Le Temps d'un RP
le seul rpg où tu joues
qui tu veux,
quand tu veux
Retrouve les animations du forum pour t'amuser,
découvrir de nouvelles plumes et vivre de folles aventures !
Le deal à ne pas rater :
Cartes Pokémon : où commander le coffret Pokémon Go Collection ...
64.99 €
Voir le deal

LE TEMPS D'UN RP

Charybde en Scylla

Val
Messages : 135
Date d'inscription : 27/02/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : /

Univers fétiche : Avatars réels, mais tous types
Préférence de jeu : Homme
tea
https://i.servimg.com/u/f90/20/28/18/45/tm/espoir11.jpg https://www.letempsdunrp.com/t5103-carnet-de-notes-de-val#102055 https://www.letempsdunrp.com/t4965-bonjour-bonsoir
Val
Lun 11 Avr - 23:12

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




avatar :copyright: inconnu

CHARYBDE EN SCYLLA

Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla - Page 2 31e87710Charybde en Scylla - Page 2 Ms1610

Janvier 2022


« Pour aller où ? Dans ta tanière ? Reprendre le trajet de mon enfer ? »

Je ne dis rien, et pour cause... Mais je perçois sa pensée... Fatiguée, fatiguée de la vie... D'autres le sont, beaucoup en fait, parce qu'ils n'ont pas compris son essence, parce qu'ils ont pris pour la vie ce simulacre que les civilisations en font, surtout les récentes, dénaturées par leurs croyances et leur idéologie de l'immédiateté et de l'utile...

Comment lui dire ?

Je pourrais revêtir mon humanité, mais j'ai le sentiment que cela n'aiderait pas. Le loup la soulage, l'apaise. Je repense à cette autre femme rencontrée il y a quelques mois, dont l'âme avait été... gommée, poncée à la pierre des convenances et des vraisemblances. Tous ces gens, à qui l'ont fait accroire qu'ils sont individuels, qu'ils ont le libre arbitre en toute circonstance, et qui s'épuisent à échouer car certaines choses sont immuables et in-atteignables de la manière dont ils les cherchent. C'est comme s'étonner de ne pas trouver d'eau dans le feu ? Le Tout est Tout, chaque once de vie en est parcelle, se dissocier des autres, exiger une identité propre contre tes semblables et non avec eux, c'est aller droit dans un mur de briques, quand il te suffirait de le traverser, en ayant conscience que la brique est terre, comme toi, et que la terre est le Tout, comme toi.

A travers mes errances, psychiques comme géographiques, j'ai trouvé trace de pensées qui se rapprochaient de la mienne, non seulement parmi les chamanes du monde entier, mais souvent aussi chez d'autres religieux. Le terme « religion » est inapproprié d'ailleurs, l'anglais comme la majorité des langues européennes enferme les choses dans des cages trop étroites. Mais il est vrai que l'art de penser le monde est relégué dans la boîte où les « modernes » rangent le spiritualisme.

J'ai du mal à philosopher lorsque je suis animal. Le propre du loup est de chasser, de se fondre dans un univers naturel, pas de poser les pierres d'une croyance et d'en expliquer la teneur. Lorsque je suis loup, je hume  l'air à la recherche des effluves de mes proies et de mes semblables, je regarde la neige pour y trouver leurs traces, je profite de l'air, de l'eau, du soleil, de la nature. C'est une autre communion, quelle que soit l'apparence que tu revêts, la vie n'est que communion et acceptation de tous et tout. Il n'y a pas de jugement à porter, pas d'autre enseignement à en tirer qu'observer, comprendre, suivre, reproduire. Parce que cette existence n'est qu'une de celles que tu connaîtras, aujourd'hui homme doté d'un esprit de bête, demain feuille, après-demain goutte d'eau, encore plus tard, atome de l'air...

Comment te dire cela Femme qui n'a toujours pas parlé d'elle ? A part pour refuser le présent dénommé « enfer ».

Accueillir l'esprit du loup a fait que l'appel de « l'âme soeur » est bien moindre. Je ne me sens plus dévasté mais heureux, heureux de la sentir revenue un peu en deça du rideau des brumes. Soeur, tu l'es, comme toutes les âmes que je croise, ne m'oblige pas à te suivre si loin ! Regarde le soleil poursuivi par la lune ! Sais-tu que chez nous on raconte qu'ils se pourchassent sans jamais arriver à se trouver ? Pour les miens, l'astre de jour est une jolie jeune fille qui parcourt le ciel sa torche à la main,  celui de la  nuit son frère, grand chasseur qui passe le temps dont elle dispose à se reposer dans son igloo. Sais-tu qu'ils ont une mère terrible ennemie des magiciens, et un cousin démon ?

Mon loup doit sourire. Ces « dieux » font partie de moi, mais la connaissance du Tout leur est supérieure, eux-aussi en font partie, comme tout ce qui peuple l'univers. Je pense que l'imaginaire lui-même est une de ses composantes.

J'ai recouvré assez de sérénité pour la voir non comme mon « double » jailli des origines mais comme une femme à remettre sur le bon chemin. Elle s'est égarée et en souffre, comme souffrent tous ceux qui ont perdu leur voie. Allons dans ma tanière comme tu dis ! Je fais un bond de louveteau joueur pour lui indiquer la direction, d'humeur joyeuse et légère !

Rejoins-moi ! Perds ton humanité, je sens en toi l'esprit de la bête ! Tu verras, le dramatique de la situation s'estompe !

Tandis qu'elle aide le cheval à reprendre pied, j'ouvre la marche vers la caravane.

Si nous abandonnions notre esprit d'homme, serions-nous liés autant ?

Valravn !


C'est une fuite, au même titre que sa volonté de passer le voile ! Nier l'évidence ne lui ôte aucunement l'existence, cela fait juste encore plus mal de la refuser... J'ai été élevé à accepter ce qui survient et à  trouver comment le résoudre s'il cela s'avère nécessaire, mais jamais on ne m'a préparé à cela.

Je ne veux même pas penser à ce qui se passera lorsqu' humain je devrai faire face. Est-ce de la lâcheté ? Sommes-nous l'un et l'autre trop lâches pour nous affronter nous-mêmes ? Car l'âme sœur, c'est l'autre face de toi-même non ?

Lorsque j'étais au Canada, quelques temps après cet accident dont je parle si peu et qui a failli me priver d'un bras, une phrase m'avait été citée : « Accepte-toi toi-même d'abord, accepte tout ce que ton être comporte, ses richesses et ses pauvretés ; accepte d'agir tel que tu es : accepte ton lot.» Elle avait été dite me confia celui qui me l'avait livrée par un jésuite, un prêtre, j'en avais été surpris car j'avais tendance à considérer leur religion comme sectaire et négative. C'est un de mes souvenirs les plus marquants, une des preuves que les hommes de bien n'ont ni couleur, ni odeur, qu'ils sont eux aussi partie du Tout, et que peu importe quel aspect l'époque qu'ils traversent leur a donné, les belles âmes restent belles, en toute circonstances.

Je pourrais lui dire, à elle, mon autre moi. Comme je me le suis dit à de nombreuses reprises. Combattre n'est utile que pour progresser, et refuser l'évidence n'est pas progrès mais régression...

Tout à mes pensées, j'ai guidé la femme et l'équidé jusqu'à ma roulotte de métal, le feu devant la porte y brûle encore, placé de manière à ne pas enfumer l'intérieur et à ne pas risquer l'incendie en cas de vent violent. Je pousse la porte de ma truffe et lâche les vêtements sur la banquette, puis ressors.

Dois-je rester animal ?

Je lui montre mon refuge, l'endroit que beaucoup de ses contemporains jugeraient laid et dénué de confort, mais qui me permet d'être en harmonie avec la nature, et donc avec moi-même. Puis, je regarde le cheval, la nuit qui tombe, et l'absence évidente d'un abri pour lui. C'est un cheval domestique, pas un animal sauvage qui vivrait en troupeau, il doit avoir besoin de chaleur et de sécurité, de toute évidence, je ne peux lui offrir cela en l'état. Avant même de panser ses plaies et de regarder comment le soigner, il faut l'abriter, et cela, un loup ne le peut.

Je fais volte face et retourne à l'intérieur, fais craquer mes os à l'abri des regards, enfile mon pantalon et une veste à même la peau pour être ce que les gens d'ici appellent « présentable », et reviens vers le duo dehors.

« Il ne pourra pas passer la nuit dehors, du moins je ne crois pas ? »

A nouveau, je sens mon corps et mon esprit se cabrer ! Et sans même m'en rendre compte, je fais de la main un geste las, comme pour repousser une nuée d'insectes importuns ! Fiche le camp, stupide concept de l'âme sœur ! Laisse nous vivre !

La douleur du rejet me coupe le souffle...

Charybde en Scylla - Page 2 Maxres12

@dreamcatcher
Dreamcatcher
Messages : 196
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Mer 27 Avr - 21:12
Charybde en Scylla - Page 2 12565110
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla - Page 2 Val10



Avatar: Alissa White Gruz
copyright:️ Ma pomme

Chaque jour vers l'enfer nous descendons d'un pas.
Charles Baudelaire

La bleue-blanche-et-maigre, petite chose méprisée, insignifiante, autrefois suppliciée, demeurait tendue à l'extrême. Elle attendait. Quoi donc ? Elle ne savait pas mais se trouvait coincée, en apnée, incapable de réfléchir. Et puis, dans une contraction, fronça les sourcils, se relâcha, le regard posé sur le sol. Elle ne comprenait pas ce qui se passait : il ne se passait rien de fait. 
Elle s'affolait. Naïve, elle avait cru que...  « Non, pitié ! ». Le cri hurla en son esprit d'abîme. Deux secondes atroces où elle regrettait, trop tard, d'avoir baissé la garde. C'était tellement plus dur de ne pas savoir, -juste un gramme-, d'avance. Elle recula et tourna la tête par réflexe, impulsive et paupières closes, durement effrayée par cette garce trop puissante d'âme sœur qui la déchirait de part en part. NON! Un souffle rauque s'échappa de sa bouche malgré elle, exhalant bruyamment la terreur de la Douleur. Elle se bravait, l'insolence arrogante.

Étrange moment que celui de ce mystère qui flotta tout à coup entre eux, tout autour, à côté... Depuis combien de temps la  douce sensation d'un arrêt sur souffrance ne lui avait pas été offerte ? Des siècles ? Des millénaires ? L'épuisement devint ivresse, elle se sentit perdue à humer l'univers interdit. Se pourrait-il que... ? « Ô mirage, emporte moi avant que je ne m'échoue aux flancs de  mon éternité noire ». Fut-ce un sursaut d'espoir qui scintilla ou bien le baiser d'un lâcher prise perverse, Mary décida si maladroitement, de s'adresser enfin à l'inconnu :

-Je...

Mais l'élan cristallin et tant éphémère fut violemment interrompu par son refus de se laisser succomber à cet appel là. Aussitôt, elle se referma telle une huître, mutique, inaccessible.

Coup de poignard! Le cœur lacéré! L'âme éviscérée!
Le miroir d'une pensée étrangère lui hurlait sa misère. Insupportable! Invivable! Crucifiant! Elle ne pouvait pas, n'en pouvait plus! En vrac, l'impulsion de mort l'envahit de nouveau. La respiration soudain saccadée quoique furtive, elle se mit à trembler. Le supplice du renoncement, pur et grandiose, l'envahissait, incontrôlable, sordide. Ainsi, répudier cet Autre, récuser cet Absolu, c'était se donner l'impression d'une liberté arrachée, chimère embarquée d'une agonie choisie.

Sa vie d'avant, a contrario, se révélait soudain en un authentique paradis. Finalement. Déchirante évidence. La voilà au creux d'un pandémonium tout nouveau et personne ne viendra l'en extirper. Personne. L'adversité s'imposait d'elle-même, vicieuse, traîtresse. Et la haine, immatérielle, noble arme en l'état qui l'étouffait, inoculait la force d'une folie morbide: TUER cet immondice qu'elle subissait. D'une manière ou d'une autre, tôt ou tard, l'idée la comblait. Mais il n'y avait aucune issue. L'unique et somptueuse solution se réduisait à...Il flairait ses pensées, alors elle chassa l'échéance sans son ni couleur.

Puisant au tourment maléfique que Val lui infligeait malgré lui, elle se repaissait, telle une bête affamée, de cette volonté soudaine et enragée de ne pas se laisser faire. Par tous les moyens.

« Je perçois ton appel mais je ne veux pas, je ne veux pas te rejoindre en animal. J'ai trop peur de ce que je ressentirais. Je préfère rester là où je suis, là où sont mes chères ténèbres, fidèles et sombres, que je connais si bien... » Elle se dégueulait, happée par les larmes réflexes d'une incommensurable souffrance qu'elle ravalait avec peine. Heureusement, le loup marchait devant, il ne pouvait pas voir.

Au fur et à mesure de leur avancée, la caravane grossissait, révélant le grand feu devant.

Un regret... ? Cela l’aurait peut-être amusée de tricoter autrement cette vie trucidée, traumatisée qui avait été la sienne. S'inventer une bonne famille, s'imaginer différente, heureuse qui sait ? Un concept fabriqué et destiné de toute pièce pour les gens. Elle, n'était-elle pas autre chose qu'une imposture ? La fille aux mille cicatrices ne s’habitait pas en dehors de ses Ombres. Là, résidait les labyrinthes de ses silences, d'une non-vie qui la paralysaient dans un espace opaque qu'elle avait fini par...aimer. Ironie d'une délivrance prisonnière d'un non retour. Et sa pitoyable existence avait atteint ce point limite, ce quelque chose d'indescriptible et terrible qui s'était produit un jour ombreux, déversant une éternité à ce qu'elle était devenue. Aucun mouvement en arrière dans ce qu'elle était ne semblait possible.

Le déséquilibre parfait de son "je" n'insufflait que des maux et des mauvais-être. Le bien ne faisait pas de bruit mais le mal non plus !

Ce moelleux lourd... " Vous tous, Invisibles hypocrites et malfaisants, taisez-vous ! Éloignez de moi cette coupe venimeuse ! Va-t-en !  Va t-en Val ! Je veux rester souveraine de ma nuit noire ! OUBLIER ! M'OUBLIER ! T'OUBLIER !"

Fut un temps où je suppliais les Cieux, la Terre, noyant l'univers de mes chants funestes et désespérés. Mais j'ai abandonné Dieu et Il m'a abandonnée. Et je suis là, au bord d’un chemin, j’erre en peine, de cette peine...Oh si tu savais...Si tu savais...

Au bord du gouffre. Le grand noir.
Flagellation.
L’envie de...
L’ivresse qui libère le sordide pourrissant qui ronge
Acide langoureux.
Je me déverse, me renverse.
Je me meurs
étouffée dans l’excès de martyr.
Tragédie, Perdition.
Horreur et Terreur


Et l'Onde de l'âme sœur trahit tes barrières
Et touche les replis endormis
Et crame les censures de tes pensées
Et brouille tes émotions
Espoirs déterrés


Oh Seigneur des Abysses, ne me laisse pas !
Ite missa est. Il est trop tard Mary. Si tard...

L'Immaculé matutinal. Tu le sens Mary, oh comme tu le sens...

Un filet de vie coule encore quelque part, mais tu ne le savais pas, ne le savais plus. Tu te ré-veilles mais tu chutes. Tu sombres. Tu te réveilles de nouveau et tu sombres encore...Et l'enfer danse et danse... Maudite sois tu !...Tu te trépasses, à ceux que tu ignores, à ceux qui t'entourent.

J'irai cracher sur ma tombe.

Ton ailleurs est vide, empli de rien. Tu flottes, misérable substance délétère.  

Mary ! N'essaie même pas, tu échoueras !

Chant de pierre aux larmes vermeil
Laissez-moi le désespoir de ne pas y croire !
Mon tout est mon glas de vie et j’ai vu l’invisible : les sangs de douleur me lèchent sans pudeur !
Laissez moi mon empire obscur !
Royale, enveloppée dans le manteau infâme de la contenance.

Je crois à la promesse du mal
Je crois au pouvoir du mal
Amen.

Couper le son. S’aveugler. S’arrêter. Ressusciter à l'insensible, pitoyable coquille vide qui craque sous les pas d’un guerrier invisible.

Je n’ai plus envie. Frayeur et apaisement.

Mes démons me protègent ! Mais une brûlure nouvelle née consume leurs armures. L’acide d'une tendresse les fissure ! Je suis perdue ! Perdue !

Le visage lisse et lointain, rien ne transparaissait de ses affres intimes tandis qu'ils arrivaient chez lui. Le loup entra et ressortit en homme, chassant par son apparence habituelle la grâce intrinsèque de son animalité.

-Il n'a pas le choix, je resterai ici avec lui près du feu. La chaleur l'aidera à passer la nuit.

Elle ne sut ni ne put rien dire d'autre. Jeta un œil aux alentours pour repérer où prendre du bois.

Les restes dépouillés d'une humanité en déchet lui hurlaient de ne pas partir.
Pour la première fois de sa putain de vie, Mary paniquait.

À mort.

Spoiler:


Charybde en Scylla - Page 2 E374f810
Val
Messages : 135
Date d'inscription : 27/02/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : /

Univers fétiche : Avatars réels, mais tous types
Préférence de jeu : Homme
tea
https://i.servimg.com/u/f90/20/28/18/45/tm/espoir11.jpg https://www.letempsdunrp.com/t5103-carnet-de-notes-de-val#102055 https://www.letempsdunrp.com/t4965-bonjour-bonsoir
Val
Ven 6 Mai - 20:41

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




avatar :copyright: inconnu

CHARYBDE EN SCYLLA

Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla - Page 2 B1b62110Charybde en Scylla - Page 2 Reve10

Janvier 2022


« Il n'a pas le choix, je resterai ici avec lui près du feu. La chaleur l'aidera à passer la nuit »

Je me retiens de répondre. Après tout, peut-être a-t-elle raison ? J'ai beau regarder autour de moi, même en abattant tous les arbres alentour, chose que je ne suis théoriquement pas autorisé à faire puisque ces arbres ont des propriétaires, je ne suis pas certain de pouvoir lui faire un abri. J'y serais peut-être parvenu si j'avais prévu son arrivée, m'étais procuré les outils nécessaires... Mais la nuit est là, le froid tombe, je vois mal comment faire pousser une écurie en quelques minutes.

Pourtant, cette solution me dérange, pour le cheval, et pour la femme. Peut-être …  Quelle taille doit avoir un igloo pour abriter un cheval ? La neige est drue, solide, il en est tombé beaucoup ces derniers jours ? Pour lui donner un toit à elle, je peux aller assez vite, mais le cheval ? Même couché...

J'ai parfaitement conscience qu'en m'attelant à ce problème purement palpable, je repousse l'autre, le vrai.

Plus elle refuse le lien qui s'impose à nous, plus elle se noie dans la violence, et plus mon être se rebelle. Je ne veux pas d'elle comme âme sœur ! Plus exactement, je ne veux AUCUNE âme sœur ! Mais je ne peux laisser un être vivant se détruire. C'est en contradiction avec tout ce que je suis !

Comment lui expliquer ?

Comment faire qu'elle reste sagement dans ce monde et non prête à basculer dans l'autre ! Afin que mon énergie puisse se porter sur le refus de lui être attaché et non sur celui de sa réaction à cette trahison du destin !

Mes pensées tourbillonnent comme autant de feuilles arrachées à un arbre par le vent d'automne ! Je comprends sa panique, sa terreur ! L'alchimie de la sororité agit déjà ! Si je les montre moins, les miennes sont aussi intenses. Ce qui nous arrive ne peut pas exister !

Dans un sursaut, je retire la veste que j'ai enfilée en hâte sur ma peau nue pour être « présentable » et me tords le cou à essayer de lire l'inscription sur mon bras. Les caractères sont les mêmes, des presque-runes, mais les mots qu'ils écrivent ? La tête démanchée pour lire, j'ai un haut le cœur ! Je fais de la main un geste puéril et sans doute ridicule, pour tenter de m'accrocher à n'importe quoi qui me maintiendrait debout ! Je parviens avec peine à retrouver mon équilibre, et m'assoie sur le tronc à demi moisi qu'un précédent occupant a érigé en banc.  Je ne sais comment je me retiens de hurler...

Si j'étais loup, la nuit tout entière résonnerait de ma détresse ! J'écorcherais la lune, je raserais les arbres, j'arracherais les étoiles ! Au lieu de ce cri de guerre, je lâche un  murmure, fauché, la tête au sol et les épaules dénuées de chef. J'expire... Dans tous les sens du terme... Mes yeux doivent être éperdus, ma main droite se pose sur mes lèvres et me recouvre presque le visage...

« Je ne veux pas... »

Je baisse la tête, ferme les yeux, mieux vaut être aveugle que cette vision ! Des lèvres ma main passe sur l'ensemble de la face, comme pour augmenter ma cécité... Mon râle se répète, légèrement différent...

« Je ne peux pas... »

C'est plus exact ! Ma volonté n'est pour rien dans l'affaire. Je ne peux pas ! J'ai juré fraternité à l'univers entier, j'ai accepté d'endosser des autres les peines et les errances, de les guider, dans la vie comme dans la mort ! J'ai juré... de n'être qu'un avec chaque atome, chaque particule qui compose un être, tous, tous les êtres ! Au commencement dit la légende, il n'y avait pas de différence, l'homme pouvait être animal et l'animal homme, mais aussi plante, souffle de l'air, goutte d'eau, feuille d'un arbre, rayon du soleil ! J'ai juré non de me retrouver mais de m'atomiser ! Non pas de me compléter, mais de me désagréger, pour être à la fois tout et unique...

Je ne peux pas avoir d'âme sœur ! C'est un concept … inconciliable avec ma nature même... Aucune âme sœur n'erre dans ce monde ou dans quelque monde que ce soit,  pour moi.

Cesse de me fuir, cesse de TE fuir ! Tant que tu le feras, je serais dans l'obligation de te sauver, et donc de m'entraver ! Passe ton chemin ! Oublie moi ! Ne me vois pas ! Ne comprends pas ce qui se passe !

Valravn !

J'essaie de retrouver mon calme, j'essaie de le lui communiquer...

Pourquoi ?

Je songe à la phrase prêtée au chamane Aua par l'explorateur Knud Rasmussen « Nous ne croyons pas. Nous avons peur ». Je viens de comprendre ce que cet ancêtre savait. Notre tradition dit que les « souffles » sont présents en tout être, et que les êtres constituent un univers, que je nomme moi le Tout. Pourtant, il existe des souffles ou âmes, errants et maléfiques, qui n'ont pas trouvé de domicile dans une créature « matérielle », ceux-là sèment le désordre et la mort...

J'ai soudain la nostalgie de mon monde blanc, des miens, de la chaleur de mon foyer ! Si je la laisse entrer en moi, s'imposer, elle va m’entraîner nu sur la glace... Elle va se saisir de mon âme et l'empêcher de poursuivre sa progression, de corps en corps, d'être en être... Je vais devenir un de ces tuurngait maudits, qui se repaissent de la douleur et de la mort, se vengeant de leur nudité et de leur solitude ! Ce que je ressens est indicible, je suis comme pris dans une nasse de terreur et de rejet. Le moi que j'abrite, bien profondément au fond de ce qui me constitue, est en proie à une inexprimable et incompréhensible confusion !

Je cherche des yeux son regard, j'ai l'impression qu'harponné il cessera de s'enfuir, et qu'immobiles nous parviendront à tromper le destin !

Reste là ! Ne glisse pas dans l'au-delà ! Je pourrai t'y venir chercher, et notre attache sera renforcée ! Ne comprends-tu pas ! Faisons comme si nous n'avions pas vu, pas compris !

Oh... Par la neige de mon toit du monde ! J'ai aussi mal de la perdre que de la garder !

Je suis là, en suspens entre deux mondes, éperdu, vaincu...

Comme pour préciser l'évidence, j'énonce d'une voix que je veux ferme :

« Je n'ai pas d'âme sœur, l'âme sœur est une... inepsie. »

Mon corps entier rugit, se tord,se débat... Tout à coup, la neige sous mon visage se teinte de rouge... Je saigne du nez. Elle a gagné, ma vie s'en va... Cela permettra-t-il à la sienne de s'écouler moins ?


Charybde en Scylla - Page 2 Feu20c10

@dreamcatcher
Dreamcatcher
Messages : 196
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Mar 24 Mai - 23:33
Charybde en Scylla - Page 2 72994910
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla - Page 2 Val10



Avatar: Alissa White Gruz
copyright:️ Ma pomme



***

Charybde en Scylla - Page 2 Dg656110

Elle l'observa perdre pied. Visible comme une source claire, rien de son corps ne camouflait les affres qu'il subissait, ô combien similaires aux siens, bien qu'exprimés différemment. Il y avait ce flamboiement en lui, qu'elle ne possédait pas. Quelque chose, là où se trouvaient les entrailles de son essence, rayonnait de plein fouet. À toute ombre sa lumière. Se pourrait-il que ce soit cela l'âme sœur ? Une complétude d'opposés ? L'épicycle de l'Impossible ?

Le natif se tordit pour lire la marque. Elle, de son côté, n'avait même pas envie de savoir, surtout pas ! La perspective - collante et poisseuse à souhait- d'en finir, lui procurait une joie vile et malsaine. Et Lui ! LUI ! Oh mais dégage ! Quel intérêt ce putain de concept d'âme sœur ! Elle était si bien avec ses démons ! Pourquoi ?!!! Pourquoi ?!!! Elle n'avait rien demandé ! Rien espéré ! Rien attendu ! Et voilà que ça lui tombait sur la gueule. Une géhenne de plus à subir. Le paternel crevé, elle avait tellement cru s'en tirer. Si fort. Si loin. Si haut. Si bas. Si mal ! Mais ça lui convenait, elle aimait ses capharnaüms, avait trouvé un équilibre dans le chaos. Appréciait ses infections et ses pourrissements. Une vie avariée, ça demeurait fidèle et bellement ténébreux. Mais là...Cet immondice envahissant, gluant...Satan en ricanait de toutes ses cornes !

Le pauvre Val faillit perdre l'équilibre et tandis qu'il se laissait choir sur un tronc, elle claqua de la langue et appuya à plusieurs reprises sur la cuisse du cheval afin qu'il se couche non loin du feu. Il broncha un peu face aux flammes mais quelques mots prononcés bas et une caresse appuyée l'apaisèrent. Penchée sur sa blessure, elle entendit l'Autre, brièvement attirée par ses murmures. Sa répugnance éperdue la rassénéra d'une bien mauvaise manière : pour une précieuse et étrange fois, elle n'était pas SEULE à souffrir. La sensation, brutale, furtive, la fit sourire.

Sans le vouloir, presque sans le savoir, ils se rejoignaient dans une boue incontrôlable.

« Je ne veux pas...Je ne peux pas... »

Le cœur qui tremble.


« Et moi donc ! Le dégoût me donne la nausée, j'ai peur, j'ai mal, je rage et j'enrage de cette torsion supplémentaire qui m'est ...INSURMONTABLE. Condamnée...Je suis condamnée... »

Crève cœur. Cœur crevé. Les affres organiques la pressent et l'oppressent. Elle n'y parviendra pas. Pas cette fois. Le supplice de trop. Ses noirceurs bien aimées. Mais pas celle-là. PAS CELLE LA !  Au secours !

Soudain ! Yeux dans les yeux. ELLE LE VOIT.

Instant de feu et de grâce où elle comprit, d'un seul coup, violemment, la splendeur de sa Vérité : Il n'était qu'amour, elle n'était que haine. Il était lumière, elle était obscurité. Il était bon, elle était mauvaise...Il était Vie, elle n'était que trépas...

ELLE LE VOIT.

Tout à coup ! Le voile se déchira et craquela dans ses veines en dentelle. Oh bien sûr ! Comment ne pas y avoir pensé ?! Accrochée, hypnotisée par le reflet de son âme, elle SAIT. ENFIN. EN-FIN !Tout ce terrible chemin, cet atroce destin...C'était donc pour ça ! Le sens caché de son Golgotha s'éclairait. Clair. Net. Précis. La carapace tombe. Se détache. S'entache. « C'est à moi de me sacrifier ». Laisser les ombres avec les ombres, l'opacité avec l'opacité, souveraines et amantes.

ELLE LE VOIT ET PEUT L'AIMER car elle s'en va pour qu'il vive délivré, libre, absolument.

Mary n'était plus Mary. Submergée, déjà partie.

Celle qu'elle aurait pu être le contempla...amoureusement. Les ténèbres gisaient désormais dans la lumière, fragmentées en éclats de délivrance. Elle ne s'exterminerait pas pour rien mais pour Lui. Et jamais il ne saura à quel point elle lui était reconnaissante. « Toi, l'inconnu...Mon âme sœur ? NON ! Mais une répulsion transcendée, une immolation sublimée. Mon choix ultime me déchaîne, me gracie d'avoir si mal vécu, me bénit de t'offrir mon absence salvatrice. Mon inexistence va m'absoudre de tous mes péchés et de tous mes maux, exaltant par l'évanescence de mon Souffle la valeur du tien... »

La voix apaisante, enveloppante surgit :

-Ne t'en fais pas, elle se tire et va disparaître.

Elle prit simplement un kleenex de sa poche avant de s'agenouiller.

-Ne bouge pas. Et la douceur du diable épongea le suc de son mal.

À la joie rutilante et silencieuse qui la subjuguait, Mary irradiait, le geste suave.

-Tu devrais aller te reposer.

Avant de se relever brusquement, elle se pencha sur son oreille, chuchota:

-Fais ce que tu veux de Jaguar.

Au moins, il pourrait tirer un bon prix de l'étalon. Et puis très rapidement, elle ôta son gros blouson et en quelques secondes, muta en noir et panthère, les lambeaux de tissu éclatés sur le sol. À chaque fois, on prenait soin des vêtements car il s'avérait nécessaire de les retrouver. Mais là...Là-bas...Rien ni personne ne se pencherait sur un cadavre de bête enfoui dans la neige.

Mary, en proie à ce tourment de supplice de fusion infernale succombait à l'instinct de pâture: s'enfuir ! S'échapper ! Elle feula, féroce, déterminée, ses grandes prunelles moirées plantées dans les siennes, à Lui, le temps de lui dire à sa façon : « Adieu, compagnon d'éternité. Je te délie. »

Elle se mit à galoper au travers du froid de la nuit qui s'avançait. Les grosses pattes ébènes s'enfonçaient dans les cristaux glacés. Elle filait, filait à toute vitesse ! Un lièvre détala, puis un rapace voleta plus haut à son approche. L'animal bondissait avec une célérité de désespéré heureux, baigné d'un sentiment étrange qui lui hérissait le poil d'un bien être indescriptible. Il entendait son cœur cogner dans son poitrail, contracté à plein régime à chaque battement. Il devait y avoir au bas mot cinq kilomètres à franchir avant la falaise.

La Mort : "Tu n'as pas peur de moi."
Mary: "Oui."
-Et tu n'es pas suicidaire.
-Oui.
-Je regarde ton âme à travers tes yeux.
-Et je vois la tienne de la même façon.
-Tu es étonnante.
-C'est mon heure.
-Non.
-Mais je suis prête, la M...
Elle posa un doigt squelettique sur ses lèvres.
-S'il te plaît, dit-elle doucement. Ne prononce pas mon nom. Pas tout de suite.
-Mais... pourquoi !?
-Je t'offre ce moment et rien d'autre car je ne veux pas être seule. Pour ce rare moment, je veux me sentir vivante.*


*D'après Techrat3D

Charybde en Scylla - Page 2 14610
Val
Messages : 135
Date d'inscription : 27/02/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : /

Univers fétiche : Avatars réels, mais tous types
Préférence de jeu : Homme
tea
https://i.servimg.com/u/f90/20/28/18/45/tm/espoir11.jpg https://www.letempsdunrp.com/t5103-carnet-de-notes-de-val#102055 https://www.letempsdunrp.com/t4965-bonjour-bonsoir
Val
Ven 27 Mai - 19:05

Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.




A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace...
Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.




avatar :copyright: inconnu

CHARYBDE EN SCYLLA

Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Charybde en Scylla - Page 2 Montag11Charybde en Scylla - Page 2 31e87710

Janvier 2022


J'ai le sentiment de m'être menti depuis le jour de mon initiation... De m'être menti, et d'avoir trompé les autres !

- Fais ce que tu veux de Jaguar.

Avez-vous déjà senti comme un courant d'air dans une pièce fermée de partout ? Un jet d'air glacé, qui forme autour d'une personne comme un bouclier de glace que seuls les yeux initiés perçoivent ? J'ai échoué, bien sûr, je ne pouvais qu'échouer puisque je lui dis de rester tout en la repoussant ! C'est cela qui explique... J'ai tenté d'aller contre sa volonté, sans rien donner, j'ai d'abord pensé à moi et à mon confort, aux implications que sa rencontre aurait sur ma vie.

Je ne veux pas d'elle, elle le sent, elle le sait. A ma décharge elle ne veut pas non plus de moi ! Mais en refusant de « la compléter », je l'ai laissée avec ses blessures béantes. Qu'était-ce, offrir sa chair pour combler les trous d'une autre chair ? Repriser une âme en donnant de la mienne ? Je n'ai pas voulu utiliser ce fil-là pour ma couture, mais c'était le seul qui pouvait donner la force à l'ouvrage.

Elle a ouvert grand la porte ! C'est la mort que je sens roder. Que dis-je ? Elle ne rode pas, elle trône telle une souveraine, d'abord elle, qui s'offre, puis moi, parce que je n'y survivrai pas ! Stupide concept ! Si je l'accepte, je me perds et perds tout ce qui me fait, si je la refuse, je LA perds, et me perds par ricochet, submergé par la honte de ne pas l'avoir secourue, le poids de mon égoïsme, et le manque d'ELLE... Car elle me manque déjà, comme me manquerait une cicatrice, ou tiens ! La douleur dans mon épaule et mon bras... Trouver mon bras paralysé au matin parce que je l'ai trop utilisé la veille, c'est comme me trouver collé au sol parce qu'elle est là, et pourtant absente ! Je ne dois pas réflechir à ce qui nous arrive, ce n'est pas le moment ! Je sens la nausée me reprendre, et ma magie se hérisser comme autant de piquants virtuels ! L'utilisation de la magie se paye, surtout incontrôlée et puissante comme elle l'est là, réflexe d'auto-défense inutile et inapproprié !

Je n'ai pas le temps de la voir nue qu'elle est déjà transformée ! De son animal, je ressens plus encore la volonté, il n'y a pas d'interférences ni de désir de masquer les choses comme elle tentait de le faire humaine ! Elle part à grandes enjambées, puissant félin sombre sur le blanc de la neige. La neige, le blanc, la mort... Il y a peu de civilisations où le blanc n'est pas deuil, j'ai appris de mes lectures que même en Occident -l'Europe à l'époque , mon Amérique natale n'avait pas été « découverte »...- il l'avait été avant de laisser la place au noir. Le blanc pour moi reste à jamais la beauté de mon monde de naissance, mais c'est un monde dangereux et prêt à t'engloutir à la moindre inattention. Le blanc, c'est l'absence de couleur, la négation de l'être par le néant.  Elle est partie, noire, sur le blanc, comme il y a peu encore les Anciens qui se jugeaient trop âgés pour n'être pas un poids pour les leurs partaient sur la glace et s'y laissaient bercer par le chant d'Anguta...

Je ramasse à la hâte ses vêtements et les jettent dans la caravane,j'enlève les miens et les lance à la suite, dans un tas aussi désordonné ! Après tout, n'est-ce pas logique qu'ils se mêlent ? Si nous sommes l'un l'autre, deux pièces d'une même âme ?

Je sais !

Je dois !

Je me transforme à mon tour, n'essayant même pas de mesurer les chances d'un loup, même de bonne taille, face à son chat. Sans ma nature humaine pour commander à la bête, je pense que je courrais au suicide, elle doit peser au bas mot une fois et demi mon poids, et si elle n'est pas plus haute, elle est plus longue... Les félins m'impressionnent toujours, ce sont des paquets de muscles, reléguant mes semblables au rang de créatures pataudes et sans grâce. Aujourd’hui, savoir si elle est belle et moi non est bien le dernier de mes soucis... Je ne suis pas si laid d'ailleurs ! Mon loup trouve le temps de se rebeller, mais non, j'ai d'autres tâches que comparer nos anatomies !

Elle a ouvert la porte, m'a donné son cheval, et s'est enfuie. Si j'ai utilisé la comparaison avec les Anciens qui se sacrifient pour la survie du Clan, c'est parce que je l'ai fortement ressenti, me suis-je trompé ?

Elle m'a donné une leçon ! On ne peut pas dire « j'aime les âmes, toutes, et leur veux venir en aide » tout en refusant d'en intégrer une dans sa vie. Je me fais l'effet de ces prêtres chrétiens qui promettent le pardon de leur dieu à un condamné à mort, meurtrier, tortionnaire ou autre criminel chargé de sang et de haine, le pardon de Dieu ! Sans être capable de seulement toucher l'homme en face duquel ils sont tant il les dégoutte. Moi, j'ai offert... la vie. Mais la vie, loin de moi ! Le plus loin possible, et bien sûr elle s'est sentie rejetée et solitaire. Dans un premier temps, je pense qu'elle s'est complu dans cette solitude et cet isolement, puis, le destin l'a rattrapée comme il me rattrape.

Je cours, la neige est faite pour les loups plus que pour les panthères exotiques, et son poids doit l'handicaper, son poids et la méconnaissance de ce terrain que je foule depuis mon enfance ! J'allonge de puissantes foulées, mon rythme cardiaque est mesuré, je cours -vite- mais j'ignore pour combien de temps, c'est un parcours d'endurance bien plus que de vitesse ! Il est possible d'ailleurs que dans sa précipitation -elle- ait mal jaugé ses forces. Je réfléchis à tout ce qui me permettra de la rattraper, de la stopper... La-bas, au bout de ce plateau désert et masqué par le neige qui tombe à nouveau, il y a la falaise, et le lac en dessous. Cela aussi je le sais, à mon arrivée, tout à une chasse difficile, j'ai découvert l'abîme presque au moment d'y tomber, elle le sait également, j'en donnerais ma main à couper.

Je la vois, enfin, elle peine en effet, et semble à l'arrêt. Le trou béant est à quelques mètres, son animal peut les franchir d'un bond ! Je tends mon mental, je dois lui parler ! Comme je parlerais à un esprit déjà passé ou en passe de franchir le voile ! Pas moyen de redevenir moi bipède, et c'est probablement une mauvaise idée.

La communication mentale, entre métamorphes ça existe, mais c'est loin d'être des conversations de salon, ça se résume au partage de sensations, des perceptions, moi je l'énonce sous forme de phrases, mais elle le recevra en émotions !

Please wait ! :

La formulation me fouette l'âme ? Pourquoi en anglais ? Que je m'en étonne surprendrait bien des gens, après tout, je suis né aux Etats-Unis et porteur d'un passeport américain, mais … Enfin là n'est pas l'important, je chercherais plus tard.

Before you should know !:

Elle entend, elle me regarde, elle n'a pas fait l'irréparable, si elle le fait, je lui sauterai dessus, et nous tomberons tous les deux !

Death is a liar... :

La panthère est immobile, il me semble qu'elle attend la suite ? Suis-je en train de me leurrer ?

In your cultures it promises to take souls !:

Je continue, je sais, j'ai parlé avec les souffles en errance, avec les âmes de retour aussi...

But it only opens a door, Anguta will welcome you...:

For a whole year you will learn with him...:

Une année, c'est ce que disent les textes, ceux écrits comme ceux parlés... Une année seulement entre deux cycles.

How to return to this world, and take your place in another life...:

Death is a passage, life is eternal!:

Ce qu'elle en pense je ne saurais le définir exactement, mais elle est figée, comme statufiée !

J'ajoute, ma pensée est revenue au finnois, va savoir pourquoi ?

« Je le sais, je suis chamane, j'accompagne les morts de l'Autre côté. »


Charybde en Scylla - Page 2 Img_4510

@dreamcatcher et @"Lullaby " Défi relevé !
Lullaby a écrit:
Pour un post, écrit tous tes dialogues en anglais (au moins 5 phrases)


Follow

the dream spirits
Dreamcatcher
Messages : 196
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Lun 6 Juin - 17:05
Charybde en Scylla - Page 2 72994910
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla - Page 2 Val10



Avatar: Alissa White Gruz
copyright:️ Ma pomme

Charybde en Scylla - Page 2 0hqp


Mourir pour recouvrer sa LIBERTÉ...L'idée que son trépas soit une fin utile pour un de ses semblables tel que Val, l'Unique d'une vie qui s'achèvera dans quelques foulées, la remplit d'effroi et de dégoût. Mais aussi...d'un bien être indescriptible. Aux nombreuses existences qu'il avait sans aucun doute sauvées, elle s'offrait le luxe d'une morbide reconnaissance. Après tout, il lui était bon de se donner, finalement, peu importe le linceul qui recouvrira sa carcasse.


La présence silencieuse du natif mais ô combien embaumeuse d'un désert sans lumière, la mettait en colère contre elle-même, contre ce doux sentiment qui la hantait méchamment. L'âme sœur...Son sang versé, offert, abîmerait enfin sans concession l'échéance inévitable et il était trop tard pour une improbable rédemption.

Elle était lasse, si lasse de toute cette Nuit noire de combats intérieurs qui l'étouffaient depuis sa toute première réminiscence. Mais cela et tant d'autres perdureraient jusqu'à son dernier souffle, elle le savait et le craignait, subissait l'angoisse de ne plus éprouver le courage de lutter. Elle se sentait dévastée aussi sûrement que les levers du soleil, immuablement. Elle ne pouvait plus se survivre, pas avec cette chose qui coulerait désormais pour l'éternité dans ses veines. Un amour vampire...L'image la fit « ricaner », elle remonta les babines, découvrant ses crocs de bête sauvage.

Il lui volait sa Vie, le sentiment de fusion lui suçait le cœur, son refus de se laisser emporter par ce destin tragique aspirait son essence. Elle n'avait plus le choix.

Au bout d'un moment, elle finit par ralentir, le poids de son corps pénalisant son avancée dans la poudreuse. Elle n'imaginait pas qu'il la suivrait. Qu'est-ce qu'il en avait à foutre ?! Elle avait si bien absorbé le magnétisme de son rejet, tous deux complices d'une puissance de répulsion aussi harmonieuse que venimeuse.

Brusquement, un coussinet pissa le sang, la bête s'étant sans doute blessée sur une mauvaise pierre. Elle boita sur plusieurs foulées, dut ralentir, jusqu'à stopper sa course, les ventricules dilatés, la patte légèrement surélevée. Face à elle...Elle ferma les paupières, renifla l'air d'altitude au-dessus du gouffre. Dans son corps de terrienne, elle souffrait du vertige mais pas pendant les métamorphoses. Elle baissa un peu la gueule, évaluant la distance qui la séparait de la Fin. Plusieurs centaines de mètres...Une poignée de secondes tout au plus avant la Délivrance.

Mais l'Autre rappliquait, presque sur ses talons. Plus léger, parfaitement adapté à son environnement, il pouvait tenir bien plus longtemps à courir dans la neige.

Val...L'Impossible. « Dégage ! FOUS MOI LA PAIX ! »

Elle tenta de s'opposer à la transmission de ses paroles muettes mais l'endura malgré sa volonté.

«...Attendre ? Quel intérêt d'attendre ? »


Lentement, elle se retourna, lui fit face, le regard si...paisible.

« ...Une...menteuse ? »

L'intérêt provoqué tout à coup la fit gronder.





Le choc de ce qu'il venait de lui communiquer mentalement la coagula toute entière. Car le pire, oh le pire...se résumait à la prescience éprouvée de cette vérité-là. L'homme ne mentait pas mais partageait simplement ce qu'il était et ce qu'il savait.

Un chamane...Une grâce...démoniaque...qui lui révélait l'Après ! Mais elle ne voulait pas savoir ! Elle ne voulait pas ! Il lui arrachait son espoir de Néant ! Annihilait sa joie de quitter ce Monde ! De LE quitter ! Son dieu n'existait pas !

« Je t'interdis de me voler ma mort ! JE T'INTERDIS ! »

L'impression sordide d'être pillée, dépouillée de tout ce qu'il l'avait maintenue jusqu'à présent sur Terre, la fit le haïr sublimement à cet instant-là.

« On s'abomine autant l'un que l'autre. Alors viens, Sorcier !  Suis moi chez ton Anguta si tu l'oses ! »

Et dans un sursaut d'une ire bestiale, elle se jeta sur le loup,  brandissant ses griffes afin de le lacérer. Sa part d'humanité ne croyait plus en rien, sa Foi se réduisait à la conviction qu'elle irait là-bas, SEULE.

Elle rugit, et l'ultime râle résonna entre les rochers.

Charybde en Scylla - Page 2 C7a96e11

Sur l'autre rive, on aurait observé, halluciné, la chute soudaine d'une grande masse noire.

Spoiler:
Val
Messages : 135
Date d'inscription : 27/02/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : /

Univers fétiche : Avatars réels, mais tous types
Préférence de jeu : Homme
tea
https://i.servimg.com/u/f90/20/28/18/45/tm/espoir11.jpg https://www.letempsdunrp.com/t5103-carnet-de-notes-de-val#102055 https://www.letempsdunrp.com/t4965-bonjour-bonsoir
Val
Mar 7 Juin - 12:58
Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.    
A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.  


avatar :copyright: inconnu

CHARYBDE EN SCYLLA



Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Janvier 2022

 Charybde en Scylla - Page 2 Panthe10  

- On s'abomine autant l'un que l'autre. Alors viens, Sorcier !  Suis moi chez ton Anguta si tu l'oses !  

Elle est là, agressive, les crocs montrés... Je ne sais pas si c'est l'échec, ou la course qui m'a beaucoup demandé, ou juste qu'après tout je suis un homme ! Et parfois, les hommes, même ceux qui se contrôlent et se veulent sage et tolérant, pètent les câbles ? Qu'y puis-je si elle veut absolument expérimenter un aller-retour chez « mon Anguta » ? D'autres l'ont fait, souvent à ce que j'ai pu comprendre la mort les refuse, elle ne veut pas qu'on s'impose chez elle, c'est un peu comme s'inviter à dîner de façon insistante et sans avoir prévenu, risquant de mettre en péril ton hôte qui n'avait pas prévu tant de nourriture...  

Une part de moi se rebiffe, si j'ai un pauvre bougre qui me tombe dessus, affamé, même s'il prend plutôt que demander, j'essaierai de partager de façon équitable, et s'il a vraiment faim, et qu'il n'y a pas assez, je jeûnerai...

Mais là, c'est différent. D'abord il ne s'agit pas de manger, ensuite, elle se comporte comme si mon avis dans la question ne lui importait pas ! « On s'abomine autant l'un que l'autre ! », je passe sur le « sorcier », même si dans sa bouche c'est une insulte, je le suis... J'ai tendance à mettre les chamanes dans une catégorie à part, pour moi les « sorciers » sont davantage liés aux forces négatives, ils détruisent plus qu'ils ne construisent, mais sémantiquement parlant, je suis bien un sorcier moi aussi.  

Ensuite ce n'est pas elle que « j'abomine », juste cette contrainte de me retrouver lié. Je sens déjà l'alchimie, mes réactions ne sont pas naturelles. Je devrais dire « ne le sont plus ». Face à ce félin que je sais femme et qui me menace, mentalement comme physiquement, mon loup se met lui aussi en position d'attaque. J'arque le dos, contracte mes épaules, met ma queue à l'horizontale, baisse les oreilles en arrière, et je grogne, sourdement, les poils hérissés et les crocs montrés ! Il suffit ! Ça fait des heures maintenant, du moins en ai-je l'impression, qu'elle est arrivée de nulle part, son cheval tenu à la longe, boiteux, douloureux, et qu'elle m'a envoyé balader malgré toutes mes tentatives d'apaisement !

Je lui fais donc face, furieux, incapable de retenir la rage qui m'habite ! Je me fais honte, mais je ne peux plus m'en empêcher ! Elle me vole ma vie ! Elle m'ampute de mes rêves ! Elle saccage l'ensemble des recherches que j'ai faites pour devenir meilleur, des enseignements que je suis allé chercher le long des routes d'au moins trois continents et sur tant de vastes océans !  

A nouveau, en moi une partie d'Amka hurle :  

Je ne veux pas !  

Mon mental lui renvoie, à travers la bave qui coule de mes babines

« Tu vas découvrir que ce n'est pas que « MON » Anguta ! Va donc ! Va ! Disparais de mon existence ! Poursuis ton chemin égoïste et solitaire !  »  

Mon odorat sent le sang qui coule de sa patte blessée, et la partie sombre de mon âme se réjouit ! Je découvre une facette de moi que je n'ai jamais laissée sourdre -simplement sourdre!- et encore moins s'exprimer !

« Que Keelut le chien des enfers t'habite et te laisse errer sur la neige jusqu'à ce que tu te transformes en statue de glace ! »  

« Qu'Irdlirvirissong le cousin démon de la lune t'entraîne dans une ronde jusqu'à l'épuisement ! Qu'il te dévore l'intestin parce que tu as ri de sa danse grotesque ! »  

Si la colère ne cesse d'enfler en moi, la honte prend des proportions aussi démesurées ! Que suis-je devenu ? Quelle face de moi se dévoile ainsi que je n'ai jamais croisée, même lorsque cette maudite assistante sociale est venue pour m'arracher aux miens parlant de me placer pour m'assurer un avenir glorieux dans une famille qui ne serait pas la mienne !  Loin de ma culture et de mon pays !

J'ai honte, et la honte alimente la colère ! C'est une expérience que je ne souhaite pas renouveler, qu'à vrai dire je me serais bien passé de connaître !

Et puis... Elle attaque vraiment ! Plus de démonstrations de force, plus de crocs montrés et de feulements auxquels répondent mes grondements ! Je reçois de front près de deux fois mon poids de muscles durs et noueux, elle m'entraîne dans une sorte de roulé-boulé meurtrier, me laboure la chair, tente de me déchirer ! Aurais-je bondi moi ? Ou me serais-je contenté d'insulter et de défier, jusqu'à ce qu'elle décide de cesser ses intimidations ? Je ne le saurais jamais. Tandis qu'elle essaie de parvenir jusqu'à ma peau à travers une lourde fourrure d'hiver, je mords avec hargne, cherchant le cou et l'artère qui l'enverra plus vite dans le monde d'Anguta !  Je réentends ma grand-mère... Au moment même ou je sens le goût du sang...  

« Ne verse jamais le sang Amka, jamais quand tu n'es pas homme ! Ne le bois surtout pas ! Le sang, c'est l'ultime âme d'une âme... »

Quand elle m'a dit cela, je l'avais regardée comme on regarde un être dénué de raison. Verser le sang ? Moi ? Autrement que pour une offrande au Tout avant de faire d'une proie mon repas , remerciant par là-même la créature dont le sacrifice me permettait de survivre ? Jamais je n'imaginais à ce moment-là vivre un jour où je mordrais à pleins crocs dans la peau d'un autre change-peau avec l'intention manifeste de le priver de la vie !  

La panthère se débat, nous roulons, elle rugit, essaie de se détacher de moi, y parvient presque quelques secondes et prend son élan ! Une grand masse noire bondit dans le vide, la neige autour de moi est rouge, pas même rose, mon épaule gauche me lance comme si l'on m'avait à nouveau arraché le bras, j'ai une blessure à l'aine dont je me contrefiche ! Elle fend l'air et saute, et je saute avec elle !  Comment j'ai fait, comment le loup que je suis a-t-il réussi à égaler un bond de félin ? Je l'ignore... Nous nous trouvons à nouveau liés, ma gueule est fermement refermée sur ce qui -humaine- doit être une partie de son dos, entre l'aisselle et la hanche, j'ai les crocs plantés dans sa chair pour ne pas tomber !

Tandis que nous tombons, brisant dans la chute des stalactites de glace formées par l'eau gelée de la cascade, j'incante ! J'annonce à Anguta l'arrivée de deux âmes, je fais mon auto-critique ! Chamane de pacotille ! Cédant à la colère au lieu de calmer une âme suicidaire ! Je prie, j'appelle l'ensemble des esprits de la nature, de ce monde et de l'autre, j'essaie d'intercéder en sa faveur car la vie n'aime pas le gâchis, et la mort d'un être jeune, en bonne santé, dans une période d'abondance, n'a aucun sens !  Je sens son pouls, non pas brouillon et rapide comme il devrait l'être après notre bagarre et sa rage non contenue, mais presque trop lent... Elle est partie sur la glace... Elle a jugé bon de quitter ce monde, pourquoi ? L’abîme de douleur ressenti au début de notre rencontre ne suffit pas ? Je sais pour avoir croisé bien des douleurs que l'homme cède rarement, au dernier moment, la vie reprend ses droits et le suicidaire se « rate », une partie de lui le déplorant, et l'autre en remerciant les esprits.

La réponse qui m'apparaît me galvanise, je la refuse elle aussi, comme je refuse la femme, l'âme sœur, et cette diablerie qui nous est tombée dessus alors que l'un et l'autre nous avions tant de choses à faire bien plus profitables pour nous comme pour le monde !  Je m'accroche, je continue à chercher des réponses et à prévenir de notre arrivée ! Ma bouche est pleine de son sang, à moins de céder prise je dois l'avaler, sinon je vais m'étouffer !

« Ne consomme pas le sang d'un autre souffle Amka ! Ne verse pas le sang sans raison ! ».

Je ne le « consomme » pas Ancienne ! Je dois le boire pour ne pas m'étouffer ! Si je le garde en bouche, je ne pourrais plus respirer !  

Avez-vous remarqué comme une chute est à la fois lente et rapide ? Il m'est arrivé de tomber d'un arbre, je suis aussi tombé à l'eau une fois ou deux d'un bateau... Celle-là sera fatale, et j'ai la sensation qu'elle est sans fin ? L'air nous retient, il semble nous retarder ? L'eau gelée en se brisant freine notre descente aussi ! Comme si tous les éléments se mettaient en travers de notre route ?

Et puis, je sens en moi comme une poussée ? Une douleur atroce, comme le jour où mon bras s'est trouvé pris dans un filet qu'un treuil continuait à lever tandis que moi, mon corps, restait au sol, le souffle coupé par l'écartèlement ! Mes bras s'étirent, mon torse se déchire, ma gueule de loup aux crocs acérés se durcit en un bec de corne solide et courbe !  Dans un croassement guttural j'étends mes ailes... Je suis le Valravn ! Le corbeau légendaire qui mute sur les champs de bataille une fois les morts dévorés en créature hybride à l'arrière train de loup et au torse d'oiseau ! J'atteins ma taille humaine et mon bec est fermement planté dans la chair de la panthère, je n'ai pas de serres pour la tenir, mais j'y arrive parfaitement ainsi ! Petit à petit, tandis que le sol se rapprochait, je  m'élève dans les airs, emportant ma proie qui se débat de toutes ses forces !  

« Ne verse jamais le sang Amka, jamais quand tu n'es pas homme ! Ne le bois surtout pas ! Le sang, c'est l'ultime âme d'une âme... »

Pourquoi ne m'as-tu jamais prévenu de cela ! Toi qui disais avoir la vision de l'innommable ! Pourquoi ne m'as-tu pas dit que j'accueillerai AUSSI l'oiseau !  

« Parce que, Amka l'amical, le corbeau est un être de l'autre côté... Le loup arpente la neige de la vie... le corbeau vole parmi les morts... »  

Je me pose loin du bord de cette maudite falaise, déposant sans trop de précautions mon fardeau...  

Sommes-nous de l'autre côté Ancêtre ?  

Comparerons-nous bientôt devant Anguta ?  

Si oui, alors, j'ai échoué ?  

Je n'ai pas sauvé l'âme que je voulais garder dans la lumière ?  


Charybde en Scylla - Page 2 E9635810



@dreamcatcher


Follow

the dream spirits
Dreamcatcher
Messages : 196
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Mer 8 Juin - 20:34
Charybde en Scylla - Page 2 Origin10
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla - Page 2 Val_210



Avatar: Alissa White Gruz
copyright:️ Ma pomme
Qui oserait s'arroger la capacité de comprendre à quel point le simple fait de « vivre » chez Mary Gaberlie, lui mettait la tête à l'envers ? Ses enfances et primes jeunesses n'avaient jamais expérimenté, ce qui, chez ses semblables lambdas et « normaux » s'apparentait aux concepts de « bonheur », « douceur », « amour », « confiance », « joie », « amitié »...Gavée de vide par une mère soumise et fanatique, martyrisée par un père sadique, ne perdurait, au fil des heures et des sombreurs, que le luxe de se foutre la paix avec tous ces bons sentiments qui n'existaient pas.  Se construire aux remparts d'une facilité lâche, ne prendre aucun risque affectif, ne RIEN laisser entrer en son intimité. Immoler le Mal à la soie d'une miséricorde ? Allons donc ! La pauvre fille n'en possédait ni les ressources ni les moyens, nul ne l'ayant accompagnée sur son chemin de croix. On ne s'affranchissait pas d'un tel enfer.

Se confronter à l'âme sœur constituait un dommage collatéral irréparable : une faille sans précédent dans laquelle une dimension surnaturelle l'engouffrait contre son gré. Mais sa mémoire, travestie par des abysses ancestrales*, considérait ce phénomène inconcevable, réservé à tous les autres mais pas pour elle. Une saine exclusivité qu'elle respectait, qui l'arrangeait. Acter sa propre exclusion de ce système « extra-humain », l'affranchissait de l'indispensable mais ô combien salvateur travail sur soi. Mary la feignasse, Mary la pleutre. Tout ce qui la concernait en profondeur l'emmerdait, l'horrifiait, la terrorisait. Elle se fuyait despotiquement, incapable de se donner ne serait-ce qu'une miette de seconde chance.  L'échappatoire d'une auto condamnée.

Réduite à se glorifier de n'incarner qu'une imposture, elle avait fini, au fil des années et des sévices, par s'inventer une chimère de semblant de bien-être. Aussi toxique que possible envers elle-même, engluée dans une exécration sans fond, elle s'était perdue dans les affres d'une haine  « bienfaisante ». Envers les siens, envers les autres, envers les inconnus, envers l'humanité toute entière mais surtout, oh surtout, envers elle-même. On lui avait cloué dans le crâne qu'elle n'était qu'une merde qui  ne méritait pas son existence. La fillette, diabolisée , s'en voulait à mort d'être, ensevelie dans sa mésestime comme une bête en cage. Sa propre détestation irradiait la rage d'en finir une bonne fois pour toute, plutôt tôt que tard. L'échéance de la vieillesse lui donnait des sueurs froides en effet. Ne pas choisir ni sa mort ni le moment de la délivrance attisait une angoisse existentielle. La belle ironie ! Alors, à l'épicentre d'une déshumanisation qu'elle invoquait fatalement, elle inversait les pôles : pousser à bout n'importe quel semblable qu'elle rencontrerait, provoquer Valvarn au-delà de la limite de ses retranchements. Une mortelle de plus ou de moins, quelle différence ? Qu'est-ce que ça pouvait bien faire ?! Elle serait enfin délivrée de ce monde sans pitié et sans avenir.

Une machination à se détruire. L'œuvre maléfique, silencieusement, intimement, avait sculpté sa muse avec passion. Mary usait, -et s'amusait- de mille petites choses afin de se rendre la plus détestable possible. Un bâton de maréchal qui finissait par la massacrer. Un objectif conscient et choisi où l'euthanasie devenait une raison de vivre. Morbide dichotomie. Princesse désespérée amoureuse de la Mort sublimée en Prince Charmant. Tordue. Effroyable. Suicidaire.

Disloquée.

Et celui qui lui faisait face possédait une âme si belle, si lumineuse, si...transcendante ! Elle l'avait flairé avant même qu'il ne mute en loup, dès les premières secondes de ce putain de lien ! À la pureté de cette aura divine, elle ne s'autorisait qu'un refus absolu, radical. Elle ne méritait que l'implacable de l'inconcevable.  Qu'il s'engage avec une autre ! Mais pas avec elle, ça ne la concernait pas ! La belle tartuferie que ce mythe d'âme sœur !

La harangue silencieuse et vindicative de l'ennemi la fit ricaner : elle retroussa les babines sans feuler, les yeux brillants de plaisir mauvais. Il suffisait de les provoquer...Tous pareils, prévisibles, vils. Le beau savant pétait sa faille sous ses airs de sage vénérable, révélant son Ombre !

-Que crois-tu maudit loup ?! Je n'aspire qu'à ça, DISPARAÎTRE ! Et ne pas subir cette aliénation qui me tombe sur la gueule ! Qu'il vienne ton cabot ! Qu'il me bouffe vivante ton démon ! Je n'attends que ça, tu entends ? ! Je n'attends que ça !

Elle en dégueulait de répugnance. Ne pas se rendre là où la conscience s'annihilait ! Lutter ! Se battre pour se délier ! Se déposséder de cette chaîne atroce ! Elle n'en pouvait plus la bête, se laissant emporter par un paroxysme de colère, de refus, de déni, de rejet.

L'âme fracassée qui agonise. La révolte d'un déchet humain qui se délite.

Ses ressentis, multiples et destructeurs, l'embrouillaient et l'enfonçaient dans un abîme d'abysses. Mary sombra alors dans une violence incontrôlable, si pathétiquement injuste. Le pauvre loup, le pauvre Valvarn, n'y était pour rien dans son histoire. Mais ce fut sur LUI qu'elle se dé-chaîna.

De toute sa puissance de félin, elle se jeta sur lui, cherchant à lui faire mal au moins autant que celui qui la rongeait depuis leur rencontre. Qu'il paye ce chaos qui la bouleversait depuis ce fameux jour où ils s'étaient croisés au restaurant ! Se venger de ce calvaire supplémentaire ! Ô rage et désespoir ! Ses crocs et ses griffes hurlaient sa démence !
Mais le loup résista à son agression et au milieu de leur combat, réussit à percer la jugulaire. La chaleur poisseuse qui s'écoula soudain la rendit impatiente. Il était plus que temps d'en finir. Alors, dans un déchirement ultime, elle réussit à s'extirper de son emprise et sauta.


"N’entre pas à l’ombre de mon ombre gisante
Quand mes os seront les derniers biens épars,
Ne viens pas sur la dalle piétinée de peine
Ne te souviens plus du mur de l’ombre,
Quand mes yeux ne savaient que la chasse au soleil
Et la terre perdait pied comme devant la mer,
Le sang pour eux n’avait plus de frontière
Ne me cherche pas entre les barreaux du soir,
Ni à l’ancrage branlant des cimetières,
Dans la lampe rouge de ta longue mémoire,
J’ouvre la flamme et tu gis dans la lumière…"

Rina Lasnier


SUSPENSION DU TEMPS. L'ESPACE EN INTERVALLE.

L'entre deux. Penduler entre Vie et Mort.

« IL est...scellé douloureusement contre mon flanc ? La mâchoire agrafée à ma peau ? Mais que... ? »

Fragment de seconde où elle ne comprend pas. Son corps souffre, elle éprouve l'hémoglobine qui s'évapore, un frimas qui s’immisce, une mollesse qui s'essouffle.

S'abandonner. Se laisser glisser...L'air plaqué sur son pelage par la chute en devient presque brûlant, contradictoire, râpeux.

L'esprit du loup suinte : il supplie, conjure, appelle...Pour ELLE ? Il ne s'agit plus d'une parole, d'une idée, d'un discours, d'une intention...C'est un acte. Concret. Authentique. La part animale est convaincue de la nécessité de son geste ultime mais insidieusement, à cause de cet « ancrage sanguinaire » qui ne la lâche pas, un ersatz de doute étreint soudain Mary- l'anthropoïde. Cèdera t-elle à la tentation de regretter son geste entre le pont et l'eau¹?

Ses forces flanchent. Le trop plein de guerres intestines, de désolations commencent à se fissurer, très lentement, si lentement de ce temps imperceptible aux vivants. « Tu crois savoir mais tu ne sais rien. J'ai vécu dans une "mort-vivance"...Je vais vivre, vivre tout court, enfin réunie en Une... »

Elle s'en fout de ce qui existe ou pas derrière. Juste, tout ça va s'arrêter. Plus de tourments, plus de cauchemars, peu importe le sacrifice à expier.

Et toute la misère du monde chuchote : « Va t-en, retourne à tes pouvoirs et tes calices d'éternité. Ne te gâche pas avec moi... »

Pourquoi est-il ENCORE LÀ ?!!!

Une de ses pattes se brise sur la glace. Leur chute se poursuit, immuable.
Mary-l'Enfer s'empoigne, Valvarn-le Ciel s'agrippe. Le crépuscule s'intensifie sans bruit, ses couleurs chatoyant un peu plus à la nuit qui s'avance doucement. La panthère se meurt. La fille aux cheveux bleus s'assourdit.

Une bruine pulvérise sa conscience. Paupières closes, incrédule d'une rédemption, elle entend à peine le croassement pourtant puissant qui s'élève dans le silence. Un souffle incommensurable l'étreint plus fort alors qu'elle s'enfonce. La torture des plaies se dissout. Mary dépose les armes.

Elle n'est plus en ce monde.

Spasme d'agonie. Les muscles et les nerfs trouvent la force de se débattre une dernière fois, avec frénésie, contre le monstrueux oiseau.

***

IMMACULÉ

Il fait chaud, une suave douceur l'enveloppe. Elle sait qu'elle doit attendre.

Elle attend.

Elle se sent chez elle et à côté. Elle ne pèse plus. Elle savoure.

Elle attend.

Elle baigne, apaisée. Unie.

Elle attend. Mais il n'y a pas de Temps.

La Paix.

Une extase



...



« Mary, n'aie crainte. Je suis Anguta, le Suprême. Un initié m'a invoqué et je suis avec toi. Tu ne peux me voir et tu ne me verras pas. Tu es au seuil d'Adlivun, le monde souterrain, et je vais t'accompagner là où tu as besoin d'aller ».




Une béatitude


Aucun mot de langage terrien n'aurait pu définir le son de cette « voix ». Il se diffusait à la fois à l'intérieur de son état, à l'extérieur, s'exhalant en vibrations duveteuses.

Elle ne « résonna » pas. IL savait avant même qu'elle ne « réponde ».

« Vois »

L'Espace s'illumina. Intensifié. Densifié. Un Voile d'argent se déplia en infini. Elle flottait, désincarnée.

« Maman ? Papa ? » Les deux gosses pleuraient à chaudes larmes et au fur et à mesure que leur chagrin se déversait, le sel de leurs sanglots se séparait de l'eau, roulant jusqu'à l'organe vital.

Elle voit.


Les ventricules cuisent sous l'effet des cristaux. Ils se rétractent petit à petit. Ne reste plus qu'une peau de chagrin, flasque, plate, ridée, desséchée.

« Écoute. »« Tu t'es trompée Mary. Ce n'est pas de ta faute, ni de la leur. Entends ton cœur. »
La nature de ce qu'elle est désormais, s'applique à distinguer avec honnêteté, avec Vérité.

« Je peux aimer et je suis aimable », dit le Cœur.

Elle entend.

***

ARCHE EN CIEL


Sans transition, des myriades de souvenirs, multicolores, s'animent tout le long d'une voûte vaporeuse. Les évènements de sa vie s'arc-boutent en une multitude de petites scènes mouvementées, collées les unes aux autres. L'Arche n'est pas bien grande.

« Ce n'est pas ton Heure, pas encore. Tu as une mission à accomplir et un chemin à parcourir avant ».

Les images disparaissent faisant place à de grandes silhouettes sur fond d'azur.  L'Arcade se rapproche, « Aie confiance », puis se tient au-dessus d'elle.

Une fusion

Le paysage, sans horizon, verdoie et chante parmi des collines fleuries, jolies. Des cascades, ici et là, brillent et jaillissent. Les effluves d'un nectar d'ambroisie chatouillent ses narines. Une Dame, toute d'or vêtue, lui fait signe. Elle se nomme Bienveillance et sourit. A ses côtés, un Être s'incline pour la saluer, c'est Pardon, couronné de diamants, nimbé d'humilité scintillante. S'avance alors le troisième personnage. Auréolé d'une brume délicate, elle le distingue avec difficulté.

« Bonjour, Mary. Assieds-toi près de Moi. »

Elle obtempère sans dire un mot.

« Mes compagnons se soucient de toi au moins autant que Moi. Nous sommes inséparables à vrai dire, tu comprends cela, n'est-ce pas ? »

« Oui ».

« Bien. Mais vois-tu, nous ne nous contentons pas de nous-mêmes, nous avons besoin de toi pour vivre. Alors, je vais te poser une question très simple : acceptes-tu de nous accueillir en ton âme et ton cœur afin que nous puissions continuer de vivre ? Quel que soit ton choix, sache qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible. Anguta n'impose rien, il propose et tu disposes. Cela t'appartient mais pour le destin qui est le tien, soupèse en Vérité ta décision. »

Il joint les mains.

« Tu dois avoir du mal à comprendre pourquoi nous nous soucions de toi. C'est notre charisme, cela fait partie de Nous. Mais il est dans notre fonction une règle sacrée à laquelle nous ne dérogeons jamais : le respect absolu de la Liberté de ton âme. »

Le lieu où ils se tiennent est tranquille, reposant, serein. On peut tout y exprimer.

« Mais qui es-tu ? »

Ce qu'elle entrevoit de son visage se met à sourire.

« Je suis. Quand tu auras fait ton choix, je te dirai mon nom. »

« Mais comment puis-je accueillir un inconnu ? »

« Ici, il n'y a pas de comment, de pourquoi, de quand, de qui, de quoi, où...Cela EST. Et cela suffit. »

Elle détache son attention des trois entités et regarde au loin, réalisant, par une tendre omniscience, qu'en ce lieu le Mal ne l'atteindrait jamais.

« Puis-je avoir confiance ? »

Pas de réponse, pas de réaction. Leurs profils ondulent, comme s'ils n'étaient qu'une projection.

« Je ne sais pas...je ne sais plus... » La sensation s'enroule en boule mais étrangement, nouvellement, elle n'a plus peur, toute méfiance s'en est allée.

« Vous êtes la Source n'est-ce pas ? Et «  Cela » est pur, vertueux, juste...Mais je ne mérite pas...Je ne... »

Une onde bienfaisante l'enlace « corps » et âme. Elle se fourvoie, encore une fois.

***

METEMPSUKHÔSIS²

« J'accepte.»

Il hoche la tête, simplement.

« Je suis Amour, fille d'Eve, et en l'honneur de ton choix, je vais te donner le levain qui te permettra de poursuivre ta route. Je te remets ce qui a été honni à ton commencement. »

Il se lève, lui fait face et impose ses mains sur son front. Dans une langue innommable, il prononce des modulations indescriptibles puis se recule.

« Va. »

Et sans autre « cérémonial », les alentours se rétrécissent, s'assombrissent dans un blanc étincelant. Elle se sent emportée, les cellules explosées mais sans affres et se retrouve brusquement au-dessus du lac gelé, à l'endroit où elle s'est jetée. Quelque chose d'elle vole sans ailes, tournoie un peu. Sa panthère git en contre bas. Elle doit la rejoindre.

Résurrection d'une conscience suppliciée. L’Étincelle avait été déposée, troublante. Le contre poison allait agir subrepticement, se faufilant au travers des méandres bétonnés.

Nue comme un ver, couchée sur un côté, elle souffrait atrocement, perdait trop de sang. Par réflexe, quoique très faible, elle posa sa main contre son cou, là où les crocs du loup avait ouvert l'artère. Ça coulait sans pression, étonnamment. Elle tenta de se relever mais des  douleurs intenses la firent gémir. Sa jambe... ! Son flan ! Les doigts maladroitement tâtonnants, elle sentit les chairs profondément ouvertes sur sa paume, poisseuses. Elle allait donc tirer sa révérence ainsi, seule au milieu de rien, frigorifiée? Elle se mit à claquer des dents, eut soif et dans un effort de survie, lécha la neige tout contre ses lèvres.

Exténuée...épuisée...Dormir. Dormir. Dormir. S'ensevelir dans l'inconscience.

Elle ne se souvenait plus de ce qui venait de se dérouler dans les « limbes ».

Marie était née.

***

*Abysses ancestrales: Mary a commencé à être battue par son père dès l'âge de trois ans.

¹Une veuve se confessait au Curé d’Ars suite au suicide de son mari qui s’était jeté d’un pont dans un fleuve. Elle pleurait : « …Mon pauvre mari ! Il est en enfer ! Il s’est suicidé et le suicide est un péché mortel. Il est en enfer ! ». Et le Curé d’Ars lui dit : « Mais, attendez Madame, entre le pont et l’eau, il y a la miséricorde de Dieu ».

²Métempsychose
Val
Messages : 135
Date d'inscription : 27/02/2022
Région : France, Ile de France
Crédits : /

Univers fétiche : Avatars réels, mais tous types
Préférence de jeu : Homme
tea
https://i.servimg.com/u/f90/20/28/18/45/tm/espoir11.jpg https://www.letempsdunrp.com/t5103-carnet-de-notes-de-val#102055 https://www.letempsdunrp.com/t4965-bonjour-bonsoir
Val
Mar 14 Juin - 6:41
Amka « Valravn » Wraith
J'ai 33 ans et je vis pour le moment à Helsinki, Finlande. Dans la vie, je suis .. . que dire ? J'ai fait à peu près tous les métiers qui ne demandent que de la bonne volonté et du muscle, pas que je sois idiot, mais je n'ai pas en tête de « faire carrière » dans aucun. En fait, je suis chamane en quête du Savoir qui fera de moi un sage porteur de sagesse auprès de tous. Je suis célibataire, mon rôle ici bas n'est pas de procréer, mais de transmettre autrement l'humanité et la paix. Je dois être libre, attaché à tous et non à l'un(e), pour aller au bout de ma quête,.    
A quatorze ans, j'ai accueilli lors d'un rituel initiatique, l'esprit du loup. A seize, le Corbeau m'a été donné, le « Valravn », celui qui accompagne les âmes aux mortes de l'Autre côté, au delà des brumes sur la glace... Oh... En passant... J'ai un passeport américain, mais je suis inuit, quand je ne parle pas le Yupik sibérien, assez peu usité dans le reste du monde, j'ai une préférence pour le Russe, appris avec les marins sur les bateaux de pêche puis les cargos où j'ai commencé ma carrière professionnelle. Pourquoi ? Parce que disons que les USA et moi sommes un peu en froid, c'est une longue histoire, depuis la mort de mon père ! Mais bien sûr, je peux vous répondre en Anglais, et même en Français, une autre histoire... Un jour, je conterais peut-être tout cela.  


avatar :Martin Sensmeier - copyright: inconnu

CHARYBDE EN SCYLLA



Mary Gaberlie & A. Valravn Wraith

Janvier 2022

  Charybde en Scylla - Page 2 Ms2710 Charybde en Scylla - Page 2 Alissa10  


Ce qui s'est passé exactement je l'ignore. J'ai prié, oui, « prié » est le bon terme. D'une manière générale, je n'emploie pas ce mot que je trouve trop connoté en anglais -et dans toutes les langues autres que la mienne- mais c'est ce que j'ai véritablement fait, là, en ce moment précis. J'ai tendu toute ma volonté afin d'intercéder auprès des esprits, Anguta le premier, toute ma volonté pour que me soit pardonnée ma colère et que lui soit conservée cette vie qu'elle ne semble pas avoir vécue ? Car qui -autre qu'un déjà mort- souhaite à ce point quitter ce monde ? Je ne sais rien, rien de ce que « qu'ils » ont décidé, mais nous sommes échoués l'un et l'autre, là où nous avons sauté, comme si le temps avait reculé de quelques « dizaines ? » de minutes ?

J'ai mal, atrocement mal, ma peau d'humain est revenue mais mes bras portent encore quelques traces de plumes... Le Corbeau ! Je n'ai pas rêvé, je suis devenu le Corbeau ! C'est donc moi qui nous ai « remonté », il fallait voler pour ne pas s'écraser ? Mais le corbeau est l'escorte des défunts jusqu'à l'autre monde ?  Cela veut dire aussi qu'elle est morte ? Pourtant elle est encore vivante ? Je ne dois guère être en meilleur état qu'elle, mais ELLE importe pour l'instant plus que moi.

Mon esprit embrumé me lance encore un  « Je ne veux pas ! »  . Non, je ne veux pas, je ne veux pas d'âme sœur, mais ai-je le choix ? Et puis, âme sœur ou pas, une femme est en train de souffrir, vais-je la laisser agoniser alors que je me proposais de soulager son cheval ? Soyons logique. Je me traîne plus que je ne marche, l'un et l'autre nous sommes nus, ensanglantés, j'ai vu la panthère s'estomper dans une noirceur qui se délite laissant place à l'humaine presque translucide sur la neige.

Je n'ai rien pour la soigner, rien pour arrêter le sang, rien pour cautériser les plaies ! Rien, sauf moi. Moi, mon cœur, mon âme, et la présence encore palpable des Esprits supérieurs à nos côtés... Une nouvelle fois j'invoque, je n'ai même pas les pierres rituelles qui sont censées augmenter l'impact de ma demande, et relayer le flux de vie. Qu'importe, ce qui fait la guérison, c'est la foi du chamane et la volonté des Esprits !

J'en appelle à  Akna déesse mère de l'accouchement car elle va devoir revenir à ce monde, à Torngasak origine de ce qui est bon et utile à l'homme dans la nature et je remercie Anguta d'avoir refusé l'entrée de cette âme dans le monde souterrain. Les mains présentées au-dessus de son cou d'abord, j'essaie de défaire ce que mon loup a fait, de stopper l'écoulement du sang qui emporte sa vie et de le rediriger vers son être pour que son âme se réapproprie ses corps, l'humain et l'animal...

Ce faisant, j'ai mal... Mal de tendre le bras gauche en avant, mal à l'épaule, au flanc... Tandis que je fais l'inventaire de ses blessures, celui des miennes s'impose. Je me rends compte que mes pieds et mes mains sont saccagés d'avoir couru si vite et si longtemps... Je m'interdis la culpabilité inutile qui me ferait dire « tu l'as cherché, tu as cédé à la pire des colères ! Tu t'es laissé provoquer comme n'importe quel imbécile belliqueux ». Ça ne servirait qu'à réduire mon empathie, et donc à gêner les soins que je tente de donner. Plus tard -oui- je devrais y réfléchir, et en tirer les leçons. Me suis-je laissé à ce point dépasser parce qu'elle est -que je l'accepte ou pas- mon âme sœur ?

Je m'oblige à respirer lentement, calmement, à m'emplir les poumons et à expirer longuement... Je dois essayer de concevoir cette chose ? Une âme sœur ? Moi ? Malgré ma propre souffrance j'essaie d'amoindrir la sienne, de soulager son esprit autant que de ménager son enveloppe. Je me dis que je le ferais pour n'importe quel blessé, que le concept d'âme sœur n'entre en rien dans ce processus ! C'est vrai non ? Je m'accroche à cette pensée. J'ai toujours proposé mon aide à toutes et tous, quelle que soit leur nature ? Je suis là pour rétablir l'équilibre du vivant ? Pourquoi le doute se faufile-t-il dans tous mes raisonnements ? N'ai-je pas toujours procédé ainsi ?

Combien de temps reste-je ainsi ? Une éternité me paraît-il ? Mais petit à petit, je sens la vie circuler comme la sève dans les veines d'un arbre, la chaleur revenir sous sa peau, et des frissons exprimer qu'elle est nue et donc a froid. Du regard, je mesure la distance que nous avons parcourue, nous poursuivant à vive allure, et soudain, le découragement me prend ! Je ne pourrai jamais la porter jusqu'à la caravane ! Pourtant il le faut ? A quoi bon avoir ramené la vie dans son corps -avec l'aide des Esprits et par leur volonté- si c'est pour la laisser mourir d'hypothermie ? Je me redresse, et me penche afin de la saisir, elle ne pourra pas marcher mais elle ne se débattra pas, elle dort.

A nouveau je prie, j'ai dû prier aujourd’hui plus qu'en toute une existence ! Donnez-moi la force de la porter... Faites que mon bras ne la lâche pas dans la neige, inutile et douloureux, au point de n'être plus que l'incarnation de mon échec ! Je m'effondrerai à l'arrivée s'il le faut, mais je dois la mettre à l'abri, elle doit continuer son sommeil réparateur à l'intérieur, allongée dans le lit sous une couette chaude... Je dois aussi allumer le chauffage chose que je ne fais jamais ayant fort peu d'alcool pour le poêle... et rester éveillé le temps de guetter la progression de son retour.

Beaucoup de choses, peut-être trop ? L'idéal serait que je parvienne à rappeler le corbeau mais jamais je ne m'étais métamorphosé en oiseau ? Je ne sais pas comment y parvenir ?

Une réminiscence plus qu'un souvenir remonte des heures passées, récente...

« Parce que, Amka l'amical, le corbeau est un être de l'autre côté... Le loup arpente la neige de la vie... le corbeau vole parmi les morts... »  

Alors le corbeau ne viendra pas ? Elle, est vivante ?

Et l'idée -stupide?- me taraude, tenace et insidieuse. Moi ? Le suis-je ?


Charybde en Scylla - Page 2 Loup_n10



@dreamcatcher


Follow

the dream spirits
Dreamcatcher
Messages : 196
Date d'inscription : 15/11/2019
Région : Ailleurs
Crédits : Pinterest

Univers fétiche : Historique
Préférence de jeu : Femme
patrick
Dreamcatcher
Ven 15 Juil - 17:26
Charybde en Scylla - Page 2 Origin10
Mary Gaberlie


À l'Ombre des ténèbres, rien ne s'efface, ni les eaux cendreuses, ni les lambeaux des jours.


J'ai 33 ans et je vis sur une île près d'Helsinki, en Finlande. Dans la vie, je suis sellière harnacheuse et je m'en sors en broyant du noir. Grâce à mes démons, je suis célibataire et je le vis implacablement.

Charybde en Scylla - Page 2 Val_210



Avatar: Alissa White Gruz
copyright:️ Ma pomme
-Anguta...Anguta...

Allongée dans le lit sommaire quoique confortable, elle s'agitait, yeux clos mais l'esprit grand ouvert, ailleurs. Ses lèvres murmuraient le Nom du Tout. Elle était revenue Mary et elle rêvait. Elle rêvait à LES retrouver, à s'envelopper de cette aura sublimement tendre et saturée de Paix qui l'avait étreinte si suavement. Si loin...

-Anguta...Amour...Bienveillance...Pardon...S'il vous plaît...Je vous en supplie...

Un non initié l'aurait prise pour une folle en délire.

Ses blessures l'épuisaient, la faisaient souffrir, mais elle implorait, oh comme elle implorait de ne pas les quitter...

Agnostique, elle priait.
Désespérée, elle espérait.
Suicidaire, elle exigeait désormais de Les mériter durant sa vie terrestre.

Lorsqu'en Fin, son Heure chuchotera son nom, elle pourra ainsi les rejoindre...L'acide d'une frustration d'appel la faisait haleter.

Mais tout ça, elle n'en avait pas conscience...
Pas encore...


« Passe et trépasse ! Ô ma quintessence ! Qu'en Toi palpite le T.e.m.p.s.* de la contemplation ! »

Soif et aspiration de l'au-delà se mêlaient et s'entremêlaient, fricotaient et tricotaient ensemble.

Au corps souffrant, l'âme s'élevait.

Se débattre sans se battre
S'aimer sans se détester
S'épurer
Se dépouiller
S'incarner

La fille aux cheveux bleus finit par émerger, lentement, douloureusement. L'éveil en émoi,toute entière drapée d'une étrange quiétude, son regard s'abandonna au hasard.

Puis elle tourna la tête et le vit. Valvarn. La brûlure de la fièvre et Cela lui ôtèrent toute retenue.

-Val...Il m'a parlé...Ils m'ont parlé...

Essoufflée, elle s'interrompit puis reprit sa litanie saccadée:

-Ramène...moi... Ramène...moi... Là-bas... Je t'en supplie... Ra-mène moi...Là-bas...

Cela avait transmuté en elle. Mais elle ne le savait pas.
Pas encore...

Mais le Chamane, lui, s'il voulait, pouvait le sentir, tel un loup affamé sur la piste d'une proie.

Spoiler:
Contenu sponsorisé
Charybde en Scylla
Page 2 sur 3
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE TEMPS D'UN RP :: Les Univers :: Univers fantasy-
Sauter vers: