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LE TEMPS D'UN RP

Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle !

Val
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Univers fétiche : Avatars réels, mais tous types
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Val
Lun 28 Mar - 10:21

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Regarde la nuit s'enfuir, mon âme part avec elle !

Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! Darias10Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! Ms1610

Novembre 21

Deux mois que je suis entré dans ce pays... Et un peu plus d’un que je foule le sol de la capitale... Et mon état ne s’améliore pas. Je parviens à vivre au jour le jour, mais comme tout autre il me faut boire. Et ici, l’eau est un poison.

Il y a une expression qui dit « entre chien et loup » pour désigner le soir, quand les humains ne distinguent plus les canidés dressés des sauvages. Moi, je suis « entre loup et chien », j’espérais bien me présenter à mon poste. Trouver un travail c’est bien, être porté pâle un jour sur trois moins bien... Je reconnais que le chef d’équipe comme les collègues sont compréhensifs, je ne suis pas le seul dans mon cas, mais ça ne me correspond pas.

Quand je signe un contrat, je l’honore... Les gens qui ne me connaissent pas et croient me comprendre malgré tout s’en étonnent. Comment ? Un rebelle, un dilettante, un type hors du monde et des conventions qui accepte un boulot et s’applique à le faire ? N’est-ce pas évident ? Si j’accepte un travail, qu’en général j’ai sollicité avant de l’accepter, c’est pour honorer ma parole ? Je demande de l’aide, on me l’accorde, je fais ce pour quoi on me paye ? C’est dans cette optique que je me suis levé tôt, très tôt, et que je me suis transformé dans la nuit, pour aller chasser mon petit déjeuner et prendre de l’exercice.

J’ai couru, le nez au sol et au vent parfois. J’ai cherché les odeurs, pisté les proies éventuelles, comme d’habitude en ville, eu à choisir entre un repas encore chaud de vie mais exclusivement carné, et un reste de bombance nettement plus humain... J’ai un mal fou à me faire à l’idée que partout dans la société que je côtoie sans m’en sentir membre à part entière, les poubelles sont remplies de nourriture et d’objets parfaitement utilisables. Pas des restes moisis ou à demi-pourris, parfois des denrées encore sous emballage, dont l’unique tort est d’être étiquetées « périmées ». C’est la même chose pour les fruits, légumes auxquels une tâche ou un aspect rabougri valent d’aller nourrir les rats ou les petits animaux sauvages qui ont -comme mon loup- compris que chasser ou cueillir est devenu inutile. C’est pareil aussi pour des vêtements, des outils, des jouets, en fait, n’importe quel produit manufacturé à si bas prix que le remettre en état revient plus cher que le jeter ?

Je ne suis pas là pour discuter de la culture du gâchis et de l’éphémère. Je n’aborde même pas le sujet des « modes » qui rendent inutilisables un objet neuf mais « vieux ». Là, j’ai couru, dévoré un lièvre dont l’esprit surpris m’a questionné sur ma férocité, et... j’ai bu. Je me suis abreuvé à ce ruisseau près de ce que j’ai élu comme « chez moi », puis, ai voulu me laver après être revenu à l’état humain...

Mais...

Je n’ai pas pu. Mon corps, épuisé et fiévreux refuse de changer d’apparence. Il parvient tout juste à tituber sous sa forme lupine, suivant le chemin sans même prendre garde aux rencontres. Pourquoi ne suis-je pas retourné vers la cabane qui me sert de domicile ? Je marche plus que je ne trottine, sous les arbres, bien visible. Pourtant, la nuit s’en va ! Un loup noir de bonne taille dans le parc central, à presque sept heures du matin ? Je ne dois pas avoir l’air menaçant. Je sens en moi une immense lassitude, mes os me font mal, mes muscles sont noués... J’ai des nausées, hoquète par moment... A quoi ressemble un loup malade ?

La présence d’eau pas loin et la levée du jour ont fait apparaître la brume. Des lambeaux d’éther qui dansent, mouvants dans la pénombre encore insuffisamment éclairée... Le froid est palpable, et l’humidité, mais la journée devrait être ensoleillée... Il n’y a pas de bruit, les odeurs sont masquées par le brouillard, les sons résonnent et se renvoient l’écho. En temps normal, loup ou homme, j’adore ce moment de la journée et l’ambiance qui y règne.

C’est comme un rêve qui refuserait de fuir avec la nuit. L’ennui c’est que ce matin, je regarde la nuit s’enfuir, mais mon âme part avec elle... Je ne perds pas le contrôle de mon mental, mon esprit de loup sait bien qu’il n’est qu’une moitié de moi... Je ne suis pas comme Noomi (*) il y a quelques temps un animal éperdu, terrifié par son environnement hostile. Mais mon corps est malade ! Chaque pas accentue l’impression de faiblesse que je ressens. Je vois le moment où je ne pourrais plus marcher et m’effondrerais. D’ailleurs... Pourquoi marcher ? Où vais-je ? Le domicile que je me suis choisi est derrière moi, avec mes vêtements qui m’y attendent ?

Je me force à opérer un demi-tour et à retourner sur mes pas, oublieux de toute façon de ce qui me faisait aller vers le sud-est ? Voir comment allait Noomi peut-être ? De là où j’habite il faut aller au sud ?

J’avance, retournant au nord, de plus en plus difficilement. Là, devant, dans la brume, il y a une silhouette... Elle se détache sur le fond de brume, fantomatique. Une femme qui n’est pas accompagnée de Khranitel, donc pas mon amie blonde... De toute façon, celle-ci n’est pas blonde mais rousse je dirais ? Mon loup fait quelques pas, oublieux de sa forme animale. Ai-je l’idée de demander de l’aide ? Je ne sais plus... J’agis sans penser, de façon mécanique. Mes esprits, loup et homme, sont masqués par une douleur de plus en plus marquée, et une faiblesse qui prend de l’ampleur. Je reste un moment figé, loup noir qui se détache bien sur le coton gris pâle du ciel et de l’air, puis avance... doucement, trop doucement, et finit par prendre du gîte comme un bateau qui s’échoue.

Le loup s’est couché... Il gémit comme un louveteau et moi au fond de cette enveloppe, j’appelle à l’aide ! Je ne contrôle plus rien, je suis un loup, l’homme est toujours là, en pointillé, mais il ne sait plus comment revenir... Dans un sursaut, j’essaie au moins de ne pas présenter mon flan à l’humaine là-bas, mais si elle veut sortir un fusil et m’abattre, je ne pourrais rien faire pour l’en empêcher...

Je ne parviens même pas à définir si elle est inoffensive ou hostile, apeurée ou agressive... Ma tête de loup se dresse un peu, pour tenter de le savoir, puis retombe... La nuit de l’oubli s’est levée alors que le celle de l’univers se couche.

Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! Montag11


(*) Noomi, métamorphe renard polaire rencontrée en perte de contrôle de sa nature animale, à son arrivée en Finlande en compagnie de son husky, Khranitel.

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patrick
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Ven 8 Avr - 17:51
Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! Eli110
Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! 5769ea10

Un Temps, solitaire et âpre, s'était écoulé sans bruit depuis la rencontre avec LUI, filant les astres chatoyants à la toile d'une nuit éternelle. Au fond des abysses du manque, la fille aux mémoires sépulcrales ne souriait plus aux éclats d'aurores. Elle survivait en agonie, dépouillée à l'intermède d'un nulle part silencieux.

Où es-tu ?!

L'absolue solitude de LUI  lui rongeait les artères. Une lèpre d'indifférence l'abîmait ainsi au bout d'un monde qui ne la concernait plus. Les autres humains, oh ces autres, avaient bien d'autres chats à tuer ou à tourmenter ou à aimer. Nul ne se préoccupait d'une rouquine parmi des milliards de congénères.

Où es-tu ?!

Les jours et les nuits s'amoncelaient en tas diffus, insipides, répétitifs. Elle bossait pour s'occuper l'esprit, pour oublier l'inoubliable, souriait aux uns mais pas à certains, effleurait les plumes des nuages, se noyait là-bas. Parlait pour rien, pour tout. Pour se fuir, pour échapper à ses semblables qui ne pouvaient la comprendre.

Où es-tu ?!

IL  s'en était allé vers d'autres cieux ou d'autres enfers, là où elle ne pouvait le rejoindre. Sans LUI, quel intérêt à se retenir ici-bas ?

Où es-tu ?!

Parfois, tout ça mordait trop fort, faisait trop mal. La tour d'ivoire devenait ébène, morbide. En ses soleils noirs, elle avait besoin de se perdre.
Les lueurs matutinales des automnes lui semblaient toujours étranges. Elle courait en flânant, avait l'impression de flotter, douloureuse rêveuse tentant vainement d'échapper au  manque de LUI. Ça l'amusait de déambuler sans but précis, caressant la forêt d'un regard alangui. De temps à autre, elle souriait à un insecte qui volait, écoutait sans voir les cris de bêtes. S'enivrait des couleurs, des mouvements, des odeurs. Embrassait l'écorce d'un arbre. Le rugueux enlacé entre ses bras, elle posait la tête sur le tronc dur.

Où es tu ?!

Par moments, ses yeux la brûlaient, à fleur d'une émotion incompressible, incompréhensible. Elle ne savait même plus pleurer. Peut-être allait-elle le revoir entre l'humidité et les effluves du vent? Peut-être aimait-IL courir lui aussi ?

Enveloppée par la brune, elle était partie avant le lever du soleil. La lampe frontale lâchait son faisceau sur les chemins. Elle connaissait par cœur ce trajet qui serpentait au nord. Au fur et à mesure, la grande paupière de l'horizon allait se lever et le jour pointerait son nez.

Où es tu ?!

Brutalement, elle en eut marre de cette putain de carence de merde qui la hantait depuis ce foutu soir de folie. Une colère sourde se mut aux entrelacs de sa tripaille, de son palpitant fracassé. Elle se mit à cavaler comme une cinglée.

Gueuler !
Dégueuler l'Absence !

Elle s'arrêta brusquement. HURLA un bon coup, poings serrés avant de répéter comme une damnée :

-À cause de toi je ne me suffis plus, à cause de toi je ne me suffis plus...À cause de toi…

S'imbiber à en crever. Le myocarde pompait, pompait, elle courait, courait, répétait, répétait: «  À cause de toi je ne me suffis plus… À cause de toi… »

À TOI, à ton éclipse qui me nourrit et me baise, j'abandonne mon cadavre en apnée.

Et puis, elle la vit. L'ombre découpée sur le bord de l'aurore.

Ralentir.

Un pas.

Deux pas.

S'arrêter.

Elle souffla, penchée, les mains sur les cuisses. Ses yeux ne quittaient pas l'animal qui se profilait au loin. Son allure sauvage l'inquiéta. Allait-il l'attaquer ?

Sa poitrine se soulève au rythme de la respiration. Vapeur blanche qui s'évapore. Immobile, elle attend que l'ombre s'efface dans les bois.
Tout se tait.
...

...

Mais le corps sembla se déséquilibrer. Un peu à droite, un peu à gauche, il s'échoua sur la terre. Elizabeth, soudain amnésique à son fantôme, apaisée, patienta encore un long moment.
Rien ne se produisit.
Alors, elle avança lentement.

Une dizaine de mètres à franchir.

8

5

3 mètres

Un loup.

Elle jeta un œil aux alentours. D'ordinaire, ils n'attaquaient pas l'homme et ce, malgré les nombreux récits qui contaient le contraire. Mais se retrouver en face à face ailleurs qu'entre les lignes d'un livre était une autre histoire.
Il ne bougeait pas mais gémissait par intermittence.

-Woh, tu es blessé ?

Elle ne savait pas quoi faire. S'approcher encore pouvait être dangereux, elle n'avait aucune envie de se faire mordre !

2 mètres.

-Je ne te ferai aucun mal mais toi, qui me dit que tu ne vas pas me sauter dessus, mmh ?


Un autre gémissement lui répondit, comme s'il voulait la rassurer. De nouveau, elle observa autour d'eux mais rien ni personne n'allait se manifester à cette heure sombre d'une nuit mourante.

1 mètre.

La rouquine s'accroupit.

-Qu'est-ce qui t'arrive mon vieux ?

Elle remarqua son poitrail se soulever de manière irrégulière.

-Écoute, je vais venir près de toi doucement. Très doucement.

Elle se glissa jusqu'à n'être qu'à une dizaine de centimètres de lui et s'assit sur le sol.

-Voilà. C'est peut-être ma dernière heure mais je suis là.


Elle lui sourit, admirative.

-Tu es magnifique, sais-tu ? Et c'est la première fois que je me trouve aussi près d'un loup! Impressionnant. Tu es trop beau!


L'animal demeurait immobile. Que pouvait-elle faire ?

-Je ne vois pas de sang ou de blessure. Si seulement tu pouvais parler...

Et s'il avait la rage ? Un bref instant, elle eut un moment de panique mais se rassura à haute voix :

-Non, ce n'est pas ça sinon, tu baverais et tu m'aurais déjà déchiquetée la couenne. Bon, que puis-je faire pour toi ? Tu ne vas pas rester en plein milieu de ce chemin, il faut que tu t'en ailles pour qu'aucun humain ne puisse te tuer ou je ne sais quoi de mauvais.

Soupir. Elle n'osait pas le toucher, vérifier son ventre, ses pattes. Mais au fur et à mesure des minutes, la méfiance s'amenuisait. S'il avait été agressif, il l'aurait déjà croquée en une bouchée, alors quoi ?

Alors, très délicatement, elle ouvrit une de ses paumes et lui présenta tout près de sa truffe.

-Flaire moi mon loup et dis moi comment je peux t'aider.

Comme s'il pouvait communiquer  avec une humaine ! Mais Elizabeth était sincère.
Humblement sincère.



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Ven 8 Avr - 20:06

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

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Novembre 21

Je sens en moi une immense fatigue, une fatigue comme je n’en ai jamais ressentie, même après un effort particulièrement violent ou une journée de travail (trop) bien remplie... Mon corps est douloureux, ma tête pulse comme si on avait enfermé dedans un marteau qui tente d’en sortir en donnant sur la boîte crânienne de grands coups. Je suis aveugle ! J’ai l’impression d’avoir les yeux ouverts pourtant ? Mais je ne vois qu’une lumière intense, comme si je fixais un soleil en plein zénith ! Est-ce vraiment l’eau qui peut me rendre aussi malade ? C’est comme une visite guidée de l’entre deux mondes, une visite dans le style de ces sauts à l’élastique devenus à la mode, où tu sautes, tout en étant retenu et garanti de revenir.

J’entends une voix, une voix de femme, et je me sens manipulé. Elle me recouvre de chaleur, mon esprit embrumé se dit qu’elle ne doit pas avoir de quoi nous couvrir tous les deux, et que donc pour m’habiller, elle se déshabille ?! Il ne faut pas ! Moi, je suis habitué, ce n’est pas la première fois que je me transforme trop tôt, j’ai tendance à outrepasser les droits que le Tout a donné aux hommes de rester animaux. Mais elle ? Mon nez lui travaille encore, et mes sens ne perçoivent pas d’esprit-bête, elle est humaine, elle n’a pas l’endurance de ceux qui savent vivre sans leur couverture de tissu ou de cuir... Je fais un geste de dénégation, il ne faut pas, elle doit penser à elle d’abord...

Des limbes de l’entretemps, les mots me parviennent, tandis qu’elle continue à dénuder sa peau pour dé-nuder la mienne... Je peux être nu, ça ne gêne que les yeux, je ne suis plus si loin je crois de ma tanière ! Si je parviens à me relever, je vais aller chercher mes vêtements, et sacrifier à la pudeur en les enfilant. La phrase est comme issue d’un rêve, je l’entends, la comprends, mais ne l’intériorise pas encore...

« Monsieur ? Réveillez-vous ! S'il vous plait, réveillez-vous.... »


Elle continue, je me sens remué, mais suis-je si lourd ? Probablement ? Un corps sans vie prend vite plus de poids que le même en mouvement... je ne dois pas peser plus de cent-quarante livres, un peu plus de soixante kilos... Quand je suis en forme, je culmine à soixante-cinq, mais là, je peine à manger, j’ai maigri. Elle me parle encore, et les tractions plus la voix, ma lumière intérieure décline pour me donner sous les yeux un brouillard d’arbres et de ciel...

« Je vous en prie, je n'ai pas envie de vous laisser ici mais je n'ai pas la force de vous porter. S'il vous plait, revenez. S'il vous plaît…»

J’ouvre les yeux ? Ils étaient fermés ? Val ! Réveille-toi ! Elle a raison, elle ne peut pas te porter, même si elle en avait la force, tu ne peux pas lui demander ça ! Tu l’as fait toi pourtant, ou presque, pour la petite Noomi quand elle se sentait si mal, mais d’une autre, tu ne peux pas dépendre. Tu le refuses ! J’essaie à nouveau de me dresser, souris en prenant conscience de ses efforts méritoires pour m’habiller, mais si je suis à peine plus lourd qu’elle, je suis beaucoup trop grand pour que ses vêtements m’aillent... J’ai réussi à me dresser sur les coudes, je grimace, par les esprits de la forêt, ceux de la vie et de la mort ! Mais comment de l’eau peut-elle à ce point torturer un corps ?!

« S'il vous plait, revenez…»

« merci »

Je ne peux rien dire d’autre pour l’instant, mais c’est un mot universel et qui traduit ce que je pense. Je ne sais si j’aurais repris conscience, et quand, si elle n’avait pas secoué mon corps de toutes ses forces, me parlant en secouant mon âme aussi de sa léthargie. Je ferme à nouveau les yeux, cherchant la force intérieure puisque celle de mes muscles me trahit.

« Vous devez vous rhabiller, il fait trop froid... »

Je ne peux pas dire encore, « je suis tout près, il faut que j’arrive à y aller », mais j’enlève les chaussettes, c’est le plus simple, puis le haut qu’elle a maladroitement enfilé à mon torse, elle va tomber en hypothermie, et je n’ai pas non plus la force de la porter !

« Au nord-est, ça n’est plus loin ...je crois... »

Qu’est-ce qui est au nord-est va-t-elle demander ? Mes mots s’écorchent, comme ma peau à nouveau nue sur le sol, elle doit garder des forces ! Pour deux puisqu’elle semble assez charitable pour m’aider... Mon esprit se représente notre vision, un couple enlacé, une femme rousse à peine revêtue, et un homme brun nu, qu’elle serre contre elle au risque de tomber, et qui titube bandant sa volonté pour ne pas l’entraîner au sol ! Ses contemporains -pas les miens ?- regarderaient le spectacle ahuris à défaut de choqués, certains choqués aussi...

Mes cheveux me tiennent presque lieu de parure, pas encore tout à fait assez longs... J’essaie de mieux voir ma sauveuse, je ne demande pas ce qui me taraude « pourquoi », ça serait un manque de respect pour l’aide qu’elle m’apporte et le temps qu’elle « perd » avec moi, mais son attitude est suffisamment rare pour que -comme avec Noomi- j’ai le sentiment d’avoir croisé aujourd’hui une belle âme...

Ce sont ces âmes-là qui me confortent dans l’idée de chercher, encore et encore. Il y a du bon en chacun, certains l’ont à fleur de pensée, d’autres enfouis sous la méfiance ou la haine... Nous sommes tous des particules du même monde, simplement, certaines ont été plus malmenées que d’autres... Toutes ne réagissent pas de la même manière, certaines devant l’adversité se renferment et s’arment, d’autres s’ouvrent et s’épanouissent.  Je murmure, je psalmodie devrais-je dire, dans une langue que ma compagne ne comprend pas, alors je traduis...

» La terre était là avant les hommes. Les tout premiers hommes sont sortis de la terre. De la terre… Tout est sorti de la terre même le caribou. Un jour les enfants ont poussé hors de la terre Tout comme les fleurs.... Et cependant il y a une grande chose, la seule grande chose : Vivre pour voir dans nos huttes et nos voyages, le grand jour qui se lève et la petite lumière qui remplit le monde... »

Comprend-elle ? Ne comprend-elle pas ? Nous sommes tous frères, non dans le sens d’une parenté de sang, de savoir ou de famille... Mais parce que tous, aussi individuels soyons-nous, sommes issus de cette terre qui nous porte, comme les arbres, leurs feuilles, comme les animaux, comme les fleurs, comme le vent, le sable, la neige, l’eau...

L’eau ? Non, l’eau a trahi l’univers dans ce pays-ci ? L’a-t-elle fait partout ? Ou d’autres créatures l’ont-elle dénaturée ?

Elle m’aide à marcher, elle, dont je ne sais pas le nom... Ses cheveux de feu se mêlent aux miens, à avancer, j’ai retrouvé un peu de cet équilibre, physique et mental qui me manquait, et je pèse moins je pense sur son bras... Le mien en revanche me fait mal, comme si ma vieille blessure me rappelait qu’il ne faut pas trop demander à un corps, mais l’ai-je voulu ?! J’étais loup, je chassais, et la douleur m’a empêché de continuer, de de redevenir autre ? Sous une butte de terre, on peut apercevoir dans la brume matinale une porte, les restes d’un feu de camp balisé par un foyer de pierre, je suis chez moi... Le chez moi que j’ai investi de mon humanité dans cette ville... Je vais pouvoir allumer le feu pour réchauffer la jolie rousse qui a dévié de son chemin pour me venir en aide, et me rendre « présentable » à une humaine. Elle n’a rien dit de tout notre périple... Elle sait être présente sans parler, comme moi.

Je la lâche, la laissant reprendre des forces, et m’appuie au mur de la cabane. La porte n’est jamais fermée, le loup doit pouvoir la pousser de la truffe et y entrer, malgré tout, la structure est à demi-enterrée et donc conserve plus de chaleur que si elle n’était que posée sur le sol, la terre lui donne son âme et sa chaleur... J'y entre le temps d'enfiler un pantalon et un haut, au hasard, à même la peau, et ressors, l'invitant, elle, à entrer.

Je vais jusqu'à mon bûcher improvisé et mets en équilibre le bois qui permettra de ranimer un feu, devant la porte, et non dedans où nos ancêtres s'ils construisaient vraiment comme cela devaient mourir étouffer avant la fin de la saison de bûcheronnage...

Je n'ai toujours rien dit, à part merci...

Mais je souris.

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(*) Noomi, métamorphe renard polaire rencontrée en perte de contrôle de sa nature animale, à son arrivée en Finlande en compagnie de son husky, Khranitel.

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Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! 5769ea10

Encore à louvoyer dans les limbes de l'inconscience, il eut un geste qui semblait dire « Laissez-moi ». Mais Elizabeth n'avait aucune conscience des potentiels des thérians, ni de leur résistance au climat, aux longues courses, de leur endurance, de leur force...Elle réagissait donc en simple humaine, constatait le malaise d'un de ses semblables et s'inquiétait pour lui au point de s'oublier, fin de l'histoire.

Impatiente à trouver une solution immédiate pour lui venir en aide, pour qu'il soit en sécurité, soigné, elle se maudissait de ne pas avoir son téléphone. Espérant la venue d'un promeneur, elle écouta de nouveau avec attention la forêt, cherchant des yeux une silhouette salvatrice. Mais rien ni personne ne se manifesta. Déterminée à ne pas le laisser seul, elle allait se relever pour le tirer sur le chemin malgré  son impuissance pour le déplacer. Tant pis si elle progresserait millimètre par millimètre, elle y parviendrait coûte que coûte !

Naïve Elizabeth : heureusement que le thérian était thérian et capable de se sauver lui-même tant qu'il n'était pas dans un état de santé désespéré car il finit par émerger et elle en fut soulagée malgré sa défaillance qui perdurait. Un sourire, quoique maladif, illumina tout à coup son visage. C'était rassurant et elle lui répondit aussitôt :

-Chuutt, ne me remerciez pas, ça va aller, ça va aller…-

Alors qu'elle continuait à le frictionner,  sa conscience finit par reprendre le dessus. Il reprenait de la volonté et maîtrisait davantage son corps.

-Soit. Faites comme vous voulez, vous ne semblez pas souffrir du froid et vous avez raison.


Rapidement, elle reprit ses vêtements, claquant des dents de manière irrépressible, transie. Quelque chose en lui dégageait une robustesse souveraine qui la dépassait. D'emblée, elle lui voua une confiance aveugle. C'était ainsi, sans mot, sans explication, sans justification. Au creux de sa différence, elle percevait un pouvoir d'Être qui ne lui appartenait pas. Elle n'avait rien à en dire, juste à le vivre et le vivait pleinement, sans filtre et sans comprendre.

-Vous voulez aller au nord-est, c'est ça ?

Après tout...C'était aussi un loup. Son instinct animal devait être très développé et assuré en dépit de son apparence d'homme. Il mélangeait les deux espèces, elle, n'y connaissait absolument rien. Alors, elle abdiqua d'une certaine manière, se laissant emmener là où lui le souhaitait, confrontée à une reddition acceptée avec humilité parce qu'elle sentait, l'intuition féroce, que cet instant de vérité s'inscrivait dans un mystère réservé. Du loin de sa nature terrienne, elle baissait les armes et se laissait guider par un inconnu malade et chancelant.

Un thérianthrope.

L'invisible s'inversa. Des kilos de muscles s'appuyèrent sur d'autres, bien plus faibles. Une empathie tout en contraste s'exprima de part et d'autre. De l'extérieur, l'on pouvait observer un homme soutenu par une femme, mais en vérité, oh en vérité, il s'agissait de bien plus profond que cela : une confiance, un respect, une noblesse de bienfaisance se muaient en un même mouvement, une même générosité de survivance. La part sacrée de l'Amour s'exprimait et l'éternelle hyménée offerte, n'était pas qu'éternelle mais bien plus: indestructible, indélébile, inépuisable, divinement sublime.

Une rencontre.

Elle le tira aussi fort qu'elle put quand il se leva et lorsqu'enfin il fut debout, bien que vacillant dangereusement, elle passa un bras autour de sa taille, empoignant la peau afin de maintenir une bonne prise, tandis que de l'autre côté, d'autorité, elle maintint son bras posé sur son épaule.  « David et Goliath à l'envers » pensa-t-elle non sans humour alors qu'elle le guidait de son mieux.

Où sont tes « à l'endroit » Eli ?

Spoiler:

Ce silence. Le silence de l'Esprit en communion.

Le regard veilleur, elle l'empêchait de tomber bien qu'au fur et à mesure de leurs pas, il semblait reprendre des forces . Au cœur du bois et de la terre mouillée, des pensées s'engouffrèrent dans sa tête telles des cimes vaporeuses, bercées de tendresse.

« Quelque chose m'attire chez toi, bel inconnu. Les gens comme toi, c'est comme l'attraction des océans avec la Lune... J'aime essuyer les larmes...Tendre la main... J'aime être là quand il n'y a plus personne, écouter quand il n'y a plus rien à dire, aimer quand il n'y a plus rien à aimer... C'est là où tout commence...Pourrais-tu le comprendre ?...C'est mon monde... Je perçois des choses, si près, si loin de toi que je ne connais pas...Cette profondeur, cette sensibilité qui dégoulinent de chaque pore de ta peau comme une pluie tiède d'été, cette douceur criante, cette paix qui t'entoure... »

Plus ils avançaient, plus elle se creusait en ses ressentis. Le jour s'était levé, les ombres s'en étaient allées sans bruit. Une forme nette et claire apparut soudain qu'elle n'aurait pas remarquée s'il ne s'était pas arrêté. Son chez-lui. Il la lâcha et elle ne fit pas un geste pour le retenir,  détendant ses épaules, attendant la suite sans véritablement attendre. Peut-être allait-il la chasser de son territoire...mais il réapparut habillé, l'invitant d'un geste à entrer dans la cabane. Elle, ne bougea pas, prit son temps à l'observer. Ses gestes, précis et simples, s'affairaient à allumer un feu.

Un thérian. Elle avait face à elle un thérian.

Elle n'empêcha rien, s'abandonna et s'adonna à sa Liberté alors qu'il lui souriait. Un amour l'inonda des pieds à la tête, s'immisça dans les flux d'hémoglobine, courut à travers les os.

D'un sentiment scellé et immortel, Eli, d'un seul coup, l'aima.

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Ven 8 Avr - 22:09

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Novembre 21

« merci de votre aide, sincèrement. »

Je ne m’appesantis pas mais je maintiens qu’elle m’a probablement sauvé la vie. La raison de ce malaise, si prolongé et si intense, je l’ignore, sans doute l’eau que personne ne peut se passer de boire, qu’importe, ce qui importe c’est qu’elle s’est détournée de sa route et de son quotidien, pour aider un animal sauvage, puis un homme étranger, elle aurait pu continuer son chemin, et arrivée chez elle passer un coup de téléphone pour prévenir de la présence d’un loup si près des maisons, ou bien qu’un type semblait avoir eu un malaise à tel endroit du parc central... Elle aurait également pu -devant un therian avéré-, alerter je ne sais quels chasseurs de monstres, elle n'a rien fait de tout cela.

Je m’inquiète pour elle, elle est toujours là à trembler de la tête aux pieds, a-t-elle si froid, ou est-ce le contrecoup ? Elle n’a rien dit de toute notre progression, rien depuis qu’elle m’a pris contre elle en me soutenant, et a commencé à marcher vers le nord-est. Est-elle une habituée des sauvetages therians ? Rien ne signale qu’elle l’est ? Même amoindri je sentirais l’esprit de bête chez elle quand même ? Certains therians ne reconnaissent pas leurs semblables mais je n’en ai jamais connu qui masquent leur réalité au point que moi je ne les reconnaisse pas.

« Approchez-vous du feu ? Ou voulez-vous entrer ? Il va faire sombre mais il y fera chaud, la terre conserve la chaleur. »

J’ai beaucoup parlé, trop, je ferme les yeux et m’appuie contre le pilier en bois. D’un geste machinal j’attache mes cheveux, je me sens toujours faible, très faible, mais il faut avouer que depuis que je suis infecté par cette cochonnerie dans l’eau je saute plus de repas que je n’en fais, la faim ne doit pas aider.

Je m’assieds finalement, en tailleur, les genoux un peu relevés, et fermant les yeux je tourne les paumes vers le ciel et communie avec le Tout. En sa présence, je n'ose psalmodier ou chanter, et j'en suis en moi-même contrarié, pourquoi ? Généralement, le fait d'être avec d'autres humains ne m'arrête pas ? Je me moque de ce qu'ils peuvent penser ? Qu'ils me voient fou m'indiffère, est-ce autrement avec elle ? Je tiendrais à son estime ? Je vis, mon passage par les brumes ne se fera pas aujourd’hui, je verrai d’autres aubes se lever... et je le lui dois.

Mains et bras nus, je dois présenter un curieux tableau pour une européenne. A l’origine, je suis marin, j’ai les mains tatouées de ce qui peut sembler des lignes de points alignés, pour que la mer, son esprit, accepte de me nourrir et de me laisser voguer sur ses flots. J’en ai d’autres sur le bras, qui entourent mes « mots » dont je désespère qu’ils soient en anglais, et sous le menton, très discrets, pour remercier le ciel et l’air et les honorer par  ma simple présence, mon corps leur rendant un hommage à travers ces dessins que beaucoup jugent « drôles », « bizarres » ou «swags » mais qui sont pour moi importants, tout, sauf futiles et décoratifs... A ses yeux, je dois être un sauvage parfait, mi-homme mi-loup, le teint sombre, tatoué de choses étranges pas même esthétiques. Je lui souris, si elle me juge primitif, elle ne pourra pas me juger agressif.

Ce sont nos femmes qui tatouent, enfin, c’étaient... La rareté de la chose fait que des hommes ont repris la tradition désormais, pour sauver notre culture. Ceux que je porte me viennent de ma grand-mère, ils sont autant de marque de respect pour les esprits de la nature, eau, air, terre... Pour ceux des animaux que je chasse, pour celui du loup que je suis... Je ne les exhibe pas, ils sont miens, comme ma peau ou mes cheveux, mon regard ou mon sourire. C’est une main tatouée que je lui tends donc, une main amicale et respectueuse, reconnaissante, spontannée.

J’ai du thé, de l’eau que j’avais ramenée en prévision de mon retour... Depuis que j’ai goûté aux pâtisseries de Noomi, j’ai même pris l’habitude d’avoir toujours quelques biscuits et du sucre, chose que je n’avais pas souvent, n’en voyant pas l’utilité. Je peux y ajouter des œufs si elle a faim, du lait, des pommes... De quoi la revigorer d’un repas simple, rien de plus, ici il n’y a pas besoin de réfrigérateur, les provisions conservées dehors dans un garde manger bricolé par mes soins, se gardent bien, mais comme je me nourris principalement en loup, je n’ai rien de plus.

« Voulez-vous un thé ?  des œufs ? Vous devez être épuisée, je ne suis pas très lourd mais je n’ai pas beaucoup aidé, vous m’avez presque porté...»

Je garderais bien le silence, mais dans la société des hommes, la parole est requise, et je veux la remercier de mon mieux. Elle a dû me soutenir plus de trois kilomètres,  en forme ce n’est rien, avec un corps mort qui s’agrippe à vous, c’est énorme, surtout pour quelqu’un qui ne doit pas avoir l’habitude de porter des poids.

Je me suis levé, prêt à aller chercher de quoi cuisiner, et tout à coup me retourne, si vivement que la tête me tourne, je souris à nouveau comme pour m’excuser de m’être rattrapé au pilier que j’ai commencé à sculpter sans lui avoir donné encore l'apparence que je lui voudrais...

« Au fait, je m’appelle Val Wraith, Valravn...»

Valravn, le corbeau de la mythologie nordique qui accompagne les esprits des guerriers morts au Valhalla... Etrange nom pour un loup yupik ? Je préfère de beaucoup secourir les vivants, mais les morts aussi ont besoin d'aide... Et puis, outre qu'il parle plus aux occidentaux, ce nom me permet de garder secret mon nom de naissance, Amka, le bienveillant...

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Sam 9 Avr - 11:22
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J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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Elle lui sourit songeant que c'était à elle de le remercier car malgré son état physique affaibli, il lui avait fait confiance. Qu'il soit animal ou humain, elle estimait naturel d'aider son prochain, il n'y avait rien d'extraordinaire là-dedans.
Ils avaient crapahuté tant bien que mal un long moment, parcourant le voyage d'un étrange et bienfaisant silence. D'ordinaire, Eli aurait eu le cerveau en ébullition, se posant des tas de questions sur le pourquoi comment de sa métamorphose, sur la manière dont il vivait cette incroyable faculté, avait-il véritablement tous les attributs d'un loup ? Son odorat, son instinct, ses besoins vitaux… ? Mû en bête sauvage, conservait il une conscience de son humanité ? Mille autres interrogations, fascinations, lui auraient brûlé l'esprit. Mais se tenir à ses côtés, marcher à le soutenir, fut comme une pause douce et tendre. Il n'y eut guère que son intuition qui demeura alerte : elle était à sa place et agissait au mieux, le reste n'avait aucune importance. Le jour s'était éveillé tranquillement et le paisible alentour les avait accompagnés jusqu'à son antre. Un essentiel empli de simplicité.

Elle n'avait pas froid mais un tremblement intempestif lui traversait tout le corps. L'effort soutenu lui avait donné chaud pourtant, son dos tirait, mais c'était bel et bien autre chose qui lui imposait cette réaction : l'extraordinaire de cet homme. Une « magie » incroyable qui la dépassait.
Ils se trouvaient chez lui et la jeune femme, d'instinct, se retranchait dans le respect de son territoire. Elle souhaitait rester auprès de lui encore un peu, juste pour s'assurer qu'il allait s'en sortir mais ensuite, elle partirait rapidement. Sa vie ne la regardait pas, elle détestait s'imposer et ne souffrait pas de cette curiosité indiscrète qui s'immisçait hypocritement dans l'intimité des autres.

-Le feu c'est très bien, merci.


Elle esquissa un geste vers lui, inquiète du malaise qui le contraignit à s'appuyer contre le pilier de bois mais il se reprit, attacha ses longs cheveux. Alors, sans rien dire, elle s 'approcha et tendit les bras au-dessus des flammes. Un cri d'oiseau perça au loin, il y eut un craquement de branches, un coup de vent. La forêt s'étirait après le long sommeil de la nuit, réveillée par les éclats du soleil. C'était bon.

Il vint vers elle et s'assit. La prière...Elle en avait bouffé des messes et des rosaires et des chapelets et des pénitences et des absolutions. Codées, bordées, récitées, répétées, assénées, bourrées dans un crâne trop petit. Le fameux mystère de la foi… Croyante, sa fuite familiale avait tout balancé sur le seuil d'une vie enfin choisie. Depuis, elle ne pouvait plus entrer dans une église, ça l'oppressait, ça lui comprimait le cœur et la tripaille.
Mais là, au milieu d'un bois, sans rien, au creux d'un Tout, l'inconnu se connectait dans une perfection épurée qui la fascina.
Eli ne s'y attendait pas, en fut gênée. Alors, elle porta son regard vers les arbres, le ciel, lui laissant l'espace et le temps dont il avait besoin. Elle prit soin de ne faire aucun bruit, ne bougea plus, les mains croisées le long de son ventre.
Elle, ne priait plus depuis longtemps, ne pouvait plus. Quelque chose s'était glacé un jour, un gros morceau d'iceberg immergé aux confins d'un mal rongeur s'étalait quelque part à l'intérieur. Une banquise solitaire qu'elle s'efforçait d'ignorer avec superbe. De ce côté-là, elle avait perdu la paix.
Statique, elle demeura debout, près de lui. S'il en avait eu le pouvoir, il aurait vu son âme agenouillée. Quelque soit la spiritualité des hommes, Eli possédait une conscience aiguisée du sacré.

Les minutes se dilatèrent, embellies par les lumières et les couleurs de la nature alentour. Admirative de cet instant de surnaturel, elle se permit de le regarder alors qu'il gardait les yeux fermés. Elle le trouva beau, de cette beauté sauvage, pure et sans fard qui caractérisait les êtres authentiques. Remarqua les tatouages sur ses mains, ses bras, sourit à leur signification qu'elle ignorait. Viscéralement, elle comprit qu'elle se trouvait avec un homme hors du commun, béni des dieux, un sage…

La grâce d'une rencontre.

Il lui tendit la main. Bouleversée, elle la saisit sans réfléchir. Yeux dans les yeux, elle la serra bien au-delà d'un simple geste de salut.
Elle effleurait à nouveau le mystère d'une transcendance oubliée...C'était comme...recevoir l'exquis moelleux d'un baiser d'ange.

-Un thé, merci.

Elle crut qu'il allait tomber, se précipita vers lui mais il se reprit, elle recula, souriant à son nom.

-Heureuse de vous connaître, Val. Moi, c'est Elizabeth, Eli pour les intimes.


"Quelque chose en toi que je ne connais pas m'est très personnel. Je ne sais pas, je ne le comprends pas mais je le sens à plein cœur."

-Appelez-moi Eli, s'il vous plaît…

Un murmure. Une prière...


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Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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« Heureuse de vous connaître, Val. Moi, c'est Elizabeth, Eli pour les intimes. Appelez-moi Eli, s'il vous plaît… »

Mon sourire s’accentue. Je peine à communiquer autrement, pourtant, en serrant ses mains encore froides dans les miennes trop chaudes, j’ai senti quelque chose... Ma grand-mère était persuadée que les esprits se rejoignent et s’entendent, au-delà de l’humain, même, au-delà du vivant... Moi, mes voyages m’ont appris que si cela semble vrai, il est très imprudent d’en faire état dans certaines contrées, et auprès de certaines personnes.

J’ai « entendu » en elle un trouble, une réminiscence, une gêne que je ne dirais pas « actuels » mais inhérents à sa personnalité. Elle est un esprit en alerte et prêt à prendre la fuite ? Un esprit attentif à tout et tous, sur la défensive, mais aussi volontaire et désireux non seulement de se préserver mais de triompher de l’adversité.  Ce que j’appelle « une belle âme », le contact fugace que nous avons eu, main dans la main, le confirme. Tout à l’heure en marchant, j’étais bien trop concentré sur le fait de poser un pied devant l’autre pour me soucier d’elle...

Dans ce monde et cette époque, il est difficile de s’enquérir du besoin d’assistance d’un inconnu. Là-haut, dans mes terres gelées, et même ici en Finlande, parmi mes cousins de culture, j’aurais pu demander « Ton âme appelle, que puis-je faire ? », mais elle ? Que puis-je faire ou dire qui lui fasse entendre que je sais, que je perçois ce qu’elle doit cacher avec soin ? Je murmure, quelque chose me dit qu’elle comprendra, mais voudra-t-elle l’admettre ?

« Les esprits parfois parlent malgré leur enveloppe... Ils disent et trahissent les secrets... »

Je sens en elle comme une ancienne douleur muselée, comme un refus, un rejet... Est-ce son attitude pendant ma communion avec le Tout qui m’a donné cette impression ? Je fais chauffer de l’eau et incorpore les feuilles de thé, du vrai, je souris en moi-même, j’en bois rarement de « vrai », la plupart du temps ce que je fais infuser est local et il n’y a pas encore de théiers dans le grand nord, là, c’est du thé, de celui qu’on achète, je ne vais pas risquer de la faire « voyager » avec des herbes qu’elle ne connaîtrait pas et qui auraient sur elle un effet... étrange.

Il y a dans ces époques et contrées, des curieux qui appellent  « expérience » ce que je qualifie de  « quête de connaissance » mais je ne m'abandonnerai à aucune mode, même si elle m'en faisait la demande. Or, elle ne semble pas désireuse de ce type de tentative...

Par-contre, si j’ai acheté du thé, je n’ai pas pu me résoudre à faire l’emplette de ces sachets pré-dosés qu’on trouve partout. Pour moi, préparer cette boisson est un autre geste important... En fait, je ne sacrifie à quasiment aucun raccourci de vie, si je dois bien me vêtir de prêt-à-porter, je ne consomme pas de plats cuisinés, je n’achète pas de café lyophilisé ou de thé en sachet, je me soigne autant que possible avec des plantes plus qu’avec des principes actifs incorporés dans un comprimé... C’est une façon d’être rebelle, certains diraient bête. Je suis « bête », donc ça ne me gêne pas qu’on me traite ainsi. Ma voix est toujours basse, aussi bien parce que je me sens faible que parce que ce que je dis doit être atténué...

« Je suis confus, je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais... je crains de « sentir » des sentiments et des sensations qui échappent à la plupart... Les prières vous dérangent ? Vous avez rencontré trop de « dieux » intransigeants et humanisés peut être ? J’honore la vie... Ce matin, elle m’a fait le cadeau de vous rencontrer, j’ignore dans quel monde je me serais réveillé si vous n’aviez pas croisé mon chemin... »

Je ne vais pas plus loin, l’univers est un tout, ce côté-ci, l’autre, hier, demain, le lever du soleil à un endroit est son coucher vu d’un autre... Le temps n’est pas, ce sont les humains qui perçoivent sa fuite, parce qu’ils s’attachent à leur apparence momentanée... Les âmes survivent, qu’elles soient homme, animal, végétal ou simplement un atome de l’air ou du feu, ou de l’eau... Comment expliquer ça à une européenne ancrée dans son présent ?

Je lui tends son thé, je n’ai pas de tasse, un bol de bonne taille auquel une passoire a évité d’abriter les feuilles restées dans la théière... J’en prends un également, ferme les yeux, bascule la tête en arrière dans un geste qui est un tic j’en ai peur, et respire, intensément. Les brumes se sont estompées, celles de mon esprit comme celles que la terre exhalait en s’éveillant. Je prends dans un sac suspendu aux piliers de l’entrée une poignée de feuilles sèches, et la lâche dans le feu... la fumée prend une forme curieuse, j’ignore si elle la voit, en rejoignant le ciel, elle s’est matérialisée mais je serais bien incapable de décrire en quoi... C’est une forme dansante, qui passe d’une vie à l’autre, tantôt un oiseau, tantôt cet « infini » que dessinent les mathématiciens, tantôt encore un nuage rond ou une pluie d’étincelles... Je suis ces métamorphoses d’un regard surpris et curieux, regarde l’effet de l’herbe de vision sur le feu, puis celle qui est censée se dévoiler...

Une âme intense, mystérieuse et avide de savoir...

Mes yeux brillent, elle doit -à défaut d’en comprendre le sens- apercevoir en moi une admiration mêlée d’infinie curiosité... J’ai sous les yeux une particule, que le hasard a agrégé à un corps, mais qui plus que tout autre est à la fois éternelle et fugace...

Un esprit de la vie... Ce que les anciens des cultures passées nommaient lutin, fée, elfe, chimère, ou tout autre nom... Perçus comme bons ou mauvais, ils ne sont pour moi que neutres... Selon le contexte et l’époque, ils s’agglomèrent en l’une ou l’autre créature, pour retourner à un néant qui n’a rien d’inexistant... Incarnations des mystères que les hommes, comme leurs chamanes, ne maîtrisent pas...

Je fixe encore le feu un moment, puis lui demande on ne peut plus sérieusement.

« Avez-vous VU ? »

Appuyant sur le « vu », en moi quelque chose croit qu’elle possède le don...

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Était ce la fièvre ou la chaleur de son aura qui la traversa de part en part ? Car au contact de ses mains, quelque chose de sensible s'insinua à l'intérieur de ses paumes, parcourut ses bras, son ventre. Le flux d'une rivière ardente serpenta dans son corps, remonta dans les poumons, la gorge avant de se laisser expirer...Où donc ? Où  cela s'évapora? S'enracina ? Qu'était ce donc ? Le souffle d'un djinn, le baume de l'Invisible ? Elle la reçut l'onde, l'accueillit telle quelle sans comprendre.
Quelque chose s'était passé.

Un vieux souvenir poussiéreux, enfibré de toiles d'araignée la fit sourire.  « Elle est d'un bleu moiré » lui avait on affirmé.  « Et toi, bel inconnu, de quelle couleur est ta fragrance ? Est-ce elle que j'ai perçue par delà toutes mes pollutions d'humaine ? Comment est-ce possible ? Je ne suis pas pure comme toi, je ne suis pas connectée comme toi. »

Partager de telles pensées, tous ces regrets, ces soifs clandestines, ces consciences de se subir en exil...Difficile. Elle en avait eu pourtant de ces échanges presque sans fin où l'on débattait de l'éternité, des mystères de la Foi, de la puissance de la prière, de la générosité de la méditation...mais aucun ne l'avait comblée ou apaisée. Et là...Là...il avait suffit de « trébucher » sur un thérian pour que les remparts frissonnent, pour que les tristesses d'abysses s'adoucissent. C'était étrange, étrange et implacablement bienfaisant.

« Les esprits parfois parlent malgré leur enveloppe… Ils disent et trahissent les secrets…»
Ce qu'elle craignait mais sans y « penser » se matérialisa soudain. Il savait. Il avait humé l'odeur sans saveur de ce trou béant qui ne palpitait plus depuis des siècles. Et le combat s'avérait sans fin, petite guerrière qui s'arrangeait avec elle-même depuis si longtemps. Oh il y avait bien ici et là des vagues d'angoisse où la mort la terrorisait, convaincue jusque dans ses os qu'elle devrait payer devant le Très-Haut ses fautes et ses péchés. La peur de l'enfer...Cette peur-là...Valravn n'en éprouvait pas les affres, elle le flairait comme une évidence d'humilité qu'elle ne possédait pas. Lui, disposait de l'Harmonie, de la Paix, de l'Oraison sacrée parce qu'il en était depuis l'origine.
Elle leva les yeux sur les siens, lui offrant un regard empli de cette pauvreté qui les faisaient si différents. Eli lui donnait raison, il avait tout dit. Elle n'avait rien à ajouter.

Les gestes du quotidien...anodins, banals et pourtant sublimés lorsqu'ils étaient mus par les grands sages. Mettre de l'eau dans une bouilloire...Abreuver les âmes de cette lenteur merveilleuse avec laquelle les mains s'affairaient tranquillement. Une pause aux tourbillons des jours. Remettre du bois dans le feu...Ne plus entendre les hurlements du monde, s'émerveiller du joyeux crépitement des flammes. Le feu qui réchauffe, le feu qui purifie, qui nourrit...Où était elle Eli en vérité ? Perdue dans un désert sans sable et sans vent ? Noyée dans un entre deux de chimères et de contraintes savamment orchestrées ?

Elle aimerait, là, tout de suite et pour l'éternité, ne plus revenir. Ne plus quitter la forêt, s'épanouir avec le vivant de la nature, respirer l'air vif sans les bruits des hommes, se réveiller libre et dénudée des scories d'une histoire douloureuse, s'endormir de la fatigue des chasseurs...Tout ça. Tout Rien. Et elle s'enfuit encore Elizabeth, absente perpétuelle d'un Temps qu'elle subissait.

Ce que cet homme est, devait être préservé, choyé avec un immense respect. Car le sacré ne s'abaissait pas à jouer le jeu orgueilleux des pécheurs mais s'élevait par son intime abnégation et la limpidité de son innocence.

Ne pas dissimuler, se laisser faire à la Lumière crue et murmurer à son seuil.

-Elles ne me dérangent pas...Elles...elles me font mal...Et je n'ai rencontré qu'un dieu, un seul mais...je… je l'ai abandonné.

Se mordre la langue au sang pour ne pas exploser en sanglots. Combien de couvercles de plomb sur l'abîme ? Combien ?! Jamais elle n'en avait parlé, jamais elle ne s'en était confiée. La spiritualité...C'était ce lieu précieux et mystérieux qui ne s'ouvrait qu'à Dieu. Alors, sans sa Présence...Qu'en restait il ? Qui pouvait en effleurer la profondeur ?

-Vous vous seriez éveillé dans un monde à votre mesure.

Elle sourit, l'imaginant voguer en une entité angélique, éclatante de quiétude, d'amour envers les vivants de l'autre côté.

-Merci.

Le bol brûlait un peu les doigts mais c'était agréable et réconfortant. Elle but une gorgée, se détournant de nouveau alors qu'il fermait les yeux, le visage vers le ciel. Elle voulait oublier Eli, s'oubliant à contempler les flammes.
Et puis, il jeta ces feuilles dans le feu. Alors qu'elle soufflait sur son thé, elle vit soudain les volutes se métamorphoser, danser dans l'air. Médusée, elle ne réalisa pas de surcroît qu'elle respirait par un coup de volonté du vent, une effluve de cette singulière fumée. Une chose étrange se produisit alors. Elle entendit clairement une voix qui disait «  Viens ! » en un son d'écho qui venait d'ailleurs. Sidérée, elle se tourna vers Valravn, mais celui-ci, subjugué par les arabesques éphémères, ne bougeait plus, admirant l'incandescence. Ils demeurèrent ainsi côte à côte, silencieux, contemplatifs. Enfin, le natif l'interrogea sans détour.

-Oui, j'ai vu…

Un autre silence et puis elle demanda, à peine audible :

-Et vous ? Avez-vous...Entendu ?

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Val
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Lun 11 Avr - 23:29

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




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Elizabeth  Van Sechtelen & A. Valravn Wraith

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Novembre 21



« Oui j’ai vu … Et vous, avez-vous entendu ? »

Qu’ai-je  « entendu » ? Peut-on « entendre » la soif ? la faim ? la peur ? le désarroi ? le désir ? Je n’entends pas... Enfin soyons honnêtes, il m’est arrivé d’entendre, mais il fallait beaucoup plus qu’une pincée d’herbe de vision dans un feu, et la présence bienveillante de sages autrement plus avérés que moi.

Là, dans ce présent qui n’est qu’une volute d’éternité, j’ai perçu une avidité de vivre, une volonté de transcender quelque chose de douloureux. J’ai senti la morsure de son désir, la supplique de son besoin, elle a en elle un souvenir à oublier, non, surtout pas « oublier » car toutes les composantes d’un « souffle de la vie » sont importantes. Disons à « transformer », un, ou plusieurs... Ce n’est pas le nombre qui fait la douleur, mais l’intensité de leur existence.

Je suis parfois surpris. Étonné de la persistance, malgré ce « temps » qui passe et n’est qu’une notion humaine, de certains sentiments ou ressentis. Les esprits communient entre eux, en anglais comme dans la plupart des langues, il est difficile d’employer « spirit » pour désigner ce à quoi je pense, « soul » n’est guère plus parlant...L’un est trop connoté « tribal » et l’autre « religion ». Ce qui compose le monde et donc les êtres n’est ni l’un ni l’autre, c’est une entité libre, volatile, éphémère et éternelle... C’est ce que j’appelle avec les initiés le « souffle ». Cela peut revêtir n’importe quelle forme, rester invisible et inaltérable, volant dans l’air ou nageant dans l’eau, poussière de la terre, sable de roche... ou s’incorporer à un animal ou un humain...

De nouveau, on revient à la genèse, une genèse non biblique. Pas celle où Dieu en sept jours de labeur -repos compris- a crée un monde à son image, mais à celle que raconte mon peuple, et nombre d’autres : à l’origine, tout était semblable, tout était commutable et interchangeable, homme ou animaux pouvaient choisir leur forme et en changer d’un jour à l’autre... Chaque nouvelle aube était un recommencement, les chamanes, les premiers, devenaient souffle de l’air, arbre de la forêt, poisson de l’eau, nuage du ciel... L’apparence n’était qu’un moteur de compréhension, un vecteur de sensation et de connaissance...

Je m’égare. Non, elle va être déçue, ce qu’elle a entendu moi, je ne l’ai que touché.

« Je n’entends pas, pas au sens percevoir un son. Mon corps entier ressent, chacune des cellules qui le composent rend sa version de ce qui a eu lieu, là... »

Puis-je être honnête ? J’ai ressenti en elle une révolte proche de celle que j’ai connu, moi, encore adolescent quand mon père n’a plus été dans ce monde qu’une enveloppe dénuée de vie. Ma mère et ma grand-mère avaient d’abord eu la visite du prêtre de la paroisse, choqué de les voir sacrifier à des rituels impies qui ne pouvaient que déplaire à Dieu... Quel Dieu ?

Dans notre culture, avant qu’elle soit souillée et écrasée par des croyances étrangères à la fois à notre civilisation et à la logique même du Tout, lorsqu'un décès survient dans une maison, tous les habitants du village la vident entièrement et la purifient, par un nettoyage approfondi et des fumigations. Les autres habitants de la maison, doivent se laver avec de l'eau de mer. Le défunt, lui, est placé à l'extérieur de la maison, au sommet d'une colline, à l'arrière de sa demeure, de préférence. Le froid assure sa conservation pendant ce temps-là.

Son corps est normalement entouré d'un linceul en peau de phoque, et de lanières de cuir pour forcer l’esprit à rester avec le cadavre jusqu'à sa sépulture définitive. Nous n’étions pas chasseurs, et trouver des peaux de phoques dans le monde actuel n’est pas aisé, mais nous avions quand même constitué une barrière à fuite d’esprit... Dans une grande toile enduite...

Le village entier vient ensuite disposer autour du mort des objets de la vie quotidienne qui pourront lui être utiles dans l'autre monde, ses armes de chasses ou ustensiles de pêche par exemple pour les hommes, ou aiguilles de couture pour les femmes. Ma grand-mère était chamane, l’une des dernières. Et le malheureux homme de Dieu avait eu le loisir de découvrir combien la « coutume » était vivace. Il avait suffi qu’elle demande pour que l’adolescent que j’étais et un oncle âgé sortent le cadavre de mon père, et que l’ensemble du village vienne répondre à son invitation implicite...

J’ignore si le pasteur a fait un sermon pendant l’office suivant pour mesurer l’énormité de la chose, je n’ai jamais mis les pieds dans son église, mais jamais mon père n’a franchi les portes du cimetière... Nous l’avons emmené, avec des chiens tirant le traineau, et inhumé comme il se doit au fond d’une grotte de glace sous un tumulus de pierres... Il est le seul dont j’ai entendu le souffle, bien des années plus tard, très loin de chez nous, au détour d’une escale dans une contrée que les européens jugeaient « primitive ».

J’avais, à l’occasion de cette perte majeure, ressenti une haine, une colère, une rage que je peinais à canaliser. Une fureur aussi contre ce prêtre qui n’était qu’animé de bonnes intentions et faisait ce que son sacerdoce lui indiquait de faire, contre l’assistante sociale alertée par l’institutrice qui avait tellement insisté pour que je sois « placé » ! J’avais presque quinze ans, j’ai ajouté à ce refus de -ce qui pour eux était-  ma citoyenneté un absentéisme notoire et ai quitté l’école un an plus tard... C’est à ce moment-là que j’ai privilégié le russe que des marins de passage parlaient, à l’anglais quand je ne pouvais pas parler ma langue. Aujourd’hui, en admettant « qu’aujourd’hui » soit le terme adéquat, j’ai dépassé tout cela. Presque. Je tends toujours difficilement mon passeport américain à la Douane, et ne m’y reconnais nullement... Mais j’ai en tout cas compris qu’aucune de ces réactions qui m’avaient parues si déplacées n’avait été causée par du mépris ou de la cruauté, juste, une monstrueuse incompréhension de ce qui constituait mes différences et mon ressenti.

Je souris, revenons à elle. C’est elle ma rencontre de ce jour, elle en qui je sens un état de détresse qui fait remonter ces souvenirs. Pourtant, elle paraît prospère et bien portante ? Combien en elle perçoivent cette multiplicité des pensées et des humeurs ? Elle a fait comme moi pourtant, et avancé sur sa route, cautérisé des plaies ? Peut-être pas suffisamment ?

« Voulez-vous en parler ? »

Le souhaite-t-elle ? Je ne suis qu’un inconnu étrange rencontré en esprit de loup et muté en humain tout aussi... exotique.

La colère est une étape, la rébellion, le refus, le rejet total... Puis, au-delà des brumes du désespoir se lève le jour... Parfois, les yeux sont morts avant de le voir, morts d’avoir trop brûlé de rage et pleuré un chagrin stérile.


Les flammes subjuguent mon regard, elles attisent une curiosité que je me reproche. Mes yeux les suivent, hypnotisés, aimantés par leur beauté. Je reprends dans le sac de toile une poignée d’herbes... Je suis prêt à les lancer à nouveau. Si elle ne veut pas, j’attendrai son départ, si elle veut, celle-là est suffisante pour ouvrir notre âme, mais ni elle ni moi n’irons travailler ce matin... Je répète avec toute la neutralité dont je suis capable.

« Voulez-vous ? »

Je devrais me demander plutôt pourquoi moi je voudrais ? Qu’a-t-elle de plus que les autres pour que je veuille voir en elle, ou plus exactement, l’aider à voir en elle ? Car moi, il est probable que je ne verrai rien de plus, au pire ou au mieux, l’émotion qu’exhalera son esprit prendra le mien au corps et m’occasionnera une douleur que je n’ai pas ressentie depuis longtemps.

Ma mémoire entend ma mère et ma grand-mère chanter la vie et la mort, le début et la fin, mais la vie est-elle le début ou la fin de la mort ? Chez nous, chaque mort donne son nom à un naissant, et se perpétue ainsi à travers les générations... Moi, je suis Amka... Je n’ai pas connu le précédent, mais à ma mort, un autre recevra mon nom qui vivra son temps à son tour... C’est dit-on le moyen qu’a choisi l’éternité pour s’exprimer.


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patrick
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Mar 3 Mai - 22:28
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Elizabeth Van Sechtelen
J'ai 28 ans et je vis à Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors avec un sentiment d'exil. Grâce à ma passion, je suis célibataire et je le vis sans y penser..


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Regarde la nuit s’enfuir, mon âme part avec elle ! O-dann10

The way

Elle était « tombée » sur un « connecté », « tombée » sur une hauteur qu'elle n'atteindra jamais car elle n'en n'était pas. Elle sourit immensément à sa réponse, réalisant tout à coup la dimension d'injustesse avec laquelle elle a vécu jusqu'à présent. Comment a-t-elle pu s'enfermer à ce point entre les pages d'une expertise trop codée et finalement, tant fermée ? « Haut Potentiel Émotionnel », de fait, face aux connaissances et aux presciences de cet homme, ça ne voulait rien dire, c'en était risible. Et pourquoi « haut » ? Il n'y avait rien de « haut » là-dedans, au contraire, il s'agissait des racines basses des émotions humaines.

Sourcils froncés, curieuse, Eli tenta de saisir dans son intensité le « comment » il percevait. Un instant, elle ferma les yeux, se mit à sa place si gauchement, si maladroitement. Ressentir la vision à travers le corps...Quel mystère, quelle merveille ! Elle s'en va la fille trop sensible, elle essaie de faire voyager son esprit sur un autre plan, de le rejoindre, quelque part. Mais peine perdue, elle n'y parviendra pas, l'acceptant humblement. Elle ne possédait ni sa culture, ni ses traditions encore moins son Savoir. Son essence se résumait aux émotions, aux ressentis. Le reste...elle ne savait pas, ne savait rien, mais assoiffée, affamée d'absolu, se risquait malgré tout à le comprendre, à comprendre.

Tant de véracité scellée dans une humilité parfaite, juste par quelques mots si simples. Elle l'admira, l'aurait vénéré s'il lui avait été donné de l'expérimenter dans une autre vie. Une existence en osmose avec la Nature, les esprits, les animaux, de toutes choses en ce monde, vibrantes à l'unisson de leur propre énergie. Quelques rares fois, clandestines et secrètes, sur une bouffée incontrôlable, elle enlaçait tout à coup un arbre, embrassait son écorce. Un éclat de minutes de grâce, de communication incompréhensible, offerte, parce que soudain, sans savoir pourquoi, elle crevait d'un besoin viscéral de ressentir avec le végétal. il lui semblait que l'entité  l'accueillait, brisant l'exil. Ça ne durait pas, c'était fugace et envahissant à la fois mais le lien se matérialisait comme une étoile filante, à la fois accessible et inatteignable. Une onde contradictoire mais harmonieuse qui passait et trépassait.

Elle envia son « Être », tendrement, avec cette affection pleine et entière, jaillissante, spontanée. Valravn, une belle et grande âme que l'on pouvait ne pas remarquer. Le Bien ne faisait pas de bruit n'est-il pas...Le hasard d'une balade d'aurore...Cela aurait pu ne pas être mais cela « EST ».

Sans doute fut-ce une générosité du Temps, de l'Espace, de la Couleur de leur partage improbable mais un sentiment étrange lui parcourut l'échine, là, juste au seuil des crépitements du bois brûlé. Quelque chose de plus grand, de plus beau, avait provoqué cette rencontre destinée. La petite voix, cette intuition de malade qui la guidait depuis son origine, lui chuchota au cœur la puissance d'une conviction intrinsèque. Se perdre sur le chemin pour se trouver ou se re-trouver.

«  Valravn, dis lui, dis lui qui tu es...Où l'emmènes tu ? »


Il sait, et elle sait qu'il sait. Elle en frissonna, subjuguée. Mais comme il était difficile de s' avancer là. Se quitter pour se dépouiller, s'aimer pour se révéler, s'agenouiller pour communier.

-Vouloir m'est facile mais pouvoir…

À peine un murmure. Cette grosse merde avait été triée et jetée au fond d'un puits d'abysses claustrales. Ne jamais le réveiller ce bout d'âme martyrisé.

Un inconnu qu'elle ne reverra pas, plus, embué à un souvenir qu'elle nourrira avec amour, joliment enraciné dans ses jardins secrets. Un de plus, unique, précieux. Elle se réjouit de l'image soudaine. Elle est vieille, marquée définitivement par le Temps, solitaire. Ses yeux sont noyés par d'autres flammes tout aussi joyeuses et chaleureuses que celles du présent, elle n'a pas oublié Valravn, Valravn le Loup, Valravn l'Extraordinaire, empli de Lumière. Elle a oublié son visage mais pas les sensations, ni les émotions, ni le scintillement de son aura.

Délicieusement envahie par sa mémoire, tout est là, tout sera là, intact, jusqu'à sa fin.

Elle était comme ça Eli, oracle d'un futur qu'elle construisait sans le vouloir, nourri par les intensités, les affections, les passions, les sentiments, les ressentis...emmagasinés au gré des rencontres et des vies. Et l'antre d'un cœur battait au rythme de l'infinité somptueuse d'une rencontre gravée, scellée.

Le regard détaché du feu, elle le posa sur lui. Il souriait à un inaccessible incandescent que lui seul pouvait présager, du moins fut-ce ainsi qu'elle interpréta son expression envoûtée. La main dans le sac, il allait jeter de nouveau une poignée d'herbes. Qu'il agisse comme il le souhaitait, libre et érudit de ses richesses intrinsèques. Mais il eut cette délicatesse insondable qui la fit chavirer. Un messager, un gardien, un initié, un voyageur...se penchait…. Qui était elle pour oser refuser l'invitation d'une telle quintessence?

Un appel.


-Oui.
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