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 " Ni la tour de pierre, ni les murailles de bronze travaillé, ni le cachot privé d'air, ni les liens de fer massif, ne peuvent enchaîner la force de l'âme ". W. Shakespeare

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" Ni la tour de pierre, ni les murailles de bronze travaillé, ni le cachot privé d'air, ni les liens de fer massif, ne peuvent enchaîner la force de l'âme ". W. Shakespeare Empty

Le contexte du RP
Mise en situation

La situation

XXIème siècle, Australie.

Un écrivain, une page blanche, une passionnée de théâtre. L'alchimie d'une quadrature complexe et raffinée.
Ils n'auraient jamais du se rencontrer.
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" Ni la tour de pierre, ni les murailles de bronze travaillé, ni le cachot privé d'air, ni les liens de fer massif, ne peuvent enchaîner la force de l'âme ". W. Shakespeare Hogkd211
Rachel
Issenman

J'ai la trentaine  et je vis à Bowen, en Australie. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors en mourant d'amour pour Roméo, en haïssant Richard III, ou bien noyée au chagrin de Thésée.... Sinon, je suis célibataire et je le vis sans y penser.

« La suspension, c'est l'absence de poids. Le moment où le temps s'arrête, le présent absolu. La croisée de ces deux champs ouvre une petite fenêtre sur l'éternité » Yoann Bourgeois.

Le théâtre, c'était sa suspension.


Jessica Brown Findley :copyright:️praimfaya




-Salut.
-Salut.

Deux mots, un regard.
Elle empoigna la cafetière et  emplit le mug, ajouta un filet d'eau froide, comme d'habitude. Elle n'aimait pas attendre que ça refroidisse un peu. Une gorgée.
-Alors, ton week-end ?
-Pas mal, je suis allé me balader, il faisait beau, c'était bien. Et toi ?

Ce pétillement dans la voix grave et chaude qu'elle aimait tant.
-Rien de spécial, j'ai bossé mes textes et traîné à ne rien faire. Transcendant, ajouta-t-elle en grimaçant un sourire ironique.
-Mmh.
Elle se mit à feuilleter un magazine de jardinage étalé sur la table. Il adorait s'occuper de ses plantes et s'abonnait souvent à différentes revues.
-Alors, quels plans pour le printemps ? Demanda-t-elle en pointant le menton sur des photos. Quand vas-tu te mettre à planter des patates  dis moi ?
Elle pouffa, appuyant sa dernière question d'une pichenette sur le nez de son ami.
Les yeux noirs et lumineux à la fois s'arrêtèrent doucement sur les siens.
-Qu'est-ce qui ne va pas Rachel ?
Ses armures ne fonctionnaient jamais avec lui. Elle croyait le berner à chaque fois pourtant, usant de son adresse à rire de tout et de rien, maîtrisant l'art et la manière de faire parler les autres. Mais lui, lui, ne s'y laissait pas prendre.
C'était difficile qu'il devine.
C'était une amitié merveilleuse : un homme, une femme. Sublime.

***

Larmes de miel...Océan Wilde. La rencontre invisible entre deux êtres qui ne se rencontreraient jamais : une évidence universelle. Le lecteur et son écrivain, les nuages et le ciel, la pluie et le soleil, l'arc en ciel et l'infini. . Les lignes dévorées dansaient sur les pages, elle s'en repaissait, touchée au plus intime de soi. La soie d'une sensibilité à fleur d'absolu. Une révélation : quelque part, quelqu'un, un inconnu célèbre, belle contradiction, lâchait des mots d'une incroyable profondeur. Ils vibraient, palpitaient au point de lui offrir, parfois, des vagues de sel qui venaient suavement lui lécher les joues. C'était étrange, mystérieux. Le pouvoir joli de l'écrit : des signes qui ne pesaient rien et l'emmenait pourtant à des milliers de kilomètres d'ici. L'échappée de la réalité prenait des airs d'ailleurs, la projetait dans un voyage intérieur clandestin. Elle s'éleva amoureuse de sa plume, littéralement, n'en parla à personne : qui aurait pu comprendre cet excès ? Lui bien sûr.
Mais il n'était plus là.

***

13h 54. Plus qu'un battement d'ailes du temps et il la recevrait. La secrétaire avait été assez froide lorsqu'elle s'était présentée. Ça l'avait un peu stressée sur le coup, elle s'était sentie seule au milieu de ses bureaux foisonnants d'activité, propres aux maisons d'édition. L'impression qu'elle dérangeait, qu'elle n'était pas la bienvenue. La désagréable sensation d'une petite boule au creux de son ventre s'était alors bien vite installée. Assise sur un siège moelleux et confortable, la tête appuyée contre le mur et paupières fermées, elle se concentra sur sa respiration. Allons, ce n'était pas la fin du monde ! Un rendez-vous de boulot parmi d'autres.

La troupe avait commencé à travailler sur la pièce de Wilde. Le premier acte n'était pas une mince affaire à mettre en place. William, le metteur en scène, s'arrachait les cheveux à ce que les acteurs puisent encore davantage dans leurs émotions. Il y avait des larmes, des claquements de rideaux, des discussions, des énervements, des rires... mais tous, à l'unanimité, se passionnaient pour le texte. Le  mélange de tragédie, de modernité, en passant par les codes classiques du théâtre, s'harmonisaient parfaitement ensemble. C'était original et prometteur.
Mais voilà. Plus de deux mois sans nouvelles de l'auteur malgré les relances de Will. L'actrice s'était alors proposée pour le rencontrer et faire le point. Ils avaient besoin de l'acte 2 pour poursuivre.

Un bruit de porte. Des pas. Elle rouvrit les yeux. Il était là. Elle se leva :

-Bonjour Monsieur Wilde.

Elle déglutit, impressionnée par ce regard magnétique bien particulier. Océan...Il portait bien son nom, les iris emplis de la couleur des mers et de l'insondable de l'azur.

-Merci de me recevoir.

La voix douce, capable d'emplir puissamment les salles pourtant, se déplia dans l'air. Elle se trouvait face à un monstre sacré de l'écriture qu'elle admirait. La mémoire empreinte de ses lectures la fit sourire davantage, un zeste de complicité intérieure avec elle-même qu'elle ne put s'empêcher d'exprimer.
Un sourire, presque timide.

-Rachel, c'est toi que je veux sur ce rôle.
-Pourquoi ?
-Parce que tu vois les fissures du vent.




***




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Dharma
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Océan Wilde
J'ai xx ans et je vis à ville, Pays. Dans la vie, je suis études/métier et je m'en sors statut de vie (bien, moyen, pas bien). Sinon, grâce à ma chance/malchance, je suis statut matrimonial et je le vis plutôt bien/pas bien.

À venir.


Ian Somerhalder :copyright:️EVERDOSIS

Arno Alyvan - Nowhere to hide

Aubade océane en une trame musicale dans l’agencement des vagues, le tracé des mots dansants la sérénade de l'authenticité pure. Une idylle comédie magique qui faisait sens, auparavant. Qui était sublime. Oreilles et lèvres de verre, œillade d'amour et main de velours. Le touché d'une plume et l'auteur s'en allait là-haut. Là où personne n'osait jamais le rejoindre. Là où personne ne le pouvait. Là où il se retrouvait, chez lui; loin des abysses monstrueux. Seul en compagnie des mots. La chanson de la vie, la sienne, qu'il partageait volontiers avec ceux qui l'entendait vibrer aux rythmes des âmes.

Et tout du haut, ce qu'il était beau. Tout en haut, ce qu'il écrivait beau. Il chantait avec les maux, sans séparer le jalet du joyaux.

Mais c'était avant. Avant la condamnation du sirupeux Silence qui le tira de force sur le sol dur et granuleux. Le punir d'avoir trop longtemps fendu les nuées ? Retour sur Terre. Retour amer. Au bord de la falaise, il entendait les chauds murmures du sang. Il ne voulait plus l'avoir, ce mal de mer. Il ne pouvait plus la voir, son affreuse Mer.

La tempête mystérieuse. La vision étrange d'obscurité frissonnante. La brutale projection du Rien à venir. La page blanche. Et, depuis, le Silence hantait le Temps, l'espace entrecoupé aux sourires de la mort. Océan n'entendait plus que l'odieux Silence et noyait ses ailes dans les profondeurs de son propre regard naufragé.

Une nouvelle fissure colorée de peur et de malheur fragilisait la brèche.

– Monsieur Wilde, qu'en dites-vous ?

Une ridicule petite seconde. Le temps de rajuster le masque de l'acteur. Le charme de la célébrité.

Parfait, il sourit.

– J'en dis que vous en dites de trop, mon ami. La réunion va devoir s'écourter, messieurs dames... Le vent me chuchote ses secrets.

Océan porta un regard magnétique aux teintes espiègles à l'assemblée de cette énième réunion de la matinée, s'amusant d'un geste volatile poétique du poignet lorsqu'il parla du vent. Il était impossible d'imaginer que l'homme était parti ailleurs, tout en haut ou tout au fond, ne serait-ce un temps, songer, âme en peine, à ses tourments. Maître de l'écrit et de l'art oratoire, il avait appris qu'il ne lui restait désormais plus que l'éloquence à sa survie.

– Ohh, j'ai hâte de lire ça, Océan !
– C'est ça, ouais. Allez, au diable mes petits corbeaux, j'ai du boulot.
lança le fondateur des lieux en faisant prendre congé à ses collègues avec un sourire qui se devait d'être rieur et charmeur.

La métaphore était triste. Il avait littéralement besoin d'air. Il tenait fermement la poignée de la porte dans sa main droite, avait profondément si peur de la lâcher, tandis que l'autre faisait du vent pour qu'ils s'en aillent le plus rapidement possible. Qu'ils s'en aillent, par pitié. Il crut ne jamais pouvoir se débarrasser d'eux tant ils étaient si hypnotisés par sa personne, pour cause l'un de ses sorts, un talentueux méfait inné qu'il n'avait jamais aimé lancer sur autrui; mais qui Était.  

Il était comme la nuit et la tempête au cœur du soleil. Il était flamboyant et envoûtant. L'on se demandait toujours : ...Comment ? Comment brûlait-il au centre du temps ? Comment connaissait-il les secrets des chants du vent ? Il ne répondait, alors, que d'un simple sourire soleil. Rien de plus, ni de moins.

Enfin, il put rejoindre son bureau. La tranquillité pour quelques instants. Il le savait. Cela ne durerait pas. Ses moments de solitudes se faisaient de plus en plus rares depuis qu'il s'occupait de tout, pour ne plus s'occuper de ses... Rien. Dring. Dring. .... Il soupira, les yeux clos, assis sur son fauteuil de cuir, et à la troisième sonnerie, il décrocha, un sourire se manifestait par réflexe sur ses lèvres. Il entendit la voix de sa petite mamie ronchonne préférée, aka sa secrétaire : Madame Stephany Parks.

– Oui ? Je suis occupé ma chère Stephany, je vous ai déjà prévenu que je n'étais pas très friand de vos harcèlements incessants, il me semble. Je sais bien que je vous plais énormément, mais nous nous devons de rester professionnels, vous et moi, j'en ai bien peur... C'est impossible entre nous.
– Monsieur Wilde, s'il vous plait, soyez sérieux, Madame Issenman vous attend.
– Oh naaaan...... mais ce n'est pas possible, je vous ai dit d'annuler ce rendez-vous dix mille fois !


Cette fois-ci, ce n'était plus vraiment amusant.

– Je suis désolée, monsieur, mais ils ont insisté et...
– Bon. Laissez tomber.


Il raccrocha d'un coup, agacé. Les bras croisé, l'écrivain déchu laissa son regard se perdre sur son bureau; plus précisément sur la représentation miniature du Penseur de Rodin. Un frémissement d'ironie.

Océan se leva, rajusta sa cravate aussi bleu que ses yeux et passa une main dans sa chevelure de jais désordonnée.

Derrière la porte, la représentation même de son échec. Rachel Issenman venait réclamer ses mots, et il n'avait rien à lui donner. Lorsqu'il rencontra son regard et vit son sourire, de ceux qu'il avait mille fois rencontré, il se sentit plus imposteur que jamais. Cet incroyable qu'elle semblait vivre n'avait pas lieu d'exister. Avant, il trouvait cela flatteur, appréciable... maintenant, il en avait mal au cœur.

– Mademoiselle Issenman, je ne vous attendais plus. sourit-il, tout en lui tendant une main pour la saluer.

Il plongea son regard dans le sien quelques instants, pour la sonder, puis se mit à le fuir, observant derrière ses épaules à droite et à gauche, pour y trouver de l'aide, un quelconque collègue à la rescousse.

– Non, littéralement, je pensais que vous étiez au courant.

Il se mit alors à marcher en direction des jardins.

– Ravi de vous avoir revu, mais je n'ai malheureusement pas de temps à vous accorder, j'en suis désolé. Peut-être une autre fois. Je suis très occupé, c'est épuisant de gérer toute une garderie, vous savez.

Un groupe de dessinateurs à côté desquels il passa lui jetèrent un regard mi-choqué, mi-amusé et il leur offrit un petit clin d’œil.
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J'ai la trentaine  et je vis à Bowen, en Australie. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors en mourant d'amour pour Roméo, en haïssant Richard III, ou bien noyée au chagrin de Thésée.... Sinon, je suis célibataire et je le vis sans y penser.

« La suspension, c'est l'absence de poids. Le moment où le temps s'arrête, le présent absolu. La croisée de ces deux champs ouvre une petite fenêtre sur l'éternité » Yoann Bourgeois.

Le théâtre, c'était sa suspension.


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Une poigne franche qu'elle apprécia. Elle déglutit, forte d'une légitimité du contrat établi entre l'auteur et la Compagnie mais presque faible face à un talent bouleversant. Ce qu'il incarnait au creux de ses secrets la rendit fébrile une fraction de firmament. Une fraction...Et puis l'ordre des choses reprit sa place.

-Comment cela ? Le rendez-vous était pris, je ne comprends pas ?

«Belle cravate » pensa-t-elle en impromptu, incapable de s'empêcher d'apprécier l'élégance racée avec laquelle il s'habillait..

Inspiration.

Elle soutint tranquillement son regard, quoique décontenancée lorsqu'il le balança ailleurs soudain. Quelque chose n'allait pas.
Interloquée, rebelle brutalement, elle suivit à dessein sa vision et se retourna. Personne en vue, évidemment.
-Je...Non...je ne l'étais pas ?!

Ça n'allait pas. « Ça »  se déchirait. Une scène bas de gamme.
Une espèce de froid la saisit. La sphère contractée se mit à grossir dans ses entrailles. Il la foutait dehors joliment mais la foutait dehors.
Incompréhensible. Inacceptable.
Il s'éloigna. « Une garderie... », l'ironie la surprit. Qu'imaginait-elle de cet homme ? Là se nourrissait l'erreur fatale : imaginer.

Expiration

Les bras ballants, elle demeura sans voix, figée dans le couloir. Le brouhaha des bureaux tout proches la ramenèrent à l'instant sans grâce.
Elle jeta un œil désespéré à la secrétaire qui grimaça : "Ce n'est pas possible? Vous nous auriez prévenu, n'est-ce pas ? Je n'y crois pas, je n'y crois pas... ».
Il allait disparaître elle ne savait où. Pour jamais ? Pour toujours ?
Sans réfléchir, elle se mit presque à courir pour le rattraper, indifférente aux regards curieux.
-Monsieur Wilde !
Irait-il jusqu'au bout de son refus de la recevoir ?
-...Je suis venue au nom de la Compagnie, ils espèrent tous que je reviendrai avec des nouvelles ...
« Vous ne pouvez pas partir, me laisser comme ça en plan !... ». Elle ne pouvait pas décemment lui dire, alors même qu'elle s'envahissait d'une piteuse sensation d'abandon.

Oui mais.

L'exigence du Théâtre, ce Maître sans pitié.
Il enseignait l'affranchissement du jugement des autres, une opulence de l'esprit et du cœur. L'impudeur des personnages incarnés retranchaient le soi au fin fond des poussières de la Réalité. Rachel vivait double, princesse ou gueuse sur les planches, au fil des heures sans chaîne. Hors champ de cette irréalité, elle ne se réduisait qu'à l'imperfection d'elle-même.
Elle aimait tant les mots, ce qu’ils offraient, ce qu'ils provoquaient. Les caresser, les savourer, s'en délecter... Elle les incarnait, imprégnée par les répliques, les faisait vivre autrement, métamorphosés. Parfois, il fallait les vomir, les haïr.
Se lovait dans l'Inexistant  durant quelques miettes de temps, le temps d'un spectacle. Lisait comme l'on meurt. Le lisait, Lui.
L'excès des passionnés.
Le culot des libres dans l'âme.


Elle voyait toujours la lumière à travers les barreaux. Alors, Océan Wilde allait la recevoir tôt ou tard. Alors, l'artiste dans l'âme abattit les filtres.
-Dites-moi pourquoi vous refusez de m'accorder quelques minutes...S'il vous plaît ?

In This Moment-Into Dust
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Dharma
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À venir.


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– Je suis venue au nom de la Compagnie, ils espèrent tous que je reviendrai avec des nouvelles ...

Occupé à attendre que la machine lui serve son café, Océan, le dos toujours tourné à la silhouette de la malvenue; se contenta d'hausser les épaules, de la désinvolture légère dont il savait parfaitement être le maître. Il se retourna, une main enfouie dans sa poche et l'autre tenant le café. Il lut avec un intérêt secret la stupeur et l'incompréhension qu'il n'avait jusque là fait qu'entendre dans sa voix. Elle ne s'attendait clairement pas à ça. Il fallait dire qu'il ne la mettait pas dans une situation confortable. Il en avait bien conscience.

– Eh bien, vous leur direz simplement que les nouvelles sont les suivantes : il n'y a pas de nouvelles.

L'esquisse d'un sourire crispé se forma au coin de ses lèvres alors que la situation commençait sérieusement à le gêner. Son but n'était pas de mettre qui que ce soit à mal. Il voulait simplement qu'on le laisse en paix. Un peu de solitude. Celle même qui l'étouffait.

Le regard du maudit se perdit à travers la baie vitrée des jardins. Alors, l'azur s'ouvrit à l'enfance. Espace ouvert. Cercle brisé. La bouche parla non loin de la sienne que le clavier de son Silence rendit inaudible aux échos de l’abîme. Clac. Il fit glisser la baie vitrée. Osa un pas.  Subtil parfum de fin du monde. Souffle délicieux des ouragans farouches. Désastre inéluctable au milieu des splendeurs des saisons divisées. L’écœurante allégresse du printemps et l'amour de l'été firent couler les larmes de l'automne et rire les cœurs infrangibles de l’hiver, au point que l'âme de l'auteur s'arrachait, grisée par tant de nostalgie saccagée, et s'envolait vers de lointaines contrées secrètes et peinées.

– ...... pourquoi vous refusez.....

Il fronça très légèrement le nez. Se retourna vers Mademoiselle Issenman qu'en l'instant, il ne voyait qu'à peine. Le malaise généré par sa présence, ce qu'elle représentait, fit naître une impatience vive et peu maniérée.

– Je ne vous refuse rien, à vous, ne dites pas ça. lança-t-il sur un ton ferme, l’œil soudain très franc, comme si elle venait de dire une énormité très insultante.... et c'était le cas, à ses sens effleurés.

Bientôt, il fermait les frontières de ses maux incontrôlés, de tout ce qui n'avait pas droit d'être représenté sur cette scène parfaite qu'était la sienne, que DEVAIT être la sienne.

Un profond sérieux. Il se rapprocha. Un pas. Puis deux. Tout près.

– Ecoutez, ce n'est pas.....

La bouche entre-ouverte, rien ne vint. Une petite seconde, un éclair de désarroi. Puis plus rien. Il sourit et lui tendit le café.

– Tenez. Je suis désolé, mais vous devriez y aller. Madame Parks se fera un plaisir de vous raccompagner.

Il la guidait déjà élégamment et prestement vers la sortie, une main lui frôlant le dos et l'autre tendue droit devant eux. Il n'y avait plus place à négocier quoi que ce soit, il avait perdu patience, si tant était qu'il en eut déjà un jour.

– Comme je vous l'ai dit, j'ai beaucoup à faire. J’appellerai personnellement Monsieur Sumner, tout va très bien se passer, rassurez-vous. Merci d'être passée. Je vous souhaite une douce journée.

Et c'était lui qu'il tentait de convaincre, de rassurer. Garçon issu des flammes devant écrire sur l'origine de la catastrophe. Et toujours prisonnier du passé, le prince héritier n'avait plus les moyens de lutter contre les fantômes, son ombre arrière le repoussait en un lieu d'épouvante.
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Le théâtre, c'était sa suspension.


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Elle eut l'impression qu'il se jouait de sa présence comme le chat avec la souris, de ce chat glorieux et victorieux qui sait d'avance que la partie est jouée. L'homme était célèbre et salué par ses pairs. C'est lui qui possédait ses mots et ses talents. Elle ne pouvait rien faire, si ce n'est subir une indifférence délicatement insolente et se démerder avec ça. Une mauvaise plaisanterie, un accident géographique qui allait reprendre forme, comme il fallait.
Que nenni. Il prit le temps d'attendre tranquillement que le gobelet apparaisse. Le café coula, fit  son glouglou habituel.
Puis...rien. Rien ne se produisit hormis un haussement d'épaules désinvolte.

Elle sut que c'était peine perdue. Perdue... plutôt trouvée. Une peine qui n'aurait pas dû naître.
Elle resta silencieuse, l'observant de ses grands yeux interloqués, tentant malaisément de le sonder au-delà de ce qu'il voulait bien dévoiler. « ...pas de nouvelles... ». Des mots de vide, un espoir déchu, un élan brisé.
Qu'allait-il se passer avec la Compagnie ?
Il poursuivait son chemin sans plus de ménagements, sans rémission possible, elle le percevait dans tout ce qu'il transpirait de noble nonchalance. Il n'en avait rien à foutre. Une fin de non-recevoir qui s'accentua davantage alors qu'il ouvrait cette baie vitrée pour disparaître là où elle ne le suivrait pas.
-A moi ? Mais je ne suis pas là pour m...
Les lettres moururent car il s'approcha vivement. Une sincérité allait s'éclore, le son de sa voix le trahissant tout à coup.
Une seconde, la Vérité fut là, tout près, au bord de lui. « Ce n'est pas... ». « Ce n'est pas quoi ?»  pensa fortement Rachel, le regard intense accroché au sien.
L'embaumement d'une réalité décevante servie sur un plateau doré.
Elle prit le liquide fumant qui lui brûla les doigts, s'empêtra un instant à changer de main, ajustant son sac. La prenait-il pour une dinde ? Une douce colère sourdit tout au fond, chassant cette mauvaise boule de stress qui l'avait empêchée de se battre.
Insister, un peu.
Le convaincre, un peu.
Trop tard.

Tout s'était passé très vite, elle se retrouva au volant de sa voiture, anéantie et amère. Pour qui se prenait-il ?! Énervée mais surtout inquiète pour la suite qui ne présageait rien de bon, elle démarra vivement.
Et s'il ne voulait plus écrire la pièce ? Et s'il les plantait, là, tout simplement ? Il allait appeler Will, c'était juste un contretemps. Il était débordé. Pensez-donc, un homme aussi renommé et adulé dans le milieu...
Elle décrocha le bluetooth, pile au moment où elle ratait la sortie, trop préoccupée.
-Oui, Helen ? ...Nan, c'est la merde. Il ne m'a pas reçue, te raconterai. Quoi demain soir ?...Pfff, j'avais oublié ! Je n'ai plus envie d'y aller !...Pourquoi ?...Mais...Bon, ok, ok. Yes, 18h30...Je ne sais pas...On verra bien. Ça marche ! A demain !
Elle avait complètement oublié cette fameuse soirée VIP rassemblant tout le gratin des auteurs, la presse, les troupes professionnelles, les mécènes...

En rentrant, elle allait prévenir William sans lui donner aucun détail ni lui faire part de ses craintes.
Ça puait, littéralement.
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Océan Wilde
J'ai 34 ans et je vis à Bowen, Australie. Dans la vie, je suis un génie des mots qui s'est perdu à travers les flots et je m'en sors à ma manière, en ignorant le tout et jouant de faux semblants. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Mais, dis moi, comment te portes-tu les soirs de nuits blanches et d'idées noires ? Et comment termines tu cette histoire ? S'achève-t-elle au coin d'un mot, à la lisière d'une phrase, quand vient le point final... ?

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La journée s'était écoulée à la vitesse d'un bel Été qui se brûlerait délicieusement, seul, se consumerait tragiquement, aux yeux de tous... à ne plus pourvoir oublier, ne plus pouvoir rêver, ne plus savoir aimer. Un adieu. Un au revoir. Un à jamais. Jusqu'aux prochaines vacances et aux nouveaux sourires perdus au Soleil. Cette entrevue avec la comédienne avait déjoué le Temps de l'écrivain, son rapport avec lui, son contrôle qu'il était certain de maintenir si dignement. La journée s'était écoulée si vite, si près. Lui rappeler qu'à travers l'illusion, il ne savait plus écrire à son sujet, ni sur aucun autre. La vie se jouait ainsi, tantôt fulgurante de passion, d'infini, puis la seconde d'après il fallait accueillir le silence, l'absence d'existence. Comme elle s'amusait, la douce vie, à danser, valser si somptueuse de perfidie, sur le fil de la mort d'un condamné. Il existait une certaine perversité à croire en ses propres mensonges. Il l'avait fait. C'était le plus sage, ou le plus simple... Chacun son point de vue. Océan savait ce qu'il faisait. Vraiment ?

Tout allait pour le mieux. Tout irait bien. Il n'avait pas de temps à perdre, et certainement pas à culpabiliser et s'en faire pour si peu. Il ferait ce qu'il avait promis, car il était homme de parole, point final. Tout irait bien par la suite. Tout était toujours supposé aller merveilleusement bien lorsqu'on se prénommait Océan Wilde et qu'on avait tout ce que l'on désirait, n'est-ce pas ?

– Stephany, annulez mon rendez-vous de 20h, je vous prie...
– Mais monsieur, c'est vraiment important, Monsieur Lloyd va s'impatienter, vous savez, ça fait deux fois qu'on annule.
– Ce n'est important que si vous y portez de l'importance. Regardez, moi, je m'en moque, et tout va bien ! J'ai l'air inquiet ?

Sur ses mots joueurs, Océan rejoignit le bureau de sa secrétaire d'un pas élégant et décontracté, son éternel sourire mi-séducteur mi-malicieux visé sur ses traits.

– Monsieur Wilde...
– Allez ce n'est pas un drame, je suis certain qu'il peut encore attendre une journée. En plus je suis attendu, ce soir. ajouta-t-il dans un haussement de sourcils équivoque.

La vieille dame roula des yeux et ne put s’empêcher de réprimer un faible sourire amusé, probablement lasse des petits jeux de son patron et de son sens des priorités, mais tout de même réceptive à ses charme qui le rendait si.... singulier, et irritant à la fois.

– Oh, c'est un petit sourire que je vois fleurir là ? Vous êtes la meilleure ! À Lundi.

Et voilà qu'il quittait les lieux sans attendre un mot de plus, fier de lui. Avant son fameux rendez-vous du soir, il avait surtout à contacter Sumner, pour fermer le chapitre Issenman et arrêter les élans inquiets qui lui trituraient les méninges depuis sa venue. L'écrivain avait réfléchi à ce qu'il pourrait bien inventer, et il s'était trouvé que son implication dans la découverte au monde entier d'une petite écrivaine nouvelle du milieu serait le parfait alibi. Mademoiselle Fritz, qu'il devrait d'ailleurs accompagner durant la soirée mondaine, serait donc son excuse parfaite, puisqu'elle était en plus tout à fait réaliste. Il était son mentor, et il ne mentait pas vraiment sur le fait qu'il lui consacrait énormément de son temps. Demain soir, il prendrait le temps de lui présenter les plus influents.

★ ★ ★

En retard. Voilà ce qu'étaient la célébrité et sa protégée. Cette dernière commençait d'ailleurs à s'impatienter, sur le pas de la porte, elle triturait ses jolies bouclettes blondes en s'imaginant déjà toutes les catastrophes possibles. Lui, riait légèrement depuis l'autre bout de son salon, l'air totalement décontracté.

– Je vais avoir l'air d'une idiote.... et si jamais ils ne me laissent pas entrer ? Toi, encore, tu es Océan Wilde, mais moi c'est différent, je ne suis personne pour eux..... eh oh, Océan, tu m'écoutes ? Vraiment, ...

Une porte coulissa puis le personnage tant attendu pris enfin la peine de se dévoiler face à sa jeune accompagnatrice plus que nerveuse. Tout de noir vêtu, il semblait prêt à faire le deuil de tout un monde ou à mordre de jolis cous avec délectation. Une élégance sombre dévoilant ses deux yeux intensément bleus, comme son envie de participer à cette soirée étouffante. Mais il le faisait pour Lola. D'un geste fluide et protecteur, il s'accapara les épaules de la demoiselle pour venir la serrer légèrement contre lui alors qu'ils marchaient vers la limousine qui les attendaient en bas des escaliers.

– C'est beau toute cette imagination, mais garde la pour tes mots, miss catastrophe... Ce soir, on se détend, et on sourit surtout. Tout va très bien se passer, tu vas voir.

Rapidement, le couple d'artistes fut guidé jusqu'à la soirée puis escorté, sans même avoir besoin de montrer le fameux sésame, jusqu'au lieu où s'éveillait la fête. Talents éblouissants, beautés harmonieuses et décontraction royale, ils rayonnaient malgré leur retard et accueillaient volontiers les accolades, serraient des mains et échangeaient tantôt sur d'accablantes banalités, tantôt sur le travail. Pour son plus grand plaisir, Océan fit enfin la rencontre d'une véritable amie à lui, lui offrant ainsi une porte de sortie inespérée. Il délaissa ainsi derrière lui sa protégée occupée à discuter avec une jeune actrice. Tant mieux, il lui avait présenté ceux qu'il voulait, son job était fait, maintenant, elle était libre de voler là ou le vent la mènerait pour la soirée.

Enfin seul, ou presque, dans les jardins à peine éclairés du château, il discuta simplement avec Bella, son amie de longue date, -et ex-compagne par la même occasion-, de tout et de rien, histoire simplement de respirer et de ranger pendant un temps les faux semblants qui les insupportaient tous les deux. Tout d'un coup, la fille de Bella débarqua de nulle par, guitare entre les mains et partit s'asseoir sur un banc, au loin. Océan demeura interdit face à un spectacle inattendu qui se déroula devant ses yeux. Le mari de Bella avait réussi à entrer avec leur gamine et commençait à s'engueuler avec elle... Comprenant que sa présence dans la conversation serait tout sauf un avantage pour Bella, l'écrivain prit la fuite et décida d'aller s'asseoir à côté de la fillette de 13 ans qu'il connaissait depuis petite.

– Bonsoir Océan.
– Salut, toi. Tu joues de la guitare maintenant, je l'ignorais.
– Oui, ça t'impressionne, pas vrai ?

Face à l'air fier qu'affichait la petite fille pour plaisanter, il sourit franchement.

– Tu me joue quelque chose ?

Pour toute réponse, elle fit la moue.

– Qu'est-ce qui ne va pas ?
– Je n'arrive pas à écrire ma chanson.
– Ça viendra, laisse le temps.
– Mais c'est long. Il parait que toi tu vois la musique et que c'est comme ça que tu écris et composes... c'est vrai ?!
– Euh, tu sais tu n'as pas besoin de voir les mélodies valser pour capter toute leur essence. Elles te parlent à toi aussi, mais d'une manière différente qui t'es unique.
– Mais du coup, toi, tu les vois ?
– Non... enfin, oui.

Océan fronça les sourcils. Il fallait que ce soit une gamine qui le renvoie à ses démons. Bon sang, on ne le lâcherait donc jamais.

– Tu me la prête ?
– Oui, tiens.

Amarante - Light In The Darkness

La petite lui tendit son instrument et il se mit doucement à jouer et chanter un air qui résonnèrent délicatement, très légèrement, au dessus des faibles bourdonnement de la fête qui battait son plein à l'intérieur du bâtiment. Il remarqua quelques longues secondes plus tard qu'elle détournait son visage par pudeur, et s'arrêta net en l’entendant renifler.

– ...Emma ?
– Ça m'énerve. Je ne vois rien du tout. Rien ne vient. Alors que toi, toi tu fais tout bien...

Moi non plus, Emma, je suis comme toi. Mais il n'eut le temps de rien car la fillette venait de fondre en larmes. Elle se leva et partit en courant. La suite, il ne la suivit que de loin, comme un film, une scène dans laquelle il n'était que le spectateur, l’esprit vagabond bien ailleurs. La mère était venue lui demander ce qu'il se passait et le père lui avait cherché des emmerdes, mais Océan se contenta de hausser les épaules et le couple quitta rapidement les lieux sur les pas de leur fille démunie face à ce trop plein de brisure.

Seul. Perdu. Absent. Il voulait s'endormir et oublier le présent, rien qu'un instant.

Que lui arrivait-il, exactement ? Existait-il un mot, existait-il un Temps ?
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Rachel
Issenman

J'ai la trentaine  et je vis à Bowen, en Australie. Dans la vie, je suis comédienne de théâtre et je m'en sors en mourant d'amour pour Roméo, en haïssant Richard III, ou bien noyée au chagrin de Thésée.... Sinon, je suis célibataire et je le vis sans y penser.

« La suspension, c'est l'absence de poids. Le moment où le temps s'arrête, le présent absolu. La croisée de ces deux champs ouvre une petite fenêtre sur l'éternité » Yoann Bourgeois.

Le théâtre, c'était sa suspension.


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Bien sûr qu'elle aimait les fêtes, bien sûr qu'elle adorait danser. Mais là, ce soir, elle n'avait décidément pas envie. La semaine avait été éprouvante, cinq filages d'affilée, quatre représentations. Elle aurait aimé souffler un peu, prendre le temps de le perdre, ne rien faire . Mais voilà, cette soirée était d'importance, il fallait se montrer, exister dans les paillettes, sourire et jouer un autre rôle, le plus emblématique qui soit : celui des relations professionnelles. Mais alors qu'elle enfilait sa robe de soirée, satisfaite d' un coup d'oeil dans le miroir, la flemme s' évapora à travers la fenêtre grande ouverte. Il faisait chaud en ce début d 'été. Elle allait s'amuser après tout, assurée de déguster de délicats petits fours et des bons verres.
Helen passait la prendre en voiture. Pour rire et pour la rejoindre, elle se mit à sautiller sur le trottoir comme une gamine, la main en l'air à lui faire signe, le sac à main qui se balançait d'avant en arrière.
-Rachel, arrête, tu nous fiches la honte !
-Mais non, on s'en fout, allez roule ma poule ! Tu as eu des nouvelles de William ?

Non, il n'y avait rien de nouveau. Elle soupira comme un sonneur, décidée à ne plus y penser. Wait and see.

Les mots fusaient, des ah et des oh lorsqu'elles rencontraient une tête familière. Et patati et patata, comment tu vas ? Oh mais tout va bien ! On joue dans tout le pays, le festival dans deux mois comme d'habitude et l'année prochaine, tournée en Europe. Paris, Rome, Barcelone, Londres...Non, vraiment ? Incroyable ! Merveilleux ! Et qui joue Véra dans Moussiov ? Ah oui, et Lady Anne ?  Oh, bravo ! Joli rôle ! Et blabla... Et...Elle avait perdue son amie quelque part dans la foule et les sons trop forts lui cassaient les oreilles.

Rideau.
Un coup de barre la prit soudain, saoulée qu'elle était de paroles, de rires et de sourires à n'en plus finir. Elle en avait mal aux zygomatiques, au crâne.
-Pardonnez moi, je reviens.
Elle s'échappa sans autre manière, soulagée de pouvoir se prendre une bonne dose de calme un peu plus loin. Dès qu'il y avait de la bouffe et à picoler, les gens s’agglutinaient comme des affamés autour des buffets. Immuable et agaçant ! Ceci dit, elle en profitait à plein également, les doigts serrés sur une coupe qu'elle avait omis de laisser sur la table.
Elle marcha ainsi quelques minutes dans le parc. Immenses, des arbres centenaires étalaient leurs majestueuses ramures au milieu de bosquets de fleurs parfaitement entretenus. C'est alors qu'au détour d'un chemin, une autre musique s'éleva. Un sourire de curiosité plus tard, cherchant à savoir d'où elle venait, elle aperçut Océan Wilde, tranquillement assis avec une toute jeune fille sur un banc. Surprise, elle s'arrêta brusquement, puis recula de quelques pas, cachée par un grand buis qui traînait là.

Pourquoi ne poursuivait-elle pas sa balade solitaire ? Pourquoi se figer ainsi ? Tout simplement parce qu'un instinct animal lui dictait de ne pas les déranger. Elle n'aurait pas du se trouver au beau milieu de ce domaine, là, pile au même moment. Elle n'aurait pas du être lasse au point de s'isoler. Non, tout cela n'aurait pas du être.

Un homme et une femme se disputaient. Leurs bruits de voix coléreuses s'élevaient dans la douceur de l'air. Ouh lala, pensa-t-elle. Il était grand temps de quitter les lieux, elle n'avait rien à faire ici. Elle entendit les sanglots et alors qu'elle repartait, le trio passa en trombe devant elle sans même lui accorder un regard.

L'irrationnel prit le pouvoir.


Une interrogation viscérale : « j'y vais ou j'y vais pas ? »
Le temps de traverser la pelouse pour le rejoindre, elle regretta sa spontanéité. Elle se maudit. Trop tard. Faire demi tour serait pire. Que penserait-il ? Et elle, Rachel, que penserait-elle de sa propre lâcheté ?

-Bonsoir Monsieur Wilde, je passais et je...je vous ai vu.

Un silence...gênant.
D'une voix douce, elle s'inquiéta :
-Vous allez bien ?
Mal  à l'aise, maladroite, elle s'enfonça dans le ridicule :
-Vous en voulez ? Rhum arrangé avec de la menthe.
Elle lui présenta le verre plus qu'à moitié vide. Comme s'il allait boire là-dedans !

Rachel, imbécile heureuse ! La honte l'envahit, sale et mauvaise.
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Océan Wilde
J'ai 34 ans et je vis à Bowen, Australie. Dans la vie, je suis un génie des mots qui s'est perdu à travers les flots et je m'en sors à ma manière, en ignorant le tout et jouant de faux semblants. Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis plutôt bien.

Mais, dis moi, comment te portes-tu les soirs de nuits blanches et d'idées noires ? Et comment termines tu cette histoire ? S'achève-t-elle au coin d'un mot, à la lisière d'une phrase, quand vient le point final... ?

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L'opéra du silence était prodigieux de magnificence. Océan n'aurait jamais cru qu'un tel fiel pouvait être si majestueux. Il lui faisait si peur, et pourtant.... Il en revenait souvent à Lui, toujours lui. Aux tourments qui l'accompagnaient souvent, aux images d'un passé effacé avec trop de négligence, d'indifférence bafouée, si couard dans tout son courage de roi des marées.

L'instant fut bref, mais saisissant. Dans son périple pour le Temps, son voyage dans le Vent. Il perdit son masque, un instant.

Soudain, une présence, une voix. Un clignement rapide des paupières et voilà qu'il reprenait ses marques...

– Bonsoir... souffla l'écrivain d'une voix douce et pensive, sans encore oser poser son regard sur l'inconnue qui n'avait pas tarder à lui voler son silence, à quémander sa présence.

Qu'avaient-ils tous à l'aimer ? Ne voyaient-ils pas qu'il était paumé ?

Il n'avait jamais un moment à lui... Tant mieux.

Un dernier soupir et toutes ses rêveries partirent pour la Lune. Il se tourna de moitié élégamment vers la nouvelle venue et sourit franchement en voyant le visage gêné de la comédienne. La profanatrice de ses vieux tourments. Le Destin se moquait si royalement de lui... et il ne trouvait pas d'autre réaction, que celle d'accueillir avec joie une si jolie ironie.

– Eh bien, je dois avouer que je ne pensais pas vous revoir de si tôt... Vous êtes ravissante, mademoiselle Issenman. ajouta le brun en passant une main dans sa chevelure à peine coiffée, la détaillant légèrement d'un œil admirateur.

Toute de blanc et lui tout de noir. Le Yin et le Yang. C'était amusant.

Un petit sourire séducteur aux lèvres, Océan, s'était, l'air de rien, parfait si aisément de son masque de charmant écrivain adulé de tous. C'était si facile pour éviter les contraintes de la vérité d'Etre... Mais c'en devenait lourd, douloureux, quand venait le silence. L'odieux.

Il lut un éclat d'inquiétude; dans ses yeux, dans sa voix. Elle avait donc forcément assisté à la scène. Il ne s'en formalisa pas. S'il devait se sentir mal à chaque fois qu'on le surprenait dans tous les instants de sa vie, il ne serait pas ici aujourd'hui.

– Toujours. Et vous, êtes-vous certaine que tout va bien ? s'amusa-t-il légèrement de sa gêne palpable qui en devenait presque adorable.

Il jeta un rapide coup d’œil curieux vers son "étonnante" proposition, puis reporta son regard plus doux vers la comédienne.

– Avec plaisir. Si vous comptez m'empoisonner parce que je ralentis vos projets, c'est tout à votre honneur. Une belle tragédie, comme je les aime.

Contre toute attente et sur ses derniers mots joueurs, l'écrivain but la dernière gorgée d'une traite et lui rendit la coupe. Il fit mine d'attendre pour voir s'il allait se produire quelque chose, puis haussa les épaules, la mine quasi déçue.

– Rien. Dommage. Je dois déjà être altéré. dit-il, le ton plus ombrageux, plus sec.

C'était dans sa tête.

Ô Seigneur, que vous a-t-il pris, d'avoir épousé l'ombre ?

Ça le prenait de plus en plus. Evidemment qu'il en avait conscience. Mais il était plus sage d'ignorer... plus sage, ou plus aisé. Quand il ne s'y attendait pas, souvent dans les moments où il aurait préféré tout contrôler... à savoir tous les moments de sa vie, donc. Le mal s'éprenait des neurones du capitaine des envolées lyriques, savait si bien y faire pour charmer tous ses sens et le perdre au plus abyssal des folies sentimentales que pas même l'hurlenfer des ténèbres de sa plume ne saurait lui écrire un joli poème pour adoucir ses excès.

Que faire, quand nos yeux se déchirent aux braises de l'insomnie ? Quand les incessants chuchotements des astres deviennent assourdissants ? Les yeux meurent. Clos, rien ne cesse pour autant. La guerre fait rage à l'intérieur. Et...

Un soupir. Puis un faible sourire. Océan venait de rouvrir les yeux sur le monde, ou plutôt sur la charmante demoiselle assise à ses côtés qui avait malheureusement pour lui, assister à sa brève perte de conscience de quelques secondes à peine.

– Veuillez m'excuser, vêtu de silence et d'ombre, je ne suis pas de bonne compagnie ce soir, comme vous avez pu le constater.

Il fit un signe de la main en direction de l'endroit où la petite famille l'avait quitté il y a peu, après les sanglots de la jeune fille. Après tout, elle pouvait comprendre, étant du milieu elle aussi, qu'à certains moments, tout artiste venait à étouffer. Elle ne saurait seulement pas ses subtilités à lui. Mais les savaient-il seulement lui même ?

Se parant de nouveau de ses plus beaux attraits, il sourit en déclarant d'une jolie verve :

– N'allez pas le souffler à toute la Terre, je tiens à l'incandescence flamboyante de mon Soleil.

Il la ponctua d'un clin d’œil avant de se caler plus confortablement sur le banc, à l'aise.
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Rachel vibrait sur les planches comme tous les passionnés de théâtre. Jouer un rôle c'était...vivre en vrai une histoire qui n'existait pas. Étrange contradiction où tout à coup, le temps se suspendait, la réalité filant dans les coulisses tandis qu'une magie éphémère prenait sa place. Plus rien d'autre n'était. "Une pièce de théâtre devait être le lieu où le monde visible et le monde invisible se touchent et se heurtent", dixit A. Adamov. C'était ça qu'elle cherchait à atteindre à chaque fois, ce point mystérieux où la rencontre improbable de deux univers diamétralement opposés s'entremêlait. L'échappatoire incarnée des artistes : être ici mais vivre ailleurs. Mais la grâce et le sur-naturel réussissaient la performance de régner quelques instants au creux de ce secret silencieux. Une éternité qui se laissait toucher.
Et puis, au salut final, tout reprenait comme avant.

La célébrité de la troupe managée par William dépassait les frontières de l'Australie mais elle était diluée. Hormis les rôles principaux qui sortaient du lot, il y avait toujours cette notion de groupe. Les acteurs ne devaient leur audience qu'à la synergie commune avec laquelle ils évoluaient et travaillaient et non à une seule personne. C'était bien différent pour Océan Wilde. Lui, il portait tout le poids de son succès seul parmi les autres. Il était adulé, pointé du doigt, jugé par les savants de l'écriture.

Il l'impressionnait. Et la honte resta là, bien campée sur ses satanées pattes. Qu'en avait-il à faire de Rachel Issenmann ? Il avait bien d'autres chats à fouetter!
Elle avait le don de se foutre dans des situations de merde.

Mais.

Fugace. Léger et pourtant si profond. Volé à un regard qui se reposait dans une solitude qu'elle n'aurait pas du profaner, le visage fatigué, presque douloureux de l'écrivain s'offrait à la Vérité. Il s'en était allé d'ici-bas. Une demie fraction de seconde, une pensée posa doucement sa paume sur la joue de l'homme.
-Euh, pardon ? Ah  oui merci. Bah, je ne pouvais pas venir en jean et baskets, et vous n'êtes pas mal non plus, pouffa t-elle, chassant cette putain d'empathie qui l'avait encombrée un instant plus tôt.
-Eh bien, moi non plus. Mais c'est vrai que votre présence est logique pour ce genre de soirée. L'évènement est également littéraire. J'avais oublié.
Oublier, fallait le faire ! Lui dire était pire. Crétine pensa t-elle si fort, au point de se demander s'il ne l'avait pas entendu. Un p'tit pois à la place de la cervelle !
-Toujours ? Eh bien, vous avez de la chance. Moi ? Pas toujours non, répondit-elle dans un grand sourire.
Une manière de dire : Monsieur Wilde, aucun humain sur cette Terre ne peut aller « toujours » bien.
Vous savez que je sais que vous savez que je sais.
Délicatement, ainsi soit-il.

Il accepta son verre. Interdite, sa gêne s'accentua et elle ne sut plus que dire, plantée devant lui comme une courgette asséchée, supportant malgré tout le regard qu'il lui lança. « Quels yeux magnifiques » s'échappa de son cerveau comme une volée de moineaux ce qui n'arrangea guère ses affaires.

L'épaisseur d'un silence. Et la pluie ruissela sur le soleil.

-...Les tragédies ne se jouent pas ainsi, souffla-t-elle amusée.

« Altéré ? » Pourquoi dire cela aussi sérieusement ? Il ferma les yeux et cela la mit mal à l'aise bien qu'elle n'osât pas partir. Coincée entre la politesse, l'envie de rester et un zeste d'inquiétude, elle hésita puis finit par s'assoir à côté de lui. Que lui arrivait-il ?« S'il n'ouvre pas les yeux dans 2 secondes, je... »
Mais il revint.
-C'est bon le silence et l'ombre n'existe que grâce à la lumière. "...A l'incandescence flamboyante de mon soleil..." répéta-t-elle admirative. Oh, c'est joliment dit ! Je suis une tombe, n'ayez crainte.

Quelque chose en elle remua : elle resterait jusqu'au bout, quel bout, elle n'en savait fichtrement rien mais elle devait veiller sur Océan, là, tout de suite, juste le temps de quelques bribes passagères sur ce banc.
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