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 ΑΓΩΝ - Les ascendants

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Houmous
Houmous
Masculin MESSAGES : 186
INSCRIPTION : 06/01/2019
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RÉGION : Grand Est
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UNIVERS FÉTICHE : Fantastique, SF
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patrick

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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


Rentrer dans la grotte avait quelque chose de particulier. Si à l’œil, elle semblait parfaitement naturelle, un aspect choquait mon regard. Il y avait beaucoup de sérénité dans ce lieu mais également une pointe d’impatience. Je voyais bien que cette caverne n’était pas aussi simple qu’elle n’y paraissait et que dans le fond elle avait une autre existence que de simplement être une formation obtenue par le va et vient des vagues sur les falaises. J’avais l’impression de me trouver sur le pas de la porte du bureau de mon propriétaire, sur le seuil d’un lieu d’une grande importance. Cette idée me perturba car quel rapport pouvait-il y avoir entre ces lieux et une demeure d’exploitant terrien ? Au beau milieu de l’endroit où nous arrivions en nous enfonçant à la recherche d’une autre sortie se trouvait un phénomène étrange. Ce qui ressemblait à un point d’eau posé verticalement et non horizontalement nous donnait à voir un autre monde.

J’observai, incrédule, comme tous les autres, ce qui nous était donné à voir. Au travers du miroir déformant, des monts, des forêts, des plaines… Ce monde sauvage peuplé d’animaux et de créatures que je n’avais jamais vu auparavant me fascinait. Quel était cet endroit ? Comment se faisait-il que nous puissions voir enfin des centaures, des satyres, des harpies, des sirènes et tant de créatures encore que les érudits et chroniqueurs n’avaient jamais rapportées ? Ces merveilles paraissaient si réelles que si je tendais la main, j’aurais presque pu les toucher du doigt. Oui, je pourrais fouler du pied ces lieux si familiers mais si inconnus à la fois. Sans m’en rendre compte, mon bras vint à toucher la surface de cette espèce de point d’eau vertical, surface organique sortie de l’éther en des temps perdus. Soudain, la flaque ondula légèrement, comme un lac déformé par un caillou. Les échos se firent de plus en plus forts à mesure que j’y plongeai ma main sans être arrêté par mes compagnons. Elle ondula tant et tant que nous fûmes pris dans ses vagues hypnotiques et que nous ne nous rendions pas compte de l’étrange voyage qui nous avait mené au milieu de cette lande hantée par le brouillard.

Me retournant sur moi-même, je me rendis compte qu’aucun des autres n’était apparu à mes côtés. L’air humide me fit frissonner bientôt et je me rendis compte que je ne devais plus être aux Thermopyles. Je sentis la joie me gagner en m’imaginant rentré dans les limbes des Enfers. Cela faisait sens, après tout, car les portes de l’Hadès étaient supposées se trouver dans des cavernes et mener tout droit aux bords du fleuve Styx. Regardant encore, je cherchai en vain des silhouettes dans la brume, et me mis à marcher au hasard. L’herbe au sol me paraissait plus verte que tout ce que j’avais pu toucher dans mon existence. Elle était grasse, fertile et devait permettre à de formidables animaux de se nourrir. D’ailleurs, à ce propos, à l’exception d’un vague souffle venteux dans mes oreilles, je n’entendais rien du tout. Il n’y avait pas la moindre trace d’une population installée ici, au milieu de ce terrain, inégal et friable. Malgré la solitude évidente de mon excursion, je ne pus contenir ma curiosité de découvrir plus avant le monde dans lequel j’avais atterri et d’en saisir la localisation.

Bientôt, je vis au loin une lumière, ou plutôt une vague lueur, perdue dans cette errance. Elle semblait inconstante et vacillante comme le pourrait être une torche ouverte aux quatre vents. Je décidai que ce serait là mon prochain objectif. Le brasero que je cherchais à rejoindre se trouvait si loin qu’aucun de mes pas ne me paraissait m’en rapprocher un peu. C’était à n’en point douter le feu originel de Zagrée, celui-là même qui offrit les hommes au monde… ou inversement… Tout à coup, une voix me vint, provenant de non loin de moi.

- N’avance pas plus, Artemision… Tu n’es pas encore arrivé au bout de cette vie, m’intima-t-elle d’un ton calme et posé

Je regardai autour de moi, n’ayant aucune réelle idée d’où pouvait se trouver l’origine de cet appel. Je ne reconnaissais pas cette voix fluette et chantante, pareille à une flute ou le chant d’un oiseau. Elle semblait comme portée par le vent et provenir de quelque source merveilleuse. Je me décidai donc à m’écarter de la lumière que je voyais au loin jusqu’à arriver dans une grande plaine dans laquelle le voile laiteux n’avait pas emprise. Je vis un vaste troupeau de moutons à la laine grise qui mangeaient calmement de l’herbe. L’un d’entre eux, un bélier noir, releva la tête et regarda dans ma direction. J’étais captivé par ses grandes pupilles horizontales et me décidai à m’avancer dans leur direction. Il leur fallut un long moment avant de me remarquer et commencer à s’en aller, ne prenant pas garde à suivre leur berger. Au centre de la pâture dont ils se repaissaient, je vis une forme humaine allongée. Je m’en approchai et découvrai que ce n’était autre qu’Aketa, assommée par le voyage, qui avait bien du mal à reprendre conscience. Je la secouai légèrement à l’épaule pour la réveiller et voir si elle allait bien.

Pendant qu’elle s’arrachait aux songes qui s’étaient emparés d’elle, je me pris à réfléchir à ce troupeau que je venais d’observer. Les traces qu’ils avaient laissées derrière eux étaient minimes et l’herbe ne semblait pas s’être sectionnée sous leurs mâchoires. Je n’avais vu ni chien de travail, ni berger en ce lieu pour s’occuper de tous ces animaux. Je me surpris à comprendre qu’ils devaient être sauvages et réfléchis un long moment à la vie qu’ils devaient mener en ces lieux. S’ils étaient sauvages, il était surprenant qu’aucun prédateur ne soit venu décimer cette population vaste…

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Pyramid Rouge
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patrick

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Arrabaïsos

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis capitaine d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon charisme et mon courage, je suis maître de ma vie ..
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Aketa

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis second d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon calme et ma clairevoyance, je suis libre.



moi-même
.
Dans un sursaut soudain Artemission se releva comme si de rien au grand soulagement d’Arrabaïsos qui aurait peiné à supporter une perte maintenant. Les soldats bruyants dans leur recherche les poussèrent à pénétrer cette grotte. Aketa et son frère se regardèrent comme pour être sûrs qu’ils n’hallucinaient pas de voir cette sorte de brèche aqueuse… Entré en dernier dans la grotte le plus âgé d’entre eux fronçait les sourcils, méfiant face à cette brèche de magie qui selon lui ne valait rien de bon. Si autrefois à la vue de ces différentes créatures de légendes il aurait sauté dans la brèche les quatre pattes à la fois aujourd’hui il avait perdu un équipage et cela lui pesait trop pour que son esprit aventureux n’en ai pas pris un coup. En retrait il fronçait les sourcils mais plissait aussi les yeux pour mieux voir ce qui vivait derrière cette brèche. Par tous les dieux, l’ancien capitaine était subjugué par la diversité des espèces qu’on n’observait que dans les temple ou les carrelages des maisons de luxe comme celle qu’ils venaient de quitter.

Aketa quant à elle, entendait une voix, une voix familière l’appeler. Elle chuchotait comme un être de lumière invisible à qui on pouvait faire toute confiance… Cette voix eu un effet comme hypnotisant sur la jeune femme qui tendit également le bras vers l’étrange brèche aqueuse. Les soldats approchaient et leur cris se laissait entendre de plus en plus clairement… L’ancien capitaine se retourna une fois pour voir l’entrée de la grotte, lumineuse et réelle, aussi réel que le danger de mourir. Sans autre choix que de se terrer au fond de cette grotte et de la brèche. Les voix avançaient, elles se rapprochaient de plus en plus et faisait monter sur l’échine de sa colonne un frisson palpable. Il ne s’était jamais sentit aussi coincé que maintenant au fond de cette crevasse géante à devoir faire face au dilemme de la réalité ou de la légende. Peut-être ne faisait-il qu’un finalement ?
Ou peut-être que la grotte était pleine de moisissure hallucinogène et qu’ils allaient être retrouvés en convulsion au sol ?
Dans tous les cas avant qu’Arrabaïsos n’ai eu le temps de les arrêter dans leur avancée vers la brèche, ils furent tous aspirés par celle-ci.


Aketa tomba dans une pleine et sentit immédiatement qu’elle n’était pas seule au milieu de cette épaisse brume l’empêchant de distinguer n’importe lequel de ses trois compagnons de route ou quoi que ce soit d’autres... Inquiète avant tout pour son frère elle marcha seul dans la brume se disant qu’elle finirait bien par tomber sur quelqu’un ou quelque chose… Au bout de quelques minutes, elle finit par se trouver au milieu d’une plaine de mouton au cœur de laquelle se trouvait un  bélier noir. Le regardant, en tournant la tête une vision lui apparu. Elle fut si brève et étrange qu’elle ne réussi pas vraiment à la comprendre sur le coup. Désastrée par la confusion dans laquelle lui était montré diverses choses, elle s’écroula au sol.

* * *


Le pirate trop souvent semblable à un poisson, tomba quant à lui dans un trou d’eau profond au milieu de roches stupéfiantes qui formaient un tuyau de lumière jusqu’à lui . S’agitant à la manière d’un oiseau tombé à l’eau, il bu plusieurs fois la tasse avant de réussir à se stabiliser dans cette eau de jade lumineuse, si lumineuse qu’il voyait ses pied au travers du liquide ruisselant de lumière. Pourtant l’atmosphère était brumeuse autour de lui et d’un balayage de la zone par ses yeux, il constata qu’il était seule.

-Aketa ?

N’entendant rien d’autre que son écho il recommença un peu plus fort avant d’entendre tomber à l’eau quelques débris de roche juste derrière lui. Se retournant  brusquement il ne constata rien mais aperçu une étrange silhouette similaire à celle d’une femme et d’un serpent. Tout a coup des chants agréables émanèrent de loin et semblait se rapprocher doucement tandis qu’il se tourne et se retourne encore pour tenter de distinguer dans le sombre lieu de qui venait ces mélodies si agréable. Il lui sembla entendre trois voix… Nageant jusqu’au bord de l’eau, lui que la mer appelait toujours enfant commençait à l’effrayer un peu et le retenir sur ses garde. Au bord alors qu’il s’agrippait aux roches pour se hisser et remonter sur les terre il fut saisit aux épaules. Levant le regard sur ce qui l’agrippait face à lui il ne distingua que deux yeux jaunes très fin et une bouche aux dents pointus avant de se sentir poussé dans l’eau. Dans l’eau les mélodies étaient plus claire et plus belle encore. Se sentant bien comme si il était au paradis, en se bouchant les oreilles au dernier moment il comprit en présence de quoi il devait se trouver et se demandait comment leur échapper alors qu’il était au cœur de leur piège…

Ouvrant les yeux à la surface, il vit trois magnifiques femmes aux cheveux longs et ondulés assises sur les rochers à lui chanter cette mélodie meurtrière qu’il ne s’imaginait jamais vivre. Dans ses yeux elles étaient belles mais en réalité lorsqu’il bouchait assez ses oreilles pour ne plus les entendre, il les voyait sous leur vrai jour, un visage chimérique pleins d’écailles, des dents de lions vampiriques et des yeux jaunes de serpent sur un corps de femme resplendissant…

S’imprégnant de cette vision d’enfer pour résister à leur charme,  il décrocha en un bord discrètement et rapidement une roche pour la lancer sur l’une d’entre elles,  qui déguerpit en crachant comme un animal pour éviter la roche. Profitant de cette ouverture il se jeta sur celle-ci pour remonter sur les roches et s’enfuir en courant, se bouchant les oreilles dès qu’il le pouvait. En s’enfuyant l’une d’entre elles réussi tout de même à l’attraper en le faisant trébucher d'un coup de griffe à la cheville. Enroulant sa queue légendaire autour de ses jambes, elle se saisit de ses mains pour l’empêcher de se boucher les oreilles et tout près de ses oreilles elles chantait cette mélodie à laquelle il ne pu résister...  Se levant avec un air béat il se saisit de la femme poisson comme une princesse et se dirigeait à pas lent vers le trou d’eau qui deviendrait son tombeau…

* * *

Se réveillant après qu’on l’ai un peu secouée, elle fut heureuse de constater la présence du compagnon de cellule de son frère. Un sourire soulagé se mirant sur ses lèvres, elle était heureuse de savoir qu’elle n’était pas moins saine d’esprit que les autres si lui était ici aussi avec elle. Le saisissant au dessous du niveau des épaules, elle le regardait dans les yeux.

-Il faut que nous retrouvions les autres… Vite… Ils sont en mauvaises postures... Quelqu’un doit venir pour nous, je l’ai vu…

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Jo'
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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha
J'observe l'animal avec une telle intensité que je ne réalise pas passer à travers la faille - je suis au pied d'une crevasse rocheuse qui ne ressemble pas à la pierre dans laquelle nous nous sommes nichés avec les bandits, et d'ailleurs, j'y suis seule. Seule avec le cadavre de l'enfant centaure qui perd son sang depuis le trou de la flèche nichée dans sa nuque, le visage abandonné au sol, les yeux vides. Une vie si jeune que ç'en est une presque-vie. Il m'est cependant impossible de contempler son éphémérité : la flèche qui l'a tué n'est pas tombée du ciel - l'est-elle ? - et sa mère est peut-être encore en vie, rôdant à flanc de monts pour chasser ce qui les menace. A nouveau il me faut fuir et j'ai l'impression de n'avoir fait que cela depuis huit siècles.

Dans mon dos et disputant la roche, une forêt de bois rude prend racine sur ce terreau malvenu. Son bois clair rivalise avec la blancheur calcaire sur laquelle il grimpe et se niche, sa végétation éparse et grillée de soleil m'intime de venir m'y réfugier et je n'ai pas le luxe d'hésiter. Dévalant le petit dénivelé de la colline rocheuse, je traverse le sous-bois tant bien que mal dans ces sandales mal prévues pour le voyage et enchevêtrée dans mon chiton trop long qui s'accroche aux ronces et se déchire par endroits. Je n'entends pas que l'on me suive et diminue donc la cadence. Le bois exhale une entêtante odeur de souffre et de miel, et entre les buissons dégarnis par la fournaise de l'été volètent de petites billes lumineuses ; le sol rude ne favorise pas d'un humus fertile et malgré l'ombre des arbres il demeure sec et craquelé par les racines impressionnantes d'arbres massifs.

Mon esprit semble se brouiller à mesure que je progresse néanmoins. Est-ce la fatigue, la déshydratation, la fournaise sur mon crâne ou un sortilège ? Je n'arrive pas à lutter contre le vertige qui s'empare de moi et d'un coup d'un seul le sol s'échappe sous mes pieds - je me rappelle la douleur de ma chute, le dos arqué sur le fût d'un arbre.

...

Je suis à Larissa au bord du fleuve Pénée mais je ne comprends pas ce que je fais ici ni où sont passées la roche et les bosquets de bois sableux. L'eau rampe d'une certaine colère et Théréastre y prie comme je ne l'avais jamais vu faire - tassé en boule sur lui-même ses genoux cagneux à terre, il implore Poséidon extatiquement et tremble de tout son être. Il a bien trente ans de moins. Je tente de de le rejoindre et le hèle pour qu'il s'apaise mais il ne m'entend pas, et au moment où il relève la tête pour sonder les eaux je constate que ses yeux sont plein de sang. "Par pitié ! Pas ma vue !" Sa supplique lui déchire le souffle et il reprend ses prières avec abnégation dans l'espoir semble-t-il de sauver ce qu'il lui reste.

Puisqu'il est insensible à ma présence impuissante, je rentre chez moi - le ciel est orageux et par ces menaces de crues beaucoup sont restés à leurs demeure, ainsi Larissa est-elle aussi solitaire que la tête de sa morte éponyme ancrée sur la pierre. Devant ma maison - j'entends par là la maison familiale - se trouve un attroupement festif ; mon père porte un bébé dans ses bras qu'il a reconnu, nous sommes à une amphidromie et sa célébration m'étonne par une météo si tempétueuse. Je reconnais des membres de mon épaisse famille, tous si jeunes, et mes parents si jeunes eux aussi. Ma mère se tient au mur les yeux fatigués, le ventre encore déformé de sa maternité et la poitrine branlant sur son buste d'un allaitement difficile, elle est silencieuse sous les rires gras et réflexions fières de mon paternel.

Je réalise que le nourrisson qu'il tient, c'est moi. Le ciel craque et se fend, un éclair illumine la ouate sombre des nuages et tout bon croyant y verrait là une colère divine ; ma mère et ma grand-mère sont agitées mais le chef de famille persiste et signe pour que ma naissance soit célébrée comme il se doit. Le temps lourd dépose une angoisse dans ma nuque - quel est ce rêve ? Ma grand-mère s'écroule soudain dans ce que je vois réaliser des histoires qu'on me contait petite : le jour de mon baptême mourut la doyenne. Je commence à saisir au vu de la culpabilité panique de ma mère qu'elle se reproche cette malédiction que j'apporte, et l'arrogance de mon père bientôt punie me confirme ce sentiment - suis-je légitime ? Le ciel craque une nouvelle fois, la fierté dans le tonnerre cette fois : les dieux ont interrompu mon amphidromie et je ne suis donc officiellement jamais entrée dans ma propre famille.

...

Une langue s'agite sur mon épaule et me réveille d'un saut de coeur - un bouquetin tente de brouter mes cheveux et mon chiton. Je pousse alors sa tête sans sommation mais il revient d'une insistance pénible jusqu'à ce que je me lève. Mon dos gémit la lourde chute et je suis poussiéreuse de la tête aux pieds, le crâne cognant fort sous les assauts du soleil mal filtrés par les arbres faméliques. Cette question me harcèle derechef : suis-je légitime ?

Suis-je légitime, moi ?
Est-ce pour le malheur que j'ai apporté que l'on a décidé de me marier à un homme plus âgé, violent et profane ?
Les dieux savaient donc que je ne méritais pas mieux.
Et punissant celui qui savait de n'avoir rien dit, ils ont interdit à Théréastre de voir à tout jamais.

Mais ce n'est qu'un rêve. Peut-être que tout cet endroit n'est qu'un rêve.
Je marche et le bouc me suit avec une soudaine patience retrouvée.


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Houmous
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:copyright: Fred Rambaud


Je la regardai droit dans les yeux, y décelant une idée de volonté mais pas la moindre trace de folie. Cela me surprit étant donné que je n’avais encore jamais croisé un oracle ou quelqu’un qui pouvait réellement lire les signes que les dieux nous envoyaient de ma petite vie. J’avais longtemps cru que nombre de ceux qui prétendaient avoir des visions étaient des fous ou des menteurs, à l’image d’un ancien parmi les esclaves de ma propriété, mais je révisais alors mon opinion sur le sujet. J’hochai donc de la tête à sa demande en l’aidant à se relever et en la soutenant quelques pas, le temps qu’elle se remette d’aplomb. Le mouton noir nous observait de ses yeux d’ambre tout du long, sans le moindre mouvement ou bruit. L’inquiétude me gagna alors que je me rendais compte peu à peu que nous n’étions plus dans un environnement habituel pour nous. Les lieux dans lesquels nous avions atterri étaient visiblement teintés de mystère et de légende comme si c’en était un des principaux composants.

Bientôt, elle commença à marcher d’elle-même et avait, semble-t-il, une idée précise de la direction dans laquelle nous devions porter nos pas. La suivant simplement, je lui fis confiance tout du long jusqu’à ce que nous arrivions, dans un premier temps, sur un plateau de pierre claire bardé de fruitiers en tous genres coupant avec la lande vallonnée qui avait été notre lot commun jusqu’ici. Entre les arbres, je crus apercevoir dans un premier temps le mouvement d’une personne qui marchait et pensai la reconnaitre. La richesse de ses robes me rappela celle de la jeune femme que je tentai de sauver des griffes des soldats peu après mon affranchissement sauvage. Je me précipitai dans sa direction, ignorant les cris de protestation de ma compagne de route. Malgré la canopée écrasante au-dessus de nos têtes, je parvins à courir à en perdre haleine jusqu’à rejoindre celle que j’avais vu. Je me rendis compte en approchant que ce n’était pas la personne que j’avais cru mais bien notre libératrice. Caléoppe marchait, le regard hagard sans réellement prêter garde au bouc qui la suivait de près.

Aketa nous rejoint, essoufflée à son tour, et regarda dans la direction de Caléoppe. Je lis dans son regard de la déception, peut-être à cause du temps perdu sur le sauvetage de son frère. Cependant, avec l’impression grandissante de menace de la forêt qui nous entourait, je ne regrettai pas d’avoir fait ce crochet et pris la main de la noble qui nous avait recrutés pour la diriger avec nous vers la sortie du bosquet touffu. Remarquant bientôt que j’avais du mal à la tirer, je me retournai à nouveau pour découvrir le bouc tirant sur le chiton de mon escortée dans la direction opposée à celle dans laquelle je voulais l’emmener. Un soupir de frustration m’échappa alors, voyant que la situation s’enlisait et qu’il allait être difficile d’avancer pour aller sauver Arrabaïsos tout en ne laissant pas Caléoppe à ses rêveries dans ces bois visiblement hantés. Je tirai alors mon glaive de son fourreau pour effrayer l’animal importun et poursuivre notre route. Dans une râlerie surprenamment bruyante, il s’en alla sur son propre chemin, presque déçu.

Aketa nous mena par la suite jusqu’aux abords d’une sorte de falaise friable. Le terrain sur lequel nous évoluions m’inquiétait grandement étant donné que je pouvais voir ça et là des trous dans la fine fabrique sur laquelle nous évoluions. C’était comme marcher sur un parchemin en espérant que ses fibres soutiendraient notre poids sans rompre. La devineresse, la première, s’avança sans réfléchir à deux fois. Peut-être sous la guidance d’une vision précise de ce qui allait avoir lieu, elle parvenait à marcher sans qu’aucun de ses pas ne la mette à risque. Je pris mon souffle et me mis à avancer dans ce que je supposai être ses traces. Malheureusement pour moi, mon mutisme ne m’avait pas rendu observateur, contrairement à ce qui pouvait se dire.

Alors que je sentis le sol se dérober sous mon corps et mes entrailles me remonter jusque dans la gorge, j’eus une de ces étranges sensations. Comme si je percutai et que, mystiquement, tout prenait du sens, je ne ressentais plus ni peur, ni stress. Arriver ici et faire face à cet étrange paysage désolé m’avaient fait réaliser de la futilité de nos errances dans le commerce des hommes. Qu’étions-nous sinon rien en comparaison de l’immensité insondable de tout ce que les dieux avaient fait autour de nous ? Si mes instincts d’homme ne m’y avaient pas poussés, je n’aurais pas regretté tomber pour mourir et rejoindre ce grand tout auquel nous nous extrayons. Cependant, le repos intellectuel et philosophique ne fut que de courte durée car j’eus à voir dans la crevasse dans laquelle je tombai à demi une scène choquante au plus haut point.

Arrabaïsos était là, mais à la fois ailleurs, au milieu d’une danse funèbre de créature dont les chants me donnaient des maux de tête. L’une de ces créatures, ersatz innommable d’homme et de rejeton marin, pointa ses mirettes dans ma direction. Comme pour jouer à provoquer, elle s’approcha lentement de mon compagnon pour s’y attaquer cruellement sous mes yeux impuissants. Torturé par ce cri qui se logeait dans ma gorge sans pouvoir se déployer comme il le devrait, je sentis une larme embrumer ma vue, censurant la terrible vision. Mais au moment où j’aurais dû voir le sang de mon nouvel ami jaillir et se répandre, ce fut celui de la créature qui fut offert en libation à la Terre et la Mer. Ses amies pensèrent bien venger l’affront impensable dont elle avait été victime mais, regardant dans ma direction, elles fuirent platement sans même prendre soin de celle des leurs qui avait été blessée fatalement. Une main se saisit de mon épaule et me souleva avec la facilité d’un adulte qui prend un enfant par son vêtement. Alors que j’arrivai à rejoindre la roche, je vis vaguement un homme à l’âge avancé mais à la carrure imposante. Une épaisse barbe grise et une toison sauvage couronnée son visage léonin.

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Arrabaïsos

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Aketa

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis second d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon calme et ma clairevoyance, je suis libre.



moi-même
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Le chant des sirènes enivre enivre l’ancien marin. Ses oreilles sont comme bouché et en fond en bruit blanc il entends les harpies lui chanter la mélodie de la mort dont personne ne se remet… Ses yeux eux, voit tout mais de façon brouillée. Rien est clair et tout devient violacé comme si il avait consommé des drogues. Le corps lourd et balbutiant, sa nuque frissonne sous le joug des caresses enivrantes de la vilaine. Puis d’un pas devant l’autre vers son tombeaux tout en eau, le marin dans le peu de conscience qui lui restait ne pouvait s’empêcher de contempler cette mort vers laquelle il était guidé. C’était donc comme ça ? Comme ça qu’il rejoindrais sa mère, sa douce mère morte dans la mer. Il serait mort au même lieu qu’elle. Enveloppé par l’eau c’est comme une étreinte chaude et agréable au début. Puis comme un boa constrictor l’étreinte devient de plus en plus douloureuse et parfaitement ailleurs les voraces commencent tout en l’emmenant doucement au fond du trou d’eau à le croquer. Son sang s’écoule et laisse sur sa descente aux enfers des traces brumeuses tout en légèreté.

Une fois les yeux fermé, il ne sent plus rien et il pense, il pense qu’il est mort. Ouvrant les yeux un horizon est devant lui, il est allongé au sol, un sol qui devient du sable. Se relevant doucement il marche un petit moment dans un calme qui traduit l’irréel de ce moment. Ou est-il ? Pourquoi est-il là ? C’est donc cela la mort ? La belle affaire ce n’est pas aussi sombre que ce que l’on dit.  Perdue, Arrabaïsos finit par reconnaître sa plage natale. La plage sur laquelle tout à commencé. Sa naissance, la mort de sa mère et son départ précipité…  Bon sang mais ou se trouve-t-il ? Lui même se le demande a en traduire son expression perplexe, il regarde autour de lui et finit par tomber dans un rêve. D’un coup il voit sa mère surgir et courir en riant sur la plage. Derrière elle, il se revoit enfant à tout juste 6 ans. Peu avant la disparition mortelle de sa mère.  Ému, il saisit sa poitrine de peur que son cœur se brise. Sa mère elle était si belle. Son jeune lui s’exlame alors

-Je t’ai attrapé maman !

Il est joyeux et sa mère acceptant son sort s’assoit dans le sable avec lui a regarder l’horizon de la houle s’éclater avec calme sur la plage. Incapable de bouger notre marin rêveur revoit ce moment avec tant d’émotions.

-Arrabaïsos, je veux que tu me réponde en réfléchissant sincèrement à ce que je vais te demander.

Elle le regarde alors qu’il  a genoux dans le sable près d’elle la regardant avec admiration et amour.

-Sais-tu pourquoi tu es né avec plus de force que les autres et que ta sœur ?

Baissant les yeux il soupira en y réfléchissant sérieusement, comme le lui avait demandé sa mère. Il pensait justement à sa sœur qui, plus fragile n’osait pas sortir, tombant malade facilement. D’ailleurs elle était justement à la maison  en train de se remettre d’un vilain coup de froid. L’adulte regardant la scène tourna la tête et revit alors sa petite sœur toussé dans sa chambre se couvrant d’un tas de vêtements toute chétive qu’elle était a l’époque.

-Non maman… je ne suis pas sûr de le savoir.

Triste de ne pouvoir satisfaire sa mère celle-ci d’un geste doux vint relever le menton de son fils pour qu’il la regarde. Elle souriait , ses longs cheveux miels et ses yeux marrons presque jaune brillants d’une flamme de vie et d’espoir intarissable.

-C’est pour aider les plus faibles de ce monde. Comme ta sœur, car tu as l’âme, la gentillesse  et le courage d’un grand protecteur. Ne l’oubli jamais...

Maintenant qu’il le revoyait le marin vieillissant se rendait compte de son importance. De ses péchés. Il avait tué oui mais que des hommes mauvais. Pour autant, est-ce que cela le justifiait ? Il ne savait plus. Sa mère dirigea alors son regard vers lui, le lui adulte et cela le surpris elle avait un air sérieux.

-Réveille- toi ! Ton destin t’attend !

Elle lui jeta un coquillage à la figure qui lui fit fermer les yeux, pour autant il ne sentit aucune chose le toucher. Ce rêve s’arrêtant là, ce souvenir ralluma son cœur de sa flamme et sa fougue de vivre. Il ne pouvais pas mourir. Il avait une mission et un chemin de vie à suivre pour en expier un autre.  Si bien que se réveillant de sa transe il se débattait dans l’eau pour remonter à la surface tant bien que mal, sentant ses poumons bientôt prêt à imploser. Puis tout à coup de nulle part et sans savoir vraiment comment il fut sortie de l’eau. Allongé au sol, trempé il dû s’essuyer les yeux pour bien voir un nouvel individu musclé semblant venir d’un autre temps. Aketa ayant suivit le mouvement elle regardait l’improbable rencontre en protégeant Caléoppé d’une chute similaire à Artemission.
Soupirant un sourire bordait ses lèvres. Elle sentait que la présence de cette homme était bon et il venait de sauver son frère… Regardant Caléoppé elle lui confia.

- Faites attention à vous je vais descendre en premier.

Se laissant glisser avec sécurité elle avait ouvert la voie a la jeune femme et lui souriait pour qu’elle la suive. Arrabaïsos, lui ne savait pas si il était plus terrifié ou plus heureux. Tous étaient là saint et saufs. C’est tout ce qui comptait… Aidant Artemission à se relever de sa chute, il lui confia une étreinte avant d’aller se garder d’une attention pour sa sœur jumelle et celle qui les avaient sauvés. Heureux que tous soient en vie, il les serra, le visage heureux et soulagé. Cela fait et les libérant, il alla à la rencontre de l’inconnu qui l’avait sauvé et lui tendit la main amicalement.

-Cher héros, je vous remercie sincèrement de m’avoir tiré des griffes de ces voraces. Me feriez vous l’honneur de me partager votre nom ?
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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha
Le bouquetin persiste et enfle ma tête alors que je me démène pour sortir de ces bois qui paraissent se mouvoir autour de moi pour me perdre mieux. Plus il en va et plus je réalise que dans ce monde où j'ai vu un centaure il est possible qu'Artémis ait bien jeté un sort à ces arbres de malheur - et au bouc, donc, qui longe mes jambes et puis - mirage ou sortilège - se mets à me causer.

"Tu as eu l'air de faire un rêve agité ..." Sa voix nasillarde traîne le parfum d'une trahison et je l'ignore, affairée à ma route. "N'était-il pas troublant de réalité, ce rêve ? Théréastre, seul, désespéré, clairvoyant puis aveugle. Ta mère rongée de culpabilité. Ton père incrédule. Cet enfant qui est toi et qui appelle l'orage ..."

Relever qu'il décrit mon souvenir à la perfection serait surfait, aussi enchaîné-je.

"C'est donc toi qui m'a mis ce rêve en tête. Je n'ai donc pas à lui porter de crédit.
- ... vraiment ?"


Il me dépasse et se hisse en surplomb sur une roche défigurée par des racines impétueuses.

"Dis-moi Caléoppe, ne t'es-tu jamais demandé pourquoi ton ventre n'avait porté aucun fruit ? Ni d'Epiméthos, ni de Ménon ?"

Je m'arrête et fronce le regard sur l'animal qui s'enorgueillit d'avoir pincé la juste corde. Cette préoccupation a longtemps concerné ma mère qui s'angoissait de me voir comme ces femmes volages et sans progéniture - donc sans valeur -, qui parfois harassait mon père de ne voir personne à même de bien marier sa fille. Je le vis plutôt comme une liberté. La maternité est une chaîne supplémentaire de notre condition - j'ai par ailleurs volontiers mis cela sur le compte de ma jeunesse dans mon premier mariage quoique je saigne déjà, puis sur l'âge déclinant de Ménon.

"Fruit de l'adultère tu n'engendres rien dans ton abdomen stérile.
- Tant mieux, perfide. Laisse-moi."


Il descend de la roche et me tourne encore autour - quelle est l'intention de cette créature ? Il ne cherche pas à me blesser par ces considérations d'enfantement, c'est ailleurs qu'il cherche à me mener. Tout le reste n'est qu'un prétexte pour m'assurer sans scepticisme que je ne suis pas de la descendance légitime.

"Mais si tu n'es pas la fille de ton père ..."

Il se plante au devant de mes pas.

"... où est-il, ton géniteur ?"

A cet instant de flou où je considère la question, je me sens saisie par le bras et tirée en arrière - le bouc visiblement surpris que l'on se soit introduit dans sa malédiction ne l'entend pas de cette oreille et, s'arque-boutant sur ses quatre sabots fendus, me saisit durement entre ses dents. Ce n'est qu'une fois suffisamment loin que je retrouve mes esprits dans une course effrénée qui nous égare, l'esclave, la pirate et moi, dans les flancs escarpés d'une calanque grignotée par l'eau. A l'intérieur, notre dernier comparse se débat avec les sirènes qui se disputent une part de chair mais s'achèvent éventrées par une apparition perturbante.

...

Pas encore totalement au fait de ce qu'il vient de se produire et avec quelle rapidité, la tête encore subjuguée par les mots de mon ravisseur à quatre pattes, je rejoins et considère un instant mes trois comparses qui comme moi ont été déportés dans ce monde de légendes et mis au fait de leurs propres situations - tout ceci est irréel. Depuis l'eau sauvage nous rejoint un homme de stature imposante, cheveux blanchis par le sel et peau marbrée de cicatrices épaisses, visage carré et droit dans une expression qu'il me semble reconnaître.

"Cher héros, je vous remercie sincèrement de m'avoir tiré des griffes de ces voraces. Me feriez-vous l'honneur de partager votre nom ?
- Ne restons pas ici."


Sa voix lourde nous assène ainsi de le suivre et, perdus comme nous le sommes, nous cédons à sa demande. Il est quelques pas devant nous et nous profitons de la marche pour nous renseigner respectivement sur nos noms - je découvre par la même qu'Artémision est muet - mais une autre pensée me taraude l'esprit. Le visage du chasseur ne m'est pas inconnu, pourtant je ne parviens pas à le remettre : nous sommes manifestement, et je ne sais pas quelle facétie, dans des terres mythiques - mais j'ai beau refaire intérieurement les monologues de chacune des légendes que je connais, je ne trouve nulle part dans ma mémoire pourtant infaillible la description d'un tel homme.

"Les sirènes ne sont pas les pires prédatrices en mer, nous confie-t-il, avant de poursuivre la conversation, il faut se mettre à l'abri."

Nous arrivons après quelques heures à un cabanon niché dans le renfoncement d'une colline par-delà une prairie verdoyante. D'énormes souches et bûches composent la structure de la maisonnée qui est gardée par toute une rangée de pieux en croix comme on en voit à Sparte - des structures qui demandent normalement plusieurs hommes pour être déplacées mais que le héros au pas rapide parvient à décaler pour nous d'une seule poussée. Des moutons sont là éparpillés qui lui appartiennent, l'un d'eux est noir et semble nous suivre du regard, me donnant des relents désagréable de l'insistance du bouquetin. Dans la colline manifestement creusée par l'homme à la chevelure effacée se trouve un large fourneau avec tout un apparat de forge et un atelier pour les flèches et le cuir. A l'intérieur du chalet de bois dans lequel il nous fait entrer, un gros foyer crache sa fumée par le haut d'une cheminée et fait bouillir un chaudron de soupe de poissons que je n'ai jamais vus. Le héros dépose ses affaires alors que nous observons autour de nous, distraitement.

Je remets le visage de l'homme à barbe au même moment où il prononce son nom. "C'est l'homme du dallage chez Prodicos" me dis-je pour moi-même alors que le héros annonce "Thadonas." Puis un temps. "Mon nom est Thadonas."

Je me retourne prestement.

Thadonas.

Celui qu'on pensait demi-dieu, fils d'un Zeus, d'Ares ou même d'Athéna. Une incroyable légende que l'on raconte aux enfants d'aujourd'hui, une légende bien plus récente que les mythes mais dont l'intensité leur rivalise, celui qui parvint à repousser les rois et qui, ennuyé par les Hommes, s'enferma dans le monde des dieux qu'il concurrence. Thadonas le solitaire. Le guerrier. Ou le sage, selon les contes.

En me voyant subjuguée, Thadonas comprend que je sais. J'observe la réaction des autres.


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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


Durant tout le temps de mon existence, j’avais l’impression d’être pareil à une branche sciée d’un arbre. Sans père, et donc sans héritage, je n’avais pu que construire ce qui m’était apparu comme bon ou censé dans ma vie en me basant sur les mots et les rares indices offerts par ma mère. Malgré les conditions difficiles de l’esclavage, dans les propriétés bien loin de mon île natale, je m’étais converti à la foi d’Orphée. Refusant à jamais de me repaitre de la chair d’un animal et pratiquant la méditation et la réflexion, j’avais appris à chercher les signes des Dieux dans le monde qui nous entoure. Je devais avouer ne pas être très doué pour comprendre ces signes mais j’avais au moins pu commencer à mieux comprendre mes congénères. Cependant, cette vie précédente, une vie à rebours et en retard, allait probablement changer du tout au tout en étant au contact de mes nouveaux compagnons d’infortune. J’avais été compris et accepté graduellement par ceux-ci et j’avais eu cette sensation étrange en regardant la mosaïque de Prodicos. Le sentiment que les Dieux me guidaient vers une vérité crue et étrange s’était intensifié en arrivant dans le monde de légendes. On dit que les Dieux marchent parmi nous mais c’était bien la première fois de ma vie que j’avais le sentiment qu’ils me prenaient par la main pour me guider sur le fil des Moires.

Après les landes embrumées au milieu d’animaux peut-être trop intelligents, la vision d’un centaure abattu, le comportement étrange du bouc à l’égard de Caleoppe mais aussi l’attaque des sirènes, l’arrivée d’un grand guerrier tout droit sorti des plus grands mythes contemporains n’avait plus grand-chose de surprenant. Et pourtant, je ne pouvais m’arracher cette sensation, ce sentiment que les choses n’étaient pas si simples et qu’il y avait un je-ne-sais-quoi de plus à cette situation. La puissance qui irradiait de sa posture et de sa grande force manifeste prouvait qu’on était effectivement face à un être mythique mais malgré tout, quelque chose m’obsédait chez lui bien au-delà de ses qualités martiales. Je décidais d’attendre qu’il commence à parler pour voir si mon cœur serait apaisé en en apprenant plus de lui.

- Il est rare d’avoir de la visite dans les Théragéiades… Qui êtes-vous et comment avez-vous pu arriver ici ? demanda Thadonas, curieux et rassuré d’avoir regagné son fortin.

Mes compagnons se présentèrent et Arrabaïsos s’en chargea pour moi. Je regardais les réactions de notre hôte avec grande attention, guettant le moindre signe d’un secret qu’il ne souhaiterait partager. Je remarquais qu’il serra les dents un instant en entendant « Artémision ». J’avais entendu mes maitres grecs dirent que c’était le nom d’une grande bataille durant laquelle de nombreux Perses et Athéniens périrent. Tout militaire qu’il semblait être, il n’y avait rien de surprenant à comprendre qu’il avait pu y croiser le fer. Malgré tout, lorsque Caléoppe prit le temps d’expliquer que nous avions été transporté à partir d’un tourbillon magique dans une grotte de Phocide, il sembla troublé. Il prit un long moment, à s’écarter de nous et à regarder dans le ciel qui s’assombrissait à l’arrivée de Nyx dans sa course folle.

- Si les Dieux ont choisi de vous mener ici, cela ne peut vouloir dire qu’une seule chose… Vous aussi avez été chargés d’assurer l’équilibre. Comment le monde se porte-t-il ? La mythologie commence-t-elle à montrer des signes de sa réalité ? Je me disais bien qu’il y avait de plus en plus de gibier, grommela-t-il, insatisfait du train que prenait le monde qu’On lui avait confié.

Aketa expliqua que tout allait bien dans le reste du monde et que personne n’avait encore vu réellement de centaure ou de sirène à part nous. Malgré tout, Caléoppe s’arrêta un moment pour relater l’étrangeté de l’enchainement d’événements qui nous avait menés en ces lieux. Certes, l’oracle lui avait dicté d’aller vers le Sud et qu’elle y rencontrerait son destin mais personne n’avait prédit notre venue et pourtant nous avions pu la rejoindre et atteindre les Théragéiades nous aussi. La pensée vertigineuse que notre rencontre n’était en rien due au hasard me frappa enfin. Je compris par la même que la tentative de sauvetage d’une noble de Sparte aux mains de soldats athéniens et mon arrivée en prison avait pour objectif de nous faire nous rencontrer. Pâlissant de ne pas avoir su lire les fils tendus sur lesquels nous naviguions, je regardai enfin Thadonas et comprit que c’était peut-être également une volonté supérieure qui nous avait poussé à faire sa connaissance. Mais alors, qui était-il ? Et quel lien invisible pouvait bien tous nous unir ? Je maudis ma gorge et ma langue de ne pas me permettre de libérer toutes ces questions.

La soirée se poursuivit dans une ambiance calme. N’ayant pas l’habitude de recevoir ni du contact humain, le chasseur solitaire s’affaira à préparer le feu avec les jumeaux pour y rôtir l’un de ses moutons sans se soucier de faire la conversation. Le voyant porter plusieurs buches lourdes comme un ou deux hommes, je réalisa l’étendue de son héritage divin, surtout quand Aketa et son frère durent se mettre à deux pour en porter une, à grand peine. Je sentis Caléoppe tout aussi pensive que moi et décida de la mener vers des bosquets proches que j’avais repérés à l’aller pour y cueillir des baies et quelques herbes pour en agrémenter la viande. J’aurais aimé pouvoir lui partager mes doutes et mes questions mais n’y parvint pas par la barrière de la langue, littéralement. Mes quelques gesticulations ne permettant malheureusement pas de convier toutes les idées que je voudrais insérer dans mon discours, nous nous en retournâmes vers le camp pour rejoindre les autres. Certaines plantes que j’avais cueilli ne me rappelaient rien mais je décidai de les prendre tout de même pour les montrer à notre hôte, comptant sur ses talents de naturaliste en la matière.

Lorsque nous revenions, un véritable brasier avait été mis en place, sous les étoiles. Nous prenions place autour du feu et je ne pus m’empêcher de fixer Thadonas plus longtemps que je n’aurais dû. Il me regarda et eut l’air mal à l’aise, comme s’il savait quelque chose que je ne savais pas et que cela me concernait.

- Que veux-tu, jeune homme ? demanda-t-il, évitant, je le pense, de prononcer mon nom.

Agacé, j’allais rapidement me coucher après m’être nourri de myrtilles et de quelques herbes, bien avant tout le reste du groupe, les laissant discuter à leur guise. Les songes qui animèrent ma nuit me paraissaient difficilement compréhensibles…

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Pyramid Rouge
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Arrabaïsos

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis capitaine d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon charisme et mon courage, je suis maître de ma vie ..
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Aketa

J'ai  39 ans et je vis sur La chimère. Dans la vie, je suis second d’une petite flotte de pirates. Sinon, grâce à mon calme et ma clairevoyance, je suis libre.



moi-même
.
Une fois en bas, fixé de voir que son frère, son jumeau, son tout était bien en vie Aketa se sentais rassurée et elle aurait été prête a se jeter sur lui pour l’enlacer. Mais alors qu’elle était arrivée non sans peine jusqu’ici son  frère était happé par quelqu’un d’autre. Le héros l’ayant sauvé, oui. S’arrêtant un peu elle observa la scène en restant discrète, écoutant la question d’Arrabaïsos qui je pense trottait dans l’esprit de chacun ici. Néanmoins ce n’est pas pour autant qu’il y répondit clamant que d’autres créature rôdait et ça ils le croyaient bien. Alors que la petite équipé était en route en suivant le héros inconnu Aketa le regarda un long moment avançant un peu. Avant de suivre l’ancien capitaine de bateau sortit un couteau de sa botte pour le déplier. Se baissant tout prêt du cadavre de la sirène, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine passion pour toutes ses créatures de légende, alors il se permit de récupérer quelques restes de cette terrifiante créature : quelques dents et griffes ainsi qu’une plume et des écailles. Le regardant faire Aketa leva un peu les yeux au ciel en croisant les bras. Elle avait l’habitude de ce genre de comportement. Relevant sa tête sur elle il la regarde l’air innocent.

-Quoi ? Tu sais que j’aime bien collectionner ce genre d’objets. Je te ferais même peut-être un collier.

Fit-il avec un sourire avant de relever pour les rejoindre avec elle. Restant à ses cotés Arrabaïsos sentait que sa sœur vrillait et oscillait entre bonnes et mauvaises ondes. Il lui saisi la main et laissait le héros le mener chez lui un peu sur leur garde tout de même. Mais dans toute sa ressemblance à eux qu’il n’avait pas pu remarquer dans le noir il avait un bon pré-sentiment indéfectible dans cet homme. Le reste du voyage aussi long soit-il est silencieux entre les deux jumeau. Une atmosphère étrange s’était installé entre eux deux. Quelque chose, un non dit. Arrabaïsos était pensif sur le rêve qu’il avait fait presque ravi de revoir sa mère et Aketa, elle regardait en coin son frère triste et presque blessée que son frère n’ai pas été plus effrayé que cela de la perdre. Elle aurait voulu ouvrir la bouche mais elle n’y arrivais pas alors le silence régna a la place entre eux.

Une fois arrivé a la demeure de l’homme c’est a peine rentré qu’il prononça son nom. Aketa remarqua la réaction de Calléoppe et en fronça un peu les sourcils. Ce nom lui disait vaguement quelque chose mais cela rappelait sa mémoire d’enfance bloqué depuis un moment par son âge qui avance. Arrabaïsos, lui semble ravi, sourire jovial l’homme lui ressemble mais il ne cherche pas plus loin pour l’instant. Pour lui, le vrai lien qui l’uni à lui et si impossible et improbable  qu’il ne voit pas l’évidence même qui est crié par la ressemblance des deux hommes. Se laissant porté par la vagues d’agissements des autres Arrabaïsos semble tout bien heureux et Aketa à du mal a comprendre pourquoi. Peut-être était-il encore sous l’influence des sirènes ? Non. Il était simplement comme ça se rappela t-elle. Préparant bientôt le repas à ses coté tandis que les deux autres était dehors, la discussion était banale et assez peu constructive ce qui déplaisait un peu à la jumelle. Arrabaïsos, avide de connaissance sur les créatures de légende se sentait comme enfin chez lui.

-Mais dites moi cher Thadonas, pourquoi êtes-vous ici ? Pourquoi combattez vous toutes ces créatures de légende ? Je suis si curieux, j’ai toujours apprécié tout ces mythes.

Silencieuse Aketa s’affairait a couper des légumes et à assaisonner la viande comme il faut mais elle gardait un œil sur les deux hommes qui discutait.

-Eh bien, je les combats avant tout parce que je n’ai pas le choix. Les dieux m’ont envoyé ici pour exercer une régulation des sorties de ces créatures dans votre monde afin qu'elles restent ce qu'elles sont : des légendes pour l'être humain.

Tout bouche bée le pirate avait des étoiles dans les yeux en regardant le héros qu’était Thadonas, cela lui donnait envie, il appréciait parler avec lui. Échangeant un peu avec enthousiasme, il y avait toujours une certaine facilité à parler avec baïsos. Aketa, elle restait plus silencieuse mais écoutait tout de même tout ce qui se disait autour de la préparation du repas qu’elle attendait pas mal étant assez affamée après de tels épreuves de survie. S’asseyant autour du feu la chaleur qu’il dégageait poussa Thadonas à retirer quelques attirails. Il se retrouva presque torse nue et Aketa vis alors la même tâche de naissance que son frère et elle sur le torse de Thadonas. Cela la plongea dans une vision flou de lui plus jeune et de sa mère toute ronde. L’étonnement sur son visage n’était clairement pas discrète alors elle se dépêcha de mettre une cuillère de soupe dans sa bouche pour se dissimuler un peu. Bientôt Artemision s’en alla et cela interrogea Aketa. Elle avait vu dans son regard quelque chose de semblable au sien. Plus tard, une fois que le repas fut presque terminé elle laissa Baïsos parler avec Thadonas et Caléoppe pour rejoindre Artemision. S’asseyant non loin de lui contre un mur elle regardait  un peu à ce qui ressemblait à une lune ici. Les jambes rabattus contre elle et les bras entourant ses genoux elle regarda de ses deux yeux d’ambres brillant dans la nuit Artemision.

-Tu n’arrive pas a dormir n’est-ce pas ?

Elle fit une pause attendant un peu sa réaction. Savant parfaitement qu’il ne pouvait pas parler avec sa voix, elle était attentive a la moindre de ses mimique faciale et a son langage corporel.

-Toi aussi tu as compris ?

Sur cette question, les choses étaient brumeuses et se bousculait dans la tête de la mystique femme. Après cette vision comment ne pas comprendre ? Seulement à ce moment elle se rappela de la foudre et du jour maudit ou les vagues démentiels avait engloutit leur mère. Elle se souvenait toujours malgré les années de la précision avec laquelle elle avait vu sa mère se transformer en néréide aqueuse et disparaître dans la mer sous un orage funeste. Jamais elle n’avait dit a son frère que leur mère était une néréide mais maintenant qu’elle y repensait ça semblait tout a fait possible et réelle. Mais alors était-elle vraiment morte ? Sous cette question et dans l’attente de la réponse de son possible autre frère un grondement sifflé se fit entendre. Un oiseau immense et certainement affamé bordait le ciel attiré par la lueur des flammes nocturne du logement de Thadonas...
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Caléoppe
J'ai 34 ans et je vis à Larissa, Thessalie, Grèce antique. Dans la vie, je suis influente par mes relations et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma chance, je suis la maîtresse de Ménon.

_ Elle a bénéficié d'une éducation d'homme, elle a été l'élève de Gorgias et connaît donc les mathématiques, la géométrie, la musique, la poésie, la rhétorique, etc. : tout ce qui constituait le savoir institutionnel de l'époque.
_ Elle a été mariée à 14 ans à un général rustre aux mains souillées par les crimes de guerre, mais assassiné depuis, elle est veuve - c'est ce concours de circonstances qui lui garantit cette indépendance étonnante pour l'Antiquité.

"L'Eté" :copyright: Alfons Mucha
Spoiler:
 
Le foyer projette sa lumière fauve sur les visages léonins d'Arrabaïsos et Thadonas. Les départs d'Aketa et Artémision me mettent puce à l'oreille tandis que je retrace dans ma mémoire les mythes sur cet homme à la carrure prodigieuse. Il aurait d'abord brillé pendant les guerres médiques, envoyé de l'autre côté de la mer Egée pour prêter main forte, au nom d'Athène, de Sparte et de toute la superbe hellénistique aux colonies asiatiques Athéniennes alors insurgées contre la domination Perse. Féroce guerrier et fin stratège, on lui invente plusieurs origines - brute épaisse ou demi-dieu, de Thrace, Phénicie, ou même d'Epire. Tantôt orphelin, tantôt fils bourgeois, on le dépeint d'un grand calme qui n'a d'égal que sa brutalité, en faisant un héros hors du commun que toutes les régions veulent local. Voilà une trentaine d'années qu'on ne le voit plus, ni l'homme ni ses actes qui font parler de lui, et qu'il est entré dans la légende récente de nos guerriers. Le voilà donc ici depuis toutes ces années. Je profite d'un instant de calme d'Arrabaïsos jusqu'ici extasié pour entailler la conversation, et enquêter sur ce doute semé par la réaction d'Aketa qui est la plus intuitive de nous tous.

"De tous les mythes que l'on vous attribue, lesquels disent vrai ?
- Presque tous.
- Dans ce cas, je reformule : lesquels mentent ?
- Ceux sur ma naissance, et ceux sur mon retrait."


Je le sonde - son mutisme m'impatiente. Mais il le voit et poursuit.

"On raconte que je me suis retiré parce que je me suis ennuyé des Hommes ou que j'ai voulu défier le Ciel, mais ainsi que je vous l'ai dis, j'ai été missionné ici par les dieux pour veiller la brèche."

Vivre une vie de chasse en ermite lorsqu'on a été dans les effusions de sang et de fruits de toute la Grèce semble un fort étrange destin pour tel héros.

"Missionné, ou puni ?"

L'homme chasse ma question d'un grognement et ce faisant y répond. Il semble manifestement dérangé par le trouble qu'il nous provoque à tous les quatre, chacun à sa manière. Nous violons sa tranquillité. Le mouton noir au loin découpe sa masse endormie dans le clair de lune, surplombant un talus sur lequel il repose ramassé, et me fait songer toujours plus au bouc de la forêt de bois blancs et aux choses qu'il m'a faites voir. Dans mon esprit tourne l'un des récits de Thadonas. Comment il y a trente-cinq ans il s'est rendu à Larissa, et comment un couple de haute famille l'ont hébergé comme reconnaissance de ses sacrifices pour la Grèce. Mon père me le contait souvent d'une grande fierté : il aurait dans ses jeunes années reçu une pépite des terres sacrées, indépendant, voyageur, sage et fort. Il aurait envié ce destin de légende comme, à sa grande surprise, Thadonas aurait désiré tremper dans le confort de la richesse. Père me contait longuement comment les deux hommes qu'ils étaient, alors au printemps de leur existence, avaient bu et partagé la nuit durant ; et comment le héros au lendemain déjà frais avait quitté le foyer repus et reposé portant l'aube dans son dos. Mère, elle, niait l'intensité de cette soirée.

C'est étrange de rencontrer Thadonas après avoir reçu les visions du bouc. A l'idée de cette histoire se bousculent les paroles de Théréastre. Une curiosité inquiète pique mes cervicales avec tension.

... et si ?

"Thadonas, vous avez beaucoup voyagé après vos victoires à Mytilène et Chios. Avez-vous bons souvenirs de votre errance ?
- Je n'appellerais pas cela une "errance". Mais oui, je crois.
- Alors vous vous souvenez du couple à Larissa qui vous a reçu. Vous y avez bu et mangé pour dix, dit-on.
- Peut-être."


Cette fois nous nous fixons dans les yeux. Quoique les autres aient eu à l'esprit, je pense être la première à lui faire comprendre ce à quoi je pense.

"Vous rappelez-vous de l'épouse de l'homme avec qui vous avez festoyé ce soir là ?
- C'est de l'histoire ancienne.
- Une femme grande, les cheveux longs et de la même couleur que les miens."


Arrabaïsos, qu'il saisisse où je veux en venir ou non, s'abstient de m'interrompre malgré l'inconfort de Thadonas. Je poursuis.

"Elle a un grain de beauté sous la lèvre.
- J'imagine, oui, que je m'en souviens."


Il souhaite se débarrasser de mes questions - peut-être a-t-il également peur de savoir qui je suis. Ou plutôt, qui il est.

"Ce qui est tout de même étrange, c'est que moins d'un an après votre visite, je sois venue au monde. Mon amphidromie s'est déroulée sous une terrible tempête, elle a été interrompue par la mort de ma grand-mère. On y aurait vu comme un désir de me maudire. Je viens pourtant d'une bonne famille."

Il a compris mais ne dit rien devant Arrabaïsos, comme s'il avait toujours su que ce jour arriverait. Mais alors, qu'en est-il pour les trois autres ? Je ravale ma colère. Par la faute de cet homme qui a disparu toute ma vie durant, les dieux se sont acharnés à se jouer de moi : en m'empêchant d'introduire officiellement ma propre famille, en me mariant dès les premières saignées à un homme mûr et sauvage, en faisant de moi l'hétaïre que je ne suis pas. Par dignité, je me contente de quitter la petite réunion nocturne et le toise avant de rejoindre ma couche.

J'en ai assez vu - je veux retourner chez moi.


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Houmous
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Artemision
J'ai 27 ans et je vis sur les chemins grecs. Dans la vie, je suis esclave qui s'est affranchi et je m'en sors mal..

- Muet de naissance
- Suis une foi orphique
- Accomplis les dernières volontés de ma génitrice


:copyright: Fred Rambaud


J’avais passé d’étranges moments depuis que j’avais rencontré mon destin et la liberté. Passant de main en main, alternant prison et obligation, j’en étais venu à arriver dans cet autre monde si similaire au nôtre. Cet homme, je ne pouvais m’empêcher de supposer avoir un lien avec lui… Il me ressemblait, quelque part. Ce qui me mit mal à l’aise, cependant, c’était la manière d’interagir avec lui des autres membres de l’équipe. Eux aussi avaient l’air de ne pas savoir comment prendre sa présence ni comment exprimer ce sentiment de gêne si particulier. J’avais eu cette impression depuis un moment qu’il y avait quelque chose de singulier à nos rapports… Certes, les personnes qui composaient notre petite expédition avaient toutes des personnalités hautes en couleur mais je ressentais déjà avant de rencontrer Thadonas un sens de responsabilité, de confiance et de camaraderie pour mes compagnons qui m’était venu tout naturellement. Maintenant que je commençais à épier la vérité au travers de ma petite fenêtre, tout semblait bien plus censé.

J’avais à peine le temps de remettre de l’ordre dans mes pensées, en marge des discussions qui animaient la soirée, principalement tenues par Arrabaïsos et Thadonas, que Aketa vint me rejoindre dans mes doutes. Elle s’assit à mes côtés et commença à me poser la question sans la moindre introduction. Elle devait se rendre compte par avance que j’étais moi aussi agacé de ne pas pouvoir presser mes questions comme le faisait Caleoppe. Je la regardai un instant avant de finir par hocher de la tête en me redressant pour m’asseoir un peu en boule sur ma couchette. Des sentiments partagés m’assaillaient à l’idée de cette découverte maintenant confirmée.

Je la regardai alors qu’elle semblait se détendre d’avoir trouvé quelqu’un qui s’avérait être dans les mêmes problématiques qu’elle. Jusqu’ici, elle m’était apparue froide et étrange mais sa manière de me suivre dans une conversation de regards et un silence évocateur m’avait non seulement réconforté mais en plus prouvé qu’elle était certainement quelqu’un de différent de l’image qu’elle rendait en permanence. Nous passions un long moment ainsi à profiter de la présence de l’autre sans élaborer plus que ça mais aussi à affronter nos démons, s’accompagnant l’un l’autre. Cette pause bienvenue me mit de meilleure humeur mais il était bientôt temps de se remettre à affronter le devoir lorsque Thadonas vint en courant pour arracher au mur un javelot judicieusement laissé ici. Il ne nous offrit aucun regard, ce faisant, à l’image de sa manière d’assumer sa paternité et s’en alla plutôt faire face comme il savait si bien le faire.

Alors que la créature arrivait en hurlant dans le ciel étoilé, il allongea son bras et propulsa avec une force explosive son arme, fendant l’air dans un gémissement de ce dernier. Au loin, un lourd son se fit entendre, fruit de la chute de l’oiseau nocturne. A cet exploit, Arrabaïsos fut le premier à répondre par des applaudissements et des félicitations. Heureux celui qui n’a pas accueilli la connaissance interdite… Je me relevai et allai à la rencontre de Caleoppe qui au final avait été surprise par la rapidité de l’action. Il était vrai que cet homme était absurdement capable dans sa tâche mais je la comprenais dans son honneur bafoué. Ses yeux nimbés de larmes me firent un drôle d’effet et je lui tapais légèrement l’épaule pour lui signifier qu’elle n’avait pas à venir avec nous pour s’en aller achever la bête. J’avais pleinement confiance en Aketa pour prendre soin d’elle pendant notre absence.

Armés de glaives et de lances, nous partions dans la lande nocturne à la recherche de la proie fraichement descendue. Thadonas nous offrit quelques conseils à l’égard de cet oiseau au sang corrosif. Il nous conseilla par exemple d’en rester à la lance autant que possible pour ne pas prendre de risque inutile et de retirer tout vêtement aspergé aussi vite que possible. Il semblait d’un calme olympien, digne de celui qui avait été nommé grand chasseur par les dieux eux-mêmes. En comparaison, la mauvaise vision et le manque d’habitude à manier les armes me mettaient à cran et je devais dire ne pas pouvoir ne pas remarquer l’envie d’Arrabaïsos de faire bonne impression. Son inconscience instinctive avait quelque chose de touchant, peut-être avait-il souffert de ne pas avoir réellement eu de père dans sa vie et souhaitait-il redresser ce tort.

Arrivés au site où la bête avait chuté, de larges buissons corrodés et éclatés par la masse respectable de l’animal nous indiquaient mieux la voie qu’autant de panneau dans l’ombre. Il fallait avouer que la sauvagerie encore incontrôlée par la main de l’Homme avait quelque chose de merveilleux. Même dans la nuit et à la lueur d’une seule torche pouvais-je observer à quel point la canopée alentour était dense et rendait une impression de puissance et de robustesse. Ce monde était-il celui de celle à qui je devais mon nom, finalement ?

Rapidement, nous trouvions le monstre et le voyions, abattu au sol, attendant son sort venir. Comme pour tous les animaux que j’avais vu être chassé dans ma vie, à la lueur de la torche, j’arrivais à voir dans son regard qu’il savait ce qui allait se passer ensuite. Il savait qu’il ferait bientôt un saut dans l’inconnu et qu’il rejoindrait ses créateurs. Thadonas approcha et planta avec brutalité sa lance dans la gorge de l’animal qui mourut rapidement après. Il lâcha lentement sa prise puissante sur l’arme et se retourna vers nous alors. Il voulut soutenir mon regard qui se plantait dans le sien, rempli d’accusations non exprimées, et finit par se détourner. Arrabaïsos semblait attendre un commentaire rempli de sagesse de la part de notre hôte mais fut déçu de ne recevoir que la vacuité de son comportement. Nous rentrâmes au camp sans un mot.

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