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 Karma is a.... Do NOT talk to me about Karma, I'll kill you! ~Neil et Siobhan, part 1~ [Avertissement : sujet violent] ~Calville~

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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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• Poetically Pathetic •
Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant
L ’accélération de la Pontiac sur ces longues routes américaines est tout autant une délivrance que ce qui s'est produit quelques minutes plus tot. Ils avaient pu sortir sans mener un autre combat comme d'autres gardes , combat qui aurait été perdu d'avance. Ils étaient en enfer, tous les deux, elle surement plus que lui vu ce qu'ils lui faisaient subir ou voulaient faire. Il ne savait pas si elle a été violée ou pas, mais rien que dans son allure générale il est criant qu'elle a passé un sale moment. Les bâtards ! La culpabilité de l'avoir laissé à la terrasse du café le prend et vrille son être, le faisant frissonner comme dans les hivers les plus rigoureux de son pays. Il a froid et pourtant ce sont de grosses gouttes de sueur dont son front se pare.  Voir l’autoroute l'aide un peu à retrouver un minimum de calme, à se concentrer sur ce qu'il doit faire et non sur ce que son corps lui crie comme douleur et besoin de repos. Il est bientôt chez lui, elle pourra être en sécurité la bas. Il ne fait que cela, penser à elle, à sa sécurité, il n'a pas pu lui dire trop de choses, il ne crèvera pas avant qu'elle sache au moins qu'il n'a jamais trahi son amour. Cette pensée le fait tenir. Il tiendra.

La voix de Siobhan s’élève dans la voiture lui permettant de se concentrer, ancré dans ses paroles, ancré au son de sa voix. Elle le remercie comme si elle en avait besoin, il n'a pas fait ca pour des remerciements ou pour avoir son pardon. Mais ses mots le touchent, ils ne sont plus emprunt de froideur et de haine, venin craché en toute légitimité quelques jours plus tot. Non, elle lui parle comme à un être humain, cette simple pensée le fait sourire. La main ensanglantée de Neil vient se poser sur la joue de la rousse blessée. Aucune autre volonté que ce geste envers elle.


- Je serais toujours là. Et crois moi Rouquine, si un jour tu dois me vendre pour sauver tes fesses, fais le, je saurais m'en sortir t'en fait pas.

Il se veut assuré dans sa voix et son attitude toujours à la limite hautaine, rassurant peut-être , mais il sait qu'il n'est qu'un mort en sursis qui a réussi plus d'une fois à éviter l’inévitable. La dernière fois qu'un des tueurs de O'Maley ou de Baile avait voulu s'en prendre à lui, il avait subi un sort peu enviable d’être au sens propre du terme, découpé en morceau et envoyé à Belfast en Colissimo , ca avait calmé quelques ardeurs de l'IRA. Neil n’était pas à prendre à la légère , peut-être l'avaient-ils oublié après ces années, mais il s'était chargé de le leur rappeler. Il avait beau être flic, il avait goûté au hors la loi, au sang versé sans raison et parfois cette immersion reprenait le dessus sur lui.

Bien qu'elle même en piteux état, elle prend l'initiative de vouloir le soigner, et le plus sincèrement du monde, il ne refuse pas. La douleur se diffuse dans son organisme avec autant de violence que ce qu'il a subit. Il n'avait rien senti sur le coup, porté par l’adrénaline et la colère sans limite qui était ressortie de son cœur , là par contre l'histoire était différente. Il dégustait sévère, ressentant chaque vibration de la voiture sur la caillasse de la route, sur ces petites imperfections du bitume anodines mais tirant des grimaces de douleurs à l'Irlandais. Recevoir une balle n’était déjà pas agréable, mais les coups portés à cette blessure n'avaient fait qu'accentuer ce qu'il ressentait à l'heure actuelle, une putain de douleur qui vibrait en rythme avant les battements de son coeur. Il n'arrivait plus à respirer, il étouffait, il étouffe . Les velcros de son gilet par balle sont retirés, et déjà la pression sur sa poitrine diminue un peu , tout autant que celle sur sa plaie. Un hématome violacé grossissant autour du point d’entrée de la balle, il sentait qui plus est le sang couler en petits vaguelettes le long de ses vetements poisseux du liquide vital.

Le reste est .. confus. les paroles de Sio s'envolent. Il n'est plus là, pas vraiment du moins. L'eau qui s’écoule sur la plaie ainsi que la pression de la serviette sur cette dernière le font parfois revenir dans la voiture, créant quelques embardées en pleine vitesse sur l'autoroute, mais le reste, tout le reste il ne le voit pas. La route lui est invisible, le parking, son immeuble tout autant. Il s'entend vaguement insulter des escaliers, le corps faisant poids sur son appui aux reflets de flammes, montrer une porte connue, un abri .; chez lui.  Ce n'est qu'au choc de son tombé sur le canapé qu'il retrouve conscience au moins quelques instants. Il reconnait l'endroit, et soupire longuement, rassuré vaguement. Comment est-il arrivé là? La question restera sans réponse ce jour. Déjà d'autres paroles, d'autres questions, il s'inflige lui même une pression sur le coté pour ne pas sombrer, ce n'est pas encore l'heure. Il faut lui dire.


- C'est rien, j'ai eu pire que ca .
Presque pire. Un lointain souvenir d'une plage à Bali ou il avait été laissé pour mort sur le sable fin après une opération raté des services secrets britanniques avec lesquels il avait fait équipe pour cette mission foireuse au possible, malheureusement pour certains un irlandais ca ne crève pas aussi facilement.
- Elle... c'est une fille. Tu .. * sortant à moitié son arme de sa ceinture* - afro avec cheveux violet, si c'est pas elle tu tires je n'attends personne d'autres.
Elle est là si proche de lui , si proche qu'il peut sentir son parfum mélé de sueur et de crasse, de sang . Si proche que sa main se glisse dans la sienne.

- Ils ne t'ont pas ..? Il a besoin de savoir, besoin d'entendre qu'il a été vraiment là pour elle, qu'il lui a evité ce choc dont aucune femme ne peut passer au dessus, La main qu'il tient est doucement libérée de la pression de celle de Neil, il perd force à mesure qu'il blêmit, la respiration saccadée il part doucement s'offrant l’inconscient pour ami. Chaque mot se fait plus faible que le précédent.

- Il y a un numéro sur le frigo appelles le , dis simplement ton nom à coté de la photo, tu pourras disparaître Sio fais le .. fais le. Va t'en et disparais .. Je ne pourrais pas t'accompagner à Dublin j'aurai voulu ..tellement .. Il se perd entre passé et présent, le futur étant incertain, lointain, inaccessible. Il n'y arrive pas, il n'y arrive plus. Peu à peu la pression qu'il exerçait sur la main de L'irlandaise faiblit à mesure que le noir l'envahit, il n'a plus la force, il abandonne au moins cette manche, les yeux se ferment doucement.. surement.. l'entourant d'ombre dans la ville des Anges.  

Enfin on frappe à la porte. Charisma est une femme d'une bonne trentaine, habillée de milles couleurs la plupart du temps mais là elle portait juste une tenue d'infirmière de l'hopital du coin, sa chevelure violette ramenée en arrière par un bandeau qui retient ses Dreads .  Sous prétexte d'une pause, elle avait attrapé son sac de soin et était partie aussi rapidement que possible. Elle connaissait Neil et si il faisait appel à elle, c’était vraiment qu'il en avait besoin.

- Chou ouvres c'est moi !

Chou, il avait horreur de ce surnom mais elle l'adorait et adorait l'enquiquiner avec ca. Le coté brun ténébreux lui plaisait et sa grande gueule encore plus. Mais meme s'ils se connaissent depuis des années, leurs rapports ont toujours été speciaux sans etre sexuel. La porte s'ouvre et c'est .. une rousse qui l’accueille. Mal en point, contusionnée, à poil enfin presque - Bah dis donc Neil t'as fais un truc à tes cheveux?  mais la rousse ne riait pas non, et Charis ne sourit plus non plus en le voyant perdre son sang sur le canapé du salon. Inconscient

- Neil c'est pas vrai. Prenant place à genoux à coté de lui, elle applique ses doigts sur son poignet et au creux de son cou, puis vient au dessus de son visage s'assurer qu'il respirait encore. Rassurée surement, meme si son pouls est à peine perceptible elle retire la serviette et relève sa chemise tentant de voir à travers le sang la plaie. Prenant la main de Sio elle l'applique en une forte pression évitant à plus de sang de sortir

- Appuies fort, je vais le tourner sur le coté mais tu ne relâches pas la pression, plus tu appuies, mieux c'est. Ca fait combien de temps qu'il a été blessé ? Les mots se font gestes quand d'un mouvement du bassin, elle reussit à le saisir et le basculer sur le coté, la force de l’habitude des salles d'opérations où les corps ne sont que des poids morts.   - C'est entré ici .. mais .. pas  de point de sortie. Il va falloir que je l'ouvre la balle n'est pas ressortie.  Son sac est ouvert, elle en sort une seringue , une aiguille, et un flacon dont elle tire le liquide avant de planter l'aiguille dans son bras et d'y déverser son contenu. Mettant tout en place, elle sort des compresses, des pinces, des bandages.  Reprenant la main sur la plaie, libérant Siobhan de son role- T'éloigne pas trop Roussette, je peux avoir besoin de toi.


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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Informations supplémentaires ici.

Vika Kerekes NOM CRÉATEUR


Elle est épuisée. Une fatigue aussi mentale que physique. Siobhan a pourtant conscience que ce ne n'est pas le moment pour elle de se laisser à l'endormissement. Pour être tout à fait honete, elle n'est pas certaine d'avoir envie de se retrouver en tête à tête avec son inconscience. Au vu des dernières heures, dernières semaines, il doit avoir deux trois vérités désagréables à lui asséner et elle s'en passera aussi longtemps que possible! Aussi préfère t'elle se concentrer sur Neil. Aussi dérangeant et totalement surréaliste soit il. Elle n'a plus la force d'être en colère contre lui. Pas maintenant. Pendant quelques minutes, elle se contente de regarder la route qui défile. Elle ne lui demande pas là où ils vont. Sa seule certitude, c'est que les traqueurs de l'Ira ne les trouveront pas. Cela lui suffit. Un regard en coin à Neil.Rien qu'à la manière dont il tient si rigidement le volant, la jeune femme sait que les vagues de douleurs qui parcourent son corps se font de plus en plus intenses. Quelques paroles qu'elle doit énoncer. Là maintenant tout de suite, les notions même de fierté et d'arrogance n'existent plus. Sa paume sur sa joue. Geste d'une simple humanité mais qui manque de déconstruire le peu de force qui lui reste tant elle s'est retirée en elle même pour faire face à la vague barbare qui s'est refermée sur elle.

Avant qu'elle ne fusille totalement du regard. Si Siobhan pourrait presque le croire quand il s'avance sur la fermeté de sa position à ses cotés, ce n'est pas cela qui lui vaux cette œillade assassine. Il s'en sortira, hein? Oui bien sur, et avec une fleur à la bouche? Est ce qu'il la prend pour une conne? La sylphide rousse est restée moins de 45h entre leurs mains et elle ne sait pas encore dans quel état mental elle se trouve réellement. Lui? Si l'Ira le tenait réellement, il n'y aurait aucune limite à ce que les soldats lui feraient subir. Aucune. De cela, elle est certaine. -Jamais. Je veux plus t'entendre te dire ce genre de conneries.

Est ce qu'elle en est aussi sure? Si Baile O'Donaigh réussit à la joindre et lui propose la vie de Catham, sa vie et sa liberté, un pardon total pour elle et la promesse d'un retour sans obstacle en Irlande, le tout en échange de Neil? Combien de temps elle serait capable de resister? Suffisamment pour en discuter avec lui et trouver un moyen de contrer le N2 de l'Ira, elle l'espère. Mais elle se sait aussi extrêmement vulnérable dès qu'il s'agit de son frère. Et ce talon d’Achille est parfaitement connu de tous. Surtout d'un homme qui les a vu grandir depuis leur naissance ou presque.

Ces réflexions lui font horreur. L’écœure. Cela devient une évidence de tout faire pour les fuir et de se tourner vers Neil pour empêcher qu'il se vide de son sang à mort. Ce n'est pas une décision altruiste. Cela lui permet de se détourner d'elle même. Siobhan ne se supporte pas des masses, ces derniers temps. Pas d'avantage qu'elle ne s'aime beaucoup. Ce qui vient de se passer ne va pas arranger les choses. Et si elle peut soulager un minima la souffrance aiguë qui ne cesse de le torturer, elle le fera. Quelque soit ce qu'elle ressent à se trouver aussi proche de lui. -Et elle n'a pas la moindre intention de se pencher sur ce sac de nœud Là, maintenant- Siobhan n'a pas en elle de s'en laver les mains. Ils ont été trop proches, ils se sont trop aimés pour qu'elle soit indifférente à ses tourments. Surtout lorsqu'elle en est la cause directe. Ce n'est pas elle.

Elle agit au mieux de ses possibilités dans l'habitacle. Essaie de libérer sa respiration, d'étancher l'écoulement de sang. Ils devraient peut être s’arrêter dans un hopital. Elle l'aurait suggéré si il n'avait pas pris les devants sur ce plan. L'Irlandaise a conscience que ses gestes ne sont pas assez délicats, pas assez posés et décidés. Mais chaque fois que son réflexe est d'utiliser sa main droite, elle est rappelé à l'ordre pas un courant électrique à blanc qui lui traverse le bras. Elle ignore totalement comment elle ne hurle pas. Cependant, tout n'est pas inutile, sa plaie est au moins un minimum débarrassée des débris qui s'y étaient collés. Il saigne moins et n'est pas encore tombé dans les pommes. Il tient le choc, avec une volonté d'airain. Il reprend un brin de couleur, si peu.

Ils roulent pendant ce qui lui parait une infinité avant d'arriver enfin chez lui. Elle a pioché ses clefs dans sa poche, le soutenant au mieux. Lui arrachant le numéro de l'étage, les différents codes. Jusqu'à ce qu'enfin Siobhan repousse de l'épaule la lourde porte. Blindée. Il a une porte blindée. Est ce qu'elle est vraiment surprise? Non, ca lui ressemble bien d'avoir porté attention à ce genre de détail. Elle se laisse tomber non loin de lui. Les jambes coupées. Pas certaine qu'elle aurait pu faire un pas de plus. Comment est ce qu'ils en sont arrivés là! Putain de gâchis. Elle ferme les yeux. Avant de les rouvrir à son grognement de douleur quand il appuie sur sa plaie. Mais il est débile?! Pire, hein. Depuis qu'il l'a balancé dans un avion ou avant qu'ils se connaissent? Son passé est aussi flou que leur passé et son présent. Putain. Son ressentiment frisèle dans ses veines, toujours bien vivace. Équilibré par le soulagement à ce qu'il soit là. Elle n'a aucune envie de prendre son arme. Elle a vu assez d'atrocité pour un moment. Mais elle la dégage doucement, la calant dans sa paume gauche. Son père lui a appris à tirer des deux mains en meme temps que la parole. Siobhan n'a jamais oublié.

-Neil... il faut que tu te taises. Tu es en train de t'affaiblir. Personne d'autre qu'elle, promis.

Ses doigts se referment sur les siens et la jeune femme les ressere à son tour avec un peu plus de force. Ils sont tous les deux absolument immondes. Cela n'a pas d'importance. Ils sont en vie. Sa question lui attire une inspiration plus brusque. La ramenant sèchement à sa scene qu'il a interrompu de justesse. -Non. Non. Ils se sont amusés un peu, rien dont je ne me relèverais pas. Tu es arrivés juste avant. -Il est en train de sombrer de plus vite. Elle se redresse un peu. Un baiser sur son front, à peine. Sentant sa main se dérober à la sienne -Rien de ce que tu as à me dire ne peut attendre demain. - Il est têtu. Incroyablement têtu. Elle secoue la tête. Elle le laisse s'exprimer sans le contredire mais n'est pas prête à disparaître. Pas encore. Il y a encore trop de choses qui la retienne à Los Angeles. Elle ne partira pas sans avoir revu Oliver. Tout en sachant que c'est peut être plonger le jeune homme dans maelstrom dangereux dont il n'a probablement pas besoin. Quoique, il a un tel service de sécurité qui veille sur lui jour et nuit.. Mais c'est trop lui demander que de s'envoler de la surface des Us sans qu'ils aient eu au moins une chance d'être réellement sincère l'un envers l'autre. Non. Elle n'utilisera cette porte de sortie qu'en tout dernier recours.

Son souffle manque un battement à ses mots à peine perceptibles. Dublin. Elle a mal de cette évocation involontaire. Mal de ces souvenirs qui s'éveillent et s'agitent après un trop long sommeil. Elle lui avait demandé de l'accompagner quelques jours, de s'éloigner de Belfast. Elle devait faire des recherches pour sa thèse et certains des ouvrages originaux se trouvaient à Dublin. Un peu de bouquinage, beaucoup de flânage, encore plus de temps partagés à eux seuls, loin de Catham et des diverses opérations que les deux mènent. Siobhan goute presque sur sa langue l'anticipation qu'elle avait ressentie lorsqu'ils avaient organisés cette escapade ensemble. Qui n'a jamais eu lieu. Il s'évanouit définitivement sur ces syllables. Dublin. Sur ces regrets. Elle se relève, et pose l'arme à portée. Il lui tarde que cette Charis arrive. Mais dans ces quelques minutes, elle retourne la salle de bain de Neil. Jusqu'à trouver un de ces gels antibactériens qui étaient distribués un peu partout à une période. Avant de revenir vers Neil, elle se lave les mains jusqu'au coude, puis le visage. Ne supportant plus d'être couverte des fluides d'un de ceux qui attendait pour jouer avec elle. Les mains de Neil et son visage ne sont pas plus agréables. Elle a gravé dans sa mémoire la manière dont il a explosé à coup de poings le crane du second. Est ce qu'elle devrait le sortir de son évanouissement? Au moins, il ne souffre pas. Elle lui nettoie sommairement les mains et le visage à l'aide du gel et d'une serviette. Ils ont besoin d'une douche. De quinze.

Siobhan se crispe immédiatement quand la porte résonne de quelques coups sur le bois dissimulant l'acier. Elle récupère l'arme au passage et jette un coup d'oeil dans le judas de la porte. Ses épaules se relâchent quand elle reconnait, déformée, les mèches violettes annoncées. Chou? Un maigre sourire. A peine. Déjà elle ouvre, la faisant entrer. Il lui est impossible de sourire à sa plaisanterie et elle se contente de secouer la tête. Discrètement, le flingue est reposé sur une console, la porte est refermée, chaine et verrou intérieurs compris. -Il a besoin de votre aide. -Elle a conscience qu'elle est à la limite de l'impolitesse, mais ca devient de plus en plus compliqué pour elle de se maintenir debout.

Les gestes professionnels de la jeune femme manquent de la précipiter à terre. Elle sait ce qu'elle fait, elle peut cesser de lutter. Elle l'a suivit au chevet de l’irascible irlandais. Il parait presque serein à cet instant, une partie de sa dureté le deserte. Ses doigts dans ses cheveux à peine. Elle tangue. Siobhan recule vivement sa main droite quand Charis lui prend la main, lui tendant la gauche. On va éviter de s'évanouir. -Compris. -Elle n'a plus de mot. Mais sa paume est impitoyable quand la jeune médecin commence à le manipuler. Neil tressaille sous l'onde brutale qui le parcourt, sans encore ouvrir les yeux. - Je dirais maximum deux heures. Je crois. Je ne suis pas certaine. -Tant que Charisma ne lui demande pas de retirer sa main, elle maintient autant de force de pression dont elle est encore capable. Pas un instant la rousse ne s'interpose dans ses gestes, la laissant installer cathéter et autre. Elle blêmit légèrement quand l'autre femme lui annonce qu'elle va devoir élargir sa blessure pour en faire sortir le metal meurtrier. - Je ne bouge pas.

Elle ne s'éloigne que pendant quelques breves secondes, le temps de trouver un paquet de cigarettes à moitié entamé, abandonné sur une chaise. Ce n'est pas stérile. Mais rien n'est stérile. Elle revient vers eux mais se place de manière à ce que la fumée ne dérange en rien l'opération improvisée de la doc. Depuis le début quelque chose ne colle pas. La dérange profondément. Aussi impitoyable soit Baile, elle n'arrive pas à accepter qu'il ait pu la livrer si froidement à O'Maley. Cela ne colle pas. Lui mettre une balle dans la tête? Oui. La faire torturer volontairement? Non. C'est.. non. Au moment où la balle sort de Neil, c'est un -Putain, le salopard- . Qui s'échappe de ses lèvres abîmées. C'est d'une telle simplicité que c'est évident. Elle n'a jamais été la cible directe de l'Ira. Elle était l’appât. Comment est ce qu'il savait que son ex compagnon ne serait pas loin si jamais elle devait se retrouver dans leur toile, elle l'ignore. Mais c'est exactement ce qui s'est produit. A l'exacte moment où elle s'est retrouvée pour la premiere fois dans le Radar de l'Armée Républicaine, il est sortie de l'Ombre. Elle était leur putain d’appât et lui leur intérêt principal. Et en venant la chercher, il a failli se retrouver piégé dans leur souricière. C'est seulement parce que...

-Ho la Roussette? Tu reviens sur terre? -La voix de Charis brise sa concentration et égare le fil de ses pensées. -Il est stabilisé. Il va avoir besoin de boire. De l'eau. -Une pointe d'amusement dans les prunelles sombres. Good luck to you- Dans la poche, c'est une transfusion avec une solution chargée en fer. Il va en avoir besoin pour refaire son compte de globule rouge. Tu te débrouilles, mais il mange de la viande rouge, beaucoup. Si il râle, tu lui dit que ca vient de moi et qu'il en aura besoin pour tenir debout. Ca devrait le calmer.

Elle enregistre. Au mieux. Et fait un énorme pas de recul quand l'autre femme s'avance vers elle pour s'emparer de son bras blessé. -Arrête tes conneries. J'ai besoin de savoir ce qu'il en est si tu veux que je t'aide.
Son peu d’enthousiasme est incroyablement visible, ce n'est pas qu'elle n'a pas envie de ne plus avoir mal, c'est surtout qu'elle craint l'examen. L'impatience de Charism est visible , terriblement, devant les atermoiements de Siobhan. -J'ai juste mal aux côtes et un poignet brisé. -Mais elle se tait sous le regard avant de prendre elle ne sait quel comprimé qu'elle lui tend. - C'est de la morphine. Je vais te laisser exactement 3 comprimé, juste de quoi te faire la nuit et demain. -Puis, elle palpe délicatement l'articulation, avant de secouer la tête. -Je vais te le bander, j'ai pas de quoi faire un plâtre. Tu viens demain au Los Angeles General Hospital avec Neil. Il sait comment procéder, je te plâtrerais à ce moment là. -Pendant quelques minutes, elle enroule la bande élastique entre les doigts et l'avant bras de manière à ce que le poignet soit le mieux immobilisé possible. Le plus étroitement. -Dessape toi. J'ai besoin de regarder tes côtes.
Est ce que c'est vraiment la peine de chercher à discuter avec l'intraitable medecin? Pas des masses non. Elle se laisse porter par la volonté qui lui fait face et laisse tomber le chiffon qui lui sert de robe. Envie de la brûler. Un sifflement accueille la vision de son corps qui est en train de s'orner d’hématomes de toutes tailles, de tous motifs, sans laisser beaucoup d'épiderme intact- Et tu va me dire que tu es tombée dans les escaliers?
-Haha. Funny. Quelque chose dans le genre.
- Tes côtes sont juste fêlées, pas brisées. Je ne vais pas te les bander, c'est inutile et inconfortable. Il faut juste que tu essaie de ne pas trop bouger et que tu te reposes. Vous êtes dans un sale état, tous les deux!


Sauf que Siobhan n'a pas envie d'épiloguer sur ce qui leur est arrivé. Il est évident qu'elle a la confiance de Neil, mais le simple fait d'en parler rend l'ensemble un peu trop réel à son gout. Elle préfère demander de loin - Il va rester inconscient combien de temps?
-Impossible à dire. Je lui ai administré un anesthésiant et un somnifère pour qu'il récupère au mieux. Franchement, plus longtemps il dort, mieux il sera. Toi aussi tu devrais. T'es vaillante comme un cadavre!

constatant que la solution de fer est entièrement passée dans l'organisme, la jeune femme retire la poche ainsi que les différentes aiguilles. Elle récupère les compresses et ses instruments, avant de partir. Non sans quelques derniers conseils.

Siobhan se glisse dans une douche, ne supportant plus le sang qui la macule, la violence dont son corps porte encore les marques. Un gel douche Axe. Yerk. Sauf que là maintenant de tout de suite, elle n'en a vraiment rien à foutre. Laissant Neil se reposer au mieux. Elle a pris le soin de protéger sommairement la bande de son poignet. Elle est trop épuisée pour rester longtemps sous l'eau. Sous peine de s'endormir dessous. Elle se force à limiter à cinq trop courte minutes. Pour ce soir, elle déniche un grand tee shirt de Neil, refusant de se prendre la tête maintenant pour ces considérations. Un plaid qui traîne sur le dos d'une chaise. Elle en recouvre l'irlandais inconscient. Sa main dans ses cheveux, un instant. Un baiser qu'elle effleure à ses lèvres. A peine plus qu'un souffle - Repose toi, mo ghrá
Le terme est inconscient, venue des profondeurs, sans même qu'elle ne le réalise qu'elle vient de le prononcer. Siobhan se laisse glisser délicatement contre le sofa, la tête à demi appuyé contre le bras pendant du jeune homme. Elle est à peine mal installée qu'elle sombre dans le sommeil.



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Go deo i mo chroi, Go deo i mo intinn. Toujours dans mon coeur, toujours dans mon esprit .•°¤ Mags.
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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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• Poetically Pathetic •
Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant

Quand la soupape de sécurité saute .. et fait peter les plombs.

9 heures. 9 heures entières où il avait été inconscient entre le sang trop écoulé et la morphine en dose suffisante pour endormir un buffle. Le sommeil avait été lourd, sans rêve, juste du noir profond au creux de son cœur et de son esprit envoûté par les produits destinés à calmer sa douleur. Le réveil avait été compliqué, embrumé , douloureux. Un œil vague, qui palpite, frémissant à la lumière du jour qui l'aveuglait. Il semblait avoir la gueule de bois sans les avantages de l'alcool, il avait mal partout, les bleus maculait son visage et son corps, corps alourdi par la position qu'il n'avait pas quitté depuis la veille. Sa main droite avait les phalanges en sang, il était encore en sang, et pas que le sien. Grimaçant il se releva avec difficulté dans le canapé, s'asseyant en se tenant le coté malmené. Il n'avait visiblement rien de cassé mais la blessure par balle en elle même suffisait à lui faire comprendre qu'il ne serait pas en forme quelques temps. Mais cela lui importait peu en voyant Siobhan devant lui, portant un tee shirt lui appartenant. Elle était en vie. Marquée, mais en vie. A dire vrai il ne se souvenait plus vraiment de leur retour, mais ils étaient chez lui , en sécurité au moins quelques jours. Il serait bien temps de penser à la suite plus tard.

Sans un mot inutile ou formule du genre 'salut ca va" il se leva laissant passer l’étourdissement qui le prit et se dirigea vers le plan de travail de la cuisine où se trouvait toujours son paquet allégé de quelques cigarettes et alluma celle qu'il venait de prendre tirant autant que son ventre pouvait se tendre s'intoxiquant avec plaisir, et souffla l’excès de fumée pour avaler un cacheton agrémenté d'une dose non négligeable de whisky et vient la rejoindre . Pas besoin de long discours, du bout des doigts il effleura à peine sa joue gonflée puis se saisit du poignet le soulevant légèrement avec délicatesse. La pauvre avait morflé sévère. Il lui aurait bien dit une phrase assassine sur sa putain d'imprudence, mais ce n'etait pas encore le moment. Plus tard, quand elle serait remise de ses emotions, il lui dirait sa façon de voir la vie. La revoir, même ainsi, était une torture. Une véritable torture. Il l'aimait toujours autant, il ne se le cachait plus, il n'avait plus l'odeur des autres femmes sur lui, et se laissait submerger par la proximité de la rouquine. Il retrouvait l’intensité de ses sentiments rien qu'en la voyant . C'était surement cela le plus dur, la voir, être avec elle, la voir souffrir , la savoir en danger. irlandais de merde, ils allaient payer cela. Ce n'était plus un question de jeu et de survie à se cacher de l'IRA, ca serait une pure et sanglante vengeance quand il les aurait retrouvé. On ne touchait pas à celle qu'il aimait, quand bien meme celle-ci le haïssait toujours.

Sio le mit au courant des dernières paroles de Charis, il se contenta de hocher la tête bien que sortir serait un danger, il fallait des soins à la rouquine qu'on ne pouvait lui apporter ici sans radio, platre ou autre. Il partit sous la douche retirant le pansement orné de sang, pour se débarrasser de la crasse et de la puanteur de ce sang ennemi sentant la charogne. Il resta juste le temps de se sentir moins crasseux , mordant sa joue quand l'eau glissait sur l'entrée de sa blessure. Il profiterait plus tard de l'onde sur sa peau, surement dans quelques jours. Un pansement sommaire fut replacé sur son coté, Charisma le changerait surement à leur arrivée à l’hôpital de Los Angeles. observa dans la glace de la salle de bain le reste de son corps tuméfié, il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas été dans un tel etat, et serviette autour de la taille il partit dans sa chambre pour trouver des vêtements propres. Il opta pour un pantalon de ville sombre, une chemise aux teintes d'un violet foncé et des baskets sombres le rendant plus à l'aise si jamais il devait bouger "vite" autant que son corps pourrait le lui permettre. De l'armoire il sortit un jogging noir, un sweet à capuche, des baskets trop grandes pour elle et revient dans la cuisine auprès de Siobhan.


- C'est tout ce que j'ai pour toi, on ira t'acheter des affaires plus tard. Habille toi on y va, faut qu'on y soit pour midi, y a moins de monde dans les couloirs du LAGH. Ensuite on revient ici et on se planque quelques jours, le temps de voir où on en est. Tu vas devoir me supporter désolé pour toi.

Il avait décidé qu'elle ne repartirait pas, et elle ne l'emmerderait pas sur ca, sous peine de se retrouver bâillonnée et attachée au radiateur. Si elle etait inconsciente de la situation, lui était un pragmatique et préférait qu'elle lui siffle des horreurs en pleine gueule, plutôt que de la voir crever comme une conne. N'attendant pas sa réponse, il repartit dans sa chambre prendre quelques chargeurs dans la boite qui trônait toujours sur son lit, referma celle ci et la posa sur sa table de nuit. Plus tard il la rangerait, ce qu'elle contenait resterait dedans inconnu du monde et surtout d'elle. Le temps qu'elle se change, il téléphona à Charis la prévenant de leur future arrivée, prit quelques billets de 500$ et descendit au parking où sa voiture de location était dans un triste état avec tout ce sang maculant les sièges. Du coffre il sortit un vieux plaid qui servait surtout à ne pas salir le coffre et le disposa sur les deux sièges avant, cachant le plus gros du désastre sanglant. La douleur s'était évaporée, la morphine et l'alcool jouant en couple un air de soulagement des blessures, enfin. Il nageait dans un monde plus doux, cotonneux. Heureusement car ses allés-retour vers l'appartement auraient été insupportable. Collant sur la tete rousse une casquette NY, il s'assura qu'on ne la reconnaissait pas et main sur son arme passée à sa ceinture, ils descendaient ensemble pour prendre la voiture et partir à l’hôpital.


Le trajet dura à peine une vingtaine de minutes dans un silence presque total, aucun des deux ne voulant parler, pas maintenant, c'etait encore trop tot, trop récent. A meme se demander s'ils avaient quelque chose à dire. Beaucoup trop surement, cinq ans de regrets, de haine et de colère ca en faisait des reproches à se balancer dans la gueule. Ils arrivèrent par l'entrée réservée aux médecins , la porte leur fut ouverte par un infirmier, un billet quitta Neil pour aller dans la poche du type qui les mena jusqu’à une salle d'examen où se trouvait Charis.

- Mon chou, tu as meilleure mine. Will tu fais passer une radio du poignet et da la cage thoracique à la rouquette, et ensuite tu plâtres le poignet, si elle a des cotes cassées tu sais quoi faire? Et tu me fais un beau travail sinon tu finis au ménage ! Moi je m'occupe de lui.
- On reste ensemble. Réponse immédiate de l'Irlandais. Non il n'allait pas la quitter des yeux, pas même quelques minutes. il n'etait déjà pas rassuré d'avoir dû sortir alors s’éloigner d'elle, hors de question. Il n'aurait pas encore assez de force pour reprendre le combat aujourd'hui.
- Chou elle sera juste là. La jolie infirmière aux couleurs étincelantes désigna la salle juste à coté séparée par une porte battante. Il pourrait la voir à travers les vitres des portes. Il finit par acquiescer après un léger silence, lui même retirant sa chemise pour que Charisma l'examine, ce qu'elle fit en toute professionnelle, piquant son bras avec une seconde solution ferrique, examinant ses mains marquées, son visage, et lui changea son pansement rajoutant deux agrafes qui avaient déjà sautée.

- Je dois m’inquiéter? Elle lui avait parlé sans le regarder pendant qu'elle finissait de nettoyer la plaie
- O'Maley est sur nos traces.
- Putain Neil ! Il faut que tu te barres, retournes en Angleterre. C'est qui cette rou.. ou... sse . Oh non ne me dis pas que c'est .. Elle ? Le silence de l'Irlandais confirma ce qu'elle craignait, la voix un peu plus stridente - Neilllllll elle va te faire tuer et il est hors de question que je te ramasse encore comme avant. Tu as réussi à leur échapper pendant des années et là elle se ramène dans ta vie et tu as failli crever ! T'es con ou quoi ?

Il se contenta de grimacer quand elle appuya un peu plus sur son coté, sous le coup de ses émotions et de son mécontentement. Elle n'avait pas tort, fuir seul était aisé, aucune attache visible, il pouvait passer sous les radars, mais avec quelqu'un ca serait plus compliqué. Et si O'Maley n'avait pas encore découvert ce qu'il était advenu de ses hommes, bientôt il saurait et comprendrait surement l'implication brutale de Flaherty dans la libération de l'Irlandaise;.

- Essaies de savoir si le SAS ou la CIA ont des infos sur le lieu où il est. Je ne te demandes pas de me juger. Tu as fini ?
- Ouais.. Mot soufflé dépitée. Elle connaissait l'historique de leur relation , et tout ce qui avait découlé de cette époque. Neil avait gravement déconné quand elle l'avait revu après cette mission en Irlande. Il n'avait plus été le meme que le soldat qu'elle avait connu. Il remit sa chemise et passa la tete à coté où Siobhan se trouvait joliment dans le plâtre frais entourant main et poignet. Éléments qui seraient à prendre en compte pour tout ce qui suivrait, elle serait autant diminuée que lui. - On part dans 5 minutes

Il récupéra les deux flacons que Charisma lui tendait. Opiacés et Morphine ... Sans alcool qu'elle lui dit .. évidemment que .. non. Quelques pansements et bétadine pour lui, Et attendit que le dénommé Will ait fini. Elle s'approcha de lui alors qu'il la toisait n’appréciant pas ses commentaires, meme si il l'adorait elle et posa une bise laissant la trace de son violet à lèvre sur sa joue mal rasée.

- Fait gaffe à tes fesses Chou. Je t'appelle dès que j'en sais plus.

Un vague sourire Irlandais alors que Siobhan le rejoignait, il déposa une coquette somme sur le siège où il avait été examiné et avec la rousse repartit discrètement dans les couloirs de l’Hôpital. Il était temps, grand temps de retrouver l'appartement et sa vague sécurité. Il ne comptait pas s’éterniser dehors.



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Seolanne
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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Vika Kerekes NOM CRÉATEUR


Elle s'est reveillée tôt, beaucoup trop tôt pour les dernières vingt- quatre heures cauchemardesque qu'elle vient, qu'ils viennent de vivre. Se relever a été beaucoup plus douloureux que Siobhan ne l'aurait imaginé. Son corps couvert d’hématomes n'a pas apprécié qu'elle sombre dans l'inconscience à même le sol et le lui fait savoir avec vengeance. Les courbatures sont sévères et lorsque son premier réflexe est de poser la paume droite au sol en appui pour se relever, c'est un sifflement sombre de douleur qui achève de la sortir d'un reste de torpeur. Une bande n'est pas un plâtre. Noté. Neil est encore plongé dans l'inconscience et l'irlandaise préfère ne pas l'en sortir. Plus il dort, plus elle peut faire abstraction de sa présence. Et parler, ce n'est meme pas un seul instant au programme! Elle ne visite rien de l'appart, évite la cuisine. L'idée même de manger lui retourne le ventre. La seule chose qu'elle avale, c'est un peu d'eau avec un comprimé de morphine laissé par Charis.

Douche. Et cette fois, elle savoure la brûlure de l'eau sur son crane. Lave ses cheveux longuement. Deux fois. Jusqu'à ce qu'elle soit certaine que plus un seul cheveux de sa masse rousse ne porte la moindre trace de souillure. Siobhan finit par en sortir, remettant le tee- shirt trop grand qu'elle a enfilé dans les brumes hier soir. Sa robe est abandonnée depuis la veille et strictement rien ne pourra la forcer à la remettre. Elle a conscience que c'est un peu léger comme habit, meme pour Los Angeles. Il doit bien avoir un manteau. Penderie dans l'entrée, il y a plusieurs vestes et un manteau plus long qu'il doit mettre lors des rares températures plus basses de la Californie. La jeune femme ne réfléchit pas très longtemps, une cigarette, prise à son paquet entamé, déjà allumée entre deux doigts de sa main gauche. Elle se barre. L'Irlandaise refuse d'être cloîtrée avec lui. L'arme est encore sur la console et elle la glisse dans la poche, poids rassurant de l'acier à sa paume. Elle n'a aucune raison de rester avec lui alors que déjà elle enlève la chaine de sécurité et déverrouille la porte. Elle ne peut pas rester avec lui. Elle ne veux pas rester avec lui. Si c'est déjà insupportable de se retrouver dans la même pièce alors qu'il est inconscient, à quel point cela va le devenir quand il sera réveillé? Il est sorti de sa vie il y a cinq ans. Il ne pouvait pas le rester?! Surtout si son hypothèse de la veille se confirme. Qu'elle le veuille ou non, il faudra qu'elle la lui soumette.

D'accord. Elle file sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Et ensuite? Elle retourne dans son appartement à Venice? Combien de temps il faudra à O'Maley pour la récupérer la-bas. Cassiopée? NON. Jamais elle ne conduira des tueurs devant sa porte! Il lui serait intenable de la placer dans un tel danger. La seule perspective que le chacal de l'Ira pose la main sur elle la gele sur place. Mathias, pareil. Oliver. Oliver, une main brutale qui lui retourne le ventre. Le désir de le retrouver est presque palpable tant il est intense. Lui, il a effectivement autour de lui une telle protection rapprochée qu'il est en presque intouchable. Mais il ne mérite pas cela. Il ne mérite pas qu'elle débarque et renverse totalement le cours de son existence. Sans oublier la charmante Lucrecia qui sera absolument ravie de voir apparaitre sur le seuil de sa demeure l'ancienne amante de son fiancé. Cela promet des explications passionnante. Non. Elle ne peut pas imposer cela au Golden Prince.

Sans oublier la rage de Neil. Ce qui n'est PAS un élément à prendre à la légère. Si il lui remet la main dessus avant l'Ira et au regard des moyens considérables dont il dispose, ce n'est pas une hypothèse sans fondement, ce sera un pandémonium de toute première catégorie entre eux. Elle n'est pas totalement persuadée de vouloir y faire face aussi vite. Siobhan sait parfaitement que dans l'état d'esprit dans lequel il se trouve -Elle hait cette facilité de le comprendre encore aussi aisément- il n'écoutera strictement rien de ce qu'elle pourra lui dire. Il se contentera de la ramener et de la boucler chez lui sans qu'elle n'ait son mot à dire. Dans le meilleur des cas. Et.. Il lui faut admettre que même blessé, il est probablement le seul à avoir une idée réelle, concrète de la menace qui pèsent sur eux. Cela fait des années qu'il vit avec. Devoir lui faire à nouveau confiance est une coulée d'acide. La frustration d'avoir les mains liées éclabousse les prunelles de Siobhan. Si elle n'avait pas si mal partout, elle aurait probablement donné un coup de poing dans le mur. Juste pour relâcher un minima les tensions qui bouillonnent. Elle se contente de reposer bien gentiment tout à sa place. Et d'attendre dans un calme relatif qu'il se décide à émerger.

C e qu'il finit par faire, quelques heures plus tard. Elle a opté pour s'installer dans un fauteuil, piochant au hasard un roman dans sa bibliothèque, sans parvenir à se fixer sur les mots. Et ils évitent soigneusement, l'un comme l'autre d'échanger la moindre parole. La plus infime banalité serait de trop. Son paquet a été délesté de plusieurs cigarettes, il pouvait s'en douter. Siobhan veux retrouver les siennes! Elle hausse un sourcil quand elle le voit avaler du whisky en meme temps que la morphine, mais même cela, elle n'a pas envie d'en débattre. Il sait très ce qu'il en est! La jeune femme se raidit lorsqu'il tend la main pour effleurer sa joue tuméfiée, pour examiner son poignet. Qu'il continue à jouer la considération, qu'il ait remis le masque de l'homme concerné par son ancienne compagne l'ulcère. Ils sont bien au delà de ce genre de comédie et elle n'a vraiment plus envie de partager ce genre de repertoire. L'oeillade qu'elle lui décoche est sans appel. Pas un mot. Sur rien. Sauf... l'essentiel. En quelques phrases succinctes, elle lui rapporte les propos échangés avec Charis, sans omettre les détails. Abus d'alcool compris. Il le prend comme il le veux, ce n'est pas son problème. Elle n'a même pas envie de faire de remarque sur les vêtements. Le plus handicapant restant les chaussures trop grandes.

-Ca ira très bien. -Non. Ca ira pas. Mais elle fera avec. - Quand à rester ici, on en discutera après l’hôpital.

Ca ne sert à rien d'argumenter maintenant. Le plus urgent étant d'aller à l’hôpital, pour l'un comme pour l'autre. Et quand il est buté sur ces positions, il est bien plus intelligent d'attendre le moment propice pour marquer son opposition. Ce n'est pas encore maintenant. Il a l'air super désolé, tiens. Plus désolé que ca et il mérite un oscar pour sa performance. Son poignet recommence à pulser jusque dans le coude, les deux douches n'ayant pas été tendres pour la bande sommaire posée par Charis. Elle attend qu'il tourne les talons pour enfiler rapidement les habits qu'il lui a tendu. L'absence de sous vêtement lui passe au dessus de la tête, c'est pour le moment le dernier de ses soucis. Siobhan est rarement aussi peu loquace, mais elle est lasse d'avance de la moindre explication. En ce qui la concerne sa plaque et son frère en prison parlent d'eux meme. Tout le reste était un joli mirage qu'il a mis en place pour atteindre ses objectifs. Sa faute si elle a été assez crédule pour ne rien voir venir. Elle n'a pas l'intention de lui donner la moindre ouverture. Quand il estime que ses préparatif le satisfont, il vient la chercher, non sans enfoncer une casquette sur son crane. L'Irlandaise ne retient pas une grimace.

-Franchement, je préfère encore tout couper et teindre ce qui reste en brun plutôt que de mettre ca.

Elle ne sait pas depuis combien de temps elle n'a pas réellement coupé ses cheveux. Les teindre? Facile. Jamais. Néanmoins, il faudra probablement en passer par là. Ca repoussera. Pour l'heure, elle accepte la nécessité de dissimuler la rousseur de sa tignasse. Il a recouvert d'une couverture le sang qui macule les sièges, probablement de manière irrécupérable. Elle tourne la tête vers la fenêtre passager, observant distraitement le paysage qui défile, presque bercée par le ronronnement du moteur. Visiblement ce n'est pas la première fois qu'il se présente de cette manière. Il y a presque une routine dans l'argent qui change de main. Qu'est ce que tu as fait depuis cinq ans. Depuis quand es tu à La? L'arrivée de Charis coupe net ses questionnements et elle en est heureuse. Elle lui adresse un sourire un peu vacillant, sincèrement reconnaissante à la médecin d'avoir aidé Neil et soulagé son poignet. Chou, encore? A nouveau, une pointe de curiosité sur les rapports qu'ils entretiennent. Plutot se couper la langue que de poser la moindre question à ce sujet. L'homme à qui elle s'adresse s'avance déjà, stoppé net devant la méfiance instinctive de son compagnon.

-Je ne vais pas m'envoler en dix minutes. -
Si il se montre aussi étouffant dès qu'ils sont dehors, elle va vite ne pas le supporter et sa volonté de garder un terrain neutre entre eux risque d'en souffrir sérieusement. La jolie donzelle temporise et finit par lui faire entendre un brin de raison. Siobhan suit l'infirmier. Le laissant commencer par la radio des côtes plutôt que par le poignet. Il l'aidera sans un mot à retirer le pull quand il verra sa difficulté à mouvoir son articulation. Il effectue les deux radios dans la foulée. Après un long regard, il finit par s' avancer. Il a eu du mal à détourner ses yeux de toutes les contusions qui la strient.

-Vous savez... Vous pouvez porter plainte. -Un instant l'incompréhension plane dans son regard. Son absence de réponse l'encourage à continuer sur cette voie là. - Je peux prendre des photos si vous le souhaitez, pour documenter à quel point vous nécessitiez des soins. Vous ne devez pas avoir peur, mademoiselle. Même si vous l'aimez, même si vous lui trouvez des excuses, il va recommencer. Vous pouvez être protégé.
Siobhan, pour la première fois depuis longtemps, a envie de rire. Devant cette solicitude tellement inattendue. Devant la sincérité avec laquelle il s'exprime et lui propose son aide. Un instant, elle a envie de lui répondre que celui qui l'accompagne est dans la police. Juste pour voir son regard se décomposer. Mais elle n'a pas envie d'une part de le mettre mal à l'aise et de l'autre qu'il puisse se diffuser qu'un flic accompagné d'une rousse se sont fait soignés discrètement.
-Je vous remercie. Ne vous inquiétez pas pour moi, il n'est pas responsable de ce qui m'est arrivée.

Durant ce bref échange, les radios sont apparues sont l'écran, confirmant que sa cage thoracique n'avait pas subit de dommages réels, sinon des contusions. Il lui conseille d'éviter de nouveaux chocs qui pourraient les fragiliser d'avantage. La fracture du poignet est franche. C'est sans doute ce qui se produit quand on reçoit un coup de barre de fer parfaitement appliqué. Au moins, ils savaient à la perfection ce qu'ils faisaient! Vive les professionnels. Il ne pourra pas comprendre l'ironie amère qui se lit quelques secondes sur son visage. Will a l'impression d'avoir suffisamment gaffé avec elle et se contente de plâtrer efficacement son poignet une fois qu'elle a renfilé l'informe sweat. Il applique la couche séchante quand Neil revient les voir. Un haussement d'épaule. Ce n'est pas elle qui décide.

Néanmoins, elle ne tarde pas à le rejoindre. Ensemble, ils repartent vers la voiture et il est évident qu'il est de plus en plus sur les nerfs. Ce qui ne va pas arranger ce qu'elle a l'intention de lui dire. Sauf que Siobhan n'est pas une enfant qu'il peut trimbaler à sa convenance. Au moment où il déverrouille le véhicule, la jeune femme s'adosse à la portière conducteur. Si il veux vraiment qu'il reparte, soit il emploie la force, soit il l'écoute. Elle prend le temps d'allumer une des cigarettes de Neil et le laisse venir pleinement à sa hauteur.

-Il va se passer deux choses. Deux choses que tu va détester mais que tu va me laisser faire. Parce que là, je ne te laisse pas le choix. Je ne suis pas sous ta tutelle, pas d'avantage sous ta responsabilité. J'étais à deux doigts de quitter ton appart ce matin pendant que tu étais inconscient. Ne crois pas une seconde que je ne le ferais pas à une autre occasion. Soit tu me dis oui tout de suite, et ca nous évite de nous prendre la tête, et même que je me rangerais à tes autres décisions concernant notre sécurité sans discuter. Soit on se prend la tête. Et de toute manière, tu finira par céder, parce que tu sais combien je peux être insupportable quand je m'y met. Et si tu es VRAIMENT décider à être borné, que tu refuses d'écouter quoique ce soit, je te plante là.

Le ton avec lequel Siobhan s'adresse à lui est aussi dur que le regard qu'elle a harponné dans ses prunelles. Elle a posé une jambe sur sa roue, le reste de son corps contre le véhicule. La position pourrait paraître alanguie, il n'en est rien. Bien. Avec cette entrée en matière, il devrait l'écouter. Ou alors elle vient de le mettre en rogne. Mais si il fait l'erreur de la forcer à entrer dans l'habitacle, elle le plante là et se débrouillera par elle même. L'irlandaise n'a pas l'intention de lui permettre de croire qu'il peut la forcer à agir d'une manière allant à l'encontre de sa volonté. Il peut la menacer, certes, mais si il tente de les mettre à exécution, ils entrent en guerre ouverte l'un envers l'autre. Ce qui, avec la menace d'O'Maley est la chose la plus stupide à faire. Sauf qu'elle ne reculera pas.

-Premièrement, on passe à Venice, dans mon appartement. Vingt minutes, trente minutes, pas plus. Je récupère quelques affaires, deux trois autres indispensables et ensuite on rentre chez toi. C'est bien plus intelligent de faire comme ca que d'aller perdre plus de temps en courses. Oui. C'est peut être surveillé. Oui, c'est un risque. Mais je compte sur le fait qu'O'Maley , d'une part n'est peut être pas revenu et de l'autre, si il est revenu, il se retrouve avec une baraque pleine de cadavre qu'il va devoir faire disparaître. On a une très faible fenêtre d'action et j'entend bien en profiter.

Il va l'interrompre. Elle le sait. C'est toute son attitude qui est devenue celle d'un fauve sur le point de bondir. Siobhan sait qu'elle doit le convaincre avant qu'il ne cesse de réfléchir pour agir. Sa cigarette tremble presque imperceptiblement alors qu'elle prend une longue bouffée. Il est possible qu'elle ne soit pas tout aussi assuré qu'elle ne le laisse voir. Mais il la connait assez pour savoir qu'ils sont dans une impasse.

-Je n'ai pas finit. La seconde chose, tout aussi non négociable que notre passage à l'appartement. Tu sais où il est, de toute manière, non? Je vais appeler Baile O'Donaigh. Soit tu sera à mes cotés, soit non. Mais quelque soit ton avis, cela aura lieu. A toi de voir dans quelle mesure tu veux pouvoir cadrer cette conversation. Et avant de me traiter de conne, réfléchis Neil. REFLECHIS! Pour le moment, ni O'Maley ni Baile n'ont la preuve formelle que c'est toi qui m'a sorti de leur souricière. Plus on les laisse dans le noir, plus ils vont s'en persuader. Avec justesse. Mais si j’appelle Baile, si je contrôle le narratif, si je leur donne une autre piste, une autre explications, quelque chose d'assez crédible, tu restes sous le radar. Ils n'auront aucune preuves que tu es dans le tableau ou que tu as la moindre responsabilité dans leur débâcle. Tu comprends l’intérêt à ca, ou il faut que je te l'épelles avec un dessin en prime?


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JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant
Le soulagement de sortir de l’Hôpital pouvait se lire sur le visage de l'Irlandais. Trop de choses, beaucoup trop de choses auraient pu foirer pendant cette petite heure et même si sa confiance en Charisma était totale, le reste était obscur et dangereux. On pouvait les reconnaître, O'Maley aurait pu faire surveiller les hôpitaux de la ville, ne pas savoir où se trouvait exactement le tueur de l'IRA rendait la situation encore plus instable. Neil alluma une cigarette à peine la porte franchie, espérant retrouver un peu de calme , il en avait besoin pour réfléchir, et savoir quoi faire pour sauver la rousse de ce marasme dans lequel elle s’était fourrée en beauté. Rousse qui d'ailleurs ne lui soufflait pas un mot. Muette comme une tombe, froide comme un glacier, soit elle se rendait compte par quoi elle était passée, soit c’était sa présence qui la rebutait de façon nette, soit .. les deux. La troisième option sauta en évidence quand elle s'adossa à sa portière et commença à débiter ses inepties toutes plus idiotes les unes que les autres. Le choc à la tete avait du être plus grand qu'il ne l'avait cru .

Elle parlait acerbe, violente, se donnant un style qui n’était pas le sien, assurée de ce qu'elle faisait tout en tremblant, et pour son malheur ne regardant pas plus loin que le bout de son nez. Et plus elle lui parlait, plus elle vomissait sa bile et des ordres, plus il en venait à haïr cette femme qu'il avait tant aimé. La facilité à haïr se lisait en lui , chaque mot prononcé rendait son regard plus dur,  raidissant son corps meurtri qui avait pu trouver un moment "morphinement" cotonneux oublié à présent. Non là c'était une boule de nerf qui le maintenait droit devant elle sans dire un mot, laissant sa cigarette se consumer entre ses lèvres. C'était tellement plus facile que d'avoir d'autres sentiments doux. Et elle continue. Encore plus folle qu'auparavant, encore plus incongrue dans ses pensées. Appeler Baile ? Mais oui idée numéro une pour se faire buter et elle lui dit A LUI de réfléchir ? Les conditions étaient imposées. Et quoi? Elle s'imaginait quoi? Qu'il allait obéir, petit toutou à sa maîtresse? Elle le connaissait donc si mal que ça ? Elle l'avait pourtant vu à l'oeuvre en Irlande et ici avec ces hommes. Le pensait-elle si faible face aux mots crachés? Il reprit sa cigarette après avoir tiré dessus, écrasant le mégot entre ses doigts laissant les restes tomber au sol.


- Ca y est ? tu as finis de débiter tes conneries ? Tu vas m’écouter O'Sullivan
. Pas Sio, Pas Siobhan, pas Rouquine. Non juste son nom de famille, preuve en était qu'il était prêt à craquer, que vraiment elle l'avait foutu en rogne et ne plus savoir contenir sa colère sombre qui l'envahissait à nouveau. Il avait été agressif comme cela une seule fois contre elle, cela avait failli leur coûter leur relation quelques jours avant qu'il ne la demande en mariage. Elle avait agit sans réfléchir et avait failli se faire tuer. Encore une fois elle recommençait. Elle n'apprenait jamais fonçant dans les pièges grossiers qu'on lui posait. - Tu crois ...Il passa un doigt nerveux sur son sourcil. se contenir, ne pas exploser,...que j'ai fais tout ça pour que tu ailles chez toi récupérer un soutif, une culotte et un jean tu te fous de ma gueule ? Tu veux VRAIMENT  te faire buter ? Ou peut-etre que te faire violer c'est ton trip ? Non j'y suis, une petite torture de temps en temps ca fait du bien. Tu veux me planter là? mais vas y dégages ! va te faire buter par tes potes !  PUTAIN TU PENSES A QUOI ??!! est-ce qu'il t'arrive de réfléchir au moins ?

La voix de Neil oscillait entre cris et phrase sifflées froidement dans la plus pure tradition entre eux quand ca s'engueulait. Il ne savait pas se controler, il ne le savait plus, il était épuisé, apeuré aussi pour elle, et tout ce qu'elle voulait c'etait se jeter dans la gueule du loup.


- Ah oui tonton Baile, j'avais oublié ta petite famille de bâtard de l'IRA.  T'es toujours leur petit caniche ou vue ta verve, tu tentes de passer doberman ?


Il l'avait cherchait et l'avait trouvé. Siobhan le cogna avec un peu moins de force que son bras droit dont il avait fait connaissance quelques jours plus tot, mais sa gauche n'etait pas mal , faites pour blesser physiquement , pas ce genre de giflette que donnent certaines femmes outrées. Il n'avait pas eut le temps de réagir mais l'après coup, il attrapa son bras la retournant contre la voiture, son poignet plâtré subit le même sort se retrouvant en arrière et .. menotté. Oui il avait osé. Se plaquant de tout son poids contre elle pour l’empêcher de bouger comme il le ferait d'un vulgaire criminel qu'il arrêterait, et non par plaisir de retrouver son corps allié au sien, sa main venant saisir sa gorge ramenant sa tete en arrière, parlant au creux de son oreille avec un manque de sensibilité et de considération flagrante envers ses idées et surtout avec beaucoup de fureur envers elle. Le courroux irlandais était sans appel.

- C'est la dernière fois que tu me cognes O'Sullivan, si tu tentes encore une fois, je te la rends sans hésiter, et si tu doutes que je le fasses en souvenirs du bon vieux temps, n'oublies pas qui j'ai été pour l'IRA et n'oublies pas que tu m'as planté il y a 5 ans. Alors maintenant tu m’écoutes.  Tu crois que Baile ne va pas se douter de quelque chose si tu l'appelles pour dire "tonton ce n'est pas Neil qui m'a sorti de là". Tu les prends vraiment pour des billes ?  Ça fait des années qu'ils me traquent, qu'ils te traquent, ils nous connaissent ! Ils vont reconnaître mon style , ils vont comprendre que tu me protèges ! Tu crois Qu'ils vont te laisser en vie parce que ce type t'a fait sauter sur ses genoux ? Tu crois qu'ils s'arretent à ce genre de considération? J'ai participé à leurs interrogatoires, je sais de quoi ils sont capables, il ne le feront pas par plaisir , pas pour toi au moins, mais tout simplement que ca doit etre fait, toi et Catham vous allez mourir avant la fin de ce mois si tu agis de cette manière. Et je ne veux pas votre mort, je ferais tout pour vous protéger, même de vous meme . Détestes moi tant que tu veux, craches moi dessus, insultes moi, vas y fait toi plaisir, mais quoique tu fasses on agira à MON idée. Alors on va passer chez toi, si je vois un seul regard suspect on se casse directement. Mais appeler Baile, tu oublies. Je ne me répéterais pas Siobhan. Si je t'ai donné à penser que tu avais le choix,c'est que tu m'as mal compris .  

Arrêtant de faire pression sur elle, il la dégage sans ménagement du coté conducteur, la tirant par les menottes vers celle du passager et ouvrit la portière .

- Montes dans cette putain de voiture tout de suite. Clair, froid et net. Si elle tentait un geste autre, il était certain qu'elle, comme lui, passerait un mauvais moment. La voiture démarre, il ne parle pas, mais ses mains sont contractées sur le volant, tellement qu'il pourrait le déboîter si'l n'avait pas si mal . Il fixe la route insultant dans un silence de mort cette femme à ses cotés. Elle était la seule à pouvoir le mettre dans une telle colère qui ne pouvait qu’éclater un jour ou l'autre, elle savait sur quel point précis appuyer, comment le blesser pire qu'une arme, elle avait toujours eu ce pouvoir. Il n'avait pas l'intention de partir chez elle et si elle gueulait, tant pis pour elle. Pourtant peu à peu, la route qui défilait n'amenait pas à Downtown, mais bel et bien à Venice et ce quartier mal famé dans lequel elle vivait.  Il passa une fois devant l'immeuble, fit demi tour une centaine de mètres plus loin et repassa encore, puis se gara à une vingtaine de metres de son immeuble sur le trottoir d'en face,. Il n'aimait pas ca . Vraiment pas, stupide irlandais qui te laisse mener par le bout du nez, mais si il n'y avait personne peut-etre que la fuite de Sio n'atait pas encore connue c'etait pour cette raison unique qu'il était venu ici et non pour lui trouver des vêtements. Posant la main sur son épaule, il la retourne retirant les menottes,  lui fourre un jeu de clés dans les mains retenant son bras pour qu'elle écoute bien ce qu'il lui disait, regard de défis plongés l'un dans l'autre. Oublié la douceur de son reveil.

- Ce sont les clés de la voiture et de chez moi. Je rentre chez toi, si je ne suis pas ressorti dans 5 minutes, je dis bien cinq minutes, pas six, cinq, tu te casses, tu vas chez moi et tu appelles le numéro qui est noté en noir sur le frigo. Loin de se souvenir de ce qu'il avait dit avant de tomber dans l’inconscient la veille, il radotait. Mais c’était pour lui le plus important.- Si quelqu'un s'amène , tu .. Se penchant un peu il tira de la boite à gant un petit flingue à barillet - Tu vises, tu tires. Et si tu te fais buter, tu ne pourras t'en prendre qu'a toi meme.

Sans autre mot ou un autre égard pour elle, il sortit du véhicule, vissant le silencieux à son flingue qu'il cacha sous une veste qui était dans le vehicule depuis certainement le debut de sa location, contournant la voiture pour rester sur le meme trottoir et s'avança un peu gardant le regard sur l'entrée de l'immeuble. C'était agité, brouillon, beaucoup de monde, beaucoup de voitures. Il ne bougeait pas, fixé comme un prédateur sur sa proie. De l'autre coté de la rue, un autre dans une vieille Cadillac, il semblait attendre depuis un moment à la vue des mégots sur la route jetés avec négligences , jusqu'a l'arrivée d'une pute qui avait du le faire attendre. Les épaules de Neil se relâchaient. Un peu plus loin, sur le même trottoir un "couple" se disputaient, l'homme prenant à partie une autre pute du coin.


- Pourquoi tu mates ce type, quoi? tu veux te le faire ? ou tu te l'ai fais je vais le buter ce connard, HEY toi la bas, OH .. réponds ! S’avançant vers Neil pret à casser du mec pour se faire respecter de sa donzelle il arma son poing pour s'abattre vers celui qui ne lui offrait meme une œillade toujours fixé sur l'immeuble.. Levant simplement son arme qui se découvrait vers lui, arme qui  arriva pile au milieu du front du vindicatif mac . Sans un mot de Neil, juste deux hommes l'un armé, l'autre pas .- Ok mec c'est cool.   Sans attendre son reste, le type repartit vers la nana qu'il embarque dans sa caisse et partit sur les chapeaux de roues.

Tout autre mouvement semblait .. relativement calme, pas de types genre rabatteurs, personne dans le hall qui lisait un journal, on voyait d'ici le "gardien" qui regardait la rediff du dernière match des lakers. Neil se mit enfin en marche, traversant la rue dans un calme relatif, tout comme dans le hall sans qu'un oeil ne soit posé sur lui. Enfin le second étage,  et l'appartement de Sio. Il tira de sa poche un petit étui avec quelques pointes en fer. En une journée à Los Angeles il avait apprit à forcer ces serrures à la sécurité minimale. La porte fut ouverte en silence il se glissa dans l'appartement Bordélique comme il s'y attendait, mais rien ne semblait vraiment .. dérangé ou abîmé Pointant son arme  dans diverses directions pour couvrir tous les angles d'ou on pourrait l'attaquer, il avançait, pas à pas, L'appartement était assez petit , facilitant le tour et la sécurité à peu près retrouvée, meme si ce lieu ne ressemblait pas à Siobhan, non par le fait d'etre petit, mais il était tellement impersonnel, loin d'elle, de ses gouts, c'etait .. frappant. Il revient vers la fenetre et s'y pencha sifflant après elle. Qu'elle se démerde pour monter. Néanmoins, et malgré ses mots,  il ne la quitta pas des yeux avant qu'elle ne soit dans l'immeuble. Quand elle fut là, il souffla en même temps qu'un volute de fumée

- Tu as dix minutes. Non négociable. Se plaçant contre le mur près de la porte d'entrée il aurait de là une vue sur le premier qui tenterait de rentrer sans y etre invité, gardant par la meme occasion un oeil sur Siobhan



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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Informations supplémentaires ici.

Vika Kerekes NOM CRÉATEUR


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Les traits de Siobhan sont tirés et de grands cernes lui mangent les yeux, qui ont un éclat presque maladif dans la lumière trop brutale du soleil californien. Pourquoi chercher aussi séchement la confrontation? Ce serait si simple de retourner à Downtonw avec lui. De passer quelques jours avec lui, sans faire de vagues, en le laissant avancer ses pions et défuser la situation. Rester passive est au dessus de ses forces. Elle prend les devants. Avec la certitude aigue qu'elle escalade les non dit entre eux jusqu'au point de non retour. Mais sa familiarité... Sa posture. Les lignes de son corps. La furie de ses yeux absinthe, la contraction de sa main droite. Sa manière de fumer. Ou plutôt de ne plus fumer. C'est gravé en elle. Après avoir passé près de cinq ans à tout tenter pour l'effacer de sa mémoire, pour rayer les souvenirs sensoriels qui la rattache à lui, pour annihiler son visage de ses reves et cauchemars, l'échec est total. Complet. Non seulement il est demeuré Vivant en elle, mais le retrouver? Si il a gagné quelques rides et quelques cheveux gris, cela ne fait que renforcer la volonté et la determination qui l'ont toujours caractérisés. Ces années d'absence n'ont en rien modifié l'attirance physique qu'elle éprouvait pour lui. Il n'a rien perdu ni de son charme ni de son magnétisme. En ayant une connaissance si lacérante de son absence de scrupules, de conscience, de sentiments réels, comment peut elle être encore chavirée par ce masque? Elle se vomit de ces faiblesse. S'écoeure elle même. Il n'y aura pas de seconde fois. Ses mots, son attitude, son ton, tout va trop loin. Et c'est un soulagement de voir enfin la façade mascarade qui se fissure. De saisir si aisément la haine qui étincelle en lui. Enfin. Enfin il rompt avec sa couverture des années passées. C'est un réconfort aussi cruel que salvateur que de le contraindre à cesser ces mensonges. Est ce qu'il va gentiment se plier à ses arguments? Aucune chance. Jamais de la vie. Mais il finit par dire exactement ce qu'elle attendait. Son nom cingle avec bien plus de sincérité que son prénom murmuré au creux de son oreille.

Une seule fois. Une seule fois il a été dans cet état, avec elle. O'donaigh l'avait envoyé sur une mission annexe à Manchester pendant quelques jours, laissant Catham aux soins de Kennan. L'antagonisme était tel entre son frère et le fils de ce dernier que Siobhan, sans consulter Neil ni demander son avis à son ainé, avait choisit de l'accompagner pour une vente d'arme avec un trafiquant d'importance mineure. Sauf que l'homme était aussi paranoïaque que chatouilleux de la gachette. Lorsque les furies sous- jacentes entre Catham et Kennan ont implosées, Donovan n'a pas réfléchi plus longuement. Songeant simplement que l'Ira voulait mettre la main sur son fond de commerce. La cible la plus proche était Siobhan, la première balle la percutant et traversant de part en part son épaule droite. Il n'aura pas eu le temps de penser à une seconde avant de se faire descendre conjointement par les deux Soldats. L'appel de Catham a Neil pour lui apprendre la blessure de Siobhan était à ranger dans la catégorie Épique Apocalyptique. Avec le recul, l'irlandaise a supposé que le revendeur devait être un de ses indics ou une balance du genre et qu'elle avait du foutre en l'air une partie silencieuse de ses fonctions officielles.

Elle ne peut retenir un sourire d'une ironie à découper au couteau. Il ne retient strictement rien et articule des horreurs innomable, il ne les pense, elle le sait. Il essaye juste de frapper là ou c est sensible. Il explose toutes limites. Il a perdu tout controle sur son tempérament volatile. Parfait. Siobhan n'a rien à foutre de ses vêtements, quand bien meme elle déteste ce qu'elle porte, elle n'est pas superficielle à ce point. Cependant, elle n'a absolument aucun désir de l'éclairer quand à ses motivations réelles. Cela ne le regarde pas. Il n'aura aucune explications ou justifications sincères de ses motivations. Elle finit par lâcher, pas franchement froidement- La raison pour laquelle tu t'es dit que de te prendre une balle étant bandant, je m'en fous. Je t'ai rien demandé il me semble!

Il peut voir dans la manière dont ses hanches pivotent déjà, dont son pied retrouve le sol, dans le mouvement amorcé de son corps qu'il vient de prononcer les seuls mots qu'elle voulait entendre. Elle le prend au sens littéral et s'est déjà éloignée de lui mentalement, prête à lui tourner le dos et le laisser seul sur le parking. L'Irlandaise préfère de loin gérer les conséquences de ces dernières journées seule. Et... Sans elle, il peut disparaître avec une facilité indéniable. Hell. Il lui suffirait d'un coup de fil en Angleterre pour informer ses anciens CO qu'O'Maley est possiblement sur ses traces pour qu'il soit escamoté dans un autre coin de la planète. Si ils restent ensemble, ils concentrent le danger. Il se tempère si peu qu'il finit par appuyer pile où ca fait un peu trop mal. Son corps achève son mouvement de pivot. Sauf qu'au lieu de mettre de la distance entre eux, le mouvement de son bassin la ramène vers lui. Et sa main gauche le cueille furieusement à l'arcade sourcilière. Là encore, elle frappe. Elle cogne vraiment. Siobhan ne cherche absolument pas à retenir sa force ou à atténuer le coup, bien au contraire. Elle veux uniquement lui faire mal. Juste.. .mal. Il ne saura pas à quel point elle a retenu son poing au dernier moment, le déviant pour éviter son flanc blessé. Elle n'est pas encore tombée aussi bas. Pas encore. La jeune femme ne peut retenir un cri quand il agrippe au vol son poignet gauche et la plaque sèchement contre la carrosserie, rattrapant dans un même mouvement sa main droite pour les bloquer dans son dos. Il ajoute le poids de son corps contre elle, l'immobilisant totalement. Le malaise est immédiat. D'une intensité dévastatrice. Elle n'a que le temps de prononcer quelques mots avant de s'enfoncer dans l'abysse.

-Neil. Lache moi
-Le timbre de sa voix est terriblement altéré.

Il ne l'a probablement pas entendu. Quand il impose à sa nuque une torsion en arrière, elle perd tout repère. Il lui est impossible de se mouvoir. Sous ses doigts le pouls de Siobhan s'emballe et perd tout rythme. Sa vision se brouille et sa respiration en est presque impossible. Elle lutte pour chaque inspiration d’oxygène. Ce n'est pas l'insupportable irlandais qui pèse sur elle, c'est le corps de Duncan sur le sien, juste avant qu'il ne la morde. Elle se met à trembler, de manière presque convulsive, incontrôlable. Ce n'est pas la voix de Neil à son oreille, c'est le ton du brun qui lui promet de longues heures d'amusements. Elle perd complètement tout rapport à la réalité, se retrouvant à nouveau enfermée dans cette pièce aveugle, en attente de nouveaux coups, de nouveaux tourments. Ses jambes se dérobent sous elle et la rousse se serait effondrée au sol si il ne la maintenait pas si parfaitement. Elle n'entend rien. Presque rien. C'est la cadence de sa voix qui perce l'obscurité. Même dans la rage qui l'anime, son phrasé reste le même. Unique à Neil. C'est son odeur, qui n'a rien de commun avec ceux des autres qui traverse les murs de son esprit. Ses tremblements finissent par se tarir. Lentement. Bien trop lentement. Elle sait qu'elle n'a pas changé d'avis en ce qui concerne O'Donaigh, mais resister à la volonté impérieuse de son ex fiancé lui est tout simplement impossible. Elle est épuisée. Absolument épuisée. Un faible mouvement de sa part vient placer sa joue contre la sienne, tant ils sont proches. Pour la première fois, elle s'exprime avec un calme mortel. Sa colère, sa rage, sa peine ont été effacés de son ton. Il n'y a plus ni ironie ni violence. Ni moquerie ni confrontation dans ce qu'elle lui assène. Mais une certitude absolue- Si j'avais su, il y a sept ans à Belfast, ne serait ce qu'une parcelle de ce que tu allais nous faire subir, je t'aurais mis une balle en pleine tête dès ton arrivée au mariage. Pas Catham, pas un autre. Moi.

Il s'écarte d'elle. Bien trop tard. Beaucoup trop tard. En l'espace de dix minutes, ils ont salement ruinés par mal de possibilités d'une cohésion indispensable à leur survie. Il ne lui retire pas les menottes et elle ne lui demande pas. Siobhan ne le regarde pas quand il continue de lui donner des ordres. Sa crise de panique aura au moins eu l'avantage, pour lui, de casser toute envie de se battre de sa part. Elle veux juste se rouler en boule quelque part. Loin de son regard de preference. - Tu peux me lacher, Neil, ou quelque soit ton putain de vrai nom. Je te suis.

Elle joint le geste à la parole et se rassoit sur le siège passager, lui laissant de facto la fermeture de la portière. Ses bras attachés dans le dos interdisent toutes positions confortables. Elle retire des pieds des chaussures trop grandes et pose ses talons sur le devant du siège. Sa joue vient s'adoucir contre ses genoux, la tête résolument tournée vers l'extérieur de l'habitacle, refusant de le regarder. Ils sont allés trop loins, l'un comme l'autre. Siobhan a fermé les yeux, elle ne dort pas, non. Elle refuse le monde extérieur. Bien que son paysage intérieur ne soit pas des plus agréables non plus. Quand elle rouvre les yeux, son quartier est immédiatement reconnaissable. Evidemment. Evidemment, bordel, qu'il savait parfaitement où elle habite. Depuis quand. Depuis quand il garde un oeil sur elle? A quel point il n'a cessé de se renseigner sur elle? Ces questions devront être posées. Pas maintenant. La jeune femme se raidit quand il la manipule pour retirer les bracelets d'acier. Elle s'interdit de se frotter les poignets, il n'a pas cherché à la blesser de cette manière. Ses doigts se referment sur le trousseau de clef qu'il lui donne.

-J'ai besoin que tu arrêtes de me toucher. Vraiment. Au moins pour quelques heures. Tu peux faire cela pour moi, s'il te plait? -Oui. Elle a réussit à s'exprimer sur un ton civilisé et avec formule de politesse. Rien que ca devrait lui prouver à quel point elle est écorchée vive. Un vague hochement de tête - Comme tu voudra. -Ce qui veux dire exactement : je ferai comme je le sens, mais je n'ai pas envie de repartir dans un autre argument avec toi. Elle ne lui dira pas qu'ils ont déjà évoqué la question de ce numéro. Il n'est pas encore temps. Pas tout à fait. Siobhan s'y résoudra en dernier recours. Il n’empêche qu'elle récupère l'arme. Et sans se faire prier. Son premier instinct est de lui emboîter le pas. Si elle suit son impulsion, jamais il ne lui permettra de poser un pied chez elle. Gosh, elle va vite saturer de devoir obéir exactement à ses instructions. Qu'il pense sincèrement qu'elle a abandonné son idée de joindre Baile l'étonnerait profondément. Il la connait mieux que ca. Il était devenu totalement inutile de poursuivre dans cette voie là. Pour l'instant.

La scène entre le micheton et Neil ne lui tire pas un sourire. Pourtant, la manière dont il agit, dont il se meut, le moindre de ses gestes et de ses attitudes... Fait chier. Bordel fait chier. Elle en a été la témoin des centaines de fois. Félin en jungle urbaine. Il disparait de sa vue. Sans doute pour vérifier l'état de son appart' et la présence éventuelle de stalkers. Un sifflement aiguë qui perce le silence de la rue après la manière dont l'Irlandais l'a efficacement vidé. La sirène rousse ne se fait pas prier deux fois. Elle pénètre dans le hall de l'immeuble et force sans remord la porte de sa boite au lettre. De toute manière, elle n'a plus ses clefs, le double est à l'intérieur. Au milieu des prospectus, des lettres de rappels, des factures et autre en tout genre, une enveloppe dont le vélin est d'une qualité bien supérieure au reste. Le sceau de cire est inutile pour l'identifier, elle sait immédiatement qui est l'expéditeur. Siobhan ferme les yeux. Malade de son absence. Lasse à en crever. L'envie de la décacheter, de la lire sur le champ est si puissante qu'elle en ressent le gout sur la langue. Non. Ce n'est pas le moment. Il lui faudra quelques trente secondes de plus pour rejoindre la porte principale. Crochetée. Sans blague. Est ce que c'est la première fois qu'il fait ca? dix minutes.

-Largement suffisant.

Il y a si peu de chose qui lui sont réellement essentielles. Elle n'a pas de racines véritables à Los Angeles, ils ne sont que trop peu à l'ancrer véritablement et son amarre principale est rompue. Quand elle rentre dans l'appartement, Siobhan évite de le frôler en passant. Première chose qu'elle attrape au vol, c'est l'un de ses sacs à main de rechange, le plus grand, sans regarder exactement lequel elle prend. Elle y glisse la lettre non ouverte d'Oliver, les deux autres qu'elle récupère dans sa chambre. Le reste n'a au final, aucune importance. Si. Elle ouvre deux portes de placard et décroche les cadres qui y sont fixées, pour prendre simplement les impressions papiers des portraits de Catham et elle. En principe, elle pourrait les imprimer à nouveau. Mais... mais la perspective de les abandonner derrière elle, de les laisser à la vue de ceux qui viendront, peut être, tout saccager au passage lui est insupportable. Deux autres photos prises avec Cassiopée durant l'une ou l'autre de leurs virées. Quelques bouquins, sa liseuse electronique -Elle doute sérieusement qu'ils fassent un stop à Barnes & Nobles sur le chemin du retour- , ses paquets de cigarette d'avance. Siobhan a assez peu de bijoux et encore moins auxquels elle tient vraiment. Une parure de corail, folie douce du Golden Prince. Collier, bracelet et boucles d'oreille dont elle glisse la boite dans son sac à main.

Dans un duffel bag qu'elle sort de sa penderie, elle enfourne des vêtements, un peu au hasard, pareil pour les chaussures. Fermant à demi la porte de sa chambre, elle prend le temps d' enfiler des sous vêtements, un jean et un tee shirt, chaussettes et basquette, luttant un peu avec son plâtre pour s'habiller. Quelques minutes plus tard, le sac est déposé dans l'entrée. Passage rapide dans la salle de bain pour récupérer un minimum vital, mooncup, gel douche, shampoing, après shampoing compris. Dans le salon, elle se contente de prendre trois telephones jetables avec leur puce, encore dans leur emballage d'origine. Dans la cuisine, il n'y a rien qui l’intéresse. Elle ouvre simplement une de ses bouteilles de whisky entamée, servant deux verres qu'elle laisse sur le comptoir. Ils en ont salement besoin tous les deux. Finalement, ce n'est pas l'alcool qu'elle désire vraiment. Délaissant l'ambre liquide, elle prend quelques secondes de plus. Dans un compartiment discret de la cuisine, elle récupère un sachet de poudre légèrement brune. Si Siobhan déteste l'idée de s'injecter quoique ce soit, sniffer ne lui pose absolument aucun problème. Et avec sa main droite immobilisée, se piquer avec la gauche serait une connerie monstrueuse.

-Il doit me rester 3 minutes.

Ces dernières semaines, c'est la cocaine qui était son choix préféré. Dans un refus total de se poser. De reflechir. De dormir. De s'arrêter. Dans un besoin constant d'activité et de mouvement. Là maintenant tout de suite, c'est exactement l'inverse. Heroine. La jeune femme a une nécessité vitale de cesser de ressentir. Ou du moins de ressentir différemment. Tout la coupe et l'écharpe. Il faut que cela cesse, au moins quelques heures. Voir un bon paquet d'heure, il y a largement plus qu'une dose ou deux sous plastique. En particulier si elle va devoir passer du temps en vase clos avec "Neil". Il faut un tampon, n'importe de quoi. Méticuleusement , Siobhan divise une petite partie de la poudre, avant de l'écraser soigneusement avec le premier pilon improvisé qu'elle trouve. Pour ensuite tracer quatre lignes parfaitement régulières. Les gestes sont trop précis, trop instinctifs pour qu'il s'agisse de la première fois qu'elle les effectue.

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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant
Siobhan et Neil, deux êtres aussi enflammés l'un que l'autre sous le masque de l’indifférence qu'ils ont distillé pendant des années à qui voulait les voir. Aujourd'hui les masques tombent, ils se dévoilent malheureusement en s'oubliant dans les comptes qu'ils règlent sans en avoir l'air. Siobhan dans la violence des mots et des attitudes, lui dans la force brute et le désintérêt. Violence qui ne se voile plus quand chacun veut prendre l'ascendant sur l'autre. La jolie rousse le hait du moins elle semble, L'Irlandais  lui rendant tellement bien qu(il pourrait s'effrayer de cette capacité à passer de retrouvailles tant attendues à cette colère sans maîtrise n'avouant ni à Siobhan, ni à son propre esprit qu'il crève simplement de trouille pour elle. Bien sur il était furieux, mais si on lui demandait là, tout de suite de se sacrifier pour elle, il le ferait sans une once d'hésitation dans le regard. Avant .. dans une autre vie, ils vivaient aussi de cette façon se défiant mutuellement, toujours, mais ils étaient tellement complémentaires que cela compensait leurs caractères enflammés. Cinq années de ressentit , de non-dits , de faits qui n’étaient pas si véridiques ou pas si faux auront eu raison d'eux. Il n'avait pas pu lui dire tout ce qu'il voulait pour eux, qu'il allait tout lacher pour elle, elle n'a pas voulu écouter à son depart de Dublin ce qu'il crevait d'envie de lui dire. Il n'y avait aucun étonnement à les trouver tellement à fleur de peau que pour se soulager ils se blessaient car simplement ils en avaient la capacité malgré tout ce temps, ils se connaissaient trop bien qu'ils le veuillent ou non.

Neil se foutait de ses suppliques, de ses tremblements qu'il ressentait à la pression de son corps, il n'écoutait rien venant d'elle, la trouvant irresponsable dans les actes qu'elle voulait commettre, depuis quand la rousse voulait mourir avec autant de violence? Se rendait-elle compte des conneries sortant de ces lèvres pourtant habituellement preuves de modérations.  N’étais-ce pas elle qui avait toujours eu le dernier mot en le responsabilisant sur ses actes. Les choses changeaient, ca le rendait malade de voir cette femme qu'il avait tant aimé et respectée être un vague fantôme sans consistance, elle n’était plus rien, elle ne ressemblait à rien. La secouer ? elle l’était déjà bien assez. La prendre dans ses bras lui permettant de craquer ? Elle ne le permettrait jamais, surtout pas après ce qu'elle lui débitait en venin hostile. Il vomissait à cette idée, et encore plus à savoir qu'il etait responsable de tout ça. Sans Lui Siobhan se serait trouvé un petit mari irlandais, aurait eu un tas de gamins aussi roux qu'elle, elle n'aurait peut-etre pas été la plus heureuse, mais au moins elle ne serait pas assise dans sa voiture à vouloir crever par procuration de l'IRA.

La route jusqu’à chez elle se fit dans le silence le plus total, elle ne le regardait pas préférant fixer ses yeux sur le paysage de vieux immeubles de Los Angeles qui défilait à vitesse modérée. Lui, contracté sur le volant , mordant l'intérieur de sa joue à sang, putain qu'il avait envie de stopper cette caisse, la sortir de là et la secouer pour la sortir de sa léthargie. Cette femme n'etait pas celle qu'il avait aimé, et meme si il avait bien des fois imaginé la revoir, jamais il n'aurait pu croire que cela se passerait ainsi, et pourtant pourtant mille scénarios avaient tourné dans son esprit imprégné d'elle à chaque seconde. Pour chaque femme qu'il avait pu rencontrer et sauter .. il n'y avait jamais eu Elle, il l'avait tellement cherché dans tous les lits possibles, dans tous les bras possible, qu'il n’appréciait même plus le contact de ces moments charnels, qu'on le touche, qu'on l'embrasse, Elles n’étaient pas Elle.


- Neil ..  c'est mon vrai prénom. Enfin oui et non. Je suis né Liam Mcgivney, mais il est crevé depuis bien longtemps celui là, ca valait mieux il n'aurait jamais pu supporter toutes ces conneries. Neil le peut, alors oui c'est moi que tu le veuilles ou pas.
Un leger souffle amusé la tete secouant comme se rendant compte d'un lointain souvenir. - C'est bizarre, ca faisait un bail que je n'avais pas dis ce prénom.

Une vérité enfin. Une parcelle de sa vie antérieure qu'il distilla comme un calumet de la paix avec elle.  Il avait besoin de lui parler, de lui dire certaines choses et de prouver qu'il n'avait pas menti sur tout, qu'il avait été sincère dans le plus important. Eux. Il n'attendait pas, dans ce véhicule, une réponse quelconque à cet aveu de qui il avait été, il avait juste parlé, peut-etre un peu pour lui meme aussi, il y avait bien longtemps qu'il s'était oublié et perdu dans ce monde. Et lui expliquer cela à elle, cela n'aurait servi à rien, il en eut la confirmation quelques minutes plus tard quand elle lui demanda de ne plus la toucher. C'etait une demande étrange, mais si c'etait ce qu'elle voulait .. L'entrée dans l'appartement et l'arrivée de Siobhan se déroula sans aucun mot , meme si jamais elle ne quittait vraiment son champs de vision, il la connaissait malgré le fait qu'elle agissait de façon aussi peu habituelle. Elle n'avait surement pas abandonné l'idée de contacter son frère ou Baile, et cela il ne le permettrait jamais, surtout pas avec O'Maley à leurs fesses.

Une idée comme un autre naissait pendant qu'elle se changeait, celle de contacter Baile lui meme pour lui proposer un marché. Neil l'avait assez connu pour savoir ce qu'il voulait, la vengeance bien sur, mais retrouver le flic qui avait tout fait sombrer pour lui, ca serait la cerise sur le gateau irlandais. Pret à lui demander le numéro qu'elle avait pour le contacter, il jeta un vague coup d'oeil dans la pièce à peine close, elle était visible par le leger interstice de la porte. Mon dieu que cette femme était belle malgré les bleus et les griffures marquant sa nuit précedente , en cela rien n'avait changé, il la revoyait encore au mariage où ils s'etaient rencontrés, où il avait terriblement cédé à elle, sans espoir de retour. Tout était foutu aujourd'hui, alors, un peu gêné de lui voler cette vue à moitié dévêtue, il baissa le regard avant de le fixer sur la porte qu'il surveillait à nouveau. La gorge sèche et serrée, il lui fallait penser à autre chose, il tentait. Mais qu'est-ce qu'il avait dans sa vie de plus important ? Son fils qu'il avait au téléphone tous les trois mois ? son ex qui allait se remarier ? son travail qui avait ruiné sa vie ? des amis ? des amies ? Non .. rien de tout cela ne pouvait refermer la plaie beante que Siobhan creusait en son coeur. Ses mains se crispèrent sur son arme avant qu'elle ne revienne passant le plus loin possible de lui. Elle versa deux verres d'un ambré, Putain qu'il en avait besoin, vraiment besoin, ce liquide devenu vital pour lui , l'aidant à tenir la distance face à sa vie de merde.  Et meme si la tentation etait intense, il passa son tour, un verre en entraîne toujours un autre, et tant que Siobahn et lui ne seraient pas à l'abri chez lui, il ne se laisserait pas déborder par ses addictions.

Ce n'etait pas le cas pour la rousse qui sorti un sachet de poudre et en préparait 4 lignes telle une experte. Il n'aimait pas cette idée de la voir sniffer, ca en était trop. Il posa son arme sur le plan de travail et s'avança vers elle. Son idée première était de se saisir due la drogue, de tout balancer, de gifler Sio et de la traîner dehors. Mais cela servirait à quoi ? sauf à la faire craquer, car non il ne voyait pas sa rousse comme une junkie, mais ici dans le besoin d'oublier. Les mains de Neil se posèrent sur les siennes formant un dôme leger et protecteur sur celles ci avant qu'il ne se souvienne de ses mots "J'ai besoin que tu arrêtes de me toucher. Vraiment.". De tout ce qu'elle aurait pu lui demander, c'etait sans doute cela le plus difficile, Neil avait toujours été avec elle tactile, il fallait toujours un contact avec elle, leurs peaux qui se frolent, leurs doigts qui s'enlacent, leurs regards qui s'accrochent, toujours, toujours un contact .. Lentement il retira ses mains, les ouvrant vers elle pour se "rendre" à sa décision de n'avoir aucun contact avec lui.

- Excuse moi. Sa voix avait perdu son coté militaro-autoritaire sans qu'il ne s'en rende compte.. J'ai .. ce n'est pas une bonne idée, pas tant que nous ne serons pas à l'abri, j'ai besoin de toi clean pour assurer mes arrières comme j'assure les tiens. Accordes moi cela s'il te plait, le temps de rentrer après tu .. tu pourras faire ce que tu veux je ne t'en empêcherais pas. Vérité ou pas, il l'ignorait à ce moment précis, mais la voir se détruire lui faisait le même effet. Elle méritait tellement plus et mieux. - Tu es prête ? Je te promets Siobhan que tu reviendras rapidement ici, je vais tout faire pour cela. Dans cet endroit qui n'est pas toi, mais que tu dois quitter par ma faute, si je n’étais pas ce flic tu aurais eu droit à tout cela sans peur. Il en était malade, il se haïssait encore plus si cela était possible, il se serait bien flingué si la solution aurait pu etre aussi simple. Un regard circulaire dans la cuisine , il prit un paquet de biscuit posé près du micro onde et l'ouvrit en calant un entre ses lèvres et lui donnant le paquet qu'il venait d'entamer.

- On a pas mangé depuis un moment, le sucre va te faire du bien. On passe à une épicerie et je te fais un truc à manger, marché conclu? Lui laissant quelques instants, il se saisit du sac le plus lourd et le cala à son epaule en grimaçant par le geste ample de l'avoir posé ainsi, son flan lui rappelant qu'il n'etait pas au mieux de sa forme physiquement et si par malheur quelqu'un arrivait, il ne savait pas ce qu'il pourrait faire sauf tirer. - Il faut que l'on parte, maintenant.

Ouvrant la porte en premier, il pointa son arme de chaque coté du couloir, puis fit un pas retrouvant vaguement la concentration qu'il se devait d'avoir, Siobhan sur ses talons , toujours devant elle, toujours protecteur qu'elle le veuille ou pas, ils passèrent par les escaliers de secours, évitant au maximum de se faire remarquer et regagnèrent la voiture. Quelques secondes plus tard, ils étaient partis, s’éloignant de cette source de danger et le tout en un seul morceau au moins physiquement, malgré les bobos de la veille. Le voyage retour serait plus long, faisant faire des tours et des retours au véhicule l'oeil fixé eu rétro s'assurant qu'aucun véhicule ne les suivait, jusqu'a cet arret à une petite épicerie de quartier prenant le strict necessaire pour cuisiner un quelque chose de different de ses plats surgelés qu'il avait en nombre. Et ce fut reparti, direction l'abri où chacun pourrait décompresser des Evénements.


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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Informations supplémentaires ici.


Vika Kerekes  NOM CRÉATEUR


https://www.youtube.com/watch?v=14C7zCaQ_y8



Quand aujourd’hui résonnent les tambours de guerre,
le fracas des corps endeuillés, colère sombre
déchiquette l'harmonie des cœurs de naguère.
abandonnant les sourires sous les décombres.


la mélancolie amère d'un souvenir
n' est qu' une piètre consolation
devant le visage d'un amour à bannir,
la souffrance arrogante en abnégation

Ils devraient se taire. Ils devraient interdire au moindre mot de franchir la barrière de leurs lèvres sous peine d’achever la destruction de ceux qu’ils étaient à l’aube de l’arrestation de Catham. Chaque parole qu’ils adressent l’un à l’autre pulverisent les années solaires et mensongères et facilitent la tache du tueur à leur recherches. Si Neil garde sa vigilance, que ses reflexes et instincts sont aiguisés malgré sa blessure, il permet à son ancienne compagne de le plonger dans une colère bien trop eclatante. Déjà, ils attirent sur eux les regards de ceux qui passent à proximité de la voiture, spectacle bien plus interessant que celui du ballet des ambulances. La vision de cette rousse menotée contre la carlingue n’a rien d’invisible et déruit la discretion dont il faisait preuve.

Ni l’un ni l’autre n’en ont une conscience suffisante, perdant de vue les petits cailloux blancs qu’ils sement et qu’un petit poucet assoifé de leurs sangs retrouvera sans doute trop facilement. La crise d’anxiété de Siobhan lui interdit de reflechir clairement, tout comme son manque de sommeil et le refus de l’état de choc dans lequel elle se trouve depuis que Duncan l’a balancé aux mains du spectre armé. Neil a perdu trop de sang et son temperament inflamable lui hote le calme clinique dont il a fait preuve la nuit précédente. Ce n’est que lorsque ils s’engouffrent à nouveau dans l’habitacle qu’ils se taisent enfin. Bien trop tard. La lassitude de la rousse est perceptible dans chacun des mouvements qu’elle n’effectue pas. La distance avec Catham lui semble encore plus infranchissable qu’avant son trop bref appel. La nécessité de contacter Baile, de plus en plus urgente. Pourquoi refuse t’il de comprendre !

Tout a été trop vite. De sa perte de contrôle dans un bar de Jazz face à des lèvres mensongères et traitresses à se retrouver avec Neil qui lui livre un fragment  de sa vérité, elle n’a pas eu la respiration nécessaire pour faire face. Elle est en apnée depuis plusieurs semaines et seuls quelques mots tracés sur du papier et un parfum de créateur français lui ont apporté quelques bouffées d’oxygène. Trop peu. Liam. Liam Mcgivney. Les consonnes lui sont tellement étrangères. Est ce qu’il a tué lui meme ce double plus fragile ou quelqu’un l’a fait pour lui ? Il reste Neil. L’accent de vérité de ses paroles est indéniable. Mais pourtant. Il sait si bien mentir. La sylphide, il est vrai, n’avait jamais cherché à détricotter le tissu de ses paroles et de ses actes à Belfast. Suivant en aveugle ses intuitions et la confiance instinctive qu’elle avait pour lui. Liam.


Chez elle, Siobhan ne perd pas de temps, elle récupère au vol les quelques effets qui lui sont indispensables et abandonne le reste. Si plus tard, il lui faut d’autres choses, elle trouvera le moyen d’y revenir. La présence de Neil, silencieux, ne peut être occultée. Leurs colères semblent prendre un peu de répit. Permettant à la jeune femme d’être un peu plus fonctionnelle. Ou pas. La tentation de l’héroine est bien trop forte pour être délaissée à la manière des verres qui sont abandonnés sur le comptoire. Il n’y avait pas de barbelés en cette proposition muette, mais elle refuse de questionner les motivations de son ex compagnon pour ce refus. Elle trace des lignes. Au parfum de calme et d’oubli. Concentrée, elle ne l’ a pas entendu se déplacer dans cette souplesse silencieuse qui le caractèrise. Elle sursaute presque en le voyant si proche, sans pourtant retirer ses mains de dessous les siennes quand elles se posent pour interrompre les gestes entamés. Le timbre de sa voix est  presque doux. Ses doigts la libèrent. Quelques brefs instants, son front s’appose au sien. Relachant quelques secondes la tension qui ne cesse de la vriller. Siobhan ferme les yeux. Sa paume presse sa taille dans un contact à la familiarité évidente. Il serait si facile d’arrêter de lutter quelques minutes, contre lui, contre tout.

-Tu as raison. C’était une idée stupide. J’ai un peu de mal à refléchir correctement. –Elle se redresse, retire sa main de son flanc, à nouveau de la distance entre eux. –C’est difficile, Neil. Pour toutes les raisons que tu imagines et certaines autres aussi. Je sais qu’en ce moment, tu es entièrement concentré sur la manière de nous de se sortir vivant de ce bourbier. Et je suis loin de t’y aider. Alcool et drogue une fois chez toi.

Elle fait glisser la poudre dans le sachet qu’elle empaume pour le faire disparaitre dans son sac à main. Avant de secouer la tête, un sourire légèrement ironique aux lèvres. Non dirigé contre lui, pas cette fois. Juste... pour l’ensemble de la situation. – Que je revienne ou pas ici, cela m’est égal. J’ai besoin de retrouver Catham,  j’ai besoin de savoir comment vont mes parents. Je ne veux pas quitter Los Angeles, juste là maintenant tout de suite, mais cet appartement ? –Haussement d’épaule alors qu’elle attrape le paquet de gâteaux qu’il lui tend, en grignotant un, avant de se rendre compte qu’elle a vraiment  faim, en avalant deux autres dans la foulée, lui rendant le paquet pour qu’il en prenne d’avantage. –Il y aura deux personnes que je veux revoir avant de prendre toutes décisions définitives quand à me fondre dans la nature si on ne parvient pas à trouver une solution avec O’Donaigh. Et non. Il est absolument hors de question que je te laisse jouer les martyrs. Tu oublies direct. –Son regard s’est posé sur lui, tellement plus aigue. Comme si il avait besoin d’évoquer cette option  à haute voix. Une bouteille d’eau minérale qui rejoint son sac à main avant que Siobhan ne se raidisse en remarquant la  grimace de douleur  qui se peint sur ses traits quand il soulève son sac.

-Si tu veux pour les courses, du moment que c’est rapide. Je crois qu’on  a serieusement tiré sur la corde là. Tu recommences à avoir mal.


Elle aussi d’ailleurs. C’est tout son corps qui lui rappelle qu’elle se conduit à l’inverse de ce qu’elle devrait. L’irlandaise lui emboite  le pas sans en rajouter, le sac à main en bandoulière sur son épaule valide. Le retour dans la voiture est un peu plus supportable, et  si ils restent silencieux, l’absence de colère vive en est perceptible. Il tient parole et les quelques provisions sont faite rapidement. Non sans qu’elle ajoute deux cartouches de cigarettes, n’ayant pas les memes marques préférés. Siobhan soupconne que les clopes vont défiler. Qu’elles soient fumées ou non ou simplement en pretexte pour occuper leurs mains. Elle aimerait pouvoir dormir mais ne parvient pas à sombrer malgré les mouvements bercants de la voiture. Son regard effleure le profil de Neil et elle n’aime pas ce qu’elle voit. Il est aussi las qu’elle. Si ce n’est plus. Elle n’a plus de force pour le courroux, ce qui lui permet d’être plus objective qu’elle ne le souhaiterait envers lui. Son arrogance coutumière est irradiée de tourments. Elle deteste le voir comme ca.  Siobhan finit par se tourner plus franchement vers lui, le dos de sa main effleurant sa joue mal rasée. –Tu es dans un sale état, je suis désolée. –Sa paume finit par se caler dans son nuque, retrouvant sa place habituelle lorsqu’ils étaient en voiture et lui au volant.

-Neil... Liam –Elle teste ce prénom sur sa langue, sans le retrouver pour autant, sans qu’il évoque quoique ce soit.  –Neil. SI on ne veux pas se faire descendre, il faut qu’on arrête de chercher la prise de tête. Au moins en extérieur. On a gravement perdu les pédales, tout  à l’heure. Tu m’as mis les menottes, bordel ! –Siobhan se tait quelques secondes, avant de reprendre. Le timbre de sa voix est posé, calme, sans volonté de l’agresser –Il y a une chose qui me semble assez limpide. Celui que veux vraiment Baile, c’est clairement toi et il se sert de moi pour y parvenir. Et l’inverse est vraie aussi je crois. Tu n’en as pas fini avec lui non plus. Pendant près de 5ans, l’Ira me fout une paix royale, je récupère le numéro d’O’Donaigh, trois jours plus tard, je cherche à joindre Cat’ et tu réapparait magiquement de l’ombre ? 72h plus tard et les hommes d’O’Maley me récupèrent ? Je ne crois pas aux coïncidences.  Me tabasser comme ca, ils avaient pas besoin. Je n’ai rien à leur apprendre qu’ils ne sachent déjà sur mes implications, une balle en pleine tête est un exemple suffisant. Baile a donné des ordres en ce sens pour te pécher toi. Je n’étais que l’appât.

Ce qui soulève de délicates questions sur les motivations de Neil à agir comme il l’a fait et sur ce que le numéro deux a compris de leur relation pourtant inexistantes depuis plusieurs années. questions qu'elle ne veux pas encore se poser. Machinalement, au rythme de ses paroles, l’ongle de son pouce trace des arcs de cercles sur son cou, sans même qu’elle ne le réalise.

-Que tu m’aie fait surveillé, toi directement, ou des quidams bossant pour toi... c’est une évidence. Pitié, n’essaie pas de me faire croire le contraire, ce serait nous  insulter tous les deux. Si on trouve un moyen de déposer la tête de Baile sur tes genoux, je te demanderais de cesser, totalement. On referme cette parenthèse de nos vies, et on continue chacun de notre coté. Tu aura eu ce que tu voulais il y  a sept ans. Une branche entière de l'Ira.


Elle retrouve le silence pendant une dizaine de minutes, non sans prêter attention à ce qu’il pourrait lui répondre. La main de Siobhan finit par descendre de son perchoir, rompant le contact qui existait entre eux. Alors qu’ils se rapprochent de l’appartement de downtown, Siobhan finit par reprendre. Mordillant l’ongle de son index au passage.

-Baile attend mon appel, mo fulaingt. Il sait que j’ai de quoi le contacter. C’est ce qui a tout mis en mouvement. Je n’ai pas l’intention de le joindre pour lui parler de toi. A vrai dire, sauf si lui meme t’insère dans la conversation, j’entends ne pas te mentionner. Il faut entamer les négociations et j’ai deux options viables pour expliquer ma disparitions des mains d’O’Maley. Outre son absence évidement. –Une grimace alors qu’elle vient de mordre une peau un peu trop sensible, passant à l’ongle du pouce.

- ná bíodh feargach ort
*Ne te met pas en colère. –Outch, c’est le genre de début qui ne présage rien de bon mais...- Il y a environ un an et des poussières... j’ai découvert un cercle de jeu clandestin à quelques rues de chez  moi. –Est ce qu’il y a vraiment besoin qu’elle en dise plus ? Siobhan adore ces ambiances, qu’elle joue ou non. Ado’, c’est souvent Catham qui épongeait ses quelques pertes, même à Dublin, elle avait le don pour dénicher les endroits où qu’ils se tiennent. A Belfast, elle entrainait Neil en permanence dans l’un ou l’autre des endroits qui s’ouvraient et se fermaient aussi vite. Parfois pour jouer, parfois non. De toutes les activités de l’Ira, c’est celle qui a son coeur. Trop rarement, quand les affaires de Catham ou Neil s’entre croisaient avec celles des jeux, ils pouvaient toujours essayer de l’empêcher de les accompagner... – Une seule fois ! Promis, j’y suis allée qu’une seule fois il y a 8, dix mois. Je sais plus exactement. Garde en tête que c’est passé, hein ? –Cette fois, sa paume trouve sa cuisse, dans le vague espoir de contenir le flot de reproche qui ne va pas tarder – J’ai bu un verre.... fait une partie de Poker.. que.... Samuel Gallagher  m’a offert et m’a honteusement laissé gagné. –Elle a dit le nom légèrement plus bas. L’homme n’a aucun lien avec l’Ira, de cela, il n’y a aucun doute. MAIS c'est un immigrant Irlandais. Mais il dirige le plus gros cartel de la côte ouest des etats –Unis. – Là j’ai besoin que tu oublies un touuuut petit peu de quel coté de la loi tu te situe ?   Le do thoil?
*S’il te plait ?  -Avant de changer d’avis, elle poursuit rapidement. - Je ne l’ai jamais revu, avant il y a quelques trois semaines... où il abattu un homme devant moi. Enfin j’ai été le témoin involontaire, je me suis écroulée de fatigue après un service dans un bar minable. Bar que Gallhagher avait choisir pour son règlement de compte. Il a finit par comprendre qu’il n’y avait aucune risque que je le balance au FBI ou au LAPD –Est ce qu’elle a vraiment besoin de détailler pourquoi ? Tout comme Neil pourrait toujours essayer de la faire témoigner pour faire coffrer Samuel.  Ce n’est pas un choix qu’elle lui conseille – Là où je veux en venir, c’est que Baile n’aura aucun mal à me croire si je le fais passer pour mon amant et il aurait eu les moyens de me faire retrouver si je disparaissais.

That went well.... Elle allume une cigarette qu’elle passe à Neil avant d’en allumer une seconde pour elle. Et cette fois, la nicotine est désirée et délicieuse. Elle laisse défiler le paysage alors qu’ils ne sont plus qu’à quelques minutes. Elle a une autre proposition, dans la même veine. Plus d’ongles  à ronger cette fois. Siobhan hésite. N’est pas certaine que ce soit une bonne idée. Une courte inspiration, elle aspire une longue bouffée.

-Il y a une autre option, qui n’implique pas la pègre. J’ai... je suis sortie plusieurs mois avec un jeune politicien –Ce qui après le crime organisé est probablement la pire des options lorsque l’on cherche à garder un profil bas. Et Siobhan en a toujours eu une parfaite conscience. – Non, il n’y a jamais eu de photos ou d’articles dans la presse ! J’ai été extrêmement vigilante à ce sujet ! Il a autour de lui un service de sécurité qui est de premier ordre. Plus un besoin de contrôle de son environnement et des personnes de son entourage proche  qui le rend crédible comme explications pour Baile. Si il avait su ce qui se passait ces derniers temps, je sais qu’il aurait pu aussi pu me sortir de ce bordel.-De cela, l’Irlandaise n’a aucun doute, mais à quel prix pour lui ? Et pour eux ? La lettre non ouverte n’a jamais quitté ses pensées depuis qu’elle l’a récupéré avec ses deux sœurs-  Mais très franchement, je préfèrerais impliquer  Gallagher qu’Oliver –Un vacillement infime dans sa voix- dans les marasmes de l’Ira. Il sera probablement le premier président des Etats-Unis à atteindre la présidence avant 45 ans. Pas si des liens entre lui et une organisation terroriste peuvent être établis. –Et maintenant que l’Ira est de retour en pleine force dans sa vie, c’est un risque qu’elle refuse de lui faire courir. Quelque soit son besoin égoïste de le revoir. Elle détache sa ceinture et ouvre sa portière quittant le véhicule à l’arret, alors qu’ils viennent enfin de se garer dans le parking de l’immeuble de Neil. Elle pioche son sac à main au sol, attendant que Neil sorte à son tour.


-ce que je voulais dire avec tout ca, c’est qu’il n’y a pas de preuves concrètes de ta présence et que tu sois la raison de la mort des hommes d’O’Maley. Sérieusement, Gallagher est incroyablement crédible aussi ! Il est connu pour les cadavres qu’il laisse derrières lui, sans rien qui permette de remonter formellement  à lui. Et son cartel a de quoi faire reculer Baile qui n’a qu une fine enclave ici.  

Elle a cessé de croiser son regard depuis un moment. De plus en plus le sachet d’héroïne lui brule les pensées. Sachant pertinemment que dans quelques secondes  ils seront en sécurité chez Neil. Mais que celui ci est loin, très loin, très très loin d’avoir finit de lui livrer le fond de  sa pensée, ce qu’il n’est pas gêné de faire en partie pendant qu’ils rentraient. Il y a  peut être moyen qu’elle soit high quand il cesse de se contenir ? Mouais. Peu de chance qu’il lui laisse une porte de sortie aussi facilement. Au moment où il referme porte et verrou derrière eux, elle met prudemment quelques pas de distance entre eux.


-Tu nous laisses prendre un verre avant que tu te déchaines sur mes mauvais choix ?



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Neil Flaherty
J'ai 40 ans et je vis à Londres, Angleterre. Dans la vie, je suis flic plus ou moins honnete et je m'en sors Moyen. Sinon, grâce à ma chance, je suis divorcé et père d'un petit Sean. Mais surtout follement amoureux d'une rousse Irlandaise et je le vis plutôt bien.



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Mais bien sur ...

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Je suis au dessus de tout, de tous ces corps empilés, affublés de vivre. Je les écrase à chacun de mes pas, leur arrachant un râle profond et vain. Je suis la candeur de ce monde avide de bonheur. Je cours sur l'inhumanité latente, indicible. J'emmerde votre jalousie. Je suis la corrosion lancinante de la vie. La connerie inexplicable qui fait que nous existons malgré tout. Je ne porte pas plus de nom, que vous ne vous sentez libres. Je n'appartiens à personne, sinon à moi-même. Misérabilité hautaine. Je vis pour vous défaire la gueule et vous ouvrir les yeux. "Le monde pleure, mais gardez le sourire". Znaricot

JD Sio l'a dit : Ton post est un petit bout d arc en ciel
@Timothy Olyphant

There's nowhere left to hide*Il n'y a nulle part où aller se cacher*
In no one to confide*Plus personne à qui se confier*
The truth burns deep inside*La vérité brûle au plus profond*
And will never die *Et ne mourra jamais*
(@Muse, sing for absolution)

La vérité simple était qu'il n'en pouvait plus. Si retrouver Siobhan était le seul bonheur qu'il aurait voulu pour sa dernière heure venue, la voir si distante, tellement en colère -à la limite dépassée d'une haine latente- et si loin de lui dans tous les sens du terme, était un fardeau, un poids si intense que son corps se brisait dessous morceau par morceau. A chaque geste mécanique de Sio, il fissurait, à chaque parole de mot sans consistance il en crevait de tristesse.  Elle n'avait plus rien de la femme qui voyait à travers son regard et inversement. Ils n’étaient que des étrangers qui ne se comprenaient plus, parlant une langue différente et oubliant combien ils avaient été unis et proches. Heureusement .. Heureusement, chacun en avait finit avec les reproches, avec la peur qui les faisaient s’éloigner à coups d'insultes et de menaces diverses, et dans cette cuisine, un simple geste, un simple enlacement qui les faisaient se retrouver avec autant de douceur qu'ils avaient su être violent quelques minutes plus tot.  Un front qui trouve son miroir, une main qui se décline en douceur le long du dos féminin . Pas un mot, juste eux pour la première fois en 5 ans. Quelques instants où Neil revit enfin, oublie ses blessures physiques et morales, s'apaise presque avant qu'elle ne s’éloigne le laissant retrouver la consistance arrogante qu'il distillait autour de lui.

- Je comprends. Et je te demandes de t'appuyer sur moi, au moins pour ça. Ils créveront tous avant de pouvoir remettre la main sur toi

Il savait qu'elle n'avait aucune confiance en lui, pas après ce qui s’était déroulé à Dublin et Belfast quelques années plus tot, mais si une chose qu'elle pouvait voir en lui, qu'elle comprendrait envers et contre tout, c’était le fait qu'il ne l'abandonnerait jamais aux mains de l'IRA. Il le lui avait prouvé prouvé la veille, et espérait bien qu'il n'ait pas à devoir le faire à nouveau non par peur de recommencer, mais par simple volonté de ne plus la savoir en danger. Il savait aussi qu'elle ne parlait pas que de l'IRA, mais aussi de lui, aussi peu aisé pour elle de le revoir que lui d'etre à ses cotés. Le départ de l'appartement fut plus simple et moins hostile que leurs arrivées.

Le calme et l'apaisement dans leur rapport oubliant la force de leurs échanges précédent, permettaient aux anciens amants de pouvoir réfléchir pendant que la route défilait après leur sortie de l'appartement de Siobhan à Venice. Une petite demi-heure avant d'arriver chez lui si les bouchons ne s'organisaient pas plus tot, bien assez pour que le jeu se calme. Neil écoutait d'une oreille distraite celle qui avait partagé sa vie pour le meilleur et le pire. Après la haine présente à son encontre et la volonté que Neil s’éloigne d'elle, elle venait à l'instant précis de poser sa main sur sa joue mal rasée et tuméfiée s’excusant visiblement de son état dont elle semblait prendre conscience. Il n'avait pas besoin de ses excuses, en aucune façon, mais sa main sur sa joue avait un goût d'Eux avant tout ca. Un délicieux gout.  


- Ne t'inquiètes pas Sio, je m'en remettais. Ce ne sont pas quelques bleus qui vont avoir ma peau.

Si la veille il n'aurai pu jurer de sa survie, aujourd'hui ça allait "mieux". Physiquement les douleurs revenaient, le trou dans son flan le tiraillait et déjà le porhine prise plus tot n'agissait plus;  moralement, meme si l'histoire était plus complexe du fait de la présence de la rousse à ses cotés qui l’anéantissait par ses phrases et son envie de s’éloigner, il vivrait. Le geste qu'elle avait pour lui, ce léger effleurement de nuque du bout des doigts, du bout des ongles était quelques chose qu'il n'avait pas connu depuis Dublin. Il n'avait jamais été assez intimement lié à une femme depuis 5 ans pour qu'ils en arrivent à ce genre de geste là. Non cela lui appartenait à Elle. Rien qu'à elle. Meme si au debut il avait légèrement tressaillit, presque faillit reculer sa tete, non.. non il aimait trop cela pour perdre ce contact entre eux qui ne soient pas empli de violence. Ce simple geste l'aidait aussi .. Il réfléchissait mieux quand elle etait là, près de lui, c’était dans ces instants là qu'il se sentait capable de tout pour elle.  

Elle lui faisait part de ses idées, par certains points elle avait raison, ils avaient déconné, aussi bien elle que lui. Il aurait du garder son calme, et mieux la protéger, là ils avaient pris un risque à s'affronter de la sorte, semant au vent les graines de leurs pertes. Les menottes ? un détail pour lui, mais ou serait-elle si il n'avait pas fait ca? Là ou il n'était pas d'accord c'était sur le fait qu'il soit la vraie cible. Cela faisait des années que Neil gardait un oeil sur Siobhan, et le jour où elle appelle Catham , O'Maley sort de l'ombre et arrive à LA ? Meme si Baile devait se douter qu'il ne serait pas loin de la Rousse, il n'aurait pu prévoir qu'il soit dans son entourage immédiat. Quelque chose avait du changer en Irlande pour qu'ils s'en prennent à Sio, aucune autre explication ne trouvait grâce à ses yeux.  

- Je ne le nie pas. J'ai tenté de garder un oeil sur toi aussi souvent que possible.

A quoi bon le nier ? Il était venu à elle sans hésitation et Siobhan était loin d'etre conne. Parler de Baile, de la tête de l'IRA et de leur futur .. loin l'un de l'autre, elle n'avait donc pas compris. Il souffla simplement sans vouloir entrer dans un debat qui n'etait pas encore à la bonne heure. "- Ce n'est pas si simple Sio, et je n'ai pas envie .. " La phrase reste suspendue alors que simplement il allait lui avouer son désir de rester à ses cotés. Non.. pas maintenant, l'heure n'etait pas venue de lui dire tout cela, elle n'écouterait pas vraiment, s'enfonçant à nouveau dans le rôle de traître dont elle l'esquissait depuis 5 ans. Vague soupir fatigué. Il y avait tant à dire, si peu de temps pour tout regrouper dans un récit cohérent. Elle n'etait pas prete à cela, et lui non plus. Surement pour cette raison qu'il ne répondait pas à son "plan" , au moins pas au début.

- Je connais Gallager Court et précis, il n'avait pas envie de parler de ça, l'esprit occupé à s'imaginer un point d'ancrage avec cette option. Quelques mois plus tôt à son arrivée d’Angleterre il avait du s'infiltrer dans tout ce qui entourait l'Irlandais, avec meme la surprise de retrouver un ancien collègue des stups aujourd'hui au FBI. Mais que Elle soit allé dans un club Irlandais pour s'amuser et c'etait faite amie-amie avec insupportable parrain de LA?, elle n'avait rien dans la tête cette rousse ! ne pas se mettre en colère, elle en avait de bonnes... Pourtant ce n'etait pas si bête.  

- Ca pourrait fonctionner, lui et Baile se haïssent profondément, aucun des deux n'ira chercher à se parler. Un seul grain de sable dans cette idée , ton histoire tiendrait si Ghalager se foutait des femmes qu'il peut avoir en dizaine par arrivage, il ne va pas risquer une guerre ouverte avec Baile pour une donzelle, mais l'idée pourrait être creusée.

La cigarette qu'elle lui offre est espérée par son corps, il en a besoin pour tenir encore un peu sans trembler. Heureusement l'esprit de Siobhan tournait à plein régime , celui de Neil avec beaucoup plus de difficulté. Il avait mal, il était épuisé, il n'arrivait à aligner deux idées pour en former un tout. Pourtant un nom le fit tiquer " Oliver". Sans regarder Siobhan afin qu'elle ne puisse saisir la dureté de son regard à savoir qu'elle avait eu .. ou avait encore une relation durable. C’était trop dur.

- On ne va pas impliquer ton petit copain à ces conneries.

Oui, il savait et le lui faisait savoir. Et même si évoquer cet .. Oliver.. avait le don de le flanquer dans une colère sombre et noire contractant dans un bruit de cuir foirssé le volant de la Pontiac, l'option de se jeter sous la lumière d'un politicien ambitieux n’était pas la meilleure  pour être discret. Et puis .. La jalousie que Neil éprouvait rien qu'en crachant son nom ne se calmerait pas en les voyant roucouler comme deux putain de tourtereaux . C’était sa fiancée merde !!Ex .. mais fiancée quand même . Un frisson d'une profonde répugnance le parcouru de bas en haut rien qu'à l'idée d'assister à ca.

Il se gara dans le parking et sortit de la voiture inspirant la fumée à pleins poumons comme d'autres respirent l'air pur, pour ensuite remonter jusque chez lui après avoir prit le sac de vêtement de la rousse.  Sa main gauche frétillait, son bras ankylosé il ne resterait plus debout encore très longtemps, et Sio qui parlait, jacassait comme une pie encore enfonçant son idée de Gallager  tel un marteau piqueur qui veut enfouir cette idée définitivement en lui. Elle ne pouvait pas se taire. Bien sur il savait qu'elle avait besoin de parler, que cela lui évitait de penser à ce qu'elle avait subit, il avait déjà vu ca un tas de fois après un choc émotionnel et physique. Mais là il voulait du silence. La porte blindée est refermée. Et surement pour la première fois depuis ce matin là, il respire. Ici c'est une sécurité relative, mais un terrain connu, il saurait mieux être protecteur chez lui que dans une putain de voiture. Elle lui parle craignant sa réaction en s'éloignant avant qu' il ne se retourne , dépose son sac dans la chambre d'ami et s'avance vers elle le menton redevenant tout autant arrogant que ce que les personnes détestent chez lui.

- Je me battrais demain, là j'en ai pas la force et encore moins l'envie. Il me faut tes téléphones Sio, je te promets que nous joindrons Catham, mais laisse moi.. deux jours pour réfléchir et nous retourner, on en a besoin si on ne veut pas se fairebuter comme des cons à la sortie de l'appart. Accordes moi ces 48 h et si aucune autre solution n'est trouvée nous ferons à ton idée. Promets moi que tu ne feras rien d'idiot durant ce temps, j'ai besoin de ta parole Siobhan.

Il la connaissait, elle avait abandonné bien trop facilement pour ne rien tenter chez lui. Long soupir abandonnant la joute verbale et les regards se défiant, il ne tenait plus, il avait besoin de sa canne alcoolisée, il se dirigea vers la cuisine pour en sortir deux verres et une bouteille millésimée d'un whisky de 18 ans d'age. L'alcool est versé en de grands verres à la dose bien surpassée, agrémenté pour lui d'un cachet de morphine, il avala les deux sans en savourer l'alcool restant debout au milieu du salon, il avait juste ce besoin de boire tout de suite. Il avait été sobre depuis trop longtemps, et il savait aussi que la morphine ferait bientot effet, qu'il pourrait enfin se detendre oubliant la douleur qui le lançait sur son flan dans un mélange détonnant et dangereux. Il ne semblait pas faire attention au diverses choses qu'il ingérait, ou peut-être le savait-il trop et qu'il n'en avait rien à foutre. Pour l'instant l'alcool lui faisait du bien retardant l'inévitable tombé dans le sombre sommeil alourdit de cachetons. Il retira son arme et ses menottes qu'il posa sur le plan de travail de la cuisine, reprenant un autre verre qu'il vida plus calmement.

- Je sais que tu veux bien faire, mais quand on a été en interne de l'ira il y a des choses que l'on comprends, que l'on connait sans que d'autres personnes ne saisissent les nuances de ce qui se passe. Je suis à LA depuis plus de 5 mois, si quelqu'un avait voulu s'en prendre à moi cela aurait été fait, c'est à partir de l'instant où tu as contacté ce garde à la prison que O'Maley est venu à LA, ils me veulent mort c'est vrai, surement torturé pendant des jours et découpé en morceau, mais aussi Catham et toi. On n’accepte pas les erreurs dans l'IRA et celle d'avoir introduit un flic chez eux, c'est une sacré erreur. Et oui c'est encore ma faute comme tu vois. Bien que je crois que ma vie vaudrait les deux vôtres . Il faut trouver une solution pour vous deux. Là je n'ai pas l'esprit à ca. Tu as encore ton sachet ?

Changement de sujet radical pour ce détail qu'il n'avait pas oublié et qui revenait en lui frappant son esprit par le message simple. Déconnecte pour la soirée.  L'alcool, la morphine c’était bien, mais une dose d’héroïne? Partant dans la cuisine, il prit un plateau, une seringue sous plastique, une cuillère brûlée et vida la moitié du sachet pour faire fondre sa part, laissant le choix à Siobhan d'utiliser le reste ou pas. Il lui avait promis après tout, et lui en éprouvait tout autant le besoin. Pas de Sniffage, pas de brossage de dents du bout de l'index, non, un vrai et long trip violent, dégoûtant, ce n'etait pas demandé trop que de s'abandonner quelques heures, il en avait le droit après tout. Oubliant la présence de la rousse dans la pièce, il en tremblait presque d'exitation à l'idée de se plaisir qui allait enflammer ses veines avec ce poison. Le geste précis de Siobhan dans son appart trouvait ici écho à celui de Neil. Plusieurs fois depuis son arrivée il avait eu ce genre de trip, oublier pour ne plus souffrir , c’était tellement plus facile quand il avait l'aide de l’héroïne et flic ou pas, ce soir il se taperait la défonce de l'année. Se calant dans le canapé du salon, il releva la manche de sa chemise jusqu'au biceps entourant son bras d'un élastique qu'il serra à l'aide de ses dents. Le produit fondu fini dans la seringue, il piqua la veine la plus importante qui éructait sous l’élastique, espérant bientôt finir sa soirée dans le calme de la drogue. Après il irait se coucher, juste après. L'aiguille bien en place, son pouce se posa sur le piston. Enfin une réponse à ses tourments, enfin l'oubli de sa solitude malgré Elle à ses cotés et pourtant si distante . Drogue de la délivrance. Drogue de merde !



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Siobhan O’Sullivan
J'ai 33 ans ans et je vis à Los Angeles, Us, bientôt de retour à Belfast. Et ca va swinger. Dans la vie, je suis en cavale et je m'en sors avec des bleus. Sinon, grâce à un beau bordel, je suis célibataire, fiancée, je sais plus trop en fait et je le vis plutôt en prenant un jour après l’autre malgré l’amour fou et sans limite que je porte à cet impossible, irascible, insupportable Irlandais.
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Don't love. It's a trap!
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Vika Kerekes NOM CRÉATEUR


Deux blocs d'obsidienne. Ils sont deux blocs d'obsidienne, qui se coupent, se fracassent et se cassent l'un l'autre. Il a coupé un peu trop fort, un peu trop profondement. Siobhan ne cesse de saigner, quand bien même rien ne trahit ces veines déchiquetées. Les traits tirés, le teint trop pale, le regard las de Neil trahissent une douleur jumelle, aux raisons qui en sont moins éloignées qu'elle ne l'imagine. Finalement, l'idée de retrouver la sécurité relative de l'appartement de l'impossible irlandais, quelques heures de solitude, il est suffisament spacieux pour cela, lui apparait comme une nécessité vitale. Pour la première fois, c'est la sorcière rousse qui vient chercher un baume physique, juste quelques secondes. Elle se dérobe pas à la paume qui lisse son dos, clef de sol de cette partition apaisé. Ils pansent, trop légèrement, les plaies infligées l'un à l'autre. Pourtant, la jeune femme n'est pas encore prête à abandonner toutes retenues. Et sa nuque retrouve sa roideur au lieu de ployer contre son cou. Avant qu'elle ne lui déchoche un premier sourire. Un sourire teinté d'ironie. Il est évident qu'elle ne mentionnait pas QUE la situation avec L'Ira. Et que le choix des mots de Neil, ceux qu'il prononce, ceux qu'il tait, est parfaitement conscient. Au final, l'Irlandaise ne veux pas cette conversation là maintenant.

-Tu es venu me chercher,
lui répond t'elle simplement. Cette vérité balaie tous les doutes qu'elle a pu avoir concernant une possible implication de sa part dans l'engrenage qui se ressert autour d'eux. Rien de ce qu'il lui a dit après la destruction de son téléphone n'était faux. Et elle ne se voile pas l'évidence. Il y aura d'autres bains de sang. Un instant, elle songe à lui demander si ses contacts ont une idée de la location d'O'Maley. Non. Plus tard. Après avoir dormi. Toutes ses contusions la tiraillent et la brutalisent. Et quand ils rejoignent la voiture, c'est bien pire pour Neil. Il est loin d'être remis de sa blessure par balle et de la perte de sang trop conséquente qui en a resulté. Il parait évolué dans une mer de ouat abrasive. La rousse ne rejette pas sa responsabilité dans son état. Pas alors qu'elle le voit. Qu'elle le regarde enfin. Qu'une partie de sa colère attenuée lui permet d'être moins acide et injuste. Quelques soient ses raisons, il est venu. Point. Sans lui... Contact irrepressible. Sa peau sous la sienne. Abimée. Son cou frémit au bout de ses ongles et une seconde, elle se retrouve dans l'ambiance tumultueuse d'un mariage irlandais, une cravate verte au bout des doigts. Oui. Ils s'en remettront tous les deux. Avec quelles nouvelles cicatrices, elle l'ignore encore. Ses lignes de failles s'affrontent et se creusent, elle le sent. Si elle refuse de contempler l'abyme, Siobhan devine qu'elle n'effleure que l'iceberg.

Elle parle. Alors qu'elle lui avait quasi pas adressé un mot civil depuis son reveil, les mots filent et s'évadent. Il y a une vane qui s'est ouverte, et elle ne parvient pas à se taire! Elle crée une nouvelle barrière, une barrière de reflexion, d'occupation de son cerveau, de tout. Elle échafaude des théories et lui livre, sans filtre. Sans que ses doigts ne cessent de danser sur lui, machinalement, dans un reflexe né d'innombrables heures partagées. Entre deux arabesques, le mouvement se suspend. -Disons que tu aurais toujours pu nier, mais je crois que cela aurait sérieusement entamé ta crédibilité! Depuis quand est ce que tu as organisé cette surveillance? Depuis quand tu es à Los Angeles? -Qu'est ce que cela signifie exactement, autant que possible. Il n'en avait pas le droit. Sa propre tête se renverse sur le dossier de son siege, l'écho de sa phrase avortée entre eux. Il n'en a pas envie. Qu'est ce que tu cherches exactement, Neil? L'absolution pour les vies que tu as explosé il y a cinq ans? Je ne peux pas te la donner. Tu m'en demandes bien trop.

Un sourire, un second. Moins teinté d'ironie et avec d'avantage d'amusement, cette fois, alors que son regard se perd à nouveau sur son profil. -Evidement que tu connais Gallagher. Question conne. -C'est un miracle, il ne démonte pas d'un bloc son idée. Il parait même lui accorder un certain crédit. Il en explore les ramifications. Elle reviendra sur l'idée, mais là tout de suite, insister sur le fait qu'elle est le témoin direct d'un meurtre effectué de la main de Samuel et qu'elle envisage de faire pression sur lui n'est peut être pas le meilleur moyen de ne pas le faire vriller. Ce serait un jeu dangereux. Qui pourrait devenir mortel. Insinuer à Samuel Gallagher qu'elle garderait le silence sur l'assassinat si il convainc Baile qu'ils se fréquentent ressemble diablement à du chantage. Et le chantage pourrait bien se conclure par une balle en pleine tête. Ils ont le tempéraments agressifs, ces irlandais, il parait...

Sa main s'est décalée, a retrouvé son paquet de cigarette. Il ne se fait pas prier pour en accepter une. Un instant, Siobhan hésite, inspirant une longue bouffée. Mais l'existence d'Oliver est bien trop liée à la sienne pour qu'elle puisse l'occulter. Elle ne le désire pas vraiment. Si elle n'a aucun désir de détailler réellement la nature bien trop complexe de leur relation, il est le seul autre dans sa vie américaine a avoir eu les ressources et l'envie de l'arracher des mains de l'IRA. Et le ton de sa réponse l'herisse sans subtilité. Il a saisit les plus infimes nuances de ses non dits pour en tirer ses propres conclusions. Comment peut il encore faire ca et tomber juste? A peu près juste.

-Neil.

Juste son prénom. Mais dans ces quattre lettres, c'est un monde d'avertissement. Lui interdisant le moindre commentaire. Pour qui il se prend, bordel. Les phalanges de l'irlandais ont blanchies sur le volant tant il a resseré sa poigne sur lui. Il n'en a pas le droit. Il en a perdu le droit, il n'en a jamais eu le droit. Dès les premiers instants, leur couple était faussé, mensongé. Et il se met en rage à l'évoquation d'un autre, alors que pour ce qu'elle en sait, il est marié avec quatre gosses? Et quand bien même, ils sont séparés depuis des années. Une inspiration plus sèche. En posant le regard sur ses mains sur le volant, ses iris ont accrochés l'anneau d'argent à sa main droite. Elle avait presque oublié sa présence. Mais à quoi tu joues! Pourquoi est ce que tu le portes encore?! Ce n'est plus qu'une relique d'un temps de mythe.

Ils arrivent enfin et elle se remet à parler. BORDEL. Elle se fatigue elle même. Et au vu du regard de Neil, elle n'est pas la seule qu'elle fatigue. Il est de plus en plus épuisé, si il continue, il va s'écrouler d'une masse. C'est une évidence qui s'impose. Ils ont besoin de dormir. Il ne doit pas être plus de quinze heures, peut être seize, elle a l'impression qu'ils s'affrontent depuis la nuit des temps. Un yin et yang déchiré. Quand il revient vers elle avec cet air si particulier sur le visage, Siobhan devine qu'elle va detester ce qu'il va dire. Et ho comme sa prédiction est juste. Un eclat de rire bref comme un coup de couteau. Elle est si lisible que cela? Si aisement prédictible? La première chose qu'il lui demande une fois rentré, ce sont ces putains de telephones? Et comment le lui reprocher. Si elle a cessé de le harceler avec la volonté de joindre Catham et Baile, ce n'est certainement pas parce qu'elle s'est pamée sous son charme et sa force de persuasion. Ses prunelles chocolat fondu accrochent l'absinthe des siennes. Elle n'a pas envie. Vraiment, totalement, completment pas envie. Il peut lire la reluctance dans toute sa posture. Sauf... que même dans son état, il est encore capable d'agir pour ce qu'il considère necessaire. Ce serait trop. Pour les deux. Devoir attendre encore 48h. Elle ferme les yeux, une goutte d'eau par rapport aux cinq années, une vie au vue de leur situation présente. Les rouvrant en le voyant servir deux grands verres de whisky. Son regard se crispe en voyant le comprimé de morphine qu'il ajoute à l'alcool. C'est un mélange un peu trop violent- 48h, pas une de plus. -Besoin de sa parole hein. Visiblement, elle n'est pas la seule avec un léger problème de confiance. Il a raison. Mais si il y a une solution sécurisée... - Tu as ma promesse.

Elle se rapproche du comptoir, et avant de prendre son verre, à son tour, elle pioche les trois burners de son sac pour les poser à coté de lui. Il peut être certain qu'elle ne lui demandera pas son avis au terme de ce délai. Siobhan ne le précise pas alors qu'elle absorbe plusieurs gorgées ambrées. La brulure est aussi intense que bienvenue. Avec un léger effet qu'elle n'avait pas prévu. Ils n'ont pas mangé depuis... elle ignore depuis quand, à vrai dire. Et si en temps normal, elle tient relativement bien ses liqueurs, la chaleur qui reste dans son ventre lui indique qu'elle devrait faire plus attention. Son regard s'étrécit en observant la rapidité avec laquelle il a bu son premier verre pour enchaîner sur un second. Elle finit à peine le premier. Tu déconnes, Neil. Tu déconnes grave! Pourtant, elle ne s'interpose pas. Si il veux se perdre dans l’alcool pour le reste de la journée, ce n'est pas son problème. N'empeche. Ca ne lui plait pas. Pas du tout. Elle l'écoute, mais n'a pas le temps de réfléchir à ce qu'il vient de dire, son changement de sujet est trop détonnant. Pas tout à fait, pourtant. Il y a un point que Siobhan refuse de laisser passer, en dehors d'une réponse qu'il lui livre. Cinq mois. Cinq mois qu'il est à Los Angeles. Deuxieme fois qu'elle ressent cette vibe chez lui, et là il l'expose clairement. Et cette fois, elle marche sur lui. Relevant son menton d'un doigt jusqu'à ce qu'il la fixe.

-Tu va te la fermer sur ce point. Je te l'ai deja dit. Je ne te laisserais pas jouer les martyrs pour Catham et moi. Si tu crois un seul instant que je te permettrais de te livrer à Baile, tu te plantes sévère. Je ne veux même plus que tu y PENSES. Neil, c'est aussi con dans ma tête que le fait que j'appelle O'Donaigh dans la tienne.

Elle abandonne son visage, non sans le dévisager. L'héroine? Il veux sniffer de l'heroine? Maintenant? Machinalement, elle lui tend le sachet. Et sent que ses traits se décomposent quand elle apercoit ce qu'il ramène de la cuisine. Figée sur place, elle est incapable d'intervenir quand il vide la moitié de la poudre dans la cuillère, lui laissant le reste. Certes, on pourrait crier à l’hypocrisie. Sniffée ou injectée, de l'héroine reste de l'héroine. Il s'éloigne dans le salon, s'asseyant dans le canapé. Non. Ho non. Ses gestes... ses gestes sont tellement précis. Il sait terriblement ce qu'il fait Siobhan est horrifiée par cette destruction systématique et parfaitement orchestrée. Le sang a deserté son visage pour la laisser bleme. Elle ne peut pas, ne doit pas le laisser faire ca. Qu'il puisse se shooter avec une indifférence aussi marquée pour tout ce qui l'entoure la brise bien d'avantage qu'elle ne l'aurait cru possible. Ce n'est pas lui. Jamais il n'aurait agi de cette manière en Irlande! Ils ont pu, parfois, de temps en temps, prendre un peu de drogues ensemble, au fil des soirées dans lequels ils pouvaient se rendre. De l’héroïne? Jamais. Et se piquer?! Encore moins! Déjà il a garrotté sa veine. Quelques aient été ses sentiments pour elle, ceux qu'elle avaient pour lui avait la pureté du Diamant. Lui permettre de se piquer est une trahison d'elle même autant que du jeune homme. Son ventre se tord dans un spasme violent et son coeur se brise une troisième fois. C'est insoutenable. Ca la rend malade qu'il puisse s'infliger un tel acte sans meme un regard en arrière. Est ce qu'il ne capte pas qu'il vient d'avaler deux verres de whisky, de la morphine, et il est en train de se piquer? La réalisation la frappe et elle manque de hurler. Avant même d'y réfléchir, Siobhan s'est élancée et l'a rejoint sur le canapé, se posant à genoux à coté de lui.

-NON. Je peux pas te laisser faire ca! Neil, s'il te plait non. -Elle s'en fout, elle s'en fout que son discours soit incohérent. Sa main gauche écarte sans douceur le pouce qui allait procéder l'injection. -Regarde moi. REGARDE MOI! - Du bout de ses doigts plâtrés, elle tourne sa tête vers elle, cherchant son regard. Un signe, n'importe lequel, qu'il a cessé de considérer cette folie . Ses doigts retirent aussi délicatement que possible l'extrémité de la seringue déjà insérée. Siobhan la rejette à terre où elle roule sur la moquette sans se briser. Dans le même mouvement, elle fait sauter l’élastique qui maintenant sa veine. Plaquant sa paume sur l'intérieur de son coude, comme pour etre certaine d'avoir conjuré le mauvais sort à temps. - Tu viens de me promettre de me protéger, mo paisean. Et qu'est ce que tu fais à peine dix minutes plus tard? Tu t'orchestres une ravissante putain d'OD! Morphine, alcool, héroine, Neil! Amaideach!

Sa main gauche se pose en coupe sur sa joue, effleurant une marque sur sa peau, sans savoir si elle provient des hommes d'O'Maley ou de son coup de poing un peu plus tot. Un barrage vient de céder, sans doute aider par le verre de whisky qu'elle vient de boire. Ou pas. L'alcool est une excuse trop facile. Elle se penche et ses lèvres viennent embrasser ses yeux, l'un puis l'autre. Avant que sa bouche ne descende dans son cou, dissémine sur son épiderme un collier de baiser presque fiévreusement. Un murmure sans réflexion, brute de la panique qu'elle vient de ressentir alors que le spectre d'une overdose s'éloigne. Ses lèvres qui effleurent les siennes dans un souffle aux accents du desespoir- Je suis là, je suis vivante, et on va trouver un moyen de s'en sortir, tous les trois. Je te le promet. Je te le jure. Mais pas de shoot. Promet le moi. Neil, s'il te plait. Je peux pas supporter de te voir comme ca! - D'un mouvement fluide, Siobhan se place à califourchon sur lui, ses cuisses étreignant ses hanches étroitement. Elle a complètement oublié son flanc abîmé alors son bas ventre se plaque au sien, indifférente aux vêtements entre eux. L'irlandaise happe ses lèvres, quelques trop breves secondes, pour les relâcher aussitôt.-Je te jure, je te jure que si je dois retourner tout ton appart pour foutre en l'air la moindre trace de poudre, la mienne et la tienne, je le ferai. Mais je ne veux plus jamais que tu essaie de te piquer devant moi!

Sa main gauche s'est perdue dans ses cheveux et elle lui tire sans douceur la nuque en arrière, lui cambrant le cou, sa bouche venant à la rencontre de la sienne, une seconde fois, brutalement, âprement, au même rythme que ses jambes resserrent encore d'avantage leur prise sur son bassin. Sa main platrée repose plus sagement sur son épaule. Son baiser a la saveur de leurs tourments. Ses lèvres s'écrasent contre les siennes, sans douceur ni tendresse. Elle est bien au delà de ca à cet instant précis. C'est un tumulte incandescent qui explose tout sur son passage. Ses yeux pourtant, sont grands ouverts et ancrés dans les siens. Elle a eu trop mal de son absence, pendant trop longtemps. Il n'y a aucune place pour la raison, pour les pensées joliement ordonnées. Il n'y a que le manque de lui, la violence épidermique de son corps sous le sien. Siobhan relache ses mèches courtes. Sa main gronde le long de son cou pour suivre la ligne de son épaule. Elle relève un pan de sa chemise avec trop de sécheresse, ses doigts trouvant enfin le contact de sa peau nue, plantant ses ongles contre ses cotes, remontant vers son torse en une longue griffure feline. Sa bouche est avide, impatiente, exigeante alors qu'elle force la barrière de ses dents pour retrouver sa langue. Un soupire rauque qui lui échappe, son souffle dans le sien. Brulure de son ventre alors qu'elle se creuse sur lui dans un mouvement sans équivoque.




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