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 Crimson Asylum : Ce n'est pas toujours l'esprit qui mène à la folie

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AdventuresHominum
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Féminin MESSAGES : 83
INSCRIPTION : 03/04/2020
ÂGE : 19
RÉGION : Normandie
CRÉDITS : .

UNIVERS FÉTICHE : Fantastique, Mythologie, Historique, Réel
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Crimson Asylum : Ce n'est pas toujours l'esprit qui mène à la folie

Cheval de Troie & AdventuresHominum
Contexte

Le Crimson Asylum est un établissement psychiatrique du Vermont, Etats-Unis. En apparence, tout semble banal au sein de cet hôpital : les murs sont blancs et capitonnés, les docteurs portent des blouses impeccables et les patients délirent au grès de leur folie respective.
Pourtant l'établissement va attirer l'attention d'un détective privé. Ce dernier va découvrir, à ses dépens, que derrières les portes closes de cet asile, les blouses ne sont pas immaculées et que les cris des patients ne sont pas toujours dus à leur folie.

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James H. Marks
Tenace détective privé de 34 ans, James vit à Burlington, Vermont, Etats-Unis. Son travail, plus dangereux, qu'il n'y paraît a causé la mort de sa femme Kaitlyn dans d'affreuses circonstances. Depuis, il oeuvre jour après jour sans relâche pour mettre en lumière les affaires les plus sordides des Etats-Unis et oublier sa solitude.

Cartels, gangs, mafia. Drogues, armes, trafic humain. Il n'y a qu'un détective que l'on peut contacter pour enquêter dans de telles conditions : James H. Marks. Connu pour toujours se fourrer dans des situations dangereuses, ce canadien n'est pas à prendre avec des pincettes. A priori, inébranlable et incorruptible, il arrive toujours à ses fins. Pourtant une certaine fragilité règne en son cœur, une faille qui pourrait facilement le faire basculer dans le mal ou dans la folie.



'Cause two can keep a secret
If one of them is dead


Dan Stevens :copyright: Bountypic
Cela faisait 5 ans que Kaitlyn était partie. A 27 ans, la jeune femme avait succombé à plusieurs coups de couteaux, portés par un fou furieux tout juste libéré d’asile.
Cela faisait 5 années que James ruminait encore et encore la mort de sa femme. Il se demandait comment il aurait pu mieux la protéger, comment il aurait pu éviter le drame. Les insomnies et les cauchemars ne le quittaient plus. Il revoyait le visage lumineux et souriant de sa défunte épouse. Elle semblait d’abord pleine de vie, puis rapidement, son teint devenait blafard, ses yeux vitreux et ses lèvres s’entrouvraient pour laisser sortir des milliers d’insectes. James avait beau être fort, il ne pouvait se remettre du décès de son épouse. Elle lui avait autrefois volé son cœur, et la place qu'elle y avait prise se trouvait si vide maintenant. James se sentait fragile et friable, comme la mue d'un serpent abandonné sur le sable. Comment continuer à vivre quand notre raison d'être a disparue ?

Il vient souvent à l'esprit des gens que la vengeance est le meilleur moyen d'accepter la mort d'un être cher. James avait pourtant eu sa vengeance. L’assassin n’avait pas eu le temps de s’enfuir de la scène de crime, le détective Marks lui avait flanqué deux balles dans le dos. Il s'était vengé sans attendre. Il avait regardé ce monstre mourir, les yeux dans les yeux, le retournant d'un coup de pied pour pouvoir affronter son regard. Pourtant, l’esprit du détective n’en était en rien calmé. Il ne pouvait plus aller dans son bureau sans y voir le corps étendu, sans vie, de Kaitlyn. Le tapis avait eu beau être entièrement changé, il y voyait toujours cette tâche pourpre sombre. Parfois même, il entendait de nouveau le cri de sa femme, qu'elle avait poussé quand son assaillant avait braqué un pistolet vers elle. Kaitlyn si innocente des horreurs de ce monde. Jamais elle n'aurait dû y être confronté, jamais elle n'aurait dû épousé James.

Chaque moindre élément de cette triste soirée tournait encore et encore dans son esprit, le rendant un peu plus fou chaque jour.
Mais un élément en particulier résonnait étrangement dans sa tête, quelque chose qui ne fit qu'attirer sa curiosité.
"Ce n’est pas moi ! C’est l’asile ! Ils m’ont fait, ils m’ont fabriqué… Crimson Asylum !"
Là était les derniers mots de Louis Roy, meurtrier de Kaitlyn Marks, alors qu’il tentait de s’éloigner du corps sans vie.
James avait d'abord pensé que ce fou rejetait la faute sur autrui, comme chaque meurtrier avait tendance à faire. Mais après plusieurs mois d'enquête, l'asile était le seul point noir au tableau.
Les parents de Louis Roy étaient décédés chacun de maladie lors de sa petite enfance, il avait alors été recueilli par sa grand-mère, une adorable vieille femme, incarnation même de la bonté.
James avait interrogé d'anciens voisins, d'anciens camarades d'école ou d'anciens professeurs, mais tous décrivaient Roy comme un garçon très sage et discipliné, toujours le premier à se lever pour aider, et le dernier à suivre les autres dans leur bêtise.
Toute la vie de Roy avant Crimson Asylum était un véritable conte de fées.
Le détective en vint à se poser la question de l'internement. Pourquoi Louis avait-il était enfermé là-bas s'il était le parfait petit garçon ? James ne put trouver aucune information à ce sujet. Ni au poste de police, ni aux hôpitaux du coin et encore moins chez la grand-mère du meurtrier qui pleurait à chaude larme quand elle racontait qu'on lui avait un jour enlevé son petit-fils sans aucune explication. Elle racontait aussi qu'elle s'était battue pendant des années pour le faire sortir, mais qu'aucune de ses requêtes n'aboutie. Un véritable mystère planait sur Louis Roy et sur son séjour à Crimson Asylum, un hôpital psychiatrique privé du Vermont. Tout cela était bien trop étrange pour que James Marks s'en détourne. Il devait savoir, et il le saurait.

Le Crimson Asylum, un établissement d’apparence respectable, était perché au sommet d'une petite colline. A l’Ouest, une forêt dense peuplée d’ours et de loups. A l’Est, une ancienne mine de charbon, abandonnée depuis presque un siècle. Un environnement bien étrange pour un hôpital psychiatrique moderne. Le bâtiment en lui-même était immense et était le résultat de plusieurs constructions successives. Les premiers murs devaient avoir été érigés au XVIIIe siècle tandis que plusieurs extensions de chaque côté du bâtiment principal, semblaient dater des années 50. L'ensemble offrait une atmosphère étrange mais pas réellement suspecte, beaucoup de vieux établissements avaient cette configuration.

Le détective avait passé des heures à dénicher des informations sur cet établissement, en toquant aux portes de la mairie, des services de santé, et des habitants environnants. Mais il n’y avait rien trouvé à part quelques permis d’exercer. Ces permis étaient au nom de Jones, Changretta et Philips. A priori, ils étaient les trois psychiatres de l'établissement.
James était conscient qu'un établissement privé laissait très peu de traces administratives, mais une chose était tout de même plus que curieuse : aucun patient n'était recensé nulle part, et bien plus curieux, aucun patient ne semblait être ressorti vivant de l'asile. Le détective trouva quelques actes de décès qu'il rattacha à l'établissement. Le seul moyen que les internés avait pour sortir était de prendre place dans un corbillard. Bien que cela ne semblait choquer personne dans le village, James eut une lugubre sensation.
Crimson Asylum était un mystère, un mystère qu'on ne pouvait percer de l'extérieur. Un matin, James se leva avec une idée des plus dangereuses. Il se ferait lui-même interner pour disséquer le secret de cet asile de l'intérieur.  

Pour cela, le détective alla d’abord confier son plan à un jeune homme drogué, qu’il tentait de sauver de la rue depuis plusieurs mois. Il lui expliqua que s’il n’était pas sorti dans 3 mois, le garçon devait se présenter à la police avec une lettre écrite de la main de James, attestant qu'il était retenu contre son gré. Son plan avait aussi été détaillé dans cette lettre.
D’ici là, le jeune homme devait venir lui rendre visite toutes les 2 semaines, en se présentant comme son petit neveu. Ainsi, il pourrait fournir discrètement ce dont James avait besoin, ou bien faire sortir certaines choses. Tout le plan était basé sur ces visites et le détective était déjà angoissé par rapport au fait qu'on pouvait lui en priver. Il devrait donc mimer un fou, sans pour autant trop se montrer dangereux.

Commença alors la descente aux enfers du détective. Il courut dans Burlington avec une poule dans une main, et une hache dans l’autre. Comme ceci n’était pas suffisant pour un internement. Il décida de se frapper la tête contre un poteau devant le commissariat en hurlant à Jeanne d’Arc de sortir. Après plusieurs petits incidents comme celui-ci, qui lui valurent plusieurs blessures, James Marks finit par être conduit par les autorités au Crimson Asylum, hôpital psychiatrique le plus proche de Burlington.

Après son inscription administrative, et l’inspection corporelle obligatoire, le détective fut placé dans une grande salle à l’apparence chaleureuse. James Marks en fut déçu. Après tout le mystère qu’il avait nourrit autour de cet endroit, il s’attendait à une pièce lugubre, sans lumière et aux murs capitonnés épais. Mais James le savait très bien, il ne fallait pas se fier aux apparances.
Une vingtaine de patients se promenaient, ou jouaient. Quelques uns se parlaient à eux-même, ou exprimaient des tics nerveux. Rien d’anormal pour un service de psychiatrie à première vue. Lui-même, on l'avait traité avec douceur et générosité, on ne l'avait ni brutaliser ni traité d'idiot. Le séjour s'annonçait pour l'instant sans danger.

Au milieu de tout ce beau monde, une personne attira son attention. C’était une femme à l’apparence fragile dont le retard trahissait une grande souffrance. Elle était jolie mais l'on pouvait voir que le soleil n'avait pas touché sa peau depuis longtemps. Elle était un peu isolée et s'occupait d'une plante calmement. James décida qu'elle serait la première patiente qu'il irait interroger.
Doucement, et en mimant des gestes parasites, Marks s’approcha d’elle. Un instant, il hésita entre jouer son rôle de fou, ou exprimer clairement ses intentions. Comme à son habitude, il n'avait rien planifié en détail. Le détective était fait d'instinct pur, il sautait dans le vide en laissant ses tripes lui dire quand il touchera le sol.
Marks opta pour mimer une folie légère.

- Hola. Ça veut… veut dire…. bonjour en espagnol…. Tu parles espagnol ? Parce que pas moi… Tu joues du piano ? Parce que ça j’en joue… J’aime la bicyclette. Et comment est-ce qu’ils traitent les…. ma… malades ici ? Placard rime avec cauchemar.


James se gifla par la pensée pour se pas s'être plus préparé cette fois-ci. Il était sûr qu’il aurait dû travailler son jeu d’acteur avant de se lancer tête la première dans l’action, comme il le faisait toujours. Il se rappela trop tard que la folie était un délire organisé. Les malades étaient des adultes ayant perdus pieds et non pas des enfants attardés. Il nota mentalement d'être plus convaincant à son prochain tour de parole.

- James ! S’exclama-t-il en brandissant brusquement sa main face à la patiente.
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Cheval de Troie
Cheval de Troie
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UNIVERS FÉTICHE : Réel - Disney - HP - Surnaturel - Mythologie
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Donut

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Carrieta Doe
J'ai 23 ans et je vis au Crimson Asylum, USA. Dans la vie, je suis patiente en psychiatrie et je m'en sors ? A votre avis.. Sinon, grâce à je n'en sais rien, je suis célibataire et je le vis plutôt Ça m'est égal.

Je n'ai pas beaucoup de souvenir de ma vie d'avant. J'ai l'impression d'avoir passé toute ma vie ici. Je suis une résidente depuis un sacré bout de temps. J'en ai vu passer du monde. J'en ai vu, beaucoup trop, entrer pour ne plus jamais en ressortir...
Je m'appelle Carrieta. Juste, Carrieta, mais tu peux m'appeler Carrie. Depuis que je vis ici, on m'a toujours appelé comme ça et parait il que ce serait le prénom que j'aurais donné à mon arrivée. Je ne me souviens pas de mon nom de famille, aussi, on m'a donné celui de Doe. Ma vie ici ? Baaaah... Vous connaissez l'enfer ? Bhein je préférerais encore y être plutôt que de me retrouver enfermée dans ce cauchemar jusqu'à la fin de mon existence.
Toi qui entre à Crimson Asylum, abandonne tout espoir d'en sortir, d'être heureux de nouveau ou même d'avoir une raison d'exister. Ici, la seule façon de s'en sortir, c'est entre quatre planches. Et en attendant que ce jour arrive, tu connaîtras le véritable enfer sur Terre.
Crimson Asylum : Ce n'est pas toujours l'esprit qui mène à la folie Christina-Ricci


Christina Ricci :copyright:️ Bazzart

Le docteur Phillips sort de ma chambre après avoir remonté sa braguette. Comme d'habitude, il a fait ce qu'il avait à faire puis il me tapote le haut de la tête comme la docile petite créature que je suis puis il s'en va finir le tour de ses visites. Le docteur Phillips est mon psychiatre depuis que je suis arrivée. Je ne me souviens plus de mon arrivée, mais il m'a toujours dit que je suis arrivée sans aucun bagage, dans un état de démence avancé. Je n'avais aucun papier d'identité, pas de téléphone. Rien qui puisse me rattacher à qui que ce soit ou à quoi que ce soit. Aussi, comme il me le rappelle à chacune de ses visites "Sans moi t'aurais sans doute fini sur le bord d'un trottoir ou dans un caniveau. Je t'ai sorti de tout ça, je t'ai nourri et je m'occupe bien de toi, ne l'oublie pas.". Alors je ne l'oublie pas.

Une fois seule, je réunis mes affaires comme un robot et je me dirige vers les salles de bains communes. Je dépose mon petit tas sur un banc, j'ai juste une serviette, des produits d'hygiène, une nouvelle culotte et ma blouse de patiente. Ma garde-robe se compose uniquement de vêtements que j'ai piqués aux objets trouvés, alors je ne risque pas d'être la prochaine influenceuse à la mode. La plupart d'entre nous ne portent que la blouse, sauf l'hiver, il fait très froid à Crimson, alors il vaut mieux avoir des pantalons. Certains résidents ont de la famille, des gens qui les aiment et qui viennent les voir pour leur apporter à manger, des vêtements, de la compagnie... Bien que je les envie par moments, je finis toujours par avoir de la peine pour eux, car au final, on les oublie. Oui, voilà, c'est ça, à Crimson Asylum, nous ne sommes que des oubliés. Des gens qui ne manquent à personne, dont personne ne se soucie. Pour ma part, je n'ai pas de souvenirs de si j'avais une vie avant Crimson, j'ai l'impression d'être née ici. Ma mémoire me joue sans cesse des tours et d'après les dires du docteur Phillips, j'ai tendance à mentir et à halluciner alors je ne sais pas trop ce que je dois croire ou non. Pendant longtemps, je faisais des grosses crises, car je ne voulais plus que l'on m'appelle Carrie, je hurlais que ce n'était pas mon nom. Après quelques séances d'électrochocs et de visite nocturne du docteur, j'ai arrêté mes crises et accepté que mon prénom soit Carrieta.

Sous la douche, je repense à tout ça, mon arrivée, ma vie ici. Je m'entends bien avec tout le monde même si je ne parle pas beaucoup. Je ne suis pas la seule dans ce cas-là. Crimson Asylum est un traumatisme quotidien, il laisse des marques physiques et psychologique sur chacun de ses résidents, aussi, beaucoup préfèrent se renfermer dans le mutisme et leur monde imaginaire pour oublier cet enfer sur Terre. J'en fais partie. Je peux passer des heures à regarder par la fenêtre sans dire un seul mot, sans bouger, jusqu'à ce qu'on vienne me rappeler que c'est l'heure de manger. Ainsi va la vie à Crimson.

Je laisse couler l'eau sur mon corps en espérant qu'elle me purifie, mais j'ai l'impression que même l'eau d'ici est souillée de tout les péchés de la Création, quand soudain, j'entends du bruit, quelqu'un se dirige vers les douches. Je me raidis et coupe l'eau, j'espère que ce n'est pas encore le docteur Phillips. Par réflexe, je me couvre de ma serviette, comme si ce maigre tissu l'aurait empêché d'assouvir ses désirs.

"Carrie ? Carrie ? Il va venir ! Il va venir !"

Je reconnais la voix de Jeanne, une patiente irlandaise qui vit aux Etats-Unis depuis sa plus tendre enfance, depuis que ses parents avaient fui le pays, avec elle et sa sœur, à cause des conflits internes. C'est une vieille dame qui doit s'approcher plus des quatre-vingts que des soixante-dix ans ! De ce que je sais, elle n'a jamais eu d'enfant, mais sa sœur a eu un garçon. Malheureusement, sa sœur et son mari sont mort dans un accident de voiture et le seul l'enfant a survécu, étant confié à la garde de sa tante et son oncle. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Jeanne perdit rapidement son mari de maladie et Colin, son neveu, a périt durant la guerre en Irak. Cette femme a toutes les raisons du monde de s'être perdue sur le chemin de la folie. Je trouve qu'elle a été courageuse de continuer à vivre quand il ne lui restait plus rien. Elle a enterré ses parents, sa sœur, son mari, son neveu... Qu'est-ce qui lui reste ?! Crimson Asylum. C'est tout ce qui lui reste. Elle aurait mieux fait de rejoindre les siens.

"Qui va venir, Jeanne ?"

Elle me regarde comme si elle venait d'apprendre la nouvelle la plus fantastique du monde.

"Colin ! Colin va venir ! Il va venir ! Il m'a dit qu'il viendrait avec sa femme et ses enfants ! Je vais devoir leur présenter monsieur Little ! Ils vont l'adorait ! Il n'y a pas d'instituteur plus gentil que lui ! Maman me disait toujours que j'avais le béguin pour lui, mais ce n'est pas vrai ! Ooooooh je suis si contente que Colin revienne ! J'ai hâte que l'on s'aime comme au premier jour !"

Je la regarde avec compassion. La pauvre... Elle se perd dans ses souvenirs... J'adore Jeanne, mais... Je dois avouer que la fréquenter me fait peur. J'ai peur.... de finir comme elle. Quand je vois que je n'ai aucun contrôle sur ma mémoire à mon âge, qu'est ce que ce sera quand j'aurais le sien ?! Je ne sais qu'une coquille sans âme et sans histoire à raconter, car je ne saurais pas aligner deux phrases sans mélanger deux époques totalement différentes de ma vie.
Je n'ai même pas le temps de lui répondre qu'elle a filé aussi vite qu'elle était arrivée. Sans doute pour aller propager sa bonne nouvelle. Je secoue la tête tristement, ma foi, qui suis-je pour lui ôter son moment de bonheur ? Elle est bien plus mignonne quand elle est heureuse.

Une fois sèche, je m'habille et passe devant le miroir pour regarder mon teint. Toujours aussi pâle avec des cheveux de jais. Je soupire. Je n'ai aucune couleur, aucune lueur d'espoir dans le regard. Pour le coup, j'envie la bonne humeur, l'espoir et les joues roses de bonheur de Jeanne.
Fin prête, je retourne rapidement dans ma chambre pour y déposer mes affaires puis je descends dans la salle commune avant que ne sonne l'heure de manger.
Certains me saluent, d'autres me dévisagent. C'est comme ça, même ici, on ne peut pas plaire à tout le monde. Ce qu'il y a de bien en revanche, c'est qu'ici, celui qui ne t'aime pas aujourd'hui peut être ton meilleur ami demain.
En passant devant une infirmière, elle me donne ma pilule quotidienne. Un cachet sensé m'apaiser l'esprit pour que je ne sois pas sujet aux crises incontrôlées. Je trouve seulement qu'elle m'endort l'esprit. C'est comme si on m'avait droguée, impossible de penser correctement, de faire une activité physique ou même manuelle. À part perdre mon regard dans le néant pendant des heures, ce médicament ne m'apporte rien de bon. Mais si je refuse de le prendre, le docteur Phillips va me punir et ça, je ne veux plus. Mon corps est suffisamment marqué de mes tentatives de rébellions.

Je traverse la pièce pour me diriger vers ma plante. Bégonia, rien d'exceptionnel, mais elle est à moi. C'est un stagiaire qui me l'a offerte quand il était venu étudier ici pendant quelques semaines. Lui, je ne l'ai plus jamais revu. Mon psychiatre ne voulait pas que je garde cette plante ! Il voulait s'en débarrasser et je l'ai supplié à genoux de la garder. Il a bien profité de ma détresse ce jour-là, trois fois.
Mais au moins, j'ai pu garder ma plante. Chaque jour, je l'arrose, l'oriente au soleil, je lui parle et lui caresse les feuilles pour qu'elle ne se sente pas seule. Aujourd'hui, comme tous les autres jours, je m'applique donc à accomplir mon rituel quotidien quand je fus interrompu par un nouveau résident. Il me baragouine des mots sans queue ni tête et j'arque un sourcil en le regardant. Des déments, j'en ai vu passer et lui, il est bien différent des patients que j'ai vu défiler.

Près de ma plante, je ne réponds rien. Je le regarde, non, je détaille son visage. Il me regarde, mais ses yeux sont fuyants comme s'il avait peur que je découvre quelque chose. Ma foi, il est bien étrange le nouveau. Je reste muette, préférant ne rien dire pour l'instant. Il me parait louche et j'ai assez de soucis dans ma vie pour m'en rajouter. Faut pas oublier que parmi nous, se cache des résidents violents, des résidents qui peuvent te parler tranquillement puis te sauter à la gorge. Alors bon, je préfère faire attention aux gens à qui je parle, sans compter que celui la, je le connais pas.

D'ailleurs, je m'éloigne de lui. Aussi simple que ça. Je le laisse planté là pour me diriger vers Betty, une nymphomane d'une trentaine d'années. Elle connaît la vie de tout le monde ici puisque tout le monde, ou presque, est passé sur son corps.
Je m'approche d'elle et tourne le dos à l'inconnu pour ne pas qu'il me voit parler, je murmure à la nymphomane.

"Dis Betty, le nouveau, tu le connais ?"

Elle le regarde en souriant, adieu discrétion, elle tape dans ses mains en se léchant la lèvre. Elle parait folle de joie.

"Non, non, non ! Mais il est craquant tout plein ! Je le veux Carrie, je le veux, je le veux, je le veux !"

Et elle se balance sur sa chaise en le répétant encore et encore. Bon, pour l'instant, je n'obtiendrai rien de plus de sa part. Je me retourne et vois que l'homme est toujours à côté de ma plante. Je rougis, mais... Va t'en ! Avais-je envie de lui dire ! Au lieu de ça, je regarde à droite et à gauche, je ne sais pas quoi faire. C'est comme si j'étais perdue, que je n'avais plus aucun repère. Normalement, c'est l'heure où je m'occupe de ma plante et là... Il m'a coupé dans mon élan, dans ma routine.... Je suis perdue... Au milieu de la salle, je ressemble à tous ces patients désorientés, dans ma petite blouse médicale, je tends les bras pour me former une barrière de distance de sécurité avec les autres. Je n'aime pas me retrouver parmi eux, fin, c'est la foule qui me dérange. Les larmes me montent aux yeux, car je sens venir la crise d'angoisse.... Je veux retourner près de ma plante, laissez moi retourner près de ma plante......

Subitement, je me recroqueville sur le sol en me tenant la tête, je me balance d'avant en arrière en retenant mes larmes. Personne ne fait attention à moi, car tout le monde se dit que ça va passer, que c'est normal ici. En attendant, je panique dans mon esprit.    
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James H. Marks
Tenace détective privé de 34 ans, James vit à Burlington, Vermont, Etats-Unis. Son travail, plus dangereux, qu'il n'y paraît a causé la mort de sa femme Kaitlyn dans d'affreuses circonstances. Depuis, il oeuvre jour après jour sans relâche pour mettre en lumière les affaires les plus sordides des Etats-Unis et oublier sa solitude.

Cartels, gangs, mafia. Drogues, armes, trafic humain. Il n'y a qu'un détective que l'on peut contacter pour enquêter dans de telles conditions : James H. Marks. Connu pour toujours se fourrer dans des situations dangereuses, ce canadien n'est pas à prendre avec des pincettes. A priori, inébranlable et incorruptible, il arrive toujours à ses fins. Pourtant une certaine fragilité règne en son cœur, une faille qui pourrait facilement le faire basculer dans le mal ou dans la folie.

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'Cause two can keep a secret
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Dan Stevens :copyright: Bountypic
- Préférerais-tu un garçon ou une fille ? Demanda Kaitlyn tandis qu’elle rempotait son géranium rouge.

Le salon était éclairé par les rayons du soleil, une douce matinée se profilait à l’horizon. Les cheveux de Kaitlyn reflétait la lumière, si bien qu’on aurait pu croire qu’ils brillaient. De ses mains délicates, elle manipulait la plante, dispersant la terre dans un nouveau pot de fleur pour ensuite venir y replanter le végétal. Kaitlyn aimait les plantes, presque autant que son mari.

- Du moment que c’est ton enfant, je serais le plus heureux des hommes. Répondit James en souriant d’un bonheur simple. Fille ou garçon, cela lui importait peu. Tout ce qu’il voulait, c’était de fonder une famille avec l’amour de sa vie.

Étrangement, c’était ce souvenir heureux qui avait resurgit dans la mémoire du détective quand il s’était placé devant la seule plante de la salle principale de l’asile. James avait était comme attiré par cette verdure entouré de béton, et il n’avait pas fait attention à ce qu’il y avait autour. Puis, il avait remarquer un mouvement et s’était alors dirigé vers la jeune patiente, oubliant son souvenir heureux pour se concentrer sur sa mission.
James n’a pas eu l’occasion de concevoir la vie avec sa chère épouse, cela ne servait à rien de remuer cette blessure.

***

La jeune femme sembla prendre peur et ne décrocha pas un seul mot à James. Celui-ci se mordit l’intérieur des joues de nervosité. Son intégration au sein de cet institution douteuse était d’ores et déjà en péril, même pas une heure après son arrivée. Il se gifla encore une fois mentalement, regrettant amèrement de ne pas avoir préparé son personnage. Il était évident maintenant que la folie était construite, sur un pattern que seul le malade connaissait certes, mais une folie était toujours organisée. Marks laissa la jeune femme s’éloigner, de peur d’attirer les soignants s’il continuait à lui parler. Les soignants étaient les suspects principaux dans cette sombre affaire. Les maltraitances du personnel sur les patients étaient choses courantes dans le passé, et même encore en 2020, des scandales éclataient tout autour du globe à propos de maltraitance sur personnes fragiles. Un asile était le terrain de jeu idéal d’un sadique voulant sévir sans se aire repérer. James observa les quelques soignants qui surveillaient la salle de loin. Eux semblaient tout à fait normaux, quoique peut-être un peu froids. Le détective pensa que leur métier n’était pas facile et qu’il était sûrement normal d’adopter une attitude distante avec les malades. Après tout, comme pour un détective privé, il ne fallait pas se laisser atteindre par les horreurs de son métier.
James entendit la jeune femme échanger quelques mots avec une autre résidente, mais il ne put en saisir le contenu. Marks était nerveux. Les gangs, la mafia ou les maris jaloux ne lui faisaient pas peur, il fonçait dans ces affaires-là tête baissée. Mais aujourd’hui, assis sur une chaise minable au sein de cet asile, James sentait qu’il avait fait une erreur. Son impulsivité l’avait fait se jeter dans la gueule du loup. Peut-être l’asile était des plus normaux, c’était plausible. Mais s’il ne trouvait pas des preuves liées à Louis Roy, James savait qu’il trouverait autre chose… Sa propre folie.

Une agitation soudaine tira le détective de ses pensées sombres. La jeune femme qu’il avait tenté d’aborder semblait être en pleine crise. Allongée en position fœtale sur le sol glacé de la salle, elle se balançait en agrippant sa tête de ses deux mains.
Les soignants n’avaient pas encore observé la scène, trop occupés à papoter. Et les autres patients présents ne semblaient pas faire plus attention à la jeune femme. Certains s’étaient mis à s’agiter eux-aussi, tout en restant silencieux. James s’étonna de ne pas entendre hurler et de ne pas voir des chaises valser à travers la pièce. L’institution était vraiment loin de ce qu’il avait imaginé.
Se déplaçant tout doucement vers la jeune femme, James s’assit au sol. Il ne savait que trop faire, mais il se sentait responsable de l’état de la patiente.

- Je suis désolé d’avoir pris votre place. Vous voulez aller vous asseoir là-bas ? Je ne vous embêterais plus promis. Je m’excuse. Il avança une main vers l’épaule de la jeune femme, mais se rétracta rapidement, pensant qu’il n’était pas prudent de toucher la patiente sans la prévenir. Les soignants vont sûrement vous administrer un autre calmant, ou vous enfermer dans votre chambre, vous ne pensez pas qu’il serait mieux d’oublier cet incident et de revenir à la normale ? Je m’éloigne de votre place, je le promets.

Pour accompagner ses paroles, James se releva et marcha doucement en direction de l’autre côté de la pièce. Là, il s’assit en tailleur contre le mur, et observa la jeune femme. Il espérait de tout cœur que sa crise passerait.
Inconsciemment, il se mit lui aussi à se balancer d’avant en arrière. Il n’était présent entre les murs de l’asile que depuis une heure, mais déjà, il se sentait lui-même plus fou. Il était pressé de percer le mystère s’il y en avait un, et de déguerpir de cet établissement.

- Allez, relève-toi s’il te plaît. Murmura-t-il en observant la patiente.
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