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 Une fenêtre s'ouvre sur une aube inconnue | Elonie

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7ei5.pngMise en Situation


Une fenêtre s'ouvre sur une aube inconnue | Elonie Watercolor-painting-of-sunflower-summer-sunset-landscape-with-bl-matthew-gibson

Une auberge pour tous, et qui s'ouvre en son entrée sur n'importe quel endroit - de quoi faire rêver. Pour y séjourner, paradis terrestre ; "Le client est roi!" voilà la devise, chacun est tout à son soin dans les cuisines, dans les bains, dans les chambres. Un refuge, que dis-je un foyer pour tous ceux qui peuvent régler la note, peu importe le moyen de paiement. Or ou bénédiction divine ? Protection yokai ou trésors de valeurs ? C'est égal, bienvenue.

Mais si vous avez une dette, ô si vous avez une dette - et on vous trouvera quelque chose à rembourser ... Abandonnez tout espoir vous qui signez au bas du contrat. Un seul moyen de négocier pour éviter d'être changé en bête : le travail. Perdus votre prénom, votre identité, vos souvenirs, une fois que vous signez, vous n'existez qu'en paire de bras pour l'établissement. Votre vie est ici, au service de la clientèle dont vous faisiez peut-être partie - quelle importance, vous ne vous rappelez rien. Chaque jour le hall de l'auberge s'ouvre sur de nouveaux horizons et jamais vous ne pourrez quitter les lieux. De toutes manières, pour aller où, si on ne sait plus d'où on vient ?

Contexte original : un mix des oeuvres de Ghibli.


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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


Anonyme :copyright: Ilya Kuvshinov'


Toujours ce même rêve. Le soleil bien face à moi, ardent, impérieux, royal. Il me toise de son feu et m'accueille tout à la fois dans ses larges raies lumineuses. Une voix dans mes tripes et non dans mes oreilles - que dit-elle ? Bon sang mais que dit-elle ?

J'ouvre les yeux. Toujours la première éveillée, extirpée de mes songes par l'aube doucereuse qui pénètre le dortoir par le minuscule balcon - trop petit vu le nombre d'ouvrières, largement suffisant étant donné le peu de pauses que l'on s'accorde. Orbe jaune, astre du jour, salvateur qui dans mes rêves me vient en visite - ô si seulement tu pouvais me causer au petit matin lorsque nous sommes les seuls conscients. La nuit, tu sais, je ne te comprends pas ...

Je pousse du coude mes camarades endormies pour les réveiller ainsi que l'exige la tradition ; elles en font de même, et ainsi de suite jusqu'à ce que tout le dortoir se mette en mouvement. Je plie mon futon et le range, arrive aux douches avant mes collègues, m'apprête à attaquer la journée de travail en remontant négligemment mes larges boucles blondes. En descendant pour pointer au tableau, je croise les filles du poste de nuit qui s'en vont dormir - elles traînent douloureusement leurs pieds, broyées par l'étau du travail sans fin. En a-t-il toujours été comme cela de nos vies ? Je les salue, elles ne captent pas. C'est normal.

Ce matin je suis en cuisines. Je prépare le petit déjeuner des clients et du personnel avec quelques autres filles. Il n'y a pas que les femmes qui travaillent ici, mais les hommes occupent des postes différents - contremaîtres, accueil des clients, surveillance, intendance. Nulle tâche qui salisse les mains et brise le dos - sauf pour Kamaji au feu qui ne s'arrête jamais. Je soupçonne Yubaba, la gérante, d'haïr la gent féminine. Je ravale l'injustice en préparant des litres de soupe miso - c'est ainsi et pas autrement, quoi qu'il en soit. Personne n'a rien à dire en ce bas lieu, sous peine de se faire transformer en animal et pourquoi pas mangé pour le dîner. Avec mes bouclettes, je serais probablement du mouton en sauce. J'achève la cuisson de kilos de riz et nous dressons des plateaux - formule traditionnelle du ryokan avec riz à l'oeuf, soupe miso, un peu de saumon, du tofu et du thé.

Bientôt nous ouvrirons la grande porte - ce sera l'heure de départs et d'arrivée de clientèle. Tous les mêmes à nos yeux : des têtes à contenter pour préserver notre job, et par là même notre vie. Je n'ose pas même dire ce qui est arrivé à ceux qui ont tenté de s'échapper. Mais bon, on a à manger et un toit, une certaine sororité, c'est suffisant pour s'estimer heureux.



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Elonie
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Arren
Tribu des Egao.
Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


Les paupières d’Arren papillonnaient encore alors qu’il tentait d’adapter ses yeux aux rayons du soleil. Il avait dormi dehors cette nuit et ce n’était pas plus mal. A vrai dire, les températures étaient idéales et il ne cherchait pas le confort absolu. Plusieurs feuilles les unes sur les autres lui avaient formé un matelas des plus agréables, ainsi sa nuit fut courte mais suffisante. Ces feuilles pouvaient s'apparenter à des feuilles de bananiers mais personne n’était dans le coin pour l’informer sur ces fruits étranges, des prunes de la taille de ses deux poings réunis. Il en avait fait du chemin depuis le début de son parcours et le paysage ne ressemblait plus en rien à ce qu’il connaissait. Mais après tout, avant ce voyage, que connaissait-il vraiment ?

Le jeune homme aurait bien dormi plus longtemps mais des bruits étranges l’avaient réveillé. Un tas de bruit, tous différents les uns des autres. Le vent devait s’engouffrer entre plusieurs plaques de métal, plusieurs panneaux de bois devaient s’entrechoquer et des vibrations dans le sol remuaient le pays dans son entièreté. C’était un vacarme des plus impressionnants mais étonnamment, ce n’était pas aussi désagréable qu’on aurait pu le soupçonner.

Une fois mieux réveillé, Arren observa autour de lui pour apercevoir l’auteur de ce crime sonore mais ce qu’il vit était indescriptible. Un bazar ambulant. Une sorte de monstre mécanique avec des pattes de métal et des yeux dans la façade, une toiture alambiquée et des tours de chaque côté. En regardant plusieurs fois, on pouvait distinguer des balcons, des cheminées. Ce n’était pas une maison, on aurait dit tout un quartier accroché à un même édifice mouvant. Rien de ce qu’il avait vu jusqu’ici n’était aussi impressionnant.

Toutes ses affaires réunies, il était prêt à partir. Un regard vers sa main créa un sourire sur son visage. C’est là-bas que se trouvait sa quête. Après des semaines entières à se déplacer de plaines en plaines, de vallées en monts, il comprenait enfin où ce signal le menait. Le rayon lumineux sorti du cristal de sa bague lui indiquait clairement ce château ambulant et délirant. Son sourire lui faisait presque mal aux joues alors qu’il courait vers le bâtiment qui s’échappait. Il se jetait à sa poursuite et le talonnait jusqu’à ne plus avoir de souffle quand ce monument presque anthropomorphe s’arrêta dans un concert de métal.
Les pattes de la chose ralentirent et se posèrent au sol, comme un chien fatigué.

De gros tuyaux sortirent par le bas accompagnés de plusieurs individus pour finir plongés dans le petit lac qui s’étendait vers l’ouest. Sans doute les habitants de cette ville mouvante avait-il besoin de recharger leurs provisions en eau.
Mais à cet instant précis, ce n’était pas ce cortège pourtant très intéressant qui avait retenu l’attention du magicien mais l’arrière du château. Ce côté était bien plus à sa portée et présentait une entrée. C’en était presque ridicule de trouver une simple porte sous le monstre, entre ses deux pattes arrières. Il y avait là un perron de quelques marches et une porte en haut. Elle était plutôt simple mais la poignée était ornée de petites gravures. Arren se jeta dessus, de peur que l’édifice se remette en marche et disparaisse par sa vitesse.

Un coup d’œil vers le bas lui permit de voir que le rayon lumineux désignait toujours cette porte. Il entra.

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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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"Mao !! Réception, dépêche-toi !"
Je suis en plein milieu du débarassage du petit-déjeuner que la voix infâme d'Aogaeru résonne, nasillarde, depuis le hall de réception. Cet homme crapaud insupportable est un genre de manager avide et cupide qui paraît être le seul à son aise ici - commander les autres et profiter de petits avantages en l'échange de caftages en bonne et dûe forme lui réussit plutôt bien. Cette fois, je suis heureuse de l'entendre vociférer. La réception c'est quitte ou double selon le client qu'on installe, mais globalement c'est préférable à toute tâche ménagère qu'on a ici. C'est la première étape de la machination infernale de Yubaba. L'individu sait combien la prestation standard coûte, mais jamais qu'on ajoute des tas d'options inavouées pour faire gonfler le prix - s'il peut payer tant mieux, sinon il est recruté ici ad vitam aeternam. Je ne sais pas si c'est ce qui m'est arrivé. Je ne sais plus ce qui m'est arrivé. Personne, ici, ne sait rien.

Je rejoins le hall d'entrée : un large vestibule qui donne sur les couloirs, sortes de balcons intérieurs de toutes les chambres en une hauteur vertigineuse. Parquet acajou et poutres façon "torii" rouges, lumières châtoyantes, petit bureau d'accueil bien maîgrichon bleu roi flanqué d'une tenture aux symboles de notre auberge. Derrière ledit comptoir, Nabe enregistre la clientèle dans un carnet d'épaisseur biblique, gardien des clefs. Un homme ici, ainsi donc combo gagnant : il tient un poste planqué et il se permet d'être imbuvable avec les filles. Ils sont convaincus d'être nos supérieurs hiérarchiques - c'est un peu vrai j'imagine - sans se rendre compte que ce sont nous qui font tourner la maison. On a appris à les ignorer, il vaut mieux pour conserver son énergie.

"Lynn est descendue chez Kamaji, tonne Aogaeru. Calcifer est bougon et Kamaji n'arrive pas à le motiver. S'il continue on va manquer de chauffage, ou d'eau chaude, ou des deux ! Et comment cuisiner sans feu ? Ohlalalala ..."

Il m'arrache mon tablier de cuisine sale et s'éclipse dans un mouvement de panique, répétant élucubrations catastrophées. Calcifer est un démon, une large flamme entretenue par Kamaji le vieil homme araignée - capricieux, il n'en n'est pas moins éminament important : sans lui, rien ne tourne ici. Lynn est une collègue, que je remplace donc à ce poste, qui saura lui secouer les prunes. Bien moins enveloppante que moi, son caractère n'a d'égal que sa droiture.

La porte s'ouvre et s'engouffre en l'auberge une large goulée d'air boisé, délicieusement parfumée à la liberté. Comble de notre séquestration ouvrée, l'auberge voyage par tous horizons mais jamais nous ne pouvons en sortir. Haku nous ratrappe et ... Ne pensons pas à cela, ni à lui, dragon de malheur. Dans l'enceinte de l'établissement débaroule de l'entrée un jeune homme tignasse noisette et yeux azur, dont le regard fort encadré par un sourcil de caractère scinde un doux visage curieusement surpris d'échouer ici.

"Bienvenue dans notre auberge, Monsieur."

Plus ravissant sourire commercial possible, car nous recevons peu d'aventuriers - lui, clairement, a dormi dehors ... Je le détaille discrètement, tentant de deviner malgré moi s'il aurait les moyens de régler la note qui l'attend, ou s'il allait rejoindre le rang masculin des assistés d'ici. J'ai de la peine pour lui. Il semble peu riche, et à l'idée d'accueillir une nouvelle victime de Yubaba, j'ai toujours bien des remords. Qui se présente ici doit pouvoir être logé néanmoins, du reste, je ne suis pas supposée m'en mêler. Tout le monde à la même enseigne, juste injustice.

Mon regard se pose cependant sur une bague qui semble de plus grande valeur. Une lueur doucereuse l'illumine discrètement et me pénètre jusqu'à la poitrine. Quelque chose en elle m'appelle, je la sens dans mes tripes comme ... Comme le soleil dans mon rêve. A y réfléchir, cette lumière ronde et lente est très similaire à celle du rêve qui me poursuit depuis tant d'années - et si tout n'était que prémonition ? Je balaie mon trouble derrière mon professionnalisme.

"Vous avez l'air d'avoir besoin de repos, nous servons encore le déjeuner pour les retardataires ! dis-je la voix faussement chantante."

Nabe, derrière moi, s'apprête à mailicieusement reccueillir les besoins du jeune homme pour les lui faire payer au centuple à sa sortie.



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Arren
Tribu des Egao.
Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


Sans doute Arren avait l’air impoli à cet instant précis. Il ne répondit pas à l'accueil de la jeune femme devant lui et commença même par l’ignorer. Cette petite porte qu’il venait de franchir lui avait laissé penser qu’il déboucherait dans un petit couloir ou quelque chose de la sorte, or ce lieu était à couper le souffle. C’était grand et beau mais surtout impossible. Certes, cette chose dans laquelle il était entré était des plus impressionnantes par sa taille mais on aurait plutôt dit un amas de petites maisons encastrées les unes dans les autres avec un agencement particulier. Alors qu’ici, on se serait cru dans un château. Ou l’image qu’il s’en faisait car de tels bâtiments n'existent pas chez lui et il n’en avait pas encore rencontré sur sa route.
Une sacrée quantité de magie devait être utilisée pour faire tenir ce lieu dans cette chose et réaliser ça le fit se sentir si petit. Il n’était rien. Qu’est ce que c’était de pouvoir de flirter avec le vent pour s’élever dans le ciel quand d’autres pouvaient réaliser des choses impossibles comme celle-là ? De la curiosité et une soif d’apprendre s’engouffra en lui avec un enthousiasme aussi grand que l’espace entre le sol et le plafond de cette pièce.

Après ça, il offrit son plus grand sourire à la personne devant lui et daigna enfin lui répondre alors qu’il posait son regard sur elle pour la première fois. C’était donc une auberge. L’ironie était qu’il débarquait ici à l’aube mais l’idée du petit-déjeuner le fit saliver. Il n’avait aucune idée de ce qu’on pourrait lui servir ici, peut-être ces prunes étranges qu’il avait trouvé hier soir étaient préparées là ?

“Avec plaisir mademoiselle, je vous remercie.”
Lui n’avait pas besoin de forcer sur sa voix pour qu’elle soit chantante, il était simplement ravi d’être là.
Il suivit la jeune fille à travers différents couloirs en observant autour de lui. Tout l'impressionnait, que ce soit le lieu comme les gens. Chaque personne lui adressait un sourire angélique et il faisait de même. Chaque nouvelle aile de l’auberge était plus jolie que la précédente mais sa guide l’entraîna dans une pièce de restaurant plus petite que les autres. Avait-il l’air trop pauvre pour partager son repas avec les gens qu’il n’arrêtait pas de croiser ? C’est vrai qu’ils étaient tous richement ornés de bijoux qui paraissaient tous plus lourds les uns que les autres. Quoiqu’il en soit, cet endroit pittoresque était plus sobre mais lui plaisait beaucoup.
La joie qui l’habitait en entrant dans cette maison s’évapora progressivement. A mesure qu’il avait avancé dans les couloirs, les sourires se faisaient plutôt ressentir comme des bouches étirées musclant leurs joues respectives. Tout paraissait faux. Et cerise sur le gâteau : ce petit être qui le suivait et observait chacun de ses gestes le mettait particulièrement mal à l’aise. Une sorte d’angoisse qu’il se força à réprimer commença à monter à l’intérieur de lui.

La jeune fille l’avait débarrassé de ses quelques maigres affaires et l’installa. Son objectif lui revint en tête et il observa sa bague. Le faisceau lumineux pointait vers son hôte.
Décontenancé, il l’observa de longues secondes. Elle n’avait pas l’air mauvaise comme cet agaçant personnage qui les avait suivi jusqu’ici. Il remarqua de petites cernes, sans doute le travail ici était-il plus difficile que ce qu’elle semblait montrer, mais ça n'alterait en rien l’éclat de son visage. Au premier abord, elle ne semblait pas sortir du lot. Elle ne se différenciait de ses collègues seulement car c’était elle qui l’avait accueillit. Il tenta de voir si le rayon se prolongeait après elle, si elle était simplement sur son chemin ou si il la désignait bel et bien. Il ne vit rien, elle lui cachait la vue et soudainement sa bague vibra. Le faisceau lumineux se cassa et cessa d’indiquer une direction. On aurait dit que des morceaux de lumière liquide tentait de retourner dans sa bague et dansait dessus. C’était très désagréable au niveau de ses doigts mais il s’obligea à détourner le regard.

“Je m’appelle Arren et vous ?”

Il mangea ensuite son petit-déjeuner. Pour être plus honnête, il le dévora. C’était une cuisine qu’il ne connaissait pas et c’était succulent. Il arrivait à peine à réfléchir pendant ce repas. Il avait matière à le faire pourtant. Que faire maintenant que sa bague semblait le bouder ? Celle-ci avait l’air d’avaler et de recracher le rayon lumineux en boucle. Devait-il cuisiner la jeune fille aux cheveux d’or jusqu’à obtenir des informations ? Il commencerait sans doute par explorer le lieu. Plusieurs choses s’offraient à lui et la première qu’il remarqua : jusqu’à présent, aucun déplacement du château, aucun mouvement ne s’était fait ressentir de l’intérieur.


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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


Anonyme :copyright: Ilya Kuvshinov'


Nabe, vicelard, se mets à nous suivre - par le regard plissé qu'il m'adresse, je comprends que l'objectif est de s'accaparer le jeune homme. Sa bague n'est pas passée inaperçu, tout le monde ici se rue sur les objets de valeurs comme des pies enragées (et comment leur en vouloir lorsque notre plus grand luxe ici est de se nourrir ?), et un magicien dans nos murs garantirait à celui qui le coince bien des faveurs de Yubaba. Normalement, Nabe doit rester à son comptoir d'accueil et noter l'identité du client dès l'entrée - en suite, pour chaque service (bains, restauration, chambres, etc.) utilisé, le registre s'étoffe. C'est donc les "hôtesses" qui installent habituellement la clientèle - et quoi de plus normal puisque ce sont nous qui sommes en cuisine, aux chambres et ailleurs -, et un gratte-papier comme Nabe se contente de graver en mémoire pour l'éternité et devant chaque parcelle de notre immense auberge la dette enflée de la cible prise au piège.

Contre toute attente, ledit gratte-papier décide de nous suivre. Je ne suis pas inconsciente de cette pratique - Yubaba mets dans la tête des hommes d'ici que les femmes y sont trop sensibles pour les affaires, que notre supposée propension à la maternité nous rendrait trop molles pour savoir les "embaucher" en bonne et dûe forme. Certaines filles le font au contraire très bien : Lynn par exemple suit le protocole sans trop se poser de question, désinvolte. La vie ici finit par convenir à certains et certaines, et peut-être qu'ils ont raison. On ne se rappelle de rien d'autre que d'avoir vécu et travaillé à l'auberge. Une grande part d'entre nous pense même être née ici. Ils ne peuvent pas sortir et le travail est crevant mais soit - confinés avec un toit, des vivres et une activité, peut-être n'est-ce pas si grand mal. Et lorsque soi-même on se complait de sa situation d'esclave, on a moins de scrupules à enchaîner les autres. Yubaba nous garantit juste assez de confort pour cela - en plus d'être une incroyable magicienne, et comptable, elle fait un manager rudement efficace.

Mais je ne peux m'y résoudre. A me dire que ma vie n'a été que cette auberge, toujours. Il y a le rêve qui me rappelle qu'ici n'est pas ma place. Et ma conscience qui hurle que je ne dois pas rentrer dans le jeu de Yubaba. Et cette douce chaleur qui vrille mes tripes chaque fois que le hall s'ouvre sur une contrée nouvelle - un jour je partirai. Et ma haine de ce lieu, qui n'est pas une haine des personnes qui y oeuvrent, finira bien par me pousser dehors. Non, je ne peux décemment pas piéger ce jeune homme. Même pas pour sa bague magique - lueur ô combien déchirante qu'elle ressemble tant à mon soleil nocturne. Même pas pour les avantages qu'on m'octroierait à le faire. Grands dieux, même pas pour un congé !

La concurrence avec Nabe commence, et je vois bien qu'il songe à abandonner son poste (car le matin, peu se présentent à l'auberge de toutes manières) pour voler le miens et si possible traîner le magicien à la direction. Je ne laisserai pas faire. Déambulant dans les petits jardins intérieurs et à travers deux ou trois couloirs engorgés, nous arrivons bien vite dans une aile plus sobre mais surtout plus calme de l'auberge. Alors que je débarasse le magicien de son paquetage, observant Nabe en chien de faïence, je m'éclipse en cuisine pour préparer la collation. Mon collègue infernal entreprend de déballer les mérites des bains de l'établissement dans le seul but de faire gonfler la note - je dois agir avant qu'il ne décide de l'y accompagner lui-même, l'odieux. Je marchande avec une collègue pour qu'elle le fasse rappeler à la réception contre deux ou trois prunes umeboshi volées au stock de nourriture. Elle s'exécute et nous voilà enfin seuls, le dénommé Arren et moi, tandis que je pose le plateau sur la table.

Innocent, il se présente en se délectant du repas. Il faut qu'il parte. Il sera la cible de n'importe qui ici. Deux jours de congés au moins contre ce nouvel employé si précieux - ça en ferait saliver plus d'un. Animée d'un sentiment d'urgence brûlant l'oesophage, je me saisis de son visage des deux mains et plante en lui un regard aussi convaincant que possible - comment faire pour vous transmettre la gravité de votre situation, Arren ? Vous voyageur. Vous magicien. Vous qui venez de la senteur boisée de ce matin ! Finir coincé ici est la dernière chose que vous puissiez vouloir ... Je dois paraître folle, mais je ferais tout pour lui éviter mon propre sort - qui étais-je avant ?

"Ecoutez-moi attentivement, dis-je. Nous n'avons pas le temps pour les présentations. Vous devez quitter cet endroit au plus vite. Je peux vous y aider, vous n'avez pas encore attiré trop l'attention, votre évasion est encore possible ..."

Je regarde nerveusement autour de moi, le souffle court. Je risque probablement ma vie pour sauver la sienne. Sabotage discret de cette auberge sans répit - ça vaut bien la peine.

"Ils vont vous enfermer ici à tout jamais. Vous vous appelez Arren. N'oubliez surtout pas votre nom. Arren."

L'inquiétude de mon regard rencontre l'incrédulité du sien. J'ai bien conscience d'avoir l'air complètement allumée mais s'il reconnaît dans la gravité de ma voix celle de sa situation, s'il a ne serais-ce qu'un tantinet confiance en l'autre, alors j'ai une chance de le convaincre de prendre les jambes à son cou. Mes prunelles aqueuses sont ardentes d'angoisse alors que je rompt notre échange pour débarasser son repas l'air de rien.



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Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


L’odieux petit personnage continuait son discours faisant l’éloge de l’établissement. Il lui avait par exemple fait une liste de plusieurs bains qu’il avait la possibilité d’utiliser, chacun spécial à sa manière : différents parfums, différents jets, différentes incantations pour soigner telle ou telle partie du corps ou de l’esprit, certains magiques, d’autres médicinaux, plusieurs pour un décrassage totale ou simplement pour une relaxation. Arren était assez intrigué, ce lieu était donc également une maison des bains. Ce type d’établissement était assez réputé même jusque dans sa plaine, seulement il n’y en avait pas dans son village. Il décida d’en tester un, par curiosité mais surtout parce qu’il méritait bien de se laver depuis le temps qu’il dormait dehors. Se baigner dans les rivières ne le dérangeait pas mais cela faisait des semaines qu’il n’avait pas pu se nettoyer avec de l’eau chaude.
Le jeune homme sourit poliment à son hôte et commanda un bain à prendre un peu plus tard dans la journée. Il prit quelque chose d’assez simple, uniquement pour se laver, ce qui fit froncer le nez de ce petit être, sans doute en attendait-il plus. Embêté que sa propagande n'ait pas mieux fonctionné, il lui donna tout de même une petite plaquette de métal qui servirait de pass dans la partie thermale de l’établissement.
Arren en était très satisfait, peut-être que le fait d’être propre comme un sou neuf et mieux coiffé lui permettrait d’accéder à d’autres pièces de ce lieu et ainsi de ne plus manger dans cette petite salle. Il ne faut pas s’y méprendre, Arren n’avait que faire de manger avec la haute société, seulement il avait une enquête à mener et ce n’était pas en ayant accès à un nombre réduit de pièces que sa quête progressera.

Le retour de Mao qui chassa le petit homme le fit presque soupirer de soulagement. Celui-ci venait déjà avec d’autres propositions : une chambre avec vue sur la mer ? Une autre avec vue sur la montagne enneigée ? Comment était-ce même possible, il n’y avait aucun des deux à des centaines de kilomètres à la ronde. Alors qu’il engagea la conversation, la jeune fille lui prit les joues pour lui énoncer sa tirade qui le décontenança de quelque peu. Un autre l’aurait sûrement trouvé folle mais ce n’est pas la première chose qui vînt à l’esprit d’Arren : Il y a donc vraiment quelque chose ici. Ce n’est pas pour rien que la bague l’avait emmené là. Plusieurs émotions se battaient entre elles à l’intérieur de lui, il est impossible de savoir laquelle l’emportait sur l’autre. Il n’avait pas peur pour lui, c’était pourtant ce sentiment qu’avait essayé de créer son interlocutrice chez lui mais l’urgence de sa voix laissait plutôt interpréter une panique dans son corps à elle. Il était inquiet pour les gens de cette auberge mais il était également perdu. Sans la moindre idée du problème, il savait que c’était à lui de le régler. Non pas parce qu’il souhaitait s’imposer en héro et s’improviser une aventure digne des plus grandes histoires romanesques mais parce que c’était ce que la bague voulait. Du moins, c’était ce que la bague lui dictait sous le commandement de l’archimage des Egao. Il n’avait donc pas le choix, il fallait rester qu’importe les dangers que présentait l’extravagance de ce lieu.

"Ils vont vous enfermer ici à tout jamais. Vous vous appelez Arren. N'oubliez surtout pas votre nom. Arren."

Il hocha la tête. D’abord parce qu’il voulait réagir et que les mots ne lui venaient pas mais aussi parce qu’il voulait rassurer Mao. Pourquoi porter autant d’importance à un prénom ? Un prénom ne signifie rien et n’est utile que pour la communication et la bonne compréhension des gens les uns avec les autres. Cependant, il ne fallait pas être naïf, peut-être n’était-ce qu’un stratagème afin de ne pas révéler son propre prénom.

Il ne réagit pas davantage et la regarda s’enfuir avec son assiette et le reste de ses miettes. Il ne la laisserait pas s’en aller comme ça, elle devait revenir et lui en dire plus. Il y a encore une demi-heure il se demandait quelle serait la marche à suivre mais désormais il n’était pas question d’autre chose que de cuisiner la jeune fille. Il allait la monopoliser jusqu’à obtenir les informations qu’il souhaitait ou au moins afin de connaître davantage ce lieu, son mode de fonctionnement et ses spécificités. Il l’assommerait de pourboires si ça pouvait la faire rester, après tout, ce n’était pas l’argent qui lui manquait malgré les apparences. Ou plutôt, il ne manquait pas d’or.

A son retour, Arren indiqua à la jeune fille en lui secouant son morceau de métal sous le nez qu’il aurait un bain à prendre plus tard mais en attendant, elle devait le conduire à sa chambre. A peine levé, il fut surpris par une énorme secousse. Le château entier avait tremblé et le parquet s’était transformé en un immense toboggan pendant l’espace d’un instant. L’ayant aperçu de l'extérieur, ce n’était pas surprenant. Sans doute le monstre avait-il trébuché sur quelque chose ? Si c’était le cas, il ne donnait pas chère de cette chose. Comme tout le monde autour de lui, Arren se rétama sur le sol et se cogna assez violemment contre un pan de mur. Heureusement la secousse n’avait duré qu’un instant mais déjà assez longtemps pour créer un carnage dans cette aile du bâtiment. Ce ne devait pas être un événement qui arrivait fréquemment, cela se voyait au visage paniqué des employés qui n’auraient pas réagi ainsi autrement. Ils se précipitaient tous pour relever le client et remettre la décoration en place qui bien sûr avait décidé de déserter les murs et les meubles. Arren observa une petite fille qui saignait à l’oreille mais qui s’était empressée de se confondre en excuses auprès d’une sorte de chien ectoplasmique et chapeauté, cet individu criait déjà que la situation était inadmissible. Arren n’était pas choqué de l’âge de la fillette, il savait que c’était une chose fréquente dans d’autres parties du monde, cependant il admirait cette petite qui niait totalement sa blessure au profit des personnes autour d’elle, cette dédication à son travail était fort louable.
Personne n’était réellement blessé ici et sans doute dans l’heure on parlerait de ce fâcheux événement comme l’on raconte un ragot. Une annonce d’excuse du chef d'établissement serait sans doute à prévoir et Arren était impatient de voir à quoi ressemblait cette personne.

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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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Une secousse nous fait chuter, comme si l'auberge entière en venait à s'écrouler sur son flanc, et glisser avec mobilier et couverts dans la salle - je m'étonne que nul n'ai songé à river les meubles au sol, d'autant que l'établissement se meut, bien que nous soyions le plus clair du temps stables. Une de mes jeunes collègues, une petite adorable d'une dizaine d'année, la frange marron sur des yeux noisettes, s'en retrouve heurtée au visage. Elle ne s'en soucie guerre et tente de gérer la crise de l'esprit-chien qui peste rageusement. Une collègue la rejoint, tandis que d'autres s'affairent à remettre en ordre tout ce fatras. Je me soucie de ce retournement - le dénommé Arren aurait-il été déjà repéré ? Cifer est-il le coupable, avec ses états d'âmes des derniers jours ? Quoi qu'il en soit, tout le monde peut être en danger. Sous la menace de Yubaba, volontaire, ou sous celle de la fureur de Cifer, réactionnelle.

Je m'apprête à me hâter de rejoindre Kamaji au feu, où il nourrit Cifer - s'il y a un problème là-bas, alors notre vieil homme arachnide et toutes ses touchantes noiraudes sont en première ligne. Mon esprit s'attarde néanmoins sur Arren. Je décide, cette fois, de ne pas faire l'autruche sur le piège qui se referme autour du client. Je ne me l'explique pas, la lueur de la bague sans doute qui n'était pas sans me projeter dans mes songes, me rend incapable d'inactivité. Je dois l'aider. Ni une, ni deux, je me saisis de son poignet.

"Je vous offre une visite VIP des locaux, plaisantè-je faussement dans mon anxiété. Vous ne devriez pas rester là de toutes manières, on vous veut du mal ici, il faut me croire."

Je considère la chose, puis le lâche enfin, sans le quitter des yeux.

"Cet endroit est un mouroir pour les gens comme vous, comme nous. Ce qu'il se passe n'est pas normal, et j'ignore si votre arrivée y est pour quelque chose. Ecoutez, je laisse la porte ouverte, le choix vous appartient. Prenez à droite, tout de suite, et glissez le long des escaliers. Prenez à gauche pour vous évader par nos jardins. Prenez à droite si vous décidez de plonger jusqu'au cou dans notre mélasse. Je ne sais pas ce que vous êtes venu chercher ici, mais vous ne serez jamais un client comme les autres, mettez-le vous en tête."

Sur mes mots, je m'échappe par ladite porte avant d'atteindre à toute blinde le foyer de l'auberge. Il y fait une chaleur à crever et j'entends Cifer s'enflammer - c'est le cas de le dire, pour cet esprit flamboyant - avec Kamaji. Rendu fou de douleur, en perdition par le rendement. Plus de ressource, et le capital au-dessus de sa tête lui en demande toujours plus. Kamaji proteste : s'estimer heureux qu'on nous alimente en échange de ce travail, de ne pas être des esclaves, même si la liberté est maigre. Lynn tente de les apaiser et les noiraudes s'agglutinent autour d'elle par terreur. En me voyant, elle accourrent et tentent de me grimper le long des jambes.

Cifer dans sa rage gerbe de larges goulées de flammes qui viennent cramoisir les moustaches du vieil arachnide. Dans ce remue-ménage, rendant impossible l'alimentation du feu par les noiraudes, notre souffle de feu perd son haleine, et sa fatigue le force à se calmer. Kamaji sonne le retour au turbin pour ses petites ouvrières qui s'empressent de lui larguer du charbon. Lynn peste sur l'idiotie de la querelle. Je débarque mille ans après la guerre, sans savoir si j'ai été suivie ou non par le client.

"Mais c'est une blague vous voulez nous tuer en haut ? protestè-je.
- Ah bah tu sais c'que c'est entre ces deux vieux croûtons !"


Je sens l'implosion de l'auberge monter. Ce rêve comme une prémonition de l'arrivée d'Arren ou tout du moins de sa bague. L'épuisement inexorable de Cifer. Le relent de justice sociale qui remue les femmes ouvrières ici.



C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. - Saint Exupéry
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Arren
Tribu des Egao.
Il ne connaît pas sa quête mais tout ce qu’il sait, c’est qu’elle le mène ici, à cette auberge ambulante. Après ça, son apprentissage de sorcellerie sera terminé et il deviendra le magicien officiel de sa tribu.


De peu, il a évité le sang sur ses mains et depuis elles sont recouvertes de craie. Craie et incantations, c’est ainsi qu’il crée de la magie. La terre et l’air, le calme du sol et l’agitation du vent dans le ciel ; ce sont des éléments qui lui sont aujourd’hui essentiels.


Encore abasourdi, Arren écouta la jeune fille et la regarda partir. Il mit un moment à percuter avant de la suivre. Si le chaos autour de lui se rétablissait petit à petit, lui avait encore une grosse douleur à la tête et cette épine térébrante qui semblait avoir pénétré l’arrière de son crâne n’était pas prête de le laisser en paix. Après quelques instants, il se décida à courir après la jeune fille, quelques secondes de plus et il l’aurait perdu car il n’avait pas intégré les informations qu’elle lui avait données avant de s’enfuir. Tout était confus, l’architecture qui jusque-là l’avait tant impressionné l’inquiétait désormais. En effet, ils descendirent une flopée de marches assez impressionnantes, allaient-ils jusqu’à s’engouffrer dans le centre de la terre ? Il était physiquement impossible de descendre si bas car le château ne menait pas sous terre. Évidemment la magie exauçait l’irréalisable mais comment savoir à quoi s’attendre si lorsque l’on marchait dans un couloir celui-ci s’allongeait à chaque pas ? Descendre ces escaliers les avaient peut-être menés au sommet de la bâtisse, ce serait absurde mais à présent, il n’était plus sûr de rien.

Il déboucha dans une salle au plafond bas, Mao était devant lui mais il préféra ressortir de la pièce un instant. Sa tête lui faisait vraiment mal alors, ayant l’impression de perdre l’équilibre,  il s’adossa au mur. Le choc avait été particulièrement violent et une légère nausée commençait à la prendre, serait-ce un genre de commotion ? La dernière fois qu’il s’était senti ainsi, c’était à cause de son frère. Les deux avaient l’habitude de se battre le soir alors que les cours de ce derniers étaient terminés. Arren n’avait pas besoin d’apprendre à manier une arme ou à se battre à mains nus mais son frère était obligé. Chacun des deux avaient leur propre apprentissage et Ryuji partageait ses connaissances avec lui. Ils se battaient alors toute la nuit jusqu’à ce que Arren apprenne les rudiments, puis sont venus les vrais combats et l’un d’eux avait mal tourné. Loin d’en vouloir à son aîné, Arren l’avait applaudi ; Ryuji maîtrisait cet art.
Seulement aujourd’hui n’avait pas de jours de repos ni d’herbes à disposition, il devait s’en remettre tout de suite, c’est pourquoi il se saisit d’un petit bâton de craie dans la bourse à sa ceinture et dessina un symbole sur son poignet. Les trois traits l’un dans l’autre scintillèrent comme sa bague en début de journée et redevinrent mates. La craie pourtant blanche avait formé un dessin vert et tout de suite Arren soupira. Tant que l’idéogramme tiendrait sur sa peau, Arren n’aurait pas besoin de s’allonger. Ayant plus ou moins compris que ce n’était pas la meilleure chose à faire de montrer ce genre de signe, il descendit sa manche au maximum pour cacher le dessin.

Il retourna dans la pièce après seulement une petite minute et se tînt derrière Mao. Il fit un signe de politesse à Lynn qui venait de s’apercevoir de sa présence. Il ne l’avait jamais vu avant. De même pour l’étrange personnage qui s’affairait autour du feu. A vrai dire, tout dans cette pièce aurait pu retenir son attention, que ce soit l’étrange brasier vivant ou les petites et adorables noiraudes. Il observa la pièce un moment jusqu’à comprendre comment toute la machinerie fonctionnait. Le foyer devait être le cœur du château, ou au moins son cœur énergétique. Pourtant, tout le monde semblait allé bien ; le renversement du château ne devait pas être dû à quelque chose de grave... n'est-ce pas ?

Lynn le regardait toujours avec insistance et il hésita à se présenter mais au vue des réactions que cela avait donné la dernière fois, il se ravisa. Les noiraudes s’étaient remises au travail mais il s’approcha et tendit la main. Plusieurs de ces petites bêtes curieuses s’approchèrent et essayèrent de lui grimper le long du bras. A la réaction du vieux Kamaji, elles prirent peur et se précipitèrent à nouveau vers les morceaux de charbon. Arren le salua également.

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Mao
Je ne me rappelle plus mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu des millénaire tout en étant née hier. Je vis et travaille à l'auberge depuis toujours. Dans la vie, je suis en cuisines, aux bains, de corvée de ménage ou au service selon les jours et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je dois travailler tous les jours toute la journée et je le vis plutôt avec abnégation volontaire.

_ Comme tout le monde ici, je n'ai aucun souvenir de mon passé. Nous sommes tous là, semble-t-il depuis toujours et pour l'éternité.
_ Je suis parmis les plus anciens à travailler à l'auberge, et il semble que je ne vieillisse pas.


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Lynn n'a pas la langue dans sa poche et vocifère de la nonchalence de sa voix roturière.

"Et celui-là c'est un nouveau ? Qu'est-ce qu'il branle dans la chaufferie, Mao ?
- Laisse-le tranquille, il est avec moi."


Je la joue plus stratège et compte sur la discrétion d'Arren : dans le tohu-bohu infernal de toute cette agitation, nous avons une chance de le faire sortir d'ici. Il sera moins pris en chasse s'il passe déjà pour un employé. Yubaba et son toutou Haku s'en rendront bien compte, mais le temps gagné est du temps gagné. J'ignore ce qu'il fait ici néanmoins, et suppute de deux choses l'une : soit il a décidé en tout état de cause de se condamner en pénétrant les entrailles brûlantes de l'auberge, soit il s'est perdu en tentant de fuir. Assurément, son comportement me conforte dans ce que je pensais de lui - si c'était un client comme un autre, il aurait attendu qu'on le loge. Il n'est pas stupide, et il n'est pas anodin.

"Si vous avez fini avec vos histoires, dis-je, j'ai du travail. Je vais tout montrer au nouveau. Il s'appelle Arren, vous serez priés de retenir son nom."

Les plus nombreux nous sommes à nous en souvenir, le plus nombreux nous serons capables de le lui rappeler. Perdre son nom ici, c'est perdre ce qui fait de nous des individus. Et perdre notre individualité achève de nous arracher la liberté. Sans passé, donc sans avenir. Sans foyer, donc coincés ici. Je pense que si personne ne nous menaçait pour nous confiner dans cette auberge, peu d'entre nous en sortiraient de toute manière - trop conformistes, trop effrayés, trop formatés.

Evidemment, je ne compte toujours pas le faire embaucher. Mais s'il veut être un client, il peut être expulsé pour être entré ici. S'il veut quitter cet endroit, le mieux est qu'il passe pour un employé s'il ne veut pas en devenir un pour de bon. Et s'il veut pénétrer les abîmes de cet enfer capitaliste, alors il n'aura qu'à signer un contrat. Je sors et indique au jeune homme de me suivre en toute discrétion - je ferme la porte derrière nous alors que nous sommes réunis en catimini sur les vertigineux escaliers qui donnent sur les collines des denses forêts de note petite parcelle.

"Je n'ai pas été très claire avec vous car j'étais dans l'urgence, dis-je. Vous êtes venu ici pour trouver du repos sans doute, mais j'ai peur que ce soit compromis : j'ai vu votre bague scintiller, et les autres ont dû la voir aussi. Je vous explique comment ça se passe ici : les gens vont vous proposer des tonnes de services, manigancer pour vous mettre des dépenses sur le dos et vous allez finir endetté jusqu'au cou. Ils vont prétexter ne pas pouvoir vous laisser partir et vous faire signer un contrat pour rembourser vos dûs en travaillant ici. Mais la liberté, vous ne la recouvrerez jamais. J'ai dû signer ce contrat, sûrement. Et je ne me rappelle pas d'où je viens, ni quel est mon nom de ma vie d'avant. Impossible désormais de quitter cet endroit, je ne sais même pas ce que je suis, je ne vieillis pas. Et un dragon veille le ciel pour nous maintenir prisonniers."

Je soupire. A l'heure qu'il est, Yubaba doit savoir qu'il est ici. Elle a dû sentir la magie de son artéfact depuis son perchoir fétide. Le ciel est d'un bleu éclatant, et son soleil illumine les feuillages émeraudes avec volupté. J'adore venir ici, prendre quelques rayons, visage tourné vers l'astre du jour - je crois que je reste en vie seulement pour le voir se lever. Magnétique. Pénétrant. Impérieux.

"J'espère qu'il n'est pas trop tard pour vous ... murmuré-je autant pour moi que pour lui."



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