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 A nightmare dressed like a daydream.| bananabread

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Lady Furiosa
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MESSAGES : 100
INSCRIPTION : 08/04/2018
RÉGION : Pays de la Loire
CRÉDITS : Jézabel

UNIVERS FÉTICHE : City, HP, medfan, post-apo ...
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

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7ei5.pngMise en Situation


Nous sommes au mois de décembre 2019. Alors que la plupart des familles se préparent au marathon des fêtes de fin d'année, deux autres, peu communes, s'envolent à bord de leurs jets privés pour une île paradisiaque au milieu des fameuses Caraïbes. Ici, il sera aussi question de trêve, mais d'une forme bien différente que celle que l'on s'imagine en cette période ! Car ces deux familles influentes espèrent s'unir par les liens du mariage grâce à leurs enfants, dans le but affiché de faire prospérer encore plus leurs affaires.
Nul doute que le cadeau qu'ils comptent déballer aux deux héritiers de leurs empires aura le goût d'une pomme empoisonnée. Un fruit que ni Tobias, ni Serena, n'escomptent goûter. Ou en tout cas, c'est ce dont ils sont persuadés.


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Serena Holland
J'ai vingt-cinq ans ans et je vis à New York City, la seule ville qui compte. Dans la vie, je suis supposément héritière d'un empire, mais encore faudrait-il que l'on croit en mes capacités. Du coup, je suis influenceuse beauté et mode, en train de créer ma propre marque de vêtements de seconde main nommée « One life, two chances » dans le plus grand secret.. De fait, je m'en sors plutôt bien, quoi qu'en pensent les mauvaises langues et la presse à scandales. Côté cœur, je suis une célibataire à qui l'on prête de très nombreuses relations avec des hommes divers et variés depuis ma majorité (voire plus tôt).

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➔ Les Holland sont l'une des familles les plus anciennes et les plus influentes de New York.
➔ Bien que beaucoup pense le contraire, s'arrêtant à son image publique et à son apparence, Serena est d'une redoutable intelligence.
➔ Elle rêve de reprendre l'empire de son père, en tant que fille unique, mais ce dernier n'y songe même pas. Patriarcat oblige dans la bonne et vieille société, il lui manque un service trois-pièces pour y prétendre, selon lui.
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Ester Esposito :copyright:️ SACCAGE


La blonde avait regardé l'étendue azurée, à la fois minuscule et gigantesque, devenir leur seul panorama. Sous les quelques milliers de pieds où le jet était perché, oiseau mécanique contre-nature mais si pratique pour les êtres dépourvus d'ailes qu'ils étaient, elle avait laissé ses prunelles vagabonder, de même que son esprit. Ils avaient laissé derrière eux le climat hivernal rugueux de l'Upper East Side, abandonnant les débuts de la saison froide pour un, bien plus clément. Contre toute attente, celle que l'on surnommait « La Diva de la Cinquième Avenue » ne faisait ni la moue, ni ne pianotait sur son smartphone dernier cri. Au contraire, elle paraissait paisible, pour la plus grande surprise de son assistante, Romy. Cette dernière la lorgnait entre deux checks des fils d'actualité des divers réseaux sociaux où l'héritière Howland laissait chaque jour son empreinte. Un travail à plein-temps dont son employeuse n'était pas mécontente d'être quelque peu déchargée grâce à son employée, efficace et organisée. Surtout alors qu'elle s'accordait des vacances bien méritées - enfin, si l'on pouvait appeler ça ainsi. Ses profils et autres timelines seraient inondées de sa silhouette élancée dans toutes les tenues et positions possibles, comme toujours.
D'ailleurs, à peine fut-elle descendue sur le tarmac que Romy lui rappela que cela faisait près de douze heures qu'elle n'avait rien posté. Ayant retouché son maquillage avant de descendre, elle s'empressa donc de prendre un selfie la présentant sous son plus beau profil, en contre-plongée, marqué des hashtags « enfin arrivée » « fly away » « holidays » « queen of the caribbeans » et consorts censés nourrir sa popularité.

Elle grimpa dans la berline qui l'attendait, laissant le soin aux domestiques - extrêmement nombreux sur l'île des Howland - de s'occuper de ses bagages. De même, on l'accueillit avec les égards lorsqu'elle arriva à la seule et unique demeure de l'île. Demeure qui ressemblait à s'y méprendre à un château des temps modernes, puisqu'il comportait pas moins de quinze chambres, autant de salles de bain et quelques quatre salons différents. Sans compter la longe de plages privées, de criques et autres pièces ou lieux dédiés à des activités diverses et variées. « Miss Holland, quel plaisir ! » s'exclama la responsable de maison, une femme d'un certain âge, à la superbe peau chocolat, qu'elle connaissait depuis l'enfance. Serena lui renvoya son sourire le plus chaleureux et le plus sincère avant de lui serrer la main. Autant dire qu'elle ne se serait pas encombrée d'une telle considération à New York pour une employée, mais qu'ici, elle pouvait faire quelques entorses à cette étiquette de classes. « Il est partagé, Paulina. Ma chambre est prête, je suppose ? » Son interlocutrice acquiesça vivement et l'invita à entrer. Elle l'informa que ses parents étaient déjà arrivés et qu'ils attendaient leur chère fille pour dans une heure, dans le salon d'été. « Ainsi soit-il ! » fit mine de déplorer la blonde cependant qu'elle s'avançait dans le gigantesque hall style baroque, vers le tout aussi impressionnant escalier en colimaçon. Une heure ? A peine le temps de se rafraichir ! Sans doute qu'ils devraient attendre. Mais, après tout, ce n'était pas comme s'ils n'étaient pas habitués, depuis le temps.

Et pour cause, la jeune femme ne se présenta pas à l'heure convenue. Une demie-heure avait dépassé le délai imparti et transmis par Paulina. A sa décharge, outre le fait qu'elle considéra qu'elle méritait bien ce retard, elle pensait qu'il s'agissait simplement de retrouvailles familiales, auxquelles succèderaient un dîner de "bienvenue" fastueux, ainsi qu'ils en avaient l'habitude. Pour autant qu'elle sache, il n'était pas question que qui que ce soit d'autre se joigne à la fête. Néanmoins, comme en toutes circonstances, elle s'était apprêtée avec le meilleur goût. S'adaptant à son nouvel environnement, elle avait revêtu une robe légère, longue et vaporeuse, en coton rouge. Une large bande dorée en soie rehaussait sa taille fine, assortie à des escarpins vertigineux. Ses cheveux avaient été lissés en arrière, dévoilant ses lobes où s'accrochaient vaillamment des pendants fins et longs, en ce qui semblait être des diamants et de l'argent pur. Tout en descendant l'escalier emprunté un peu plus tôt, elle appréciait de voir ses likes grimper en flèche grâce à la photo de sa tenue postée à peine une minute auparavant. Un sourire satisfait ourlait ses lèvres carmines. Sourire qui s'estompa lorsque sa mère, Alice Holland, l'alpagua par son prénom sur un ton joyeux - bien que teinté d'un soupçon de reproches -, la forçant à relever le nez et donc, à découvrir que finalement, ils n'étaient pas aussi seuls qu'elle l'avait cru. « J'ignorais que nous avions des invités. » lâcha-t-elle aussitôt, s'efforçant de poursuivre son chemin et non de céder à son instinct de retourner sur ses pas. En effet, elle avait sous les yeux rien de moins que le "pire ennemi" de son père, son plus grand concurrent en affaires, accompagné de sa chère épouse et de ... Leur terrible fils, Tobias. Elle retint une moue des plus contrariées pour laisser ses traits devenir impavides. Malgré sa réputation de peste, Serena était tout à fait capable de contrôler ses émotions et de se comporter avec la correction qu'exigeait son rang. Du moins, pour l'instant, tandis qu'elle rejoignait tous les convives dans le salon.

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Tobias Jones
J'ai vingt-cinq ans ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis en train de reprendre les rennes de l'empire Jones et d'apprendre les rouages complexes des investissements financiers auprès du meilleur, mon père. De fait, je m'en sors très bien financièrement, la vie parfaite si on en croit les tabloïds. Côté cœur, je suis célibataire, coureur de jupons, incapable de faire confiance à une femme par peur d'être blessé en retour. Alors mieux vaut donner le premier coup.

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➔ L'empire Jones a construit sa réputation et sa fortune sur des générations de travail. Investisseurs connus et reconnus à travers le monde, ils se concentrent sur divers centres d'activités. Mais depuis l'arrivée de Tobias aux côtés des hauts dirigeants, de nouvelles pistes se développent, tout doucement. Projets d'aide humanitaire, énergies renouvelables, recherches médicales. Des sujets chers à ses yeux, qui méritent bien plus leur argent que l'armement ou le nucléaire.
➔ Diplômé de Oxford, Tobias a dû construire sa place dans l'entreprise familiale. Ce n'est que récemment, maintenant qu'il a fait ses preuves, que son paternel a décidé de l'introduire aux rouages de l'entreprise.
➔ Tobias avait d'autres rêves que celui de devenir un requin du monde des finances. Mais par peur de décevoir ou simplement d'échouer, il a préféré se couler dans le moule du destin, fabriqué avec soin par ses parents même si il a toujours mis un point d'honneur à limiter leur intervention à la vie professionnelle.
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➔ Couleur : #3366cc



Robert Pattinson :copyright:️ HOODWINK


Trois semaines. Voilà trois semaines que le ciel londonien n'avait pas tiré l'épais rideau de nuage gris propre à la saison hivernal. Il ressert son manteau autour de lui, hélant de la main un taxi noir. Sans grande considération pour le chauffeur, il se contente de se glisser sur la banquette arrière et d'indiquer l'adresse de la propriété Jones. Bien sûr, il aurait pu faire appel à un des chauffeurs privés de ses parents. Mais cela revenait à perdre la discrétion de l'adresse de sa garçonnière récemment acquise dans le centre de Londres. Loin du faste du manoir de banlieue vers lequel il roule à présent, l'appartement, niché sous le toit d'un vieil immeuble de la capitale, lui convient très bien. Refuge à sa vie pourtant si parfaite, comme on ne cesse de le lui répéter dès lors qu'il met un pied en société. De l'argent, un avenir tout tracé, jamais à se soucier de comment boucler les fins de mois, jamais à avoir à penser à son futur. Le confort absolu selon certains, une prison dorée selon lui. Et pourtant, Tobias ne rechigne pas à la tâche. Il se coule dans ce moule qui selon lui est inévitable tant il en est imprégné jusqu'à la moelle et accepte de jouer son rôle dans toute cette comédie. Il fera bonne figure aux événements mondains, sourira toujours lors des séances photos et ne refusera jamais une danse à sa mère lors des bals caritatifs qu'elle organise une fois par mois. Mais cette petite parenthèse d'intimité, il y tient. Bien sûr, ses parents ont déjà organisé des dîners avec "des filles bien sous tout rapport" comme aime les qualifier sa mère. Des filles de bonne famille, des duchesses, des héritières. Des filles trop lisses, trop polies ou trop gâtées. Rien qui ne le fasse vibrer, bien qu'il se soit toujours bien comporté en leur présence sans jamais leur faire espérer plus qu'un dîner arrangé par leurs parents respectifs.

Le jeune homme croise son propre regard dans le rétroviseur intérieur du cab londonien. Yeux fatigués de celui qui vient de s'extirper du lit, barbe de deux jours et même chemise que la veille, il sait que les remarques sur son accoutrement vont pleuvoir, à peine aura-t-il passé la porte sans compter les photos de la nuit passée qui ne tarderont pas à faire couler de l'encre. Encore une nouvelle proie pour le jeune héritier Jones aux jambes interminables et à la plastique aussi parfaite que l'intérieur sonne creux de superficialité. Une façon comme une autre de se protéger des peines de coeur et des croqueuses de diamant qui font de leur corps un appât pour tous les gros poissons de la ville. Le taxi s'arrête devant l'immense propriété et il tend plusieurs billets au chauffeur, sûrement bien plus que ce qu'affiche le compteur, mais l'homme ne tente pas de le retenir pour lui rendre sa monnaie alors qu'il s'avance déjà vers le grand portail. Dans le salon de réception, sa mère est déjà prête dans son tailleur pantalon crème, une tasse de thé à la main, le Guardian de l'autre. "Tu es en retard Tobias. J'ai fait préparer tes affaires par la gouvernante." Elle daigne enfin lever les yeux vers lui, le dévisageant de bas en haut. "Tu as une mine épouvantable." Le jeune homme lève les yeux au ciel en haussant des épaules. "Je dormirai dans l'avion." Elle fait mine de ne pas avoir entendu, continuant sa lecture. Il sait qu'elle a déjà vu les photos et qu'elle désapprouve. Sa mauvaise humeur suffit à le punir de ne pas coller aux standards familiaux en matière de fille de bonne famille.

Quelques heures plus tard, les voilà en route pour l'aéroport. Sur le tarmac les attend un jet privé. Une voiture noire est déjà garée aux abords de l'engin volant. Dans l'habitacle de l'avion, Mr Jones père est assis sur un des sièges en cuir, téléphone vissé à l'oreille, regard perdu sur la luminosité qui disparaît déjà. Avec cette grisaille, on ne voit presque plus la différence entre le jour et la nuit. Tobias se glisse sur le siège d'en face alors que sa mère, toujours muette et le visage fermé, s'isole à l'autre bout de l'appareil. Jones père finit par raccrocher, fronçant les sourcils en dévisageant son fils. "Elle désapprouve ma sortie d'hier soir." "Pourtant, elle était charmante cette brésilienne. Comment se prénomme-t-elle ? Mon assistante me l'a dit mais j'ai oublié." "Moi aussi." "Je vous rappelle que je vous entends." Ils échangent un sourire complice alors que l'avion se met en route. Des fêtes de fin d'année studieuses, à base de dîners d'affaire et de discussions sur les prochains investissements de la société, ce n'est pas la première fois qu'il y assistera. Mais si d'habitude, il est cantonné au rôle de figurant, Tobias se réjouit d'avoir enfin son mot à dire. Cette fois, il prendra part aux négociations. On sollicitera son avis. Une grande étape dans son parcours professionnel qu'il ne se privera pas d'arroser de champagne en retournant à Londres. Les heures de vol s'écoulent dans le silence, entre sieste mérité et travail sur son PC portable. Il est dix-sept heures, heure locale, lorsque l'avion se pose et qu'enfin le soleil chaud des Caraïbes caresse sa peau. Dose massive de vitamine D qui lui arrache un sourire alors qu'il ajuste la veste de son costume. Même sous plus de trente degrés, l'apparence fait tout et hors de question de troquer son costume blanc et noir pour une tenue plus décontractée. Les Holland les accueillent sur leur île privée et l'endroit est aussi paradisiaque que dans ses souvenirs de gosse. Le sable fin, les eaux turquoises et la demeure majestueuse, tout est digne d'un parfait conte de fées. Mr et Mrs Holland les attendent, verres à la main et l'air décontracté des Américains sur le visage. Tout semble plus simple et moins guindé qu'en Angleterre bien que tout cela ne reste qu'une mise en scène. Les deux familles rivales ne sont pas là pour partager la magie des fêtes de fin d'année et il est hors de question de perdre de vue leurs objectifs financiers, malgré le décor de carte postale. Le jeune homme s'empresse de répondre aux mondanités d'usage, échangeant sourires et discussions légères avec leurs hôtes. Il est presque soulagé de voir que leur fille ne fera pas partie du séjour et d'éviter de devoir faire bonne figure devant une énième héritière pourrie jusqu'à la moelle par les privilèges de son rang.

On les invite à poursuivre la discussion dans le salon et il se détend enfin, plaisantant de la grisaille londonienne avec Mrs Holland, revenant sur l'historique des derniers investissements en robotique médicale expérimentale avec Mr Holland. Il masque sa déception quand leurs hôtes expliquent attendre leur progéniture pour passer à la suite des festivités. Heureusement, les nombreuses années à devoir nier ses propres émotions pour ne laisser qu'une surface lisse visible à la société sauvent bien l'agacement qui aurait déjà dû prendre place sur son visage. Seul le regard noir adressé à sa mère qui a sûrement dissimulé sciemment l'information pourrait le trahir mais elle se contente de lui adresser un sourire en coin, bien trop heureuse d'avoir su piéger son fils avec tant de facilité. Et enfin, la princesse daigne faire son apparition. Son retard ne fait que renforcer l'image négative qu'il s'est déjà fait d'elle, s'ajoutant à la longue liste des défauts de la catégorie "Héritière" dans laquelle il l'a déjà glissé. Bien sûr, elle est magnifique, élégante et elle n'a rien à envier aux mannequins qui partagent d'habitude les nuits de Tobias. Mais comme toutes les autres filles de leur classe sociale, il ne voit que la superficialité, l'air suffisant et hautain et cette certitude que tout, absolument tout, leur est dû sans concession. Il en oublierait presque de sourire et de se montrer aimable si sa mère n'était pas là pour le lui rappeler de son regard autoritaire. "Tobias, je suis sûre que tu te rappelles de Serena." Il est tenté de lui rétorquer que non, il n'a pas gardé un souvenir impérissable de la gamine de six ans, rencontrée au détour d'un dîner d'affaires pompeux où ni l'un ni l'autre n'avait le droit d'ouvrir la bouche pendant que les adultes débattaient du cours de la bourse mais il se ravise se contentant d'un sourire et de saisir la main de la fille Holland pour un baise main dans la plus pure tradition européenne. Il sent déjà dans son dos leurs mères respectives roucoulées de satisfaction. "C'est un plaisir de vous revoir. Je ne savais pas que vous feriez partie du voyage mais c'est une agréable surprise." Son discours sonne aussi creux que la personnalité qu'il lui imagine mais les beaux discours semblent satisfaire la sphère parentale. "Vous formez un si beau duo tous les deux. Harry darling, et si vous disiez deux mots". Jones père se racle la gorge, évitant soigneusement le regard de son fils. Tobias le sent, l'étau du piège qui se referme. Trop de sourires en coin, trop de satisfaction sur le visage de sa mère. Et de leur côté, ce même air d'incompréhension. "Oui tout à fait. Pourquoi attendre pour annoncer une si belle nouvelle, qu'en pensez-vous ?" Les Holland hochent du chef et Tobias parierait plusieurs milliers de livres de ne jamais avoir vu un si grand sourire sur le visage de sa mère. "Comme vous le savez, nous sommes chacun à la tête d'un véritable empire. Et un empire ne demande qu'à s'étendre, à s'agrandir. Pour cela, nous avons décidé d'unir les sociétés Jones et Holland afin d'asseoir nos positions à travers le monde. Et quelle plus belle union ... qu'un mariage." Une chute de huit étages, sans filet, sans rien pour diminuer la vitesse effrayante avec laquelle il va s'écraser au sol. Tobias a abandonné sa façade lisse et fait tomber le masque social. Ne persiste que la sidération. Les mots résonnent à ses oreilles mais il a bien du mal à leur donner du sens. Mrs Holland applaudit, suivie de près par Mrs Jones alors qu'une domestique apporte une bouteille de champagne d'un grand cru. La mise en scène poursuit son cours alors que les parents Holland lui serrent chaleureusement la main pour le féliciter. Pour la première fois depuis des années, sa mère semble fière de lui, ce qui en temps normal marquerait un tournant décisif dans leur relation mais qui le laisse cette fois-ci complètement de marbre. Le jeune homme marque un geste de recul quand Jones mère avance une main vers son bras. "Un mariage, c'est-à-dire ?" Elle laisse échapper un rire forcé qui lui donne envie de frapper contre les murs. "Tobias, ne fais pas l'imbécile ! Un mariage est une façon unique d'unir deux familles aussi influentes que les nôtres. Et toi et Serena avez beaucoup en commun." "La fête de fiançailles n'aura lieu qu'à la fin de notre séjour, cela vous laisse du temps pour apprendre à vous connaître." Jones père évite toujours son regard. Et ils sont là, tous les quatre, à les observer, visiblement fiers de leur jolie mise en scène. "Non." C'est le seul son qu'il parvient à formuler avant de tourner les talons, sans un regard pour sa fiancée désignée, s'enfonçant dans les longs couloirs de la demeure et laissant derrière lui un silence glacial. Un endroit calme, loin de toute cette mascarade, c'est tout ce qu'il demande. Et du scotch. Beaucoup de scotch.
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Serena Holland
J'ai vingt-cinq ans ans et je vis à New York City, la seule ville qui compte. Dans la vie, je suis supposément héritière d'un empire, mais encore faudrait-il que l'on croit en mes capacités. Du coup, je suis influenceuse beauté et mode, en train de créer ma propre marque de vêtements de seconde main nommée « One life, two chances » dans le plus grand secret.. De fait, je m'en sors plutôt bien, quoi qu'en pensent les mauvaises langues et la presse à scandales. Côté cœur, je suis une célibataire à qui l'on prête de très nombreuses relations avec des hommes divers et variés depuis ma majorité (voire plus tôt).

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➔ Les Holland sont l'une des familles les plus anciennes et les plus influentes de New York.
➔ Bien que beaucoup pense le contraire, s'arrêtant à son image publique et à son apparence, Serena est d'une redoutable intelligence.
➔ Elle rêve de reprendre l'empire de son père, en tant que fille unique, mais ce dernier n'y songe même pas. Patriarcat oblige dans la bonne et vieille société, il lui manque un service trois-pièces pour y prétendre, selon lui.
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Ester Esposito :copyright:️ SACCAGE


Les prunelles mordorées de la jeune femme allaient et venaient d'un convive à l'autre. Bien que sa surprise fut parfaitement contenue, il n'en restait pas moins qu'un millier de questions traversaient son esprit. En effet, la rivalité entre les Holland et les Jones était de notoriété commune. Depuis plusieurs décennies, les deux requins atlantes se tiraient la bourre sur différents marchés à haute portée, affolaient la Bourse mondiale par leurs placements et leurs innovations et, naturellement, payaient quelques salaires dans d'éminents journaux économistes renommés tels que le Six Financial Information ou le Financial Times. Serena était en bonne position pour le savoir, puisque non contente d'avoir entendu parler d'eux à peu près toute son existence, elle lisait la presse susnommée chaque jour - sans que son père ne sache rien de cette petite habitude. Aussi la méfiance naquit-elle instantanément dans cette tête blonde plus vive qu'elle n'y paraissait. Cette réunion avait été voulue, elle en était certaine et une petite voix lui soufflait que le motif de celle-ci n'allait pas lui plaire. Elle imaginait déjà Harold Holland l'informer que les deux familles envisageaient un projet commun duquel elle serait, comme toujours, écartée. Un business plan dont ses ovaires et elle seraient exempts, faute de remplir un pantalon à pinces. En quelques micro-secondes, elle voyait tout son avenir, déjà menacé, s'écrouler pour de bon.

Pour autant, elle abandonna sa main à l'héritier Jones. Les deux jeunes gens ne se connaissaient que peu. A peine s'étaient-ils croisés lors d'autres dîners formels, alors que l'un comme l'autre s'y mourraient d'ennui. Certes, en digne habitante de la Cinquième Avenue et Queen Bee(itch) de son état, elle était au fait de chacune de ses frasques supposées ou avérées, et ne manquait pas non plus de prendre renseignement auprès de Romy sur l'évolution de l'existence de son confrère outre-Atlantique. Seulement, il n'était qu'un parmi tant d'autre richissimes à propos de qui elle se maintenait au courant afin de maintenir son statut chèrement acquis de leadeuse de haute société. Son physique et ses manières, aussi avenant que fut l'un comme les autres, ne le démarquaient en rien de ses pairs. Au contraire, il avait le profil semblable à tous ces rejetons qu'elle côtoyait depuis toujours. « J'imagine que cela doit être réciproque. » répondit-elle avec une certaine condescendance, sans s'encombrer des usages dus à leurs rangs. Il était des efforts qu'elle n'était pas prête à fournir, constatant que lui-même n'en déployait que peu pour paraître ne serait-ce qu'un peu sincère. Certainement pouvait-il tromper la première ingénue venue, mais avec Serena, il aurait fallu se montrer un peu plus original. Fort heureusement, leurs parents respectifs semblaient prêts à combler les lacunes de leur ingrate progéniture.

Ignorant l’œillade courroucée de sa mère, elle se tourna vers les Jones, lesquels avaient pris la parole. Le respect voulait que, malgré son désintérêt entier pour cette rencontre, elle fasse au moins mine de les écouter. La mauvaise fortune, de son côté, tenait à ce qu'elle s'y intéresse réellement. Et pas dans le bon sens. "Comme vous le savez, nous sommes chacun à la tête d'un véritable empire. Et un empire ne demande qu'à s'étendre, à s'agrandir. Pour cela, nous avons décidé d'unir les sociétés Jones et Holland afin d'asseoir nos positions à travers le monde. Et quelle plus belle union ... qu'un mariage." La demoiselle en resta coite. Un instant, elle espéra sincèrement avoir mal compris. Ou bien, que leurs aînés soient en train de leur annoncer qu'ils songeaient plus que sérieusement à s'adonner à la pratique échangiste. Il ne pouvait pas s'agir de ce à quoi elle pensait. Ce n'était, en aucune façon, envisageable. Pas un instant. "Un mariage, c'est-à-dire ?" « Pardon ? » Les deux héritiers s'étaient exclamés en chœur. Cependant que Tobias se faisait rabrouer, elle tourna un regard désemparé à ses propres parents. Alice affichait un sourire gai aussi factice que le manque de plus sur son front, alors qu'Harold, a contrario, rayonnait de bonheur - et de suffisance. L'information se frayant définitivement un chemin jusqu'à sa conscience, Serena devint livide. Ses doigts se crispèrent sur son portable, jusqu'à ce que les strass de la coque - des Swarowski, cela allait sans dire - s'enfoncent dans la pulpe tendre. Il lui sembla même qu'une goutte de sang était sur le point de perler lorsque Mrs Jones ajouta que la fête de fiançailles était prévue pour la fin du mois. La blonde n'aurait pas plus être plus choquée.

" Non. " L'interjection résonna en face d'elle sans qu'elle ait eu, cette fois, le temps de s'indigner. L'instant suivant, Tobias quittait la pièce d'un pas vif. Tous les regards convergèrent vers la fraiche promise, toujours droite et digne. Mais aux yeux rendus proéminents par la rage. « Il semblerait que mon 'fiancé' ne partage pas vos certitudes, Mrs Jones. » répliqua-t-elle sur un ton cassant. Puis, à ses parents : « Les mariages arrangés n'ont plus cours depuis un demi-siècle chez les Holland. Il est hors de question que je sois l'objet du retour de cette coutume archaïque. » Elle ignorait si le garçon avait entendu son intervention et, à dire vrai, en l'état, cela n'avait aucune espèce d'importance. En revanche, son père, lui, n'en avait rien raté. « Allons, ma princesse, ne le prends pas comme ça ! Ainsi que l'expliquait Mrs Jones, il ne s'agit là que de la consécration de tous les efforts menés par nos deux familles pour étendre son règne ! » rétorqua-t-il avec nonchalance, balayant la critique d'un revers de sa main épaisse. « Et de joindre l'utile à l'agréable. » ajouta Alice Holland, d'une voix qui se voulait apaisante. Elle n'ignorait pas dans quel état sa fille était capable de se mettre lorsqu'elle était contrariée. Les tabloïds y avaient consacré des Unes entières et elle avait été plusieurs fois en top tweets suite à des scandales impliquant des paparazzis malmenés et autres célébrités descendues en flèche via les réseaux sociaux. Toutefois, on s'attardait davantage sur la forme que sur le fond. Nul ne relevait jamais que ses coups d'éclat étaient le plus souvent motivés par la défense face à des propos ou faits sexistes, déplacés, voire grossophobes. Parce qu'elle était Serena Holland, ce qu'elle avait à dire se résumait par le contenu de sa garde-robe ou le dernier produit de beauté pour lequel elle était sponsorisée. « Non. » se contenta-t-elle pourtant de conclure, singeant son homologue d'infortune sans honte aucune. Elle aussi tourna les talons, repartant comme elle était apparue par l'escalier en marbre. Tobias n'était pas le seul à avoir besoin d'un remontant, et l'alcool ne lui seyant guère en cet instant accablant, quelques heures de solitude dans ses quartiers lui feraient le plus grand bien.

Plusieurs heures s'écoulèrent après ces retrouvailles avortées. Paulina avait eu la prévenance de lui faire monter à dîner dans sa chambre et avait trouvé sa jeune maîtresse sur son grand lit à baldaquin. Non pas sous les draps, à pleurer sur son sort par snap interposés avec ses "amies" restés à New York ou à se perdre sur divers sites de grands couturiers, mais bien sur la couche encore faite, les tissus froissés par divers ouvrages étalés autour d'elle. Elle portait même une paire de lunettes de vue qui n'était en rien destinées à épater la galerie - ceci, bien qu'elle ne l'ait jamais exposé - et avait troqué sa belle tenue contre un sweat à capuche de la NYU, l'université qu'elle fréquentait depuis près de quatre ans sans que cette information non plus n'ait été dévoilée au public. Lorsqu'elle le voulait, la jeune femme pouvait être d'une discrétion sans pareille. A l'image d'autres, elle avait élevé le contrôle de son image au rang d'art. Concentrée sur sa mystérieuse tâche, elle avait remercié la domestique du bout des lèvres, refusant de se laisser distraire. Ses parents avaient, chacun leur tour, tenté de pénétrer son antre, mais elle avait refusé de les laisser entrer. Elle n'avait aucune envie de leur parler. Pas pour l'instant. Probablement plus jamais, à ce stade.

La nuit était bien avancée lorsqu'elle décida qu'elle méritait une pause dans ses révisions - car c'était bien de ça dont il s'agissait. Persuadée qu'elle ne trouverait plus personne debout à cette heure, elle se glissa hors de ses appartements et redescendit pieds nus le même escalier, témoin de sa grande entrée et de sa sortie toute aussi fracassante. Cette fois, elle semblait bien plus sobre avec ses traits exempts de maquillage, son fameux sweat et son short flanqué de petits poussins multicolores pour toutes parures. Elle alla jusqu'à la cuisine plongée dans la pénombre pour ouvrir l'imposant réfrigérateur américain, en recherche active d'une collation nocturne, de préférence la plus lipidique possible. Soudain alertée par une bruit révélant une présence inattendue, elle se redressa vivement et échappa un cri de terreur. « Put... Seigneur ! » Une main sur le cœur, elle se détendit quelque peu en reconnaissant l'intrus. « Ah. C'est toi. » Elle ne fit pas l'offense à Tobias de lui donner du vouvoiement. Paraissait-il qu'ils avaient dépassé ce stade, selon leurs géniteurs. De plus, elle n'était ni disposée, ni d'humeur à faire des politesses. Pas plus qu'elle ne semblait gênée d'être si peu apprêtée pour leur "seconde rencontre". Elle retourna à l'assaut de l'électroménager dont elle sortit, à défaut des chicken wings dont elle rêvait, un cheesecake encore intact. Elle était certaine que Paulina, très au fait des goûts de la demoiselle, l'avait fait préparer à son intention. « Ne me regarde pas comme ça. Tu n'auras ni mon annulaire, ni mon gâteau. » prévint-elle, mi-figue mi-raison, entre amusement et cynisme profond.

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Tobias Jones
J'ai vingt-cinq ans ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis en train de reprendre les rennes de l'empire Jones et d'apprendre les rouages complexes des investissements financiers auprès du meilleur, mon père. De fait, je m'en sors très bien financièrement, la vie parfaite si on en croit les tabloïds. Côté cœur, je suis célibataire, coureur de jupons, incapable de faire confiance à une femme par peur d'être blessé en retour. Alors mieux vaut donner le premier coup.

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➔ L'empire Jones a construit sa réputation et sa fortune sur des générations de travail. Investisseurs connus et reconnus à travers le monde, ils se concentrent sur divers centres d'activités. Mais depuis l'arrivée de Tobias aux côtés des hauts dirigeants, de nouvelles pistes se développent, tout doucement. Projets d'aide humanitaire, énergies renouvelables, recherches médicales. Des sujets chers à ses yeux, qui méritent bien plus leur argent que l'armement ou le nucléaire.
➔ Diplômé de Oxford, Tobias a dû construire sa place dans l'entreprise familiale. Ce n'est que récemment, maintenant qu'il a fait ses preuves, que son paternel a décidé de l'introduire aux rouages de l'entreprise.
➔ Tobias avait d'autres rêves que celui de devenir un requin du monde des finances. Mais par peur de décevoir ou simplement d'échouer, il a préféré se couler dans le moule du destin, fabriqué avec soin par ses parents même si il a toujours mis un point d'honneur à limiter leur intervention à la vie professionnelle.
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Robert Pattinson :copyright:️ HOODWINK


C'était sûrement lâche de tourner les talons et de laisser sa compagne d'infortune face à quatre paires d'yeux des personnes les plus exigeantes qu'il connaisse. Mais c'était plus fort que lui. La situation était insupportable. Plus que ça, il voyait là un véritable acte de trahison à ce serment jamais formulé mais toujours respecté. Les affaires sont les affaires mais elle n'interfère pas sur la vie privée. En ça, les Jones avaient toujours su se démarquer des autres grandes familles anglaises. Un empire basé sur l'intelligence des placements et des investissements et non sur des arrangements à base d'union et autres magouilles plus ou moins légales. Tobias avait toujours été fier de cet engagement et de ces valeurs, bien loin des us et coutumes des familles de ses amis les plus proches parmi les grandes fortunes anglaises, tous fiancés avec une "fille de". Mais voilà que ses beaux espoirs volent en éclats. Finalement, sa famille ne vaut pas mieux qu'une autre. A l'extérieur, même le paysage à couper le souffle ne suffit pas à calmer la tempête dans son esprit. Il se laisse tomber sur les marches de la terrasse, ses chaussures en cuir foulant le sable blanc. Un ongle entre les dents, habitude tenace dont il n'a jamais su se défaire, trahissant son anxiété, il entend distinctement les pas de talons hauts se rapprochant de lui. "Tu nous as fait honte Tobias. Comment peux-tu t'éclipser de la sorte ? Tu nous as tous mis dans l'embarras, sans parler de Serena ! Tu te rends compte de la peine que tu viens de lui faire ?" Il lève les yeux au ciel. "Pas la peine de sortir ton baratin juste pour moi. Tu peux tomber les masques. Et de ce que j'ai entendu, Serena a l'air aussi enchanté que moi face à vos décisions moyenâgeuses." Si ils n'avaient pas grand chose en commun, au moins pouvait-il souligner leur refus de se plier à la volonté de leurs parents quand il s'agit de vouloir gouverner leur vie privée. Il sent dans son dos le regard lourd de sa mère. Le jeune homme se redresse et pour une fois, ne détourne pas les prunelles quand il y lit la déception. "Je refuse. Ce n'est pas la peine d'insister. Les entreprises Jones et Holland n'ont pas besoin d'un mariage pour faire affaire ensemble." "Tu sais très bien que ce n'est pas si simple et qu'une fusion implique rachat." Et qu'évidemment, aucun patriarche n'aura souhaité être le racheté. Par soucis d'honneur. Et l'honneur a de toute évidence bien plus de valeur que le bonheur de leur progéniture. "De toute façon, je ne vois pas ce que ça change. Ta vie n'en sera que meilleure. Tu n'auras plus la pression de la presse people par rapport à ton célibat et rien ne vous empêche de continuer vos escapades romantiques chacun de votre côté à condition d'être discrets." Il laisse échapper un rire cynique. "Tu es en train de m'inciter à tromper ma future femme comme si c'était la chose la plus normale du monde." "Ne fais pas l'étonné. C'est une pratique courante dans beaucoup de mariages arrangés et ça ne dérange personne." Il lève une main en direction de sa mère pour qu'elle cesse enfin de parler. "Stop. Je ne veux plus rien entendre. Maintenant, tu m'excuseras mais j'ai besoin d'être seul." Le jeune homme s'engouffre à nouveau dans la maison, les mains enfoncées dans les poches. "Tu changeras d'avis Tobias." Il ne prend pas la peine de se retourner, poursuivant son chemin jusqu'à sa suite.

Ses pensées s'entremêlent sous forme d'un casse-tête géant, impossible à démêler. Les conséquences de refuser, les conséquences d'accepter. Leurs parents tout à fait capables d'annoncer la nouvelle à la presse, avec ou sans leur accord, de jouer sur la corde sensible de l'influence de l'opinion publique. Tobias ne connait que trop bien les nombreux rouages des affaires familiales, ceux qui opèrent derrière les rideaux, en coulisses. Et il sait très bien que tout ça pourrait se refermer sur lui avant qu'il ait le temps de le voir venir. Pourtant, ça ne fait aucun doute à ses yeux. Ce mariage n'est pas une option envisageable. La nuit était tombée depuis bien longtemps sur leur cage dorée paradisiaque et son estomac se rappela à lui dans le silence de l'immense chambre. Il n'avait même pas pris la peine de se changer, assis dans un des fauteuils depuis des heures à tenter de trouver une solution à toute cette histoire. Et il en était arrivé à une évidence qui lui donnait autant d'espoir qu'elle le rebutait. Pour s'en sortir, il faudrait faire équipe sans quoi, leurs parents risquaient bien de parvenir à leurs fins d'une façon ou d'une autre. Dans le silence de la grande propriété, il s'extrait de la suite sur la pointe des pieds. La cravate et la veste de costume sont tombés. Manches retroussés, mine préoccupée et chemise froissée, il est loin du look impeccable qu'il aime offrir au public. Les bruits dans la cuisine attirent son attention. Sûrement un membre du personnel toujours présent ce qui l'arrange bien, n'ayant aucune idée d'où se trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Le jeune homme fronce les sourcils en apercevant une silhouette inconnue, la tête dans le frigo. Sa tenue ne lui semble pas correspondre à une employée en service et il serait relativement improbable qu'un intrus ait pénétré sur l'île privée en quête de homards ou de champagne. Peut-être une cousine ? Mais le suspens ne dure pas longtemps et il s'effraie autant que la demoiselle lorsqu'elle remarque sa présence. Un discret sourire étire ses lèvres alors qu'il ne peut s'empêcher de décortiquer l'apparence de la fille Holland, bien loin du show qu'elle leur a offert tout à l'heure. Elle a l'air humaine tout simplement et il ne peut s'empêcher de se dire qu'elle est bien plus jolie comme ça. "Désolé, je ne voulais pas te faire peur." Il s'attarde sur le pull de la NYU. Comme beaucoup de ses comparses mondaines, sûrement que ses parents n'ont vu aucune objection à ce qu'elle décroche un diplôme quelconque, dans la mode ou dans tout autre domaine bien futile à ses yeux. Il laisse échapper un léger rire en la voyant extirper du frigo un cheesecake entier et lève les mains en signe de paix. "Tu peux garder les deux." Il l'imaginait plus smoothie zéro calorie que gâteau au fromage mais il n'était plus à une surprise près à ce stade. Le jeune homme contourne l'ilôt central les séparant pour se frayer un chemin jusqu'au frigo et en sortir de quoi se faire un sandwich. "Définitivement team salé." Dieu bénisse les Américains, il y avait autre chose dans ce garde manger que du pudding ou des haricots à la tomate. Il allume la lumière, se doutant que vu la taille de la maison, il y avait assez peu de chance que quelqu'un d'autre remarque leur présence ici à moins d'une fringale nocturne. S'installant sur un des tabourets de bar, il entreprend la confection rudimentaire d'un encas, bien loin des mets raffinés qu'il est habitué à consommer dans ce genre de voyages. "Je me serais bien excusé de t'avoir laissé seule pour gérer la situation mais je suis sûr que tu t'en es très bien sortie. Selon ma mère, je t'ai brisé le coeur." Il lui adresse un sourire amusé, sachant pertinemment qu'elle avait tenté de jouer sur la corde sensible de l'empathie pour le faire culpabiliser. "Ecoute Serena, j'ai réfléchi ... Nos pères sont des investisseurs. Et c'est ce qu'on est à leurs yeux : un investissement. Et il n'y a qu'une seule façon d'annuler ce genre de transaction. Leur prouver qu'ils font un mauvais investissement, trop risqué et qu'il leur coûterait trop cher." Le plan se mettait doucement en tête dans sa place. Les jours étaient comptés avant l'annonce public de ces fiançailles forcés mais ils avaient leur chance. Et leurs parents connaissent très bien l'impasse dans laquelle ils les conduisent. Si ils disent non, ils perdront sûrement tout. Le confort financier, la promesse d'un bel avenir professionnel, la chute sociale dont chacun sait qu'elle peut être bien plus dure à vivre qu'on ne l'imagine. Quand on vit dans le luxe depuis toujours, on a pas envie de se retrouver dans les baskets de Monsieur Tout le Monde. "Montrons leur qu'ils ont fait une erreur d'investissement. Soyons leur pire cauchemar jusqu'à ce qu'ils changent d'avis." Il énonce les termes du contrat avec calme avant de croquer dans son sandwich. Il est prêt à endosser le rôle du parfait connard et il sait qu'elle peut jouer les garces à l'excès. Et quoi de pire pour les affaires qu'une image médiatique désastreuse ? Que de voir son nom étalé dans la presse, non pas pour vanter une grosse acquisition mais pour retracer les frasques de ses rejetons. "Qu'est-ce que tu en penses ? On accepte. On leur fait vivre un avant-goût de leur pire cauchemar et plus encore. Et on attend sagement qu'ils annulent tout." Il hausse des épaules, comme si le plan était enfantin. Sur le papier, ça n'avait pas l'air si compliqué. En réalité, ils allaient s'adonner à un bras de fer des plus risqués. Ils avaient la chance de pouvoir jouer à domicile, à l'abri du battage médiatique et des paparazzis. Mais il comptait sur l'intelligence de leurs paternels pour évaluer les risques de voir leurs frasques étaler à travers le monde. "On fait équipe ?" Il lui tend la main, espérant sincèrement qu'elle embarquerait avec lui dans le plan de la dernière chance.
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Serena Holland
J'ai vingt-cinq ans ans et je vis à New York City, la seule ville qui compte. Dans la vie, je suis supposément héritière d'un empire, mais encore faudrait-il que l'on croit en mes capacités. Du coup, je suis influenceuse beauté et mode, en train de créer ma propre marque de vêtements de seconde main nommée « One life, two chances » dans le plus grand secret.. De fait, je m'en sors plutôt bien, quoi qu'en pensent les mauvaises langues et la presse à scandales. Côté cœur, je suis une célibataire à qui l'on prête de très nombreuses relations avec des hommes divers et variés depuis ma majorité (voire plus tôt).

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➔ Les Holland sont l'une des familles les plus anciennes et les plus influentes de New York.
➔ Bien que beaucoup pense le contraire, s'arrêtant à son image publique et à son apparence, Serena est d'une redoutable intelligence.
➔ Elle rêve de reprendre l'empire de son père, en tant que fille unique, mais ce dernier n'y songe même pas. Patriarcat oblige dans la bonne et vieille société, il lui manque un service trois-pièces pour y prétendre, selon lui.
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Ester Esposito :copyright:️ SACCAGE


La jeune femme observe d'un œil suspicieux l'héritier Jones se diriger vers le réfrigérateur qu'elle vient elle-même de délester. Peut-être est-ce l'hôpital qui se moque de la charité, toutefois, elle le trouve bien trop décontracté en sa présence. Surtout considérant le coup d'éclat dont il leur a fait part quelques heures plus tôt. Elle profite qu'il soit de dos pour le détailler sans vergogne : chemise légèrement froissée, absence de veste et de cravate certainement abandonnés quelque part dans ses appartements, cheveux quelque peu hérissés et, a-t-elle vu avant qu'il se détourne, traits eux aussi chiffonnés ... Nul doute que, contrairement à elle, il a dû passer le dernier tour du cadran à se remuer les méninges à cause de l'annonce faite par leurs parents. Au moins est-il à noter qu'il ne s'est pas offusqué de sa propre tenue, et ne paraît pas davantage se soucier de la sienne. Cela ne semble pas grand-chose, mais dans leur monde fait d'apparences et de faux-semblants, une telle attitude trahit une sorte de rébellion. Somme toute, plus appréciable que ses baise-mains et ses sourires hypocrites. « Tu ne sauras jamais ce que tu rates. » réplique-t-elle, sans qu'on puisse déterminer si elle fait allusion à leurs épousailles déjà avortées ou au met peu délicat dans lequel elle vient de donner un coup de fourchette franc. Son regard est, en tout cas, aussi ambigu que ses paroles. Sans doute une vieille habitude, née d'années de pratique. "Je me serais bien excusé de t'avoir laissé seule pour gérer la situation mais je suis sûr que tu t'en es très bien sortie. Selon ma mère, je t'ai brisé le coeur." La blonde relève la tête de son gâteau, un sourire venant germer aux coins de ses lèvres fermées. Elle s'empresse d'avaler sa bouchée pour rétorquer : « Comme tu peux le voir, je suis absolument dévastée, très cher. » Sur ces mots, elle repart à l'assaut de son dessert nocturne tandis que le silence s'installe. En d'autres circonstances, elle aurait pris la peine de lui faire la conversation, probablement sur un sujet frivole comme l'acquisition du dernier yacht de son père, ou le beau temps qui les attend dès que le soleil serait levé. En somme, elle se serait comportée en lady bien élevée, jusqu'à trouver le moment opportun pour s'éclipser. Sauf que la situation est inédite et surtout, elle n'a rien à attendre et encore moins à espérer d'un échange quelconque avec ce garçon qu'elle connait à peine. Preuve en est de sa défection première, n'est-ce pas ? Contrarié, il avait simplement tourné les talons sans même tenter de faire valoir son point de vue, de se défendre. Toute en manque de mesure, due à la rage qui bouillonne dans ses veines, l'idée de devoir passer le reste de ses jours avec un tel couard la révulse au plus haut point.

Pourtant, lorsqu'il reprend la parole, Serena se surprend à dresser l'oreille. Bien que son menton reste obstinément baissé vers son encas, elle écoute avec attention chaque mot qu'il prononce. Les analyse et les pèse. Bien que cela ne doive pas être le cas de Tobias, au regard de l'éducation qu'il a dû recevoir, et de l'image qu'elle renvoie, elle, ne sous-estime pas l'intelligence de son homologue. Toutefois, elle s'était plutôt attendue à ce qu'il se plaigne sur le malheur qui les frappait, sous la forme d'un long discours dont seuls les privilégiés de leur lignage ont le secret. Voire, avait-elle envisagé qu'il soit revenu sur ce « non » si ferme, afin de lui proposer une sorte de pacte de non-agression face à cette union qu'ils ne pouvaient pas contourner sans provoquer une tempête sans précédent. A la place, il lui émet une alternative des plus rusées, semble-t-il. S'allier, oui, mais pour faire capoter le plan de leurs géniteurs. Révéler le pire qu'ils avaient à offrir, l'un comme l'autre, dans le but de leur montrer que les profits ne seraient jamais égaux aux pertes qu'un tel mariage provoquerait. La Queen Bitch en elle ne peut que frétiller à cette idée. Et pas seulement : la petite teigne de l'Upper East Side, la renarde dissimulant bien son jeu, se joint à la fête dans son esprit. Elle a déjà en tête par quelles honteuses manières elle pourrait faire payer aux Holland - et aux Jones, par extension - l'affront qu'ils lui ont fait de la vendre tel une vulgaire chamelle.

Cependant, il ne faudrait pas que son "promis" la croit acquise trop vite à cette cause. Quoi qu'en pensent ses détracteurs, notre jeune fille n'est pas de celle que l'on appâte avec du vent et de douces promesses. Elle a besoin de concret. D'un plan sur lequel elle pourra avoir la main-mise et le contrôle. Pas d'une vague esquisse née d'un cerveau embrumé par la peur. « A quoi tu penses, exactement ? » répond-elle finalement, après un silence cette fois calculé, lorgnant les doigts qu'il lui tend, pour ensuite mieux les ignorer de manière délibérée. Avec lenteur, elle repose sa fourchette, posant ses coudes sur le plan de travail. Son menton vient se poser sur ses mains croisées. « Il va falloir développer, si tu veux espérer mon concours dans ton petit et vague plan de sabotage. » Elle hausse un sourcil mutin. Sur ses lèvres, l'esquisse d'un sourire presque carnassier. Elle prend la peine de préciser : « Sache, avant toute chose, que contrairement à ce que tu crois de façon très probable, je ne suis pas stupide. Je suis prête à user d'un paquet de feux d'artifices pour nous sortir de ce mauvais pas, mais certainement pas à me perdre dans cette affaire. J'ai non seulement une image à préserver, en plus de projets que je ne compte pas compromettre à cause de toi. » Au moins ne peut-on pas lui reprocher une quelconque hypocrisie. Elle se redresse, terminant après une inspiration : « Tu m'excuseras si je suis un peu sceptique quant à notre collaboration, étant donné la façon dont tu as pris tes jambes à ton cou tout à l'heure ... » Comme s'il avait le diable aux trousses, plus précisément. Pourtant, on ne pouvait pas dire qu'elle lui avait couru après ! Mais clairement, il y avait une moquerie certaine dans le ton mielleux de sa voix. Visiblement, les anglais n'étaient pas les seuls à avoir appris l'art du sarcasme.

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J'ai vingt-cinq ans ans et je vis à Londres. Dans la vie, je suis en train de reprendre les rennes de l'empire Jones et d'apprendre les rouages complexes des investissements financiers auprès du meilleur, mon père. De fait, je m'en sors très bien financièrement, la vie parfaite si on en croit les tabloïds. Côté cœur, je suis célibataire, coureur de jupons, incapable de faire confiance à une femme par peur d'être blessé en retour. Alors mieux vaut donner le premier coup.

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➔ Diplômé de Oxford, Tobias a dû construire sa place dans l'entreprise familiale. Ce n'est que récemment, maintenant qu'il a fait ses preuves, que son paternel a décidé de l'introduire aux rouages de l'entreprise.
➔ Tobias avait d'autres rêves que celui de devenir un requin du monde des finances. Mais par peur de décevoir ou simplement d'échouer, il a préféré se couler dans le moule du destin, fabriqué avec soin par ses parents même si il a toujours mis un point d'honneur à limiter leur intervention à la vie professionnelle.
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Robert Pattinson :copyright:️ HOODWINK


Les choses auraient pu être bien différentes dans d'autres circonstances. Si ils s'étaient rencontrés ailleurs, loin des conventions dues à leur statut social, loin de tout faux semblants, elle lui aurait sûrement plu. Il se serait amusé à la séduire, à la voir tomber dans ses filets et à se laisser aller dans les siens. Mais le temps n'était pas aux douces amourettes. Il fallait qu'il se sorte cette idée de la tête avant qu'elle ne devienne une idée entêtante. Les défis avaient toujours eu le don de l'éloigner de toute ligne de conduite respectueuse et il en avait déjà fait les frais avec de précédentes conquêtes. Mais cette fois-ci, l'Anglais était bien décidé à se maintenir sur le chemin tracé dans son esprit vers son objectif : garder son annulaire libre de tout anneau entravant, ne pas se retrouver les fers aux pieds dans un mariage sans amour dont il a déjà bien trop constaté les dommages à long terme. Tout ça ne l'amuse pas. Et pourtant, il sourit à sa façon de répliquer. Non, il ne saura pas ce qu'il rate, se refusant à lui faire l'affront d'entamer le précieux cheesecake. Pour le reste, le sourire malicieux qui passe fugacement sur ses lèvres laisse le mystère sur le contenu de ses pensées. Elle a bien plus de caractère et de mordant qu'il ne l'aurait imaginé, derrière l'image si lissée qu'on dresse d'elle dans les tabloïds et sur les réseaux sociaux.

Il sait qu'il risque gros à proposer cette association, encore plus si elle venait à renoncer au plan en cours de partie. Mais il fallait tenter le coup, prendre le pari qu'ils étaient à la hauteur de leur réputation scandaleuse. Il était d'ailleurs bien étonnant que leurs géniteurs aient pu envisager que ça soit une bonne idée de les associer. Peut-être avaient-ils espérer qu'un tel coup de massue aurait simplement fait taire l'esprit de rébellion et les nombreux scandales qui leur collent à la peau comme des vêtements de luxe dont on ne peut se défaire. Il ne se défile pas cette fois, même lorsqu'elle ignore la main qu'il lui tend pour signer leur pacte. Il aurait été bien surprenant qu'elle s'engage si facilement dans cette aventure risquée. Il ne s'agissait pas de partir pour une virée folle à Ibiza sur un coup de tête. Il s'agissait de remettre en jeu leur futur déjà tout tracé. L'Anglais pose les coudes sur le comptoir de la cuisine, abandonnant son sandwich. Un sourire étire ses lèvres alors qu'il la dévisage, si sérieuse dans cette tenue qui ne ressemble en rien à l'image qu'elle veut donner d'elle dans le monde factice construit autour d'eux. Il laisse échapper un léger rire quand elle vient lui rappeler son manque de courage criant d'il y a quelques heures. C'est vrai, il aurait pu affronter la situation. Se tenir droit dans ses bottes et refuser. Mais Tobias s'avérait assez mauvais pour agir en parfaites maîtrises de lui-même quand on abordait des sujets si personnels. Il en avait déjà fait les frais par le passé et l'expérience lui avait appris qu'il fallait parfois prendre du recul pour établir la meilleure stratégie pour sauter. "C'est vrai. Je n'ai sûrement pas fait preuve de la plus grande des bravoures. Voyez-vous, gente Dame, je suis bien loin du Prince Charmant que vous espérez sûrement épousailler un jour." Il se défait bien vite de son air moqueur, retrouvant sa mélancolie qui a fini par lui faire quitter sa chambre à force de tourner en rond face à ce problème. "J'ai retourné le problème en boucle, pendant des heures. J'ai du mal à envisager une solution qui ne soit préjudiciable pour aucun de nous." Il relève les yeux sur elle, lui adressant un léger sourire. "Et puis tout cela impliquerait qu'on y mêle aucun sentiment et on sait très bien que tu finirais par tomber sous mon charme." La plaisanterie est facile à ce sujet et il attrape son assiette, contournant le plan de travail. "Chère Princesse de la 5ème Avenue, prenez le temps de peser le pour et le contre de ma proposition risquée. Mais sachez que votre seule autre issue est de m'épouser et je vous assure, cela ne serait pas souhaitable." Dans un mouvement théâtral, il se saisit de sa main pour un baise-main moqueur. "Bonne nuit Serena."

Le soleil se lève sur la belle île perdue au milieu de l'Océan. Et pendant quelques minutes, Tobias se prend à espérer que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve. Qu'il ne soit là que pour faire la fête et que son mal de crâne ne soit lié qu'à un nombre certain de verres en trop. Mais la réalité est trop oppressante pour être oubliée. Il est temps d'enfiler le masque social et de jouer cette pièce qui déterminera les prochaines années de sa vie. Il avait gros à jouer dans cette affaire et il prévoyait d'entamer les hostilités avant que sa mère n'ait eu le temps de finir son premier Mimosa. Prenant le temps de soigner sa tenue, chemise et pantalon au pli parfait, il lisse les épis de la nuit agitée et trop courte qu'il vient de passer. Une compagnie féminine lui aurait sûrement permis de trouver le repos bien plus vite mais la seule disponible ne lui attirerait que plus d'ennuis qu'il n'en avait déjà. Dans la salle à manger, il semble être le dernier à daigner se joindre à eux, sous le regard noir de reproches de sa mère. "Tobias. J'espère que ta nuit a été bonne et riche de bon conseil." L'Anglais arbore aussitôt un grand sourire. "Tout à fait mère. Très riche. Je suis d'ailleurs ravi de vous voir tous réunis. Je tenais à m'excuser pour mon comportement de la veille. Il est vrai que les émotions m'ont submergé. Voyez-vous, je n'aurais jamais imaginé que l'on puisse m'offrir une si belle opportunité que celle d'épouser Serena." Il laisse le silence s'installer, souriant de toutes ses dents à la principale intéressée. "Nous avons eu l'occasion de discuter au cours de la nuit et d'échanger sur nos points de vue respectifs. Il est vrai que j'ai émis des jugements hâtifs à son égard et je m'en excuse. Serena est une jeune femme brillante. Elle est intelligente et bien loin de l'image qu'on dresse d'elle dans la presse. C'est pourquoi je serais ravi de l'épouser et de partager avec elle les prochaines années et de continuer à faire grandir les entreprises Jones et Holland à ses côtés." Sans plus attendre, il initie les applaudissements, bientôt suivis par ceux des Holland et par son géniteur. Seule sa mère le dévisage, fronçant de plus en plus les sourcils. Tobias tend une main à Serena et l'attire à ses côtés, passant son bras autour de sa taille. Il se saisit d'une coupe de Mimosa qu'il lui offre avant d'en attraper une à son tour. "Et c'est aussi pour cela que j'ai pris une autre grande décision qui révolutionnera le monde économique. Je cède l'entière direction du futur groupe Jones et Holland à Serena." Une femme à la tête d'un empire. Du jamais vu dans ce monde patriarcal. Comme il s'en doutait, un silence mortel s'installe dans l'assemblée. Un peu plus et il pourrait voir de la fumée sortir des oreilles de son père et des éclairs des yeux de sa mère. "Tu n'es pas sérieux j'espère." Il entend dans la voix de son père la rage sourde, la déception. Il sait qu'il a tapé fort. "Je ne vois pas où est le problème. Serena fait des études dans une grande faculté. Je lui apprendrais ce qu'elle doit savoir et je suis sûr qu'elle saura gérer nos intérêts à tous avec brio." Il n'en doutait pas vraiment. Elle avait su démontrer en quelques heures qu'elle était loin d'être une potiche et que son joli minois cachait un cerveau bien rempli. Ce qu'il espérait, c'est que les deux chefs d'entreprise en doutent et que cela remette leur union déjà décidée en perspective. Et il voyait bien que du côté Jones, c'était exactement le chemin emprunté. Le père Jones finit par se lever, demandant à s'entretenir avec son confrère, bientôt suivis des épouses. Il ne relève même pas la dernière pique de sa mère, bien trop content de l'effet de son coup. Il se tourne vers Serena, un sourire plus que triomphant sur le visage. "Alors ? Tu penses que ça aura suffi à les mettre échec et mat ? Ni bavure, ni éclaboussure." Un peu plus et il se mettrait à saluer comme un comédien venant d'achever le premier acte.
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