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LE TEMPS D'UN RP

ΑΓΩΝ - Les ascendants

Jo'
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Jo'
Jeu 26 Mai - 18:02
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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha
L'aube s'étale en rayons plus francs dans les cieux violines, ses diaprures étincelant le fleuve de Larissa. Arrabaïsos me réclame des comptes et c'est légitime. Autour de nous l'opaline rutilance appelle les marchands à ouvrir leurs échoppes, un brouhaha s'élève depuis les graviers des rues : fracas des tréteaux des étals et de l'argile des jattes, pas affairés sur le sol crissant, quelques ordres donnés de-ci de-là à des enfants encore comateux. Pour que l'intimité de notre conversation ne paraisse pas malvenue, nous marchons distraitement alors que je lui réponds.

"Navrée de n'avoir trouvé que cette solution."

Je considère son incompréhension, le regard vague égaré sur un portant de pierreries. J'aime encore mieux le bijou offert par mon frère. Eux n'ont rien eu à perdre ou à gagner de cette révélation. Un esclave, deux brigands, tous prisonniers, de famille médiocre pour peu qu'ils en aient une - Thadonas aura été leur goutte de prestige, diantre, un demi-dieu pour père. Une façon de prendre racine, de comprendre leur force et leur vaillance. Un monde où ils ont une place alors qu'ici ils n'ont que la valeur qu'ils s'échine à arracher à la vie.

Mais moi. Sur le chemin de leur rencontre, j'ai perdu un ami, craint pour ma vie, ait été accusée de meurtre. J'ai dû fuir la garde, moi ! Apprentie de Gorgias, maîtresse de Ménon ! J'ai appris que ma noblesse était une souillure, que les dieux courroucés de mon existence même s'étaient évertués à me profaner toujours davantage. J'ai perdu foi en mon oracle. Je ne porterai jamais d'héritage ou de lignée.

Je n'ai rien en commun avec cette famille de sang ou de demi-sang. Ni les visions d'Aketa, ni les capacités d'Artemision ou Arrabaïsos. Je n'ai rien pour voguer dans leur monde mythologique. Je suis faite pour vivre ici parmi la noblesse, pour l'arithmétique et la politique, mais apprends désormais que mon sang est sali de fumier. Je sais lire mais je ne sais pas trouver ma place.

"Je suis une bâtarde. Dans mon monde, ça signifie davantage que dans le vôtre."

De l'autre côté du chemin, une calebasse est remplie de tomates larges dont les grosseurs semblent aspirées par leur pédicelle. Les marbrures foncées tirant sur le brun annoncent leur parfum sucré.

"Aketa a pris cette préoccupation pour elle. Je ne lui en veux pas : vous méprisez la noblesse parce que nous n'avons pas de cicatrices. Que nous ne connaissons pas la faim."

J'en ai, des cicatrices. Du soir où j'ai été enlevée par Epiméthos et des autres qui ont suivi. Elles se cachent derrière le drapé de mes vêtements et Ménon détourne le regard lorsqu'il en sent le sale relief sous ses doigts.

Nous avons continué à marcher et nous trouvons désormais devant un superbe apparat de tissus. Un exomide, chiton des guerriers, en lin ivoire. Je sacrifie quelques pièces et lui tend le vêtement ainsi acheté.

"Tenez, un présent pour compenser la nuit passée dans ce sac à poux." Je ris un peu faisant allusion aux haillons de serviteur. "Votre soeur a besoin de vous, et cet autre monde, il vous convient parfaitement. Je suis partie courroucée mais le fait est que c'était la meilleure chose à faire : je me porte bien ici, ne vous tracassez pas."

Nous sommes sortis du marché. Des gardes me regardent en chien de faïence tandis qu'ils ne reconnaissent pas l'homme avec qui je parle. Ou peut-être est-ce parce que je suis devenue une criminelle protégée par des relations. Ou bien, parce que j'ai reparut depuis Thermopyles en une nuit alors que le trajet devait me prendre des semaines. Le quartier populaire me rassure néanmoins puisque la plupart de ces gens ont d'autres préoccupations que les meurtres et sauteries entre nobliauds richissimes. Mes pairs, eux, me dévisageraient allègrement, se nourriraient de commentaires, déverseraient la poudre des sales rumeurs.

Je pense à Ménon. Au sentiment de trahison que j'ai dû éveiller en lui. A ces efforts qu'il a dû faire pour me défendre face aux dignitaires Spartiates de passage, aux Aleuades eux-même ou à ses amis. Théréastre me précipitant vers Thermopyles a aussi blessé Ménon, voilà une raison supplémentaire de refuser ses arrangements. Oui mais Circé. Si elle existe. Si elle accepte de me conférer un pouvoir. Ne devrais-je pas profiter d'être enfant de demi-dieu, pour tout ce qui m'en a été arraché ?

Ou bien, je leur mens à tous. J'invente une histoire plus vraisemblable. J'enterre le parjure comme l'a fait ma mère. Comme si de rien n'était. Comment faire pour oublier avec une mémoire si acérée ?

"Il faut que je voie un ami. Si vous souhaitez retourner auprès de Thadonas et de notre fratrie, vous pouvez peut-être vous adresser à l'oracle."

Je ne le chasse pas. En réalité, face à ces nuées d'ennemis potentiels, une compagnie amicale n'est pas de trop.
Houmous
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patrick
Houmous
Sam 4 Juin - 14:22
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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


Thadonas poursuivit un peu avec ses explications, son regard se perdant dans la danse inlassable des flammes sur leur piste de bois. Il semblait même intéressé par ce sujet bien au-delà d’une simple légende. A l’entendre, c’était pour lui quelque chose de naturel et de parfaitement concret bien qu’en partie insaisissable.

- Mmh… Ne le prends pas mal quand je dis que le serpent doit être ton animal, Aketa ! Il s’avère que ce noble être est le symbole de la santé, de la sagesse et du mystère. Plus que tes frères ou ta sœur, tu dois être proche du monde des esprits… Je mettrais d’ailleurs ma main dans ses flammes que tu te soucies franchement du sort de tes proches comme si cela était toujours le tien, déclama-t-il en relevant enfin le regard vers eux, souriant un peu. Pour ma part, je suppose que l’animal qui conviendrait le mieux serait l’ours. J’ai toujours été fait pour vivre loin de tout et développer la force qu’on me reconnait désormais. Pour ce qui est d’Artémision, son mutisme doit bien avoir un sens dans ce grand schéma… Malheureusement, sans lui parler, je serais bien en mal d’y trouver un sens logique. Tu le connais depuis plus longtemps que moi alors peut-être aura-tu de meilleures suggestions avec d’autres observations ?

Croyant entendre la voix lasse d’Aketa dans un écho aquatique, je fronçai les sourcils, constatant que ses lèvres n’avaient pas effectué le moindre mouvement. J’avais tendance à n’avoir que peu de confiance en cette théorie qui vise à rapprocher l’homme de l’animal et non des dieux. Certes, toutes les vies avaient de la valeur mais cela ne signifiait pas pour autant que l’homme ne devait pas viser à s’élever bien au-delà de son simple statut de mortel ainsi que le firent les héros des légendes. La croyance qui animait ma vie, au sens propre, était que l’homme n’avait pas de droits sur le monde qui l’entourait et qu’il devait, à termes, parvenir à vivre sans se sustenter de rien si ce n’était de l’énergie qui l’entourait. Malgré moi, je constatai avec gêne que le temps que ces idées traversent le lit de mes pensées, je n’avais pas quitté du regard ma désormais grande sœur. Une vague à l’âme me fit quelque peu chavirer, me figurant qu’elle devait effectivement avoir ce cœur tendre enfoui sous la carapace qu’avait constitué son existence. Avec un léger sourire, je constatai la perdition qui avait emporté mes sentiments. Le lien qui nous unissait les uns aux autres se rappelaient finalement à moi comme s’il apparaissait clairement qu’ils aient toujours été là mais qu’ils ne fussent jamais étudiés sérieusement…

- … n’importe pas réellement. Tu sais, ces animaux sont le signe de nos forces et nos faiblesses. Ils ne nous définissent pas réellement mais plutôt nous représentent. Nous aspirons à acquérir leurs forces, qui sont bien souvent inaccessibles pour les pauvres mortels que nous sommes. Ils représentent les énergies primordiales qui alimentent nos mondes : celui des hommes, celui des légendes, celui des morts et même celui des dieux. D’ailleurs, on raconte qu’eux-mêmes les manipulent et ainsi ont donné naissance à toute chose. Nous les percevons comme nos parfaits jumeaux, image irréelle de ce que nous devrions être mais en réalité, peut-être est-ce là simplement le manteau qu’ils adoptent pour que nous puissions les percevoir et les comprendre. Tout n’est que masque, surtout dans les jeux des puissants, soupira-t-il finalement en achevant de mettre en place une énorme cuisse de mouton sur le feu.

Je poursuivai l’étude que je faisais d’Aketa. Elle avait été pirate avec son frère, arpentant le monde en recherche de richesses et de gloire mais quelle était la réelle raison de ses actions. Ne suivait-elle simplement que son frère telle son ombre jumelle qu’elle paraissait au premier abord être ou bien dissimulait-elle sa propre individualité, ses propres désirs, ses propres rêves ? La question se réduisit bien vite à une chose : pourquoi n’avait-elle pas suivi son frère dans le portail, en poursuite d’une Caléoppe courroucée ? Pourquoi était-elle restée à mes côtés ici, dans cet autre monde au ciel irisé et fracturé ? Les questions restaient par trop nombreuses et au fil du temps passé avec notre géniteur, je commençai à soupçonner qu’il profite de cette réunion imprévue pour achever un plus grand dessein…

- Le danger marche main dans la main avec l’impatience, Aketa. Regarde ton frère, répondit-il avec un air amusé, il observe le monde qui l’entoure car il ne peut poser les questions. Comme les fruits dans le verger, les réponses viennent à qui sait les trouver…

Il nous laissa prendre le temps d’observer plus longtemps les cieux. Je n’avais jamais vraiment pris le temps d’y réfléchir franchement mais le soleil semblait briller ici comme au travers d’un voile laiteux. Comme un alcool coloré, sa lumière se diluait et se fragmentait sur ce qui semblait être un dôme fragilisé par endroits. Tout ceci prenait du temps à constater et certainement que cela ne nous avait pas marqué jusqu’ici mais à la manière interdite, il n’était plus possible de l’ignorer une fois la vérité dénudée. Je me redressai alors et quittai ma position dans laquelle je m’étais laissé glisser vers Aketa. Dans un regard, je compris que c’était là la chose importante que Thadonas souhaitait nous faire découvrir.

- Les temps sont tristes, mes enfants, fit-il avec mélancolie. Malgré tous mes efforts, le monde ne sera plus jamais pareil à celui que je connus encore garçon, sur la péninsule de Magne. J’aurais aimé qu’il en soit autrement mais je n’ai pu que ralentir l’inévitable et le monde que je vous lègue est loin d’être idéal. Celui-ci est en train de se fragmenter, expliqua-t-il lentement, chaque mot se perdant lentement dans la nuit tombante alors qu'il continuait à fixer son morceau de viande et les flammes qui le torturaient. Sa séparation avec les autres se brise lentement, comme vous pouvez le voir, et peut-être que cela signifie que c’est également le cas pour les autres. Je ne suis pas certain de ce qui nous attend mais si le Céryces que je rencontrai jadis a dit vrai, le pire arrivera sous peu. Car les dieux se meurent et les Titans se libèrent...


Pyramid Rouge
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Pyramid Rouge
Mer 17 Aoû - 0:54
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Arrabaïsos

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis capitaine d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon charisme et mon courage, je suis maître de ma vie ..
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Aketa

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis second d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon calme et ma clairevoyance, je suis libre.



moi-même
.
Le regard mue d’un désir intense de savoir, Arrabaïsos se heurte encore comme une vague à une falaise abrupte qui ne compte pas se creuser pour son bon plaisir. Le regard fuyant de Caléoppe  trahit son malaise de se trouver a coté de lui. N’est-il alors qu’une honte pour elle ? Peut-être. Il laisse ses démons chuchoter et n’en ayant cure la suit en restant a une distance raisonnable d’elle, il bombe le torse, se tient droit en charisme et essaye pour elle de dissimuler la honte qu’il est. Car au final ses démons chuchote et se rie fort de lui. Il l’observe, observe le collier qu’elle porte et sourit un peu et quand il répond il se sent tout a coup bien prétentieux de s’être plaint alors qu’elle aurait pu le renvoyer dans la prison d’ou elle l’avait sortie. Oui, elle aurait pu faire cela, mais elle ne l’a pas fait. Là l’homme de la mer comprend que Caléoppe marche un peu  comme ça. Elle parle peu avec sa langue mais bien plus avec ses actes et sa gestuelle. Ne répondant d’abord rien il la laissa continuer de lui donner son point de vue entre deux petit bazar proposant fruits puis tissus et après pierreries d’exception… En distinguant les pierres il remarque d’un œil expert qu’elles sont bien moins précieuse que ce que semble prétendre le marchand. Peut importe, il écoute Caléoppe mais ses mots lui donne mal au ventre. Il serre le poing mais se retient, la violence n’a pas le droit de la toucher elle,  sans pour autant qu’il ne sache pourquoi.

-Ça je l’ai bien compris, mais hors la loi que je suis, être le fils d’un héros me lave t-il pour autant de tous mes crimes ? Non. Jamais je ne serais un héros, je compte par delà mes doigts les cités dont j’ai été banni. Être le fils d’un héros ne changera rien à  cela.

Il fait une pause. Reçois le tissus et l’écoute le repousser dans ses mots à l’inverse de ses actions.

-Ce qui change les choses ce sont les actes. Et pardonnez moi mais vous vous mentez en disant que vous n’avez pas de cicatrices. Je les perçois dans vos yeux.

Il s’arrête derrière elle puis reprend.

-C’est bien pour ça que vous ne me regardez pas, ni personne.

Il ris un peu alors que d’une énième phrase elle le repousse et semble le chasser, c’est ce qui le pousse sûrement a désirer plus qu’ardemment rester près d’elle. En fait a chaque fois que sa voix flirt avec la vibration de ses tympans il frémit d’un sentiment de conquête. Un jour il comprendrais, il verrait ses cicatrices, c’est ce qu’il préfère les cicatrices. Pour toutes celles qu’il a obtenu par des  douleurs plus infâmes que les autres cela ne le rend pas plus gris. La voyant s’éloigner il réfléchis et finis par la rattraper. Posant délicatement une main sur son épaule, il s’arrête tout comme elle. Attendant qu’elle se retourne ou non il déclame alors.

-Comme je le dis souvent à Keta, je n’ai pas pour habitude de me retourner sur ce que je laisse derrière moi. J’avance. Il le dis sans honte aucune de déclarer presque clairement qu’il l’a vraiment choisie elle plutôt que sa jumelle.

-Vous m’avez sauvé la vie plus de fois que n’importe qui sur cette terre que vous le vouliez ou non. Peut-importe la raison pour moi, vous l’avez fait… Contre une protection  jusqu’à Sparte… Seul cette ville me défera de mes obligations envers vous. Sans vous faire honte bien-sûr...

Un sourire aux lèvres, il sait bien que ce marché pour elle ne doit plus rien valoir, mais pour lui, il vaut tout. Ainsi sous un sourire chaleureux il s'éloigne peu a peu pour disparaître derrière nombre de bâtisse qui forme la ville...

***

Toute en interrogations ma-léchée Aketa restait là a coté de son frère. Regardant Thadonas, elle le laissa parler et ne répondis pas immédiatement a vrai dire d’étranges bribes d’images lui flashait l’esprit. Jetant des regards à Artemision elle semblait troublée d’avoir pu lui  adresser un mot tout en conscience. Ce que disais Thadonas n’était ni désagréable ni vraiment agréable car c’est comme si il l’a dépossédait de tout ce qu’elle pensait être : une carapace, ne recouvrant rien que de la chair sans affect. Mais  c’était faux. De tous c’est peut-être celle qui sous ses grands airs se souciait le plus de chacun d’entre eux… Elle réfléchissait un peu a la question et en plongeant son regard ambré dans l’iris d’Artemision. En le regardant d’autres bribes d’images lui apparaissait mais c’était flou. Regardant la main de son frère elle n’osa pas le prendre par la main pour y voir plus clair… Elle se tourna de nouveau vers Thadonas. Elle inspira voulu rendre mot mais ça ne sortait pas. Du moins pas tout de suite. Elle murmura ensuite en regardant son frère.

- Un loup de sagesse...

De l’émotion dans le regard elle eu tout a coup des larmes chaudes dans les yeux en l’observant. Ses mains frémissait d’une envie de prendre la main de son frère mais en même temps elle sentait son cœur battre, comme si le faire la pousserait a quelque chose de terriblement douloureux a voir. Les larmes si nombreuses dans ses iris ne purent faire autrement que couler mais trop fière sûrement elle cessa simplement de regarder son frère et essuya ses joues, le noirs soulignant ses yeux ayant un peu coulé.  Qu’importait, Thadonas n’y verrais rien a l’opposé d’eux, il s’occupait de lentement cuire la viande que nous allions partager. Pourquoi tant de peine ? Pourquoi toutes ses images. Cela semblait être des souvenirs mais elle ne se souvenait pas d’avoir vécu cela. Perturbée elle écoutait toujours plus son géniteur l’air perplexe et regarda enfin le ciel. Ce qu’il disait était terrible et sa respiration s’accélérant elle se sentit tout a coup bien petite sous ce ciel fracturé n’annonçant que désastre. La fracture s’insinuant dans l’esprit de la clairvoyante, des larmes rouges coulèrent sur ses joues alors qu’un voile se posa dans ses yeux. Fixées là le visage effrayé et courbé de souffrance elle aurait voulu hurler.  Son estomac se nouait, son cœur accéléra et la tétanie prenait tout son corps. Tremblante elle resta ainsi quelques instants dans un état de transe aussi désagréable a regarder qu’a vivre.  Si bien que victime de cette odieuse vision elle s’empressa dans un geste instinctif qu’elle ne contrôla pas vraiment d’attraper la main de son frère.


Semblant s’écrouler lorsqu’elle se réveilla elle était en Grèce nulle part, couchée dans le sable entre quelques arbres et quelques buisson brûlé par l’hardiesse d’un soleil d’été. Se relevant elle se tourna et se retourna, observa ses mains et son corps. Elle semblait elle-même mais plus vêtue de ses haillons de prêtresse pirate, qu’une toge de la couleur des ténèbres.  S’avançant un peu elle se retrouva au bord d’une falaise qui faisait non loin face à une autre cote. Un cap. En regardant au bas de la mer elle distingua sur une plage de roche une femme trempée semblant épuisée… En l’observant bientôt elle entendit un cri même plusieurs. Elle semblait souffrir. Affolée Aketa s’empressa de trouver un chemin pour rejoindre la femme. Celle-ci était vêtue d’une robe de lin et de soie d’or et d’argent, sa parure contenait tant de bijou qu’on n’en distinguait a peine le visage de la belle femme. Écroulée sur un rocher, une flaque de sang s’était un peu rependue et ses beaux habits s’était maculé de sang. Lui souriant les larmes aux yeux, elle tenait vers son sein un bébé emmailloté dans un morceau de sa robe d’or déchirée.  
Aketa a quelques mètres d’elle s’approcha doucement et alors qu’elle la regardait en essayant de prononcer un mot, sa bouche se gorgea de sang.

A ce moment elle remarqua a force d’observer que sa robe toute parée de bijou avait été transpercé par une dague. Le manche était un ouvrage si précieux qu’on le remarquait à peine si on observait peu la femme. Celle-ci ne tarda pas a s’écrouler sur le gros rocher un sourire sur les lèvres.

- Non ! Non vous ne pouvez pas mourir !

Hurla t-elle par instinct avant de regarder l’enfant. Il respirait lentement et tout silencieux qu’il était  ne semblait pas serein pour autant. Il remuait sa bouche mais aucun son ne sortait… Se retournant par instinct elle vit une femme accompagné d’un homme qui était un peu plus loin spectateur de la scène.

En un clin d’oeil Aketa se retrouva sur une autre roche spectatrice elle-aussi d’une belle scène. Effectivement la femme attiré par les hurlement pris l’enfant dans ses bras et le cajola avec beaucoup d’amour dans les yeux. Souriant, elle s’étonna de voir que le couple ne vola même pas la morte pourtant tout en richesse vêtue. La femme pris simplement les boucles d’oreilles de la mère et les posa sur l’enfant. Se levant d’abord pour l’arrêter, elle se tue et compris qu’il s’agissait simplement d’un présent qu’elle garderait pour donner plus tard a l’enfant un morceau de son histoire. Ces boucles d’oreilles, Aketa en avait déjà vue au cours de ses voyages, elle n’en avait vu qu’a un seul endroit au monde… Mais alors qu’elle allait se souvenir quelque chose agrippa sa cheville pour l’emmener au fond de l’eau. Se débattant dans l’eau en y perdant le souffle elle se réveilla a nouveau en sursaut.

- Adramyttion !



La mère:
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Jo'
Sam 20 Aoû - 9:33
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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha

Les paroles d'Arrabaïsos tournoient en moi à mesure qu'il s'évade derrière les maisonnées. Il ne tire pas de gloire à son ascendance divine : quelque héros que soit Thadonas, mon frère ne s'en sent pas moins bandit. Les valeurs, dit-on, se transmettent dans le sang - de la pègre naissent les rats, des justes naissent les bons. Pourtant aucun de ces mal-nés - Aketa, Artemision et Arrabaïsos - n'est aussi vérolé que l'estimé guerrier Epiméthos, ou que le notable qui tua Selagus dans la maison de son propre ami. Alors quoi ? Suis-je la distinction de mon éducation, ou l'avilissement de ma conception ? Je range ces pensées, et sa promesse de remplir sa part de marché, dans un coin de mon esprit.

Il est temps d'affronter Ménon et pour une fois, je n'ai pas de plan.

*
Spoiler:

Les murs sont une intrication du travail de marbre et de mosaïque, quatre frises s'alternent lorgnant sous les plafonds avant d'accoucher d'un aplat marbré, saigné par l'embrasure droite des portes et des colonnes qui les encadrent. La première frise est un entrelac bleu et blanc de lignes géométriques. La seconde, dorée et coquille d'oeuf, est une suite de carreaux décorés. La dernière, très blanche et anthracite, orchestre deux dalles rectangulaires pour une carrée, deux rectangulaires pour une carrée, deux rectangulaires pour une carrée, ainsi de suite. Le marbre lacté se meut d'un gris bleu comme la mer tôt les matins d'hiver.

Au sol, un dallage blanc cassé et terre de sienne s'enroule géométriquement autour d'un centre représentant une scène du conte d'Orphée. Les Ménades bouffies de végétation, furieuses, raccompagnées pourtant auprès de Dionysos par la lyre exceptionnelle du héros. Une lyre à neuf cordes et non à sept, une pour chaque muse, dont Calliope qui est la mère du musicien. Est-ce pour cela que Ménon s'est enamouré de moi ? Parce que je porte le nom d'une muse ou presque, et que comme cette prêtresse de la poésie épique, je connais la littérature sur le bout des doigts ?

La domestique, qui pourtant sait que je me rends volontiers jusque dans les chambres, m'abandonne dans la salle des invités.

Sur un promontoire en pierre blanche repose puissamment une lyre à neuf cordes - Ménon a le sens de l'impression. Je m'assieds face à elle et inspecte la rondeur de son bois sculpté, travaillé spécifiquement pour sa constitution mythique, une commande qu'il aura dû passer à un menuisier d'orfèvre. Et puis sa voix dans mon dos.

"Les Ménades prises de folie avaient fui Dionysos, décimé les troupeaux Piérie et s'étaient retranchées dans la montagne. Il n'y avait que la musique d'Orphée pour les dompter, car comme tu sais ..."

Il me surprend d'abord, mais le flot continu de sa stance, et son timbre avec elle, me rassérènent. Nous finissons sa phrase d'une même voix.

"Aux accents dont Orphée emplit les monts de Thrace,
Les tigres amollis dépouillent leur audace*."


Je me lève et me retourne vers lui, debout dans l'embrasure de l'entrée. Son corps sec contraste avec la douceur intelligente de ses yeux verts, infléchis aux paupières par l'âge - ou dirait-il, l'expérience - et il croise les bras sur son torse. Je poursuis la part de mythe qui n'est pas représentée au sol ni dans la lyre. Imaginer qu'un homme dont l'art est si précieux qu'il est capable de faire revenir à la maison toute femme en colère, voilà qui doit conforter Ménon dont l'épouse vit presque en Macédoine, et la maîtresse disparaît sans prévenir. La suite de ses rêves orphiques sont en effet moins jolis.

"Après avoir perdu Eurydice, Orphée se retranche, et les Ménades dont il ne cède jamais aux séductions viennent quérir leur revanche. Elles le démembrent. Diasparagmos**.
- N'est-ce pas triste, puni pour sa fidélité envers son aimée ?
- Ca ne risque pas de t'arriver."


Nous quittons l'austérité malheureuse du mythe pour un sourire, il approche enfin mais nous restons à distance protocolaire.

"Que s'est-il passé ?"

Sa voix est d'inquiétude et mes yeux se perdent sur l'épaule que laisse voir son chiton, la clavicule creusée par sa maigreur athlétique, les taches de rousseurs assénées par le soleil et le fleuve, le bras nerveux. Je suis triste : quoique je puisse dire, les choses changeront pour lui et moi. Puis soupirant, je déambule distraitement dans la fraîcheur pierreuse, les yeux appliqués à suivre les lignes des frises - tant de géométrie, voilà qui ravit un mathématicien et rassure l'âme. Tout y est si prévisible pour peu qu'on y mette la méthode, ainsi soit la musique de l'algèbre.

"Des gens ont été mis au fait de mon itinéraire vers Sparte, j'ai donc décidé de dévier, et je me suis retrouvée à Thermopyles où j'ai demandé à Prodicos de me chaperonner pour louer une maigre escorte."

Je sais lire et politiser comme un homme, pourtant j'ai besoin d'eux en caution pour toute chose. C'est épuisant.

"Il a refusé donc j'ai libéré des prisonniers en leur promettant l'absolution. De là ..."

Je m'arrête, me trouvant derrière lui qui fait toujours face à la lyre, je suis à mi-chemin entre Ménon et la sortie. Si j'étais moins résiliente, peut-être me serais-je enfuie de son jugement.

"Un crime a eu lieu chez Prodicos et un de mes hommes en a été accusé.
- Etait-il coupable, cet homme ?"


Il se retourne et me harponne par les cils - ses yeux agrippés au miens, il n'y a plus de marche arrière.

"Non, c'était une affaire entre des bonnes gens, mais nous avons été pourchassés comme de vulgaires criminels.
- Ce qu'ils sont, ces gens que tu as fais libérer.
- Je n'avais pas le choix, fallait-il que je risque de me faire tuer en me promenant du côté de Spartes ?"


Son être se fronce et il s'approche.

"Tu aurais dû demeurer chez Prodicos et me faire parvenir une lettre. Je t'aurais envoyé quelqu'un. Mais enfin, quelle était cette réaction ... irrationnelle ?"

"Irrationnelle", il le prononce un plissement au coin des lèvres. Probablement la pire insulte qui puisse sortir de sa bouche.

"J'étais inquiète, pour ne pas dire paniquée. Rien de ce voyage ne faisait de sens, une Salaminienne attendait à Volos au moment même où je suis arrivée là-bas, je craignais de croiser des Spartiates, et d'ailleurs, avec les arrangements que tu entretiens avec eux, je n'étais pas sûre d'être en sécurité sur les territoires de Délos non plus.
- Donc tu as décidé de faire confiance à trois galeux du fond des geôles.
- Trois, dis-tu ? Tu es déjà renseigné."


Il se courrouce et serre mon bras dans une poigne sévère, ses phalanges blanchissant à la rougeur de ma peau. Son expression presqu'inchangée et le ton didactique de sa voix contrastent avec la douleur qui fulgure dans mon membre.

"As-tu une quelconque idée des répercussions de tes actions ? J'ai faillis être suspendu de la Confédération***. Apporter le meurtre dans une maison saine, une souillure pareille, tu as peut-être oublié ce que ça fait."

J'ai envie de lui cracher au visage. Evidemment que je me rappelle de l'horreur, de l'infamie, du déshonneur, et des années de réparation à la communauté que j'ai dû faire. Tuez un homme, ou faites-le tuer chez vous, vous voilà le mouton noir. Votre foyer n'est qu'un mouroir aux yeux des autres, et le voilà qui doit refléter ce que vous êtes, à vous entourer de dangers sauvages ou à les provoquer vous-mêmes, et soudain vous n'avez plus droit d'exister dans une cité civilisée. Vous êtes expatriée entre vos propres murs. Plus âme qui vive ne veut vous entendre respirer. Votre propre famille, même. Une solitude immense qui m'aurait avalée toute entière si Gorgias n'était pas venu pour m'en sortir.

"Je n'y étais pour rien, Ménon, dis-je entre mes dents." J'arrache mon bras à sa poigne et y conserve une trace inflammée de ses doigts refermés dessus. "Où est notre confiance ?"

Il se retourne et prolonge son regard concentré sur le carreau des Ménades asservies à leur maître. "Disparue lorsque tu as préféré l'aide de n'importe qui plutôt que de la mienne. J'ai fais ce qu'il fallait pour réparer tes erreurs. Maintenant, je ne veux plus te voir."

Estomaquée, au sens propre : un hoquet me part depuis la poitrine comme si une lame s'était enfoncée en elle. Ménon me rejette et je perds un amant mais surtout mon ami. Un homme dont je ne me serais jamais lassée de la compagnie ou de la conversation, un homme qui reconnaissait que je sois libre, qui me conseillait sans ordonner, et avec qui l'eau sentait le vin. Quelqu'un qui nourrissait mon esprit et veillait sur moi.

La déception se lit dans chacune de ses lignes. J'ai brisé de ma dignité d'âme en trompant l'allié sans faille qu'il a toujours été. N'a-t-il pas répondu présent chaque fois que je me suis tournée vers lui ? Être soudés, c'était là notre force. C'est moi qui finalement lui ai tourné le dos la première. Les larmes font des goulées trop épaisses pour les ravaler et je quitte les lieux avant de lui faire l'affront de me montrer faible d'esprit. Je ne lui ai même pas dis que j'étais une bâtarde.

J'ajoute un mensonge par omission à la facture.

*

Il ne me reste plus rien. Avec Ménon s'évanouissent mes amitiés de la cité, mes activité politisées, et tout ce qui s'ensuit. Je refuse de revoir le visage de ma parjure de mère, alors je retourne à ce qui est officiellement mon foyer - l'antre que j'ai partagée avec Epiméthos, et dans laquelle j'ai déjà passé une nuit de trop. Il ne me reste rien.

Rien.

Ou alors.

Une vengeance et un frère - un seul, dans ce monde-ci.
Je pars en quête de retrouver Arrabaïsos à Larissa.

Spoiler:


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Houmous
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Mer 24 Aoû - 7:28
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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


J’observai la situation sans trop quoi savoir en penser. Je n’étais même pas encore sûr de pouvoir faire confiance à notre père pour comprendre réellement ce qui arrivait au monde. Certes, le ciel était fracturé mais le monde dans lequel nous nous trouvions n’avait-il pas toujours été ainsi ? Comment se pouvait-il que les Dieux perdent leur permanence et en reviennent à fouler la fange comme nous, les mortels ? Je soupirai alors que les pensées se contredisaient avec l’expérience dans un capharnaüm d’incompréhensions. Aketa, elle, semblait ne pas goûter à l’étrangeté de la situation de la même manière que moi. Elle semblait stressée, effrayée, paniquée… Elle en vint même à me saisir la main pour y trouver quelque chose auquel se raccrocher.

La sensation qui me vint alors que nos mains se tenaient l’une à l’autre n’avait rien de normal ou d’habituel. Elle faisait quelque chose que je ne comprenais pas mais que je percevais partiellement. J’eus l’impression de vider toute la substance de mon âme hors de moi. C’était comme une flamme qui consumait ce qui faisait mon être et qui ravageait tout ce dont je venais. Elle se saisissait et prenait ce qu’il y avait en moi dont j’ignorais l’existence. Pourtant, alors qu’elle le prenait, je ressentais une grande crainte de ne plus être qui j’étais jusqu’alors. Ma conscience sur le point de se rompre dans sa continuité, je découvris n’avoir plus qu’un instant pour me défendre. Pourtant, sa poigne était forte et j’en étais écrasé. L’idée de disparaitre m’effraya suffisamment pour que je trouve des ressources insoupçonnées et me défende de la seule manière que je pouvais. Dans une sorte de cri silencieux, je l’appelais : « Arrête Aketa ! Tu me fais mal ! ».

Elle reprenait ensuite conscience dans un sursaut en prononçant un nom. Je tenais ma poitrine alors que l’angoisse d’avoir survécu à cette expérience traumatisante m’écrasait la poitrine. J’en avais le souffle court, un peu comme j’avais été écrasé par quelque chose de surnaturellement lourd. Et pourtant, je n’avais rien réellement subi. Tout ce que je souffrais se dissipa bien assez vite sauf la peur. Je lui arrachai donc ma main restée fermement prise par elle pour me lever et m’écarter du feu de camp. Thadonas ne sembla pas s’en préoccuper, encore une fois, et observa simplement en buvant de son vin et en dévorant sa part du mouton. Le poignet de la main volée n’enflait pas mais rendait la sensation d’avoir été brisé. Je réalisais qu’il était plus que temps pour moi de rejoindre le monde que j’avais connu depuis l’enfance car si je restais avec ces gens, j’en mourrais peut-être. Cela dit, je n’avais pas la moindre idée de comment m’y prendre pour atteindre cet autre monde. Je n’étais ni versé dans la magie, ni dans l’érudition et je ne savais rien des règles du Cosmos.

Je revins au pied du feu, défait, espérant y glaner une manière de fuir. Tout ce que je souhaitais à ce point-là était de pouvoir retourner voir ma mère. J’avais accompli sa requête et peut-être que si je venais à elle, elle me dirait où diriger mes efforts comme elle l’avait fait si longtemps. Je me doutais que cela ne serait pas possible. Mais armé d’un fin espoir, j’espérais encore retrouver une normalité après la rafale d’événements que j’avais vécu. Je ne savais plus qui j’étais, comment fonctionnait le monde et quelle place avait les Dieux dans nos vies. J’étais abattu et ébahi de m’être tant fourvoyé sans m’en rendre compte.

- Je sais que tout cela est effrayant et que vous avez l’impression que rien ne peut être fait… Pourtant, tout n’est peut-être pas perdu. Si vous allez voir les oracles de Sparte, ou du moins ceux qui restent, vous trouverez peut-être votre propre quête ainsi que je le fis bien des décennies de cela, conseilla-t-il. Le monde sera agité du fait du renversement du Cosmos, bien sûr, mais vous êtes assez forts pour vous frayer un chemin, j’en suis convaincu. Le temps presse mais pour le moment, reposons-nous. Demain sera bien assez tôt pour que vous vous mettiez en route, acheva-t-il sans laisser de place aux contestations.

La nuit fut affreuse pour moi. J’y voyais et fantasmais de gigantesques batailles. Les hommes qui y combattaient étaient grecs pour un certain nombre et pourtant, chaque mort me frappait comme un coup de poignard. Les navires s’y faisaient face et rageusement s’éperonnaient les uns les autres, saignant de leurs équipages dans une mer poussée à bout. Quelle folie que celle-ci, ne pouvais-je m’empêcher de penser. Quel gâchis d’hommes forts et viables qui auraient cultivé la terre et fait la richesse de leur patrie. Notre monde tout entier s’enflammait et se brisait dans un cri de colère collectif. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de remarquer l’inanition des Dieux à cet appel. Ils restaient sourds à nos suppliques. A vrai dire, c’était la meilleure chose possible car lorsqu’ils agissaient et prenaient position, c’était pour le pire. Au lieu de stopper le conflit, ils armaient et renforçaient un camp, menant à l’extinction du concurrent. Leur disparition serait-elle si mauvaise pour le monde ? Alors que ces pensées impies me subjuguaient, je remarquais enfin, de mon perchoir aquilin, les titans au-delà du voile, qui guettaient la moindre occasion de se libérer. Autant que les Dieux, ils appréciaient ces conflits. Mais à leur différence, ils nourrissaient les sentiments agressifs de tous les hommes. Les Dieux, je le compris enfin, inspiraient les meilleurs des hommes à leur grandeur pour nous guider de l’intérieur.

Le soleil me réveillait finalement. Il pointait sur le coin de mon visage, achevant mon piètre répit. Je me redressai et trouvais, toujours à mes côtés, une Aketa encore endormie. Elle ne tarderait pas à revenir à elle vu le bruit que je fis en me redressant dans ma paillasse. Enfin, notre paillasse. Je tentai de réitérer l’exploit de la veille en pensant avec fermeté « Aketa, réveille-toi, il est temps d’y aller… ».


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