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LE TEMPS D'UN RP

Charybde en Scylla

Val
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Val
Ven 22 Juil - 9:09
Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.    
A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.  


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CHARYBDE EN SCYLLA



Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Janvier 2022

  Charybde en Scylla - Page 3 Ms1010 Charybde en Scylla - Page 3 Alissa10  

«  Val...Il m'a parlé...Ils m'ont parlé... Ramène...moi... Ramène...moi... Là-bas... Je t'en supplie... Ra-mène moi...Là-bas... »

Je n'ai plus de place pour la colère, et c'est parfait. Je ne me débats plus contre « l'âme soeur », à quoi bon, chaque destinée est écrite, chaque naissance t'apporte la vie que tu dois vivre, tous les remous que tu crées ne sont que pour toi, le Tout lui est immuable et continue son chemin, comme un torrent tumultueux à la surface duquel tu tenterais de faire des ronds avec un caillou lancé. Aussi grande soit ton adresse, le courant tuera les ronds de tes ricochets, la vie est une et indivisible...

« Je ne peux ramener que les morts... Et tu es vivante ».

Je suis au bord de l'épuisement, mais ma voix est ferme et calme, je lui parle comme on parle à un très jeune enfant encore balbutiant et impérieux, une âme pas totalement revenue et qui peine à incorporer son nouveau corps... J'ai un sourire las sur les lèvres, et mes yeux bien que douloureux brillent de la fierté que ressent tout adulte devant une naissance... Car c'est ainsi que je la vois, j'ai mis au monde une âme prisonnière des ténèbres, et comme toute mère- et père – les récits de nos anciens ne sont pas toujours très fermes quant au genre des individus... Je suis avant tout fier et heureux...

Elle est toujours aussi exaltée, et j'en souris derechef. Ardente dans la rage et la destruction comme dans l'espoir et la renaissance... Est-ce pour cela qu'on me l'a donnée ? Est-elle cette part d'enthousiasme et de folie que j'ai remisé sous un semblant de sagesse ?

« Il m'a parlé »... Donc elle a le don. Probablement enfoui sous un fatras de sensations et sentiments extrêmes, à demi tué par ses errements, par ses doutes, sa souffrance, tout ce que j'ai senti d'autant plus qu'elle est paraît-il plus que les autres ma « soeur » en cette vie.

Pour meubler notre tête à tête autant que pour être utile, je vais chercher dans le sac qui me suit partout de petites pochettes en tissu remplies d'herbes et choisis avec soin. Partout où je passe, glaner auprès des rares initiés restants le savoir des plantes propres à une région est une de mes priorités. Les herbes contrairement aux hommes changent d'une contrée à l'autre, et trouver sur place de quoi soigner est impératif. Je sélectionne un cicatrisant, un anti-douleur, un anti-hémorragique, mélange le tout à en faire une pâte souple, et l'applique sur celles de ses blessures qui sont les plus problématiques. Le bec du corbeau a entaillé profond et j'en suis autant surpris que navré. Mais que pouvais-je faire d'autre ? Si je n'étais pas resté hybride j'aurais pu la prendre dans mes serres, encore que celles d'un corvidé ne soient guère propres à une traction prolongée, mais je n'étais corbeau qu'à demi, juste assez pour voler et nous ramener...

« Les esprits viennent à toi, tu n'as pas besoin d'y retourner pour l'entendre à nouveau, il te faut juste chercher au plus profond de ton être et l'appeler, il te guidera si tu le souhaites... ».

Je réussis à faire abstraction de ce prétendu lien ! Prétendu ! Valravn... Tu sais bien qu'il n'a rien d'une légende même si tu voudrais tant le croire. Je m'oblige à le voir comme une relation privilégiée, comme le serait une amitié profonde.

Qu'a-t-elle vu exactement ? Quand je guide un esprit, je mets généralement un point d'honneur à n'être pas intrusif et ne demande rien, sauf s'il y a des questions et qu'il me faut des explications pour pouvoir y répondre, mais... Elle est elle. Elle est celle que le Tout semble-t-il m'a destiné ? Elle a en elle comme un don inexploité, l'ai-je rencontrée parce que nous devions nous « compléter » autrement que comme la plupart des humains le penseraient ? Est-elle celle qui doit partager non ma couche -curieusement moi qui fais si facilement don de mon corps je ne parviens pas à l'envisager- mais mon savoir et ma quête ? J'aurais imaginé un esprit plus jeune, qui me survivrait assez pour à son tour enseigner un long moment ? Mais après tout, que sais-je du devenir d'un esprit ? Je sens éventuellement la mort toute proche, mais suis bien incapable de dire comme les voyantes de foire « Tu vivras une existence longue et heureuse, et trouvera le repos à l'âge de … » Cela, ce sont des balivernes qu'aiment entendre les pseudo-mystiques, le Tout ne livre rien, que ferait, que serait une âme qui connaît son avenir ? Je chasse toutes ces idées brouillonnes et dénuées de fondement et m'occupe de mes blessures. Si j'ai fortement entaillé sa chair, jusqu'à l'os, son félin ne m'a guère épargné... J'ai la marque de ses griffes et de ses crocs un peu partout, nous nous sommes battus... comme chat et chien...

J'ai un sourire à nouveau, malgré nous nous avons fait un pacte de sang. J'ai versé le sien et elle a versé le mien ! Nous l'avons même bu, en nous léchant, avant de  nous lier d'âme à travers Anguta et Akna.

Je sens ses yeux sur moi, elle veut partager ce qui lui semble merveilleux ! Je sais que ça l'est, pour tous la première communication avec EUX comme elle dit, est magnifique. Pour elle qui était enveloppée d'un linceul de souffrance, peut-être plus encore ? Cela, je l'ignore, mais je sais une chose, si les esprits vivent parce qu'ils pensent, parfois, les corps ont besoin d'un long et profond repos. Nous devons tous les deux récupérer, les discussions philosophiques et ésotériques attendront... Si j'en crois ce que je pense de notre relation obligée, nous aurons... l'éternité de cette vie pour discuter ? Car là où elle sera je serai tenté d'aller, et là où je demeure elle se sentira attirée ?

Je ne peux pas dire que cela me comble d'autant de bonheur que son retour à la vie, mais pour une fois, je suis fataliste. La fatigue doit m'aider, je ne perds pas espoir, tout est écrit et tout a un sens, bien que souvent incompréhensible pour nous. Le monde lui, sait ce qu'il fait.

Ayons confiance.


Charybde en Scylla - Page 3 Feu20c10



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Ven 22 Juil - 23:27
Charybde en Scylla - Page 3 Origin10
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla - Page 3 Screen11




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Amen

Spoiler:

Quand la Mort se donne, elle façonne et résonne.
Versatile assassine.

***

Laisse la Terre prendre soin de toi.
Ne repousse plus ce qui te caresse sans bruit,  
Accueille la douceur qui coule sur ton cœur.
Laisse le Ciel prendre soin de toi.
Respire le souffle qui t'insuffle la Vie.
Savoure les étoiles qui t’embrassent...Écoute les murmures de leurs voyages...


Piètres mots réduits à leur sens humain : tout cela se mouvait en elle, rampait, s'agenouillait, tourbillonnait, s’immisçait.  Indescriptible. Immense.

Mary se baignait et flottait. Là. Maintenant. Près de Lui. Sa présence, miraculeusement, la rassurait. Elle le regardait simplement, anéantie, ressuscitée, apaisée.

-Vivante ? Crois-tu ? Je me sens...bizarre, je ne sais pas...ce qui se passe...C'est comme si...comme si...

Ses poumons se soulevaient avec rapidité, comme s'ils cherchaient dans leur inspiration à lui souffler les réponses.

-...je...je n'avais mal que dans mon corps...

Ne plus voir l'impossible qui la consumait, méchamment ardent? Ses paupières se fermèrent, brûlantes.

-Ce n'est pas possible...Ce n'est pas possible...

Brusquement, la réalité, sublime, terrible, lui martela les neurones comme un marteau piqueur.

-Et ce serait...C'est TOI mon âme sœur ? Mais je n'y...croyais pas, pas pour moi mais pour les autres...Je ne voulais pas...Pourquoi tu souris ?

Elle posa maladroitement ses mains contre ses tempes alors qu'il s'éloignait, murmurant pour elle-même:

-Je suis malade...cinglée...oui, c'est ça...je suis cinglée...

L'idée lui offrit une certaine sérénité, le temps que le natif revienne. Le contact de l'onguent la fit gémir de douleur puis son esprit se concentra davantage sur la voix paisible. Elle sut d'instinct qu'il disait vrai.

-...Au plus profond...Et risquer de m'y perdre...?

Elle se mit à sourire à son tour. Pourquoi pas, après tout ?

-Ne demande jamais ton chemin à celui qui sait. Tu pourrais ne pas te perdre...*

Elle arrêta son geste soudain, saisissant son poignet entre ses doigts, relevant la tête, fervente:

-Je n'y arriverais pas seule Val et j'ai peur, j'ai peur de ce qui m'arrive...Ne me laisse pas, ne m'abandonne pas, s'il te plaît...S'il te plaît...

Elle se laissa retomber lourdement, bouleversée. Elle avait longtemps habité si peu, presque rien...

Elle eut un sursaut. L'agonie de l'avant. Se tourna un peu sur le côté afin de se soustraire autant que faire ce peu à sa vue et cracha du bout des dents :

-Va t-en...va t-en...

Incapable de lutter, des siècles de chagrins se pressaient au bord de ses lèvres, de ses yeux. La puissante marée montait, montait...Le poing sur la bouche, elle la sentait grenouiller dans ses entrailles, tentait de la refouler. Pas ici, pas maintenant! Pas avec lui!

-Anguta, aide moi...

Elle se recroquevilla comme elle put malgré ses blessures, rentra en elle comme un escargot au soleil, appelant la vision vibrante dans sa mémoire.

Quand la Vie se donne, elle façonne et résonne.
Ruisselant éveil.

*S.Bernard-Dupré
Val
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Val
Mar 2 Aoû - 14:13
Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.    
A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.  


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CHARYBDE EN SCYLLA



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Janvier 2022

  Charybde en Scylla - Page 3 Ms1010 Charybde en Scylla - Page 3 Alissa10  



« Vivante ? Crois-tu ? Je me sens...bizarre, je ne sais pas...ce qui se passe...C'est comme si...comme si... je...je n'avais mal que dans mon corps... »

En bon garçon pragmatique je serais tenté de répondre que « mal dans son corps » c'est déjà trop de douleur, mais j'ai « senti » son âme, j'ai été submergé par cette noirceur qu'elle abritait et qui annihilait en elle la volonté de vivre, de survivre... Alors je comprends. Je ne sais pas mettre les mots, mais mon cœur partage sa surprise... A ceci près que si ELLE ne semble pas encore savoir si c'est un bien ou un mal, moi, j'adresse louanges et remerciements sincères à Anguta, Akna, et le Tout dans son entièreté pour cette évolution.

Plus le danger paraît s'éloigner plus je prends la mesure de l'épuisement qui est mien. Je lui ai accordé la priorité, chez moi c'est normal, « âme sœur » ou pas, les autres passent avant moi, je ne suis pas venu au monde pour me cajoler, mais pour trouver une utilité et le faire progresser dans le bon sens.

« Je suis malade...cinglée...oui, c'est ça...je suis cinglée...»

Mes lèvres s'ornent d'un sourire fatigué... Si c'est ce dont elle a besoin pour intérioriser la chose, soit, elle l'est... comme nous le sommes tous ? Quel être dans cet univers est raison pure ? Aucun ! Il faut une part de folie, de démesure, d'espoir exagéré, de rêves inassouvis, pour simplement ETRE. Sans tout cela, nous sommes des enveloppes sans la moindre existence, juste des agrégats de matière brute, nous n'avons d'autre justification que de permettre -peut-être- la survivance des atomes qui nous constituent, protégés par la masse que représente un corps ? Les particules du Souffle trouveraient bien d'autres moyens de perdurer, si les êtres vivants prennent vie, c'est pour être plus que cela.

Je laisse donc dire... D'abord parce que ça n'est pas faux, ensuite parce qu'elle se l'est dit à elle-même, et enfin parce que j'avoue que répondre me devient difficile.

« Je n'y arriverais pas seule Val et j'ai peur, j'ai peur de ce qui m'arrive...Ne me laisse pas, ne m'abandonne pas, s'il te plaît ! »

puis...

« Va t-en...va t-en...»

Attendre...

Ma grand-mère disait dans notre langue maternelle une chose qu'on retrouve partout : Amka, l'Amical, laisse du temps au temps... Oui. Laissons les idées s'installer, prendre forme, force, laissons maturer tout cela... elle a besoin de se découvrir, de trouver la place qui lui avait été ravie. Moi aussi j'ai besoin...

Je la laisse à ses errements, à ses délires... Que puis-je faire de plus ? À part comme elle l'a demandé rester ? Être présent, lui tenir la main, au sens propre et au sens figuré, pour qu'elle termine son arrivée dans ce monde... Sa véritable naissance...

Elle me fait sourire... Je lui ai présenté Anguta... Elle le voit comme ils immortalisent leurs dieux, leur ? Dieu ? Ils le disent unique je crois ? Et du Père qu'ils ne représentent pas, ils sont passés au fils dont ils ne semblent pas comprendre le côté dérangeant pour d'autres cultures ? Poser partout des statues d'un homme mort assassiné après une trahison parce qu'il refusait de se soumettre aux diktats d'une culture d'occupation de son sol ? Et ne transmettait pas comme il faut le message élitiste de sa culture d'origine ? Quand j'ai découvert le christianisme, j'avoue qu'en petit-fils de chamane animiste j'ai eu peine à adhérer... Pour moi, ils glorifient la mort d'un martyre instrumentalisé ? Elle lui a substitué Anguta... Comment se le représente-t-elle ? Je serais curieux de le savoir.

Mais Anguta, intangible parmi tous, Seigneur de la mort et du renouveau puisqu'il accueille les âmes en … transition... est un bon vecteur pour son nouveau départ.

Je lui donne une tisane qui la fera dormir. J'ai choisi les plantes les moins susceptibles de lui donner rêves ou cauchemars... Mais il faut après les soins physiques qu'elle a reçu qu'elle arrive à amoindrir le flot tumultueux de ses pensées et interrogations...

Je la regarde s'endormir, sa main au creux des miennes...

Quand la Vie se donne, elle façonne et résonne.
Ruisselant éveil.


Je guette, prêt à intervenir au moindre sursaut dans son sommeil... Puis sombre à mon tour, avalant moi aussi une large goulée d'élixir d'oubli... Pour qu'elle renaisse, je dois faire peau neuve... Je ne suis plus le loup nommé d'un nom d'oiseau, je suis un être à double totem. Le seul que j'ai été amené à rencontrer, je dois moi accueillir l'esprit du corbeau et le réconcilier avec celui du loup... Je dois... ouvrir mon souffle à la dualité, et apprendre l'humilité de l'ignorance, pour me redécouvrir.

Mes yeux se ferment, assis sur le vieux fauteuil à bascule près du lit, je sombre lentement dans un sommeil réparateur...


Charybde en Scylla - Page 3 10863410



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Les "dieux" inuits, depuis le temps qu'on les cite:


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Sam 6 Aoû - 16:47
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Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

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Fillette, elle avait longtemps cru que lorsqu'un enfant faisait une bêtise, du bruit, qu'il salissait son vêtement, perdait son doudou etc, il méritait une sanction. Toutes ces choses imparfaites et récurrentes imposaient d'être punies n'est-il pas. Mary avait beau faire de son mieux, elle possédait le don d'être mauvaise. Elle était convaincue d'être née ainsi, coincée entre un sortilège maudit et un père parfait. Lui seul savait ce qui était bon pour elle et les châtiments en faisaient partie. La gosse se laissait battre comme il faut parce que c'était elle la fautive. Un jour, elle avait fait tomber une fourchette sur le marbre précieux. Le bruit, atroce, avait empli la pièce de part en part, écharpant le silence qu'il fallait maintenir pendant les repas familiaux. Le maître des lieux s'était essuyé les lèvres avec application, avait posé sa serviette soigneusement pliée, le regard embrasé soudain. Elle s'était alors levée de sa chaise, avait ramassé ladite fourchette, - à gauche de l'assiette-, les dents sur la nappe blanche. Juchée sur la pointe des pieds, le bras tendu, elle avait décroché le fouet pendu au mur de la cuisine. Elle y croyait dur comme fer, la gosse, qu'elle ne méritait pas de vivre.

Bien plus tard, à force d'entendre des conversations, « mon père m'a emmené au ciné, ma mère ceci-cela, c'était mon anniv, mes parents m'ont offert... » elle avait fini par réaliser que sa situation n'avait rien de « normale ». En particulier, quand cette association de lutte contre la maltraitance avait débattu quelques heures au sein de l'école après une présentation qui l'avait mise très mal à l'aise. Le contenu de leurs propos étalait sans pudeur son intimité familiale, bordel ! Ben tiens, comment pouvaient-ils savoir ce qui se passait chez elle ces crétins?! Mais le doute, semé en secret, s'était dilaté petit à petit. Sa conscience avait fini par se réveiller, réussissant à prendre un peu de recul. Mais cela suffit : de victime consentie elle se métamorphosa lentement mais surement en bourrelle vengeresse. Ça se creusait en elle, comme une pelle dans une tombe. La haine fut sa sauvegarde et sa perdition, le dégoût des autres son rivage, et sa propre détestation ses remparts. Elle sur-vivait dans un nid d'aigle impénétrable ayant trouvé, d'une pitoyable manière, une espèce d'équilibre dans le malheur. Après tout, qui s'en souciait ? Qu'est-ce que ça pouvait bien foutre !

Mary, incapable d'aimer, -logique implacable-, encore moins de se laisser aimer s'était prise en pleine gueule l'effleurement de l'âme sœur croisée sur le pas de la porte de ce satané restaurant. Cette merde avait chamboulé tout un système si laborieusement construit ! Elle en avait mal géré l'impact, voire pas du tout,  engloutie dans un gavage qui l'enfonçait. Elle en avait eu mal au cœur, mal au corps, mal partout ! Être pilo, fumailler n'y avait rien changé. Ce truc était toujours là,  scellé en elle dans une effroyable éternité.

Mais , suicidée refusée, échouée sur un lit sommaire, blessée, dépendante, l'Autre la rassurait, l'apaisait, la comblait rien que par sa présence. Qu'avait-il dit Amour ? « ...Je te remets ce qui a été honni à ton commencement. » Ce n'était donc pas de sa faute, finalement, d'être née et d'avoir grandie au cœur d'un désert sans cœur!

Rien ne changeait mais tout se modifiait. Mary demeurerait Mary, mais désormais, une nouvelle ivraie, bienfaisante, contradictoire, rebelle, révolutionnaire, l'enchâssait. Il avait été nécessaire, salutaire, qu'elle se trouve à fleur de l'au-delà, pour accepter. La Mort n'en avait pas voulue, il lui faudra dorénavant apprivoiser une résurrection, dans tous les sens du terme.

Elle n'attendait rien, subissait son état et ses états d'âme, intrinsèquement rompue à la solitude. En conséquence, elle sursauta de surprise -mais non plus de répulsion- lorsqu'il lui prit la main. D'emblée, la marée des larmes s'amenuisa, se tarit. Puis dans la foulée, elle sentit, littéralement, une sorte de « courant » qui se diffusait au travers de ses doigts, ses paumes. Ça remonta doucement sur ses poignets, ses bras, ses épaules, sa tête. La « charge », tiède, descendit sur sa poitrine, son ventre, ses jambes, ses pieds. Oh l'étrange et délicieuse perception !  Elle laissa faire, s'emplit de cette « énergie », reliée à Valvarn mais aussi à la Terre, au Ciel. Il n'y avait pas de fin, pas de commencement. Elle s'éprouvait, femme et panthère, liée et reliée à l'homme, au loup, à l'univers.

DIS TA FOUTUE VÉRITÉ !:

L'ultime bastion auquel elle se raccrochera...maigrement. Un bout de sa vérité... ? Lui montrer ça, sourire aux lèvres afin de noyer des siècles de sanglots secs. Elle demeurera parfaitement muette car il n'y aura rien à dire, juste à constater. S'il part, écœuré ou n'importe quoi d'autre, elle ne fera rien pour le retenir. RIEN.

Se dire ? Un acte avec lequel elle n'avait jamais, ô grand jamais, choisi de sombrer. Se dévêtir de l'intérieur en pleine lumière face à son regard, son jugement, face à LUI tout simplement, révèlera son chant du cygne, la fin d'une guerre sordide. Un dernier combat avant de rendre totalement les armes. Elle ne pourra pas s'en empêcher, malgré le Tout, la Non-Aimée. Et il avait beau montrer sa noblesse d'âme, ses savoirs et tutti quanti, Val le Sorcier serait comme les autres, il aurait un avis, un ressenti. Et elle, elle saura.

Elle but l'infusion machinalement. La chaleur suave se diffusa tranquillement mais avant de s'endormir, elle le vit s'assoir et dans un élan de tendresse, lova sa pogne dans la sienne comme un oisillon dans son nid.


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Lun 22 Aoû - 12:09
Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.    
A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.  


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CHARYBDE EN SCYLLA

Mary & Valravn (Amka)

Janvier 2022












Mon premier « Maître », ne l'entendez pas comme mon supérieur ou celui qui ordonne, le Tout s'offre par la voix de ceux qui le perçoivent, et devenir maître n'est qu'aider à LE sentir mieux... Mon premier guide donc, vieil homme de ma fratrie chargé d'âge me disait  « Celui qui sait et sent doit se tenir au bord de la route... Accepter, ne surtout pas juger, et ne pas intérioriser... Tu es le témoin, le vecteur, la douleur, la maladie, la souffrance, doivent t'utiliser pour quitter un corps et un Souffle, la joie, le bonheur, le plaisir pour y entrer... » Je me suis astreint à m'ouvrir en me fermant... C'est difficile, entendre, voir, sentir, comprendre, sans... partager. Il avait raison, l'empathie poussée à l'extrême ne peut que t'entraîner dans une spirale de ressentis et te priver de ton utilité. Mais... ne suis-je donc qu'un être « utile » ? Ne pourrais-je être un frère, un amant, j'ai été fils ? Petit-fils ?

Il est difficile d'accompagner, en se bardant de piques pour que -ce que ta main effleure- ne t'envahisse pas, afin qu'en se servant de ta présence, celui ou celle que tu tiens -sa pensée comme son corps- ne vienne pas s'abîmer en toi.

Quand nous nous sommes battus, j'ai déjà reçu en plein cœur des horreurs. Elle me les destinait, me le jetait à l'âme comme on balance un pavé à la figure dans un combat de rue. Cela fleurait bon le vécu, mais était si intense qu'elle aurait pu -dans son vouloir de salir et blesser- le... remodeler ? Pour m'atteindre plus sûrement ? Je ne pouvais avoir la certitude de la véracité de ce que je percevais !

Là...

Là, je sens les pleurs d'un Souffle naissant ?
Là, je perçois des regrets et des espoirs ?
Là, je dois de toute urgence me muer en miroir, pour que ce qui me heurte soit compris mais aussi rejeté au loin par un biais d'optique... Elle, non nous, devons regarder son ressenti, sa cassure, et la laisser cicatriser ? Je lui dois de faire cela, non parce qu'elle est moi, que je suis elle, mais parce que comme moi elle est part du Tout ?

Mais elle est MOI.

Parce qu'elle est moi, à la violence qu'elle me suggère vient se mêler la mienne... Elle exorcise ses peurs et ses maux... Je ne vois pas, mais j'ai mal à mon âme et à mon cœur, je sens le désamour, la volonté de nuire, la soumission, le questionnement, la rancœur, la haine... tout un assemblage qui naît d'une prise de conscience et d'un sentiment d'injustice, d'incompréhension, jusqu'à devenir une armure qui repousse tout, la bienveillance comme la malfaisance, les caresses comme la maltraitance... Moi en retour je lui renvois un garçon de quatorze ans ? Son cœur est tellement stone qu'il pourrait être réellement de pierre ! Je sens l'inutile et insultante présence d'un prêtre qui veut inhumer mon père comme n'importe quelle ouaille de son église dont il n'était pas... Parce que ça ne peut être autrement ? Comment rencontrerait-il Dieu et se ferait-il pardonner d'avoir été incroyant ?! Je vois cette femme, blonde, impeccablement coiffée -pourquoi sa coiffure élaborée en chignon scotché par la laque m'a-t-elle tant marquée-  qui veut m'enlever aux miens parce que sans le père que vais-je devenir ? Avec son salaire déjà nous étions pauvres ! Je sens … oui... je sens la haine me déchirer ! Une fureur égale à la sienne, elle s'insurge contre ce qu'on lui a fait subir, moi contre ce qu'on envisage pour moi ! Je me vois saisir une lourde pierre de soin, datant des ancêtres des ancêtres de l'aïeule qui assiste en silence à l'énoncé de toutes les raisons d'un placement indispensable en famille d'accueil... Et je réentends sa voix, calme, rauque et douce...

« Amka, suis la route, ne t'arrête pas, ferme-toi au mal qui rode, écoute... Le temps n'est pas, l'espace n'est pas... Au commencement du monde Amka... »

Au commencement du monde Ancêtre, personne n'arrachait les enfants à leur clan ! Personne ne pensait avoir raison en tout ! Mais oui, j'ai reposé l'arme dont je comptais me servir pour fracasser avec son crâne les inepties qu'elle assénait -elle- sans tenir compte des bleus qu'elle me faisait et de mon deuil encore mal admis ! J'ai rejoint le Tout, le temps pour ma mère et l'aïeule de refuser la proposition, en y mettant toutes les formes voulues, pour que la blonde reparte en notant dans son rapport « la famille refuse le placement et l'enfant semble y être opposé ! » De cet épisode, j'ai gardé la haine de mon « pays », de la nation américaine dans son ensemble et dois me faire violence pour accepter une main tendue...

Ressent-elle aussi la rage qui émane de ce souvenir ? Suis-je en train non de lui permettre dévacuer ses craintes et son dégoût mais de lui faire simplement échanger nos plaies ? Elle gagnerait au change je pense, je n'ai pas eu tant de blessures dans ma vie, des peines, des regrets infimes, mais dans l'ensemble, rien qui ressemble à cette vague monstrueuse qu'elle laisse s'écouler, comme un flot de fureur...

« Amka, suis la route, ne t'arrête pas, ferme-toi au mal qui rode, écoute... Le temps n'est pas, l'espace n'est pas... Au commencement du monde Amka... »

Je suis la route Ancêtre ! J'ouvre mon cœur et déploie le miroir qui permettra de repousser un peu, et encore un peu toutes ces scories que le fleuve de la vie dépose parfois, et qui en trop grand nombre non seulement ne fertilise pas mais étouffe ce que tu sèmes dans le terreau de l'existence...

Je laisse venir à moi, j'ai fait assez de vide pour comme le disait mon Maître, être le témoin, je ne juge pas, je ne prends pas parti, je ne m'immisce pas... Il y a des travaux qu'on peut faire accompagné, mais pas ensemble, c'est elle qui peut chasser et transformer ce qu'elle a connu, elle peut seule faire que le mauvais devienne bon, c'est une alchimie compliquée, mais bénéfique... Moi, qu'elle soit ou non mon âme sœur, là, je ne suis qu'un réceptacle qui l'aide à moins sentir le poids de sa charge, une sorte de consigne de gare, où tu déposes le temps d'un instant un chargement pour ensuite le reprendre et en user...

Je tends mon corps et mon âme, les esprits autour de nous bruissent, ceux de la nature, ceux des hommes et des animaux, vivants... et morts !

Un autre travail sera nécessaire, plus tard, beaucoup plus tard, et bien plus ardu encore. Ce que les chrétiens appellent « le pardon », tant que ce qui reste de son bourreau sentira sa rancune, lui ne sera pas apaisé, et pourra encore interagir... Mais cela je le sais, est bien plus compliqué encore que de se retrouver soi-même. Moi, je m'y essaie depuis presque vingt ans, et pourtant, je n'ai pas de visage à mettre sur ma souffrance, juste une entité abstraite qui se  nomme Etats-Unis d'Amérique...

Puisse Anguta l'aider, et interférer en sa faveur... Puisse le tout lui apporter le repos à défaut du sommeil éternel...

Je t'assure « Femme », il n'est pas temps ! Tu as encore à gagner la quiétude... Aucun Souffle ne passe dans l'autre royaume plein de haine et de rage, de peine ou de remords... Ces souffles là deviennent des tuurngait semeurs d'embûches, aigris et rancuniers d'avoir raté leur départ...

En elle, je sens une trop belle âme pour lui souhaiter cet avenir... Reste Femme ! Âme qu'à mon plus grand déplaisir le Tout à souhaité me lier... Je serai là, où que tu ailles, fidèle à mon principe de servir la vie... comme la mort.

Je ne saurais mieux dire:

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Les "dieux" inuits, depuis le temps qu'on les cite:


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Lun 29 Aoû - 12:27
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Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

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Il était celui qui l'empêchait de se suffire


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Des heures coulèrent le long des jours et des nuits. Ils ne se parlaient que pour le strict nécessaire. Le quotidien s'imposait : soigner les blessures de la rescapée, se nourrir, se chauffer, dormir...Le mode de vie dépouillé de Valravn accompagnait celui de Mary imposé par les derniers évènements et ce, dans l'humilité d'une situation qu'aucun n'avait choisie. Le cheval se reposait et récupérait. L'hiver recouvrait les plaines et les bois. Enveloppée de paisible et du blanc de la neige, la caravane surgissait sur le relief, fier refuge contre le froid.

Dans sa tête, c'était l'ouragan.

Une trentaine d'années, presque deux mille semaines, un bout de vie. La sensation de se faufiler entre des murs, sans lumière, sans air, sans issue et avec...Personne, le méchant fantôme. Et le Temps ricanait. Certaines portes ne s'étaient jamais ouvertes. Jamais. Au début, elle avait bien tenté de les ouvrir ou plutôt...de les entrouvrir. Juste les entrouvrir. Cela aurait peut-être suffit ? Elle s’en serait contentée en tous cas, aurait espéré vivre l’indicible joie de découvrir -et comprendre- tout un autre univers qui se tapissait là, derrière. Elle devinait qu'autre chose palpitait au-delà des portes. Au final, elle n’en percevait que des miettes. Beaucoup étaient faites de sentiments purs, nobles, précieux. D’autres, sombres, noirs, se mouvaient brusquement et délivraient un poison mortel qu'elle absorbait comme une éponge. Elle aimait tant se sentir imbibée du Mal. Il ne trahissait pas, lui.

Elle avait ainsi continué, inexorable, à s'abîmer, à survivre. L’élixir toxique de la désespérance et de l'indifférence s’insinuaient, immuables, fidèles.

Un soir de grâce miraculeuse, elle avait craqué, déversé son trop plein, dénoncé sa souffrance. Son corps avait tremblé, -10 sur l'échelle de Richter-. Devant la Porte Fermée, elle osa dire : « s’il te plaît, ouvre-moi ! Écoute, j’ai quelque chose à te dire ! ». Elle toqua d’abord doucement, puis de plus en plus fort. Cria, hurla, supplia, sanglota. Une acharnée...L'Espoir, vous savez ?! Ses poings pleuvaient sur le bois dur mais de l’autre côté, le silence foudroyait. Enfin presque, car il y eut un gros soupir bruyant et agacé qui creva l'air : "quelle chieuse !" L'haleine poussive ceinte de la puissance dévastatrice d'une lame de couteau reçue en plein cœur, qui touille et retouille dans les ventricules. Mue par le choc, elle s'était affaissée comme une poupée molle. Mains et âme en sang, ce soir-là, elle rendit les armes, se tut et commença à s’enfuir, à se fuir.

À genoux.

Un dégoût sordide l'effaça. Elle perdit la capacité à oublier, à pardonner.
Puis vint la sensation nouvelle, enivrante, de se perdre soi-même, de mourir à l’intérieur. Elle se dit adieu, adieu aux autres, adieu à ce qu’elle aurait aimé être et vivre. Et de traîner lourdement son poids mort. Jusqu'à ce carrefour de non-retour...

Anguta. Amour. Pardon. Bienveillance. Valravn.

Mary dort, se repose, rêve.

Une cour de récréation.

L'espace lui semble immense, au loin, des champs. Un horizon qu'elle contemple quelques secondes. Isolée face à la plaine dont les couleurs agrestes ondulent au souffle d'une vent léger, elle déploie ses ailes et s'envole. Des vagues invisibles caressent les herbes hautes, ressemblant à un gros serpent ondulant sur cette mer de campagne. Elle sourit à sa peur, heureuse d'être protégée au dessus de la petite colline. On frappe des mains, clap de fin. Elle jette un dernier regard et rejoint la réalité.

Un matin.

Sur un côté, l'immense arbre. Son corps domine les enfants qui s'ébattent plus loin. Ses grosses ramures s'étalent insolemment tout autour de son tronc. Elle joue avec quelques camarades mais une envie soudaine la saisit, douce et impérieuse. Elle les quitte, s'avance vers Lui. Il l'impressionne. Elle l'admire. Comment peut-on être aussi grand, aussi puissant et ne faire de mal à personne ?  De tout son cœur de gamine, une bouffée d'amour l'envahit. Elle l'aime ce chêne ! Il est si beau  Parfaitement innocent ! Lovée au creux d'une de ses grandes racines enfoncées dans la terre, elle pose sa petite main sur lui. Robuste, l'écorce est rassurante. Elle savoure un câlin entre les branches noueuses. Soudain, elles deviennent tièdes puis quasi chaudes, moelleuses ! Elle a grandi d'un seul coup ! Cette respiration dans son cou ! Elle ne bouge plus, devine que l'arbre n'est plus. Miraculeusement, Valravn a pris sa place. Elle ne le voit pas, mais le renifle!


Elle n'a pas peur de ce songe, elle n'y craint rien. Elle accepte, simplement. Un rêve modeste...prémonitoire ?

Que lui manquait il donc pour lâcher l'Ancre ? Quelle était donc cette ombrageuse différence entre juste avant de mourir tout à fait et maintenant, qui, tout à coup, la faisait plonger sans se noyer ? Elle n'en savait rien, pas encore tout du moins. La sensation, merveilleusement douce et surprenante avait éclos. Le processus de re-naissance résonnait à l’immortalité bénéfique D'Anguta. Aucune des entités ne l'avait contrainte de quelque manière que ce soit dans son choix. Les conséquences terrestres se résumaient à ces vibrations intérieures qui l'animaient et celles-ci ne s'inscrivaient plus dans la solitude. Quelque part dans cet espace entre vie et mort, on l'avait comprise, accueillie comme elle était. Et alors ? Alors...Ça chamboulait Tout !

Et Valravn ? Inconnu ? Pressenti ?

Leurs esprits virevoltaient le long des sillons maculés de leur Vérité. Ils s’offraient leur authenticité, la substantifique moelle, l'intrinsèque de leurs bas-fonds. Réussiront-ils à sublimer les cairns qui jalonnaient leur route ? Entre-deux mondes, tendre la main vers l’autre...Au bord du précipice, là-bas, de l’autre côté, Mary avait libéré une intimité d'acceptation. En demi-teinte, sans ostentation, les mots s’envolaient. Tout cet l’espace à parcourir qui les séparait et les reliait à la fois. Se conjuguer, s'envisager...s'apprivoiser ? L'écorchée vive se trouvait à fleur d’un univers inconnu. Lentement, elle déployait ses ailes, poussée par une intuition singulière. Elle ne le connaissait pas ! Mais l'osmose de leurs psychés, immanent à leur prédestination, autorisait l’effleurement d’une communion d’âmes balbutiantes. Cela convenait pour que le processus s'amorce. La lumière du Tout les guidait vers le versant qui semblait inaccessible. N'ayez crainte, enfants de la Terre...

L’absolu passionné. L’éternité fascinée. L’infini ému. Et Lui…Lui sur son chemin. Un accident non pas de vie mais de mort. L'antithèse d'une cruelle logique. Mary n'aurait pas du se survivre, Valravn n'aurait pas du s'attacher à une autre. Et pourtant...

Elle eut un réveil pénible, se sentit lourde, douloureuse. En dépit des onguents appliqués sur ses blessures, son corps souffrait encore. Sur  son flanc, là où le bec dur et pointu s'était fiché, des coups de couteau la faisait grimacer. Mais un thérian se requinquait et cicatrisait plus rapidement qu'un humain. Bientôt, ce ne serait plus qu'une vieille histoire.
Après quelques mouvements d'efforts et des « Aïe ! » intempestifs, elle réussit à se mettre sur le dos et observa d'un œil neuf la « pièce » où elle se trouvait. Le natif était absent, elle en profita pour détailler chaque recoin, ce qui, compte tenu de la petitesse du lieu, fut vite fait. Une table, une banquette usée, un point d'eau avec un évier minuscule. C'était étroit mais chaleureux, très propre et rangé. Ça la ramena à son chez elle. La maison luxueuse ne possédait pas cette atmosphère d'essentiel qui régnait dans la caravane. Beaucoup de bordel traînait partout. Elle ne rangeait rien, laissait tout à la va-comme-je-te-pousse, faisait rarement le ménage, j'men foutiste à fond. Nul ne lui rendait visite et à quand bien même une telle horreur se serait produite, elle aurait foutu le ou la téméraire dehors manu militari.

Une fois sa brève inspection effectuée, elle reposa la tête sur l'oreiller, le regard errant sur le plafond. Les réminiscences affluèrent. Elle revoyait leur rencontre au restaurant, le hasard maudit qui s'était renouvelé dans la plaine glacée, la transformation en loup, sa fuite, sa volonté de mourir afin qu'il demeure libre mais aussi parce que la douleur de leur lien la rendait folle...à lier, littéralement, radicalement.

Et puis...Ça. Étrangement, alors qu'elle les avait vus de près, elle ne parvenait plus à se souvenir de leurs visages. Seules, des sensations uniques, particulières, prégnantes, demeuraient intactes, brutes, presque « violentes » tant elles étaient intenses. Entre autres, celle désormais insinuée dans tout son être où tout un potentiel d'éternité s'inscrivait dans la finitude de sa nature. Elle avait appréhendé à sa façon, - bien moins finement que l'initié -, que la mort ne se résumait qu'à un passage. Ne s'était elle pas balbutiée au creux de cette marge qui n'en était pas une, de cet abysse de Temps qui n'existait pas ? Qu'était ce donc que ce ressenti innommable, impossible à exprimer en un mot de langage et pourtant immensément réel ? Comment expliquer ? Comment dire ? Une expérience ou plus précisément un vécu de mort imminente aux retombées nucléaires ? Qui d'autre mieux que le chamane pouvait comprendre ? Cette « chose » consciente qui ferait partie d'elle désormais l'incitait à lui en parler...En éprouvait elle le besoin ? Pas vraiment, mais en même temps, ça débordait de l'intérieur, ça la hantait. Dire en mots pour ne pas subir les maux, ça lui ferait du bien, non ? Et à qui d'autre pourrait-elle partager un tel chaos si ce n'est au natif ?

Où était-il ? Que faisait-il ? Elle ne doutait pas qu'il allait revenir mais le manque de sa présence la renvoyait à leur osmose. Quoique affaiblie, sa raison pleine et entière avait repris le dessus. Paisiblement seule dans la caravane, elle se laissait aller à son sentiment : il l'empêchait de se suffire et elle l'appelait de toutes ses forces.

Elle ferma les yeux, goûtant le silence, et les pensées vagabondes de poursuivre leur errance...

Loup et panthère. Sa mémoire rejoua leur combat. Elle eut honte tout à coup de cette volonté de basse fosse d'avoir ardemment désiré sa mort. Cette révolte si violente qui grondait en elle avait supplanté tout le reste durant des milliers de secondes. Une rage de folle sanguinaire qui lui avait bousillé l'entendement ! En vérité ? C'était ce putain de lien d'âme sœur qui les avait sauvés ! La volonté de briser cette « aliénation » en sautant de la falaise lui avait évité de sombrer dans une hémoglobine vengeresse où, victorieuse, elle aurait assassiné une seconde fois! Et Val, en la suivant, avait pulvérisé la fureur qui l'abîmait. Pour la première fois , entendez-vous cela ? Pour la première fois de sa vie, Mary entrevoyait la Fulgurance.

Quel trip... ! Elle le revoyait, s'arrêter près d'elle, s'inquiéter de son cheval, prenant le temps de lui parler, d'écouter. Cet homme n'aura jamais aucune intention mauvaise à son égard. Un baume sans anesthésie sur des plaies gangrenées, elle qui tentait si maladroitement et immuablement de ne pas souffrir de ces affres-là. Une peine perdue et inutile désormais : "Tu ne peux pas lutter Mary, contre une abnégation rédemptrice ».

À la croisée d'un destin improbable, un « ange » se penchait sur elle, sans arrière pensée, simplement sincère, simplement LUI. Un gouffre les séparait irrémédiablement mais au fond, tout au fond de ses strates éviscérées, il touchait la substance frémissante de son moi.

Soudain, la porte s'ouvrit et dans la foulée, le vieux réflexe ferma son cœur. Les bras chargés de bois, il la referma du pied, jeta un œil du côté de la fille, -elle était réveillée- et déposa son fardeau près du poêle. Sans rien dire, il ôta sa veste épaisse, rajouta une bûche, se passa les mains à l'eau, les essuya et enfin, vint s'assoir près d'elle sur le fauteuil usé.

Silence et Sublime

Elle le suivit des yeux et de l'âme malgré elle. Valravn...Thérian tout contre thériane. Leurs esprits se humèrent, aussi réceptifs qu'ils pouvaient l'être l'un envers l'autre. Se dévoilait ainsi une authenticité qui leur appartenait, sans fioriture, délicate, dédiée.

Bouleversement des consciences. Et la lumière se déversa, lente, profonde, dé-chi-ran-te.

Une exhalaison incompressible se mit alors à remuer tout au fond des profondeurs emprisonnées de Mary. De frêle et timide, elle s'amplifia au fur et à mesure de l'étincellement des captations intérieures. Elle filait comme le foehn, chaude et enveloppante, traversait les murailles et les remparts en son sein. Rien ne pouvait empêcher sa course. L'osmose débordait de leur quintessence respective, onctueuse, torrentielle. Fétu de paille dissous sur l'autel d'une réalité bienfaisante, l'enfant intérieur se régénérait.

« Je sens ta souffrance, ta révolte, l'injustice, la mésestime, l'hypocrisie...Tu as eu mal, très mal...Des blessures claustrales. Cette colère...d'impuissance ? Un deuil inachevé, abîmé...La joyeuse Mort danse autour de ton aura...Cette violence...Val le Sage, Val le chamane, mais Val l'humain, un homme parmi les hommes... »

Côte à côte, ils se disaient sans aucun mot, se déversaient sans pudicité à la manière de leur race.

Valravn Wraigt, la main d'une résurrection.  À l'origine détruite par un masculin, -son père-, la superbe d'une ère nouvelle s'abreuvait à la coupe d'un semblable mais tant différent ! Ne plus se fier aux apparences, déprogrammer les jugements disloqués par les mauvais traitements et les humiliations. Peut-être faudra t-il des mois et des années, quelle importance? La clairvoyance infiltrée nourrirait dès lors la prescience d'un avenir divergent. Ne pas le reconnaître aurait été une imposture au moins aussi monstrueuse que l'objet de son exécration. C'était un FAIT, voilà tout: tous les hommes n'étaient pas comme celui qu'elle avait connu jusqu'alors.

Encore une fois, encore une fois, Mary fut bouleversée. Du haut de son Savoir, là où en vérité, il n'y avait aucune hauteur, elle réalisa soudain que le chamane s'était toujours adressé à elle en égal, avec une intensité de respect incomparable. Peu importait que cela ait été bref. L'émotion lui donna l'impression qu'une lave brûlante lui coulait le long de la colonne vertébrale. Une ouïe fine aurait presque pu entendre le crissement des os qui se contractaient ! Depuis combien, depuis où, depuis comment, quelqu'un ne s'était pas adressé à elle de cette façon? Était ce à cause de ce mauvais truc d'âme sœur ? Non ! C'était simplement et avant tout, parce qu'il était LUI.

-Valravn...

Le chuchotis mélopa dans l'air comme une mésange à l'aurore.
Allait-il saisir tout l'invisible qui se dépliait en cet humble nom ? Un mot, un univers qui s'ouvrait. Deux syllabes, une reviviscence. Une brise d'infini. Un respect. Une reconnaissance. Qu'elle le veuille ou non, la faille de l'abominable carapace s'amplifiait, lentement mais si sûrement. Comme tout cela était difficile, difficile !

Leurs regards se croisèrent et se décroisèrent, tricotant une entente clandestine, mystérieuse. Vous savez quoi? Pour la première fois depuis longtemps, bien trop longtemps, Mary, à ce présent d'absolu, une fraction de seconde, s'amusa. Un autre miracle, fébrile, arachnéen, tissé à la charité douce d'un sauveur invraisemblable. À la croisée de leur animalité, elle effleurait le vertige de ce qui ne les liait pas encore parfaitement...

Pourquoi tout à coup ce souvenir ? Pourquoi pas ! Elle se re-vit, petite fille innocente et potache, rire aux éclats et s'enfuir en tirant la langue. Songe enterré si bas au baiser d'une insouciance fracassée. La pensée, fugace mais intense, lui soutira un sourire avant de se baigner dans une pure émotion. Tel un baume sur des flammes de géhenne, l'intérêt éphémère, n'est-ce pas, mais bien réel du natif la consumait.

Elle implorait les étoiles la fille aux cheveux bleus, pieds nus dans l'herbe grasse d'un crépuscule solitaire: "Je suis une Princesse ! »
Un peu trop de vodka, un peu trop d'insomnie, un peu trop de cauchemars.
Elle dansait sans bruit, seule au bord de l'eau, seule au bord du Monde.
Ici. Là-bas. Partout. Nulle part. Légère, évanescente. Plus Rien n'existait, elle était Tout.
Un peu trop de vodka, un peu trop d'insomnie, un peu trop de cauchemars.

Trop de rêves en poussières.


D'ici quelques jours, elle rentrerait chez elle. Les blessures des thérians ne perduraient jamais longtemps, la cicatrisation s'effectuant plus rapidement que chez les humains.

-Je suis morte mais ton Anguta m'a refoulée. Je ne l'ai pas vu, j'ai juste entendu sa voix, enfin, ce qui ressemblait à une voix. Il paraît que j'ai une mission à accomplir sur Terre, un chemin à prendre ou quelque chose du genre. J'ai vu beaucoup de lumière mais pas comme ici, c'était...Comment dire ? Duveteux, nuageux mais très doux et pourtant très éclairé. Ensuite est apparu une arche...

Sans raison particulière, brusquement, elle raconta longuement avec précision, autant qu'elle pouvait, son « voyage ».

-...et une des trois entités m'a parlé. Les deux autres, je savais qui elles étaient mais celle-là, non, et je ne voyais pas bien son visage d'ailleurs. Elle m'a demandé si je les accepterais, sinon, c'est elles qui ne pourraient pas vivre. J'ai fini par dire ok, je ne sais pas pourquoi ! Et puis il a baragouiné des sons incompréhensibles et je suis retournée dans ma peau de bête. Je me souviens, j'avais hyper mal parce que tu m'avais embrochée comme un poulet !

Retrouver une trace de soi...

-Je ne veux pas de...cette...laisse qui me lie et me relie à toi. Mais c'est étrange car je n'ai plus la...puissance de la...haine en moi et je sens que je ne peux pas combattre ça...Je n'en veux pas putain de merde mais je ne fais que le dire. C'est creux, ce ne sont que des mots vides, je ne ressens plus la force du « non »... J'avais le sang noir et le cerveau dans une tombe...Là, je ne sais pas où je suis, c'est flippant!...Tout s'est écroulé...Là-bas...Tout...

Elle prononça cette dernière phrase dans un murmure et continua de parler d'un ton atone.

-Que va-t-on faire ? Comment je vais gérer ça ? Ça grouille là-dedans, c'est aimanté de toi, je pense sans arrêt à Anguta, parfois je lui en veux à mort, la grosse blague, parfois je suis soulagée, je fais de drôles de rêves, je...ressens de...l'éternité en moi et en même temps je suis tellement limitée à cause de mon corps...Et je n'ai pas envie de...Je ne veux pas être enchaînée...Mais je sens bien que ça ne marche pas comme ça...C'est plus fort que soi, il n'y a pas de solution n'est-ce pas ? Si on se refuse, on en crève et j'ai accepté là-bas, j'ai accepté...

Ah ! Ce cœur qui avait ses raisons que la raison ne connaissait point !*

-...J'ai dit oui à une folie folle...

D'effarement, elle posa les deux mains sur son visage.

-...Une folie...

Only time

Spoiler:

*Pascal
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Mar 27 Sep - 9:48
Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.    
A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.  


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CHARYBDE EN SCYLLA

Mary & Valravn (Amka)

Janvier 2022













J'ai besoin des gestes quotidiens, des gestes habituels pour ne pas penser... Allons donc, ne pas penser ! Moi ? Et oui... Dans ce monde, j'ai peu d'amis, et parfois, ceux que j'ai cru mes amis se sont avérés n'être que des passants, peu importe, je ne suis pas là pour m'attacher... j'en étais sûr, du moins, avant cette étrange rencontre. Je me dis que chaque être sur mon passage a sa raison d'exister et de s'y trouver, je ne l'ai pas prévue, elle, elle est même tout l'inverse de ce que je m'étais laissé à imaginer comme avenir ! Mais qu'y peut-elle ? Et qu'y puis-je ? Alors je m'étourdis. Je me soustraie à la réalité en accomplissant des tâches courantes, répétitives : aller chercher du bois, trouver de la nourriture, m'occuper de ce cheval qui pas plus que nous n'a souhaité se trouver bloqué ici, laver le linge, l'étendre dans la minuscule « chambre n°2 » de la caravane pour qu'il ait une chance de sécher... L'équilibre que procure ces occupations m'est nécessaire et j'y vaque malgré la douleur encore là, elle m'a labouré les épaules, les bras, et le torse !

J'ai parfaitement conscience de suivre « une stratégie d'évitement », je refuse d'envisager « plus tard ». Le temps passe assez vite, vivons le présent. Si c'est déjà ma philosophie d'ordinaire, là, j'y recours plus que jamais. Je me dis que le lien qui se tisse malgré nous est comme la moustache ou la barbe qui arrivent sur le visage d'un adolescent, l'analogie me plaît, d'abord, il y a peu de poils et tu les ignores, puis, si tu veux rester glabre, tu les rases mais le rasage ne permet qu'à les cacher aux autres, ils repoussent, ils sont là, tu les escamotes sans succès, il suffit de quelques jours pour qu'ils s'affirment et s'imposent ! Pour finir, tu fais en sorte qu'ils soient « présentables » et même parfois, tu les aimes... J'ai rarement porté moustache et barbe, mais ça n'est pas plus déplaisant que le menton nu, juste plus exigeant ? Je vois l'âme sœur comme cela, une chose inéluctable qui petit à petit s'impose à toi, et finit par être presque agréable ? A démontrer. Si je me trompe.. Il est vrai que je souhaite me tromper, je souhaite ardemment pouvoir épiler ces poils malvenus et les chasser à tout jamais ! Mais en moi l'homme raisonnable se dit que c'est une solution trop simple et que si le concept existe, comme toute chose en ce monde, c'est qu'il a un sens que je ne perçois pas.

Il n'empêche que je m'en extraie ardemment, au maximum de mes possibilités, j'essaie de ne rien voir, ne rien sentir, et pourtant quand je reviens dans la caravane où elle se remet de mes coups, je me sens apaisé et serein.

Elle, est encore allongée, peut-être ai-je riposté plus qu'elle ? Pendant notre combat j'avais la presque certitude d'être perdant, et pour rien au monde je ne voulais perdre ! Non pas par une sorte d'orgueil stupide mais parce que déclarer forfait aurait causé sa perte autant que la mienne ! J'ai donc mis dans la rixe toute ma force, toute ma volonté, et le fait est que j'ai dû pour vaincre son animal unir les deux miens est la preuve de la difficulté de cette « victoire »  ! Elle semble peiner à se remettre, sans l'intervention des esprits, je l'aurais tuée ? J'ai peine à imaginer une telle chose. Il m'est arrivé de tuer pour manger, du gibier, en honorant la mémoire de ces âmes de mon mieux, honteux d'être carnivore, comme humain j'honore les esprits de la nature qui me confient fruits, légumes ou champignons sauvages, mais tuer un humain ? Parce que je le voulais ! Je crois jamais ? Ce n'est pas une chose qu'on oublie ? J'ai voulu tuer, l'assistante sociale qui a parlé de me placer à la mort de mon père, ou le prêtre qui parlait de lui donner une sépulture « correcte » mais je ne suis jamais passé à l'acte ! Entre rêver de faire et faire réellement, il y a une frontière que peu passent.

Elle est là, agitée d'abord, puis rêveuse, son regard suit des pensées que je ne saisis pas. Je pourrais essayer, mais une sorte de pudeur m'en détourne, elle est mienne paraît-il mais avant tout sienne, m'immiscer dans son mental, creuser, la dépouiller de son intimité, c'est une chose que je me refuse à faire sans raison, et je n'ai aucune raison, là, présentement, de céder à une curiosité malsaine. Tour à tour elle affiche des émotions contradictoires, la peine, la peur, la joie, l'émerveillement, l'espoir ? Est-ce que je décrypte bien ? Je suis presque gêné d'être témoin de son éveil...

Puis, elle se met à parler. A me parler ?

« Je suis morte mais ton Anguta m'a refoulée. Je ne l'ai pas vu, j'ai juste entendu sa voix, enfin, ce qui ressemblait à une voix. Il paraît que j'ai une mission à accomplir sur Terre, un chemin à prendre ou quelque chose du genre. J'ai vu beaucoup de lumière mais pas comme ici, c'était...Comment dire ? Duveteux, nuageux mais très doux et pourtant très éclairé. Ensuite est apparu une arche. »

Je ne dis rien, Anguta est un esprit, un « dieu » si l'on parle anglais... Je n'ai jamais associé de forme, ni même de timbre de voix à sa présence ? C'est étrange, elle parle ensuite d'une arche, d'une trilogie, elle reporte dans notre... mythologie ? Ses représentations cultuelles ? Pour la maintenir en vie, j'ai invoqué Anguta en effet, pour lui demander de la refouler, Akna, la mère des mères pour qu'elle lui donne la chance de naître à nouveau, et Torngasak le grand chasseur pour qu'il terrasse ce qui l'habitait, une trilogie en effet ?

«... il a baragouiné des sons incompréhensibles et je suis retournée dans ma peau de bête. Je me souviens, j'avais hyper mal parce que tu m'avais embrochée comme un poulet ! »

Je ne peux m'empêcher de sourire, moi, l'embrocher comme un poulet ? Elle était prête à m'ouvrir la gorge ! Mon sourire est sincère et amusé, peut-être si nous nous revoyons repenserons nous à cette rencontre pour le moins saisissante ? Mais elle continue, et dit tout haut ce que je ressens et tente de minimiser...

« Je ne veux pas de...cette...laisse qui me lie et me relie à toi. Mais c'est étrange car je n'ai plus la...puissance de la...haine en moi et je sens que je ne peux pas combattre ça...Je n'en veux pas putain de merde mais je ne fais que le dire. C'est creux, ce ne sont que des mots vides, je ne ressens plus la force du « non »... J'avais le sang noir et le cerveau dans une tombe...Là, je ne sais pas où je suis, c'est flippant!...Tout s'est écroulé...Là-bas...Tout...»

 « J'avais le sang noir et le cerveau dans une tombe... » et d'être morte t'a sortie de cette tombe ? C'est étrange, déroutant, je comprends qu'elle soit comme elle dit effrayée et désorientée mais je ne peux accepter le  « Tout s'est écroulé... Là-bas... Tout »

« Tu avais devant les yeux un voile qui occultait la couleur de ton âme... Et « là-bas » le voile a été déchiré... Je ne peux pas te rendre la noirceur de la nuit, les « souffles » ne vivent pas dans la nuit, sauf ceux maudits qui errent entre deux mondes, mais je peux t'aider à voir malgré la lumière trop vive...»

Je ferme les yeux, moi non plus je n'en veux pas, mais moi non plus je ne sens plus la force du « non », l'ai-je jamais possédée ?

« Je crois que jamais je n'ai gardé longtemps la force qui rejette ce que la vie te propose...Je n'ai jamais envisagé d'être lié à quiconque, je n'ai jamais accepté d'aimer un être plus qu'un autre, de fonder une famille, je me voulais libre...»

Je n'explique pas plus, mais ce n'est pas une fatalité, c'est une nouveauté. Et chaque nouveauté doit être analysée et comprise avant d'être chassée ? Comment dire que l'inconnu est mauvais ? Juger le connu est déjà difficile, refuser sans savoir ce qui t'est offert, c'est comme jeter une boîte fermée sans même l'ouvrir ? Comment être sûr de ne pas commettre une énorme erreur ?

Je prends sa main et la tiens entre les deux miennes.

« Si tu as besoin de moi, je serai là... Non à cause du lien, mais parce que je suis là, pour tout ceux qui doutent et ont besoin d'assistance... Je suis là, ça ne veut pas dire que je suis utile, je ne peux rien promettre, sinon d'essayer ? »

Je la regarde, j'essaie de toutes mes forces de la traiter comme n'importe quel être croisé sur mon chemin... Et je ne m'abstiens jamais d'aider.


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Les "dieux" inuits, depuis le temps qu'on les cite:


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patrick
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Mer 5 Oct - 16:45
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Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

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Il était celui qui l'empêchait de se suffire


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Ce sourire qu'il lui opposa, versus les confidences sans filtre et honnêtes qu'elle livrait dans une intimité...déconcertante ! Ébouriffante ! L'heure n'était-elle pas grave pourtant ?! Tout ce fatras qui lui donnait le vertige au point de ne plus savoir où donner de la tête et de l'esprit ! Merde ! Et lui, montrait ses belles dents blanches et ses yeux qui pétillaient là, sans vergogne ! Mais la joie jolie qu'il exprimait ne possédait aucune once d'ironie ou d'une quelconque condescendance. Elle le savait. Un soupir s'envola de ses lèvres cependant, davantage complice qu'agacé. Il avait raison, sourire était la meilleure réponse. Elle l'admira de nouveau pour ce respect paisible et fort dont il faisait preuve immuablement. A contrario, à sa place, - mais dieu merci, elle ne s'y trouvait pas! - elle aurait franchement rigolé face à de telles conneries, envoyant le -ou la- zèbre à aller se faire empapaouter ailleurs ! Mais voilà, cela lui était arrivé, quelque chose existait après ! Et l'onde de choc ne faisait que commencer.

Il répondit avec justesse, « comme d'habitude » pensa-t-elle avec une pointe d'amertume. Le chamane maîtrisait son « art » avec brio mais sans ostentation et tout en finesse. Fascinée, elle en était un peu horripilée parfois, dans la mesure où les vérités qu'il renvoyait la dérangeait voire la bouleversait. Pas facile de se laisser bousculer.

-Un voile qui s'est déchiré...Répéta t-elle dans un murmure.

C'était ressemblant. Il avait le don d'employer les bons mots alors qu'elle, avait l'impression de pédaler dans un truc gluant. Vivre sans tout comprendre mais percevoir avec acuité et vérité. C'était peut-être cela le prix à payer : lâcher prise avec confiance et ne plus se fuir.

Elle marqua une pause, détourna le regard au-delà de l'étroite fenêtre et puis revint vers lui, silencieuse.  « ...je peux t'aider à voir malgré la lumière trop vive...» L'avenir qu'il ouvrait la brûla. En avait-elle envie ? En aurait-elle le courage ? Les moyens ?

Alors qu'il fermait les yeux, elle en profita pour le « manger » du cœur, s'emplissant des traits de son beau visage comme une terre assoiffée de pluie.

Puis elle s'éloigna, de nouveau.

-Rien ne t'empêche de rester libre. Je ne te demande rien.

Mais tu sais Mary, que ce n'est pas ça, le sujet. Oh, comme tu le sais !

Elle l'écoutait attentivement, observa soudain, comme désincarnée, cette main qu'il tenait dans les siennes. Mais ce n'était pas la sienne ! C'était celle d'une autre...D'une autre...

« ...Non à cause du lien, mais parce que je suis là, pour tout ceux qui doutent et ont besoin d'assistance... » Qu'est-ce que... ? Que voulait-il dire ? Mais... ? Le sentiment d'affront qu'elle ressentit brutalement la mit hors de ses gongs.  

- Quoi ?! Demander de l'aide ? Va te faire foutre Valravn ! Pas à cause du lien... ? Putain ! J'aurais du y rester plutôt que d'entendre ça !

Elle exultait à l'intérieur mais poursuivit d'une voix basse, presque tranquille :

-J'ai vu...J'ai...senti...J'ai une trouille de dingue mais je vais essayer de regarder ça en face. Et toi. TOI. Tu oses me proposer de...des miettes ! Pas à cause du lien ! Je vaux quoi à tes yeux ? Garde ta pitié, je n'en veux pas de cette aide-là ! Je ne suis pas de « ceux »-là, ni des autres ni de n'importe qui !

Déchirée, révoltée, furieuse, elle maugréa « c'est pas vrai...J'y crois pas... » Et la douceur du trait d'union qui serpentait dans ses veines à la vitesse de la pression sanguine, diffusant une harmonie inhumaine. Elle tremblait d'émotion, commanda d'un ton autoritaire :

-Mais tu vas m'aider à mettre le filet de mon cheval car je me tire ! Je me tire d'ici !

Elle jeta violemment les draps hors du lit et s'assit, attrapant ses vêtements posés non loin de là, bougonnant sa rage :

-Pas à cause du lien...mais grâce à une espèce de charité...universelle qui te ronge tel un acide...un au milieu du Tout, c'est ça ? Et le Tout dans un ? Tu vas finir par disparaître! Pas d'exclusivité mais une grosse mélasse, pas de rareté, rien de particulier et moi, moi sans TOI, diluée dans un...dans une...

Elle en perdait ce qu'elle aurait voulu lui dire bien qu'elle restât calme, chuchotante. Une fois habillée, le trop large tee-shirt balancé sur le vieux fauteuil, elle se mit debout, ordonna pour la seconde fois :

-Tu vas m'aider à grimper sur Jaguar.

Ce n'était pas une requête mais une provocation. Qu'il fasse ce pourquoi il était là, comme il l'affirmait et rien d'autre, surtout rien d'autre !
Invincible, elle commença à marcher en boitant, serrant les dents, s'appuyant contre un petit meuble, contre la paroi de la caravane. D'un geste brusque, elle ouvrit la porte, remarquant les quelques marches qu'il fallait descendre.

-Aide moi.

La main tendue, elle attendit qu'il la guide vers l'extérieur.
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