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 You're so far | Jasur

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Féminin MESSAGES : 368
INSCRIPTION : 21/08/2019
ÂGE : 23
RÉGION : Grand Est
CRÉDITS : Avatar : Mary Cassatt | Signature : Bob Ross

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PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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7ei5.pngMise en Situation


Elle est Colombienne.
Il est Australien.

Rien n'aurait dû, jamais, les unir. Ils ne se sont jamais vus, ne se connaissent pas.
Un jour cependant, ils se parlent.
Pas par internet. Pas par lettres. Pas par téléphone.

Il est dans sa tête. Elle est dans la sienne.
Et de deux univers que tout oppose ils conversent.


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Tamara Salvat

Tamara est une lycéenne de 17 ans, Colombienne, vivant dans un quartier appauvri de Tumaco proche des berges de la plage. Son père gagne peu en missions d'intérim plus ou moins déclarées, et sa mère a arrêté le travail pour mener ses actions féministes. Tamara est serveuse un week-end sur deux dans un bar, où elle a notamment rencontré l'échappatoire de l'alcool et de l'herbe.

.

Tumaco, Colombie

Les oncles et tantes sont autour de la table, ils consomment l'aguardiante digestif - ça parle fort, ça hausse le ton contre le gouvernement corrompu et ses copinages avec les narcotrafiquants. Mais quand ma mère sort de sa torpeur, tout le monde se tait et l'écoute. Elle parle sa douleur, une colère furieuse au fond des bronches, s'élève comme une marée contre toutes ces manigances qu'elle considère futiles face au vrai problème : on a tué sa fille. On a tué ma soeur. C'est son mari qui l'a tuée. La voilà, la véritable boucherie de ce pays. Une guerre ouverte déclarée aux femmes, où nos corps sont jetables et nos criminels impunis. Demain, lundi, on ira marcher pour elle, pour elles. Maman va se découvrir la tête et montrer son visage - elle se moque des représailles, elle veut qu'on la voie, elle veut qu'on voie à quoi ressemble l'expression d'une mère endeuillée. Bourrasque courroucée et suicidée qui se brise dans les murs dédaigneux de nos institutions.

Et moi, moi, je suis toujours en vie. J'irai marcher avec parce que mes jambes bougent encore, elles.

~

La manifestation est électrique. Un bouillon de larmes contenues - quelques femmes cagoulées, certaines ont des fichus qu'elles nouent sur leur visage, cherchent l'anonymat pour protection. On saccage, on est là pour ça. On hurle, on violente des voitures et des vitres, quelques unes ont mis le feu à des poubelles, on a jeté des parpaings aux flics. Ils en ont chopées certaines, rouées de coups, et on s'est toutes jetées sur eux avant d'être dispersées par des tirs en l'air. Ma mère s'est hissée sur un capot comme sur une estrade et a déversé sa colère en légitimant celle de toutes les femmes.

"J'ai le droit de casser ! J'ai le droit de brûler ! On a tué ma fille ! Son mari l'a tuée, et des institutions le protègent ! Celle qui se joint à nous, qu'elle fasse ! Celle qui ne veut pas, qu'elle s'écarte de notre chemin ! Je n'ai pas besoin de micro, je n'ai pas besoin d'une association, je n'ai pas besoin d'un foutu parti politique pour me représenter. Je suis là, et je casse, parce qu'on a tué ma fille ! Parce qu'on a tué vos filles, et vos soeurs, et vos mères, et toutes les femmes de ce pays chaque jour !"

Sa mâchoire est en avant comme prête à mordre, ses yeux en billes noires semblent dire à tout le pays "C'est votre faute". Autour de moi, les manifestantes pleurent ou se tendent. La douleur, la rage sont vives et la lutte reprend : sirènes, chocs sourds, hurlements - pas de slogans, des cris de rage inarticulés en barbarie amazone - et quelques noms de victimes scandés comme des appels. Les médias sont là, alors pour l'image, on a mis des volontaires dans des sacs mortuaires et on les a empilées sur la plage. Les fumigènes rouges colorent notre ciel ainsi qu'un bombardement révolutionnaire.

Le soir, nous sommes rentrées vidées et malheureuses et pour la première fois depuis la mort de Diya, maman a pleuré. Elle m'a serré fort, longtemps, et j'ai eu mal au dos comme au coeur d'avoir été si secouée par ses sanglots.

~

Je suis allée me terrer dans ma chambre trop éprouvée pour être misérable, j'ai allumé un cône et de la musique. Encore toute habillée et sans avoir dîner, je me suis assoupie avec renoncement.

C'est alors qu'on parla dans ma tête.



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