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 Bienvenue à Andanéya [ft PierreHope]

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PierreHope
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Shaun Carver
J'ai 27 ans et je vis à Andanéya. Dans la vie, je suis incognito et je m'en sors très bien . Sinon, grâce à ma chance, je suis célibataire et je le vis ptet pas si bien que ça.
Alexander Calvert :copyright: thescifiworld.net


S.he a beau dire que c'est toujours nous qui avons pris... Ça n'a rien à voir.
Oui, peut-être avec d'autres femmes. Mais pas avec les hommes à bites.
Ce qu'on aimait se faire du mal avec ceux-là... Jusqu'à ce que ça aille trop loin et qu'on soit le tel et pris qui croyait prendre. La chute était amorcée depuis un long moment déjà mais cela avait précipité notre anéantissement avec fracas.

Et Loren's en payait en quelque sorte les frais.



L'autre entre mes jambes enfin satisfait, j'avais soudain la tête vide et les endorphines devaient faire leur boulot parce que je sentais mes zygomatiques refuser de se positionner vers le bas. J'aurais pourtant aimé ne pas avoir l'air aussi stupidement ravi quand Loren's se redresse et me sourit. Ne pas autant apprécier ses doigts qui se baladaient sur moi une fois qu'il s'était réfugié tout contre moi et que ma main traîtresse lui caressait la tête sans me demander mon avis.

- C'était parfait...
Je n'avais même pas envie d'agiter le masque du beauf en sortant un "bien sûr qu'est ce que tu croyais?"....
- Tu as été parfait.
... Et profitais plutôt de ne pas avoir foiré ce qui était en fait, une première fois pour moi. Toutes les autres avaient été catastrophiques. Je préférais les oublier, les sceller, et ne plus jamais y penser.

Nos lèvres se touchent en un baiser délicat et apaisé.
D'habitude, je serais déjà en train de me rhabiller pour vite filer.
Là je profite, laissant mes yeux vagabonder sur la vue de carte postale sans vraiment la voir, encore tout à mes pensées de notre étreinte, nos odeurs mêlées envahissant l'air ambiant.

- Des fois je me dis que... qu'ici c'est un peu comme une chanson...
Est-ce que quelqu'un pourrait me dire s'il y a des gens qui parlent comme ça souvent autour d'eux? Moi non. Et ça me manque vachement. Il faut dire que les seuls échanges que j'ai sont d'ordre professionnels donc formels ou des client qui me demandent si "avec le chorizo, y'a supplément?". Pas vraiment le coin où des phrases de ce genre peuvent être casées. Mais... J'en ai eu. Des gens qui séduisaient aussi mon âme avec leurs mots et qui savaient les amener comme il fallait, les faire polir et briller comme lui réussi si bien à le faire.

Je l'écoute entonner un air que je reconnais rapidement, affectionnant beaucoup le chanteur en étant à l'origine avant de se méjuger sur son attribut vocal puis de s'expliquer sur son choix musical:
- ... on peut être des héros... juste pour cinq heures par semaine..

Je déteste quand il se dénigre et je grogne en attrapant sa main pour l'embrasser brièvement.
"J'adore Bowie. Et... Tu as la plus belle voix du monde."".

Le soucis des endorphines, c'est que ça rendait complètement con et inobjectif. Mais vraiment... Je m'en carrais qu'il sache faire ou non la Castafiore.
J'aimais l'entendre parler (et... Vocaliser aussi ouais. Il était très bon en vocalises).

Je ne vois pas ce qu'il y a d’héroïque dans le fait d'être ici... Surtout me concernant. Mais... Je vois ce qu'il veut dire.
Pendant un instant il peut être un autre... Ou peut-être lui-même.
"Et si je lui disait la vérité... Peut-être qu'il comprendrait...?".
Après tout c'était pareil pour moi... En un sens.
Le soucis aussi quand on a un cerveau qui réfléchit trop...
- Oublie... je dis des conneries.
... C'est que justement, on a du mal à oublier et ne pas se torturer.

- ... ce qu'on vit là. On ne pourra jamais avoir rien de plus que ça mais... on peut... on peut être des héros... juste pour cinq heures par semaine..
Ces mots me hantent. M'angoissent. Me minent en se gravant quelque part en moi car je sais qu'ils sont vrai. Et je ne veux pas que ça le soit.

L'urgence me plaque doucement les tripes à nouveau.
Pourquoi je me suis laissé avoir putain...? Pourquoi j'ai pas su juste profiter et me barrer? Enchaîner, ne pas me lier?

- Laisse moi plutôt deviner d'où tu viens.
J'ai pas bien l'impression d'avoir le choix après tout je suis resté, et les confidences sur l'oreiller c'est bien connu mais... Je ne peux pas. Je ne dois pas.

Je prête l'oreille à ses déductions peut-être un brin clichés mais qui bien entendu...
- Allez dis moi si j'ai juste.
... tombent juste.

Je pourrais mentir, ou travestir la vérité... Je l'ai déjà tellement fait.
Je lui mentais en omettant. Le mensonge par omission restait un mensonge.
Surtout pour quelqu’un d'entier et de franc comme moi.

J'avais oublié cette sensation, ce tiraillement vers le bas dans un coin tapis d'ombre du ventre... Ça serrait le cœur, ça... Ça s’appelait la culpabilité.

Une émotion que je n'avais connu qu'au décès de Mamé puis Papé, quand mes parents m'avaient hurlé que c'était ma faute à moi et mes conneries. Mes élucubrations les avaient achevé. C'est moi qui les avait tué. Et j'avais beau savoir que ce n'était pas la vérité... Elle était là, ancrée en moi. Cette émotion lancinante et délitante.

Mais je l'avais oublié.

- Je vais jouer le jeu. Moi je suis italien.
J'étais stupide de m'être laissé aller et de lui avoir permis d'entrer ainsi dans mon coeur.
Mais... C'était trop tard.
Je savais très bien qu'à présent, m'éloigner de lui ou le faire souffrir équivaudrait à un peu mourir et pourtant...
- Voilà, j'ai été honnête alors dis moi pour toi.
J'allais sans doute devoir le faire.

Je repoussais cet état de fait et répondais simplement à sa question.
De toute façon, me laisser traiter de Rosbif... Et puis quoi encore?
"Je suis Français, félicitations monsieur l'Inspecteur.".

Je me fendît d'un abdo pour embrasser le bout du nez du gagnant avant de continuer avec un petit sourire.
"Vous avez gagné une autre connexion avec votre partenaire préféré qui fera de son mieux pour vous satisfaire.".

Je réussis à ne pas grimacer en sentant les doutes et les questionnements revenir gratter à l'orée de ma conscience et les repoussait une fois encore. Je voulais juste étendre encore un peu ce moment de grâce à ses côtés. Sans m'enfoncer dans la noirceur des incertitudes.
"Italien hein? C'est sans doute pour ça que tu utilises si bien ta langue..."".

Oui le double sens était voulu. Et je pouvais enfin caser ma taquinerie que je gardais depuis la dernière fois:
"Ta vulgarité au pieu, ça aurait pu m'aiguiller aussi.".

Je me marre tandis qu'il ronchonne avec élégance et le serre fort contre moi, luttant pour ne pas le broyer en laissant le chrono en arrière plan dévorer mon moment de bonheur, regardant ses yeux et me perdant un peu dans leur bleu. Ma main caresse ses cheveux tandis que je lui demande:

"Et... A part Bowie et les burgers, qu'est ce que tu aimes?".
D'habitude je ne pose pas de questions, ou je n'écoute pas vraiment les réponses.

"Moi j'aime beaucoup ta maison, les pieds dans l'eau... J'adore l'eau.".
Je ne me confie pas non plus d'habitude... Mais je n'ai jamais embrassé quelqu'un comme lui avant. Je ne me suis jamais laissé aller comme ça avec personne.
"L'eau lave tout...".
Je parle des souillures de l'âme mais je sens que je n'ai pas besoin de le préciser. Que je ne fais pas là une métaphore de ménage. J'ai senti cette sensibilité chez lui. Innée ou acquise douloureusement face à l’apprêté de sa vie... Au fond, peu importe.

Sarah y verrait une différence, je le sais mais...
Je ne suis pas Sarah.

Ma main a quitté son crâne et glissé sur sa joue tandis que je me tourne vers lui et descend à son niveau pour embrasser doucement ses lèvres:
"Et plus que tout... J'adore ça.".
Je l'embrasse plus profondément, sans fermer les yeux, admirant la lumière tamisée sur ses traits. Mes bras passent de chaque côté de lui et je le plaque avec tendresse mais fermeté contre le mien. Je veux oublier le tic-tac éreintant et affolant du temps. Je veux qu'il sente à quel point je suis bien et que j'aime cet instant suspendu en sa compagnie. Suspendu comme je lui suis à ses lèvres que je quitte avec un petit air malin:
"Ah j'ai failli oublier ton petit cadeau...".

Celui là je sais qu'il l'aime. Alors je ne prend aucun risque.
Mais j'aime me et lui faire plaisir. Et la seconde partie est assez inédite pour moi.
Je m'applique à le marquer de mes lèvres dans son cou que je trouve si gracieux et que je me retrouve presque malgré moi à embrasser avec une ferveur renouvelée.

Je le libère de mon étreinte et l'étend sur le dos, laissant mes doigts se perdre à nouveau sur lui, délicatement, tranchant avec mon empressement d'il y a si peu de temps.

J'ai encore envie d'entendre sa voix de velours et d'emporter son souvenir avec moi pour me la remémorer encore et encore. Je lui chuchote tout près de son visage, caressant ses lèvres du bout des doigts d'une de mes mains qui est remontée jusque là:
"Alors, dis-moi Loren's... Parle-moi... Qu'est ce que tu aimes?".

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Beloved
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allo

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Lorenzo Baratta
J'ai 36 ans et je vis dans un petit village, en Italie. Dans la vie, je suis patron d'une multinationale et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis marié et je le vis plutôt mal.

Mais tout ça n'a pas d'importance. Parce qu'ici je suis simplement Loren's, que j'ai l'air d'avoir à peine une vingtaine d'années. Je ne suis pas un grand patron. Je ne suis pas marié. Je suis juste un gars qui veut s'amuser.


avatar :copyright:️ the blue fox

Passons sur le moment où il me complimenta sur ma soit disante jolie voix. Il était encore shooter aux endorphines, ça faussait un peu son jugement. Je ne chantais pas complètement faux, mais c'était loin d'être juste quand même. Mais passons...

Passons aussi sur ma mini victoire. Yeaah j'avais deviné, vive moi. Je n'avais pas encore complètement tout perdu. J'arrivais encore un minimum à deviner les gens. J'avais été si fier de cette capacité que j'avais eu autrefois, de pouvoir percer à jour mes concurrents, de deviner ce qu'ils allaient faire, de pouvoir l'anticiper pour gagner toujours plus, plus d'argent. J'avais été si fier de ça. Ca me semblait si futile maintenant. Alors passons à nouveau.

Passons également ses taquineries sur le fait que j'étais italien. Passons sur le compliment déguisé sur mon habileté avec ma langue. Il m'avait arraché un petit sourire. Passons la taquinerie sur ma grossiéreté au lit. Il n'avait eu le droit qu'à un léger grognement pour la forme. J'aimais bien ça, ces petits moments à deux au lit... mais passons aussi ce n'était pas le plus intéressant.

Passons le petit soupir de bien être quand il m'avait parlé de ma maison qu'il aimait lui aussi de cette sensation si agréable d'avoir les pieds dans l'eau. L'eau lavait tout oui... elle venait balayer tout sur son passage, nous laissant vidé de tout, le bon comme le mauvais. Juste nous.... et la mer... passons...

Passons... passons le cadeau qu'il me fit, ses lèvres sur ma peau la marquant à nouveau, ce cadeau que je ne pourrais emporté avec moi de l'autre côté, que je ne pouvais savourer qu'ici.

Passons sa question sur ce que j'aimais ou plutôt ma réponse pleine de fougue alors que je venais me mettre au dessus de lui, à cheval sur son corps, un sourire aux lèvres.

- Je vais te montrer ce que j'aime...

Passons ma main qui allait à sa rencontre, qui le guidais au plus profond de moi, qui l'accueillais à nouveau en moi dans un gémissement de plaisir. Passons sur mon corps qui bougeait au dessus du sien, ondulant d'abord doucement puis plus rapidement... sentant le plaisir nous emporter à nouveau...

Passons....

Parce que tout ça était loin désormais. J'avais réouvert les yeux sur ma chambre, sur le visage de Paulina déblatérant toute seule. Il y avait des jours où ça devenait plus difficile de revenir. Celui ci en faisait partie. Et puis il y avait ces jours où j'aurais voulu que tout s'arrête... Aujourd'hui c'était les deux...

***

"Pourquoi tu m'as fait venir Lorenzo? Je pensais que je t'agaçais. Que tu ne supportais plus ma présence."

Et c'était bien le cas. Rien que de la voir je sentais la colère grandir un peu plus. Mais aujourd'hui c'était différent. Aujourd'hui j'attendais quelque chose d'elle.

J'avais passé la semaine à y réfléchir. Je n'avais que à faire de la semaine de toute façon, réfléchir, penser à ma vie d'avant, à mes erreurs, penser à comment tout cela aurait pu être différent... penser et ne rien faire de plus.

- Je voulais discuter avec toi.

Elle était là à me fixer, le regard mauvais, les bras croisés sur sa poitrine. Si elle avait pu elle m'aurait étripé de ses ongles manucurés. Mais elle était coincée et elle le savait.

"Je t'écoute."

Un je t'écoute qui avait tout les airs d'une déclaration de guerre. Je t'écoute mais je te préviens que si ça ne me plait pas je te le ferais payer dans le futur mais oui je t'écoute. Je ne connaissais que trop bien cet air.

- Je suis prêt à renégocier notre accord. Un quart de ma fortune à ma mort. La promesse que mes aveux ne seront jamais divulgés. C'est plus que suffisant pour que tu puisses mener une belle vie.

Quand on avait une fortune estimée à plusieurs centaines de millions d'euros, n'avoir ne serait ce que le quart de toute ça c'était déjà énorme. Et vu que pour le moment elle n'aurait droit à rien à ma mort, c'était vraiment beaucoup pour elle. Je le savais. Elle le savait. Elle ne put dissimuler la lueur de convoitise dans son regard.

"Et je dois faire quoi en échange?"

- Signe les papiers pour mon départ définitif à Anda.

Je pouvais bien lâcher un peu du lest. Je pouvais bien faire cette concession, si ça me permettait de pouvoir vivre encore longtemps des soirées comme celles que j'avais avec Shaun. J'y croyais. J'avais encore ce petit espoir auquel me raccrocher. Peut être que son avidité serait plus forte que tout et qu'elle accepterait. Mais elle était loin d'être stupide. Dire que c'était une des choses qui m'avait attiré chez elle...

"Elle s'appelle comment? Oh ne me prends pas pour une idiote Lorenzo. Ca va faire deux ans que tu fréquentes cet endroit virtuel de débauche et jamais tu n'as accepté de me payer pour y rester. Alors il doit y avoir quelqu'un c'est ça?"

Je la fixais, sans rien dire. Si elle savait... ce n'était pas une femme mais un homme qui me donnait envie d'y rester. C'était lui et l'idée de pouvoir le retrouver qui me faisait tenir chaque semaine. C'était pour lui que j'étais prêt à m'abaisser à lui acheter sa signature.

"Tu te rends compte que tu t'accroches à une existence virtuelle, à quelque chose qui n'existe pas, à une personne dont tu ne sais probablement rien. Elle t'a probablement menti. C'est certainement une petite vieille compètement grabattaire, mangeant de la bouillie et qui profite d'une nouvelle jeunesse là bas avant de définitivement claquer."

Ses paroles me blessaient. C'était comme des coups blessant mon coeur, la seule chose qui fonctionnait encore un peu dans cette carcasse bousillée qui me servait de corps. Et ça la faisait rire... elle me faisait souffrir et ça la faisait jubiler.

"L'idée que tu sois coincé ici sans ta précieuse chérie est encore plus jubilatoire tu sais. Et ça vaut plus que tous tes millions mon chéri."

Elle se détourna, laissant place à une Paulina qui pour une fois était arrivée en avance pour mes soins. Elle entra sans un mot dans ma chambre. Je pouvais sentir sa gêne irradier de tout son être. Elle me regardait à peine, n'osant pas croiser mon regard, ne sachant pas quoi me dire.

Elle commença par brancher l'alimentation. Ca encore je supportais assez facilement qu'elle le fasse, pas comme ma toilette. Je la laissais faire, le regard perdu sur la mer, essayant de ne pas m'enfoncer un peu plus dans la dépression. Mais elle soupira et la je n'aimais pas ça.

- Je crois que voter sonde s'infecte. Il y a un écoulement et je n'aime pas vraiment ça. Je vais faire un prélévement et en parler au médecin. Peut être qu'avec des antibiotiques ça se calmera. Sinon il faudra certainement changer la sonde et...

- Faites ce qu'il faut Paulina. Mais pas d'hôpital. Plus d'hospitalisation...

Elle hocha la tête avant de terminer de tout brancher. Elle alla chercher la pastille et la posa sur ma tempe. Je fermais les yeux de plaisir à son contact. Enfin... je partais... je fuyais cet endroit...

Je l'entendais pianoter sur l'ordinateur. La dernière chose que je perçus se furent ses quelques mots.

- Vous savez Lorens... si je n'étais pas mariée, je vous épouserais, juste pour que vous puissiez partir...

Et j'aurais voulu pouvoir lui sourire..

***

Je revivais alors que je le retrouvais. Je lui souris à lui. Je souriais alors que je le prennais dans mes bras pour l'embrasser. C'était si bon. Je parvenais presque à oublier ce qui se passait de l'autre côté. Je pouvais juste profiter là. Oui je le pouvais...

Mais il s'en alla. Quelque chose dont il devait s'occuper. J'essayais de ne pas lui montrer ma déception. Il n'avait pas le choix, ça se voyait. Je pouvais bien l'attendre un peu.

Je montais dans ma jeep, seul cette fois. Je n'allumais pas la radio. Je n'étais pas d'humeur aujourd'hui. C'était à croire qu'il y avait une certaine durée, un certain laps de temps pendant lequel j'avais pu me voiler la face et venir profiter ici en me foutant de tout le reste, de tout ce qui se passait de l'autre côté, et que j'avais atteint cette limite. Ou peut être était ce seulement une phase. Peut être avais je simplement un coup de déprime. Et ça passerait...

En attendant je me décidais à retrouver certaines de mes connaissances que j'avais un peu négligé ces derniers temps. Ils s'en foutaient. On faisait tous ça. On allait et venait au gré de nos envies. On ne s'attachait à rien ni personne, parce que demain on pouvait très bien ne plus être là. Demain je ne pouvais bien ne plus jamais le revoir...

Alors je restais là, installé dans ce restaurant à manger une pizza, pendant que Raoul nous racontait une énième blague cochonne et que Marcus levait les yeux au ciel en souriant.

Ca passerait...


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PierreHope
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Sarah Cooper
J'ai 27 ans et je vis en France. Dans la vie, je suis hackeur. Sinon,  je suis célibataire et je le vis bien mal car j'ai besoin de personne Lui.
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Je ne suis pas allé travailler.
C'était au-dessus de mes forces.
Affronter l'extérieur et cet endroit où il n'était pas...
Quel intérêt? J'allais mal.
Vraiment mal.

Avis à tous les connards de l'univers qui écrivent des trucs mièvres et chantonnants sur l'amour: non l'amour ce ne sont pas des paillettes et des couchers de soleils à roucouler sur de futurs jours heureux.

L'amour c'est une aliénation.
C'est trouver une raison de se lever le matin alors que l'autre n'est pas là.
A quoi bon?

Jamais il ne serait avec moi.
Jamais il ne serait vraiment à moi.

Il m'avait laissé sur un plaisir inachevé, une vision de son âme enfiévrée atteignant la plénitude, instantané auquel je me raccrochais désespéramment.

... C'était qui cette loque indolente? Putain j'avais deux bras deux jambes, je respirais, je devais en profiter! Je devais me battre pour...
... Je ne savais même plus pourquoi je me battais.
J'avais finis par brancher le pilote automatique pour faire passer le temps plus rapidement et avancer jusqu'au samedi suivant.

J'avais beau dire...
J'avais beau faire...
Le revoir était devenu mon seul moteur. Une obsession.

Et puis, le "client" était venu me "délivrer" de mes interrogations.



***

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Shaun Carver
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J'avais fais l'erreur de me faire avoir au jeu des sentiments.
Autant tuer tout ça dans l’œuf.
J'étais ici pour travailler à la base...
Et me faire du bien ok.
Ça ne devait pas aller plus loin.
... Ça n'aurait pas dû aller plus loin.

J'étais déterminé à reprendre mon air désinvolte et à ne pas me prendre plus la tête que ça, profiter de l'instant présent comme toutes ces têtes vides trop remplies de souffrances et de doutes de l'Autre Côté. Après tout, ça servait à ça Anda, non?

De dépotoir. De défouloir avant la fin.

Et puis... Je l'avais vu et son image m'avait de nouveau saisie, son sourire avait balayé toute trace de sombre pensée et m'avait fait vaciller.

Non... J'avais pas envie de faire ça.
Je voulais retourner dans ses bras et faire réapparaître sur son visage ce plaisir, je voulais à nouveau le combler de mes rares mots compensés par mes gestes certes, parfois peu délicats.

Lui qui ne me jugeait pas.

Mais... Je devais y aller.
Ça ne serait peut-être pas aussi horrible que 'Là-Bas'...
Après tout ici, j'étais Shaun. Et pas que "dans ma tête de teubée" comme iels disaient. Ni Sarah ni S.he: juste moi. Personne ne pouvait me faire du mal. Et de toute façon... Je n'étais pas "vraiment" là. N'est-ce pas?

Alors... Alors pourquoi mon ventre se serrait-il et mes entrailles se lestaient t'elles de plomb au fur et à mesure que mes pas me rapprochaient de cet endroit?

Ça me rappelait le chemin de l'école, quand j'y allais à reculons, mais que j'y allais quand même. Car pas question de me cacher. Pas question de leur faire ce plaisir, à tous ces bien-pensants. Ces bien-nés. Jamais je ne me soumettrais. Ça m'avait maintenu.e en vie... Un temps. Jusqu'ici en tout cas. Maintenant, j'avais une autre motivation mais elle était erronée. Ou pas assez solide. Voir même pas partagée... J'en savais rien.

Je devais revenir à la réalité. La vraie la moche, et celle pour laquelle on me "payait" et que j'allais à nouveau affronter.

Je descendis les marches comme un condamné son dernier jour en affichant mon masque de mec blasé et poussait la porte que la musique assourdie mais puissante faisait vibrer.

A défaut d'être originale voire un brin cliché vu le lieu et son décorum, la musique apaisa légèrement le malaise qui refusait de me quitter tandis qu'une hôte haute en couleur m’alpaguait depuis derrière son comptoir ouvragé en me signifiant que ma tenue n'était pas des plus... Appropriée. Je jetais un œil au salon au fond du couloir et copiait le "dress-code" (ou plutôt l'undress-code...) en m'affublant d'un machin résille noir et d'un jean qui révélait plus le contenu qu'il ne servait de contenant. Rehaussé d'un petit collier à pointes tiens, quitte à être dans le cliché... Satisfaite, elle fît signe au Cerbère du cordon de velours de décrocher la ligne de séparation pour me laisser passer. Je levais les yeux au ciel: non mais quel cinéma... On savait très bien pourquoi on venait ici toutes et tous... Pas de quoi se prendre pour l'apanage de l'humanité on était que des bêtes qui cherchaient à plus ou moins forniquer et s'oublier dans des abîmes sombres en les partageant avec d'autres. Fin de l'histoire...

Mon malaise était revenu en sentant des regards glisser sur moi. Je furetais en essayant de ne pas trop attirer l'attention et je commençais à me dire que je pourrais passer tranquillement les mailles du filet en étant estampillé simple "mateur" quand une main s'abattit sur mon épaule.

"Shaun! Qu'est ce que tu fais ici?".
J'avais réussi à ne pas sursauter et je fus soulagé en me retournant et en reconnaissant le "viking" croisé il y a de ça... De cela...
... Le temps passait étrangement depuis que j'avais mis le doigt dans Anda.
"Oh ben je... Je visite, je découvre le monde tu vois...".
J'essayais de le regarder dans les yeux mais vraiment ce ridicule pagne ne couvrait pas grand chose et le... machin qui servait de haut mettait un peu trop ses muscles en valeur pour qu'on ne les remarque pas.
Hägar posa de nouveau sa main sur mon épaule et m'emboîta le pas assorti d'un "Viens." et je le suivis sans trop réfléchir, trop heureux de trouver ici un allié. Il avait été si gentil lors de notre rencontre... Avec lui j'étais en sécurité.
"Tu sais ce que tu m'avais dit, eh ben je...".

Je ne le vis pas ouvrir une porte tandis que je tournais la tête pour observer un couple enlacé sans vraiment le voir, repensant à ma propre étreinte avec Loren's.
"Aïe!".
Pourquoi il m'avait tiré comme ça sur le bras et surtout POURQUOI j'avais aussi mal...?
J'entendais la porte claquer et repoussais de toutes mes forces l'autre qui tentait de m'embrasser:
"À quoi tu joues??? Lâche-moi!".
Je tirais sur sa main restée accrochée à mon épaule mais il resserra sa prise. Je visualisais le curseur de douleur tel que je me l'imaginais, pointant sur le zéro imaginaire, s'y bloquant et n'en bougeant plus mais rien n'y faisais: j'avais mal.
"Arrête, tu me fais mal!!!".
Mais apparemment il s'en fichait... Pire: dans la pénombre bleutée de la chambre où le son des coursives nous parvenait atténué par les murs molletonnés, ça avait l'air de lui plaire:
"Et alors tu es venu pour ça, non?".
Je m'enjoignais à rester le plus stoïque que je le pouvais et à me fermer autant que possible à mes ressentis. Chasser la douleur, j'avais l'habitude après tout, non?
"Non. Je te l'ai dis je suis venu voir comment ça se passait. Je suis pas intéressé: tu te souviens ce que tu m'as dis quand on s'est vus? Eh ben je l'ai trouvé, je...".
"Foutaises!".
La colère sur ses traits et sa voix tremblante d'amertume m'enjoignis à la fermer. Mon épaule me lançait toujours terriblement mais je l'ignorais superbement.
"Ce mec, ce moi dont tu parles est mort... On est tous des cadavres en sursis de toute façon. Toi y compris... Tu as vu comment tu es attifé? Comment tu allumes? Et t'oses jouer ta sucrée supérieure et me la jouer Sainte-Nitouche? Tu ne vaux pas mieux que moi Shaun, t'es comme moi. Tu te berces juste d'illusions. Et les illusions, ça se brise.".

("... comment t'es attifée?"
"Sainte-Nitouche!"
"... te crois supérieure?")

Ces mots trop souvent entendus dans ma vie me mettent hors de moi.
Ces mots de justification de brutalité masculine ou de complaisance malaisante féminine font remonter en moi toute ma haine, tout mon mépris de mes semblables et j'entre dans une colère blanche. Ces colères terriblement froides où la bascule vers la violente noire n'est qu'à un pas.

Il n'est pas le premier à vouloir "Me briser" et l'un a réussi sans même penser à le faire de l''Autre-Côté', achevant de me précipiter au fond de mon abyme. Je sais ce qu'il veut me faire. Vu les lieux, je me doute qu’appeler à l'aide ou crier serait considéré comme faisait partie d'un jeu... Je ne sais pas ce qui a pu lui arriver et je m'en moque.
"Oui tu as raison...".
... Et merde son prénom ne me revient toujours pas.
Je me force à relâcher mes muscles pour que mon attitude détendue corresponde au sourire faussement enjôleur que j'affiche.
"Je suis venu en espérant tomber sur un homme comme toi qui saurait me remettre à ma place.".

Voilà, flatter son ego, jouer son jeu... Il a l'air satisfait et arbore un air arrogant au possible. Parfait. Il fait l'erreur que j'attendais: celle de relâcher sa poigne de métal sur moi et je me laisse glisser vers la porte que j'ouvre dans mon dos alors qu'il a porté son attention ailleurs (sans doute à chercher je ne sais quoi dans cette chambre sombre... et je ne veux même pas imaginer ce que c'était).

Je me jette dehors et je me mets à courir, ignorant le cri de rage qui vient de la pièce puis la sollicitation verbale des responsables à l'entrée. Je les ignore tous et je cours à perdre haleine. Je cours au diapason d'une Sarah/S.he qui fuyait ses détracteurs et avait fini la gueule en sang et les côtes fêlées. Je ne sais plus où je suis ni quand ou qui je suis mais je me mets à rire sans raison, tel un fou sans m'arrêter de courir, ne pensant même pas à la stupidité de mon acte moteur alors que je pourrais faire apparaître n'importe quel véhicule de mon choix.

Mon pied se dérobe du sol et je chute lourdement. Je souffre mais je n'y pense même pas, continuant de rire encore. Mais mes esclaffements  se transforment peu à peu en reniflements tandis que je termine mon cheminement en me frottant les yeux avec mon bras écorché et mes affaire boueuses: je me rend compte que j'ai la maison de Loren's en visuel. Je n'ai pas encore bien compris si cette zone est délimitée à un endroit ou si elle peut "poper" pour peu que son créateur le désire sur une zone d'usage "libre" et je penche plutôt pour l'option 2 mais là... Là je m'en fiche. Rien que sa vue me soulage et me fait monter les larmes aux yeux comme quand je me réfugiais chez Papé et Mamé après une journée particulièrement fournie en insultes et quolibets.

Mais... Est-ce que je vais pouvoir entrer? Après tout jusqu'ici j'ai pu mais j'étais avec lui... Bon si je la vois c'est que j'en ai l'accès mais peut-être que je ne peux...

Je me suis rapproché pendant que mon cerveau continuait son déroulé de possibilités et je pousse un soupir chevrotant quand mes doigts se posent sur la rambarde de bois de l'escalier extérieur: j'ai un refuge. Je peux me reposer.

Je me laisse tomber lourdement sur les marches,  tête dans les bras, et je me mets à sangloter joie, peur, et soulagement mêlés.

Je n'ai plus que son visage en tête. J'ai oublié la douleur physique qui me martèle de ses alertes, celle de mon cœur est maintenant la plus forte tant il se tord en moi. Je ne peux plus faire semblant. C'est lui que je veux.
"Loren's...".
Son prénom s'échappe de mes lèvres tandis que le vent l'emporte avec mes larmes.

Je veux voir Loren's.

Comme pour répondre à mon vœu, j'entend un bruit de moteur qui approche et dont je reconnais déjà le ronflement entre 1000. Normal, c'est celui de SA voiture... Je lève mon visage pour le voir arriver et je sèche mes larmes, n'arrivant pas à bouger ma carcasse de son point de chute pour le moment.

- Shaun?
Il s'approche rapidement de moi tandis que je me lève et que je lui tombe littéralement dans les bras. Je le serre contre moi, l'oreille collée contre son cou, nez sur son épaule où je respire son odeur en fermant les yeux. Sa voix est un harmonieux brouhaha auquel je ne comprend rien mais que j'apprécie d'entendre vibrer tout contre moi. Lorens me pose 1000 questions d'une mine inquiète que je contemple alors qu'il m'a relevé doucement la tête pour observer mon visage. Je lui souris avant de me laisser atterrir doucement sur ses lèvres:
"Je vais bien, tu es là...".
Je l'embrasse à nouveau de manière plus passionnée, profitant de sa chaleur:
"C'est fini, tu es là. Et c'est tout ce que je veux.".

Je grimpe l'escalier en lui tenant la main comme si c'était chez moi. J'espère qu'il ne m'en voudra pas de m'inviter comme ça mais... J'ai besoin de lui contre moi. J'ai besoin d'avoir ses bras et ses murs tout autour de moi, me protégeant de tout, du reste du monde.

Mes pas me mènent entre les siens une fois encore et je baise ses lèvres avec passion:
"Je ne veux que toi Loren's...".
Je suis insensible à la brise légère du dehors ou au cri des oiseaux. Je n'entend que mon cœur qui martèle et ne bat plus que pour lui et je me saisis à nouveau de son visage et l'entraîne sur le lit, sur moi, où je l'étreins avec passion.

"Je veux que ça soit toi.".
Je laisse mes doigts glisser sur son cou bientôt suivis par ma bouche, avant de le regarder, l'esprit apaisé mais mon regard déterminé brûle d'amour pour lui et j'énonce mon second souhait en lui caressant la joue:
"Fais-moi l'amour Lorens.".

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Lorenzo Baratta
J'ai 36 ans et je vis dans un petit village, en Italie. Dans la vie, je suis patron d'une multinationale et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis marié et je le vis plutôt mal.

Mais tout ça n'a pas d'importance. Parce qu'ici je suis simplement Loren's, que j'ai l'air d'avoir à peine une vingtaine d'années. Je ne suis pas un grand patron. Je ne suis pas marié. Je suis juste un gars qui veut s'amuser.


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Je me forçais à rire, mais le coeur n'y était pas. Je n'avais pas la tête à ça ce soir. Je n'arrêtais pas de penser à Shaun, à ce qu'il était entrain de faire, aux mystérieuses raisons qui l'avait poussé à me laisser alors qu'on était ensemble sur cette plage. J'étais ridicule. Je ne fais que penser à lui. Je n'attendais plus seulement le samedi pour le plaisir de revenir ici, mais surtout pour le revoir lui. Il obsédait mes pensées. Il était le seul à pouvoir me redonner le sourire encore.

Et il n'était pas là...

Je finis par me lever, après avoir terminé mon repas. Ils insistèrent pour que je reste mais j'avais pris ma décision. Je préférais être seul pour ce soir et ils le comprenaient. Ou du moins il faisaient semblant de le comprendre. En tout cas ils n'insistèrent pas trop pour que je reste, me laissant aller faire ce que je voulais. Je les laissais alors qu'ils parlaient avec animation de leur sortie en boite. Je n'étais toujours pas d'humeur.

Je préférais rentrer chez moi. Je n'étais pas certain qu'il pourrait me rejoindre ce soir mais s'il y avait un endroit où il pourrait me retrouver facilement ça serait bien là bas. De toute façon je n'avais aucune envie de faire semblant de m'amuser en boite. Je ne voulais pas draguer ou me retrouver avec un autre au lit. Je le voulais lui.

Ca devenait dangereux, je le savais. Je m'étais promis de ne pas m'attacher. Aucun de nous ne le faisait. On savait que notre passage ici était trop éphémère pour ça. Pourquoi allait s'enticher de quelqu'un qui ne serait certainement plus là à notre prochaine connexion? C'était s'infliger une douleur inutile. Et si il y avait bien une chose qu'on ne voulait pas tous ici, c'était souffrir. Alors je me blindais. Je ne prenais que le bon côté des choses, seulement ce que je pouvais prendre d'agréable dans une relation. Mais j'étais entrain de me faire avoir. J'en avais eu une preuve avant de me connecter. Je m'étais abaissé à lui donner de l'argent pour rester ici. Pour lui...

Je me garais devant chez moi. J'allais peut être aller me baigner un peu, profiter de l'eau, histoire que cette soirée ne soit pas totalement gachée. Ca serait peut être l'une de mes dernières après tout. J'avais bien vu le regard inquiet de Paulina avant que je me connecte. Je ne pouvais pas faire comme si je ne l'avais pas vu. Ca serait peut être la bonne cette fois. Peut être que je pourrais enfin partir...

Je remontais mon allée avant de me figer.

- Shaun?

Il était là. Je sentis mon coeur se serrer en le voyant. J'étais vraiment foutu. J'étais trop foutrement heureux de le voir là même si je n'aimais pas ses yeux rougis.

Je fonçais sur lui, le regardant avec inquiétude. Je le serrais dans mes bras, lui posant milles questions. Qu'est ce qu'il lui était arrivé? Avait il pleuré? Pourquoi? Quelqu'un lui avait il fait du mal? Je ne supportais pas de le voir ainsi et je détestais autant que j'aimais cette sensation, celle d'avoir à nouveau quelqu'un à qui m'accrochais, une personne qui comptait plus que tout.

Je tentais de relever son visage, de voir dans ses yeux la réponse à toutes les questions que je me posais. Mais je fermais les yeux, trop pris par ses lèvres venaient à la rencontre des miennes.

"Je vais bien, tu es là..."

Et ses paroles faisaient echo en moi. Je me sentais mieux. Mes soucis brièvement envolé, relayé au second plan de mon esprit. Je pouvais bien souffrir de l'autre côté, vivre dans ma prison de chair, là j'allais bien. Il était là...

"C'est fini, tu es là. Et c'est tout ce que je veux.".

Je répondais avec autant de passion à son baiser. Je ne savais pas ce qu'il s'était passé et je me doutais qu'il ne m'en parlerait pas. Je voulais juste savourer cet instant, profiter de lui avant que la déconnexion ne vienne nous frapper, qu'elle m'arrache à nouveau à lui.

Je le laissais m'entrainer dans la maison, le suivant docilement, répondant à ses baisers. Je me laissais emporter par la passion qu'il y mettait. C'était comme si il lisait en moi. Ses paroles se répétaient en moi. Moi aussi je ne voulais que lui, lui et seulement lui dans cette chambre, tous les samedis qu'il me restait à passer dans cette putain de vie.

Je me laissais tomber sur le lit avec lui. Je prenais juste un instant pour retirer mon tee shirt et le faire voler dans la pièce.

"Je veux que ça soit toi."

Je restais un instant à le fixer sans comprendre, avant de fermer les yeux de plaisir, électrisé par la sensation de ses lèvres sur ma peau.

"Fais-moi l'amour Lorens."

Je les rouvrais en grand, le fixant avec un air limite choqué. J'avais bien senti qu'il y avait des barrières qu'il n'était pas prêt à franchir et celle ci en était une. Je pouvais facilement le comprendre, il m'avait fallu du temps avant de sauter le pas. Il y avait quelque chose de perturbant dans le fait d'inverser les rôles. Quand on a l'habitude de prendre, l'idée de recevoir quelqu'un en soit peut être gênante. Et je ne parlais même pas de l'image pejorative que renvoyait la société sur celui qui se faisait prendre. C'était le soumis, le passif, la femme... Autant de façons déplaisantes de dépeindre cet acte. J'avais hésité, avant de me laisser aller. Il n'y avait rien d'avilissant là dedans. J'avais décidé de cesser de m'arrêter à toutes ces considérations. Je prenais simplement le plaisir là où il était, dans toutes les formes possibles. Mais j'avais conscience du pas que c'était à franchir pour Shaun, de la confiance qu'il mettait ainsi en moi, d'accepter de se laisser ainsi aller.

- Tu es sur de toi?

Je le regardais un peu nerveux alors qu'il hochait la tête, m'assurant que oui.

Je terminais de nous déshabiller tous les deux. J'essayais de calmer un peu ses ardeurs. Je ne voulais pas que ça soit comme notre première fois ensemble. Je ne voulais pas de cette passion se déchainant presque avec violence. Je voulais de la douceur. Je voulais le traiter comme la chose la plus précieuse du monde, parce que c'était ce qu'il était à mes yeux en cet instant. J'avais seulement envie de ça, lui faire sentir que la douceur n'empêchait pas le plaisir. Je lui ferais perdre la tête, je me le promettais, et j'effacerais de mes baisers le mal qu'on avait pu lui faire avant qu'il n'arrive, avant qu'on ne se rencontre.



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PierreHope
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"Fais-moi l'amour Lorens.".

Personne ne m'a jamais autant couvert d'attention et de douceur.
Peut-être certains ont-ils essayé mais je ne leur en donnais jamais le droit.
Jamais je n'avais laissé à personne la clef de mon cœur.

Mais à toi...
Toi je sais que tu en prendras soin.
Avec toi, je sais que je/qu'il est en sécurité.

Respecté.
Choyé.
Aimé.

Qu'importe que tu ne sois qu'un amas de données transcris à la perfection par un lecteur de réalité haute-résolution.

Oui qu'importe...
Parce que mes sentiments pour toi sont réels.
Et je n'attendais qu'un.e comme toi pour enfin être Moi.

Lorens.
Je suis à toi.



***

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Shaun Carver
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Mes mots ne sont pas choisis au hasard.
C'est une véritable déclaration que je lui fais.

Je m'en remet à lui.
C'est plus que mon 'corps' que je lui offre.
C'est toute mon âme.
Mes sentiments, mes doutes, mes espoirs.

C'est tout cela qu'il caresse du bout de ses doigts quand il parcourt tout mon moi.

Je l'ai laissé me dévêtir, soulevant simplement mon corps pour l'aider dans sa tâche.
Oui on aurait pu juste penser être nus et l'être dans l'instant... Mais il n'y aurait eu aucun érotisme.
Ce frisson du vêtement qui glisse et choit au sol et de se dévoiler à l'autre.

Même s'il m'a déjà vu (et de près) dans mon plus simple appareil... Ça n'a rien à voir.
Ça n'a plus rien à voir.

J'ai l'impression de renaître sous ses caresses.



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Beloved
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Lorenzo Baratta
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Mais tout ça n'a pas d'importance. Parce qu'ici je suis simplement Loren's, que j'ai l'air d'avoir à peine une vingtaine d'années. Je ne suis pas un grand patron. Je ne suis pas marié. Je suis juste un gars qui veut s'amuser.


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Je bougeais et venais m'installer à côté de lui, le souffle court. Je le serrais doucement dans mes bras, embrassant tendrement son front. Je ne parlais pas. Je n'avais rien à dire. Je voulais simplement savourer cet instant.
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Sarah Cooper
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- Je ne te laisserais pas... Je te le promets...

Dit-il vrai?
Y'a t'il une chance pour que ces mots qui sonnent si sincèrement ne soient pas des paroles en l'air?
Qu'il fera vraiment tout ce qu'il peut?

Des promesses, j'en ai eu.
Autant que de gens dans mon pieu...
Et grand bien m'en fasse, fort heureusement jamais je n'y avais crû ni n'y prétais la moindre attention en fait... Je m'en fichais.

Mais pas avec Lui.
Est-ce que je dois l'écouter?
Est-ce que je dois lui accorder ce que je n'ai plus accordé depuis toutes ces années?

Je crois...
Je crois que...



***

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Son front contre le mien me semble être le geste le plus doux qu'il m'ait été donné de recueillir.
Oui je le crois quand il me dit qu'il ne me laissera pas.
Je veux croire en sa promesse.
Je veux croire en un nous, même s'il est passionné, furieux, inconséquent et totalement imprévu.
Je suis prêt à me brûler les ailes s'il le faut.
Pour Lui.

Pour lui, j'abandonnais tout.



Enfin satisfaits, je me laissais choir sans plus pouvoir bouger, la respiration entrecoupée, peinant à calmer mes tremblements et à coups de volupté accomplie qui se manifestaient en désordre.

Maladroitement, je répondis à son étreinte et embrassais son bras à porté de ma bouche.
J'aurais voulu pouvoir lui exprimer ce que je ressentais mais...
Je n'avais pas les mots.

Je fermais donc les yeux, les rouvrant simplement quand son image me manquait, profitant des volutes de nous qui s'élevaient, les humant, et le cajolant sans trop savoir ce que je faisais, baisant avec tendresse tantôt son bouche, tantôt son torse, puis me réinstallais et ne bougeais plus un long moment. Profitant juste de Lui. Profitant juste de Nous. Écoutant simplement distraitement les oiseaux marins accompagner nos souffles qui, peu à peu, s'apaisaient.

Je finis après un long moment par oser rompre cet instant suspendu:
"J'ai jamais été du genre à rester pour le petit déj'... Mais pour une fois... Pour la première fois...".
Je caressais son visage et plongeais mon regard dans le sien, n'essayant plus de masquer l'amour sans bornes que je ressentais pour lui:
"J'aurais adoré partager ça... Oui, j'aurais adoré partager ça avec t...".



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"... toi.".

Je détache l'électrode et, tel un automate, je me lève pour m'effondrer quelques pas plus loin sur mon lit défait.

Je garde les yeux fermés.
Juste un peu...
Juste encore un peu.

Pour me donner l'illusion que je suis encore dans ses bras.
Car je sais que quand je les rouvrirais...
Il ne sera plus là.
Je sais qu'à nouveau... Je serais seul.

Seul avec ma peine.
Seul avec mes doutes.

Alors je serre les paupières, me persuadant qu'il est encore avec moi.
Et j'y parviens un instant.
Un bref instant suspendu dans le temps qui m'est, encore une fois, arraché cruellement.

Les cris de la voisine qui gueule sur son mari.
Leur gosse qui se réveille et qui braille.

Je maudis mes semblables, ces tas de chairs bruyants.
Tous ces pantins gesticulants, s'agitant au-dessus de ma tête.

Ce ne sont que des cadavres ambulants, en sursis dans leur triste vie mais...
J'aimerais qu'ils meurent immédiatement.
Dans l'instant.

Sa présence s'estompe et je ne rencontre que des draps froids sous la caresse de mes doigts.

Je me recroqueville et froisse mon t-shirt dans mon poing comme se serre ce foutu palpitant que Loren's a libéré et capturé à la fois.
Ça fait mal.
Tellement mal...
Bien plus mal que toutes les autres fois.
Je souffle son nom du bout des lèvres.
"Loren's...".

Quand je m'endors enfin, c'est d'épuisement, tout habillé, sur un oreiller trempé d'eau salée.


***

J'avais décidé de faire des efforts. Pour faire passer le temps plus vite d'ici le revoir.
Pour ne plus subir ce temps qui refuse d'égrener les secondes.
Et vraiment, j'ai tenu bon toute la semaine durant.
Mais... C'était sans compter ce tas de fumiers avec qui je devais compos(t)er.

C'était sans compter ce client irrespectueux une fois de trop le jour même.
C'était sans compter mon poing qui était parti dans sa gueule... Ben tout court en fait.
On m'avait ceinturé, sinon j'allais le défoncer pour tous les autres.
Tous ceux qui me manquaient de respect et qui faisaient chier avec leur bien-pensance à la con.

Donc je me suis fait virer.
Et après? J'en ai plus rien à foutre.

J'ai plus que Loren's dans le viseur...
J'ai même pas répondu au "client" au sujet de la Boîte...
J'y remettrais jamais les pieds. Plus jamais.
Et lui je vais l'envoyer chier.

Parce que peu m'importe. Parce que j'ai Loren's qui m'attend et que rien d'autre ne compte.

Parce que je n'ai que lui. Et je ne veux voir que lui.



***

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Je comprend soudain mieux nombre de chansons qui me paraissaient cheesy et clichées à souhait. Comme celle que j'ai en tête au moment de ma connexion et qui me poursuit jusqu'en ces lieux.

Pour moi tout ça... Ça n'existait pas.
Ou peut-être dans ces dessins animés édulcorés pour enfants décérébrés.

Je comprend chaque parole, chaque émotion qui y est transposée, moi à qui tous ces ressentis étaient étranger.

Il n'y a que lui qui compte.
Que lui et moi.

Je me sens enfin libre. Libre de courir vers lui et de laisser éclater ma joie et mes lèvres contre les siennes. De lui sourire, sans réfléchir à si je vais lui plaire ou non.

Je me targue même de le faire marronner un peu en lui disant d'aller se baigner 5 ou 10 minutes et de me rejoindre chez lui après.

"Interdiction de te baigner à poil sans moi.".
Non pas question.
C'est MON petit cul désormais.
Et je partage pas.

Il est bon joueur et me laisse m'éloigner comme un dératé avant de me rappeler que j'ai le pouvoir (non pas du crâne ancestral) mais de la moto stylée qui pope de nulle part. J'ai pas besoin de beaucoup de temps... En théorie.

Je me gare en dérapant (juste pour le kiff et que dans la réalité je me serais sans doute vautré vu le poids de l'engin) et je garde mes lunettes de pilotage en les relevant sur le front. A peine le temps de conceptualiser le barbecue dans ma tête qu'un cuiseur à charbon de saucisses en plein air apparaît et que je ris doucement en le reconnaissant: celui de papé et mamé...
"Évidemment.".
Il ne pouvait en être autrement...

Celui-là, j'avais des centaines de bons souvenirs avec. Alors qu'avec le prétentieux que mon 'père' n'allumait qu'une fois l'an pour signer l'arrivée de l'été... Pas vraiment.
Mon coming-out autour de ce dernier n'avait pas vraiment été bien accueilli.

Je chasse les mauvais souvenirs, ils n'ont pas leur place ici. J'ai jamais été très bon pour allumer ce genre de chose mais Ici... Ici ça n'est pas un problème: je pourrais allumer un bûcher entier pour brûler tous les connards et les connasses qui me pourrient la vie... Hahaha marshmallow goût anti-IVG et Manif pour Tous, agrémenté de tout autre LGBTophobe... Hmmm, divin!

J'y fais sagement cuire un assortiment de base pour qu'il ait le choix.

Je l'entend se garer et je me précipite à sa rencontre en m'accoudant à sa portière:
"Bienvenue à GrilladeParadise, je suis Shaun, et je suis à votre service pour les 5 prochaines heures - moins quelques minutes. Quelle est votre commande?".

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Je me sentais si bien là contre lui. Je refusais de penser aux secondes qui s'écoulaient lentement, me rapprochant du moment de la déconnexion. Je ne voulais pas penser à ce moment qui viendrait bien trop vite, au moment où je serais arraché à la douceur de ses bras.

"J'ai jamais été du genre à rester pour le petit déj'... Mais pour une fois... Pour la première fois..."

Je le fixais, souriant doucement alors que je le sentais caresser tendrement mon visage. Je pouvais voir tout ce qu'il ressentait pour moi à travers son regard. C'était tellement beau, tellement fort... j'aurais pu me noyer dans ce regard. Jamais je n'avais été aimé avec autant d'intensité. C'était ça, ce que j'avais attendu toute ma vie, ce que j'avais cru avoir trouvé avec elle. Et c'était trop cruel de ne l'avoir que maintenant, de ne pouvoir profiter de lui qu'ici et seulement quelques heures par semaine.

"J'aurais adoré partager ça... Oui, j'aurais adoré partager ça avec t..."

***

Je rouvrais les yeux sur ma chambre. La sensation de son corps contre le mien s'estompant petit à petit. Moi aussi j'aurais aimé partager ça avec lui... mais je ne pouvais pas le dire. Je ne pouvais que souffrir en pensant à tout ce qu'on perdait, à cette semaine trop longue qui s'étendait devant moi avant que je ne puisse le retrouver. J'aurais voulu pouvoir murmurer son prénom, tenter de garder ainsi un petit bout de lui. Mais il ne me restait qu'une chose... cette larme solitaire qui s'échappa de mes yeux...

***

- Lorenzo c'est de la folie, vous ne pouvez pas vous connecter dans l'état où vous êtes.

Je la foudroyais du regard alors qu'elle me prenait la tête mon électrode à la main. Elle refusait de me la mettre, me refusait ces quelques heures d'échapatoire que j'avais attendu toute la semaine.

Je ne lui avais pas parlé de Shaun. Je ne lui racontais rien de ce que je vivais là bas. Sinon... sinon elle aurait su que j'avais passé ma semaine à me languir de lui. Que chaque nuit je rêvais de lui, de son corps épousant le mien. Je n'attendais qu'une chose c'était de pouvoir retrouver la chaleur de ses bras, pouvoir le voir me regarder comme il l'avait fait la semaine dernière fois. Il était le seul à me regarder ainsi, le seul qui me donnait envie de m'accrocher à cet ersatz de vie que j'avais. Je ne pouvais pas passer une nuit supplémentaire sans lui, je refusais. Il fallait que je le vois.

- Connectez moi... tout de suite...

Mais elle, elle ne voyait que ce qu'elle avait sous les yeux. Mon état s'était empiré. L'écoulement jaunatre et malodorant au niveau de ma gastrostomie ne s'était pas calmé. Je pouvais le sentir. Une odeur de mort régnait désormais dans ma chambre. Je n'étais pas dupe, je savais que l'infection gagnait du terrain. Je sentais la fièvre monter, mes forces me quitter un peu plus chaque jour. Mais je refusais d'aller à l'hôpital. Plutôt mourir que de manquer une seule connexion avec lui.

- Lorenzo... Lorens... soyez raisonnable je vous en prie, avant que votre état ne devienne trop grave et qu'on ne puisse plus rien faire. Vous avez besoin d'antibiotiques, de traitements que seul l'hôpital peut vous fournir. Vous avez entendu le médecin. Il faut retirer la sonde. Faire des soins dessus. Vous mettre sous des antibiotiques plus fort que ce que j'ai. Puis quand tout ira mieux, vous poser une autre sonde. C'est l'affaire d'une ou deux semaines. Après vous reviendrez et vous pourrez reprendre vos connexions. Mais s'il vous plait... ne laissez pas tomber maintenant.

Je la foudroyais du regard, bien campé sur mes positions. Je me connecterais. Je refusais de retourner dans cet hôpital à la con. Si je devais mourir autant que ça soit fait maintenant, que je quitte ce monde de merde dans ses bras à lui.

- L'électrode... c'est l'heure.

Elle soupira mais finit par accéder à ma demande. Je fermais les yeux, me laissant emporter là bas, peut être pour la dernière fois...


***

Je ne rouvrais pas les yeux tout de suite. Je profitais un instant du bruit des vagues, de la senteur de la mer, du vent venant caresser mon visage...

Puis je les rouvrais en entendant des bruits de pas près de moi. Je me retournais vers lui, souriant de le voir. Il était si beau, si plein de vie et de joie. Il rayonnait en souriant ainsi. Je le serrais dans mes bras, répondant à son baiser. Et j'oubliais... j'oubliais la fièvre et l'infection qui gagnaient du terrain sur moi. J'oubliais ma salope de femme. J'oubliais la souffrance que je ressentais enfermé dans mon corps. Il n'y avait que lui et plus rien d'autre ne comptait.

Je grognais pour la forme quand il me demanda d'aller me baigner sans lui, pendant quelques minutes avant de le rejoindre chez moi. Les minutes nous étaient comptées et lui il me forçait à en passer plusieurs loin de lui. Mais soit, j'acceptais et je riais légèrement quand il me parla de me baigner nu sans lui.

- Je te garde ça pour tout à l'heure promis.

J'avais des envies de baignade nu avec lui moi maintenant. Je voulais lui faire l'amour dans l'eau, sentir les vagues lécher nos corps pendant que nous nous unissions dans le plaisir. Mais je restais sage, pour le moment, attendant le temps demandé avant de le rejoindre chez moi, beaucoup trop impatient pour tenir longtemps.

Je me garais devant chez moi et souris en le voyant venir s'accouder à ma portière.

"Bienvenue à GrilladeParadise, je suis Shaun, et je suis à votre service pour les 5 prochaines heures - moins quelques minutes. Quelle est votre commande?"

Je ris avant de descendre de la voiture pour venir le prendre dans mes bras et l'embrasser.

- Si je réponds ta saucisse ça fait un peu trop phrase de beauf tu crois?

Je le serrais davantage dans mes bras avant de reprendre ses lèvres pour un baiser avide. Je le suivis sur la petite plage à côté de ma maison, regardant avec un sourire le barbecue avec les flammes courant allégrement sur les grillades, me donnant l'eau à la bouche. Je l'attirais à moi pour l'embrasser à nouveau.

- C'est vraiment parfait... merci.

Je m'approchais de l'appareil, le laissant faire et passant ma commande pour un hamburger bien saignant. Oui je sais mais on ne se refaisait pas c'était comme ça. J'avais plus que jamais besoin de nourriture bien grasse pour tenir. J'avais juste rajouté un poste radio à son décor pour que tout soit parfait. La musique résonnait doucement en fond alors que je savourais mon hamburger à ses côtés, assis sur un plaid que j'avais fait apparaitre.

Le soleil se couchant, je fis apparaitre quelques guirlandes lumineuses un peu partout.

- Pour continuer de profiter de toi...

Je profitais simplement de la soirée. Je ne parlais pas. Je voulais juste profiter de sa présence à mes côtés, de son corps que je venais doucement effleurer par moment. J'attendais qu'on termine de manger pour me perdre en lui une nouvelle fois. Enfin ça c'était jusqu'à ce que la musique change et que je parte dans un grand éclat de rire.

- Oh non... moi qui pensait que dans les années 2000 on en serait débarassé. Il faut croire qu'ils en ont fait trop de reprises.

Je secouais doucement la tête en riant.

- Attends... je vais voir si je me souviens des paroles.

Je me levais, venant me placer devant lui pour me lancer dans ma sérénade.

- Ti amo... un soldo ti amo... In aria ti amo... Se viene testa vuol dire che basta lasciamoci ti amo Io sono, ti amo In fondo un uomo Che non ha freddo nel cuore...

Je continuais de chanter, souriant alors que mon regard ne lachait pas le sien. Je me rapprochais petit à petit de lui finissant par lui tendre la main pour venir le prendre dans mes bras. Je continuais de chanter alors que je dansais légèrement, Shaun serré dans mes bras.

- Io ti amo e chiedo perdono Ricordi chi sono...


Je m'arrêtais finalement, de chanter, de danser, le regardant sérieusement.

- Shaun je...

***

- Lorens réveillez vous!!

J'ouvrais difficilement les yeux, parvenant difficilement à m'extraire de ma connexion. Non... ce n'était pas possible... pas déjà. Cela faisait trop peu de que j'étais là bas. Qu'est ce qui se passait?

J'entendais un brouha autour de moi, des personnes s'agitant dans tous les sens mais je ne parvenais toujours pas à m'extraire du brouillard dans lequel j'étais. Je les entendais parler mais je ne parvenais pas à saisir le sens de leur paroles.

- J'ai appelé les urgences. Vous n'allez pas bien Lorens. Votre état a empiré. Je ne peux pas vous laisser mourir. Lorens... Lorens vous m'entendez?

Mes yeux se refermaient d'eux même. J'avais du mal à comprendre ce que cette voix s'entêtait à vouloir me dire. Je sentais vaguement qu'on me secouait, qu'on me mettait sur un brancard. Puis plus rien...

Le noir...

La fin.

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PierreHope
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Shaun Carver
J'ai 27 ans et je vis à Andanéya. Dans la vie, je suis incognito et je m'en sor(tais) bien . Sinon, grâce à ma chance, je suis amoureux et je revis.
Alexander Calvert :copyright: tumblr.com


Je ne peux vraiment plus m'en passer...
De ses lèvres. De lui...
- Si je réponds ta saucisse ça fait un peu trop phrase de beauf tu crois?
... Bon ok de son humour si. Peut-être.

Je fais semblant d'être effaré avant de sortir à mon tour:
"Tant que tu n'ajoutes pas que "Les mouettes ont pied"...".

Pas bégueule, il continue de me dévorer de baisers et je suis à deux doigts de laisser tomber le barbuc' et de lui céder "ma saucisse" sans plus attendre.

- C'est vraiment parfait... merci.
Je ne dis rien et je laisse mon cœur virevolter sous l'effet de ce compliment.
Je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où l'on m'a remercié (hors norme sociale automatique sans sincérité d'usage chez les civilisés).

Je m'engueule de ne pas avoir pensé au poste: il vit toujours en musique... Il s'y noie même. Et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais. Je crève sans musique... Elle m'a littéralement sauvée la vie.

Comme lui...

Son petit poste me fait penser à celui de Papé quand il bricolait en sifflotant les jingles... J'y comprenais rien aux blagues des gens à la radio mais je riais avec lui.
On chantait aussi..
... J'aimerais tellement leur parler.
Leur parler de Loren's.
Et de ce qu'il m'apporte...

Même si ce mec n'a aucun goût à prendre sa viande dégueulassement limite crue (pwerk).

Le décor de carte postale cliché hétéro-romantique est parfait quand il ajoute les loupiotes, mais je ne dis rien et je n'ai même pas envie de le chambrer: je me sens comme un ado amoureux à son 4eme rencard (oui le 1 on stresse à mort-ou on est dythirambique, le 2 on galère encore, le 3 ça commence à être mieux et on est vraiment à l'aise qu'au 4e, car le lien s'est vraiment "établi"...

J'ai posé ma tête sur son épaule, un peu appuyé sur lui au niveau du dos. Je profite de lui, de sa présence, de son contact parfois.
Je laisse le temps s’égrener lentement le long de notre bulle.

Et puis soudain, la guimauve de trop...
Une des pires chansons cliché d'amour dégoulinante et suintante de bons sentiments.

Je ris avec lui et j'allais enchaîner sur un clash de ce morceau d'anthologie de nunuchité, mais voilà que mon bel étalon a une crise de Pavarottisme et se lève pour pousser la chansonnette (ça doit être son côté latin j'en sais rien).

Bon joueur, je ne me fous pas immédiatement de sa gueule et je l'écoute sagement s'amuser à faire sa fausse sérénade de nanard à l'eau de rose.

En tout cas...

En tout cas c'est ce que je voulais faire.
Mais passé le célèbre "Ti momo"... Quelque chose dans son regard et sa façon de prononcer ces mots auxquels je ne comprend rien ne sachant que dire 6 mots en Italien touchent une corde qui finit par me faire lever, et une part de moi toute enfouie tente même d'appuyer sur le bouton "Fuite"...

Pas besoin de comprendre la langue d'une chanson: elle peut nous toucher par son langage universel. Et là... C'est l'interprétation qui parle d'elle-même.

J'ai pris sa main tendue et fermé les yeux quand il m'a serré dans ses bras, n'osant trop croire à ce que mon âme avait crû comprendre. Je me laissais bercer dans ses bras sur ses lentes circonvolutions, essayant de préserver un fragment de moi qui garderait les pieds sur Terre, qui ne se laisserait pas entraîner dans ce fol espoir.

Non.
Non car... ça ferait trop mal si...
Et si je me faisais des idées?

Pourtant, j’attends le cœur au bord des lèvres les yeux un peu écarquillés quand mon playboy pose son regard déterminé sur moi...
Je crois que je tremblerais si je ne me retenais pas (je suis lamentable).

- Shaun...
Je suis comme les autres.
Stupide et affamé d'amour.
J'ai sans doute attendu ce moment toute ma brève vie sans le savoir...
- Shaun je...

Et puis... Il a disparu.

Comme s'il n'avait été qu'un mirage.
Un rêve.
Un doux rêve...
Une chimère.
Un fol espoir que j'avais touché du doigt.

Je m'enjoins au calme et m'auto-traite de "drama-queen": Calmos.
C'est juste un problème de connexion. Il va revenir.

Il revient chaque connexion.
Je dois être patient...

Et j'ai patienté.
1h. 2h... Puis j'ai perdu le compte.
Je suis demeuré amer et inquiet sur ce bout de plage isolé, n'osant faire un geste de peur d'un peu plus briser mon illusion.

Puis, la déconnexion.



***

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Sarah Cooper
J'ai 27 ans et je vis en France. Dans la vie, je suis hackeur. Sinon,  je suis enfin moi et je le vis ... car je suis avec Lui mais sans l'être vraiment...
Erika Linder :copyright: films7.com


J'ai passé les jours suivants dans les affres d'un temps qui ne s'écoulait plus et qui s'étiolait à un vent mauvais.

J'ai retrouvé mes démons.
Ana, Deb, Cat et Isaiah sont revenues me chercher et je les ai suivi sans résister.
Sue s'est pointée aussi mais j'ai décliné.
Pour le moment, je le cherche encore, errant tel un fantôme sur les lieux que nous avons arpentés ensemble.

Mais personne ne l'a vu et ici... Ça ne surprend personne.
Je me suis fait exclure de la dernière session parce que j'ai foutu mon poing dans la tronche d'un con qui m'a dit que "Lorens il a camé, tu devrais te faire une raison.".
Sale con.

Il ne peut pas avoir clamsé: c'est moi qui le tuerais.

Pour m'avoir lâchement abandonné après m'avoir fait croire à un monde de licornes, de cookies et d'arcs-en-ciel qui dansent la lambada.

"- Je ne te laisserais pas... je te le promets..."
Menteur menteur MENTEUR!!!

***

J'avais crû choisir le prénom de Shaun par hasard...
Mais je m'étais menti à moi-même, il est vrai sans le savoir.

Je ne rêve jamais (en tout cas je ne m'en souviens pas) mais à mon réveil ce matin, je me suis rappelé:

Shaun...
Shaun c'était mon nom quand on jouait.
Quand j'inventais des histoires.
"Je suis Shaun, et je vais pou'fendre ce dragon!".

J'avais toujours été Shaun.
J'étais Shaun.

...

Et j'étais amoureux.
Ou en colère.
En fait, ça se ressemblait un peu tout ça pour moi:
j'atomiserais tout ce qu'il y aurait entre moi et Lorenzo.

Parce que oui, j'aurais dû faire confiance à mon micro don à la con: c'était bien un truc en 'o'. Et pas n'importe lequel... Lorenzo Baratta, patron de multinationale dont le gros paquet lui permettait de prétendre à s’asseoir à la table des plus grandes fortunes d'Europe...

J'avoue, une partie de moi a été révulsée.
Réflexe inconditionné de personne issue de la classe dites "ouvrière", ou de militant.e acharné.e de l'égalité des richesses...

Mais au final, je me la jouais Selena Gomez des films de Nolan: j'avais du pognon débordant de mes différents 'placements' et je me targuais d'être meilleur.e que lui alors que je ne faisais pas plus (voir moins) d'altruisme (intéressé sans doute) que lui.

J'avais utilisé ce fric pour ma gueule, pour acheter des infos et choper les plus privées me permettant de le retrouver. Je ne pouvais pas empêcher cet abruti de palpitant de battre plus fort en voyant sa photo s'étaler dans les divers onglets.
Je ne pouvais pas ignorer cette jalousie crasse qui m'envahissait quand je lisais ou voyais Monsieur Baratta au bras de sa (connasse) de bonne femme avec un sourire Colgate integral... Un vrai Tony Stark version Italienne 'mon' Loren's (et fidèle de ce que je lisais).

Mais je me souvenais de chacune de ses paroles, que j'avais bien eu le temps de me passer en boucle depuis sa "disparition".
"Je n'aimais que les femmes d'ailleurs. J'en avais eu un certain nombre dans ma vie. ".  
Donc il n'en a plus...
Je ne sais pas pourquoi.

Peut-être lié à ce "Tragico Incidente" placardé dans les articles de journaux. Lorenzo n'avait plus paru en public ensuite... On voyait juste sa grogn... "femme". Sans doute étaient-ils encore mariés pour je ne sais quelle raison et je m'en tamponne.
Quel que soit son état, il me DOIT une explication...
Je marmonne "Il a intérêt à avoir une bonne excuse...".
Je ne me pose même pas la question de s'il veut ou peut me voir ou non, je m'en fiche: je ne lui laisserais pas le choix.

J'ai bloqué un énième mail de menace par Monsieur le grosclientd'Anda himself et j'ai attrapé un sac où j'ai collé quelques trucs avant de claquer la porte.

Un long chemin m'attend...
Et au bout enfin, mon espoir récompensé ou détruit.
Mais tout plutôt que de rester dans cette langueur d'enragement et de tristesse qui menacent de tout dévaster.

*****

"C'était mieux avant.".
Andanéya c'est une version édulcorée de ce qu'étaient VRAIMENT ces années d'avant.
On oublie l'oppression des femmes.
Des minorités.
De la différence.

Il faut sans cesse et sans cesse se battre et se dresser contre l'ignorance et la bêtise.
Et... c'est usant.
Fatiguant.
Éreintant.

Sarah (si elle a jamais existé), est fatiguée.
Terriblement fatigué.e de lutter.

Iel l'a trouvé lui, lui qu'iel n'espérait plus.
Un comme lui, jamais elle n'en a rencontré.
Jamais il n'aurait pensé que ça existait. Et surtout...
Qu'on aurait pu l'aimer.
Ellui.

Enfin, plus de dualité.
Plus de combat contre soi-même et sur ce qu'iel a toujours été: Il.
Juste il.

Juste Shaun.

Alors...
Elle part (jolie petite histoire).
Ou... Iel s'accomplit enfin.

L'image du papillon et de sa chrysalide est trop gnangnan mais... C'est ça.
Pile ça.
(Une mort pour mieux renaître en quelque sorte).

Sarah n'est plus: à présent, iel est Shaun.
Libre, fier... Et amoureux.
Terriblement amoureux.

Si amoureux que le voilà dans le car à 4h15 tapantes, lui qui a toujours détesté se lever aux aurores, préférant s'endormir ou sombrer plutôt à cette heure, oiseau de nuit fuyant la vie lambda si triste.
Tellement triste...

Cette vie que cet homme a illuminé par sa venue.
Cette vie qui a trouvé son sens à ses côtés, et qui est soudain redevenue vide.
Vide et absurde.

Ses cernes sont marquées mais son œil est déterminé alors qu'il fixe le paysage qui défile sans capter son intérêt, casque vissé sur les oreilles.

Les paroles pulsent, puissantes, hypnotisantes, gravant son message dans ses synapses tandis qu'elle remue les lèvres en silence sur les paroles qui grattent son âme éperdue de lui:
"Every day I wake up
I hope I'm dreamin
I can't believe this shit
I can't wait til that day, when I see your face again...
".

Ouais, c'est une chanson d'amour fraternel et de deuil.
Mais la possible perte de l'homme, du seul autre être humain à être devenu aussi intimement lié à lui...
Ça fait écho.
Ça résonne dans son cerveau qui ne dors jamais.
Et qui ne fait plus que penser à ce foutu prénom en boucle.
"Loren's...".

Rien ni personne ne se mettra en travers de sa route.



***

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Shaun Cooper
J'ai 27 ans et je vis en France. Dans la vie, je suis hackeur. Sinon,  je suis enfin moi et je le vis ... car je suis avec Lui mais sans l'être vraiment...
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J'avoue, j'ai marqué un temps d'arrêt et la musique qui passait à ce moment et avait rythmé mes premières heures puis jours auprès puis loin de Loren's reprenait tout son sens...
Putain, on aurait pu faire vivre combien de gens là-dedans...? Quel besoin il avait d'avoir une baraque qui puait autant le fric avec sa connasse?? Et sa petite plage privée, et...!

Je serrais convulsivement les poings pour retrouver la maîtrise de moi.
Je repensais à sa chanson sur la plage.
J'étais allé voir le sens des paroles qu'il avait choisi de me chanter...

C'était une déclaration.
Une vraie avec les angelots joufflus et tout le barda qui s'envoyaient du rouleau de PQ rose Molmonel.
On ne m'avait jamais fait une telle déclaration...
Oh j'avais eu des "Ze t'aime" de gens bourrés ou des convaincus sous l'effet des endorphines, des baratineurs/ses, mais...
Je ne répondais jamais et je n'y croyais pas.
Je n'écoutais pas.
Là j'avais écouté et...

... Putain, j'avais envie de le croire.

Mais ce con s'était tiré.
Et je voulais savoir.
Savoir si je devais rentrer et en finir une bonne fois pour toute avec ma "dose létale" qui m'attendait, bien rangée dans sa petite pochette et que je n'avais pas eu les baloches de prendre durant toutes ces années, préférant ajouter de nouvelles lignes à ma collection.

Eh, ptet qu'au final j'attendais un.e bâtard.e de prince.sse charmant.e...
Quel nazebroc je fais.
Pas de chevalier.e, pas de baisade sauvage dans les fourrées (sous entendu par un chaste bisou chiant comme les blés)...
Juste toi, à poil avec ta bite et ton couteau face au monde et à ses monstres...
(face à TES monstres surtout).

Au moins cette fois...
J'en aurais le cœur net (et sans doute arraché mais on s'en fout vu qu'il ne battra plus vraiment en quelque sorte).

"... Aucune barrière? Aucune sécurité...?".
Ah si des caméras mais c'est couillon, j'ai les lunettes et la capuche.
Et en fait... J'en ai mais tellement rien à branler...
Qu'on en finisse, c'est tout ce que je veux.

Je retire mon casque pour le laisser tomber dans mon sac à dos et je suspend mon geste en voyant la porte s'ouvrir à la volée: est ce que ça serait...?

Ah non c'est bobonne.
Quoi que...
Nan c'est pas sa sale gueule de caniche peroxydé.
Et m'étonnerais qu'elle soit gaulée autrement que comme un cintre de ce que j'ai vu en photos...
Et puis la blouse blanche... C'est pas du plus grand fashion à Milan, non?
... Ou j'ai interrompu un super jeu de rôle- au final sa gonzesse il la kiffe toujours, il est pas si foutu foutu que ça-eh l'argent achète tout non?? et c'était du bullshit- et j'en suis R-A-V-I...
... Je vais les buter tous les deux.
Et je me ferais un collier avec son service 3 pièces.

J'enlève mes lunettes et la capuche et je franchis les quelques pas qui nous sépare.
Elle me jauge, je soutiens son regard mais je commence à m'agacer: je me suis tapé plus de 10h de transports cumulés, j'ai chié dans un trou dans une forêt où j'ai profité de chasser mon dîner faire un feu et... Nan je déconne, les wcs de l'arrêt route étaient juste fermés donc j'ai improvisé - merci Dame Nature pour le torchage irritant au fait!- je suis dégueulasse, et c'est pas une garde malade ou même une armée qui va m'arrêter.

J'ouvre la bouche mais elle me prend de court souriant et me parle dans cette jolie langue que je suis en train d'apprendre... Alors je ne comprends pas tout.

Flippant, elle a l'air de me (re?)connaître et la petite brune me sort le mot magique:
"- Andanéya?" je réponds "Loren's.".
C'est comme si on parlait soudain la même langue et je fais un pas vers elle pour lui montrer pourquoi je suis venu: je veux le voir et je le verrais.

Je n'arrive plus à suivre son discours, je suis trop fatigué, mais sa voix est chaude et apaisante. Sourire, elle me désigne le chemin à suivre en s'effaçant de la chambranle.

... Je passerais sur la déco rococo à vomir (je suis persuadé qu'elle n'est pas de lui... Même dans sa période "avant". Ces goûts de chiotte c'est "Elle"...).

Je monte les paliers rapidement, notant vaguement que la déco s'est améliorée et est plus épurée: ah là voilà, c'est plus design plus classe, plus "Lui"...

Je stoppe avant les dernières marches et je songe deux secondes à mon apparence avant de hausser les épaules... Puis de sniffer vite fait mon dessous de bras: ouais bon aller ça passe.
Et vu l'odeur que j'ai capté et qui m'évoque des souvenirs de Mamé plus que désagréables...
Quelque chose me dit qu'il s'en foutra.

... Et puis merde je m'en fous de sa réaction!

Joignant le geste à la parole, j'enjambe d'un seul tenant les dernières marches et mon regard est attiré par la lueur éblouissante qui m'accueille et m'inonde.

Je plisse les yeux et lève ma main: le soleil... Le bruit de la mer... Et le bas du rideau qui frôle lentement le sol au gré du vent.
Comme chez lui.
Comme à sa cabane...
Comme Là-Bas.

Je reste un instant saisi et mon regard se porte sur le reste de la pièce: presque rien sauf... Sauf ce lit.

Je m'avance et...
C'est un déchirement...
Un crève cœur.
De le voir ainsi amoindrit, immobile sur ce lit, émacié...
Lui si beau. Lui si vif...
Mon palpitant saigne et moi qui avait peur qu'il ne s'effraie...
Il est juste toujours rempli d'amour et il l'a reconnu.
C'est Loren's.
Lorenzo... Qu'importe.
Il est là, il est en vie...

Seul son oeil qui me fixe semble vivant, incrédule.
Pourquoi est ce qu'il n'est plus venu?
Pourquoi...

J'ai 1000 questions mais il en a une plus importante je pense car...
Il n'a pas l'air de me (re)connaître.

Je n'ai appris que les rudiments de sa langue mais je tente dans un Italien sans doute mal maîtrisé:
"C'est moi... Shaun. Tu.. Tu ne me reconnais pas?".
Pourtant moi je l'ai reconnu...

J'ai les larmes aux yeux mais je les ravale fièrement.
Cependant... La douleur sourde qui me vrille...
Je ne peux pas la cacher.

Je lui présente mon visage de ma main et demande d'une voix meurtrie par le chagrin:
"Loren's... Pourquoi tu me vois pas?".

... Et la vérité me saute à la gueule (c'est le cas de le dire): c'est le visage de Sarah... Pas le... "Mien", celui qu'il connaît à Anda...
Pourtant c'est moi, c'est bien moi.
J'ai de nouveau terriblement mal.
Mal à en crever...

Il ne voit que mon apparence, comme les autres...

Pourtant j'ai crû que...
Que lui verrait au-delà.

C'était stupide.
J'étais tellement stupide...

Stupide de croire qu'il y avait quelque chose pour moi en ce monde ou Là-Bas.
Stupide de croire que j'avais le droit au bonheur.

Mais je suis là maintenant et moi...
Moi j'assume mes choix et les chemins que j'emprunte.
Tant pis si je me suis trompé.
Au moins... J'aurais essayé.
Encore une fois...
Une ultime fois.

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Beloved
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Lorenzo Baratta
J'ai 36 ans et je vis dans un petit village, en Italie. Dans la vie, je suis patron d'une multinationale et je m'en sors bien. Sinon, grâce à ma malchance, je suis marié et je le vis plutôt mal.

Mais je ne suis rien... qu'une coquille vide qu'on force à exister.... on ne peut même pas appeler ça vivre... je ne vis pas... je ne peux pas mourir alors je reste là...


ewan mc gregor :copyright:️ savage

J'émergeais finalement. J'ouvris les yeux sur ces murs trop blanc, avec le bruit incessant des machines autour de moi. Ca encore j'avais l'habitude à la maison. Mais il ne me fallut pas longtemps pour comprendre ce qui se passait. J'étais à l'hôpital et j'étais vivant. Malgré tous les efforts que j'avais déployé pour mourir, il avait fallu qu'on vienne m'en empêcher. J'aurais pu partir heureux. J'étais bien à Anda. J'étais là avec Shaun dans mes bras. J'aurais pu mourir comme ça, heureux dans les bras de celui que j'aimais. Mais il avait fallu que Paulina me ramène de force de là bas, qu'elle m'envoie à l'hôpital et qu'elle me sauve la vie. La salope.... elle allait me le payer elle pouvait en être certaine. Qu'elle ne s'imagine pas qu'elle allait rester longtemps à mon service. Dés que j'aurais trouvé quelqu'un pour la remplacer, elle dégagerait. Mais forcément j'allais devoir attendre de rentrer chez moi et de pouvoir communiquer à nouveau. Peut être que je pourrais trouver un gars pas trop regardant. Un mec qui accepterait de m'achever moyennant un peu d'argent. Ca devrait pouvoir se faire. Il y avait des gens sans scrupules un peu partout que l'appât du gain rendaient prêts à tout.

Je venais à peine d'émerger qu'une de ses pétasses en blouse blanche arriva dans ma chambre. Toujours avec son sourire de faux cul de merde. Et la voilà qui se mettait à babiller joyeusement, comme si le fait que je sois en vie était la meilleure nouvelle du monde. Ouais... youpi... encore quelques années de plus dans un état de légume sans aucune perspective pour voir ma situation s'arranger, sans espoir de pouvoir rester là bas. Génial... j'étais exactatique elle ne le voyait pas?

Mais non elle continuait de parler toute seule, m'expliquant que j'étais resté sédaté plus d'une semaine, qu'ils avaient vraiment eu peur de me perdre mais que heureusement le médecin avait réussi à me sauver. Ouais.... si je pouvais je danserais de joie à cette idée. Elle continua de parler m'expliquant que j'allais devoir rester encore une semaine de plus, le temps que les antibio fassent effet. Mais j'étais sauvé. Ils m'avaient retiré ma sonde infecté et ils m'en reposeraient une autre avant mon départ. Joie....

Moi tout ce que je voyais, c'était que j'avais déjà raté une connexion et que j'allais surement encore en rater une autre.

***

"Nous voulions vous demander d'ailleurs Madame. Nous avons du mal à communiquer avec votre époux. C'est fort dommage de ne pouvoir installer son système ici mais malheureusement nous ne pouvons le faire. Nous nous contentons de un clignement pour oui et deux pour nous. Mais... par contre... parfois il cligne trois jours des yeux... on ne comprends pas ce qu'il veut dire."

Je pouvais sentir le regard de ma tendre épouse me foudroyer alors qu'elle s'installait dans la petite chambre lugubre. La pauvre infirmière la regardait l'air mal à l'aise. Moi si j'avais pu je me serais marré là tout de suite. On allait voir si elle allait leur avouer la vérité. Elle savait très bien, elle ce que ça voulait dire les trois clignements.

Elle regarda d'un air las la jeune femme qui attendait la réponse mal à l'aise.

- En général, ça veut dire que vous pouvez aller vous faire foutre. Ne vous en faites pas mademoiselle. Mon mari se croit très drôle. Il a surtout un caractère.... difficile à vivre tous les jours. Essayez de ne pas le prendre trop personnellement quand il fait ça.

Je pouvais voir la petite pucelle d'infirmière se mettre à rougir quand elle lui expliqua la vérité. Ca allait être drôle aussi maintenant. Au moins elles comprendraient clairement qu'elles pouvaient aller se faire voir avec leurs questions à la con. Ma chère et tendre attendit qu'elle soit partie pour me parler, ou plutôt m'engueuler.

- Tu es vraiment impossible Lorenzo. Elles sont là pour s'occuper de toi. Tu n'as pas à être désagréable avec elles.

Non c'était vrai. Je voulais être désagréable avec Paulina qui m'avait sauvé contre mon gré. Je voulais être désagréable avec cette salope en face de moi qui avait ruiné ma vie, qui n'avait même pas pu viser juste et me tuer sur le coup, qui m'enchainait dans cette vie qui n'était qu'un calvaire pour moi, qui me refusait de vivre avec celui que j'aimais... mais je n'avais que les infirmières sous la main pour évacuer mes nerfs et ma frustration.

- Pas besoin de parler. Je sais ce que tu te dis. Tu m'en veux de ne pas signer les papiers pour que tu ailles vivre là bas définitivement. Je le sais.

Pour une fois qu'elle n'était pas complètement conne...

- Mais qu'est ce qui me garantie que tu vas tenir parole? Que tu ne vas pas m'envoyer en prison une fois mort? Tu auras eu ce que tu voulais, tu auras obtenu ce que tu voulais de moi, alors tu pourras partir sereinement en sachant que tu t'es bien vengé. Je préfère te garder là mon amour. On restera lié comme ça toi et moi, dépendant l'un de l'autre pour avoir ce qu'on veut. Tu comprends un peu mieux ce que je ressentais avant, quand toute ma vie dépendait de ton bon vouloir. Oeil pour oeil mon amour...

Je la laissais partir, ne prenant même pas la peine de cligner trois fois des yeux. Je m'occuperais de son cas plus tard. D'abord le gars pour m'aider... et ensuite l'envoi du récit de ce qui s'était passé...

***

Trois jours que j'étais rentré à la maison. Après plus de deux semaines d'hospitalisation, des soins à n'en plus finir, muet, entouré d'une bande de connasses insupportables, j'étais enfin chez moi. J'avais ignoré Paulina, ne lui répondant même pas alors qu'elle me regardait en souriant, ravie de voir que j'étais de retour et que j'allais bien. Elle ne regrettait même pas ce qu'elle avait fait cette pute!!! Elle en était même fière. Elle parlait toute seule pendant les soins avant de finalement s'arrêter quand elle voyait qu'elle n'avait en face d'elle qu'un silence froid en retour.

Je n'avais pas dit un mot depuis que j'étais rentré. J'étais trop en colère. Je les haïssais tous. Je me concentrais sur deux choses. Mes recherches pour trouver le remplaçant de Paulina, celui qui m'aiderait à fuir cette situation. Et Shaun... j'allais pouvoir le retrouver ce soir. Après la façon dont j'étais parti, les deux connexions que j'avais manqué, j'espérais le retrouver, qu'il ne m'en veuille pas trop. Il fallait que je lui explique ce qui s'était passé. Ce n'était pas contre lui. Je n'avais pas eu le choix.

Et il fallait que je lui dise... que j'aille au bout de ma phrase... qu'il sache que je l'aimais...

***

- REVIENS ICI ESPECE DE SALOPE!!!

Mais elle secouait la tête, se détournant de moi et essayant de s'échapper.

"Je suis désolée Lorens. Le médecin veut attendre que vous soyez pleinement remis. Vous n'êtes pas encore en état d'aller là bas... Je suis désolée...

Et elle s'en alla, me laissant seul immobile dans mon lit alors que je hurlais tant que je pouvais avec cette maudite machine.

- TU N'AS PAS LE DROIT DE ME FAIRE CA!!! Paulina... PAULINA PUTAIN DE MERDE!!!! PAULINA!!!!

Je voulais pouvoir m'énerver, réellement m'énerver. J'avais envie de tout fracasser dans cette chambre. Prendre ce maudit écran d'ordinateur et l'envoyer valser à travers la fenêtre, la faire se briser en mille morceaux. Puis prendre ce lit, le pousser de toutes mes forces pour qu'il bascule par le fenêtre et aille s'écraser sur cette terrasse à la con, qu'elle bousille les fleurs de l'autre pétasse, celle que son gigolo de jardinier faisait pousser pour elle. Je voulais tout détruire, hurler à m'en briser les cordes vocales pour faire sortir toute cette rage que je ressentais.

Mais je restais là... immobile... pleurant sans pouvoir rien faire d'autre...

***

Je n'avais pas décroché un mot. Je ne lui avais prêté aucune attention pendant tout le temps où elle m'avait fait les soins. J'étais vidé.... je n'avais plus rien à quoi me raccrocher. J'avais tenu à l'hôpital en me disant qu'à ma sortie je pourrais me reconnecter et repartir le voir. Mais je n'avais même plus ça. Ils ne voulaient plus me laisser y aller, pas tant que je serais aussi faible selon eux. J'étais encore sous antibiotique. J'aurais droit à ces saloperies pendant des semaines encore. Alors si je devais attendre autant de temps... autant crever tout de suite. Ils m'avaient tout enlevé, pourquoi ne me laissaient ils pas mourir qu'on en finisse une bonne fois pour toute? Ca leur plaisait tant que ça de m'avoir là, plante verte laissée dans un coin? A quoi je leur servais au juste comme ça? Ma femme je savais, mais pourquoi Paulina s'amusait elle à ça? Si elle tenait vraiment à moi, pourquoi ne m'aidait elle pas?

"Je vais y aller Lorens. Je peux faire quelque chose pour vous encore?"

J'aurais peut être du les retenir, ne pas les écrire ces mots. Je l'avais choqué en le faisant. J'avais vu l'air qu'elle avait. Peut être mesurait elle ainsi le mal qu'elle me faisait? Peut être comprenait elle enfin ce que je voulais.

- Tues moi.

Elle avait levé la main, masquant rapidement sa bouche, le hoquet d'horreur qu'elle avait eu. Elle savait que j'étais sérieux. Jusqu'à présent elle s'était peut être imaginé que si je ne voulais pas me faire soigner c'était parce que je ne voulais pas aller à l'hôpital, que je faisais simplement ma tête de mule. Mais la réalité était toute autre...

"Vous retournerez le voir bientôt... je vous le promets..."

Je ne répondis pas alors qu'elle s'en allait. Je savais désormais que ses promesses ne valaient rien. Il valait mieux que je reprenne mes recherches pour trouver celui qui m'aidera.

J'étais d'ailleurs entrain de surfer sur internet pour le trouver quand j'entendis du bruit. Putain mais ce n'était pas possible!! Je ne pouvais pas être tranquille cinq minutes. Il fallait qu'ils viennent défiler à mon chevet comme si j'en avais quelque chose à foutre de ce qu'ils pouvaient me dire. Je n'accepterais désormais la présence que d'une personne, celle qui viendrait m'aider.

Je fermais rapidement les pages, remis mon écran de commande vocale avant de fixer la personne qui arrivait.

Comme quoi... cette pute pouvait encore me surprendre. C'était nouveau ça. Je fixais la personne qui entrait dans la pièce, me demandant ce qui avait pu prendre à ma femme pour inviter quelqu'un au style aussi... négligé dans ma chambre. Elle avait trouvé une nouvelle façon de me torturer? A quel jeu elle jouait là encore?

"C'est moi... Shaun. Tu.. Tu ne me reconnais pas?"

Je détaillais la personne, me concentrant sur son physique. Non ce n'était pas Shaun. Le corps était étrange, trop longiligne, sans forme, sans rien de ce qui m'attirait chez lui. Je m'attardais ensuite sur le visage. Ce n'était pas le sien, pas celui que j'avais contemplé à la lumière de la lune allongé dans mon lit là bas. Et pire que tout, je devinais un peu trop de traits féminins dans ce visage. Je le sais. Moi non plus je n'ai rien à voir avec le Lorens qui évolue là bas. J'ai eu la coquetterie de prendre une apparence plus jeune, pour retrouver l'époque où je profitais de la vie en toute innocence, inconscient de la chance que j'avais. Mais là... le changement était beaucoup trop important. Je ne retrovuvais rien de Shaun dans cette personne.

"Loren's... Pourquoi tu me vois pas?"

Mais ce surnom... il n'y avait que les personnes d'Anda qui le connaissaient. Ici j'étais Lorenzo, voir pire, Monsieur Baratta. Alors je réalisais petit à petit... c'était bien Shaun, mon Shaun que j'avais devant moi. Et ma colère explosa de nouveau.

- C'est l'autre salope qui t'as fait venir? Elle trouvait ça drôle peut être?

Ca la faisait surement rire de se dire que j'avais pu tomber amoureux d'une personne dont j'ignorais tout. Et je voyais désormais à quel point je ne savais rien de Shaun. Une femme... elle s'était bien foutu de ma gueule. Ca avait du la faire marrer à l'autre pute d'apprendre ça. Je continuais de la fixer, essayant de percer ce à quoi elle pensait.

- Peut être pas... elle est trop conne pour avoir deviner quoi que ce soit.

Il n'y avait que Paulina qui était au courant que je voyais quelqu'un là bas. Et elle ne m'aurait pas vendu. Elle la détestait elle aussi, jamais elle n'irait lui vendre des infos sur moi.

J'aurais voulu pouvoir soupirer d'agacement en voyant la tête d'ahurie de la pétasse numéro deux. Elle ne captait rien de ce que je lui disais en italien. Déjà que je me faisais chier avec cette merde, en français ça serait encore pire.

- Tu t'es foutu de ma gueule toute seule comme une grande c'est ça? Ca te faisait bien rire de te faire passer pour un mec là bas? Ca te fait rire de me voir comme ça aussi je suppose? A moins que ça n'ai été une combine pour me soutirer de l'argent? Te faire passer pour un mourant. Prendre l'apparence d'un homme pour me séduire. Si je n'avais pas arrêté de me connecter tu aurais fini par me demander de l'argent c'est ça? Avoue!!

Je la fixais durement. Putain ce petit discours m'avait pris tellement de temps à écrire.... ma machine était réglée pour l'italien, pas le français. Ca avait été horriblement long d'écrire tout ça. Tellement douloureux aussi. Il... Elle s'était bien foutue de ma gueule. Je ne savais pas quel était son but mais elle pouvait être fière d'elle même. Elle m'avait retiré la seule chose qui m'avait aidé à tenir un minimum. Ca ne servait plus à rien que je m'abaisse à supplier la poufiasse de rester là bas. Personne ne m'y attendait.

Je pouvais plus continuer comme ça. Vivre cette vie de souffrance sans fin.

Je ne pouvais plus...

Par pitié...

Que quelqu'un ait pitié de moi et me tue...


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