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LE TEMPS D'UN RP

Brigade SPE.C.T.RE. (feat Lunatik)

Houmous
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patrick
Houmous
Jeu 17 Fév - 20:41
Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
Brigade SPE.C.T.RE. (feat Lunatik) Night_10

Night City - 207X - Minuit

La pluie coule sur les grattes ciel et dilue le sang des pavés. Les sirènes retentissent à l’unisson avec les armes. L’argent et l’alcool coulent à flot. C’est une nuit ordinaire, une nuit de haine et de rage. Les gangs et les justiciers côtoient corporatistes et edgerunners, dansant tous dans cette pièce infinie et changeant régulièrement de rôle. Au milieu des fumées de tchoo tchoo, le bien et le mal sont désormais des idées surannées. Et au milieu de tout ce capharnaüm, les SPE.C.T.RE. sauvent les meubles en gardant la poudrière sous contrôle.


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Houmous
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patrick
Houmous
Jeu 17 Fév - 21:50
db037410.jpg
Jeff Knight
J'ai 35 ans et je vis à Night City, Etat Libre de Californie du Nord. Dans la vie, je suis enquêteur SPE.C.T.RE. et je m'en sors moyennement. Sinon, grâce à ma malchance, j'ai perdu mon partenaire et je le vis plutôt terriblement mal.

Crédit : William Valle



Une lumière pâle et aveuglante dessinait les contours de la pièce, comme dans un rêve. La blancheur excessive de la table d’opération et l’éventuelle rare tâche rougeâtre sur l’un de ses bords avait quelque chose d’inquiétant. Cela faisait déjà quelques longues minutes que l’automate scrutait toutes les coutures de mon corps, détaillant chaque aspérité, chaque imperfection comme autant de données à rentrer dans diverses matrices de calcul.

- Hum… Je vois que vous n’êtes pas revenu me voir depuis quelques temps déjà, Jeff, constata-t-il en lisant le log de son affichage neural. Qu’avez-vous donc fait de votre petite promesse de la dernière fois ?

- Vous savez ce que c’est, doc. Le temps passe vite quand on bat le pavé… fis-je, éludant simplement la question.

- Je ne me rends pas vraiment compte non, Jeff. Comment vous sentez-vous ? Je vois que cela fait quelques semaines que vous êtes en repos. La dernière intervention avec le lieutenant Wu s’est mal passée ? demanda-t-il, sans détour.

- Ca, c’est le moins qu’on puisse dire… On cherchait un petit truand dans le coin du Glen. Il devait savoir des choses sur un deal d’implants WarTechie et… Bref, on n’a pas tapé à la bonne porte, serrai-je le poing, sans plus d’explications.

La pièce avait une aura particulière. Aucune lumière des néons à l’extérieur ne venait perturber l’immaculé du poste d’examen. Une pique de douleur me vint alors que la seringue fit son office. Quelques dizaines de secondes passèrent dans un silence désagréable. C’était exactement pour ce genre de choses que j’avais horreur de passer sur le billard. Malheureusement, pour pouvoir raccrocher les wagons, je n’avais pas eu exactement le choix.

- Je vois que vous avez un taux d’alcool sanguin… un peu élevé… Vous vous sentez bien, Jeff ? demanda sardoniquement le doc Chao. Si vous étiez un flic ordinaire, je pourrais faire sauter votre licence rien que pour ça.

- Et vu que je suis de la maison ? rétorquai-je, levant les yeux au ciel incandescent.

- Je peux toujours vous conseiller un professionnel…

L’ennui se fit plus palpable à mesure que l’idée d’une fin à ce check-up commençait à se former. Le doc n’était pas un mauvais bougre. A vrai dire, c’était même quelqu’un d’excessivement disponible et sympathique. Le problème était réellement d’un autre ordre. Lorsqu’il m’épiait avec ses outils sophistiqués et son regard acéré, je me sentais réellement à nu. De plus, il en venait toujours inlassablement à la même question logique.

- Vous avez réfléchi à ma proposition de vous installer un implant de jambe, Jeff ? questionna-t-il toujours sur le même ton monotone et routinier. Nous avons de nouv-

- Non merci, ce n’est pas pour aujourd’hui non plus, dis-je, diplomate.

- Nos calculs indiquent que vous seriez plus efficace de 59,7% si vous acceptiez d’être équipé, asséna-t-elle encore une fois, proposant un score chaque fois plus élevé.

- Et me taper la latence ? Et la CP ? Merci mais ça va aller.

- Vous devriez réellement y songer, Jeff. La MAX-TAC est équipée avec les mêmes types de modules de nos jours. Vous hallucineriez de voir ce que ça pourrait vous apporter…

- La TAC était différente quand j’y étais. Merci quand même.

Je me relevai dès que la machine eut terminé son scan complet. Me rhabillant à la va-vite, je voulais sortir pour respirer et fumer. L’énorme boitier de l’analyser cachait presque intégralement le doc Chao, ne laissant dépasser que son crâne dégarni. Le petit homme devait en voir passer des anti comme moi toute la journée. Malgré tous les refus qu’il devait recevoir, il ne semblait pas se décourager et proposait toujours à force argumentaire construit et hyperbolique la camelote que les edgerunners se coltinaient. Il esquissa un sourire en zoomant dans ma direction à l’aide de l’une de ses optiques alors que j’ouvrai la porte et lui faisait un signe de la main pour le saluer.

- N’oubliez pas de revenir dans 3 semaines, Jeff. C’est important de faire un suivi. En attendant, vous avez des stims et mon numéro. Bonne journée et au suivant...

A l’extérieur de la salle d’examen, d’autres attendaient leur tour. Je tapai la main de Bill en passant, qui claqua métalliquement. Il était temps d’aller voir le boss pour voir ce qu’il avait en réserve comme mauvaise surprise pour mon retour. Dans les bureaux, la nouvelle chair à canon se bousculait à en tous sens. Malgré l’arrivée du web global et l’usage intensif des interfaces totales, les terminaux de données devaient toujours être portés à qui de droit. Plus les choses changeaient, plus elles restaient les mêmes finalement. La clope au bec, je toquai sur le « C » de Lucius Fergusson trois fois  avant d’ouvrir la porte sans attendre de réponse. A l’intérieur, ce bon vieux « Pope » était à sa place en train d’expliquer des choses à une jeune femme.

- Ah merde, je repasserai, fis-je en allant pour faire demi-tour.

- Ah, Knight, parfait ! Assieds-toi, ordonna-t-il simplement.

Je vins alors m’asseoir, sans réellement comprendre à quelle sauce j’allais être mangé. A vrai dire, j’aurais dû me douter qu’il allait avoir au moins une douille en réserve à me faire tomber sur le coin de la gueule mais celle-là, je ne m’y attendais pas vraiment, pas encore du moins. Je pris une dernière latte avant d’écraser le mégot sur son cendrier, seule fantaisie de son bureau. Je vais être obligé de faire une pause dans le déroulé de mon histoire pour qu’on comprenne bien ce que je veux dire par là. Pope, c’était pas un type qui aimait les vannes. C’était un vieux de la vieille, un gars qui protégeait la communauté depuis qu’il savait marcher et qui avait gravi les échelons plus vite que quiconque de par son héroïsme au service. Premier augmenté à avoir le droit à une position hiérarchique dans la NCPD, il s’était imposé comme une référence d’intégrité à une époque où le moindre flic de quartier prenait des véritables barils de vin. Son bureau était d’ailleurs à son image : meuble en bois véritable de style victorien avec dorures, stylo et papier sur fond de drapeau à l’ours rouge et blanc. Alors, quand au milieu de tout ce style travaillé on trouvait un cendrier bordé d’un chien bobble-head, on se rendait compte que l’objet avait une sacrée histoire. Alors que je le fis, il se fendit de l’un de ses rares sourires discrets.

- Je te présente ta nouvelle partenaire : Octavia Reinhardt, dit-il avec un petit air satisfait, me poussant à la regarder sans oser réellement en croire un mot.

Lunatik
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Lunatik
Mar 1 Mar - 10:16
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Octavia Reinhardt


J'ai 28 ans et je vis à Night City, dans l’État Libre de Californie du Nord.

Après un master en Institut de Criminologie et Sciences Humaines, j’obtiens un doctorat en psychologie sociale où je soutiens une thèse sur l’étude de la cyberpsychose et des cyberpsychos émergents parmi les premiers augmentés. Je suis par la suite admise au SFPD où je travaille pendant deux ans.

Suite à des résultats encourageants, je me vois proposée l’opportunité de rejoindre la brigade SPE.C.T.RE. (SPEcial Cybercriminality Tactical REsponse) dans la ville de Night City. Je possède des implants oculaires et cochléaires à la pointe de la technologie militaire dans le cadre de ma mutation à la SPE.C.T.RE. Bien que rien ne le laisse transparaître au premier abord.
Je peux me montrer consciencieuse, rationnelle, impitoyable.

Je ne vois pas les choses de façon manichéennes et je souhaite sincèrement m’employer à traquer les abus et injustices partout où ils se trouvent et sous toutes les formes qu’ils peuvent revêtir.
Quartier de Heywood – WellSprings Nord – Megabuilding H2
Appartement d’Octavia
6:30AM

[…pos recueillis auprès de la célébrité qui s’était placée en tête du cortège dans le cadre de la manifestation anti-implants qui a eu lieu hier dans le centre-ville :

- C’est totalement contre nature ! On ne fait pas venir au monde des bébés pour euh… Les changer petit à petit en machine ou je ne sais quoi ! Dieu ne voudrait p-]
*BAM*. Oh non putain, pas de bon matin…

Ça m’apprendra à régler mon réveil sur la station de radio de WNS News… Mais au moins, ça fait sortir du lit…
Je me livrais à quelque pandiculation tandis qu’une voix aimable s’adressait à moi depuis un haut-parleur.

[Bonjour Octavia. Vous avez bien dormi ? Je laisse actuellement passer 50% de la lumière extérieure. Je me permettrai d’augmenter progressivement cette valeur jusqu’à 100% tout au long de la prochaine demi-heure.]

- Merci ADA. Fais chauffer mon thé s’il te plaît.

Autonomous Domestic Assistant. Je me demande comment j’avais fait pour m’en passer à San Francisco. Aujourd’hui était synonyme pour moi de premier jour en poste au sein de la SPE.C.T.RE. Et les responsabilités qu’impliquaient ce poste ainsi que le fait de devoir exercer à Night City étaient quelque peu anxiogènes pour moi. Aussi, avoir trouvé un appartement moderne et à la pointe de la technologie m’avait mis un peu de baume au cœur.
Je me préparais dans la salle de bain, et mal réveillée, en voulant écarter une mèche de cheveux qui se trouvait devant mes yeux, je me mettais maladroitement le doigt dans l’œil.

*TING*

Mon œil en verre renforcé…

Qui émit un son cristallin quand mon ongle vint à sa rencontre. L’opération avait été un succès. Aucune complication n’avait eu lieu, mon corps avait parfaitement accepté les implants, et à moins de le savoir, rien ne laisser présager de façon ostentatoire que je possédais des implants oculaires et cochléaires.
Tout me semblait tellement… « Amélioré », depuis lors. Je pouvais choisir d’y voir dans l’obscurité, je n’étais plus éblouie par les lumières soudaines, je pouvais atténuer le bruit environnant quand il se faisait trop important, et inversement, amplifier et isoler des sons très discrets. Sans compter les nombreuses autres formes utiles à mon travail que permettaient ces modifications récentes, permises grâce à l’obtention de ma place au sein de la SPE.C.T.RE.

En maquillant mes yeux, je ne pouvais m’empêcher de me remémorer la dispute qui avait éclatée entre mes parents et moi lorsque je leur avais fait part de mon opération récente dans le cadre de mon travail.

***

- Mais enfin Vivi ! Tu te rends compte ! C’est de tes yeux qu’on parle là ! Tes yeux ! Tu parles comme ça l’air de rien de te faire arracher les yeux !

- Mais non, calmez-vous. C’est à l’étude et à l’épreuve du terrain au sein de l’armée depuis plus d’une décennie maintenant. Ça se démocratise simplement davantage de nos jours, justement parce que c’est suffisamment maîtrisé aujourd’hui pour pouvoir être proposé aux civils.

- Oui, tellement maîtrisé que les gens deviennent mabouls après s’être fait augmentés !

- Oh non ! Vous n’allez pas me parler de ça à moi ?! La cyberpsychose, c’était le sujet de ma thèse je vous rappelle ! Si je suis confiante vis-à-vis de tout ceci, c’est justement parce que j’ai suffisamment étudié le sujet pour être à même de pouvoir estimer objectivement et en connaissance de cause le rapport bénéfice/risque à sa juste valeur.

- Je m’en fous ! Je t’interdis de faire ça de toute façon !

- Mais ne fait pas ton réfractaire à tout et hermétique à tout argument ! T’étais bien content qu’on te mette un pacemaker pour ta bradycardie ! Il me semble que maman n’est pas venue te voir à ce moment-là pour te dire « Mais enfin chéri, c’est ton cœur qu’on va bricoler ».

- Ça n’a rien à voir ! Il y a une différence entre se faire arracher les yeux pour le plaisir et se faire poser un pacemaker pour une bradycardie !

***

Je soupirais en fixant mon regard dans le miroir. Dire que j’avais quitté San Francisco et mes parents là-dessus…
J’espérais que les choses n’en resteraient pas là et que nous pourrions rediscuter de tout ceci à tête reposée ultérieurement.

- ADA, en mon absence, procure-toi le tract du professeur Papadopoulos qui doit paraître aujourd’hui. « Des limites de l’ultralibéralisme aux NUSA ». Il souhaitait que nous en parlions la prochaine fois que nous nous verrons.

[C’est noté. Vous recevrez une notification sur vos optiques lors de l’acquisition du document que vous pourrez retrouver sur votre espace personnel en ligne quand vous le désirerez.]

Je finissais de me préparer et me mettais en route pour le bureau.

***

Je fus rassurée de constater, une fois passées les portes du Q.G. de la SPE.C.T.RE., que la même agitation, sinon une plus importante, régnait ici tout comme c’était le cas dans le commissariat du SFPD où j’avais pu évoluer il y a peu. Je me présentais un peu en avance au bureau de mon supérieur hiérarchique et frappais à la porte.

- Ah, c’est vous Miss Reinhardt. Parfait ! Je vous en prie, asseyez-vous.
Bien. Vous avez pris connaissance du dossier d’intégration qui vous a été remis par mail, peut-être ?


- Évidemment.

- Vraiment ? J’aimerai que ce genre de scrupules soit aussi évident pour certains de vos collègues que ça semble l’être pour vous ! Enfin, passons. Vous n’êtes donc pas sans savoir que vous allez être affectée en binôme avec une personne qui a récemment perdu son partenaire dans le cadre d’une affaire en cours. Aussi, je serai bien incapable de garantir l’accueil qui vous sera fait. Mais je reste persuadé que vous aurez beaucoup de choses à apprendre de votre nouveau partenaire et inversement.

*TOC* *TOC* *TOC*

Mon interlocuteur et moi dirigions simultanément nos regards en direction des tapements qui avaient retentis sur la porte. Un homme aux cheveux noirs et avec un bouc s’engouffrait dans le bureau sans même avoir attendu la réponse de Fergusson.

- Ah merde, je repasserai.

- Ah, Knight, parfait ! Assieds-toi. Je te présente ta nouvelle partenaire, Octavia Reinhardt.

Étant donnée l’expression que je pouvais lire sur le visage de mon futur partenaire, je n’avais pas besoin de solliciter mes implants pour parvenir à la conclusion que ce dernier découvrait probablement cette information. Sans doute aurions-nous l’occasion d’échanger à ce sujet ultérieurement. Pour l’instant, je me voulais rassurante et me contentais d’opiner sobrement de la tête en saluant.

- Monsieur Knight.

- Octavia nous vient du SFPD où elle était agent spécialisée en psychocriminologie. Elle a obtenu d’excellents résultats sur ses récentes années de service, comme toutes les personnes qui sont parvenues à se qualifier pour rejoindre la SPE.C.T.RE. Si je te dis ça, c’est parce que je veux que tu comprennes qu’elle n’est pas là pour faire jolie et parce qu’il faut bien te trouver un équipier. J’ai dans l’idée que son profil pourrait être tout à fait complémentaire avec le tien. Et à vrai dire, je souhaiterai que vous repreniez l’affaire en cours sur laquelle on piétinait jusqu’ici. Je veux que tu la briefes sur ce qu’on sait et que vous vous mettiez au boulot le plus vite possible.
Houmous
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Houmous
Jeu 17 Mar - 13:15
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Jeff Knight
J'ai 35 ans et je vis à Night City, Etat Libre de Californie du Nord. Dans la vie, je suis enquêteur SPE.C.T.RE. et je m'en sors moyennement. Sinon, grâce à ma malchance, j'ai perdu mon partenaire et je le vis plutôt terriblement mal.

Crédit : William Valle



Je restais stupéfait par le degré d’emmerde qui m’attendait avec cette nouvelle. Se ramasser un bleu tout droit sorti des hautes écoles, c’était toujours un calvaire. En général, ils étaient arrogants, pas assez attentifs et discrets mais aussi, et surtout, incapables de se mettre à couvert lorsqu’une enquête commençait à partir en vrille. Le pire était que si son petit nouveau se ramassait une cartouche, c’était de notre faute, à nous qui savions comment la rue fonctionnait.

- Sérieusement, capitaine ? Vous voulez vraiment que je me ramasse la petite nouvelle ? fis-je, désemparé.

Quelques instants après, je soupirais et tirais une autre clope de mon paquet en sortant du bureau. Le pope ne m’avait pas donné le choix finalement. Sa volonté était absolue et ses voies impénétrables après tout. Lorsque je jetais un coup d’œil à la petite, je ne pouvais m’empêcher de me rendre compte que la rue ne ferait qu’une bouchée d’elle dès les premiers jours où on battrait le pavé. La route entre le bureau du patron et le mien ne m’était jamais parue aussi courte alors que, plongé dans mes pensées, je réfléchissais à comment expliquer les choses.

Arrivés sur place, une vision effroyable m’assaillit. Mon bureau, laissé à son état de jachère habituel, faisait face à un espace libre, libéré même. Gary Wu avait déjà disparu de toutes les mémoires et à vrai dire, je ne pouvais pas prétendre ne pas m’en être douté. Les divers post-it restés bien en place sur mon terminal de données ne trouvaient plus aucun écho sur celui de mon partenaire. Les liseuses de documents laissées ça et là, en désordre classique d’un bureaucrate pressé et débordé, observaient silencieusement un vide qui pourrait bien devenir le leur un jour ou l’autre. On avait coupé son existence et la trace de son passage avant que je n’aie pu faire mes adieux et mon deuil. Ce n’était peut-être pas si mal après tout, comme je n’avais pas voulu subir cet instant juste après sa mort. Je lâchais un dernier soupir en fermant les yeux. Une dernière taffe avant de s’y mettre, juste une dernière…

- C’est ton nouveau bureau, la miss, fis-je en tentant de me montrer accueillant. Du coup, moi, c’est Jeff Knight, comme tu l’auras su maintenant. Je suis un agent du SPE.C.T.RE., tout comme toi désormais. On est assez peu dans la circulation… du moins, trop peu à mon goût…[ déclarai-je en regardant autour de nous la grosse dizaine de bureaux occupés avec des écriteaux indiquant les noms des divers agents. Pour te placer les choses telles qu’elles sont : on est une grande famille et on se protège les uns les autres autant que possible en faisant le taf. Dehors, les gens qu’on doit traquer, ils n’auront aucun égard pour nous lorsqu’il s’agira de presser la détente alors n’aie pas peur de le faire en première. D’ailleurs, ça me fait penser : tu es déjà passée par l’armurerie ? Parce que depuis que tu es entrée dans ce bâtiment, tu as une putain de grosse cible peinte dans le dos, sache-le.

Je me grattai le dos d’un air mal à l’aise. J’avais été probablement plus dramatique que de nécessaire… Si je lui flanquais la frousse avant même qu’elle ne commence à bosser, j’allais avoir des emmerdes avec le capitaine. Elle avait l’air de prendre note et de suivre tout avec concentration plus qu’intérêt. Je lui tendais mon siège et attendais qu’elle s’y installe avant d’allumer mon terminal de données. C’était un des vieux modèles, un peu à la ramasse, qui fonctionnaient encore pour les naturels. Le dernier matériel était fait pour la majorité du corps : les implantés. Je devais avouer que j’avais l’idée depuis un moment qu’on nous forcerait à nous câbler mais ça n’avait pas encore eu lieu jusqu’ici, ce qui constituait une des rares bonnes surprises que je pouvais avoir au bureau.

- Bon, en attendant que Mikey vienne installer ton matériel et calibrer ta session privée sur ton terminal, je vais t’expliquer l’affaire et te donner les infos qu’on a déjà… dis-je en me penchant au-dessus de son épaule pour accéder à mon profil et sortir les preuves et autres notes que j’avais déjà récoltées. Alors, l’affaire est plutôt très sensible donc on va rester sur du « need to know », ok ? La victime est l’un des proches conseillers de la mairie : Henry Tweed Garrison. Il a été retrouvé raide dans son bureau il y a 35 jours, aucune trace d’effraction. La tox est nickel à part quelques traces de synthé-coke, information confidentielle bien sûr, fis-je en la fixant d’un air appuyé avant qu’elle ne le note. La dernière personne à l’avoir vu en vie est la principale suspecte… sans grande conviction… Margot Banner était sa secrétaire, son alibi est solide mais elle l’a découvert alors forcément, ça m’a fait me poser quelques questions. Apparemment, ce bon vieux Tweed était dans un mariage heureux et il n’y a aucune preuve que madame Tweed ait été voir ailleurs, continuai-je, nonchalamment.

L’affaire avait tout de singulier. Si ç’avait été un crime commandité par la pègre, il y aurait eu une revendication ou un quelconque historique qui ressortirait mais le malheureux n’avait même pas eu l’occasion de se lancer dans ce genre d’affaires. Si on regardait sous un autre angle, sa vie sentimentale et familiale était tout ce qu’il y avait de plus banal. A vrai dire, sa vie en globalité était d’un ennui improbable pour une ville si instable que Night City. Depuis qu’on me l’avait confié, j’avais été le seul à croire réellement qu’il y avait plus à comprendre dans cette histoire qu’un banal accident lié à une défaillance de sa puce de contrôle tensiométrique. Tout le log des erreurs éventuelles de son système d’implants s’était effacé juste après sa mort, ce qui était hautement inhabituel bien entendu. Après tout, quelle boite noire s’autodétruit au moment où on en a besoin ?

- Et puis, l’affaire a pris un tour plutôt inattendu avec cette vidéo… dis-je en mettant en marche ladite vidéo montrant « l’accident mortel » du conseiller au travers du flux de données et un message informatif sur la suite. Jusqu’ici, on n’avait pas trop mis le paquet sur l’affaire mais l’annonce qu’il y en aurait d’autres nous a poussé à prendre en main cette histoire. Depuis, il y a eu d’autres décès parmi les hauts magistrats de la ville et un manifeste anti-robotisation. Bref, tu en as déjà probablement entendu parler à la radio même si on essaye d’étouffer tout pour éviter la panique dans la population, déclairai-je enfin en plantant mon regard dans le sien.

Lunatik
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Lunatik
Sam 9 Avr - 21:13

Octavia Reinhardt


J'ai 28 ans et je vis à Night City, dans l’État Libre de Californie du Nord.

Après un master en Institut de Criminologie et Sciences Humaines, j’obtiens un doctorat en psychologie sociale où je soutiens une thèse sur l’étude de la cyberpsychose et des cyberpsychos émergents parmi les premiers augmentés. Je suis par la suite admise au SFPD où je travaille pendant deux ans.

Suite à des résultats encourageants, je me vois proposée l’opportunité de rejoindre la brigade SPE.C.T.RE. (SPEcial Cybercriminality Tactical REsponse) dans la ville de Night City. Je possède des implants oculaires et cochléaires à la pointe de la technologie militaire dans le cadre de ma mutation à la SPE.C.T.RE. Bien que rien ne le laisse transparaître au premier abord.
Je peux me montrer consciencieuse, rationnelle, impitoyable.

Je ne vois pas les choses de façon manichéennes et je souhaite sincèrement m’employer à traquer les abus et injustices partout où ils se trouvent et sous toutes les formes qu’ils peuvent revêtir.
Pas besoin d’avoir étudié la psychologie pour comprendre la réaction de Jeff Knight. Son partenaire de longue date venait de perdre la vie dans l’exercice de ses fonctions. Et à peine avait-il eu le temps d’assimiler la nouvelle et de réintégrer son service qu’on me présente à lui. Étant donné le franc-parler de mon nouveau collègue, je supputais que le caractère davantage « intellectuel » que « physique » de mon profil couplé à mon expérience très jeune du terrain ne contribuerait pas à dissiper ses craintes…

Malgré tout cela, je ne pouvais me résoudre à éprouver une once d’hostilité envers lui. Peut-être par déformation professionnelle qui me poussait à essayer de le comprendre plutôt qu’à le juger. Si j’avais parfaitement conscience de mes lacunes, je caressais au fond de moi l’idée de pouvoir profiter de son expérience pour que nous puissions former un binôme complémentaire. Cependant, mes années passées à étudier la psyché des gens m’avaient bien fait comprendre que parfois, l’humain choisit sciemment l’hostilité et ce qu’elle implique en connaissance de cause…

Alors que je le suivais sur le chemin de notre bureau, je cogitais probablement autant que lui sur la situation actuelle. Je ne pouvais m’empêcher de remarquer la demi-seconde de flottement observée par mon partenaire à la vision du bureau de son ancien collègue vidé de tous ses effets personnels. Je restais un peu en retrait afin de ne pas brusquer les choses. Aussi, je choisissais de ne pas le réprimander sur ce que je déduisais comme une habitude très désagréable de fumer partout tout le temps y compris dans les espaces non-fumeur.

Grand bien m’en fit puisque Jeff s’adressait déjà à moi avec davantage de cordialité ; me désignant entre autres mon nouveau bureau, et me briefant brièvement quant au contexte de mon arrivée et sur ce qu’impliquait le fait de rejoindre la SPE.C.T.RE. Je prêtais une oreille très attentive à ses remarques, les mains jointes derrière le dos, plussoyant formellement d’un hochement de tête à ses observations ; trop formellement peut-être, comme le laissait supposer le petit blanc gênant qui vint s’immiscer dans notre échange lorsque Jeff marqua une pause pour se gratter le dos un instant. Sans doute se demanda-t-il s’il n’y allait pas un peu trop fort pour un premier jour tandis que je réalisais mon propre procès dans ce même laps de temps en me faisant la réflexion que j’y allais peut-être un peu trop fort sur le protocole et les sourcils froncés…

Cette succincte intermission nous permit de transitionner naturellement sur ce qui constituerait notre quotidien imminent, à savoir l’enquête en cours sur laquelle investiguaient Knight et Wu. Jeff me proposait son siège et j’y prenais place tandis qu’il lançait son terminal de données et ressortait ses notes.

Je m’employais désormais à assimiler autant que possible les informations que me balançait Jeff. Mes connaissances sur Garrison étaient quasi-inexistantes, mais heureusement pour moi, Knight et Wu avaient déjà bien mâchés le travail de fond dans cette enquête. Je m’en remettais aux propos de mon collègue qui me certifiait que la piste du crime passionnel ou de la vengeance ne tenait pas debout. Si Garrison était sans histoire, la suite logique consistait effectivement à essayer de faire parler le log d’erreur de sa puce de contrôle tensiométrique… Et puisque cette dernière s’était révélée anormalement muette, et que le SFPD m’a appris à ne pas croire aux coïncidences en matière de mort pour le moins suspecte, cela veut dire que plusieurs pistes s’offrent à nous.

J’étais à présent totalement plongée dans mes réflexions, faisant abstraction de tout sauf des bribes d’informations supplémentaires distillées par mon collègue. Les yeux clos, je laissais mon menton reposer sur mes mains et rassemblais les pièces du puzzle qu’avaient commencé Knight et Wu.

Garrison consommait de la synthé-coke par addiction ou à des fins récréatives. Admettons que la personne de confiance qui lui servait d’intermédiaire lors des deals balance son nom au fournisseur ou que ce dernier parvienne simplement à remonter la piste jusqu’à Garrison… Le fournisseur essaye de faire chanter le politicien afin de monnayer son silence à prix d’or. Garrison panique et essaye peut-être de tendre un piège à son fournisseur. Sa manœuvre, quelle qu’elle soit, échoue, et le dealer décide de s’asseoir sur son plan initial qui consistait à extorquer Garrison et préfère lui damer le pion en le liquidant de façon à ce qu’on ne puisse pas remonter jusqu’à lui.

Un Cyber-virus. Et ça explique pourquoi mon log d’erreur a disparu et ne peut pas être consulté ni en interrogeant directement l’implant, ni sur le Cloud du fabricant… Mais tout de même… Il faudrait un putain de netrunner pour mettre au point un virus pareil tout en réussissant à atteindre un haut-magistrat… Et puis, c’est un déploiement de moyen quelque peu démesuré venant d’un dealer lambda pour supprimer un client gênant. Après, c’est sûr qu’on ne remontera jamais jusqu’à lui comme ça, mais tout de même… Enfin, je comprends pourquoi Wu et vous étiez dans le Glen à vouloir faire parler des petites frappes sur des deals WarTechie, Jeff… C’est bon, j’ai raccroché les wagons.

- […]mais l’annonce qu’il y en aurait d’autres nous a poussé à prendre en main cette histoire.

- Hein ?! Quoi ?! Qu’est-ce que vous dites ?!

- Depuis, il y a eu d’autres décès parmi les hauts magistrats de la ville et un manifeste anti-robotisation. Bref, tu en as déjà probablement entendu parler à la radio même si on essaye d’étouffer tout pour éviter la panique dans la population…

Je suis totalement déstabilisée par cette information capitale que me communique Jeff. Et cela doit se voir à mes yeux écarquillés plongés dans les siens. Avec cette nouvelle donnée d’une importance cruciale ajoutée à l’équation, c’est toute ma théorie qui tombe à l’eau !

J’essayais de conserver mon sang-froid et de réviser les paramètres de mon hypothèse qui se trouvait totalement remise en question.

- Mais alors… Si d’autres personnes haut placées sont concernées pas ce type de décès… Non, attendez, on sait que plusieurs personnes dont un point commun est la situation financière sont concernées par ce genre de décès suspects n’est-ce pas ?

A-t-on essayé d’élargir le champ de nos recherches, pas seulement aux politiciens, mais plus globalement aux personnes aisées capables de s’offrir ce genre de technologie ? Je veux dire : ce type d’évènement touche-t-il des personnes indépendamment de leurs opinions politiques, de leur secteur d’activité, de leur appartenance à une quelconque religion ou idéologie ? Car selon ce facteur, cela nous permettrait d’écarter la piste de l’attentat ciblé à des fins idéologique ou dans l’optique d’une quelconque revendication mais nous ferait préférablement privilégier…


je marquais une pause pour reprendre mon souffle et recompiler les données qui se bousculaient de toute part dans ma tête, le regard dans le vague, toujours les yeux grands ouverts, je poursuivais :

- Sommes-nous parvenus à faire parler les implants et à récupérer des statistiques sur les cas ayant eu lieu récemment ? Ou bien les logs d’erreur étaient-ils systématiquement muets pour chaque nouveau cas ? La ou les entreprises concernées ont-elles pu produire de quelconques statistiques ou communiquer un historique du nombre de cas survenus ? À moins que… Agent Knight, est-ce que dans les cas connus à ce jour, nous possédons l’information des sociétés concernés par les composants défaillants ?

Tout était à remettre en considération. Tellement de questions, et si peu de réponses… La situation ne serait absolument pas la même selon si une seule ou plusieurs sociétés étaient impactées, selon les profils types des victimes, selon la présence ou non d’historique des erreurs consultables au sujet des composants mis en cause dans l’enquête… Alors que j’attendais impatiemment le retour de Jeff sur mes interrogations, j’espérais au fond de moi que nous n’étions pas sur le point de mettre à jour un torrent de merde sans précédent dans l’histoire de la cybercriminalité.
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Jeff Knight
J'ai 35 ans et je vis à Night City, Etat Libre de Californie du Nord. Dans la vie, je suis enquêteur SPE.C.T.RE. et je m'en sors moyennement. Sinon, grâce à ma malchance, j'ai perdu mon partenaire et je le vis plutôt terriblement mal.

Crédit : William Valle



Elle s’agitait et commençait déjà à paniquer. Je l’observais faire avec un certain détachement, après tout ce n’était pas nouveau… Beaucoup d’enquêteurs avaient ce genre de sursauts dans leurs premières affaires, à vouloir trop bien faire et trop présupposer sans s’en tenir aux preuves. Ça pouvait être une arme dans un premier temps mais au bout d’un moment, les raccourcis mènent invariablement au mur frontalement. On n’arrive pas à la SPE.C.T.RE. avec l’idée qu’on ne résoudra pas toutes les affaires qu’on se verra confier ni même qu’on ne rentrera peut-être pas chez soi le soir même mais c’étaient là des réalités avec lesquelles il fallait apprendre à composer. Il lâcha un léger soupir en se redressant et en clignant des yeux quand elle cessait graduellement sa salve de questions.

- Ecoute, le plus simple, c’est de garder son calme dans ce genre d’impasses. On ne va pas résoudre l’affaire sur un coin de table et de toutes façons, on est encore loin d’en avoir fini… expliquai-je pour essayer de la faire redescendre d’un cran. On n’a rien pour relier les différentes victimes de la vague de cybercriminalité qui a commencé avec Garrison à part les implantations. On pensait que c’était du matériel illégal vu le malaise de Wartechie pour Garrison et Sanchez, la seconde victime, mais quand on a eu les trois qui ont suivi qui avaient du Arasaka ou du Boston Augmentics, on s’est rendus compte que ça ne collait pas. De toutes manières, même si on arrivait à déterminer quelle serait la prochaine victime, ça ne changerait rien parce que tout ce qu’on a sur le MO pour l’instant, c’est des suppositions.

L’interrogatoire des proches ou derniers contacts humains de chacune des victimes n’avaient pas permis d’en apprendre beaucoup plus. Pour la majorité d’entre eux, le jour de leur mort était un jour ordinaire. Ils ne se doutaient pas qu’il n’y aurait pas à ce stade de lendemain pour eux et furent pris comme cible pour l’exemple et non par vengeance. A en croire le manifeste sur lequel tout le monde avait pu mettre la main à ce stade, le but du mouvement était de détruire l’élite pucée qui dirigeait les masses naturelles. Cibler un politicien ou un autre ne changeait rien dans le fond car chacun d’entre eux faisait partie du système d’oppression des couches plus basses de la société… Malheureusement, ce tissu de conneries avait gagné un paquet d’esprit et trainait en eux comme si c’était une vérité absolue qui n’attendait que les preuves permettant de la justifier. Arrêter les différents coupables de notre affaire et en parler publiquement pouvait avoir des répercussions énormes sur la société… Aussi lui avait-on demandé d’y aller fort mais discrètement pour supprimer complètement l’origine de la menace et laisser s’étioler le mouvement, faute de leaders.

- Pour que tu comprennes mieux, j’imagine que le mieux, c’est de te montrer les implants, concédai-je finalement en croisant le regard amusé de l’un de mes collègues. On va aller regarder ça et on fera un saut à l’armurerie en passant.

Je fis quelques pas en arrière, lui laissant le temps de se lever. Nous ne parlions pas pendant le trajet. Elle avait laissé son oralité pour d’autres élucubrations plus mentales. Elle avait tout de la recrue un peu trop enthousiaste, celle qui fait tuer le vieux partenaire à deux semaines de la retraite. Le dédale des locaux me rappelait les premiers temps de mon arrivée dans la brigade. Je pensais ma vie finie, une fois éjecté de la MAX-TAC mais on m’avait tendu la main. On avait certainement besoin d’excités de la gâchette pour faire le sale boulot et maintenir la paix globalement dans Night City. Cela lui convenait de la même manière qu’il convenait au job : pas parfaitement mais suffisamment pour parvenir à avancer. Poussant une porte savamment étiquetée, il entra en premier pour aller serrer la main de l’armurière.

- Salut Santa, tu vas bien depuis le temps ? la saluai-je dans un échange de regard particulier.

- Salut Jeff, ouais et toi ? Battre le pavé te manquait trop ? plaisanta-t-elle avec son accent habituel. Tu m’amènes de la chair à canon que tu veux garder plus qu’une semaine ? Nickel, j’ai des nouveaux modèles de cracheurs qui devraient faire l’affaire, je vais te chercher ça.

- Du coup, c’était Santa, l’armurière. Comme elle le dit, tu vas devoir t’habituer à porter un flingue et t’entrainer en conséquence. C’est toujours au pire moment qu’on se rend compte qu’on a oublié quelque chose, tu sais, alors pour les armes, il faut faire bien attention… expliquai-je, enfin rassuré de la savoir habillée pour sortir.

L’ambiance dans l’entrepôt d’armement était assez particulière. Anciennement une sorte de chaufferie, la pièce avait été reconvertie tant bien que mal en armurerie. Pour limiter la température, quelques ventilos tournaient en permanence, dissipant difficilement la chaleur. Les munitions les plus inflammables étaient d’ailleurs gardées dans des armoires anti-explosions, derrière des pads à code. Lorsque la responsable revint, pouvant mieux la détailler, on remarquait qu’elle était bien trop légèrement vêtue pour une ville au climat aussi morose, laissant à voir en plusieurs emplacement sa peau cuivrée dans les failles du gilet pare-balles qu’elle portait en permanence. L’une de ses jambes cliquetait à chaque pas, signant par la même sa nature cybernétique. Nous nous connaissions depuis longtemps avec Santa, ayant tous deux bossé à la MAX-TAC par le passé. On avait été recrutés à peu près en même temps, parmi les infirmes, car personne ne quitterait les forces d’intervention d’élite pour faire notre taf… Me sortant de mes pensées, elle claqua un pistolet Federated Arms modifié et un revoler RII de Mustang Arms tout aussi bidouillé.

- Alors petite, tu es plutôt 45. ou 9mm ? J’ai du plus costaud que ça si tu veux impressionner Jeffy… plaisanta-t-elle avec un air lascif.

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Lunatik
Ven 10 Juin - 18:18

Octavia Reinhardt


J'ai 28 ans et je vis à Night City, dans l’État Libre de Californie du Nord.

Après un master en Institut de Criminologie et Sciences Humaines, j’obtiens un doctorat en psychologie sociale où je soutiens une thèse sur l’étude de la cyberpsychose et des cyberpsychos émergents parmi les premiers augmentés. Je suis par la suite admise au SFPD où je travaille pendant deux ans.

Suite à des résultats encourageants, je me vois proposée l’opportunité de rejoindre la brigade SPE.C.T.RE. (SPEcial Cybercriminality Tactical REsponse) dans la ville de Night City. Je possède des implants oculaires et cochléaires à la pointe de la technologie militaire dans le cadre de ma mutation à la SPE.C.T.RE. Bien que rien ne le laisse transparaître au premier abord.
Je peux me montrer consciencieuse, rationnelle, impitoyable.

Je ne vois pas les choses de façon manichéennes et je souhaite sincèrement m’employer à traquer les abus et injustices partout où ils se trouvent et sous toutes les formes qu’ils peuvent revêtir.
Au temps pour mon implication et moi… Jeff réfrénait mes ardeurs et je n’aurais su dire en cet instant si j’avais affaire à un flic rincé par son métier et dont la motivation s’en retrouvait érodée ou s’il était tout simplement blasé… Qu’à cela ne tienne, et puisqu’il rebondissait sur mes propos pour distiller davantage de données sur l’enquête, je me satisferais de cela pour l’instant. De toute façon, nous en arrivions à une conclusion identique : refaire l’enquête sur un coin de table ne nous avancerait à rien.

Je le suivais sans renchérir quand Jeff se levait et me proposait de jeter un œil aux implants. Et la mention d’un passage par l’armurerie me laissait supputer une sortie imminente. Je lui emboîtais le pas dans ces couloirs de mon nouveau lieu de travail avec lesquels je n’étais pas encore familière, et nos déambulations nous amenèrent finalement dans une pièce qui selon moi relevait davantage du local de service que de ce à quoi l’armurerie d’une structure comme la SPE.C.T.RE. aurait dû ressembler…

C’est non sans une certaine familiarité que Jeff et Santa se saluaient mutuellement, je m’autorisais alors intérieurement à plaisanter le temps d’un petit trait d’esprit quelque peu mauvaise langue qui m’amenait à la constatation qu’il y avait malgré tout des gens avec qui mon nouveau partenaire semblait pouvoir s’entendre un tant soit peu…

Je me replaçais devant l’un des ventilateurs qui tournaient à pleine puissance dans la pièce à l’atmosphère étouffante tandis que Santa partait fouiner dans ce qui m’évoquait davantage une arrière-boutique qu’une armurerie. Je ne manquais pas de relever la remarque de Jeff qui sous-entendait que je devrais « m’habituer à porter un flingue ». Difficile de ne pas être contrariée par la condescendance dont mes collègues faisaient preuve depuis mon arrivée ici. Manifestement, personne ne s’était embêté à lire mon dossier à l’annonce de mon intégration, et tout le monde devait croire que la SPE.C.T.RE. avait dû se mettre à recruter soit des têtes brûlées en fin de carrière de la MAX-TAC, soit des gratte-papier premiers de leur promo qui ne savaient pas ce pour quoi ils signaient. Qu’à cela ne tienne, je ne demandais qu’à faire mes preuves. Et Santa devait justement avoir quelque part dans ses tiroirs une preuve de mon sérieux…

Enfin, j’espérais qu’elle ne l’avait pas égarée ou démantelée quand je la vis revenir en posant sur la table deux armes de poing complètement trafiquées. Entre le bâtiment, mes collaborateurs et maintenant ça… C’est moi qui allais finir par revoir drastiquement à la baisse l’image que je me faisais de la prestigieuse brigade SPE.C.T.RE. Je prenais calmement la parole et demandais à Santa d’un ton neutre :

- À ce propos Santa, vous devez avoir réceptionné récemment une arme de poing intelligente. Un revolver Ara- saka HJKE-1 « Izanami » ?! C’est pour toi ce petit bijou ?! Promis, j’y ai pas touché, je l’ai juste regardé. Mais… Je croyais qu’on les distribuait au compte-goutte ?

- C’est le cas. Pour l’instant, il doit y en avoir une dizaine en circulation. Pour s’en voir remettre un, il faut constituer et présenter un dossier au contrôleur général de la police, réussir une batterie d’examens, et bénéficier de la recommandation de sa hiérarchie. Une commission étudie ensuite les profils proposés. Mon profil a été retenu parmi ceux aptes à se voir attribuer un Izanami dans le cadre de ma prise de poste ici.

- Mais alors j’en déduis que t’as les derniers optiques Kiroshi avec le lien neural compatible avec le coprocesseur balistique intégré ? Je croyais que c’était encore en développement ?

- La phase finale des tests s’est achevée il y a trois mois. Juste le temps pour moi de passer sur le billard avant de venir à Night City. Ça s’est joué à très peu de chose, mais j’étais au bon endroit au bon moment pour une fois.

Je laissais faire Santa lorsqu’elle se rapprochait trop près de moi pour scruter en détails mes implants oculaires. Elle dirigeait le faisceau lumineux d’une lampe de poche directement dans mon iris gauche, et je ne bronchais pas le moins du monde grâce à l’anti-flash dynamique intégré à mes optiques. L’opération eut alors le mérite de révéler à ma camarade haute en couleur le discret dispositif quasi-invisible à l’œil nu que l’on ne pouvait déceler dans mes yeux qu’en de rares occasions ; comme par exemple quand quelqu’un vous braque un projo à deux centimètres de la pupille…

- Pu-taiiiiiin… C’est du travail de pro. Aucun œdème autour de l’œil, aucune cicatrice visible. Si tu me l’avais pas dit, j’aurais très bien pu ne jamais m’en apercevoir.

- Merci. C’est voulu. De cette manière, ça devrait me permettre d’utiliser mes implants à l’insu de tout le monde sur le terrain. C’était une condition sine qua non du cahier des charges du labo durant le développement des optiques.

- Et bin ! Jeffy, essaye de nous la garder en vie plus de deux semaines celle-là. J’ai l’impression qu’elle pourrait être marrante sur le terrain.

L’auscultation terminée, je me saisissais non sans une certaine fierté de mon Izanami, qui représentait après tout le résultat d’un travail de longue haleine mêlant abnégation, rigueur et un oubli total de ma vie sociale pendant un certain temps que je ne voulais pas me risquer à estimer pour ne pas me faire peur. Avec ce dernier dans mon holster, et la notification de liaison établie entre mon cracheur et mes yeux qui s’affichait dans le coin de mon champ de vision, j’étais désormais prête pour la suite.

- Bien. Maintenant, si tout le Q.G. a fini de faire la queue pour me traiter de bleu-bite, on pourrait peut-être se remuer un peu et faire ce qu’on attend de nous. Je m’en remets à vous pour la suite des évènements « Jeffy ».
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Ven 24 Juin - 7:38
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La voyant en train de fanfaronner face à moi parce qu’elle avait une arme intelligente acheva de me faire regretter sa convalescence pour blessures par balles. Traquer des cyberpsychos et des assassins n’était apparemment pas assez difficile au gout des boss pour qu’ils me calent une bombe à retardement entre les mains. Combien de temps lui faudrait-il pour vivre ses premières désynchronisations de l’interface homme-machine ? Au bout de combien d’heures commencerait-elle à avoir des pixels morts dans ses optiques robotiques ? Et surtout, allait-elle développer un syndrome de désensibilité et se comporter comme un monstre à forme humaine ? Je soupirai longuement en la regardant droit dans les yeux, pas avec colère ou agacement mais avec une idée de pitié, et me convins qu’il valait mieux garder tout cela pour moi pour le moment. Rien ne servait de l’alerter dès à présent…

- On va faire un tour dans Pacifica, déclarai-je en dirigeant mes pas vers le parking. J’ai un contact là-bas qui pourrait nous rencarder sur les dernières nouvelles du côté de la rue. J’ai plus trop de nouvelles de lui depuis quelques jours alors j’espère qu’il s’est pas fait dessouder entre deux…

Arrivés au milieu de ce touffu vivier de véhicules estampillés du fameux NCPD, ma vieille caisse, encore principalement mécanique, faisait un peu tâche ici. Le modèle passé de Camaro 3, trafiqué pour pouvoir recevoir du tchoo tchoo comme le faisaient les voitures de nos jours, donnait peine à voir. Une des vitres n’était pas complètement remontée et, même sans être détective, il était aisé de comprendre qu’elle était trop penchée pour y parvenir. L’un des phares avait cramé de longue date et une partie de la carrosserie sur l’aile tenait à l’aide d’un serflex qui dépassait légèrement. Je souris, l’œil rempli de malice, en ouvrant la portière qui claquait par cran et me mis sur le siège conducteur. Malgré cet aspect extérieur, l’intérieur était bien mieux tenu. Un système importé sur le tableau de bord donnait également accès à plusieurs échelons d’informations classifiées, comme les emplacements des patrouilles de police et l’isolement de canaux de discussions selon un mot clé déterminé. Les sièges, bien qu’usés jusqu’à l’élimage, semblaient en bon état lorsqu’on se posait dessus. J’ouvris lentement la fenêtre de mon côté avec la manivelle le temps qu’elle s’installe et ouvrait la boite à gants pour en sortir un pistolet mitrailleur que je mis à mes pieds. Simple pressentiment, je ne sais pas…

MUSIQUE:

Lorsque le gaz commença sa lente combustion dans les circonvolutions cylindrées du capot, on pouvait avoir le cœur net sur l’état réel du véhicule. Bien qu’elle ait un air brut et qu’elle rende ce sentiment d’être le véhicule d’un vieux célibataire fauché et éternel looser, l’essentiel était là. Le moteur battait la mesure avec plus de régularité que Roy Ayers et le pot d’échappement chantait aussi clairement qu’Aretha Franklin. Malgré tout, ça restait une caisse très bas de gamme selon les standards de l’époque qui accusait aussi le coup en termes d’équipements. On me l’avait suggéré des dizaines de fois mais je n’avais jamais voulu m’en séparer. C’était le symbole de ma vie : une bagnole d’un dealer, la cible de ma première grande enquête. La seule chose qui restait de ce temps passé était les deux dés en fourrure blanche accrochés au rétroviseur intérieur. En quelques manœuvres habiles, la Belle sortit de son château en chantonnant par le biais de l’autoradio ses vieilles notes de jazz d’un groupe désormais inconnu. La sortie du garage avait quelque chose d’irréel. Malgré l’étroitesse du passage, les centaines de répétitions de ce trajet avait généré une image mentale précise des gestes à succéder et de leur timing

- Bon, alors le gars qu’on va voir s’appelle Aimé Therriot, il bosse pour les Voodoo Boys… En général, je le retrouve pas loin du Hababas, c’est un bar qu’ils ont tendance à tous fréquenter. On va forcément ressortir un peu dans Pacifica alors laisse-moi poser les questions pour ce coup-là, lui déclarai-je toujours en ayant quelques doutes quant à la confiance que je pouvais lui accorder, ignorant totalement si elle avait déjà bossé sur le terrain. Il faudra que tu me passes ton dossier, que je sache un peu plus ce que je dois t’apprendre ou te laisser faire déjà dès maintenant, soupirai-je en me tirant une énième clope d’une éventuelle poche de mon manteau.

Le paysage urbain du centre-ville se détériorait au fil des rues, comme brulé et réduit à mesure que la distance avec le QG augmentait. Le trajet commençant vers Downtown, la traversée du Glen laissait comprendre que la loi avait de moins en moins d’influence. Des panneaux divers injuriaient les « câblés », les rendant responsable de chaque maux de la société. J’étais mal à l’aise de me savoir en compagnie d’une personne que la majorité de la société traitait comme une étrangère, une paria rejetée aux sphères les plus hautes. Soufflant la fumée par la fenêtre, je m’arrêtais à un feu pour remarquer un SUV noir sortir d’une ruelle et nous emboiter le pas. La cigarette encore à moitié à bruler heurta rapidement le pavé alors que je regardais dans le rétroviseur et me saisissais du Liberty Arms, à mes pieds. Un léger sourire s’esquissa sur mon expression en voyant quelqu’un descendre derrière et marcher dans notre direction.

Le gaillard, un grand black au style des gangs latinos, avait un pistolet en main et s’arrêta à hauteur de ma plaque arrière pour la lire et la dire à basse voix pour son agent. Il contourna par l’aile gauche et vint à ma hauteur, cherchant à intimider comme le faisait tous les gangers de base.

- Foutus poulets, qu’est-ce que vous foutez ici ?!, fit-il en s’appuyant sur le toit pour passer un peu plus près la tête, toisant d’un regard conquérant. On va vous plomber !!

Il remarqua certainement le flingue que j’avais en main au moment où je relâchai la sécurité et tournai la tête vers lui. La crainte se dessina dans son regard en se plongeant dans le mien. Jouer les gros bras demandait de l’aplomb et une absence de crainte de crever. A ce petit jeu-là, il ne pouvait pas gagner face à moi, la détermination ayant été forgé par des années à haut risque. Je redémarrai sans accélérer particulièrement après qu'il ait fait un pas en arrière. Je le vis dans le rétroviseur revenir vers ses potes, la queue entre les jambes.  

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Lunatik
Sam 2 Juil - 20:45

Octavia Reinhardt


J'ai 28 ans et je vis à Night City, dans l’État Libre de Californie du Nord.

Après un master en Institut de Criminologie et Sciences Humaines, j’obtiens un doctorat en psychologie sociale où je soutiens une thèse sur l’étude de la cyberpsychose et des cyberpsychos émergents parmi les premiers augmentés. Je suis par la suite admise au SFPD où je travaille pendant deux ans.

Suite à des résultats encourageants, je me vois proposée l’opportunité de rejoindre la brigade SPE.C.T.RE. (SPEcial Cybercriminality Tactical REsponse) dans la ville de Night City. Je possède des implants oculaires et cochléaires à la pointe de la technologie militaire dans le cadre de ma mutation à la SPE.C.T.RE. Bien que rien ne le laisse transparaître au premier abord.
Je peux me montrer consciencieuse, rationnelle, impitoyable.

Je ne vois pas les choses de façon manichéennes et je souhaite sincèrement m’employer à traquer les abus et injustices partout où ils se trouvent et sous toutes les formes qu’ils peuvent revêtir.
Manifestement, l’agent Knight ne partageait pas l’enthousiasme de Santa pour les armes intelligentes et les augmentations… Pendant que nous échangions quelques dernières politesses avec Santa, j’avais l’impression de sentir sur moi le regard réprobateur d’un vieux réfractaire au changement. Je choisissais de ne pas faire de remous à ce sujet tandis que mon partenaire prenait l’initiative de recentrer le débat sur notre mission le temps d’un résumé succinct qui se termina sur le parking des véhicules de fonction du Q.G.

C’est ainsi qu’au milieu des véhicules d’interventions standardisés de mon unité, j’eus la surprise de voir Jeff se diriger vers ce que je confondis en premier lieu pour ce qui aurait pu être la pièce à conviction d’un drive-by qui aurait mal tourné. C’est malgré moi que je marquais un temps d’arrêt devant son… « Véhicule ». Une sorte de vestige d’une époque révolue ; à mesure que je posais mes yeux sur davantage de parties de ce dernier, le bilan ne faisait que s’alourdir.

- Attendez, c’est « ça » votre véhicule de fonction ? Le directeur Ferguson a donné son accord pour que des agents de la SPE.C.T.RE. patrouillent dans « ça » ?! Qu’est-ce que… Il y a un phare qui ne fonctionne même pas ! Ça n’est pas réglementaire ! Et… Est-ce que cette partie de la carrosserie tient uniquement grâce à des rislans ? Agent Knight : pouvez-vous produire le rapport du dernier contrôle technique de ce véhicule s’il vous plaît ? Et… Je rêve ou la vignette de l’assurance date d’il y a plusieurs années ?!

Mes remarques ne décontenancèrent pas le moins du monde mon partenaire qui s’installait comme si de rien n’était au volant de son cercueil sur roue. Je prenais mon visage dans mes mains le temps de faire le point sur la situation.

*C’est pas possible. C’est une blague. Ça doit être un bizutage ou un truc dans le genre. On va me présenter à mon vrai partenaire demain ou à la fin de cette journée…*

J’inspirais et expirais profondément avant de prendre place sur le siège passager à côté de Jeff. La plaisanterie se poursuivit lorsqu’il plaça un pistolet-mitrailleur à ses pieds, sorti de sa boîte à gants, et donc probablement pas consigné dans les registres de l’armurerie. Mais mon désappointement atteint son paroxysme lorsque je vis suspendus au rétroviseur deux dés en fourrure blanche du plus mauvais goût. La voiture du vieux célibataire fauché et éternel loser par excellence !

Évidemment, Jeff ne manqua pas ne s’allumer une cigarette au volant. Je lui communiquais ma désapprobation quant à cette pratique en soufflant la fumée au loin et en faisant quelques gestes de la main pour la dissiper. J’essayais en vain de faire appel d’air en baissant la fenêtre dont le mécanisme manuel d’une autre époque resta finalement coincé à mi-course. Heureusement, nous discutâmes plus amplement de l’enquête sur le chemin de Pacifica, ce qui me permit de me reconcentrer un tant soit peu sur l’essentiel.

Entre deux cigarettes que Jeff semblait pouvoir sortir en quantité illimitée de son trench-coat à la manière d’un prestidigitateur, il dénota enfin d’un semblant de professionnalisme lorsqu’il me fit la demande de lui communiquer mon dossier afin de mieux savoir comment appréhender notre collaboration. Je demeurais pantoise un court instant de cette démarche avant d’y acquiescer avec enthousiasme. Bien que ce dernier avait reçu sur son espace personnel en ligne mon dossier en dématérialisé il y a trois semaines de cela, je ne me sentais pas de réprimer cette première étincelle inespérée d’implication chez mon partenaire.

Nous continuâmes notre progression jusqu’à atteindre le cœur de Pacifica, où l’excentricité sur roue de Jeff ne manqua pas de nous valoir une altercation avec les autochtones. Un différend que ce dernier solutionna de façon expéditive en pointant purement et simplement son arme à feu sur la petite frappe malchanceuse qui s’était choisie la mauvaise voiture pour avoir une grande gueule. Si nous reprenions notre progression peu de temps après, je ne manquais pas de faire une remarque à l’agent Knight tout en soupirant et en me frottant les yeux.

- Ça ne serait jamais arrivé dans un véhicule banalisé.

Si toutes ses sorties étaient du même acabit, je comprenais mieux pourquoi son ancien partenaire et lui eurent régulièrement à faire usage de leurs cracheurs. J’entendais bien faire valoir ma façon de faire plus dans la psychologie et l’analyse que dans le rentre-dedans qui semblait si cher à mon partenaire.

Le parking du Hababas fut bientôt en vue, et Jeff laissait son véhicule pratiquement garé sur deux emplacements, ce qui eut le don de titiller mon trouble obsessionnel compulsif et de finir de me mettre les nerfs en pelote. Mais puisque l’heure était au travail, je faisais abstraction de cet écart et remarquai plutôt le videur du bar qui venait à notre rencontre en jouant les gros durs avec son 9mm qui dépassait du caleçon. Déjà bien énervée de notre virée en voiture, je me plaçais devant Jeff et prenais les devants.

- Vous permettez ? Nous allons plutôt gérer ça à ma façon si vous le voulez bien. Un agent de la SPE.C.T.RE. n’a pas pour vocation de régler tous ses problèmes en menaçant des civils avec son arme de service.

Le grand black se plaçait à ma hauteur en bombant le torse ; puis il nous scruta de haut en bas Jeff et moi d’un regard hostile pendant quelques secondes en inclinant légèrement ses grosses Rayban pendant tout le processus.

- Ou pa ka rete isit la
*Vous pouvez pas rester ici*


- Tout bagay anfòm. Nou jis vin wè yon moun. Nou p'ap ba ou okenn pwoblèm.
*Tout va bien. Nous sommes juste venus voir quelqu'un. Nous ne vous causerons aucun problème.*


- Ou pral gen lapawòl lè mwen ba ou li, chen blan.
*T'auras la parole quand je te la donnerai, sale pute blanche*


*BAM*

Sans doute était-ce lié au stress accumulé par ma prise de poste et ce début de journée, mais mon sang ne fit qu’un tour quand ce gorille en survêtements ne se montra pas coopératif malgré ma volonté d’agir pour le mieux. Aussi lui adressai-je un violent coup de poing en plein dans la gorge qui le fit s’écrouler au sol. Je procédais ensuite à lui passer des menottes tandis qu’il crachait et suffoquait en se tortillant par terre.

- Outrage à agent, et je soupçonne également une détention d’arme illégale. Une alerte a été envoyée au véhicule du NCPD le plus proche qui vous conduira incessamment en garde à vue pour établir votre procès. Pendant que je m’affairais avec le videur, mon regard croisa celui de Jeff. Quoi ? J’ai pas utilisé mon arme de service, non ? Donc j’ai raison !

Une fois le fauteur de troubles menotté à un lampadaire, j’essayais de renouer avec un semblant de contenance et tâchais de me montrer conciliante avec Jeff après ma petite déconvenue.

- Bon, on va le voir, cet Aimé Therriot ?
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