Le Temps d'un RP
le seul rpg où tu joues
qui tu veux,
quand tu veux
Retrouve les animations du forum pour t'amuser,
découvrir de nouvelles plumes et vivre de folles aventures !
Le Deal du moment :
Clé USB Samsung USB Type-C™ 256GB 400MB/s ...
Voir le deal
25.99 €

LE TEMPS D'UN RP

L'homme est le rêve d'une ombre...

Oskar
Messages : 157
Date d'inscription : 07/03/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : Targui himself

Univers fétiche : Pas de préférence, avatars réels par contre
Préférence de jeu : Homme
tea
https://www.letempsdunrp.com/t4980-dis-moi-qui-tu-es-je-te-dirais-peut-etre-qui-je-suis https://www.letempsdunrp.com/t5135-carnet-de-reves#102392 https://www.letempsdunrp.com/t4979-que-suis-je-venu-faire-ici
Oskar
Mer 27 Avr - 15:29
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

Chauffeur de maître ? Certains diraient comme son ami d'enfance Jake que c'est être un... soumis. En apparence oui, certainement, mais rester immobile à attendre le bon vouloir d'un employeur a bien des avantages. Outre que c'est généralement bien payé, et qu'on y glane toutes sortes d'avantages matériels, ça permet de ... rêver ! Que faire d'autre ? Silencieux, calme, en retrait, à l'écoute de la moindre volonté mais surtout pas visible, la situation est tout à fait conforme à ce qu'attend Oskar d'un boulot.

D'autant qu'à part un, le premier qui était plus un ami qu'un patron, ses employeurs ignorent que même tenu à distance, le chauffeur voit et entend tout. C'est ... un aigle royal, doté d'une ouïe et d'une vue fantastiques, mais personne ne divulgue sa nature de thérian face à de vulgaires humains...

Oskar et Elizabeth se sont déjà rencontrés, lors d'une course sans lendemain commandée par l'impresario de la jeune femme, alors que blessée elle avait besoin d'un garde du corps, escorte,  garde-malade, assistant...  Ici puis se sont revus parce que le hasard est espiègle et qu'il fait bien les choses ... Par hasard ? Vraiment ? Dans cet hôtel où une tempête de neige opportune les a isolés de tous, suffisamment longtemps pour qu'ils acceptent de vivre...

Un rêve commun... Au pays des elfes, des fées, de lutins... Un preux chevalier qui refuse sa liberté et offre ses ailes à sa reine des fées.

Parce qu'un rêve sans étoiles est un rêve oublié il convient de le poursuivre, oubliant cette sagesse qui fait d'Oskar un domestique stylé et apprécié, et permet à Ob d'apparaître parfois, fou et déraisonnable ! Pur produit de l'univers onirique.


Contexte provenant de cet univers



Oskar Benedikt Jensen, dit "Ob"
J'ai 32 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis chauffeur de maître et je m'en sors bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis bien.

Accessoirement, j'ai la faculté de me transformer en ... aigle royal. Mais ne le dites pas, c'est un secret !

O. B. Jensen a écrit:
Le destin dit-on, donne à chaque homme, chaque femme, un être "lié" qui viendra le compléter. Chacun porte une phrase, une marque, qui lorsque cette moitié qui lui est réservée sera croisée, changera de peau pour aller sur la sienne, celle que portait l'âme-soeur venant orner la vôtre.
Depuis la fin des temps, les textes et les légendes rapportent que jamais cette phrase ne disparaît... Parfois, elle change, parfois immuable, elle avoue votre échec à trouver votre double. Si l'on tente de la supprimer, elle renaît, sur une autre partie du corps...
Elle ne s'efface, que lorsque le lien est rompu, lorsque amputé de votre moitié, vous errez entre l'être et le non-être, à jamais solitaire.
Je viens de perdre la mienne, ce qui signifie que Maïween, mon faucon blanc, a disparu. Pourtant, je ne me sens ni déchiré, ni en deuil, j'ai accueilli cette découverte comme l'aveu d'une erreur de la destinée, sinon, pourquoi elle et moi ne serions-nous jamais parvenus à nous rejoindre, remettant au lendemain, sans cesse, nos projets ?
Et pourquoi Elizabeth me ferait-elle à ce point vibrer, tremblant de la quitter, même pour une seule nuit ?
Je suis un homme d'honneur et de devoir, alors j'ai téléphoné, cherché, me suis adressé à tous ceux qui connaissaient mon âme soeur... Elle a non seulement disparu de mon bras, le libérant de toute inscription, mais également de toutes les mémoires ?
Une ébauche de rêve, retournée à la nuit dont elle était sortie ? Etais-je le rêve de l'ombre qu'elle est redevenue ?


L'homme est le rêve d'une ombre !

Saviez-vous ma Reine que le réel n'est que le piètre reflet de l'imaginaire ?

L'homme est le rêve d'une ombre... Cirque10

Dans le chalet qui nous sert de loge et dans lequel nous nous succédons, artistes d'un soir, venus du monde entier, n'ayant comme point commun que le nom d'un Russe chassé par la révolution bolchévique et échoué dans le Paris de l'après première guerre mondiale, je suis en train de parachever mon maquillage...

Dans quelques minutes, je serai Albus, le clown blanc au costume scintillante de paillettes dorées et argentées, chevauchant son fier destrier -un unicycle rutilant orné d'une tête de cheval en carton pâte- en compagnie de Marius, autre clown vêtu de guenilles colorées et paré d'un nez circulaire, rouge vif, dont s'échappe parfois de l'eau ou une légère fumée... Bjorn me sourit, mon père, je ne le vois qu'à ses yeux, la large bande de coloriage carmin, noir et blanc qui lui déforme le visage rendant difficile toute autre interprétation.

Notre numéro sera assez bref, nous devons ouvrir la danse en traçant sur le sol du chapiteau, grâce à un dispositif accroché à l'unique roue de nos vélos, le nom de la famille : Orlov family ! Ensuite, nous retournerons à l'oubli, pour revenir en milieu de spectacle en compagnie de Tamara, ma soeur, grimée en licorne fantasy, et de Chronos, le chien de mon frère que son maître dirigera à la voix depuis les bancs des spectateurs.

Puis... Tout à la fin, chacun des hommes participant au spectacle, c'est à dire les trente-deux cousins qui ont accepté cette année de présenter un numéro, chevauchera un vélo semblable à celui qui m'attend, pour une course endiablée où tous les coups seront permis... Afin d'accrocher à un poteau les couleurs de la dame que nous représentons.

Mon père portera sans surprise celles de ma mère, mon frère Daniil celles de Tamara, et moi, celles de ma Reine, Orlov honoraire cette année : Elizabeth ! La course consiste en trois tours de piste, vitesse pure, agilité à passer des obstacles parfois très fourbes comme des tonneaux qui lorsqu'on passe trop près lâchent une pluie de confettis ou une salve de pétards aussi bruyants que colorés, puis équilibre, à toute petite allure en portant au bout d'une perche une pile d'assiettes en carton... Le tour est remporté par celui qui accroche l'écharpe de sa dame le premier... Le dernier, ou ceux qui n'y parviennent pas, étant disqualifié(s).

Les répétitions nous ont valu à tous bleus, fous rires et hoquets... Au milieu des cris de nos princesses grimées et costumées et de leurs appréciations parfois ... surprenantes de crudité.

Je veux gagner, je dois gagner ! Il  y va de l'honneur et du bonheur de la reine des elfes ! Reine qui s'approche, tout sourire, après que j'ai résisté à l'idée impérieuse de me lover à ses côtés pour passer la nuit en sa compagnie... Elle est là, comme toujours magnifique, illuminant le chapiteau du feu de sa chevelure dénouée.

Un homme amoureux est-il vraiment ridicule ? Si c'est le cas, je dois détenir la palme. Je suis à la fois fier et jaloux des regards appréciateurs qui la suivent, prêt à bondir pour tenir sa traîne.

« Elizabeth ! Ma souveraine ! »

Pragmatique mon père me rappelle à l'ordre, l'ouverture du spectacle ne permet pas d'atermoiement émerveillé !

« En selle Don Juan ! »

Moins romantique, tu meurs... Mon soupir tire un sourire à ma soeur, et me vaut un clin d'oeil de Daniil, je n'ai pas le temps de voir quel effet il a sur la dame de mes pensées, un coup de chapeau en feutrine me ravit sa vue !


L'homme est le rêve d'une ombre... Th98310L'homme est le rêve d'une ombre... 360-9910





@dreamcatcher
Dreamcatcher
Messages : 215
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Ven 6 Mai - 20:09
L'homme est le rêve d'une ombre... Elizab11

Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


L'homme est le rêve d'une ombre... Ob110
avatar :Daria Sidorchuk
copyright:️ Ma pomme


L'homme est le rêve d'une ombre... Images13L'homme est le rêve d'une ombre... Veneti10



Souvenir.

Les doigts qui s'attardent sur son visage
Les pulpes d'orbes embrasées à s'embrasser
Le Temps n'a plus d'âge
Et gémit au sentiment étoilés.
Ob...


Trop beau pour être vrai

Elle n'avait aimé qu'une fois de toute sa vie, parce que c'était ainsi, parce qu'elle s'évaporait dans ses rêves, poussière d'éclat baignée dans des aux-delà indicibles, parce qu'elle était convaincue que cela se produirait dans une autre vie. A ses silences, l'intuition féroce lui soufflait de ne pas y penser. Ça ne servirait qu'à faire résonner le néant. Les années avaient passé, elle se donnait corps et âme au théâtre et le reste...Oh. Le reste.

Mais elle était à même de percevoir la franchise de ce qu'il exprimait. Oskar se déployait aux myriades d'un mystère, insondable, énigmatique, n'offrant aux regards de ses clients que ce qu'ils interprétaient au sujet de ce chauffeur, qui n'était même pas un sujet mais un domestique du transport. Quel intérêt de s'intéresser à une prestation éphémère si ce n'était, parfois, se confier égoïstement durant un trajet ? Qui en avait à foutre d'un mec tiré à quatre épingles, payé pour servir ? Il n'existait que pour les minutes plus ou moins longues qui s'étiraient sur quelques kilomètres, et puis, hop, disparaissait à leur conscience aussi vite et facilement que le claquement de la portière. Qui se retournait pour le voir partir ?

Mais Eli, souvent, quelquefois, ressentait ce qui ne se sentait pas, voyait ce qui ne se voyait pas, entendait l'inaudible. C'était...particulier, envahissant, passionnant, déroutant...Faiblesse et force. Lâcheté et courage. Ombres et Lumières ou bien Lumières et Ombres, dans un sens ou dans l'autre. Jamais indifférente. Elle l'avait reniflé. Oskar.

Avait vécu avec une folle intensité, l'onde Ob traversant sa peau, la véracité d'une tendresse souterraine transperçant ses os. Une si puissante douceur. Avait décelé par delà son territoire inavoué les accents de sincérité de sa voix. Non, il ne mentait pas et pourtant...Pourtant, ce n'était pas aussi simple. La raison devait l'emporter sur cet ultime champ de bataille. Car il disparaîtrait n'est-il pas, comme Celui-là, comme tous...Ne pas rendre les armes ni accorder sa confiance, pas dans cette vie. Dans l'autre, les yeux pétillants, accrochée au reflet de son âme, elle lui aurait murmuré l'éternité: « C'est vers toi que je m'incline... »

Effleurer sa joue, s'attarder sur sa tempe, remonter vers le front... Une route de la soie...Glisser le long du nez, du menton...redessiner, artiste sculpteur de caresses, les traits racés.

Ob!

***

Un jour de malheur, il s'était évaporé à cause d'un mauvais sort, seule explication possible, non ? Ghostée, elle n'avait eu aucune nouvelle malgré les messages infinis, de plus en plus inquiète qu'elle lui avait laissés, gravés dans le vide. Elle avait fini par l'attendre devant chez lui, assise sur un banc, perdue, recluse dans ses angoisses et son sentiment d'abandon. Coupable ! Mais de quoi ? Pourquoi ? Une pluie froide se mêlait à la sienne, tiède et lascive sur ses joues trempées. La nuit était tombée, elle ne pouvait plus bouger. Et puis, au loin, elle le vit, reconnu sa silhouette, cette façon nonchalante qu'il avait de se mouvoir. Il n'était pas seul, le bras enroulé sur de fines épaules.

***

Sublimation et tentation.

Allongée sur l'épais tapis, elle respire profondément, expire de même. Se vider la tête, se curer le cœur. Se concentrer sur chaque partie du corps en remontant lentement des talons à la nuque. Écouter les vagues, se laisser lécher par le soleil brillant et chaleureux. Se désincarner, s'apaiser...

Elle se relève et réfléchis. Souris au sac luxueux, tout en cuir qui contient la robe prévue pour la soirée de samedi, juste avant son départ. Une soirée costumée à deux heures de l'hôtel chez un célèbre ami théâtreux. Il y aura quelques personnalités, beaucoup de champagne et de caviar. Un lieu somptueux, un de ces châteaux de famille dont elle connait les coins et les recoins. Et si... ? Mais ce serait ridicule, décalé, absurde ! L'idée la traverse, elle l'éloigne mais celle-ci revient à la charge, tenace, radicale, insolente. Mettre en scène pour se cacher. Elle sait faire Elizabeth, elle maîtrise, maîtresse et prêtresse. Ob sera grimé...Il jouera son rôle à la perfection. Elle le sait, elle le flaire d'avance. Mascarade et imposture! Mais c'est si joli en costume et derrière le Masque ! La vie n'est-elle pas une immense scène de théâtre ? Sublimation.

Tentation. Celle de jouer la Belle au Bois Dormant, Cendrillon, ou bien la fée Morgane, la Dame du lac... ? Tout sauf soi. Se dissoudre à son tour de manière subtile afin de ne prendre aucun risque de souffrir, après.
Elle a peur Eli. Elle tremble, panique. Elle se rendra à la fête de famille sans y être.

Tentation et sublimation.

***

Dernier coup d’œil où elle ajusta le loup scintillant puis claqua la porte, prenant soin de ne pas abîmer sa robe. Aucun bruit ne transperçait le soir. Fébrile, elle s'avança sans se presser, descendant les marches de son étage une à une, pensive, l'esprit romantique et le cœur à l'endroit. Ce soir, seulement ce soir, elle sera princesse...
Le mince tapis de neige suffit à étouffer ses pas. Le chapiteau se trouvait à environ quinze minutes de son chalet et cela suffit à ce qu'elle s'imprègne de son personnage. « Ob, mon chevalier. Cela durera l'éternité de la représentation. Et puis, je partirai. Demain...Demain sera un autre jour... »

Un rêve aux parures de cauchemar. « Tu redeviendras Oskar, on se quittera et je serai de nouveau enfouie dans mes rôles... Mais ainsi, nous ne souffrirons pas. Je n'aurai pas mal pour toi, je n'aurai pas mal pour moi... »

Au milieu de l'effervescence du public, de ces instants où les spectateurs papotent et s'installent en se hélant d'un peu partout, la comédienne s'assit sagement tout au fond des rangées, dans la pénombre éclaboussée par le brouhaha. On ne dérangeait pas les artistes avant leur entrée. Amusée, séduite par cette grande et belle famille, elle observait, souriait, curieuse de tous ces gens parlant russe. La langue l'intriguait, les sonorités la berçaient comme un chant venant d'une autre époque. Et puis, au bout d'un moment, elle n'y tint plus, quitta sa place et se dirigea d'instinct vers les coulisses. De toile ou de briques, elles se trouvaient toutes plus ou moins derrière la scène.
Elle le vit d'un coup. Surprenant et magnifique Ob ! Qu'il était beau dans son costume ! Alors qu'elle s'avançait en lui souriant, une bouffée de Cupidon la prit à la gorge. Mon Dieu ! Et lui, comme s'il percevait sa venue sans la voir, se retourna à l'instant où elle laissait retomber le rideau de velours. Il la reconnut aussitôt comme elle le reconnut malgré son maquillage.

Synchronicité d'un merveilleux miracle. Tous deux, par hasard ? Par destin tragique ? Avaient choisi l'immaculé du blanc pour leur soirée.
Elle fit une révérence, répondant joyeusement:

-Ob ! Mon souverain !

Elle serait donc Reine ce soir. Majesté d'un songe glorifié si haut parce qu'elle était tombée amoureuse.

Elle devina plus qu'elle n'entendit son soupir car on la bouscula, l'exaltation des quelques minutes avant le début du spectacle prenant le pouvoir. Elle devait s'en aller. « Au revoir mon Roi ». Un pan de mousseline relevé dans chacune de ses mains, elle fit demi tour.
Il restait une poignée d'heures à vivre à ses côtés.

Une perpétuité où elle avait bien peur de l'aimer.
Oskar
Messages : 157
Date d'inscription : 07/03/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : Targui himself

Univers fétiche : Pas de préférence, avatars réels par contre
Préférence de jeu : Homme
tea
https://www.letempsdunrp.com/t4980-dis-moi-qui-tu-es-je-te-dirais-peut-etre-qui-je-suis https://www.letempsdunrp.com/t5135-carnet-de-reves#102392 https://www.letempsdunrp.com/t4979-que-suis-je-venu-faire-ici
Oskar
Mer 11 Mai - 15:09

Oskar Benedikt Jensen, dit "Ob"
J'ai 32 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis chauffeur de maître et je m'en sors bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis bien.

Accessoirement, j'ai la faculté de me transformer en ... aigle royal. Mais ne le dites pas, c'est un secret !

O. B. Jensen a écrit:
Le destin dit-on, donne à chaque homme, chaque femme, un être "lié" qui viendra le compléter. Chacun porte une phrase, une marque, qui lorsque cette moitié qui lui est réservée sera croisée, changera de peau pour aller sur la sienne, celle que portait l'âme-soeur venant orner la vôtre.
Depuis la fin des temps, les textes et les légendes rapportent que jamais cette phrase ne disparaît... Parfois, elle change, parfois immuable, elle avoue votre échec à trouver votre double. Si l'on tente de la supprimer, elle renaît, sur une autre partie du corps...
Elle ne s'efface, que lorsque le lien est rompu, lorsque amputé de votre moitié, vous errez entre l'être et le non-être, à jamais solitaire.
Je viens de perdre la mienne, ce qui signifie que Maïween, mon faucon blanc, a disparu. Pourtant, je ne me sens ni déchiré, ni en deuil, j'ai accueilli cette découverte comme l'aveu d'une erreur de la destinée, sinon, pourquoi elle et moi ne serions-nous jamais parvenus à nous rejoindre, remettant au lendemain, sans cesse, nos projets ?
Et pourquoi Elizabeth me ferait-elle à ce point vibrer, tremblant de la quitter, même pour une seule nuit ?
Je suis un homme d'honneur et de devoir, alors j'ai téléphoné, cherché, me suis adressé à tous ceux qui connaissaient mon âme soeur... Elle a non seulement disparu de mon bras, le libérant de toute inscription, mais également de toutes les mémoires ?
Une ébauche de rêve, retournée à la nuit dont elle était sortie ? Etais-je le rêve de l'ombre qu'elle est redevenue ?




L'homme est le rêve d'une ombre !

Saviez-vous ma Reine que le réel n'est que le piètre reflet de l'imaginaire ?

L'homme est le rêve d'une ombre... Clown210

Monté sur mon fier destrier je m'applique à oublier, le temps de dessiner sur le sable de la piste, la divine créature dont je porte la rose à la boutonnière... A n'en pas douter, la moindre lettre mal tracée ferait aussi mal à Bjorn qu'une épine vénéneuse profondément plantée dans sa peau, aussi pour préserver mon père plus que par goût de la perfection, je tends à l'atteindre ! Le mélange de poudre lumineuse est dosé pour que la couleur change, j'ignore quelle substance est mêlée à ce qui ressemble à du sucre, mais avec l'air ça réagit, et au fur et a mesure que nous écrivons, les lettres anciennes passent du rose au bleu puis au vert et au jaune, tandis que les plus récentes n'en sont qu'au début de leur travestissement. J'avoue, l'effet est réussi, et de la foule des acclamations nous parviennent, étouffées par la volonté de finir bien.

Voilà, Oskar le perfectionniste, le méticuleux, la façade dénuée semble-t-il de la moindre imagination a œuvré, je peux redevenir celui qu'elle attend ! Car je l'espère bien elle m'attend ? Moi, le rêveur incontrôlable ? Le passager de l'irréalité ? A la savoir là, dans la pénombre, cachée à mes yeux mais accessible à mon corps, je  me sens respirer plus fort et mieux.

Après notre ouverture, il va y avoir d'autres numéros, mais déjà, Tamara en licorne qui servira de Madame Loyal... Elle est prête à officier ma blonde petite sœur, avec son russe teinté d'un accent norvégien encore pire que le mien, mais dans la foule, je sais qu'il y a du russe tempéré par tous les accents du monde -sauf russe- anglais, irlandais, chilien, américain de Floride et de l'Ohio, italien, français... Les Orlov à eux seuls représentent une partie non négligeable du monde, au gré des alliances forgées de génération en génération... Si j'épouse Elizabeth... Non, je m'égare. Qui diantre a parlé de faire épouser son valet à la reine...

Je regarde un contorsionniste métissé Asie-Amérique du sud exceller sur scène, le fameux Oscar qui me vaut d'être appelé Benedikt par sa mère qui trouve Ob trop peu chrétien pour en user... Puis, une dresseuse de fiers... tigres en peluche ! Assistée de ses deux enfants qui font bouger les bêtes en riant tellement que parfois elle doit meubler les temps morts. C'est une de celle qui a le moins de mal à parler russe « comme il faut », sa mère est de Saint-Petersbourg, et son père... de Nice. Elle est suivie par Daniil, mon frère, sans le célèbre Chronos bâtard de spitz et d'on ne sait quoi, lui jongle avec huit balles qui émettent des bruits étranges en arrivant dans ses mains... Bruits qu'il commente dans les éclats de rire du public. Bjorn fait un court passage pour accompagner un cousin irlandais sur des ballons sauteurs pour une course endiablée... Leur succède une jongleuse à torches de feu grimpée sur échasses, d'Aberdeen en Ecosse, un quatuor costumé en dragon qui perd la queue parce que le plus jeune des frères Callahan n'a que douze ans et de plus petites pattes que ses aînés, ensuite encore, un Irlandais d'Ulster lui, un des Kelly, qui arrive avec un dogue allemand gigantesque tirant une charrette... de bambins déguisés en souris de toutes les couleurs... Il y a dans le lot les gamins de trois à six ans de plusieurs familles, les petites souris doivent faire la course pour ramener des balles avant le chien dételé, il n'y en aura qu'une qui y parviendra !

Plus les numéros sont simples, déjantés, et bon enfant, plus le public rit de bon cœur. Je ne sais pas si nous aurions fait recette, mais le but de se distraire en famille en resserrant des liens, lui, est parfaitement atteint !

Le spectacle continue, vers le milieu nous devrons revenir pour un vrai numéro de clowns, philosophique et tout, avec une étoile à décrocher de la lune... Je cherche la mienne d'étoile, parcourant les spectateurs du regard, cherchant une robe blanche vaporeuse et illusoire, comme faite de milliers de plumettes de fées qui habilleraient du feu nourri par la passion que je lui voue.

Ma reine, est-ce que je me fais mal en rêvant à toi ? Est-ce que m'imaginer à tes côtés, pour une éternité de servitude, d'amour et de vénération, est trop demander ? Oskar dit oui, mais Ob ne veut pas l'entendre... Si demain je dois te quitter, je sens déjà mon cœur qui saigne. Je dois absolument repousser ces pensées, elles ne m'apporteront rien, nous deviendrons ce que le destin nous promet et que seul il connaît par avance... C'est une merveilleuse chance de s'être croisés à deux reprises, d'avoir pu vivre ce que nous avons vécu. L'homme est toujours désireux de plus, sans voir ce qu'il a déjà reçu. Je vais tenter d'être plus « elfe »... Eux vivent le rêve au jour le jour, et pour une éternité plus longue encore !

Je reviens au spectacle, guettant les passages pour me repérer. Je vois les numéros, j'en ai suivi pas mal pendant les répétitions, mais les voir en entier, en costume... Même moi je passe un moment inoubliable. Tous, nous avons mis de nous pour participer, pour nous évader... La dresseuse de peluches tigres est avocate, le contorsionniste est PDG d'une grosse boîte de bâtiment, les dragons sont étudiants en médecine et sociologie pour les deux du milieu, l'aîné est pilote sur des longs courriers et le plus jeune collégien. Les parents des souris sont aussi bien femme de ménage que vétérinaire, docker que professeur à la fac, serveuse de bar que danseur étoile... Le monde Orlov, c'est le monde, réel, en condensé.

Je reviens sur la scène, toujours tout de blanc vêtu, avec en face Marius qui a comme mission de décrocher une étoile... Le patron de l'Auguste, en la personne de Chronos parlant avec la voix de Daniil, est un despote condescendant, notre spectacle est bien rodé. Tamara incarne la Réalité « Voyons Messieurs, on ne décroche pas les étoiles ! Que deviendrait le ciel si chaque promeneur en voulait une comme souvenir ! » Le timbre de voix de Daniil qui tente d'achever une mutation amorcée à quatorze ans mais pas encore terminée -parviendra-t-il un jour à faire entendre sa tessiture rêvée, rien n'est moins sûr- essaie de paraître grave et dramatique « Je veux une étoile ! Mon prestige dans ce monde doit luire, autant qu'elle le fait dans le ciel », Bjorn-Marius se lamente « Une étoile Boss ? Mais c'est foutrement haut ces machins, et puis ça doit brûler, ça brille de mille feux ! » et moi... Genre « ya ka fo kon »... « Si Chronos le magnifique veut une étoile, il faut décrocher l'étoile ! Je te soutiens... moralement ». La scénette doit durer vingt  minutes, et comprendre les tentatives -toutes vaines- de Marius pour décrocher l'étoile... La licorne qui menace d'appeler la police de l'espace, le spitz nain qui maugrée qu'on lui met des bâtons dans les roues, et moi, toujours effroyablement égoïste, qui regarde tout ça, avant de faire apparaître une étoile !

L'étoile, est du même ordre que la rose offerte à Elizabeth à l'auberge, mais j'ai une autre idée...

Je l'ai repérée là-haut, cachée... Pendant que Tamara et Daniil occupent l'espace, ma sœur m'interrogeant du regard, qu'est-ce que je fais ? Ça n'est pas prévu ?! Je monte vite fait en me cachant dans l'ombre et fait signe à Eli, viens !

Nous redescendons en catimini, et tandis que Marius pleure bruyamment en éclaboussant tout le monde avec son nez en plastique rouge et la fleur à sa boutonnière, j'arrive sur la scène, tenant ma partenaire improvisée par la main !

« Chronos ! Seigneur du temps ! J'ai trouvé la reine des étoiles ! Bien plus belle encore que celle que vous aviez désignée !  »

Le public applaudit, persuadé que la chute était prévue ! J'ai un sourire rayonnant que partagent mes complices... Seule l'étoile a l'air... surprise. Mais c'est normal, je viens de la décrocher du ciel !



L'homme est le rêve d'une ombre... Tamara10L'homme est le rêve d'une ombre... Format11L'homme est le rêve d'une ombre... 360-9910L'homme est le rêve d'une ombre... R7371_10


@dreamcatcher
Dreamcatcher
Messages : 215
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Dim 29 Mai - 20:48
L'homme est le rêve d'une ombre... Elizab11

Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


L'homme est le rêve d'une ombre... Ob110

avatar :Daria Sidorchuk
copyright:️ Ma pomme

Le rêve ambulant de son Roi poudroyait la trace de marques racées sur la piste. Cette allure, cette aisance qui camouflait avec brio sans doute des heures d'entraînement...Assise au dernier rang, elle s'amusait à l'observer de toute son âme sans qu'il ne puisse s'en rendre compte. Et le sourire lumineux qu'elle affichait sur son visage en disait long sur son bonheur d'instant. Protégée par la pénombre, elle le dévorait des yeux et du cœur, littéralement. Carpe hora. Chaque seconde, chaque battement de pouls était pour lui, avec lui. S'imprégner des ressentis pour l'éternité. Ne jamais oublier ce qu'elle voyait, ce qu'elle palpitait. Enserrer dans chaque cellule la gravure du sentiment. « Tu ne sais pas Ob, tu ne sais pas comment je peux aimer. C'est effrayant. »

***

La marque, étrangement, avait saigné. Une sale impression de brûlure s'était imposée pendant quelques jours avant qu'elle ne disparaisse peu à peu. Elle n'en avait pas saisi les tenants et les aboutissants, continuant de se fourvoyer avec la conviction que cet amour là ne pourrait se vivre que dans une autre existence. Plus tard. Loin. Pas maintenant, pas ainsi ! Oskar ne représentait qu'un « accident » de parcours, une chute vertigineuse qu'il fallait éviter ! Un feu de paille. La comédienne souhaitait ardemment s'incarner dans ses songes et cela, oh cela ! se dilatait dans un futur inaccessible.

Pas maintenant !

Elle errait, admirative et agréablement surprise, entre les numéros qui se succédaient. La qualité ne prévalait en rien le fait qu'ils étaient tous peu ou prou des amateurs. Au contraire même, les quelques représentations de cirque auxquelles elle avait assisté auparavant, ne ressemblaient pas à ce qui se déroulait et plus d'une aurait gagné à s'en inspirer pourtant. Peut-être parce que la belle complicité qui réunissait les Orlov se concentrait dans la pureté des intentions : se rassembler, partager, s'aimer tout simplement. Chaque scénette s'en trouvait imprégnée.  Les spectateurs riaient aux éclats, pouffaient ou souriaient, c'était selon, mais toujours avec sincérité et spontanéité. L'ambiance bon enfant transpirait de toutes parts, l'authentique performance étant que toutes et tous, jeunes et moins jeunes, se retrouvaient unis dans un même tempo, liés et liants. Les tambours d'une profonde affection familiale battaient à l'unisson. C'était surtout cette beauté invisible mais bien réelle qui lui résonnait dans le cœur.

Cela existait, à la mesure d'une grande famille ! Il suffisait de contempler la joie des artistes, la grâce de leur ardeur à effectuer les tours, drôle, légère, enchanteresse. « Eli au pays des merveilles » pensa t-elle, attendrie. Au moins un prodige: l'assemblée communiait à une source unique et précieuse : l'amour qu'ils se vouaient aux uns et aux autres, au-delà des distances et des différences.

La rouquine s'amusait tout autant qu'eux, admirative, subjuguée. Mais aussi,  en son jardin secret, savourait à pleine âme la vague infinie du don parfait. L'aristocrate portait un nom prestigieux dans son milieu mais ce n'était qu'une coquille vide, emplie d'apparences et de conventions. Elle n'avait pas été aimée Eli, ne le serait jamais par ses proches, alors, c'était bon ce bain de ciel sans nuage.

Que des anges alentours...Tiens, le plus beau s'avança tout à coup parmi les sièges. Mais que... ? Elle ouvrit de grands yeux, interrogative. Pourquoi diable Ob lui demandait de le rejoindre ? Il se trompait ! Ou bien faisait signe à un complice derrière ? Elle se retourna mais il n'y avait personne. « Moi ? » fit-elle d'un geste silencieux. D'un large sourire, il acquiesça, alors elle se leva et le suivit sans savoir...sur la lice !

Mon dieu ! Mais quelle mouche l'avait piqué ?! Une étrangère ! Elle n'avait pas sa place ici ! Mais la réaction du public lui fit comprendre qu'il n'y voyait que du feu. Alors, l'effet de surprise passé, elle joua le jeu. Sautilla sur quelques pas, tournoya deux, trois fois, avant de s'approcher tout près de Marius:

-Marius, séchez vos larmes.

Et de joindre les mains sur sa poitrine, s'inclinant. L’œil en coin, discrètement, elle en profita pour lancer un des ces regards à Ob...Un de ces regards...

The Heart Asks Pleasure First
Oskar
Messages : 157
Date d'inscription : 07/03/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : Targui himself

Univers fétiche : Pas de préférence, avatars réels par contre
Préférence de jeu : Homme
tea
https://www.letempsdunrp.com/t4980-dis-moi-qui-tu-es-je-te-dirais-peut-etre-qui-je-suis https://www.letempsdunrp.com/t5135-carnet-de-reves#102392 https://www.letempsdunrp.com/t4979-que-suis-je-venu-faire-ici
Oskar
Mer 8 Juin - 9:12

Oskar Benedikt Jensen, dit "Ob"
J'ai 32 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis chauffeur de maître et je m'en sors bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis bien.

Accessoirement, j'ai la faculté de me transformer en ... aigle royal. Mais ne le dites pas, c'est un secret !

O. B. Jensen a écrit:
Le destin dit-on, donne à chaque homme, chaque femme, un être "lié" qui viendra le compléter. Chacun porte une phrase, une marque, qui lorsque cette moitié qui lui est réservée sera croisée, changera de peau pour aller sur la sienne, celle que portait l'âme-soeur venant orner la vôtre.
Depuis la fin des temps, les textes et les légendes rapportent que jamais cette phrase ne disparaît... Parfois, elle change, parfois immuable, elle avoue votre échec à trouver votre double. Si l'on tente de la supprimer, elle renaît, sur une autre partie du corps...
Elle ne s'efface, que lorsque le lien est rompu, lorsque amputé de votre moitié, vous errez entre l'être et le non-être, à jamais solitaire.
Je viens de perdre la mienne, ce qui signifie que Maïween, mon faucon blanc, a disparu. Pourtant, je ne me sens ni déchiré, ni en deuil, j'ai accueilli cette découverte comme l'aveu d'une erreur de la destinée, sinon, pourquoi elle et moi ne serions-nous jamais parvenus à nous rejoindre, remettant au lendemain, sans cesse, nos projets ?
Et pourquoi Elizabeth me ferait-elle à ce point vibrer, tremblant de la quitter, même pour une seule nuit ?
Je suis un homme d'honneur et de devoir, alors j'ai téléphoné, cherché, me suis adressé à tous ceux qui connaissaient mon âme soeur... Elle a non seulement disparu de mon bras, le libérant de toute inscription, mais également de toutes les mémoires ?
Une ébauche de rêve, retournée à la nuit dont elle était sortie ? Etais-je le rêve de l'ombre qu'elle est redevenue ?




L'homme est le rêve d'une ombre !

Saviez-vous ma Reine que le réel n'est que le piètre reflet de l'imaginaire ?

L'homme est le rêve d'une ombre... Seurat+Cirque
Le cirque - Peinture de Georges Seurat 1890

 « Marius, séchez vos larmes »

Quatre petits mots, prononcés bien distinctement d'une voix posée et douce, font fondre le public qui applaudit à s'en rompre les mains ! Et accessoirement, Bjorn, enfin Marius, sous le charme qui lui renvoie un sourire... Un sourire ! Reculez Père ! Vous avez trouvé l'âme sœur ! Celle-ci est mienne ! Je plaisante naturellement, jamais je n'irais imaginer mon père chassant sur mes terres, et puis... est-elle mienne ? Ne serait-ce qu'un tout petit peu ? C'est la Reine des étoiles !

Tandis que Marius s'incline, lançant à Chronos « Seigneur du temps » qu'il n'a pas failli et lui a bien décroché son étoile, la plus belle des étoiles, nous nous positionnons et saluons, notre numéro est fini ! J'interviendrai -enfin nous interviendrons, les trois hommes de la famille- pour le final, là, je vais me démaquiller, revêtir un autre costume, celui d'un homme du monde du début du vingtième siècle puisque nous avons placé la course sous les couleurs de l'exposition universelle de 1900 à Paris. Pourquoi ? Sans doute un hommage à notre ancêtre réfugié en France, mais il n'est arrivé lui que pendant la première guerre mondiale me semble-t-il ? Voire même après puisqu'il tentait d'échapper à la révolution de 1918 ? Peu importe, notre périple nous fera tourner autour de la Tour Eiffel, passer sur une sorte de tapis roulant que notre ingénieur en chef -un Kelly d'Irlande du nord- a eu un mal fou à régler pour symboliser celui présenté cette année là, précurseur des escaliers mécaniques qu'on trouve désormais partout. La piste sera une grande roue couchée au sol et dessinée à l'aide de craie « durcissante » qui résistera -au moins au début- aux roues des unicycles. L'arrivée se fera à la Gare d'Orsay reconstituée en carton pâte, et partira d'une bouche du « Métropolitain ».

Inutile de dire que nos décorateurs, en l'occurrence une cousine canadienne architecte, Callaghan émigrée depuis les Etats-Unis, et un Français illustrateur de livres pour enfants, ont eu des suées pour pondre le cadre, qui devait être à la fois réaliste et féérique... Ils se sont torturés les méninges, pour non seulement créer des monuments acceptables, mais également pour les placer sur un parcours en spirale, parsemé d'obstacles divers, de façon à permettre à quatre séries de vélos de faire la course, huit au départ pour chacune des manches, pour finir à quatre au total, le premier passage devant éliminer quatre concurrents de chaque team, le second réduire à un finaliste par équipe. Nous avions envisagé, avant les premières répétitions, de mettre les trente-deux cyclistes ensemble, les dégâts occasionnés au décor nous en ont dissuadés ! Sans parler des bleus des cavaliers et des blessures des montures qui s'accrochaient du fait de leur trop grand nombre !

En attendant donc, de concourir, coiffé d'une cape du soir ridicule et d'un chapeau tout aussi grotesque, comment faisaient-ils pour ne pas éclater de rire en se regardant dans les miroirs ? Je ne parle même pas de la moustache en guidon de vélo que je vais me coller sous le nez ! Je peux me poser un peu, souffler, et profiter du spectacle. Je me retourne vers mon étoile.

« Ma Dame, Reine des étoiles de ce ciel septentrional, m'accompagnez-vous ?  »

J'entends plus que je le vois le sourire de ma sœur, elle ne pipe pas mot mais est en train de se rincer l’œil... Son grand-frère amoureux ? Qu'elle en profite ! Elle n'aura pas souvent l'occasion de voir ce genre de chose... Encore que ? L'objet de mon amour, cet amour que je n'ose encore nommer ne changera pas, quoi qu'il puisse survenir... Les aigles sont fidèles, jusqu'à la mort.  J'envoie un baiser coquin à Tamara, un salut amusé à mon père qui semble aux anges, et me retrouve à nouveau face à Elizabeth. Je suis comme le compas qui détecte le nord à coup sûr, où qu'elle soit, mes aiguilles changent de direction pour pointer vers elle, comme si ma route ne pouvait dévier et se portait naturellement sur ses pas, à l'en lasser de ma présence !

Plus bas, plus près aussi, je murmure presque...

« Rester, quelques minutes à peine s'il ne nous est accordé que cela, juste avec vous ? Avec toi ?  »

Allons Ob ! Tire un peu Oskar de sa léthargie, tu vires romantique ! Du fond de moi, Benedikt, ce doit être lui le rêveur si Oskar ne l'est qu'à demi ? Me souffle qu'il y a dans le monde de bien pires drames qu'aimer une reine en étant laquais ? Qu'en sait-il lui !

« Lorsque vos couleurs pavoiseront tout en haut de la tour Eiffel, que voudrez-vous faire Ma Reine ? »

Car je ne doute pas un instant d'être celui qui parvenu en bas de cette tour Eiffel -en fait une échelle le long de laquelle, laissant leurs fières montures au sol, les finalistes devront grimper-  accrochera au mât l'écharpe donnée par sa belle. Et puis... Au fond de moi, à fleur de peau... en fait, tellement en surface que chaque pore de mon épiderme doit le crier, je voudrais la serrer contre moi, m'enfouir le visage dans sa chevelure rousse, posant la tête contre son cœur, contre son sein... Je me gifle mentalement, ce n'est pas ainsi que je vais mettre de mon côté toutes les chances de victoire !

Je sors d'un écrin à maquillage une plume, une gigantesque plume qu'un grand aigle royal a perdue en atterrissant un peu brutalement... Je la lui tends, avec un sourire, elle et moi seuls savons ce qu'elle est...

Offrir une plume, dans de nombreuses cultures, n'est pas anodin, symbole du divin, de la bravoure, de la valeur morale, de liberté, elles sont toujours un présent de qualité... J'avoue, moi, je ne l'offre que dans un unique but, lui donner de moi, où que je sois, quoi que je devienne... Si elle la conserve, voire la porte en bijou de son choix, elle sera mienne, et je serai sien...

« Faites moi plaisir ? Faites moi l'honneur... Elle sera votre compagne, faites en un bijou, écrivez avec, ou bien posez la simplement dans un vase telle une rose... La savoir vôtre me fera...  »

Je ne continue pas, l'émotion me vient, je suis stupide en amoureux transi décidément ! Mes yeux brillent un peu humides... Ne dirait-on pas que je pars en guerre à l'autre bout du monde ! Mes lèvres prononcent, je devrais dire « miment » car le son n'y est pas... « Je t'aime », et j'ajoute en pensée « plus que moi-même, et pour toujours » mais non, je ne le dirai pas.

L'homme est le rêve d'une ombre... Obeliz10


@dreamcatcher

« Oskar Benedikt » -  « Elizabeth »


Prendre son envol

et tout oublier
Dreamcatcher
Messages : 215
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Sam 9 Juil - 10:34
L'homme est le rêve d'une ombre... Elizab11

Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


L'homme est le rêve d'une ombre... Ob110

avatar :Daria Sidorchuk
copyright:️ Ma pomme


L'homme est le rêve d'une ombre... Vn46

Combien de Temps infini s'était passé hors de lui-même ? Une heure ? Une heure et demi ? Un instant de grâce, un clin de gaité et de beauté. Un entre deux au milieu de plusieurs. Au-delà des rires et des réactions du public, l'Onde pendulait en silence, aveugle au brouhaha du Monde, immense au creux du Tout-près.

Ob et Eli. Un Clown ? Une étoile ? Chuuut...C'est un mystère que l'on approche à pas d'amour...

Bjorn, l'homme au  caractère bien trempé, lui décocha un sourire lumineux, révélant ainsi le pétillement qui s'exhalait de ses grands yeux rieurs.  Elle pratiquait la scène depuis longtemps mais étrangement, curieusement, à cet instant précis, n'en éprouva pas l'adrénaline de passion habituelle. Non. Ce fut une sensation de confusion, d'entrelacs de sentiments contradictoires qui la submergea. Elle n'aurait pas du se trouver là mais Ob...Ob ! La canaille ! Quelle idée de l'avoir extirpée ainsi, avec cette délicatesse qui la liquéfiait littéralement de l'intérieur ! Elle aurait du refuser de l'accompagner ! Serait restée tranquillement à la fois invisible et imbibé  de tout ce qu'elle vivait en cette mémorable soirée ! La comédienne, comment dire... « jouait en aimant », dans l'ordre et l'harmonie des actes et des répliques, mais là, c'était l'inverse qui se produisait. « Elle aimait en jouant », et la partie n'avait guère été apprise par cœur. Au contraire, c'était lui, son cœur, qui dictait sa conduite. Sublime arrogance.

Les applaudissements la mirent mal à l'aise, cependant, rompue à la maîtrise de soi par l'apprentissage du théâtre, elle afficha une mine joviale et assurée. En vérité ? Elle n'aspirait qu'à disparaître !

La petite équipe salua et fit demi tour. Le spectacle se poursuivait avec d'autres numéros. Dans les coulisses, la réalité rouvrit grand ses bras et malgré son maquillage, Eli admira le visage de son Chevalier. Une bonté intrinsèque transparaissait sur ses traits fins, quelque chose de si doux qui lui serra la gorge.

L'accompagner ? Oh gosh ! Mille fois oui ! Mille fois d'immortel ! Elle aperçut à peine sa sœur et son père, fantômes évincés à cause de LUI. Mais elle ne dit rien Elizabeth, elle se tut, attendrie, trop émue.

« N'entends-tu pas les pulsations de mon âme qui s'éprend de Toi ?
Ne vois-tu pas le sentiment astronomique qui m'inonde ?
Ne sens-tu pas comme j'aime ? Comme   je t'aime. Déjà ! »

Il se tourna vers les siens et elle fit un pas pour s'en aller mais il insista.
Il insista...

« M'effondre et mes neiges s'effondrent
Je tremble et je tangue
Sur le frisson qui s'agenouille et la glace qui s'enfièvre
Je te vois et je m'enivre...Je m'enivre de Toi... »


Arrêt sur image.
Face à face.
Cœur à cœur.
Âme à âme.
L'humilité grandiose.

Elle n'a pas encore prononcé un seul mot. Elle s'approche.Trop près. Lève son visage vers Lui, s'enlace à son regard.

Tic tac...Tic tac...
Et puis ses prunelles glissent sur sa peau. Se lovent sur ses lèvres, suivent la ligne de gauche, de droite. Celle du haut. Celle du bas.  Elles caressent les orbes vermeils joliment ourlées, les scellent dans une tendresse innommable.
Elizabeth est immobile, ne fait aucun geste. Mais tout d'elle offre et appelle.
Elle sait qu'il sait qu'elle sait.

Pas maintenant. Peut-être jamais.

-Un confetti.

D'une pichenette sur l'épaule, le minuscule cercle de papier s'envola dans l'air. Il était certain de gagner, ça la fit sourire.

-Voler avec vous.

De rares fois, ils s'étaient tutoyés et puis le vouvoiement se repointait naturellement. User de la deuxième personne revêtait une sorte de langage mystérieux, intime, réservé qui les liaient avec élégance.

Cette grande boîte oblongue qu'il ouvrait...Elle crut qu'il allait se maquiller. Mais...

-Ob !...

Le ru délicat borda soudain ses beaux yeux alors qu'il lui tendait une plume. SA plume... !

-Ob... répéta-t-elle. Merci. Le murmure s'envola, enflammé.

Frissons. Émotion.

Elle accueillit ce bout de Lui précieusement dans ses paumes, l'effleura des doigts, la lissa, la frôla... Une merveille si légère, si lourde de sens. L'expression pétillante soudain, elle saisit le calamus, recula un peu tant la rémige était longue, puis posa le bout arrondi sur la tempe du clown. Lentement, le panache se mit à tracer des arabesques ici et là, sur sa joue...son nez, ses lèvres...son cou...

Elle souriait Eli, oh comme elle souriait...Amoureuse...Heureuse...Allait lui répondre à son tour de la même manière, enfin...presque. Se rapprocher encore, le serrer fort contre elle et...
Mais des voix se firent entendre soudain, brisant l'entre deux.

-On se voit après ? Adieu Messire.

Elle devait s'en aller, retourner dans sa cachette au fond du chapiteau.

Là-bas, il y avait si longtemps, avant même qu'ils ne soient nés sur Terre, la flèche d'or de Cupidon avait fendu l'air sans bruit.
Oskar
Messages : 157
Date d'inscription : 07/03/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : Targui himself

Univers fétiche : Pas de préférence, avatars réels par contre
Préférence de jeu : Homme
tea
https://www.letempsdunrp.com/t4980-dis-moi-qui-tu-es-je-te-dirais-peut-etre-qui-je-suis https://www.letempsdunrp.com/t5135-carnet-de-reves#102392 https://www.letempsdunrp.com/t4979-que-suis-je-venu-faire-ici
Oskar
Mar 26 Juil - 15:59

Oskar Benedikt Jensen, dit "Ob"
J'ai 32 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis chauffeur de maître et je m'en sors bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis bien.

Accessoirement, j'ai la faculté de me transformer en ... aigle royal. Mais ne le dites pas, c'est un secret !

O. B. Jensen a écrit:
Le destin dit-on, donne à chaque homme, chaque femme, un être "lié" qui viendra le compléter. Chacun porte une phrase, une marque, qui lorsque cette moitié qui lui est réservée sera croisée, changera de peau pour aller sur la sienne, celle que portait l'âme-soeur venant orner la vôtre.
Depuis la fin des temps, les textes et les légendes rapportent que jamais cette phrase ne disparaît... Parfois, elle change, parfois immuable, elle avoue votre échec à trouver votre double. Si l'on tente de la supprimer, elle renaît, sur une autre partie du corps...
Elle ne s'efface, que lorsque le lien est rompu, lorsque amputé de votre moitié, vous errez entre l'être et le non-être, à jamais solitaire.
Je viens de perdre la mienne, ce qui signifie que Maïween, mon faucon blanc, a disparu. Pourtant, je ne me sens ni déchiré, ni en deuil, j'ai accueilli cette découverte comme l'aveu d'une erreur de la destinée, sinon, pourquoi elle et moi ne serions-nous jamais parvenus à nous rejoindre, remettant au lendemain, sans cesse, nos projets ?
Et pourquoi Elizabeth me ferait-elle à ce point vibrer, tremblant de la quitter, même pour une seule nuit ?
Je suis un homme d'honneur et de devoir, alors j'ai téléphoné, cherché, me suis adressé à tous ceux qui connaissaient mon âme soeur... Elle a non seulement disparu de mon bras, le libérant de toute inscription, mais également de toutes les mémoires ?
Une ébauche de rêve, retournée à la nuit dont elle était sortie ? Etais-je le rêve de l'ombre qu'elle est redevenue ?




L'homme est le rêve d'une ombre !

Saviez-vous ma Reine que le réel n'est que le piètre reflet de l'imaginaire ?

L'homme est le rêve d'une ombre... 1923626473_c6906836a2_z
Faery

 « On se voit après ? Adieu Messire. »

Adieu ? Non ! Au revoir !

Si tu savais Ma Reine comme je crains cet « Adieu », comme j'ai la certitude qu'un jour, une nuit, une éternité, il signifiera ce qu'aujourd'hui nos contemporains y mettent, non « à la grâce des dieux » mais « à ne plus vous revoir ! ». Oskar me l'aurait dit, il savait lui que les chauffeurs et leurs maîtresses sont chacun d'un côté de la vitre teintée, mais c'était trop tentant, vous m'avez fait croire ma sublime, que j'avais le droit d'outrepasser … Chaque instant passé en votre compagnie est une existence entière, je vais me constituer une vie de souvenirs où votre présence sera continue, et quand je serai vieil aigle sur mon aire à guetter le vent, ce confetti reviendra me rappeler que vous existiez bien ?

Qu'ai-je donc ? Pourquoi tant de nostalgie, d'amertume, de peur à peine dissimulée, de fatalisme qui ne me ressemblent pas ? C'est que l'enjeu est tel...

Et si je n'avais fait... que rêver ?

Je suis donc là, prêt à monter sur mon fier destrier, à mon bras les couleurs de ma Dame, j'ai volé une écharpe de tulle assortie à sa superbe robe ! J'ai l'impression d'être totalement ailleurs ! Je dois me concentrer, c'est comme une épreuve de ces J.O. auxquels je j'ai finalement jamais participé ! Je dois faire mes tours de piste, grimper à cette échelle, accrocher mon étendard au mât !  Et ensuite, venir faire ma révérence à ma muse, lui offrant les fleurs que j'aurai gagnées !

Tamara me regarde intriguée. Qu'ai-je donc ? Est-ce si visible que je souffre ? Je suis un garçon pragmatique et raisonnable, je n'ai pas l'habitude de m'envoler si loin, de me mettre une telle pression, de conditionner mon bonheur à la présence d'une autre ! Jusqu'alors, Oskar draguait certes... « pour l'hygiène » disais-je, des filles gentilles et peu instruites, souvent épatées d'être remarquées par un type qu'elles jugeaient beau et plein de classe ! Je le faisais pour pouvoir disparaître sans leur laisser de regrets, conserver ma liberté si chère à mon cœur... Jake mon comparse de Hongrie se fichait de moi lui qui ne faisait pas mieux, il me disait que je n'avais pas d'ambition et aurait pu espérer mieux ? Mieux ? Comme c'est dégradant de juger une femme de la sorte ? Ce n'est pas le physique qui mérite mieux ou moins bien, une fille banale ou laide peut avoir un cœur d'or plus précieux que celui d'une splendeur adulée par les foules... Non, moi, j'avais peur d'être attaché, enfermé, prisonnier ! Aussi il faut l'avouer de n'être pas à la hauteur de l'espoir de l'autre...

Et puis... Il y a eu Vous, Ma Dame... Vous ! Qui êtes non seulement belle, célèbre, unique, dotée d'un cœur en diamant précieux, experte en rêves et en merveilles de toutes sortes ! Et là, pour une fois, j'ai peur non plus d'être prisonnier mais que vous ne souhaitiez pas me capturer ! Que lassée vous me montriez la porte « Fis manant, disparaissez ! Je vous ai cru digne, je me suis trompée ! »

Je mourrais Madame ! Je ferais comme les gouttes de rosée le matin, perles d'espoir que le soleil levant dessèche ! Je serais... comme ces nuages que le vent disperse, lourds moutons de coton devenus filaments d'inespérance ! Comme les graines de ces fleurs qui pour donner vie doivent germer et donc se perdre en une autre nature...

La terreur me saisit, une anxiété telle que si je n'y prends garde, je n'aurai pas de bouquet à vous offrir !

Je dois me reprendre, dans les gradins je cherche une ombre à la robe vaporeuse et à la chevelure de feu... Je suis comme ces lucioles qui ne brillent qu'un instant, quand la lune est haut dans le ciel, pour s'éteindre à jamais lorsqu'elle se couche.

Elizabeth ! Aimez-moi ! Sans vous... Je ne peux plus être !

Je secoue mes émois, ils sont superflus et gênants! Elle me semble bien vibrer à l'unisson, mais elle n'a rien promis ? Deux fois déjà nous nous sommes quittés et retrouvés !

Je ne sais toujours pas pourquoi une telle humeur a pris possession de mon âme... J'ai donné ma plume, comme d'autres offriraient leur cœur puis leur main... a-t-elle compris ? Mon message était extrême et peut-être prématuré ? « Ma Mie, je suis vôtre, pour notre éternité, tel l'aigle qui de sa vie durant n'a qu'une compagne et se laisse dépérir si elle n'est plus ». J'espère trop, toujours, et je ne dis pas assez, jamais. Je sens pourtant qu'elle répond à mes appels, qu'elle est prête elle-aussi à sombrer dans un « entre-nous » effrayant et magnifique !

Mais en a-t-elle compris l'immensité.

Je n'ai rien dit... Rien véritablement dit... Je souhaite aujourd'hui ce que je redoutais hier et j'ai tant de crainte qu'elle aussi redoute de n'être qu'à un, pour toujours...

Je m'élance, nous sommes trente-deux preux à batailler pour hisser notre dame au sommet !

En moi-même je me dis stupidement que si j'échoue, je n'aurai plus que des bris de mon trésor à lui offrir ! Je dois arriver le premier ! Pour me rapprocher un tout petit peu de sa hauteur...

« Stupide humain » dit l'Aigle, ne vois-tu pas que tu mélanges tout ? Si elle doit t'aimer, victorieux ou vaincu elle t'aimera ! Cesse donc de te réfugier derrière des faux semblants !

Je pédale ! De toutes mes forces ! Criant intérieurement : Elizabeth ! Je vous aime !


L'homme est le rêve d'une ombre... Obeli10


@dreamcatcher

Lançons les dés ?:


Prendre son envol

et tout oublier
Maître des Univers
Messages : 635
Date d'inscription : 11/02/2017
Région : L'Univers
Crédits : 64pxs

maître des univers
Maître des Univers
Mar 26 Juil - 15:59
Le membre 'Oskar' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'RÉUSSI / ÉCHOUÉ' :
L'homme est le rêve d'une ombre... DdSQp2v
Dreamcatcher
Messages : 215
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Mer 3 Aoû - 21:43
L'homme est le rêve d'une ombre... Elizab11

Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


L'homme est le rêve d'une ombre... Ob110

avatar :Daria Sidorchuk
copyright:️ Ma pomme


« Car mon cœur n’était pas avec moi, mais avec toi, et, aujourd'hui surtout, s'il n'est pas avec toi, il n'est nulle part. »*

Elle s'en retourna dans son coin, la plume serrée contre elle. Il lui avait donné un bout de soi ! Un bout de soie...

Sur le rivage, je suis une autre
Je le porte en moi
La lumière gargouille à travers l'univers et mes entrailles
Le sel de la terre où les silences espèrent
le lieu où l'espoir accouche
Je le porte sur moi
je suis une autre
J'ai froid sur le rivage
Qui peut se laisser ?
Qui peut le crier ?
Le vent ondoie, s'affaisse et se relève
Je souffre déjà de ce qui n'existe pas.
ma main se pose sur l'étoile tremblante
Je le porte le long de moi
Essuie la rouillure de mes larmes
Mon âme fissurée

Passe mais ne t'en va pas !Trépasse mais revient ! Demeure sans chaîne mais lié !

Elle n'entendait plus rien. « Que m'arrive-t-il ?... » La Brûlure la consumait au point d'exploser littéralement, elle allait éclabousser de ses chairs l'assemblée ! S'extirper de la touffeur humaine...Calée sur la chaise, elle va s'envoler Eli, sans aile et sans filet.

Elle se laisse dévorer par le sentiment. Il est là, au creux de ses tripes, dans sa moelle, dans ses os, ses veines... Il rampe, il s'immisce, il s'incarne. Le besoin viscéral de sentir ce brin de lui sur sa peau la fait gémir. La pénombre l'entoure, l'éclairage ne parvenant pas jusqu'au fond du chapiteau. Il ne reste qu'une poignée de secondes avant qu'ils ne rentrent en piste. Elle ferme les yeux et se retrouve tout près de lui dans les coulisses. Un sourire sur les lèvres, elle laisse la plume glisser sur son visage. Mais c'est le sien qu'elle voit, qu'elle câline pore à pore. Elle penche un peu la tête, savoure le velours léger qui affleure son cou. Se penche de l'autre côté, s'effleure encore mais c'est LUI qu'elle cajole.

Ob !

Soupir.

Elle rouvrit les yeux, ivre d'amour. Ils arrivaient, Lui parmi les autres.
Les bruits ambiants la gênèrent soudain. De jeunes enfants criaient de joie, montrant du doigt celui ou celle qu'ils reconnaissaient. Un brouhaha montait, exalté par la course vaillante qui commençait.

Que cela dure et perdure par pitié ! Figer le temps ! Décoller du monde. Le chahut sage du public l'agressait, alors elle sortit ses écouteurs qui ne la quittaient jamais et les brancha sur son portable. Elle choisit la mélodie qui l'emportera loin, là-bas...à son côté...Le son ajusté, il n'exista plus qu'un Nous infini, éperdu d'éternité et d'absolu.

Ob !

S'évaporer au-dessus de la salle, dépasser les concurrents, le rejoindre...

Ob !

Tout près de lui, elle s'approche de son oreille et murmure enfin à son tour: «  moi aussi je t'aime ».

Je m'appuie délicatement le long de Toi
sur le rivage je n'ai plus froid
sur ta joue je m'enfuis
sur ton épaule je me dissous


Le public s'agita davantage tandis que la joyeuse troupe de vélos roulaient à toute allure. Ob fut  plutôt en mauvaise posture au début, presque en dernière position. S'il perdait...Elle l'embrasserait sur le nez, le front, les joues. S'il gagnait...Mais il remonta soudain, zigzaguant à qui mieux mieux entre les roues ! Il faillit tomber à un moment, devancé par un grand gaillard qui rigola et lui fit un pied de nez. Eli s'appliquait à s'imbiber de chaque instant, contemplant la scène au ralenti, la faisant traîner, irréelle, magique. Des étoiles chantaient tout autour, les pierres dansaient au loin, et les fées souriaient …

« Oh ! Mon étole ! Le gredin... » Elle sourit, -à quel moment lui avait-il donc piqué ?- amusée, séduite. Et puis, les familles se mirent à taper des pieds en chœur sur les planches de bois. Elle perçut les vibrations des gradins, se laissant emporter par l'effervescence des gaietés. Retira ses écouteurs et suivit le mouvement de l'assemblée en se levant, criant  à qui mieux mieux : «  Ob ! Ob ! ». Tout le monde s'en donnait à cœur joie,  chacun encourageant son préféré. Un tonneau bourré de pétards éructa comme un bœuf, lançant dans l'air des milliers de confettis, son chevalier prit la longue baguette réussissant avec brio à ne laisser tomber aucune assiette... « Tu es beau, oh comme tu es beau mon Ob... ».

Le vainqueur grimpa sur la tour du château enchanté, -pardon, sur l'échelle-, accrocha les couleurs de sa dame... C'était Oskar Benedikt Jensen !

Debout sur son siège comme tous les autres, Elizabeth applaudit à s'en péter les phalanges. Que dire ? Elle était heureuse, heureuse pour lui ! Pour eux ! C'était la victoire d'une grande maisonnée unie et aimante. L'ascension radieuse de vies différentes, ralliées au plaisir simple mais essentiel de se retrouver ensemble.

C'était beau et elle savoura ce Beau autant qu'elle put.

Ob et Eli? Ce n'était qu'un rêve éveillé, n'est-ce pas ? Pour combien de temps ?


* Lettre d'Abélard à Héloïse- XIIème siècle
Oskar
Messages : 157
Date d'inscription : 07/03/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : Targui himself

Univers fétiche : Pas de préférence, avatars réels par contre
Préférence de jeu : Homme
tea
https://www.letempsdunrp.com/t4980-dis-moi-qui-tu-es-je-te-dirais-peut-etre-qui-je-suis https://www.letempsdunrp.com/t5135-carnet-de-reves#102392 https://www.letempsdunrp.com/t4979-que-suis-je-venu-faire-ici
Oskar
Jeu 11 Aoû - 9:03

Oskar Benedikt Jensen, dit "Ob"
J'ai 32 ans et je vis à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis chauffeur de maître et je m'en sors bien. Sinon, je suis célibataire et je le vis bien.

Accessoirement, j'ai la faculté de me transformer en ... aigle royal. Mais ne le dites pas, c'est un secret !

O. B. Jensen a écrit:
Le destin dit-on, donne à chaque homme, chaque femme, un être "lié" qui viendra le compléter. Chacun porte une phrase, une marque, qui lorsque cette moitié qui lui est réservée sera croisée, changera de peau pour aller sur la sienne, celle que portait l'âme-soeur venant orner la vôtre.
Depuis la fin des temps, les textes et les légendes rapportent que jamais cette phrase ne disparaît... Parfois, elle change, parfois immuable, elle avoue votre échec à trouver votre double. Si l'on tente de la supprimer, elle renaît, sur une autre partie du corps...
Elle ne s'efface, que lorsque le lien est rompu, lorsque amputé de votre moitié, vous errez entre l'être et le non-être, à jamais solitaire.
Je viens de perdre la mienne, ce qui signifie que Maïween, mon faucon blanc, a disparu. Pourtant, je ne me sens ni déchiré, ni en deuil, j'ai accueilli cette découverte comme l'aveu d'une erreur de la destinée, sinon, pourquoi elle et moi ne serions-nous jamais parvenus à nous rejoindre, remettant au lendemain, sans cesse, nos projets ?
Et pourquoi Elizabeth me ferait-elle à ce point vibrer, tremblant de la quitter, même pour une seule nuit ?
Je suis un homme d'honneur et de devoir, alors j'ai téléphoné, cherché, me suis adressé à tous ceux qui connaissaient mon âme soeur... Elle a non seulement disparu de mon bras, le libérant de toute inscription, mais également de toutes les mémoires ?
Une ébauche de rêve, retournée à la nuit dont elle était sortie ? Etais-je le rêve de l'ombre qu'elle est redevenue ?




L'homme est le rêve d'une ombre !

Saviez-vous ma Reine que le réel n'est que le piètre reflet de l'imaginaire ?

L'homme est le rêve d'une ombre... Auahal
Faery

Il y a des années, quand sorti de l'enfer qui m'a donné mes ailes j'ai repris contact avec le monde des vivants, aveugles et candides, je me suis juré de ne jamais m'attacher... Pourquoi ? C'est pourtant le souvenir de ceux que j'aimais,  la sensation tout au fond de moi que je leur devais de revenir parmi eux qui m'a soutenu ? J'ignorais totalement ce que je deviendrai, je n'avais du but de leurs « expériences » aucune connaissance... Laborantins comme médecins parlaient de recherches sur l'ADN, ils n'avaient aucunement précisé qu'il s'agissait de créer des mutants, le garçon raisonnable que j'étais alors n'aurait pas accepté d'y participer, mais nulle part non plus dans le contrat signé, où je promettais l'utilisation de mon corps sans la moindre restriction, il n'était noté qu'ils cherchaient des remèdes contre l'une ou l'autre maladie encore privée de traitement. En enfant confiant, j'avais déduit moi-même qu'une telle infrastructure n'avait pu être mise en place que pour cela : guérir l'humanité de ses maux, permettre l'éradication des maladies orphelines, et je ne sais quelles autres utopies de la même eau...

J'ai payé mon innocence le prix le plus élevé possible, douleur, enfermement, terreur, sombre perspectives inexpliquées, réactions monstrueuses de mon être qui se modifiait, évoluait, tombait parfois dans des léthargies bienheureuses où la souffrance ne pouvait plus m'atteindre... Solitude, et certitude jour après jour que je m'étais livré de moi-même à un esclavage qui finirait par m'être fatal !

Tous ces jours, ces dizaines, centaines de jours qu'ont duré les expérimentations, j'ai vu au fond d'un long tunnel étroit ma mère, mon père, ma sœur et mon frère ! J'ai vu mes amis -parfois des imbéciles comme ce Jake dont l'unique talent était de fourguer sa drogue en emballant des filles tout en gardant un air d'ange!- j'ai vu, un avenir ! Et grâce à cela j'ai tenu, jusqu'au jour où, dans une ultime apocalypse, j'ai senti mon corps se disloquer, mes bras s'étirer, mes lèvres s'ossifier, et que j'ai entendu, dans un brouillard de douleur et de terreur : « Positif ! Il a réagi, inscrivez la formule et donnez-lui un sédatif, nous poursuivrons plus tard : Aquila chrysaetos  » Dans la vitre de la cage où j'étais enfermé, j'ai vu un oiseau magnifique, je me suis senti renaître, j'ai étendu mes ailes, tourné la tête de ce mouvement vif que j'ai gardé humain, ma vue s'était améliorée, j'entendais des bruits qu'ils ne devaient pas percevoir, j'aurais voulu m'envoler ! Mais l'homme à la blouse blanche est entré, m'a fait une piqûre, et je n'ai plus rien su...

J'ai fini par sortir, promettant de ne jamais rien dire de ce que j'avais vécu et de ce que j'étais devenu... Comme si je pouvais le dire ! Que me serait-il arrivé si j'avais clamé partout : je suis un aigle ! J'aurais eu le droit à une seconde vague d'internement, et, s'il s'était avéré que je disais la vérité, une autre série de tests à n'en plus finir pour que les scientifiques trouvent comment je pouvais être ce que j'étais !

Ça m'a rendu amer, rempli d'une tristesse, méfiant envers les hommes et leurs promesses, distant plus que jamais... J'étais un enfant timide et renfermé, un doux rêveur, je suis devenu un jeune homme taciturne, muet, défiant, même revanchard... La proposition de « mon ambassadeur » de me prendre à son service comme chauffeur et de me former m'a permis de me reprendre, d'accepter. Lui avait vécu cela bien avant, contre son gré qui plus est, en tant que prisonnier de guerre, et savait combien la rage t'habite quand tu prends conscience que tu n'es plus humain, et pas vraiment autre choses...

Je suis devenu Oskar, un homme qui présente bien, qui entend tout, qui voit tout, qui TAIT tout... Une muette statue au service des autres, dont la principale activité quand il ne conduit pas est de rêver, et de se propulser dans des mondes différents, où la beauté, la tendresse, l'onirisme le plus débridé, l'espoir, la joie ont cours...

En me démaquillant, vainqueur, je revois ma vie...

Je me dis que ce rêve, je l'ai ramené dans le vivant, dans le réel, et je me demande si je ne risque pas de le briser ? Elizabeth...  Ma Mie, je vous aime, moi qui avais juré de ne jamais aimer, je voudrais être vôtre pour l'existence entière, moi qui m'étais promis de fuir tout attachement, je voudrais... qu'en retour vous m'aimiez, vous vous blottissiez dans mes bras, nous ne puissiez vivre sans moi ! Je vous offrirais tout ce que j'ai, et même ce que je n'ai pas !

Mais est-ce souhaitable ?

Quel avenir avons-nous ?


Combien de temps saurions-nous survivre à vivre le rêve au lieu de le rêver ? Au fur et à mesure que le blanc disparaît de mes traits pour laisser apparaître ma peau, que le rimmel quitte mes yeux, que la perruque tombe pour laisser ma blondeur se dévoiler, je me dis que l'un d'entre nous doit être raisonnable... Oh quel vilain mot !

Je me souviens Tamara, encore Tamara ! Et ses cours de français, ses poèmes invraisemblables, celui-là je pourrais l'adapter et te le dire mon amour ! Ecoute mon cœur, mes lèvres ne diront rien, lâche je suis, je te laisse découvrir et arriver toi-même à cette même conclusion...

Je ne devais pas vous le dire ;
Mes pleurs, plus forts que la vertu,
Mouillant mon douloureux sourire,
Sont allés sur vos mains écrire
L'aveu brûlant que j'avais tu.

Danser, babiller, rire ensemble,
Ces jeux ne nous sont plus permis :
Vous rougissez, et moi je tremble ;
Je ne sais ce qui nous rassemble.
Mais nous ne sommes plus qu'amis. (*)


Je me le récite, et de mes yeux, les larmes coulent, oh, l'idiot, je me suis mis le coton dans l'oeil ! Une goutte d'élixir de réalité ! Maudit soit ce démaquillant !

Comment puis-je te dire que nous devons -encore- nous séparer ? Pour mieux rester nous-deux ? Et ne pas succomber !?

Elizabeth, je t'aime, je t'aime ! Mais Ob va disparaître, Oskar est attendu, la vie demain, après-demain, va reprendre son cours... Tu seras reine, et je serai... chauffeur...

Les souveraines ne voient pas les cochers... Et moins encore ne les épousent !

Je suis là, stupide à regarder dans ce miroir mon reflet pleurer... Un pauvre sourire se forme sur mes lèvres et je tourner à demi la tête, à droite, à gauche, pour faire "non" comme le clown triste que je ne suis plus...

Je suis... amoureux !

Et cela ne se peut !

L'homme est le rêve d'une ombre... Bendah18

(*) Séparation - René-François Sully Prudhomme (1839-1907) - Stances et poèmes (1865).

@dreamcatcher


Prendre son envol

et tout oublier
Contenu sponsorisé
L'homme est le rêve d'une ombre...
Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sujets similaires
-
» Un rêve sans étoile est un rêve oublié
» Fait de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité
» Rêve de renards
» LA FEMME EST UNE FLEUR QUI NE DONNE SON PARFUM QU'À L'OMBRE ♦ Orion & Solveigh
» L'amour est un piège. Quand il apparaît on ne voit que sa lumière, pas son ombre. [Ash & Elsy]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE TEMPS D'UN RP :: Les Univers :: Univers fantasy-
Sauter vers: