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 Le lâche, la brute et l'insolent | pv - castace & le shien

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Limace

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Le contexte du RP
Mise en situation

La situation
15 Décembre 2029 – une quinquagénaire décède d’un cas rare de méningite près de Bruxelles // source : Metro
21 Décembre 2029 – épidémie de méningite foudroyante dans l’université de Berlin : // source : Le Monde
23 Décembre 2029 – trois jeunes succombent d’une forme spéciale de méningite, leur entourage en quarantaine // source : Libération
28 Décembre 2029 – plusieurs cas de méningite en Europe, l’OMS alerte les dirigeants // source : Le Monde
29 Décembre 2029 – qu’est-ce qu’une infection à méningocoque ? // source : LaDépêche
30 Décembre 2029 – que sait-on du méningocoque G, responsable de décès fulgurants dans plusieurs villes d’Europe ? // source : Le Monde
01 Janvier 2030 – méningoccocémie, purpura fulminans, méningite, … retour sur les symptômes et les conséquences de l’infection au méningocoque G // source : Metro
02 Janvier 2030 – quelle différence entre le méningocoque G et les autres épidémies à méningocoques ? // source : The Huffington Post
03 Janvier 2030 - Contrairement aux autres méningocoques, le méningocoque G survit en aérobie : la virulence de l’épidémie // source : www.santepubliquefrance.fr
12 Janvier 2030 – les hôpitaux parisiens assaillis, vers une mise en quarantaine totale de la ville ? // source : Le Parisien
13 Janvier 2030 – plusieurs cas d’infections dues au méningocoque G dans les grandes villes de France // source : Libération
15 Janvier 2030 – 1500 cas déclarés positifs au méningocoque G, plusieurs villes mises en quarantaine en Suisse // source : 20 minutes
17 Janvier 2030 – un premier patient décède des suites du méningocoque G aux Etats-Unis, le président ferme les frontières // source : Le Monde
23 Janvier 2030 – l’Asie en alerte : plusieurs cas confirmés dans les grandes villes // source : The Huffington Post
25 Janvier 2030 – les désastres de la mondialisation : n’a-t-on rien retenu des dernières pandémies ? // source : Libération
(…)
15 Mars 2030 – le premier ministre annonce un confinement total de la population, en vigueur à partir de demain // source : 20 minutes
16 Mars 2030 – déjà 100 nations en confinement : comment en est-on arrivés là ? // source : New-York Times
17 Mars 2030 - « Même si vous ne présentez pas de symptômes de méningite, la bactérie peut se trouver dans votre gorge ou vos sinus ! Restez chez vous ! » alerte le ministre de la santé // source : Libération
(…)
29 Avril 2030 – la « méningite pourpre », responsable de déjà 500 millions de décès à travers le monde, les spécialistes déclarent que le pic épidémique n’a pas encore été atteint // source : Le Parisien
30 Avril 2030 – seulement un dixième de la population survivra à la méningite pourpre // source : Le Monde
(…)
21 Juin 2030 – alors que la méningite pourpre continue de tuer des centaines de personnes à travers le monde, la Ville Refuge est terminée. Retour sur cette décision politique sans précédent // source : La Croix
22 Juin 2030 – le gouvernement confirme : la Ville Refuge ne sera pas accessible aux personnes ayant été en contact de près ou de loin avec une personne atteinte du méningocoque G durant ces 8 dernières semaines. // source : Le Monde
23 Juin 2030 – l’ensemble du nouveau gouvernement transféré dans la Ville Refuge, qui sont ceux qui ont été laissés derrière ? // source : Le Monde
24 Juin 2030 – dernière édition avant la fin du monde // source : Le Monde

Les maisons des contaminés sont marquées d’une croix rouge, les proches des patients déclarés ou des personnes au décès suspect sont répertoriés. Très vite, les centrales vont cesser de fonctionner pour la population délaissée par les politiques qui considèrent qu’il s’agit là du seul moyen de préserver l’humanité. Cette décision, cruelle, a été prise et appliquée par l’ensemble des pays touchés de la planète.

Ici, nous ne vous conterons pas l’histoire des rescapés, ceux que l’État français a décidé de transférer : nous traiterons le cas d’un père de famille coincé, d’un adolescent insupportable et d’un délinquant repenti, tous les trois livrés à eux mêmes dans un monde qui n’a plus ni lois ni dirigeants.



Contexte provenant de Castace, Le Shien & Lein (gentiment inspiré du covid-19)
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Simon
Dufour

J'ai 14 ans et je vis à Nantes, France. Dans la vie, je suis un collégien et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mes boutons, je suis totalement célibataire et je le vis plutôt comme le vivent la plupart des adolescents de 14 ans.

J’ai sale caractère. Mes hormones me poussent jour après jour à défier l’autorité parentale (surtout paternelle) que je remets en question à l’aide d’une répartie bien tranchée et d’une mauvaise foi sans faille. Un pur bonheur, quoi.


Gaten Matarazzo :copyright: stranger things - Netflix
Papa est parti, maman reste, maman reste au lit, maman a de la fièvre, maman a mal au crâne, maman ne supporte pas la lumière, papa est parti et ce putain d’ordinateur refuse de se connecter à internet. Interrompu au milieu d’une partie de LoL, Simon soupire et postillonne sur son clavier crade comme une cuvette de toilettes dans un RER – seul élément de sa chambre qui aura échappé à une désinfection complète de la part de sa mère, rendue folle par la probabilité d’une contamination. Regarde où ça t’a menée, maman, de tout frotter comme une dingue. T’aurais mieux fait de profiter.
La nouvelle de la déportation de la population est tombée ce matin. Papa est parti acheter quelques rations supplémentaires, à 9h. « Ils vont arrêter de nous approvisionner » a-t-il dit. En attendant, il est 18h30 et papa n’est toujours pas revenu. Il ne répond pas aux appels incessants de Simon qui le soupçonne même d’en avoir balayé un ou deux consciemment.

« La barbe » grogne-t-il en errant dans la cuisine vide de maman qui se repose dans la chambre, vide de papa le déserteur, vide de Sophie, la petite sœur, emportée par l’épidémie cinq semaines plus tôt. Simon ouvre le frigo par réflexe pour le refermer aussitôt. Simon regarde dehors. Simon soupire. Simon a le cafard. La maison est silencieuse, maman est clouée au lit, il va devoir devenir chef de famille et on ne peut pas dire qu’il considère avoir eu le meilleur exemple sur terre. Déso mais pas déso, daron de mes deux.

Un des derniers médecins encore présents dans les rues de la ville est venu ausculter maman. Le médecin n’a rien dit, maman non plus. Mais Simon est loin d’être débile. Il n’a plus cinq ans merde, il en a quatorze. Il a bien remarqué les similitudes entre l’état de maman et l’état de Sophie. Sophie. Et puis, allô, il a un téléphone aussi, il les connaît déjà par coeur les symptômes.

Simon se fait une tartine de beurre et la mange en contemplant le vide du jardin à travers la fenêtre de la cuisine. Il entend maman qui téléphone, aimerait bien entrer mais elle s’est enfermée à l’intérieur de sa propre chambre, ce qui est complètement con : comment il est censé l’aider, si elle est enfermée, hein ? Comment elle va bouffer ? Il l’entend déjà répondre à son reproche « C’est pour éviter la contamination, mon Simon ».

« Ch’est pour éviter la contaminachion, mon Chimon » répète-t-il bien qu’il n’ait pas entendu cette remarque autre part que dans sa propre tête, à voix haute d’une voix débile, la bouche pleine de tartine.
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Le Shien
Le Shien
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Malik Touati
J'ai 35 ans et je vis à Saint-Lazaire, France. Dans la vie, j'étais ouvrier sur un chantier naval et je m'en sortais pas trop mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et finalement c'est peut être mieux comme ça.

J'ai démarré dans la vie avec un facteur malchance plutot élevé. J'ai arrêté l'école, été un sale con pendant un long moment de mon adolescence, jusqu'à faire un petit séjour de 6 mois en CFE. Et puis j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont poussé à changer. Je n'ai pas de diplômes mais beaucoup de compétences apprises sur le tas.


David Casteñada :copyright:️ Twitter de l'intéressé
Le nuage de fumée s’estompe lentement dans la petite pièce plongée dans la pénombre par les volets fermés depuis plusieurs jours. Malik est assis sur le bord du lit, les yeux perdus quelque part entre ses pieds nus et le carrelage. Ses doigts, il laissent lentement glisser le téléphone sur les draps. Il inspire. Longuement. Puis reprend une seconde cigarette.

Il aura fallu une heure, tout au plus. Une heure pour réfléchir et rassembler tes affaires.
Ça n’avait pas été très long, tout était déjà prêt : un sac à dos avec des vêtements soigneusement pliés, des réserves de nourriture, et surtout, un bidon d’essence. Tu avais passé les derniers jours à récolter méticuleusement chaque goutte du précieux carburant que tu avais pu siphonner sur des épaves environnantes, afin de s’assurer un stock suffisant pour ton trajet. Ou au moins une partie. Ça, c’était sans compter le poids supplémentaire qui allait s’ajouter au tiens sur ta moto. Le poids incertain d’un adolescent récupéré en route. Un imprévu. Encore un.

Il est presque 22h lorsque tu coupes le moteur de ta moto dans l’allée de chez Angélique. Ton cœur accélère lorsque tu reconnais avec nostalgie le jardin qui n’a pas tant changé depuis la dernière fois. Il y a un peu moins de dix ans. Tu sens ta gorge se nouer en approchant de la porte de la maison marquée d’une croix rouge. Mais qu’est ce que tu fais là, Malik ? Évidemment que c’est une mauvaise idée.
Tes phalanges, toujours recouvertes par tes gants de motard s’approchent du bois de la porte. Hésitantes.
Oh allez et puis merde. De toute façon foutu pour foutu... T’as fait un choix. Maintenant tu t’y tiens.
Sans cacher ton agacement, tu agresses cette pauvre porte innocente de deux coups de poings assez puissants pour être entendus dans toute la maison.

« Simon ! Simon, ouvre. »

La dernière fois que tu as vu Simon, c’était un petit garçon joufflu, d’environ 6 ou 7 ans, qui nourrissait une lubie pour les dinosaures et les legos. Tu n'es même pas sûr qu'ils se souvienne de toi.
Tu recules de l’entrée, retire ton casque et prends le temps d’allumer une énième cigarette depuis l’appel d’Angélique. Adossé au mur de l’entrée, tu repousses sous le tapis les souvenirs et les émotions que tu essaies tant bien que mal de contenir. Les émotions, ça t’a toujours empêché d'avancer. Et ça t’a jamais rendu très intelligent.

« Allez Simon ! Ouvre ! C’est Malik. Tu te souviens pas, mais je suis un ami de ta mère. Ouvre. » Vu comme tu brailles, s’il restait des voisins, ils t’auraient entendu. Puis tu ajoutes avec agacement, pour toi même « et bouge ton petit cul boutonneux, si tu veux qu’on retrouve ton daron. »
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Simon
Dufour

J'ai 14 ans et je vis à Nantes, France. Dans la vie, je suis un collégien et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mes boutons, je suis totalement célibataire et je le vis plutôt comme le vivent la plupart des adolescents de 14 ans.

J’ai sale caractère. Mes hormones me poussent jour après jour à défier l’autorité parentale (surtout paternelle) que je remets en question à l’aide d’une répartie bien tranchée et d’une mauvaise foi sans faille. Un pur bonheur, quoi.

Gaten Matarazzo :copyright: stranger things - Netflix
Assis sur le canapé, Simon fixait la lueur de la bougie qu’il avait allumée. Le soleil n’est pas encore complètement couché mais la maison est obscure. Il n’a jamais eu vraiment peur du noir. Ce n’est pas non plus la première fois qu’il se retrouve seul (quasiment, maman quasi morte, il n’est pas sûr de pouvoir compter ça comme de la compagnie). Mais, ce soir, la solitude lui fout le cafard.

Maman va mourir.
Il va se retrouver tout seul.
Il va devoir chasser. Il sait pas chasser. Il va devoir apprendre. Ouais. Il a vu assez de films catastrophes, assez de séries apocalyptiques, lu assez d’histoires de zombies pour savoir comment se débrouiller.

Il se blottit un peu sous le plaid. Son téléphone n’a plus de batterie, la maison n’a plus d’électricité. Il entend les râles de maman à travers la porte, ça lui fait mal. Mais cette douleur n’est rien en comparaison à celle qu’il ressent quand il cesse de l’entendre.

BAM. BAM. BAM.

Qui ose déranger un adolescent en pleine réflexion sur les conditions de sa survie ?
Peut-être encore un de ces connards de pilleurs qui se font passer pour de bons voisins pour vérifier qu’il n’y a plus personne dans les habitations.

Bam, bam, bam.
Simon sent son coeur cogner dans ses tempes.
Il va peut-être devoir se battre pour défendre sa baraque.
Ou alors, c’est papa. Non, papa a les clefs.
Probablement un braqueur. Simon n’entend pas les premiers appels, parce qu’il est parti chercher sa raquette de tennis à moitié éclatée en guise d’arme. Il se glisse, sans bruit, contre la porte d’entrée, se hisse sur la pointe des pieds pour regarder à travers la lucarne et essayer de deviner l’identité du potentiel agresseur.

« Allez Simon ! Ouvre ! C’est Malik. Tu te souviens pas, mais je suis un ami de ta mère. Ouvre. Et bouge ton petit cul boutonneux, si tu veux qu’on retrouve ton daron. »

Angoisse.
Puis stupéfaction.
Puis colère.
Et rage intense.

« J’l’encule mon daron ! Qu’il aille crever dans un fossé, j’m’en bats les couilles ! »

Petit cul boutonneux. L’insulte arrive au cerveau de Simon un peu trop tard pour pouvoir réagir. Grimace au bout des lèvres, raquette encore à la main, il ouvre la porte d’un coup sec.

« J’me souviens de toi. C’est maman qui t’a demandé de venir ? »

Maman qui a cessé de râler depuis un petit temps déjà.
Maman qui est toujours inaccessible. Elle ne pourra sans doute jamais se relever pour ouvrir la porte qu’elle a fermée à double tour.

« T’as une hache ? Pour ouvrir sa porte ? Elle s’est enfermée et je sais pas crocheter une serrure. »

Simon a la bougeotte et l’angoisse au ventre. Son regard se promène partout ; sur Malik, sur l’encadrure de la porte, le paillasson, incapable de se poser où que ce soit.
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Le Shien
Le Shien
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Malik Touati
J'ai 35 ans et je vis à Saint-Lazaire, France. Dans la vie, j'étais ouvrier sur un chantier naval et je m'en sortais pas trop mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et finalement c'est peut être mieux comme ça.

J'ai démarré dans la vie avec un facteur malchance plutot élevé. J'ai arrêté l'école, été un sale con pendant un long moment de mon adolescence, jusqu'à faire un petit séjour de 6 mois en CFE. Et puis j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont poussé à changer. Je n'ai pas de diplômes mais beaucoup de compétences apprises sur le tas.


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Un cri étouffé par la porte en bois. Un cri à demi éraillé, typique d’un jeune garçon à mi chemin entre l’enfance et l’adolescence. Puis la porte émet un cliquetis et s’ouvre sur le visage en parfaite adéquation avec la voix. Pas encore une taille adulte mais il s’en approche, des traits encore un peu ronds de l’enfance qu’il n’a pas encore totalement quitté. Quelques poils timides. Tu t’y attendais, mais ça te surprends quand même, toi qui avais en tête le petit garçon que tu pouvais soulever par les pieds.

« J’me souviens de toi. C’est maman qui t’a demandé de venir ? »

Tes yeux s’attardent sur la raquette de tennis qu’il tient dans la main. Tu ne fais aucun commentaire, mais quelque chose au fond de toi se met sur ses gardes. Un vieux réflexe d’une vie d’avant.
Il fait sombre dans la maison, presque noir. Pourtant tu peux clairement lire sur le visage du garçon l’inquiétude, la fatigue et le désespoir.
Pauvre gosse. Se retrouver comme ça à essayer de jouer le petit homme.

« T’as une hache ? Pour ouvrir sa porte ? Elle s’est enfermée et je sais pas crocheter une serrure. »

Ta gorge resserre encore. Tu ne veux pas expliquer l’inexplicable à ce gamin. Tu n’as pas les mots pour lui dire.
Non, vous n’ouvrirez pas cette porte, c’est la pire des choses à faire. Non, il ne reverra pas sa mère, non il ne lui parlera pas. Non il ne l’embrassera pas une dernière fois.

Tu écrases lentement la fin de ton mégot et tu prends une grande inspiration. Dans la pénombre, tu cherches à accrocher du regard les yeux agités de Simon. Tu es conscient qu’il va falloir agir avec tact mais que ce n’est clairement pas ton fort. Puisque tu sais qu’aucun de tes mots ne pourront consoler le garçon, tu préfères être factuel.

« Écoute Simon. On ne va pas ouvrir sa porte. Ta mère m’a appelé tout à l’heure pour me dire de venir te chercher. » Tu marques une pause pour rassembler toute ton assurance. « Elle m’a expliqué son état. Et que ton père n’était pas revenu. Et elle m’a demandé de t’emmener avec moi pour le retrouver. Tout de suite. Je connais ta mère depuis longtemps. Je lui dois bien ça. Je suis vraiment désolé Simon, mais on ne va pas ouvrir sa porte. Ta mère veut que tu partes loin d’ici pour avoir une chance de vivre. »

Vingt minutes plus tard, tu ajustes le sac et les affaires de Simon sur ta moto. Il ne vous aura pas fallu plus de temps pour emporter les maigres réserves de nourritures disponibles, l’argent et les batteries stockées dans la maison. Tu as donné quelques ordres simples au garçon pour qu’il prépare ses affaires, et il a obtempéré sans résistance. Tu le penses sous le choc, comme tu l’es également. Pendant vos préparatifs, tu as bien pris soin d’éviter du regard toutes les photos de la maison. Tu es semblable à un automate, et tu refoules encore la tristesse d’un homme qui vient de perdre une seconde fois l’une de ses meilleures amies. Pour toujours, cette fois-ci.
Machinalement, tu tends à Simon le second casque de moto que tu as emporté pour lui. Après avoir montré où caler ses pieds et l’avoir prié avec un petit rire de ne pas s’endormir, vous voilà parti en direction du sud.
Au bout d’une vingtaine de kilomètres, tu scrutes la jauge d’essence. A l’arrière, Simon est plus lourd que ce que tu avais imaginé. Vous allez tomber à sec avant la fin du voyage, c’est évident. Visiblement, vous n’êtes pas les seuls à avoir ce problème d’ailleurs puisqu’au loin, au beau milieu de la route, tu distingues une voiture arrêtée, plein phares allumés et la portière conducteur ouverte. Le pauvre gars est accroupit devant le réservoir d’un autre véhicule, et semble essayer de le siphonner avec autant d’adresse que pour tuer sa mère. Tu allais reporter ton attention sur la route lorsqu’un mouvement brusque de Simon te tire un juron particulièrement obscène. L’adolescent se met à gesticuler en beuglant indistinctement, sans parvenir à couvrir le bruit du moteur. Obligé de manœuvrer pour garder le contrôle de la moto, tu files un coup de coude à Simon en ralentissant, puis, devant l’excitation du garçon tu décides de t’arrêter quelques mètres après avoir dépassé l’automobiliste en panne. Enfin immobile, tu relèves rageusement la visière de ton casque et te retournes sur la selle en direction de Simon :

« Non mais t’es complètement con où quoi ? Tu veux nous faire tomber ?! »
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J'ai 14 ans et je vis à Nantes, France. Dans la vie, je suis un collégien et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mes boutons, je suis totalement célibataire et je le vis plutôt comme le vivent la plupart des adolescents de 14 ans.

J’ai sale caractère. Mes hormones me poussent jour après jour à défier l’autorité parentale (surtout paternelle) que je remets en question à l’aide d’une répartie bien tranchée et d’une mauvaise foi sans faille. Un pur bonheur, quoi.

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Prendre quelques vêtements : des légers pour la canicule qui s’annonce, de quoi se couvrir pour les journées les plus fraîches, de bonnes chaussures et de bonnes chaussettes. Quelques caleçons. S’en tenir au strict minimum. Oui, à la rigueur, ton chargeur si tu veux recharger ton téléphone même si Malik doute que ce sera bien utile. Au pire des cas, le fil du chargeur pourra toujours servir à quelque chose…

Etrangement docile pour une fois, Simon s’est laissé embarquer sans trop rien dire. De passage devant la porte de la chambre parentale qu’il ne reverra sans doute jamais, il s’est vu se laisser aller, deux secondes, gorge nouée, pour balancer un « Je t’aime maman, tu sais » qu’elle a peut-être entendu, sans doute pas, compte tenu son état qui n’a jamais cessé de se dégrader. Comme un enfant qui croit encore au Père Noël, il se surprend à l’imaginer aller soudainement mieux, se relever de son lit une fois la fièvre passée, manger un peu et partir à l’aventure pour les rejoindre, lui, Malik et papa.

Papa.
Simon se mord la lèvre inférieure avec une telle hargne qu’il en saignerait presque.
Il les a laissés. C’est l’inverse de tout ce qu’il lui a appris, depuis sa plus tendre enfance. C’est impardonnable. Si son Dieu existe et, pour la première fois, Simon espère que ce soit bien le cas, il ne laissera certainement pas ce crime impuni. Oh, non. Et si Dieu est clément, soit. Simon se chargera de rappeler à ce salaud durant la vie éternelle qui a lieu après la mort charnelle quels ont été ses crimes à ce moment-là. Et Dieu seul sait à quel point l’éternité peut être longue pour ceux qui ont quelque chose à se reprocher.
Simon s’arrête devant le tiroir du salon, dans lequel se trouvent quelques trésors auxquels les enfants n’ont pas le droit de toucher. Après une brève fouille, il doit se rendre à l’évidence : le couteau de chasse que papa a hérité de son propre père n’est plus ici.
C’était donc prémédité, cette fuite, n’est-ce pas ?
Connard.
Un énième juron prononcé à l’encontre de son paternel, une photo de famille glissée dans la poche avant de son sac de randonnée quechua, il se dirige devant la porte d’entrée.

Prêt ?
Simon hoche la tête. Est-ce qu’il doit fermer la porte à clef, pour protéger maman des éventuels pilleurs de passage ?

« Je ferme pas la porte maman, comme ça tu pourras quand même peut-être sortir si tu veux. »

/////

Une vingtaine de kilomètres. Environ 103 coups de casque donnés dans le dos de Malik à chaque coup de frein. Simon n’est jamais monté sur une moto de sa petite vie. Simon s’accroche aux côtes de son chauffeur comme le lierre s’accroche à la peinture d’un mur. Très vite, la conduite de Malik se fait plus prudente. Le moins d’accélérations possible. Ils vont tomber à court d’essence. C’est fréquent, dans ces temps-là : les stations n’étant plus réapprovisionnées depuis un peu plus de trois semaines, les derniers survivants avaient fait le plein comme jamais auparavant, entraînant une pénurie à échelle mondiale.

Au loin, une voiture, arrêtée au milieu de la route.
Une voiture dans laquelle il a vomi plus de fois qu’il n’en aurait fallu.
Une voiture dans laquelle il a martyrisé Sophie, coincée à l’arrière avec son tyran de grand-frère.
Une voiture dont il est capable de reconnaître le vrombissement du moteur lorsqu’elle arrive dans la rue.
Une voiture qu’il reconnaîtrait entre mille.

La moutarde monte au nez de l’adolescent qui voit rouge et flou en même temps.

« Il est là, il est là cet enculé ! »

Savoir que papa avait déserté était déjà douloureux. En avoir la preuve formelle, là, juste sous ses yeux, est indescriptible. La plus haute des trahisons.
Il ne se rend pas compte qu’il gigote et hurle comme un porc que l’on s’apprête à tuer. Le coup de coude que lui donne Malik ne fait pas plus d’effet qu’une piqûre de moustique et lorsque ce dernier arrête enfin la moto auprès de la voiture, lui hurle dessus, Simon ne peut que rugir et sauter. Se casser la gueule. Manquer de faire basculer la moto et Malik avec. Se redresser avec toute la fureur qui l’habite. Et se jeter sur ce qui est son père et aurait dû se comporter comme tel.

Et il hurle.
Et les larmes de furie tombent à l’intérieur de son casque. La morve aussi.
Et il frappe.
Et il insulte.
Et il cogne.

« T’es le pire des fils de chien qui peuvent exister sur terre, comment t’as pu faire ça, comment t’as pu me laisser derrière, tout seul, j’étais putain de tout seul, t’appelles ça être un père ? »

S’il avait eu le temps d’imaginer sa confrontation avec son paternel retrouvé, Simon aurait réagi dans sa tête avec plus de classe. Relevé sa visière, balancé une remarque caustique, ricané un bon coup, et basta. Cet individu n’aurait plus existé à ses yeux.
Mais bon, voilà, hein.
Simon a quatorze ans. Et c’est encore qu’un gamin.
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castace
castace
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RÉGION : nord
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Limace

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Christian
Dufour

J'ai 40 ans et je vis à Nantes, France. Dans la vie, je suis comptable et je m'en sors particulièrement bien, enchaînant les titres d’employés du mois. Sinon, grâce à mes parents, je suis marié depuis plus de dix ans et je le vis plutôt comme tout bon époux frustré issu d’un mariage plus ou moins arrangé.

J’ai des choses à régler. Mon éducation rigoriste et croyante ne m’a pas aidé à être en paix avec moi-même et mes émotions. Si bien que je suis infoutu de témoigner de l’amour à mes proches, la recouvrant plutôt d’une aggressivité bourrue que l’on connaît si bien aux mâles alpha. Je me réfugiais également dans mon travail et, de temps à autres, des jeux à gratter. La veille de l’apocalypse, j’avais d’ailleurs aligné tous les numéros gagnants. Si ça, c’est pas un signe que Dieu existe...


Jon Hamm :copyright: Schizophrenic
Tu as eu du mal à accepter l’arrivée de l’apocalypse. Tu ne supportais pas que ton fils et ta femme utilisent ce terme. Pour toi, ça relevait du complot, et tu t’étais mis des oeillères longtemps, continuant de te rendre à ton travail minable, maintenant en apparence ta routine minable. Tu t’es voilé la face au moins aussi longtemps sur la condition de santé de ta femme, la rabrouant en pensant qu’elle exagérait, que c’était rien, que ça allait passer. Parce que jusqu’à présent, ça n’arrivait qu’aux autres.

Puis, quand la situation était telle que vos bureaux ont fermé, tu as continué à déserter la maison, sous prétexte d’aller chercher des provisions. Il y avait toujours un truc à aller chercher ; de la bouffe, de l’eau, de l’essence, le câble E4-tu sais pas combien, pour que Simon puisse continuer d’alimenter tu ne sais quelle machine du diable qu’il stockait dans sa chambre. Tu refusais de rester plus de quelques heures dans votre maison, sous le même toit que ta femme dépérissant, ou dans la même pièce que ton fils.
Oh, vous avez parlé avec ton épouse. Longtemps, chacun d’un côté de la vitre de votre chambre qui donnait sur la terrasse à l'arrière de la maison, toi assis sur la table du jardin, un pied sur le barbecue, elle, assise dans ce qui avait été votre lit, et qui prenait peu à peu la forme de son cercueil. Elle a vite pris conscience d’une issue innommable que tu refusais d’entendre. Alors, à force, au lieu de parler de ce qui l’attendait, elle planifiait ce qui allait vous arriver. Comment ça allait se passer, une fois qu’elle ne serait plus là. Ça devait la rassurer, dans un sens.

Mais au bout d’un moment, c’était trop de vérités pour toi. Alors tu multipliais les virées en bagnole, consommant sans relâche le peu de carburant qu’il vous restait.
Tu gardais un sac avec un peu d’affaires sur la banquette arrière, juste au cas où. Des affaires pour une personne, cela va de soi. Parce que si ça se trouve, à force de rester enfermé auprès de sa mère, Simon allait finir par choper quelque chose aussi… Tu sais pas, t’as pas réfléchi (tu réfléchis rarement). Quelque chose a dû snapper dans ta cervelle de piaf, pour que tu cesses de penser à ta famille, que tu te mettes à ne penser qu’à toi, malgré la solidarité que prônait les cérémonies du dimanche. Ou peut-être que c’était comme ça depuis le début, que t’as toujours pensé qu’à toi et que cette situation exceptionnelle ne faisait que le révéler au grand jour.

Tu ne sais même plus ce que tu étais censé être allé chercher ce jour-là. Toujours est-il que tu ne l’avais pas trouvé -tu ne dénichais plus grand chose, ces derniers temps. Tu roules au ralenti sur le chemin du retour, à cause des routes parsemées de voitures abandonnées. Tu roules un peu trop au ralenti, plus que d’habitude, parce que tu hésites. Ça fait des jours que tu hésitais entre rentrer, étaler tes maigres trouvailles sous l’air circonspect de ton enfant, écouter ta femme essayer de parler malgré la maladie, et te tirer pour de bon, trouver un endroit où te réfugier, recommencer quelque chose.
Tu ignores ce qui a fait que ce jour-là fut le bon. Le bon jour pour partir, en laissant tout derrière toi. Tu ignores quelle impulsion intestine a joué, t’a fait appuyé sur l’accélérateur pour continuer ta route, en passant devant le portail, devant tes responsabilités et ton courage.

Tu as roulé sans savoir vers quelle destination te rendre, la poitrine gonflée de ce que tu pensais être la satisfaction d’une décision prise, et qui allait s’avérer être en fait les prémices d’une culpabilité te rongeant tel un virus.
La réalité t’a bien vite rattrapé, lorsque ta voiture est tombée en rade de carburant. Tu étais en train de triturer dans le réservoir d’une camionnette avec un vieux bout de tuyau d’arrosage, les manches de ta chemise retroussée (tu n’avais pas cessé de t’habiller comme si tu avais rendez-vous avec le directeur), et le sourcil soucieux.
En somme, tu te tournais un peu en ridicule, lorsqu’une moto s’arrête brusquement à ta portée. Tu leur faisais déjà signe de passer leur chemin, parce que tu n’avais bien entendu besoin de personne. Mais tout portait à croire que le motard n’avait pas fait les scouts, et qu’il ne savait pas lire de tels signaux, puisque le moteur s’arrête.
Une terrible pensée te traverse l’esprit, tandis que tu tates instinctivement le couteau de chasse attaché à ta ceinture. Est-ce que l’essence de moto pourrait marcher pour ta voiture ? Mais ça, c’était sans compter la silhouette courte sur pattes qui se jette d’un coup sur toi.

« T’es le pire des fils de chien qui peuvent exister sur terre, comment t’as pu faire ça, comment t’as pu me laisser derrière, tout seul, j’étais putain de tout seul, t’appelles ça être un père ? »
Tu n’as pas compris tout de suite ce qui se passait. Tu avais reconnu la voix éraillée de ton fils qui, depuis un bon moment, ne s’exprimait plus qu’en monosyllabe. Tu sens les coups, rudes mais maladroits du môme qui se déchaîne contre ton bide. Une fois la surprise passée, tu essayes brusquement de l’arrêter, immobilisant ses poignets. Un troisième homme s’approche de vous, et, comme par réflexe, pour maintenir les bonnes impressions, tu t’agenouilles et prends le gamin dans tes bras, de force, comme pour le calmer, comme si Simon redirigeait contre toi une colère venue d’ailleurs, son seul soutien, alors qu’il avait à peu près mille raisons de t’en vouloir, et que tout ce que tu étais foutu de soutenir dernièrement, c’était un tissu de mensonges fleurant bon l’après-rasage que tu t’évertuais à te verser sur la tronche.
« Chut, ça va passer, fils, je suis là, maintenant » que tu murmures, comme si vos retrouvailles étaient attendues, voire espérées, alors qu’en vérité, tu te chies dessus à l’idée de savoir quel mensonge tu allais pouvoir inventer pour expliquer ce que tu faisais aussi loin de la maison à cette heure-ci.

Et, pour couronner ta réaction inappropriée et lâche, tu resserres ton étreinte sur le gamin, le poussant un peu fermement derrière toi, à mesure que l’inconnu approchait. « Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous fichez avec mon enfant ? » Tu aurais été tenté de demander où était sa mère, mais tu craignais connaître la réponse…
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Le Shien
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Malik Touati
J'ai 35 ans et je vis à Saint-Lazaire, France. Dans la vie, j'étais ouvrier sur un chantier naval et je m'en sortais pas trop mal. Sinon, grâce à ma malchance, je suis célibataire et finalement c'est peut être mieux comme ça.

J'ai démarré dans la vie avec un facteur malchance plutot élevé. J'ai arrêté l'école, été un sale con pendant un long moment de mon adolescence, jusqu'à faire un petit séjour de 6 mois en CFE. Et puis j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont poussé à changer. Je n'ai pas de diplômes mais beaucoup de compétences apprises sur le tas.


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T’aurais pu pisser dans un violon que ça aurait été pareil. V’la que le gosse se tire. Rien à taper du monde autour et du fait qu’il aurait potentiellement pu être à l’origine, quelques poignées de secondes plus tôt, d’une relation charnelle entre sa face joufflue et le goudron de l’autoroute.
Tu lâches un nouveau juron en rééquilibrant la moto désertée de son second passager, descends de l’engin et regardes d’un air incrédule Simon éructer au sol, se relever, puis foncer vers l’inconnu qui, de toute évidence, ne l’est pas pour le garçon. Le morveux - au sens littéral du terme, tant pis pour ton casque - s’acharne sur son père de la manière la plus désordonnée qu’il soit.
Parce que oui, il ne faut pas s’appeler Einstein pour comprendre que cette espèce de grande gigue au physique parfaitement adapté pour vendre du dentifrice est le père de Simon. Maintenant que tu le sais, ça te saute aux yeux. Et ton énervement monte de nouveau d’un cran.

Tu t’approches avec hésitation et peut être un peu de pudeur de la scène familiale qui se joue sous tes yeux. Le père immobilise enfin les poignets du fils. Un air sévère lui traverse le visage puis d’un coup, le voilà qu’il tombe à genoux pour prendre sa progéniture dans ses bras.
Toi, tu restes où tu es. Tu n’es pas franchement enchanté de voir la face de témoin de Jéhovah de Christian ce soir là. Tu ne l'as jamais apprécié. Trop faux, sans cesse à chuchoter des choses à l’oreille d’Angélique lorsqu’il pensait ne pas être vu. Tu l’as même franchement détesté lorsque ton amie t’a expliqué un soir, il y a approximativement 7 ans, que c’était la dernière fois que vous vous parliez, à cause de Christian. Tu n’as jamais compris. Tu n’as pas cherché à comprendre. Trop en colère, trop de rancœur. Mais tu as accepté pour Angélique. Parce qu’elle te l’avait demandé. Et puis avec le temps, la colère a fini par se calmer jusqu’à ce soir, jusqu’à la voix terriblement faible et éraillée dans le combiné qui te suppliait de venir récupérer son fils.
Pour être honnête, tu n’avais jamais eu l’intention de chercher Christian. Tu avais dis ça à Simon pour qu’il te suive docilement, et qu’il ne pose pas de question. Tu avais planifié de partir, comme prévu, dans le sud de la France. Avec Simon en plus comme passager, tu savais que ça aurait été plus complexe, mais tu n’avais pas vu d’autre choix.
Sauf qu’il y en avait un, maintenant. Totalement irréaliste mais bien là, avec sa chemise blanche retroussée et son alliance au doigt. Maintenant que Simon avait retrouvé son père, tu n’étais plus obligé de te coltiner l’adolescent et ton périple redevenait possible. Chance inespérée. Et en même temps.
En même temps ça t’emmerde de laisser le gosse à son père comme ça. Quelque chose te gêne sans trop savoir pourquoi. Tu as promis à Angelique d’emmener son fils, pas de l’élever. Mais t’as la désagréable impression que Colgate ici présent n’est pas fiable. Le mec s’est quand même tiré de chez lui en laissant sa femme mourante et son fils, sans jamais revenir. Alors il a beau se la jouer papa rassurant avec son môme, ça passe moyen, même pour toi qui n’a pas vraiment de modèle de parentalité. L’air de rien, tu te rapproches de la voiture et jette un oeil sur les affaires posées sur la banquette arrière. C’était clairement un départ prémédité.

« Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous fichez avec mon enfant ? »

Ton attention se reporte sur l’homme qui s’est redressé et semble faire un barrage ridicule entre son fils et toi. Tu hausses les sourcils, enlèves ton casque encore enfoncé sur ta tête et plantes tes yeux franchement énervés dans ceux de Christian.

« Je suis Malik. Pas besoin de nom de famille, tu t’en souviendrais pas non plus. C’est Angélique qui m’a appelée ce soir pour me demander de venir chercher son fils. »


Tes yeux font un aller-retour furtif entre Simon et son père. Il y a un certain nombre de choses dont tu préfèrerais discuter entre adultes. Alors tu ravales tes piques et tes insultes, le gosse s’en chargera pour toi.

« Je pensais pas qu’on te retrouverait si vite… »
Tu ne termines pas ta phrase accusatrice. Si tu inculpes tout de suite Christian, Simon risque de pas vouloir rester avec son père et ça compliquerait tes affaires.

« Je vais vous laisser à vos affaires familiales, pendant ce temps là je vais m'occuper de ça. »
Tu désignes du menton le tuyau rafistolé qui pend piteusement du réservoir de la camionnette.
D'un geste expert, tu jettes par terre le tuyau inefficace et tu glisses une main dans une poche intérieure de ton blouson pour en ressortir un tube similaire - mais en meilleur état - avant de t'accroupir devant la portière de la camionnette.
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Simon
Dufour

J'ai 14 ans et je vis à Nantes, France. Dans la vie, je suis un collégien et je m'en sors comme je peux. Sinon, grâce à mes boutons, je suis totalement célibataire et je le vis plutôt comme le vivent la plupart des adolescents de 14 ans.

J’ai sale caractère. Mes hormones me poussent jour après jour à défier l’autorité parentale (surtout paternelle) que je remets en question à l’aide d’une répartie bien tranchée et d’une mauvaise foi sans faille. Un pur bonheur, quoi.


Gaten Matarazzo :copyright: stranger things - Netflix
« Chut, ça va passer, fils, je suis là, maintenant »

Qui coupe les hurlements.
Qui coupe la respiration.
Ça va passer ? Vraiment ? Ça va putain de passer ?
Christian s’est agenouillé, Christian l’a pris dans ses bras, Christian le console.
Alors, non, Christian. Ce n’est pas toi qui est là, « maintenant ». C’est Simon qui est là, maintenant.

Simon est bouche bée, sidéré dans les bras du géniteur qui se comporte comme s’il n’était qu’un saint pris dans un quiproquo un peu compliqué à démêler.

« Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous fichez avec mon enfant ?
- Je suis Malik. Pas besoin de nom de famille, tu t’en souviendrais pas non plus. C’est Angélique qui m’a appelée ce soir pour me demander de venir chercher son fils. »

Simon a les oreilles qui bourdonnent. Il secoue la tête, fixe Christian, yeux écarquillés ; mais non, ce n’est pas de la joie, ce n’est même pas une émotion. C’est un message que ses grands yeux marrons crient. Les prunelles fixent Christian avec horreur. Il ne le considère même plus assez comme un être humain pour pouvoir éprouver du dégoût.

« Je pensais pas qu’on te retrouverait si vite... »

Tu m’étonnes mon con.

« Je vais vous laisser à vos affaires familiales, pendant ce temps là je vais m'occuper de ça.
- Quelles affaires familiales ? Sophie est morte. Maman aussi est morte. Et comment tu peux dire qu’on est de la même famille quand tu vois qu’il m’a laissé tout seul derrière pour crever avec ma mère ? »

Simon a quatorze ans. Simon s’en fout de prendre les gens à partie et les foutre dans une situation délicate.

« C’était pas compliqué de me faire monter dans la voiture. Si j’ai compris avec Malik qu’on pouvait plus rien faire pour maman, je vois pas pourquoi j’aurais pas compris avec toi, Christian. »

Simon ravale ses larmes et sa morve, hausse les épaules et ramasse son sac en se tournant vers Malik.

« Bah du coup ci-mer, mais à voir sa sale face de rat, j’préfère encore être tout seul. »
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