Partagez
 
 
 

 Et les ténèbres au monde _ Petitananas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
 
Callian
Callian
MESSAGES : 45
INSCRIPTION : 13/07/2020
CRÉDITS : icon(c)oldmoney

UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

https://www.letempsdunrp.com/t4008-pres-du-passe-luisant-demain- https://www.letempsdunrp.com/t4015-mon-carnet-de-bal-_-callian https://www.letempsdunrp.com/t4042-la-galerie-des-masques
Noob

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

7ei5.pngMise en Situation



C'est l'histoire de deux royaumes : celui du Lucis et de Tenebrae, que tout oppose. Jadis, farouches ennemis, ils se firent une guerre qui dura 300 ans, et qui finit par s'essouffler à force de noyer les ambitions démesurées des souverains dans le sang de leurs sujets. Les deux familles royales sont depuis toujours investies par l'esprit des dragons, dragon de lumière, dragon de ténèbres, qui se vouent une haine mortelle, et qui ne sont pas étrangers à ce conflit qui demeure larvé. Depuis quelques années, cependant, les relations demeurent tendues mais néanmoins des accords de paix furent signés. Les deux familles régnantes ont élevé leurs descendants dans l'idée de parfaire cette entente encore balbutiante : le sang de dragon fait peur, il a donc fallu le mâter, donner une éducation différente à leur réceptacle.

C'était sans compter, les velléités de conquête de l'empire du Niflheim, qui à l'ouest, assis sur l'arrogance de sa technologie, ne souhaite plus qu'étendre son hégémonie sur l'ensemble du continent. De nouveau sous le coup de la menace de la guerre, le Lucis et Tenebrae ont décidé d'unir leurs héritiers afin que leurs deux royaumes puissent conjurer la violence du Niflheim. Aalana Rutherford et Ravus Lucis Caelum n'ont plus le choix désormais, il leur faut céder à la raison d'état qui détermine leur avenir...


i3tb.png


~ i'm just a man of no consequence...
Revenir en haut Aller en bas
 
Callian
Callian
MESSAGES : 45
INSCRIPTION : 13/07/2020
CRÉDITS : icon(c)oldmoney

UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

https://www.letempsdunrp.com/t4008-pres-du-passe-luisant-demain- https://www.letempsdunrp.com/t4015-mon-carnet-de-bal-_-callian https://www.letempsdunrp.com/t4042-la-galerie-des-masques
Noob

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

8w9yx83.jpg
Ravus Lucis Caelum

J'ai 29 ans et je vis à Insomnia, la capitale du royaume du Lucis. Dans la vie, je suis le prince héritier que l'on écartèle sans cesse entre le devoir et les échos de la guerre. L'on murmure que bientôt l'on me mariera à l'héritière de Tenebrae, contrée voisine qui fut jadis notre ennemie jurée. Mais aujourd'hui, l'Empire du Niflheim est à nos portes, et le désespoir nous pousse à cette alliance. Ma lignée possède le pouvoir du Dragon de Lumière, c'est-à-dire que chaque descendant des Caelum est le réceptacle d'une entité millénaire qui nous octroie certains pouvoirs. Mais l'on tait soigneusement le danger de cette incarnation aujourd'hui autant crainte qu'idolâtrée. L'Empire s'est jeté sur les sentiers de la guerre sous prétexte de mettre à bas le pouvoir des dragons, et en finir avec ce que l'on nomme aujourd'hui notre hégémonie.


Fier. Vindicatif. Méfiant. Loyal. Courageux. Impulsif. Hautain. Guerrier. Il a peu d'amour pour les intrigues politiques. Il croit en son devoir mais la malédiction des dragons lui pèse. Il est extérieurement très sûr de lui mais est souvent plongé dans d'atroces doutes. Il est amoureux de la grande prêtresse du Lucis, Azurae Helios, et ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il vit mal son mariage arrangé, croyant qu'on va l'assortir à quelqu'un de placide et de trop doux.



avatar(c)corvidae


Toute sa suite est réunie dans la salle du portail. Les visages rendus austères par l'instant fatidique qui se dessine, l'on entend aucun bruit, si ce n'est quelques murmures indéchiffrables qui doivent lui souhaiter toute la réussite possible. Ravus attend. Dans ses habits noirs, brodés d'or, il fait face, la tête haute, à la haute structure qui devrait désormais s'activer d'ici quelques minutes. C'est la toute première fois, depuis des centaines d'années, que le portail magique qui relie le Lucis à Tenebrae peut être utilisé. Toute la guerre durant, cet accès privilégié entre les deux capitales fut soigneusement scellé par le magister. Même les accords de paix furent signés à la frontière, sur un terrain jugé neutre. Alors chacun retient son souffle devant la situation inédite qui s'annonce. A 10h exactement, le portail s'ouvrira pour laisser passer le Prince, ainsi que sa garde, en direction de la capitale rivale, pour la visite protocolaire prévue, qui consiste à faire se rencontrer les deux futurs époux. Le roi d'Insomnia a consenti à ce voyage, il est toujours bon qu'un fiancé aille rencontrer sa promise ainsi que ses beaux-parents. Mais Ravus ne se réjouit pas de cette obligation supplémentaire, il y a dans toute la contrition qui le possède une amertume empoisonnée, qui ne cesse de battre ses tempes depuis deux jours entiers, alors il demeure, sombre et mutique, face à sa destinée. Créon, son ami d'enfance, ainsi que premier gardien, a bien tenté de lui narrer l'exotisme ainsi que l'aventure qui ne peut que filtrer d'une contrée étrangère, qu'aucun Insomnien de cette génération n'a jamais visitée, mais ses mots enjoués se sont confrontés à l'aigreur et à cette peine qui dévore le prince depuis que la nouvelle lui fut annoncée. Alors le silence, oui, le silence et rien d'autre.

10h. Ravus toise les arcs brisés qui bientôt se retrouvent à vibrer sous l'assaut de la magie ancestrale qui y rugit. L'air de la pièce circulaire s'électrise et alors que le prince appuie un dernier regard noir sur la silhouette de son père, qui cherche à lui donner le courage dont pourtant il n'est pas dénué, il disparaît dans l'ouverture, alors que Créon le précède pour le protéger. Le transport ne dure qu'une seconde mais l'impression est millénaire, c'est être traversé par une magie brutale qui laisse la garde du prince quelque peu secouée. Seul Ravus semble inchangé, alors qu'il pose son pied sur une dalle de pierre, et qu'il découvre sans émotion apparente l'accueil qui lui est réservé. Le pouvoir, la magie ancestrale et son venin, il les connaît. Lucifer, le dragon de lumière, se rappelle à lui suffisamment souvent pour lui laisser un souvenir impérissable, alors... un pauvre portail vers la capitale abjurée, qu'est-ce que cela peut bien lui faire, en définitive ?

Créon donne un ordre et les deux autres gardiens jouxtent le prince, dans un ensemble assez harmonieux. Leurs vêtements sont d'un noir tout aussi profond, mais les entrelacs dorés ne courent guère sur l'étoffe, bien plus sobre. En agitant les doigts, tout doucement, Ravus vérifie que l'invocation de leurs armes fonctionne toujours, il ne fait confiance à personne ici, ni à la famille royale, ni à ses représentants. Avec une certaine stupeur, il comprend que son invocation n'a malheureusement absolument aucun effet, la garde royale et son prince se voient désarmés, la capitale doit être dotée des mêmes protections qu'Insomnia, brisant le lien qui permet à chaque militaire du Lucis d'invoquer des armes blanches qu'ils manient avec dextérité. Il hume dédaigneusement l'air avant de statuer, alors qu'il confirme d'un signe de tête à Créon ce dont son second devait déjà se douter :
_ Des précautions bien inutiles, nous ne sommes pas venus jusqu'ici pour vous égorger.
Son regard clair et toujours froid balaye les inconnus avant de la distinguer elle. Sans même la connaître, il la ressent, c'est comme une fébrilité dans l'éther, l'écho d'un autre dragon quand dans une pièce il ne devrait y en avoir qu'un. Ses paupières se plissent dans la direction de la princesse, et il penche la tête sans aucune déférence, il ne s'inclinera pas devant elle, même à cette distance qui pourrait passer pour de l'humilité. Puis il s'avance, fendant sans effort la foule qui les laisse circuler en s'effaçant, jusqu'au roi Rutherford :
_ Votre majesté, mon père vous remercie d'avoir permis que nous usions du portail jusqu'à Tenebrae. Il aurait été fâcheux de différer... l'inévitable.
Ce mot, il l'appuie avec dédain, tout en la regardant de nouveau, sans chercher à la voir, pour autant, comme si elle n'était pas vraiment là.


~ i'm just a man of no consequence...
Revenir en haut Aller en bas
 
Petitananas
Petitananas
Féminin MESSAGES : 622
INSCRIPTION : 01/06/2019
ÂGE : 31
RÉGION : Nord, France
CRÉDITS : Môa

UNIVERS FÉTICHE : Fantsay, Horreur, Vie réelle, Science-fiction, Romance..
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

https://www.letempsdunrp.com/t3081-bonjour-tout-le-monde-d https://www.letempsdunrp.com/t4005-m-heureux-sont-les-maries-un-peu-moins-les-invites-sans-reponse https://www.letempsdunrp.com/t3112-journal-de-bord-d-un-petitdino
Narnia

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

vava_a34.png
Aalana Amalia
Tenebrae Rutherford

J'ai 25 ans ans et je vis à Ethalania la capitale du royaume de Tenebrae . Dans la vie, je suis princesse héritière d’une bien belle contrée et je m'en sors comme je le peux, ne me sentant souvent pas apte à endosser pareil rôle. Les obligations, les responsabilités qui incombe à mon statut pèse sur mes épaules si frêles. Trop frêles. Et parce que cela est mon devoir et que mon peuple compte sur moi, je suis promise au prince du royaume de Lucis. Nos anciens ennemis. Et je le vis vraiment mal, j’avais le rêve un peu bête de me marier par amour et non par devoir.

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Giphy
* Trop douce pour ce monde.
* Trop fragile pour sa charge.
* Trop craintive pour la guerre qui semble n'avoir jamais cessé et dont on se demande parfois pourquoi elle a commencé.
* Trop introvertie pour ce prince si ombrageux, au peuple violent.
* Mais courageuse, bien plus qu'elle ne l'imagine...

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Alyt
* Prince Ravus Lucis Caelum. Son promis. Son destin. Son roi. Son geôlier. Son espoir pour les siens.
Vanessa moody


Sa nuit a encore été compliquée, comme toutes les autres depuis l’annonce de ses fiançailles. Mais celle-ci avait de particulier qu’elle précédait la venue du prince Caelum, l’homme que la jeune princesse allait épouser sous peu. Un moment historique pour les uns, pour certains, un nouvel affront pour d’autres, pour beaucoup. Comment leur en vouloir, la guerre s’est terminée il y a tout juste vingt ans, trois cents de guerre pour une paix encore si neuve et si fragile. Les affres des conflits interminables sont encore dans les têtes et les cœurs, et il faudra du temps aux deux peuples pour cicatriser et instaurer un vrai climat de confiance. Mais hélas, avant d’envisager cette possibilité, les royaumes de Lucis et Tenebrae vont devoir à nouveau partir en croisade contre un ennemi commun. L’idée ne l’enchante pas bien sûr, Aalana aurait tellement voulu éviter cela aux siens, leur éviter à nouveau les souffrances et les pertes. Pourtant, le destin semble ne pas vouloir écarter les deux peuples des sentiers de la guerre. Comme une blague cruelle et interminable. Non, ça ne la réjouis pas. Mais peut-être que verser le sang ensemble, guerroyer ensemble et défendre leurs peuples ensemble, donnera l’envie et la force aux gens de Lucis et à ceux de Tenebrae d’enfin avancer main dans la main. Plus que de la confiance, une vraie symbiose.

Cependant, avant cela, ils doivent sortir vainqueurs de l’affrontement à venir avec l’Empire technologique de Niflheim.

La jolie brune pousse un soupir las, elle n’est même pas sortie de son lit que la journée à venir la fatigue déjà. D’ailleurs, sa couche cela fait déjà un petit moment qu’elle devrait l’avoir quittée. Elle n’est pourtant pas du genre à trainer pour se lever, sauf quand elle est alitée. À vrai dire, à cette heure-ci et en règle générale, la jeune femme est déjà prête pour accomplir les différentes tâches du jour. Mais ce jour déroge complétement à la règle générale, ce n’est pourtant pas ça qui va l’aider à enfin daigner bouger le petit doigt. C’est sa dame de confiance, Louvia, qui réussit finalement à l’extirper du lit, avec des sourires, des mots gentils et surtout avec une incroyable bienveillance. Plus que quiconque, elle sait que la visite du prince angoisse la princesse, que son mariage approchant la plonge un peu plus dans une tristesse certaine. Que son union, elle l’avait imaginé autrement, loin du tourment de la guerre et des enjeux politiques. Les seuls points positifs qu’elle a réussi à y trouver, c’est que ses parents ne sont plus inquiets de la savoir toujours seule, jusqu’à lors, elle n’avait jamais réussi à trouver chaussure à son pied. Ou plutôt ce sont les chaussures qui ne voulaient pas d’elle. Trop douce, trop effacée, tellement insipide. Les mots résonnent encore dans sa tête et lui pique le cœur comme de multiples petites aiguilles. Aalana les chassent de son esprit, pour se concentrer à nouveau sur l’autre point positif de cette union, la protection de son peuple. Voilà ce qui est ressortis de sa réflexion à propos de cette union, c’est peu certes, mais toujours mieux que rien.

Il ne tiendra qu’à elle, qu’a eu, de faire en sorte que les choses se passent bien. Même si ce mariage, elle n’en veut pas.

Fin prête. Une jolie robe colorée et légère qui sent bon le printemps, l’effluve d’un parfum aérien pulvérisé dans le creux de son cou, quelques touches de maquillages, rien d’outrancier. Et les cheveux lâchés, dont les mèches virevoltent au rythme de ses pas, qui l’emmènent vers la salle du portail. À peine un pied hors de ses appartements, que six jeunes femmes lui emboîtent le pas en silence, sa garde rapprochée, véloce et mortel. Femmes fluettes dont les gens ne se méfient pas, comme une rose élégante dont on oublie les épines jusqu’au moment où il est trop tard. Pour le moment, elles n’ont pas eu à intervenir, mais elles restent sur le qui-vive. La traversée du château se fait dans le silence, Aalana saluant quelques domestiques qui s’agitent ici et là. Tout doit être parfait et les derniers ajustements doivent être en cours. Son arrivée dans la pièce immense qui garde le portail, est salué par toute la cour, qui semble à la fois excitée et tendue. Son père la gratifie d’un regard quelque peu réprobateur, il est vrai qu’elle est peu en retard, quant à sa mère elle lui sourit avec encouragement. Oui, de la vaillance, elle va en avoir grandement besoin.

Se plaçant à la gauche de son roi, le portail se mets alors à vibrer d’une magie puissante et incroyable, envoyant des flashs de lumière ici et là, sous les yeux ébahit de l’assemblée. La jeune princesse retient son souffle, alors qu’une silhouette se dessine et que le prince apparaît, suivit des membres de sa garde personnelle. Que dire de sa première impression sur son promis, un charme certain elle doit l’admettre, mais son regard froid et son attitude suffisante gâche complétement l’attrait qu’il aurait pu engendrer chez elle. La beauté ne suffit pas. Il semble par ailleurs désappointé d’être désarmé, lui ainsi que les siens, par les protections magiques du royaume. Et il ne se gêne pas pour en faire part à la cour, ainsi qu’a la famille royale. Il ne fait aucun doute qu’il en va de même dans le royaume de Lucis, et jamais Ô grand jamais, Aalana ne se serait permise pareille remarque. Son père ne dit rien et se contente d’un sourire peu avenant, mais il ne fait aucun doute qu’une fois en privé, il ne se gênera pas pour cracher sur le prince et l’affront qu’il vient d’opérer.

D’un coup d’œil, le prince Caelum balaye avec froideur l’assemblée avant que ses iris verts ne se posent sur elle, la faisant quelque peu tressaillir. L’angoisse lui étreint à nouveau le cœur, alors qu’elle le salue avec plus de considération que lui vient ne vient de le faire. Il est vrai qu’on lui avait brossé un portrait assez désobligeant de cet homme, mais la princesse Rutherford avait eu le bon espoir que ce soit l’aigreur et non la vérité qui fit parler son interlocuteur. Mais elle commence à se dire, alors que son futur compagnon approche avec tout le dédain du monde, que ce que l’on dit de lui est vrai. Alors, comment va-t-elle pouvoir réussir à composer avec un individu de cet acabit ? Ils sont comme le jour et la nuit, beaucoup trop différents.

Bienvenue en Tenebrae prince Caelum ! s’exclame d’une voix forte son seigneur et père. Nous sommes ravis de vous accueillir parmi nous. Mais inutile de me remercier, il s’agit avant tout d’une question de bon sens, mais aussi une marque de confiance.

Le roi Rutherford sourit avec autant de dédain que son vis-à-vis, avant de poursuivre.

— L’inévitable, voilà un mot bien singulier pour définir vos futures épousailles. Je suis sûr qu’une fois que vous aurez fait connaissance avec ma fille, cette union vous semblera moins fâcheuse.

Aalana retient un soupir et détourne le regard dans le même temps, alors que le prince l’observe à nouveau. Le premier contact entre les deux anciens ennemis n’est vraiment pas des plus cordiales, elle sait qu’ils n’allaient pas se sauter au cou les uns les autres. Mais naïvement, elle avait espéré quelque chose de plus cordiale. Son père lui fait ensuite un signe discret et quelqu’un lui confie un petit coffre joliment ouvragé. Malgré ses jambes tremblantes comme des feuilles, la princesse s’avance avec grâce et vient se mettre face au prince.

— J’espère que votre séjour dans nos contrées vous sera agréable, dit-elle d’une voix un peu trop blanche à son goût. Pour vous témoignez notre amitié, notre confiance et notre gratitude, veuillez s’il vous plaît accepter ce présent.

Elle ouvre le coffre avant de reprendre.

— Il s’agit du cœur de Tenebrae une pierre très rare et d’une grande finesse qui symbolise l’affection.

Sa tentative de sourire échoue lamentablement, quand elle voit l’homme jeté à peine un coup d’œil au cadeau, qui se fait emporter sans plus de cérémonie par l’un des gardes rapprochés. La cour au début curieuse commence à se faire venimeuse à l’encontre du jeune Caelum, Aalana étant très apprécié par ses gens, son attitude ne doit vraiment pas être bien vue. Mais il est sûr qu’au vu de sa façon d’être, cela doit lui être sans doute bien égale.

— Nous allons vous montrer vos quartiers le temps de votre visite parmi nous, claironne le roi. Mettez-vous à votre aise et prenez le temps de prendre vos marques, Aalana vous fera visiter le château afin d’initier un premier contact entre vous.

Un jeune servant se matérialise alors prés du prince et des siens, les invitants d’un geste de la main à le suivre. Dernier coup d’œil méprisant à sa promise et les voilà qui disparaissent. Bien vite, les murmures vont bon train au sein de la cour royale, et même son père et sa mère semblent quelque peu décontenancés par leur beau-fils. Et dire que c’est seulement leur première rencontre. Aalana pousse enfin un soupir léger et ferme quelques instant les yeux.

Pour le bien de tous, se répète-t-elle comme un mantra. Le bien de tous…


Et les ténèbres au monde _ Petitananas 511a43aa77653d87c19e90180dddb5fbaccf22f0r1-444-250_hq
Petitdinosor devient...*roulement de tambour* Petitananas !
Revenir en haut Aller en bas
 
Callian
Callian
MESSAGES : 45
INSCRIPTION : 13/07/2020
CRÉDITS : icon(c)oldmoney

UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

https://www.letempsdunrp.com/t4008-pres-du-passe-luisant-demain- https://www.letempsdunrp.com/t4015-mon-carnet-de-bal-_-callian https://www.letempsdunrp.com/t4042-la-galerie-des-masques
Noob

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

8w9yx83.jpg
Ravus Lucis Caelum

J'ai 29 ans et je vis à Insomnia, la capitale du royaume du Lucis. Dans la vie, je suis le prince héritier que l'on écartèle sans cesse entre le devoir et les échos de la guerre. L'on murmure que bientôt l'on me mariera à l'héritière de Tenebrae, contrée voisine qui fut jadis notre ennemie jurée. Mais aujourd'hui, l'Empire du Niflheim est à nos portes, et le désespoir nous pousse à cette alliance. Ma lignée possède le pouvoir du Dragon de Lumière, c'est-à-dire que chaque descendant des Caelum est le réceptacle d'une entité millénaire qui nous octroie certains pouvoirs. Mais l'on tait soigneusement le danger de cette incarnation aujourd'hui autant crainte qu'idolâtrée. L'Empire s'est jeté sur les sentiers de la guerre sous prétexte de mettre à bas le pouvoir des dragons, et en finir avec ce que l'on nomme aujourd'hui notre hégémonie.


Fier. Vindicatif. Méfiant. Loyal. Courageux. Impulsif. Hautain. Guerrier. Il a peu d'amour pour les intrigues politiques. Il croit en son devoir mais la malédiction des dragons lui pèse. Il est extérieurement très sûr de lui mais est souvent plongé dans d'atroces doutes. Il est amoureux de la grande prêtresse du Lucis, Azurae Helios, et ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il vit mal son mariage arrangé, croyant qu'on va l'assortir à quelqu'un de placide et de trop doux.



avatar(c)corvidae


Le comité d'accueil est bien plus imposant qu'il ne l'attendait et que l'on ait réuni autant de monde autour de sa venue l'indispose autant que l'attention caresse sa grande fierté. Soit on cherche à l'impressionner soit au contraire à bien le disposer pour le séjour qui l'attend. Il a dans la tête les grondements incessants du foutu lézard qui l'habite, et les bruits gutturaux se mélangent aux recommandations barbantes du grand chancelier d'Insomnia. Il s'agit d'une visite d'une importance capitale, Altesse, et vous devrez vous en référer au protocole tenebrien. Vous marcherez toujours avec élégance et surtout sans empressement. Tout empressement trahit pour eux la virulence des êtres les moins bien dégrossis. Et qu'on ne puisse pas dire que le prince du Lucis agit comme un paysan, voyez-vous... Blablabla. Vieille baderne. Le pas de Ravus cependant se fait mesuré alors qu'il fend la foule de cette cour qui, sous son raffinement, apparaît pour lui tel un nid de serpents. Il y a dans les manières de son peuple une franchise plus assurée qui, si elle passe pour une éducation moins raffinée, a l'avantage de toujours pouvoir avancer à visage découvert. Ici, le prince sait pertinemment qu'il ne peut guère apparaître tel qu'il est en privé : partout des visages ennemis et cette belle-famille qui semble si prompte à le morigéner. Comme s'il ne s'était pas largement entraîné à soutenir le regard d'un roi en la personne de son propre père...

Créon le suit de très près mais cet homme à la musculature imposante n'a rien à envier aux plus éprouvés des courtisans de Tenebrae. Il distribue avec une très fausse sincérité quelques sourires aux dames qui lui rendent des oeillades intéressées. Il faut dire que sa famille fait partie de la suite du roi depuis des siècles désormais et qu'ils sont rompus en matière de protocoles étrangers autant que dans le maniement des armes les plus létales. Le prince, a contrario, n'a pas ce côté solaire que l'on pourrait attendre de son ascendance, non pas, il a toujours eu la mélancolie de ceux qui voyaient leurs choix écartelés par les sursauts d'un pouvoir auquel il n'aspire pas véritablement. Il aurait préféré prendre la suite de son frère, tombé au combat lors de la dernière bataille qui opposa les deux royaumes, à la tête des armées plutôt que de se voir ployer sous le poids harassant de la politique.

Son attention se concentre trop peu sur Aalana qui pourtant semble s'être apprêtée pour l'occasion avec le plus grand soin. Il doit reconnaître que le naturel dont elle s'est parée est loin de lui déplaire quand les courtisanes alentours apparaissent sous des maquillages plus chargés, faciès grimaçants qui aiguisent sa méfiance plutôt que son désir. La princesse est loin de ces faux-semblants, du moins de ce qu'il peut en juger en un seul coup d'oeil. Arrivé auprès du roi, il reconnaît en sa promise les traits que le chancelier lui a dépeint pendant des heures, sans discontinuer. Votre épouse est aussi réservée que l'on dit sa beauté fulgurante. Fulgurante... Son mauvais esprit l’empêche aussitôt d'aller jusque-là, il la trouve fraîche et jolie mais quelque part, une impression se froisse et ôte au tableau de ces deux futurs époux tout l'élan que seules peuvent dessiner les premières rencontres. Les non-dits feulent sous la langue vipérine, il les tait tous. L'aigreur d'avoir dû abandonner Azurae, la colère et la peur quand seul le cadavre de son frère aîné fut ramené à la capitale. Un deuil éternel pour quelques années de paix. Seulement quelques années. Et le lézard continue de murmurer, dans son écrin de chair, et il faut à Ravus toute la maîtrise du monde pour ne pas laisser aller tout le pouvoir qu'il contient, qu'il enferme, qu'il aimerait tant abjurer. Il se concentre sur le discours du souverain, et sa garde incline bien bas sa nuque pour marquer l'insigne honneur qui lui est fait, même le Prince se voit contraint de courber l'échine pour effacer de son visage la dureté qui y gît, une seconde durant, à la simple notion de confiance. Plutôt crever sur le champ que de leur accorder ce que l'on ne doit qu'à ses intimes.

Les paroles de son père tournoient une nouvelle fois dans son esprit brumeux. Tu vas chercher en des terres qui furent ravagées des alliés qui nous seront précieux. Un souverain doit toujours choisir ce qui lui paraît bon pour préserver son peuple. Alors oui, mon fils, tu trouveras à Tenebrae des alliés, et j'espère que tu y découvriras au passage une nouvelle famille. Il a pris ce petit laïus pour quelque chose de très creux alors, mais désormais que le voilà cerné par tous ces étrangers, et qu'il se doit de considérer le roi, la reine, et la princesse comme cette alliance qui ceindra bientôt son doigt, quelque chose se disloque et geint lamentablement dans sa tête. Il le fait pour son père dont le pouvoir décroit, il le fait pour sa mère qui lentement se meurt sous les affres du poison, il le fait pour ceux qui croient encore que les Lucis sont leurs dignes guides dans cette existence infâme. Pour eux. Pour eux. Il se le dit sans discontinuer, pour paraître, pour parler, pour continuer à avancer avec sa fierté qui n'est plus qu'un masque fragile.
_ J'imagine que dans tous les cas, nous aurons à nous réjouir de ce que nos royaumes trouveront dans cette unité qui leur a fait défaut jusqu'alors. Une perspective suffisante, en général.
Le discours est mesuré, comme chacun de ses pas, et les mots se libèrent tandis que ses yeux reviennent à elle, et qu'elle fuit aussitôt son inquisition. Il sent au même moment le regard très appuyé de Créon sur sa nuque, comme s'il lui intimait de se défaire de la froideur qui le contraint et l'étouffe.

Elle lui présente le coffret, charme troublant, discours trompeur, visage à la fulgurance certaine, il est vrai, mais ses mots semblent s'étioler, ils prennent peur et n'ont pas de teneur. Il frôle ses doigts au moment où elle lui remet le présent, cadeau protocolaire qu'il ne voit guère, trop occupé par la sensation qui le parcourt au moment où le contact se produit. C'est comme si Lucifer venait caresser dans une mutique insulte son vieil ennemi de jadis dans le réceptacle charmant. Ravus le sent si proche, une seule faille serait propice à le laisser s'exprimer par sa bouche, et jeter des mots sourds à la face de ce royaume qu'il maudit. L'affection. Le mot danse, sa saveur dissoute, le mot tance son imperfection, tandis que le prince cherche à sa débarrasser du coffret, le confiant à Vixen, en refermant promptement le couvercle. Il fait un signe sec en direction du second garde qui s'empresse de lui confier en retour une boîte laquée, assez plate, où court l'ivoire la plus fine. Ses dessins dépeignent un paysage pittoresque des alentours d'Insomnia. Il en dévoile le contenu : une écharpe de soie, qui inversement à la tenue du prince, présente un fond or, et de nombreuses broderies noires, en provenance de l'échoppe la plus rare que la capitale du Lucis possède dans le dédale de ses rues. Chaque broderie représente une constellation appartenant aux divinités majeures du royaume de lumière.
_ Je vous remercie, votre altesse, sachez que votre présent nous honore et nous comble, prononce-t-il sans y croire une seule seconde. En retour, veuillez accepter de porter l'étoffe la plus raffinée de nos tisserands. Les broderies qui y fleurissent sont notre voeu de vous offrir protection, amitié, ainsi que secours dans ces temps troublés.
Le discours est délicat mais un peu trop en retenue pour être seulement sincère, ils sont tous deux les pantins d'une pièce qu'ils crèvent sans doute de diriger. Il a une once d'empathie pour Aalana cependant, imaginant qu'elle doit ressentir la même chose pour toute cette tractation, et le fait de voir son sourire bientôt navré par son indélicatesse creuse son visage. Il apparaît plus mécontent qu'il ne l'est réellement, ceux qui le connaissent et qui l'entourent lisent facilement ce malaise qu'il repousse en demeurant dans des hauteurs glacées. Voilà donc ce qu'est le dragon des ténèbres... La petite voix susurre ses poisons dans sa tête.

La suite du prince poursuit son cheminement lorsqu'il leur ai demandé de rejoindre l'aile qui leur a été dévolue, et si Ravus ne voit rien des beautés du palais qui s'épanouissent devant leurs regards, en matière d'architecture, Créon et Vixen commencent à converser, de façon légère, appréciant beaucoup l'accueil qui leur est fait.
"Je n'imaginais vraiment pas le palais ainsi..." ponctue Créon, en relevant ses grands yeux sombres sur les voutes ornées.
"Tu t'attendais à quoi ?"
"Quelque chose de moins... impressionnant."
_ Vous ferez vos commentaires plus tard.

Ravus les rappelle à l'ordre alors qu'il vient de noter le fin sourire, qu'il juge un brin arrogant du valet qui les emmène dans le dédale du palais. Ils sont bientôt abandonnés dans une suite immense, où les mets raffinés disputent leur splendeur aux parures qui ornent les murs. Le prince file dans la chambre la plus grande, qu'il estime être d'emblée la sienne, et y découvre leurs bagages déjà disposés sur les portants. Il se rappelle alors que la visite est censée durer des jours entiers, pour qu'il découvre le pays auquel il est censé s'unir, et que par cette alliance, il sera un jour amené à diriger. Diriger des gens qui vous haïssent, voilà un tour de forces dont il se sent bien incapable tout à coup et il se laisse tomber sur le lit sans plus de cérémonie. Créon l'a suivi et l'observe, un air indéchiffrable sur ses traits racés avant qu'il ne lui dise :
"Tu comptes jouer au con encore longtemps comme ça ? Ou c'est juste pour donner le ton ?"
Ravus se redresse, les cheveux quelque peu ébouriffés et se rencogne dans une expression plus boudeuse qu'acérée :
_ Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je suis ravi d'être ici ? Que je me réjouis de la petite balade ?
"Elle est charmante, au moins, la petite 'balade'."
_ Oh je t'en prie, fais-moi de l'air.
Créon esquisse un sourire en coin car il voit que son prince se déride quelque peu. C'est vrai qu'elle est jolie, ça aurait pu être pire mine de rien, mais après tout, même somptueuse il n'aurait pas choisie cette voie-là si on lui avait seulement demandé son avis.
"Je compte sur toi pour bien te tenir. Elle t'attend dans le vestibule de la suite. Ne traîne pas trop, ça ne se fait pas quand on est bien élevé."

Il disparaît sur cette dernière boutade et Ravus prends le temps de se rafraîchir le visage dans l'aiguière ouvragée qu'il trouve sur un petit meuble dans sa chambre. Puis il se toise dans le miroir, avant d'essayer de plaquer un sourire très peu convaincant sur son visage. Il finit par soupirer et réajuster sa veste, avant de rejoindre sa promise qui en effet, se trouve dans l'entrée, toujours aussi effacée qu'il ne l'a trouvée dans la salle du portail.
_ Vous deviez me faire visiter le château ?
Alors que Vix, Créon et Tancred semblent s'agiter pour les suivre, Ravus ajoute en jetant un coup d'oeil par dessus son épaule :
_ Si l'idée c'est d'initier un contact entre deux futurs époux, je pense qu'on se passera fort bien de vous les gars. Il ne m'arrivera sans doute rien. Puis au pire... ajoute-t-il en retournant son regard clair et aiguisé sur elle, ne cachant pas une inspection plus minutieuse d'Aalana qu'auparavant, glissant ses iris de ses pieds à sa jolie tête :
_ ... Je crois pouvoir me défendre.


~ i'm just a man of no consequence...
Revenir en haut Aller en bas
 
Petitananas
Petitananas
Féminin MESSAGES : 622
INSCRIPTION : 01/06/2019
ÂGE : 31
RÉGION : Nord, France
CRÉDITS : Môa

UNIVERS FÉTICHE : Fantsay, Horreur, Vie réelle, Science-fiction, Romance..
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

https://www.letempsdunrp.com/t3081-bonjour-tout-le-monde-d https://www.letempsdunrp.com/t4005-m-heureux-sont-les-maries-un-peu-moins-les-invites-sans-reponse https://www.letempsdunrp.com/t3112-journal-de-bord-d-un-petitdino
Narnia

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

vava_a34.png
Aalana Amalia
Tenebrae Rutherford

J'ai 25 ans ans et je vis à Ethalania la capitale du royaume de Tenebrae . Dans la vie, je suis princesse héritière d’une bien belle contrée et je m'en sors comme je le peux, ne me sentant souvent pas apte à endosser pareil rôle. Les obligations, les responsabilités qui incombe à mon statut pèse sur mes épaules si frêles. Trop frêles. Et parce que cela est mon devoir et que mon peuple compte sur moi, je suis promise au prince du royaume de Lucis. Nos anciens ennemis. Et je le vis vraiment mal, j’avais le rêve un peu bête de me marier par amour et non par devoir.

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Giphy
* Trop douce pour ce monde.
* Trop fragile pour sa charge.
* Trop craintive pour la guerre qui semble n'avoir jamais cessé et dont on se demande parfois pourquoi elle a commencé.
* Trop introvertie pour ce prince si ombrageux, au peuple violent.
* Mais courageuse, bien plus qu'elle ne l'imagine...

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Alyt
* Prince Ravus Lucis Caelum. Son promis. Son destin. Son roi. Son geôlier. Son espoir pour les siens.
Vanessa moody


Tout ne se déroule pas sous les meilleurs hospices, loin de là, son premier contact avec Ravus aussi furtif soit-il, n’a rien d’un conte de fée. Comme dans les histoires que ses parents aimaient à lui lire quand elle était encore bien jeune, ou le prince courageux et gentil, venait sauver la douce et jolie princesse des griffes du vilain. Certes, en grandissant, elle a compris qu’un tel homme était impossible à trouver, et il en va de même pour la princesse. Deux personnages bien trop parfaits pour exister. Le cœur des hommes et des femmes sont fait autant de ténèbres que de lumière. Cependant, malgré ce mariage de circonstance, et même s’il est peu probable que l’amour puisse fleurir entre leurs deux âmes. Aalana aimerait juste qu’il la traite avec un peu plus d’égard, il ne veut pas d’elle, elle ne veut pas de lui. Mais la jeune femme malgré sa timidité maladive, fait des efforts pour lui être agréable. Toutefois, ce n’est peut-être pas assez pour lui ?

Sa petite voix lui souffle qu’elle pourrait trouver un indice dans son regard, au lieu qu’elle ne se perde dans les élégantes dorures de son vêtement. Il y a tellement d’émotions et de sentiments qui peuvent passer dans les prunelles d’une personne. Ravus n’a pour le moment montré aucune impression de positivité selon elle, alors se plonger dans son regard froid, elle n’y songe pas. C’est trop tôt, trop effrayant et un brin gênant. La couleur de ses yeux est si jolie pourtant.

Le cadeau maintenant, confié la princesse est donc soulagée de pouvoir quitter son champ de vision. L’exercice ne lui a pas été aisé, car alors qu’elle lui tourne le dos, la jeune femme prend petit à petit la mesure que tout cela implique. Pas qu’elle n’en avait pas conscience, mais de le voir en chair et en os, ici chez elle, dans son royaume au milieu des siens. Rends les choses terriblement concrètes, comme si avant qu’il ne vienne en visite, tout cela n’était encore qu’un rêve. Non pas un rêve, les songes sont agréables, et ce qu’il se passe devant ses yeux sans qu’elle ne puisse dire stop est loin d’être appréciable. Pour elle du moins, pour lui aussi sans doute, elle ne sait pas quoi en penser. Il s’agirait alors plutôt d’un cauchemar qui a pris forme dans le monde réel, pour venir l’emmener loin des siens et la dévorer. Peut-être qu’elle dramatise un peu, elle doute que le prince de Lucis veuille la croquer. Mais il est sûr que lorsqu’il sera reparti vers son royaume, le temps lui sera compté, vraiment compté, plus encore qu’avant. Avec sa famille, les gens qu’elle apprécie ou même les projets qu’elle avait en cours pour sa patrie. Tellement de personnes, d’intentions et de choses qu’elle va devoir laisser derrière elle. Ses parties d’échec avec son père, chanter avec sa mère, ses ballades avec Louvia dans les jardins du palais en été, aider les paysans à améliorer leur récolte… Aalana prend une profonde inspiration et repousse tout cela dans un coin de sa tête, ce n’est pas le moment de se laisser envahir par la mélancolie de son départ prochain. Elle aura tôt fait de se laisser aller, les jours passants et le temps la rapprochant du fatidique moment.

Une fois de retour aux côtés de son père, c’est au tour du royaume de Lucis de leur confier leur cadeau. Il aurait été très malvenu que le jeune homme ne fasse pas de même, mais vu l’arrogance et la froideur dont il a fait preuve jusque maintenant, il aurait pu être légitime d’imaginer qu’il passe outre cette petite cérémonie. Mais fort heureusement, son insolence semble avoir ses limites. Le voilà donc avec un somptueux coffret entre les mains, mais c’est surtout le dessin qui le parsème qui interpelle la jeune femme, bien plus que l’étoffe pourtant magnifique qu’il contient. C’est sans aucun doute son côté artistique qui lui parle, car elle aimerait beaucoup refaire sur l’une de ses toiles, le bien joli paysage que ses yeux ont capté. Ce voyant mal arracher l’écrin des mains du prince, elle va devoir attendre sagement de pouvoir l’emprunter. Son père lui fait d’ailleurs signe l’aller le récupérer, comme s’il souhaitait ardemment que sa très chère fille soit un maximum en contact avec son futur époux. Une façon sans doute, qu’elle s’habitue à la présence de l’homme. Aalana revient donc en face du prince, le regardant très brièvement et lui dédie une courbette de remerciement, pour le présent avant de faire demi-tour et de confier le coffret à son père.

— Mon peuple, ma famille et moi-même sommes heureux que ce présent vous comble à ce point, prince Ravus cela nous touche au plus profond de nos cœurs, répond le roi en prenant l’étoffe avec délicatesse et en l’observant d’un œil appréciateur. Je serais ravi et honorer de porter cette splendide étoffe au cours du bal de ce soir, qui sera donné pour vous souhaiter la bienvenue et vous présenter officiellement au reste du peuple de Tenebrae. Puisse ce moment glorieux être le début de grandes choses entre nos deux peuples.

Que de jolis mots, que de beaux discours, dommage que ni son roi, ni son futur époux ne croient en ce qu’ils disent. Comment bâtir une relation de confiance, si aucun des deux partis en présence, n’essaye d’y mettre de la bonne volonté ? Comment veulent-ils que cette paix si fragile perdure si la royauté elle-même reste si défiante à leur ancien ennemi ? Comment gagner la guerre sans la foi ? Tout est une question de temps, surtout entre deux nations qui se sont querellé durant trois siècles, elle le sait bien. Mais le gros problème, c’est que du temps, ils n’en ont que peu à leur disposition et le moment viendra ou ils devront tous se faire violence pour gagner contre leur ennemi commun.

— Princesse Aalana ?

La jolie sursaute légèrement avant de cligner des yeux, pour se rendre compte que le prince et les siens ont désertés la salle du portail. Elle tourne ensuite son regard vers Louvia, qui lui sourit avec patience.

— Pardon, je m’étais égaré dans mes pensées, répond la jeune femme embarrassée. Qui a-t-il ?
— Ne devez-vous pas rejoindre le prince pour lui faire visiter le palais ?
— Oh… Oh, bien sûr, mon Dieu, j’avais déjà oublié cela…

Nerveuse à cette idée, elle se mordille la lèvre inférieure fixant tour à tour sa dame de compagnie et sa garde personnelle qui attendent qu’elle s’exprime sur ce qui l’angoisse.

— Je sais que père à initier cette visite pour que je puisse discuter en privé avec le prince et entreprends un vrai premier contact, cette fois-ci un peu moins protocolaire. Mais… Mais je ne sais pas quoi lui dire, je… Je n’ai jamais hum…

Bafouillement, joues qui rougissent. Les sept femmes se contemplent en souriant avant de porter un regard à la fois tendre et bienveillant sur la plus jeune.

— Vous voulez dire conter fleurette à un homme ? demande Elise en riant.
— Quelque chose comme ça, oui, bredouille Aalana avec une petite moue.
— Commencez par quelque chose de simple, reprend Elise. Demandez-lui de parler de sa contrée, puis enchaîné sur les choses qu’il aime faire, sa langue devrez se délier naturellement.
— Une langue un peu trop bien pendue, grogne Méruh.
— Ne vous laissez pas faire par ses manières suffisantes et arrogantes, conseil Lumila. Vous valez autant que lui, si ce n’est plus.


D’accord, elle pense pouvoir suivre les conseils d’Elise sans trop de problèmes, en revanche, si d’aventure Ravus devait se montrer à nouveau hautain, il est certain qu’elle ne saurait le remettre à sa place. Reste simplement à espérer que s’ils sont simplement ensemble, il se montrera plus sympathique. Il est donc temps pour elle d’y aller, saluant ses dames, elle rejoint son père lui demandant si elle peut emprunter le coffret et au vu de ses dires, elle peut bien le brûler si ça lui chante. De toute façon, l’étoffe a était emporté dans les appartements du roi et de la reine.

Ses parents lui souhaitent un agréable moment et la princesse rejoint la suite du prince à petit pas, en chemin elle tente tant bien que mal de se calmer. Mais une fois devant la porte, son cœur repart au galop comme un cheval sauvage. Impossible de fuir, qui plus est son père comme Ravus n’apprécieraient pas qu’elle se dérobe. Trois petits coups frappés à la porte et très vite quelqu’un vient lui ouvrir et lui demande de patienter dans le vestibule. Parfait, il reste plus qu’à se plonger dans la contemplation des moulures du plafond en attendant. Elle est partagée entre l’envie qu’il arrive vite et celle qu’il n’arrive pas, la parfaite contradiction. Le futur roi de Lucis finit tout de même par pointer le bout de son nez, prêt à entamer la visite du palais, et elle hoche donc simplement la tête à sa question. Cependant, il semble que sa garde personnelle s’agite pour le suivre. Aalana n’est déjà pas bien à l’aise de se trouver seule avec le prince, alors avec autant d’homme, elle ne risque pas d’ouvrir la bouche.

Fort heureusement, il précise qu’il se passera d’eux le temps de cette promenade, tout en observant la jeune femme des pieds à la tête, d’un regard un peu trop appuyer selon elle. Voilà qu’elle détourne à nouveau les yeux, les joues se teintant d’un rose délicat, serrant le coffret contre elle comme le plus ridicule des boucliers.

— Je ne me permettrais pas de vous agresser, bafouille Aalana malgré tout.

Elle capte des sourires derrière le prince, la mettant un peu plus dans l’embarras. Il est grand temps de quitter ce vestibule, la princesse ayant grand besoin d’air. S’effaçant dans une invitation silencieuse, l’héritière du trône emboîte le pas au jeune Caelum quand celui-ci est à l’extérieur de ses appartements. Ils se mettent ensuite en marche en silence, alors que l’esprit de la brune se met en ébullition pour savoir quoi lui montrer en premier et quoi lui dire également.

— E…est-ce qu’il y a une pièce du palais que vous souhaitez découvrir plus que les autres ? demande-t-elle gentiment.

La princesse ose finalement un regard vers son promis, dont le visage est tourné vers le couloir. Aalana l’avait remarqué assez vite, mais de plus prés et sans le stress des nombreux regards posés sur eux, cela lui saute vraiment aux yeux. Ravus à vraiment un charme certain malgré son visage fermé et son attitude arrogante, il lui semble aussi un brin mélancolique ? Si elle pouvait oser, elle lui demanderait de poser pour elle, il est sûr qu’elle en ferait un bien portrait. Enfin, c’est sans doute un peu trop tôt pour pareille proposition, sinon elle pourra toujours le croquer à la dérober. Elle esquisse un mince sourire avant de reprendre.

— Pourriez-vous me parler de votre royaume ? Les seuls ouvrages qui en font mention dans nos bibliothèques ne parlent que de la guerre. Si cela ne vous gêne pas, j’aimerais la découvrir sous un autre angle.


Et les ténèbres au monde _ Petitananas 511a43aa77653d87c19e90180dddb5fbaccf22f0r1-444-250_hq
Petitdinosor devient...*roulement de tambour* Petitananas !
Revenir en haut Aller en bas
 
Callian
Callian
MESSAGES : 45
INSCRIPTION : 13/07/2020
CRÉDITS : icon(c)oldmoney

UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

https://www.letempsdunrp.com/t4008-pres-du-passe-luisant-demain- https://www.letempsdunrp.com/t4015-mon-carnet-de-bal-_-callian https://www.letempsdunrp.com/t4042-la-galerie-des-masques
Noob

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

8w9yx83.jpg
Ravus Lucis Caelum

J'ai 29 ans et je vis à Insomnia, la capitale du royaume du Lucis. Dans la vie, je suis le prince héritier que l'on écartèle sans cesse entre le devoir et les échos de la guerre. L'on murmure que bientôt l'on me mariera à l'héritière de Tenebrae, contrée voisine qui fut jadis notre ennemie jurée. Mais aujourd'hui, l'Empire du Niflheim est à nos portes, et le désespoir nous pousse à cette alliance. Ma lignée possède le pouvoir du Dragon de Lumière, c'est-à-dire que chaque descendant des Caelum est le réceptacle d'une entité millénaire qui nous octroie certains pouvoirs. Mais l'on tait soigneusement le danger de cette incarnation aujourd'hui autant crainte qu'idolâtrée. L'Empire s'est jeté sur les sentiers de la guerre sous prétexte de mettre à bas le pouvoir des dragons, et en finir avec ce que l'on nomme aujourd'hui notre hégémonie.


Fier. Vindicatif. Méfiant. Loyal. Courageux. Impulsif. Hautain. Guerrier. Il a peu d'amour pour les intrigues politiques. Il croit en son devoir mais la malédiction des dragons lui pèse. Il est extérieurement très sûr de lui mais est souvent plongé dans d'atroces doutes. Il est amoureux de la grande prêtresse du Lucis, Azurae Helios, et ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il vit mal son mariage arrangé, croyant qu'on va l'assortir à quelqu'un de placide et de trop doux.



avatar(c)corvidae


Alors qu'il chemine avec la lenteur qui démontre son peu d'envie, jusqu'au vestibule où il doit la rejoindre, Ravus songe déjà aux épreuves qui vont se succéder durant ce séjour qui lui apparaît déjà comme une sorte d'enfer. Le roi a évoqué un bal en son honneur et il frémit à la perspective de devoir paraître, durant des heures, alors que les regards inquisiteurs se verront rivés sur lui. Il fuit bien souvent ces festivités à Insomnia, au grand dam de son père, car la cour se voit privée de l'héritier qu'elle commence à ne plus vouloir suivre. Si bien qu'il sait que la perspective est pour lui et la princesse plus que ces réjouissances auxquelles ils doivent se forcer, c'est asseoir un pouvoir que l'on doit disputer ici comme au Lucis. Les dragons ont amené la guerre, ils ont versé le sang sur la terre, c'est ce que l'on dit. C'est ce que l'Empereur, depuis sa contrée, clame de plus en plus fort, pour justifier la guerre qui gardera le continent de l'avidité des royaumes, de la fureur des nations. Lorsqu'il apparaît devant elle, il a les épaules un peu plus basses, son arrogance n'est plus qu'un voile, et il lui faut bien du courage pour convier jusqu'à eux cette ironie qu'il continue de manier telle une arme pour mieux la repousser. Comme si la repousser ainsi allait les garder du mariage qui s'annonce. Il sait pertinemment que ces tractations se sont faites entre les deux souverains, et que ce que chacun y trouve va au-delà du bonheur de l'union de deux jeunes gens. Une union symbolique, pour sceller une alliance entendue.

Elle est exquise lorsqu'il la découvre, moins sûre d'elle que jamais, à jeter des regards apeurés à ses hommes qui pourraient leur dessiner une drôle de cohorte, froissant toute intimité avant même qu'elle n'ait pu s'apprendre. Congédier ainsi ses amis leur arrache quelques sourires qu'ils lui adressent, et ils semblent tous trois le couver d'une attention un brin trop lourde pour qu'elle ne soit neutre. Ça va, oui, il a compris, il se tiendra correctement et il essaiera d'être aimable, sauf qu'il est loin de savoir ce qu'il pourrait trouver pour la divertir. Qu'aime donc une princesse comme elle, ainsi percluse de cette étiquette qu'on lui a semble-t-il inculquée jusqu'à ce qu'elle l'enserre au point de l'étouffer ? Il ne va quand même pas papoter broderie, arrangement floral pour le mariage, ou autres niaiseries ? Il a comme un vertige à seulement s'imaginer pareil échange. Surtout qu'elle semble toujours aussi prompte à fuir ses yeux, comme si la menace pesait sur son épiderme au point de le brûler.

Sa maladresse cependant trace l'esquisse d'un véritable sourire sur le visage de Ravus. L'ombre se disperse quelque peu et il semble soudain avoir l'insouciance de son âge. Il entendu Créon retenir un ricanement qu'il fait passer pour une quinte de toux bien peu convaincante. Le prince plisse ses paupières dans la direction de son garde, avant de revenir à Aalana et de statuer, pour profiter de sa gêne :
_ Je vous crois sur parole, princesse. Avouez que cela serait quand même malvenu en préambule à nos épousailles.
Le mot est prononcé avec une brutalité notable, le déplaisir qu'il y trouve, bien qu'il cherche à quelque peu le maquiller, transpire par ce mot d'épousailles, comme s'il s'agissait-là d'une injure qui lui est faite. Avec tout le protocole du monde, et parce qu'il n'oublie pas au milieu de ce désastre l'éducation dont on l'a assommé depuis qu'il est né, il lui offre son bras afin qu'ils cheminent côte à côte. Le passage couvert qu'ils empruntent est une suite de colonnades dont les arcs pleins s'ornent bien souvent de décors floraux, et d'astres divins. Les divinités de Tenebrae lui sont connues, mais elles passent pour le peuple du Lucis pour des divinités trompeuses, opposées à celles de la lumière, dans un conflit millénaire. Leur "petite" guerre passe pour anecdotique face à cette opposition aussi légendaire que titanesque. Même si son dragon semble frémir à chaque fois qu'il l'approche, Aalana déclenchant des alarmes que Ravus peine à enfouir. Il se concentre sur sa question, alors que chaque pas est dessiné avec une raideur notable :
_ J'ai souvenir que mon vieux barbon de Chancelier m'a affirmé que vous aviez une salle des cartes. Vous comptez beaucoup d'explorateurs qui ont su découvrir toutes les îles septentrionales, à ce que j'ai entendu dire.

Le discours est beaucoup moins empesé depuis qu'ils sont seuls et le prince ose même ne pas apparaître totalement blasé devant cette requête, car il est lui-même féru de géographie. Comme tout petit garçon, il s'est rêvé explorateur, aventurier, peut-être même flibustier, alors voir ces cartes que l'on dit d'une exactitude notable, cela attise sa curiosité. Il sent qu'elle l'observe, mais il fait mine de demeurer le visage droit et fier, quelque peu indéchiffrable, même si l'intérêt brille dans ses prunelles leur donnant une teinte presque changeante, magnétique. Dès qu'elle cesse son inspection, il fait de même avec elle, au moment où un léger sourire semble prendre emprise sur ses lèvres. Le barbon de Chancelier a dit vrai, n'importe qui serait flatté d'avoir pareille épouse à son bras, pareille reine à côté de son trône. Alors pourquoi ne peut-il pas se laisser dériver au fil de sa beauté, et imaginer sur ses traits quelques sentiments qui pourraient adoucir le voyage qui les verra enchaînés ?

Bien qu'il lui ait offert son bras, il se laisse guider, tourne et emprunte une allée jouxtée par une impressionnante roseraie intérieure, qui s'épanouie sous une verrière, alors qu'elle l'interroge sur Insomnia. Le parfum le saisit, capiteux, enivrant et il secoue la tête, presque incrédule, avant de demander :
_ Est-ce là le parfait petit manuel de la future épouse ? J'imagine que l'on vous a conseillé de vous intéresser d'abord à mes goûts, puis ensuite à mon pays, peut-être même de me flatter.
Il n'est pas agressif, juste détaché, et bien trop franc pour une conversation qui se devrait être encore empreinte de protocole. Mais Ravus ne pourrait ployer l'échine jusqu'à devenir le prince que chacun souhaite qu'il soit, cela lui paraît aussi impossible qu'improbable.
_ Je pourrais à mon tour vous narrer tout ce que l'on m'a demandé de vous dire, princesse, sur le Lucis, sur sa beauté, sur le foyer que vous y trouverez. La vérité c'est que nos terres sont aussi sauvages que les vôtres ont été conquises, et aménagées. Insomnia est un bastion, ceint par une haute muraille que la lignée des dragons protège depuis toujours, et autour à perte de vue, ce n'est que le désert rouge, et les canyons qui déchirent le paysage pour mieux plonger dans des gouffres sans fin. Si jamais l'on survit en les traversant, la forêt qu'on y découvre est vénéneuse, certains lacs sont toxiques, même si l'on dit que les véritables dragons peuvent s'y plonger sans succomber. Je pense que vous n'aurez aucune alternative : soit vous aimerez ce royaume, soit vous le haïrez. On peut trouver de la beauté dans la sauvagerie, comme l'on peut dépérir au milieu de ce qui est trop ordonné.
Malgré toute sa retenue, parler du Lucis a emporté son discours pour lui donner plus d'ampleur, plus de poésie, et ses traits se sont animés, même sa main a dessiné quelques instants ces étendues où la faune et la flore posent encore avec une certaine hostilité. Il arrête leur marche pour cette fois-ci la regarder, ses yeux plongent dans les siens comme pour la sonder, sans dureté, mais sans lui permettre pour autant la facilité de la fuite :
_ Je ne sais ce que vous y trouverez, mais sachez que je n'attends pas de vous que vous vous forciez à aimer le Lucis.
Il secoue la tête, presque navré de lui avouer cela, mais il n'a pas envie qu'elle imagine qu'il lui faille le suivre sans jamais objecter et qu'il s'improvisera tyran dès lors que le fer de leur alliance ceindra son doigt. Quand il a évoqué cet amour auquel il ne saurait l'obliger, il parlait autant de son pays que de sa personne : une ombre retombe dans ses prunelles, il y surnage une sorte de douleur qui s'efface bientôt, avant qu'il ne l'invite à reprendre leur déambulation, tandis qu'il murmure :
_ Je n'attends rien de vous en vérité.
Ni la perfection de l'épouse, ni les sentiments de l'amante. Rien qui ne soit artificiel ou surjoué, rien qui ne vienne contrevenir à sa nature profonde pour peu qu'elle en ait une. Alors que la verrière dessine un puits de lumière, il sonde le ciel quelques secondes, et inspire plus profondément l'air empesé par le parfum des roses. Il donnerait tout pour s'incarner, ici et maintenant, et s'échapper, voler dans les airs, quitte à l'emmener avec lui, qu'importe, pour oublier les attentes qui pèsent sur eux, et qui les tyrannise. Alors comment pourrait-il seulement en rajouter ?


~ i'm just a man of no consequence...
Revenir en haut Aller en bas
 
Petitananas
Petitananas
Féminin MESSAGES : 622
INSCRIPTION : 01/06/2019
ÂGE : 31
RÉGION : Nord, France
CRÉDITS : Môa

UNIVERS FÉTICHE : Fantsay, Horreur, Vie réelle, Science-fiction, Romance..
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

https://www.letempsdunrp.com/t3081-bonjour-tout-le-monde-d https://www.letempsdunrp.com/t4005-m-heureux-sont-les-maries-un-peu-moins-les-invites-sans-reponse https://www.letempsdunrp.com/t3112-journal-de-bord-d-un-petitdino
Narnia

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

vava_a34.png
Aalana Amalia
Tenebrae Rutherford

J'ai 25 ans ans et je vis à Ethalania la capitale du royaume de Tenebrae . Dans la vie, je suis princesse héritière d’une bien belle contrée et je m'en sors comme je le peux, ne me sentant souvent pas apte à endosser pareil rôle. Les obligations, les responsabilités qui incombe à mon statut pèse sur mes épaules si frêles. Trop frêles. Et parce que cela est mon devoir et que mon peuple compte sur moi, je suis promise au prince du royaume de Lucis. Nos anciens ennemis. Et je le vis vraiment mal, j’avais le rêve un peu bête de me marier par amour et non par devoir.

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Giphy
* Trop douce pour ce monde.
* Trop fragile pour sa charge.
* Trop craintive pour la guerre qui semble n'avoir jamais cessé et dont on se demande parfois pourquoi elle a commencé.
* Trop introvertie pour ce prince si ombrageux, au peuple violent.
* Mais courageuse, bien plus qu'elle ne l'imagine...

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Alyt
* Prince Ravus Lucis Caelum. Son promis. Son destin. Son roi. Son geôlier. Son espoir pour les siens.
Vanessa moody


L’idée ne lui serait même pas venue à l’esprit, un seul instant, avec ou sans épousailles, il est encore bien trop tôt pour elle de savoir si elle l’aimera, ou le haïra. Mais même si à cet instant elle devait le détester, jamais elle ne se permettrait pareil acte. Ce n’est pas ainsi qu’on l’a éduqué, ce n’est pas ainsi que la vie l'a façonnée, la violence ne fait juste tout simplement pas partie de sa nature profonde. Oh, il lui est bien sûr arrivée de se mettre en colère, elle ne s’est jamais prétendue parfaite loin de là, cependant la brutalité physique l’a toujours rebutée. Alors non, si le prince devait se faire agresser, ce qu’elle ne souhaite absolument pas, ça ne serait sûrement pas par elle. Qui plus est, elle sait pertinemment qu’il est un guerrier farouche et ainsi bien entraînè à l’art du combat. La jeune femme n’aurait même pas eu le temps de lever la main sur lui, qu’il est sûr que Ravus l’aurait déjà neutralisé. Les possibilités d’une attaque de la part de la princesse Aalana sont donc impossibles, en plus d’être inimaginables.

Cette situation devient vite un brin embarrassante et elle préfère se murer quelques instants dans un silence polie, bien qu’un peu contrit, le temps pour les deux futurs époux de quitter le vestibule. Ravus à la délicatesse, non plutôt la politesse, de lui offrir son bras afin qu’ils puissent avancer tranquillement ensemble. Et la voilà à nouveau quelque peu troublée, visiblement pour elle, cette journée risque de rimer avec embarras et agitation. Il est vrai qu’elle a juste posée sa main sur son bras, en s’y appuyant à peine de peur de le gêner et qu’ils gardent tout de même une distance raisonnable. Cependant, en dehors de son père, c’est bien la première fois qu’elle est aussi proche physiquement d’un autre homme, ceux qu’elle a pu rencontrer ont toujours gardé un certain écart avec elle. Lui donnant souvent l’impression d’être une créature indésirable. Alors oui, il est sans doute bête qu’elle se sente si confuse par un acte aussi anodin, mais Aalana n’a tout simplement pas l’habitude de cela.

La jeune femme repousse finalement ceci, et se concentre plutôt sur les conseils que lui ont donnés ses amies. Lui poser des questions sur son royaume, puis sur lui, voilà un plan facile à suivre pour la princesse et qui ne devraient pas les entraîner vers des pentes trop savonneuses. Du moins, l’espère-t-elle. La jeune Rutherford lui demande néanmoins avant toute chose, s’il y a une pièce qu’il souhaite visiter plus que les autres. Car en y réfléchissant, même si l’architecture n’est pas la même qu’en Lucis, Tenebrae doit avoir des pièces communes avec le royaume voisin. Comme la salle du trône, les cuisines, les jardins, pour ne citer qu’elles. Certaines salles sont tout simplement indispensables à la bonne fonction d’un palais royale.

— En effet, nous avons une salle des cartes très bien fournies, explique Aalana en reportant son regard sur le couloir. Même si la guerre n’a jamais vraiment cessé, il y eu quelques courtes périodes d’accalmie qui a permis à nos explorateurs de partir en mer. La dernière date d’ailleurs il y a peu, afin d’affiner un peu plus la précision des cartes. J’aurais d’ailleurs aimé voir ses îles de mes propres yeux, mais il est visiblement compliqué pour une princesse de voyager.

Oui, malgré la paix entre les deux royaumes. La possibilité qu’une attaque puisse être mené à l’encontre de la famille royale et en particulier sur la princesse, héritière du trône et espoir de toute une nation. Rends la possibilité d’un tel déplacement pour le moment impossible à réaliser. Si elle a en quelques très rares fois eues la chance de quitter l’enceinte du palais, le temps d’à peine une journée et en restant toujours non loin de la sécurité château. Aalana espère un jour pouvoir voir ses fameuses îles septentrionales et un peu plus tard sans doute, les trésors que renferme les contrées de Lucis. Alors qu’ils arrivent non loin de la roseraie, la jeune femme lui demande alors de lui parler justement de son royaume, se retenant d’afficher une petite moue désappointée. Si elle aime les fleurs, l’odeur des roses ne lui est pas appréciable, un parfum entêtant, étouffant qui finit par lui donner la migraine. Mais ils n’ont d’autre choix que de passer par ce petit bout de nature intérieur, pour accéder à la pièce renfermant bons nombres de cartes dessinées au fils des siècles. La jolie brune finit par reporter son regard sur le prince, qui lui pose une question la plongeant dans un embarras certains, même si elle ne ressent aucune agressivité de sa part. Le parfait petit manuel de la future épouse donc, elle doit lui sembler bien conventionnel, sans saveur et sans surprise, à suivre des conseils surannés sur la façon d’apprendre à connaître l’autre.

— Je n’ai pas connaissance d’un tel ouvrage, répond néanmoins Aalana. Ma conversation doit vous paraître bien frivole, cependant, pour être tout à fait honnête avec vous. L’art de converser avec les hommes, avec mon promis plus particulièrement, ne m’a pas était inculqué, je suis une princesse et non une courtisane. Voilà pourquoi il m’a semblé utile de demander conseil sur la façon de faire, quand bien même cela soit usé jusqu’à la corde. Cependant, la flatterie ne faisait pas partie des recommandations.

Cela pourrait presque sonner comme une moquerie maintenant qu’elle y pense, voir même une attaque verbale. Mais elle n’a pas dit cela en ce sens, c’était plus a but informatif qu’autre chose, une façon de dire que certes, il lui a été prodigué des avis un peu vieillots. Mais qui doivent tout de même fonctionner la plupart du temps, sinon on ne les conseillerait pas. En revanche au moins les compliments n’y étaient pas. Enfin, elle n’est pas dupe non plus, c’est parce qu’il s’agit du prince de Lucis, avec un autre homme sans doute que la flagornerie lui aurait été conseillé. La jeune femme se mordille la lèvre inférieure, se demandant s’il serait avisé de s’excuser de son comportement ? Peut-être que Ravus ne l’a pas relevè comme une raillerie, mais qu’en revanche si elle s’en désole, cela finira par être pris de telle façon. Aalana se tend quelque peu, il n’est vraiment pas aisé de dialoguer avec un homme, encore plus quand il s’agit d’un prince. Fort heureusement, la flagellation mentale de la princesse se termine, quand son promis se mets à lui conter la beauté sauvage des paysages de son pays. Et à vrai dire, bien qu’elle écoute attentivement le jeune homme, la voilà bien plus emballée par le plaisir certains qu’il met à lui en parler, que par les détails qu’il lui donne pour rendre le tout plus vivant. Il suffit de voir son visage dont les traits se sont animés, et sa main qui dessine des formes dans l’air pour en être persuadé. La fin de sa description la laisse cependant quelque peu amer. Soit elle aimera ce nouveau royaume, soit elle le haïra ? Pas de demi-mesure ? Pourtant, la vie n’est ni toute blanche, ni toute noire et elle persuadé qu’il en sera de même pour les contrées de Lucis. Préférant ceci, mais n’appréciant pas vraiment cela, il en va ainsi pour Tenebrea, il en ira également ainsi pour la patrie de son futur époux.

— Merci pour vos mots, répond tout de même la jeune femme.

La faune et la flore du royaume voisin lui semblent bien agressives, des gouffres sans fin, des forêts vénéneuses, certains lacs toxiques dont elle n’oserait sans doute pas y plonger le doigt de pied, malgré la bête qui sommeille en elle. Surtout que rien n’est moins sûr de ce côté-là, il faut parfois se méfier des ont dit. Aalana n’a cependant pas le temps de s’imaginer à quoi tout cela peut bien ressembler en vrai et non dans ses pensées, que Ravus s’arrête de marcher, l’obligeant elle aussi à s’immobiliser. Il plonge ensuite son regard dans le sien et elle doit se faire violence pour ne pas fuir ses deux perles vertes, puis il reprend la parole. Elle ne dit rien, méditant les paroles du prince, puis ils reprennent leur marche, alors qu’il lui murmure des mots qui la plonge un peu plus dans le mutisme. Bien sûr qu’il ne peut pas l’obliger à aimer son pays, même avec toute la volonté du monde, le prince ne pourrait l’y contraindre. Et elle ne saurait lui donner que dans le meilleur des cas, un doux mensonge, dont seul son cœur connaîtrait la vérité. Mais quand bien même cela devait arriver, bien qu’un peu trop prématuré pour le moment, elle n’a pas encore mis le pied en Lucis. Si lui ne peut, ou ne veut l’obliger, les convenances à respecter le feront à sa place et Aalana, jamais, ne montrera de signe de déconvenue, surtout, elle ne veut blesser personne et encore moins être offensante.

Un soupir léger mais las passe la barrière de ses lèvres, la charge, ses responsabilités, son rôle de princesse lui semble parfois tellement pesant, avec cette impression souvent constante qu’a chaque pas, il y a le risque de marcher sur des œufs. Parfois, elle aurait souhaité ne jamais naître, ou alors pour être moins sombre, être la seconde, voir même la troisième, celle a qui on n’aurais demandé le moins.

Les deux jeunes gens bifurquent ensuite dans un nouveau corridor, quittant la roseraie aux senteurs beaucoup trop prenantes. Le couloir est fait d’un sol en marbre blanc si brillant qu’il reflète à merveille la lumière du soleil, les murs sont aussi laiteux que le sol dont la seule décoration notable son des gravures florales. Il faut lever les yeux vers le haut plafond pour enfin voir de la couleur, ou sont peints plusieurs représentations des paysages que l’on peut trouver en Tenebrae. Dont celui d’un lac à l’eau cristalline que l’héritière des Rutherford à eu la chance de découvrir, il y a de cela quelques années, et qu’elle espère revoir un jour. Enfin, après avoir emprunté un escalier en colimaçon aussi blanc que le couloir précédent, il ne leur faut plus quelques pas pour arriver dans la salle des cartes. Cependant, c’est au tour d’Aalana de stopper leur marche et de soutenir son regard avec toute la volonté dont elle dispose et malgré son cœur battant un peu trop vite dans sa poitrine.

— Si vous n’attendez rien de moi prince Caelum, j’espère dans un avenir certain, car nous venons de nous rencontrer, qu’à défaut de nous aimer comme deux amants, nous pourrons nous aimer comme deux amis. Car l’amour peu prendre des teintes bien différentes, et je ne conçois pas la vie sans amour, quelle que soit sa couleur.

La jeune femme lui offre un sourire aussi doux que sincère, avant de l’inviter à enfin pénétrer dans la salle des cartes. Un lieu quelque peu poussiéreux, quand bien même le ménage y soit fait de façon régulière. Pièce de forme ronde dont les murs sont faits de bois clair et vernis, de nombreux meubles en parsèmes les façades, le plafond et en voûte et encore une fois, des peintures y sont disséminés et narre une partie la conquête marine du royaume de Tenebrae. Elle dépose le coffret qu’elle tenait encore contre son giron sur une table de travail, avant de s’avancer vers un meuble en bois sombre et brillant, puis dans extraire un imposant rouleau en papier.

— Voilà la carte la plus récente, explique Aalana en la déroulant. Vous pouvez la consulter au gré de vos envies, ainsi que celles entreposées dans les meubles autour de nous. Les seules exceptions sont pour celles exposés sous le mobilier en verre, elles sont beaucoup trop fragiles pour être manipulées.


Et les ténèbres au monde _ Petitananas 511a43aa77653d87c19e90180dddb5fbaccf22f0r1-444-250_hq
Petitdinosor devient...*roulement de tambour* Petitananas !
Revenir en haut Aller en bas
 
Callian
Callian
MESSAGES : 45
INSCRIPTION : 13/07/2020
CRÉDITS : icon(c)oldmoney

UNIVERS FÉTICHE : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
PRÉFÉRENCE DE JEU : Homme

https://www.letempsdunrp.com/t4008-pres-du-passe-luisant-demain- https://www.letempsdunrp.com/t4015-mon-carnet-de-bal-_-callian https://www.letempsdunrp.com/t4042-la-galerie-des-masques
Noob

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

8w9yx83.jpg
Ravus Lucis Caelum

J'ai 29 ans et je vis à Insomnia, la capitale du royaume du Lucis. Dans la vie, je suis le prince héritier que l'on écartèle sans cesse entre le devoir et les échos de la guerre. L'on murmure que bientôt l'on me mariera à l'héritière de Tenebrae, contrée voisine qui fut jadis notre ennemie jurée. Mais aujourd'hui, l'Empire du Niflheim est à nos portes, et le désespoir nous pousse à cette alliance. Ma lignée possède le pouvoir du Dragon de Lumière, c'est-à-dire que chaque descendant des Caelum est le réceptacle d'une entité millénaire qui nous octroie certains pouvoirs. Mais l'on tait soigneusement le danger de cette incarnation aujourd'hui autant crainte qu'idolâtrée. L'Empire s'est jeté sur les sentiers de la guerre sous prétexte de mettre à bas le pouvoir des dragons, et en finir avec ce que l'on nomme aujourd'hui notre hégémonie.


Fier. Vindicatif. Méfiant. Loyal. Courageux. Impulsif. Hautain. Guerrier. Il a peu d'amour pour les intrigues politiques. Il croit en son devoir mais la malédiction des dragons lui pèse. Il est extérieurement très sûr de lui mais est souvent plongé dans d'atroces doutes. Il est amoureux de la grande prêtresse du Lucis, Azurae Helios, et ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il vit mal son mariage arrangé, croyant qu'on va l'assortir à quelqu'un de placide et de trop doux.



avatar(c)corvidae


Alors qu'elle dépeint à son tour quelques envies d'aventure, Ravus se détend à ses côtés sans même qu'il ne s'en rende compte. C'est comme une hérésie brutale, inconsciente cependant, que cette harmonie qui les laisse se trouver alors qu'ils cheminent tous deux dans un ensemble presque parfait. Leurs pas se suivent comme une danse déjà dessinée, et même Lucifer se voit renvoyé à ces limbes qui seules lui appartiennent, pour que le Prince ne soit plus que seul maître à bord de ce vaisseau qui n'a pour quelques minutes nullement l'ambition de se fracasser. Ainsi, la princesse rêve-t-elle de cette aventure qui pourrait devenir commune, un dessin flamboyant qui le laisse adouci, tandis qu'il commente, sans même faire appel à la raillerie :
_ Peut-être pourrons-nous un jour les découvrir ensemble. Si une princesse ne voyage pas, rien n'interdit à une reine de le faire, non ?
Sans même vraiment comprendre qu'il la pousse ici sur des territoires de plus en plus vacillants, le fil de sa pensée accompagne ses propres envies d'évasion, et il ajoute avec un intérêt bien plus acéré alors qu'il lui dit distinctement :
_ Surtout que vous pourriez facilement en voir les contours : je sais que les dragons effraient les populations mais à une certaine altitude, l'on ne nous distingue pas. Ne me dîtes pas, Princesse, que vous n'avez jamais osé enfiler vos écailles pour sortir explorer votre propre royaume.
La raillerie revient, pleine de camaraderie cependant, car Ravus, depuis le décès de son frère n'a plus guère l'occasion de parler de ces quelques forfaits auxquels il cède, au grand désarroi de son père et de sa garde personnelle, bien incapable de le suivre dans ses voyages nocturnes, lorsqu'il lui prend l'envie de se transformer. Le chancelier lui a dit que si l'envergure du dragon des ténèbres est tout aussi impressionnante que la sienne, ses appétits bestiaux sont plus marqués par leur cruauté que ceux de la créature qui se niche dans ses chairs. Mais Ravus sait aussi qu'il s'agit sans doute de racontars, relayés par les soldats et les victimes du feu de dragon, assurant ainsi au Lucis une sorte de légitimité dans la guerre, qui dépeint toujours ce combat légitime de la lumière face aux ténèbres. Un instant il l'observe à la dérobée, comme pour chercher chez elle les signes de cette cruauté que les textes narrent avec moult détails mais elle lui apparaît si réservée, voire précautionneuse qu'il semble presque impossible qu'une telle créature, aussi vicieuse soit-elle, puisse nicher en son sein. Le froncement de sourcils qu'elle semble incapable de chasser, indique que cependant faute de cruauté sa promise ne goûte que peu les parfums capiteux de la serre où ils conversent et le prince n'est pas le dernier à commenter sur le ton de la boutade :
_ Rappelez-moi de ne jamais vous offrir de roses...

Son esprit facétieux appelant bientôt d'autres reproches qui se dissimulent dans le discours qu'il lui fait. Il est vrai qu'il ne peut s'attendre de sa part que de ces mots choisis que l'on réserve à ceux que l'on ne veut ni froisser ni offenser, contrairement à lui qui semble toujours prompt à la plonger dans un malaise presque palpable. Il inspire quant à lui pleinement les notes florales qui lui montent à la tête, tout en détaillant les mots qu'elle vient de lui servir, se laissant bien moins démonter qu'il ne l'aurait cru d'elle. Il hausse bientôt un sourcil, tandis qu'un fin sourire anime son visage :
_ Je ne pense pas que les hommes cherchent la compagnie des courtisanes pour leur grande conversation, princesse. Surtout que les conseils qu'on vous a donnés sont le bon sens même, chaque femme qui m'aborde me demande de décrire tout ce que j'aime, sans jamais chercher à contrevenir à mes désirs, comme si j'étais l'enfant le plus capricieux du monde. Et savez-vous pourquoi je ne leur demande pas à mon tour de dépeindre ce qu'elles aiment ? Parce que cela m'ennuie. Comme je vous le disais, l'on ne fréquente pas les courtisanes pour la conversation. Tout du moins pas moi.
Il se dit cependant que son discours tend à faire entendre qu'il fréquente des courtisanes et le voilà à son tour quelque peu gêné par le ton de la conversation, imaginant les petits cris éplorés de son chancelier s'il en connaissait la teneur. Fort heureusement, il meuble sa propre gêne en narrant les paysages brutaux de sa contrée, sans doute sans concession à cause justement de sa précipitation à trouver quoi lui répondre. Il s'enferre bientôt dans cette dichotomie qui lui est toujours propre, et qui lui fit une réputation fière et aussi pleine de férocité, comme si la mesure n'existait guère, ni au Lucis, ni dans le coeur de son héritier. Aalana semble alors assez perplexe, face à ce discours qui la laisse devant l'absence de choix ou de mesure, qui ressemble fort à ces jeux de pouvoir dont ils sont eux-mêmes les objets non consentants. Il aimerait soudain se contredire, et lui dire qu'au fond, les alentours d'Insomnia ne sont pas si féroces, qu'il y a certains lieux enchanteurs qui lui plairaient sans doute, et se mord la lèvre à imaginer ce qui peut ainsi s'épanouir dans son esprit comme sentiments à l'idée de rejoindre pareille contrée. Bravo, Ravus, vraiment, bravo. Si elle avait quelques doutes quant à son destin, la voilà parfaitement au courant de l'inhospitalité dont toi, tu fais preuve. Il passe une main derrière sa nuque, comme pour en chasser un malaise mais s'enfonce bientôt dans une démonstration plus éloquente encore, qui la dessine comme abattue face à lui. Le soupir qu'elle exhale est si proche de ceux qui a lui-même poussés ces derniers jours qu'il sent en effet les prémices de cette complicité qui pourrait naître entre eux, à force de se fréquenter. Il s'absorbe dans la contemplation des peintures, où les paysages avenants de Tenebrae s'épanouissent, et cherchent à le troubler. La contrée de la princesse est aussi magnifique qu'on le dit, et avec un pincement désagréable, il se demande si la beauté demeure, alors que de nombreux paysages se sont vus défigurés par la violence de la guerre. Et s'il en restera quelque chose, si l'Empire viole la frontière. Il en est presque à chercher une phrase pour meubler le silence, lorsqu'elle lui répond, leurs pas de nouveau arrêtés, l'un face à l'autre, comme pour ces confidences que seuls les amants savent s'échanger. L'amertume qu'il ressent, à l'idée de cet amour avorté, qu'il a trouvé en d'autres bras, le laisse circonspect quelques secondes avant qu'il ne lui avoue :
_ J'aimerais vous le promettre ici et maintenant princesse, mais je ne puis que vous assurer que lorsque nous serons unis, vous ne trouverez pas en ma personne un ennemi. Car je n'ai pas l'indécence de vous faire payer ce que j'ai jadis perdu.
La guerre contre Tenebrae lui a arraché son frère, et l'a propulsé comme héritier du trône, et il a appris à maudire dès son plus jeune âge ce royaume qu'il a imaginé bien souvent dévoré par les flammes. L'on dit que c'est la lame du roi qui a frappé Cellius... Alors non, il ne pourrait la haïr pour ceux qui tombèrent sur le champ de bataille, car elle n'est que la créature d'un monarque qui fut mis au pas à force d'usure, mais imaginer lui donner son amitié lui semble effroyablement déplacé. Il cherche à lui rendre un sourire navré, comme pour s'excuser de l'incroyance qu'il nourrit à son égard, bien incapable de lui expliquer les raisons de cette colère rentrée qui continue de le trahir à intervalles réguliers. Connaît-elle seulement cette histoire ?

Ils reprennent la marche avant de disparaître dans l'immense salle des cartes qui n'a rien à envier au cabinet de curiosités d'Insomnia. La puissance navale de Tenebrae est telle qu'elle éclate sur le plafond en fresques immenses que Ravus se plaît à découvrir et à observer, sans dissimuler ni sa surprise ni son admiration. Au Lucis, ils n'ont jamais été de fiers navigateurs, l'expansion s'est taillée par la terre. Il s'avance pour découvrir la carte qu'elle dispose devant lui, et réapprend la géographie de leur continent, où à l'ouest, Tenebrae dessine son pourtour accidenté, et les îles qui lui apportèrent toutes ses richesses. Les yeux du prince fixent les quelques confetti de terre, au nord, avant de murmurer les comptoirs commerciaux qui y furent établis. Il sourit ensuite devant la géographie détaillée du Lucis, à l'est, beaucoup moins découpé que le territoire de leurs ennemis de jadis. L'on voit la capitale, uniquement dépeinte par son nom, et par le dôme magique qui la protège, ainsi que son arrogante muraille. Aucun des deux camps n'a jamais pu atteindre leurs capitales respectives, même si les Tenebrariens, il y a cent ans environ, ont assiégé Insomnia. Ravus, tout entier à son étude, ne se retient guère d'asticoter Aalana lorsqu'elle lui indique de ne pas aller malmener les cartes les plus anciennes, sous verre, conservées dans une atmosphère protectrice :
_ Me donneriez-vous des ordres, princesse ?
Une fois de plus, la moquerie de ce sourcil arqué, puis ce sourire un peu enfantin. Il continue d'observer la grande carte, avant de tapoter du bout du doigt les îles septentrionales et de demander à son tour :
_ Alors la princesse de Tenebrae rêve de voyager ? Je ne m'attendais vraiment pas à cela... Si l'on vous rendait votre liberté, dîtes-moi, qu'auriez-vous aimé devenir ?
Il appuie sa tête dans sa main et la questionne de ses yeux verts, qui brillent d'intérêt, montrant qu'il se soucie d'apprendre quelles pourraient être ses aspirations. Oui, il se fiche âprement de la conversation des courtisanes, ou du peu d'intérêt de leurs envies, du peu de fond de leurs idées, mais elle n'en est pas une, et s'il doit partager son existence avec elle, il espère qu'elle a de ces rêves qui permettraient sans doute de se raccrocher à quelque chose d'autre que son devoir. Tout en attendant sa réponse, il tourne entre les rayonnages, décrypte une inscription et sort précautionneusement un second rouleau qu'il superpose au précédent, découvrant l'autre continent, qui se trouve tout au nord du Lucis, l'Empire du Niflheim, qui les menace et les oppresse. Alors qu'il découvre des lieux dont il n'a jamais entendu parler, il ajoute :
_ Sans eux, peut-être le serions-nous, libres de devenir qui bon nous semble. Ou de continuer à nous entre-déchirer, sans doute.



~ i'm just a man of no consequence...
Revenir en haut Aller en bas
 
Petitananas
Petitananas
Féminin MESSAGES : 622
INSCRIPTION : 01/06/2019
ÂGE : 31
RÉGION : Nord, France
CRÉDITS : Môa

UNIVERS FÉTICHE : Fantsay, Horreur, Vie réelle, Science-fiction, Romance..
PRÉFÉRENCE DE JEU : Femme

https://www.letempsdunrp.com/t3081-bonjour-tout-le-monde-d https://www.letempsdunrp.com/t4005-m-heureux-sont-les-maries-un-peu-moins-les-invites-sans-reponse https://www.letempsdunrp.com/t3112-journal-de-bord-d-un-petitdino
Narnia

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

vava_a34.png
Aalana Amalia
Tenebrae Rutherford

J'ai 25 ans ans et je vis à Ethalania la capitale du royaume de Tenebrae . Dans la vie, je suis princesse héritière d’une bien belle contrée et je m'en sors comme je le peux, ne me sentant souvent pas apte à endosser pareil rôle. Les obligations, les responsabilités qui incombe à mon statut pèse sur mes épaules si frêles. Trop frêles. Et parce que cela est mon devoir et que mon peuple compte sur moi, je suis promise au prince du royaume de Lucis. Nos anciens ennemis. Et je le vis vraiment mal, j’avais le rêve un peu bête de me marier par amour et non par devoir.

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Giphy
* Trop douce pour ce monde.
* Trop fragile pour sa charge.
* Trop craintive pour la guerre qui semble n'avoir jamais cessé et dont on se demande parfois pourquoi elle a commencé.
* Trop introvertie pour ce prince si ombrageux, au peuple violent.
* Mais courageuse, bien plus qu'elle ne l'imagine...

Et les ténèbres au monde _ Petitananas Alyt
* Prince Ravus Lucis Caelum. Son promis. Son destin. Son roi. Son geôlier. Son espoir pour les siens.
Vanessa moody


Une reine… Voilà un mot qui la laisse aussi coite que pensive. Reine… La jeune femme a déjà beaucoup de mal à endosser son rôle de princesse et toutes les responsabilités qui incombent à cette charge, alors celui d’une souveraine. Aalana ose à peine y penser et les implications qui vont avec lui donne presque le tournis. Pourtant, mariée ou non, l’héritière des Rutherford sait que cela aurait fini par arriver à la mort de son père, devoir reprendre le trône et les rênes de son royaume. C’est ainsi quand on naît dans une famille royale. Mais là, maintenant fiancée à Ravus, cela prend des proportions encore plus inimaginables pour elle, bien qu’elle ne soit pas seule pour cela, gouverner deux royaumes, c’est trop, vraiment beaucoup trop. Mais elle tente tout de même de voir les choses sous un angle un peu plus positif. Son père ainsi que celui de son promis sont encore vivants, alors, avant d’en arriver à ce moment, sans doute auront-ils le temps d’apprendre à devenir des bons monarques pour leur peuple. La jeune princesse l’espère de tout cœur en tout cas.

— Je suppose oui, même s’il y a de grandes chances que nos charges respectives nous laissent peu de temps pour ce plaisir. Il serait néanmoins formidable que nous ayons la possibilité d’en faire tout de même quelques-uns.

Il est sûr que cela ne pourra pas le faire de mal de s’échapper de temps à autre, de leur vie royale, même si ce n’est que le temps d’une journée. Tout est bon à prendre. La suite des propos du prince, ne lui permettent pourtant pas de s’imaginer quel genre de voyage, ils pourraient faire, ni comment sera leur relation le jour quand ils entameront pareil périple ensemble. Les dragons, leurs dragons, leur malédiction et la cause de la guerre dit-on également…Aalana retient un soupir alors qu’une nouvelle inquiétude fleurie dans son cœur, même deux inquiétudes, auxquels elle n’avait sottement pas pensée. Que la jeune femme ne se soit jamais transformée en dragon est un vrai secret de Polichinelle, elle peut compter sur les doigts d’une main ceux étant dans la confidence. Les autres imaginent le contraire, persuadés que la jeune princesse s’est déjà métamorphosée, car cela fait partie du folklore Tenebraeriens, et cette légende est savamment entretenue. S’ils savaient, s’ils savaient que cela n’est jamais arrivé de son vivant et que cela n’arrivera sans doute jamais. Cependant, le prince lui finira bien par le découvrir à un moment ou a un autre, quand il verra son tatouage si peu visible dans son dos. Qu’en pensera-t-il d’ailleurs ? Et la, vient la seconde inquiétude, sans doute idiote, car beaucoup de femmes en passe par ce moment, et elles sont encore en vie. N’est-ce pas ? Car il est sûr qu’après s’être unie à Ravus, la nuit de noce viendra et qui dit nuit de noce dit également…Par tous les Dieux de Tenebrae, la princesse n’ose même pas le formuler dans sa tête, alors passer à l’acte ?! Aalana pince les lèvres, rougissant à vu d’œil. Puis elle finit par ouvrir la bouche, se rendant compte que cela fait plusieurs minutes que son promis attend une réponse.

— Non, je n’ai jamais fait cela, je ne souhaite pas inquiéter les miens en partant ainsi…

Ce qui aurait été sûrement vraiment si tenté qu’elle sache se transformer. Mais soudain sa réponse lui semble quelque peu méprisante.

— Enfin, je ne dis pas que vous, vous causez du souci aux autres, mais j’aurais peur de les inquiéter, bafouille la jeune femme. Mais sans dire non plus que vous manquez d’empathie…Ou quelque chose d'approchant.

La jeune femme préfère alors fermer la bouche, offrant un sourire désolé au prince pour sa maladresse. Elle espère qu’il aura compris dans les grandes lignes et qu’il ne sera pas froissé par ses mots. Non vraiment, ce n’est pas évident d’avoir une conversation avec un homme, encore plus quand il est le prince de l’ancienne nation ennemi et son futur mari, et son futur roi également. La jolie brune va alors pour inspirer et expirer doucement dans une tentative de tranquilliser sa personne, mais le parfum des roses lui fait un peu plus froncer les sourcils. À l’occasion, sans doute qu’elle demandera à ce que les fleurs de ce petit bout de nature, soient changées. Cependant, si la tranquillité n’est pas pour tout de suite, son fiancé arrive à lui arracher un sourire. Il a remarqué que le parfum des roses l’incommode.

— Pas besoin de m’offrir de fleurs, elles sont bien plus belles dans la nature…

La conversation se poursuit entre les deux futurs époux et il semble alors à la jeune femme apercevoir, lui semble-t-il, que Ravus est un peu plus détendu. Voir même taquin maintenant qu’elle y songe, en témoigne le mince sourire qui s’épanouit sur son visage, alors qu’il lui parle des courtisanes et de leurs conversations, entre autres choses. Cependant, la fin la laisse à nouveau muette. Clignant des yeux et ouvrant la bouche sans qu’aucun mot n’en sort. A-t-elle mal compris, ou le prince fréquente les courtisanes pour la chose qu’elle croit ? Enfin, elle n’est pas naïve et sait parfaitement que les hommes ont bien plus de liberté sur ce point que les femmes, mais entre le savoir et l’entendre. C’est tout un monde. Mais enfin, elle n’a de toute façon pas l’occasion de répondre, ce qui n’est sans doute pas plus mal, que son compagnon part dans une description aussi vive que brutale, des paysages de la contrée où il vit. Le tableau n’est en effet pas très enchanteur, mais au moins elle saura à quoi s’en tenir et elle apprécie la franchise du prince, car elle n’aurait pas trop aimé découvrir que sa description n’était absolument pas fidèle à la réalité. Quant à savoir si elle appréciera ou non le paysage du royaume qu’elle rejoindra sous peu, il est encore un peu tôt pour le dire. La jeune princesse n’est d’ailleurs pas aussi catégorique que lui, car elle est sûre qu’il y aura des choses qu’elle trouvera agréable en Lucis, comme certaines qui lui sont pénibles en Tenebrae. Il est sûr que ça ne viendra pas tout de suite, il y a des choses pour lesquelles cela met du temps de devenir appréciables. Aalana coule un regard vers lui, se faisant la réflexion que, pour un prince du royaume de la lumière, il a une vision quelque peu sombre de la vie.

Leur marche se poursuit ensuite dans un silence pour le moins tranquille, le prince admire les peintures au plafond, pendant que la princesse s’absorbe quelques instants dans ses pensées. Méditant les derniers mots de son promis, la brunette finit par s’arrêter, sans doute va-t-elle un peu vite en besogne, mais elle est sincère quand elle lui parle d’amitié, à défaut de l’amour de deux amants. C’est aussi quelque part, une façon de lui dire qu’elle souhaite également une relation de confiance avec lui, cela est important, autant pour elle que pour le futur de leurs deux royaumes. Car si le prince Caelum et la princesse Rutherford croient l’un en l’autre, peut-être que leur peuple pourra en faire de même. Un bien joli espoir.

— C’est déjà un très bon début, bien plus que je ne l’espérer. Alors laissez-moi juste souhaitez que, ce que vous venait de me confier finira par se transformer en amitié. Avec du temps et du travail, ce n’est pas irréalisable. En revanche, je suis triste d’apprendre que vous avez subi des pertes, j’espère n’avoir rien remué avec mes mots…

« Car je n'ai pas l'indécence de vous faire payer ce que j'ai jadis perdu. » Qu’entendait-il par là ? Aalana se doute que cela doit avoir un rapport avec la guerre, ça ne fait même aucun doute. Mais pourquoi aurait-il pu envisager de lui faire payer ce qu’il a perdu ? La jeune femme a beau chercher, elle ne voit pas, alors qu’il est sûr que la réponse est sous son nez. Oh, elle pourrait très bien poser la question à Ravus, mais ils ne sont pas assez intimes pour cela et encore une fois, elle n’aimerait pas le plonger dans des souvenirs pouvant rouvrir des plaies non cicatrisées.

Reprenant ensuite leur marche après ce petit interlude, ils finissent par pénétrer à l’intérieur de la salle des cartes et la princesse présente bien vite à son prince, l’une de celles qui repose sagement dans un des nombreux et imposants meubles. Il semble d’ailleurs admiratif des représentations de la conquête marine du royaume de Tenebrae, il est vrai que son peuple compte des explorateurs aussi fiers qu’aguerris et sans doute que s’il n’y avait jamais eu la guerre. Les marins auraient continué à découvrir ce que cachent les mers et autres océans. Un jour peut-être si la paix, celle avec un grand P leur est enfin accordée, ils pourront reprendre ce type d’exploration et sans aucun doute beaucoup d’autres projets jamais réalisés à cause des conflits. Aalana finir par légèrement se pencher sur la carte que consulte son promis, redécouvrant par la même occasion les derniers ajouts qui y ont été apposés. Avant d’écarquiller légèrement les yeux, face à la question de Ravus, qui finalement s’avère être une nouvelle taquinerie de sa part. La jeune femme secoue doucement la tête de gauche à droite, esquissant par la même occasion un fin sourire, il prend vraiment un malin plaisir à l’asticoter.

— Et…Et si c’était le cas ? bafouille-t-elle en retenant un rire. Cela vous incommoderait ?

Il reporte ensuite son regard vers le plan ou est soigneusement dessiné et détaillé leur continent, pointant du doigt les îles septentrionales et de la questionner une nouvelle fois. Pas de provocation gentillette cependant, il s’agit d’une vraie interrogation, sans doute dans le but d’en savoir plus sur elle. Les deux billes vertes qui l’observent, montre d’ailleurs un vif intérêt sur ce qu’elle aurait pu envisager de devenir, si elle n’avait pas été de sang royal. Et la réponse lui vient sans difficulté. La jeune femme laisse cependant à Ravus, le temps de consulter les différents rouleaux puis d’en extirper un second avec moult précaution. Cependant, le léger sourire qui flotté sur le visage d’Aalana, se fane légèrement en découvrant qu’il s’agit de la carte de l'Empire du Niflheim. C’est légitime que le jeune Caelum souhaite avoir une vue d’ensemble du pays de leur ennemi. Après tout, c’est à cause de leur menace que les deux jeunes gens se retrouvent pieds et poings liés, devant s’unir pour le salut des leurs.

— Même sans la guerre, je crois hélas que nous n’aurions pu échapper à nos destins. Certes, nous ne nous serions pas mariés, mais vous seriez devenu roi de Lucis et moi reine de Tenebrae…

Non, pour qu’ils puissent devenir ce qu’ils désirent, il aurait fallu qu’ils ne soient pas de sang royal. Pas de prince, pas de princesse, et là peut-être que de cette façon, oui chacun aurait pu prendre sa destinée en main. Mais ce n’est pas le cas, alors, à quoi cela sert-il d’y penser, si ce n’est à se flageller un peu plus mentalement. Néanmoins, Aalana ne résiste pas à l’envie de répondre à sa question.

— Toujours est-il que je ne vois pas pourquoi cela vous surprend tant que ça, que je puis rêver de voyage, est-ce si étrange que cela ? Mais pour vous répondre, j’aurais aimé devenir artiste peintre, j’aime…Non j’adore l’art et si je le pouvais j’essaierais toutes les activités possibles liées à la créativité. Il n’y a vraiment que dans ces moments-là quand je peins, ou que je joue de la musique, que je me sens vraiment bien, vraiment moi. Alors, j’aurais vraiment apprécié voyager pour croquer le monde qui m’entoure !

La brunette finit par cligner des yeux, se rendant compte qu’elle s’est un peu trop emportée dans ses propos. Ses pupilles noisette quittant les fresques du haut plafond, elle les reporte sur Ravus, les joues un peu roses et s’excusant d’un simple sourire.

— Et vous alors mon prince, si l’on vous rendez votre liberté, qu’auriez-vous aimé devenir ?


Et les ténèbres au monde _ Petitananas 511a43aa77653d87c19e90180dddb5fbaccf22f0r1-444-250_hq
Petitdinosor devient...*roulement de tambour* Petitananas !
Revenir en haut Aller en bas
 
Contenu sponsorisé


Et les ténèbres au monde _ Petitananas Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
 
Et les ténèbres au monde _ Petitananas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Village Hentaï

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 
 
LE TEMPS D'UN RP :: Pour s'amuser :: Univers fantasy-
Sauter vers: