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 'Cause you can run but you can't hide - Callian

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Erynh
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INSCRIPTION : 29/01/2019
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UNIVERS FÉTICHE : Fantasy, School-Story principalement ♥
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Le contexte du RP
Mise en situation

   
La situation
   Un commissariat du Queens. Une scène de crime sordide, tout droit sortie d'un polar bien glauque. La 1ère enquête d'Ivy Miller, tout juste sortie de l'Académie de Police. Et on l'a associée à un collègue pas comme les autres, apparemment. Entre l'optimisme et une vie vide de sens, entre la glace et le tabac, entre le noir, le blanc et l'arc-en-ciel, cette enquête s'avère particulière.

   
Contexte provenant de cette recherche


'Cause you can run but you can't hide - Callian  Wc38

"Je suis un Passeur de portes et vous avez détruit ma porte, c'est pas de chance..."
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Erynh
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Neve Ivy
Miller

J'ai 20 ans et je vis à New-York, USA, dans le Queens. Dans la vie, je viens fraichement d'être promue agent de police et j'espère faire mes preuves. Sinon, je suis célibataire et, bah, pour l'instant je m'en fiche.

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"C'est Ivy, maintenant. Pas Neve."
Enfin, excepté sur ses papiers d'identité. Mais pour le reste, c'est Ivy, le lierre, la plante qui résiste aux hivers les plus froids, comme elle l'a fait. Elle a survécu. Alors elle sourit, Ivy, parce qu'elle a la vie devant elle. Elle voit la vie du bon côté, elle sait qu'elle est chanceuse d'être là, alors peu importe si ses débuts sont dans le Queens, et qu'on lui a flanqué un collègue qui a mauvaise réputation. Peu importe, parce que c'est déjà mieux que rien, et qu'il y aura du mieux après. Peu importe, Ivy est tout simplement contente d'être en vie à chaque seconde qui passe.

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Ivy aime : la pizza, la soupe miso, les thermos, les pulls, les chaussettes, le soleil, le chauffage, Toulouse-Lautrec, être en vie, avoir chaud
Elle n'aime pas : le froid, tout ce qui se rapporte à la neige, le mot neige, la glace, la clim

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Lorsqu'elle était adolescente, Ivy s'est retrouvée à errer dans une tempête de neige, avant de finalement se construire un abri et d'y rester deux jours. On l'a retrouvée in extremis, elle a perdu son petit orteil droit. Cet événement l'a traumatisée du froid, donc maintenant elle fait toujours attention aux températures, elle porte des grosses chaussettes même en été, et ne supporte plus la neige ni le froid. Rien que de voir de la neige lui fout la trouille.

Informations supplémentaires ici.


Anna ? - persikoviyles
Le froid. La glace. La neige. Tout autour d'elle, sous elle, au-dessus d'elle, en elle. Une agression enneigée, une violation glacée de son corps, une douleur sensuelle qui la conduit doucement mais sûrement vers la tombe, qui l'enterre seconde après seconde de ses doigts glacés.

Le froid et le silence forment un licou qui enserre sa gorge, serpent fascinant et mortel qui la frôle de sa langue fourchue et glacée. La peur, l'angoisse, la terreur pure due à la solitude. Elle ne peut plus bouger, elle ne peut plus crier, son esprit piégé dans un corps qui meurt petit à petit. Elle crie pourtant, elle crie Neve - parce qu'elle s'appelait encore Neve à l'époque -, à l'intérieur elle hurle de toute son âme, qu'elle ne veut pas mourir, qu'elle ne mérite pas ça, que stop, que quelqu'un vienne bon dieu, elle est tellement seule ici.

Elle n'arrive pas à se faire à l'idée qu'elle va mourir. Qu'Il va l'avoir, le Froid. Ce Froid qui l'a attirée, qui l'a séduite, qui l'a charmée, avec ses beaux atours, la neige scintillante, la glace étincelante. Et quand elle était assez près, Neve, quand elle s'est laissée aller dans ses bras glacés, il l'a eue, il l'a prise par surprise, lui a planté des petites dagues glacées dans les membres. D'abord dans ses pieds, seulement couverts de chaussettes et de tennis en toile. Ensuite il a emprisonné ses mains nues, devenues blocs de pierre malgré ses tentatives de les réchauffer avec son souffle. Le vent et les flocons l'ont attaquée, léchant avec violence son cou dénudé par ses cheveux courts. Le reste est venu peu à peu. Son bonnet rose trempé par la neige fondue. Son jean trempé et dur, alourdi par la neige accumulée lors de ses nombreuses chutes. Et son pull en laine couvert de givre. La mort, bon dieu. La mort l'attendait. Elle l'attendait au tournant, attendant de pouvoir se jeter sur elle, la faire tomber une dernière fois sur le tapis de neige et la prendre là, l'embrasser sauvagement et s'emparer de son dernier souffle.

Alors que ses larmes se transforment en glaçons sur ses joues, un frisson prend Neve et la partie rationnelle de la jeune femme se dit que quelque chose cloche, Oh oui, ce n'est pas comme ça que ça devrait se passer. Elle ne devrait pas frissonner, cela fait longtemps que son corps a arrêté de le faire, a abandonné ses réflexes. Et puis elle a déjà vécu ça. Une vague impression de faux qui se diffuse dans sa conscience.

Mais oui.

Brutalement et volontairement, son esprit confu quitte le monde de la terreur où la kidnappent ses cauchemars glacés, il s'en extirpe, et elle ouvre les yeux. Tout va bien, tout va bien, elle est dans sa chambre, dans son lit, à New-York. Ça va Ivy. La jeune femme laisse couler sa main sur son lit et se rend compte que sa couette a quitté son corps nu et que la légère baisse de température offerte par Septembre a dû la faire frissonner. C'est toujours ainsi. À l'approche de l'hiver, du froid, le corps d'Ivy a toujours des réactions post-traumatiques, ses cauchemars. Elle est habituée. Ça ne lui pourrit pas trop l'existence, puisque avec le temps elle sait comment sortir de ses délires glacés. Et pour la vie de tous les jours, elle claque son argent dans des manteaux ultra chauds et le chauffage.
L'un des critères les plus importants pour elle en matière d'appart, c'était le chauffage individuel. Elle doit pouvoir régler seule la température. Sinon, c'est toujours trop bas et bon dieu, elle n'aura plus jamais froid de sa vie. Elle a fait en sorte de ne plus jamais avoir froid d'ailleurs. Même en hiver.

Son pied droit à quatre orteils se pose sur le tapis, bien au chaud dans une grosse chaussette en moumoute, bientôt rejoint par le valide, lui aussi dans un nid douillet. Le parquet grince, les draps bruissent. Le corps se traîne, la porte de la salle de bain tape contre le mur. Le robinet gémit, l'eau chantonne et vient se fracasser contre son visage, afin de se remettre tout à fait de la terreur paralysante qui l'a frappé. Ses doigts cherchent l'interrupteur et le blanc emplit la pièce, prenant ses aises. Ses yeux se plissent, des taches de lumière dansent devant ses rétines, puis c'est bon, c'est passé et elle ouvre les yeux.
Ses cheveux blonds ont capturé quelques gouttes d'eau et elle y passe les doigts. Une goutte de transpiration coule le long de sa poitrine nue.
Ses pupilles scrutent le réveil sur la vieille machine à laver. 5h. Bon. Autant se lever maintenant.


Ivy retraverse le couloir et enfile une robe de chambre. Heureusement qu'il n'y a pas de vis-à-vis à la fenêtre de sa chambre, sinon ça aurait été compliqué avec d'éventuels voisins. Ivy a beaucoup de mal à dormir habillée, sauf en hiver où elle dort en pull. Et elle dort constamment avec des chaussettes, bien sûr. La blonde revêt des pantoufles en peluche qui claquent sur le linoléum de sa petite cuisine.

Ses yeux passent sur le plan de travail et son esprit l'égare dans les souvenirs frasques de cet été. Sa saison préférée, idéale pour avoir chaud, pour être bien, pour se perdre dans des bras et avoir encore plus de chaleur. La chaleur humaine, physique ou morale, cachée dans un épiderme qui se cambre sur les draps ou juste dans un sourire dans la rue. C'est pour ça qu'elle vit toujours. Pour la chaleur des gens, pour l'amour, pour elle. Pour toutes ces sensations délicieuses et délirantes qui s'emparent de son corps et de son esprit l'été. Pour la chaleur des corps qui la plaquent sur ce même plan de travail, pour la chaleur de l'alcool qui coule dans sa gorge, pour la chaleur des discussions jusqu'à pas d'heure, pour la chaleur de ses amis, pour la chaleur de leurs sourires, de leur rire, pour la chaleur du signe de tête des commerçants, pour la chaleur de New-York la nuit. Pour la chaleur des sourires d'un soir, frivoles et agréables, qui annoncent une nuit chez l'un, chez l'une ou chez l'autre, une nuit chaude et loin, très loin de ses cauchemars glacés.

Deux personnes ont étées un feu à elles toutes seules pour Ivy. L'une à ses dix-sept ans, un garçon prénommé Jared, qui l'a réchauffée après toutes ces années glacées, mais son feu était trop brûlant et elle était trop glacée, et leur amour s'est perdu dans les vapeurs provoquées par leur collision. Ensuite, l'année dernière, il y a eu Hanna. La belle Hanna. La talentueuse Hanna, qui a dû partir en Europe après deux mois de relation douce et parfumée de cannelle. Alors elles se sont quittées d'un commun accord, pour être plus libres, plus sereines, et Ivy ne garde que des souvenirs précieux de leur rapide rencontre. Maintenant il n'y a plus que des feux passagers, de temps en temps, des qui restent une nuit comme cet été.

La blonde sort un bol du placard, ouvre le frigo et se fait chauffer du lait. Elle mange des tartines à la pâte de spéculoos en guettant son téléphone. Ça fait deux jours qu'elle a pris son poste d'enquêtrice au commissariat à quelques rues de son appartement. Elle était tellement heureuse de réussir à l'Académie de Police ! Département enquête. N'étant pas non plus extraordinaire, elle n'a pas été major mais peu importe, elle a réussi ! Ça lui plaît de se dire qu'elle va bosser comme dans les séries et comme les fameux enquêteurs qu'elle a étudié à l'école de police. Elle espère faire ses preuves. Elle n'a pas encore eu d'enquête mais c'est presque tant mieux, ça fait des morts en moins.

On lui a dit que pour sa première enquête elle travaillerait avec un ancien, afin d'être guidée, et ça lui va parfaitement. Elle ne sait pas encore qui ce sera.

Une fois son petit-déjeuner terminé, Ivy prend une rapide douche puis enfile un jean noir, un col roulé rouge et une chemise en guise de gilet. Pas encore les pulls, on est que début septembre quand même. Elle fait un rapide détour par la salle de bain pour donner un coup sur ses cheveux, une touche de maquillage, histoire de pas faire trop gamine auprès de ses collègues. C'est alors qu'elle reçoit un sms de son boulot. Il y a eu un meurtre dans un parking souterrain de Sens Street. Sa première enquête ! Ivy ne peut empêcher un grand sourire de s'épanouir sur son visage. La voilà, ta vie, ma belle. Elle sort en trombe de la salle de bain, fourre son thermos de lait chaud dans son sac et enfile sa veste en jean fourrée. Un bonnet noir, de grosses chaussettes et des rangers, et go.

Une fois arrivée à l'entrée du parking, Ivy est accueillie par Damien, l'un de ses collègues qui s'occupe de sécuriser le périmètre.
"Salut Ivy. Le chef t'attends là-bas. Heu... Avec ton collègue.
- Super ! C'est qui ? Pourquoi tu fais cette tête ?
- C'est Cohle."

Elle fronce les sourcils, ce nom ne lui dit rien.
"Et ? Je vois pas qui c'est.
- Il est insupportable et ultra-pessimiste, alors bon courage.
- Oh."

Un peu déconcertée, Ivy secoue vite la tête en suivant Damien et en présentant son insigne le long des couloirs de béton. Elle ne doit pas prêter attention aux rumeurs. Ça va être sa première enquête, pas question de se miner le moral.

Non loin du cadavre qu'elle aperçoit du coin de l’œil, se tiennent son supérieur, Colin Stauer, et un homme d'entre trente et quarante ans qu'Ivy suppose être son futur collègue. Elle salue son supérieur qui la présente au dénommé Cohle comme "la nouvelle recrue". Ivy lui tend la main.
"Neve Miller, mais appelez-moi Ivy. Enchantée."
Ivy avait dû expliquer la raison de son changement officieux de prénom à son supérieur, qui l'avait accepté sans rechigner à sa grande surprise. Ses professeurs de l'Académie de Police n'avaient pas été si compréhensifs, et certains avaient pris un malin plaisir à accentuer leurs Neve.

Après les présentations, la jeune femme se dirige vers le cadavre, que la médecin légiste découvre d'une toile blanche.

Stupeur. Incompréhension. Dégoût puis envie de hurler et de s'enfuir en courant, membres tétanisés, tandis que la réalité la rattrape. La lumière crue des néons, le teint blafard du cadavre, d'une vraie personne morte sous ses yeux. Ne pas craquer. Afficher un visage impassible et faire semblant d'observer le cadavre alors que son cœur et son opinion du monde sont à six pieds sous terre. Se rappeler les conseils de ses professeurs. Souffler. Allez, ça va aller Ivy. C'est pour ça que t'es là. T'es préparée.
La jeune femme inspire et observe réellement le cadavre cette fois. Elle met de côté sa peur et son appréhension, elle s'en occupera plus tard, elle doit faire bonne impression.
Le cadavre est celui d'une femme. Son visage gonflé indique à Ivy qu'elle est sûrement morte noyée, ce que la légiste pense pouvoir confirmer. Sur son avant-bras gauche, un serpent a été "dessiné" au couteau, et Ivy frissonne.
"Je pense qu'elle est morte entre minuit et une heure du matin, d'après l'état du cadavre. Il va me falloir une expertise plus approfondie pour savoir si elle a été immergée totalement dans l'eau, ou juste son visage".
La légiste finit sa phrase et va voir un de ses collègues. Ivy, peu sûre d'elle et encore un peu secouée, se tourne vers Cohle.
"Qu'en pensez-vous ?"



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Iskandar Cohle

J'ai 35 ans et je vis à New-York, dans le quartier du Queens, aux États-Unis. Dans la vie, je suis un flic, enfin, je traque les âmes déviantes dans la nuit noire. Sinon, grâce à mon humeur changeante et ma piètre opinion de moi-même, je suis divorcé et je le vis avec l'amertume dont j'hérite dès que je songe à tout ce qui fut gâché.


Iskandar est né à Oakridge, au milieu de nulle part, dans l’Oregon, un 26 février 1985. Il est inspecteur de police, à la criminelle, dans le Queens.

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nihilliste. froid et sentencieux. dépressif, un héritage qui ne le quitte plus. insomniaque. minutieux. un peu artiste quand il s’agit de dessiner. entêté. impie, une incroyance au coeur. orgueilleux. attentif envers ceux qui valent la peine de s’arrêter. passionné. irrévérencieux. lunatique. calculateur. parfois mutique. souvent rêveur. opprimé par son malêtre. trop fier pour l’avouer. un rapport d’amour et de détestation quant à son métier. les yeux dans l’infini de quelques méandres.

Il y a la musique dans l'habitacle et aussi sous les côtes, impossible de trop vous dire ce que j'écoute actuellement car je suis dans ma tête, aux côtés des souvenirs sans nom. Pour tout horizon l'appel le plus factuel depuis que les flics se sont organisés dans les villes et communiquent par le biais des ondes. Code 12-77. Une vie arrachée que l'on réduit à pire que néant, une série de quatre chiffres pour résumer une existence que l'on abrège dans le sang. Code 12-77. Ce matin lorsque la victime s’est arrachée à ses rêves, elle n’imaginait pas les voir navrés ainsi, dans la barbarie, la bestialité, voire l’opprobre. Non. Non. Elle n’imaginait pas que l’envol serait trop court, trop bref, trop vif pour se réceptionner. Point-virgule, point-virgule qu’elle criait, comme les grands suicidés qui réchappent au néant. Mais le destin n’a pas eu cette magnanimité pour elle, aucune décence pour une vie abrogée dans la douleur, ni un souffle, ni une espace, ni une virgule, la foutue typographie n’aura pas suffi, il fallait en appeler à la musique céleste, celle de l’univers, qui déchante lorsque le fil de la tablature échoue. Ne reste plus qu’un point d’orgue sur la page blanche. Souillée, souillée. Juste un point d’orgue. Puis le silence. Ce putain de silence qui retombe sur soi comme un linceul. Ouais… M’est avis que ce matin, lorsqu’elle a ouvert ses grands yeux sur l’infini du monde, elle ne croyait pas en toucher le fond, et se noyer dans sa lie. Comme quoi, l’imaginaire trace des sentiers déchus qu’il nous faut ensuite paver de notre froideur. Code 12-77. Code 12-77.

J’ai enclenché le gyrophare pour étrangler le silence. Le sien suffisait. Et celui de tous les autres aussi.

Cohle, on m’appelle Cohle. Ou plutôt l’étranger. Ils murmurent ce drôle d’épithète dans mon dos quand ils croient que je ne les entends pas. Pas de pot pour eux, j’ai l’ouïe fine, et puis un esprit qui grince trop pour se voir facilement froissé par ce genre de quolibet. Alors je marche, puis je remplis mes rapports, avec un soin notable. Presque maniaque, j’imagine, pour les regards extérieurs et trompés par ce passé troublé qui distord mon sillage. Lignes floues, dissolues, les flics n’aiment pas cela. Il paraît, pour la petite de l’accueil, que j’aurais pété un plomb, et tué un autre flic, sans sommation aucune. J’ai pas osé la détromper, le gars que j’ai buté n’avait rien d’un flic, et moi non plus à cet instant-là. J’ai préféré la voir me regarder avec ce mélange de mépris et de peur qui évite entre nous toute conversation. Pour notre moins habile recrue, au 107th precinct, j’aurais déclenché un incendie volontaire, qui aurait fait quelques victimes. Cette version qui me dépeint pyromane m’amuse plutôt, et j’avoue que je défile devant son bureau, en jouant avec mon zippo en argent avec un malin plaisir quand il est de garde, et donc seul avec moi. Pour mon boss, Stauer, il n’y a que cette vérité qu’il continue de passer sous silence. On appelle ça une bavure mais la hiérarchie a choisi de croire que mes talents valaient bien que l’on me repêche dans les tréfonds où je disparaissais. Puis Stauer et moi, c’est une assez longue histoire, un peu trop pour maintenant. Alors bon, on dit qu’on ferme les yeux, et puis on prie, on prie pour que l’étranger, ce type bizarre, ne décide pas d’en finir, avec l’existence, et celles de ses collègues au passage. Pour ce connard arrogant, le beau gosse de la bande, qui l’ouvre un peu trop, Damien, il statue juste sur le fait que je suis un taré, et que définitivement, il ne s’est pas enrôlé pour les fréquenter. Sauf que mon pauvre vieux, des tarés, y’en a plein les rues, alors si tu voulais pas les croiser, fallait pas se tromper de profession, choisir moine stylite aurait été plus à même de te combler, j’crois bien. Enfin bref. Cohle donc.

Cohle qu’on va affubler d’une gosse. Une petite bleue, qu’est à peine apparue dans nos couloirs. On s’est pas croisés, je pense que je l’ai fait exprès, pour cueillir son reflet dans celui de la mort, pour la toute première fois. Rencontre en arrêt, histoire que les masques se fêlent d’emblée, puis tombent en se fracassant. Visages tuméfiés de nos idéaux qui ne peuvent dans ce monde ni survivre, ni s’accrocher. Tout glisse, tout glisse. J’ai même pas demandé son nom à Stauer, je sais que ma réhabilitation ne tient pas à grand chose, et qu’il faut montrer patte blanche pour qu’on me foute la paix. Il y a des chemins qu’il faut arpenter en choisissant la corruption la plus douce qui soit, le poison le plus suave, pour reconquérir la légitimité perdue, dans le noir, dans le noir et dans la violence. Pendant une longue minute, quand Stauer m’a annoncé la nouvelle entre quatre yeux, et que ses mains pianotaient, nerveusement, sur la surface impeccable de son bureau, j’ai cru régurgiter les poisons et puis la corruption. Et tourner les talons. Une gosse. Ils m’ont affublé d’une gosse.

Je gare ma voiture sur le trottoir, assez mal je dois dire, sans trop faire d’effort pour rétablir la manoeuvre, sans doute pour montrer mon mécontentement, celui que je n’ai pas su feuler ce jour-là. Ils ont ceinturé une partie de la rue, alors je marche, sur le macadam dégueulasse de Sens Street, où les ordures côtoient les restes miroitants de la nuit qui pleurait encore il n’y a pas une heure sa déchéance caressée par les premiers rayons du soleil. Déchéance mise à nue, en pleine lumière. Il y a des cris qui résonnent encore dans l’espace occupé par les flics et les badauds qui se pressent le long de la banderolle jaune vif. Odeur de souffre, et murmures qui s’emmêlent pour mieux déchaîner une curiosité malsaine qui gronde comme un fauve encore un brin assoupi. Je passe, en soulevant le bandeau d’autorité, l’un des collègues me reconnait et il me salue sans amitié, sans animosité non plus, une neutralité qui me convient bien. Je prends la mesure de l’environnement qui se déploie alentours, plus je m’enfonce dans le parking souterrain, directement par l’entrée des voitures. Je marche, sans me presser, en prenant le temps de m’allumer une clope et de la commencer alors que les mirages de la vie m’abandonnent bientôt, pour me cracher droit vers l’enfer. Damien en garde les portes, et vu son prénom, ça n’est pas forcément surprenant. J’accroche sur mes lèvres un sourire des plus faux avant de lui dire, doucement, tout en crachant ma fumée en prenant soin d’éviter de la lui souffler à la gueule, même si l’aventure est tentante :
_ On m’a sifflé, alors j’accours. Il paraît qu’il y a un macchabée là-dessous ? Me spoile pas, j’aime bien découvrir par moi-même.
J’en fais des tonnes dans le macabre, un petit spectacle concocté rien que pour ses nerfs à vif de jeune loup. Il me laisse passer sans rien rétorquer avant qu’une phrase sans doute pensée, du moins pour son esprit médiocre, parvienne à franchir la barrière de ses lèvres serrées :
“Tu pourrais avoir un peu de respect.”
_ On ne respecte jamais les morts, Damien, surtout pas nous. Tu devrais le savoir.
Je reprends mon cheminement, d’un pas plus délicat, tandis qu’il ponctue ma démarche d’un “taré” qui glisse entre ses dents. Sans doute la seule épitaphe qui sera digne de moi, j’imagine, quand l’heure sera venue. Mais il n’est pas encore temps, je crois. Non. Non. C’est Stauer qui me briefe, alors que l’équipe médico-légale se met en place, marquant les preuves, détaillant la scène, lui ôtant tout mystère alors que la trivialité demeure capturée par leurs appareils de mesure et les écrans numériques. La victime a été signalée par un type assez aviné qui venait rechercher sa bagnole au même étage. Il a failli trébucher dessus, et il n’a vu personne d’autre. Le détail du type qui manque de se viander sur un corps abandonné dans une telle posture me laisse suffisamment interpelé pour que je hausse un sourcil mesquin. Le boss ouvre ses deux mains, paume vers le ciel :
“J’y peux rien, le détail m’a marqué. On l’a emmené au poste pour interrogatoire, il n’était pas trop en état de se révolter, mais vu son état de panique, si c’est lui le meurtrier, faut lui décerner l’oscar immédiatement.”
_ On verra plus tard pour la gloire, y a quoi d’autre ?
Il entame une phrase, avant de s’interrompre et de tourner la tête vers la silhouette menue qui s’extirpe des ombres du parking pour nous rejoindre. Apprêtée comme pour sa première journée de fliquette modèle, le petit bonnet, les chaussures de grande qu’on porte sur le terrain, puis la veste tendance, faut rien oublier. Mon regard froid trace les détails, chaque indice, un à un compulsés dans ma tête, pour qu’ils y enchevêtrent des pensées, des impressions aussi, voire ces flashs résiduels que la came m’a donné en héritage. Elle brille un instant sous mes prunelles qui se teintent de quelque chose de plus sombre, comme pour maintenir le contraste. J’ai terminé ma clope depuis un moment, mais j’exhale un souffle presque langoureux, dans l’air matinal, en marmonnant, tandis qu’elle se présente :
_ Voyez-vous ça.
Ivy. Plante grimpante, plante rampante. Je serre sa main, sans trop m’attarder, sans rien lui dire de plus que ces quelques mots qui grincent encore entre mes dents, comme une moquerie. Stauer grommelle pour dire que je pourrais me présenter, puis finis par le faire à ma place avant de claironner, sans doute soulagé :
“Bon bah je vous laisse !”
C’est ça, fuis-donc toi, laisse-moi avec la gamine qui verdit déjà, comme la jolie plante dont elle arbore fièrement le nom, en regardant le cadavre. Meurtre rituel à n’en pas douter, pas juste une affaire de vol, une mort moins absurde que les autres, plus dérangeante aussi. Pas de chance pour elle, mais d’un côté, on ne nous aurait pas enchaînés à un crime simpliste, que des imbéciles seraient capables de résoudre. Je la rejoins rapidement, mais plutôt que de regarder à mon tour la victime, j’appuie mon regard sur son profil qui semble soudain statufié dans une pierre des plus nobles. Un profil parfait, qui trahit l’absurdité d’un monde qui s’étiole devant elle, que je grave. Que je grave. Je la dessinerai plus tard, sans doute. Mais elle tient bon la gosse, il faut lui reconnaître ça. Beaucoup d’autres avant elle ont rendu leurs tripes sur une scène comme celle-là. Elle a la concentration de ceux qui s’empêchent de craquer et ses yeux clairs parcourent l’horreur pour en cueillir les détails les plus sordides qui soient. Bienvenue dans la police, Ivy. Bienvenue à toi.

J’écoute la légiste mais je continue de tracer les interrogations que je ne porte pas encore, tout contre son visage, alors qu’elle se tourne vers moi. Phrase automatique, qui ne tremble pas tant que ça. Je marque une pause étudiée, comme pour lui montrer que son petit jeu ne m’est pas étranger. Un silence qui s’étend, qui s’étend entre nous pour mieux nous dévorer. Je sais que tu la ressens, la peur, qui sclérose tes idées. Je sais que tu fais tout pour ne pas te laisser submerger. Ça passe, tu sais. Ça passe toujours. Mais je ne dis rien, je ne dis rien pour dissiper ce malaise qui est sien. J’ouvre mon carnet, qui sert autant pour mes notes que pour mes croquis, avant de la quitter des yeux et d’embrasser à mon tour la scène et ses relents hérétiques.
_ Pas mal de choses, Miller.
J’appuie sur le nom, refuse le surnom, trop simple, trop proche, trop délicat sans doute dans ces circonstances-là.
_ Pas mal de choses, c’est vrai, mais c’est surtout ce que vous pensez, vous, qui me passionne soudain. Y a pas mieux qu’un regard vierge dans ces moments-là.
Vierge. C’est un mot qu’on jette en pâture pour qu’il soit déformé, défiguré, par la virulence des assauts infernaux, des hommes et de leurs avidités. Comme celle qui a marqué cette femme, à jamais. Je m’accroupis, et commence à tracer au crayon, d’un air concentré, le serpent et son motif, qu’une lame a enfoncés dans la chair.
_ Allez-y, soyez pas timide, je me foutrais pas de votre gueule, c’est promis. Du moins pour l’instant.
Mais dans ma tête, et sous mes doigts, des dessins, des mots qui viennent les souligner. Meurtre ritualisé. Le dessin est tracé avec un soin notable, trop notable mais d’un côté encore par trop grossier pour que l’on ne se dise pas, avec horreur, que le meurtrier recommencera, pour mieux parfaire le geste. Mieux terminer son dessein mortifère, quel qu’il soit. La femme a été maintenue sous la surface de l’eau, comme en témoignent certains hématomes autour de sa gorge et de ses clavicules. Je penche la tête, fronce les sourcils avant de désigner, de la pointe de mon crayon, les marques qui la décorent :
_ Il l’a immergée alors qu’il la regardait. J’imagine que vos cours sont suffisamment frais pour savoir ce que ça veut dire, non ?


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