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 ΑΓΩΝ - Les ascendants

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Pyramid Rouge
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patrick

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Arrabaïsos

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis capitaine d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon charisme et mon courage, je suis maître de ma vie ..
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Aketa

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis second d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon calme et ma clairevoyance, je suis libre.



moi-même
.
Là vers lui, Aketa comprend le rôle d’un aînée. C’est assez agréable au final de réconforter un plus jeune que soi. Jusqu’à maintenant elle avait toujours été la plus faible, la plus petite, celle qu’on protège à son grand damne. Quand on est la lune d’un soleil comme Arrabaïsos on à peu de moment de gloire, peut de moment ou l’on se sent vraiment utile et protectrice. Alors pour une fois, pour une fois ça fait tellement de bien d’être la personne qui viens rassurer, la personne qui viens apaiser l’autre et l’aider à gérer ses tourments intérieurs. Le dialogue entre Aketa et Artemission n’est qu’un dialogue de geste. C’est différent mais c’est agréable et nouveau. Un sourire finis par se former sur les lèvres d’Aketa. Là tout près de ce qui était un autre frère elle appréciait vraiment cette idée et profitait de ce moment calme et exclusif, une oreille un pu attentive aux tons autour du feu.

Dehors, Arrabaïsos est le premier spectateur de la scène de Caléoppe et l’observe en silence sans vraiment rien penser. Son expression devient bien plus fermé, il observe tantôt  Caléoppe attaquer de question plus piquante les unes que les autres tantôt Thadonas qui répliquerais presque avec mépris. En fait. Tout le monde à compris. Tout le monde à compris qui est cet homme dont la force physique est l’unique certitude. Observant la jeune femme dans son discours combatif il lui admet son admiration pour tant de combativité de la parole, néanmoins, cette femme, elle a quelque chose d'ingrat qu'il ne saurait nommer. Même si il n’aime pas se fier à cela il a avec elle quelque chose qui le rebute, mais toujours plus optimiste il refuse de laisser les doutes d’Aketa infecter sa vision des choses. Alors qu’elle parle il finit par baisser les yeux et sortir de sa poche les dents et petits ossements de la sirène. Sortant son couteau pour ne pas entendre tout ce conflit peu agréable à écouter il se met à sculpter l’os. D’abord, il en retire les chairs abîmes et pourrissantes pour les jeter au feu. Ensuite, il attaque avec technicité l’os de sa lame aiguiser et lorsqu’il sculpte, il n’entend plus. Il n’entend plus ce que son corps à compris mais ce que son inconscient retient en lui pour ne pas qu’il ressente cette douleur comparable au repercé d’une flèche de carreaux d’arbalète dans le cœur. Elle finis par partir et d’un saut Thadonas s’enquière d’un javelot à l'approche d'une menace.

L’action est si rapide qu’Arrabaïsos à du mal a sortir de son rôle de spectateur, exalté et galvanisé par la force incroyable de Thadonas il ne peut s’empêcher de le féliciter avant de poser à terre son ouvrage pour le finir plus tard. Se jetant avec Artémision pour achever l’énorme animal mythologique il sourit mais sent toute la lourdeur de cet échange de regard qui effacerait presque son sourire. Inquiet pour Caléoppe il prend tout a coup conscience du rustre comportement de Thadonas et son admiration se tasse.

Alors qu’elle avait été surprise par le geste vif et soudain de Thadonas, Aketa, elle, s’était levée aussi vite qu’une proie effrayée. Allant dehors elle voit la mine affreuse de Caléoppe et devine sans mal ce qu’il viens de se passer. En la voyant,  Aketa ne sourit plus. L’accompagnant à l’intérieur elle s’éloigne d’elle et cherche désespérément du raisin pour ne pas penser et ne pas avoir à lui parler. Même si sa moralité lui impose une politesse respectueuse envers elle, Aketa ne peut pas sentir cette femme pompeuse habituée au luxe de l’éducation. Évitant ses pupilles, c’est plus simple pour éviter de se sentir minable et affligée par l’orgueil de son regard. Quelque part ce moment de faiblesse de sa part serait l’occasion rêvée de se venger de son comportement hautain de la maison du menteur meurtrier... La mettre à terre et tourner le couteau dans la plaie de sa découverte déshonorante… Oui cette pensée est agréable car elle ne ressent pour elle qu’une amertume qu’elle ne semble pas souhaiter diminuer. A vrai dire de tous c’est celle qui lui rend le plus l’impression de n’en avoir cure de leur présence.

Aketa ne peux pas comprendre. Aketa ne veut pas comprendre la douleur à l’ego de Caléoppe. Pour elle ce n’est que le coup du sort mérité qui viens la percuter. Elle ne peut pas comprendre ce que ça fait de se sentir déshonorée tout a coup car elle n’a jamais été honoré de quoi que ce soit. Que Thadonas ou un autre orgueilleux puni par les dieux soit son père ça ne change rien. Elle n’est qu’une criminelle poussé dans le vice par la vie. Au fond, de tous, Caléoppe reste celle dont l’émotivité à leur égard semble le plus neutre voir négative. Tournant dans la petite chaumière à la recherche de son met lorsqu’elle en trouve une grappe elle lui adresse un regard froncé se retenant de lui cracher toute sa haine à la figure puis elle sourit un peu, s’en tenant à son expression de tristesse comme seul plaisir. Se dirigeant dehors Aketa n’a pas peur de ce qui peut surgir, elle n’est pas faible et sait se défendre alors elle sort mais avant de sortir elle s’arrête dans l’encadrement de la porte  et tourne son visage vers l’intérieur ne regardant pas la jeune femme. Elle sert son poing mais c'est plus fort qu'elle il faut que ça sorte.  

-Ca fait mal, n’est-ce pas ? De tomber de son petit nuage de certitudes luxueuses ?  Humphf… Alors ça fait quoi d'être une petite bâtarde comme nous , les pauvres erres... ?

Sur ces mots pointus qui n’attendent pas de réponse, seul vengeance de son hautain comportement ne tendant pas à défendre son frère qui au final n’est autre que le sien aussi, Aketa quitte la pièce n’arrivant pas à lui tendre la main à elle, ne sentant jamais sa reconnaissance. Car si elle était en vie aujourd’hui c’était bien grâce à eux mais c’était tellement plus simple de se comporter avec complaisance en gardant le mauvais coté à l’esprit : c’est à cause d’eux qu’elle se retrouvait ici alors pourquoi leur exprimer de la sympathie. Dur dilemme moral. Mais la haine est la plus simple option. Refermée sur ses certitudes et ses impressions les sourcils froncés, elle est perdue et plus seule que jamais. Aketa doute alors en mangeant son raisin, tentant de fuir toutes ces choses contrariantes qui arrivait… Dire qu’elle pourrait être aux Fidji en ce moment.  
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Jo'
Jo'
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PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha
Spoiler:
 
Tous les échanges de ce soir là s'interrompent sous la menace d'un énorme oiseau prédateur tournant au-dessus de nos têtes. Fidèle à sa martialité, Thadonas le pique derechef d'un javelot et les autres hommes s'empressent avec lui d'achever la mise à mort. Aketa, elle, rentre  en ma compagnie et se complaît la bouche pleine de raisins d'une considération mégère. Je l'observe un instant sans lui répondre d'abord. Je ne saisis pas tout à faire cette colère, ou mépris, venus de limbes qu'elle avait décidé d'ignorer. Si elle savoure tant mon malaise, pourquoi m'a-t-elle aidé à fuir les gardes ? Pourquoi n'a-t-elle rien dit jusqu'alors ? Pour préserver une image d'unité devant les autres ? Mais surtout cette défiance, d'où vient-elle exactement ? Je l'ai sortie de prison et lorsque son frère a trempé dans la fange des complots meurtriers chez Prodicos j'ai tenté de prendre sa défense.

En fin de compte, je crois qu'elle est surtout aigrie. Je réalise enfin que le destin nous a probablement réunis parce que nous l'étions déjà par le sang, et de voir que sa soeur avec qui elle partage tant d'ADN a pu vivre une vie confortable la grignote de jalousie. Elle pense m'estoquer mais en réalité le déshonneur de l'adultère de ma mère n'est pas ce qui me supplicie le plus - j'en veux à mes géniteurs car en raison de leur avilissement ma vie a été plus éprouvante que n'importe laquelle de mes consœurs. J'en veux rageusement à Thadonas d'avoir fait peser les malédictions sur ma famille. D'avoir ainsi été plongée par le destin dans une union maritale qui m'a souillée à tout jamais, par son inconséquence. Et malgré moi je boue de savoir que mon ventre n'en portera jamais progéniture, car aussi libre que je puisse me sentir, cette liberté n'est qu'un mensonge, et la stérilité de mon être me prive de devenir femme digne. Cette lignée déshonorante m'enverra probablement aux Enfers pour me torturer ad vitam aeternam. Voilà mon vrai trouble : une existence invariablement basse qui me conduira six pieds sous terre.

Aketa peut parler. Je suis une bâtarde de sang mais je suis érudite, sage et je n'ai jamais trempé dans l'illégalité - elle sera toujours plus sale que je ne l'ai jamais été. Je réponds enfin. "La taille de votre cellule aux Thermopyles convenait mieux à votre étroitesse d'esprit." Elle disparaît sans répondre dans le cadre de porte et je disparaît à mon tour - vers l'extérieur.

...

Alors que les hommes sont encore loin et Aketa affairée à ses propres occupations, j'en profite pour partir sans bagage - car il est hors de question que je vole - dans la plaine environnante. J'ai une pensée pour Artémision, car j'ignore s'il est homme de mieux, mais il est assurément homme de moins pis. La parole est un tourment qui pourrit l'humain et je prie fervemment que jamais il ne soit piqué de son usage.

Je mentirais si je disais que je ne suis pas terrifiée d'être seule dans la nuit au milieu de nulle part - j'ai vu quel type de bête rôde ici, des créatures énormes et carnassières ou qui n'hésiteraient pas à me pourchasser par simple territorialité. Le monde des mythes est un monde de sauvages et je n'ai pas tout à fait de plan pour lui échapper. Ma première intuition est de retourner aux reliefs rocheux pour espérer y retrouver la faille qui m'a accouchée ici mais ils se trouvent à des heures de marche et je ne peux faire confiance aux étoiles - car le ciel n'a pas même complexion dans ce monde et dans le nôtre - pour m'orienter. Qu'importe, qu'ai-je à perdre ? Je mettrais un univers entre Thadonas et moi, et si cet univers est le trépas, j'aurais eu le mérite de demeurer intègre.

Mais une voix salvatrice m'interpelle et rompt la solitude. "C'est dangereux de partir toute seule, vous savez ..." Je me retourne et me retrouve face à face avec le bouc qui m'ensorcelait dans la forêt. Je soupire - je n'ai pas besoin d'un fauteur de trouble supplémentaire. Il me talonne alors que je reprends la marche, déjà impatientée.

"Vous risqueriez de vous faire tuer, dit-il avec un semblant de plaisir dans le timbre.
- Par le Styx, je l'espère."


Jurer sur le Styx est probablement le meilleur moyen de se damner et mon père m'aurait probablement giflée pour moins que cela - en réalité, il serait devenu furieux s'il avait entendu toutes les révélations de la nuit.

"Vous cherchez quoi, là, dans la nuit noire ?
- Je veux retourner chez moi."


Je m'arrête un instant et observe autour de moi pour y trouver un point de repère. La maison de Thadonas et son foyer qui l'éclairait n'est plus à portée de vue et je suis au moins rassurée de savoir que personne ne viendra me chercher dans ce rien qui m'entoure. Un ciel d'encre embrasse la plaine à l'herbe bleutée d'obscurité sans lune, au loin se découpe la forme fanée de ce qui ressemble un flanc rocheux et en contrebas la silhouette d'un bosquet d'arbres - mais ce n'est pas la montagne de mon arrivée car elle était encerclée par la forêt de bois blanc. Sans étoiles et sans boussole, je me suis proprement perdue.

"Et donc vous voulez revenir sur vos pas pour retrouver la faille, correct ?
- Vous êtes perspicace pour un caprin.
- Je pourrais vous faire gagner du temps ..."


Sa voix se suspend alors dans un sous-entendu qui frôle ma curiosité.

"Vous pouvez me ramener dans mon monde ?
- Je pourrais même vous ramener à Larissa.
- Et en l'échange de quoi ?
dis-je m'asseyant à la cime d'un arbre déplumé.
- A vrai dire je crois que l'on pourrait s'associer pour nos intérêts mutuels.
- Eh quoi ? Vous voulez un peu de foin ?
plaisanté-je mimant d'être ignorante.
- Je ne pense pas me tromper en disant que l'on a un ennemi commun."

Nul besoin d'être très clairvoyante pour deviner qu'il parle de Thadonas : voilà le seul homme que nous pourrions être deux à connaître dans ce monde. Je l'intime de continuer par l'insistance de mon regard. Que lui reproche-t-il ? Qui est-il, par ailleurs ? Qu'est-ce qui me pousse, et qui n'est pas de la nécessité car un réel attrait me magnétise au bouquetin, à lui faire confiance ?

"Par les Dieux Caléoppe tu ne m'as toujours pas reconnu !"

Il me perd davantage et je me retrouve dans une situation détestable où mon interlocuteur a un coup d'avance. Je ne saisis rien de ce qu'il est en train de conter.

"Tu as le parfum des jacinthes ... siffle-t-il comme un indice."

L'offrande près du fleuve avant mon départ. C'est Théréastre.

"Retrouve-moi dans le monde des Hommes."

Ce disant, il saigne l'air d'un coup de corne qui se déchire dans une faille aqueuse comme celle d'où je suis venue. De l'autre côté j'entr'aperçois ma couche à Larissa ; une euphorie brûlante lèche ma nuque à l'idée de retrouver mon existence et je comprends ainsi que l'oracle n'a aucune intention de converser avec le reste de la fratrie. Il m'isole dans mon pan de réalité et j'y plonge vaillamment. Derrière moi l'antre se ferme et me voici chez moi à la faveur de la nuit.


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Houmous
Houmous
Masculin MESSAGES : 186
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patrick

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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


Musique:
 

A peine rentrés au campement, une dispute semblant avoir éclatée entre les deux supposées sœurs, l’une d’elles quitta le groupe. Je n’en connaissais ni la teneur ni le propos et aussi décidai de ne pas m’interposer dedans. Après tous les événements récents et la grande découverte que nous venions de faire collectivement, il fallait avouer que nous étions tous à cran et exténués. Notre situation n’avait rien à envier à l’époque si fraiche où nous croupissions dans des geôles. Je m’assis simplement auprès du feu, profitant de ce temps de repos avant d’aller me coucher. Comme toutes les discussions avaient coupé court, Arrabaïsos s’en alla retrouver sa sœur pour se coucher auprès d’elle et prendre le temps d’évoquer la suite des événements en ce qui les concernaient. J’allais repartir lorsque mon aïeul me retint par la voix.

- Tu pars te reposer, toi aussi ? grommela-t-il un peu, un air de déception mal dissimulé dans la voix.

Je le regardai un instant, ne comprenant pas son empressement soudain à ouvrir le dialogue avec moi après avoir passé un si long moment à me considérer de loin et me fuir lorsque nos yeux allaient se rencontrer. Je lui trouvai un air mélancolique en cet instant de flottement et peut-être un peu de regret dans le fond. Il avait l’air déçu de ne pas avoir pu mieux préparer cette rencontre avec ses enfants, réunis que nous étions par le temps et les dieux.

- Je comprends que vous puissiez me détester tous, commença-t-il à déclarer, tout en une introspection que je ne lui soupçonnais pas. Vous avez vécu en bâtards dans un monde qui vous a rejeté alors que vous n’êtes pas de la race des Hommes de fer. J’en suis désolé… De là où j’ai passé toute votre vie, je n’ai pas pu vous préparer le chemin vers la gloire comme je pus en avoir l’occasion.

Peu à peu, je le sentais partir dans le discours de ses propres démons, en oubliant peut-être le temps d’un battement de cils, qu’il n’était pas seul et qu’il parlait à voix haute. Mon silence, dicté par les dieux et ma nature, faisait office de jarre dans laquelle il se déversait en anecdotes et en confessions. Le pauvre homme, abandonnant son manteau de noblesse, ne devait guère avoir plaisir régulièrement à pouvoir converser autant.

- Toi… A la couleur de ta peau, tu dois être de Thrace ou de Perse. Laisse-moi réfléchir… songea-t-il un peu avant de réaliser quelle femme devait être ma mère. Je me rappelle d’une demoiselle, belle comme le jour. Triballia devait être son nom selon mon souvenir. Belle et douce comme la lune, elle avait une présence peu commune. Si tu es seul, c’est qu’elle doit s’en être allée rejoindre ses ancêtres en Persie… devina-t-il tristement en cherchant l’assentiment dans mon regard.

La discussion avait tout de perturbant. Cet homme avait un mode de vie que je n’avais même pas imaginé. Le phantasme qu’il ait aimé ma mère et que je ne sois pas de ceux qui composent la lie de l’humanité me traversa sans grande conviction. Mère, était-ce là ton dessin lorsque tu me fis jurer de rechercher mon père pour en recueillir le témoignage et le passé ? Voulais-tu me permettre de comprendre l’histoire de ma lignée ? Je n’aurais jamais cru être fils d’un demi-dieu tel que Thadonas.

- Quelle tragédie que son histoire… Jadis, son père vint porter la guerre jusque dans les cités états. Tout prince qu’il était, il suivait son seigneur et parent jusqu’à ce qu’ils connaissent la défaite face aux grecs, expliqua-t-il de tête.

Plus il déblatérait sur ce sujet qui me concernait tant mais que je maitrisais si peu, moins j’arrivais à croire ce que j’entendais. Moi, Artémision, était petit-fils d’un prince de la lointaine perse en plus de descendre directement d’un grand héros dont la légende était contée par nombre de hérauts ? C’était non seulement impensable mais en plus irréaliste. Comment, à partir de ce statut, avais-je bien pu devenir esclave ? Je n’y compris rien et me relevai vivement pour le fuir, lui et sa connaissance si inconfortable mais alors que je passais à son niveau, il se saisit de ma main. Je me retournais vivement vers lui alors qu’il examinait les marques qu’avaient laissées les chaines après leur passage.

- Tu as beau être né esclave, tu n’es pas comme les autres. Tu es mon fils, que tu le veuilles ou non et cela signifie certainement quelque chose. A toi de choisir quoi désormais, termina-t-il pour achever de me perdre dans cette histoire glorieuse et pitoyable.

Je m’en retournai à l’intérieur de la petite hutte et me couchai rapidement, visiblement outré. Je fis mine de ne rien entendre à ce que l’on put me dire par la suite. Toute cette aventure commençait à sérieusement m’agacer.

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Arrabaïsos

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis capitaine d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon charisme et mon courage, je suis maître de ma vie ..
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Aketa

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis second d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon calme et ma clairevoyance, je suis libre.



moi-même
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En arrivant Arrabaïsos alla récupérer l’ouvrage sculté dans un os de sirène. C’était une Néréide sortant des flots. Il comptait l’offrir à Aketa même si il affectionnait beaucoup cet objet. S’approchant de sa sœur il est un peu souriant et laisse Thadonas et Artemission de coté. La rejoignant il s’assoit près d’elle et voit que sa mine est grise. La bousculant d’un petit coup d’épaule amical pour la pousser a parler il la connaît par cœur. Il comprend, sans qu’elle ne parle qu’encore une fois elle ne se sent pas a sa place. Du moins c’est ce qu’il croit. Pour le moment ils sont les deux seuls a ne pas avoir débriefé entre eux des dernières nouvelles.

-Que se passe-t-il Aketa ? Tu n’es pas avec Caléoppe ?

Aketa souffle du nez d’un air haineux et Baisos fronce les sourcils en en haussant un. Regardant derrière lui par les fenêtres de la chaumière il voit que personne n’anime la maison. Un peu perdu Baïsos ne dis rien dans un premier temps. Se retenant de donner le collier a sa sœur il croise les bras pour la forcer a lui dire ce qu’elle avait fait.

-Ne me regarde pas comme ça … Elle est partie et c’est tant mieux. Cette bourgeoise était un boulet. Ça m’écorcherait presque de savoir qu’en fait c’est notre demi-sœur...

L’air du pirate jusqu’à maintenant joyeux se transforme en un air déçu et presque fâché. Se reculant il se lève l’air assez énervé.

-Tu l’as laissée partir ? Toute seule ? Ici ?

Toute seule dans un monde ou rôdes d’abominable bestioles aussi mythique que terrifiante. Aketa souffle du nez en fronçant les sourcils pour répondre. Soupirant d’un air déçu, son frère ramasse son arme et la met à sa ceinture. Sans rien dire il  commence à chercher les traces de Caléoppe. Aketa se lève l’air trahit se tournant vers lui.

-T’es sérieux, tu vas aller la chercher… ?   Un petit silence pèse et Aketa sent ses orbites se mouiller. T’es vraiment en train de la choisir elle que tu connais depuis 1 jour, plutôt que moi?

Le pirate au cœur chaud n’avait jusque la jamais eu la mine aussi noir et fit volte face pour affronter sa sœur du regard. Même elle, qui n’avait peur de rien sentit la colère de son frère la transpercer.

-Quand cessera-tu de te comporter comme une gamine capricieuse?! Il n’y a pas de question de choisir ! Tu es ma jumelle et personne ne pourra jamais changer ça, le fait même que tu le pense est blessant. Tu lui a tourné le dos par haine et par jalousie alors qu’elle à le même sang ! Aussi pompeuse soit-elle, ne le peut-elle pas? Elle est belle, elle est intelligente et elle sait parler par le statut de sa famille. N’est-ce pas a souhaiter à ses frères et sœurs que de vivre paisiblement ? Si j’avais pu te placer dans une famille confortable a mon détriment je l’aurais fait. Parce que tu es ma sœur et que c’est le comportement loyal d’un ainé. Que tu le veuille ou non, elle nous a sauvé d’une mort certaine et toi tu l’as laissé tomber dans un monde dangereux ou elle n’a aucune défense.

A mesure qu’il l’avait accablé de sa voix grave il s’était avancé jusqu’à être tout proche d’elle pour la dominer de sa hauteur, Aketa tremblait presque les larmes aux yeux, les bras reclus sur elle-même. L’ambiance pesante était a couper au couteau.

-Je suis … je suis sûre qu’on s’en serait sortie sans elle… Elle est le commencement de tous nos malheurs Baïsos...

Bredouille-t-elle avant que son frère ne réponde avec plus d’ardeur encore.

-Aketa… arrête bon sang, tu es ridicule. Regarde toi un peu en face et soit fière de qui tu es plutôt que de jalouser tous les gens qui ont eu une vie sans les souffrances que tu as vécu. C’est de la faiblesse quand on fait cela.

Se retournant pour partir l’ex capitaine à du mal à laisser ainsi sa jumelle mais il est si déçue d’elle que lui faire cela est un des seuls moyens de l’aider a se rendre compte des choses pense-t-il. Il en a mal au ventre et quand elle le retient pour lui dire qu’elle veut se rattraper et venir avec lui, il lui faut rassembler toute sa force pour la repousser sèchement mais sans violence dans le geste.

-Non. Tu vois, je pense que tu es l’une des dernières personnes qu’elle a envie de voir en ce moment, alors reste et laisse moi rattraper tes conneries...

Suivant les traces de pas dans la terre il cours pour la rejoindre au plus vite et s’assurer qu’elle est en sécurité. A la vue de cela Aketa s’agenouille au sol et pleure, le cœur et la confiance en elle blessée… Tout ce qu’elle a c’est son frère, le soleil. Que peut faire la lune si le soleil n’est plus ?

Courant aussi vite qu’il pouvait il lui sembla apercevoir Caléoppe et une brèche. Voyant cela il court plus vite mais sera-t-il suffisant. Il hurle alors son nom pour qu’elle se retourne mais elle n’en fait rien. Soupirant lorsqu’il se jette dans la brèche celle-ci s’est déjà refermée sans qu’il n’ai pu voir ou elle conduisait. S’écrasant dans le sol boueux il frappe le sol énervé contre lui et contre sa jumelle encore. S’emportant dans d’affreux mots il réfléchis à comment retrouver une brèche quand il voit un étrange bouc noir. Le bouc lui parle.

-Ne me fais pas rire. Est-ce vraiment ton souhait que d’aller chercher une sœur qui n’en a cure de toi ?

-Qu’est-ce que ça peut vous faire que ce soit mon souhait ?

La bête allongée sur le ventre semble avoir un air espiègle et rire dans des bêlement.

-Tu es un tueur, un voleur, un menteur Arrabaïsos. Tu as tué nombre de riches gens, trahit de nombreuses cités pour leur voler des trésors. Tu as abandonné ta jumelle a ses démons… Ta faible … petite… jumelle… d’amour...Tu n’es pas quelqu’un de bon ne fais pas semblant. Tu te cache derrière la loyauté pour ne pas voir que tu es immonde...

Un petit silence se mirent entre les deux qui dans leurs regards se jaugent.

-Tiens… Je vais te le prouver.

Se levant la bête ouvre d’un coup de corne puis d’un autre deux brèches à quelques mètres l’une de l’autre. L’une donne sur le chimère et l’autre dans la maison de Caléoppe a Larissa.

-Je t’offre deux possibilité :
L’une est de retrouver Caléoppe comme tu l’avais initialement prévu pour garder ta loyauté et ta soit disant parole intacte. Seulement, elle est chez elle, elle n’a pas besoin de toi. Sûrement pas, de plus elle ne t’apprécie guère que comme un erre criminel.

La seconde, retomber sur ton bateau et voguer loin seul et tranquille sans personne pour ralentir tes ardeurs. Ton équipage au complet ayant besoin de toi pour les guider vers d’autres terres plus agréables. Jamais personne ne te retrouverais et tu ne manquerais a personne.
Tu as blessé ta seule allier dans ce monde ignoble, ta jumelle, ton géniteur se fiche éperdument de toi, tu n’es qu’un accident sans importance et sans noblesse, ton « petit frère » n’est que gêné par tes actes et tes propos mais il ne peux pas te le dire, et puis comment oserait-il ?

Tout le mondes te hais Arrabaïsos.

Alors, que choisis-tu ? La liberté ? Ou le poids de la loyauté de rédemption que tu fais semblant de t’imposer?


La bête venait là d’avouer de vive voix tous ses doutes les plus intimes et dans un air froid et triste le voleur baissait un peu les yeux, les sourcils froncés. Une fine pluie venait doucement mouiller ses cheveux miel emmêlés et son visage marqué par la vie. Relevant les yeux sur la bête il se lève doucement essuyant sommairement dans quelques gestes la boue sur ses vêtements. Essuyant sa joue sans le lâcher du regard son regard était très sérieux mais chaud comme un soleil de midi. Un sourire s’esquisse dans le coin de sa joue alors qu’il s’approche.

-J’ai enfin la preuve que les dieux existes puisque tu es un tentateur. Impossible d’ avoir aveuglément confiance en toi. Caléoppe m’as sauvé, deux fois d’une mort certaine dont une que je méritait. Elle s’est retrouvée embarquée dans des situations dangereuses et déshonorante pour apprendre plus de déshonneur encore sans que personne ne se soucis vraiment d’elle. Comment pourrais-je la laisser affronter cela toute seule alors qu’en plus elle est ma sœur ?

Il sourit et sans hésiter se jette dans la brèche menant à Caléoppe. Atterrissant lourdement sur le sol. Grimaçant un peu il se releva et avant même qu’elle puisse comprendre quoi que ce soit vint la prendre dans ses bras comme soulagée qu’elle aille bien.

-Grâce du ciel, vous n’avez rien. Je suis soulagé.

La lâchant il la regarde et lui sourit chaleureusement.
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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha
"Quel est son prix ?"

J'ai quatorze ans, je suis recroquevillée derrière le drapé au mur attentive à mon sort qui se décide dans la réception. Mon père et Epiméthos discutent autour d'une liqueur de figues et scellent mon destin en partageant une plateau de pâtes d'amande. La femme est un bien, seulement un peu plus chère qu'une mule - c'est une discussion d'affaires. Mon futur époux n'est pas d'assez digne lignée pour m'épouser, mais il est prêt à y mettre le prix.

"Trop chère pour vous. Je ne compte pas marier ma fille avec un homme de guerre. Vous ne descendez de personne.
- Vous la croyez d'élite mais Caléoppe n'a jamais été introduite dans la famille.
- Passez votre chemin."


Mais Epiméthos ne supporte aucun refus. La semaine suivante, il s'est introduit de nuit et m'a enlevée. En m'arrachant ma pureté, il savait condamner mon père à devoir me léguer à lui - qui aurait souhaité m'épouser autrement ? Ma tutelle est passée entre les mains de ce général avide et avec elle tout espoir de réussir ma vie.

J'avais quatorze ans. J'étais presqu'une enfant.
Epiméthos a été tué mais des responsables de ma tragédie sont encore en vie.
Ma mère.
Et Thadonas.

...

Je ferme les yeux pour mieux écouter. Ecouter le grillon qui pulse la nuit. Ecouter le fleuve au loin, discret, qui court encore vers son aval. Ecouter le vent timide qui joue avec les drapés de la chambre. Je suis chez moi, enfin. Du moins, je suis dans ma maison maritale qui n'en n'a plus que le nom et que j'abandonne depuis des années au profit de celle que je partage avec Ménon - ou de celle que j'occupe encore chez ma mère lorsque son épouse rentre de Macédoine. Cette bâtisse-là n'est guère plus qu'un toit pour feu ma dot, car tout ce qui est précieux ici est familial, et Epiméthos était un capon à la botte de l'armée et sans grande fortune malgré sa détermination à y devenir quelqu'un. Ce mariage était un pur déshonneur et je n'avais jamais compris pourquoi - aujourd'hui, il est clair que l'enfant illégitime jamais n'aurait eu de famille digne, ni par le mari, ni par les héritiers qui n'arriveront jamais. Fille de noblesse, fille, diantre, d'un demi-dieu ! Je ne suis guère davantage qu'une courtisane qui a eu la chance de plaire un jour à un homme sophistiqué.

La fatigue me torture ; je retire le filet qui retient mes nattes et ma chevelure dégringole, lourde et longue, dans mon dos. Je m'apprête à rejoindre la couche lorsqu'un bruit sourd me cueille : en faisant volte-face, je rencontre Arrabaïsos se levant promptement pour me prendre dans ses bras. Trop interdite pour m'y opposer d'abord, je réalise enfin l'indécence de son geste et de ma coiffure - ici, à cette heure ! - tandis que son sourire irradie de bienveillance. Je le dévisage des pieds à la tête : grands dieux, que fait-il ici ? Est-ce Théréastre, de l'autre côté, qui me l'envoie ? A-t-il trouvé de lui-même une brèche qui conduit jusqu'ici ? Je tente de camoufler ma panique.

"Je vous remercie pour votre sollicitude mais vous n'avez rien à faire ici."

Ici, chez moi, et surtout ici, dans ma chambre. Si quelqu'un me surprend avec un autre homme à cette heure et dans les parties des maîtres, Ménon en sera au courant et pourrait bien m'en faire lapider si magnanime soit-il. Un déshonneur supplémentaire, et de cette nature qui plus est, je ne le supporterais pas. Il me faut trouver de toute urgence une façon de le faire sortir d'ici mais sa tendresse me prévient de le conjurer tout à fait au dehors ; après tout, il est venu pour se quérir de mon état, conformément - n'est-il pas - au marché que nous avions passé à la prison. Il mérite la décence d'un endroit où dormir.

"Ecoutez, j'apprécie ce que vous avez fait, cependant si on vous surprend nous aurons de gros ennuis." Un temps où je le sonde du regard. "Je ne vous mets pas à la porte, vous pourrez dormir dans la partie des domestiques. Laissez vos affaires de valeur, les armes et le reste dans la chambre. Elles ne craignent rien et on les prendra pour les biens de mon époux." Je lui tends une tunique marron qui devra le faire passer pour un serviteur en espérant qu'il ne s'imagine pas que je l'insulte de la sorte, mais que j'agis dans l'intérêt de nos deux vies. "Déméa est la seule à travailler encore ici. Dîtes-lui que vous êtes rentré avec moi dans la nuit et que je vous ai demandé de me réveiller aux aurores. Si vous voulez bien, nous discuteront demain de tout ce qui est en train de se passer. Pour l'heure, on ne doit pas vous voir dans ma chambre, et vous ne deviez pas non plus me voir les cheveux détachés." Puis avec un peu plus de douceur dans la voix. "Nul ne sait que nous sommes adelphes."


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Houmous
Houmous
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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


Le lendemain, les larges rayons du soleil percèrent entre les lattes des fenêtres du paisible repli du guerrier. Clignant lentement des yeux, j’éveillai ma conscience au jour dans la douleur. La nuit avait été rempli de songes et de visions d’un passé que je n’avais pas vécu. Au milieu des champs de bataille et jusqu’au plus profond de la lointaine Perse, mon esprit avait vagabondé dans quelques fantasmes de la grandeur à laquelle j’aurais dû accéder en mon temps. Le souvenir de ce qui n’avait pas été venait à me harceler et me faire prendre pleinement conscience de ce que j’avais manqué. En vivant de rien, on apprenait à rejeter ce qu’on s’imaginait pouvoir être après tout… Né par deux fois héritier d’héroïsme et de force surnaturelle, ce formidable destin s’était annihilé de lui-même, les Moires accrochant le fil et le dégradant. Si mon grand-père n’était plus de ce monde et qu’il m’était impossible de le rencontrer pour recevoir cette part de mon destin, il me fallait persévérer avec cet homme grec qui m’avait donné la vie… Je sortais simplement de la petite bâtisse pour le rechercher et le suivre pour le moment, faute de mieux.

Au dehors, je trouvais Aketa auprès du foyer modeste, se rongeant les sangs pour son frère qui n’était pas reparu de la nuit entière. Je m’approchais et me mis à ses côtés pour lui tapoter l’épaule avec un sourire. Elle eut l’air surprise mais me rendit mon sourire finalement. Nous ne parlions pas et passions simplement un moment à profiter de l’air rafraichi par la rosée. Ce temps me permit de m’attarder plus longuement sur le cadre dans lequel vivait notre ascendant. Il fallait avouer que malgré la grande solitude qui transpirait par tous les aspects du paysage, il devait y avoir tout de même un certain plaisir à vivre dans le monde des légendes. Les montagnes, lointaines et gigantesques, devait être à n’en point douter le véritable mont Olympe sur lequel Zeus trônait en veillant sur son vaste jardin. Les forêts, certainement peuplées de centaures, de dryades et de satyres, étaient verdoyantes et pleines de vie. Les plateaux rocailleux aussi n’étaient pas exempts de points d’intérêt : quelle crevasse abritait la niche de Cerbère ? Quelle crique avait vu Orphée entrer et ne jamais repartir en quête d’Eurydice ?

Lorsqu’au loin, on put voir le glorieux Thadonas reparaitre, il trainait derrière lui un gras mouton qui se débattait en vain. La lance qu’il portait ne lui avait pas, semblait-il, servi à le piquer pour en apprécier la grosseur et aucun écarlate ne venait perturber la grise robe de l’animal. Bientôt, il arriva au camp et égorgea l’animal d’un coup sec et décidé en direction de la montagne que je voyais être la demeure divine. Il prit ensuite le temps de le dépecer adroitement et soigneusement et de le débiter pour en embrocher les meilleurs morceaux au-dessus du feu. Sans plus attendre, il nettoya l’intérieur de la peau et la porta dans un baril non loin pour la traiter et probablement en faire du cuir. Une fois qu’il en eut fini de son ouvrage, il s’approcha d’un râtelier au côté du bâtiment et en prit deux lances. Il lança l’une des deux pour qu’elle vienne se planter à mes pieds et prit un peu de craie sur ses mains pour qu’elles ne glissent pas de leur prise sur l’arme.

- Je suis un piètre parent, certes, mais je connais quelques choses sur la guerre. Artémision, tu ne mourras pas sans faire partie de la légende, mon fils, alors prends la lance pour que tu me montres ce que tu sais faire ! fit-il calmement en achevant de se préparer.

Restant bouche-bée face à lui, je jetai un coup d’œil à Aketa qui ne savait quoi dire non plus. Sans grande volonté, je pris la lance et l’arrachai au sol à grand mal. Il était déjà presque face à moi et me tendit un bouclier rond encoché pour que je puisse être tout autant équipé que lui. Je le pris et remarquai le poids d’un tel objet. S’écartant de quelques pas, il se mit en garde, attendant qu’à mon tour, je sois prêt à combattre. Je sentais dans son regard sa détermination et sa concentration incroyable. C’était autant le poids des années qui nous séparait que l’importance de son expérience. Sitôt que je fis mine de me préparer à combattre, il abattit sa lance en ligne droite dans mon bouclier. L’impact était si important que je fis quelques pas en arrière en manquant de choir sous le poids de l’égide.

- Ne te cache pas derrière ton bouclier, Artémision ! Il n’est pas un rempart infaillible mais une arme différente de ta lance ! cria-t-il en me mettant un coup du plat de sa sandale pour se déloger avant que je n’aie le temps de me remettre de sa première attaque.

Rien que sa première attaque avait laissé un trou dans ma défense. Aussi, je tentai d’attaquer à mon tour mais me heurtai à un véritable rempart. Avant que ma lance ne puisse rencontrer une résistance quelconque, elle se faisait chasser d’un lourd coup de bouclier, me laissant complètement à sa merci. Je roulai bientôt de côté dans la poussière, entrainé par mon propre élan. Avant de tenter de me relever, j’étais cueilli par un fer tendu en direction de ma gorge. Je regardai l’effrayant combattant qui le tenait et ressentit la peur pour la première fois en un long moment. Comment un tel monstre pouvait-il exister ?

- Mmh… Nous allons avoir à faire, mon enfant… soupira-t-il, constatant que je n’avais jamais appris les arts de la guerre. Maintenant, voyons si tu peux mieux faire, petite Aketa, fit-il en m’aidant à me relever et en la regardant.

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