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LE TEMPS D'UN RP

Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle !

Val
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Val
Ven 6 Mai - 16:34

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Regarde la nuit s'enfuir, mon âme part avec elle !

Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! - Page 2 740ful14Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! - Page 2 Tumblr62

Novembre 21

« Oui »  

Ce n’est qu’un murmure de sa voix, mais son esprit appelle, acquiesce, avide... Peut-être trop avide, il est des choses qu’il faut laisser venir, leur monde leur assène trop qu’il suffit de vouloir pour avoir, ce n’est pas si simple... « Leur » ... Il est mien aussi, mais je le vois différemment... Pour « entendre » il faut de la patience, de la persévérance mais aussi de l’abnégation. Il faut que ce que tu cherches soit là, prêt à te répondre, la précipitation généralement ne donne pas de résultat...

« Oui... » Je me lève, je vais chercher dans mon « chez moi » des outils indispensables, j’ai toujours une appréhension lorsque je consens à pratiquer un rituel en présence d’un européen pur. Non pas que leur souffle soit moindre, mais ils sont « programmés » depuis l’enfance au rationnel, à l’immédiat, à l’explicable, au visible... Quand ils admettent d’existence d’un Tout qui dépasse chaque être et nous englobe tous, ils passent souvent d’un enthousiasme effréné à un désespoir sans nom, parce qu’âmes enfants ils n’ont pas appris que rien n’est magie et que tout est savoir... Lorsque tu as renié le fondement, par la culture qu’on t’a inculquée, il est plus difficile et plus long de le retrouver.

Je commence par faire de mon feu de camp un feu propre à l’offrande... Je rajoute du bois, crée un « autel » central, place ce qui va permettre -peut-être- à l’esprit que je vais appeler de venir et de rester. Je pose un tambourin et un masque, pour être le moment venu en état de conduire la transe, et deux sculptures de pierre de petite taille, que je pourrais tenir dans chaque main une fois l’invocation effectuée... Je les ai polies au fil des années, l’une est un corbeau, l’autre un loup... Si mon sourire est encore là, il est tout à coup plus tendu et sérieux.

Je m’approche et instinctivement prends ses mains dans les miennes, dans un geste naturel et irraisonné.

« Il est possible que tu ne sentes rien, ne perçoive rien... Je ne vais pas pratiquer un tour de passe-passe, je vais essayer d’appeler ce qui est en toi et que je n’arrive pas à définir... Je vais te demander de t’allonger, c’est la position la plus appropriée.  Pour être plus assuré de mettre toutes les chances de notre côté, je vais lâcher dans le feu les herbes de vision... Beaucoup plus que tout à l’heure, l’air va devenir opaque un moment, l’odeur va être entêtante, il est possible que tu aies envie de pleurer ou d’éternuer, ne retiens rien...

Je vais t’accompagner par la musique et le chant, quoi que tu voies -ou pas- laisse-toi aller, même si tu as le sentiment d’être en danger, le danger n’existe pas, c’est juste ton âme qui refuse de savoir...

Si je fais bien ce qui doit être fait, tu vas avoir le sentiment de te décrocher de ton corps, de flotter... Tu ne sentiras plus ni douleur ni peur, tu verras ton enveloppe faire des choses que tu ne voudras peut-être pas admettre avoir fait... Quand le moment sera venu, je cesserais de jouer du tambour tout en continuant de chanter, et je passerai les pierres au-dessus de ton corps. Elles devraient absorber un peu de l’énergie négative qui t’habite. Un peu... Ce n’est pas de la magie de cinéma, et je n’ai pas le savoir infini... Moi, je ne verrai probablement rien, mais je sentirai si tu réagis, et si tu as besoin d’une aide momentanée... 
»

Je l’ai tutoyée, elle peut encore changer d’avis, mais si elle maintient son « oui », qu’elle ressente ou non, que le moment soit venu ou pas, elle ne sera plus « l’une des leurs » mais « l’une des nôtres » ... Si la transe a lieu, c’est qu’elle aura à défaut de la connaissance, le potentiel de sentir... Et cela fera d’elle une sœur, un souffle différent de la plupart...

Tout est prêt, mais je veux être certain. Je ne donne pas une représentation, je ne me produis pas dans un spectacle grandiose d’invocation des esprits sur fond de feu magique dans un coin de forêt... Le but d’un chamane est de maintenir ou rétablir l’équilibre... D’aider toutes les composantes du Tout à retrouver leur place. Parmi les créatures, les humains sont souvent ceux qui ont le plus besoin d’être remis à la bonne place, parce que la plupart des cultures leur enseignent qu’ils sont le centre de l’univers... L’univers n’a pas de centre, c’est un agglomérat de particules en mouvement...

Que puis-je dire de plus ?

« Si je ne me suis pas trompé, tu vas... » je cherche mon mot, mes mots... Comment va-t-elle réagir ? Certains sont habités par un animal, qu’ils soient thérians ou pas, leur totem leur apparaît et les guide, ou au contraire ils intègrent le corps de la bête et partagent ses sensations, d’autres entendent une voix, un chant, un murmure, un souffle... D’autres encore voient, non pas en rêve obscur mais comme s’ils vivaient la transe, et parfois peinent à croire qu’ils n’ont que représenté ou senti ce dont ils se souviennent... « En fait, j’ignore comme ça se produira, vision quasiment réelle, sensation de quitter ton corps et d’en intégrer un autre, ou au contraire de te dissoudre dans le Tout, perception de bruit ou de mondes insoupçonnés... Je veux juste te persuader qu’à aucun moment tu ne risqueras rien. Et si je me trompe et que tu restes insensible, ne te jette pas la pierre, c’est moi qui t’aurais fait accroire des choses impossibles dans l’immédiat »

Est-elle prête ? Le veut-elle vraiment ?

Je me souviens ma première transe... ils étaient quatre, symbolisant la terre, l’air, l’eau et le feu... Ma grand-mère avait prédit que j’accueillerai un esprit de vie... Je n’ai pas déçu, je suis devenu un loup, un immense loup noir hurlant dans la nuit. Ça n’a pas duré très longtemps, et sans les herbes je crois que j’aurais succombé à la douleur, à moi, ma grand-mère n’a expliqué que bien plus tard et ne m’avait pas prévenu.  A part elle qui « savait » les autres se sont bien gardés d’en parler, ils ont eu conscience d’être face à un mystère que même le chamanisme ne pouvait expliquer totalement. Ils ont confié que j’avais été visité par « l’esprit du loup » sans entrer dans les détails. Quand je suis parti, montant à bord de mon premier bateau, il y a quinze ans maintenant, l’un d’entre eux m’a confié « pouvoir désormais s’en aller sur la glace, parce qu’il avait eu la vision des fondements du monde lors de mon initiation, et que désormais, rien de ce côté ne le retenait plus » ...

Je voudrais être sûr que je fais bien. Sûr que j’ai bien senti en elle un être dont le souffle pouvait s’exprimer... Je ne suis ni un charlatan ni un de ces business men qui font du fric avec tout et rien. Ce que je m’apprête à lui dévoiler n’est pas une source de gloire ni de revenus pour moi. Un chamane un jour dans un port de Russie m’a dit « un bon chamane est un chamane pauvre » et j’ai ri. Mais c’est une vérité si essentielle que ça n’avait pas besoin d’être dit. Je la regarde, guettant un mouvement de recul, un regret, un doute ?

« Tu peux changer d’avis sans rougir... Es-tu certaine de le vouloir ? »

Ses mains sont toujours dans les miennes, je suis prêt, si elle me répond « oui » à nouveau, à l’aider à s’allonger sur le sol, j’ai sorti un matelas de sport isolant en même temps que mes « outils » spirituels.

Animal totem


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Ven 6 Mai - 23:06
Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! - Page 2 Eli110
Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! - Page 2 Valb10



"Je suis aveugle mais je te vois
Je suis sourde mais je t'entends
Je suis muette mais je te parle
Je ne te connais pas
Mais je te fais confiance
Et je te donne ma main
Et je te prête mon âme"

Il n'avait rien demandé sauf si elle voulait en parler. Ainsi, naïve et ignorante, crut elle qu'ils allaient simplement discuter, extirpant par petites touches des bouts de cadavres. Comme à l'accoutumée, elle en aurait dit un peu, juste assez pour nourrir un échange sincère mais très vite, c'est elle qui aurait questionné, « travailler » au corps et à l'âme les dessous camouflés ou silencieux. Elle adorait ça Eli, faire parler les gens, les écouter et la mécanique bien huilée fonctionnait à merveille.

Mais Valravn n'était pas comme « les autres ».

Il se leva et elle se trompa de nouveau sur ses intentions. Peut-être avait-il faim, soif ? Il semblait en meilleure forme mais avait été sérieusement secoué. Durant sa courte absence, elle se demanda quelle heure il pouvait être, visualisa son chez elle où une tonne de tâches à faire l'attendait. Les jours de relâche, elle s'accordait toujours des moments à elle, courait dans le parc à l'aube, prenait le temps d'un bain, écoutait de la musique...Rien de folichon, des choses simples mais essentielles pour son équilibre. A l'effervescence des représentations et de l'énergie que cela exigeait, succédaient la nécessité d'une paix isolée, rester solitaire un certain temps après l'exposition au public, se retrancher pour se ressourcer. Elle allait bientôt quitter Valravn afin de retrouver son antre et son besoin de solitude.

Bavarder ? Allons donc...Il revint avec divers objets qu'elle regarda avec curiosité. Un masque, un tambour, et deux petites statuettes si polies que leur aspect lisse donnait l'impression qu'elles avaient été façonnées dans du bois. Elle admira le travail artisanal réalisé :

-Pardon, mais...Est-ce vous qui avez sculpté ces animaux ? C'est magnifique. Puis-je ? Je...J'aime beaucoup l'art et j'aimerais les observer de près mais je comprends si vous refusez.

Des objets précieux, avec une histoire souvent très personnelle, qui pouvaient se révéler intimes pour leur propriétaire. Alors, pas question d'être invasive.

Il s'activa avec le feu, formant un bûcher rectiligne au centre du foyer. Elle devinait -un peu- ce qui allait suivre sans y croire vraiment. Deux inconnus en présence et il préparait un rituel ? Pour lui ? Pour elle ?! Non, impossible, elle allait vraiment devoir le laisser tranquille.

Elle fit un pas pour lui dire au revoir, pour le remercier, pour...Mais il la devança et, mains dans les mains, elle l'écouta avec étonnement, avec … attirance. Au contact de la chaleur de ses paumes, elle se sentit fondre, littéralement, liquide à l'intérieur, comme si l'énergie qui coulait dans les veines du natif se mêlait à la sienne, bien plus profane. Brève mais intense, la sensation coupa sa conscience avec les alentours ; concentrée sur ses paroles, elle tentait de visualiser dans le même temps ce qui pouvait se passer. Il lui proposait une expérience dont elle rêvait depuis des lustres, fascinée qu'elle était par cette dimension d'entre deux. Et l'appel à réaliser un jour « un égarement » la taraudait de temps à autre. C'était tout simplement...incroyable, surréaliste, étrange, surtout, d'une générosité sans nom.

La distance qui les séparait -et les « protégeait »- l'un de l'autre se dissout au moment où il la tutoya, où il eut ce geste spontané. C'était lui qui invitait, lui qui proposait le voyage. Elle, n'aurait jamais osé lui demander une telle chose ici, maintenant. Il y avait là quelque chose de merveilleusement beau. Val ne la connaissait pas et pourtant il lui offrait de son temps, de son savoir, allait prendre soin du confort et de la sécurité de son âme ! Mieux encore : grâce au rituel, les pierres absorberaient des opacités enfouies en elle ! Oh Seigneur !

Le Don, mystérieux et altruiste donnait et se donnait sans retour, accompagné d'humilité et d'abnégation. Une grandeur infinie se penchait sur une fille quelconque. Un cadeau de vie, inouï.
Eli reçut le tout, radicale, entière, touchée.

-Ce que vous...tu me proposes est...magnétique, je ne sais pas comment l'exprimer. Ce n'est pas d'ici et pourtant nous sommes là...Nous ne savons rien l'un de l'autre et pourtant, vous...tu...et je...

Et de sourire de son bafouillement.

-Je te fais confiance, d'une confiance aveugle, irrationnelle. Peu importe que tu te trompes ou pas, je m'en fiche. Je vais...je crois que je vais...


Une pause pour trouver les mots justes, paupières closes quelques fractions de secondes et puis dans un murmure:

-Lâcher prise n'est-ce pas et laisser faire...Laisser aller.


De nouveau, elle lui sourit, serra ses mains, infiniment reconnaissante.

-Mais je reviendrai ? Je ne suis pas prête à rester coincée quelque part...

Il ne pouvait pas deviner à quel point elle caressait trop souvent l'idée de ne pas revenir du monde des rêves, et il lui était « facile » de quitter la Terre à sa façon pour des intervalles... Elle atterrissait toujours tôt ou tard, s'amusant de ses vadrouilles indécelables, en jouant au nez et à la barbe de ses entourages. Et si là, la tentation...Il s'agissait d'un tout autre enjeu, bien plus impactant et profond, procédant de l'âme. Elle n'allait rien maîtriser, au contraire. Et avoir lu des ouvrages et des témoignages sur les chamanes ne pouvait guère se comparer à vivre authentiquement une transe.

-Ma question est ridicule mais je...Oui, je le veux et même...

Un souffle quasi inaudible, un aveu.

-...J'en ai soif.

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Val
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Val
Sam 7 Mai - 10:50

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

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Novembre 21


« Pardon, mais...Est-ce vous qui avez sculpté ces animaux ? C'est magnifique. Puis-je ? Je...J'aime beaucoup l'art et j'aimerais les observer de près mais je comprends si vous refusez »

Je lève les yeux, surpris, ils sont pour moi une continuité de moi-même, une partie qui peut accueillir ce que ma chair ne saurait retenir... Ils m’ont été donnés, par ma grand-mère, je pense qu’elle les a façonnés, mais peut-être les avait-elle elle-même reçus d’un ancien et viennent-ils de plus loin encore dans le parcours des hommes... Je lui souris, mais pour l’instant, ils ne sont pas de « l’art » mais des outils. Je ne réponds pas, pas tout de suite, laisse juste sur mes lèvres la marque de mon accord... futur.

Je prends ses mains et guette sa réponse... Comme elle met des mots sur un simple acquiescement ! Magnétique ? Oui, le terme est sans doute l’un des plus approprié. Reviendra-t-elle !? Par tous les esprits de la nature, des vivants et des morts, je l’espère bien ! Même si en elle l’ombre est très « appelante », je n’ai jamais perdu de « voyageur » ... Il est vrai aussi que je n’en ai pas eu énormément, mais c’est mon rôle de la guider, de lui assurer une visite sereine, cela, je suis sûr d’y parvenir, elle ira, et reviendra... Reviendra-t-elle chargée d’un savoir nouveau, c’est l’inconnue.

« Tu reviendras... Peut-être les mains vides mais revenir ça, je te l’assure... Tu ne vas qu’en toi-même, à la rencontre d’une partie de toi qui s’ignore ou se cache, à la retrouvaille d’une facette de ton esprit que tu n’as pas exploré mais qui te constitue comme ce que tu connais...  »

Comment puis-je lui expliquer avec les mots de sa langue ? Dans la mienne déjà c’est compliqué. Les êtres comme nous, animaux, ou hommes, sont complexes... D’autres aussi le sont, en fait, dès que l’on s’approche de ce que ses semblables appellent « une forme de vie élaborée » plusieurs composantes se sont alliées pour donner sa nature propre à l’être... Certaines dominent, et dictent leur loi, faisant que les autres ne peuvent s’exprimer et parfois se rebellent. Ces souffles mineurs contraints au silence génèrent du mal-être, ils engrangent parfois des souvenirs ou des perceptions que l’esprit dominant ne veut pas en lui, et qui ressurgissent comme la noirceur de la nuit... C’est fort mal rendu, mettre des mots là-dessus est dur, l’homme n’est pas fait de parole, il est fait comme toutes les formes de vie de perceptions, de sensations, de saisissements d’instants...

Autour de lui comme dans chaque être, rodent des esprits et des dieux... Je ne crois pas trop à la « divinité » telle que la décrivent les contemporains, mais je ne peux nier que des créatures peuplent le monde qui ne sont pas semblables aux autres, des créatures qui ne sont pas comme toutes sensibles à ce temps qui passe, et qui en deviennent immortelles. Elles interagissent avec les âmes plus communes... Dans la noirceur de chaque individu, un « dieu » malfaisant peut se blottir et engranger le négatif, polluant la pureté du Souffle qui l’abrite. Je pense qu’elle a ouvert ses portes à ce type d’être, et qu’il se repait de ses errances et de ses doutes, de sa douleur et de la souffrance qu’elle n’a su transcender.

 « J’en ai soif. »  

Alors apaisons ta soif. Je l’aide à s’allonger, confortablement et isolée de la terre glacée. Elle en percevra quand même les pulsations, et sentira son essence, mais sa délicatesse d’européenne ne souffrira qu’un contact minime. Ça ne devrait pas gêner l’expérience, c’est dans son âme que doivent chercher les souffles, son corps n’est qu’un réceptacle. Assez curieusement, je convie Akna, la déesse des accouchements et lui adresse mon appel, non parce qu’Eli va enfanter, mais parce qu’elle doit mettre au monde ses frayeurs et ses terreurs...  C’est elle, la mère des mères, que je sens la plus apte à nous aider dans cette tâche.

Je pose le masque sur ma face et joue lentement du tambour, initiant la cérémonie d’un chant de gorge rarement masculin... Je surveille de l’œil qu’elle est réceptive, ne se considère pas comme à un spectacle folklorique, mais elle « a soif » et derrière mon visage chamanique je souris à nouveau... Je contrôle ma transe à moi, il y a longtemps que je n’ai pas appelé ainsi et ce n’est pas moi qui dois recevoir mais elle. Le rythme du tambour s’accélère sous mes mains, mon chant devient plus puissant, et si je ne danse pas -assis- mes jambes et mon torse accompagnent la musique. Le feu change de forme, et je ferme les yeux, ILS sont là, pas hostiles, pas amicaux, peut-être curieux ? Celle que j’espère a-t-elle entendu ? Et daigné répondre ? Eli semble dormir et pourtant son corps ondule comme si la musique résonnait en elle. Je vois son visage changer d’expression, en adopter rapidement plusieurs qui se succèdent, elle... s’invente.

Je pose le tambourin continuant à chanter et passe sur son corps les pierres qui l’ont tant intéressée... Je psalmodie désormais, demande dans ma langue aux esprits mauvais en elle de reconsidérer leur position et de lui accorder du répit, je demande que son âme s’unisse pour faire face aux souvenirs les plus terribles qui la font frémir...  Je sens la confusion, la peur, la peine, mais je refuse de leur ouvrir mon cœur, je dois rester neutre et ignorant si je veux l’aider. J’appelle encore, il va falloir cesser bientôt, elle n’est pas aguerrie de ce genre de pratique et même pour un initié c’est profondément éprouvant. Si je réussis, elle naitra à nouveau, légèrement différente, donnant la vie à une nouvelle perception...

Je la regarde, guettant une ultime réaction, prêt à bondir spirituellement -ou physiquement- si cela est nécessaire à sa sécurité...

Je ne sais si je te suis utile Eli, mais j’y mets tout mon savoir et ma pratique... Moi, je sais que si vraiment il y a en toi des zones d’ombre intense, cette unique séance ne suffira pas, mais nous devons savoir l’un et l’autre si elle t’est bénéfique...

Plus que quelques minutes... Et je la ramènerai, il le faut. Je surveille et la soutiens... Que ressent-elle ?

Moi, j’ai été effleuré, que dis-je assiégé... Par des choses qui ne disaient leur nom mais étaient hostiles et pleines de hargne... Des pensées et des douleurs qui refusaient d’être chassées, qui s’insurgeaient qu’on leur commande de la quitter... Mais cela, elle n’a pas à savoir, je suis là pour les empêcher de trouver un nouvel habitacle, et leur interdire de retourner d’où elles viennent. Y suis-je parvenu ? Même juste un peu ? Je surveille ma « patiente », elle n’est pas encore de retour, je lui montre la route...



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Sam 7 Mai - 12:58
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J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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"Je suis aveugle mais je te vois
Je suis sourde mais je t'entends
Je suis muette mais je te parle
Je ne te connais pas
Mais je te fais confiance
Et je te donne ma main
Et je te prête mon âme"

○ ○ ○ ○ ○ ○

Elle vit son expression surprise et eut brusquement honte de sa question...idiote en ces circonstances. Comme si un être empreint d'un talent aussi particulier usait d'objets « d'art ». Leurs différences de culture, d'éducation, de croyances... lui fit mal, à ce point de rupture où peut-être, ils ne pourraient jamais se rejoindre tant elle était enfermée dans des schémas d'occidentale...irrécupérable ? Elle l'envia, non pas de cette envie jalouse qui rongeait et exacerbait des frustrations trop stériles pour être légitimes mais de celle, admirative, humble, qui reconnaissait et s'inclinait devant la valeur et la préciosité d'une dimension spirituelle originelle, pure.

Un voyage en elle...Se rencontrer là où elle s'évitait...« s'ignorait ou se cachait... ». Se confronter en face à face quelque part avec elle-même, plonger dans des labyrinthes jusque là inconscients... Elle accueillait comme elle pouvait ce que Valravn lui expliquait, sans chercher à tout comprendre. L'injonction d'un lâcher prise, l'appel de l'au-delà prenaient vie, prédominants sur les limites de son entendement. Vierge de son Savoir à lui, elle s'imposait de ne pas polluer ce qui allait se passer. Ressentir et s'abandonner. Elle n'était capable, au mieux, que de cela.

Elle fut mal à l'aise qu'il l'aide à s'allonger, aurait préféré le faire seule, trop coutumière qu'elle était de cette espèce de pudeur de réflexe qui, subtilement, évitait avec soin des soutiens extérieurs. « Dorlotée » dans un cocon doré mais factice, elle avait poussé trop isolée la fille maudite des Van Sechtelen.

Elle ne se sentit pas bien Eli, non pas de l'expérience en elle-même ni de son issue, mais que quelqu'un s'occupa d'elle d'une manière aussi intime la dérangea, la brûla. La tentation de renoncer l'empêcha de se détendre, mais dans un sursaut volontaire, elle se concentra sur la canopée des arbres. Il suffisait de regarder en haut...
Elle tourna légèrement la tête vers Valravn, incapable de discerner s'il pouvait la voir ou pas derrière son masque. Il avait commencé à frapper en un rythme lent et sa voix très claire s'éleva. Eli reprit sa position, le visage vers le ciel.

« Il ne me voit pas...Il ne me voit pas... » Elle devait s'en persuader pour se libérer de ce poids inconfortable où elle se jugeait à travers son regard.
« Respirer avec les sons du tambour, lentement, de plus en plus lentement...Rentrer en moi... »

Elle réussit à fermer les yeux, se concentra à percevoir les points d'appui sur son corps. Partir des talons, et puis remonter petit à petit jusqu'au crâne...Devenir de plus en plus lourde, les organes et les os ne faisant plus qu'un, ancrés avec la terre ou le sable...Une technique apprise en répétitions pour se préparer à incarner un rôle.

Incarner. S'incarner...  Étrange similitude...

Elle avait eu peur de souffrir du froid malgré le tapis protecteur mais ce fut une chaleur qui finit par l'envahir.

« Pénétrer mes obscurs... ».Il fait sombre mais je vois de minuscules scintillements sur la paroi. Je suis aveugle, hormis ces éclats si petits qui me guident et que je touche de ma main droite. J'avance sans voir, c'est oppressant et j'ai peur. Vais-je manquer d'air ? « Maman ? Papa ? Où êtes-vous ? » Je m'arrête, je suffoque, on va me tuer. Quelque chose va me tuer. Une entité si puissante que je ne pourrai combattre. «  MAMAN ! PAPA ! » Je crie mais sans hurler espérant que le son de mon appel ne parvienne pas jusqu'à elle. Mais il n'y a que le silence et le vide en ce lieu. Je sens ce vide qui m'enveloppe comme une mauvaise mer qui m'engloutit. Une mer...Une mère...« Mère ? Que faites vous ? Pourquoi ne venez vous pas à mon secours ? Qu'ai-je fait pour mériter votre absence ? MÈRE ! J'ai besoin de vous, je vous en supplie, ne m'abandonnez pas ! » Ma mémoire ma propulse dans l'âge de mon enfance, mon adolescence, elle tente de se souvenir de mes péchés, de mes fautes, de mes défauts...Ma vie défile avec célérité, douloureuse. « Je n'ai pas été ce que j'aurai dû être, je n'ai pas fait ce que j'aurai du faire...Oh Dieu, suis-je une imposture ? »

L'angoisse m'étreint. COUPABLE. Ma main poursuit sa course lente sur les aspérités. J'avance dans un noir profond désormais, mes doigts s'écorchent, et je sens, et je SAIS à l'instant même où les coupures m'entaillent, que c'est mon cœur qui saigne. Mais je ne me perdrai pas car la traînée vermeil qui serpente sur le sol, que je vois sans voir, me permettra de rebrousser chemin et de retrouver la liberté et la lumière.

J'avance et j'entends des voix tout à coup. Étouffées, pesantes. J'ai l'impression que le mouvement de leurs ondes sonores cherche à m'atteindre pour me faire mal. Me blesser... Oui ! Je ne me suis pas trompée ! Malgré ma cécité, je les vois arriver comme des flèches empoisonnées ! Des milliers d'aiguilles qui vont me transpercer ! Je veux m'échapper, courir, mais où que je me dirige, je me cogne et re-cogne sur les murs durs. Je les entends en foule les mots venins, la masse hurlante qui s'avance, inexorable. « NON ! NOOONNN ! » Mais personne ne  viendra, personne ne me sauvera.

Mais au loin, très très loin et à la fois si près, je perçois les boums du tambour. Le tambour...Il me dit que je ne suis pas seule...Que je vais réussir à chasser ces maux. Alors, j'halète d'effort pour prendre un élan, un élan pour me défendre, pour ne pas mourir sans combattre. La musique va plus fort, plus vite, comme si, à travers ce temps et cet espace épais et inatteignables, elle m'accompagnait. « Je ne suis pas seule ». Je bois la sensation comme un sang sacré, en transsubstantiation, en rédemption. Je peux ne pas les laisser me tuer, je peux ne pas les laisser me faire TROP souffrir...

Je lâche la muraille de ténèbres et sans issue qui me guidait. Je suis quelque part en son centre. Une bouffée glacée transperce mon visage. Ils arrivent...Alors, je serre les poings, les dents, et de toutes mes forces...de toutes mes forces, je libère le MONSTRE de colère qui sommeille dans mes entrailles. Je ne suis plus Elizabeth, je suis STHÉNO, la PUISSANTE, l'IMMORTELLE aux ailes d'or et aux mains de bronze. Mon ire est incommensurable, ils ne pourront y échapper...

Ils vont mourir et c'est eux qui vont souffrir...



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Val
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Sam 7 Mai - 20:42

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Regarde la nuit s'enfuir, mon âme part avec elle !

Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

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Novembre 21

Je lui ai dit, je l’ai promis. Chaque homme - aussi sage soit-il, et le suis-je ? – doit un jour se trouver menteur ou trop assuré. J’ai promis ! Elle doit revenir ! Mais ce qui me saisit est d’une violence inouïe, bien plus dévastateur que cette colère brûlante qui m’a consumé de l’intérieur à la mort de mon père ! Elle abrite en elle des esprits malveillants, déstructurants, avides de douleur et de mal-être ! Comme je n’en ai encore jamais ressentis...

« Tu reviendras... Peut-être les mains vides mais revenir ça, je te l’assure... »

Je me souviens des récits de ma grand-mère, et plus encore de sa mère, vieille femme dont l’esprit avait quitté le corps -robuste- et qui vivait dans la cour des dieux... Elle disait avoir abdiqué toute volonté quand elle avait reçu en vision la visite d’Idlirvirissong, esprit démoniaque et maléfique généralement représenté comme un clown, avec un nez « tourné sur le côté ». Elle racontait, à l’enfant que j’étais, tout petit et épouvanté qu’Idlirvirissong possède de nombreux chiens et, avec eux, vit dans une maison dans le ciel, où elle attend l'arrivée des nouveaux défunts. A leur arrivée, la déesse dansera en disant « Qimitiaka nexessaqtaqpaka » (*). Ceux qui se moquent de sa danse se verront ouvrir le corps et leurs intestins seront donnés à manger aux chiens. Ceux qui ne rient pas sont épargnés. (1)

« Ne ris jamais des danses Amka, aussi ridicules soient-elles, peut-être est-ce ELLE qui te tente ! Peut-être n’es-tu plus parmi les vivants et ne le sais-tu pas ! »

Ma grand-mère me retirait hâtivement des mains de sa mère, soucieuse de m’apprendre au rythme choisi les enseignements de la congrégation... Mais je rêvais parfois d’une silhouette grotesque, riant au milieu d’une meute de chiens que je voyais comme Keelut, le chien maléfique esprit de la terre, et pourquoi pas dans mes cauchemars avec comme garde du corps la géante borgne Sedna, déesse-sorcière marine...

Mon arrière-grand-mère a accueilli l’esprit encore quelques années, elle a dû mourir lorsque j’avais cinq ans, et les chamanes ont œuvré pour la libérer à tout jamais de son hôte, et empêcher celle-ci de roder autour de notre communauté. Plus tard, rattrapé par l’occident, je n’ai vu en elle qu’une vieille femme rendue folle par la sénilité... Mais à voir ma compagne, je me mets à douter. J’ai toujours su que dans le Tout, des êtres malveillants se terraient en recherche d’un terrain propice à leur développement, mais j’avoue que les « dieux » de mon peuple me paraissaient lointains...

J’ai pourtant été informé de leur existence, et des ravages qu’ils peuvent faire, chez les humains comme chez d’autres créatures... La violence que je sens me résister m’a évoqué Idlirvirissong, à cause de ce déchirement que je ressens en retour, tandis qu’Eli se débat et s’agite devant moi.

Elle me rappelle la légende contée par mon aïeule, tellement qu’il me faut un moment avant de me remuer, sans doute une minute, à peine plus, mais pour elle au sol, cette minute doit être monstrueuse ! Qu’elle soit possédée par la cousine de la lune, ou n’importe quel esprit malin, je dois l’en débarrasser ! Je n’ai encore jamais rencontré ce type de mal, et je suis surpris -à ma grande honte- qu’une européenne le développe.

Je prends mes pierres totem, et psalmodie de plus belle, les deux pierres dans une main, et l’autre de retour sur le tambourin qui prend mes coups un peu précipités avec toute la bonhommie de ce type d’instrument ! Je dois retrouver mon calme, sans quoi non seulement je ne la ramènerai pas mais elle n’expulsera pas ses squatteurs d’âme ! Or, mon but est de lui être utile, pas de montrer la puissance de mes incantations. Je m’en veux, j’ai été présomptueux, j’ai trop cru en moi, et c’est elle qui risque d’en être victime !

Les pierres me semblent inopérantes ! J’ai l’impression de perdre une course de vitesse parce que je l’ai confondue en m’inscrivant avec un marathon ! Je n’ai pas le temps, ce qu’elle vit est trop fort pour une première fois. Je fais pour elle une chose que je ne fais jamais, et que tous mes maîtres m’ont fortement déconseillé de faire... Je tends MON esprit ! Si les pierres n’absorbent pas, moi, je vais essayer de sucer le mal comme on retire le venin d’une plaie causée par un serpent. C’est presque proscrit, parce que soigner doit rester désintéressé et qu’un chamane trop fusionnel risque non seulement d’échouer mais d’en subir le contrecoup, mais je ne peux pas, il faut qu’elle revienne.

Avec une non-initiée je n’ai jamais communiqué par la pensée, et avec un initié pas souvent, et rarement de façon utile... Je ferme les yeux à m’en faire mal, et j’essaie de trouver l’entrée de ses pensées, je sais que c’est illusoire, presque ridicule, et que je suis en train de perdre ma crédibilité et mon sérieux ! Mais au bout d’un couloir, j’ai l’impression de voire une petite lueur de souffle de vie, horrifié, terrifié... Je dois donner comme illusion ce qu’on voit dans les films, une lumière au bout d’un tunnel noir et menaçant...

«  Reviens ! Par l’amour du Tout, ne reste pas seule ! Jamais je ne pourrais me le pardonner ! »


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(*) « Je cherche de la nourriture pour mes chiens »

(1) https://en.wikipedia.org/wiki/Idlirvirissong
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J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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Une voix s'envole au loin, si loin. Je l'entends mais par instinct de douleur, je n'en veux pas. Je veux taire ce que mes oreilles voient, je lève mes mains pour les rendre aveugles de cette paix murmurée quelque part. Mais je n'y parviens pas, une force douce m'empêche de devenir sourde. Je lutte en vain et mes bras retombent lourdement contre mes hanches. Je les hais...Oh comme je les hais...Non, ce n'est pas tout à fait cela. Je ferme les yeux et tente de me ressaisir. Quelque chose m'invite à m'éloigner de toute cette colère incommensurable. La voix poursuit sa mélopée...Ce que je hais...C'est...La douleur, cette douleur-là qui m'a bercée depuis l'enfance. Je refuse d'y mettre des mots, je l'éloigne tant bien que mal...Et les autres...Les autres vont arriver et je dois les tuer n'est-ce pas, les tuer pour ne plus souffrir de ce manque cruel...Mais...J'ai beau appeler de nouveau ce monstre d'abomination qui me rendait folle d'une joie mauvaise, de vengeance glacée, je m'épuise à retrouver cet état qui m'a envahie quelques instants plus tôt. « On » m'interdit cette voie, je le sens dans tout mon corps. Ce n'est pas exprimé avec le langage des mots mais je le sais, comme ces impressions de rêves incrustés au réveil. On ne se souvient plus du songe en lui-même mais ce qu'il dégage demeure prégnant. C'est la même chose. « N'y va pas... » Ne pas me laisser emporter par ce torrent de violence et de mort...L'Obscur me semble si aisé, si aimant pourtant...Il me comprend...

Je les attends mais mon abominable courroux semble moins puissant, moins vindicatif. Un souffle d'énergie contraire l'enserre presque...tendrement ? Je ne sais pas ce qui se passe mais la ténèbre du lieu m'apparait un peu moins noire. C'est étrange...Je me sens perdre mes forces, ma force...Ma volonté ivre d'ébène s’annihile, se dissout dans une aspiration plus suave. Pourquoi les tuer ? Ce n'est pas moi, je ne voudrais pas...Mais je...Où sont-ils ? Ils ne viendront pas...Lâches et sans cœur, ils vont rester ici alors que la Lumière m'appelle...« Eli, reviens...Reviens...Tu es aimée...Reviens... »

Une âme emplie de compassion et d'amour m'attire...Me déchire à moi-même...Oh Seigneur...Où me suis-je perdue ? Qu'ai-je fait ? « Ne m'abandonnez pas, ne m'abandonnez pas... » Tout d'elle m'apaise et me rassure. Elle est là, juste derrière la paroi...Il suffit d'un pas...Un pas...

Elizabeth ouvrit enfin les yeux, poussa un hurlement de bête écorchée. Avait touché le Mal qui la rongeait depuis tant et tant d'années. Des siècles de combat à rester debout malgré tout. Mais là...Là... ! Essoufflée comme après une course, elle regarda sans les voir les cimes des arbres au-dessus d'elle, étourdie. S'assit brusquement, le regard intense, presque fou, cachant son visage derrière ses mains, incapable de dire quoi que ce soit, les épaules soulevées par les saccades de sa respiration. Peu à peu, elle reprit ses esprits. Inspira un grand coup. Val...Valravn...Qu'avait-il perçu ?! Une honte immense l'envahit. Elle devait quitter cet endroit, s'éloigner.
Ses paumes glissèrent lentement, elle ferma les yeux un bref instant puis lança :

-Je dois partir.


Se lever, fuir ! Mais ses jambes refusèrent de lui obéir.

-Pourquoi je ne peux pas me lever ?! ...Pourquoi ?!

Elle cria, engluée de nouveau par cette colère qui l'avait atteinte là-bas. TOUT, TOUT ce qu'elle n'avait pu exorciser depuis la fin de ses temps, prenait son élan, prêt à exploser, à s'évacuer. Mais la présence de l'inconnu posait une limite qu'elle ne parvenait pas à franchir. Elle n'avait qu'une envie : gueuler, gueuler comme une bête, brailler le Mal enfermé à l'intérieur, la rage, l'injustice, l'indifférence...
La panique la prit à la gorge, au ventre.

L'enfant intérieur sanglotait.

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Dim 8 Mai - 12:33

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J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Novembre 21


« Ne ris jamais des danses Amka, aussi ridicules soient-elles, peut-être est-ce ELLE qui te tente ! Peut-être n’es-tu plus parmi les vivants et ne le sais-tu pas ! »

Pourquoi est-ce que je superpose ceci à ... cela ?

« Je dois partir. Pourquoi je ne peux pas ?! Pourquoi ?! »

Sa patiente, Eli, est revenue. Partir ? Partir où ? Si c’est le quitter, s’enfuir de peur d’en avoir trop dévoilé, oui, elle pourra bientôt. S’il s’agit de retourner là où elle était... Ce n’est pas son heure ! Si elle était prête, aucune prière, aucune intercession auprès d’aucun esprit ni dieu n’aurait pu la ramener.

« Sois patiente, tu as beaucoup voyagé dans des contrées hostiles... Ton corps et ton âme doivent se remettre »

J’en suis désolé, la faute m’appartient, je ne voulais que l’aider mais comme disent les gens de ce monde « l’enfer est pavé de bonnes intentions »

«  Je suis navré, j’aurais dû... Enfin je n’aurais pas dû te proposer de te jeter dans la tourmente, pas en en sachant si peu de toi... Veux-tu du thé ? ou autre chose ? »

Du thé comme baume à âme ? J’en ai un sourire intérieur ! Je me croirais devenu un de ces marins britanniques croisés sur des paquebots qui pensaient que le thé est bon à tout pour les dames, et le whisky pour les hommes... Je prends sa main, dans les miennes, j’ai remercié les esprits et le Tout, et retiré mon masque.

Je suis là à son chevet, homme, loup, et esprit en peine de lui avoir imposé cette torture.

Je lâche sa main pour aller à l’intérieur chercher une couette et l’envelopper dedans, elle va sentir le feu de bois et les herbes chamaniques, j’en use chaque jour, avec parcimonie, le feu parce que j’ai peu de bois, et les herbes parce que j’en connais trop les effets à long terme, si l’on abuse de la bonté des souffles de la vie ! J’ai vu des hommes, et des femmes, que leur pouvoir et leur savoir avaient abandonnés, noyés dans les visions floues et trop nombreuses...

«  Que puis-je faire pour me faire pardonner ? Tu es allé trop loin, beaucoup trop loin... Trop vite aussi, j’aurais dû le sentir, le savoir... As-tu au moins trouvé quelque chose qui ne soit pas souffrance ? »

J’ai appris là l’humilité. Le Tout se rappelle à toi en toutes circonstances, il te rappelle combien tu es une infime particule de son immensité, et combien jouer les sorciers peut être dangereux... J’aurais juste voulu qu’elle n’en fasse pas les frais, j’essaie de capter en elle un peu de douleur cautérisée, le pourrais-je ? Palper le néant est compliqué, et mesurer la peine d’un être plus encore. Leurs médecins vous montrent une sorte de règle quand vous souffrez, et vous désignez un endroit sur la règle, ai-je mal un doigt ? Cinq doigts ? l’ensemble de la règle ? Quand mon bras s’est presque décroché de mon torse, entraîné par ce fichu treuil que personne n’arrivait à stopper, j’ai cru que mon corps entier se démembrait... Et pourtant, l’abime de douleur que j’ai indiqué n’arrivait pas à la moitié de cette règle. J’étais simplement parti, ailleurs, parce que ressentir TOUT m’aurait tué.

J’ai le sentiment, réel ou supposé, que c’est ce qu’elle a fait devant l’abysse qui s’ouvrait devant son âme ? Se... multiplier... Comme les flammèches qui composent un feu, le feu reste un tout, mais chaque particule est indépendante, et de cette façon, la force comme les tourments sont démultipliés mais amoindris ?

Je me laisse aller à un geste qu’elle jugera peut-être déplacé... Ma main, celle de ce bras blessé jadis, se permet de caresser sa chevelure, comme je le ferais de celle d’un enfant malade en quête d’appui... Je regarde ma... tanière.

«  Dors, je vais te donner quelque chose qui aidera ton sommeil et chassera les rêves ? Si tu veux, je vais t’aider à entrer à l’intérieur, il n’y aura pas de vent s’il y fait à peine plus chaud. Prends le temps qu’il faut, et quand tu seras revenue complètement, alors oui, tu pourras partir... »

Et ne plus revenir ? Probablement. Se voir proposer par un fou une expérience chamanique qui manque vous retenir dans l’autre monde...

Je la regarde, avec dans les yeux plus de douleur que de douceur encore. J’ai échoué. C’est désagréable pour moi, mais c’est un enseignement. Mais pour elle, cela a été une épreuve périlleuse et déplaisante ! Cela ne doit plus être.

Valravn, Amka fils du loup et du corbeau, tu ne dois plus jouer avec le monde dont les âmes ne reviennent pas elles-mêmes ! Le royaume des morts est fermé aux vivants, et la raison en est évidente, même pour toi !

Pourtant, pourquoi m’avoir donné à l’âge d’homme le nom d’un passeur de morts ? Je n’étais, moi, qu’émerveillé par la vie et ses infinies possibilités ?

Je guette sur le visage de ma rêveuse éprouvée un semblant de pardon...

«  Ne retiens rien en toi que tu ne veuilles garder... Je suis là sans être là, je ne suis que le vecteur et le garde-fou... Si tu veux pleurer, hurler, frapper la terre et les arbres, me taper dessus... »

Je souris malgré moi... Essayant de ramener dans l’atmosphère un peu moins de dramatiques fragrances...

« Mais si tu me fais trop mal, je vais rétorquer j’en ai peur... »

J’ai envie... De changer de peau à nouveau, malgré le peu de temps passé depuis ma dernière transformation et d’aller courir à nouveau à travers les arbres et la brume qui a persisté... Mais je ne peux la laisser seule ? J’ai conscience que c’est... une fuite, comme celle qu’elle voudrait orchestrer et que ses jambes refusent d’accompagner.

J’ai soudain une idée...

« Est-ce vous qui avez sculpté ces animaux ? C'est magnifique. Puis-je ? Je...J'aime beaucoup l'art et j'aimerais les observer de près mais je comprends si vous refusez. » A-t-elle dit tout à l’heure ?

Je prends les pierres, encore chaudes de mon art, pas celui qui les a créées il y a probablement plus d’un siècle, mais celui que j’ai tenté d’exercer à ses dépens... Et je les mets dans ses mains, chacune dans une main. Dedans, il y a ma volonté, mes prières... Elles sont censées aspirer les émotions négatives, si ELLE les tient, le feront-elles mieux ? Jamais elles ne rendent ce qui s’y est laissé piéger, d’elles n’émane que le bon.

A nouveau je la regarde comme un père regarderait un jeune enfant souffrant... Que la volonté des Esprits soit faite... Mais les chamanes sont là pour expulser du TOUT les être malfaisants ! Elle a une trop belle âme pour qu’on la supporte hantée.


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Dim 15 Mai - 22:45
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" Deum Omnipotentem, da mihi pacem! "* 

Poings serrés contre ses joues, paupières et mâchoire serrées, Elizabeth se recroquevilla, aspirant l'air jusqu'au vertige. Entendit la voix grave par dessus sa crispation. Val...qui l'avait empêchée de sombrer tout à fait, qui l'avait guidée dans ses ombres...Val, fidèle, doux, bienveillant...Un fil d'Ariane imbibé d'humilité, solide, altruiste...Elle n'avait pas les mots, ils viendraient plus tard, lorsque tout ce tourbillon de ténèbres serait avalé, mâché, digéré, expulsé.
Il rayonnait et scintillait, le passeur d'âme. La rousse l'avait perçu, s'y était accrochée. La marée âcre et ébène avait été repoussée, son ombre égarée quelque part...Et le jour souriait désormais, guerrier victorieux et éternel de son inaccessible amante.
Les démons s'effaçaient peu à peu, fantomatiques, irréels. Eli respirait fort, prenant le temps de ressusciter à un présent limpide, réconfortée par la présence de son guide.

-Oui...

« ...hostiles... » ; Sourire et silence. Lenteur et quiétude. Revenir à la sérénité. Il savait n'est-il pas. Bien loin de ses compétences et de son savoir spécifiques, l'expérience du trac  lui permit cependant de s'arracher aux grouillements de souffrances et de tristesse dans laquelle elle s'était violemment repue.

Les yeux de nouveau ouverts, elle les referma quelques secondes, levant la main afin qu'il taise son regret :

-Tu n'as pas à être...navré. J'ai choisi, tu n'as fait qu'ouvrir une porte et je...

Non ! Il n'y était pour rien ! L'idée même qu'il puisse se fustiger à tort inversa le processus d'emblée, lui donnant l'énergie pour se reprendre. Les flammes ondulaient, elle les contempla de longues secondes avant d'ajouter, inquiète de ce qu'il croyait penser:

-C'est moi qui ai voulu la franchir, pas toi. Tu n'es pas responsable, encore moins coupable. Et je te remercie. Sincèrement.

Elle serra sa main avec force, « un thé, c'est très bien »  et le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'intérieur.
L'espace de sa brève absence, elle se concentra à se détendre, à s'armer du nécessaire recul pour revenir. Il lui faudra travailler sur ce qu'elle avait contacté. Cette colère...nauséabonde, clandestine, venait de lui sauter dessus comme une merde sous les talons. La regarder en face et décider de son avenir...Plus tard, lorsqu'elle serait seule avec elle-même.

-Merci.

Elle prit la tasse chaude, but une gorgée, ne répondit pas tout de suite.

-S'il te plaît, s'il te plaît...Arrête ça ! Il n'y aucune faute donc aucun pardon à donner. Je suis allée là où ma conscience a voulu me balader et ce n'était pas trop loin, au contraire ! Je t'assure...Je ne réalise pas encore pleinement ce qui s'est passé mais...C'est une bonne chose...Une très bonne chose...Et tu sais...Non, ce n'est pas trop vite, c'est même très tard. J'aurai du...Avant...Déjà...Mais je n'ai pas pu...Je ne pouvais pas...

Au loin, un cri d'oiseau. Une pause. Réfléchir pour lui répondre avec authenticité. Elle leva les yeux, le regarda en plein, souriant avec une affection sincère :

-Quelque chose... ? Plutôt quelqu'un.

Ce sourire qui en disait si long qu'il ne saura peut-être jamais.

-Toi.

Elle avait maintenant l'impression de flotter entre deux mers intérieures, l'une se noyant encore dans les visions ténébreuses tandis que l'autre, trop intense, houlait en un sentiment d'amour...Comment dire ? Cosmique ? La sensation, immense, somptueuse de l' Univers lui semblait comme incarné en Val. Et cet infini innommable, transcendant, se penchait sur elle.

Terrible. Sublime.

« Maman...Papa...Vous ne m'avez jamais aimée... » Elle se mit à trembler de manière irrépressible à son geste, traversée de part en part par cettetendresse-là.Telle une marionnette, la guerrière s'affaissait, vaincue, épuisée.

-Comment sais-tu que... ?


Eli...C'est un chamane ! Tu ne peux pas pirouetter ou te cacher !

-Ne me regarde pas avec cette tristesse, je t'en prie ! Je suis heureuse, tu entends ? Heureuse ! Grâce à toi, j'ai compris que..., enfin je crois...Je ne serai plus dupe de mes cadavres dans le placard.

Après la pluie, le beau temps ! Il comprendrait et serait rassuré, elle en était certaine. Quelque chose de précieux et d'important s'était mis en marche.

-Te taper dessus ?! Oh gosh, tu aurais raison !

Elle rit puis redevint sérieuse, hésitante:

-J'avoue que...Mais je lâcherai...Le poing sur le cœur, chuchota : ... Ça...Comme les bêtes au fond des bois, sans témoin.

Et puis doucement, les pierres se lovèrent dans ses mains. Interloquée, Elizabeth se figea. Une chaleur se diffusa irrémédiablement à travers ses mains, ses poignets, ses bras, son corps...Le flux l'enveloppa toute entière. « On » la berçait de toutes parts. Sa peau. Son âme. Son esprit. Ses os. Elle ne vit ni n'entendit plus rien, n'existait plus que par l'angélique aura qui la voletait sur les montagnes bleues.

La Source pure chante sur les nuages.

« Donne moi ton chagrin » murmure t-elle.

Invitation

« N'aie pas peur, donne... »

Consolation


Était ce si difficile ? D'offrir ses larmes ?


The Messenger

Quand il ne restera plus rien de toi, tu te souviendras de ce qu'il faut faire...Libère-moi. Et le visage dans le miroir commencera à disparaître, et l'ancienne forme commencera à se révéler. Je sais que tu me connais. Sais-tu qui parle à travers ta voix ? Qui te dit de faire ce choix ? Celui qui te fait rêver, le courant dans le ruisseau. Oh, je sais que tu me connais. Je sais que tu me connais. Mais je vais chanter pour toi, jusqu'à ce que tu aies réussi. Je chanterai pour toi, jusqu'à ce que tu aies réussi.


*Dieu Tout Puissant, donne moi la paix
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Jeu 19 Mai - 22:06

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Il me vaut parfois d'être nommé « Crow » et c'est un nom comme un autre, comme les autres que l'on m'a donnés, qui est à la fois moi, et le Tout.
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Regarde la nuit s'enfuir, mon âme part avec elle !

Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

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Novembre 21

« Ne me regarde pas avec cette tristesse, je t'en prie ! Je suis heureuse, tu entends ? Heureuse ! Grâce à toi, j'ai compris que..., enfin je crois...Je ne serai plus dupe de mes cadavres dans le placard »

Est-ce vrai ? Elle seule peut savoir. Je ne suis qu'un intermédiaire, un vecteur... Elle me rend les pierres et je les range. Je range tout, le masque, le tambourin, pas tout de suite le paquet d'herbes dans lequel je pioche avant de quoi en jeter une poignée dans le feu que je ranime. Je ne souhaite pas prolonger son voyage, simplement rendre son arrivée plus simple, plus douce...

«  Si je t'ai été utile, alors j'en suis heureux, je suis là pour ça, pour assister au mieux les âmes, toutes...  »

Toutes. Mais toutes ne demandent pas ou même n'acceptent pas mon aide. La plupart de ses contemporains, devrais-je dire « nos » ? considèrent mon intervention comme une sorte de charlatanerie, une tromperie suspecte. Allons donc ! Un chamane ? Pourquoi pas le génie de la lampe ? Certains me soupçonnent de recruter pour une secte, ou une étrange mouvance pseudo-religieuse. Je n'enrôle pas, je ne veux pas d'adeptes, pas de cette sorte. Je souris. Je suis habitué à ces réactions, je ne m'en offusque pas, j'essaie d'être utile autrement, de contourner la méfiance et la manque de foi. Le pragmatisme exagéré, le recours à la certitude du quotidien, des choses qui sont ce qu'on les voit être, sans face cachée, sans profondeur. En fait, l'univers de la plupart des hommes est devenu une vision en deux dimensions d'un espace tellement plus en relief... A force de normaliser, de simplifier, d'uniformiser... Tout, la pensée, la production, la culture...

Elle ne m'a pas dit si elle souhaite dormir à l'intérieur ? Il n'y a rien de bien terrible à franchir ma porte, derrière c'est une cavité sous une butte de terre, fraîche l'été et chaude l'hiver, comme un igloo  méridional, le septentrion étant bien plus haut sur la carte...

« C'est une bonne chose... Une très bonne chose... Et tu sais... Non, ce n'est pas trop vite, c'est même très tard. J'aurai dû... Avant... Déjà... Mais je n'ai pas pu... Je ne pouvais pas...»

Tard et vite, ce sont deux choses différentes... Tu peux faire les choses tard, mais prendre le temps de les faire bien, ne rien précipiter... Le temps est le temps, cette époque croit qu'il ne revient pas ? J'ai la conscience moi qu'il est comme le reste, une boucle. Elle l'a dit elle-même, avant, il était trop tôt, donc ce n'est pas trop tard, mais c'est assurément trop vite, quoi qu'elle sente et pense. Si ça avait été au bon rythme, je n'aurais pas eu à m'impliquer autant ? A moins que son avidité n'ait précipité les choses ? Mais même ainsi, j'aurais dû savoir, prévoir. C'est mon rôle de guider, mon rôle d'accompagner en modulant aussi l'espace temps, faire d'une recherche une longue traversée plutôt qu'une descente rapide et folle en eau vive.

« J'aurais dû te garder de toi-même, être capable de t'amener tes fantômes l'un après l'autre et de façon contrôlée. Toi, tu ne sais pas, tu n'aurais pas dû être aussi affectée, soumise à une telle pression...  »

Je ne dis plus je suis désolé, puisqu'elle ne veut pas l'entendre mais je le suis. Je saurai, si elle revient, je guetterai les signes de voracité des esprits mauvais qui la détruisent et l'assiègent. Qu'elle n'ait pas à payer deux fois le même prix exagéré, peut-être suis-je trop jeune ? L'idée me fait sourire, je me sens vieux, comme le monde, je porte le savoir de tant d'anciens qui l'ont posé sur mes épaules, non pour s'en défaire mais pour s'assurer qu'il serait perpétué... Je suis comme cet Atlas des Grecs anciens qui porte le monde sur ses épaules. Cela fait... presque vingt ans que j'ai été initié, vingt années terrestres... le quart d'une vie ? Cela veut dire que la mienne avance vers les glaces, comme toutes inexorablement.

Dire cela à ses compatriotes, c'est leur rappeler leur mortalité. Ils te taxent d'être suicidaire, pessimiste, ou je ne sais quoi d'autre ? C'est être réaliste ? J'ai connu trente-trois cycles, trente-trois années à voir l'hiver revenir et partir, dont plus de quinze à chercher, partout, les savoirs que je devrais moi aussi un jour transmettre.

Je lui prends le bol de thé, lui tend la main, elle n'est pas prête, pas encore, et dehors il fait froid. Le givre du matin n'a pas disparu, le soleil se lève péniblement et les nuages semblent vouloir le cacher. Nous n'aurons pas d'aurore étincelante, mais une timide apparition et si la température devient positive, elle ne montera pas beaucoup... A nouveau je souris, pense-t-elle qu'il fait froid ? Est-elle Finlandaise, du sud, du nord ? Vient-elle d'ailleurs elle aussi ? Chez moi, il doit y avoir dix degrés de moins, des nuages partout, un jour d'environ six heures... Il ne fait pas encore vraiment froid, comme ici, ce n'est pas la période la plus froide de l'année, mais il y a de nombreux européens nés plus au sud dans cette ville... Je repense à mon séjour en France, dans le sud du pays, où j'ai eu l'impression d'être immergé dans une fournaise, et je me moque de moi-même...

« Essaie de dormir un peu, une heure, moins si tu veux, mais repose ton corps et ton esprit, je reste dehors sur le seuil, si tu as besoin appelle. »

Je l'ai presque posée sur le lit, en trouvant cet abri, j'ai été pris d'une frénésie de ménage, briquant du mieux que je le pouvais l'intérieur pour me l'approprier. C'est pauvre, dénudé, mais chaleureux, je devrai en partir au printemps probablement, c'est normalement une sorte de musée pour présenter la vie des bûcherons et chasseurs au siècle dernier, les meubles étaient là, recouverts de poussière mais en bon état, juste... issus d'une autre époque. L'intérieur est tapissé de « lambris » artisanaux faits de demi troncs posés l'un sur l'autre, ça donne une impression de cabane chalet.

Je me pose à l'entrée, assis sur le tronc qui me sert de banc, puis prend une des buches que j'ai commencé à travailler, mon couteau, et entreprend de finir mon « oeuvre »... Un loup, qui regarde un corbeau, sculpté dans le bois qu'il me faudra polir ensuite. J'en vends quelques unes, celle-là, je ne sais pas, elle est si personnelle, je la laisserai peut-être comme témoignage de mon passage dans ces lieux, les visiteurs de l'été prochain la prendront pour une des pièces d'époque. Quelque part, l'idée me paraît espiègle... C'est stupide.

Je ne lui ai pas dit, si elle voulait revenir ? Nous pourrions continuer, mais... Va-t-elle dormir ? Et qu'elle dorme ou pas, sommes-nous fait pour nous revoir ? Le temps seul le dira.


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Jeu 28 Juil - 23:33
Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! - Page 2 Eli110
Elizabeth Van Sechtelen
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Esprit

« J'aurais dû te garder de toi-même, être capable de t'amener tes fantômes l'un après l'autre et de façon contrôlée. Toi, tu ne sais pas, tu n'aurais pas dû être aussi affectée, soumise à une telle pression...  »

-Val, je t'en prie...Il y a aucun « devoir », aucune obligation, pas d'exigence...Je l'ai vécu ainsi et c'est très bien, il n'y a rien à regretter. Je ressens les choses très fortement, souvent de manière extrême alors ce genre de...voyage ne pouvait être qu'à ma mesure, dans le sens d'une intensité éprise de ce que je suis. C'est moi avec moi et je t'assure...Le fait d'être confrontée aussi fort avec...mes maux eh bien, tu vois...j'ai besoin de ces excès, d'une sorte de...d'abus de ressenti parce que je ne sais pas faire autrement en et je ne sais pas oui, tu as raison.

Son regard s'arrima au sien.

-C'est difficile à exprimer, encore plus de se dire mais...je...

Elle avait reçu son geste comme une « bénédiction divine ». Le contact de sa main sur ses cheveux l'avait transpercée, intimement, douloureusement, magnifiquement. Pourtant, tout d'elle était resté impassible. Mais à l'intérieur, oh à l'intérieur...

-Toi non plus, tu ne sais pas. On s'équilibre dans le chaos, chacun à sa manière, je trouve ça...sublime, merveilleux, mystérieux et je n'ai pas envie de tout comprendre. Juste...éprouver, recevoir, sentir...Que ce soit dans le mal ou le bon, où est l'essentiel ? Que vais-je en faire de tout ça ? N'est-ce pas là que tout commence? Le reste, la façon dont ça s'est produit, qu'est-ce que ça peut bien faire en fin de compte ?

Elle sourit, épuisée.

-Je suis dure à aider, à percer. Mais toi, tu y es parvenu. Je te dois cela. Et ne me dis pas que je ne te dois rien, je me comprends.

Elle rit doucement, se laissa conduire, sonnée, ivre. Son esprit tanguait sur un bateau sans vague, un soleil blanc lui léchait l'âme. Jamais elle n'oubliera.
Alors qu'il partait de l'unique pièce, elle s'allongea, cotonneuse, ferma les yeux. Il lui était si facile de s'en aller sans bouger... Combien de temps resta t-elle ainsi à ne rien faire, lasse mais apaisée, triste mais heureuse....

Et puis, au bout d'un temps certain, -avait-elle dormi ? Elle ne saurait le dire-, étrangement, malgré cette fatigue insolite qui la croquait de toutes parts, elle eut envie de le rejoindre, de ne pas rester seule.
Doucement, elle ouvrit la porte. Il était là, assis sur le bois. Le cerveau vide mais le cœur plein, elle s'assit contre lui et sans rien dire, glissa son bras autour du sien et posa sa tête sur son épaule.

L'inouï du silence. Seuls les soubresauts du couteau brisaient l'Intervalle. La beauté de ses gestes. La simplicité de l'instant. La contemplation des alentours. L'homme-Loup...

Elizabeth savourait un absolu. Au bout d'un long moment, elle murmura :

-Merci.
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