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LE TEMPS D'UN RP

Jasper & Nemesis - Les roses se couvrent d'épines...

Callian
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Univers fétiche : Dystopie, City, Fantasy ou Historique
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Callian
Lun 10 Aoû - 19:18
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Jasper Dwyn

nom, prénoms : Dwyn, Jasper. âge, lieu de naissance : Il y a 40 ans, une naissance, dans le silence majestueux des cols embrumés. Son père était allé y faire une visite protocolaire, sa mère a été prise de contractions sur la route. Un décor charmant pour une entrée dans le monde, loin de la politique où pourtant il a fait depuis bien longtemps son lit. origine : Marqué par le sang de Gwelnaur, la fougue de sa politique, la brutalité de sa conduite. Il en est depuis longtemps fasciné. métier : Conseiller du roi, il oeuvre toujours dans son ombre, et murmure des mots à son oreille. Il est persuadé d'être né pour accomplir la tâche de le guider et de le seconder. C'est plus qu'une profession, c'est un destin. Il est également la voix de sa contrée, recueille ses aspirations pour mieux les sublimer. état civil : Âme volage qui ne s'accommode que peu de la monotonie, impossible à marier, les bruits courent sur son passage, et souvent les femmes se pâment. Que voulez-vous, difficile de ne pas succomber quand on se sait habile dans ces matières-là.

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Voix de son peuple et conseiller d'un roi qu'il adule, qu'il ne peut qu'admirer et qu'il suivra sur les sentiers de la guerre ou dans la tombe.



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Pendant une longue minute, tandis que le silence l'envahit et l'ensorcelle, il se demande si l'épine ne s'est pas plantée sous l'épiderme, pour y rester. Et y dégénérer, sa langueur, ses envies, et ses poisons. Ils miroitent dans l'onde, l'opacité s'éclaire à chaque coup d'oeil qu'il appose sur elle, et la respiration se fait plus lourde. Comme si l'orage s'annonçait, irrémédiablement. De ces orages auxquels on ne fait qu'aspirer. Sans savoir. Sans même croire. Mais les augures sont là, partout. Partout. L'autre futur qu'elle a évoqué, il s'inscrit dedans, avec la faveur d'une folie obscure, et toutefois éblouissante. Il n'a pas objecté, seul son regard noir l'a longuement sondée, comme s'il cherchait à lire justement si elle était prête ou pas. Ou pas encore. Pas encore...

Il met longtemps à répondre à sa pique. Il faut que les hauts murs de feuillages se dressent tout autour pour qu'il conçoive cette réalité où elle s'est inscrite. Il la savait dans son sillage, mais peut-être pas à ce point-là, même s'il y a quelque chose d'intriguant et également de très flatteur à l'imaginer l'avoir surpris dans quelques propos galants. Peut-être même certains gestes. Loin de ressentir de la gêne, c'est autre chose qui prend emprise sur ses humeurs, qui deviennent bien plus caressantes. La paume se fait serment, elle demeure. A chaque pas, elle s'ancre dans un absolu étrange. De ceux qu'il s'est interdit depuis tant d'années que le découvrir à rebours de cet interrogatoire devenu parfaitement romanesque est étonnant. Cela le désarçonne quelque peu, et il adore cette sensation nouvelle. Il la savoure tandis que les mots s'excavent, avec un calme qu'il n'a pas besoin de singer :
_ Les apparences sont des armures qu'il nous faut toujours porter en public. Et bien souvent en privé. Je pense que vous savez cela mieux que quiconque.
Ces femmes qu'il fréquente ne le connaissent pas. Il n'y a que sa garde du corps, et confidente, Séraphine, qui sait sans doute de quoi il est constitué, quelles sont ses réelles ivresses. Mais ce plaisir de la chair et de la traque, il en abuse bien souvent pour les informations et les faveurs qu'il en retire. Et puis l'oubli aussi. L'oubli quelques heures durant. A jouer celui qu'il n'est pas vraiment.

Le silence les recouvre. Il a compté au départ, les pas et puis les tournants. Contrairement à elle, il connaît le dessin de ce labyrinthe par coeur, tout simplement parce qu'il s'y retire, soit pour fuir, soit pour s'y cloîtrer en bonne compagnie, sans que l'on puisse aussi aisément le retrouver. Cette simple pensée, glissée tout contre elle, donne des allures plus acérées à son profil. Allures félines. Mais le constat qu'elle finit par formuler, au bout de ces longues minutes qui les emportent dans une très parfaite sérénité, le laisse interdit. Les pas se poursuivent, mais il y a eu un petit arrêt dans leur cheminement. Un accident sur la ligne toute tracée. C'est ce qui rend la fresque si esthétique, ce sont ses imperfections. Et lui qui calcule tout, quand il considère qu'il faudra lui répondre, il ne calcule plus rien. Car il y a une vérité étrange qu'elle souligne. Pourquoi, oui pourquoi, alors qu'elle a été portée dans son sillage, comme une ombre effleurée dans sa course folle, sa course au pouvoir, pourquoi ne s'est-il jamais retourné pour la confronter. Avant aujourd'hui. Avant ce labyrinthe, autour d'eux tressé ? Et qui fleurit, jusque dans la tête. Ramifications brûlantes, dans les veines.

Il attend que le décor très ramassé, tandis que les couloirs arborés semblent se resserrer tout autour, prenne une sorte d'élan, et s'ouvre avec la brutalité des premières découvertes sur un cercle parfait. Il y grimpe du jasmin, mais à cette heure de la journée, il distille un parfum bien moins capiteux qu'aux heures les plus profondes de la nuit. Un mouvement, un autre pas, il ne sait pas trop comment cela s'est dessiné, mais les voilà arrêtés, elle a le dos contre les fleurs, une couronne de mariée. Funèbre ou pas ? Il ne sait pas... Il lui fait face, mais leurs mains se sont entremêlées, toujours jointes. Le serment est entier. Il souffle :
_ Peut-être tout simplement parce que je ne vous ai pas jugée prête, jusqu'alors. Vous l'avez avoué vous-même...
Peut-être aussi parce que la peur l'a envahi à l'idée de la rencontre, car sa curiosité dévorante à elle est teintée d'une autre harmonie que celle que l'on chante à son endroit, d'habitude. Il y a trop d'envie, trop de questions. Une avidité. Un miroir aveuglant à des passions enfouies. Et il se demande, oui il se demande, s'il faut risquer de les excaver des enfers où elles ont été soigneusement scellées. Pas uniquement parce qu'il ne sait pas qui elle est, et quels sont ses motivations. Il serait bien trop simple de se dissimuler derrière cette incertitude. Son autre main s'élève jusqu'à sa joue, il y dessine une caresse, ou peut-être une condamnation.
_ Le serez-vous, Nemesis ? Le serez-vous lorsqu'il le faudra ?
Son prénom le fait sourire et le trouble à la fois. Saveur acidulée, où se niche l'ivresse et l'inconnu. Deux ondes charmeuses et à la fois dangereuses.


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Myre
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Myre
Lun 10 Aoû - 19:20
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Nemesis Morrigan
Fille d'un duc et d'une roturière, bâtarde comme titre de la honte.
La belle-mère n'a pas voulu supporté sa présence et ses traits bien trop éloignés des siens, yeux bleus océans et boucles blondes. Ce faisant, elle lui a offert un destin presque inespéré. Pupille d'un autre noble, élevée comme l'une de ses filles, éduquée comme l'on affûte sa plus belle dague.

Le Comte a rapidement repéré le potentiel de cet enfant aux atours angéliques et à l'esprit à la fois malléable et aiguisé. Elle était une rose, il lui a donné ses épines.
Elle est devenue fleur vénéneuse, charmante mais dangereuse.
Elle susurre des mots tel des poignards dans le dos.

Espionner.
Espionner et répéter.
Sans états d'âme.
Être la douce enfant, l'adolescente timide, la femme réservée.
Des confessions volées pour sa boîte de Pandore.
Des têtes tombées en disgrâce, du pauvre domestique qui avait volé une pomme, à l'adultère de la Comtesse.
Des têtes coupées aussi, sans culpabilité. Après tout, elle ne manipulait pas la lame.

Observer et écouter.
Mémoriser.
Répéter.

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Des lèvres qui n'échouent que dans une seule oreille, car il n'y a qu'un seul maître.

Elle a grandit, il l'a façonné, lui a donné l'identité qui lui manquait. De leçon de tromperie en leçon de supercherie, largement récompensée, sans autres idéaux que ses propres désirs. Il lui a insufflé d'autres ambitions, s'est servi de sa colère, de sa peine, de sa jalousie. Elle a fini par surpasser ses attentes.

De l'enfant à la jeune femme.
De l'homme mûr au vieillard.

Un vieux sénile aurait gâché un si grand talent, si bien qu'il l'a offert au Roi.
Nouveau maître pour satisfaire sa soif d'être quelqu'un.
Sarah Gadon


De quelle pièce s'agit-il ? Comédie ? Tragédie ? Romance ? Ont-ils réellement réussis à laisser la farce derrière eux ? Ces piètres scènes à l'humour douteux.
Les apparences trompeuses, elle les connait si bien, elle qui n'est que tromperie à chaque instant de sa vie et depuis si longtemps qu'elle en arrive parfois à se duper elle-même. Il sait tout cela et cherche la vraie Nemesis, du moins c'est ce qu'elle croit, sans comprendre pourquoi. Alors l'alchimie s'impose comme une évidence, la seule déraison possible dans cette scène romantique. Mais les apparences, les siennes sont aussi troublantes et il en abuse pour perdre son esprit comme il est en train de la perdre au sein de ce labyrinthe.
Nemesis veut y croire. Il y a tout à vrai dire pour se laisser bercer par l'illusion que la foudre les a frappé, a commencé par l'électricité qui parcourt leur peau collée. La marche silencieuse laisse place aux ressentis, s'ouvre sur un monde où le désir s'invite. Il est là et difficile à ignorer, au rythme de leurs pas, au rythme de leur coeur qui battent à l'unisson. Ses sens en émois perçoivent le moindre petit frémissement de son derme, le plus léger battement de cils envers elle, chaque contraction et décontraction. Les signaux sont envoyés dans tout son corps, jusque dans les sphères les plus intimes. Et chaque pas, chaque seconde de ce silence bruyant ne fait que rendre ses émotions plus intenses. Tout est si lent dehors alors que tout s’accélère à l'intérieur, son souffle, son coeur, son désir. Et elle se perd, elle se perd un peu plus dans l'admiration qu'elle lui voue, dans des envies enfouies, dans des sentiments naissants, qu'elle avait déjà commencé à nourrir. En même temps que des fleurs apparaissent, comme un signe de plus en faveur de l'évidence. Elle ne serre plus son bras, mais ses doigts au dessus des siens.

L'instant d'après, ils sont arrêtés, coincée entre la haie et lui, quelque part au paradis de cet instant. Il lui semble qu'il lui a pris son autre main, que c'était son initiative. Ses mots sont doux, une véritable liqueur à laquelle il est difficile de résister. Elle succombe si facilement à l'idée qu'il puisse avoir attendu ce moment des mois, voire des années. Qu'elle ait pu être l'objet d'une convoitise plus profonde. Il est si aisé d'y croire quand tout semble réuni, quand le creux de sa paume vient confirmer l'alchimie en entourant son visage. Elle laisse sa joue s'appuyer contre celle-ci, ferme les yeux une seconde. Elle ne sourit pas, car l'heure est grave, l'instant profondément sérieux. Ses iris bleus viennent soutenir les siennes puis elle s'avance légèrement, pour que leur souffle se mêle. Happée par ses mots jusqu'à ses lèvres.

Est-ce que tu penses réellement ce que tu dis ? La bouche entrouverte, elle ne trouve pas les mots. Elle a envie d'y croire, à tel point qu'elle ne sait plus ce qui est vrai. Elle l'entend, elle l'entend évoquer l'amour, le mariage, des choses qu'elles osaient à peine rêver. Chaque syllabe est un frisson de plus qui lui ouvre une porte interdite. Elle a envie d'y croire, terriblement.

Elle réfléchit toujours à sa réponse, alors qu'il pourrait sceller ce baiser à chaque instant et lui priver de ce choix qu'elle n'a pas encore fait. Elle dévie alors vers son oreille, par sécurité, pour se donner du temps et y déposer quelques murmures : " Nul ne sait quand la foudre frappe, ni sur qui. Personne ne peut s'y préparer, l'évidence s'impose d'elle-même... C'est ce qu'ils disent..."

Est-ce qu'elle vous a frappé, maintenant ? Tu le revois Nemesis, dans des postures similaires, avec d'autres femmes. Et tu te revois toi, bafouée par un autre séducteur, un autre conseiller du Roi. Elle a envie d'y croire et en même temps, elle ne peut s'empêcher de douter de ses intentions. C'est trop romantique pour être vrai, trop beau, trop mielleux. Les sous-entendus, évidents quelques secondes plus tôt sont désormais mystérieux et terriblement blessant.

Alors soudainement, son visage se ferme, sa bouche également. Elle repousse sèchement ses mains, recule d'un maigre pas dans la haie et le jasmin.

- Vous vous moquez, Jasper.

Sa voix est tremblante et cinglante à la fois. Il a réussi l'exploit de mettre ses nerfs à vifs, à tourmenter l'un de ses plus profonds désirs. Celui d'être à la fois aimée et élevée à un rang qui aurait dû être le sien. Autrefois par son père, désormais par l'un de ces nobles qu'elle n'a de cesse de cotoyé. En même temps qu'elle s'en prive jour à jour pour conserver son statut et ses mystères. Elle a envie de fuir et de le laisser planter là à nouveau, pour d'autres raisons. Se perdre dans ce maudit labyrinthe qui n'évoquera désormais plus que lui.

- Que voulez-vous de moi ?
Callian
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Callian
Mar 11 Aoû - 16:43
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Jasper Dwyn

nom, prénoms : Dwyn, Jasper. âge, lieu de naissance : Il y a 40 ans, une naissance, dans le silence majestueux des cols embrumés. Son père était allé y faire une visite protocolaire, sa mère a été prise de contractions sur la route. Un décor charmant pour une entrée dans le monde, loin de la politique où pourtant il a fait depuis bien longtemps son lit. origine : Marqué par le sang de Gwelnaur, la fougue de sa politique, la brutalité de sa conduite. Il en est depuis longtemps fasciné. métier : Conseiller du roi, il oeuvre toujours dans son ombre, et murmure des mots à son oreille. Il est persuadé d'être né pour accomplir la tâche de le guider et de le seconder. C'est plus qu'une profession, c'est un destin. Il est également la voix de sa contrée, recueille ses aspirations pour mieux les sublimer. état civil : Âme volage qui ne s'accommode que peu de la monotonie, impossible à marier, les bruits courent sur son passage, et souvent les femmes se pâment. Que voulez-vous, difficile de ne pas succomber quand on se sait habile dans ces matières-là.

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Voix de son peuple et conseiller d'un roi qu'il adule, qu'il ne peut qu'admirer et qu'il suivra sur les sentiers de la guerre ou dans la tombe.



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Ils sont deux anonymes qui toujours se déjouent, car dans leurs fautes et leurs silences, les vérités qui gisent ne peuvent encore s'entendre. Encore moins s'apprendre : quand c'est elle qui clôt la douceur de ses lèvres pour empêcher les mots de filtrer, c'est lui qui cherche à les excaver. Quand c'est lui qui confie tous ses doutes aux armes aiguisées du paraître, c'est elle qui s'y blesse. Mais morsure et éraflure sont des combinaisons trop imparfaites pour arrêter l'élan, il y a dans les prémices de la douleur une promesse qui se murmure. Une injure peut-être. Ou quelque chose de plus. Les feuillages dansent, les mots s'abandonnent sous le couvert de vérités qui cherchent déjà à détromper l'adversaire et Jasper apprivoise des notions qui lui semblent si disparates sur sa langue qu'il se demande seulement pourquoi il a osé les délivrer dès leur première véritable rencontre. Dans sa quête s'inscrivent des envies qui diffèrent l'intérêt purement professionnel, cet instinct indissociable du rôle de conseiller du roi. Que veut-il d'elle ? Que veut-il d'elle ? Il ne cesse de se le demander, et les réponses se disputent des vérités au visage trompeur. La vérité, c'est que d'habitude, les élans du désir ne rencontrent guère des adversaires à sa mesure. Il y a pour lui deux mondes, celui de la chair et celui de l'esprit, il connaît les pièges mortels qui s'invitent lorsqu'on oublie cette infime frontière. Les dames de la cour savent entretenir une conversation galante, mais jamais elles ne cherchent vraiment à cerner ses affects ou encore les désirs qu'il masque. Même Eulalie a été bien en peine de les reconnaître dans ces ombres où il s'enferme depuis qu'elle est devenue la favorite d'Amras, alors... que partagent-ils aujourd'hui si ce n'est l'amour d'un même monarque ?

Alors que veut-il d'elle ? Il ne la connaît pas ? Et pire encore, que souhaite-t-elle de lui, qu'elle ne sache déjà ? Les souffles cerclent les précipices qui manquent de les faire basculer, il se raccroche à elle avec une avidité qui flirte doucereusement avec ces aspirations qu'il a un jour par trop caressées. Les mots sont des parjures, il a l'impression de trahir des résolutions depuis longtemps enchaînées à sa carcasse d'âme damnée, mais ils ont un chant enchanteur, ce sont des notes presque divines dès lors qu'il les appuie tout contre elle. Une seule seconde, il la révère. Une seule seconde seulement. Sa joue s'appuie, contact délicat, leurs yeux se trouvent et les silences grondent. Est-ce que je pense ce que je raconte, ma douce, ma belle ? Non. Non. Je ne le pense pas, je le ressens, et c'est bien pire, c'est bien pire. Je t'ai laissée croire à l'ignorance quand il s'agissait d'un intérêt qui venait murmurer à mon oreille son amertume impie. Tu me captives depuis plus longtemps que tu ne le crois... Mais je ne saurais l'avouer, le dire, ou le penser. Le ressentir, uniquement. Il serait si tentant de l'inscrire sur ses lèvres, dans l'élan passionné. Mais Jasper n'a rien de passionné, tout est calcul, tout est blessure dans l'inflexibilité d'un devoir qu'il a appris à suivre sans jamais savoir renoncer. Combien a-t-il étreint de femmes ainsi, pour leur arracher un serment dont il pouvait ensuite se servir contre elles ?

Les mots susurrent à son oreille, mots biaisés, mots brasiers, qu'il interprète non pas comme une invitation galante mais bien comme une menace sous-tendue, et il a l'impression à son tour d'être ces âmes étreintes, éteintes, que l'on pourrait abuser pour mieux les piéger ensuite. Alors, en miroir, dans son oreille à elle, il abandonne un autre écho :
_ Je suis absolument prêt à tout.
A tout pour déjouer les sortilèges qu'elle manie, à tout pour conquérir, pour pervertir, pour mieux damner. Pour mieux abandonner. Mais ce dont elle l'accuse soudain, il n'en est pas coupable pourtant, alors il la considère avec une dureté plus vibrante, le miel s'est évadé pour distiller les notes plus acides et la joute. Il ne la laisse guère échapper, le terrain qu'elle aménage entre eux, il le bafoue, si elle fait un pas en arrière, c'est un pas qu'il lui destine pour mieux la confronter. Les tremblements dans sa tessiture démontrent une fragilité qu'il ne croit pas feinte pour une fois, et quelque chose jubile en lui d'avoir compris instinctivement cette faille dans laquelle il a choisi de s'engouffrer. Voilà pourquoi il ne l'a jamais considérée comme sa proie : car elle ne sait pas, non, elle ne sait pas. Ce dont elle parle, elle le craint autant qu'elle l'idolâtre, coeur d'enfant dans un corps de femme.
_ Vous voilà bien moins sûre de vous désormais.
Il appuie une dernière cajolerie sur sa main avant de reculer enfin, sans oublier de sentir ses parfums qui s'emmêlent dans celui du jasmin. Un pas de moins, il ne renonce que pour mieux l'attaquer. Et son côté affable se fait soudain bien moins présent qu'il la sent si prompte à céder, non pas à ses avances mais à sa colère :
_ De vous ? Comment vous le dire, alors que vous renoncez déjà ? La pâleur de votre teint m'indique qu'il y a certains jeux de pouvoir que vous ne maîtrisez pas. Pas encore tout du moins.

Il reprend son souffle, et seul son regard sombre et froid l'assaille, bien que l'envie soit toujours inscrite dans ses muscles plus tendus qu'à l'ordinaire :
_ Vous auriez tort de vous laisser rattraper par la naïveté que vous ne faisiez que prétendre tout à l'heure.
Il ne se moque pas, il y a autre chose dans l'affirmation, qui enchaîne à elle des échos ironiques et glacés. Il croyait avoir trouvé en elle l'adversaire à ses intrigues et non pas la confirmation de cet intérêt qu'elle lui porte sans chercher ce pouvoir dont il est entièrement constitué. Même si... Il sait, oui il sait que c'est pour cela qu'il ne l'a jamais approchée jusqu'alors. Par crainte de l'avoir déjà devinée. Trop fiévreuse, trop passionnée, intelligente mais rêveuse, plus dangereuse encore qu'une simple intrigante. Et pourtant, il lui dit :
_ Je crois que nous ne sommes pas venus chercher ici la même chose. C'est fâcheux.


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Mer 12 Aoû - 18:06
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Nemesis Morrigan
Fille d'un duc et d'une roturière, bâtarde comme titre de la honte.
La belle-mère n'a pas voulu supporté sa présence et ses traits bien trop éloignés des siens, yeux bleus océans et boucles blondes. Ce faisant, elle lui a offert un destin presque inespéré. Pupille d'un autre noble, élevée comme l'une de ses filles, éduquée comme l'on affûte sa plus belle dague.

Le Comte a rapidement repéré le potentiel de cet enfant aux atours angéliques et à l'esprit à la fois malléable et aiguisé. Elle était une rose, il lui a donné ses épines.
Elle est devenue fleur vénéneuse, charmante mais dangereuse.
Elle susurre des mots tel des poignards dans le dos.

Espionner.
Espionner et répéter.
Sans états d'âme.
Être la douce enfant, l'adolescente timide, la femme réservée.
Des confessions volées pour sa boîte de Pandore.
Des têtes tombées en disgrâce, du pauvre domestique qui avait volé une pomme, à l'adultère de la Comtesse.
Des têtes coupées aussi, sans culpabilité. Après tout, elle ne manipulait pas la lame.

Observer et écouter.
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Des lèvres qui n'échouent que dans une seule oreille, car il n'y a qu'un seul maître.

Elle a grandit, il l'a façonné, lui a donné l'identité qui lui manquait. De leçon de tromperie en leçon de supercherie, largement récompensée, sans autres idéaux que ses propres désirs. Il lui a insufflé d'autres ambitions, s'est servi de sa colère, de sa peine, de sa jalousie. Elle a fini par surpasser ses attentes.

De l'enfant à la jeune femme.
De l'homme mûr au vieillard.

Un vieux sénile aurait gâché un si grand talent, si bien qu'il l'a offert au Roi.
Nouveau maître pour satisfaire sa soif d'être quelqu'un.  
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Est-ce qu'il avait gagné la partie ?

C'est un peu plus difficile quand on ne connait même pas les règles. Et Nemesis le savait, Jasper était le maître du jeu aujourd'hui, puisqu'il n'avait pas encore avoué son but au long de cette conversation plus qu'étrange. Presque sans queue, ni tête. Nemesis abattait ses cartes du mieux qu'elle pouvait depuis le début de leurs échanges, avec une intelligence certaine compte tenue du nombre d'inconnues et alors qu'il avait tous les atouts.

Pourtant elle aurait pu deviné, deviné qu'il ne cherchait qu'à savoir pourquoi elle l'avait suivi et qui elle était. Cette raison lui semblait trop simple, comme s'il fallait un motif supérieur pour lui tirer les vers du nez. Avait-il peur de ce qu'elle aurait pu épier ?
Il pouvait aussi tout simplement s'intéresser à sa chair, comme une fin, ou plutôt comme un moyen. Mais à part coller au personnage, ça ne paraissait pas des plus probables. Depuis le temps, venait-il seulement de la remarquer ? Lui qui d'ailleurs affirmait le contraire. Tout se contredisait sans cesse depuis qu'il l'avait rejoint.

A tout cela s'ajoutait l'indélicate ingérence des sens, un émoi aussi fort qu'il se trouvait proche. Son parfum musqué et obsédant assaillait son nez pour mieux enivrer ses papilles. Il était là tout autour d'elle, impossible à ignorer, comme cette envie grandissante à l'intérieur des cuisses. Schéma qu'elle connaissait déjà, malheureusement ou heureusement. Elle avait déjà succombé à un autre conseiller du Roi, et l'expérience s'était révélée amère. Comme lui il était beau, peut-être même plus, et séduisant. Il savait manier les mots et les cœurs, et avait aisément volé le sien. Pour une trop courte nuit qui n'avait jamais été à la hauteur de sa déception.

Nemesis en avait tiré des leçons, et d'ailleurs, elle ne pouvait que se souvenir avec amusement que les deux hommes étaient rivaux depuis aussi longtemps qu'elle les connaissait. Une information qui aurait surement son utilité à un moment ou à un autre.

La belle blonde se retrouvait donc perdue et déstabilisée au milieu de tout ça. Ce qui n'avait évidemment pas échappé au conseiller Dwyn, bien plus aguerri et expérimenté qu'elle et qui ne se privait pas d'enfoncer le clou. Elle en venait même soudainement à douter que le désir soit réciproque. Il était là, partout, et pourtant si loin. Le contact rompu appelait à combler le vide autant que le doute lui-même, mais il fallait que cela vienne de lui. Elle devait être sûre qu'il était au désespoir lui aussi. Les sourcils froncés, elle essayait de se remettre de ses émotions, alors que la colère l'envahissait à son tour. Il avait un don certain pour titiller son égo. Et la fierté de Nemesis n'ayant d'égal que sa beauté, ce genre de petite attaque tombait droit dans le mile. Ses lèvres s'enflammaient avec une nouvelle passion, incontrôlable. Si bien qu'elle était certaine d'avoir perdu.

- Pour maîtriser un jeu, faut-il encore en connaître les règles, les tenants et les aboutissants !

A moins que cette colère et cette situation ne soient à son avantage ? Après tout elle pouvait jouer la faiblesse, la défaite et ce à quoi il s'attendait désormais Même s'il y avait un fond de vérité. Elle risquait juste de perdre son intérêt, et n'était-ce pas ce que le Roi aurait attendu d'elle ? Que devait-elle cacher par dessus-tout ? Son statut auprès du Roi, et rien d'autre ! Au fond, elle ne l'avait jamais perdu de vue, même si son ton et sa façon de répondre n'était nullement réfléchie, ni calculée désormais. Elle croyait perdre, toujours, et se défendait du mieux qu'elle pouvait, sans percevoir qu'il n'arrivait pas à avancer ses pions vers l'information désirée.

- Vous avez raison, je suis encore jeune et je ne suis pas un de ces cœurs brisés, complètement fermés et hermétiques, sans la moindre empathie. Il y a peut-être encore de l'espoir pour moi. Si être naïve veut dire être capable de ressentir des choses, j'espère l'être jusqu'à la fin de mes jours.

Clin d’œil furtif à tout ce qu'elle avait pu apprendre sur lui lors de ses recherches ou de ses observations.
Emportée dans son élan, Némésis sort de sa haie et s'avance d'un pas vers la droite, sans quitter des yeux celui qui semblait la juger sans ménagement.

- Je ne trouve pas cela fâcheux. Comme je ne crois pas qu'à aucun moment nous sommes venus chercher la même chose. Je souhaitais simplement profiter d'une balade paisible à l'aube. Et ce n'est pas moi qui vous ait invité à me rejoindre. Vous vous êtes imposé tels les nuages devant le soleil ; un brin grisant au début ce petit jeu d'ombres je le reconnais puis terriblement agaçant. Je ne puis rien pour vous si la vue d'une belle femme esseulée vous est absolument irrésistible.

Si mon caractère vous est désobligeant, je vous en conjure, allez trouver une compagnie qui vous sied d'avantage. Je serais ravie de ne pas vous imposer ma présence, vous pourriez en faire de même ainsi tout irait pour le mieux pour chacun de nous.


Les mots sortent rapidement, échaudés et emportent ses jambes. Encore un pas dans la direction opposée par où ils étaient arrivés, puis un autre rapidement. En quelques secondes elle disparait de l'autre côté de la haie puis accélère une fois hors de sa vue. Pensant qu'elle trouverait facilement son chemin vers la sortie à un moment ou à un autre.

Une dernière éclaircie les accompagnait, annonçant le changement. Comme toujours à Gwelnaur, le beau temps n'était que de courte durée et qui sait ce qui les attendait ensuite.
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Ven 14 Aoû - 14:21
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Jasper Dwyn

nom, prénoms : Dwyn, Jasper. âge, lieu de naissance : Il y a 40 ans, une naissance, dans le silence majestueux des cols embrumés. Son père était allé y faire une visite protocolaire, sa mère a été prise de contractions sur la route. Un décor charmant pour une entrée dans le monde, loin de la politique où pourtant il a fait depuis bien longtemps son lit. origine : Marqué par le sang de Gwelnaur, la fougue de sa politique, la brutalité de sa conduite. Il en est depuis longtemps fasciné. métier : Maître espion et conseiller du roi, il oeuvre toujours dans son ombre, et murmure des mots à son oreille. Il est persuadé d'être né pour accomplir la tâche de le guider et de le seconder. C'est plus qu'une profession, c'est un destin. Il est également la voix de sa contrée, recueille ses aspirations pour mieux les sublimer. état civil : Âme volage qui ne s'accommode que peu de la monotonie, impossible à marier, les bruits courent sur son passage, et souvent les femmes se pâment. Que voulez-vous, difficile de ne pas succomber quand on se sait habile dans ces matières-là.

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Maître espion et conseiller d'un roi qu'il adule, qu'il ne peut qu'admirer et qu'il suivra sur les sentiers de la guerre ou dans la tombe.



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L'insolence de quelques gouttes de pluie, l'irrévérence de sa colère qui explose soudain. C'est le conflit du ciel et de l'enfer, du mensonge et de l'ironie. Jasper apprécie la floraison brutale de sentiments, de sensations, sur son visage qu'elle savait maîtriser jusqu'alors. Désormais, tout est si cru, tout est si nu. Il continue de resserrer son emprise, jusqu'à l'insupportable, jusqu'à l'insurmontable :
_ Croyez-vous donc que vous aurez à chaque fois toutes les cartes en main ? Le triomphe ne se dessine pas toujours dans l'anticipation.
Mais il comprend, il comprend intimement les affres qu'elle subit, car le maître espion n'est pas de ceux qui se grisent de l'inattendu, bien au contraire. Depuis des années, il se satisfait de ces calculs si nombreux qu'ils deviennent des toiles qui l'emprisonnent. Rien n'appartient au domaine de la franchise, rien n'est abandonné au hasard, il pense, il songe, il compte, il envisage. Les possibilités, les buts et les écueils, dessinent dans sa tête des paysages monstrueux, qui sans cesse changent d'aspects, pour qu'il puisse se préparer à les conquérir ou à les pénétrer. Qu'importe si l'assaut se fait envers une autre nation, une autre femme, les règles sont les mêmes. Voilà pourquoi il refuse d'abandonner son inquisition envers Nemesis, car il ne supporte pas l'inconnue qui continue de ceindre son front telle une couronne de fleurs ténébreuses. Qui est-elle, que veut-elle, quelles sont ces intrigues qu'elle dessine pour mieux parvenir à ses fins ? Et surtout, surtout, Jasper croit intimement qu'elle provient d'une cour rivale, peut-être des Thorons, pour empoisonner la contrée qu'il a appris à chérir. Il reconnaît les astuces, ces faux-semblants que les arrivistes utilisent pour tromper l'écrin qu'ils viennent pervertir, et déformer.

Bientôt tout s'accélère, les mots, les révélations, les jugements également qui transpercent l'air devenu lourd, orageux. La pluie ne cesse que pour mieux déchaîner sa fureur sur eux au moment où elle cherche à lui échapper. Sa démarche est pleine de la déraison qui l'emporte, et tandis qu'il la suit de ses iris sombres, elle l'emporte lui aussi. Il sent son coeur battre contre ses côtes sans comprendre la sensation profonde, abyssale, qui l'étreint. Il demeure interdit, statufié dans une colère bien plus froide, jusqu'à ce que son regard assassin ne la perde de vue. Qu'elle s'étiole dans ce foutu labyrinthe et qu'elle y demeure, inscrite, enserrée par les ronces de ses idées ridicules, cet idéalisme déplacé qu'il ne croyait pas découvrir chez une femme intrigante ! Les incohérences se succèdent, chez lui et chez elle, et après plusieurs minutes d'incertitude, il lui emboite le pas, bien décidé à poursuivre et sa silhouette et la conversation. Il met longtemps, bien trop longtemps à trouver l'endroit où elle s'est égarée, et ses cheveux battent ses tempes, ainsi que les échos qu'elle a portés. Ce sont des armes tranchantes, sous l'onde devenue glacée. Il lui faut hausser le ton pour se faire entendre, maintenant que le grondement de la pluie et du tonnerre est partout. A l'intérieur et au dehors.
_ Je croyais que vous étiez éplorée ? Mais maintenant vous n'avez plus le coeur brisé ? Le veuvage s'est-il soudain noyé sous l'onde pour que vous l'oubliiez aussi aisément ?
Il la rattrape, ses pas s'enferrent dans la terre humide, mais il a l'impression d'être porté par les feux d'un brasier. Il se saisit de son bras et il n'y a ici plus aucune inflexion galante alors qu'il l'oblige à lui faire face :
_ Où courez-vous donc ? Porter des jugements aussi hâtifs ne vous dédouane pas de vous justifier.
Et il la sent, pour la toute première fois depuis des années, la rage et la peur, l'ignominie et la douleur, qui se mélangent, indescriptible alliance dont il ne sait plus quoi faire. Il songe au portrait qu'elle a fait de lui, et il se demande s'il est exact, s'il ne reste de sa personne que quelque chose d'hermétiquement clos, impossible à franchir, impossible à braver. Alors pourquoi tout vacille avec elle ? Pourquoi est-ce si attirant et si tentant de continuer à jouer ?
_ Vous n'avez jamais été mariée à Alistair Theirin, ce pleutre a fui nos états depuis longtemps. Vous êtes peut-être bâtarde mais ça n'est pas ce qui vous définit. Votre conte sonne faux, et je suis bien placé pour le savoir, pour le ressentir.
Pour le ressentir. Oui, c'est cela. L'inflexion maligne, qui court sur ses mots, sur son visage. Il serre plus fort son poignet qu'il ne cajole plus et s'il parvient à calmer la brutalité dans sa voix, elle sourde encore dans son souffle alors qu'il la confronte :
_ Lorsque je saurai qui vous êtes vraiment, il n'y aura plus aucun endroit où vous dissimuler. Quant à vos aspirations, vu qu'elles me concernent très visiblement, cela me divertira... Si cependant elles cherchent un instant à s'élever plus haut que ma personne, alors priez pour ne pas être consciente de votre chute.
Amras. Il songe à Amras. Soudain c'est clair et il ne sait pourquoi, c'est le roi qu'elle pourrait atteindre à travers lui et cela, jamais il ne le permettra. Il ne sait combien son intuition est biaisée alors... Il peine à la relâcher, il attend sans doute à ce qu'elle lutte encore, pour prolonger ce contact presque passionnel, qu'il n'a jamais eu envers qui que ce soit si ce n'est elle. Et cela fait si longtemps. Si longtemps.


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Dim 16 Aoû - 16:47
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Nemesis Morrigan
Fille d'un duc et d'une roturière, bâtarde comme titre de la honte.
La belle-mère n'a pas voulu supporté sa présence et ses traits bien trop éloignés des siens, yeux bleus océans et boucles blondes. Ce faisant, elle lui a offert un destin presque inespéré. Pupille d'un autre noble, élevée comme l'une de ses filles, éduquée comme l'on affûte sa plus belle dague.

Le Comte a rapidement repéré le potentiel de cet enfant aux atours angéliques et à l'esprit à la fois malléable et aiguisé. Elle était une rose, il lui a donné ses épines.
Elle est devenue fleur vénéneuse, charmante mais dangereuse.
Elle susurre des mots tel des poignards dans le dos.

Espionner.
Espionner et répéter.
Sans états d'âme.
Être la douce enfant, l'adolescente timide, la femme réservée.
Des confessions volées pour sa boîte de Pandore.
Des têtes tombées en disgrâce, du pauvre domestique qui avait volé une pomme, à l'adultère de la Comtesse.
Des têtes coupées aussi, sans culpabilité. Après tout, elle ne manipulait pas la lame.

Observer et écouter.
Mémoriser.
Répéter.

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Des lèvres qui n'échouent que dans une seule oreille, car il n'y a qu'un seul maître.

Elle a grandit, il l'a façonné, lui a donné l'identité qui lui manquait. De leçon de tromperie en leçon de supercherie, largement récompensée, sans autres idéaux que ses propres désirs. Il lui a insufflé d'autres ambitions, s'est servi de sa colère, de sa peine, de sa jalousie. Elle a fini par surpasser ses attentes.

De l'enfant à la jeune femme.
De l'homme mûr au vieillard.

Un vieux sénile aurait gâché un si grand talent, si bien qu'il l'a offert au Roi.
Nouveau maître pour satisfaire sa soif d'être quelqu'un.  
Sarah Gadon
Sentiment grisant. Tout comme le monde qui les entoure devient nuances de gris. Un temps banal pour Gwelnaur, et pourtant si approprié à la situation. Juste nature. La colère en écho à ses mots. Les gouttes se font timides d'abord, puis deviennent des trombes d'eau, lavant les émotions encore vives. Dire ce qu'elle pense, premier pas salvateur. Elle a jugé oui, peut-être trop vite, mais comment contenir cette étrange jalousie qu'elle ne saurait même pas identifié. Ce malaise entre l'attirance et le dégoût, ces quelques jours à le suivre pour ne l'observer que dans des situations similaires, à séduire une dame ou une servante, à pavaner avec ses jolies tournures auprès d'un noble ou d'un autre. Ses lèvres souillées, impurs, elle les rêvait et les haïssait. C'était tolérable tant qu'il se tenait loin d'elle... Mais il a avait fallu qu'il vienne à son tour lui faire son petit numéro !

La raison encore trop obscurci par l'émotion, elle avance sans réfléchir, elle tourne aléatoirement à droite. Puis à gauche. Ne dit-on pas qu'il faut aller toujours du même côté pour ne pas se perdre ? Nemesis n'a sans doute jamais étudié les labyrinthes, elle n'avait même jamais vu l'intérêt de pénétrer dans celui-ci. Il y avait une connotation certaine à être une jeune femme perdue au milieu d'un labyrinthe, pire encore en compagnie d'un homme et d'un seul. Pour quelqu'un qui faisait particulièrement attention à garder une image chaste, voire pas d'image du tout en restant bien loin de tous les commérages, ce n'était pas la situation rêvée.

Elle courrait désormais, un peu inquiète de voir sa robe s'imbiber et ses cheveux décoiffés se coller à sa peau mais aussi excitée par tout ce qui venait de se passer. Elle pensait à sortir au plus vite de là avant que le château ne se réveille tout en espérant plutôt qu'il la rattrappe. Par moment elle souriait et même riait, portée par l'adrénaline et l'exaltation de ce qu'elle avait dit et de toute cette petite scène qu'elle ne comprenait pas encore. Les émotions se bousculaient, à défaut des pensées qui n'avaient pas le temps de germer. C'était un drôle de sentiment que d'être partagée entre les fantasmes qu'il faisait naître et la crainte de ne jamais retrouver la sortie. La tempête grondait au-dessus de sa tête, menaçant de s'empirer d'avantage et pourtant, ce n'était pas si important, mais cette ambiance seule suffisait à donner envie de courir à n'importe qui n'importe où.

C'est en arrivant dans un cul-de-sac que les deux idées convergèrent finalement ; il était sans aucun doute sa meilleure chance de trouver la sortie. Au diable les petites passions de jouvencelles, elle avait besoin de lui. S'ensuivit la réalisation subite que peut-être il ne l'avait pas suivi et qu'il était alors parti, la laissant à la merci du labyrinthe. Prise de panique, elle fit demi-tour et appela Jasper avec toute la puissance possible. Des cris malheureusement masqués par le tonnerre et la pluie. Elle courrait à nouveau sur ses pas, maintenant entièrement trempée. Elle revint rapidement à la dernière intersection et fut aussitôt soulagée. Sa voix puis sa silhouette se trouvaient à quelques mètres. Une part profondément naïve d'elle avait envie de courir vers lui alors que sa raison lui disait d'attendre là ; une autre majoritaire et plus stupide lui intima de continuer à fuir, ce qu'elle fit. Pourquoi ? Elle ne le savait pas, elle n'avait pas réfléchi.

Il combla le vide.

De nouveau face à face, dans une nouvelle confrontation en ce début de matinée qui annonçait une bien étrange journée. Au dessus de leurs corps trempés, le ciel se déchirait toujours. Une tempête, une de plus, pas surprenante, et pourtant elle prenait sens ici et maintenant, entre eux. Les éclairs du ciel, comme ceux qui séparaient leurs iris. La foudre dont ils s'étaient moqués plus tôt. Et une tempête qui s'annonçait particulièrement violente, même pour Gwelnaur. Nemesis prit le temps de reprendre son souffle, le regardant droit dans les yeux sans répondre. Il lui faisait mal, mais elle ne dit rien non plus. Elle posa son autre main sur son col avec une délicatesse qui contrastait volontairement. Elle laissa ses doigts descendre doucement, suivant la bordure de sa chemise. Puis remonter. Elle ne cherchait pas à remettre un masque, au contraire, un sourire narquois vint même déformer ses lèvres alors qu'il balançait ce qu'il savait sur Alistair. Peut-être que sous un torrent de pluie, il n'était plus possible de prétendre. Et elle se sentait particulièrement heureuse et libérée à cet instant.

Enfin ! Enfin oui, quelqu'un l'avait démasqué. Quelqu'un s'était intéressé suffisamment à elle pour se renseigner sur son mariage bidon. C'était si simple et si évident, n'importe qui pouvait le savoir facilement et pourtant personne ne le faisait. Il y avait un bonheur intense à l'entendre prononcer ces quelques mots. Et ça, elle était incapable de le cacher. Son visage s'illuminait de toute cette étrange sensation, elle était radieuse, même sous l'averse.

- Je n'espérais pas duper le maître du mensonge, dit-elle avec une admiration à peine voilée, même si cette découverte en soit n'était rien, se mordant la lèvre alors qu'il enserrait son poignet un peu plus fort encore. Elle aurait eu envie de dire baratin, plutôt, comme une autre attaque à sa façon de parler aux femmes.

Mais il n'avait pas tout découvert, ni tout compris. Et la jeune femme ne pouvait que se réjouir de ce qu'il lui promettait à travers ses menaces. Il avait tout faux cette fois, et c'est pourtant un visage de douceur qu'elle lui offrit en réponse, toujours sincère. Elle avait gagner cette joute, il venait enfin d'avouer son but et elle ne ressentait nullement le besoin de se vanter. Enfin, elle l'avait démasqué, enfin, il était là devant elle, si brut, si vulnérable.

- Enchantée Jasper, je suis ravie de faire votre connaissance, enfin... Ses doigts vinrent délicatement redessiner le contour de sa mâchoire. Est-ce que je dois prendre cela pour une menace... ou pour une promesse ? continua-t-elle simplement, un brin trop taquine.

Il n'en fallait sans doute pas plus pour relancer les hostilités, pourtant il était grand temps de calmer le jeu et de sortir d'ici pour aller retrouver les mondanités dans des tenues appropriées. Elle lui offrit une moue désolée. Sa main quitta alors son menton pour venir entrouvrir ses doigts et se libérer de sa prise un peu trop brutale, les ouvrant avec la même douceur, sans forcer. Puis elle reprit sa place sur son avant-bras.

- Pardonnez-moi, je suis incorrigible. Rentrons, s'il-vous plait ? Vous pourrez reprendre vos investigations plus tard, je vous promets de ne pas m'enfuir entre temps. Je n'irais nulle part de toute façon sous une telle tempête.

Nemesis pensait au Roi Amras également. Après s'être lavée et changée, elle ne tarderait pas une minute de plus avant d'aller à sa rencontre afin qu'il ne calme les ardeurs et les enquêtes de son conseiller. Il était assez intolérable d'être sa plus fidèle servante et de se faire soupçonner ainsi de traitrise ! Sans compter que Jasper Dwyn était un homme dangereux.
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Mer 19 Aoû - 17:17
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Jasper Dwyn

nom, prénoms : Dwyn, Jasper. âge, lieu de naissance : Il y a 40 ans, une naissance, dans le silence majestueux des cols embrumés. Son père était allé y faire une visite protocolaire, sa mère a été prise de contractions sur la route. Un décor charmant pour une entrée dans le monde, loin de la politique où pourtant il a fait depuis bien longtemps son lit. origine : Marqué par le sang de Gwelnaur, la fougue de sa politique, la brutalité de sa conduite. Il en est depuis longtemps fasciné. métier : Maître espion et conseiller du roi, il oeuvre toujours dans son ombre, et murmure des mots à son oreille. Il est persuadé d'être né pour accomplir la tâche de le guider et de le seconder. C'est plus qu'une profession, c'est un destin. Il est également la voix de sa contrée, recueille ses aspirations pour mieux les sublimer. état civil : Âme volage qui ne s'accommode que peu de la monotonie, impossible à marier, les bruits courent sur son passage, et souvent les femmes se pâment. Que voulez-vous, difficile de ne pas succomber quand on se sait habile dans ces matières-là.

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Maître espion et conseiller d'un roi qu'il adule, qu'il ne peut qu'admirer et qu'il suivra sur les sentiers de la guerre ou dans la tombe.



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Trois jour plus tard...

La salle de commandement de l'aile sud du palais maquille son importance par ses atours pleins de banalité. Une seule table au centre, bois d'ébène sculpté tendu de cuir rouge, aucune chaise, aucun agrément, si ce ne sont les candélabres qui pendouillent contre le mur de pierre, déguisant l'atmosphère froide de façon étonnamment tamisée. On croirait un salon laissé à l'abandon, et l'atmosphère y semble propice au repos. Ou encore aux confidences. Comme chaque lendemain de pleine Lune, le maître espion y attend ses sbires, qui doivent venir lui rendre des comptes. Âmes damnées, tout comme la sienne, au service du royaume, ils ont des antécédents passés au crible, et si Jasper depuis sa prise de fonction a été le seul à trouver les candidats adéquats à ce genre de mission discrète, certains d'entre eux ont été à l'origine choisis par Amras, en général parce qu'ils lui sont indiscutablement redevables. Elliandre est l'un d'entre eux, damoiseau qui joue de son luth avec une habileté notable, un visage de jouvenceau à peine fané par les quelques crimes qu'il a dû commettre pour les états sanglants, juste une froideur dans l'écrin de son regard, lorsqu'il ne chante pas. Il est toujours le premier à se glisser dans la salle ronde, et à prendre place, dans un éloquent silence que Jasper lui sait gré de toujours respecter. Devant lui, d'étranges papiers, correspondances codées qui tombèrent entre les mains aventureuses de Cintra, la courtisane du nord, connue pour d'autres talents que ceux qui firent que sieur Dwyn lui proposa un jour cette fonction. Une correspondance qui indique qu'en Heledir, l'ire de la reine n'est désormais plus qu'un préambule à la guerre qui s'annonce. Mais aussi des alliances de plus en plus discutables, qui contreviennent aux accords qu'elle et Amras ont passé dans le plus grand des secrets.

Jasper conserve ses yeux sur l'écriture raffinée qui s'épanouit sur le parchemin, ses doigts en caressent les aspérités comme s'il cherchait à s'approprier les plus infinis détails qui pourraient échapper à son entendement. Quelque part, dans le lointain de ses pensées, des mots filtrent, des sensations surgissent. Il la ressent encore, la brûlure de son geste insultant, qui courait alors sur son col, sur le tissu alourdi par la pluie, gonflé par son souffle. Il ne sait si c'est une jubilation malsaine qui le tient éveillé depuis cette rencontre, ou encore une angoisse qui le grise quant à la révélation qu'il reçut. Ses traits se sont alors transfigurés et le mensonge est devenu si limpide, sans qu'il ne sache pour autant frôler la vérité. Elles lui échappent encore, Nemesis et ses raisons indéchiffrables. Il a voulu questionner le roi à son sujet mais Amras s'est fait très cruellement évasif dès lors que la conversation s'est resserrée sur elle, comme s'il s'agissait-là d'une inquisition qui l'incommodait. Il n'a rien appris, si ce n'est la confirmation de ce mensonge éhonté, sur sa bâtardise, sur son veuvage. Il n'y a eu que cette conclusion qui a profondément contrarié le conseiller, et qui sonnait presque comme une moquerie : "Elle est très précieuse à mes yeux, considère-la comme l'une de mes pupilles, Jasper, un peu comme toi au final." Sauf que Jasper n'est ni bâtard ni menteur. Tout du moins ne ment-il pas à Amras... Hormis en ce qui concerne Eulalie, certes, mais c'est presque un pieux mensonge que d'oublier de mentionner qu'il la fréquente encore, alors qu'elle est la maîtresse du roi, n'est-ce pas ? Il se demande si Nemesis est une autre de ces maîtresses qui savent donner à Amras ce qu'il ne trouve guère dans la compagnie de la reine, et si c'est la raison pour laquelle elle est si "précieuse" à ses yeux. Cette idée lui est désagréable, une sensation sournoise qui ne cesse de courir sur son épiderme depuis que la beauté éclatante de cette menteuse s'est épanouie sous son regard, et sous la pluie, alors qu'elle était enfin découverte. Elle l'a nommée le maître du mensonge, à ce moment-là, mais il doute fortement qu'elle connaisse ses attributions non officielles à la cour. Il a plutôt pris cela comme une attaque quant à d'autres talents, bien plus en vue, qui lui attirent la faveur des dames. Il lui avait murmuré alors, la voix blanche, sous le rugissement de la tempête, tandis qu'il serrait la mâchoire quand elle s'est permis de lui toucher le visage :
_ Prenez cela comme vous l'entendez, j'augure que le résultat sera identique, je vous trouverai...
Je vous trouverai dans le noir, et découvrirai alors ces exactions que vous entreprenez. Leur petite joute s'était pourtant interrompue, autant parce qu'elle avait manifesté son besoin de rentrer que parce qu'un autre couple, sans doute occupé à batifoler dans un bosquet, s'était précipité pour échapper à l'onde et à son deuxième baptême, même s'il était certain que la galante avait reçu l'onction sans qu'elle n'eut valeur divine dans l’entrelacs du labyrinthe, mais là n'est pas la question. Il l'avait alors raccompagnée jusqu'au couloir qui menait à son bureau et l'avait quittée sur une dernière phrase, qui tonnait en effet autant comme une promesse que comme une menace :
_ A bientôt, dame Morrigan.

Entre temps, la salle des espions s'est remplie : cinq silhouettes lui tiennent désormais compagnie, à lui et à son silence. Elliandre et Cintra se sont vus rejoints par Balthier, le palefrenier qui adore jouer les idiots, Tancred, ce mercenaire qui s'est pourtant choisi une allégeance trouble en la personne du roi, et enfin Syane, la soeur de Séraphine, la garde du corps de Jasper, guerrière Sarmate, elle aussi. Prenant le temps d'inspecter le visage de chacun, avec la minutie qui lui est propre, il débute la réunion par cette phrase :
_ Bien, il semblerait que Cintra ait mis la main sur une correspondance des plus intéressantes. Tancred, j'aimerais que tu retourne chercher aventure à la frontière d'Heledir pour...
Le loquet de la porte claque sous l'action d'une clef, cependant, et si Jasper croit voir apparaître Amras, qui parfois assiste à leurs petites réunions, le voilà fort marri de découvrir celle qui hante ses esprits autant que son présent désormais. Il y a un temps d'arrêt, et ses doigts se crispent quelque peu sur le cuir rouge sang, avant qu'il ne lui reste plus qu'à assembler les pièces du puzzle, et comprendre qui elle est, bien mieux que lorsque le ciel déchaînait sa colère sur leur tête. Son regard la couve d'un feu qui ne tient ni de la menace, ni de la promesse, c'est une sorte de convoitise sourde, qui frôle un déchaînement presque palpable, une seule seconde durant. Il reprend cependant ses esprits, ainsi que ses airs affables : voilà donc pourquoi Amras la considère comme précieuse, et qu'il l'a habilement comparée à lui, comme s'il s'agissait là d'un jeu fort amusant à leur détriment. Il observe son visage, cherche à y trouver l'écho de la surprise qui pourrait lui indiquer si elle se joue de lui depuis le début ou si à son image, le roi a opportunément oublié de mentionner quel serait son référent dans ses attributions. Jasper ajoute doucement :
_ Nous avons parmi nous une nouvelle joueuse.


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Jeu 20 Aoû - 17:33
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Nemesis Morrigan
Fille d'un duc et d'une roturière, bâtarde comme titre de la honte.
La belle-mère n'a pas voulu supporté sa présence et ses traits bien trop éloignés des siens, yeux bleus océans et boucles blondes. Ce faisant, elle lui a offert un destin presque inespéré. Pupille d'un autre noble, élevée comme l'une de ses filles, éduquée comme l'on affûte sa plus belle dague.

Le Comte a rapidement repéré le potentiel de cet enfant aux atours angéliques et à l'esprit à la fois malléable et aiguisé. Elle était une rose, il lui a donné ses épines.
Elle est devenue fleur vénéneuse, charmante mais dangereuse.
Elle susurre des mots tel des poignards dans le dos.

Espionner.
Espionner et répéter.
Sans états d'âme.
Être la douce enfant, l'adolescente timide, la femme réservée.
Des confessions volées pour sa boîte de Pandore.
Des têtes tombées en disgrâce, du pauvre domestique qui avait volé une pomme, à l'adultère de la Comtesse.
Des têtes coupées aussi, sans culpabilité. Après tout, elle ne manipulait pas la lame.

Observer et écouter.
Mémoriser.
Répéter.

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Des lèvres qui n'échouent que dans une seule oreille, car il n'y a qu'un seul maître.

Elle a grandit, il l'a façonné, lui a donné l'identité qui lui manquait. De leçon de tromperie en leçon de supercherie, largement récompensée, sans autres idéaux que ses propres désirs. Il lui a insufflé d'autres ambitions, s'est servi de sa colère, de sa peine, de sa jalousie. Elle a fini par surpasser ses attentes.

De l'enfant à la jeune femme.
De l'homme mûr au vieillard.

Un vieux sénile aurait gâché un si grand talent, si bien qu'il l'a offert au Roi.
Nouveau maître pour satisfaire sa soif d'être quelqu'un.  
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Nemesis empruntait les couloirs secrets pour se rendre dans l'aile sud, partie généralement peu fréquentée du palais où se tiennent les réunions administratives et de gouvernances. Elle y retrouvait le Roi régulièrement pour faire le point sur ses découvertes ou se voir donner un assignement particulier. Alors qu'elle marchait dans l’obscure clarté de ces couloirs étroits, faisant attention à chacun de ses pas, la jeune femme se mit à ressasser sa dernière discussion qu'elle avait eu avec ce dernier. Amras était un homme charismatique et mystérieux. Un homme qui imposait à la fois crainte et respect, et pourtant à l'écoute de ses proches serviteurs. Nemesis était entièrement dévouée et fidèle à cet homme et à sa cause, peu importe ses causes d'ailleurs, c'était l'homme qui l'inspirait. Dès la première rencontre elle avait ressenti une admiration infaillible pour lui, un peu comme un transfert de ce qu'elle ressentait pour le Comte qui l'avait élevé, un genre d'amour paternel. Elle n'avait jamais cherché à séduire Amras, elle n'avait jamais joué avec lui tout court, il était trop intimidant. Et Amras n'avait jamais posé un doigt sur elle, ne serait-ce qu'amicalement ou de façon paternaliste, ce qui ne faisait que renforcer son dévouement et son respect... Elle se sentait honoré de ne pas attirer une quelconque inclination de sa part. Même si... Il fallait bien l'avouer, c'était quelque peu vexant compte tenu de sa réputation. Etait-ce par respect de sa couverture ? Parce qu'il avait compris que cela ébranlerait sa dévotion, son statut quasi divin à ses yeux ? Ou était-elle juste pas assez belle ou pas assez noble à son goût ?
Après tout elle ne porteur jamais son masque de frigidité avec lui, il la savait jeune et célibataire, peut-être même la croyait-il vierge et ils se voyaient en privé, loin des regards indiscrets. Il aurait pu tenter de profiter de son statut maintes fois. Il n'en avait rien fait ; c'était agréable, mais troublant. Se sentir désirée par un homme comme lui est toujours flatteur. Pas étonnant que Nemesis, à force de se donner une image inaccessible et de rembarrer les rares intéressés, cachait une âme romantique et naïve. Elle souffrait depuis toujours d'un manque affectif et voilà que le noble jeu ne faisait que le renforcer. Elle était terriblement seule dans ce palais.

Durant leur dernière entrevue donc, le Roi s'était montré assez froid, très lacunaire et surtout très impatient. C'était une visite à l'improviste ; certes il n'aimait guère lorsque ce n'était pas planifié ; quelques heures après cette étrange discussion dans le labyrinthe. Elle lui avait fait part de ses préoccupations quant aux intentions du conseiller Dwyn. Il lui a simplement répondu un peu sèchement qu'il ferait en sorte qu'il ne l'importune plus. Le Roi l'a ensuite prise par la taille pour la reconduire dehors ; lui qui ne l'avait jamais même frôlé. Elle était restée interloquée de l'autre côté de la porte durant une longue minute avant de rejoindre ses appartements et de s'y enfermer pour la soirée. Les jours qui suivirent, elle les avait passé auprès de la Reine, aussi loin que possible du Roi et de Jasper... Bien que jamais trop loin de ce dernier afin d'avoir un œil sur lui. (Ou l'inverse...) Et elle s'était concentrée tant bien que mal sur l'espionnage de Leann et de son amant.

La veille il y avait une soirée à la cours, de celles paisibles où l'on écoute une chanson ou une lecture tout en s'échangeant les commérages du moment. Ce genre de soirée avait très régulièrement lieu entre les dames de la cours, mais une fois de temps en temps, tout le monde y était convié. Amras était là, Jasper aussi. Nemesis se gardait bien de jeter le moindre regard en direction du Roi, quelque soit l'occasion, afin de ne pas se trahir mais elle n'avait pas pu s'empêcher de s'assurer que lui, Jasper, la regardait. En particulier lorsque Leann lui avait demandé de chanter, pour la première fois devant le Roi... Les premières notes de cet Aria tragique, bien qu'accompagné à la flûte, furent difficiles à trouver avant qu'elle ne reprenne confiance et envoûte son public, dévoilant sa jolie voix à bien plus que le petit cercle privé de la Reine.

Elle était en train de repenser à toutes les émotions qui la bousculaient lorsqu'elle chantait, et comment cela lui avait semblé encore plus intense cette fois alors qu'elle dépassa la porte où elle était attendue, par inattention. Son pouls s'emballa. De l'autre côté se trouvait le Roi Amras, seul, et elle devait lui annoncer la tromperie de sa femme. Et ce n'était pas tout, elle tenait sous bras une pochette délicatement ornementée dans laquelle se trouvaient quelques échanges forts douteux entre ce fameux amant, le Baron Revnir et un marchand étranger. Sans compter qu'une partie des échanges étaient codés et pouvaient donc contenir d'autres révélations bien malvenues... Nemesis était certaine que le Roi ne savait pas avec certitude que sa femme le trompait et elle redoutait sa réaction, Amra étant également réputé pour ses accès de colère. C'est donc avec précaution qu'elle tourna la poignée et poussa la lourde porte en bois entièrement sculptée de feuilles peintes et d'épées dorées pour entrer timidement dans la salle de commandement.

Elle s'arrêta net en y découvrant un visage inattendu, celui de Jasper. Leur regard se croisèrent, profonds, insondables. Elle laissa son propre trouble la surprendre quelques secondes avant de remettre ce masque qu'il connaissait puis elle balaya la pièce de ses iris aux tons glacés. Le conseiller Dwyn s'y trouvait avec cinq personnes qu'elle ne connaissait que de vue et aucune trace du Roi. Cela sonnait comme une entourloupe. Il parla, dans son verbe énigmatique. Une nouvelle joueuse ? Ce n'était pas possible, il n'avait pas pu savoir avant qu'elle ne passe le pas de cette porte... Personne ne savait à part le Roi et Johr jusqu'à cet instant précis. Et l'autre jour, il ne savait pas non plus, ce n'était pas possible autrement. Que faisait-il là ? Soudain elle se sentait comme ce matin-là lorsque l'orage grondait, elle avait envie de fuir et la colère hourdait dans son cœur, faisait bouillir son sang. Elle était furieuse... Contre le Roi.

Il se jouait d'elle, il se jouait d'eux. Amras ne voulait pas lui laisser la moindre chance de tirer ses ficelles, ni même de s'amuser un peu. C'était ridicule, mais elle avait juste l'impression d'être un simple pion sur le grand échiquier royal, un pion qu'on venait de priver de toutes ses capacités d'actions, coincé entre le fou et le cavalier. Elle divaguait totalement sur les intentions du Roi, tout en imaginant pas à quel point elle avait raison sur l'idée générale. En cet instant, maintenant que Jasper connaissait son identité, elle se sentait mise à nue contre ses propres termes et dépouillée de toutes ses cartes, de tous ses atouts. Comme si le mystère une fois dévoilée, ne laissait place qu'à une vérité fade et sans intérêt : elle, l'enfant bâtarde qui ne possédait rien d'autre que son esprit et une beauté éphémère. Elle resta planté sur le pas de la porte une minute, le poing fermement serré sur la poignée jusqu'à faire blanchir ses joints jusqu'à ce que l'air amusé du conseiller ne la sorte de sa torpeur. Elle s'avança alors de quelques pas et lui offrit une révérence polie, conformément à l'étiquette.

- Mon seigneur, puis-je vous parler en privé un instant ?

La porte qui venait de se fermer se rouvrit instantanément sous ses doigts blafards et sans attendre de réponse, elle se posta dans le couloir vide.
Elle attendit adossée au mur qu'il ne la rejoigne... s'il daignait le faire évidemment ; tapotant nerveusement ses propres phalanges et soupira lorsque la poignée s’enclencha enfin. La lourde porte claqua à nouveau derrière lui, les laissant seuls, certainement pas pour la dernière fois. L'ambiance était pesante, à l'image de l'orage qui n'avait pas cessé de gronder entre eux.

- Je devais retrouver le Roi, seul. Aucun des sous-entendus de cette petite phrase n'était calculé, elle pensait simplement énoncer une vérité. Jasper pouvait reconnaitre dans le ton de sa voix des inflexions de colère qu'il avait déjà entendues. Pourtant son attitude n'était nullement agressive. Elle se tenait même plutôt en retrait, maintenant une certaine distance avec lui, toujours contre le mur, ses bras repliés devant elle et légèrement penché en arrière. Quelle est cette réunion ? Où est le Roi  ? souffla-t-elle sur la défensive et sans plus chercher à se cacher. A quoi bon ?  Il savait tout ce qu'il y avait à savoir. Le masque était tombé. Pourquoi compromettre ma couverture auprès des autres espions alors que je suis assignée principalement au contre-espionnage et à la surveillance des proches du Roi ?

Elle était vexée, au plus haut point. Etait-ce ainsi que le conseiller ne l'importunerait plus ? Etait-ce une punition ? Cela y ressemblait fort. Une réunion seule avec le conseiller, elle aurait plus facilement compris. Mais montrer son visage aux autres espions de Gwelnaur, voilà qui dépassait l'entendement.
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