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 Winter Hell is standing in place at midnight, on a cold frozen prairie, with little moonlight. - ft. Calville

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Dharma
Dharma
Féminin MESSAGES : 104
INSCRIPTION : 15/04/2019
RÉGION : Quelque part sur Gallifrey
CRÉDITS : wadewicons

UNIVERS FÉTICHE : SF, Fantasy, Contemporain, Post-apo, Steampunk
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

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Au fin fond de l'Ontario, à North Bay, on vient de découvrir le corps d'un petit garçon de huit ans, lacéré et congelé dans le creux d'une grotte. L'Inspecteur Owen Lester, quarantenaire bourru à qui la vie n'a pas toujours souri, mène l'enquête. Une vie de flic bien banale, morbide et glaciale... mais rien de nouveau sous le soleil, qui n'a jamais tellement brillé dans ce coin du pays où rumine à peine l'Automne sous les couches de neige. Alors il vint, de gré ou de force, ce Soleil, en la personne de Narcissa Young. Jeune recrue brillante et sûre d'elle aux airs frondeurs et chaleureux qui dérange tout sur son passage, et saura en apprécier les conséquences. L'affaire n'appartient plus aux seules mains des canadiens; les britanniques s'en mêlent. Question de marque laissée sur le corps de l'enfant. Un trèfle à quatre feuille congelé et une petite lettre où s'inscrit une devinette. Petit puzzle favoris d'un meurtrier en série que poursuit la police anglaise depuis plus de deux ans. Ainsi, le partenariat entre la jeune femme et le vieil ours mal léché n'est pas négociable. Sous le soleil, se cache encore plus de secrets. Young n'est pas là que pour l'affaire, bientôt, l'UES lui ordonne de mener une toute autre enquête sur son nouveau partenaire. Que cache l'Inspecteur Lester ? Que va-t-elle découvrir ? Les preuves seront-elles convaincantes ? Et le moment venu, qu'en fera-t-elle ? Qu'en feront-ils si la passion et l'amour s'en mêlent ?
@Calville


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Narcissa Young
J'ai 27 ans et je vis depuis peu à North Bay au Canada, mais je ne compte pas hiberner là-bas. Dans la vie, je suis une enquêtrice brillante en chasse de vérité Je m'en sors au mieux. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire depuis quelques mois, humiliée et bafouée par les jeux vils d'un homme que j'ai longtemps aimé et je le vis franchement mal.



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Un petit flocon de condescendance anglaise typique, demoiselle je sais tout et juge tout le monde. Un petit claquement de langue tout aussi british et enfin une chevelure ambrée et une peau laiteuse perlée de tâches de rousseurs qui dénotent des origines écossaises lointaines de la mère. Le genre de première impression un peu trop... Trop, qui revient souvent, et qui ne lui correspond pourtant pas, quand on la connait (ça reste à prouver). Héritage de l'éducation aristocrate dont elle aurait préféré se passer. Car Narcissa, c'est avant tout la bonne humeur et la gaieté, l'excitation de l'action et de la curiosité, le sérieux sur les tâches et l'implication toujours bien trop émotionnelle. Un rayon de soleil qui anime les cœurs mais en étouffent beaucoup d'autres.

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Young, grande dynastie britannique. Femmes et hommes de pouvoir, de renom. Des avocats, des politiciens, de grands personnages au bel avenir, au beau paraitre; et puis il y a Narcissa. La grande déception. Benjamine d'une fratrie au génie vicié, guidé par l'opulence et l'hypocrisie latente d'un milieu qui n'a jamais été le sien. Tom, ainé à la tête des finances familiale, Bill, cadet, illustre avocat des affaires, superbe arnaqueur au charmant sourire trompeur. Et puis la troisième, Emma, politicienne en quête de reconnaissance du paternel qui ignore tout de ses exploits. Qui ignore tout sur tout les concernant de près ou de loin, qui s'en fout, de sa famille, de tout ce qui ne lui rapporte rien, à lui. Au fond, Cissy est la seule à l'avoir compris. Vivre pour soi est libérateur, mais a un prix.

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Karen Gillan :copyright:️ avengedinchains
Vingt-trois heures trente-quatre. Le feu de bois crépitait dans la cheminée, les flocons de neige tourbillonnaient dans les airs, parant la verdure de son plus bel atout hivernal. Et pourtant sonnait à peine le glas de l'Automne dans ce pays, et surtout cette ville, où régnait en maitre le sempiternel Silence. Lourd, inquiétant... Blanc. Sur les grands carreaux de la vitre à travers laquelle Narcissa observait la tempête valser, le grand froid avait fait son œuvre il y a un moment et rugissait de plus belle sur l'instant. Toute envie de déballer ses valises s'était envolée d'un souffle. Elle ne voyait plus que lui, n'entendait plus que lui... Ce gouffre blanc. Hypnotisée par le spectacle qu'il lui dédiait dans ses songes, l'anglaise se permit de somnoler de bref minutes. Éprise de l'ivresse de la fatigue, celle même causée par le décalage horaire qui lui fut imposé du jour au lendemain, comme cette mutation temporaire pour le temps de l'Affaire. L'officielle ou l'autre ? Les deux, de toute évidence.

Aussi de mauvaise foi pouvait-être la sergente londonienne par moments, quand ça l'arrangeait, il fallait bien admettre qu'elle n'avait absolument pas vu le coup venir. Le Canada. Le vol précipité. Le serial killer. Cet homme à démasquer. Beaucoup d'informations à assimiler en très peu de temps. Pourquoi elle ? Parce qu'elle était la meilleure. Mais pourquoi maintenant ? Sans doute que c'était le moment. Pourquoi comme ça ? Et pourquoi pas ? La jeune femme avait eu le temps du vol au dessus de l'Atlantique pour ressasser tout en boucle, encore et encore. Se poser des questions et y répondre seule était ce qu'on pouvait appeler un hobby, chez elle, et pourtant, cette-fois, cela ne l'amusait pas autant qu'à l'accoutumé. Parce que le choix n'avait pas été sien. C'était elle, point.

Elle se souvint avec exactitude du moment où tout avait basculé. Une énième engueulade avec sa collègue blondinette insupportable qui ne servait qu'à lui rendre la tâche impossible, et le chef la convoqua à son bureau, sous le regard incrédule de l'idiote de service. Tirage de langue un peu puéril et haussement de sourcils provocateur. Mauvais signe. Ou promotion ? Narcissa ne se sentait coupable de rien, si ce n'était d'être ce que l'on pourrait qualifier d'une fauteuse de trouble.... par moments ! Elle demeurait l'une des meilleures nouvelles recrues de la PJ et ne se voyait pas être mise à la porte d'une quelconque manière que ce soit. Impossible, voyez-vous, ils avaient besoin d'elle. Pas comme de cette pimbêche de...

— Sergent Young, j'ai une importante requête à vous confier.

Le ton grave de Monsieur Wilson n’annonçait généralement rien de bon, lui qui paraissait toujours si détendu et nonchalant. Visiblement, il ne comptait pas la réprimander au sujet de blondie. Ni lui offrir quoi que ce soit. Alors quoi ? La rousse s'impatienta, dansant légèrement d'un pied sur l'autre. Un sourire qui se voulait dénué de toute malice dessiné au coin des lèvres.

— Moi aussi. Que diriez-vous de licencier mademoiselle Lowell et de me laisser travailler en compagnie de l'Inspecteur Parks ? Je trouve que c'est un bon compromis, si on prend en compte le fait qu'elle n'est clairement pas très professionnelle et que notre duo ne se complète pas, pour des raisons évidentes de...

— Sergent Young ! Cessez-donc vos enfantillages et ne m'interrompez pas. Le corps d'un enfant a été retrouvé congelé au nord du Canada. Vous partez sur le champ. Dans une heure exactement. On vous expliquera tout en chemin.

Narcissa, qui se taisait bien malgré elle, la bouche à peine entre ouverte, la referma dans un froncement de sourcils expressif. Que... quoi, quel rapport ?! Le Canada ? Partir ?

— Excusez-moi, monsieur, mais avez-vous bu ? Ne le prenez pas mal, mais c'est absurde ce que vous dites. C'est un test ? Tant pis, vous savez, je peux rester avec Lowell encore un temps, on se supporte plus ou moins mais... C'était pas la peine de vous mettre dans cet état là. Je suis désolée, euh... Bonne soirée ?

La rousse reculait, sourire pincé en coin et mains dans le dos, puis attrapa la poignée de la porte. La situation ne faisait aucun sens. Il lui faudrait éviter de se faire remarquer, au moins pour un petit temps. Peut-être que le chef ne dormait pas suffisamment en ce moment.

Le chef en question passa une main sur son visage ridé, las de la jeune femme, ou plus sérieusement de son boulot. Sans doute des deux.

— L'enfant tenait entre ses doigts un trèfle à quatre feuilles et une lettre. Une devinette. C'est l’œuvre du Corbeau et c'est vous que je veux sur le terrain avec les canadiens, alors ne me faites pas regretter mon choix, Sergent.

Yeux dans les yeux, elle comprit enfin l'ampleur de la situation, sans en avoir encore tous les détails. La teneur de sa demande n'était peut-être pas si délirante qu'elle l'avait imaginé. Mais grave, importante. On avait besoin d'elle. Vraiment ?! Enfin, il était temps !

Et sur les mots de son supérieur, la sergente se tût enfin, inclina légèrement la tête, signe de respect et preuve de son dévouement puis s'empara du dossier qu'il lui tendit. Cette histoire lui plaisait autant qu'elle l'inquiétait. Elle qui cherchait à tout prix l'action, elle serait servie, mais à quel prix ?

***

L'Affaire non-officielle, quant à elle, se prénommait Owen Lester. Inspecteur expérimenté et respecté, à sa manière, selon le dossier, mais qui n'était pas tant porté sur le strict suivi des bonnes procédures et des bons rapports entre collègues. Elle s'imagina sans mal une espèce d'ours solitaire et mal luné, ronchonnant à tout va, mais plutôt efficace quant à la résolution de ses enquêtes... et celles moins légales. Accusations véridiques, ou non, ce sera à elle d'en juger. Jusque-là, rien qui ne fit sourciller la rousse. Elle avait décidé bien assez tôt de ne pas s'attarder immédiatement sur sa mission que lui avait proposé -ordonné- l'UES, et s'imposer davantage sur l'enquête du Corbeau, pour tâter le terrain aux côtés de son nouveau partenaire et ne pas se créer de faux à priori. Question d'authenticité. Traquer le fameux serial killer qu'elle avait pu étudier longuement back in England. C'était enfin sa chance, la leur, de mettre fin à ses jeux morbides, de servir à quelque chose, de prouver aussi quelque part, à ceux de son sang, qu'elle valait bien mieux que chacun d'entre eux.

Le corps du garçon avait été trouvé bien avant l'arrivée de l’anglaise sur la scène de crime. Malgré le retard inévitable (et bien que d'autres agents britanniques furent présents aux premiers états des lieux, dès la découverte des signes distinctifs du meurtrier, et surtout après s'être assuré qu'il ne s'agissait pas d'un copy cat), il était toujours là, le pauvre garçon lacéré, à flotter dans le ciel alors que Narcissa sortait d'un 4x4 avec la procureure canadienne chargée du secteur, Tidwell et un autre agent de terrain britannique, celui même qui s'était chargé de la former de A à Z, Parker. Le bloc de glace dans lequel était emprisonnée la victime venait tout juste d'être tracté par un système D; des cordages et une poutre en bois pour le sortir de ce trou mortifère dans lequel il avait fini ses tristes jours. Glaçante journée entachée par ce nouveau fait divers, rouge trancherait le blanc. L'enfant ne deviendrait jamais grand, la mélodie funeste remplaçait les notes emplies d’espoir.

Soupir s’échappait laissant apparaitre un petit nuage semblable à de la brume, regard curieux échangé avec le camarade d'Albion. Le rythme rapide tout autour d'eux et l'aura froide. La fourmilière s’activait et à la vue de la proc et des deux visages méconnus, les yeux encerclant leurs figures par-delà le ruban jaune se mirent à les scruter durement. La silhouette d'un homme se détacha rapidement des autres. Ce devait être lui. Lester. Contenance, maitresse de raison, Narcissa se parât d'une esquisse de sourire aimable et d'un air un brin hautain, contraste étrange qu'elle ferait mieux de garder en hibernation. Le vent souffla un grand coup et elle le sentit s'engouffrer entre les pans de son trench beige si finement découpé à sa taille élégante. Heureusement pour elle, elle avait eut le bon ton de porter un pull en laine et son écharpe dans laquelle elle pouvait enfouir son nez à tout moment. Ce qu'elle ne ferait pas.

Le regard du parti britannique se faisait dur, même en terrain inconnu, et pour cause, ce garçon avait été porté disparu il y a peu. Échec cuisant. Un coup à l'égo pour les canadiens qui n'avaient pas à se pavaner sur ce coup-ci.

Quand l'Inspecteur lui fit face, se présenta à tous les trois, la rousse ne put le quitter des yeux. Analyse brève mais intense de son profil, de ce qui pouvait bien se cacher au fond de ces deux ébènes mystérieuses. Il avait le charisme indéniable de ces hommes sauvages à qui il ne valait mieux pas tourner le dos. Une méfiance doublée d'une intuition qu'elle ne saurait qualifier encore lui prit à la gorge. Un frisson lui parcourra l'échine jusqu'à lui faire détourner le regard sur la procureure, qui s'adressait enfin à ses hommes, en l’occurrence ici, à l’Inspecteur. Elle lui confiait l'enquête, se moquant du fait que ce ne fut pas son secteur d'activité. Pas de salutation, pas de courbette. Des faits, des ordres, et uniquement de l'indéclinable.

— Inspecteur, je vous présente le Sergent Narcissa Young, transférée expressément depuis Londres, qui vous épaulera sur cette enquête. Elle connait mieux que personne le Corbeau et saura, j'en suis sûre, vous être d'une grande utilité. Nul doute qu'elle apprendra énormément à vos côtés.

Aucun sourire ne fut forcé, simple signe de tête et puis la voilà envolée. Parker, en revanche, lui offrit un maigre sourire avant de se détacher à son tour du regroupement pour rejoindre la procureure en se frottant les mains, aussi peu habitué qu'elle l'était, de ce grand froid. En viendrait-elle à regretter la pluie abondante, dépressive et quelque peu clichée de son bon pays ? Probablement bien plus tôt qu'elle ne se l'imaginait encore.

Seul à seul, au beau milieu du grand Nord Canadien. Menton relevé, œil malice, la jeune femme présenta sa main droite, pouce vers le haut. Elle le regardait dans les yeux, sans trop d'insistance. Bonnes manières obligeait. Elle n'était pas la procureure. N'avait sans doute pas été élevée dans le même genre de familles.

— Inspecteur Lester, je suis persuadée que nous ferons du très bon travail, ensemble. Ton un brin mielleux, non sans sincérité, mais cachée sous cette petite couche enneigée de contenance.

Persuadée, probablement était-ce un peu trop optimiste de sa part. Fallait-il encore qu'il lui laisse une place et d'après la description du personnage, ce n'était pas gagné d'avance.
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Owen Lester

J’ai  42 ans Et je suis né à  North Bay dans le fin fond de l’Ontario  Flic depuis 20 ans et je m'en sors bien coté enquete. Sinon, grâce à ma situation, je suis plus ou moins divorcé selon les jours et je trouve ca  .. bien ?..



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Il est né ici à North Bay, et ne l'a quitté que pour faire ses classes à Détroit. Ses parents étaient des gens simples. Son père travaillait à la mine de charbon du Comté et sa mère faisait le ménage. Rien de bien exceptionnel en soit. 3 frères et soeurs qui ont trouvé loin de North bay leur bonheur. Mais pour lui le chemin est différent. C'est un produit local, acerbe, franc et parfois trop vindicatif. Il n'a pas toujours été comme ca, sauver le monde était son crédo, et puis un jour, il s'est réveillé dans ce monde puant la magouille .. et il s'y ait engouffré.

C'est pourtant un bon flic, apprécié ou pas de ces collègues, il s'en moque un peu, de toute façon il vieillit comme les ours du coin, en grognant. Il mène ses enquetes avec intelligence. Il est marié à Emma, ancienne serveuse du Gilly's depuis pret de 15 ans. Mais ca fait bien longtemps qu'il n'y a plus d'amour entre eux. Y a en t-il seulement eu ? Peut-etre que la mort de leur fille 6 ans plus tot a fini de briser ce couple fragile. Mais pour l'instant le statu quo sur sa vie affective lui convient parfaitement.

Un peu trop porté sur l'alcool, et les cigarettes. Il essaie d'arreter au moins le second ... c'etait pas le moment.




Un gosse.
C’était un putain de gosse congelé qui était dans cette crevasse. C’était ce putain de gosse là. Disparu depuis peu, le mince espoir d’une fugue à son age s’était rapidement envolé. Espoir qui devient désespoir en regardant ce petit corps raidit dans la mort et le froid. Pour tout flic, retrouver le corps d’un gamin est ce qui marque le plus. On a beau en voir des vertes et des pas mûres. Du sang, des corps décomposés, des membres arrachés, des histoires tragiques, Mais quand ca touchait un gamin, c’était une marque indélébile qui venait se flanquer là, à la place du coeur. Personne ne devrait toucher à un enfant. La colère montait en Lester devant ce coup du destin tellement injuste.


Un gosse.

Lester était descendu dans le foutu trou quand on lui avait signalé un cadavre là dedans. Trouvé par hasard par un randonneur qui en était tombé au fond. La peur de sa vie en voyant ce corps gelé. Et Lester comprenait bien pourquoi. Derrière ses yeux gelés, il semblait que ce gamin les regardait encore. Et la rage le prend. Et la tristesse le marque. le flic s’était promis de retrouver le gamin disparu voici quelques jours, mais pas comme ca. Loin d’etre un accident comme une chute dans cette crevasse, le gamin avait été mis là. Contraint et forcé. Quelqu'un avait fait ça. Quelqu'un avait prit ce gamin et l'avait balancé ici le laissant crever seul. Les poings du flic se serrèrent à s'en faire mal. Si ici on avait souvent affaire à des “petits” crimes comme du vol et les bagarres d’ivrognes, que l'on retrouvait des corps gelés de pecheurs sur glace imprudents, Lester savait reconnaître quand l’affaire allait plus loin que le local enneigé. Ici tout était faux, fabriqué. Ca puait une mise en scène morbide. Un trèfle à 4 feuilles dans la main et un papier avec une devinette dans l’autre.

De suite l’affaire le dépassait totalement, il en avait bien conscience. Mais il ne laisserait personne d’autre empiéter sur cette enquête là. Le commissaire Mark Garett; son "boss"  en avait fait l'amer découverte au retour de Lester au commissariat. Tel un pitbull il ne lâcherait rien aux flics locaux et nationaux. Mais c'était de plus loin qu'il fallait s'inquiéter. Alors meme qu'il préparait la remontée du corps du gamin, Garett était venu lui annoncer la - bonne-  nouvelle de l'implication britannique dans son enquête. Et qu'une collègue du meme pays allait venir “l’aider dans son enquête”, il sentit la puanteur s’intensifier. Le choix ne lui était pas laissé, ni à lui, ni aux flics du coin. Le ton était monté dans le bureau du commissaire pour finir avec la coupe de meilleur tireur de North Bay et dont était si fier le commissaire, balancée avec violence par Lester dans la vitre de son bureau. Une nouvelle retenue sur salaire ... et un blâme qui trouverait place dans le tas déjà présent.

La soirée au bar qui en avait suivi, s'était terminée déchiré à dormir sur la table. Une nuit peuplée de ce regard gelé qui le poursuivrait pendant longtemps. Ce regard qui en chassait un autre depuis trop longtemps hôte de son esprit.

La logistique pour déplacer le corps était plus difficile que prévue. Quelques flics avaient veillé sur la scène de crime, et c'est en début de soirée suivante qu'on avait pu faire transiter plusieurs véhicules jusqu'à la crevasse. Les routes déjà enneigée pour l'époque se transformaient rapidement en un mélange boue et neige dangereux. Il ne servait à rien de bloquer 40 personnes sur place. le gosse ne bougerait pas, ni les indices. Mais quand tout fut dégagé c'est un fourmillement de flics, de sauveteurs et d'officiels qui se déplacèrent sur les lieux. Entre volonté de commencer l'enquête et curiosité de voir un 'vrai mort". Lester les regardait s'agiter en tout sens, en tentant de calmer son envie de clope avec cette merde de nicotine en chewing gum.

C'était peine perdue, encore plus quand la procureure du comté s'amena avec sa clique de british au regard condescendant envers lui et ses hommes. Tidwell lui confia officiellement l'enquete, surement après âpre discussion avec Garett. Et lui présenta celle qui allait devenir son épine dans le pied. La jeune femme dénotait tellement dans cette ambiance. Elle rayonnait là où chacun ici n’était qu’une ombre hivernale. Ils s'observèrent un instant avant que les british ne partent. Mais Lester n'en avait pas finit avec eux. Sa voix s'éleva bien assez au dessus des machines ayant tractés le corps gelés dans la glace.


- Dites moi au fait,  il laissa à la procureure et aux autres anglais présent le temps de se retourner en piquant la cigarette d'un jeune collègue venant d'arriver, c'était pas la semaine pour arreter. Il alluma la clope, en tirant une longue volute - ca fait combien de temps qu’ils lui courent après les british? Le message était clair pour tous. Non Lester n’avait pas besoin d’une partenaire; il le clamait haut et fort par cette remarque assassine. Un léger rire du collègue derrière lui alors que la procureure revenait vers lui - Lester ce n’est pas le moment. cet enfant est mort Soufflant la fumée légèrement sur le coté, évitant de se prendre une arrestation en sus. - Vous croyez que je ne le sais pas? je connaissais le gamin, alors me faites pas chier avec ceux là il désigna du menton les britannique et la rousse qui se trouvait sur son passage. - Owen. travaillez avec eux. Sinon je vous décharge du dossier.. Et Tidwell partit sur ces mots laissant Lester et la rousse en face à face. Silencieux, à se juger, à se jauger.

La main est tendue vers lui par la jeune flic, signe de paix ? Signe de “tu n’as pas le choix coco alors fais -en ton boeuf” ? Il n’en savait rien, mais ne comptait pas faire ami ami avec elle. Il toisa la jeune femme de son metre 88 et ignora proprement cette main tendue passant près d’elle avec un - Super qui fut soufflé, entre dépit et colère qui se cognait à la réalité politique. Non il ne serait pas aimable. Non il ne l’aiderait pas. Il allait reprendre son véhicule pour suivre le cortège mortuaire quand un cri qui remplit le vide silencieux et respectueux de la remontée du corps. Un cri rempli de douleur. Une mère qui hurle sur le corps de son fils .


- Merde. Que pouvait-on dire d’autre dans ces cas là. La mère avait été prévenue la veille par un des flics du coin, ici on se connaissait plus ou moins. Mais la voir ici était un brise coeur. Pour tous.

Il s’avança vers elle, vers un eux brisé par le voile morbide. Attrapant la femme entre ses bras, il la détourna de cette vision irréelle, la gardant contre lui, l’empechant d’avoir comme dernière image de son fils ce corps tout frêle gelé, lacéré. Et elle hurlait encore se débattant, le frappant, voulant échapper à son étreinte, jusqu’au moment où ses forces l’abandonnèrent et qu’elle pesa plus lourdement entre ses bras, plus lourdement contre lui. Ses poings arrêtant de marteler son torse, ses cris ne franchissant plus la barrière de ses lèvres . Il n’y avait plus que les larmes et son souffle perdu . Policiers et sauveteurs regardant la scène comme dans un tableau, arret sur image, aucun son autre que cette respiration haletante ne brisait leur silence. Il avança ses lèvres jusqu’à l’oreille de la mère éplorée murmurant rien que pour elle une promesse - Je vais retrouver celui qui a fait ça.

Peut-etre que cette phrase agit comme un électrochoc chez la mère, peut-être que sa tristesse se muait en colère. Elle s’éloigna des bras du flic, en le regardant. Tournant comme un lion en cage sur elle meme, son index s’agitant devant lui sans paroles elle cherchait en elle la force de parler et le trouva enfin - Tuez le. Vous m'entendez? Vous le tuez.

Ce n’était pas une demande, ce n’était pas un ordre, simplement une finalité logique à cette enquête. Œil pour œil. Ici on ne voyait pas d’autres façon de régler les affaires. Peu à peu le brouhaha se fnt à nouveau entendre quand on déplaça le corps sur la glace pour le charger dans un camion, suivi de la mère et d'une jeune flic locale qui essayait de ne pas pleurer. Quelques voitures suivirent le départ, le reste de l'équipe finissant de recueillir la moindre feuille .. au cas où. Le regard circulaire du flic sur la foret enneigée stoppa sur la rousse frigorifiée. Leurs regards s'accrochèrent un instant avant qu'il ne lui désigne du menton un 4x4 noir ayant quelques Km au compteur mais ici il ne servait à rien d'avoir la voiture dernier modèle. Quand ils furent tous deux à bord, il se tourna vers elle dans l'habitacle - Ok. Vous allez me dire tout ce que vous savez de ce tueur. Sinon c'est moi qui vous balance dans une crevasse.  Elle pouvait voir dans son regard bleu qu'il ne plaisantait pas, au moins sur le fait de la planter ici.




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"Liam est doux, Liam est fougueux, Liam est viril :ouloulou: :ouloulou: hum hum " @mioon
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J'ai 27 ans et je vis depuis peu à North Bay au Canada, mais je ne compte pas hiberner là-bas. Dans la vie, je suis une enquêtrice brillante en chasse de vérité Je m'en sors au mieux. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire depuis quelques mois, humiliée et bafouée par les jeux vils d'un homme que j'ai longtemps aimé et je le vis franchement mal.



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Un petit flocon de condescendance anglaise typique, demoiselle je sais tout et juge tout le monde. Un petit claquement de langue tout aussi british et enfin une chevelure ambrée et une peau laiteuse perlée de tâches de rousseurs qui dénotent des origines écossaises lointaines de la mère. Le genre de première impression un peu trop... Trop, qui revient souvent, et qui ne lui correspond pourtant pas, quand on la connait (ça reste à prouver). Héritage de l'éducation aristocrate dont elle aurait préféré se passer. Car Narcissa, c'est avant tout la bonne humeur et la gaieté, l'excitation de l'action et de la curiosité, le sérieux sur les tâches et l'implication toujours bien trop émotionnelle. Un rayon de soleil qui anime les cœurs mais en étouffent beaucoup d'autres.

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Young, grande dynastie britannique. Femmes et hommes de pouvoir, de renom. Des avocats, des politiciens, de grands personnages au bel avenir, au beau paraitre; et puis il y a Narcissa. La grande déception. Benjamine d'une fratrie au génie vicié, guidé par l'opulence et l'hypocrisie latente d'un milieu qui n'a jamais été le sien. Tom, ainé à la tête des finances familiale, Bill, cadet, illustre avocat des affaires, superbe arnaqueur au charmant sourire trompeur. Et puis la troisième, Emma, politicienne en quête de reconnaissance du paternel qui ignore tout de ses exploits. Qui ignore tout sur tout les concernant de près ou de loin, qui s'en fout, de sa famille, de tout ce qui ne lui rapporte rien, à lui. Au fond, Cissy est la seule à l'avoir compris. Vivre pour soi est libérateur, mais a un prix.

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Premiers mots, et l'ours balaya d'un grand coup de patte tout ce que Narcissa avait pu imaginer sur son dossier. Elle ne s'était attendu à rien, pourtant. Vraiment rien. Et il parvint quand même, par un miracle certain, à lui donner l'impression d'avoir été trompée. Dans quel traquenard l'avait-on fourrée ? À quelle espèce d'animal l'avait-on ligotée ? D'habitude, elle était celle qui se mettait dans des situations pas croyables, elle n'avait clairement besoin de personne pour ça.

Naïvement, peut-être, elle avait au moins pensé dans l'avion qu'elle aurait eut le courage de rester de marbre, de ne pas se faire remarquer, se créer de nouveaux ennuis comme elle savait si bien y faire. Se moquer en silence de tout ce que ce grincheux personnage pourrait bien déblatérer, laisser couler, rester en retrait... ne pas s'impliquer. Haha. Idiote, évidemment que tu en es incapable, tu te mêles tout le temps de tout -surtout ce qui ne te concerne pas- Un méfait de l'éducation parfaite de sa si parfaite famille. Finalement, ils n'avaient pas tout réussi à façonner chez elle. Maigre victoire. Si seulement c'était suffisant.

Il ne s'était pas adressé à elle. Ne la voyait même pas comme une Personne. Colère fugace s'éprit du cœur feu de la rousse, jusqu'alors sage, patient et curieux. Le fantôme d'un sourire innocent, des paroles toutes aussi légères... mais des mots tranchants...

— Et combien de temps que vous cherchez l'enfant ? Enfin, vous avez le mérite de l'avoir trouvé... j'imagine.

La brisure des deux mondes. Drapé soyeux aux brûlures doucereuses déposé délicatement en pleine tempête d'hydrométéore. Rencontre fracassante qu'elle aurait dû éviter, au moins tenter de maitriser. Maigre effort qu’elle ne parvint pas à canaliser. Fougue de la jeunesse ? Non, folie consciente d'une Young révoltée. Le manque de respect ne passait pas. Ce n'était pas comme ça que ça devait se passer. Regard noisette plein d'étincelles provocantes. Elle ne le quitta plus des yeux. S'il n'avait pas la décence et l'éducation de regarder en face ceux qu'il injuriaient, ce n'était pas son cas à elle. Une guerre d'égo puérile et chronophage, qui n'avait pas lieu d'exister en de telles circonstances. Le sourire auparavant emprunt d'un peu de malice laissa place à l'amertume. Ce vieil ours ne savait rien de tout le temps, de toute l'énergie, de toute la rage mortifère qu'ils avaient donné, et donnaient encore, pour choper ce fou furieux. En tout cas, si cela ne sembla pas toucher tant que ça Parker, qui n'avait jamais bossé sur le dossier; la rousse, elle, Savait et ne pouvait laisser passer tel affront irrespectueux, pour elle, comme pour ses collègues et les familles des victimes.

— Sergent, s'il vous plait, ne commencez pas, on en a déjà discuté.

Parker gronda doucement, pour la forme, mais le ton n'y était pas. Le jeu de regard prit fin alors que la procureure s'éloignait. Narcissa haussa les épaules avec nonchalance et Parker soupira en suivant la canadienne.

Un contre un ou l'un avec l'autre ? Du bleu pourpre au rouge cyan, rien de tout ceci ne fit sens dans sa tête. L'anglaise reprit ses esprits après un petit moment, son regard vacilla sur le corps du garçon congelé, tracté non loin d'eux. D'un geste machinal, elle referma les pans de son trench tout contre elle. Il faisait froid. Il n'y avait pas que ce garçon qui était gelé ici. Tous. Tout était glacial. Ces canadiens, cette affaire, ce pays, ces voix, ces âmes en peine. Les poignards de l'hiver prématuré et les blanches meurtrissures creusées de neige et de silence morbide. Alors elle reprit une bouffée d'oxygène et lança des présentations pour repartir sur des bases saines. Quelles bases ? Celles mêmes qu'aucun d'eux n'avait tenté d'enjoliver ? Elle voulait au moins qu'ils jouent le jeu ensemble, fassent semblant, se supportent sans vraiment que ce ne soit le cas. Hypocrisie latente mais nécessaire, s'il fallait en arriver là, pour le garçon. C'était comme ça qu'on faisait là-bas, en Angleterre. On jouait de grands mots, de jolies phrases hautaines et on finissait par y croire... ou par tout détruire. En réalité, Narcissa, elle, n'avait jamais trop réussi, préférant de loin la confrontation aux mots taiseux, la franchise rude aux bassesses de l'humain couard. Mais, là, tout de suite, elle ne voyait pas comment reprendre de zéro une partie qui n'avait même pas commencée dans les règles de l'art.

Il la laissa là, avec sa main tendue et son sourire qui ne semblait faire fondre personne, en ce monde si malade de lumière censurée.

— Super ? Qu'est-ce que ça veut dire, ça, "super" ? chuchota la rousse pour elle même, interloquée.

Il passa son chemin, l'ignorant superbement. Ça commençait bien. Très bien. Narcissa resta plantée là, sur place, un peu trop longtemps au vu des regards qui se mirent à l'observer avec plus d'insistance. Une main toujours tendue qui se transforma maladroitement en une petite salutation signifiant "Salut les gars, tout va bien, tout se passe très bien!" Si seulement.

— Eh ! Où est-ce que vous.... mais, attendez-moi !

Pointe de panique, pauvre petite fliquette abandonnée au beau milieu du désert blanc. La rousse se faufila entre les hommes en uniforme au petit trop, jusqu'à retrouver l'animal... se comportant un peu moins en tant que tel.

Elle assista, démunie, à une scène tragique et poignante, entre la mère du pauvre garçon et son collègue-qui-ne-voulait-le-devenir. Sa gorge se serra, et elle se renfrogna aussitôt après deux clignements des paupières. Il n'était pas question qu'elle recommence à plonger dans ses travers. À se fondre de sentiments dangereux et s'y perdre dans les abysses ; car c'était toujours ainsi que cela finissait. Une froideur qui ne l'habitait jamais s'empara de ses traits, de son cœur, l'espace de l'entrevue privée qui la mettait mal à l'aise. Elle examina vaguement d'où elle se tenait, le corps du petit emprisonné derrière les barreaux glacés. L'on ne pouvait distinguer la teneur de la devinette, mais c'était bien l'une des siennes. Et le trèfle. Des signatures qu'elle reconnaitraient entre mille. Elle ne put entendre ce que l’Inspecteur lui murmura à l'oreille, mais la rousse se dit à elle même qu'elle serait de cette promesse.

Son attention se reporta sur la scène laissée de côté quand la mère éplorée se mit à hurler sa rage à plein poumons. Évidemment, que cet Owen Lester cachait bien plus que cette brutalité apparente qui vibrait en chacun des êtres présents dans ce pays. Évidemment, que cette pauvre mère était effroyablement meurtrie après tel malheur qui s'abattait sur sa famille. Espoir de vengeance. La colère. Sans doute ce qui les faisaient tenir, tous, ici bas. Ce feu qui leur manquait vibrait là-dedans. Évidemment, que c'était un bon flic qui ferait tout pour résoudre l'enquête. Pour l'instant ce serait suffisant pour Narcissa.

Retour au chaud, ou ce qui y ressemblait de loin. Un 4x4 puant la clope et jonché de quelques ordures qu'elle vint pousser d'un coup de pied. Homme névrosé, mais efficace. Mouais. Elle passerait outre, ça ne la regardait pas...... enfin s'il s'essayait à faire des efforts, ce qui n'était pas gagné vu la façon dont il reprit ses mauvaises habitudes qui ne lui avaient déjà pas plus, un peu plus tôt.

Il avait l'air sérieux. Elle, ne comptait pas l'être tant qu'il ne changerait pas d'attitude avec elle.

— Vous savez Inspecteur, c'est pas aussi simple que ça. Les ultimatums, ne sont jamais vraiment très attrayants que dans les films et les séries, siii, vous savez, ce moment de suspense intense où l'antagoniste et.... enfin bref. Imaginons la scène : moi qui vous donne tout ce que vous voulez sur le champ, vous qui vous débarrassez de moi aussitôt fait, et qui continuez dramatiquement l'enquête, seul, tête baissée, en ours solitaire. Sauf qu'il manque quelque chose, là, vous ne voyez pas quoi ?

Les mots venaient d'être lancés de façon un peu exagérée, avec des mimiques et des mains qui dansaient. Un peu trop, ou jamais assez. Comme tout ce qu'elle faisait, disait... était. Un petit théâtre à elle toute seule. Elle ne se foutait pas de sa gueule, ou presque pas, mais n'appréciait pas qu'on la rabaisse à ce qu'elle n'était et ne serait jamais : un futile pion dans un jeu d'échec. Il ne pouvait pas la jeter sans sourciller, pas alors qu'elle était en fait la reine... ou au moins une cavalière.

Ah, décidément, voilà qu'elle finissait par penser comme ce sordide détraqué. Le corbeau. C'était lui, le véritable maitre des jeux. Si l'Inspecteur ne réalisait pas rapidement que sans la rousse, il n'arriverait à rien, ils seraient tous fichus.

— Madame la procureure ne sera pas en joie de me recevoir en larmes après avoir été malmenée par mon coéquipier... Peut-être m'en fera-t-elle changer ? Allez savoir.

Remarque aux apparences ingénues. Regard qui pétille, sourcil légèrement arqué. Il ne fallait pas la prendre pour une conne, il pouvait bien la balancer, là, maintenant, tout de suite, que ça ne changerait rien à son sort.

— Je suis là pour rester, vous finirez bien par l'accepter. lança-t-elle en se renfonçant dans le siège, toute trace de chaleur insolente disparue.

Le froid et son grand retour. "Là pour rester", c'était vite dit. Elle avait déjà hâte de finir l'enquête et de fouiller dans les histoires de ce misanthrope pour vite retourner à Londres. Mais ce n'était que rêve, qu'utopie. Cela prendrait du temps... Beaucoup de temps. Un long soupir traversa les lèvres de la jeune femme qui semblait réaliser que rien de tout ceci ne les aideraient. Elle passa une main dans sa longue chevelure pour venir replacer une mèche rebelle. Son regard retrouva celui ombragé, peu aimable, de son acolyte de mauvaise aventure. Sérieuse et franche. Elle même, le temps des vérités. De poser les choses clairement.

— Écoutez, je ne suis pas votre ennemie. Il n'y a que Le corbeau qui compte à mes yeux, ce malade qui a enlevé ce pauvre garçon à sa mère, à sa famille. Mais je suis un être humain, moi aussi, du moins, aux dernières nouvelles, et je ne suis pas officiellement sous vos ordres donc ce n'est certainement pas en me snobant, encore moins en essayant de m'intimider que vous ferez avancer l'enquête. Ce partenariat ne m'enchante pas plus que vous. Si nous pouvions éviter de rendre les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà, ça arrangerait beaucoup de monde, croyez-moi. Plus vite nous le chopperons, plus vite je retournerais de là où je viens, plus vite vous serez tranquille.

Flash de la scène avec la mère. Narcissa fronça les sourcils.

— Ce n'est pas une question de règlement de compte. On est pas au far west. Vous ne savez rien de ce sinistre détraqué, et il aurait été préférable que ça reste ainsi, je vous l'accorde... Mais c'est arrivé, c'est comme ça. Je vais vous aider, que vous le vouliez ou non, je veux vous aider, le retrouver au moins autant que vous, et depuis si longtemps... Ça arrivera, mais pas si vous m’empêchez de vous épauler, de faire mon travail. Vous avez besoin de moi, et peut-être que sur l'instant ça ne vous fait pas tilt, mais ça viendra. Je vais m'en assurer.

Elle n'était pas sa suspecte, pas plus qu'une chienne à qui on disait assis. Il était hors de question qu'elle le laisse croire qu'il pourrait lui cracher des ordres ou la prendre pour une incapable. Sûre d'elle, elle parlait, trop, était-ce seulement surprenant ? Il s'y habituerait. Elle avait, elle aussi, beaucoup de rage en elle, une détermination de lionne et si peu de considération pour l'Impossible. Ils y arriveraient, si elle la laissait Être. Elle le désirait plus que toute autre chose en l'instant. Retrouver cette ordure.

— C'est la première fois qu'il s'en prend à un enfant. souffla Narcissa alors que le moteur du véhicule s'échauffait enfin.

Son regard lagon se perdit à travers la fenêtre entre les Monts et les Blancs. Sourcils froncés. Tout d'un coup, il disparut. Il était à côté d'elle, mais elle ne le vit plus. Lester. C'était elle et ses songes qui se mêlaient, se parlaient, essayaient de chercher du senslà où tout se brouillait de flocons.

— Plus le même territoire, changement de cible, mais toujours le même mode opératoire... Il modifie les règles, reprends le contrôle... Mmh, à quoi tu joues, Corbeau ?

La jeune flic réfléchissait à haute voix, perdue dans les fin fonds de sa planète, de son univers infranchissable. Seule. Concentrée. Elle ne lui avait encore rien dit sur celui qui semblait lui travailler l'esprit. Si l'Inspecteur était un grand solitaire (en plus d'un homme clairement infréquentable), elle était elle aussi habituée à bosser seule. Sa partenaire en payait bien souvent les frais d'ailleurs. Mais il fallait dire qu'elle était idiote, celle-ci, et qu'elle ne lui manquait pas.

Enfin, un sursaut d'éveil. Elle tourna son visage vers le profil du grand canadien, focalisé sur la route.

— C'est un profil de psychopathe à l'esprit scientifique qui se complait à organiser minutieusement ses meurtres selon une méthode bien précise. Cinq victimes, six avec le petit Matthew Cooper. Pour lui, ce sont des expériences humaines, des jeux sadiques qui rentrent dans une logique malsaine qu'il est seul à comprendre. La première victime était une jeune femme de vingt-six ans, Ariana Lawson, retrouvée assassinée chez elle, à Londres, ligotée à une chaise, face à un fusil maintenu par un trépied. Un détonateur et puis... Geste vague de la main, éclat de de douleur dans le regard. Elle se souvint de ce premier corps retrouvé, qui fut le sien aussi. Première enquête. Premier échec, en compagnie d'un très grand flic, son mentor, maintenant parti à la retraite.

— Elle tenait une énigme... une "devinette" entre les mains, et un trèfle à quatre feuilles. Les quatre autres victimes avaient le même profil : des jeunes femmes ayant fait de brillantes études issues de milieux aisés, en grand succès dans leur vie active, heureuses en ménage, certaines jeunes mamans, désireuses de réussir... de vivre.

Enfin, ils arrivèrent à destination. Narcissa put découvrir les locaux de la PJ canadienne. Aucune surprise, et pourtant un frisson la parcourut alors qu'elle marchait dans les couloirs blancs et peu animés. Elle s'attarda sur chaque recoins des lieux, souriant à quelques flics qui l'observaient avec curiosité et insistance. Il y eut bien un jeune homme qui lui répondit timidement d'un signe de la tête. Une unique personne civilisée dans ce pays peuplé d'animaux sauvages. Ce n'était pas gagné, loin de là.
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