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 Karma is a.... Do NOT talk to me about Karma, I'll kill you! ~Neil et Siobhan, part 1~ [Avertissement : sujet violent] ~Calville~

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Calville
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INSCRIPTION : 30/06/2018
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CRÉDITS : Funnyanimals2017

UNIVERS FÉTICHE : Historique, Science Fiction, Reel
PRÉFÉRENCE DE JEU : Les deux

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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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• Poetically Pathetic •
Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant

La voiture, les mots qui s’évadent de leurs lèvres, les idées qui tournent en leurs esprits pour ne pas penser à ce vase clos de l’habitacle qui les condamne à devoir se supporter une demi-heure et au vrai problème d’une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils le savent tous les deux, leur vie ne tient qu’à un simple fil.  Même si la colère est disparue - au moins refoulée- pour tenter de ne plus commettre d’erreur, une césure sévère les éloigne malgré la main féminine glissant ongle contre peau dans des vagues tumultueusement délicates et qui agitent le cœur de l’Irlandais. Il ne peut retenir un vague rire à sa remarque sur sa « crédibilité », remarque à laquelle il répond brièvement sans la regarder laissant le trouble de sa proximité ancré en lui, priant pour qu’elle n’en prenne pas conscience, qu’elle ne le repousse pas, son indifférence valait tellement mieux que son refus de sentiments envers elle.  

- Je n’ai aucune crédibilité avec toi Sio, meme si je te disais bonjour, tu irais vérifier qu’on est bien le jour et pas la nuit. Ne.. le nie pas.

Retour presque amusé à L’envoyeur. Il n’avait aucune illusion sur ce qu’elle pensait de lui, il ne tenterait rien de plus pour la convaincre, pas aujourd’hui, peut-être un jour aurait-il son pardon, peut-être jamais, peut-être un jour voudrait-elle savoir, écouterait-elle, comprendrait-elle ... Il craignait tellement cette confrontation avec elle. Durant si longtemps il avait ressassé chaque détail de sa vie avec elle, de sa vie ultérieure, du pourquoi de son gâchis simplement par pure vengeance, alors qu’il aurait pu, qu’il aurait DU lui parler. Aujourd’hui persuadé que la jeune femme l’aurait compris, il y aurait eu cris, claquage de porte, déchirure, mais pas autant que ce qui se déroulait sous son regard. Il se flagellait de son manque de confiance envers elle, plus exactement de ne pas l’avoir mêlée à tout ça, sur l’instant ca lui avait paru une idée formidable de vouloir tout gérer lui même. Aujourd’hui c’était la cicatrice indélébile que portait son cœur.  Il était venu la chercher certes, il lui avait sauvé la vie certes, mais est-ce que cela pouvait l’excuser d’avoir brisé ce cœur irlandais qui avait tant confiance en lui ?

L’appartement, nouvelle et vague confrontation fatiguée entre les deux anciens amants aux caractères enflammés. Chacun croit avoir raison, chacun le veut et pourtant aucun n’est plus en état de prouver quoique ce soit. L’épuisement est général, les idées arrêtées resteront à leurs points d’ancrage sans en bouger d’un iota, corps et âmes ont besoin d’une pause, d’un pouce à lever pour dire stop. Et pourtant jusqu’à l’hallali ils se battront en duel à la débâcle finale. Sans crier il se cale devant elle récupérant ses appareils pour les poser sur le plan de travail de la cuisine à côté des courses qui resteront dessus.


- Ecoute moi bien Sio, j’ai foiré trop de chose avec toi et ton frère pour ne pas tenter de me racheter, je ferais ce que j’ai à faire, que cela te plaise ou non, toi plus que n’importe qui d’autre est ma priorité et si Baile veut me voir mort pour qu’il te laisse la vie, si c’est sa seule demande, alors ça sera comme ça, je ne joues pas au martyr, je joue à celui qui cherche à te protéger, tu n’auras rien à dire, comment m’as-tu clamé ca tout à l’heure, tu en as perdu le droit !

Claquer cette fausse vérité en pleine gueule, c’était limite cruel, mais il était ainsi, perdant le compte du nombre de fois où il s’était fait insulter de part ce genre de remarque acerbe, car en plus d’être irascible Neil était horriblement têtu. Elle le savait pourtant. Ne comprenait-elle pas que sans elle il n’y avait rien dans sa vie ? Qu’elle en était la détentrice depuis 7 ans, et que sans elle.. sans elle, rien n’avait de saveur, l’eau, l’air, la nourriture, tout lui était diffèrent, fade. Heureusement la solution de la drogue lui revient, heureusement il n’avait pas jeté le sachet de Sio quand il l’avait vu, heureusement il lui avait promis qu’ils pourraient s’enfiler ici ce qu’ils voulaient. Alors il s’enfilerait ce qu’il voulait et qu’importe le reste, qu’importent ces conneries entre eux, qu’importent les irlandais. Il était à bout et pire que cela, il ne voyait aucune porte de sortie. Peut-être aussi en cela qu’il avait besoin d’une dose bien concentrée afin de reposer son esprit pour la fin de journée pour demain être en forme. Il ne savait pas, il ne savait plus. Je vous emmerde tous ! L’aiguille est enfoncée, la pression commence à s’exercer sur le piston et c’est un corps féminin qui se jete à ses côtés qui lui fait suspendre son geste l’espace d’une seconde. Elle le retient, elle l’engueule, elle le supplie, l’insulte. Pourquoi fait-elle cela, pourquoi l’en empêcher, qu’est-ce que cela pouvait lui faire de le voir se shooter ? ce n’est pas lui qui a ramené cette drogue dans l’appart alors merde !

Le regard posé sur elle était à la limite de la supplication, pourquoi ne le laissait-elle pas abandonner au moins ce soir ? Alcool, morphine et héroïne, et alors, mêles toi de tes affaires, pourquoi tu ne m’as pas laissé te parler il y a 5 ans, tout aurait été diffèrent, tu aurais pu comprendre ! Tu devrais comprendre aujourd’hui que je crève sans toi, je suis prisonnier d’une vie vide que tu m’as laissé. Lui crier ces mots aurait été si facile,  la rendre responsable de ces maux l’était tout autant, mais la vérité s’imposait avec encore plus de violence que de s’injecter ce poison. Il aurait dû lui parler dès le premier jour ou il l’avait rencontré ou après, quand il lui avait demandé sa main et que sa décision de partir de la police avait été prise, mais non, il avait voulu régler ça à sa manière, et qu’est-ce que cela lui avait apporté à par une souffrance qui s’exprimait chaque jour par une destruction systématique de ce qu’il pourrait devenir. Tout était sa faute.


- J’en ai .. besoin.

Faute avouée, à moitié pardonnée ? non surement pas d’elle, surement pas avec ses beaux discours sur le fait de tenir, surement pas après leur passé, elle avait tellement raison, comment la protéger quand il est incapable de résister à l’attrait d’une dose, pourtant il n’était pas junkie.. Pas vraiment. Peut-être putain il ne savait plus quand ca avait dérapé, l’alcool dès son départ, rentrer seul chez lui à Londres dans un appart qu’il n’avait pas vu depuis deux ans, ne plus avoir son sourire quand il se levait, ne plus l’avoir entre ses bras quand il en avait besoin, ses repas parfois brulés et qu’il mangeait de bon cœur juste pour lui faire plaisir. Non Siobhan, tu n’avais pas le droit de me laisser comme ça, ça c’est réellement de ta faute. Mais la drogue, cette putain de drogue si récente dans sa vie et pourtant ses veines étaient déjà bien marquées des piqures qu’il s’injectait une à deux fois par mois... Une à deux fois par mois ! Neil tu déconnes tellement, t’es mort et tu le sais, il n’y a pas d’espoir pour toi, alors pourquoi ne pas appuyer, appuie sur cette putain de seringue et crève une bonne fois pour toute ! De rage et de haine plus que de volonté il allait appuyer, en finir, jusqu’à ce qu’elle vire la seringue l’empêchant d’achever ce geste qu’il aurait dû commettre tellement plus tôt, il n’en avait jamais eu le courage espérant la revoir un jour, mais aujourd’hui ...

Sa main plâtrée lui fit tourner le visage vers elle, elle lui parlait lui faisant retrouver la raison malgré l’effet cotonneux de la morphine qui se faisait sentir, et même s’il tentait de garder sa putain de fierté dans le regard, cette indifférente flagrante pour tout ce qui l’entourait, il y avait au fond de son regard une tristesse qu’il n’avait jamais pu exprimer autrement que par la violence. Il n’avait plus personne à qui parler, entre ceux qui s’en foutaient et son gosse, sa dernière flammèche de bonheur, encore trop jeune pour porter un poids si lourd sur ses épaules. Elle était si proche, tellement proche de lui qu’il sentait son souffle sur sa peau,  s’hérissant sous la sienne, sous ses baisers posés à même le cou, le surprenant comme rarement il l’avait été. Elle l’embrassait, lui dévorait le cou avec une fièvre apeuré, il en sentait encore le tremblement. Il ne sait pas quoi faire, la peur de bouger mouvements qui pourraient la faire fuir loin de lui, elle souffle quelques mots, répondant la voix étreinte d’emotion par ce flot le bousculant
- Je n’ai pas de solution Siobhan je ne sais pas quoi faire pour te sauver. Aveux d'impuissance face à cette réalité terrible. Il avait peur, il l’aimait, il savourait, il laissa glisser une larme le long de sa joue où amertume et lâchez-prise se mêlaient. Il ne savait plus ..

Quand elle joignit ses lèvres aux siennes, il ne put retenir un geignement de plaisir. Oh oui ce baiser était un délice et une bulle d’air prête à exploser. Il l’avait tant espéré et il le haïssait maintenant par cette violence à peine contrôlée entre eux deux. Il ne la retrouvait pas Elle, mais simplement le désir d’Elle. Aucun des deux ne l’avait jamais quitté, mais retrouver l’un sans l’autre était pire que tout. Le pire surement était le fait qu’il ne la repoussait pas, bien au contraire, l’attirant entre ses bras gémissant de ce plaisir brutal qu’elle lui offrait, il ne méritait rien d’autre. Il n'y avait pas une once d'amour dans cet échange à la fois passionné et brutal il avait simplement besoin de laisser libre cours à ce manque cruel de qui se faisait sentir depuis qu'ils s'étaient retrouvés, ce n'était certainement pas la meilleure chose à faire mais Neil n'arrivait pas à raisonner son esprit et à la laisser partir loin de lui alors qu'il avait si besoin d'elle. Il l'embrasse et il l'embrasse tellement, il y avait une telle force qui lui semblait se faire mal et lui faire mal il la dévorait entièrement ardemment , sans limites.

La jeune femme grimpée sur lui, il supportait son poids malgré son genou venant appuyer sur sa blessure, mais il n’en avait rien à faire, une vague douleur faisant oublier les Douleurs. Son torse venait à la rencontre de sa poitrine, ses lèvres des siennes, ses mains se posant sur ce corps qu’il avait tant connu et qu’il redécouvrait suivant l’exemple de la rouquine qui passait ses mains sous sa chemise. Il aimait cette peau si douce comme une soie hors de prix,  jamais il n’avait pu retrouver chez une autre femme cette sensation apaisante en la touchant.  Elle était unique pour lui. C'est pourtant une main tremblante qui repoussa il ne savait comment, cet âpre désir entre eux murmurant tremblant de désir.


- Sio.. Sio.. Níl .. Ní maith liom é. Is breá liom Siobháin, tá grá agam duit ón gcéad lá. Ach ní mar sin. (Sio, Sio ..Non .. Pas comme ca. Je t'aime Siobhan, je t'ai aimé depuis le premier jour. Mais pas comme ca. ). Il parlait très peu gaélique ici, surement un accent de merde depuis le temps, et ce qu’il en savait venait de leurs deux années de vie communes où il avait appris bien plus que durant toute une vie. Souvenirs délicats d’une Siobhan qui lui demandait de l’interroger comme une petite fille récitant un poème pour préparer sa thèse. Sans rompre le contact autant visuel que corporel, il se releva la tenant toujours entre ses bras laissant les jambes féminines se poser au sol avant de relâcher la pression de ses bras autour de sa taille, mais la gardant encore un peu, juste un peu contre lui.

-Tu peux penser ce que tu veux de moi. Je te dis la vérité. Quand nous nous retrouverons ça sera par amour, et pas par désespoir et encore moins par pitié. ca gardes le pour quelqu'un que ca intéresse.
Il se détacha d’elle et regretta aussitôt la perte de ce corps fiévreux contre le sien. Traumatisme béant qui éloignait de plus en plus ce qui aurait pu se dérouler entre eux. Et s'ils avaient été plus loin, ils auraient assouvi un vague désir, pulsion animale sans amour ... et après? après quoi? reproches et insultes? Non, il ne pourrait supporter cela. La seringue fut reprise sur le sol et jetée plus loin dans l’évier, la bouteille de whisky fut happée au passage, son arme et sans autre mot il se dirigea vers sa chambre en des pas d'automate alors que son corps réclamait le sien en se contractant, lâchant avant de fermer la porte : - Ne sors pas de cet appartement. La porte est claquée sans un regard derrière lui, et jusqu’au lendemain il serait invisible pour elle. Ce qu’il fit durant cette nuit-là ? à semi allongé dans le lit, chemise retirée, pantalon à terre, il buvait, aussi longuement qu’il le put avant de sombrer de fatigue et d’épuisement. Une nuit agitée, dans un semi sommeil, contrit de fatigue mais gardant toujours une oreille à l'écoute des bruits de la rue.

Le lendemain d’ailleurs fut une journée étrange où chacun s’évita le plus soigneusement possible juste un vague repas congelé en commun et plus rien. Neil n’avait pas envie de lui parler de toute façon, il ne voulait pas qu’elle se trouve d’excuse à ce qui s’était passé la veille, alors il restait loin d’elle, parfois pendu au téléphone, activant ses contacts, parfois sur la terrasse à boire son alcool en solo, parfois dans sa chambre. Journée inutile en quelque sorte. Clopes et Whisky en amis légitimes. Il avait moins dormi, beaucoup plus réfléchis, en support visuel, des bouts de papiers qu’il épinglait sur un tableau en liège, simplement des noms marqués, Neil, Sio, Cat, Baile, O’Maley. Et d’autres noms dans l’organisation de l’IRA. Quelque chose n’allait pas, quelque chose manquait. Un détail, un quelque chose. Baile n’aurait jamais fait mal à Siobhan sous le vague prétexte qu’elle s’était laissée abusée. Non quelque chose d’autre était en jeu.

C’est aux presque 48 h écoulées que Neil lui lança simplement

- Je vais me doucher. Elle s’en foutait tellement de ce que tu faisais,48 h Neil, pas une de plus. Le téléphone était resté là, ses appareils et menottes aussi, les courses n’avaient pas bougée. Immobilités dans l’attente de ... quelque chose. Il sentait la pression de la décision peser sur ses épaules. La porte de la salle de bain est claquée, l’eau chaude coule de la douche derniers instants de répits avant qu’elle ne lui ordonne de faire ce qu’elle voulait, mais de tout cela une seule chose, elle disparaîtrait de la circulation après avoir joint Catham. C’était la seule chose qu’il allait lui offrir, il lui devait bien ça, le reste ? il s’en occuperait lui-même espérant qu’elle lui pardonne ce qui allait suivre. Il joindrait Warren, prisonnier d'état qui recevait chaque mois une somme d'argent de l'Irlandais pour qu'il garde un œil sur Catham, il lui faudrait parler à Catham en personne . Il lui faudrait lui demander d'avouer à Siobhan une autre vérité qu'il n'avait pu lui annoncer lui même ... Il ne se sentait pas légitime à parler de la famille de Siobhan. Peut-être qu'il saurait aussi POURQUOI, pourquoi tout ca.



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Seolanne
Seolanne
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Narnia

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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Informations supplémentaires ici.


Vika Kerekes  NOM CRÉATEUR


Contrairement aux paroles que Neil lui a adressé peu avant de sortir de voiture, Siobhan lui accorde suffisament de crédibilité pour accepter de delayer un appel à son frère. Pour lui remettre les teléphones qu'elle avait sur elle. Pour lui promettre de ne pas commettre de folies pendant ces quarante huit heures. De lui laisser du temps pour trouver une solution qui les satisfirait tous les deux. Est ce qu'il a conscience de la difficulté que cela représente pour la jeune femme, de s'éloigner encore un peu de son frère, quand bien même il ne s'agit que de sa voix? Non. Elle accorde à son ancien compagnon bien plus de poids que ses mots ne le trahissent. Elle voulait prendre le temps d'envoyer un sms à Cassiopée. Ne serait ce que pour lui faire savoir  qu'elle était en vie. A peu près. Mais choisit de suivre un silence de 48h de plus. Alors pourquoi... pourquoi faut il qu'il se montre d'une dureté et d'une impitoyabilité qui n'est ni nécessaire, ni constructive? Le visage de l'Irlandaise se fige sous sa véhémence. Avant qu'un nouveau masque de pierre ne  dissimule tout autre émotion qu'elle pourrait ressentir. Elle croise les bras sur la poitrine - a peu près- et le regarde qui s'enfonce de plus en plus loin.

-Je ne suis pas une POTICHE! -Si elle élève la voix sur le dernier mot, son ton retrouve bientôt des accents polaires. Elle refuse de perdre à nouveau son calme. Refuse de lui permettre de l'entrainer dans une nouvelle confrontation de leur volonté aussi épuisée que leurs corps. - Je peux t'aider à trouver des solutions qui n'impliqueront pas de poser ta tête sur le billot. Je ne voulais déjà pas que tu t'ériges en en protecteur il y a sept ans. Qu'est ce qui te fais croire, un seul instant, que j'ai changé d'avis sur ce point? Ou tu pense que d'avoir  déconné grave ces derniers jours  te donne le droit de me considérer comme... -le terme lui échappe sur l'instant et elle secoue la tête de frustration, ses prunelles l'épinglant sans douceur. -Je ne sais même pas en fait.

Il y a trop entre eux. Trop de déception, de colère, de souffrances, de non dit. Trop de silences et trop de paroles. Un amour trop profond, trop intense, trop réel qui n'a cessé de déconstruire Siobhan depuis qu'elle a posé le pied sur le sol américain. Un amour dont les parfums de sucre et de douceur ont fanés, abandonnant dans son sillage des effluves pourrissantes, à la fletrissure écoeurante. Ils sont incapable d'agir avec raison, de se conduire avec retenu. Chaque souffle les renvoit à un passé lumineux dont l'évocation rend plus oppressante les ténèbres qui les etouffes depuis qu'ils ont quité l'Irlande.  La Sylphide ne peut le regarder, l'entendre sans  etre projetée en arrière. Sans sentir qu'elle se déchire à nouveau sur des sentiments devenus tortionnaires. Entrevoir la vérité est sans doute le fruit le plus amer qu'elle n'ait jamais gouté. Eve qui croque à pleine dents dans la pomme, chassant toute innocence. Elle l'aime encore. Elle n'a probablement jamais cessé. Et pour cela, elle le hait avec passion. Se haissant deux fois plus.

Siobhan découvre l'exécrable sensation d'aimer deux hommes à la fois. De manière opposées, pour des raisons différentes, avec une passion enflammée et irrepressible pour chacun d'eux. Et mal. Que ce soit Oliver ou Neil, ils se rejoignent sur un point. Mal. Elle les aime mal, bien trop destructive pour trouver la moindre douceur, le plus petit reconfort dans l'acceptation de cette folie. Sans pouvoir imaginer pouvoir renoncer à l'un ou à l'autre. C'est la raison pour laquelle le sachet d'héroine est tendu sans hésitation. Parce qu'elle en a autant besoin que lui. She's in Hell and can't come back. La perspective de sniffer et de sombrer, au moins pour quelques heures dans un oubli chimique représente un attrait qu'il lui impossible de combattre. Elle n'en ressent aucunement l'envie. L'attitude de Neil change tout. Il balaie tout cela. Lorsqu'il prépare de quoi se shooter, la sorcière reste petrifiée. Elle ne le reconnait pas. Ce n'est pas l'homme qui vivait avec elle. Il n'a jamais eu ce genre de comportement à la limite du suicide. Il était... Solide. Présent. Innamovible dans sa volonté touchant au borné. Si il y a toujours eu une violence et une colère lattentes, parfois absolument explosives, cette volonté de se détruire aussi completement n'était pas présente chez lui. Il était seul. Il est venu seul dans un repaire de l'Ira pour faire face à nombre inconnu d'hostiles. La jeune femme vacille. A partir de quand a t' il  décidé que sa vie avait si peu de valeur qu'une balle ou un trip à l'héroine étaient de bon moyen pour flirter avec la mort? Il joue à la roulette russe. Et il espère d'avantage le coup final que le claquement d'un barrillet vide. Les rares fois où il s'est départi de sa rage, les  regards qu'il a posé sur elle avaient trop de desespoir pour etre feints. Elle intervient. Ne peut admettre sa volonté de faire cramer son cerveau en se servant d'elle comme témoin. Ses prunelles emeraldines  chatoient de desespérance alors que sa garde est baissée. Ils continuent d'avoir le pouvoir de s'écharper. Même sans parler. Gachis. Immonde gachis.

Elle interompt le geste mortel, de justesse. Et cesse. Cesse de lutter contre lui, contre elle. Sa parole devient un torent qui n'a plus de barrage et dévale entre eux. A l'instar de ses gestes et de son corps qui se pressent contre lui. Siobhan s'empare de sa peau, de ses lèvres. De lui. C'est un désir aveugle qui n'est tempéré par aucune tendresse. Il n'y a pas de place pour les caresses sineuses et languides, pour ces baisers qui jouent et affolent. Une respiration, un hiatus dans ce styx charnel. -Ce n'est pas ta seule responsabilité, on est deux. Laisse moi t'aider. -Sa bouche sur cette larme, aveu bien plus sincère que ce qu'elle n'est prête à entendre. Ses lèvres aux siennes. Son buste contre le sien. Sa poitrine écrasée contre lui. Son ventre pressé contre le sien. Il lui répond, avec une fievre jumelle. Sa main déchire toute distance et s'infiltre contre son torse, à meme la peau. Il se redresse et l'enlace à la briser. Sous ses baisers, ses levres se gorgent de sang, pulsant de cette faim qu'ils partagent. Ses paumes qui s'inflitrent sous son tee-shirt, qui façonnent sa taille, remontent les planes de son ventre, vers les vallées tendres de ses seins. Il ne lui vient pas à l'esprit de l'arrêter. Là maintenant tout de suite, Siobhan ne désire rien d'autre que lui, d'oublier tout le reste par sa présence en elle. Refus des conséquences. Etreinte illusion qui précipiterait un retour à la réalité impitoyable.

Sa paume  sur son sternum. Qui l'immobilise par cette simple pression sans agressivité. Elle redresse sa colone vertébrale. Rompt l'étreinte de sa bouche. Et sombre. Sombre à l'écoute du gaelique à ses lèvres. Il a toujours été le langage secret de leur couple. Avec Catham, elle le parle depuis l'enfance, son père insistant pour qu'ils l'apprennent. Avec Neil? Elle a adoré le lui apprendre, que ce soit pour le plaisir ou les besoins de sa thèse. Il n'y a pas de mensonge possible dans cette langue, ce serait une hérésie. Celle de trop. Sa main glisse hors de sa chemise et agrippe son épaule, s'ancrant à lui. Elle ne peut pas fermer les yeux. Aussi fort qu'elle en éprouve l'envie, ses yeux chataignes sont grands ouverts, harponnés par les siens, happés par ses paroles. Siobhan tressaille à chaque intonation, coup de poignard qui éventre les fils d'araignée mensonger qu'elle a tissé pour se protéger, pour essayer d'avancer. Pour ne pas couler. Elle le croit. Pour la première fois, elle accepte la possibilité que ses sentiments pour elle étaient aussi sincère que les siens. Que ce qu'ils avaient vécu, au moins entre eux, juste Eux, n'étaient pas au service de sa cause. Qu'i l'ai aimé avec la même ferveur. Qu'il soit réellement tombé amoureux d'elle aux sons des violons. C'est une déchirure nouvelle. Il la remet debout, et la jeune femme a froid. Elle est encore contre lui, et elle est gelée. Elle se met à trembler, d'un froid qui n'a rien de physique. Son murmure est sans force. Vidé de toutes batailles et de toutes hargnes. Nu de tristesse, dans des haillons de souffrance. - Tá sé níos measa, Neil. Tá sé níos measa dá mbeadh grá agat dom agus go bhfuil grá agam dom fós. * C'est pire, Neil. C'est pire si tu m'as aimé et que tu m'aimes encore.

Comment ne peut il pas voir que cet amour revelé, qu'il lui offre est pire que le mensonge. Il l'a aimé. Et a choisi de la trahir, en dépit de ca. Il a choisit sa plaque et son "devoir" devant la femme qu'il voulait épouser. Elle recule d'un pas. C'est exactement ce qu'elle refusait d'envisager depuis qu'il l'a balancé dans un avion pour Los Angeles. Qu'il ne l'ai pas aimé Assez! Qu'elle n'ait pas su l'aimer Assez! Qu'elle n'ait pas réussi à éloigner de lui ses démons et ses cauchemars. Qu'ils aient échoués et que l'homme qu'il était avec elle  soit, au final, moins crucial que l'homme de Loi. Que sa haine pour l'Ira, pour tout ce que l'organisation représente, Siobhan avec, soit aussi importante que sa volonté de détruire la cellule de Catham. Son désir est de cendre au creux de ses veines. Il a déjà disparu. Il n'y a aucun reproche alors qu'elle poursuit, détruite de toute substance.


-Tá brón orm, mar sin tá brón orm nach raibh a fhios agam conas grá níos fearr a thabhairt duit. Nach raibh grá agam dom níos mó. Ní leor é chun muid a roghnú os comhair do phoist *Je suis désolée, tellement désolée de ne pas avoir su t'aimer mieux. Que tu ne m'ais pas aimé d'avantage. Pas suffisament pour Nous choisir devant ton boulot


Elle secoue la tête quand il continue. Siobhan ne cris pas. Ne hurle pas. Il ne lui reste pas assez pour cela. Il n'y aura pas de retrouvailles, pas par amour. Jamais de la vie elle s'exposera une seconde fois à ce qu'il choisisse sa volonté de réduire l'Ira à néant devant elle, ou n'importe laquelle de ses missions pour elle  ne sait quelle agence gouvernementale. -Je te crois, Neil et c'est bien le problème. Je te crois quand tu me dis que tu m'as aimé il y a sept ans, et je te crois quand tu dis que tu m'aimes encore aujourd'hui. Ce n'est pas suffisant, c'est tout. Tu ne vois pas que nous sommes encore dans la meme situation qu'à Belfast? Tu es toujours un flic et je suis toujours une batarde de l'Ira, que celle ci veuille ma tête ne change rien. Je serais TOUJOURS dans cette sphère. Ce n'était pas de la pitié.

En parlant, elle a reculé, s'éloignant de lui, reculant vers la chambre où il a posé ses affaires un peu plus tôt. Elle a attrapé son paquet de cigarette, son briquet. Un sourire amer à ses derniers mots. Non, Siobhan ne quittera pas l'appartement. Dès que la porte est close dans son dos, elle s'effondre contre le battant de bois, le corps secoué de lourds sanglots, qu'elle etouffe dans le coude de son bras platré, l'autre replié autour de ses genoux. Impossible de savoir combien de temps la jeune femme reste ainsi prostrée. Elle finit par rejoindre son lit dans lequel elle s'effondre pour quelques heures d'un sommeil lourd et écrasant. Quand elle se reveille, il est autour de trois heures du mat'. Le calme de l'appartement est presque trop serein. Siobhan déniche une bouteille de vin de rouge, un verre. Elle sort sur la terasse dont elle referme à demi la porte coulissante. A nouveau, elle préfère s'assoir par terre. Elle a mal à la gorge de trop de cigarettes fumées. C'est sans hésiter qu'elle allume une autre, ayant enfin retrouvé assez de maitrise d'elle même pour ouvrir la troisième lettre d'Oliver.  Relisant les deux premières. Siobhan reste bien encore deux ou trois heures de plus dehors, refusant le sommeil, le repos dont elle a pourtant un besoin vital. Laissant les échos des mots écrits, des mots dits résonner et tourner en elle. Elle n'a plus de larme.

Ils gardent leurs distances la journée suivante. Et ho comme cela lui convient. Ils sont encore à fleur de peau. Ils sont trop à vif. Elle refuse de reflechir à ce qu'ils se sont dit. Neil, visiblement, n'a aucune envie de partager les avancées de ses recherches. Préférant gérer seul. C'est sur que cela a été si efficace la première fois! Elle devrait peut être aller le voir, en discuter avec lui, mais ne se sent pas encore capable de le faire sans qu'ils risquent un nouveau écharpement. Au final, elle dort, beaucoup. Du moins en journée. Car la nuit? La nuit elle ne dort quasiment pas. Les cauchermars, l'impression d'ettoufer, les crises d'angoisses se succedent pour une farandole folle et démoniaque. C'est sans doute pour cela qu'elle se retrouve debout à cinq heures du matin, devant les courses qu'ils ont completement délaissés. Siobhan finit par vaguement fouiller dans les sacs. Heureusement, il y avait peu de denrées perissables. Une ou deux plaquettes de beurre qui ont commencées à fondre, quelques autres produits. Sans grandes convictions, la jeune femme les attrape et se dirige dans la cuisine, ouvrant le refrigirateur pour les y ranger. Elle le referme brutalement. Une bouteille de jus d'orange lui échappe des mains et s'écrase au sol  sans qu'elle n'y accorde la moindre importance. Elle fourre machinalement ce qui l'encombrait, sans quitter la porte du regard. Siobhan sent sa respiration qui se bloque et une boule qui l'empeche de respirer. Elle écarte l'aimant qui fixait la photo et la prend avec elle. Elle rejoint sa chambre sans se soucier du bordel qu'elle abandonne dans la cuisine.

Siobhan n'arrive pas à détacher son regard de leurs portraits. Elle n'a aucun souvenir concret de leur vie ensemble. N'a rien emporté lorsque elle a quitté Belfast. Du bout des doigts, elle retrace leurs visages. Heureux. Jeunes. Innocent. Du moins, elle l'était encore  à ce moment. Impossible d'oublier quand est ce qu'elle a été prise. Une cigarette. Déjà. Si tot. Il y en avait toute une série, prise sur le vif par Catham. Ils ne posaient pas à ce instant. Son frère a capturé l'expression de leur bonheur le plus limpide. Sans entrer dans les détails, Neil lui avait annoncé qu'il l'emmenait diner ce soir là. Ne précisant pas le restaurant, simplement qu'elle se devait d' être éblouissante. La photo est un peu abimée. Un peu passée. Sur son frigo, putain! Visiblement, l'Irlandais n'avait pas compté sur Catham ayant saisi les projets qu'il avait fait quelques semaines plus tot! C'est sans le moindre remord que celui ci avait payé grassement le propriétaire du restaurant pour le privatiser pour la soirée. Quand Neil et Siobhan sont descendus de voiture, c'était pour être acceuilli par une trentaine de leurs amis les  plus proches. La demande en mariage de Neil  avait été beaucoup moins privée qu'il ne l'aurait sans doute souhaité. Il n'y avait eu aucune hésitation de la part de Siobhan dans son Oui! Mais comment en vouloir vraiment à son ami, quand le reste de la soirée avait été une fête joyeuse, délirante, rassemblant tous les éléments de leurs vies communes et de leurs joies? Comment a t'il pu la demander en mariage. Alors même qu'il était en train de rassembler des preuves indéniables contre Catham? Comment a t'il pu faire preuve d'autant de duplicité? Comment pouvait il vraiment l'aimer d'un coté et orchestrer la destruction de tout ce qui tenait au coeur de la jeune femme? Non. Elle ne peut pas comprendre cette cruauté si particulière. Elle abandonne la photo sur le lit à coté d'elle alors qu'elle sombre à nouveau dans un sommeil tourmenté.

Elle sort de sa chambre qu'autour des dix heures. Avec l'envie d'y retourner immédiatement en croisant Neil. Ils approchent bientot de la fin des quarante huit heures et ils n'ont pas abordé une seule fois ce sujet là. Il continue de garder un silence total sur cette question là. A vrai dire, ils continuent à ne pas se parler. Pourtant, le regard de son ex  compagnon est plus aigue. Siobhan commence à regretter de ne pas avoir forcé les choses. De ne pas s'être impliquée de force dans ses reflexions. Le laisser décider totalement seul est une erreur, elle en est de plus en plus persuadée. Ils n'ont absolument pas la même vision de ce qui est nécessaire. Cela ne doit pas faire cinq minutes qu'il est dans la douche que son téléphone se met à sonner. Il l'a abandonné sur le comptoir après avoir joint elle ignore qui. La curiosité est la plus forte et quand Siobhan le récupère, c'est pour constatater que le nom de Charisma s'inscrit sur l'écran. Une ou deux secondes de plus et elle décroche.

-Mon Chou? -résonne la voix arc en ciel de la medecin
-Non, c'est Siobhan, il prend sa douche. Tu veux que j'aille le chercher?
Un instant de silence au bout du fil avant qu'elle ne reprenne, légèrement plus circonspecte.
-Non, j'appellais juste pour vérifier son état. Qu'il n'y ait pas de trace d'infection autour de sa plaie.
-Je ne crois pas. Il est toujours aussi chiant que d'habitude, alors je ne pense pas qu'il ait de la fievre.

Un rire amusé lui répond. Visiblement, Charisma a une bonne idée de ce qu'implique le caractère tumulteux de Chou. -Tu as raison, c'est plutôt bon signe. Et toi? Ton poignet?
-Mon poignet... ca va. Juste... -Retour dans sa chambre, porte close. Une longue inspiration. Bordel elle a vraiment déconné. Salement déconné. Sur des plans bien trop dangereux et aux conséquences bien trop potentiellement dramatique. Elle a eu le temps d'y reflechir ces derniers 48h.
-Me juge pas, s'il te plait. Je peux pas sortir en pharmacie, Neil peterait un cable. Ou viendrait avec moi. Est ce que tu sais si il existe des kits de depistages que je peux faire moi même?
-Je suis medecin, roussette. C'est pas mon rôle de juger. Résidence surveillée, hein? Despistage de quoi exactement?
-Tu n'as pas idée. A croire que je suis une casserole de lait sur le feu sur le point de bouillir
. -Plaisanter l'aide. Mais  ce n'est pas encore assez. Elle a fermé les yeux, se maudissant salement. -Tout... Vih, grossesses, toutes les mst possibles et imaginables.
-Il faut simplement une prise de sang pour les premières detections. Si il y a  certains marqueurs, il faudra que tu reviennes. Je t'envoie un kit par courrier en fin de matinée, test de grossesse compris. Tu t'demerdes pour que Neil fasse la prise de sang,  comment tu présentes ca, c'est ton problème.
-Merci. Je dirais à Neil que tu as appelé.
-Humhum t'as intéret.

Les deux jeunes femmes raccrochent et elle revient dans le salon au moment où Neil sort de sa douche. Avant qu'il puisse se pose x questions et se montrer désagréable, Siobhan lui balance le telephone entre les mains.
-Panique pas, j'ai appelé personne. Charis si,par contre. Elle voulait juste connaitre l'evolution de ton début de cicatrisation. On peut discuter cinq minutes? J'ai juste besoin de savoir où tu en es dans tes différentes recherches. Si tu as besoin de d'avantage de temps ou pas? Je préférerais qu'on essaie de résoudre le bordel ensemble plutot que chacun de son coté, tu crois que ce serait possible?

Elle s'avance dans le salon, prenant place sur un des fauteuil. Pour une fois, Siobhan a abandonné ses jeans pour une jupe en dain cuivre qui s'arrete un peu plus haut que les genoux, un débardeur assymétrique d'un bleu sombre dévoilant une épaule. La jeune femme est restée pied nu, ce n'est pas comme si ils allaient sortir. Peu à peu, elle redevient elle même. Ses cheveux sont brossés, ses boucles tombant souplement sur ses épaules. Sur son visage, les marques s'etompent peu à peu et sa lèvre est presque cicatrisée, ne laissant qu'un trait encore sensible. Elle a meilleure mine. Cependant, il y a un peu plus de fond de teint qu'elle n'en affectionne normalement. Dissimulant une cicatrice ronde bien trop révélatrice pour qui en a deja rencontré. Un rouge à levres chataigne répond à une ombre à paupières dans les marrons irisés, ramenant un peu de vie à son regard trop éteint ces derniers jours. Malgré son manque de sommeil nocturne, elle a perdu ce teint blafard, sans doute graces aux longues heures où elle reste sur la terrasse. C'est sans aucun doute l'endroit où elle passe le plus de temps dans l'appartement de Neil. Celui qu'elle préfère. Que ce soit au soleil ou de nuit. Pourtant, quand quelques coups retentissent à la porte d'entrée, sa main retrouve immédiatement la crosse du revolver à barillet qu'il lui avait donné dans la voiture avant l'entrée dans son appartement et qui n'est jamais loin d'elle.

-Tu attends quelqu'un?



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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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• Poetically Pathetic •
Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant
- Je ne te prends pour rien Siobhan et encore moins pour une pouliche.. défaut de langage qui l’emmena 5 ans plus tôt dans un souvenir le vrillant avec force .. il se reprend rapidement espérant sa faute oubliée par le flot de paroles dont il n'avait pas l'habitude. potiche une potiche. Non il y a 7 ans, tes problèmes étaient tout autre Siobhan, tu avais Catham pour faire barrage, tu m’avais moi, tu avais l’organisation, ici tu risques vraiment ta vie et jamais je ne permettrais qu’on puisse te blesser encore moins si c’est pour m’avoir comme tu sembles le croire.

Ils se défient à nouveau, encore comme un jeu qui n’a que trop duré et qui pourtant revient au pas de courses. Blessures assassines qui n’arrivent pas à fermer ce flots de douleurs éprouvées l’un envers l’autres, ils se font tellement mal, à croire que cela pourrait les sauver de l’amour qu’ils avaient éprouvé et rendre plus facile leur cohabitation, à moins que la facilité ne se situe dans l’éloignement définitif qu’ils semblaient vouloir pour ne plus souffrir de la présence l’un de l’autre et pourtant il ne voulait pas cela, ne plus avoir d’espoir avec elle était tellement peu envisageable, une mort en soi. Que serait-il sans son espoir ? Sans sa volonté d’être à ses côtés ? sans elle il avait survecu avec l’espoir un jour de lui reparler, mais si il n’avait meme plus cela, à quoi bon.


Le chaud, le froid se soufflent à tour de rôle, la drogue est un guide offert par Siobhan, un appui puissant dans lequel il veut s’abandonner, la piqûre est douloureuse, le geste en lui-même est cruellement horrible, son baiser est un pansement, ses murmures une douceur à laquelle il répond simplement dans le ton du secret aux lèvres effleuréesNous réussirons ensemble, le croyait-il vraiment, non.. Mais il le voulait. Leur séparation est une déchirure. Il voit avec horreur dans son regard ce qu’il est devenu. Loin de l’homme qu’elle avait aimé, loin de la force qu’il avait été autrefois, il n’était rien de plus aujourd’hui qu’un vague déchet tentant de trouver une rédemption qu’il n’aurait jamais. Et putain que c’était dur à accepter dans le silence qui avait suivi leur séparation corporelle. Il croit que la rupture de ce silence lui permettra de rebondir, de cacher ce qu’il avait au plus profond de lui en retrouvant ses habitudes vindicatives. Elle a relevé son defi, et maintenant elle lui envoie en pleine tete qu’elle le croit quand il lui avoue son amour. Corps bouillant qui revit : Bordel elle le croit, elle ne le repousse pas, ne repousse pas l’idée. !! Son corps se detend avant de se crisper à nouveau. Il avait cru un apaisement mais c’était sans compter sur l’air glacial qui s’engouffra dans l’appartement avec le reste de sa phrase.

Il lui faut toute sa volonté pour ne pas s’effondrer devant elle, elle aurait surement été heureuse de voir qu’elle avait gagné sa joute, le brisant définitivement. Pire… Son amour est pire que tout. Cet amour irrationnel pour elle depuis sept ans était donc cela en son esprit ? C’était donc cela qu’elle pensait de lui, que son amour était une tare biaisée, une horreur dégoulinante de putridité ? Elle n’avait pas encore saisie les nuances dans ce qu’il lui disait. Baile n’avait surement jamais fait mention de l’incident survenu entre eux, et la façon dont Neil avait agi ? la rumeur du « pourquoi » était restée secrète pour Sio, pour Catham, et il était certain que Baile avait dû lancer sa propre rumeur sur ce qui s’était déroulé sur ce flic traitre à flinguer en tout premier parce qu’il avait trahi la cause, sans avouer que c’était lui-même qui avait été visé, sans avouer que Neil lui avait précisé qu’il partirait avec la rousse et son frère, les éloignant de sa putain d’influence néfaste.  Elle le repoussait, repoussait son amour ne trouvant à l’Irlandais aucune excuse pour son comportement, ni pour sa « trahison ». S’approchant à nouveau d’elle, il voulait caresser sa joue pour s’imprégner d’elle, mais le geste se refusa de lui-même restant comme une boule dans l’estomac, simplement le ton moins vindicatif, presque dépité par l'inconscience de ce qu'il avait toujours éprouvé.


- Tu te trompes, ton amour était amplement suffisant. Tu ne sais pas tout Siobhan. Catham n'aurait pas du être là, ca ne devait pas se passer comme ca.

Lui dire le reste ce soir ? Non ce n’était absolument pas le moment, elle avait été trop dure avec lui, et il ne saurait pas expliquer quoique ce soit dans son état, tous les deux emmurés dans ce qu’ils pensaient, dans leur colère et le refus de partager la vérité.  –Si ce n’était pas la pitié, un jour, tu m’écouteras alors. Peut-etre le fera- t-elle ? Ou refusera-t-elle, à savoir si lui aura le courage de jauger la force de son amour, et la force de sa vengeance qui lui était tombée dessus avant que tout ne dérape. Comment avait-il pu laisser sa haine être plus forte qu’eux ; agir sans réfléchir n’était pourtant pas sa façon d’etre, à croire que les plombs avaient définitivement sautés.

La soirée se finit ainsi, sans plus un mot, juste lui et sa bouteille, lui et sa solitude, il laisse sa rousse avec ses propres démons, lui meme en ayant assez pour remplir les enfers de sa vie, les mots de Siobhan  tournaient en son esprit alcoolisé, brisant les ailes d’un ange déchu aux élans fragilisés. Le lendemain fut identique, elle l’évite, il l’évite , rien de mieux pour éviter de penser à elle et tenter de se concentrer sur LE souci de leur survie. Plus le temps passe, plus il se dit qu’il devrait lui parler, essayer de développer ses idées, mais serait-elle réceptive à sa demande, et arriverait-il à supporter sa proximité après leur féroce soirée précédente. L’idée est laissée de coté alors qu’il entame un nouveau paquet de clopes et une nouvelle bouteille. La journée s’efface rapidement laissant la nuit faire ressurgir les démons de leurs souffrances, elle semble aussi affectée que lui, entendant ses pas dans le salon alors que la nuit est encore sombre, mais il ne sort pas pour aller l’aider, il ne le peut pas, ca sonnerait tellement faux venant de sa part, bien incapable de gérer sa propre vie. Enfin les 48h qui se terminent égrainant un compte à rebours mortel. La douche est un bien piètre répits,  sa chaleur ne réussit meme pas à calmer les tremblements d’un corps auquel il manque une partie essentielle. Peut-etre aussi un peu le manque de drogue .. mais il ne veut pas y penser. Il se sèche, revet son jean et sort de la douche happé avant d’avoir pu chercher un tee shirt ou une chemise. Le téléphone lui est balancé, et il écoute vaguement ses explications. Charisma les a contacté, vague sourire à l’évocation de son médecin et amie, surement l’une des rares qu’il puisse considérer comme telle. Il s’avance dans le salon pour prendre un débardeur mais la jeune rousse l’interrompt dans ses pensées de vêtements à mettre evoquant ses recherches et le temps dont il aurait besoin. S’affalant sur le fauteuil devant elle, il doit enfin lui avouer qu’il n’a pas de solutions, qu’il est impuissant, et pourtant elle lui offre son aide, sans discours âpre. La lèvre se mort, il acquiesce simplement.


- Oui, j’ai besoin de ton aide Siobhan, J’ai la tête dans le guidon, je fonce sans réflechir dans un putain de piège, et sincèrement je ne suis pas certain que cela t’aide. Si j'en étais totalement persuadé tu te serais retrouvée menottée ici sans pouvoir m'arreter. Depuis 5 ans j’ai pris l’habitude de prendre mes décisions seul, mais aujourd’hui tu es tout autant concernée.

Mais avant, avant nous devons parler d’autres choses, j’en ai marre de me taire. Tu m’as toujours dis que je ne parlais pas assez. Alors je vais te dire tout ce qui s’est passé à Belfast que tu veuilles l’entendre ou pas, que j’arrive ou non à te convaincre, moi ça me détruit depuis 5 ans, 5 ans où je me demande ce que j’aurai pu faire, avec tous ces « et si », et si je lui avais si la verité, et si je n’avais pas su qui était vraiment Baile, et si .. et si. Ca me tue Sio, ca me tue et que tu comprennes ou pas, que tu m’accordes ton pardon ou pas, il faut que je te parle. Ton amour était aussi puissant que tu peux te l’imaginer dans tes reves. Si je t’ai trahi toi .. toi et Catham c’était ... involontaire,  je t’aimais d’une telle force que j’allais tout lâcher, ce job de merde , flic, ira, emmerdes, tout pour rester avec vous, à une journée près, une simple journée nous serions encore ensemble toi et moi , Catham aurait pu être avec sa femme et sa gamine... Comme je te l’ai dit il n’aurait jamais du être là, il devait venir te chercher, mais je crois qu’il a vu que j’allais faire une connerie, alors il est venu à ce rendez-vous avec Baile, Baile tout est sa faute, j’en avais plus rien à foutre de l’IRA ... Baile c’est une vengeance, c’est MA vengeance il a ...

On cognait à la porte et déjà les explications étaient ravalées, oubliées pour faire face à ce danger nouveau,  laissant Neil se saisir de son arme en secouant la tete à sa question, personne ne venait jamais ici, encore moins après qu’il ait voulu se faire oublier, et indiqua en silence à Sio qui l’avait suivi arme au poing , d’aller dans la cuisine. L’arme pointée sur le judas, prêt à tirer qui voudrait tenter de forcer sa porte. La poignée émettait quelques refus de se tourner pour le visiteur impromptu, il allait tirer, vraiment sans voir qui était derrière et que lui importait, quand ..

- Neil ? tu es là ? Ouvres il fait froid dehors.


Cette voix, ce petit accent aux teintes d’orient était bien connu de l’irlandais, il retira son arme de la porte et regarda par l’œil de Judas pour voir la jolie et étrange Lya qui attendait en trépignant devant sa porte . Elle était seule, bien maquillée, frigorifiée. Non putain ce n’était pas le moment. Il n’y aurait que le silence pour lui répondre, si Sio ne trahissait pas leur présence, lui ne ferait aucun bruit et la jolie brune repartirait aussi vite qu’elle était arrivée, elle n’était pas le genre de femme à attendre ad vitam devant une porte close. Haussant déjà la voix stridente – Neilll il y a ta voiture en bas je sais que tu es là, ouvres où j’hurle et je te jure que le quartier va savoir que je suis là et que …

Putain ! La porte est déverrouillée rapidement interrompant ses menaces d’alerter tout le quartier, il la tira dans l’appart par le poignet sans ménagement, sans un mot, et sans s’en faire prier la jolie asiatique lui tomba dans les bras un peu trop facilement feignant de tomber lourdement pour qu’il l’a rattrape. Ses bras entourant le corps masculin en fronçant les sourcils voyant les bleus à son visage qui commençaient à disparaitre mais encore assez visible pour elle.
– Ouhhh tu es passée sous un camion l’Irlandais ou quelqu’un a réussi à te casser la gueule? Provocation dont elle savait la finalité. Elle la désirait violente autant qu’elle désirait ce corps irlandais à moitié nu encore frais d’une douche à peine finie. Il avait pété un plomb la dernière fois qu’elle l’avait vu, mais jamais elle ne regretterait au contraire, elle en redemandait. Et elle le pousserait à bout encore plus, ayant vu son visage réel derrière son langage d’indifférence.

- Ly, mignon petit diminutif qu’il n’avait jamais sans doute utilisé  ce n'est pas le moment,  vraiment pas.
- Ah oui ? Laisses moi te faire changer d’avis, sa main est plaquée sur son pantalon avant que minaudant d’une petite voix alors qu’elle s’écarte de lui , se reculant dans le couloir en gardant son regard fixé sur lui pour ouvrir son leger manteau de mi-saison et de le faire glisser au sol laissant apparaitre un corps blanc quasi immaculé sauf quelques traces au cou, mais Nue, nue avec de hauts talons. - Ce n’est toujours pas le moment ?

Cette vision était un ravissement, Lya est une belle femme au corps fin, légèrement musclé, et surement s’il avait été seul il se serait plongé corps et âme dans cette offrande corporelle promettant quelques heures de sexe purement violent. Il aimait bien l’asiat pour ce qu’elle lui offrait en sexe et en violence, elle n’était pas emmerdante pour deux sous, étrange mais pas emmerdante. Mais non. Pas aujourd’hui, peut-etre pas demain  non plus. Son regard pouvait lui dire « désir », mais il se contenta de lui désigner la rousse qui avait apparu derrière elle.

- Oh .. non , non merde je ne savais pas que tu avais du monde

Précipitation à reprendre son manteau sur le sol et s’en entourer de nouveau, cachant une nudité quasi parfaite aux yeux d’une rousse armée. Gênée à premier abord, elle se recula presque dans les bras de Neil regardant la rousse – c’est qui elle ?
- C’est hum .. le regard de Neil se troubla un peu, mon ex ? la femme que j’aime ? celle qui m’a rendu aussi con ? .. une amie. Meilleure explication trouvée avant son café du matin.Il ne fallait pas trop lui en demander.
- Neil tu n’as aucun ami et encore moins des femmes. En tout cas si tu te la tape tu as baissé en gamme elle n’est pas vraiment ton style . Salut moi c’est Lya, Neil et moi on baise souvent ensemble et toi t’es qui ? sa conquete du moment ? Faut pas que tu te leurre chérie, il n’aime personne.

L'ambiance se tendait et nul doute que Sio allait réagir parce que PERSONNE n'insulte une Irlandaise, encore moins une Siobhan O'Sullivan .. d'ailleurs c'etait parti comme au bon vieux temps ! Ce n'est qu'après quelques minutes que Neil sortit de sa réserve s'interposant

- Ok, dis au revoir Lya.
La prenant sans ménagement par le bras, il ouvre la porte et la balance dehors vague signe de la main avant de refermer la porte sur son petit nez . Il n'avait pas besoin de ca en ce moment, son ex et sa maitresse qui se retrouvaient dans la meme pièce, l'ambiance etait déjà assez tendue comme ca.

- C’était.. Lya. Levres qui se muent en moue réprobatrice et un peu en style oups désolé je ne l’avais pas vu venir celle là, cette fille complètement tarée avec laquelle il couchait, décidément ses choix n’étaient pas terribles en ce moment, il avait repoussé Sio et pas Lya avant ? Neil faut vraiment arrêter le whisky ! Se rendant dans la cuisine pour prendre son café tant attendu sans lequel il pouvait être encore plus invivable, pourtant ce n'est pas le café, le bazard dans sa cuisine mais un element qui manquent qui le glace.

- Ma photo, ou est ma photo. Non, pas ca. * se mettant à genoux il regarda sous le frigo, sous la table, non non pas ca, pas ca c’est le dernier signe d’eux, non il ne faut pas, où est-elle où .. Et puis la peur se fait évidence en se relevant pour aller saisir Sio par l’épaule à défaut de son cou

- Rends là moi, tu n’as pas le droit de me prendre ca ! , tu me la rends de suite Siobhan, je te jure si tu l’as abimé je te ..
Tue ? oui il en serait capable, .. peut-etre. Pour une autre personne il n’aurait pas hésité un seul instant. Pour elle il ne savait pas, sa main s’ouvrit légèrement relâchant la pression qu’il avait fait courir sur ce corps dejà bien maltraité - S’il te plait. La voix venait de perdre 10 intonations d’autorité rends la moi c’est la seule chose qu’il me reste de Nous alors rends la moi, tu peux croire que je ne t’ai pas assez aimé , tu peux me frapper, me haïr, mais ne me fait pas ca, ne me retire pas ca je t’en prie.Fallait-il se mettre à genoux qu'il le ferait, la supplier encore il le ferait, mais qu'elle lui rende l'une des dernières preuves qu'il avait vraiment vecu ce bonheur avec elle.



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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Vika Kerekes  NOM CRÉATEUR


Durant ces trop longues heures de vide, d'absence de confrontation, de colère retombée, au moins un peu, Siobhan a eu le temps de reflechir. A vrai dire, elle n'a pas fait grand chose d'autres. Regarder la télé lui semble d'une telle futilité que cela ne lui traverse pas l'esprit. Et discuter avec Neil serait une erreur. Ils ne sont pas encore prêt. Ils sont deux fantomes qui cohabitent. Tant bien que mal. Si ils partagent parfois un repas ensemble, c'est rare. Extrement rare. L'appetit a totalement deserté l'Irlandaise, elle compense avec du café. Trop de café. Elle ne boit pas, très peu. La jeune femme ne peut boire seule. A toujours detesté ça. Ces dernieres semaines de trop d'alcool n'étaient possible que parce qu'elle sortait. Accompagné de cocaine et d'autant de mec de passage. Le plus possible, dans les endroits les plus selects aux plus glauques. Là, tous les débordements étaient autorisés. Reproduire ces schémas, maintenant? Une hérésie.

Non. Elle est seule avec ses pensées. Les paroles de Neil lui donnent le vague espoir qu'il ne prendra aucune décision drastique, sans en avoir la plus infime certitude. Bien sur qu'elle risque sa vie. L'irlandaise n'a aucun doute à ce sujet. L'avertissement a été suffisament sévère pour qu'elle en tienne compte. C'est la raison principale pour laquelle elle accepte de rester enfermer entre les quatre murs de l'appartement de son ancien compagnon. Son laspsus ne lui a pas échappé, sans le désir de le relever. A quoi bon. Souvenir d'un instant sortilège rayé par la réalité qui a repris le dessus quelques années plus tard. L'acceptation que l'amour qu'il avait pour elle était sincère et non un jeu d'illusion créer pour les besoins de son infiltration au sein de l'Ira est d'une amertume qui ne la quitte pas. La solidité de leur couple n'était qu'un chateau de sable balayé par une marée un peu plus sauvage que les précédentes. Ils n'ont pas resistés. Ils n'ont pas resistés aux exigences de sa plaque. Considérer son amour encore présent est plus... compliqué. Ils agissent l'un envers l'autre avec une telle cruauté que Siobhan ne sait pas à quoi s'en tenir. Et il l'a repoussé. Il a choisi de mettre fin à cette esquisse d'étreinte qui s'offrait à eux, certes trop violente, trop exigeante. Mais entre eux. Avec lui. Effaçant de sa peau les mains immondes des hommes d'O'Maley et ce qu'ils allaient assouvir sur elle. Connerie hypocrite! Cela n'aurait été pas la première fois qu'ils auraient eu des rapports agressifs et brutaux! Et elle était loin de s'en plaindre, prenant parfois un malin plaisir à les provoquer! Sauf.. que derrière ces débordements charnels, la passion qu'ils avaient l'un pour l'autre était toujours présente en filigrane. Ce qui n'était pas le cas ce soir là, ou de manière bien trop altérée.


Ce qui est certain, c'est qu'elle n'a pas le courage d'admettre à voix haute qu'elle est encore amoureuse de lui et qu'elle l'a probablement toujours été.  Cela compliquerait trop de chose. Beaucoup trop. Mais l'écouter? Oui. Elle lui doit au moins cela. Elle se doit au moins cela à elle aussi. Pourtant, Siobhan n'a pas envie que la situation entre soit encore plus inextricable. Et se remettre en couple, en effacant ces cinq ans? Non. C'est trop lui demander. Cette simple perspective lui vrille le ventre à lui en donner la nausée. Non. Il leur faut se concentrer sur le moyen de rappeler le chien d'O'donaigh en Irlande. Plus que jamais, elle est persuadée que cela ne peut arriver qu'avec une discussion à peu près franche avec Baile. Neil est trop têtu. Il n'acceptera jamais. Attendre la fin des quarante huit heure et relancer le sujet. Si possible sans hargne.


La pensée d'Oliver ne lui offre pas d'avantage de repit. Que ce soit les instants de leur liaison, les quelques jours passés ensemble à Washington et l'arrivée totalement innatendue de son petit frère, Harlan. Cet éloignement sans heurt, presque tacite. Modelée, Siobhan le perçoit maintenant que trop clairement, par leur volonté commune de ne pas Risquer. De ne rien Risquer l'un pour l'autre, de peur d'abimer l'autre et soit meme. Leurs retrouvaillles bien trop cinglantes lors de l'inauguration de la nouvelle exposition du Musée pour trouver son appocalypse quelques nuits plus tard. Si elle arrivait à se sortir ce baiser de la tête! Les lettres. Qui dessinnent... autre chose. Une vérité plus douce. Une sincérité dont ils n'ont jamais su faire preuve l'un envers l'autre. Quinze fois, elle a failli récupérer un des trois burners qui dort sur le comptoir. Juste pour l'appeler. Juste pour entendre sa voix. Et lui dire quoi? Le contaminer avec la violence et la laideur de passé retrouvé? NON. Jamais.  

Elle ne peut pas dormir. N'y arrive pas.  Pas la nuit en tout cas. Plusieurs fois, elle a failli demander à Neil si il avait de quoi rouler un joint ou deux. Sauf qu'après l'avoir vu hors de controle avec l'héroine, Siobhan ne peut pas s'y résoudre. C'est déjà elle qui a introduit la poudre, amener la question de l'herbe sur le tapis lui fait craindre d'autres débordements. Elle refuse d'être celle qui va nourir plus encore ses addiction. Sans compter le nombre de cadavre de bouteilles qui ne cessent d'augmenter. Il est en train de s'empoisoner.Et Siobhan commence à entrevoir ses limites sur ce sujet. Elle sent qu'il ne faudra que peu de choses pour qu'elle laisse libre court  à ce qu'elle ressent sur ce sujet et n'a aucune certitude sur sa  capacité à le faire dans le calme. Ils sont pris dans une farandole démoniaque et ce n'est pas d'avoir découvert leur photo de fiancaille qui améliore les choses.


Quand il sort de la douche, c'est un sourire qui fleurit malgré elle. La jeune femme hésite à lui rappeler de passer un tee-shirt et décide de ne rien en faire. Malgré les bleus et les contusions qui le couvrent encore, elle aime la manière dont ses muscles jouent sous sa peau, la manière dont son ventre est ciselé, encore défiguré par le pansement qui recouvre sa blessure. Au moins elle pourra dire à Charis' que sa blessure est saine. Elle devrait probablement modérer ses regards. Mais n'en a pas envie. L'attirance qu'elle ressent pour lui n'a jamais été que physique, mais elle a toujours été aussi physique. Elle aime son corps autant que le reste. Ce n'est pas comme si la sylphide allait le toucher. Il y a peu de risque! Et si la manière dont ses prunelles s'attardent le dérange, il saura largement le lui faire comprendre. Siobhan finit par prendre place dans un fauteuil non lui de lui et il se place en miroir d'elle. Elle finit par lui proposer son aide. Sincèrement. Parce qu'elle sent que seuls, ils n'arriveront à rien. Il peut sentir que ses épaules se decrispent quand il accepte. Vague de soulagement. Sourire plus léger. Moins contraint.

-Si ton idée de génie était de te rendre à Baile, je t'ai déjà dit ce que j'en pensais. Plein de fois. Et je peux le faire encore pendant des heures tu sais. -Il peut sentir l'amusement qui danse dans sa voix à ce qu'elle énonnce avant que son sérieux ne revienne.-  Est ce que tu ne veux vraiment pas considérer que je l'appelle, avec toi qui écoute tout ce qui se dit? Et....


Elle n'a pas le temps de poursuivre sur le sujet de Catham. De lui demander si il a  une idée pour qu'elle puisse le contacter dans une sécurité relative qu'il se penche vers elle et la prend totalement par surprise. La jeune femme se tait. Ses prunelles croisent les siennes et c'est un hochement de tête qu'elle lui adresse. Juste ca. C'est le moment qu'il a choisit pour s'ouvrir réellement sur les motivations qui étaient les siennes. Ils ont besoin de crever cet abscès pour pouvoir avancer, que cela soit ensemble ou non. Siobhan a du mal à suivre le  rythme des paroles de Neil. C'est décousu, instinctif. Il manque trop d'éléments. Mais... Ils avaient discutés ensemble, plusieurs fois, de la possibilité pour Catham et Neil de quitter l'Ira. Niamh, la compagne de Catham était enceinte à l'époque et la condition sine qua none pour avoir cet enfant avec Catham etait qu'il abandonne ses activités les plus criminelles. Neil avait accepté aussi, peu avant sa demande en mariage. Ou peu après? Elle ne sait plus. Son crane s'enfonce dans le fauteuil. Il ne lui avait pas menti sur ce point! Ils étaient vraiment en train de négocier une sortie. Baile? Il y a toujours eu entre eux une puissante inimité, c'est certain. Mais Baile est quasiement intouchable! Sa vengeance? Vengeance pour quoi? pour qui? Siobhan retient un grondement sourd lorsque des coups résonnent à la porte. Elle aime pas le petit revolver qu'il lui a passé mais c'est mieux que rien. Son glock repose quelque part avec les cadavres des hommes d'O'Maley. Avec ses épingles d'acier!  Elle gromelle

-Si un jour tu veux me faire plaisir, offre moi un nouveau glock! Le mien me manque!

Mais la plaisanterie- ou pas- meurt sur ses lèvres. Il n'attend personne. Elle se relève immédiatement et le laisse passer devant. Siobhan se place hors de vue mais de manière à le couvrir si il y a besoin d'une seconde ligne de feu. La voix féminine qui retentit n'a pas des accents franchement terrifiants. La rousse se tait. C'est la décision de Neil, pas la sienne. Finalement, il décide d'ouvrir la porte, sans doute sur les menaces de rameuter  le quartier énoncées par la gonzesse. Siobhan finit par s'avancer dans le couloir. Si elle n'a pas vu la main baladeuse de l'asiatique, elle a une position parfaite sur son dos nu et ses fesses tremoussantes. Sous un signe de son amant, elle se retourne pour faire face à la rousse qui pose son arme. Et qui est prise d'un véritable fou rire à la vue de l'asiatique. Son rire est irrepressible et elle finit par le calmer en portant sa main gauche à ses lèvres. Ses prunelles dansent encore d'hillarité mal contenue, en la voyant se coller pratiquement dans les bras de l'Irlandais. Elle aurait peut être tenu sa langue. Avant de jeter un regard d'avertissement à Neil. Une amie? Très mauvais choix. - Tu as raison, je ne suis pas son amie. Je suis son ex fiancée. Mais visiblement, sa présence déplait  un peu trop à la jeune femme. Le sourire de Siobhan change de nature. Il devient bien plus mauvais et insultant.

-Il te manque juste les bas resilles et le porte jaretelle, pour être un cliché ambulant! Mais je suppose que même les prostituées de bas étages doivent faire des efforts de temps en temps.

Elle croise les bras et la détaille sans la moindre pitié. Elle n'aurait peut être du la chercher. Pas en ce moment. Lya devient un exutoire et elle n'a aucune envie de se retenir. -Ho non, je te rassure, il n'a pas changé de gamme, crois moi. Il a toujours eu un faible pour le facile et le cheap. Tu es l'incarnation parfaite de ce  genre de... le  genre qu'il aime se taper quand il a pas envie de faire le moindre effort avec une femme. Son sourire s'agrandit et se teinte d'une fausse compassion. Mais son regard est devenu meurtrier. - Au moins tu sais où tu te situe. Ne t'inquiète pas, "chérie", d'ici quelques jours ou quelques semaines, tu pourra reprendre bien tranquillement tes relations tarifées. Tu saura patienter?


Neil la fait sortir avant que Siobhan ne puisse réellement la crucifier. Il tente une vague explication. Et il aurait mieux fait de se taire totalement. Elle décroise les bras et sa voix est d'un calme délicieusement parfait alors qu'elle lui lance une flèche d'une perfidie absolue. - Tu peux sortir pour aller te la taper si tu en as envie. Je bouge pas d'ici. Elle  a moins raison sur un point. C'est le genre de femme  avec qui tu préféres faire l'amour en ce moment visiblement. -Okayyyy non. Elle a pas du tout digéré qu'il la repousse en fait! Et que sa maitresse se pointe en prime? -Je suppose que je dois m'estimer heureuse de ne pas t'avoir retrouvé pendue à ses lèvres. -Son timbre a oscillé entre une glace polaire et un vacillement douloureux. Et là... elle est totalement injuste avec Neil. Il prend pour Oliver, sans qu'il ne puisse en avoir la moindre idée.  Surtout qu'elle n'a absolument aucun droit de lui faire ce genre de remarque. Il n'a jamais été du genre chaste et Siobhan le sait parfaitement. Et son propre comportement de ces dernières semaines est plus que défaillant.

Il se détourne pour aller boire un café et elle allait sortir fumer une cigarette sur la terasse quand il surgit devant elle. Il l'attrape par l'épaule avec bien trop de force et son flanc ploie contre lui quand il appuie sur le nerf qui se trouve à la base du cou. Lui arrachant un grognement de douleur. -Lache moi! Tu me fais mal! Neil! Tu me fais MAL! - Il lui faut quelques secondes pour comprendre de quoi il parle et le spectacle qu'il offre de lui même est... Siobhan hésite entre l'horreur et l'écoeurement. Mais qu'est ce qu'il lui prend! Qu'est ce qu'il est en train de devenir?  Dès qu'il la libère, elle file dans sa chambre et revient avec le précieux rectangle de papier glacé. Elle le plaque contre son torse. Dès qu'il la récupère, elle se détourne. La jeune femme attrape les deux premières bouteilles qui lui tombent sous la main, encore à moitié pleine et les fracasses dans l'évier avec une violence qui explose sans le moindre filtre. Elle en vide les contenus dans les bacs, sans même remarquer qu'elle vient de se couper salement sur les eclats de verre au moment où elle met les corps décimés dans la poubelle. Elle tremble. Elle ignore si c'est de rage ou de despoir de le contempler aussi détruit.

-Neil! Ca suffit! Ca suffit putain! Tu te rends compte à quel point tu es en train de lacher prise?! A quel point... .A quel point tu es méconnaissable?! Tu étais sur le point de t'avilir pour une PHOTO! Mais qu'est ce qui se passe dans ton crâne?!  Je suis tombée amoureuse d'un homme arrogant, un connard accariatre, pas quelqu'un qui se plait tellement dans l'auto-appitoiement qu'il en devient une loque. Je ne peux pas. JE NE PEUX PAS assister à ca. Tu as le choix, mo ghrá. Soit tu veux continuer à boire, à te shooter et à... à -Siobhan sent qu'elle est sur le point de se mettre à pleurer tant elle ne peut accepter une telle déchéance de sa part - A te suicider lentement, mais dans ce cas, je m'en vais. Je trouverai un moyen de gérer Baile seule, mais je ne serais pas le témoin de ce que tu t'infliges, je t'aime trop pour ca. ou pas assez, comme tu veux. Soit... Soit tu basardes toutes les bouteilles qui sont dans l'appartement. TOUTES. Je ne veux plus une goutte d'alcool ici. Et tu me rejoins sur la terrasse une fois que c'est fait pour répondre enfin à une question très simple : Qui es tu? Qui était Liam et qui est Neil. Je te promet de t'écouter. Jusqu'au bout. D'agir avec toi pour contrer l'Ira. Tá an rogha agat. Fágaim an rogha duit.*tu as le choix. Je te laisses le choix. -Elle ne se rend même pas compte qu'à un moment donné, elle a perdu le combat contre ses larmes, qui dévalent sans s'arreter. Sans un sanglot. Chagrin trop silencieux pour ce genre de crise théatrales.



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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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• Poetically Pathetic •
Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant
Le face à face entre Lya et Siobhan lui rappelait vaguement leur première rencontre où Fiona était venu tortiller des fesses devant Neil pour blesser la jeune rousse qui ne s’était pas laissé démonter. Il ne soufflait plus un mot après que Sio ait reprit la main en lui lançant un regard sombre aux termes de Ex fiancée, oui bon elle était aussi ça, mais s’il l’avait dit n’aurait-elle pas trouvé quelque chose à redire sur cette appartenance à un passé commun?  Fille facile Lya ? Ouais pas faux, sauf qu’elle ne se faisait pas tarifer mis à part en  brutalité. Et ça gueule, ça hurle coté Maitresse perdant calme face à une rousse qui ne se répartissait pas de son sourire narquois. Ce qu’elle pouvait être énervante quand elle faisait ça, qu’est-ce qu’il aimait quand elle faisait ça. C’était bien la femme qu’il avait aimé.

-Fiancée ? Alors t’es encore plus conne que tu en as l’air, tu crois que Neil voudrait se marier avec toi, il aime la baise, mais regardes toi tu ne ressembles à rien, j’suis sure qu’il n’a meme pas voulu de toi, et si t’es venue ici pour le récupérer faudra que tu sortes l’artillerie lourde la rousse parce que je ne te laisserais pas le reprendre. Haussement de sourcil de l’Irlandais depuis quand il était sa propriété ? Sio n’a pas besoin de lui pour se défendre, c’est meme tout l’inverse, elle s’impose et en impose face à la petite chinoise qui est remontée comme un coucou suisse de s’etre faite non seulement rejetée mais en plus de voir Neil avec une autre non ça ne lui allait pas alors qu’entre eux c’est juste partie de jambes en l’air violente.  

Enfin, et avant que ça ne dégénère en guerre des tranchées, qu’ils se fassent remarquer par les voisins, il la saisit par le bras la faisant sortir, et surtout espérant s’en sortir, laissant une Lya tapant à la porte avant que le silence se ne fasse quand la voix s’éloigna en hurlant. Tranquille. Débarrassé ! Mais Siobhan reprit son attaque contre lui, bien plus véhémente qu’une femme indifférente aurait pu le faire. Peut-être que même sa pique l’avait amusé sur l’instant, once de jalousie ou once de supériorité, il n’aurait su les distinguer en cet instant. Mais même si la réponse se ferait cinglante il avait apprécié sa fine jalousie.

- Hum attends,  je rêve là, tu es en train de me faire une scène là ? Tu oses me juger ?  Tu te fais tringler dans des night-club par le premier venu et tu oses à moi, me reprocher que je me tape des putes chez moi ? Si j’avais envie de la rejoindre et de la baiser, crois moi je l’aurais fait, si j’avais eu envie de la défendre je l’aurai fait aussi, et ce n’est pas moi qui serait sorti de l’appart mais toi, parce qu’on est chez moi ici. Mais non, déjà je n’en ai pas envie si je voulais du sexe et du hard,  je ne t’aurai pas repoussé la nuit précédente, et ce n’est pas avec elle que je ferais l’amour comme nous faisions avant, elle n’est rien de plus qu’un dévidoir, et saches que j’ai d’autres priorités comme te sauver la vie par exemple. Alors tu me lâches avec Lya, tu ne m’emmerdes pas avec celles au pluriel que je baise et moi je te laisse tranquille sur ce sujet aussi.

La véhémence n'est pas tout à fait feinte, si lui déconne, elle aussi et il est temps de la mettre face à ses responsabilités, avant que l'ascenseur émotionnel l’anéantisse. Sa photo, sa photo disparue, l’inacceptable perte à laquelle il ne pourrait faire face. Il a pu sauver cette photo, son alliance, et une clé usb de leur périple en Irlande avec Catham et Niamh, et même le bout de Thèse que Siobhan ne voulait pas finir préférant rester au creux de ses bras malgré l’insistance de l’irlandais à ce qu’elle reprenne ses études. C’était là tout ce qui lui restait de deux ans de bonheur. Il s’est abaissé, il l’aurait fait encore plus si elle avait voulu, à genoux. Neil Flaherty à genoux !
Elle a raison d’hurler contre lui, elle a raison d’en avoir marre de lui, elle a tellement raison. Ses mots sont déchainés, douloureux à entendre, coup de poignards en plein cœur, brisant tout ce qu’il avait construit en sable autour de lui. Sa tempête frénétique à vouloir le remettre sur pied balayait tout. C’était trop pour lui, il n’avait rien à répondre, absolument rien.  Il aurait voulu  la consoler, lui dire qu’elle se trompait, que ce n’était qu’une image qu’il voulait donner pour faire croire qu’il est devenu faible, mais il ne peut pas, n’arrive pas à faire un geste vers elle quand elle part sur la terrasse en pleurs silencieux pire que des cris stridents auxquels il pourrait répondre par d’autres cris.  

Le dos au frigo, il se laisse glisser assis au sol sale de sa cuisine, respiration saccadée par sa peur panique d’avoir perdu la seule photo originale qu’il avait chez lui, mais aussi par sa putain de réalité qui lui revient en pleine tête. Cette réalité qui lui fait ouvrir les yeux sur ce déchet humain qu’il est devenu. L’alcool, la drogue, les shoots, les cachets, sa solitude, sa vie, il n’a fait aucun effort, aucun depuis le départ de Siobhan se laissant entrainer dans une spirale descendante toujours plus profonde, a-t-il enfin touché le fond, ne peut-il que remonter ? Il n’en savait fichtre rien. Tant d’années perdues dans sa déchéance, est-ce que l’on peut trouver le salut comme cela d’un claquement de doigt. Durant de longues minutes, il reste sans bouger, pétrifié dans sa propre vision, de ce corps tuméfié qui était pétris de douleurs, de manques, pétrifié d’avoir vu ce regard noisette perdre le dernier éclat qu’elle pouvait avoir dans des larmes de colère et de tristesse face à ce qu’il était devenu, pétrifié face à ses mots. A croire que Neil n’avait pas survécu à Dublin et au départ d’une Flamme. Enfin un soupir, souffle vaguement renouvelé, se relevant, laissant cadavre de bouteilles dans l’évier et partant dans la salle de bain pour trouver sa boite de premier secours afin de  se rendant sur la terrasse où la jeune femme attendait un signe de lui, pissant le sang à cause de la bouteille.  

Posant la boite de premier secours un peu vieillotte sur la chaise de bain de soleil, il s’assoit  sur le rebord, faisant face à la rousse. Il ne dit rien, n’exprime rien. Sa main se fait plus douce en saisissant celle de Siobhan et la retournant, son pouce effleurant le haut de sa paume avant s’en poser le dos sur son genou replié. Une compresse est prise,  il nettoie un peu le sang qui s’échappe en une ligne profonde mais pas assez pour avoir touché un nerf, le moment était-il venu de parler ? De lui dire ce qui s’était déroulé depuis leurs rencontres, voir avant ? Qui était Liam ? Qui est Neil ? La question est posée, il lui faut quelques instants pour se remémorer ce passé qu’il avait voulu oublier durant si longtemps, recommencer sa vie du début.  Où chercher qui il avait été. C’était si complexe, il n’avait jamais voulu se replonger dans sa vie d’antan, et pourtant c’était essentiel pour lui, pour elle. Sa lèvre se mord avant d’inspirer et commencer à parler. Pas d’intonation particulière, pas de cris, une voix posée et calmée faite pour conter une histoire depuis longtemps dépassée.


-Tu te souviens le petit bar rouge très flashy que nous avions visité dans ce village Kilkenny juste après nos fiançailles ?  Tu l’avais trouvé horrible avec ces couleurs. Je suis né dans la chambre juste au-dessus, on habitait là avec ma mère pendant * levant les yeux au ciel réfléchissant à la durée qui lui avait paru interminable gamin qui voulait voir la grande ville * - 7 ou 8 ans. Liam elle adorait ce prénom en  mère typiquement irlandaise, mon père était un britannique qui l’a lourdé quand il a appris qu’elle était enceinte,  je ne suis même pas un vrai irlandais c’est ironique non ?  * sa phrase se termine par un léger sourire, décidemment même cela il n’était rien qu’un batard, continuant à soigner sa main en parlant sans remord, sans regret*-  traitre irlandais pour les anglais, traitre anglais pour les irlandais, dès le debut c’était biaisé pour moi.

- Quand j’ai eu 8 ans, mon « père » a bien voulu me rencontrer, et nous a accueilli chez lui, avec sa nouvelle famille, mais j’étais de trop dans sa nouvelle vie, déjà trop en colère pour un gamin de mon âge , trop distant pour ce paternel qui désirait un fils obéissant, petit chien servile à ses ordres, après coups de ceintures, de cravaches, il nous a foutu dehors au bout d’une année à peu près et depuis je ne l’ai pas revu, enfin si une fois au coin d’une rue, il ne m’a pas reconnu et je ne me suis pas montré à lui. On est revenu en Irlande pas loin de Belfast. Ma mère était serveuse, moi j’étais le petit con du coin, voyou au devenir incertain. On s’en sortait comme ça, elle honnetement et moi faisant les mauvais coups du quartier ; mais plus je grandissais, plus je lui en voulais à elle de m’avoir pondu dans ce pays, dans cette pauvreté, d’avoir fait de moi ce batard sans patrie, sans père.

- L’adolescence n’a rien arrangé j’étais pire que tout, la rue m’avait forgé, le manque d’une autorité aussi, , je ne blâme pas le paternel ne te méprends pas, c’est juste que je faisais ma propre loi sans être limité. Ma mère n’arrivait plus à prendre l’ascendant sur moi, et ça aussi je lui faisais payer ce que je prenais pour de la  faiblesse. J’avais un peu plus de 15 ans quand on est parti à Dublin, je voulais absolument la dernière console à la mode parce que c’était comme ça, que j’avais décidé que… Même si on n’avait pas trop de fric, ma mère nous a pris une chambre à l’hôtel, et on a passé 3 jours là-bas. Bien sûr elle ne pouvait pas payer une console à 300£ alors un matin qu’elle voulait aller au marché, j’ai tellement gueulé sur elle, j’ai dit tant d’horreur qu’elle a quitté la chambre sans un mot et je m’en foutais vraiment. Elle allait encore subir ma colère en revenant, Je me suis mis à la fenêtre et je l’ai regardé partir, malgré tout je me disais que je devais la rattraper, m’excuser d’être le petit con de service, mais je ne l’ai pas fait, parce qu’un type comme moi ne s’excuse pas


Ce devait faire 25 / 30 minutes qu’elle était partie j’avais mis ma veste pour aller faire un tour, j’etais pire qu’un lion en cage tu me connais, et puis il a eu ce bruit, quelque chose d’intense et de brutal, les vitres ont explosé sous le souffle, j’ai même été projeté dans la chambre j’avais du verre partout un bout qui s’est figé dans mon arcade, tu sais cette petite cicatrice que laquelle tu m'interrogeais souvent. Une bombe venait d’exploser sur le marché. J’ai couru aussi vite que j’ai pu, il y avait des blessés partout de la crasse de la fumée, des morts .. et ce cratère qui a creusé sur 8 ou 10 mètres de profondeur la place fleurie de Dublin. Les flics arrivaient, les secours aussi, il y avait des cris, tellement de douleurs et une chaleur à faire fondre quiconque voudrait forcer le passage. Ce n’était qu’un brasier horrible, les gens hurlaient à l’intérieur . Si le souffle ne les avait pas tué, ce feu s'en chargerait. Je crois froissement de sourcil frissonnant à revivre cet instant comme s'il se déroulait devant lui- que je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi horrible.

- Bien sur je n’ai pas retrouvé ma mère, c’était impossible, j'ai attendu, j'ai espéré; mais chaque fois que je fermais les yeux je la voyais m’implorer de l’aide en feu sur la place, mes nuits étaient .. enfin t’imagines. Souffle long, stressé, perdu avant de la regarder et retrouver un peu de courage à finir son récit. Et puis 3 jours après, j’étais toujours dans cette chambre d’hôtel, des flics ont frappé à la porte me disant qu’ils avaient retrouvé ma mère. Tu n’imagines pas le bonheur dans mes yeux face à leurs airs épuisés. J’ai vite compris que .. * il secoua la tete haussant vaguement les epaules* - Tu sais ce qu’ils avaient retrouvé ? un bras, un putain de bras cramé, comment tu veux .. comment.... * Sa voix avait tressailli, et son regard posé sur sa main qu’il soignait toujours, s’était empli de tristesse avant de se reprendre à mesure que les mots s’écoulaient de ses lèvres en un flot qu'il n'arrivait plus à arrêter. Le souffle de tristesse file pour tenter de se reprendre *

- Je ne me souviens plus trop après, je sais qu’on .. a enterré ce bout d’elle et c’est là que Liam est mort avec elle, il était tellement abattu, tellement mortifié il n’aurait jamais pu survivre après ca. Les regards dans son village, cette pitié qu’on avait pour lui, non ça c’était encore plus dur que la mort elle meme. Neil était né à cette époque , promettant de la venger, dans 10 ans, 20 ans, peu importe. Ils ont pris ce jour-là 115 vies, 115 familles endeuillées, et des centaines de blessés, des vies brisées. Plus jamais je n’ai prononcé mon prénom, plus jamais le sien. C’est comme ça que je suis né. Ce n’est pas du tout un dédoublement de personnalité, ou autre connerie psychotique de ce genre, non c’est juste comme si je pouvais oublier tout ca en changeant de nom, ca marche parfois. Seulement parfois.

La voix se tait, tarissant le reste des mots pour lui laisser intégrer Liam, cet inconnu pourtant présent en lui, qui avait resurgi malgré le fait d’avoir voulu le faire taire à jamais. Il était revenu au moins pour les souvenirs de son enfance et repartirait dès qu’il continuerait son histoire. Siobhan l’avait laissé parler sans l’interrompre comme promis, début d’une confession rédemptrice. Liam avait été faible, mais surement moins que le Neil qui s’était détaché de tout.

La plaie est nettoyée, désinfectée, étrange coïncidence avec ses propres blessures dont il semble oublier la douleur en parlant avec elle. Siobhan a toujours été son appui, même quand il taisait ses douleurs, elle était là. Il lui avait dit beaucoup de choses dans leurs passés, confié bien trop Aujourd’hui il ressentait cette douceur à pouvoir s’exprimer avec elle en toute honnêteté, sans interdit, il soufflait enfin dans leur bulle à peu près retrouvée.  Un pansement est posé, il commence à bander la main.



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Seolanne
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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Vika Kerekes  NOM CRÉATEUR


Siobhan, en toute sincérité, n'est pas réellement énervée. Ne ressent pas une vraie colère contre l'asiatique ou l'idée qu'elle puisse coucher avec Neil. Si Lya n'avait pas montré les crocs la première, elle aurait peut être laissé passer la visite. Pour être franche, la confrontation amuse l'Irlandaise. Son sourire et sa posture contrastent suavement avec la colère bruyante de l'autre femme. Il n'y a qu'une fois ou deux où le lieutenant de l'Ira a vraiment regardé une autre femme qu'elle pendant qu'ils étaient ensemble, et ce n'était certainement ce genre de tramp'. Elle ne peut pas être enervée tant il n'y a rien qui puisse la faire hésiter sur la nature de son lien avec lui. Ce qui ne signifie pas qu'elle apprécie la manière dont l'autre se fait un malin plaisir à mettre en avant leur liaison. Qu'elle couche avec Neil est une chose. Le lui balancer de cette manière en est une autre et Siobhan n'apprécie que moyennement les images un peu trop précises qu'elle conjure. Petasse. Mais la chinoise lui offre soudain une telle ouverture qu'elle est incapable de resister à la tentation. Elle laisse un soupire lascif s'évader de ses lèvres et elle se penche à demi vers l'autre femme, dans un murmure de luxure parfaitement audible. Ses prunelles caramels se chargent du souvenir de voluptés passés, ne relâchant pas les iris charbonneux -A ton avis, poupée, ils viennent d'où mes bleus? Tu veux deviner qui a marqué Neil comme ca? -Neil qu'elle évite soigneusement de regarder. Non parce qu'elle a honte, mais parce que sinon, elle va éclater de rire, et ca fracasserait totalement l'effet qu'elle projette, il la connait trop bien pour être entraîné dans cette comédie. Elle a l'impression que c'est la première fois depuis plusieurs années qu'elle peut laisser s'exprimer cette partie bien garce de son caractère. Puis, elle reprend son sérieux, avant d'achever Lya, et cette fois son ton est absolument implacable. -Tu ne peux pas prendre ce qui ne t'as jamais appartenu, petite fille .

Il ne tarde pas à enjoindre sa maitresse à quitter les lieux. Ou plutot à le lui imposer manu militari. Les imprécations de l'asiatique sont perceptibles pendant encore quelques minutes. Minutes que Siobhan aurait du employer à se taire plutot que de retourner son venin sur Neil. Le retour de flamme est d'une exquise précision. Ses joues s'empourprent sous ses paroles. Malgré les taches de rousseur qui picorent son visage, sa carnation est albatre. Quand elle rougit.... Il n'y a nul part où se cacher, c'est bien trop perceptible. Siobhan a appris avec les années à maitriser ce genre de réaction. Pas tout le temps, VISIBLEMENT. Elle ouvre la bouche pour répliquer. A lui demander si il a pris son pied à mater, vu comme il a l'air renseigné! Non. Si elle continue dans cette veine, il va l'allumer avec bien trop de facilité. Et cela risque de dériver à court terme sur des sujets qu'elle n'a aucune envie d'aborder avec lui! Non. Cette fois, elle lui cède le terrain et préfère quitter le salon pour la terrasse.

Avant que l'impossible irlandais ne perde completement pied. Qu'il présente un visage de lui qu'elle ne peut accepter. Pas tolérer. Pas de lui. Jamais de lui. Elle a l'impression qu'en cinq ans, il a cherché par tous les moyens possibles à se détruire, à trancher des fragments de lui. Jusqu'à ce qu'il reste si peu qu'il en devenu méconnaissable. Que seules la colère et la rage lui permettent de préserver certaines facettes de celui qu'il était avec elle. La Sylphide se doute que l'abus d'alcool ne peut être le seul mal. Qu'il ne peut pas être tenu pour responsable de tout. Cependant, en quarante huit heures, la profondeur des griffes plantés en lui par ce besoin de boire commence à lui aparaitre et elle a conscience qu'il ne s'agit que de la partie emmergée de l'iceberg.

Une partie d'elle cède à cette réalisation et c'est un ultimatum sans échapatoire qu'elle lui impose. Pourtant, Siobhan sait qu'elle respectera sa décision. Si il ne supporte pas la perspective de commencer à se sevrer, d'essayer de se reconstruire, qu'il préfère continuer avec ses bequilles ambrées, il ne subira pas d'autres jugements de sa part. Pas d'autres critiques. Simplement, elle refuse d'être présente quand il finira sombrer définitivement. Elle s'enfuit presque sur la terrasse. Sa main la lance et elle finit par jeter un coup d'oeil sur sa paume. Retirant de ses ongles un éclat qui était resté figé. C'est pour ca qu'elle pleure de toute manière. Elle s'est coupée, c'est douloureux. C'est tout. Raisonnement enfantin. Elle ne s'aveugle pas à ce point. Quelques minutes plus tard, Neil la rejoint sous le soleil californien qui règne sur la terrasse, avec une trousse de secours sous le bras. Quand il s'assoit sur l'accoudoir de la chaise longue et tend la main vers elle, la rousse le rejoint, offrant sa paume comme il le lui demande silencieusement.

A sa première question, elle hoche la tête. Oui, bien sur qu'elle s'en souvient, il commence enfin à parler, se concentrant sur la fine plaie qu'il nettoie. Les propriétaires devaient adorer ces teintes parce qu'il était clair que la peinture était refaite régulièrement. Ses doigts se courbent un peu sous ses soins, non qu'il lui fait mal, mais de l'importance de qu'il dit. Elle ignorait totalement à ce moment là qu'ils se trouvaient sur son lieu de naissance. Sa main platrée se pose sur son épaule dénudée, caressant légèrement sa peau. Lui indiquant silencieusement qu'elle n'attache aucune importance à ce qu'il puisse être à demi anglais. Ce genre de considération ne lui a jamais importé, ne s'est jamais arrêté à cela, contrairement à bien d'autres de l'Organisation, portant en banière leurs origines Irlandaises pures souches. Cependant, Siobhan comprend aisement pourquoi il n'a jamais clamé son sang mélé. C'est plus difficile pour elle d'entendre sereinement les sevices infligés par un père violent. Son propre père n'était pas un parangon de douceur et il lui est arrivé de corriger ses deux enfants, parfois durement, mais ce n'était ni aveugle ni pour "redresser" leurs caractères. Ce retour en Irlande n'a pas du être facile pour le préadolescent qu'il était. Et le tableau qu'il dresse de son attitude, déja indomptable, déjà farouche, pourrait la faire sourire si l'existence qu'il esquisse de ses mots n'avait pas été si douloureuse pour sa mère et lui.

Cette colère, du trop plein d'un sentiment d'injustice. La brutalité d'une adolescence tourmentée. Rien ne lui a été épargné et il n'a rien épargné non plus. Sa mère n'avait pas la force de lui imposer un cadre, pas après ses trop longues heures de services. Dublin. Cette ville a toujours été ambivalente pour lui. La rousse a toujours pu sentir chez lui une reticence muette quand il s'agissait de passer un peu de temps sur place. Sa main se fait plus présente sur lui. Venant se poser à l'ombre de son cou courbé sur sa paume qu'il desinfecte. Et soudain... elle craint la suite de son récit. Parce que si il avait quinze, seize ans, à Dublin... Soit autour des années 1999 ou 2000.... 1999.... Elle continue à garder le silence mais son souffle s'est fait plus court, plus torturé. 5 mai 1999. L'un des attentat les plus meurtriers de l'Ira. Trois voitures piégées, disposées pour un maximum d'impact le jour du marché. Il y avait la visite d'un des ministres des affaires étrangères anglais, il avait voulu faire passer quelques mois plus tôt elle ne sait plus quelle reforme sur le statut de l'irlande. Esperant encore qu'elle se trompe. Qu'il n'y ait aucun lien avec cette tragédie meurtrière. Et il lui est tellement facile de visualiser ce Liam, entre l'enfance et l'adulte, pris entre son envie de retrouver sa mère et sa fierté. Entre l'envie d'un apaisement avec elle et son arrogance. Sa tête s'est abaissée vers celle de Neil. Ses lèvres à son front, sans le couper pour autant. Avant qu'il ne décime ce qui pouvait lui rester d'enfance. Et confirme les craintes lattentes de Siobhan. Il a subit le pire de ce que pouvait lui offrir l'Irlande du Nord. Sa joue contre le haut de son crane. Son bras autour de ses épaules. Elle ne peut d'avantage. Ne peut lui rendre ces années volées et barbarisées. La rousse visualise très bien la cicatrice, a fait un jeu dans leur couple de lui attribuer les provenances les plus improbables. Lui se contentant de négations, parfois amusées, parfois non, sans rien préciser pour autant. Le tableau qu'il recrée pour ses yeux de la scène de l'explosion est d'une violence innomable. Et elle sait... elle sait très bien qui a été l'architecte de ce carnage. De ces morts civiles qui ont été errigées bien malgré elles en martyrs pour la Cause. Il ne pouvait rien faire. Impuissance face à cette scene de guerre au coeur d'une ville pourtant sereine. Comment aurait il pu jamais effacer de ses retines ces corps brutalisés et calcinés? L'odeur de sa memoire olfactive. Elle ressert son étreinte autour de lui quand il poursuit avec son attente. Avec le retour des policiers et leur immonde trouvaille. Deuil impossible. Neil... je ne savais pas. Bien sur, elle savait sa mère décédée, les causes en étaient floues, tout comme le père absent de sa vie. Mais Ca? Cette tragédie? Non.

Neil est né d'un drame insoutenable. Et ses paroles matinales prennent tout leur sens. Sa vengeance, la raison pour laquelle il voulait la tête d'O'Donaigh. Baile qui a gagné au lendemain de cet attentant ses galons dans l'Ira. Qui a atteind les plus hauts échelons de la hierarchie de l'Armée indépendantiste. Parce que dans ces 115 vies, celle du politicien anglais gisait dans les ruines. Siobhan comprend la logique qui a animé Liam à ce moment là. Ce besoin de s'écarter de cette vie ensanglantée. Avant qu'il ne puisse bander sa paume, Siobhan la retire de ses mains. Elle est restée debout face à lui et attire son visage contre son ventre, caressant ses meches courtes. Elle ne peut pas parler. Pas encore. Le fantome de son adolescence brisée est encore trop présent. Au bout de plusieurs minutes, elle relève sa tête vers elle, effleurant sa lèvre de son pouce. Siobhan n'offrira ni excuse, ni pitié, mais une compassion sans limite. Elle finit par murmurer, d'une voix un peu rauque : Quel était le prénom de ta mère, Love? -Il lui semble essentiel de rendre à cette femme écorchée par la vie autant que son fils, au moins son identité. Même si c'est une seule fois. Juste entre eux. -Tu n'avais pas d'oncle ou de tante, de grands parents maternels qui auraient pu t'épauler et te soutenir?

Aussi disparate soit elle, aussi dysfonctionnelle qu'elle ait pu être, jusqu'à son départ d'Irlande, sa cellule familiaile était bien présente. Jamais Siobhan n'a connu une telle solitude, un tel isolement. Toutes les autres questions sur Liam peuvent attendre. Il lui faudra plus que quelques minutes pour réellement prendre conscience de ce qu'il a vécu. Et si c'est pour dire des platitudes, elle préfère le silence. Elle hésite. Enchainer directement, ou prendre dix minutes pour respirer. Mélant ses doigts aux siens, elle le guide vers l'intérieur. La sylphide n'a pas oublié la question de l'alcool, mais n'a pas envie de raviver le sujet juste là maintenant tout de suite. Plus tard. Ils ont besoin de cette confiance tacite entre eux. -Tu veux bien m'aider à préparer vite fait un petit dejeuner? On ne mange quasiement plus et c'est de la connerie. Nos corps ont tous les deux salement morflés et c'est pas comme cela qu'on va les aider à cicatriser. Ensuite, on retourne dehors et je continue à t'écouter. Si tu veux.

Siobhan reste persuadée qu'ils ont besoin d'en finir avec cette forteresse de silence maintenant. Mais elle ignore à quel point Neil est éprouvé. Elle refuse de le pousser d'avantage à bout. Elle le laisse sortir des oeufs et un peu de bacon. C'est pas avec sa main endolorie qu'elle va vraiment pouvoir lui être utile sur ce point pour l'instant. Heureusement la coupure reste assez légère. Deux mugs de café qui rejoignent la terrasse avant que Sio ne revienne dans la cuisine. Il peut toujours rever si il pense qu'elle va le laisser ajouter du whisky dedans. Plein de sucre à dispositions par contre! Elle s'adosse dans l'embrasure de la porte dans une posture qu'elle affectionne, l'observant oeuvrer avec les deux poeles. Si le poids de ses paroles pèse encore, elle ne peut nier apprécier de pouvoir le retrouver un peu, lui, loin de leurs querelles et de leurs blessures. Ho, elle n'a pas la naïveté de penser que tout est reglé, mais ces quelques minutes de temps moins apre, moins dur.... Siobhan ne peut pas les repousser, pas plus que ses prunelles navigant librement sur son profil et sur la ligne offerte de son torse alors que c'est presque pret. Siobhan rompt la distance et le rejoins à proximité des plaques. Du bout de ses doigts, elle retrace, légèrement, ho si legerement les frondaisons d'encre de l'arbre qui orne encore sa peau. Le geste est aussi doux que familier, ramenant vivement à sa memoire la harpe qui dort sur sa propre nuque. Deja, elle cesse, presque comme prise en faute. Elle était presque certaine qu'il l aurait fait disparaître. Ramenant un peu de distance entre eux, choisissant une pointe d'humour, comme pour alléger la portée de la caresse.Tu sais encore cuisiner des oeufs brouillés? - Un sourire clairement amusé dans sa voix. Une fois. Une seule fois il les a laissé cuire et cramer au point de les transformer en une espèce de mélasse cartonnée.

Pourtant, elle devine que la suite de ce qu'a lui dire sera tout aussi difficile à entendre que le début. Si ce n'est plus. Une grimace fugitive qui s'inscrit sur son visage alors que Neil s'écarte des plaques, une grande assiette remplie avec deux fourchettes. Gosh, comment peut elle se montrer aussi inamovible envers lui alors qu'elle n'est pas beaucoup plus vaillante? Le crucifier pour ses addictions quand elle doit lutter contre ses propres faiblesses. Son timbre manque d'assurance quand elle l'interpelle alors qu'il se dirigeait vers l'extérieur. -Neil... tu as un peu d'herbe ou pas? -Non. Elle ne parle pas de persil ou de basilic pour assaisonner les oeufs. - Je sais. C'est pas mal hypocrite de ma part après ce que je t'ai dit sur l'heroine et l'alcool.... Mais...

Un haussement d'épaule, alors que sa phrase reste inachevée. Siobhan n'est pas parfaite. Ne l'a jamais été. Et elle a toujours aimé fumer un peu de cannabis, d'avantage les feuilles séchées que la résine d'ailleurs. Ils ont régulièrement consumés ensemble, que ce soit pour le plaisir ou après des heures un peu trop prenante. Elle en aime les effets, sans s'en sentir diminuée pour autant. Rouler par contre est une corvée systématique! Pour l'Irlandaise le choix est une évidence. Entre boire ou fumer un joint, l'herbe gagne à chaque fois. Parfois, elle s'agace elle même alors qu'elle retourne dehors pour prendre l'une des tasses de café encore brûlant. Elle s'avance de quelques pas vers la rambarde, posant ses coudes dessus, observant la ville qui s'étend en dessous. Tournant la tête vers lui quand il revient.


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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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• Poetically Pathetic •
Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant
Ce contact corporel avec Siobhan, pendant qu’il revivait son passé devant elle, semblait tout autant essentiel pour lui que de se libérer de ses démons enfouis, une délivrance qu’il n’aurait cru possible un jour de ressentir en s’exprimant, il avait toujours été taiseux de par son rôle de flic mais aussi, et surtout,  car jamais personne n’avait jamais cherché à lui poser la question directement. La seule chose qui revenait dans le discours des gens l’entourant était « tu es un connard ».  C’était l’inverse qui se produisait ici. Siobhan était là pour lui, le soutenant en silence, l’incitant à continuer en exerçant une pression douce sur son épaule dénudée, caressant la peau offerte à ses mains autant qu’au soleil qui le réchauffait en cette belle journée qui s’annonçait chaude pour l’Irlandais, parfois leurs regards se croisaient sans faillir sous ses confessions, sans aucune colère et fort heureusement sans pitié, il n’aurait pu supporter de voir ce sentiment en ce beau regard noisette. A mesure qu’il avance dans son récit, il comprenait qu’il avait besoin de parler, qu’il en avait toujours eu besoin surtout quand ils étaient ensemble. Ils vibrent à l’unisson dans cette confession sans faux-semblant, il ne cherche pas l’apitoyer, à lui faire baisser sa garde, mais simplement à répondre à sa question le plus honnêtement du monde. Arrêter serait peut-être plus facile pour eux deux sur le plan émotionnel, mais il ne peut plus stopper, non pas maintenant qu’il a débuté son récit, il se vide des années de pourriture de son âme,  alors bêtement il continue, serrant sa main, entourant parfois son corps de ses bras avant de revenir à cette plaie qu’il soigne entre deux.

Enfin il tarit ses mots, le silence s’est imposé aux deux anciens amants ayant besoin de cette pause salvatrice pour faire le point sur ce qui avait été dit. L’Irlandaise l’attire à lui, laissant sa tête reposer contre son ventre comme lors de leurs soirées au coin du feu, le berçant doucement, sa main passant dans ses cheveux encore un peu humide. Son torse se soulève plusieurs fois inspirant l’air profondément, sans aucun mot qui pourrait interrompre ce moment,  il est si bien contre elle, elle est son unique refuge. Il laisse Siobhan parler la première. La question le fait sourire. Un doux sourire d’abord en relevant la tête vers elle – Eireann, Eireann Mcgivney, c'était une très belle femme, elle n’était pas rousse, mais de longs cheveux noirs vraiment très long qu'elle tressait le plus souvent, c’est l’un des seuls beaux souvenirs que j’ai d’elle. Pas même une photo, je pourrais peut-être en trouver sur internet, longtemps les visages des disparus ont fait les premières pages des journaux, mais je n’en ai pas encore la force. Puis un autre sourire sincère, Siobhan vivait vraiment dans un monde autre que le sien, c’était à la limite adorable. -  Mo Grah, je suis né bâtard et semi anglais. Tu imagines bien ce que cela signifie pour une famille irlandaise pratiquante et très traditionaliste. Je dois avoir oncles ou tantes quelque part en Irlande, mais jamais ils ne voudraient partager ma vie à cause de ce que je suis pour eux. Je ne suis même pas certain qu’il sache la mort de ma mère, pour te dire. J’ai un demi-frère et une demi-sœur du côté paternel, du moins en ce que j’en sais, mais l’histoire est la même.

Il souffle, soupire massant sa nuque douloureuse par tellement de crispation, et peut-être aussi de coups mal placés quelques jours plus tôt, il n’avait rien pu sentir grâce à la morphine, là c’était un peu plus douloureux, mais si on a mal, C’est que l’on est en vie, non ? Elle lui propose une pause officielle permettant de pouvoir relâcher une pression qui s’exerce de plus en plus. Oui il en a réellement besoin, il se sent entre deux états à la frontière entre soulagement et boule au ventre de se livrer de la sorte, mais aussi de ce qui suivra. Et manger ? L’idée ne lui était pas venue avant qu’elle n’évoque œuf et bacon. Sa main miroir s’entrelace à la sienne, il ne la sert pas avec autant de pression qu’l le ressent, mais l’entoure protecteur autant qu’ayant besoin de la sentir le protéger. Œuf et bacon finissent dans la poêle,  un peu de thym, il rajoute meme une conserve de champignons, taiseux il était déjà reparti dans ces idées quand il sent un leger effleurement le fait frissonner, en haut de son dos forme incrustée sur sa peau quelques années plus tôt, un tatouage commun dans les paroles commençant sur le dos de Neil et finissant sur l’épaule de la belle rousse Go deo i mo intinn* Toujours en mon esprit* Go deo i mo chroi  *Toujours en mon cœur* Arbre de Vie pour lui, harpe pour elle. Il n’avait pas voulu un dessin aussi leger ,  il avait fallu un compromis entre eux, trouvé simplement parce qu’ils savaient faire des concessions.  Ce signe d’amour qu’il n’avait jamais fait retirer, il faisait partie de lui, comme ses souvenirs. Durant des semaines après que cette marque ait été gravée dans sa chair, Siobhan ne pouvait s’empêcher de le toucher, toujours. Et puis elle éloigne la main de sa peau qui frissonne encore de son contact pour retrouver l’abri de l’encadrement de la porte.

Elle le taquine doucement. Un rire, léger, amusé, salvateur – Mademoiselle sachez que je cuisine parfaitement l’œuf et si vous faites référence à l’incident de l’omelette cramée, vous en étiez responsable autant que moi. Un œuf pourtant aisé à cuire, mais quand on a une rousse qui vous  détourne du droit chemin du dieu cuisine, ça l’est beaucoup moins.  La badinerie est une césure plaisante après ces émotions, mais c’est sans compter sur Siobhan qui lui fait une demande surprenante après son beau discours sur ses addictions. Il n’aime pas la savoir autant addict que lui à divers produits. L’héroïne chez elle, l’herbe maintenant, même si plus douce c’était tout de même de la drogue. Il hésite. Un regard est jeté vers elle, serait-ce un piège pour lui interdire le plaisir de la fumette ? A sa façon d’ajouter ses mots sur l’héroïne, non, elle semble sérieuse. Longtemps ils avaient eu des après-midi ou soirée à fumer ensemble, détendant une atmosphère parfois difficile avec le poids d’ l’IRA qui les plombait. - Oui c’est assez ironique.  Sortant un sachet plutôt bien garni, ça aidait d’être flic poursuivant les petites racailles qui jetaient leur matos dans les poubelles pour ne pas se faire choper avec. La cuisson des œufs est terminée, deux assiettes fumantes en main qu’il pose sur la petite table ronde en fer forgée, pour ensuite revenir de la cuisine avec le sachet et les feuilles.

Il ne lui donne pas ni l’un, ni l’autre pour rouler, sachant ô combien elle déteste ça, il le faisait toujours pour elle quand ils avaient décidé de passer une soirée tranquille à fumer, et il le fait à nouveau en un geste qui n’est pas oublié. Il  en roule deux, et se relève de la chaise longue venant lui apporter le sien et lui allumant, suivi du sien avant de poser ses coudes sur la rambarde de la terrasse. La première bouffée est toujours la meilleure, la plus forte, celle que l’on ingère en une inspiration longue sentant l’herbe avant que la fumée ne s’imprègne d’autres saveurs. Les volutes sont absorbées et relâchées avant la même langueur, doucement, appréciant le calme qui s’empare d’eux, ne jamais se précipiter quand on fume un joint. Il cambre le dos, ramenant sa tête en arrière pour souffler la fumée qui a fini de faire le tour de ses poumons. Ce n’était pas une dose, mais ça faisait un bien fou quand même. Durant de longues minutes, posés côte à côte, aucun des deux ne bouge avant que la fumée aux odeurs d’œuf bacon ne leur parvienne aux narines.  

S’installant en tailleurs sur le sol de la terrasse lui laissant le bain de soleil pour s’asseoir, il mange entre deux volutes, les œufs sont une singulière odeur d’herbe mais ce n’est pas désagréable, c’est à cet instant qu’il se rend compte combien il pouvait avoir faim. A quand remontait son vrai repas savouré ?  Des semaines au moins, il se souvenait vaguement d’une viande rouge à la sauce fromagère, le reste du temps il ne faisait que mâcher machinalement sa nourriture sans en apprécier les subtilités. Ce n’était pourtant que des œufs au bacon. Un régal simple qui éveillait ses papilles. Bientôt il lui faudrait reprendre mais pour l’instant, il  laissait le temps s’écouler volontairement car le pire était à venir. Neil, ce Neil qu’il avait inventé de toute pièce, et qui n’avait pas mieux réussi que Liam. Au contraire, tout ce qu’il avait entreprit avait foiré, et ça n’était pas fini. Un peu d’appréhension dans la voix quand il repose l’assiette sur le sol de la terrasse.

- Tu es certaine de vouloir tout savoir sur moi et sur ce qu’il s’est passé à Belfast ?  Meme si tu vas comprendre beaucoup de choses, je t’ai caché des éléments de ma vie, et ça peut être brutal pour toi. Tu es vraiment sure de toi ?

Les minutes s'égrainent, il lui faut reprendre courage et force et recommencer à parler. Tout dire vraiment tout dire, époque par époque, point par point. C'est horrible pour lui car il entre vraiment dans le vif du sujet, un point particulier qu'il va aborder , délicat, difficile, quelque chose qui le touche personnellement , et qui aurait dû les toucher tout deux des années plus tot, un point qui va surement changer la donne entre eux. Mais s'il n'en parler pas et qu'elle l'apprenne par quelqu'un d'autre .. Tirant sur son joint un peu plus

- Je n’avais pas d’idées précises ou de plan pour cette vengeance, j’étais si jeune et si seul.  Liam devait simplement mourir et Neil naitre. Neil était fort, tu sais, un peu comme si ce changement de nom était une peau nouvelle, dès que j’ai prononcé ce prénom, mon regard a changé, mon attitude aussi comme si ce n’était pas moi. J’ai été engagé dans l’armée britannique, meme si très jeune et sans papier mais ils s'en foutaient à cette époque, puis dans les SAS comme tireur d’Elite, tueur simplement pour le gouvernement, en quoi  cela différait de ce que j’avais fait pour l’IRA je me suis toujours posé la question. J’en ai profité pour reprendre des études, et je suis diplômé en master de psychologie appliquée,  ne me demande pas à quoi ça sert je n'ai pas des jours pour expliquer, mais j’adorais apprendre pour cela aussi que j’adorais te faire réviser * vague sourire *. - J’ai dû y rester une dizaine d’années, et puis ça a foiré aussi quand j’ai cassé la gueule de mon supérieur après une opération foireuse à Bali, beaucoup de mes gars n’ont pas survécu, moi-même j’étais dans un sale état, encore pire que ce que tu as vu dans l’appart. « Remercié » pour service rendu à la Nation britannique, une vague retraite militaire en poche je me suis retrouvé sans rien faire du jour au lendemain. Et j’ai été appelé par un ancien mec que je connaissais qui était devenu flic dans une unité spéciale de la police qui se chargeait des questions terroristes. J’ai rencontré sa fille, ... on s’est marié.. ouais j’ai été marié durant... pffou 2 mois dans le minimum de bonheur, ensuite c’est rapidement parti en couille, on était simplement pas fait pour vivre ensemble au bout de 9 ou dix mois on a divorcé, elle m’a toujours reproché de ne pas avoir fait d’elle ma priorité. Mais on a eu ... j’ai ... * allez dis-le ! ca ne peut pas être pire ! Bien sûr que si ! Elle va tellement te haïr Neil, tellement. Si tu imaginais un jour pouvoir la reconquérir, lui faire accepter l’inacceptable,  sois en certain si tu le dis c’est mort. Putain ! * j’ai …  un fils. Sean .

* Là il s’interrompt vraiment n’osant pas poser le regard sur elle, balancer ce genre de vérité ne doit pas etre facile à entendre surtout pour eux qui avaient comme projet d’avoir un enfant. Les secondes s’égrainent, enfin il trouve un peu de courage à affronter son regard * - Amy est tombée enceinte rapidement, et même si ça n’allait déjà plus entre nous, je n’ai pas voulu qu’elle avorte. Aujourd’hui, il a 9 ans, c’est un p’tit gars sympa, toujours souriant, il aime le foot et Arsenal, l’histoire. C’est, je crois, mon seul bonheur restant. Pourtant je ne le vois pas souvent,  et par téléphone c’est tout aussi compliqué, je dois faire tellement attention à ce que je dis, que nous ne sommes jamais libre de nos paroles. Mon boulot est trop risqué pour lui encore plus maintenant, l’IRA connait son existence et depuis cinq ans, lui et sa mère doivent déménager souvent, elle ne veut même plus que je l’approche, c’est peut-être mieux ainsi.  Même si je démissionnais maintenant, ils n’abandonneraient jamais à le trouver pour me faire payer, alors je fais tout pour les avoir le premier, c’est pour ca que je suis resté flic, je peux agir pour lui, à ma façon.  Je suis désolé de ne pas t’avoir parlé de lui avant, c’était essentiel pour nous surtout quand nous avions parlé d’avoir des enfants, combien de fois j’ai eu ces mots au bord des lèvres,  j’aurai dû trouver un subterfuge pour t‘expliquer son existence. Mais c’était si risqué pour lui, et pour toi aussi si jamais tu avais su ce genre de détail. Alors je me suis tut.  

Comment lui dire tout le reste encore plus qui vrillait encore plus dans l’intensité de leur couple, quand cette partie est déjà d’une dureté absolue pour ce qu’ils avaient été. Non ce n’était pas une bonne idée, vraiment pas. Il aurait dû se taire, l’envoyer bouler elle et ses idées de vérité, tu fais chier Siobhan ! Une seule envie celle de se barrer, mais ses jambes sont coupées, anesthésiée par sa peur revenant au galop de la perdre à nouveau,  il ne réussirait même pas à se lever pour fuir.  Alors il reste là, à ses jambes, si près d’elle pour subir sa colère, son indifférence ou sa déception, des trois il ne savait lequel serait le plus douloureux à supporter.



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Seolanne
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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Vika Kerekes  NOM CRÉATEUR
https://www.youtube.com/watch?v=3SL0oRcD7t0



Le tableau qu'il trace, la toile qu'il dessine d'une peinture rouge écarlate, Siobhan ne pouvait le deviner, tant il n'a jamais écarté suffisamment les voiles de son passé pendant qu'ils étaient ensemble. Les bribes qu'il lui avait confié n'ont rien de comparable à ce qu'elle apprend maintenant. L'Irlandaise ne doute pas un instant de la véracité de son récit. Il n'a plus aucune raison de lui mentir. Plus de raison de dissimuler. Et son corps qui se crispe par moment, les nuances douloureuses de sa voix, la tristesse et la violence de son regard alors qu'il évoque ce Lui qui ne l'est plus vraiment, comment ne pas leur accorder un lagon plus calme dans ces eaux tumultueuses. L'Irlandaise l'accompagne dans cette enfance et cette adolescence brisées qui ont construit l'homme qu'il est aujourd'hui. Déconstruit. L'interrompre ne lui vient pas à l'esprit, ce sont ses bras et son corps qui deviennent un rempart qui le protège de ces fantomes ressuscités. Elle avait besoin de l'entendre. De le comprendre. Par sa voix à lui. Par sur des mots écrits dans un rapport que Baile se ferait un plaisir si il en avait connaissance. Elle ignore à quel point l'Armée a creusé les origines de Neil, une fois son visage gouvernemental révélé. Ils ne laissent rien au hasard. Si peu. Le silence est un baume. Fraicheur de sa tête contre son ventre alors qu'elle les ramène peu à peu au présent. La rousse n'a pas la naiveté de penser que ces quelques minutes suffiront pas à panser les plaies du passé. Mais peut être leur permettre de dormir, un peu apaisées. Une question, la seule qui importe, sa main écarte une mèche de son front alors qu'il incline son visage vers elle. Siobhan grave dans sa mémoire les sonorités à la pureté cristalline de l'Irlande. Une grimace qui la gagne quand il évoque les coutumes rétrogrades de son ascendance maternelle. -Je vois très bien. Si tu crois que les quatre grands parents parents ont bien accueillis la naissance de Maeve hors mariage... Heureusement qu'ils connaissent la famille de Niamh depuis des générations, et inversement pour Catham!

Ce n'est pas son combat de faire évoluer certaines mentalités irlandaises gravées dans le granit. Elle n'a certainement pas cette folie. Si jamais elle était tombée enceinte de Neil avant leur mariage, sa grand mère aurait été d'une intransigeance impossible à cerner pour une mentalité américaine. Ils ont besoin de quelques minutes où la parole laisse la place à un peu de legerté. La sorcière rousse sait qu'il n'a rien abordé encore de ce qui les a brisé, quand bien même les bases en sont déjà posées. Dire qu'elle redoute la suite n'est rien en comparaison de l'angoisse qui est charriée dans ses veines. Pourtant, son visage n'en trahit rien. Dissimulant cette peur qu'elle sait jumelle chez Neil. Il est indispensable pourtant que plus rien ne soit dans l'ombre. Ses épaules sont douloureuses de la tension qu'elle ressent, elle détourne. Masque. Par la possibilité d'un petit dejeuner. D'avaler quelque chose qui sorte de l'industriel. Il la précède dans la cuisine, sa main dans la sienne. Etroitement sans pourtant être trop imposante. La preparation n'a rien de compliqué ou d'exigeante. Retrouver sur son épiderme le tracé de son arbre de vie... est presque plus difficile. Elle ne sait plus pour quelle occasion, juste comme ca, qui avait eu l'idée d'un tatouage commun, Neil, il lui seble, lors d'une déambulation à Belfast qui les a fait croiser un salon de tatouage, qui n'avait pas été leur choix final. Simplement l'évidence de cette propostion. Ses doigts sur sa peau, note de musique en arpege presque oublié. Le choix des motifs avaient demandés plus de temps! Machinalement, pour la première fois depuis des années, alors qu'elle se recule, sa main effleure la harpe à la base de sa colone vertébrale. Invisible sinon lorsqu'elle relève ses mèches en chignon. Go deo i mo chroi. Toujours dans mon coeur. Go deo i mo intinn. Toujours dans mon esprit. Est ce que l'un et l'autre ont vraiment failli à cette destinée?

C'est tellement plus facile de ne pas relever son geste! De ne pas lui demander pourquoi il ne l'a pas effacé de la brulure d'un laser. Le chemin de traverse d'une plaisanterie. -Ho, c'est parce que j'ignorais, alors, combien vous êtiez facile à distraire! Je voulais simplement vous aider à travailler votre concentration en toute circonstance, voilà tout!-répond t'elle sur le même ton.

Elle ne peut pas, pas en sachant ce qui les attends. Continuer sur le même ton est à la limite de ses forces. Elle hésite quelques secondes avant de se lancer. Siobhan n'a pas pour autant l'intention de se défoncer. Il s'agit juste... d'adoucir un tout peu petit les angles. Il a raison, c'est terriblement ironique. La jeune femme, a part sa première année dans la cité des Anges déchus, dont elle n'a gardé que des bribes de souvenir, a eu comportement sain. Loin de tout débordement. Gardant les flammes de son lacher prise parfaitement en cage. Refusant de retrouver un comportement destructeur et se tenant loin de toutes les tentations trop acides. Elle n'a pas fumé d'herbe depuis près de quatre ans. Elle a renoué avec ses failles il y a seulement quelques semaines et Siobhan a sauté directement dans les drogues dures. Durant plusieurs secondes, elle savoure le calme qui les entoure. Et c'est un sourire, cette fois, sincère et réellement détendu qu'elle lui adresse. La jeune femme lui expose ses mains hors services, comme si c'était là son unique raison pour ne pas rouler. -Merci! J'aurais eu un peu de mal, là... -Ses prunelles petillent de malice. Neil est trop coutumier de ses excuses les plus abracadabrantes pour ne pas se charger de cette partie là! Il est évident qu'elle aurait trouvé autre chose. Elle se saisit de son joint et aspire la première bouffée avec le même plaisir que l'on peut éprouver à retrouver un ami trop longtemps éloigné. Nop. L'alcool n'a aucun attrait à coté. Elle adore l'odeur de l'herbe, si particulière, si reconnaissable. Effet placébo, elle le sait, mais elle a l'impression que ses courbatures la tiraillent déjà moins. A la fin du joint, ou du second, ce sera probablement vrai. Ses muscles se dénouent et son genou cesse de lui rappeler le coup de pied sauvage qu'elle a recu. Le silence lui va bien, il a une qualité sereine. Pour la première fois depuis qu'il a interrompu l'appel vers Catham, ils ont cessé d'être en guerre l'un envers l'autre. Seule promesse de survie. Les œufs se rappellent à eux et Siobhan redécouvre son appétit. L'épée de Damocles en reste insidieusement présente. Pourtant, elle finit son assiette, reprend son joint qu'elle n'avait pas vraiment quitté et vient s'assoir au sol. Le dos à la rembarde, face à lui. Siobhan a toujours aimé s'assoir par terre. Sa jupe ne lui permet pas de s'assoir en tailleur comme elle l'affectionne le plus aussi replie t' elle ses jambes sur le coté. Un soupire lourd de leurs craintes partagées à sa question.

-Non. Bien sur que non. Mais c'est indispensable. Pour toi, comme pour moi. Il ne peut plus jamais y avoir de scène comme devant l’hôpital. Tu peux être certain qu'O'Maley est déjà au courant de celle-ci. Et sur un plan plus personnel qui n'a rien à voir avec ce bordel, il serait peut être temps, non? Je suis pas sure que ce soit pire que tout ce que j'ai pu imaginer pendant ces cinq ans. Et je pense que ne serait ce que pour que tu puisses... retrouver un semblant de vie, il faut en finir avec tes silences et tes non dit. Je t'écoute, Neil

Sans lui promettre d'avantage. Son entrée en matière est loin d'apaiser ses craintes. Au contraire, il les lui confirme tout à fait directement. Siobhan tire une longue taffe alors qu'il reprend le fil de son récit. Ses prunelles s'écarquillent bien malgré elle. L'armée anglaise?! Il se fout de sa gueule?! Il a bossé en toutes connaissances de cause pour ces bouchers?! Il n'était même pas majeur, putain! Cependant, elle peut comprendre l'attrait que celle ci a représenté pour lui. Un cadre, loin de l'Irlande, au service du cause la plus éloignée possible de celle qui lui a arraché sa mère. L'armée Anglaise. Et dans le Sas. Elle sent qu'elle se crispe. Si la jeune femme n'épouse pas l'ensemble des idéologies de l'Ira, loin de là, elle reste persuadée que l'Irlande n'était pas faite pour rester sous domination anglaise. Et que les concessions accordées par le gouvernement british sont encore trop légères. Bien que depuis 2007, le statut de celle ci soit plus satisfaisante. Pour beaucoup, le Sinn Féin, en déposant les armes, en se coupant de l'Ira est devenu Traitre à la cause. L'irlande du Nord est TOUJOURS sous souveraineté britannique! L'Irlande n'est TOUJOURS pas réunifiée, quand bien même les âmes du Sud soient bien plus faibles. Surement, Neil peut voir à quel point servir à ce point la Reine et le Commonwealth sont antinomiques avec tout ce qui tient réellement à l’âme irlandaise de son ancienne compagne? Ils parlent rarement idéologie et Siobhan en saisit maintenant la raison sous jacente. La mention d'un diplôme en psychologie appliquée- Non, elle n'a aucune idée de l'application concrète d'un tel master- la désarme un peu et fait redescendre une partie de sa colère à le visualiser dans les forces armées anglaises. Par contre, qu'il se soit battu avec son CO, la jeune femme n'a aucun mal à le croire, bizarrement et c'est un sourire amusé qui nait pour mourir aussitot. Une mission suffisamment bancale pour un résultat le laissant à moitié mort. Elle aspire un courte taffe, trop vite, retenant une quinte de toux. L'armée anglaise dans toute sa splendeur! Retour à une vie civile dont il n'a que faire. Flic dans une unité spéciale des questions terroristes. Elle expire lentement. Oui, elle a une idée précise où cet homme là a mené Neil. Et avec sa participation active et volontaire.

Sauf que la suite la prend au dépourvu. Il a été marié!?! Siobhan est plus surprise qu'en irritée. Là encore, elle entrevoit la logique, la volonté de chercher un apaisement avec une femme, dans une relation solide et durable. Sauf qui visiblement cela n'a pas été aussi simple. Un divorce. A peu près à l'amiable. Et quoi? Il a eu quoi?! Avant même d'avoir pris conscience de son mouvement, l'Irlandaise est débout. Elle a du mal entendre. Il ne vient pas de lui dire qu'il a un fils. Non. Impossible, bordel! Il n'aurait pas gardé une part de lui aussi importante, aussi vitale loin d'elle. Loin d'eux. Il ne leur a pas fait subir un mensonge d'une telle ampleur! Qu'il ne souhaite pas s'étendre sur un mariage rompu, soit. Un fils? Sean? Ses dents grincent tant ses mâchoires se sont crispés, refermées, pour le laisser finir. Sa nuque est devenue une boule rougeoyante tant ses muscles ne forment plus qu'un bloc. La rousse n'arrive pas à démêler ce qu'elle ressent vraiment. C'est trop brutal, trop inattendu. Trop loin de ce qu'elle a pu imaginer. Siobhan écoute à peine le reste de ses paroles, de ses justifications. En trois pas, elle s'est éloigné de lui avant de murmurer, comme pour elle même dans le silence revenu.

-Okay. Tu gagnes. C'est pire, en fait. Ne me redit jamais que c'était pour me protéger MOI. Pour le protéger, lui, oui. C'est peut être la seule raison valable à ton silence. La seule! Mais ne mêle pas à ta décision. Ne vient pas me dire que tu as gardé le silence là dessus POUR MOI! Parce que ca...

Elle a un rire étranglé, alors ses doigts se pressent sur son front. Siobhan se force a baisser le ton. A faire redescendre la colère qui a pris le pas sur le reste. C'est là l'un des danger de son caractère. A 90%, la jeune femme laisse éclater ses énervements. Des crises intenses, qui balaient tout, mais qui ne durent pas. Des feux de Bengale dont il faut se méfier de la brulure. Par contre... lorsqu'elle choisit d'enfermer celle ci... de les taire, de ne pas leur donner voix, là est le véritable danger. Parce que souvent, la pression monte, de plus en plus sauvagement. Plus elle la réprime, et plus elle additionne. Et lorsque les vannes s'ouvrent, il n'y a plus aucun contrôle possible. A cet instant, Siobhan choisit de se forcer au calme. De ne pas en rajouter. De contenir au maximum. C'est elle qui lui a demandé de s'ouvrir. Cela signifie qu'elle soit en mesure de l'écouter même lorsqu'il lui dit est un coup de couteau supplémentaire dans ce qu'ils étaient. Est ce que l'homme qu'elle a aimé existe encore? A t'il seulement été réel? Parce que la paternité déjà existente n'a jamais été présente entre eux. Ils ont discutés d'avoir des enfants. Le désirait tous les deux dans un futur à définir. C'est une trahison d'une exquise finesse.

-Tu m'en aurais parlé quand? Quand je serais tombée enceinte? Tu sais très bien que je n'ai jamais pu m'en tenir à une prise rigoureuse de pilule, ca aurait pu arriver un peu n'importe quand pendant ces deux ans! A notre mariage? Ho, au fait, chérie, j'ai un fils de quatre ans? Jamais? Laissant ce gamin coupé de ta vie? Ce n'est pas que moi que tu as tenu à l'écart! C'est lui aussi qui aurait finit par être blessé par cette oblitération totale de ta vie!!

En parlant, elle s'est mise à faire les cent pas. Hallucinée par la folie de ce qu'il a tut. Il voulait protéger son fils de son association avec l'Ira. Ce qui l'inclue dans le lot. Elle se le martèle comme un mantra. Le plus fort possible, comme si elle voulait se l'inscrire dans le crâne. Il a un fils. Sa voix prend des accents moins dur, malgré la véhémence qui est toujours bien présente.

-Tu sais que dans un couple normal... tu aurais attendu quelques rendez vous, le temps d'être certain que ce soit un minimum sérieux entre nous, et tu me l'aurais mentionné. Tu m'aurais simplement dit que ton ex avait la garde exclusive et que tu le voyais peu! Et tu sais quoi? J'aurais peut être compris. Ou peut être pas. Peut être que j'aurais pas été prête. Je sais pas! Peut être que plus tard, tu me l'aurais présenté et il se serait inscrit dans notre vie! Ou pas! On se serait pris la tête avec ton ex pour savoir qui avait la garde ce we là, ou telles vacances, ou qui avait oublié de laver ses putains de tee-shirt! Ou peut être pas! Tu nous a enlevé ces possibilités! Tu ne nous a pas laissé le choix! C'est ton FILS! Tu voulais m'épouser Neil! Tu te rends compte de la part de toi même que tu as exclus? Ce gamin ne mérite pas cela de son père! Il mérite que tu sois présent pour lui! Oui. Avec les dangers que cela représente. Mais visiblement, son grand père a l'air d'être à meme aussi de le protéger! -Elle se force à inspirer. A se contrôler. Elle ne comprend pas réellement pourquoi elle pense plus à ce gamin qu'elle ne connait pas qu'à l'impact de ce non dit sur leur couple défunt. Son intention n'est pas de brutaliser Neil, mais de lui faire ouvrir les yeux sur la folie de son attitude. Elle reprend après quelques secondes, son regard porté sur lui. Si il y a peu de douceur, il y a un peu moins d’âpreté. - Et je comprends que ton ex femme choisisse aussi de vouloir l'écarter de tout danger. Mais le rôle d'un père, Neil, c'est aussi de savoir prendre des risques pour son enfant! Je ne sais meme pas pour qui je suis le plus touchée! Pour moi ou pour lui! Tu es capable de Mieux! de tellement mieux! Qu'Amy te refuse de le voir, je la comprend. C'est son rôle de mère. Le tien, c'est de te battre pour lui. Toujours. Et pas à distance. En restant loin de lui, c'est une protection factice. Tu va finir par le perdre si tu continue comme ca. C'est lui qui finira par ne plus rien vouloir de toi, de trop t'attendre. Ne permet pas à cela de se produire, je ne pense pas que tu y survivra. Ils sont où? En Angleterre ou aux Us? Je... Que tu sois loin ou pas... si Baile veux vraiment mettre la main sur lui, tu sais qu'il le fera. Et tu viens de me dire que cela fait cinq mois que tu étais plus ou moins en pleine lumière. Ton fils n'est pas leur priorité. L'Organisation aime se donner une illusion magnanime. De code d'honneur. Ni femmes ni enfants. Tu es bien placé pour le savoir.

Il la décoit. Profondément. C'est ce qu'elle finit par saisir. La colère n'est que superficielle. Il la décoit parce qu'elle attendait mieux de lui. Il voulait des enfants avec elle. Qu'est ce qui se serait passé si elle avait été effectivement enceinte avant que sa couverture ne vole en éclat? Non. Heureusement, ce n'était pas le cas. Elle ignore comment elle aurait pu survivre à ca. Elle écrase le mégot de son joint sur la rambarde. Siobhan ferme les yeux, à nouveau elle a mal partout. Elle a l'impression qu'elle vient juste d’être rouée de coups, que cela s'est produit il y a moins d'une heure. -Si on avait eu des enfants ensemble, il y a cinq ans, j'aurais attendu de toi que tu remues ciel et terre pour garder un lien. Quelques soit nos propres sentiments et les dangers que cela aurait signifiés. Ca m'étonnerait que Catham ait renoncé à sa fille. Même en taule.

Okay. Sa furie est maitrisée. Presque oubliée. Presque apaisée. Et ils ont loin d'en avoir fini, elle le sait. Sa voix est neutre quand elle ajoute. Pour autant, Siobhan a rompu la proximité qu'ils avaient jusque là. Parce que le reste.... Ho le reste... sera tout aussi agréable à entendre.

-Balance le reste. Je suis pas certaine que je pourrais recommencer demain. Maintenant ou jamais, Neil. Et il y a encore beaucoup de zones d'ombres!

Distance qui lui semble presque insupportable avec la quasi harmonie qui regnait entre eux. Un gout amer sur sa langue. Son propre comportement lui déplait. Comment peut elle se permettre de le juger aussi durement alors même qu'elle n'a pas d'enfant! C'est un peu trop facile. Elle ignore comment elle aurait vraiment réagi. Et l'amour qu'il eprouve pour son fils est réel, c'était indéniable dans ses paroles. Avoir choisi les ombres n'a pu être une décision facile à prendre. Siobhan tremble légèrement. Ils sont en train de perdre pieds à nouveau et le soleil lui semble bien froid maintenant. Elle revient vers lui. S'agenouille devant lui et prend ses mains dans les siennes. Il lui faut un certain effort de volonté pour rechercher son regard. Pour oser le croiser.

-J'ai parlé sans reflechir. Je ne pensais pas que... -Elle se mord la lèvre séchement. - C'est difficile d'apprendre que tu as eu un enfant d'une autre et que tu as choisi de me tenir aussi éloignée de cette part vitale de toi. J'étais sincère, mo ghra, quand on discutait d'avoir des enfants ensemble. Et je ne crois pas que cela aurait changé en connaissant l'existence de Sean. J'en suis même certaine. Je n'avais pas le droit de te parler de cette manière. C'était aveugle et cruel. Je n'en connais pas assez sur la manière dont tu as fait ces choix pour te crucifier de cette manière. Je suis désolée. Te juger aussi durement est indigne de toi et indigne de moi.

Pourquoi faut il qu'ils ne cessent de se blesser? Si facilement? Si profondement? Si elle ne parvient pas à faire la part des choses, comment pourra t'elle supporter d'entendre ce qu'il lui reste à dire? Elle libère une de ses mains, effleurant la courbe de sa joue, avant que sa paume ne s'immobilise vraiment sur son visage, son pouce à l'orée de ses lèvres. Ses prochaines paroles brisent l'étau de raison qu'elle s'est imposée, cette volonté de ne plus jamais se livrer, impulsion qui lui échappe. -J'ai toujours la Harpe, Neil. Je ne l'ai jamais faite effacer. Go deo i mo chroi. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. Et c'est pour cela que c'est si... dur. violent. Que je suis aussi violente, aussi brutale. J'ai tout fait pour te sortir de mon coeur et de ma tête. C'était la seule manière pour moi d'avancer, mo paisean. Accepter que je puisse t'aimer encore, malgré l’apocalypse de Dublin? Après avoir vu tout ce qui composait ma vie réduit à zero? Que mes sentiments puissent ne pas avoir changés malgré le fait que tu sois un flic chargé de détruire une des branches de l'Ira? Malgré Catham en prison? C'était insoutenable. J'ai passé ma première année à Los Angeles dans une spirale descendante horrifiante jusqu'à ce que je retrouve juste assez de sens, avec de l'aide, pour me remettre debout. Mais cela n'a été possible qu'en refusant jusqu'à la moindre pensée en lien avec l'Irlande. Te revoir dans ce bar? La colère était plus facile que tout le reste. Et j'ai tout fait pour l'entretenir depuis. Quitte à nous lacerer tous les deux.

Impulsion qu'elle a tôt fait de regretter. Elle se tait. Horrifiée par ses propres paroles. Siobhan n'est absolument pas prête à assumer les conséquences d'un tel aveu. Sur ce point, elle est d'une lâcheté sans commune mesure. Bien loin de Neil, qui n'a jamais fait mystère du granit de ses sentiments pour elle. Ce n'était PAS un point qu'elle voulait aborder avec lui. Se sent bien trop fragile sur ce plan pour l'exposer aussi librement. Dans une dualité qu'elle préfère cadenasser pour.... longtemps.


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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant

Les silences et les non-dits ont été une douce et agréable couverture durant si longtemps. Sa vie n'est que silence amère, ses non-dits apparences trompeuses de celui qui aime se faire haïr. Plus les années passaient, plus il s'enveloppait dans cette vague vie qu'il créait du jour au lendemain, jamais assez souvent au même endroit pour que l'on devine ses mensonges, jamais avec la même personne pour ne pas se trahir ou s'attacher, Neil était cela. Bien sûr il y avait des à-coté , des gestes bien à lui, des paroles et pensées tout autant à lui, mais jamais livrées aux autres. Pourtant, sur cette terrasse de Los Angeles, dans cet appartement en location par ses services, il dévoilait tout. Et surement plus que tout. Mettre à nu sa vie pour qu'elle le comprenne et l'accepte comme il est réellement. Les débuts de sa confession sont un peu brouillons, les vagues souvenirs revenant parfois en vagues, un odeur, un bruit, quelque chose qui lui rappelle autre chose et ainsi de suite. Son enfance passée au crible, Siobhan l'écoutait avec attention, semblant comprendre ses choix, le poussant à continuer.

Il se lance pour la seconde partie de sa vie, ses débuts en tant que Neil, l'armée britannique, hérésie pour les Irlandais. Pourtant il a aimé cette période non pour la gloire du drapeau et la grandeur d'un empire dont il se contrefout et qui le lui rend bien, jetant en pâture à l’ennemi des hommes comme lui qui se sacrifient,. Non il a aimé leur courage, leur amitié, et meme si il a toujours été un vague connard, chacun comptait sur l'autre, et meme sur lui. Il y avait eu beaucoup de mort, des deux côtés,  mais chacun renforçait le lien entre soldat. Un en particulier qui était son suiveur l'aidant à contrôler la vitesse du vent, la distance etc. Un binôme chaotique par deux forts caractères, mais une amitié tout aussi solide qu'eux. Et puis il y avait eu cette opération foireuse à Bali, où un agent du renseignement n'avait pas fait son travail correctement. La catastrophe n'avait pas mis longtemps à naître de cette erreur. Des morts dès leur arrivée, dès morts ensuite et ... le silence sur une plage souillée de sang et déserte. Incroyable comme le sable se mue en une étonnante matière quand le liquide vital et visqueux rougeoie sous le soleil brûlant.  Il sent plus de crispation, britannique et irlandais toujours cette guerre fratricide, cette même haine qui s'écoule depuis si longtemps. Lui s'en ai toujours contrebalancé des anglais, après tout il est un de leurs bâtards, et ce ne sont pas les anglais qui ont tué sa Mère .. Neil n'approfondit pas cette période de sa vie qui a pourtant duré de nombreuses années, période inintéressante pour elle, et encore moins s'il doit se justifier d'avoir été chez "l'ennemi", les discours politique, très peu pour lui. Ces années lui ont permis au moins d’acquérir technique et dureté dans la mort. Oui, c’est ici que tuer lui est devenu indiffèrent,  il n’est pourtant pas un monstre, il ne le croit pas du moins, mais tuer ou être tué devenait un credo.

Il laisse au loin les fantômes de l’armée pour s’atteler à du plus récent, bien avant de rencontrer Siobhan , mais c’est sa sortie de l’armée, et son arrivée en tant que flic a tout déclenché.  Il éprouve plus de difficulté à avouer ce qui a suivi. Sa vie privée est dévoilée, son pseudo mariage avec Amy avec laquelle il voulait et espérait trouver un équilibre mais ce fut un ratage total,  son couple qui bat de l’aile rapidement , et…Sean. Ce petit bout de lui qui grandit si loin. Il est le seul bonheur qui reste de cette union. C’est une déchirure de tous les instants de ne pas être là pour lui, de savoir que sa vie est menacée par sa faute. Mais ses propres regrets sont vites emballés et jetés à la poubelle par une rousse qui se crispent et l’assassine tellement en mots d’une dureté absolue qui n’arrive à détacher son regard d’elle, mis à terre, KO par ce petit bout de femme qui déverse sur lui sa rancœur.


- Nous n’étions PAS un couple normal Siobhan, nous n’aurions pas dû être un couple. J’étais un flic, tu n’étais pas censé savoir que j’avais un fils, une ex, que je vivais à Londres, tu ne DEVAIS pas savoir tout ca. Je ne devais pas te dire tout ca, et pourtant je suis tombé fou amoureux de toi, je l’aurai fait après notre départ de l’IRA. Il s’est passé beaucoup de choses dont je te parlerais après, mais d’une chose que tu dois savoir quand tu m’as demandé de quitter l’IRA avec ton Frère, c’est à cet instant que j’ai vraiment réalisé que je ne verrais pas ma vie sans toi et qu’il faudrait que je te parle de tout cela. Que j’unisse ma vie d’avant incluant Sean, et notre vie de couple Mais ..

Il ne peut terminer sa phrase, elle ne le laisse pas finir. Elle voulait entendre la vérité, et maintenant elle l’insulte parce qu’il le lui dit, femme insipide et sans volonté. Putain tu as trouvé le moyen encore de m’anéantir, c’est ca que tu voulais plus que tout, m’insulter ? Insulter ma vie d’avant, ne pas respecter ce que j'avais, ne pas me respecter.

- Tu n’as donc pas le courage de m’écouter jusqu’au bout ? Tu croyais quoi ? Que j’étais vierge et pur avant toi ? Ta volonté est seulement d'entendre ce que tu veux, alors tu es mal tombée, je vais te balancer tout, tu l'as voulu, tu ne peux pas stopper ce que j'ai a te dire, ca va être brutal, ça va être vicieux, ça ne va pas etre nous, et pourtant c'est NOTRE histoire.  

Elle reprend cette colère dont elle le couvre depuis qu’ils se sont revus, ce qu’il peut la détester à cet instant, il devrait prendre ses clics et se barrer de là, il peut comprendre la difficulté d’accepter un fils venu de nulle part mais elle voulait tout savoir. Ironique petite irlandaise, Il ne bouge pas du sol, serrant son mug de café qui commençait à refroidir, serrant avec une telle force en regardant droit devant lui, la mâchoire crispée d’une colère qu’il ne peut pas lui sortir maintenant, non pas après qu’ils se soient apaisés, ce genre de commentaire, de haine le reveille bien plus  que l’interdiction de boire une goutte, pourquoi faut-il qu’ils se déchirent à ce point, n’arriveront-ils donc jamais à se pardonner les erreurs commises, leur couple eteint ne retrouvera donc jamais d'élan nouveau. Ils etaient plus fort que ca avant, tellement que toutes les tempetes auraient pu tenter de les abattre, elles n'auraient pas meme réussie à les courber. Avait-il donc revé cet amour intense ? .

- C’était aussi pour toi Siobhan, aurais tu pu mentir à ton frère avant que nous partions d'Irlande ? Si tu n’avais pas pu échapper à l’IRA il y a 5 ans, qu’est-ce qu’ils t’auraient fait pour tout connaitre de ma vie ? Moins tu en savais sur moi, mieux c’était pour toi, mais nous allions  partir, tous ensemble

Elle ne cesse pas, n’arrivant à contrôler cette révélation brutale, cette fois ci Neil n’arrive plus à ravaler les acerbes mots qui sifflent entre ses lèvres déformées de colère. Les mots sont saccadés, nerveux, son reste de café tremblant dans le mug bousculé par une main qui essaie de se contrôler, ne pas la gifler, ne surtout pas la gifler, fais lui comprendre comment tu vis cela, dis lui tout Neil, ne la bouscule pas...  

- Tu crois que j'aime etre loin de mon fils. Tu crois que cela me plait d'etre ici à Los Angeles à courir du bâtard irlandais? Tu crois que cela me plait de rater ses anniversaires, ses matchs de foot, ses devoirs, les fins de soirées à lui faire réviser ses leçons pour ensuite aller le coucher et lui souhaiter une bonne nuit ? Tu crois que j'aime ne pas avoir une seule photo de lui pour que les Irlandais ne puissent s'en servir pour le retrouver? Tu crois VRAIMENT que j'aime cela ? Si tes mots sont sérieux Siobhan, alors casses toi d'ici car tu me connais vraiment mal dans ce cas.

- J'aurai tout donné pour vivre ces instants avec lui, j'aurai sacrifié n'importe qui pour lui éviter de me connaitre par un appel tous les trois mois. Et si toi et moi avions eu un enfant, tu aurais eu la même vie, je me bats pour mon fils, je me bats pour toi et je me serais battu pour notre enfant, et si j’avais dû m’éloigner pour vous protéger ca m’aurait brisé, mais je l’aurai fait. Je les traque autant qu’ils nous traquent depuis des années, alors je t’interdis de dire que je ne fais rien pour lui, et si tu me compares encore à mon paternel, je te jure que tu le regretteras.  
Son cœur frappe, tambourine sur ce corps maltraité et exposé, la sueur le surprend, il lui faut de l'aide, un verre ou une main, mais aucune main ne vient plus l’aider, il se retrouve seul encore, seul pour avoir dit la vérité, s’il avait pu comprendre qu’elle prenne mal le fait qu’il lui ait cacher Sean, là c’est trop. L'IRA preuve de quoi? Mais que tu es bete Siobhan.

- Tu crois que l'IRA s'en contrefout de Sean? tu te trompes.  Duncan, ce type qui t'a eu dans le club, tu sais ce qu'il m'a dit avant que je ne lui explose sa gueule à coup de barre de fer ? "Tu sais qu'on va le trouver et lui apprendre la vie à l'Irlandaise?". Tu crois qu’ils veulent faire quoi ? Une partie de Rugby ? Ils savent que j'ai un fils, et ils feront tout pour le retrouver, ni femme ni enfant, belle connerie, Baile a fait exploser un marché tuant une centaine de personne, tu t'imagines quoi ? Qu'il n'y avait que des militaires britanniques dans le lot ? Bien sûr, ni femmes ni enfants. Naïve Siobhan, vraiment très naïve.

Il va se lever et partir, rester à ses côtés après ce qu’elle vient de dire ? Pas même en rêve, si elle voulait le sortir de sa torpeur elle avait choisi le sujet adéquat mais il ne réagirait surement pas comme elle le voudrait,  elle restera seule, ca lui apprendra ce que c’est réellement  ce qu’est la solitude
Mais elle s’assoit face à lui, son regard et sa voix ayant perdu toute agressivité, et c’est meme elle,n qui au contraire parler lui dévoilant sa propre douleur qu’elle cache derrière sa curieuse addiction de le bousculer pour qu’il s’eloigne d’elle.. Sa voix perd en acidité, ses mots prêts à lui exploser dans la gueule sont ravalés,


- Mon cœur. Tu as le droit de me juger aussi vertement, mais il faut que tu saches que J’étais tout aussi sérieux quand nous avions parlé d’avoir un enfant, je me souviens encore de cette discussion chez nous, quand tu as parlé de Niamh , que je te pensais enceinte aussi, cette suite à nous c’était tellement logique pour moi, tu étais la femme que je voulais dans ma vie, celle que je voulais épouser, celle avec qui je voulais une famille. Je n’ai jamais menti sur ce point. Je n'ai jamais menti sur un seul mot d'amour que j'ai pu te dire, sur aucun geste d'amour que nous avons eu. Jamais.

Chacun essaie de s’apaiser, de s’expliquer, ce qui suit le laisse un instant sans voix, d’abord la douceur de sa main sur sa joue laissant glisser un pouce au commencement de ses lèvres, caresse délicate d’une femme alliant brutalité et tendresse en quelques secondes, la harpe elle l'a encore, signe d'un peu de lui avec elle, leurs promesses toujours dans le coeur, toujours dans l'esprit, sa peine de l’avoir aimé, d’avoir voulu un enfant de lui,  et … de l’aimer toujours. Elle l’aime toujours ? Malgré tout. Elle semble regretter de suite ses mots, mais non, il ne la laissera pas partir si aisément, pour la première fois depuis leur retrouvaille elle lui ouvre son cœur, il ne laissera rien le refermer. Sa main trouve un reflet sur la joue de la jolie rousse, sans un mot, il peut admirer l’éclat de son regard , ses levres dessinée avec harmonie, son visage qui lui avait tant manqué

Il ne peut pas faire pire.. alors doucement, il avance le visage vers elle, réduisant le distance murmurant à ses lèvres :-  je t’aime, je n’ai jamais aimé que toi. Tu vas m’écouter jusqu’au bout Siobhan, ensuite seulement tu pourras me juger. Les mots ne suffisent plus, il a besoin d'elle pour continuer, pour revivre après etre mort plusieurs fois sans elle, après les mots assassins qui les décime. Avec tendresse autant qu’avec cette attente qui a duré cinq ans il pose ses lèvres sur les siennes, le baiser est hésitant les tout premiers instants, puis il s’affirme dans un gémissement assourdi par leurs levres scellées, preuve d’amour qui ne l’a jamais quitté, loin de la violence de leurs premières retrouvailles quelques jours plus tot.


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Seolanne
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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Vika Kerekes  NOM CRÉATEUR


Il a été sniper dans l'armée anglaise. Bien que rien ne dans son comportement ne le trahisse, c'est beaucoup plus difficile à entendre que ce que Siobhan reconnait. Elle aurait aimé pouvoir avoir la même compréhension que quelques minutes plus tôt. Elle aimerait pouvoir l'intéroger sur ces années qui l'ont fondé, sur les epreuves qui l'ont marqué et l'ont forgé. Il n'y a rien d'anodin à finir une carrière dans les forces spéciales à peine plus de trente ans. Moins? Elle découvre avec un gout de cendre sur la langue que même son age exact est flou. Ou du moins qu'elle ne peut pas s'appuyer avec certitude sur la date d'anniversaire qu'il lui avait donné. Pas tant qu'il ne l'aura pas confirmé. Détail si futile en apparence. Mais qui est symptomatique du sentiment de flou complet ressenti il y a cinq ans. Un soldat. Formé à tuer. Sur ordre. Pouvoir lui faire don de sa présence sans jugement, sans reproches qu'ils soient muets ou présents dans les bruns de son regard sur lui . L'Irlandaise découvre qu'elle n'est en pas capable. Que c'est au-dessus de ses forces. Il révèle l'existence de son fils et une partie d'elle se claquemure dans une carapace de colère et de refus de voir par les yeux de Neil. Quand bien même leurs prunelles se sont accrochées, bien loin de l'apaisement précédent.

-Nous étions un couple normal! Tout pour moi était normal! ll n'y avait rien.... d'inquiétant ou d'étrange dans notre vie ensemble! Rien qui ne m'ait posé question, tant c'était évident pour moi que l'on soit ensemble et je n'ai jamais ressenti l'inverse venant de toi! Tu peux te féliciter pour ton don pour la dissimulation!

Siobhan ne peut pas le laisser poursuivre. L'entendre parler de leurs projets de quitter l'Ira ensemble lui apparait si... Comment peut il essayer de lui faire croire une seule seconde qu'il en avait l'intention. Non. Si elle part comme ca, ils n'iront nulle part. Dans une impasse de sa création. Elle s'impose une longue inspiration. Elle se dirige vers la table basse et attrape le premier paquet de cigarette, que ce soit celui de Neil ou le sien. Il faut qu'elle accepte ce qu'il a dire, même si cela va à l'inverse de tout ce qu'elle a pu imaginer pendant cinq ans. Elle préfère, instinctivement se détourner de la question de leur couple. Et ses paroles sont d'une insensibilité qui l'horrifie à mesure qu'elle les prononce. Pour cela, il l'épingle avec une précision qui la rend muette quelques secondes. Son dos va se presser contre la rembarde, conservant la distance entre eux. Si sa main ne tremble pas alors qu'elle aspire une longue boufée, cette fois, son regard se dérobe au sien. Refuse de se confronter à lui alors qu'il vient de viser si juste et si profondement. Non! Non, elle n'en a pas le courage!

-Non! Mais je m'attendais pas forcement à ce que tu sois un tueur d'élite pour l'armée anglaise, tu vois! Et encore moins à ce que tu ais un fils alors qu'on avait évoqué la perspective de fonder notre propre famille!

Pour autant, elle s'interdit de prononcer les mots qui les condamneraient définitivement. Qui muselerait une parole qui doit absolument se libérer. Là maintenant tout de suite, Siobhan est presque certaine de ne plus avoir la moindre envie d'écouter d'avantage de ce qu'il a lui apprendre. Pas quand chaque mot est une lame aiguisée sur une âme à fleur de peau. Il l'est aussi! Elle DOIT le prendre en compte. Ne pas perdre de vue que Neil est tout autant en déséquilibre qu'elle. Si ce n'est plus. Elle se drape dans sa colère, dans sa furie aveugle. Il y a trop de bon sens dans ce qu'il lui assene. Mentir à long terme à Catham? Un infime signe de tête qui signe son acquiescement. Elle n'a jamais pu mentir à son frère et inversement. Ils ont toujours été trop liés pour qu'une telle césure ait sa place entre eux. Et malgré tout l'amour qu'elle porte à son frère, elle n'est pas certaine qu'il aurait gardé pour lui cette information. Une main glacée qui lui étreint le ventre. Est ce que Baile l'aurait faite torturée pour qu'elle livre toute parcelle d'information personnelle sur Neil? Il l'a bien offerte remord à son chien fou. Et il devait bien savoir qu'O'Maley, ou les hommes que celui ci a engagé, ne retiendrait pas grand chose avec elle. Oui. Baile n'aurait pas hésité si toutes les autres solutions avaient échouées avant.

La colère appelle la colère quand elle l’accuse pratiquement d'avoir abandonné son fils de peur des conséquences. Provoquer l'Irlandais est un danger qu'elle a presque oublié. Il rend coup pour coup. Mais... Mais pendant quelques minutes, il quitte ses habits de désespoir rongés par l'alcool pour une cuirasse hérissée de courroux. Et autant elle hait ses mots, elle deteste ce qu'il lui balance en travers de la tronche, autant elle aime ce sursaut de vitalité qui l'avait presque déserté. La rage coule dans leur veine, autant que le sang. Siobhan se brule presque sur sa cigarette tant elle s'est consommée sans qu'elle ne la fume vraiment. Et la chaleur intense qui gagne ses doigts lui fait horreur tant elle est trop proche de celle qui s'est imposée à son visage quelques semaines plus tot. Elle balance le filtre par dessus la rambarde, ses prunelles revenant vers lui. Sa furie le ramene à elle, sa colone vertébrale n'a plus rien d’affaissée et il est de nouveau une boule de nerf, alors qu'il évoque la vie qu'il aurait voulu mener avec son enfant. Elle ne sait pas pourquoi elle se montre aussi cruelle avec lui. Cela lui ressemble peu, au final. Sa menace n'est pas à prendre à la légère et c'est un terrain mouvant qui aurait tot fait de l'ensevelir. Non, il n'est pas le miroir de son père. Jamais elle ne pourrait l'imaginer lever la main sur son fils pour étancher elle ne sait quel manque, il n'a pas cette violence là en lui. Ce n'est pas ce qu'elle voulait insinuer. Elle sursaute. Sèchement. Il vient d'évoquer Duncan, lui apprenant son nom par la même occasion, et ce n'est pas un moment sur lequel l'Irlandaise a envie de s'attarder. Mais...

-Tu as fait... quoi? - L'effarement est totalement perceptible dans sa voix, avec cette fois, une absence totale de jugement, son regard acajou aux nuances stupéfaites cherchant le sien . Il n'y a pas de pitié pour le blond qui l'a livré aux mains des américains bossant pour le Loup. Ce n'est pas ca. Mais Siobhan n'a pas encore eu l'occasion de lui demander exactement comment il a fait pour la retrouver dans cette baraque pourrie. Et une barre de fer... n'est pas ce à quoi elle aurait pensé en premier. La menace du mort est effroyable. Ignoble à entendre et l'idée que cette pourriture soit morte des mains de Neil ne peut lui déplaire. - Je ne savais pas. -Si elle lui avait permis de s'exprimer sans se montrer aussi odieuse... -Ton ancienne compagne est fille de flic, ancienne femme de flic. Je doute que ce soit une femme à prendre à la légère. -Si elle avait pu d'instinct éprouver un mépris certain pour Lya, il n'y a strictement aucun marqueur de ce genre de ressenti pour son ancienne femme. Il n'y a ni acidité ni venin lorsqu'elle l'évoque. Un bref haussement d'épaule. L'Irlandaise n'ignore pourtant pas grand chose des victimes civiles lorsque l'Ira repart en guerre. Voeu pieu que celui d'espérer que l'Armée ne se servirait pas de Sean comme monnaie d'échange à la première occasion.

La rousse ravale une partie de sa rancoeur. S'oblige au calme et à un tant soit peu d'objctivité. Elle finit par revenir vers lui. Incertaine. A nouveau, elle a deversé entre eux une coulée de lave cinglante. C'est une manière d'agir si... facile. Si instinctive. Plus elle se dissimule dans une cape de colère, plus elle recoit la sienne, moins elle ne pense aux courants d'émotions et de sentiments plus fragiles qui se dissimulent. Elle finit par revenir venir vers lui. Assise sur ses genoux, les talons coincés sous les fesses, elle lui fait face. Ce qui est bien plus douloureux qu'elle ne le pensait. S'excuser est naturel, la cruauté sied mal à Siobhan. Ce n'est pas dans sa nature profonde. Les mots finissent par s'échapper, sans reflexion ni mouvement ordonné. Si elle essaie de les controler, elle se tait. La jeune femme renoue un contact physique avec lui. Cela lui est plus facile, comme si cela pouvait donner un autre échapatoire, qu'au final, elle ne serait peut être pas obligée d'admettre certaines vérités qu'elle n'accepte pas encore. Un demi sourire. Ce souvenir est gravé dans sa mémoire.

-Non, mais je venais d'avoir la visite de Niahm dans l'après-midi et on avait longuement discuté ensemble. Elle n'aimait pas la manière dont Cat' etait en train de se faire aspirer plus profondement au sein des combines de l'Ira. Son reseau devenait trop important. Baile lui en demandait toujours plus. Je crois qu'il voulait en faire son successeur, plus que Kennan, aussi incapable que lorsqu'il était adolescent.
-Siobhan s'oblige au silence. Là encore, il est bien plus aisé de se laisser happer par un souvenir précis que de faire face au présent. La sincérité teinte le timbre de Neil. Il désirait vraiment cet enfant esquissé aux creux de plusieurs nuits fantasques. Elle finit par murmurer. Question qui la hante depuis qu'il s'est séparé d'elle pour prononcer quelques phrases en gaellique qui ont modifiées tout ce qu'elle croyait savoir sur ce qu'il éprouvait pour elle. -Comment as tu pu supporter la dualité de ta vie à cette époque? L'envie et le désir de construire avec moi une vie solide et réelle d'un coté et de l'autre coté... tout le reste. Tout ce qui constituait l'autre pan de ton existence? -Sa voix est à peine plus qu'un souffle. Plus que tout, c'est ce qu'elle n'arrive pas à comprendre et sans doute est il encore trop tôt pour lui pour pouvoir répondre. Pas tant qu'il n'aura pas dévidé la pelote de son recit.

La rousse voudrait pouvoir se taire et découvre que le choix n'en est plus vraiment un. Qu'elle commet à nouveau la folie de s'ouvrir à lui. Etape bien trop précipitée, qu'elle ne peut vraiment assumer! C'est trop tôt! Il y a trop d'éléments qui sont conflictuels! Et déjà elle est sur le point de prendre la suite. De se reculer. De se relever et de remettre de la distance autant physique qu'entre ses paroles. Il ne lui en laisse pas le temps. Sa paume à son visage. Il a essayé de lui toucher le visage à son eveil, après que Charis lui ait retiré la balle, le geste avait été repoussé sans une seconde de regret. Ce ne sera pas le cas ce matin. Son cou s'incurve vers lui, à peine, alors qu'elle redecouvre sa peau contre la sienne, sans mesure avec la brutalité dont elle a fait preuve à leur retour chez lui. Tiédeur tendre, qui éloigne le froid qui l'étreignait. Douceur impossible de ses iris absinthe. Ce n'est que lorsque il livre contre ses lèvres l'amour qu'il éprouve pour elle, flamme dans les ténèbres qu'elle n'est pas certaine de mériter tant elle est vacille qu'elle peut murmurer à son tour, de la même manière, aveu de failles bien plus marquées que ce qu'elle n'offre aux regards. -Je ne sais pas si je suis assez forte, mo Chroi.

Il le faudra. Pour lui et pour elle. Reculer est impensable. Ce serait les détruire une seconde fois. Ses lèvres contre les siennes. Elle tressaille contre lui. Ce baiser est un oasis de délicatesse, une retenue à peine maitrisée, elle ne sait pas qui a gémit, si c'est lui ou si c'est elle. Sa main glisse de sa joue à sa nuque, le retenant contre elle, sans qu'il ne puisse trouver la moindre trace d'agressivité au coeur de l'intensité un peu plus prononcée de sa caresse. Sa bouche s'ouvre à la sienne, fleur privée d'eau depuis trop longtemps. Siobhan se redresse un peu sur ses genoux, juste assez pour rompre d'avantage la distance qui les sépare, sans pour autant s'adoucir au creux de ses bras tout de suite. Encore incertaine de ce qu'il souhaite, lui. Pourtant ses lèvres deviennent peu à peu plus exigeantes, plus demandantes. Son souffle devient plus court, plus haché, pulsant avec le sien. Elle ignore à quel moment elle a fermé les yeux, engourdie, adoucie, enveloppée dans la myriade de sensations qui se réveillent. Au bout d'une éternité de secondes, elle rompt l'étreinte, sans reprendre de distance réelle pour autant. Sa paume glisse et finit par s’abîmer à sa taille, à la lisière de son jean où elle trouve son point d'ancrage. Elle ne redresse pas sa tête. Son front effleurant presque le sien. Un baiser plus léger, plus court, juste le temps que ses battements de coeur ne retrouvent un rythme plus mesuré. La saveur de sa bouche. Les parfums de sa peau. C'est à la fois familier et terrifiant. Siobhan est bien plus armée pour des retrouvailles charnelles sous le signe de l'exigence et de la brutalité que face à cette douceur tout aussi passionnelle et bien plus sincère. Elle finit par murmurer -Je te promet d'essayer.

Il serait tellement plus.... simple, moins sanglant de simplement lui prendre la main et de l'entrainer dans sa chambre. Plus lâche aussi.


Because of you
Go deo i mo chroi, Go deo i mo intinn. Toujours dans mon coeur, toujours dans mon esprit .•°¤ Mags.
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