Le Deal du moment : -25%
Battlefield 2042 (Xbox One) – Précommande ...
Voir le deal
52.80 €

Partagez
 
 
 

 La philosophie est une pizza | Anouchka

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
 
Anouchka
Anouchka
Féminin MESSAGES : 32
INSCRIPTION : 09/12/2020
ÂGE : 33
CRÉDITS : moi-même

UNIVERS FÉTICHE : Harry Potter, Stargate
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

https://www.letempsdunrp.com/t4282-anouchka#89517 https://www.letempsdunrp.com/t4292-les-idees-d-anouchka https://www.letempsdunrp.com/t4294-les-rps-d-anouchka https://www.letempsdunrp.com/t4558-les-personnages-d-anouchka
Noob

La philosophie est une pizza | Anouchka - Page 2 Empty

21052705021890890.jpg
Sarah Meaulnes
J'ai 16 ans et je vis à Nancy, France. Dans la vie, je suis lycéenne en classe de terminale et je m'en sors pas si bien que ça en dehors des études. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt avec indifférence.

Je suis née à Arles, de père inconnu et d’une mère de quinze ans. J’ai donc été élevée par mes grands-parents maternels, tout comme ma sœur jumelle, Ophélie. J’ai sauté une classe et reste en avance dans certaines matières. Pour des raisons de travail, mes grands-parents, ma mère, ma sœur et moi avons déménagé à Nancy il y a six ans. Ici, j’ai une meilleure amie, qui s’appelle Diane, sinon, avec les autres élèves, je me sens plutôt en décalage, d’autant que je suis la plus jeune de ma classe. Quant à Ophélie, elle est morte l’été dernier dans un accident de montagne…
A la fin du cours, Sarah rassembla ses affaires, mit son sac sur son dos et rejoignit en béquilles le bureau du professeur pour voir les livres qu’il lui avait proposés. Voyant le nombre d’ouvrages qu’il allait lui prêter, elle se demanda s’ils tiendraient tous dans son sac à dos, puisqu’il était certain qu’elle ne serait pas en mesure de les porter dans ses bras.

« Je veux bien, merci professeur » acquiesca-t-elle.

Il serait effectivement plus prudent qu’elle s’abstienne de les faire pendre au bout de sa béquille ou sur une seule épaule, au risque d’être déstabilisée et de rajouter une mauvaise chute à la mauvaise chute voire de faire bêtement un suraccident.
Elle prit donc lentement, mais sûrement, le chemin de ses casiers, en silence, bien trop timide et renfermée à ce stade de l’année pour prendre la parole d’elle-même, hors échange de politesses de base ou réponses à des questions.

« Merci pour les polycopiés, c’est une bonne idée »

Elle avait beau être plus avancée que ses camarades, elle était loin de penser qu’elle pouvait l’être plus que des élèves de licence, elle n’avait pas non plus encore lu autant de philosophie que cela. Et elle risquait encore moins de pouvoir les comprendre plus facilement que des professeurs, elle n'avait absolument pas cette prétention-là.

Ils marchaient donc tous deux en silence, Sarah descendant doucement l’escalier. Car non seulement les escaliers étaient glissants, mais elle avait beau faire, elle ne s’habituait pas aux béquilles dans les escaliers. Une fois devant son casier, elle appuya une béquille contre le mur, pour ouvrir l’espace de rangement qui lui était attribué. Et on ne pouvait pas précisément dire que ce qu'elle y avait mis était bien ordonné, cela avait plutôt l'air d'être entassé, même si de son point de vue à elle, chaque chose avait sa place là où celle-ci se trouvait.
A peine Claude eût-il brisé le silence, que le visage de la jeune fille s’assombrit et se ferma aussitôt. Après un silence, elle répondit à la première question, ne voulant pas se montrer impolie :

« En tous cas trois semaines de plus, après, ça sera selon l’état de ma cheville à ce moment-là. »

Elle laissa un long silence planer ensuite, ayant bien du mal à répondre à la question suivante, qui la replongeait bien trop vivement dans l’accident et le deuil tout récent. Tentant de maîtriser et sa voix et le tremblement qui la parcourait, rendant son équilibre encore plus précaire qu’il ne l’était, elle finit par dire :

« Accident de montagne »

Elle détourna ensuite le regard, sentant des larmes perler à ses yeux. Cette simple réponse, bien qu’elle évitât intentionnellement de répondre plus précisément, lui avait rappelé bien trop vivement Ophélie. Ophélie qui lui manquait tant. Elle n’avait pas accepté son absence et encore moins le fait que ce fût là définitif.




"Whoever saves one life saves the world entire"

"De la musique avant toute chose"
Revenir en haut Aller en bas
 
Jo'
Jo'
Féminin MESSAGES : 382
INSCRIPTION : 21/08/2019
ÂGE : 23
RÉGION : Grand Est
CRÉDITS : Avatar : Mary Cassatt | Signature : Bob Ross

UNIVERS FÉTICHE : /
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

https://www.letempsdunrp.com/t4055-a-nouveau-jo
cat

La philosophie est une pizza | Anouchka - Page 2 Empty

mini_200802063244545047.png
Claude
Vincent

J'ai 40 ans et je vis à Nancy, France. Dans la vie, je suis prof de philo et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis divorcé et je le vis plutôt dans l'alcool. J'ai néanmoins la garde partagée de deux enfants, Maxime et Axelle, et qui me comblent.

La philosophie est une pizza | Anouchka - Page 2 Ulb8C8n
La nuit entre comme une masse
de mer vide et de caverne,
elle se répand sur les bords
de l’alcool et de l’insomnie,
elle mord les mains du malade
et le cœur des mendiants,
et dans la blancheur des pages
la nuit entre aussi.

Callabero

La philosophie est une pizza | Anouchka - Page 2 Bf2c441173e401cfcb185a14bf32c655
Ville Valo :copyright: Jo'

La détresse évidente dans laquelle l'a plongée ma question me fait quelque peu culpabiliser : Sarah est manifestement toujours très affectée par cet accident de montagnes et, quoique je ne sache rien de plus, je peux saisir qu'une adolescente d'à peine seize ans demeure chamboulée par ce traumatisme. J'ignore alors tout de la gravité de ce qu'elle a vécu et, pour cette exception où j'essaie d'être un peu plus personnel avec un élève - autre que mes plaisanteries graveleuses sur les vies des auteurs avec mes Master -, je dois dire que ce n'est pas franche réussite. Quelque peu désemparé par ses yeux rougissants de larmes qu'elle détourne, je me figure que je lui ai fais assez de tort - d'autant que son dos lui non plus n'aura pas fini de souffrir lorsqu'elle amènera ces ouvrages chez elle - et, lâche ou sage - quelle différence ? - prends congé d'elle par quelques banalités.

"Eh bien, je vous enverrai les polycopiés comme convenu. Bonne journée Sarah."

En espérant qu'elle soit meilleure que cette matinée.

*

Quelques jours séparent cet échange de notre prochain cours et son expression affligée ne me laisse décemment pas tranquille. Il y a quelque chose de particulier chez cette enfant à laquelle, brillante et solitaire, je pense identifier un tout jeune moi - celui d'avant le vin rouge, le mariage, les gosses et le divorce, celui qui lisait les bouquins de ses parents tout des week-ends durant dans le silence de leur menuiserie ... mh, peut-être est-elle un peu plus normale que je ne l'ai été, tout compte fait. Mais son isolement en tous cas cause à mon ermitage, aussi fais-je le phénoménal effort en cette journée de me rendre à la salle des profs.

Situons l'affaire. Une pièce si mal isolée que les fébriles petits professeurs laissent leurs écharpes et des gilets - prévus à cet effet et qui ne quittent jamais l'endroit ! - sur des chaises qui tordent le coccyx. Se tient aussi une table en plastique au motif de bois trompe-l'oeil - j'aimerais bien savoir ce que Hume a à dire là-dessus tiens : un sens dit x, l'autre dit y, si nos perceptions ne passaient pas par l'esprit j'en serais bien emmerdé de cette table - sur laquelle gisent pêle-mêle clefs, copies, ronds de tasses de café et autres trousses éventrées par les corrections. On est seulement au début de l'année et ils ont déjà tous dégainé leur stylo rouge, non mais on est où ?

Le désordre ambiant, juste assez propre pour ne pas faire fuir (les autres, car j'évite cet endroit) est à l'image des conversations qui se délient péniblement dans l'air. A base de "Alors ton week-end ?" et de "C'était l'anniversaire de ta fille hier, non ?", il me semble que s'abattent matériellement sur ma cognition la banalité de leurs discussions. Mais si je suis ici, c'est parce que la salle des profs est surtout une salle des commérages sur les élèves et que je suis à peu près sûr d'y obtenir ce que je cherche. Ma présence gêne néanmoins : remplaçant à tendance snob venu du CNRS, je n'ai pas tant le profil de leur bon pote. Une récente recrue néanmoins, peut-être 26 ans, cheveux longs et très lisses et pommettes saillantes, brise la glace.

"Ah, vous êtes Claude c'est ça ? Vous remplacez, euhm ... cherche-t-elle.
- Monsieur Erler, oui. Je remplace Monsieur Erler."


Ce disant, je m'installe à côté d'elle.

"Vous mangez là aujourd'hui ?"

Grands dieux mais faites-la taire. J'ai bien conscience qu'elle est tout sauf stupide et qu'elle tente seulement de tailler la bavette, mais je suis littéralement en train de croquer dans une pomme - car en effet, pour quérir les infos qui me manquent sur Sarah, j'ai bien dû trouver l'excuse d'un déjeuner sur place. Je ne réponds pas mais ce silence réprobateur ne la décourage pas : à dire vrai, elle me facilite la tâche.

"Comment sont vos classes ?
- Endormies dès le premier quart d'heure, pour la plupart."


Elle rit un peu et je poursuis.

"En fait il y a une élève qui me préoccupe. Je lui prêtais des ouvrages l'autre matin et, faisant la causette sur sa jambe plâtrée, elle a eu l'air de se mettre à pleurer.
- Vous vous faites sûrement des idées pour rien Claude, c'est le début d'année, les élèves aussi sont sous pression."


Pardon Blondie mais c'est pas ce que je suis venu entendre. Debout contre l'élément du lavabo, un autre professeur s'insère dans la conversation. Il a à peu près mon âge mais paraît plus rangé ; sans tatouage, cheveux courts, petit polo kaki sur un jean difforme qui imprime le pli du repassage. Il en est à son dessert - un Savane format individuel, comme mes gosses quand y a pas le temps de faire le goûter - avec son café et, comble de l'anarchie, ne s'est pas assis pour le prendre. Perché là sur ses deux pattes, il se donne l'air d'un sage hibou donneur de leçons - diantre, est-ce là la béatitude tant recherchée de Buddha ? Un Savane et un café les bras ramassés sur soi dans le froid d'une salle des profs ?

"Vous parlez sans doute de Sarah Meaulnes.
- Exactement."


L'homme s'assombrit théâtralement et s'installe face à nous sur une chaise qui n'est pas marquée comme son territoire - comprenez, où il y a la veste et l'écharpe d'une autre personne. Son air contrit laisse toutefois transparaître quel professeur affectueux il peut être et son implication émue remets quelque peu à sa place ma cuistrerie.

"La pauvre petite a perdu sa soeur. Sa jumelle, rendez-vous compte. C'était l'été dernier."

Unies depuis près de dix-sept ans depuis les tripes de leur mère et séparées par les roches stériles. J'en suis un peu retourné, ce fait divers, on a tendance à penser qu'ils sont lointains.

"Circonstances horribles en plus, c'était dans les journaux et tout ça. Alors entre ça, le fait qu'elle a sauté une classe et ses super résultats, la gamine elle est seule au monde. Seule-au-monde !"

Il articule ces derniers mots avec grands affres qui ne me sortent pas de ma torpeur, même pour tout le comique de sa diatribe. A côté de moi, la jeune prof affiche une expression estomaquée qui l'empêche même de finir sa barquette de soupe de courges. Je hoche la tête pour moi-même alors que mes pensées s'égarent - la réaction de Sarah fait bien plus sens, et quant à moi le goujat de service, je m'en retourne à ma salle de classe pour les prochains cours - qui ne sont pas avec sa classe. L'adolescente doit être tout bonnement dépeuplée.


La philosophie est une pizza | Anouchka - Page 2 CautiousDependableGalago-size_restricted
Revenir en haut Aller en bas
 
 
La philosophie est une pizza | Anouchka
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 
 
LE TEMPS D'UN RP :: Pour s'amuser :: Univers réel :: Europe-
Sauter vers: