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 Une fenêtre s'ouvre sur une aube inconnue | Elonie

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Elonie
Elonie
Féminin MESSAGES : 31
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UNIVERS FÉTICHE : Wow que cette question est difficile
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Arren
Tribu des Egao.
Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


Alors que Mao lui versait de la sauce sur sa viande, il posa sa main sur la sienne pour lui en demander davantage. Cela semblait ridicule de se soucier de son repas alors qu’il prévoyait de s’enfuir et d’entrer par effraction dans des pièces qui lui étaient interdites, mais ce geste prendrait tout son sens plus tard.

“Les indices bleus et vous trouverez peut-être ce que vous cherchez.”

Au signal de Mao, Arren s’était doucement éloigné vers la porte la plus proche. Il n’avait pas voulu perdre de temps en rejoignant la porte principale qui, de plus, se trouvait derrière la porteuse de cette immense tête ridée. Il se précipita vers la sortie en sachant très bien que la jeune fille se mettait en danger pour lui, il fallait que cela ne soit pas vain. Il était aussi conscient que cette opportunité serait sans doute sa dernière ; tout le monde semblait lui tourner autour, il était impossible qu’on ne se rende pas compte de son absence. La petite porte qu’il avait prise devait servir aux domestiques, c’est pourquoi il se hâta de quitter ce long couloir froid dès que possible, il ne voulait croiser personne. D’abord parce que se retrouver seul avec un de ces rats avares et pouacres pouvait le mettre dans une situation embarrassante et ensuite parce que plus tôt on le repérait, moins de temps il aurait pour trouver ce qu’il cherchait. Sans hésitation, il se mit à courir dans les couloirs et s’enfuit à la première échappatoire.

“Les indices bleus.”


Il se retrouva dans un hall de taille moyenne dans lequel il était déjà venu depuis son arrivée ici. Il lui fallut un court instant pour se repérer, il faisait sombre dans cette partie du château car tout le monde était soit dans la salle du banquet soit en cuisine. Arren repéra un de ces petits indices et longea le couloir qu’il précédait. Le chemin déboucha sur un ascenseur et là encore il suivit le conseil de Mao. Les portes s’ouvrirent et après avoir détalé sur plusieurs couloirs encore, en suivant toujours ces indices bleus, il déboucha sur un nouveau hall. Arren observa autour de lui : c’était le même que tout à l’heure. Il n’était pas tout à fait certain, il se pouvait que plusieurs pièces se ressemblent tout à fait alors il prit une de ses craies dans son escarcelle mais à la place de tracer une rune, il marqua d’un trait l’une des plinthes de la pièce et recommença à suivre les indices bleus. Un couloir, un ascenseur et plusieurs foulées, il se retrouva dans un hall similaire, encore une fois. Il pensa à la jeune et douta, avait-elle voulu le perdre ? Il se tourna vers la commode et en effet, à sa droite, la plinthe était marquée.

Arren serra les dents, il eut un haut-le-cœur. Il haïssait ce lieu et plus les heures avançaient, plus il trouvait de raisons de le faire.

“Je veux sortir de là.”

Sa plainte n’était qu’un chuchotis de désespoir. Il avait l’impression que le monde entier était à ses trousses et qu’il était tourné en ridicule par un château grinçant et criard. Outre plus, il y avait une faible lumière dans cette partie du bâtiment mais Arren ne voyait plus rien. Il ne voulait plus rien voir et ses sens le lui rendait dignement, c’était pour lui comme s’il vivait une nuit sans étoiles. Il frotta ses mains l’une contre l’autre et la friction créa de la chaleur puis une petite flammèche magique, il allait s’éclairer comme ça désormais. Il marcha dans un couloir au hasard et celui-ci déboucha sur la porte d’entrée du château. Du moins, c’est par là qu’il était entré le premier jour. Le premier jour ? Il avait l’impression d’être ici depuis des semaines mais cela se comptait en heures.

Il regarda la porte un moment, à la lumière de son étincelle ; il était tenté de sortir. Un sentiment étrange le traversa, c’est comme si jusqu’ici on avait tout fait pour le perdre et alors qu’il était le plus désespéré, on lui avait présenté la sortie. Oui, il était persuadé que ce n’était pas Mao qui avait voulu le semer, quelqu’un l’observait encore. Un regard autour de lui, vers le plafond : est-ce qu’on le suivait ? Une de ces petites bêtes qui apportaient généralement des messages aux employés avait pu se cacher dans un coin sombre sans qu’il ne s’en rende compte. Pourtant il ne vit rien et se sentait parfaitement seul.

La porte de sortie n’était qu’à un mètre de lui, il s’avança et l’ouvrit. Partir aurait été si facile. Il fit un pas sur le porche. Sous lui, la terre bougeait ; ou plutôt le château se déplaçait à une allure folle. Arren respira l’air extérieur. Il faisait très humide et très froid. Après plusieurs grandes inspirations, il sauta.




L’idée lui était venue au dernier moment : si l’entité qui tentait de le semer pouvait faire de lui son jouet à l'intérieur de l’auberge, elle n’avait pourtant aucun pouvoir sur lui à l'extérieur. Yubaba ne lui aurait jamais montrer la sortie, elle ne devait donc pas être la -seule ?- magicienne qui protégeait ce château.
La pluie n’empêchait pas à Arren de voler, au contraire. Ses éléments principaux étaient l’air et l’eau, les deux étaient réunis pour lui permettre de remonter jusqu’au sommet de ce monstre rutilant.
Il se posa tout en haut, à l'extrémité même du bâtiment. Là, il comprit. Posé en son centre, le paysage changeait selon la direction vers laquelle il se tournait. Au sud, une ville ; à l’est, la forêt ; au nord, des champs ; à l’ouest, la mer. Pourtant, s'il se retirait de ce point de fuite du château, il ne voyait que ces champs et ces vallées du nord. Le château était un lieu de passage, un transporteur, un lien entre plusieurs lieux.
Arren quitta cet endroit pour rejoindre le balcon le plus haut de l’édifice. Il devait forcément mener aux appartements du roi de ce lieu.
Entrer par effraction serait un jeu d’enfants mais au lieu de ça, il prit sa craie et traça différents traits sur la plateforme. Le sceau était supposé amené l’objet ou la personne sur lequel il avait répandu un peu de poussière de cette même craie.

Mao apparut devant lui.


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Jo'
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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


Anonyme :copyright: Ilya Kuvshinov'

L'angoisse du destin d'Arren me harcèle, planant au-dessus de tous mes faits et gestes, de chaque réflexion lubrique d'un riche démon, de chaque plat que je m'affaire à ravitailler. Nous sommes tous sous pression d'autant que Yubaba est de la partie, et qu'au moindre faux-pas, elle nous privera davantage encore de droits légitimes. Dans cette configuration, je n'ai pas d'alliés. Personne ne peut vouloir copiner avec la traîtresse, ne serais-ce que parce que ça les rendrait nuisibles aux yeux de la patronne. Les bruits courent plus vite que l'auberge même ici, et chacun a la conviction confuse que j'ai ma part de responsabilité dans tout ce qu'il pourrait arriver de perturbant. L'esprit si bien enfermé que leurs corps, ils ne s'imaginent pas que le chamboulement a aussi ses retombées heureuses.

Je n'ai pas un instant à moi, tantôt appelée aux cuisines, tantôt hélée en service : tout le monde a prévu son coup pour m'empêcher proprement de me mettre en travers de leurs intérêts. C'est une réelle battue qui s'organise pour cette chasse à l'homme nocturne et qui suit de son traquenard vicelard les pas d'Arren. L'unique salut du jeune homme se trouve en lui-même - s'il parvient à pénétrer le bureau de Yubaba, alors les sbires seront bien obligés de perdre sa trace, puisque nul employé ne passe jamais les lourds battants de la direction ... à l'exception de Haku, glacial serpent d'eau, bourreau de la patronne et vigilante seconde main.

On m'envoie au dehors rejeter une bassine d'eau de vaisselle. La pluie résonne sur les galets des jardins intérieurs et percute la marre aux poissons de ses ondes géométriques, elle ruisselle sur le préau de bois peint couleur corail et vient mourir au sol d'un choc plus sourd. Un instant les yeux vers le ciel pour y sonder autre chose que toute cette trombe qui nous assène, j’entraperçois la silhouette filiforme de Haku scindant les nuages. Mon coeur se soulève d'une agitation pressée - s'il découvre un intrus dans le bureau de Yubaba vers lequel il vole et dans lequel il peut pénétrer par le balcon, alors j'ai tout à craindre pour la vie d'Arren, et pour la mienne.

L'urgence de mon échappatoire pour, sinon le prévenir, tout du moins tenter quelque chose, devient impérieuse. Malheureusement, le petit jardin zen sur lequel je végète ma réflexion est clos de palissades trop hautes et lisses pour être surmontées. A bout de solution, je descends le petit ponton sur pilotis qui surplombe les galets et me glisse au-dessous à plat-ventre et rampe sur les pierres qui impriment leur formes dans mes côtes. Employée ici depuis des siècles, je connais chaque recoin par coeur et, bien indifférente à l'idée qu'on puisse me punir d'avoir contourné les ordres (car le pari est fou tant les mises sont grandes, mais l'appât du gain infini), je parviens à rejoindre le hall par les galeries d'engawas qui me conduisent à son extérieur. J'entre, sale et trempée, et traverse l'établissement à toute hâte.

Je gravis les escaliers menant à la direction quatre à quatre, avant de me jeter sur l'énorme double-porte dorée qui garantis l'accès au bureau. Une appréhension me saisit l'échine qui déjà frissonne son froid alors que je sers les poignées à deux mains pour les forcer à s'ouvrir. Soudain, le heurtoir de la porte - une tête miniature de Yubaba, qui porte sa voix et ses réflexions pénibles - prend vie et me déblatère des sommations.

"Ca suffit mon p'tit on t'a jamais appris à toquer ou quoi ?!
- Je dois entrer !
- Les employés n'entrent pas !
- Laissez-moi entrer, on m'a demandé de venir !
- Qui ?
- ... Yubaba."


Un temps, la porte hésite.

"Ca m'étonnerait, des bobards oui ! Et on pourrait savoir pourquoi elle t'aurait envoyée, toi, empôtée comme t'as l'air d'être !
- Un client déambule dans des endroits privés, et on est plusieurs à le chercher, s'il vous plaît ouvrez-moi ..."


Ma voix chouine et je trépigne.

"Jamais de la vie !
- Imaginez qu'il soit dans le bureau, entré par le balcon, ou même le toit : si Yubaba apprend que vous m'avez interdit d'aller vérifier et qu'il arrive quelque chose, vous allez vous faire remplacer par une sonnette ..."


Un silence méfiant s'impose entre nous, et elle ne me croit toujours pas - à raison. Néanmoins, à mon plus grand bonheur, je n'ai pas besoin de continuer à négocier et à m'épuiser sur la porte. Je suis prise d'un étrange trouble qui brouille mes sens et lorsque je reprends mes esprits, me voilà sur le balcon même de Yubaba, devant Arren, au milieu d'un cercle en craie et de la pluie.

"Ca tombe à pic ..."

Je me lève avec encore un vertige et à travers la vitre me gifle un souvenir diffus qui pourtant changea ma vie à jamais. Trône devant moi, de l'autre côté de la paroi, ce bureau qui me vit signer un contrat qui me lia pour toujours et par le travail à cet endroit. Je me rappelle néanmoins l'objectif de ma venue, plus précipitée.

"Il faut absolument se mettre à l'abri, quelqu'un arrive que je vous assure qu'on ne veut pas rencontrer."

J'oublie de le tutoyer comme à mon accoutumée et bricole le verre pour nous laisser entrer dans la gueule du loup. La pièce s'encombre d'un vieux mobilier de bois massif surplombé de liasses de papiers, bibelots mystiques et objets précieux. Un feu de cheminée qui semble parti des chaufferies danse tranquillement dans son âtre et nous réchauffe du torrent rapidement. Je suis tout à fait perdue. La réponse est là. La clef est là. Je risque ma vie au paris de la regagner. Une mise immense, un gain infini. Face à l'enjeu, je suis décontenancée.

"Que cherchons-nous ?"


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Arren
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Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


Se mettre à l’abri. Très bien, Arren ne comptait pas rester sur ce balcon étroit toute la nuit. Il allait donner un coup sur la fenêtre mais les petites mains de Mao étaient si habiles qu’ils étaient déjà à l’intérieur. Le plafond était incroyablement haut, bien plus qu’on aurait pu le croire de l'extérieur : l'omniprésence des illusions. Son regard fit le tour de la salle assez rapidement, il repéra directement deux portes chacune sur le mur opposé à l’autre. Il y avait donc plusieurs sorties en cas de besoin, ce qui signifie également plusieurs pièces à fouiller. Mais que chercher ? Le lieu était luxueux et bien rangé, valait-il mieux aller directement dans les autres pièces ?

-Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’on peut trouver ici mais cherchons.

Il prit sa bague qu’il tentait de cacher depuis son arrivée et la remit à son doigt. La lumière recommença à clignoter, c’est comme si l’objet se réveillait petit à petit. Il ne voulait pas perdre une seconde et se précipita vers le bureau, il y avait tellement de papiers qui s’y entassaient qu’il était difficile de savoir par quel bout commencer. Il ouvrit le premier tiroir du meuble et s’arrêta net à l'entente d’un croassement grinçant. Un corbeau immense avec une étrange tête surplombée d’un nez humain fonçait à pique sur lui. Arren ne l’avait pas vu entrer mais il n’y avait aucun doute sur le fait que ce suppôt de Yubaba faisait office d’alarme lorsque l’on touchait aux affaires de la doyenne. Le premier réflexe d’Arren fut de saisir l’un des immenses classeurs sur le bureau pour tenter de frapper l’animal alors que celui-ci lui fonçait dessus. Il ne le toucha pas et l’animal s’envola vers l’un des coins de la salle pour reprendre son élan. Dans la hâte, le jeune homme ouvrit la sacoche à sa ceinture et plongea sa main à l'intérieur. Il n’en fallait pas plus pour en ressortir une arme coupante. Loin d’être une épée, son bras s’était tout de même changé en une étrange lame acérée et contondante. Le corbeau fut pris par surprise et Arren réussit à le blesser mais même l’aile ensanglantée celui-ci revenait à la charge. Après plusieurs aller-retours pour estropier Arren de ses longues griffes agressives, Arren réussit à le blesser suffisamment pour qu’il s’écrase sur le sol et ne tente plus de se relever. Lui-même avait reçu quelques griffures mais le volatile n’avait jamais réussi à l’atteindre assez longtemps pour lui causer des dégâts trop douloureux.
Ce n’était pas dans l’idée du magicien de le tuer, il espérait que Yubaba s’occuperait de lui dès qu’elle le retrouverait. En attendant, il avait une mission.

La bague - sur son unique main désormais - avait repris ses couleurs et traçait une ligne lumineuse vers l’une des armoires. Arren jeta un œil vers Mao et se précipita vers le meuble en question. Il l’ouvrit avec prudence : est-ce qu’un autre disciple de la vieille femme allait venir les attaquer ? Il fallait compter dessus mais il suivit les indications de sa bague.

Il n’y avait aucune étagère dans cette armoire, ni aucun vêtement, simplement une immense maison de poupée. Les yeux du jeune homme parcoururent attentivement chaque pièce de l’édifice et il comprit : c’était une maquette de l’auberge. Il tenta de comprendre comment les pièces étaient disposées, lui qui jusqu’ici n’avait jamais su se repérer dans l’établissement. Il doutait fortement de pouvoir se servir de cet agencement de bibelots comme d’une carte. Cependant, un mouvement retint son attention : des petits personnages se déplaçaient dans l’une des salles du rez-de-chaussée, c’est là que se trouvait le banquet. Il repéra chacun des enfants qui offraient toujours des boissons à leurs invités. Il tenta de repérer Yubaba, car les personnages pouvaient en effet se distinguer les uns des autres même sous cette composition. Il ne la trouva pas dans la pièce où il l’avait laissée. Arren se redressa et jeta un œil vers les étages. Il remarqua une silhouette qui le représentait dans les bureaux de Yubaba, une autre pour Mao. Cette maison aurait pu l’amuser, en effet ce n’était qu’un immense jouet représentant l’établissement que la directrice dirigeait mais il n’aimait pas cette idée. Son mal être revint et lui serra les organes. C’est pour cette raison qu’il s’était senti observé depuis son arrivée. C’est également pour ça que jusqu’ici, partout où il allait on le retrouvait. Ca devait avoir été si simple de le perdre dans l’auberge de cette manière, aucun espion n’était requis, ce monstrueux objet était suffisant.

-Mao. Étais-tu au courant de… ça ?

Il prit l’une des pièces encastrée dans l’édifice au hasard et la retira pour la lui montrer mais un bruit sourd se fit entendre et l’auberge trembla excessivement fort au point qu’Arren tomba au sol. Ensuite cette pièce lui échappa des mains et se remit d'elle-même à la place ou le jeune homme l’avait prise.

Les pensées fusaient dans son cerveau à une allure folle, il tenta de raccorder ses idées. Yubaba n’était pas avec eux en ce moment donc ce n’était pas elle qui s’était servie de la maison de poupée pour égarer Arren tout à l’heure. Deux possibilités s’offraient à eux, l’une aussi glaçante que l’autre.
Arren, toujours sur le sol, se redressa et se tourna vers Mao, un air grave sur le visage.

Soit il y avait deux maisons de poupées, soit ils n’étaient pas seuls.


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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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Nous tournons et retournons le bureau de Yubaba dans la hâte de savoir que tout peut nous surprendre et tenter de nous achever. Je peine à me saisir de ce projet à bras-le-corps, comme paralysée par ce lieu qui m'a vue naître ici sous ce nouveau nom - Mao, miaulement pénible -, incapable de profaner l'antre de la direction, une hiérarchie naturelle pesant sur mes gestes alors que pourtant je m'échinais sans broncher jusqu'ici à tenter de la renverser. C'est alors qu'entre la sentinelle de la patronne par le carreau qui s'abat violemment sur Arren, et je constate maintenant la véracité de son assertion assurée plus tôt dans la journée : lui qui m'intimait de ne pas me soucier de sa sécurité, j'observe en effet son habilité au combat. Non par couardise mais sachant que si le corbeau part baver sur mon cas à Yubaba je suis tout à fait finie, je me fais discrète dans cet affrontement où, sans arme et sans magie j'aurais été de toutes manières plutôt incapable. D'une adresse épatante, néanmoins sans facilités, le jeune homme renvoie le parasite d'où il est venu.

C'est la pression, me murmurant que je suis désormais dans le lisier jusqu'au cou, qui me décide à venir fouiller les recoins. Dans les divers tiroirs du bureau se disputent du nécessaire de calligraphie et de maquillage, de quoi fumer sa pipe allongée évidemment, quelques contrats vierges. Je détaille l'un d'eux, cherchant à comprendre d'où je viens et ce que je fais là. L'entête de l'auberge. Quelques lignes tout à fait classiques. Un grand encart où signer. Rien sur ce contrat ne prépare à ce qui nous attend ici : travail seize heures par jour, surveillance constante, menaces persistantes, et cette espèce de champ de force qui nous empêche tout bonnement de nous éloigner de l'établissement. Le bagne, la galère, les mains à récurer les bains boueux ou la friture collée. Le dos à étendre des draps trois fois grands comme nous alourdis de leur humidité, à porter du matériel sur douze étages, à lustrer les parquets à même le sol. Il doit y avoir un sous-texte magique à ce contrat que je ne peux pas lire, et en changeant notre nom Yubaba signe pour nous à ce dernier.

Ma réponse, et ma liberté - la nôtre, à tous les employés ici - doit forcément se trouver dans les contrats signés. Une large commode close fermement abrite justement des liasses de documents qui dépassent confusément de ses tiroirs. Je m'affaire à l'ouvrir, mais le broc est scellé par la magie semble-t-il, car sa fragilité n'a d'égal que sa surprenante stabilité, et malgré tout le bardas qui se déverse presque par terre, je ne parviens pas à en extirper une seule feuille ni à entrouvrir les dossiers pour y lire quoi que ce soit. C'est alors que la voix stupéfaite d'Arren me parvient et m'interrompt dans mes efforts vains.

"Etais-tu au courant ... de ça ?"

Je le rejoins et dans un grand placard vide de tout module se trouve une reproduction miniature de l'auberge. A l'intérieur, de petites poupées toutes reconnaissables fourmillent tantôt dans les cuisines, tantôt dans la salle de réception où se donne le banquet, j'y aperçois Calcifer dans la chaufferie et Kamaji toujours au labeur, et pour la première fois vois l'architecture du bâtiment en grand. Pour confirmer ce que nous pensions déjà, le jeune homme tente de déplacer une figurine - comme animée d'une raison propre, l'auberge se secoue doucement et l'individu revient à sa place, docile. Le jeune homme me regarde d'un air inquiet, toujours cloué au sol par la secousse, tandis que je comprends que je suis déjà fichue. J'ai pensé mille fois mettre le doigt sur ce qui permettait de renseigner si bien Yubaba : yeux perçants, balances, petits esprits mouchards et autres dispositifs magiques, je les ai tous imaginés. Mais je n'aurais jamais cru qu'on ne serait pour cette folle que des jouets, au sens propre du terme. Mon visage se décompose à mesure que je découvre la machination de notre condamnation.

Je le sens s'approcher et tout va très vite. Haku, enfin, achève sa ronde et rentre au bercail - il aura peut-être même été prévenu de notre présence ici. Alors que dans la nuit noire et sous les battants de pluie je ne vois qu'un point blanc, la vitesse à laquelle il grossit m'indique celle à laquelle approche la menace. De toutes manières, Yubaba saura que je suis venue, vu le dispositif - je suis condamnée. Mais Arren, lui, peut encore changer quelque chose. Une bouffée d'adrénaline m'enflamme le dos et la poitrine d'un coeur battant à tout rompre.

"Cachez-vous !"

Sans y mettre les formes, j'ouvre la porte dérobée la plus proche de nous et le pousse dans la pièce avant de la refermer sur sa surprise. J'ai à peine le temps de me retourner que le long dragon blanc perce la vitre qui rentre par éclats sous ses écailles et se pose dans la pièce d'une vigueur incroyable. Le choc et la vitesse de son arrivée sèment le chaos dans la pièce d'une large bourrasque et nous tombons nez à nez. Ses babines remontent sur des crocs immenses et ses larges yeux bleu me dévisagent pour toute menace. Je pourrais me liquéfier. Dressé sur des pattes d'orvée, sa silhouette longiligne dessine une vague élégante, comme un serpent d'eau blanc acier, surmonté là d'une crête turquoise qui achève jusqu'à sa queue d'un toupet classieux. De larges moustaches dansent avec le vent qu'il a fait entrer par l'ouverture et je frémis à l'idée qu'il me croque. Je ne me risque pas à lui mentir, pas à lui. Trop malin, trop cruel.

"Haku je suis ici pour chacun de nous. Tu n'as pas envie de quitter cet endroit ? Tu étais quelqu'un avant. J'ignore ce que Yubaba a pu te faire pour que tu deviennes aussi cruel. Mais j'ai une chance de tout arrêter."

Le tremblement impressionné de ma voix me trahit. Il s'apprête à me mordre et j'ai tout juste le temps de passer sous lui. Dérangé par l'encombrement de la pièce, si long qu'il est, il perd largement en vitesse à mon avantage. Me glissant sous son ventre donc, je me faufile à l'autre bout de la pièce. Alors qu'il s'accroche à tout le mobilier en tentant de m'atteindre, je grimpe sur la robuste commode qu'il frappe de toute sa masse. Enfin, magique ou non, elle se secoue et paraît "vomir" quelques papiers. Vole le contrat de Chihiro, la dernière arrivée ici - ses parents prisonniers de la porcherie, au menu de l'auberge ce week-end, pauvre petite. Désespérée, je saute sur sa nuque, juste derrière sa tête, ainsi qu'on tient les serpents (il nous arrive d'en cuisiner). Il se débat pour se débarrasser de moi mais, les doigts enchevêtrés dans sa crinière, les jambes enroulées autour de sa gorge, je ne cède pas. Dans notre lutte, nous forçons l'autre porte du bureau.

Celle-ci donne sur un grand hall coloré noyé de coussins. Je me figure que je suis bien mal lotie : la seule chose qui me sauvait jusque là était le manque de place. Je suis proprement foutue.

C'est alors que rugit la voix de bébé qui parfois nous vient jusque dans les étages de l'auberge. Une voix de nourrisson, mais tonitruante de décibels.


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De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


“Cachez-vous!”

Pas même un instant pour réagir et Arren se trouve dans une autre pièce. Une pièce sombre et très étroite. Un couloir même. Il était persuadé que laisser Mao toute seule n’était pas une bonne idée mais soudainement ce lieu l’intrigua. Ce long couloir débouchait sur une autre porte mais il s’arrêta avant. L’étroit couloir était meublé d’étagères étroites elles-aussi mais pourtant particulièrement encombrantes et encombrées. Ce devait être une des multiples salles des archives qui devaient exister dans le château.
Le jeune homme se mordait les doigts de ne pas avoir mieux mémorisé le plan de cet étage grâce à la maison de poupées. Il avait été trop intrigué par les petites figurines pour penser pratique. Il longea les étagères tout en lisant les petites étiquettes. La quantité de poussière lui laissait supposer que ce lieu n’était pas souvent utilisé et sans doute qu’en ces rares occasions Yubaba utilisait la magie pour retrouver les documents qui lui manquaient. Une secousse le surprit dans ses recherches ; cet Haku à qui il entendait Mao s’adresser devait être un mastodonte. Ses yeux parcouraient aussi vite que possible les rayons mais il savait que ce n’était pas suffisant et quand il entendit les deux autres se déplacer sur l’étage, il préféra se jeter au secours de Mao.

Haku était immense, au point qu’Arren eut un mouvement de recul en l’apercevant. Il n’avait jamais vu de dragon jusqu’ici. Ou du moins pas de si près. Il arrivait que plusieurs dragons frôlent les nuages au-dessus de son village lorsque l'on pouvait entendre plusieurs coups de tonnerre, mais alors ce n’était qu’un vivifiant et lointain spectacle d'électricité. En somme, c’était comme si Arren découvrait un monstre. S' il n’avait pas été son ennemi, sans doute se serait-il extasié devant la beauté du personnage mais à ce moment-là, rien de tout ça ne lui venait en tête. Le dragon ainsi que Mao étaient dans la grande salle, il referma les lourds battants derrière eux pour se mettre à l’abri du monstre.

A l’aide de sa craie, le jeune homme traça une ligne sur le sol, au niveau de l’immense porte pour la sceller complètement. Mao était coincée à l'intérieur avec la chose. Il aurait pu tenter de blesser la bête mais il avait entendu la jeune fille s’adresser à lui, Haku n’était pas un vrai dragon, il ne voulait donc pas le blesser.

Il fallait pourtant faire vite avant que Mao n’y laisse sa peau. Le magicien se précipita au niveau de la maisonnette et prit la figurine qui la représentait pour la tremper dans son sachet de poudre qui diminuait diligemment avant de la poser sur le sol à côté de lui. Il se concentra pour faire apparaître la jeune fille. Si tout se passait comme prévu, les deux entités représentant une seule et même personne devaient échanger leur place. Ainsi, Haku se retrouverait à se battre avec une statuette de bois.

Rien n’était moins sûr que ce sort fonctionnerait mais il se dirigea tout de même à nouveau vers la pièce dans laquelle Mao l’avait poussé précédemment. Il n’avait pas vérifié sa bague mais il la sentait toute chaude. Il ne trouverait pas ce qu’il cherchait ici mais il découvrirait quelque chose, c’en était certain.

Ses yeux se déplaçaient d’un hiragana à l’autre, il avait compris que beaucoup des papiers présents ici étaient des contrats que la patronne de l’établissement avait passé avec ses désormais sujets, c’est pourquoi il cherchait le “ha”. Sa bague ressentait le volume puissant de magie condensé dans cette pièce, si il déchirait le contrat de Haku, peut-être étaient-ils tirés d'affaires.

Seulement ses yeux rencontrèrent d’abord le “ma”. Et d’un instant à l’autre il allait se retrouver avec le contrat de son alliée dans les mains. Il le parcourrait rapidement des yeux et le déchirerait de manière impulsive.
Évidemment, ce n’était pas à lui de prendre cette décision. Il était certain que si Yubaba arrivait à mettre la patte sur Mao, cette dernière allait mourir. Personne ne pouvait prévoir de quelle manière car la cruauté de la sorcière était visible dans son ingéniosité à tuer. Qu’elle finisse en jouet immobile pour son immense bébé, en porc servit ensuite à un client spumescent ou fantomatique, ou même étouffée dans les vapeurs fétides des bas fond de l’auberge, ça ne changeait rien. Elle allait souffrir dans tous les cas. Pourtant tout ça Arren ne le savait pas, il était pressé et toute une réflexion sur le futur de Mao était trop ambitieuse pour lui en cet instant, d’autant plus qu’il connaissait si peu de chose de cette auberge finalement - la maison de poupées laissait présager que même les habitués ne devaient pas en connaître la moitié  alors lui qui n’était arrivé que récemment ?
Pourtant, Arren avait rapidement compris que Mao vivait un mensonge et qu’elle en était consciente. Elle ne lui avait pas dit son vrai prénom et il le connaissait enfin, il était inscrit sur le précieux papier qu’il tenait dans ses mains. Il fallait rompre le sortilège qui la tenait prisonnière depuis des années et lui rendre ses souvenirs. Il y avait une date également. La date de signature du contrat. Si Mao la voyait, elle aurait le tournis ou la nausée. Le sortilège n’était scellé que par ce document et Arren voudrait sans aucun doute le dilacérer.
Peut-être allait-elle l’arrêter avant, peut-être était-elle encore dans l’autre pièce avec l’immense dragon, ce qui voulait dire que le sort n’aurait pas fonctionné. Quoi qu’il en soit, Arren allait découvrir que Mao n’était pas chez elle ici et surtout, elle n’était pas elle-même.


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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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Haku se débat, ignorant les cris stridents de l'énorme bambin dérangé sous ses coussins. Cet enfant est une énigme : bébé de Yubaba, j'ai du mal à imaginer la sorcière l'avoir mis au monde tout autant qu'elle l'aurait adopté. Ce sont des considérations pour plus tard. Cramponnée, je ne laisse pas le dragon se débarrasser de moi, mais il se met à bondir, et se rue vers le plafond que je vois approcher trop vite pour réagir. Je réalise que je vais mourir, là, écrasée entre ce démon et le vitrail, dans une violence inouïe qui percutera chacun de mes organes et les décollera de leurs plastrons, dans un effort vain de conjurer l'enfer du travail forcé.

Et puis, non.

Je disparais avant que je ne touche ma finalité. Un trouble me saisit le crâne, entre les deux yeux, la terre vrille sous moi, j'entends un son de marée confusément et ferme les yeux. Lorsque je les rouvre, je suis de retour dans le bureau, un vertige saisissant dans les tempes, sauve. Dans l'autre pièce, j'entends Haku qui perce le plafond et, peut-être se réjouissant de m'avoir fait payer la trahison au prix de la vie, ne semble pas revenir. J'ai besoin d'un moment pour m'ancrer au sol et dans la réalité puis me lève et c'est à Arren que s'anime ma pensée - je devine, à la craie, qu'il est la raison pour laquelle je suis toujours vivante et m'apprête à le remercier. J'entre dans la pièce pour l'y rejoindre et suis assaillie de poussière. Il est debout un dossier en main, l'air hésitant, précipité.

"Qu'est-ce ?"

Le rejoignant à pas de loup devant son trouble manifeste, j'observe par-dessus son épaule qu'il tient un contrat précis entre ses doigts. Ce contrat, c'est le miens. Je me liquéfie. Une suée violente descend mon échine et coule dans mes reins engourdis, mes ongles donnent l'impression de se décoller tant ils brûlent, ma respiration saccade son étonnement. Ce que je suis, ce que je fais ici, et la clef de ma liberté se trouvent sur ce papier. La fin de l'esclavage. Un sens à l'existence. Tout cela tient dans la finesse d'un papier. Sans plus de politesse aucune, j'arrache la feuille des mains d'Arren, la consulte à toute vitesse.

"... j'ai signé ce contrat il y a plus de 700 ans ..."

Je lève des yeux suppliants vers lui. Je ne me rappelle pas même ma signature. 754 ans que je trime ici exactement. Et un nom qui n'a jamais été le miens. Ce nom. Maoko. C'est le miens. C'est le miens ? Je m'apprête à déchirer la feuille dans une protestation virulente, chassant mon calme maintenu, mais à peine ai-je écorché le haut du contrat qu'une large entaille me saisit l'avant-bras et m'arrête dans mon mouvement. Alors que le sang ruisselle, pulsant fort mon retournement, je jette une nouvelle fois un regard de chien battu à Arren. Ma personne physique, mon contrat et la figurine sont parfaitement liés, l'un agit sur l'autre comme du vaudou. Quoi que je fasse, je suis fichue. Mes lèvres tremblent sur mon désespoir.

"Vous pourriez briser ce sort, dîtes ? ... je vous en prie, dites-moi que vous le pouvez."

Mon timbre se meurt dans ma supplique - au fond de moi, je suis sceptique. J'ignore si la craie peut effacer les malédictions millénaires. Mais un mage a bien dû apposer cette malédiction, et ça ne peut être Yubaba - moi-même non mage, je réalise au combien l'entreprise est immense, un tissage si puissant pour chacun des employés. La patronne n'en n'aurait pas été capable.

"Il doit bien y avoir une solution, quelqu'un qui pourra défaire cette horreur."

Hors de question que je reste ici.


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Arren
Tribu des Egao.
Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


La vue du sang sur le bras de la jeune fille tordit le ventre d’Arren. La situation lui semblait abominable et elle l’était ; plus il prendrait le temps d’y réfléchir et plus abominable elle le deviendrait. Peut-être pouvait-il faire quelque chose mais il devait réfléchir et l’immense dragon continuait de se contorsionner dans la pièce d’à côté faisant ainsi trembler toute la structure du château. Il aurait voulu emmener Mao loin de cette auberge ambulante pour qu’elle se calme, qu’il puisse reprendre ses esprits et qu’ils élaborent un plan ; mais si celle-ci était sous contrat, elle ne pourrait jamais s’échapper. Il lui serait impossible d’annuler le contrat, peut-être pourrait-il briser son lien avec Mao ? Mais maintenant que le contrat existait, il était comme un concept vivant, on ne pouvait pas simplement le détruire ou supprimer le lien qui l’unissait à son garant. S’il faisait cela, il risquait de ne séparer qu’une partie de Mao de celui-ci, que resterait-il de l’autre ? Une autre idée lui venait : était-il possible de modifier les clauses du contrat ou d’en rajouter une annexe ?
Ce n’était pas un type de magie qu’Arren avait vu pendant son apprentissage, ça s’éloignait tellement de ses incantations de guérison ou ses maléfices de déplacement. Il passa sa main dans sa poche de poudre et traça du doigt un idéogramme sur l’épaule de Mao. C’était loin de ce qui était attendu de sa part mais c’était tout ce qu’il pouvait faire pour l’instant. Le sang s’arrêta de couler du bras de Mao et la plaie sembla doucement se refermer, tout comme la déchirure du contrat.

- Yubaba va bientôt arriver mais je te promets que je ne la laisserai pas te faire de mal. Elle n’est pas assez forte pour tout ça.

Le mieux pour le moment était de ranger le contrat et surtout de ne pas le laisser ici. Cette salle des archives était si grande : Mao n’était pas la seule à avoir besoin d’aide. Il se dirigea vers la porte au fond de la salle, celle qu’il avait vu en arrivant mais qu’il n’avait pas encore ouverte. Elle était très petite, il devrait se pencher pour la traversée. La poignée de la porte était décorée de plusieurs couleurs différentes. La porte en face de lui paraissait toute simple, c’était possiblement un placard mais ce qui l’interpelait était le fait qu’il ne l’ait pas vu dans la maison de poupée. La maisonnette et l’auberge étaient deux exemplaires d’un seul bâtiment, si l’un était modifié, le deuxième l’était également. Le contrat comme l'auberge avaient leurs doubles, comme si tout ici était lié à quelque chose ou existait en plusieurs exemplaires. Et si le fait de rester ici aboutissait aussi à une multiplication pour Arren ?
La porte qui se dressait devant lui avait dû être ajoutée après, elle ne faisait pas partie du complexe original. Il était toujours possible de revenir par là où ils étaient venus pour s’échapper mais ils seraient bientôt à la merci de Yubaba. Il aurait voulu trouver une faiblesse de sa part, quelque chose qui aurait pu renverser la situation mais à part la découverte des contrats, il n’y avait que le bébé géant qui pour l’instant devait s’extasier sur les écailles argentées et vives de Haku.

- Je n'ai bientôt plus de craie.


La situation se corsait. Une pensée lui vint furtivement à l’esprit. Il pourrait tuer Yubaba. C’était quelque chose de facile, il s’était souvent entraîné à se battre avec son frère et même si celui-ci était plus fort que lui, Arren avait déjà tué. Si supprimer la tête de cette gigantesque usine pouvait terminer les problèmes des employés, Arren était persuadé que ce n’était pas ce qu’on attendait de lui. De même, il ne serait pas le grand libérateur de toutes les personnes liées à ces contrats. Terminer ses épreuves pour valider sa quête de magicien ne signifiait pas qu’il deviendrait le messie de toute la classe ouvrière de l’auberge ; penser ça, c’était le surestimer. Cela n’empêchait pas le fait qu’il voulait aider ces gens et en particulier Mao.

Le jeune homme se tourna vers sa partenaire et retira sa bague. Il lui prit son contrat des mains et lui tendit sa bague à la place. Il était impossible de prévoir comment celle-ci réagirait à un autre doigt que le sien, allait-elle indiquer le chemin que doit suivre Mao pour aider Arren dans sa quête ou allait-elle indiquer à celle-ci dans quelle direction aller pour résoudre la sienne ? Quoi qu’il en soit, les deux étaient forcément liées. Le geste du futur mage n’avait rien de romantique mais il était très solennel ; s’il perdait ce bijou, sa quête se trouverait compromise.

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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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Arren tente de me rassurer tant bien que mal, mais je ne peux m'empêcher de sentir mes tripes se serrer sur le caractère irréversible de ce qui m'enchaîne. La poudre ferme la blessure de mon bras mais pourtant elle demeure béante en moi.

"Yubaba va bientôt arriver mais je te promets que je ne la laisserai pas te faire de mal. Elle n’est pas assez forte pour tout ça."

Il a raison, nous avons assez traîné - au passage, ses mots me confortent. Il se sait que nous sommes ici, les murs parlent et les bruits courent alors même que tous les ouvriers sont dans l'émulsion de retrouver l'invité fugitif et sa complice présumée. S'il se faisait capturer, Arren finirait probablement employé ici, amnésique et prisonnier comme je le suis, manipulé ainsi qu'Haku que je ne peux me résoudre à imaginer si féroce de nature. Tout fait sens pour chacun d'entre nous : pourquoi nous n'avons pas de souvenirs d'avant, ou des mémoires incohérentes auxquelles nous ne pouvons faire confiance ; pourquoi nous nous acharnons au travail sans objectif, sans explication, sans idée même de révolte ; pourquoi nos identités disparaissent chaque jour un peu plus entre ces murs mobiles, au fil d'un travail rude mais correct que nous subissons pourtant comme un bagne. La magie de cet endroit nous grignote et lorsqu'il ne reste plus rien de nous ou que nous manifestons une quelconque opposition, nous finissons transformés en nourriture, revalorisés en mobilier ou liquéfiés en produits d'entretien - rien ne se perd, rien ne se crée, tout se commercialise.

"Je n'ai bientôt plus de craie."

L'urgence frappe à nos portes comme mon comparse s'approche de celle au fond de la salle à la poignée bariolée. Cette ouverture n'apparaissant pas sur la miniature de l'auberge, j'ignore ce que ma sortie impliquerait - serais-je maintenue ici par un lien serré en plein dans l'âme comme pour les portes principales ? Ou alors je disparaîtrais totalement, anéantie ? Je ne sais même pas si je peux encore exister au dehors : les gens de ma vie d'avant vivent-ils toujours ? Qui sont-ils ? Est-ce ainsi que je n'avais jamais existé ou se souviennent-ils de moi ? Ce chamboulement perpétuel accompagne naturellement la réalisation des mécaniques de cet endroit, mais je décide d'évacuer mes questions : nous sommes en danger et il s'agit pour nous de nous sortir de là en premier lieu.

Arren me tend le bijou presque à l'origine de tout, qui avait suscité l'intérêt malveillant de mes collègues comme ma sympathie, qui avait fait de lui cet être spécial qui dénoue aujourd'hui les tréfonds de ce lieu, la bague dont la lueur résonnait en moi ainsi le soleil dont je rêve chaque nuit. Il faudrait être stupide pour ne pas réaliser l'importance qu'un tel artéfact peut avoir, sa force magique, et son potentiel de résolution. Je la considère un instant dans ma main mais ne l'enfilant pas, elle demeure dormante.

"Je ne peux pas accepter ..."

Avant qu'il ne puisse insister, la double porte d'entrée du bureau s'ouvre avec fracas. Dans la hâte, je niche le bijou dans une poche intérieure de mon habit de travail, à l'abri des regards (tant qu'elle ne brille pas), et sors intercepter l'intrusion avant qu'on ne puisse tomber sur Arren - il faut absolument qu'il demeure libre de cet endroit, pour lui, et pour moi disons-le. Je l'abandonne donc à la complexité de la porte et rejoins à la hâte le bureau pour tomber nez à nez avec Yubaba. A ma vue, tout son être se congestionne de colère, ses cheveux sortent de son chignon serré pour se dresser sur sa tête et sa robe bouffante la grossit davantage encore. Elle fond sur moi et nos fronts se touchent - mais elle ne m'intimide pas, et je tiens bon en soutenant son regard exorbité. La sorcière rugit plus qu'elle ne parle devant mon flagrant défi d'autorité.

"Que fais-tu là ?! Cet endroit est interdit, je sais ce que tu fais !! Où est le garçon - je ne sens plus sa magie !"

Un temps de latence dans son visage, elle renifle avec application par ses narines béantes.

"... mais, mais ... Mais je sens de la magie ! ... elle vient de ... de toi ..."

C'est la bague qu'elle repère, ou peut-être le sortilège de craie, mais elle appose impudiquement son nez sur mon crâne, dans mes cheveux, elle hume mon visage tordu de dégoût et achève à mon buste où est lové le bijou. Elle se recule de colère.

"Tu as l'objet magique ! Tu as tué le client ou je rêve ?! Où est-il ? Que veux-tu faire ?!"

Elle s'apprête à me lancer un sort, je ne sais lequel, mais le sortilège d'Arren ou sa bague - je l'ignore - agissent comme un bouclier qui rendent ses simagrées inutiles.

"Comment ?!"

Elle est proprement hors d'elle et me saisit le poignet avec violence, plantant ses ongles crochus peinturlurés dans ma peau - me sachant foutue pour de bon, je riposte enfin à cet énième mauvais traitement d'une gifle qui retourne l'énormité de sa tête. Elle s'apprête probablement à me tuer au moment où de l'autre double-porte craque sur son massif bébé jouant avec Haku comme un enfant avec un lézard. Voyant la double-menace sur son enfant et sur son bras droit, elle hésite une fraction de seconde entre me régler mon compte ou séparer ses deux protégés, et finit par me lâcher pour accourir les calmer. Je ne demande pas mon reste et me précipite à la porte qu'Arren étudiait, désormais ouverte, avant de m'y jeter sans y réfléchir davantage.


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Arren
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Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


Arren observa Mao se saisir de la bague et sortir de la pièce à la rencontre de la malfaisante tête grimaçante, il mit un instant pour reprendre ses esprits. L’entretien entre l’antagoniste et son amie fut très court, si bien que quelques instants plus tard, celle-ci le surprit en revenant vers lui en courant jusqu’à se jeter sur la porte au fond de la pièce. Ce passage l’intriguait fortement, il était possible qu’elle ne mène sur rien d’autre que sur un ossuaire des victimes de la vieille Yubaba mais quoi qu’il en soit, il allait suivre Mao. Il se dégageait une forte énergie magique de cette pièce et le style de la porte laissait à penser qu’elle n’appartenait pas à l’auberge mais qu’elle y avait été placée, volée de son lieu originel. Il était impossible de voir Mao sur le pas de la porte car un voile sombre interdisait l’accès au regard.
Arren prit le peu de craie qu’il lui restait et le posa sur sa paume avant de le souffler en direction de la pièce principale du bureau. Il se précipita ensuite en direction de la porte et sauta dans le nuage noir et humide. La densité de l’air lui secoua la poitrine et lui coupa la respiration quelques instants, jusqu’à sa chute et sa collision avec le sol.

Il se redressa et une grosse quinte de toux lui prit les poumons, il toussa à en avoir les larmes aux yeux.
Le jeune homme ne voyait pas très loin autour de lui, l’épais brouillard noir ne s’était pas estompé. Après quelques minutes, il s’habitua à voir dans cet univers au filtre obscur et sa respiration s’accorda avec l’air moite qui l’entourait. Il resta en état d’inertie pendant plusieurs minutes et tenta de comprendre où il était.
La nature qui l’entourait semblait belle et luxuriante, il aurait pu l’apprécier sans cette étrange atmosphère de laquelle elle était accompagnée. De grands prés verts, un lac un peu plus loin, des fleurs sans doute très colorées mais qui en cet instant avait un aspect des plus étranges.
Un grincement alerta ses sens et Arren aperçut l’auberge ambulante se diriger dans sa direction, elle était pourtant très différente. Il y avait davantage de fenêtres de différentes tailles, la symétrie des balcons qu’y avait apportée Yubaba était complètement inexistante mais un hamac était accroché à l’un d’eux. La porte du château s’ouvrit d’un coup et un petit chien roux courut vers l'extérieur avec une cordelette dans la gueule. Un adolescent le poursuivait et se saisit de la corde pour l’accrocher à un piquet et y suspendre le linge.
Arren ressenti le besoin de se cacher, bien que le jeune homme semblait inoffensif, le magicien savait que tout cela n’était pas vrai. Il se précipita le long de la pente afin de farder sa présence alors qu’une autre silhouette sortit du château. Une femme entre deux âges et un homme qui semblait de quelques années plus jeune arrivèrent en se tenant par le bras. La scène aurait pu être très belle si l’obscurité n’altérait pas la vue d’Arren, cependant les personnages de ce petit théâtre ne semblaient pas s’en soucier ni même s’en apercevoir. La femme avait les cheveux argentés, presque blancs, et tenait son ventre arrondi. Elle portait une bague à chacun de ses doigts, des bagues qu’Arren reconnut immédiatement. Son visage n’était pas ridé ni déformé par la cruauté, il semblait paisible et heureux.
Le jeune homme à ses côtés la regardait avec beaucoup de bienveillance. Arren se demanda où il était désormais. Était-ce la perte de son compagnon qui avait rendu Yubaba aussi aigrie ? Celui-ci commença à courir vers le plus jeune pour l’aider avec sa corbeille de tissu. En s’avançant plus près, ses yeux se posèrent sur Arren et il fronça les sourcils alors que ce monde déjà mouillé semblait désormais fondre autour de Arren. La vision s’éteint alors que le magicien était à nouveau sur le sol, une nouvelle quinte de toux le pris mais l’air était bien plus respirable en ce lieu.
Il était conscient d’être entré dans le souvenir de quelqu’un mais l’illusion qu’il avait vécu semblait montrer un souvenir amer alors que celui-ci paraissait beau. Avait-il manqué une partie de la séquence du fait que l’un des personnages l’ait découvert ? Celui-ci l’avait vu, comme si Arren était bel et bien retourné dans le passé.
Il se trouvait désormais à l’entrée de l’auberge mais personne n’était autour de lui. Il n’entendait pas un bruit comme si tous les clients avaient déserté les lieux. Yubaba devait s’être aperçu de sa présence grâce à la maison de poupées mais personne n’était venu à sa rencontre pour le moment.

Mao n’était toujours pas là.

L’auberge se mis soudainement à trembler et un nombre énorme de décibels retentit, traduit par le cri d’un enfant. Etait-ce l’enfant qui était dans le ventre de la femme de la vision ? Était-ce le même contre lequel s’était battu Haku ?
Arren était-il toujours dans le passé ? L’absence de brouillard ébène lui laissait entendre que non mais tous ses repères l’avaient quitté.

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_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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Spoiler:
 
Je passe la porte qui devient notre seule issue mais ne sens pas Arren me talonner. Une épaisse fumée anthracite obstrue ma vue de l'autre côté mais curieusement elle n'agresse pas mes bronches - au loin luit la lumière fade d'un feu nourri. En l'absence de repères, je me dirige vers elle jusqu'à l'approcher suffisamment pour la discerner dans l'opacité ambiante.

"... Cifer ?"

Je reconnais le feu aux yeux arrondis et remarque au four qui l'enserre que je me trouve dans la chaufferie - mais il n'y a pas Kamaji ni les petites boules de suies pour l'alimenter ... Il brûle pourtant, d'un air affable et les yeux dévastés, lui qui portait toujours ce tempérament ardent (pour ainsi dire). Je réessaie plus fort.

"Cifer !"

Il s'effraie et geint pour qu'on ne lui fasse plus de mal devant mon incompréhension totale, il me dévisage et ne cesse de trembler, de lourdes flammèches se détachant de lui pour se perdre dans le brouillard qu'il recrache : il ne me reconnaît pas et proteste enfin.

"Mon nom, Calcifer ! Calcifer !"

Je le sonde toute aussi perdue que lui puis saisit enfin le spectacle : Cifer n'a pas toujours été dans l'auberge, pas plus qu'il n'ait été la confection élémentaire de Yubaba ou l'un de ses sous-fifres magiciens. Comme moi, il a été piégé. Comme moi, il a signé le contrat qui lui a fait perdre son nom et auquel il se raccroche encore pour survivre. Kamaji n'a pas encore été employé, peut-être même que l'auberge n'a pas encore ouvert, je suis dans un rêve ou dans le passé.

Cela signifie que je ne suis pas encore engagée non plus. Peut-être pourrais-je fuir, demeurer dans le passé, reprendre ma vie là où elle avait été abandonnée, oublier l'auberge, être une personne. Plus une pair de bras. Plus la larbine prisonnière d'une sorcière bouffie d'envie. Je pourrais juste tourner le dos à Cifer et laisser le monde se débrouiller avec lui-même, passer la porte de la chaufferie, arpenter les routes - n'importe lesquelles pourvu qu'elles ne soient pas murées. Humer l'émeraude des forêt allongée en leur centre, et cesser de les languir d'un air absent.

Tourner les talons. C'en serait fini.

... Et pourtant. Je ne peux me résigner à abandonner Cifer - Calcifer. C'est lui l'épicentre de l'auberge, celui qui la meut, qui la chauffe, qui ronronne le fumet de l'eau des bains, qui donne le change aux cuisines, c'est l'âme de nos murs. Peut-être que le libérer libèrerait l'endroit tout à fait. Et alors une issue salvatrice pour moi et tous les autres. La bague d'Arren scintille soudain dans mon kimono de travail - Arren ... A-t-il réussi à échapper à Yubaba ? Je ne l'ai pas vu s'engouffrer à ma suite mais qu'aurait-il fait sinon passer lui aussi cette porte inconnue pour fuir le danger ? Il faut le retrouver.

"Calcifer, dis-je. Je connais ton vrai nom maintenant. Je reviendrai te délivrer."

Navigant avec peine dans le brouillard infâme et sous les plaintes terrifiées du feu inquiet d'être seul, je quitte la chaufferie.

*

Au-delà de la porte de la chaufferie ne se tiennent plus comme à l'habituelle les dangereux escaliers de service qui serpentent toute la façade de l'auberge ; au lieu de ça le brouillard se prolonge dans mon dos et m'immerge dans ce que je crois être un nouveau souvenir de l'établissement : je suis désormais dans le hall qui cette fois est occupé par les employés, quelques clients, et le va-et-vient classique des jours chargés. Je me tiens au milieu de tout ce monde et pourtant personne ne me remarque. Que fais-je ici ?

J'ai une réponse assez prompte. De la double-porte d'entrée débaroule une créature que je n'avais jamais vue jusqu'alors : elle décline une forme humanoïde mais semble faite de végétations, sa chevelure comme autant de feuilles d'olivier et ses membres des troncs de bois vert légers et souples. Sa chair est un lichen jauni qui plonge son visage dans une sorte de lueur estivale, mais de toutes parts coule sur elle une sève qui a l'air de la rendre douloureuse - est-ce son sang ? Elle est en effet blessée puisqu'elle se traîne difficilement sur le sol, ayant arraché les portes de leurs gonds comme on se réfugie de la mort, et ses yeux en billes topaze ne trompent pas sur sa torpeur. Je crois savoir que c'est un esprit des forêts.

Quelqu'un l'approche et elle s'accroche avec véhémence à ses vêtements lançant sa supplique d'une voix déchirée de désespoir.

"Ils ont tout détruit, les Hommes sont venus dans nos forêts, ils ont tué le Faiseur de Montagnes ! Nous nous sommes battus si forts, pourtant tout est fini ..."

Ne sachant que faire d'elle, on l'amène en direction du bureau de la patronne et puisque je suis vraisemblablement imperceptible, je les suis. Mais lorsque je précède les employés et l'esprit dans la pièce, ce n'est pas sur le bureau de la direction que la porte s'ouvre - au lieu de cela, je suis dans une vallée au sol goudronneux, ciel d'orage et bourrasques violentes de vent. Dans la nasse noire qui dégouline sur les reliefs se tient un jeune homme dont on ne voit que le visage tant il est recouvert de pâte sombre. Difficilement et les pieds pris dans les flaques, je l'approche.

"L'esprit. C'est toi."

Une lumière violente tombe soudain du ciel. Un flash solaire, puissant et qui m'éblouit dans tout ce ciel noir.

*

Je m'éveille dans le dortoir du personnel de l'auberge et je suis seule - c'est le matin.


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