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 Le sabre et le ciel

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Jo'
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INSCRIPTION : 21/08/2019
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CRÉDITS : Avatar : Mary Cassatt | Signature : Bob Ross

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PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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J'ignore qui c'est
MUGEN

Orphelin à deux ans par la faute de Nobunaga Oda, il est reccueilli par une famille de bergers. A 16 ans, nourri par sa vengeance et sa quête d'identité, il part avec sa "soeur" adoptive à travers le Japon. Il confronte son idéalisme à la brutalité de son pays.


Deux grands yeux

Que viennent-ils d'échanger réellement contre leurs armes ? Mugen se rassure en se disant que ce n'est qu'une nuit. Il ne peut se résoudre à demeurer ici, déjà, à poser bagages même pour un instant. Il est parti en quête de lui-même, et que lui a apporté cette route ? Une crise existentielle et du sang sur les mains. Certes le jeune homme s'est décidé sans réfléchir à suivre Fumi, certes il avance tout à fait à l'aveugle sans même réellement savoir ce qui l'anime, porté par le courant de sa comparse impétueuse. Mais au moins, ils avançaient. Mugen est certain que s'arrêter ici ne fait que les mettre en retard à ce rendez-vous où personne ne les attend.

... et pourtant. Le village n'est pas sans piquer la curiosité du paysan. Chacun ici y a sa place, dans un tout organisé - par qui, ou par quoi ? - et surtout volontaire. Cohésion de classes, genres, âges, tous ont quelque chose à apporter à cette communauté qui semble-t-il avance dans le même sens - mais vers où ? Curieusement, il ne s'imaginait pas que les shinobis et les moines cohabitaient, encore moins avec du bas peuple. Mugen n'est pas très cultivé. Il apprendra que l'union vient d'un ennemi commun, et que cet ennemi est le sien également.

L'adolescent se fait en attendant spectateur de la visite, distrait, comme s'il était déjà ailleurs et n'avait fait qu'un détour d'observation. Il réalise et repousse tout à la fois que ce rouage les a empêtrés par la manche pour les garder ici, mais surtout ignore encore quelle énormité du voyage se fera sans bouger de cette montagne. Par ici, quelques femmes s'entraînent, par là, d'autres avec des hommes prient à l'encens, ici encore quelques mains s'affairent au potager et à la cuisine. C'est spacieux, accueillant, mais dégage tout autant un fumet de foyer qu'un parfum de champ de bataille. Une tension et un drame communicatifs se trament derrière l'entrain manifeste de s'activer en cette soirée qui débute.

Ils sont accompagnés à leurs couches de paille incomparablement plus confortables que leurs dernières nuits étoilées. Enfin seuls pour évaluer ce qu'il vient de se passer : harponnés sur un sentier de montagne, dépossédés, récoltés dans cet écrin brut mais idyllique. "Seulement une nuit" se dit Mugen en espérant un peu le contraire. L'ambiance ici fait écho à celle dans son coeur et l'appelle à la disséquer.

Il hausse les épaules à la question de Fumi. "Tu penses qu'ils nous empêcheraient de partir ?"

~

Et puis on tonna dans la salle commune l'heure du repas. Le shôjin ryôri se décline à la table en riz blanc, bouillon dashi et quelques légumes du potager en tempura. En cette saison de ravissement, un plat de racines de lotus est aussi à disposition - mais il est réservé aux combattants (qui sont surtout des combattantes). A côté de Mugen, une shinobi à peine plus âgée s'en régale. Elle porte une frange rideaux brune au-dessous de laquelle un bandeau noir scinde son front, et ses cheveux sont maintenus en natte basse. Ses yeux sont grands, plus que ceux des femmes du village dont viennent les paysans, et presque autant que son appétit. L'adolescent s'égare à la détailler, lunaire, et elle l'interpelle d'un tempérament plus sanguin.

"Alors, c'est vous les nouveaux ?"

Elle a la bouche pleine et l'intimide, il hoche la tête. Elle lui donne une tranche de racine avec un sourire espiègle.

"Vous restez combien de temps ?
- Pas longtemps, on va à Kyoto.
- Tu sais te battre ?"


Mugen est déçu. Même ici, à cette table, on lui parle d'affrontement. Même dans ce lieu de culte et d'apprentissage. Pourtant, il aurait fallut s'en douter : ils sont beaucoup de guerriers résistants ici, et cette jeune fille malgré son grand regard vif n'y échappe pas.

"J'aime pas ça, me battre."

Elle marque un temps d'arrêt, blessée, comme si c'était elle qu'il dépréciait.

"Alors tu vas mourir."

Et c'est tout. Le regard de l'adolescente ne montre pas de fierté brutale comme parfois celui de Fumi, elle est davantage comme lui, et c'est ce qui le percute. Il reçoit l'intuition dans son ton qu'elle, elle sait en particulier de quoi elle parle - et il se sent honteux.

~

Retour à la chambrée pour les acolytes. Mugen a désormais davantage l'envie de rester : il sent que quelque chose remue ici comme ça remue en lui, mais il ne se le formule pas ainsi, trop inconnu à son intériorité. Il se remet en question. Rester pour éclaircir. Rester pour apprendre. Rester, peut-être un peu, pour les grands cils.



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Colin
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UNIVERS FÉTICHE : science-fiction, réaliste, post-apocalyptique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Credit icon photo ancienne
FUMI

Fumi a 22 ans et désire devenir la meilleure samurai du Japon.


Arisa

Au début, les jours passent vite et rien ne se ressemble. Elle découvre le village, parle aux gens. Mugen et elle se comportent encore comme s’ils n’étaient que de passage. Mais ils n’organisent jamais leur départ.
Souvent quand elle se retourne, elle voit cette vieille femme qui la regarde et qui a toujours l’air de se moquer d’elle.
Elle remarque aussi parfaitement que Mugen a l’air tout à fait intéressé par une shinobi locale, bien qu’elle ne le mentionne pas du tout et lui non plus. Les jours passent et finalement, sans vraiment se consulter, ils savent tous les deux qu’ils vont rester encore. ils savent qu’il y a beaucoup à apprendre.

Et Fumi serait ravie, sans la vieille dame.
A chaque instant elle a l’impression que la vieille est juste derrière elle à ricaner. Plusieurs fois, elle essaye de venir lui parler mais cette harpie se contente de lui réciter des poèmes en riant d’un air de mieux savoir. Au bout d’un moment Fumi tente de l’éviter mais la vieille femme la poursuit de plus belle. Pour gagner ses faveurs, l’apprentie guerrière apprend son prénom -Arisa - ses goûts - elle aime la pâte de haricots rouges - sa taille - Fumi lui confectionne des sandales waraji. Mais cela ne change rien.

Un soir, cela fait une semaine qu’ils sont là, Fumi s’entraîne avec son sabre dans la cour. Du coin de l'œil, elle voit la vieille dame venir s’asseoir derrière elle. Elle s’appuie sur un grand bâton.

Elle demande à Fumi pour examiner son sabre et l’interroge : “Comment t’es tu procurée cette arme ?”
C’est la première fois que Arisa lui parle sérieusement et attend une réponse de sa part.
Fumi lui raconte en détails la fois avec le marchand, en prenant soin de se montrer très déférente. Elle s’assied aux pieds de Arisa (qui est installée sur les trois marches menant à l’intérieur) et garde la tête baissée. C’est pour ça qu’elle ne voit pas venir le coup de bâton qui lui tombe sur le sommet du crâne.
“Hé !”
Les yeux de la vieille étincellent. Le bâton est encore levé. Il ne tremble pas du tout bien que l’ancienne le tienne au dessus de sa tête. Fumi le remarque. Elle attend.

"Ca sabre, tu l'as volé. C'est pour l'avoir que tu as couru aider le marchand, n'est ce pas ? Et tu le lui a réclamé ensuite. C'est un mauvais sabre mal équilibré et il te va bien, tu le mérites. N'as tu pas pensé que puisque tu étais armée devant lui et que tu venais de tuer un homme sous ses yeux, il n'a pas osé te le refuser ? Ou alors tu y a pensé, mais tu l’as fait quand même."

Fumi ne répond rien, mais elle dévisage Arisa avec un rictus de rage. L’autre lui assène un nouveau coup de bâton sur la tête.

”Tu vis comme une bête sauvage, continue la vieille. Tu ne penses qu’à être la plus brutale possible et tu crois que c’est de la force. Oui, tu es forte, ton corps est fort, peut-être même un peu trop. Mais tu es stupide et tu mourras au bord d’un chemin, en tout cas c’est le mieux qu’il puisse t’arriver.”

Le bâton s’abaisse de nouveau. Fumi n’y tient plus. Elle roule sur le côté et s’enfuit à toutes jambes.


Elle ne pouvait décemment pas frapper cette vieille dame. Cela signifierait affronter tout le village, à coup sûr. Fumi est furieuse. Elle regrette désormais d’avoir fui. Des pensées de vengeance tournent dans son esprit, mais elle se sent aussi confuse et perdue. Personne ne lui a jamais dit qu’elle était “trop forte” et elle ne comprend pas en quoi c’est un défaut. Pourtant, la vieille femme l’a bien dit comme une insulte. Elle entend encore son rire moqueur quand elle s’est enfuie. Comment ose t’elle se moquer d’elle ? Comment ose t’elle la frapper avec un bâton ? Fumi aurait pu la tuer d’un seul coup, est-ce que cette vieille bique ne s’en rend pas compte ? Submergée de colère, la jeune femme roue de coups un tronc d’arbre. Le végétal reste totalement imperturbable.
”Tu vis comme une bête sauvage.” Au souvenir de ces mots, Fumi crie des insultes de toute sa voix en continuant à s’attaquer au tronc d’arbre impassible.
Plus tard, plus calme, elle retourne à sa chambre.

Ses cheveux sont ébouriffés. Les jointures de ses mains saignent un peu. Elle se sent mal, et bête, et très énervée. Mugen est là.

”Mugen."

Elle s’assied près de lui.

”Mugen, est-ce que je suis stupide ? Est-ce que je suis une brute ?”

Son air de défi montre bien qu’elle n’attend qu’un démenti de la part de son ami.

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J'ignore qui c'est
MUGEN

Orphelin à deux ans par la faute de Nobunaga Oda, il est reccueilli par une famille de bergers. A 16 ans, nourri par sa vengeance et sa quête d'identité, il part avec sa "soeur" adoptive à travers le Japon. Dans un camp de résistants, il tombe amoureux d'une shinobi.


Vaut-il mieux mal faire que de ne rien faire ?

"Mugen, tu ne fais les choses qu'à moitié !"

Ses yeux sont larmoyant et son visage grimacé de dépit. Le jeune homme ne sait pas bien s'il mérite le torrent torturé de la jeune shinobi et il l'accueille branlant ne sachant rien faire d'autre.

"Tu te caches dans un rôle facile et absent, tu attends que d'autres fassent le sale travail à ta place ! Tu veux que je te dise ? Tu ne mérite même pas d'être ici ! Le camp te nourrit, te protège, on est même prêtes à t'entraîner ! Mais toi que fais-tu ?! Tu cueilles les radis noir plus lentement que nos doyens, tu flânes et me tournes autour avec des yeux de harengs morts !"

Les autres filles autour ricanent discrètement d'un regard complice mais la haine blessée de Hanabi - c'est son nom - est réelle et très sérieuse. Il n'y a que cela que le jeune homme, stupide probablement, égoïste peut-être, remarque : il comprend lui avoir fait du mal mais n'entend pas ses reproches avec discernement et se satisfait pour toute preuve de bonne foi de subir l'humiliation devant toutes les amies - apprenties shinobis elles aussi - de sa nymphe.

"Je te croyais doux ... mais en réalité tu es juste paresseux ! dit-elle retenant un sanglot de fureur."

Hanabi quitte le dojo et Mugen la talonne sans la suivre, soutenant mal le regard juge des autres combattantes et de leur instructeur.

~

Depuis plusieurs mois que le jeune paysan avait été avec Fumi au camp, lui et Hanabi avaient appris à se connaître. Ils avaient chacun écouté les plaies de l'autre et s'étaient rapprochés dans ce qui pouvait le mieux ressembler à une idylle de jeunesse - compte tenu le caractère sectaire du contexte dans lequel ils évoluaient et la violence générale de leurs existences, leurs sentiments étaient manifestes mais l'union en elle-même impossible et handicapée. Ils voletaient l'un autour de l'autre, tour à tour taquins et amis, aussi charnels que possible pour deux adolescents qui n'avaient aucune connaissance, ni même aucun exemple, de l'amour.
Mugen trouvait en elle le caractère et la passion qui lui font défaut. Quant à elle, elle nichait toutes les horreurs dans son écoute infinie et son calme sans pareil.

Cependant en quelques semaines leurs échanges s'étaient teintés d'une amertume à sens unique : le paysan se satisfaisait bien de la chose comme elle l'était mais Hanabi vivait comme un abandon sa stagnation générale. La phase d'idéalisation touchait pour elle à sa fin et elle lui reprochait tout autant de ne rien devenir personnellement et de ne pas non plus s'avancer vers elle. Elle le méprisait à mesure qu'elle ne parvenait pas à ignorer ce qu'elle ressentait pour lui et c'était à vrai dire un sentiment généralement partagé au camp : on jugeait volontiers que Mugen ne méritait pas sa place ici - c'était un lieu de résistance après tout, pas un hôtel !

~

Blessé, malheureux, le paysan retourne à sa chambre incapable de soutenir l'amertume générale désormais légitimée par le scandale de Hanabi. Il digère encore la nausée infligée au moment où Fumi entre hirsute et violentée - il la dévisage un instant ; elle est à l'extérieur comme il se sent à l'intérieur.

"Mugen, est-ce que je suis stupide ? Est-ce que je suis une brute ?"

Il n'est pas à ses états d'âme, submergé des siens et trop égocentrique pour prendre le recul de la situation de sa soeur. Il se lève tempêtueux et s'agite dans la pièce par contraste à tout son flegme habituel et à l'épuisement nerveux de Fumi.

"J'en sais rien ! Cet endroit c'est ... C'est les gens d'ici qui te mettent des trucs dans la tête ! On n'aurait jamais dû rester si longtemps : on a prit du retard pour arriver à Kyoto tout ça pour quoi ? Se faire insulter ?! On n'a jamais voulu atterrir ici nous ! C'est eux qui nous ont forcé la main ! On devrait récupérer nos armes et partir dès ce soir !"

Mugen est à mille lieues de comprendre. Il vit l'implosion comme une rupture et rejette la faute sur quiconque sauf lui - c'est plus facile. Il tait toute culpabilité qui pourrait le couvrir, déjà rongé par celle muette et à laquelle il ne tend pas l'oreille de son enfance : culpabilité d'un enfant adopté qui pèse sur un couple trop bon, culpabilité d'avoir survécu à ses parents biologiques, culpabilité, culpabilité. Il refuse d'entreprendre quoi que ce soit car il pense qu'on ne peut rien reprocher à l'inaction et il n'admet pas pouvoir se tromper sur ce point : il lui est à nouveau plus aisé de rejeter la faute de son inactivité sur l'endroit et sur Hanabi.



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