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 Le Cube d'Erris (feat Dreamcatcher)

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Houmous
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INSCRIPTION : 06/01/2019
ÂGE : 23
RÉGION : Hauts de France
CRÉDITS : Index Librorum Prohibitorum

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7ei5.pngMise en Situation


Le Cube d'Erris (feat Dreamcatcher) Dd81b610

Kalderia V, 4XXX AD
Station d’exploitation 45C.
Population estimée : 1.325.000.
Etat de la cloche de survie : inégal.
Situation politique : insurrections localisées, gouverneur sécurisé.
Ressources : insuffisantes.


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Houmous
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Adam "Roads" Blake
J'ai 47 ans et je vis dans mon vaisseau. Dans la vie, je suis contrebandier et je m'en sors mal. Très mal..

- J’ai une IA personnalisée, V7-5
- J'espère pouvoir m'acheter un bout de terrain un jour pour ne jamais y mettre les pieds
- Je suis devenu cynique au fil du temps


:copyright: John Grello


Cela faisait quelques jours que je soufflais dans cette station. Une lune désertique et ardente sur laquelle le seul lieu de vie possible se trouvait être situé sous la protection d’une cloche. Je me rappelais de la vision que j’avais eue, de mon vaisseau, en arrivant dans l’orbite de l’astre ardent : une immense agate saphir perdue dans le sable. Le planétoïde avait été balayé par de puissants vents solaires durant l’une des batailles qui avaient déclenché la guerre galactique, il y a une cinquantaine d’année, et avait fait disparaitre toute forme d’eau. Il avait du être nécessaire d’en importer durant la construction de cette colonie mais ce qui m’importait surtout était de voir que ce foutu empire trouvait toujours le moyen de mettre ses civils dans une position difficile…

Chaque fois que je descendais du relais spatial vers la ville ruche, plus profondément située dans l’immense oasis, j’avais à voir la plus grande pauvreté. Des mineurs épuisés revenaient de sites de forage de plus en plus profonds, saignant même parfois des oreilles avec la pression, pour aller rejoindre leurs camarades dans des bistros exiguës. Des enfants sales arpentaient les couloirs de sous-secteurs résidentiels où ils n’avaient aucune chance de recevoir une éducation, croisant parfois leurs mères qui revenaient du travail le matin… La milice privée de l’entreprise qui avait formé toute la station patrouillait sans cesse à la recherche de membres de la communauté à châtier pour leurs manques de productivité quotidiens, chose qu’on appelle ailleurs « la vie ». Quand est-ce que ce genre de visions m’était devenu habituelle ?

J’avais repéré un endroit où me poser tranquillement peu de temps après mon arrivée. J’avais toujours été plus à l’aise dans les couloirs crasseux de vaisseaux de classe CITADELLE que dans des logements de surface alors le choix d’une impasse miteuse que même les plus pauvres de la colonie esquivaient me paraissait normal. Je m’installai au bar, posant ma veste sur un siège adjacent. Derrière le comptoir, pas d’amas de diodes et de codes, juste un bonhomme rougeaux qui aimait à prendre un verre avec ses clients. Zaram-B était son nom, attribué par l’une des IA qui contrôlait la vie de monde-ruches lointains. Ce n’était pas un mauvais bougre ce Zaram-B, mais il n’était certainement pas assez loquace ou même avenant pour avoir une large clientèle. Cela m’allait très bien, je venais pour une REST0RE, pas pour une histoire. Comme toutes les fois précédentes, je lui envoyai une node de data supplémentaire que ce qu’il réclamait pour mon verre et il me donnait un petit peu plus que le trait des 50 cL, prétextant qu’il « n’était pas une machine, lui ». Je levais mon verre à sa santé et buvais quelques gorgées en lisant les nouvelles sur mon affichage holographique. Une explosion d’un dépôt de munitions, des élections locales de la haute guilde des marchands de l’Union, une vedette dont la réputation était annihilée par une vidéo compromettante,…

Je soupirais un long moment avant de me gratter la barbe. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire désormais ? V7-5 m’avait prévenu il y a quelques mois déjà que j’aurais dû changer l’une des chevilles du carburateur… Je n’aurais jamais pu m’attendre à ce qu’il pète tout de même ! J’avais envie de m’énerver en me disant qu’elle aurait pu me répéter l’alerte plusieurs fois et que sa froide interface n’avait rien d’humain. Cette histoire allait encore me coûter un bras alors que j’étais loin de rouler sur l’épice ces derniers temps. Il fallait que je dégotte une mission et que je me démerde pour pouvoir faire prendre en charge les réparations par mon nouveau patron. C’aurait été idéal de faire ça si je n’avais pas été dans l’un des segments les plus reculés du secteur le plus arriéré ! Fichue guigne encore une fois… J’allais certainement devoir me contenter de patienter jusqu’à temps que le réparateur ait reçu la pièce qu’il me fallait. « Un mois » qu’il m’avait dit « , peut-être deux même, mais pas plus que trois en tous cas ». Je me demandais si j’aurais encore de quoi le payer s’il tardait trop… Les données n’arrêtaient pas d’être dévaluées au fil du temps avec le cours des épices qui explosait, il faudrait peut-être que j’investisse rapidement pour m’assurer de ne pas devoir prendre un casque et une pioche dans un avenir proche.

Les heures passaient lentement, dans un silence apaisant et une quiétude que j’avais longtemps espérée. A une époque, c’était ce que je trouvais en laissant ma navette dériver en orbite d’un astre inhabité. La liberté et l’immensité qui s’offraient à nos yeux avaient une délicieuse saveur d’incompréhension… comme regarder l’œuvre de divinités qui s’activaient à leur échelle alors que l’on s’arrêtait à la nôtre. J’espérais déjà pouvoir retourner dans mon milieu naturel, lavé de mes soucis précédents. J’entendis quelqu’un marcher dans le couloir, visiblement pour venir dans notre direction. Je vis le regard tourner à l’inquiétude dans les yeux de Zaram-B. Il avait l’air à la fois surpris et mal à l’aise, comme s’il faisait face à une situation inhabituelle et qu’il ressentait comme dangereuse. Deux hommes s’assirent au comptoir, chacun d’un côté. Ils commandèrent tous deux un verre de Soda-Pop. J’avais envie de me moquer d’eux, qui pensaient faire les cadors avec leurs boissons pour enfant. Leur positionnement ne me laissait aucun doute sur leurs intentions mais je n’avais pas envie de devoir me battre… L’un finit par me parler.

- Nous cherchons un individu du nom d’Adam « Roads » Blake. C’est un contrebandier connu dans le coin qui est accusé d’avoir embusqué plusieurs navettes de la fédération du commerce… Ils offrent un bon paquet de manna pour sa livraison... mort ou vif…
- Désolé, je connais pas. J’ouvrirai l’œil et je vous ferai signe si je le croise.
- Vous avez le sens de l’humour, vous ! répondit le second alors que je le toisais du regard. Ouais, vu que vous êtes… vous savez, quoi, vous êtes borgne.
-… Il est censé être un peu âgé et piloter un destroyer de classe 1C de chez Horus, série BALOR. Vous êtes sûr que ça ne vous dit rien ? Je peux peut-être vous montrer l’affiche, ça vous rafraichira certainement la mémoire !
- Ouaip. Je pense que vous cherchez pas du tout au bon endroit, les gars. Et même si c’était le cas, je pense qu’un type de sa stature ne se laisserait pas capturer comme ça.
- Ah ouais ? Et il ferait quoi s’il était face à deux chasseurs de prime donc ?
- Il en éclaterait un sur le comptoir et abattrait l’autre dans le même temps, probablement. S’il était un peu rouillé, il finirait dans un close-combat un peu difficile. Enfin, façon de parler…

Les deux se regardèrent un instant avant de hocher de la tête. Quelques secondes et tirs de pistolet à plasma plus tard, je repartais en filant une node de data supplémentaire au barman qui allait avoir à faire le ménage et emmenai avec moi mon verre, le remerciant. J’avais ma veste sur l’épaule et soupirais d’avance. Je ne pensais pas qu’on allait me demander des comptes ou même que je devais m’inquiéter. Tuer, c’était une salutation distinguée dans ces parties de l’univers… De plus, les caméras du rade ne tournaient plus depuis un long moment certainement. Les diodes ne s’en allumaient plus de manière visible et une couche épaisse de poussières et de graisses s’y était déposée nonchalamment… La question me revint alors que je déambulais sans réel but : qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire ?

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Cheyenne Blackmood
J'ai mille ans, l'âge de cette putain de cicatrice qui me défigure. L'âge de quelque chose qui m'a massacrée à l'intérieur. Peut-être ai-je la trentaine d'apparence, mais je n'en ai rien à foutre. Je vis là où je le décide et quand je le décide. Dans la vie, je suis mercenaire et je m'en sors très richement. A cause de mon secret, j'aime donner la mort et j'espère que la mienne sera belle, telle que je l'aurai décidée.

Ciri:copyright:️The Witcher

-500 000 manas payable d'avance.

Négligemment annoncée, la somme fit écarquiller les yeux du commanditaire. On l'avait prévenu que cela allait lui coûter très cher mais comme tous les dignitaires, larguer la moindre richesse s'avérait toujours douloureux. L'affaire était à hauts risques: une prise d'otages d'une huitaine de notables plus ou moins proches du Gouverneur.  La guerre avait radicalement modifié le paysage politique et des tensions graves, récurrentes, se développaient, qu'il fallait maîtriser sans cesse. Les futurs, quels qu'ils soient, s'annonçaient longs et difficiles. Une manne financière pour la mercenaire couplée à une indifférence parfaite envers tous leurs conflits et leurs quêtes de domination. Babines assoiffées sur un verre à 40° d'éthanol aromatisé, elle vibrait déjà à l'appel du sang. Car il y aurait des morts, inévitable échéance.

Chey,- pour ceux, rares, qu'elle autorisait à l'appeler ainsi-, prit place confortablement avec lenteur. Elle appréciait prendre son temps. Le gros pouf recouvert d'une soie précieuse, s'affaissa légèrement sous son poids. L'homme croisa les jambes près de la table basse, ça la fit sourire. Les clients, toujours très fortunés, tentaient éternellement de garder un avantage. Maîtres à bord, ils  voulaient conserver la main et souvent, en rajoutaient. Habitués à être servis, c'était des chefs là où ils œuvraient. Que certaines de leurs petites affaires dépendent d'un mercenaire sanguinaire faisait tâche. Ça les dérangeait, alors, ils usaient plus ou moins  consciemment  d'une  subtile suffisance afin de se rassurer. Kaplan Locks n'y échappait pas. Et la femme assise en face jouait le jeu, attendant tranquillement la suite.

-Tu demandes...beaucoup.

L'assurance paisible, elle saisit un des fruits présentés dans la coupe et prit son temps,  appuyant un silence de circonstance. Le regard froid, elle soutint celui de son interlocuteur sans ciller. Elle maîtrisait ces discussions à merveille, sachant par expérience leur issue. La voix grave et douce prit un ton professoral qui expliquait une leçon à un élève:
-Cher ami, en général, pour ne pas dire toujours, soit on accepte mon prix, soit on le refuse. Les missions que l'on me confie sont si délicates...Je m'expose au pire à la place de ceux qui ont besoin de rester dans l'ombre...Comprends-tu? Il y a des situations où le prix du secret est tel que...Comment dire? Certains dommages ne doivent laisser aucune trace. C'est un métier.
Elle feignit de chercher ses mots.
-Mum....Je suis si...silencieuse et efficace. Ce sont des choses...inégalables, très chères et précieuses. Rien n'est gratuit en ce bas monde et tu es pressé que l'affaire se fasse. Tu connais ma réputation et tu n'es pas le seul à avoir besoin de moi en ce moment. C'est à prendre ou à laisser. Donc, pour résumer, mon prix est le tien ou bien...Eh bien, nous en resterons là. D'autres sont sur la place. Je peux t'en indiquer quelques uns de confiance, si tel est ton désir.
Manipulatrice Blackmood: ménageant les possibles susceptibilités, proposant sans heurter, le laissant libre d'accepter ou non. Privilège insensé et insolent de ceux qui n'ont plus ni âme ni cœur.
Elle s'essuya les lèvres délicatement, but une gorgée. Savait que l'argent n'était pas un problème. Mais il fallait faire comme si.
-Que veux-tu Locks?
La question était franche et directe. Tous deux connaissaient à la perfection les sous-entendus qui se camouflaient dans cette conversation où l'éducation et la richesse menaient la danse, où les termes de "mission d'importance" sonnaient le glas de la légalité. On n'engageait pas Blackmood, on la conviait. Locks se croyait sans doute à débattre d'une prise d'otages comme du prix et des conditions d'un plat de patates transgéniques. Se mesurer avec la mort avait ses règles et ses exigences où les rapports de force étaient mouvants.
Elle se prêtait au jeu avec indifférence, connaissait si bien ce qui était en train de se dérouler. Acceptait ce regard qui cherchait à la sonder, à en deviner davantage. " Tu ne sauras que ce que je veux que tu saches." Elle se réjouissait, délectée de la souveraineté que lui conférait l'indispensable qu'elle offrait. Jubilait, savourant le fait que les puissants s'abaissaient à tremper leurs mains douces et parfumées dans la boue. Les discours étaient convenus, les propos, polis et prudents. Sous couvert de politique, la plupart du temps, tous ne souhaitaient qu'une seule chose: conquérir le Pouvoir. A n'importe quel prix.

Les coudes posés sur ses jambes en tailleur, paume contre paume, elle précisa:
-Tu veux que ce chaos cesse, au prix d'un autre: le tien.
Dodelinant légèrement la tête, d'un joli sourire arrogant, murmura:
-Hum, tous les mêmes...
Il était prêt à lui manger dans la main. Toute la subtilité de la négociation étant de lui laisser croire que c'était lui qui tirait les ficelles.
Les yeux de son hôte brillait d'une fièvre impatiente où il s'imaginait sans doute déjà en conquérant. Saisissant contraste où, rompue à une vie de violence et de mort, elle, demeurait froide et distante.
-Certes, soupira t-il. Il hésita un instant puis lança, lucide et vaincu.:
-Très bien, ça te sera transmis demain.
Un sourire de renard jaillit sur le visage de l'albinos:
-Pour conclure, que personne ne s'avise de m'ordonner quoi que ce soit sur la manière d'agir. Tu seras servi selon ta volonté mais n'oublie pas de respecter mon exigence. Elle te coûterait très cher. Il est des mets qu'il vaut mieux ne pas mélanger.
De nouveau, un sourire, presque affable. De loin, l'on pouvait croire qu'ils  discutaient paisiblement, de tout, de rien. Qui pouvait deviner qu'à travers cette banale apparence, se cachaient un assassin et un fanatique?
L'entretien allait toucher à sa fin. L'exercice était si commun, qu'une envie de bâiller la surprit soudain. Il fallait sans cesse mettre les points sur les "I" avec ces types.

***

L'idée avait germé naturellement. Il était temps d'aller ailleurs, de se faire oublier ici. Et puis, vivre sous cloche devenait particulièrement pénible. Blackmood étouffait, dans tous les sens du terme, avait besoin du grand air, de liberté, de frais où elle pourrait se balader sans craindre les brûlures des soleils sur sa peau trop blanche. Quitter le planétoïde devint un besoin pressant. La nécessité de trouver un moyen de transport discret et efficace l'occupa un bon moment jusqu'à ce que le nom d'Adam “Roads” Black émerge. Un capitaine de vaisseau, contrebandier, dont la tête était mise à prix. Parfait. Un qui ne poserait aucune question sur les colis qu'elle voulait embarquer, ni sur sa destination ni sur son identité.

Elle se mit à farfouiller et à interroger discrètement dans la ville-ruche afin de le trouver. Au bout d'une semaine environ, elle reçut un message, accompagné d'une photo sur le petit boitier fixé à son poignet: Blake, Chez “Zaram-B”, nom d'un bar miteux  au cœur des quartiers ouest, de ceux qui ressemblaient à un bidonville.
Installée au fond de la salle, elle observait avec attention l'homme assis au bar. Plutôt âgé, barbe courte, elle ne se fiait pas à son apparence qui pouvait paraître plus fragile qu'elle ne l'était en réalité. L'expérience lui avait enseigné à quel point la moindre erreur pouvait s'avérer fatale. Elle souhaitait évaluer le bonhomme avant tout, sans savoir que les circonstances allaient accélérer son jugement. Ainsi, lorsque les deux chasseurs de prime ramenèrent leurs fesses, trop sûrs d'eux, elle devina d'instinct que les choses n'allaient pas se passer aussi facilement qu'on pouvait le supposer. Planquée derrière son verre, la femme s'amusa de la force tranquille et meurtrière du Capitaine, se levant vivement dès qu'il sortit afin de le suivre. Saluant d'un geste le propriétaire des lieux, elle se laissa avaler par la ruelle glauque, bifurqua sur la droite, courut une cinquantaine de mètres avant de déboucher à la limite d'un croisement. Elle se retrouvait ainsi face à lui. Quelques pas le long du mur.

-Monsieur Blake. J'aurais besoin de vos services. Si ça vous intéresse...

On ne s'adressait pas aux hors la loi comme aux communs des mortels. Ne rien imposer. Jamais.
La moitié du visage camouflé ne laissait entrevoir que les yeux verts aux cils immaculés. Seule, une mèche folle couleur de neige s'échappait de la capuche. Un œil observateur pouvait remarquer un bout de la grosse cicatrice qui défigurait le côté gauche. Ça en disait bien plus long que n'importe quel discours.

Elle aussi, elle en était.
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Adam "Roads" Blake
J'ai 47 ans et je vis dans mon vaisseau. Dans la vie, je suis contrebandier et je m'en sors mal. Très mal..

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J’avais peut-être été stupide en me baladant à visage découvert. J’aurais certainement dû utiliser un masque facial de kératine pour éviter d’être reconnu. Ma tête avait été mise à prix par différentes administrations locales pour pillages, vols, braquages et j’en passe depuis des années. Mon palmarès était loin d’être impressionnant mais j’avais ma manière de faire les choses et de ne pas me laisser emmerder comme j’ai déjà pu le démontrer. La prime avait graduellement augmenté à mesure que j’étais resté insaisissable tout ce temps. Evoluer dans les marchés noirs a toujours eu du bon dans une vie de contrebandier qui ne veut pas laisser de traces mais le meilleur resterait toujours de ne pas avoir de réel point d’attache. Mon manteau et mon vaisseau étaient mes seuls compagnons depuis tant et tant de temps que j’en avais perdu le compte. Parfois, en me grattant la barbe, il venait s’imposer à moi sous la forme d’un poil.

Je renfilais rapidement mon manteau long tout en marchant dans les couloirs, le passant à mes bras sans attendre. Si des chasseurs de prime étaient venu foutre en l’air mon après-midi détente et relaxation (lisez « murge et absences mentales »), il y en aurait certainement qui tourneraient autour de ce que j’appelais mon chez moi. Auquel cas, je n’étais pas spécialement stressé encore une fois. La bourrique qui me servait d’IA de contrôle était là pour s’assurer que s’ils avaient la mauvaise idée de vouloir désosser de manière préventive mon coucou, ils en mangeraient pour leur grade. La seule perspective qui me faisait d’avance l’effet d’un lendemain de cuite, c’était qu’elle citerait régulièrement d’une voix narquoise les pièces endommagées. J’avais déjà envie d’en finir en me disant que maintenant, elle prendrait plus d’une minute pour citer la liste complète. A bien y réfléchir, cela faisait des mois que le business c’était plus trop ça et donc des mois que je pilotais littéralement en crabe après m’être mangé un astéroïde de la taille d’une boule de pétanque sur le deuxième réacteur droit. Quel foutu bordel !

J’étais en train de passer ma main dans une des poches intérieures de ma veste quand une jeune femme s’imposa devant moi. Je ne l’avais pas vu venir ou même entendu alors cela me fit me poser des questions sur le type de personne qu’elle pouvait être. J’haussai le sourcil de mon cache-œil implanté, ce qui n’avait plus réellement de sens à force et pris le paquet de clopes que j’avais sous ma pochette. Je le sortais lentement en étudiant sa proposition de bosser ensemble et la fixais d’un œil froid. Sa position de m’offrir un marché n’avait rien de naturel, en particulier aux vues de sa démarche de se présenter face à moi. Elle devait très bien savoir qui j’étais vu le temps qu’elle avait passé à me dévisager, comme la pire des sociopathes qui tombent amoureuse, chez Zaram-B et qu’elle n’avait pas bronché alors que je claquais à plusieurs reprises l’un des deux salopards sur le bar pour extraire une puce de données de sa cervelle. Je pris donc une clope en bouche et l’allumai avant de prendre une bonne inspiration et de lui répondre un prix supérieur à mes habitudes.

- 30.000 mana pour monter dans le vaisseau, plus 10.000 par jour de transport et par année lumière de distance. Tu me donnes directement ta destination et tu me payes la moitié avant qu’on quitte l’orbite. Si tu meurs avant de me payer le reste, ta cargaison et ton cadavre se retrouvent dans n’importe quelle ceinture d’astéroïdes dans laquelle je peux me décharger. Si tu te fais choper par une corpo ou l’armée, on ne se connait pas. Tu as 2h pour y réfléchir, je pars dans 3.

Je savais pertinemment qu’elle n’avait pas vraiment de temps à perdre et qu’elle savait que c’était le business. J’aurais parfaitement pu accepter à un prix inférieur mais c’était un cadeau pour faire acte de bonne foi que je lui demandais là. Après tout, quand on commence à avoir des poursuivants, on a tendance à devenir un peu plus prudent… D’ailleurs en parlant de ça, je ne m’attardais pas à lui détailler mon offre et partis de suite pour rejoindre les ascenseurs centraux de la station. Avec un peu de chance, je pourrais arriver à mon vaisseau sans qu’il n’ait subi trop de casse.

Alors que j’attendais dans la foule pour que les portes s’ouvrent, je remarquais que des miliciens patrouillaient dans tous les sens. Je baissais légèrement la tête pour me cacher comme je le pouvais derrière quelques gaillards avec des bras comme mes jambes, avec la crainte que ça ait un rapport avec mon échauffourée. Un petit jingle pressant retentit dans la pièce et une IA de gestion commença à s’afficher sur les murs et à parler au travers des haut-parleurs de la pièce. Ce n’était pas dans le but de rappeler que le travail était la plus grande richesse de l’humanité comme on pouvait parfois l’entendre quand on déambulait mais bien pour déclencher un plan de sécurité important. Elle restait relativement vague sur les détails de ce qui avait déclenché cette procédure mais cela me parut fort pour une malheureuse baston de bar.

- A tous les habitants de la station d’exploitation 45C. La compagnie d’exploitation minière Ore-Max vous souhaite une excellente journée. Nos services de sécurité ont néanmoins une annonce importante à l’attention de tous les citoyens et de nos aimables visiteurs. Suite à des troubles socio-politiques, il vous est demandé de rejoindre vos logements et de ne les quitter qu’après la fin de l’alerte. Votre coopération est exigée. Merci pour votre compréhension.

Il y eut une vague de réactions diverses dans la foule. Des travailleurs tournaient les talons avec plaisir, quittant leur grise mine pour un air enjoué. Des jeunes gens râlaient de ne pas pouvoir rejoindre leurs amis à d’autres étages. Mais la réaction que je lus le plus était un mélange de curiosité, d’appréhension et d’incompréhension. Qu’est-ce qui pouvait bien motiver une compagnie aussi rigoureuse qu’Ore-Max à interrompre complètement ses activités ? Pour moi, c’était sûr et certain désormais : ça n’avait pas forcément à voir avec moi mais certainement plus avec la jeune fille que j’avais vu auparavant. Je me tournais sur moi-même, la cherchant du regard, me disant qu’elle ne devait pas être bien loin…

J’abandonnais rapidement en me disant qu’elle devait avoir à faire de son côté et me mis simplement à avancer vers l’ascenseur, comme quelques rares personnes dans la foule. Les membres de la garde étaient en train de regarder les documents d’identité et de demander la raison du déplacement vers d’autres étages. Pour moi, ce n’était pas une situation souhaitable… Quelqu’un d’un peu physionomiste reconnaitrait aisément l’homme que j’étais sur les anciennes affiches de recherche dans mon visage actuel… Malgré l’hésitation, je rentrais tout de même dans le grand monte-charge après avoir montré mes faux papiers au nom de Daniel Waters. Visiblement, ça avait fonctionné étant donné que je ne fus pas arrêté. Les portes se refermaient vite et la plateforme commença à s’élever.

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Cheyenne Blackmood
J'ai mille ans, l'âge de cette putain de cicatrice qui me défigure. L'âge de quelque chose qui m'a massacrée à l'intérieur. Peut-être ai-je la trentaine d'apparence, mais je n'en ai rien à foutre. Je vis là où je le décide et quand je le décide. Dans la vie, je suis mercenaire et je m'en sors très richement. A cause de mon secret, j'aime donner la mort et j'espère que la mienne sera belle, telle que je l'aurai décidée.

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Ils étaient là. Une poignée d'hommes, prêts à frapper, à tuer, à tout pourvu qu'ils soient très bien payés. Le brouhaha des conversations s'amplifiait à mesure que les minutes passaient. C'aurait pu être un prélude à un dîner de fête. L'ambiance joyeuse colorait les murs, les complicités souriaient aux retrouvailles, les affinités s'affichaient. On papotait, on riait, ...Un badinage entre amis.
Soudain, la porte s'ouvrit. Une vague de silence monta brusquement et s'écrasa, fracassante, sur la petite assemblée.
Les regards convergèrent vers celle que l'on surnommait "l'ange noir " dans le milieu.
-Merci d'être là.
La voix aurait pu être douce. Elle râpait pourtant, ordonnant sans émotion:
-Comme on vous l'a déjà expliqué, la mission est particulière.
Elle s'employa à regarder rapidement chaque visage. Les secondes pesaient, attentives.
-Interdiction formelle de toucher un seul des cheveux des otages. On livre la marchandise, on disparait. Pas...d'amusement, Messieurs.
Insistance ironique. Un murmure s'éleva que la mercenaire fit taire d'un geste:
- Soyez prêts à vos spots à deux heures. Au signal, on se déploie. 2H15, silence total, on attaque. Vous connaissez la suite. N'oubliez pas de désactiver vos hologrammes. Pas de laser. On reste intraçables, quoi qu'il en coûte.
Les prunelles brillantes balayèrent à nouveau les visages durcis par des vies trop habituées à la mort.
-Des questions?
Quelques moues surgirent ici et là. Une mission à l'adrénaline un peu plus forte que d'habitude, une parmi tant d'autres, la routine.
-Parfait. On se revoie en enfer.

***

Il devait avoir sacrément assuré ses arrières pour se balader ainsi au grand jour à visage découvert alors que toutes les milices officielles et les "chiens" avides de manna étaient à ses trousses. Il fallait du cran pour affronter les risques en conséquence ou bien être suicidaire. Et comme tous ceux qui vivaient en parallèle des organisations bien cadrées, pas de quartier, pas d'état-d'âme. Encore moins envers ses semblables. C'était une des règles de base qui régissait la survie. La distance et la froideur, deux ingrédients complices, fidèles l'un à l'autre. Une intensité d'iceberg s'exprimait ainsi par son unique iris.

Et cette lenteur, utilisée par certains, de ceux qui avaient la main, à qui elle donnait la main, subtile différence à ce moment précis, la fit sourire en coin. Elle attendait à son tour, -c'était de bonne guerre-, qu'il réponde. La première aspiration de tabac brûlé en devint un authentique spectacle.

-J'espère que ton vaisseau est confortable à ce prix-là. Et je n'ai pas besoin de deux heures mais de deux secondes: marché conclu. Système d'Erris,tu atterris où tu veux, ça m'est égal.

Elle pianota sur l'écran de son poignet puis, poing fermé, le pivota vers le capitaine:
-Le code pour que tu m'envoies la clef de ton virement. Ce sera fait comme tu le désires, Capitaine.
Elle n'avait pas le temps de jouer aux marchands de tapis et puis se foutait du prix de toute manière. L'essentiel était de s'échapper au plus vite de ce caillou, devenu bien trop dangereux désormais.

"Qu'elle se fasse choper par une corpo ou l’armée?!...". Il croyait quoi ce mec?  Qu'il avait à faire à une débutante?  
Mais un appel interrompit leur discussion et le micro implanté se déclencha: c'était Locks. Alors qu'elle lui  répondait,  elle demanda silencieusement, index levé, un instant à Blake mais celui-ci n'en tint absolument pas compte et poursuivit son chemin, la dépassant avec indifférence. Agacée, l'albinos  lui emboîta le pas tout en maintenant une distance certaine entre eux. Il n'avait pas à entendre leur échange téléphonique et elle ne devait pas le perdre de vue: il ne l'avait pas encore informée du lieu du départ.
Bientôt séparés par le grouillement des passants, elle prenait soin de ne pas le perdre de vue, mémorisant la silhouette au long manteau comme point de repère. La communication se termina enfin, elle accéléra alors la cadence afin de le rejoindre sur la grand'place qui distribuait les ascenseurs.
Ça puait le milicien dans tous les coins. Trois heures...Cela serait-il jouable? Logiquement, oui, mais dans ce genre d'affaires, tout était possible. Même parfaitement verrouillée, la situation pouvait basculer très vite. Il suffisait qu'un seul des sbires se fassent arrêter et craque à l'interrogatoire pour tout faire capoter. Une fraction de seconde, Cheyenne douta. Par réflexe, elle passa sa langue sur la molaire dédiée. Un peu de substance à libérer et c'en était fini. Aucune machine ne pouvait le détecter. Un très vieux truc qu'on lui avait enseigné. Crever plutôt que de se faire prendre.

Soudain, les murs crachèrent l'alerte sonore, amplifiée, agressant les tympans, provoquant des réactions plus ou moins vives. Damned! Il fallait avancer ce foutu décollage!
Aux aguets et sur ses gardes, elle débloqua la sécurité de son laser. N'ayant pas quitté des yeux le contrebandier, elle se fraya un chemin à travers les corps compactés en cette heure d'affluence. Plus que quelques mètres. Elle présenta un pass médical. Scannée, la plaquette transparente afficha les données qui lui permettaient de passer le contrôle sans souci. Être différente comportait parfois des avantages, il était bien plus difficile de soupçonner une maigrichonne au teint trop pâle, malade de surcroît. Les soleils vifs représentaient sa meilleure armure: elle devait s'en préserver. Quoi de plus simple que de se recouvrir le visage, autrement dit se cacher derrière cette blancheur éclatante qu'elle subissait? Son corps était à la fois son pire ennemi mais aussi son plus fidèle protecteur. Ironie d'un chaos qui, très souvent, n'en était plus un.
Elle se faufila au moment où les portes se refermaient et s'appuya contre la paroi froide qui s'élevait sans bruit. Indéfinissable et cru, son regard s'attarda un moment sur celui, cyclope, de Blake.

Ça ne faisait que commencer...
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Houmous
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Adam "Roads" Blake
J'ai 47 ans et je vis dans mon vaisseau. Dans la vie, je suis contrebandier et je m'en sors mal. Très mal..

- J’ai une IA personnalisée, V7-5
- J'espère pouvoir m'acheter un bout de terrain un jour pour ne jamais y mettre les pieds
- Je suis devenu cynique au fil du temps


:copyright: John Grello


Le monte-charge commença à faire crisser les électro-aimants qui contrôlaient sa montée. Ce genre de système était fait pour que ses utilisateurs ne se rendent que vaguement compte du changement d’altitude et que le transport se fasse de la manière la plus confortable. Cependant, c’était ici de vagues secousses et un vicieux son de crissement qui emplissaient l’habitacle. J’eus un soupir en me demandant même si j’allais être l’une des victimes d’un de ces accidents impressionnants qui se relayaient dans les informations sectorielles. Je regardai la liste des contacts croisés récemment sur mon pad de poignet et envoyai un message à celle que je pensais être la jeune fille qui voulait se payer mes services pour lui annoncer que j’avais une course à faire mais que mon vaisseau serait dans les hangars civils du 1er dock, un HORUS bleu, noir et or appelé « la barge de l’inconnu ». Heureusement pour nous, nous arrivions bientôt à un étage auquel je me décidai à descendre pour limiter les risques. Ce n’était pas pour autant vers le hangar où mon vaisseau reposait que je me dirigeais, j’avais à faire dans un premier temps.

Les mécanos étaient des oiseaux rares dans les stations minuscules comme celle-ci. Ceux qui pouvaient retaper une navette sans qu’elle ne fasse l’expérience d’erreurs fatales quelques heures après l’étaient encore plus. J’avais eu l’occasion de discuter un petit peu avec un gars d’une casse de contrebande qui se dissimulait derrière quelques appartements. Il m’avait paru savoir de quoi il parlait quand il avait expertisé mon moteur et m’avait dit que ç’allait me coûter cher. J’avais consenti à le laisser faire la réparation qu’il préconisait et avait accepté le prix. Malheureusement, ce genre d’entreprise n’était pas du genre pressée de faire affaire, surtout quand il fallait faire l’effort de se procurer une pièce qu’il n’avait pas directement sous la main en contrebande, mon modèle étant militaire. Je m’étais montré compréhensif tant que je le pouvais et lui avais demandé de me contacter quand il en saurait plus. Bien entendu, je n’ai jamais entendu parler de lui à nouveau après ça…

Arrivé devant la façade des appartements 13159 à 13181, une façade complète dans la largeur, je vis un jeune homme en bleu de travail en train de fumer une clope en lisant un journal sur hologramme flottant. Je passai à côté de lui et ouvris la porte pour pénétrer à l’intérieur sans demander d’autorisation ou quoi que ce soit. Comme toujours, en ne posant pas de question et en faisant comme si tout était normal, il y avait moyen de faire des choses normalement prohibées sans soucis. En bon partisan d’une violence mesurée et utile, je me passais de cogner tout ce qui s’activait ici sur des pièces diverses et vins simplement à la porte d’un office crasseux qui donnait sur tous les postes de travail. J’ouvris la porte sans toquer et rentrai pour tomber nez-à-nez avec le patron et une de ses secrétaires apparemment… La jeune femme sursauta et remonta rapidement son haut alors que le patron, un vieux bonhomme de petite taille refermait sa braguette à la hâte.

- Bonjour, je voudrais savoir si vous aviez des nouvelles des pièces d’Horus BALOR ?
- Woh ! Mais qu’est-ce que vous foutez ici ? Qui vous a laissé entrer ?! Joh, fais-moi dégager ce débile ! beugla-t-il par une fenêtre entrouverte à un gros lascar.
- Je suis pressé, je dois partir rapidement. Je vais donc te répéter ma question une seule fois : où sont mes pièces ?
- Mais je les ai pas, connard ! Casse-toi de mon atelier !!

Il s’ensuivit un silence où je sentais une froide colère parcourir mon échine. Mon œil se rouvrit et se plongea dans le sien, le faisant instantanément comprendre l’étendue de son erreur. Avant même qu’il n’ait le temps de dire « joint de culasse », je m’approchai du bureau et attrapai l’escroc par le col avant de lui faire faire un vol plané pour s’écraser à mes pieds. Je le soulevai légèrement et lui collai deux baffes rageuses avec le revers de la main, envoyant valser une molaire en or sur la moquette sale. Lorsque son homme de main voulut ouvrir la porte pour venir à la rescousse de son patron, je mis un grand coup de pied avec tout mon poids sur l’entrebâillement, refoulant le videur à l’entrée. La dinde piaillait déjà depuis un bon moment dans mes oreilles mais elle s’arrêta instantanément en me voyant sortir un pistolet à plasma de ma veste et à le pointer sur le nez du patron. Elle s’évanouit dans un coin du bureau, tombant de tout son long.

- Bon, ducon, il y a deux manières dont ça peut se passer. Un : je peux me mettre en colère et m’assurer que ton atelier parte en flammes et que tu n’aies plus une pièce à utiliser pour te refaire, ce qui sera la dernière de tes préoccupations parce que ta cervelle cramée recouvrera les murs... Ou deux, tu me files des pièces qui pourraient convenir et l’un de tes mécanos, un bon de préférence, et tu n’entends plus jamais parler de lui et moi. Alors ? J’espère que tu as déjà compris le bon choix maintenant…
- O-Oui monsieur ! Je v-vais vous montrer !!
- Avant que tu n’aies une vilaine idée, je te préviens : si tu tentes quoi que ce soit de suspect, je t’abats. M’as-tu bien compris ? De plus, il est dans ton intérêt de me donner de bonnes pièces parce que tu vas monter à bord du vaisseau qui les recevra.
- Oui monsieur ! fit-il en ayant du mal à parler, le canon de mon arme appuyant sur son nez.

Je le fis se relever et le balançai contre son gestionnaire d’entrepôt interactif avant de venir pointer son crâne dans son dos, lui intimant de faire quelques recherches. Un vaste réseau de données professionnel s’afficha et montrait l’ensemble des accès rapides aux outils de recherche et de tri des ressources de l’entrepôt. Il balaya, rapidement et avec concentration, l’ensemble des charnières et autres matériaux de la firme Horus qu’il avait sous la main. Il allait à toutes vitesses et me regarda finalement avec un air mi tendu, mi enjoué, comme un condamné qui pense avoir trouvé son salut. J’eus un léger sourire en coin en allumant une cigarette.

- C’est dommage, tu m’es presque sympathique maintenant que tu travailles sérieusement. J’en comprends que tu m’as dégotté quelque chose qui fera l’affaire. Bon, comme toutes les meilleures choses ont une fin, qui est le meilleur de tes employés ?
- Ce n’est pas un mécano, monsieur, c’est une mécano ! Darva est une jeune fille que nous avons récupérée alors qu’elle était toute gamine. Elle a grandi au milieu des fers à souder et des imprimantes 3D. Elle est justement en train de s’atteler à d’autres réparations dans le dock 6. Vous la trouverez au niveau d’un Smith-Shimano 7.
- Eh bien ? Tu vois que tu peux arriver à travailler correctement quand tu t’y mets, ris-je en lui tapotant l’épaule familièrement. Merci pour tout, tiens, prends tes 15.000 nodes et prie pour qu’on ne se revoie jamais !

Je m’en allais triomphant, me dirigeant aussitôt vers les docks. J’étais rapidement rejoint par un lift-bot qui transportait dans une caisse l’ensemble des fragments intéressants qu’ils avaient pillé. Je fumais tranquillement, me disant que dans le fond, tout se passait pour le mieux dans cette vie de bandit et que je ne souhaitais plus vivre quoi que ce soit d’autre.

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Darva
J'ai 22 ans. Je vis dans un quartier glauque de la ville ruche. Dans la vie, je suis mécanicienne et je ne m'en sors pas très bien mais je ne me plains pas. Orpheline, j'ai appris à me débrouiller seule et je ne compte que sur moi-même. Les autres...
Mais de quels autres parlez-vous?

Letitia Wright:copyright:️Ma pomme

Son taff terminé, le père traînait dans les bas-fonds à revendre des pièces qu'il avait tapées à son patron. Le business avait duré quelques années jusqu'à cette foutue trahison d'un acheteur pourri. Le mec balança sa verve au boss et l'explication qui s'en suivit tourna mal, noyée dans un bain de sang. La mère, désormais seule, plus active à se droguer qu'à s'occuper de sa gosse, avait été suffisamment maline cependant pour tirer profit de la mort de son Jake.  On paya son silence en échange de sa gosse. Brinquebalée au milieu de milliers de pièces détachées, de moteurs, de composants et tutti quanti, la vie , au final, offrit à Darva la passion de réparer les vaisseaux. Elle apprit sur le tas, se prit des torgnoles à chacune de ses erreurs, grandit comme elle put coincée dans un milieu masculin et sans états-d'âme. Elle n'en voulait à personne, prenait les jours comme ils venaient et ne se posait pas de questions. Fruit d'un marchandage, elle ne s'attachait pas à grand monde, et en gros, se foutait de pas mal de choses tant qu'on lui foutait la paix.

***

Semaine de merde. Problème dans la chambre de combustion. Ça faisait quatre jours qu'elle bataillait à régler l'hypergolique du système d'allumage. Une chienlit à synchroniser avec le HAL 90 00, l'ordinateur algorithmique à programmation heuristique qui contrôlait la propulsion ionique du vaisseau. Elle pestait, s'énervait, suait la mort,recommençait, vérifiait, et rebelote et... :

-MERDE! PUTAIN!

Énième tentative. Quelque chose ne fonctionnait pas au réglage. Il fallait démonter le cul de la commande de propergol. Tout recommencer!
Allongée sous le dérivateur gauche, elle balança la clef à pression, ferma les yeux, sortit un soupir gras et gros de contrariété avant de tirer la langue d'agacement en entendant les pas du patron qui s'approchait. Il avait le chic pour venir la faire chier quand il ne fallait pas celui-là!

-Dégage Asher! C'est pas le moment!


Il s'arrêta mais resta campé tout près. La colère monta et finit par exploser tandis qu'elle se dégageait en se tortillant:

-Tu m'emmerdes, ok? Je suis pas d'humeur!

D'un mouvement souple, elle se redressa vivement et lui fit face.

Ce n'était pas Asher mais...un vieux à l'allure respectable, honorable même n'en déplaise aux olibrius qu'elle croisait trop souvent. Interloquée, une poignée de secondes mal à l'aise, elle se sentit rougir comme une tomate et bredouilla:

-Euh, désolée, j'ai cru que...que vous étiez quelqu'un d'autre...euh...que je connais.

Elle s'adressa sans vergogne à l'inconnu:

-Vous voulez quoi? Je suis pas dispo là. Revenez plus tard, demain ou quand vous voulez mais pas maintenant.

Et sans attendre quoi que ce soit, se dirigea vers une table un peu plus loin où des canettes bleues et vertes trônaient parmi un joyeux bordel de trucs et de machins. Le pop résonna joyeusement alors qu'elle en ouvrait une. Fatiguée, elle se laissa choir sur une chaise inconfortable mais c'était toujours mieux que rien.

Une pause et puis elle rentrerait chez elle. "Chez elle". Un gourbi trop petit.

Un bout de paradis où jamais personne ne pénétrait.
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L’antre dans laquelle j’avais atterri avec le liftbot n’avait rien d’un hangar classique. C’était quelque chose de bien plus personnel et cela se remarquait à la présence d’une collection de cannettes vides colorées et d’ustensiles divers personnalisés. Qui aurait cru qu’en cette époque on pouvait encore avoir l’idée d’utiliser des scotchs bleus ou verts pour reconnaitre sans problème les différentes tailles d’outillages ? Je pris un long moment à tourner la tête aux alentours et à m’imprégner des sentiments que rendaient les lieux avant de me tourner vers la jeune fille. Elle ne devait pas être bien vieille à vrai dire. Elle pourrait certainement même être ma fille si j’avais pris le temps de fonder une famille. Si ç’avait été ma fille, je dois avouer que je n’aurais certainement pas été fier de la voir livrée à elle-même dans un quartier si rudimentaire d’une station paumée. Quelle vie devait-elle mener en ces lieux ? Ce milieu masculin et masculinisé jusqu’à la caricature l’avait manifestement poussée à arborer des traits fiers et durs pour se rendre plus homme qu’homme. Ils étaient nombreux, les pilotes que j’avais eu l’occasion de rencontrer, qui détestaient les mécaniciens. Il est vrai que la paternité de la réussite d’un haut fait dans l’amirauté était souvent remise en question en vertu du principe que sans mécano, les vaisseaux ne pourraient quitter le tarmac. La réaction des pilotes poussait souvent alors à des déchirures au sein des équipes mais, pour ma part, je n’avais jamais trop compris l’importance de ce genre de comportements inutilement pompeux et avais volontiers reconnu l’influence des équipes techniques sur la qualité de ma navigation. Avais-je survécu si longtemps pour la simple raison que je connaissais mes limites ?

Le vaisseau commercial énorme sur lequel elle s’attelait avait quelque chose d’impressionnant. Comparé au mien, il devait bien faire trois fois plus de longueur mais ne présentait que deux fois plus de boosters, ce qui le rendait certainement plus complexe dans ses systèmes de navigation. Ce devait être un GMS classe VI à en croire par la forme de la carlingue mais il avait été modifié pour accueillir une baie de stockage supplémentaire. A en croire ce que j’avais pu entendre de navigateurs dans divers relais spatiaux, ce genre de barge commerciale était une horreur à conduire mais s’avérait encore pire à réparer… Rien qu’à voir les crises de nerfs qu’elle se tapait et l’imposante aile dépiautée, on pouvait se figurer la difficulté d’une réparation du style de celle qu’elle opérait, probablement avec du matos inadapté. Dans ce contexte, les petits arcs électriques qui se formaient entre un câble et un pas de branchement ne faisaient que renforcer la supposition qu’il serait impossible pour le commun des mortels d’opérer pareille opération. Je sifflai donc pour marquer mon étonnement, prenant un air impressionné avant de m’approcher un peu de la jeune femme pour être en mesure de lui parler en face à face sans devoir trop hausser la voix mais sans pour autant pénétrer son espace personnel.

- Mon nom est Adam Blake mais tu peux m’appeler « Roads ». Je suis l’heureux propriétaire d’un vieil Horus BALOR et j’ai besoin d’un mécano pour m’aider à le maintenir en état de vol. Je vais pas y aller par quatre chemins : j’ai besoin de quelqu’un de balaise à bord parce que comme tu le sais, les modèles Horus tiennent des décennies mais demandent par mal d’entretien. Ils doivent te payer 500 manas par mois si tu bosses bien, j’imagine… Je t’en propose 15k du mois si tu acceptes ma proposition, nourrie et logée dans les quartiers du personnel bien sûr. Alors, ça te tente de t’arracher de ce coin miteux et de voir comment ça se passe ailleurs ? demandai-je finalement.

Je laissai un instant de silence au cas où elle aurait des questions et continuai à la regarder fixement. Au cas où la mention d’un modèle militaire n’était pas assez évidente, le salaire que je lui proposais devrait lui permettre de comprendre que j’étais un contrebandier et qu’elle commencerait à faire du hors-piste complet en venant bosser pour moi. Je n’avais pas besoin de quelqu’un qui croirait avoir le choix de revenir en arrière après avoir accepté juste à cause d’une bonne offre. La loyauté, en particulier chez les voleurs, était quelque chose qui n’avait pas de prix… Mettre les formes quand on invite quelqu’un de l’extérieur est et reste la meilleure manière de mettre les points sur les i dès le début.

- Je suis désolé de te presser mais j’ai besoin d’une réponse rapide. Je dois partir dans moins de 3h et il y a quelques réparations à faire sur le carburateur, détaillai-je en montrer de la main l’automate qui me suivait. Je vais devoir faire un saut hyperspace très vite alors j’ai besoin d’être sûr que je ne vais pas me retrouver coincé de l’autre côté. Au cas où tu aurais besoin de détails sur la structure, je l’ai moddée moi-même en rajoutant un module de tir à celui de série et j’ai eu à changer le contrôle de bord par une IA complète parce que je vole tout seul.

Je tirais à nouveau une clope pour lui laisser quelques minutes pour peser le pour et le contre. Dans mon idée, une jeune fille qui ne devait pas avoir eu le choix jusqu’ici se laisserait probablement tenter par une offre aussi alléchante. Je pourrais même avoir l’air suspect en offrant autant pour une simple mécano que je ne connaissais même pas… J’eus un petit soupir en me disant qu’après tout, c’était à elle de voir et que si elle refusait, je me démerderais seul comme j’avais l’habitude de le faire jusqu’ici.

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