appris seul, et rien ne vient attester qu'il l'a fait. Nos contemporains sont fainéants, ils préfèrent un diplôme à l'obligation de jauger eux-même les capacités de ceux qu'ils croisent... Mais qu'est-ce qu'un diplôme ? Un morceau de papier qui dit qu'à un moment donné de ta vie, tu as sur répondre correctement à des questions précises ? Ça n'augure absolument pas de ta capacité à résoudre d'autres problèmes, ou à anticiper d'autres situations ?

Moi, je n'ai rien contre les diplômés, de toute manière, mon opinion n'intéresse pas grand monde, mais un homme qui sait penser, interagir, réagir, plutôt que de réciter une masse de connaissances apprises me convient bien mieux. La plupart des gens « instruits » vont chercher dans leur mémoire comment répondre à un souci. Les gens intelligents eux, n'ont pas de stockage de masse, ils analysent, supputent, et mettent en place une solution personnalisée et inédite. Pour moi, il n'y a pas la moindre hésitation sur celui qui reçoit ma préférence. Pour les premiers, souvent, si la chose à résoudre n'a pas déjà été rencontrée, ils ne pourront pas s'en sortir, les seconds inventeront, et vaincront !

Malgré l'épuisement qui est le mien, cette nuit est magique. J'ai rarement rencontré en si peu de temps autant de positif. Notre réceptionniste en est un autre exemple... Un chien valeureux et doux, une femme qui aime son prochain sans juger... « Notre Seigneur aime tous ses enfants, et bénit tous les amours » Je ne sais pas si IL bénit, mais qu'elle le croit fait d'elle une autre belle âme. Quoiqu'elle pense de notre arrivée et de notre complicité -peut-être a-t-elle raison?- sa réaction la qualifie pour la finale dans mon esprit. Son Seigneur n'est pas le mien non plus, mais elle lui rend hommage. La sortie de Cresus sur les pirates estropiés me fait sourire, je suis vanné, vraiment vanné... Rien d'un héros ce soir, les autres soirs d'ailleurs... Mais un bateau ?

« Tu as un bateau ? Je ne sais pas si je pourrais barrer, j'ai vraiment forcé, je suis un idiot, mais... enfin,  »

Qu'est-ce que j'allais dire ? Qu'après demain il y aurait d'autres jours ? Que j'étais là pour un moment, que je ne comptais pas repartir immédiatement ? Tout cela est vrai... Mais. Qui me dit que demain, ou après-demain, dans une semaine, on retrouvera l'alchimie qui a fait de cette rencontre quelque chose de peut-être unique ? Il arrive qu'on te secoure, et puis te jette dehors le lendemain, revenu de l'attendrissement et de la pitié de la veille... Tout arrive, avec les hommes. Les chiens ? Je n'en connais pas assez pour me prononcer.

« Prends ta douche et dors, je te dérangerai pas. » J'ai trop forcé oui , alors... un peu plus un peu moins... Je m'allonge sur le lit, m'accrochant à lui, et je l'entraîne avec moi... Mon sourire doit être si las, je n'ai pas la force de parler. Je ne sais pas qu'elle idée il va garder des corbeaux, après, il n'est guère plus vaillant...

Je pose ma main -droite- sur ses lèvres... Cesse donc de parler, les meilleures choses se font en silence... Et je l'attire plus près.







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Dim 22 Mai - 21:33

Cray
J'ai 50 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis employé de maison et je m'en sors comme un chien. Sinon, grâce à ma chance/malchance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Je peux me transformer en chien, c’était pas une façon de parler. Enfin parfois, je me pose la question : je suis peut-être un chien qui peut se transformer en homme. Au fond, est-ce que ça ferait une différence ?
Entre chien et loup ~ - Page 3 Sans-titre-2
Je travaille pour Marjo Paavolainen, occultiste, en fait ma famille travaille pour sa famille depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne. Ses travaux tournent autour du vaudou et je vais souvent prospecter sous les tropiques pour lui ramener de l’information.

Un sorcier local s’y rend aussi, de plus en plus souvent ces dernières années, auquel cas les Paavolainen me « prêtent » et il me sert de maître de substitution. Il est terrifiant, mais c’est la vie.

En le fréquentant, j’ai croisé les amis de son fils à la fac et de fil en aiguille, je me suis retrouvé père, à 48 ans, c’était vraiment pas sérieux.
« J’ai juste envie de voir de quoi tu as l’air sur un bateau. J’imagine que tu as l’air heureux. Pour le reste, les détails, on se débrouillera. » A moitié endormi, Cray parle comme il pense ; un coup d’oeil à l’horloge, il est deux heures du matin. Surtout, demain, ils vont dormir tard et déjeuner de bon coeur, il n’imagine pas une seconde se réveiller seul, même si la créature dans son lit appartient aux errants de la steppe qui ne s’arrêtent jamais vraiment dans leur course. Le gel douche de l’hôtel a une odeur douce et neutre, qui se fait oublier par moments, mais revient lui rappeler comme la fin de soirée a été merveilleuse. Et maintenant, la nuit est calme comme une mer sans vagues.

Comme ils se sont emmêlés, mélangés, à ne plus savoir qui était qui. Encore maintenant, la différence revenue, le contact est permanent. Ce n’est pas seulement une question de plaisir immédiat, c’est utile, les contacts. Ressentir le rythme de l’autre, s’y perdre, comme dans une danse. Cette blessure qui reste avec eux, il faut lui faire une place, en tenir compte avec des petites attentions qui deviennent un jeu, comme toutes les contraintes affrontées à deux. Maintenant il sait comment la gérer, lui aussi, il apprend ; place ton bras ainsi, en appui sur mon corps, sans tension, presque au point de l’oublier. Utilise-moi pour te sentir mieux. Prends-moi comme plongeoir pour te jeter à l’eau, comme tremplin pour te sentir plus léger. Aide-moi à te réchauffer, à te célébrer, à te connaître par cœur comme une œuvre d’art. C’est beau, un corps qui se bat avec ce qui le retient cloué à terre, et parvient pour quelques secondes à s’envoler au-dessus de sa condition. Un être qui se laisse traverser par des forces vitales venues du fond des âges. C’est magnifique, une offrande à la nuit. Cresus ne pourra jamais oublier qu’ils l’ont faite ensemble. Il ne saurait pas comment le dire sans se sentir ridicule, alors il ne dit rien.

Et il espère que ce qu’il a été, pendant cette trêve hors de leurs vies, vaut la peine qu’on s’en rappelle également. Il sait qu’il est différent dans ces moments-là. Sa voix change. On croirait qu’il n’a jamais reçu d’ordres de qui que ce soit. Il ne connaît ni le doute ni la crainte, la passion est une ivresse qui met à nu l’être protecteur et brave qui aurait pu exister si on l’avait laissé éclore. Et une confiance totale. Elle brille encore dans son regard, après que tout le reste se soit éteint, lumineuse comme ce qu’il éprouve, le feu tendre et avide des bons moments qui sont voués à ne pas durer... Face à face, encore enlacés, déjà à demain en pensée, déjà sur le bateau.

« Tu vois qu’on tenait à deux dans cette cabine. En se serrant un peu. » Beaucoup. A la folie. Comme dans ce lit où leur enlacement s’est fait de lui-même et ne s’est plus dénoué. Pas besoin d’un espace immense où se vautrer comme des princes au point de ne plus pouvoir se toucher ! C’est parfait, ce matelas plaqué contre le mur où leur épuisement les cloue comme des pantins de chiffon oubliés sur leur étagère, leurs corps dépouillés de leurs forces.

C’était une sorte de sacrifice humain, oui, si on veut, mais l’autel n’avait rien de sinistre pour cette fois. Draps froissés, mains crispées, doigts entrelacés, morsures douces, frissons ardents. C’est ce qu’il garde en s’endormant. Il les sent encore sur sa peau, ces caresses dont il avait tant besoin. Cette appréciation qui l'a touché, parce qu'elle signifiait qu'il avait quelque chose à offrir, lui aussi. Elles le bercent jusque dans un sommeil paisible, avec cette chaleur partagée qui les unit pour de longues heures encore.

Cresus rêve, bien sûr, comme tout le monde. Il voit des cheveux interminables, brillants comme la mer sous la lune, scintillants de constellations sous le ruissellement de l’eau, répandus sur l’oreiller en un chaos sublime. Il a toujours adoré les cheveux longs parce que c’est une occasion pour lui de donner ces caresses, de manifester cette acceptation totale, dont il a tant besoin qu’il préfère encore la fournir que l’attendre. Qu’elle vienne de lui ou de l’autre, tant pis, il a surtout besoin de ressentir qu’elle existe. Il l’a ressentie pleinement ce soir, il en éprouve encore l’émotion jusque dans son rêve. Comme dit la dame angélique à l’accueil, il n’y a pas de quoi avoir honte de tout ça, ils sont juste bien ensemble.

Il ne pense à rien d’autre. Pas de nécromancie dans les rêves de cette nuit. Pas de crainte, pas de coups, pas d’humiliations, pas de châtiments. Et quand il ouvre les yeux après ce sommeil réparateur, il ne se rappelle pas encore qui il est, d’où il vient, ou ce qu’il va devenir. Juste la présence avec laquelle il s’est endormi et qu’il a gardée toute proche, ré-imaginée, dans son sommeil profond.




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Val
Lun 23 Mai - 17:45

Amka Wraith,
dit « Valravn ou Crow »  

J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.

Sur mes papiers, il est écrit Amka Wraith... Avant ce que je continue à appeler la colonisation avec une rancoeur qui m'honore peu, nous nous appelions Uyarak, Je suis Amka Uyarak, et répond aux surnoms de Valravn que j'utilise souvent comme prénom, et de Crow...




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn » que certains disent "Crow", celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...

Depuis, je suis fidèle à ma double mission, aider de mon mieux les vivants et les morts... Et à ma double nature, homme, et loup... J'aurais voulu pouvoir m'incarner en oiseau, voler dans les airs, mais aux dires des Anciens, un seul esprit de bête entre en toi, et le loup m'a choisi. Qui sait ? Les anciens voient et savent, mais pas tout parfois ?

Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Entre chien et loup
Cray & Amka

Mai 2022















Un de mes maîtres, Ancien parmi les Anciens m'a dit un jour que l'âme se révèle nue dans certaines circonstances, nue, sans les vêtements dont la société, les croyances, la bienséance l'habillent. Il avait cité : la naissance, la mort... et l'amour. Et ajouté que contrairement à ce qu'on pensait, le dernier n'était pas tellement plus courant que les deux autres...  « L'amour Amka le Valravn, l'amour, le vrai, est un don du Tout. Tu peux jouer de ton corps, peu importe comment et avec qui, mais la communion réelle et complète, ça n'arrive presque jamais. Si un jour tu la trouves, alors, rends hommage au Tout et à l'être qu'il t'a prêté pour un moment... Et si tu peux, retiens cet être, c'est qu'il est ta destinée. » .

J'ignore si j'ai trouvé cette nuit cet amour-là, mais je rends hommage au Tout, assis par terre en tailleur, les mains tournées vers le ciel, posées sur les genoux. Peut-être n'est-ce pas lui, juste quelque chose de très approchant, mais ça m'a révélé une belle âme, et un cœur aimant, donc il est normal que j'en remercie les esprits, et l'homme. Je psalmodie en silence, qu'est-ce que je dis ? Rien en fait... C'est plus un chant muet que des paroles, une harmonie qui indique à ce qui t'entoure que tu as trouvé le présent qu'on t'a offert, et l'as apprécié. Que tu remercies d'être en vie, et d'avoir une nouvelle expérience à ranger dans tes souvenirs...  

L'homme, pour l'instant il dort, en dormant il sourit, il murmure lui-aussi des mots que je n'entends pas, il a l'air bien, aussi bien que moi à mon réveil. Je m’assieds à demi sur la table qui sert de bureau, et regarde, je me remplis les yeux de l'instant. Et puis, il bouge, et tend le bras. Je ne suis plus là, je me suis levé, il va croire que je suis parti ? Je pense que mes traits trahissent l'inquiétude, je ne veux pas qu'il pense que j'ai profité de lui et suis parti, ça lui ferait du mal !

« Bonjour , As-tu bien dormi ? »

Veut-il que j'aille chercher un plateau de petit déjeuner ? Ou a-t-il idée de descendre ? Ou de le faire monter ? Hier il a parlé de note de frais, un seul écrit sur la facture, mais deux en réalité... Mais pas dit où il comptait le prendre ? Cela dit, je peux m'en passer, je peux toujours me passer de tout, mon corps est programmé pour gérer la faim, toutes les faims, mais j'avoue qu'avoir rassasié celle des sens cette nuit m'a fait du bien.

Je me rapproche, et m'assieds sur le lit. Mes cheveux tombent en cascade, je ne les ai pas encore attachés, ils doivent lui caresser le nez et la peau du visage. Je fais un effort pour ne pas me rallonger, je n'arriverais plus à me lever, j'ai l'impression d'une pause géante, d'un arrêt sur l'image de la vie, un moment de quiétude et d'oubli, de l'époque, de la société... Si j'étais raisonnable, je poserais un baiser de remerciement et je filerais, hanter les agences d’intérim, je ne fais que retarder le moment où je pourrais à nouveau « vivre » presque comme mes contemporains... Mais en fait, qu'est-ce que j'ai à faire de vivre comme eux ?

Je me secoue, la tentation de demeurer hors du temps est un chant de sirène, ça ne va pas, ça n'apporte rien... Nous avons fait une belle pause, une pause tout de douceur et de respect l'un de l'autre... Mais l'un et l'autre avons un autre rôle à jouer, rien ne nous oblige à nous quitter vraiment, mais il va falloir nous séparer.

Je voulais lui proposer du café, mais je n'ai pas assez pour me le permettre, et je ne veux pas l'obliger à me l'offrir. Par expérience, je sais que parfois, les âmes que tu as cru belles avant de leur avoir accordé ce qu'elles voulaient se révèlent parfois égoïstes et méprisantes au réveil. S'il était ainsi, je serais très déçu, mais j'accepterais la leçon. Va-t-il comme certains -et certaines- me dire « Qu'est-ce que tu fais encore là ? Je n'ai pas donné assez ? » et sortir un billet pour conclure l'accord ? La première fois qu'on me l'a fait, j'ai cru recevoir une gifle, depuis, je me contente de hausser virtuellement les épaules, et souvent de prendre le billet... S'ils voient notre échange comme une marchandise, autant en profiter ?

Mais de lui ?

Oui, de lui -s'il avait cette attitude- je serais si déçu...








@mandrin
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